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Propos diffus des clients et du personnel du restaurant.
-Merci à tous d'être là. Je sais que certains viennent de loin.
Je suis pas fort en discours, donc...
Je vais pas être long.
J'ai pas de diplômes et j'ai pas l'habitude des récompenses.
J'ai même jamais mis les pieds sur des skis,
alors cette étoile, c'est vraiment ma première !
Ce que je fais ici,
avec ma brigade,
avec vous tous,
et pour vous,
c'est ce que j'aime
et c'est tout ce que j'ai.
Pour la première fois de ma vie,
j'ai l'impression d'être à ma place...
et d'avoir trouvé une famille. Et ça, c'est grâce à vous.
Alors...
Je suis très heureux et très fier.
Je vous remercie du fond du coeur.
-AU CHEF !
-A la brigade du Paris !
Applaudissements.
Brouhaha.
-Il est pas venu ?
Pourquoi ?
(Bravo, grand chef !)
-(Merci.)
Un public siffle et applaudit.
Brouhaha.
-Les paris sont ouverts.
Applaudissements et sifflets.
Brouhaha.
-C'est votre première fois ?
-Vous croyez ?
-4 options...
3 occasions de finir à l'hôpital pour une vidange des intestins :
strychnine,
amanite phalloïde,
arsenic à dose discrète.
-Laissez tomber. -Occupez-vous de votre cul !
-Madame, messieurs,
bonne dégustation.
Applaudissements et sifflets.
Public en effervescence.
Huées du public.
Elle tousse.
Elle tousse. Le public hue, siffle et s'agite.
-C'est terminé ! A la semaine prochaine.
Mentez à vos femmes, à vos enfants.
Dites que vous étiez au stade
ou au bistrot.
-C'est tout ce que t'as ? T'as plus rien en cuisine ? Tu me déçois !
-T'es gourmand, chef. T'as besoin de fric ?
Non, je suis bête :
le fric, tu t'en fous, pas vrai ? Toi, tu veux te faire mal.
Tu veux te punir, hein ?
-Bonjour le psy ! -Je m'intéresse à mes joueurs,
c'est mon boulot.
Pourquoi t'es pas derrière tes fourneaux ?
-Je suis si nul, ici ? -T'es le meilleur.
Enfin, dans cette catégorie. T'as peur ?
-J'ai peur des cons. -T'as peur du grand frisson ?
Ca m'étonne de toi.
Plus question de se tordre le bide au-dessus des chiottes,
je te parle de parties où on joue pour sa peau et un tas de pognon.
T'es prêt pour ça, chef ?
*-...on trouve plus de 250 espèces différentes.
*Capables de longues plongées, ces tortues ont traversé les océans.
*Prenant pied sur les rivages en Asie, en Amérique, en Afrique...
-Charmante, votre cantine !
Vous avez pas reçu un courrier ?
Un courrier avec une invitation.
Il a dû se perdre.
A quel âge vous l'avez eue, votre étoile ?
Un bébé gazouille.
Propos dans une langue inventée.
-Qu'est-ce qu'il te raconte ? Un bébé gazouille.
-Mm... ?
Hum, c'est bon !
-C'est bon, ça ?
Arrête.
-Quoi ? -Arrête d'y penser, je te vois !
-C'est bon, ça va.
Ca va.
J'existais pas avant, j'existe pas aujourd'hui.
-T'as ton étoile, tu nous as nous, t'aimes ce que tu fais,
le reste, on s'en fout, non ?
D'accord ?
-OK...
-Bonjour Philippe. -Bonjour Delphine.
Comment trouvez-vous mes fleurs ?
-Ravissantes. D'ailleurs, c'est moi qui les ai choisies.
-Vous aimez ma cravate ? -Oui.
-Vraiment ? -Oui.
Par quoi on commence ?
La réorganisation du room service, les fournisseurs à remercier,
la maintenance informatique ? -J'adore votre parfum. C'est quoi ?
-Mon odeur naturelle : rose et jasmin.
L'informatique, donc.
-Vous me laissez jamais le temps de finir les préliminaires.
-Non, mais je vous fais gagner de l'argent, et ça, ça vous plaît.
Porte qu'on ouvre.
-Un an, c'est long, n'est-ce pas ?
Bien sûr, j'ai suivi vos succès à distance. Loin des yeux,
mais tout près du coeur. Rien ne m'échappe, vous savez.
-Monsieur Edouard.
-Vous n'êtes pas content de me voir ?
-Si. J'ignorais que vous étiez rentré de Tokyo.
