All language subtitles for The.Piano.Accident.2025.720p.BluRay.x264.AAC-[YTS.MX](1)

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Musique mystérieuse

- Le film que vous allez voir est né sous une bonne étoile.

Musique douce

Fracas Piano désaccordé

Inaudible

Gong

Raclement

Effort

- Voilà. Il soupire.

- Je suis vraiment désolée.

Mmh.

J'espère que...

tu pourras te réincarner en un truc plus intéressant.

Elle renifle.

Rire malaisant

Salut.

Portière

Il souffle.

Effort

Porte

- Bah...

Viens !

- C'est pas le chalet des photos.

- Mais si, mais si, bien sûr. Il râle.

- Non, je reconnais pas.

- Enfin, j'ai pas changé dans ton dos. Tu me crois débile ?

Viens visiter. Une tuerie,

je te dis !

Il rit.

Il expire.

Par là.

Grincement de l'escalier

Voilà.

Tiens.

Ma pauvre chérie, tu as pas dormi dans l'hélico ?

- Oh, merde !

Le pilote m'a demandé de mettre un commentaire,

j'ai oublié.

- Ah bon ? Elle soupire.

Depuis quand les pilotes font ça ?

- Il était hyper sympa.

Et je lui ai promis. Tu t'en occupes pour moi ?

- Ben bien sûr.

Il y a pas de problème.

Tu veux que je mette quoi ? "Pilote super sympa" ? "Pilote agréable" ?

Rire malaisant - Je m'en fous, un truc positif.

- Pas de problème, je m'en occupe. - Mmh.

C'est pas les bons yaourts.

Ils ont un goût bizarre.

- Ah bon ? - Mmh.

Tu t'es trompé de marque.

- Ah, je suis désolé. Je ferai gaffe, la prochaine fois.

Rire malaisant - Je mange juste parce que j'ai faim.

C'est quoi, ça ?

- Ah, ça, on l'a reçu hier.

- Pour la vidéo de la tronçonneuse. - Mmh.

Si tu aimes pas, on jette.

- Non.

C'est pas mal, on le garde.

- OK.

Euh, tu as encore besoin de moi, ce soir ?

- Non, tu peux disposer.

- OK...

Mais ça va, sinon ? Enfin...

T'aimes bien, ici, ça te plaît ?

Elle soupire.

- Je sais pas, je te dirai demain.

- OK.

Je te laisse dîner tranquille.

Repose-toi.

- T'es en pause ?

- Non, c'est elle qui l'est.

Je suis pas en vacances.

Il y a tout à gérer. Je dois répondre à tout le monde.

C'est un enfer.

Tu crois que je suis là pour glander ou quoi ?

- Tu pouvais faire ça de la maison, ça changeait rien.

- Mais non. Pff !

Tu sais bien comment c'est.

Je dois être là pour tout voir avec elle.

En direct, au jour le jour.

Je dois être là pour la remotiver. Elle dit qu'elle veut arrêter.

- Bah, alors ?

Si elle en a envie, laisse-la arrêter.

- Et je fais quoi ?

Je me mets au chômage ? T'es marrante.

- Bah, tu peux trouver autre chose.

Ça fait dix ans. Tu en as pas marre d'être à sa botte ?

- Marre de gagner autant de pognon ? Non, désolé.

- On fait plus rien ensemble. T'es toujours

avec elle.

"Magalie m'a demandé ci, elle veut que je sois là."

Magalie, Magalie, Magaloche, j'en ai plein le cul.

Tu vois plus cette folle que tes propres enfants.

Notification Tu te rends compte ?

Tu m'écoutes, au moins ?

- Il y a un truc bizarre. Je te rappelle.

- Quoi, encore ?

- Un mail à traiter

tout de suite.

Je te rappelle, mon cœur.

- OK, salut. Elle raccroche.

On frappe.

- Mag, tu dors ?

Il soupire.

Mag !

- T'as craqué ? Ça va pas ou quoi ?

- Désolé, c'est méga important... - Je m'en fous

Rentre pas dans ma chambre pour chuchoter.

T'es malade ou quoi ?

- Je te promets, ça craint.

- Sors de ma chambre !

- OK, pardon.

Piano désaccordé

La musique s'accélère.

Elle soupire.

Portière

Le scooter approche.

- Oh, merde !

Musique oppressante

Rafale de photos

Bruissements

Elle soupire.

Elle grogne.

Léger rire

- Est-ce que le nom de Herzog te dit quelque chose ?

- Patrick,

dis-moi le truc important. Arrête les devinettes de con.

C'est qui, Herzog ?

- Dimitri, le mec de la grue.

Piano désaccordé

- OK.

- Il a déconné. Ce débile a tout raconté à sa sœur.

Elle souffle.

- Sa sœur ? - Oui.

Il a une sœur.

- OK.

Il a raconté quoi ? - Tout !

Tout.

C'est pour ça qu'elle te contacte. Elle m'a envoyé un message.

Et elle est journaliste.

Tu commences à capter ou pas ?

Rire malaisant

Elle soupire.

- Non. Ça change quoi, qu'il lui ait tout raconté ?

- OK !

Lis !

Profond soupir

Soupir excédé

Rire malaisant - Oh là là !

Des fautes. Très mal écrit, ça !

- On s'en branle. T'en fais aussi.

Pitié, va jusqu'au bout. Tu lis tout !

Ils halètent.

Elle souffle. - C'est du chantage.

- Ah, sans blague ?

C'est tout ce que ça te fait ? - Bah, elle dit

qu'elle veut pas de pognon. Elle veut quoi, cette pute ?

- C'est le problème. Je ne sais pas ce qu'elle veut.

- Bon, tu l'as contactée, avant de me faire chier ?

- Oui. Elle refuse de me parler. Elle veut parler qu'à toi.

Rire malaisant - Oh, non.

Non, fait chier !

Bonjour, Simone. Je suis Magalie.

Vous avez envoyé un email à M. Balandras, mon assistant personnel,

à propos de cet accident de piano.

Je n'ai pas tout compris, à cause des fautes de syntaxe,

mais je suis disponible pour en parler de vive voix.

Je suis à la montagne. Rire gêné

Dans ma nouvelle résidence, pour une durée indéterminée.

Vous pouvez me rappeler sur ce numéro, si vous le souhaitez.

À bientôt, j'espère, madame Simone.

Au revoir.

Sale pute !

- Tu sais quoi ?

Tu as peut-être raison, pour les fautes. - C'est-à-dire ?

- Elle a peut-être voulu dire l'inverse. Qu'elle veut juste de l'argent.

Elle gémit.

- Elle va se faire enfiler le cul.

- Non, non, non. Tu déconnes pas,

c'est du sérieux.

Si ça se trouve, on risque la taule à vie.

Garde ça dans ta tête. C'est chaud ! Rire malaisant

- Je garde ça, et je vais me recoucher.

- Tu comprends pas ? Tu restes tranquille, là ?

Et si elle rappelle, on fait quoi ?

- Je la rappellerai, Patrick.

Oh, détends-toi. T'inquiète, on va gérer, hein ?

Mange un petit cachet, tu es tout stressé.

Piano désaccordé

Elle soupire.

Mmh.

Rire malaisant

Mmh.

Elle soupire.

- Ils demandent pourquoi leur père est pas là, mais à part ça...

