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Et c 'est à double titre, ne l 'oublions pas, que la Belgique récompense, en les
élevant à l 'ordre de Léopold, le courage, le dévouement inlassable des
qui sont là parmi nous, dignes de notre admiration et de notre respect.
Je tiens à remercier tous ces hommes qui font honneur à leur pays, à commencer
par le Major Connelly de Dublin, le Superintendent Asmussen de Stockholm.
Notre ami Schneider, de Bonn, et le commissaire Maigret, ambassadeur de la
police judiciaire française, mais surtout un ami, un partenaire, avec qui
policiers ont eu le privilège de partager quelques enquêtes, et ce n 'est
doute pas fini, nous avons encore quelques leçons à recevoir de lui.
Voilà, c 'est ce monsieur -là.
Commissaire Maigret ? Oui ? Excusez -moi de vous déranger, je vous présente
Xavier Marton, vendeur principal aux Jouets du Roi.
Aux Jouets du Roi ? Oui, c 'est un magasin spécialisé dans les modèles
les trains électriques en particulier.
Est -ce qu 'il y a un endroit où on pourrait parler ? Parler ? Mais de quoi
ma mort.
Vous savez, je suis ici en visite.
En dehors de ma juridiction, je n 'ai aucun pouvoir légal.
Je sais, mais je vous montre juste un quart d 'heure.
Un quart d 'heure de votre vie, c 'est pas beaucoup.
Venez par ici.
Comment m 'avez -vous dédiché ici ? Par le journal.
Je sais que vous n 'êtes que de passage.
J 'ai déjà lu beaucoup de choses sur vous. On dit que... Vous vous parliez de
votre mort ? Oui.
Je pense que ma femme projette de m 'assassiner.
Alors là, je vous arrête tout de suite, M. Mardon.
Vous ne vous adressez pas à la bonne personne.
Moi, je vous conseille de vous rendre à un commissariat de police de Bruxelles
et d 'y porter une plainte.
Justement, je ne veux pas porter plainte. Je veux juste parler à quelqu
peut m 'aider, me conseiller, sans mettre en branle toute la machine
ici.
C 'est pour ça que j 'ai pensé à vous.
Bien.
Alors, dites -moi ce qui vous fait penser que votre femme veut se
vous.
Voilà.
Ça fait 15 ans qu 'on est mariés, Gisèle et moi.
Nous sommes pour ainsi dire jamais disputés. Et puis, elle a commencé à
vis -à -vis de moi un comportement différent.
C 'est -à -dire ? Nerveuse, agressive.
J 'ai même cru sentir de la haine.
C 'est croire en ça.
Cela a pensé au meurtre.
Elle a aussi commencé à adopter des attitudes bizarres, des manies qu 'elle
'avait pas avant.
Comme ? Elle s 'est mise à fumer alors qu 'avant, elle ne supportait pas la
moindre odeur de tabac.
En plus, elle a pris des tiques curieuses, par exemple.
Elle allume une cigarette et puis elle l 'éteint immédiatement.
L 'instant d 'après, elle en allume une autre et elle l 'écrase sans même l
'avoir portée à ses lèvres.
Je dis ça dans tout ça, aucune intention de tuer.
Je n 'ai pas de preuves formelles, bien sûr, sinon je recommençais par là.
Seulement des indices qui s 'accumulent et qui finissent par prendre un sens.
D 'ailleurs, je vous en ai apporté un, de loin le plus troublant.
Là -dedans, il y a un échantillon.
Comme ça, vous pourrez le faire analyser.
Vous allez voir que j 'ai raison.
Ma vie est entre vos mains.
Ah, d 'accord.
Je vous cherche partout.
Excusez -moi.
Vous pouvez m 'accorder un moment.
Le majeur Connelly voudrait faire votre connaissance avant de partir.
Le commissaire dormiteur. Voilà l 'homme à qui vous devez raconter votre
histoire.
C 'est à vous que je veux parler.
Je vous attends dehors, maigre.
Bon, je m 'absente cinq minutes et je reviens.
Pas du tout. Ah bon ? Et qu 'est -ce qu 'il vous veut ? Vous le direz quand je
le saurai.
Je tue des hommes.
Est -ce que vous avez vu quelqu 'un sortir du petit salon ? J 'ai
vu passer beaucoup de monde, mais vous dire s 'il sortait du petit salon... Un
homme en imperméable.