-Je suis fier de vous, Romain.
Je voulais vous le dire en personne.
-Merci.
-Combien êtes-vous à avoir une étoile ? 500 ? 600 ?
C'est beaucoup, non ?
Vous connaissez la différence entre "bon" et "grand",
l'exacte largeur du gouffre qui sépare le talent du génie ?
-Non... Non non. -Non ?
C'est pas le travail.
C'est pas la volonté.
C'est pas le don,
ce cadeau toxique.
Non ?
C'est le sacrifice,
ce à quoi vous êtes prêt à renoncer pour être le meilleur.
-Oui... Mais, écoutez...
Je...
Tout va très bien pour moi.
-Ah...
Vous pensez être heureux, c'est ça ?
Pardonnez-moi, je croyais que vous aviez d'autres aspirations.
J'ai dû me tromper.
Porte qu'on ouvre.
Mais il faut pas avoir honte :
le bonheur, c'est très bien aussi.
-Chef... Chef. Romain.
Romain !
On envoie ?
-On n'envoie rien !
-Pourquoi ? -J'essaie un truc.
-Ils sont pressés.
-Emulsionne de l'encre de seiche dans du fumet
et du chou-fleur en purée.
Woo, aide-la. -Oui, chef.
Au fait, tes salsifis, c'est de la merde.
Fais sécher doucement au four. Dur dehors et tendre à coeur !
Tu veux une fiche technique ?
Charlène, on se dépêche.
Magne-toi, merde !
-Le saint-honoré capuccino/noisette
et la tartelette framboise/pistache.
-Mm mm...
-Quelque chose ne va pas ?
-Bah t'en penses quoi, toi ? -Comment ça ? Il y a un problème ?
-Bah oui, il y a un problème :
c'est chiant. C'est toujours pareil.
Arrête de te répéter, JC. Innove, putain !
Il faut qu'on invente un truc nouveau chaque jour. Chaque jour !
Autrement, je vois pas l'intérêt.
-Je leur dis quoi ?
-Qu'ils vont adorer.
-Oui, chef.
-Quoi... ?
-Rien.
-Vous croyez que je vois pas vos têtes de lapins crevés ?
JC... -Tout va très bien, chef.
-Y a pas de chef, là : Charlène !
Vous me reconnaissez ?
C'est normal qu'il te pousse dans tes retranchements.
T'en as vu d'autres.
-Pourquoi il me parle comme à un chien ?
-Bah il veut que tu sois le meilleur.
Tu préférerais une carte avec un menu pour l'été, un pour l'hiver ?
Tu fais ce métier pour ça ? -Mais on est sur les nerfs.
-Même toi, il te traite...
-C'est bon. Stop !
-Bien, chef.
-Oh, mon vieil ami Souleimane ! -Bonsoir, chef.
-Ca doit être grave
pour que tu descendes aussi bas. -Juste quelques marches.
J'essaie de remonter vers la lumière. Tu fous quoi ici ?
Pourquoi tu te planques dans ce tripot ?
Le pognon ?
-Faut bien vivre. La roue tourne !
-Tu es un chef, un grand.
Ta place est en cuisine.
-C'est fini, tout ça. J'ai perdu mon restaurant, fin de l'histoire.
-Edouard est revenu.
Propos en japonais.
Quelqu'un entre.
-Monsieur, c'est impossible... ! -Je suis pas trop en retard ?
Vous avez commencé ? Parfait.
-Mon vieil ami !
Un ancien cuisinier.
Hélas, il a abandonné le métier,
à moins que ce ne soit le contraire.
Café, thé, cognac ?
-Ca va ?
Alors vous êtes rentré.
-Paris me manquait.
J'aime trop son parfum léger de pourriture
pour m'en tenir trop longtemps écarté. Je suis sûr que vous aussi.
Je me trompe ?
-J'adore quand vous faites de la poésie. Ce raffinement...
Il écrit de délicieux haïkus.
Propos en japonais.
-Non, restez. Vous prendrez bien une tasse de thé.
Avec un nuage de lait de soja ?
On en était où ?
Ah oui, je vous avais demandé un service
à propos de Romain. C'est mon fils.
-Votre fils...
Qu'est-ce qui fait d'un fils un fils et d'un père un père ?
La biologie ? L'amour ? La transmission d'un héritage ?
Autre chose ?
-J'apprécie vos conseils éducatifs, mais je croyais avoir été clair.
-Très clair. Quels étaient vos termes ?
"Je vous tuerai si vous touchez à un seul de ses cheveux."
Non... "Gardez vos distances ou je vous bute."