- Tu veux pas expliquer que je pars pour le boulot ?

Pour leur payer des fringues

et leur bouffe.

Ils vont croire que je suis un sale con qui abandonne sa famille.

- Ils savent déjà que tu es un sale con. Elle rit.

Il rit jaune. - Super, l'humour, merci.

- Non, ils vont bien, détends-toi.

Mathieu a été viré

du club de poney, mais sinon, ça va.

- Ça, tant mieux. Tu sais ce que j'en pense.

C'est pas un truc de garçon. Pardon, mais...

Tiens !

Regarde qui c'est qui est là.

- Salut.

- Ah, merde ! Elle rit.

J'avais pas compris que tu avais une telle minerve.

- Ouais. - Horrible, ma chérie.

- C'est rien, je vais survivre. T'inquiète pas.

- Elle est robuste, tu sais !

- Ça a l'air dingue, ton chalet. Contente ?

- Oui, ben, je me sens pas encore chez moi.

- Ah, moi, je pourrais m'habituer assez vite.

Ils rient.

Il fait combien de superficie ? 300 ?

- Tu es adorable, mais on a une urgence.

Je vais devoir t'emprunter ton mec et raccrocher.

- On peut peut-être finir de se parler ?

- Mais le chalet fait 500 m2.

Bye !

Patrick, je sais ce qu'elle veut !

- C'était super humiliant.

- On s'en fout, tu la rappelleras. Écoute !

J'ai cogité et je sais ce que veut ta journaliste.

Je te dis ?

- Du pognon, c'est simple !

- Non !

Elle veut coucher avec moi.

- Pardon ? - Mmh.

J'ai vu des photos d'elle en ligne, c'est un thon, dégueulasse !

C'est sûr, c'est ça. Une pauvre fan qui veut une relation avec moi.

- Tu raccroches au nez de ma femme pour m'annoncer ça ?

- Oui. J'ai relu son message.

Les mots sont mal assemblés.

C'est forcément une psychopathe.

- OK, ton raisonnement, c'est : elle écrit mal,

donc, elle veut coucher avec toi ?

- Oui.

- Elle veut du pognon.

Tout le monde sait que tu es blindée, elle veut croquer.

Tu l'as rappelée ? - Ah, non.

Choc

- C'est quoi ?

- C'est quoi ? - Je sais pas.

Elle halète.

- Elle est là. Téma, c'est elle !

- Oh, putain ! Hé, wouah !

- Tu vois ? J'suis pas débile, je sais !

- Elle fout quoi ici ? - J'en sais rien. Elle est là.

Vas-y, ouvre ! Ouvre !

- Deux minutes. - On peut se parler ?

- Ouvre. - S'te plaît.

- Cinq minutes. - On parle !

- Ouvre, deux minutes. - Hé !

- C'est qui, ces mongoles ?

- Le grand m'a suivie ce matin.

- Hein ? Elle rit.

Il m'a suivie avec son scooter de gitan.

- Sans ta cagoule ? Tu es folle ! - Me dis pas que je suis folle !

- Tu cherches les emmerdes.

Bruit métallique

Elle soupire.

Porte

Qu'est-ce que vous voulez, là ?

Ça va pas ou quoi ?

Barrez-vous ou je vous dérouille !

C'est privé. Dégagez !

- On fait ce qu'on veut. T'es qui, toi ?

Tiens ! Ils rient.

Bouffon, va ! - La honte !

- Ça vous fait rire, en plus ?

- Tiens ! Il gémit.

Ils rient.

Moteur

- Bande de petites salopes !

Il crie. Bris de métal

Le téléphone sonne.

Léger rire

Le téléphone sonne.

Vibreur

- Quoi ?

- Bonsoir.

- C'est vous, Simone ?

- Oui.

- OK. Elle soupire.

Et donc ?

- Eh bien, je...

- Qu'est-ce que vous voulez ?

Elle souffle. - C'est dur. Je suis intimidée.

- Hé ! - Quoi ?

- Regarde. Je suis désolé.

- Ah, je vous rappelle ? Vous n'êtes pas seule ?

- Non, c'est rien. C'est mon chien.

Il vient de rentrer dans la pièce. C'est rien du tout.

Allez-y.

Je vous écoute.

- Bien. Alors, pour commencer, sachez que je n'ai jamais fait de chantage

à qui que ce soit, avant.

Je suis quelqu'un d'honnête.

Pour tout vous avouer, je suis relativement mal à l'aise.

- Oh...

ma pauvre chérie.

Vous êtes mal à l'aise ? Je suis désolée !

Vous vous foutez de moi ?

- Non, non, c'est sincère.

Vous êtes sur la défensive, mais vous allez vous rendre compte

que je suis bien intentionnée.

C'est un chantage très léger, très positif, je suis pas...

- Arrêtez avec vos salades

de chantage positif et vos explications bidon.

Dites-moi. Qu'est-ce que vous voulez ?

- OK.

Magalie, vous n'avez pas envie que le public ou les médias

apprennent ce qui s'est réellement passé

le jour de votre accident avec le piano.

N'est-ce pas ?

- C'est pour ça que j'ai donné 500 000 euros à votre débile de frère.

Pour qu'il la ferme.

- Oui, je sais.

Je m'excuse pour lui, mon frère est extrêmement fragile.

Voilà, cet accident l'a traumatisé.

Il assumait pas de garder ce lourd secret pour lui tout seul,

donc il a eu besoin de se confier à moi, voilà.

Mais il n'en a parlé à personne d'autre, c'est une certitude.

Il n'a aucune intention de vous nuire.

Il est extrêmement reconnaissant pour tout votre argent.

Qui a littéralement changé sa vie.

À ce moment-là, il avait de gros soucis financiers, personnels...

- Je m'en fous, de la vie de votre frère mongolien.

Crachez le morceau. Qu'est-ce que vous voulez ?

Elle rit. - Pardonnez-moi, je suis intimidée.

- Écoutez, Simone, je vais nous faire gagner du temps.

Je sais ce que vous voulez.

Vous avez envie de me rencontrer.

Rire gêné - Oui, c'est vrai.

- Je le savais !

Je l'ai senti, en fait, je suis un génie.

Vous voulez me rencontrer, vous voulez coucher avec moi !

- Pardon ?

- Je sais, je suis désirable.

Je plais aux filles, j'ai aucun problème avec ça.

Je suis sollicitée de tous les côtés.

Je suis bonne, je le sais.

Vous voulez me rencontrer pour avoir une relation avec moi.

- Non. Pardon si je vous ai laissée imaginer une chose pareille.

Non, non.

Vous êtes jolie, je dis pas. Mais vous n'y êtes pas du tout.

J'ai bien envie de vous rencontrer, mais pour tout autre chose.

Vous êtes là ?

- Oui ! - Je vous écoute, oui.

- Alors, vous refusez de vous exprimer dans les médias,

vous n'avez jamais accordé d'entretien à qui que ce soit

de toute votre vie.

Je voudrais être la première à vous interviewer.

Je fais ce métier depuis 25 ans.

Je suis une vraie professionnelle.

Je vous promets de ne pas mentionner votre accident dans mon article.

- Regardez ce qu'on va faire, ça va être plus simple.

Vous donnez vos coordonnées bancaires et on fera un gros virement juteux,

comme à votre frère.