Vous savez, par ce temps -ci, ils en ont tous.
Alors rien, le bonhomme a disparu.
Très bien, vous allez pouvoir boire une coupe de champagne tranquillement. Je ne
bois jamais de champagne, ça me donne des aigreurs.
Est -ce que je pourrais vous demander un petit service ? De faire analyser le
contenu de ces enveloppes.
Comme vous voyez, je suis un homme très occupé.
En revanche, vous voyez ces deux types au buffet ? Inspecteur Lambert et Vendor
Mullen.
Ce sont eux qui escorteront demain jusqu 'à la frontière le truand français que
vous avez identifié ce matin.
Jusque là, ils ne sont affectés à aucune autre mission, donc je vous en prie.
Utilisez -les.
Vous êtes trop bon.
Bon appétit.
Inspecteur Lambert et Van Der Meuren, je suppose ? Meulon.
Excusez -moi, Van Der Meulon. Ah, Meulon.
Je vous prie de m 'excuser.
Moi, c 'est Jacques Lambert, c 'est plus simple. À votre service, commissaire.
Votre patron vient de me dire que je pouvais vous demander un petit service.
Ce serait de faire analyser le contenu de cette enveloppe par votre labo.
C 'est pressé ? Ah, je pars demain en fin de matinée. Pas de problème.
J 'ai envie d 'être exprès de comme ça.
La vie, s 'il vous plaît.
Il y a quelqu 'un qui nous attend au salon.
Un monsieur bizarre ? Non, une dame un peu bizarre aussi.
Vous lui avez demandé ce qu 'elle voulait ? Je ne me serais pas permis,
commissaire.
Il paraît que vous m 'attendez.
C 'est exact, commissaire.
Que puis -je pour vous, madame ? D 'abord, me pardonnez de vous déranger
ça chez vous. Enfin, quelque sorte.
Comment me avez -vous trouvé ici ?
Je suis allée au commissariat central, c 'est eux qui m 'ont donné le nom de
votre hôtel.
Je vois que la discrétion règne.
Votre présence en Belgique est évoquée par tous les journaux.
Elles précisent aussi que vous êtes là pour très peu de temps.
Mon mari est venu vous voir, n 'est -ce pas ? Votre mari, je le connais.
Les modèles réduits, ça vous dit quelque chose ? Ah,
les trains électriques.
Exactement.
Je suis Mme Martin.
Gisèle Martin.
Comment savez -vous que votre mari est venu me voir ? Il vous l 'a dit ? Ça ne
vous dérange pas ? Non, je vous en prie.
Non.
David ne m 'a pas dit qu 'il était venu vous voir, mais j 'en ai l 'intime
conviction.
Dès qu 'il a su que vous veniez à Bruxelles, il ne pouvait pas ne pas
vous approcher.
Vous le fascinez.
Il est plein de moi auprès de vous.
Pourquoi ? Il avait des raisons ? Je présume qu 'il vous a dit que je voulais
tuer.
Votre silence est une réponse, monsieur Maigret.
Xavier s 'est mis dans la tête qu 'il est le seul obstacle à mes ambitions.
Il constitue une gêne sociale, un poids dans ma progression professionnelle.
Quelle est votre profession, madame Martin ? La lingerie de luxe.
Je vends et je dessine des modèles.
Le catalogue Harry Schwab, ça ne vous dit rien ? Non, je suis désolé.
Nous fournissons en exclusivité le Palais Royal.
Nous allons bientôt ouvrir une succursale à Paris.
Votre mari n 'apprécie pas votre réussite ? Non.
Je pense qu 'il a développé un complexe qui est devenu petit à petit de la
paranoïa. Tout ce que je fais, il s 'imagine que c 'est contre lui.
Je lui ai conseillé d 'aller voir un psychiatre. Il a suivi votre conseil ?
il est allé voir le docteur Steiner.
Une sommité que je lui ai recommandée.
Et ? Je ne sais pas, il ne m 'a pas parlé de leurs entrevues.
En tout cas, son comportement obsessionnel ne s 'est pas amélioré,
contraire.
Vous avez peur de votre mari ? Je n 'ai pas peur de David.
J 'ai peur pour lui.
Mais vous -même.
Pourquoi venez -vous me raconter tout ça ? Excusez -moi, commissaire. Je ne
savais pas que vous étiez occupée. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps.
Merci de m 'avoir écoutée.