Vulgaire, mais pas tout à fait vous.
"Si tu t'approches de lui, je t'égorge."
Ah, c'est ça, non ?
-C'est toujours vrai.
-Alors faites-le.
Tuer un homme demande du cran et de la conviction.
Je pense que vous ne disposez d'aucun des deux,
chef !
-Vous avez des miettes.
-Mm !
-Messieurs.
Propos en japonais.
-Bonjour.
Je vous en prie.
-Je doute que ce soit une bonne idée.
-Je viens juste goûter la cuisine d'un confrère talentueux.
-Le plus simple... -Quoi ? Ca pose un problème ?
-Non, aucun problème. Nous sommes heureux de vous revoir parmi nous.
-Moi aussi, Karim, je suis heureux de te revoir.
Bon, on mange quoi, ici ?
-Je vous en prie, choisissez.
-Voilà, c'est ça, l'idée.
Enfonce plus la lame. -2mn, la garniture !
-C'est très bien, ça.
Propos inaudibles.
Voilà ! Tu vois, t'y arrives. -Merci.
-Très bien !
Oublie pas le jus de citron. -Oui, chef !
-Ca va ? -Oui. Et toi ?
-Mm...
C'est mieux, Martial !
-Asperge verte meunière, yuzu parmesan.
Bonne dégustation !
-Mouais...
-Quelque chose ne va pas ?
-A ton avis ?
-Quelque chose vous a déplu ? -Oui, à peu près tout.
J'aimerais d'ailleurs m'en entretenir avec le chef.
-Impossible, il est en plein service.
-Va me le chercher, s'il te plaît. Vas-y...
(Vite.) -Je vais voir.
-(Vas-y...)
-Les tartelettes sont prêtes dans 2 minutes.
-C'est poivré, ça, Vincent ? -Non, chef.
Propos inaudibles.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Rien. -Rien.
-Rien... Ca suffit, je veux savoir ce qui se passe, et tout de suite.
-OK...
Mais tu me promets de ne pas t'énerver.
-Oui, je te le promets.
-Ah, bah le voilà !
Bonjour, chef.
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-Quoi ? Ma visite te rend nerveux ? Tu sais, si tu assumes ton travail,
t'as aucune raison de l'être.
-J'ai pas envie de jouer au plus con avec toi,
tu risques de gagner.
Tu cherches quoi ? Tu te baladais et tu t'es perdu ?
-Tu vois...
J'ai presque failli y croire. -Ah oui ?
-Oui. J'avais tellement entendu parler de toi.
"Le petit génie",
"La cuisine instinctive", "Le surdoué à qui tout réussit",
"Le fils génial du père génial", j'en passe et des plus cons.
Finalement, je me suis dit : "Pourquoi pas ?
"Laissons-lui donc sa chance", en mode beau joueur, tu vois ?
-Bah ouais. -Bah oui, mais le problème,
c'est que ta cuisine, c'est rien.
C'est du vent, de l'esbroufe.
C'est... Désolé de te le dire, mais c'est de la merde.
C'est de la merde.
C'est à ton image, mec.
Romain rit.
-Ca me fait plaisir de voir que t'as pas changé.
Je suis très heureux d'avoir eu de tes nouvelles,
hélas, j'ai du travail, là.
Evidemment, t'es mon invité.
-C'est gentil. -Ca me fait plaisir.
-Il en pense quoi, le paternel ?
Je parie qu'il est jamais venu ici. Je parie qu'il en a rien à foutre.
Je me trompe ?
-Ecoute, on va pas s'énerver. Il faut qu'on...
Stupéfaction générale des clients.
Brouhaha.
Propos indignés et diffus des clients.
-Excusez-nous, c'est fini.
C'est rien.
C'est un petit incident.
Nous sommes vraiment désolés. Tout va bien !
-L'addition, s'il vous plaît !
-On comprend pas, là. On dirait une sauce.
Dépêche-toi, à la plonge, c'est pas à moi de faire ça !
Je...
Je sais pas ce qui m'a pris.
-Ca vous plaît, ici ? Vous êtes bien ?
-Bah on avait parlé d'une grande chose, et là, c'est pas...
-Il y a 2 défauts que je ne pardonne pas :
la faiblesse et la bêtise.
Vous accomplissez l'exploit de concilier les deux !
-Allez, dépêche-toi.
Excusez-moi, mais...
-Je vous ai donné
l'autorisation de parler ? Ecoutez-moi, espèce d'attardé,
reprenez des libertés avec mes instructions et je vous brise.