Vous fermez votre gueule et vous m'oubliez pour toujours.

- Je ne vous ai pas contactée sur un coup de tête.

C'est une décision mûrement réfléchie. Je ne reculerai pas.

Je vous interviewe ou je vous dénonce à la police.

Désolée pour vous.

- Putain...

Elle halète. - Je ne changerai pas d'avis.

Fracas

Elle souffle. - Bon, vous avez gagné !

Vous êtes une sorcière.

Je vous passe mon assistant pour un rendez-vous.

Rire gêné

- Patrick Balandras à l'appareil.

C'est moi qui ai reçu votre mail.

Vous avez décroché la 1re interview de Magaloche.

Félicitations !

Elle hurle.

Elle grogne.

Piano désaccordé

- Vous êtes prête ?

On peut y aller ?

D'abord, merci d'avoir accepté.

Je sais que vous faites un effort considérable,

et vraiment, merci.

Je suis extrêmement émue.

Et surtout, très honorée, vraiment.

Vous êtes en colère, mais je tenais à le dire quand même.

Elle soupire.

Voilà. Rire gêné

Ça enregistre.

Je vais commencer par le commencement.

Hein, dans l'ordre.

Donc, Magalie, vous êtes née le 12 mars 1989,

avec une maladie extrêmement rare,

qu'on appelle l'insensibilité congénitale à la douleur.

- Je suis née avec une insensibilité congénitale à la douleur, oui.

Ça, tout le monde est déjà au courant.

Je le cache pas.

- Tout le monde ne sait pas ce que c'est.

Vous pourriez me l'expliquer rapidement ? Ça m'intéresse.

- C'est comme être aveugle.

Sauf que, au lieu de ne pas voir, on ressent pas la douleur physique.

Je saurais pas l'expliquer autrement.

Pour une définition plus précise, demandez à un spécialiste.

- Non, c'est très clair, je vous remercie.

C'est joliment dit.

Magalie, autre chose que les gens ne savent pas forcément.

Le jour de votre naissance,

donc, le 12 mars 1989,

c'est aussi la date à laquelle internet a été rendu accessible

au public pour la première fois.

Saviez-vous que vous étiez née le même jour qu'internet ?

- Non.

- Oh !

Incroyable, ça ! Je pensais que vous saviez.

Je vais vous apprendre des choses. Rire malaisant

- Non.

Non, impossible.

- D'accord.

Que vous évoque cette information que vous découvrez ?

Dites-moi.

- Internet, c'est un outil informatique.

Moi, je suis un être humain.

Je vois pas le rapport.

- Vous êtes née le même jour que l'outil qui a fait de vous une star.

C'est tout de même stupéfiant !

Rire étouffé

- Ça vient d'où... cette façon insupportable de parler ?

- Pardon ? - "Stupéfiant, vous ne trouvez pas ?"

Sans déconner, ça vient d'où ?

D'un château ?

- Je ne vis pas dans un château, non. - Bah,

vous parlez comme une duchesse et vous savez pas écrire un mail.

- J'utilise la dictée vocale, c'est pour ça.

C'est pas intéressant

de parler de moi.

- Effectivement, ça l'est absolument pas.

Je vous cache pas

que c'est déjà très pénible de faire cette interview.

Avec votre manière de parler, je me crois à un examen à l'école.

Je sais sincèrement pas si je vais tenir.

Elle soupire. Ça m'agresse.

On en a pour combien de temps ?

- Euh...

Je sais pas, 2 h. Un truc comme ça.

- Deux heures ?

Mais... vous êtes givrée ou quoi ?

On va dire quoi pendant 2 h ?

- Magalie, vous pouvez baisser la garde. Je ne viens pas vous embêter.

Je veux simplement discuter, faire un joli portrait.

Sans mauvaise intention.

Je suis bienveillante, je ne vous veux aucun mal.

- Bienveillante, mais qui fait du chantage.

Faut pas l'oublier.

- Excusez-moi, pardon

de vous couper, deux secondes. Tu peux venir, s'il te plaît ?

- Quoi ?

- Viens.

Tu fous quoi ?

- Rien.

- Elle nous tient par les couilles !

Arrête de faire la reloue, joue le jeu !

- Quoi ? Je suis venue, déjà, je joue le jeu.

- Non, non.

Tu vas devoir être plus conciliante. Ça démarre très mal.

- Tu l'as entendue ?

- Mais...

- J'ai envie de lui crever les yeux, à cette pute !

- Mais qu'est-ce qu'on en a à foutre ?

Tu joues avec le feu. Pense à la prison.

Tu prends sur toi, putain.

OK ? - OK, OK.

Je prends sur moi. - S'il te plaît.

Merci !

- Mon assistant se propose gentiment d'aller chercher quelque chose à manger.

Vous avez envie d'un truc ?

- Merci, non, j'ai besoin de rien.

- OK. Ce sera que pour moi.

Comme d'habitude, Chouchou, t'es adorable.

Magne-toi, j'ai un trou dans le bide.

Alors, allons-y.

Je suis prête.

Je vais jouer le jeu. Porte

Je suis prête. Elle soupire.

Je vous écoute.

- Un problème ? - Non, aucun,

Simone.

Je suis ravie de faire cette interview.

Et je trouve votre manière de parler...

très exotique.

- Vous n'êtes pas obligée.

- Si, je le suis, si.

Mais allons-y.

- D'accord.

Je continue.

Alors, Magalie, vous êtes née le même jour que cet outil

qui a fait de vous une star mondiale.

- Eh oui.

- Comment vous avez découvert cet outil ?

Elle inspire et grogne.

- C'est arrivé l'année de mes... 14 ans.

- Mmh.

- Oui.

14 ans, c'est ça.

- Ça, c'est une vraie question. Vous pourriez développer un peu.

- Mais j'allais le faire.

Je dois juste me remémorer.

- Pardon, je suis pressée d'en savoir plus.

Je me tais.

Allez-y.

Elle soupire.

- On était

avec mon père dans le salon.

On regardait la télé en attendant ma mère.

On venait de finir un film merdique, un western.

Et en zappant sur plusieurs chaînes du câble,

bah, on est tombés sur une émission pour adultes.

Et on a regardé.

Musique country

En anglais

Il rit.

Il tousse.

Il gémit. Le père rit.

Il crache.

Grésillement

Il hurle.

Le père rit. Il gémit.

Il rit.

J'ai pas tout de suite compris ce que je regardais.

Mais je me rappelle avoir ressenti

une frustration terrible devant ces images.

J'étais jalouse de ces mecs.

Très jalouse.

Piano désaccordé L'émission continue.

Bip

Salut, je suis Magalie Moreau.

Aujourd'hui, je teste la batterie de voiture.

Grésillement

Papa !

Le lendemain, mes parents m'ont fait la morale.

Elle la gronde. - J'en ai pris plein la gueule.

- ... un petit peu !

- Et forcément, j'ai été punie.

Plus tard, mon père était devant son PC, comme toujours.

Je suis Magalie Moreau. Aujourd'hui, je teste la batterie de voiture.

Grésillement

Il rit.

Il a envoyé ma vidéo à tous ses collègues de bureau

pour les faire marrer.

Et là, ça s'est emballé tout seul.

Ses collègues ont commencé à...

partager le fichier avec d'autres gens,

comme une blague.