Vous n 'avez pas répondu à ma question, madame Martin.
Je suis venue pour que vous ne preniez pas au sérieux les horreurs que mon mari
a pu raconter sur moi.
Au revoir, monsieur Maigret.
Monsieur Maigret ? Il est vraiment malade.
Je suis désolé, commissaire. J 'ai l 'impression d 'avoir interrompu une
conversation fort agréable.
Les apparences sont parfois trompeuses, mon petit Lambert.
Mais comme vous, une visite aussi tardive. J 'ai les résultats de l
Déjà ? Oui.
Alors ? C 'est un rigolo, celui qui vous a donné l 'enveloppe.
Pourquoi ? Il contenait du sucre.
Du sucre ? Oui, du bête sucre cristallisé.
Quoi ? Tu es folle ? Jamais cette décoration n 'ira sur le mur de la salle
manger.
Une médaille, ça se range dans les tiroirs.
Bon, écoute, je t 'appellerai dès que j 'y arriverai.
Moi aussi.
Bonjour, monsieur.
Vous désirez ? Je voudrais parler à M. Martin.
Il n 'est pas là.
Il est en congé ? Non, il aurait dû être là à 9h30, mais il n 'est toujours pas
arrivé.
Il n 'a pas téléphoné ? Non.
C 'est dans ses habitudes ? Non, généralement, il est très ponctuel.
Je peux peut -être vous aider ? Non, c 'est personnel.
Vous avez l 'adresse de son domicile ? Je vais vous chercher ça.
C 'est pourquoi ? Monsieur Martin n 'est pas chez lui ? Non, il travaille.
Je suis passé au magasin et il n 'y est pas non plus.
Est -ce que j 'y peux ? Est -ce qu 'il vous a dit qu 'il ne travaillait pas
aujourd 'hui ? Non, il n 'a rien dit. Il est parti comme d 'habitude.
Bien, je vous remercie.
Oui, bien entendu.
Oui, oui, je vous rappelle.
Qu 'est -ce que vous faites ici, malgré votre rentrée à Paris ? J 'ai différé
mon départ. Je voulais vérifier deux ou trois choses sur Xavier Martin.
Xavier Martin, c 'est qui ça ? Le type qui est venu me voir au ministère.
Je n 'avais pas l 'air d 'être dans son dossier.
Vous vous souvenez ? Ah oui, oui, oui.
Et alors, qu 'est -ce qui lui arrive ? Qu 'est -ce qui lui arrive ?
Il venait pour me dire que sa femme voulait l 'assassiner.
L 'assassiner ? Votre enveloppe à analyser, ça avait un rapport avec ça ?
Bon, et qu 'est -ce qu 'il y avait dedans ? Oh, du sucre.
Du sucre ? Et qu 'est -ce que vous attendez de moi ? Que vous fassiez un
'enquête.
Pourquoi ? Il a porté plainte ? Non, mais j 'ai un pressentiment.
Je ne l 'ai trouvé nulle part aujourd 'hui alors qu 'il aurait dû être à son
travail. En plus, il est suivi par un psychiatre, alors... Ça me paraît pas un
motif sérieux pour ouvrir une enquête.
Une mort d 'homme, même hypothétique, ça ne vous suffit pas ? Bon.
Vous savez l 'estime que j 'ai pour vous, maigret.
Mais il y a néanmoins une différence de philosophie qui nous sépare, vous et
moi.
Vous travaillez sur des pressentiments.
Moi, je travaille sur des faits.
Et dans le cas qui me préoccupe, je ne vois aucun fait digne d 'être pris en
considération.
Des querelles, il y en a dans tous les ménages.
J 'ai été pris du complexe de la persécution, il y en a plein des trames,
dispensaires, les sacristies.
Et je dirais même que ces faits jouent contre ce marteau.
Il est en traitement psychiatrique et vous a refilé du sucre à faire analyser.
Non, manifestement, ce type est un peu dérangé du ciboulot, non ? Alors ? Alors
je me permets d 'insister.
Bon, Lambert, Van Der Molen, le commissaire Maigret a quelques services
demander. Bon, d 'ici l 'extradition de notre truand français, je n 'ai rien
prévu pour vous.
Donc considérez qu 'entre aujourd 'hui et vendredi, vous êtes à sa disposition.
Mais attention, vous n 'aurez aucun ordre de mission officielle, donc... Pas
'intervention intempestive, pas de perquisition sauvage, en un mot, pas de
vague. Je ne vous fais pas dire.