Les choses n'arrivent pas par hasard,
elles adviennent parce qu'on a planté une graine qu'on a arrosée.
C'est à ce moment-là qu'on récolte les fruits. Vous saisissez ?
Vous ferez ce que je dirai quand je vous en donnerai l'ordre.
-Bien, monsieur.
-Ecoute, Charlène...
Il l'a cherché, non ?
-Oui.
-Bonsoir.
Ca va.
Ecoute...
-Votre invitée est arrivée. -Merci, Hervé.
-Bon anniversaire !
-Bonsoir maman. C'est demain. -Demain,
je suis prise. Tu fêteras ça avec tes amis.
Tu as bien fait de les couper un peu : c'est plus élégant,
passé un certain âge.
-Manu, mes capucines !
-Oui !
-Bonjour, chef. -Bonjour.
-Bonjour, chef.
-Maître Karim, bonjour.
J'avais un petit creux, je me suis dit que je pourrais venir manger.
-Bah il y a une place pour vous... pour toi.
-J'aimerais autant rester ici, si c'est possible.
-Ici, là... ?
Je crois pas que ce soit votre...
votre place.
-Bon, bah...
On peut se parler ?
-Maintenant ? Vous avez décidé qu'on devait se parler.
J'ai rien à dire, moi.
Au travail, là ! -OUI, CHEF !
-Ecoute, fiston.
-Y a plus de "fiston", je suis plus un gosse.
-T'es un peu vert pour me parler comme ça.
-Je mérite pas cette place ?
Je vous l'ai volée, c'est ça ? Il faut que je vous remercie ?
Merci, papa. Merci pour ta générosité, ta bienveillance,
merci pour ta présence.
-J'ai jamais dit ça.
-Vous l'avez pensé tellement fort.
Vous n'êtes jamais venu. -Pense ce que tu veux.
Je viens te parler d'Edouard : le laisse pas t'approcher,
ni te faire du mal.
-Du mal ? Pourquoi ?
Parce qu'il veut m'aider ?
Heureusement qu'il est là, lui !
Vous êtes jaloux
parce qu'on s'estime mutuellement, c'est ça ?
-Edouard n'aide jamais personne. Il dévore les gens, c'est tout.
-Vous êtes ridicule, là. Sortez de ma cuisine.
Vous attendez quoi, des gâteaux apéros ?
On y va, là, on se remue ! -OUI, CHEF !
-Ca t'a pas plu ? -Si, mais je fais attention.
Bon anniversaire !
-Merci, maman.
-Ouvre-le.
-Bien sûr.
C'est trop. -Il appartenait
à ton aïeule. Grand-maman me l'a offert pour mes 40 ans.
A présent, c'est à ton tour.
Propos chuchotés et inaudibles.
-Je reviens.
-Bonsoir.
On commence comme ça ?
-On s'était pas tout dit, la dernière fois ?
-La dernière fois... ?
C'est quand vous m'avez dit que j'étais pas assez bien pour vous ?
-C'est pas ce que j'ai dit.
-Vous êtes très belle.
-Vous, vous avez l'air d'un clochard.
-Jouez pas à la méchante, j'adore ça.
-Très en dessous du niveau.
-Je peux pas plus.
-Vous partez tout seul ou j'appelle la sécurité ?
-J'ai besoin de toi.
Je retourne en cuisine.
-Marc, merci de raccompagner monsieur jusqu'à sa poubelle.
-Je vous commande un taxi ?
-C'était lui ?
Lui seul peut te mettre dans un état pareil.
Ma pauvre chérie, tu mérites tellement mieux.
-J'imagine, oui.
-Que voulait-il ?
-Je croyais que j'avais pas de comptes à te rendre.
Pardon.
C'est...
Merci, il est magnifique.
Tu veux un dessert ?
Non, pas de dessert...
Un café ?
Ca va t'empêcher de dormir ?
Je t'appelle un taxi.
-Tu as pas l'impression d'habiter dans ton bureau ?
-J'ai besoin d'une salle de bains et d'un lit. Ici, il y a les deux.
-Votre taxi, madame. -Merci, Franck.
Au revoir, maman.
-Bonne nuit.
Franck, je peux vous demander une cigarette ?
Merci.
Accompagnez-moi, si vous voulez.
-Merci.
-C'est bien, ça, Manu !
Te coupe pas, on a besoin de toi ! -Oui, chef !
-On se connaît ? -Non, je crois pas.
J'ai rendez-vous avec le chef.
-Hé...
-C'est bien, ça. Très bien.