Ça s'est répandu très vite.

En quelques semaines, c'était un classique.

Tellement la vidéo circulait de partout,

on est même passés au journal télévisé. - Mmh.

- Ça faisait rire tout le monde.

Il y avait presque rien en ligne, à l'époque.

Rien à voir avec aujourd'hui.

C'était le tout début.

J'étais en avance sur mon temps, on peut dire.

Voilà. Rire malaisant

Les gens me reconnaissaient dans la rue.

Je suis devenue une sorte de phénomène de foire dans mon école.

- C'est incroyable !

Elle déglutit. - Ça fait bizarre

de raconter tout ça à voix haute.

Quand j'y repense, c'est dans ma tête.

J'y repense jamais, parce que ça me gonfle.

Des mauvais souvenirs. Je m'en fous !

- Avant de reprendre

la chronologie, euh,

j'aimerais éclaircir un détail qui m'intrigue.

J'espère que c'est pas trop indiscret, mais je me demande...

On ne vous voit jamais sans l'appareil dentaire que vous portez.

- Et alors ?

- Bah... est-ce un hommage à cette première vidéo ?

Il y a une autre raison ?

Elle soupire.

- J'ai une malformation grave de la gencive.

Je dois porter ce truc à vie.

Si je l'enlève, je perds mes dents, en 15 jours.

- Je suis navrée !

Rire malaisant

- Je plaisante.

- Ah. - C'est pour le style.

Avant, c'était pour qu'on me reconnaisse.

- Mmh.

- Et puis après, ben,

c'était un costume de scène.

Un truc facile à identifier.

"C'est la fille qui fait des vidéos avec son appareil dentaire."

- C'est ce que je me disais, vous en avez pas besoin.

Vous avez des dents parfaites.

- Merci, ça va. - Et un très joli

sourire, d'ailleurs.

Qu'on voit pas souvent. Elle rit.

Rire malaisant

- Vous avez pas organisé tout ce bazar

juste pour me draguer ? Comme je l'avais imaginé.

- Non, c'est une simple observation.

- Mmh.

"Dumb girl" Run DMC

Il soupire.

- Voilà.

- Merci.

- Ça va ? Tout se passe comme vous voulez ?

- Elle commence à s'ouvrir un peu. C'est passionnant. Merci.

- Bon, je vous laisse travailler. Je suis là.

Il soupire.

Elle gémit.

- "Elle commence à s'ouvrir un peu, oui."

On dirait que vous parlez d'une moule.

- Non, c'est une expression.

Je sais, vous êtes pas une moule. Je me permettrais pas.

- Je sais que c'est une expression.

Et je sais que je suis pas une moule.

Mais merci de me l'expliquer, maîtresse. Rire malaisant

Il soupire.

- On fait une pause pour votre déjeuner ? - Non, j'ai pas faim.

Allons-y, finissons-en.

Elle soupire.

- Très bien. Alors, euh...

Les gens commencent à vous reconnaître dans la rue, grâce à cette vidéo.

Vous avez 14 ans.

Que se passe-t-il à ce moment-là ?

- Que se passe-t-il à ce moment-là ?

Mmh.

J'ai commencé à faire d'autres vidéos, forcément.

Piano désaccordé Bip

- Salut. Je suis Magalie Moreau. Aujourd'hui, je teste le marteau.

Craquements d'os

Salut, je suis Magalie Moreau.

Aujourd'hui, je teste le pic à glace.

Je suis Magalie Moreau.

Aujourd'hui, je teste l'eau bouillante.

J'ai gardé ça secret un long moment. On frappe.

- Magalie, qu'est-ce que tu fais ?

Elle tente d'ouvrir.

Tu fais quoi ?

- Rien.

Je disais que j'étais maladroite pour justifier marques et blessures.

Vrombissement

Rire malaisant

Choc

Salut.

- Coucou !

Pourquoi tu sors plus ?

À cause de ta maladie ?

- Non.

- Bah alors, pourquoi ?

- Je m'occupe seule.

C'est tout. - Mes parents te disent folle.

Elle rit.

- Hé ! Désolés de vous importuner.

Sincèrement, pardon.

Je suis fan de vous. Je connais toutes vos vidéos.

Mon frère aussi.

On veut juste faire une photo. - Une photo

chacun. On est bien. - Ouais !

Il y en a pour dix secondes.

Et on part. Promis. - Patrick !

- Oh, non !

Elle appelle l'autre. - Non, hé !

Appelez pas votre garde du corps. On est sympas !

- Patrick !

- Quoi ? - On fait juste la photo tranquille.

- C'est ma pause. Pourquoi tu gueules ?

- Il y a les deux gitans.

- Vous avez que ça à foutre ?

Elle est convalescente. Elle doit se reposer.

Foutez-lui la paix et respectez les gens !

- Ta gueule, on est libres ! On veut juste une photo !

- On fait rien de mal !

- Vous la faites chier.

- Elle a qu'à pas être connue... - Dis pas ça, toi !

- Balancez pas

de yaourt ! C'est du gâchis.

Bip

- Salut. Je suis Magalie Moreau.

Aujourd'hui, je teste la machine à coudre.

Vrombissement

- Vous en faisiez quoi,

de toutes ces petites vidéos ?

Vous les visualisiez parfois

ou le plaisir était dans la fabrication ?

- Je les rangeais dans une boîte à chaussures.

Et une fois une scène tournée,

ça m'intéressait plus du tout.

Comme aujourd'hui. Les images que je tourne

n'ont aucune valeur.

- Bah, ça, c'est discutable.

Vous avez bâti un empire avec elles.

Elle rit. - Je parlais de valeur sentimentale.

- Eh bien, parlons

de la valeur marchande. J'allais y venir.

Comment s'est opérée la professionnalisation ?

Comment êtes-vous passée à la vitesse supérieure ?

- Professionnalisation ? Soupir exaspéré

Comment vous faites pour utiliser des mots aussi chiants ?

- Alors, comment êtes-vous passée de la petite fille secrète

qui rangeait ses vidéos dans des boîtes à chaussures

à la jeune femme riche et célèbre que vous êtes aujourd'hui ?

- Mme la Duchesse, je la fais courte.

Parce que je sens que ça commence à me casser la tête.

À 16 ans, je suis devenue une jeune adulte.

Un oncle éloigné m'a offert un smartphone pour Noël.

Caméra, connexion internet.

Là, je me suis inscrite sur tous les forums, les plateformes,

les réseaux. J'ai inventé ce pseudo génial,

que vous connaissez déjà. Magaloche.

Inutile de vous expliquer pourquoi. Elle rit.

Voilà, super.

À partir de ce moment-là, j'ai commencé à faire plein de vidéos.

La suite, vous la connaissez.

30 vues, 500 vues, 100 millions de vues.

Algorithmes, monétisation, sponsors, blablabla, tout le bordel.

À partir de là, j'ai commencé à gagner beaucoup plus que mes parents.

Ils m'ont virée de chez moi, parce que j'étais insolente.

Et je me suis installée dans une baraque plus grande que la leur.

Et j'ai commencé à faire des vidéos toute la journée.

Voilà.

Je crois qu'on a fait le tour. J'ai tout dit.

On peut s'arrêter là, c'est bon ? Vous êtes contente ?