Execution, bonne journée, messieurs.
Commissaire, excusez -moi, vous avez bien dit vendredi pour l 'extradition.
Oui, vendredi, pourquoi ? C 'est embêtant, j 'avais remis une fiche de
pour vendredi. Oui, c 'est embêtant, vous prendrez congé un autre jour.
Non, commissaire, c 'est très embêtant parce que j 'avais justement un rendez
-vous pour vendredi depuis un mois chez le vétérinaire pour faire opérer mon
chat. Je peux vous donner un conseil ? Oui, volontiers.
Réservez une ambulance et deux gardes malades pour accompagner votre chat.
On peut faire quelque chose pour vous, commissaire ? Appelez au service
Le compositeur de musique de film, autant n 'emporte le vent.
Tu connais pas ? Si, si.
Enfin, c 'est pas tout neuf, non plus, hein ?
Ah ! Monsieur,
quelqu 'un a déposé une lettre pour vous.
Madame Bizarre ? Non, non, monsieur, mais un peu bizarre aussi.
Je voulais vous attendre.
Mais je lui ai dit que vous n 'aviez pas d 'horaire et qu 'il risquait de moisir
longtemps. Oui, bien fait.
Encore vous ? Oui.
Mais cette fois -ci, je présume que M. Martin est là.
M. Régret, bonsoir.
C 'est nouveau l 'honneur de votre visite.
J 'ai bien reçu votre message.
Seulement, comme je suis pris demain matin, j 'ai préféré venir
Oui, bien sûr. Entrez.
Je vois que vous ne vous contentez pas de vendre des trains électriques.
C 'est un véritable violon d 'ingres.
C 'est très impressionnant. Oui, c 'est une passion depuis que je suis tout
petit.
C 'est une complexité extraordinaire.
Ça fonctionne vraiment ? Bien sûr, regardez.
Pendant que nous sommes tous les deux, vous pourriez m 'expliquer pourquoi vous
avez disparu comme par enchantement hier au ministère ? Oui, je sais, ça a dû
vous paraître très bizarre, mais vous avez dit cinq minutes et on m 'attendait
au magasin, alors au bout de dix minutes, j 'ai perdu patience.
Vous auriez dû prévenir Lucier.
Oui, je sais.
Je vous présente toutes mes excuses.
Regardez, celui -là, c 'est le mien. J 'ai fait venir en pièces détachées de
Nuremberg. En Allemagne, ils sont encore meilleurs sur les miniatures que sur
les vraies. C 'est pas frais de s 'arranger, regardez.
C 'est l 'empadère, la tour.
Vous voyez cette locomotive ? C 'est moi qui fais la caroterie.
Le tableau, là.
Chaque numéro correspond à un convoi différent.
Monsieur Maigrette, un commissaire de police français.
On s 'est rencontrés au ministère de l 'Intérieur.
Jeannie est la sœur de Gisèle, ma femme.
Vous prendrez bien Porto, monsieur le commissaire ? Oh non, merci.
Si vous avez une bière, ça ira très bien.
Vous voulez une petite démonstration ? Où êtes -vous allé toute la journée sans
prévenir personne ? Je suis allé voir un grossiste en pièces détachées pour
circuit ferroviaire. C 'est à l 'autre bout de la ville.
Pourquoi n 'avoir pas prévenu le magasin ? En fait, c 'était pour mon usage
personnel.
Je voulais pas d 'ennuis avec mon patron.
J 'ai pu obtenir des pièces exceptionnelles à des prix extrêmement
Voilà. Numéro 1.
Rapide, Bruxelles, 60.
Je le sais.
Numéro 2.
Étoile du Nord.
Bruxelles, Paris.
Allez -y, essayez le numéro 4.
Rapide, Liège, Aix -la -Chapelle. On ne peut pas se tromper avec les rapides.
Ceux qui roulent plus lentement que les autres, ils s 'arrêtent partout.
Une dernière question.
Pourquoi y avait -il du sucre dans l 'enveloppe que vous m 'avez donnée ? Du
sucre ? Je m 'en doutais.
Ma femme nippie tout le temps, elle surveille tous mes faits et gestes.
Elle a trouvé, elle a subtilisé l 'enveloppe.
Et qu 'est -ce que vous y aviez mis avant ? La nuit...