*-...par leurs cousins d'Afrique. Pris par la dérive des continents,
*ils ont été progressivement condamnés à vivre isolés.
Applaudissements et sifflets d'un public.
-T'es enfin dans la cour des grands.
Me déçois pas, j'ai misé un paquet de pognon sur toi.
Plus question
de se tordre le bide au-dessus des chiottes, je te parle de parties
où on joue pour sa peau et un gros paquet de pognon.
T'es prêt pour ça, chef ?
Un public enthousiaste applaudit et tape du pied.
Le public crie, puis il siffle et hue.
Deuxième manche.
Un volontaire ?
Qui osera tenter sa chance à cette table ?
Sifflet admiratif d'une personne du public.
-Bouchée à la reine : ris de veau, champignons et sauce blanche.
Un plat royal
qui peut vous envoyer brouter les pissenlits par la racine
si vous mangez le mauvais.
Les paris sont ouverts.
-Vous aviez juré ne plus jamais remettre les pieds en cuisine.
-Pardon ? On vous dérange ?
-C'est à monsieur que je parle ! -Eh ben j'ai changé d'avis.
-Pourquoi je dirais oui ?
-Vous regretterez pas, je vous le promets.
-Vos promesses...
-Cette fois, c'est différent.
-Virez-moi cette femme !
-J'allais partir. Vous savez pourquoi ?
Ca pue la mort, ici, et moi, j'aime le champagne et les fleurs.
Huées du public.
-L'incident est clos !
La partie peut reprendre.
Chef...
A toi l'honneur.
Tu fais quoi, là ?
Le public proteste.
Tu me plantes ? Tu sais combien il y a sur la table ?
-Tu trouveras d'autres gladiateurs. -C'est de l'humour ?
Je pige pas.
-Pourtant, t'es un comique. -Tu crois quoi ?
Dans 3 jours, tu reviens, la queue entre les jambes. T'es fini.
Tu retourneras jamais en cuisine. T'étais même prêt à te suicider !
-Voilà. Sur ce, salut !
-Tu veux un conseil ? -Non.
-Recroise jamais ma route ! -Y a pas de risques !
-Que faites-vous ?
-Je tiens vos mains dans les miennes.
-Je vous donne 2 minutes.
-J'ai pas mis les pieds dans une cuisine depuis un an.
12 mois sans avoir goût à rien,
à plus me souvenir de qui je suis, où je vais,
à plus savoir si j'ai faim, froid, chaud.
J'ai l'impression que je sais plus respirer,
que je dois réapprendre à marcher, à toucher...
Et j'ai faim,
Delphine.
J'ai à nouveau faim. J'ai des envies,
des idées. Je veux tenir une casserole, sentir monter le feu...
Je veux cuisiner.
Je vais cuisiner.
-En quoi ça me concerne ?
-J'ai besoin de toi.
J'ai besoin de te sentir près de moi,
avec moi.
-Si on mélange tout, ça marchera pas.
-On mélange pas, là, on... on choisit.
On travaille ensemble.
On est associés, rien de plus.
-Il est venu jusqu'à votre bureau ?
Faudrait pas qu'il s'approche d'elle.
Il ne faut pas laisser votre mère prendre la poussière, Romain.
-J'ai pas besoin de ça pour y penser.
-C'est bien, il faut garder vivace ce souvenir.
Cette blessure vous protégera de votre père.
Vous savez à qui je pense quand je pense à elle ?
A vous, évidemment.
J'avais beaucoup d'affection pour votre maman,
voire plus que de l'affection.
Je n'ai pas su veiller sur elle.
J'aimerais me racheter avec vous, vous soutenir sans limites.
Je crois en vous, Romain. Plus que vous-même, sans doute.
Et sûrement plus que d'autres qui font peu de cas des liens du sang.
Connaissez-vous le Cercle des chefs ?
-Tout le monde le connaît.
C'est le club le plus privé de la gastronomie française.
-Monsieur...
Je vous en prie.
-Seuls les plus grands en font partie.
-Je veux que vous fassiez partie de ces grands.
Je veux que vous entriez au Cercle des chefs, Romain.
-Attendez...
Je suis pas sûr de comprendre. -Vous seriez
le plus jeune à y accéder, soit le plus doué, incontestablement,
et aux yeux de tous. Je sais de quoi vous êtes capable, Romain,
même si vous, vous l'ignorez encore.
-Et si j'échoue ?
Vous savez qu'au Cercle, il n'y a pas de seconde chance.
-Mais il n'est pas question d'échouer.
Sous-titrage MFP.
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