- Bah, non. On va pas s'arrêter en si bon chemin.

C'est là que ça devient intéressant.

- Pardon ?

- C'est le moment pour la pause-déjeuner ?

Il balbutie. - Comme vous voulez. Moi, je...

Tout me va.

C'est marrant.

J'ai toujours imaginé

que les journalistes étaient moches.

Elle, elle est pas mal. - Tu rigoles ?

Elle est infecte.

Une sorcière !

Il souffle. - Ouais...

- La Terre entière va lire son article.

Cette pute va devenir célèbre grâce à moi.

Ça me débecte.

Piano désaccordé

- Attention. - Ça y est !

- OK. - C'est bon.

- C'est bon.

- Salut, c'est Magaloche.

Je teste la batte de baseball à grande vitesse, mes chéris.

C'est parti !

Moteur

- Allez.

- Voilà. Abonnez-vous, salut.

Salut, c'est Magaloche.

Aujourd'hui, je teste pour vous le monster truck.

C'est parti, let's go !

Il démarre.

Et voilà.

Oubliez pas de vous abonner. Bisous, salut !

C'est Magaloche.

Je teste la machine à laver.

Vas-y.

Fracas

Voilà.

Oubliez pas de vous abonner. Bisous, salut !

Acclamations

Hé !

Une vidéo sort ce soir à minuit. Oubliez pas de la regarder !

- Il y a une chose qui m'intrigue beaucoup.

Vous avez atteint un niveau de vie délirant,

très vite, grâce au succès de vos vidéos.

Vous possédez plusieurs propriétés dans le monde.

Vous auriez acheté une île privée en Polynésie, l'année de vos 25 ans.

Je ne sais pas si c'est vrai. Ce qui m'importe, c'est de comprendre

pourquoi vous avez continué de vous mutiler,

puisque vous n'en aviez plus besoin.

Est-ce simplement

une addiction basique à l'argent

ou est-ce pour une raison plus personnelle ?

- Mmh, non, je...

J'ai jamais eu l'idée d'arrêter.

- D'après les statistiques disponibles en ligne,

vous auriez posté plus de 2 000 vidéos en tout.

Ce qui est titanesque.

Ils gémissent.

Vous confirmez ?

- Je sais pas.

J'ai pas compté.

Mes vidéos dépassent jamais les dix secondes.

Donc, si vos statistiques sont bonnes, ça ferait...

20 000 secondes d'image.

En 15 ans, c'est pas...

c'est pas dingue, ça va.

- Oui, vu comme ça, effectivement.

Pour moi, cette quantité de vidéos raconte autre chose.

Je ne peux pas m'empêcher de penser à votre corps.

- Pardon ? Vous pensez à mon corps, là ?

- Vous vous êtes

blessée volontairement plus de 2 000 fois devant une caméra.

De façon sévère. Tout ça dans le seul et unique but

de faire des petits contenus pour les réseaux.

- Et alors ?

- Vous n'avez jamais ressenti d'usure

ou de lassitude ?

- Les facteurs distribuent le courrier chaque jour.

Salut, c'est Magaloche. Aujourd'hui, je teste pour vous le feu.

Musique électro

Et c'est parti, let's go.

On fait tous le même métier toute sa vie.

Rire malaisant

- Au fil du temps, vous auriez pu vous remettre en question.

Vous ne vous êtes jamais interrogée sur l'utilité,

pardonnez-moi,

très relative de cette activité ?

Elle renifle.

- Votre métier est plus utile, c'est ça ? - Pas du tout.

J'ai des doutes tous les jours.

Je sais pas si les gens vont me lire.

Ni si je propose quelque chose de bénéfique à cette société.

Eh oui.

Moi, j'ai un loyer à payer tous les mois

et je supporte financièrement ma mère, qui est très malade.

J'ai pas d'autre choix. Alors que vous...

- Oh, ma pauvre chérie ! Elle rit.

C'est dur, la vie.

- Euh, vous, c'est... c'est pas pareil, il me semble.

Et nous sommes là pour parler de vous.

Pas de moi. Tout le monde s'en fiche, de moi.

- Ça, c'est vrai.

- Pourquoi continuez-vous à vous maltraiter

alors que vous êtes libre d'arrêter depuis si longtemps ?

Elle soupire.

- Votre maman malade, elle sait

que sa fille fait chanter une artiste pour booster sa carrière ?

Vous lui avez dit, ça ?

- Mais ça, c'est très intéressant.

Vous vous considérez comme une artiste.

Je vais ignorer le reste et rebondir là-dessus.

Est-ce pour l'amour de l'art

que vous continuez de vous mutiler ? - Non.

J'utilise le mot "artiste",

parce que mon activité ne me demande aucun effort.

- Pourquoi continuez-vous, alors ?

- Aucune mutilation.

Mon corps va très bien. Rire malaisant

La nature est bien faite, il se répare parfaitement.

- Répondez à ma question.

- "Répondez à ma question."

"Répondez à ma question."

- Qu'est-ce qui vous pousse à continuer ? Vous n'avez pas besoin d'argent.

- "Répondez à ma question."

Je commence à saturer.

- Vous pourriez tout arrêter.

Vivre normalement. Pourquoi vous continuez ?

- Ah, oui. - J'aimerais comprendre. Répondez !

Elle soupire.

- Peut-être que je fais ça parce que je me déteste.

Et que je veux me suicider.

Ça ferait une belle accroche pour l'article.

Les gens voudront cliquer.

- Je fais pas ce genre de papier.

- Je vais très bien.

Je m'adore.

J'ai vu un psy pendant trois ans.

J'ai tout réglé ce bordel.

Désolée, vous arrivez trop tard. Il y a rien à trouver, là.

Je comprends même pas ce que vous cherchez.

- C'est presque philosophique.

Je veux savoir ce qui vous anime.

Ça m'intéresse et ça intéressera les lecteurs.

Rire malaisant

- Les lecteurs s'en foutent.

- Non,

je suis pas d'accord.

- Vous connaissez notre société ?

- Mmh. - Mmh. Les gens

liront ça sur leurs toilettes.

Ils auront oublié le sujet quand ils tireront la chasse.

- Vous n'avez plus besoin d'argent. Pourquoi continuez-vous ?

- Vous allez demander ça combien de fois ?

- J'ai fait 12 h de train.

J'aimerais trouver un peu de substance à notre conversation.

- Vous auriez pu éviter le voyage facilement.

Et encaisser un max de pognon, au lieu de venir ici

me poser 40 fois la même question.

- C'est une question fondamentale.

Faites un effort, essayez d'y répondre. Pourquoi vous continuez ?

- Qui sait si je vais continuer ? Vous en savez rien.

- Même si vous arrêtez demain,

dites-moi ce qui vous a poussée à faire toutes ces vidéos toutes ces années.

Répondez et je vous laisse tranquille.

C'est promis. Rire malaisant

- Et s'il y avait pas de raison ?

- Il y en a forcément une. Toujours.

- Non, madame Rationnelle, parfois, il y en a pas.

Vous saviez que l'univers est composé principalement de vide ?

Il y a pas de raison à ça.

J'en ai plein d'autres, des exemples.

- Pourquoi vous résistez ?

Ça vous embête tant de vous livrer ? C'est si pénible ?

- Oui, relativement pénible. Je vous le dis, vous écoutez pas.

J'ai rarement passé

un moment aussi chiant de ma vie !

- Dommage de pas dépasser ça.

Utilisez ce moment à votre avantage, plutôt que de le subir.

Vous avez peur de ma question qui vous force à voir la vérité.

Rire énervé

- J'ai pas peur une seconde !

Votre question est nulle.

Comme vous et le métier que vous faites.

Vos questions sont nulles, votre visage, votre mère malade aussi.

Vous devriez la laisser crever sur son lit d'hôpital.

Allez vous faire foutre ! Profondément.

Vous comprenez ou je développe ?

- D'accord.

Elle soupire. - Bon.

Rire malaisant

Je sais pourquoi je fais pas d'interview.

C'est insupportable.

- Non, c'est vous qui êtes insupportable.

Je vous souhaite bon courage pour la suite.

J'aurai essayé.

- J'ai répondu à toutes vos questions sauf une.

C'est bon, on est quittes ! - Non, c'est pas bon.

Vous n'avez pas joué le jeu. Désolée pour vous.

- Casse-toi ! Sorcière !

- Oh !

- Tu vas quand même pas me faire la morale.

- C'est à la portée d'un débile. Répondre à des questions à la con.

Pourquoi c'est si compliqué ? Pourquoi t'es si compliquée ?

- Je veux pas parler de moi pendant des plombes.

Ni fouiller dans mon âme pourrie

pour comprendre des trucs que je veux pas comprendre.

Ça me gonfle.

- Ah, OK. Super, ben, ça te gonfle.

- Je sais pas pourquoi je fais tout ça.

J'en sais rien et je m'en fous !

- Tu préfères aller en taule ? - Ouais !

Rire malaisant Je m'en tamponne le cul.

On se casse !

Je sais pas l'ouvrir, gros porc !

Jamais j'aurais dû accepter.

C'est toi qui as eu peur

de cette pauvre pute.

Qu'elle crève ! Avec sa mère malade.

Elle imite un râle.

- Mais attends. Et moi ? Tu as pensé à moi ? Tu es pas seule.

Rire malaisant - Tout me fait tellement chier !

J'en peux plus. Je fous quoi, là ?

Je m'en fous, j'irai en taule.

- Tu m'écoutes ou quoi ?

Et moi ? Tu as pensé à moi ?

- Toi aussi, tu iras en taule. Avec moi. Tu mérites, comme moi !

Piano désaccordé

- Appelle pour t'excuser.

Elle grogne.

Je sais pas, envoie un texto. "Pardon, j'ai déconné."

- Pardon. - Euh...

"Convenons d'un autre rendez-vous." Sois sympa, rattrape le coup.

- Je fais ce que je veux, OK ?

C'est moi qui décide.

Et j'ai envie d'être dans mon chalet, sans personne.

- Pardon ?

- Oui. Rire malaisant

Donc, tu me donnes les clés.

- Vas-y, prends-les, tes clés !

Elle ouvre la porte.

Je te préviens.

Tu as intérêt à vite régler ça !

Porte

- Et voilà. - Merci.

Gong

Musique classique au piano

Elle joue la "Marche funèbre" de Chopin.

- Ça sonne faux.

Il soupire.

- C'est bon, on peut y aller ?

- Vas-y, c'est bon.

- On peut y aller.

Mécanisme

Ah oui, j'ai oublié de te dire.

Euh, les secouristes sont hyper à la bourre.

Ils seront là dans 1 h environ. - Une heure ?

- Ouais, désolé. C'est des chèvres. Patrick soupire.

- De toute façon, je les attends pas une heure.

- On est obligés, pour l'assurance.

- Je m'en fous. J'attends pas ici, c'est sordide.

Je paie, s'il y a un problème.

On les attend pas.

- Voilà. Ça, c'est... C'est à 6 m, à peu près.

- Tu en penses quoi ? C'est bien. - Mmh.

Je sais pas.

Non, ça me paraît pas assez haut.

On voit pas le danger, ça a l'air bidon. Faut remonter.

- Bon, comme tu veux.

Vas-y, plus haut.

- OK. Mécanisme

- Attends, juste bouge pas.

- Oh, non, pas ça ! Je déteste ce truc.

- Mais tu as un t... - C'est chiant, regarde.

- Ouais. - Tu vois ?

- Ouais, ouais, OK.

Pardon, je le ferai plus.

- Je suis pas une poupée.

- C'est qu'il y a du vent, tu as des épis...

- Oui, mais je m'en fous.

- OK.

Euh, pardon, ça marche.

- Voilà, ça, c'est 10 m. J'irai pas plus haut.

- Mais je veux plus haut.

- J'essaie de lui parler.

Euh, excusez-moi.

Vous pouvez pas monter un peu plus haut ?

Juste un peu.

- Avec le vent, ça peut endommager ma grue.

Je prends pas le risque. J'irai pas plus haut, désolé.

- Il veut pas.

- Hein ?

- C'est comme ça.

C'est mon matos, je veux pas l'abîmer. Je décide !

À prendre ou à laisser.

Elle rit.

- Je peux t'en racheter 50, des grues neuves, t'inquiète.

Fais ce qu'on te demande.

- Ça va changer quoi,

la hauteur, je peux savoir ?

- Je veux filmer un truc sensationnel. Là, ça l'est pas !

- Ça brisera vos jambes,

peu importe la hauteur.

- Je te parle de mise en scène, abruti !

Tu y connais quoi, toi ?

- Je m'en branle, de ta mise en scène, Steven Spielberg !

J'abîme pas mon matos pour tes beaux yeux.

- C'est qui, Spielberg ?

- Un mec qui faisait des films avant.

- J'irai pas plus haut, point.

Ça vous plaît pas ? Je me casse.

- Tu as gagné. Je double ton salaire.

Divertis-moi, impressionne-moi, monte-la.

Il rit. - C'est ça, oui.

Ça te va, ça ? Tu crois qu'on achète les gens ?

- Bien sûr qu'on peut. Ça pose problème ?

- Va te faire foutre.

J'irai pas plus haut.

Ça te va, c'est assez clair ?

Rire étouffé - C'est qui, ce mec ? Hein ?

Technicien de mes couilles, va te faire foutre !

- Ho !

Fracas

- Mag ?

Patrick halète.

Mag !

- J'ai filmé ou pas ?

Elle halète.

- On a un gros souci.

- Oh, putain.

J'ai pas filmé ?

- Wendy est morte.

- Hein ?

C'est qui, Wendy ?

- La coiffeuse.

Elle est morte, sous le piano.

- Ah bon ?

- Je suis désolé, c'est terrible.

Elle soupire. - Merde.

- Non, faut pas que tu bouges. Reste comme ça.

- Patrick.

Combien de fois j'ai dit qu'il fallait pas de coiffeuse ?

- Tu aurais pu y passer. C'est un miracle.

Il halète.

On est dans une merde noire.

Les secouristes arrivent. On n'a pas respecté le protocole.

Ça va te coûter une fortune. - Je sais quoi faire.

- Quoi ?

- L'enterrer.

- Hein ?

- Ouais.

On dira qu'elle est jamais venue ici.

C'est aussi simple que ça.

Je vais pas en taule pour une coiffeuse.

- Non, tu iras pas en taule. C'est un accident.

- Tu m'aimes ou pas ?

- Bien sûr, mais...

- Alors, on l'enterre.

Tu l'enterres.

Regarde où on est. C'est un désert.

Personne la retrouvera. Fais-moi confiance.

Fais disparaître ce corps.

C'est un ordre !

Fais-le.

- Mais il y a un témoin.

- Ça, c'est rien, je m'en occupe.

Elle soupire.

Monsieur de la grue !

Ça vous tente

d'empocher 500 000 euros sans rien faire ?

Un téléphone sonne.

Elle soupire.

Un téléphone sonne.

- Oui ?

- Je voudrais m'excuser.

Pour ce qui vient de se passer. Vraiment désolée.

- Vous êtes pas désolée. Vous savez pas ce que ça veut dire.

- Si. Je...

J'aurais jamais dû me comporter ainsi.

Vous méritez pas autant de mépris.

J'ai été odieuse.

Je m'en veux terriblement.

- Vous êtes déconnectée du réel, c'est ça, votre problème.

Vous savez plus communiquer avec les autres.

Vous y êtes pour rien, je vous juge pas. C'est dommage,

on aurait pu faire un truc bien.

- C'est encore possible. Je vais faire des efforts.

- Trop tard.

J'ai un train aux aurores. Je rentre voir ma mère.

Il fallait en faire plus tôt.

Vous êtes allée trop loin, désolée.

Je suis pas stupide.

Vous voulez pas me répondre, juste sauver vos fesses.

- Non.

Elle sanglote.

Non, vraiment. Tout ça, ça m'a fait...

réfléchir beaucoup.

J'ai même

viré mon assistant personnel.

C'était quelqu'un d'horriblement toxique.

C'est lui...

Elle halète exagérément.

... qui m'a poussée

à cacher la vérité.

Elle soupire. - Vous me manipulez, c'est pathétique.

Elle renifle. - S'il vous plaît, pitié.

J'ai vraiment besoin de parler. Elle sanglote.

Pardonnez-moi.

On peut se voir dans mon chalet.

Je suis seule.

- Tiens donc.

C'est vous qui semblez vouloir coucher avec moi.

- Pas du tout, je vous assure.

C'est parce qu'ici...

on sera au calme.

Je dirai ce que j'ai sur le cœur et vous ferez un super entretien.

- Bon, laissez tomber, ça marche pas.

Je sais que vous me méprisez, au fond.

J'ai plus du tout envie, vous êtes une horrible personne.

Vous méritez tout ce qui va vous arriver, foutez-moi la paix.

Fracas - La chienne !

Piano désaccordé Soupir exaspéré

Elle souffle.

Rire malaisant

Elle soupire.

Léger brouhaha

- On pourrait avoir une histoire.

Efforts

- T'as une alliance, tu me prends pour une conne ?

- Oh, ma femme... Pff !

Laisse tomber, j'en peux plus. T'as pas idée.

- Tu es bourré. Demain, tu penseras autrement.

- Ah.

Léger rire

Yeah !

C'est beau, ça ! C'est pour toi.

- Tu me fais pitié.

Mais vas-y, viens.

Elle soupire.

Crissement des pneus

Elle halète.

Elle soupire.

Gong

- Bonsoir.

- Bonsoir. Rire gêné

Euh, je viens remettre ça à une amie journaliste,

qui dort ici. - La journaliste très sympathique ?

- Oui.

"Très sympathique", oui.

- On lui dépose

dans sa chambre ? - Oh, ben,

c'est une amie proche. J'aimerais le lui remettre moi-même.

Le numéro de chambre ?

- Euh, oui. C'est... la 31, au troisième.

Par là-bas.

- Merci.

- Bonne soirée.

Il marmonne.

Bruissement

- Aucune mutilation. Mon corps va bien. Rire malaisant

La nature est bien faite, il se répare.

- Répondez à ma question.

- "Répondez à ma question."

"Répondez à ma question."

On frappe.

Qu'est-ce qui vous..."

- Oui ?

... plus besoin d'argent ? Elle éteint.

Oui ?

Oui ?

Cri affolé - Chut !

Porte

Alors, comme ça, je suis horrible. C'est ça que tu as dit ?

Elle balbutie. - Hein ?

- Je suis désolée. - Non, faut pas. Tu as raison

de penser ça, il faut le dire. Je suis horrible.

- Non... - Ah, si !

Tu sais quoi ? Toi aussi, tu l'es, je te signale.

- OK.

- Mmh ?

Oui, tu sais, c'est la nature humaine

qui est comme ça.

On est d'horribles merdes vivantes sur cette planète.

C'est pas ma faute !

- Vous avez raison.

- Oui, c'est vrai, j'ai raison.

Elle halète. Elle crie.

Dis que t'es horrible.

Elle halète.

- Je suis horrible.

- Tu le penses sincèrement ? - Oui !

- Alors, dis-le encore. - Je suis horrible.

Rire malaisant - Très bien.

Maintenant, on joue à un jeu, d'accord ? - Mmh.

- C'est moi, la journaliste.

Je pose une question et tu dois y répondre.

Fais très attention, parce qu'il y a un piège.

T'es prête ?

- Pas obligé de me menacer. - C'est moi qui décide !

Alors, Simone...

Laquelle de nous deux est la plus horrible, d'après toi ?

- Me faites pas de mal ! Elle soupire.

- Réponds !

- Eh ben...

- "Répondez à ma question."

"Répondez à ma question."

Tu as vu comme c'est pénible de se faire cuisiner ?

- C'est pénible, oui. - Mmh. Oui.

Alors réponds à ma question.

C'est qui, la pire entre nous deux, d'après toi ?

Elle sanglote.

- Je sais pas, je... - Mais réponds

à ma question.

C'est tes dix dernières secondes d'existence.

Elle rit.

Essaie de briller un peu.

Et dis-moi, c'est qui, la plus horrible entre nous deux ?

Elle sanglote. - Moi.

Elle soupire.

- Non.

Elle gémit.

Mauvaise réponse, Simone. Elle rit.

- Mais si.

J'ai fait du chantage, j'ai profité d'une situation.

- Ta gueule. Elle soupire.

Écoute ce que je vais te dire.

C'est moi, la pire entre nous.

De très, très loin.

Mmh, je peux te le certifier, tu m'arrives même pas à la cheville.

Je suis une merde humaine de compétition.

Elle renifle. Mais au moins, je suis honnête.

Je fais pas semblant d'être quelqu'un de bien.

J'embrasse toute l'horreur en moi.

Je me roule dedans toute la journée comme une truie et je m'en délecte.

Tu vois ?

- Oui, mais vous auriez dû répondre exactement ça, tout à l'heure.

C'est une excellente réponse à ma question.

Parce que vous continuez à faire vos vidéos

parce que vous avez décidé d'accepter toute l'horreur

qui est en vous. C'est très cohérent.

Une belle réponse. - Je pige rien. Je m'en fous.

- On peut même reprendre l'entretien

à cet endroit. Ce serait super.

- Ah mais oui.

- Ben oui.

- Ce serait super.

Bonne idée. Rire nerveux

Mais fallait y penser avant.

Hein ? Avant que tu crèves !

Râle

Souffle court

Musique oppressante

- Hé, attendez !

Pardon.

Mais...

je...

Excusez-moi.

Je...

Je fais jamais ça, normalement, je sais que c'est lourd et tout, mais...

J'adore votre délire.

Je vous suis depuis longtemps, je suis un gros, gros fan.

Ça vous embête de faire une photo ?

- Mais... comment vous savez que c'est moi ?

- Ben, j'ai reconnu vos yeux magnifiques, quand même, et votre voix.

Incroyable de vous voir. J'en reviens pas.

Alors, je peux ?

Souffle court

- OK.

- Ah, super ! Merci, trop sympa !

Je me dépêche. Euh...

Enlevez la cagoule. Qu'on voie votre appareil dentaire.

Mes potes vont jamais me croire, sinon. Pardon.

C'est...

Oh, génial ! Parfait.

Oh ! Elle souffle.

Vous êtes trop belle, j'hallucine.

Merci, hein, c'est super.

Magnifique.

Alors, attention.

Un...

deux... Râle

Elle souffle.

Fracas

Elle halète.

Vraiment désolée.

Désolée.

Râle

Elle gémit.

Mais la débile, la débile,

la débile, la débile, la débilité !

Rire nerveux

Il renifle. Un téléphone sonne.

Efforts

Il soupire. Un téléphone sonne.

- Quoi ?

- J'ai complètement merdé, Patrick.

J'ai merdé, mais, de malade !

J'ai voulu réparer la situation.

Rire malaisant J'ai créé une situation mille fois pire.

Faut que tu m'aides. Alors, tu vas aller, tout de suite, sale larve,

à l'hôtel où loge Simone, regarder s'il y a des caméras, d'accord ?

C'est très important.

- Non, mais en fait, je vais rien faire.

Je rentre plus dans tes combines.

Alors, ouais, j'ai enterré Wendy, ouais.

Ça, c'est vrai, je l'ai fait.

Mais c'était ton idée, tu vois ?

J'irai en taule moins longtemps que toi. Et je m'en branle.

De toute façon,

je suis prêt, j'ai plus peur, je t'ai assez couverte.

Arrête de me faire chier et fous-moi la paix !

- Non, je te fous pas la paix.

Piano désaccordé

- C'est qui, Wendy ?

- Hein ?

- C'est qui, Wendy ?

- Une coiffeuse.

- T'as enterré une coiffeuse ?

- Mais c'était pas mon idée.

Sirènes de police

- T'as oublié tes bottes. Je les descends ?

- Ah, le con.

Je veux bien. - Bouge pas, j'arrive.

Grésillement

Rire gêné

Porte

Tiens. - Merci, je...

Je suis désolé.

Grésillement Il gémit.

Tonalité

Elle renifle. - Allô ?

- Oui, bonsoir.

Je viens de neutraliser un homme chauve de 40 ans qui a enterré une coiffeuse.

- C'est bon, là ?

- Attends. Vas-y, c'est bon. - J'suis dedans ?

- Mais oui, vas-y !

Il gémit. Il rit.

- Tu verras, on va bien s'entendre. Tu vas m'adorer !

Il rit.

- Hé, c'est fou, l'endroit est ouf !

Attends...

On est où, là ?

On est où ? Matez-moi ce chalet de riche.

Ils rient bêtement.

Hé, ça claque !

C'est fou !

- Elle est tellement bonne !

Oh ! Ça me brûle les yeux, juste de la regarder.

Il rit.

T'as vu la taille des pêches ? Regarde !

Regarde !

Pouah ! Sans déconner, la vache, t'as vu ?

C'est colossal, bordel ! Il rit.

- C'est que la photo est grande.

- Mais j'sais pas. Mais non !

Il soupire. Je suis quasi amoureux.

Laisse tomber.

Ah, regarde.

Même les bagues aux dents, je kiffe.

Il rit. - Ah, non.

C'est dégueulasse, ça, par contre.

Toute la bouffe se met dedans, dégueu.

- Qu'est-ce t'en sais ? - Bah, c'est connu.

- On s'en bat les reins. Il y a pas de bouffe, là !

- Si t'embrasses une meuf avec le goût du métal, dégueu !

- Allez, viens, viens !

Effort Merci.

Il gémit. Le plus jeune rit.

Ils rient.

Une voiture approche.

Putain...

Putain...

- C'est quoi, ça ?

Musique intrigante Elle gémit.

- Putain !

Merde !

Elle soupire. Merde !

Respiration saccadée

Merde ! Elle sanglote.

Merde.

Merde.

Merde.

Merde.

- Putain, elle a l'air en panique.

- Ah ouais ?

- Ouais.

- Merde.

- Elle chiale.

- La pauvre.

On fait quoi ?

- On la console ? T'es con ! On attend.

- Tu ressembles grave à papa, dans le noir.

- Hein ?

- J'avais jamais remarqué. De ouf !

- De quoi tu me parles, là ?

- Tu lui ressembles, c'est tout.

- J'ai pas envie de ressembler à cette crevure !

- Bah, t'y peux rien.

- Arrête de me regarder, alors !

- Elle fait quoi, là ?

Fracas

Tu la vois ?

Elle fout quoi ? - Arrête les questions.

Tu veux que je te cogne, comme papa ? Ferme ta gueule !

Claquements

Profond soupir

Elle soupire puis renifle.

Bip

Elle gémit.

- Salut. Elle halète.

Je suis Magalie Moreau. Elle sanglote.

- J'y crois pas, elle fait une vidéo, là.

- Quoi ?

- Je te jure.

Une vidéo, en direct devant nous.

Elle soupire. - Salut.

Je suis Magalie Moreau.

Et aujourd'hui...

- T'es sûr de toi ?

- Elle se filme, je te dis. Téma !

Mais c'est ouf ! - T'es con !

Bruissements

- Hé ! J'ai vu votre scooter de gitans

garé en bas, là ! Vous croyez que je suis bête ?

Vous avez dix secondes pour foutre le camp

ou je vous arrache les yeux et vous les fais bouffer. Je déconne pas !

Il renifle.

- Désolé. La porte était ouverte.

On n'a pas réfléchi.

- On n'a rien volé, hein.

On voulait regarder.

- Ouais.

- On est désolés.

Pardon.

Il souffle.

- Euh...

Vous voulez toujours pas faire de photo ?

Ça va ? Vous avez pas l'air bien.

- Viens, on s'en fout, on fait la photo. - Ouais.

Il rit.

Il prend plusieurs photos.

Ils rient.

- Super, merci !

- Merci, hein. Au revoir.

- Hé, salut !

Ils s'éloignent en riant.

Elle souffle.

Elle renifle.

Elle soupire.

Ils rient.

Le scooter s'éloigne. Bip

- Salut. Je suis Magalie Moreau.

Je teste pour vous, aujourd'hui, la corde du pendu.

Cette vidéo est sponsorisée par ComShoppy.

C'est une application géniale qui permet de protéger tous vos contenus en ligne.

Grâce à elle, pour 14 euros par mois... Elle renifle.

vos images ne seront plus piratées ni utilisées par quelqu'un d'autre.

Vous pourrez en conserver

la pleine jouissance financière en toute tranquillité.

Parce qu'il y a que ça qui compte, finalement, sur cette planète.

L'argent. Elle souffle.

Salut.

Elle tombe.

Musique mélancolique

Sous-titres : Sandrine Niggeler

Sous-titrage : TransPerfect Media France

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