Je me suis senti mal, je n 'arrivais pas à dormir.
Et ce soir -là, il m 'avait semblé que la tisane avait un drôle de goût.
Alors je suis allé dans la cuisine.
Près de la vaisselle sale, j 'ai trouvé un petit récipient qui contenait une
poudre blanche.
J 'en ai mis un petit peu sur le bout de la langue.
Il avait exactement le même goût amer que le cognac que j 'avais bu ce soir
Elle n 'avait pas le goût dessus ? Absolument pas, non.
Tenez, regardez.
Celle -ci, elle ne l 'a pas trouvée.
Elle est incapable de manœuvrer mes trains.
Nous avons de la visite.
Tu ne nous présentes pas ? Si, si.
Je vous présente ma femme, Gisèle.
La commissaire Magret dont je t 'ai souvent parlé.
Quel honneur. Voilà.
Que de beaux privilèges, monsieur le maigret.
Eh bien, les trains électriques, évidemment.
Évidemment, monsieur Jubette.
Je suppose que tu as invité le commissaire à dîner ? Pas précisément,
Vous dînerez avec nous, commissaire ? Je dois dire qu 'il est difficile de
résister à un pareil fumet.
Je crois reconnaître l 'odeur des carbonates flamandes. Ah non, ce ne sont
des carbonates, c 'est du stoump.
Du stoump ? Oui, c 'est typiquement belge.
Ça se prononce Stump, mais ça s 'écrit S -T -O -E -M -P à la flamande.
Stump. Stump.
Stump.
Stump.
Ça sonne bien.
Il y a longtemps que vous n 'êtes pas venu en Belgique, M. Maigret ? La
fois, c 'était pour une enquête officielle.
Un meurtre sur une péniche.
Une histoire d 'amour ou de haine.
C 'est souvent pareil, d 'ailleurs.
Mais ça m 'a permis de découvrir les villages.
Seulement de dos, parce que j 'ai remarqué que les villages tournent
dos à la rivière.
Du cognac pour tout le monde ? Non, merci.
Le repas était délicieux, mais copieux.
Du café ? Non, non, non. Alors, infusion.
Camomille, verveine, tilleul ? Verveine.
C 'est un vrai cordon bleu, votre soeur.
Oui, là pour... pour les bergers en échange de tes talents.
Elle travaille pour vous, en quelque sorte ? Oui.
La Libération, elle a suivi un solde américain en Oklahoma, un charmant, qui
'a planté là au bout de deux mois.
Elle n 'a même pas eu le temps de se marier.
Vous voyez la situation.
La fumée ne vous dérange pas, M. Maigret ? Pas moins du monde.
J 'allais vous poser la même question.
Ma soeur est rentrée en Belgique désespérée et sans un sou.
J 'ai même dû lui envoyer de l 'argent pour qu 'elle puisse acheter son billet
de retour.
Il y a des salauds partout, monsieur Maigret.
Vous êtes bien placé pour le savoir.
Oui.
Merci.
En tout cas, je prendrai aussi une tisane.
Si c 'est encore du sucre, vous pouvez faire interner le type qui me l 'a
Permettez le presse pour le labo ? Oui, exactement.
Déjà qu 'ils ont payé ma tête avec l 'analyse d 'hier, je ne sais pas si je
fais le coup une deuxième fois.
Eh oui, mon petit Lambert, on appelle ça les risques du métier.
Je vais vous donner une mission liée à ces enveloppes. Nous allons nous
le travail.
Et surveiller pendant un ou deux jours une certaine famille marton.
Excusez -moi, commissaire, mais le commissaire Dorothée est au courant de
ceci ? Passez -donc à son bureau, il vous le confirmera.
Mais c 'est à quel sujet, cette nature ? Je vais vous demander de me déposer et
je vous expliquerai tout ça en chemin.
Vandermeulen. Meulon.
Vandermeulon, commissaire. Parce qu 'en flamand, Vandermeulon, ça veut dire du
moulin.
Je vous appellerai du moulin.
Ça sera plus facile.
Tu viens, du moulin ?
Eh oui, encore moi.
Qu 'est -ce que vous voulez ? Vous parler.
Qu 'est -ce que vous voulez savoir ? Par exemple, pour qui cette ambulance est
venue ? Ma soeur.
Il lui est arrivé quelque chose ? Oui. Elle a eu un malaise cette nuit. Elle
allée à l 'hôpital.
C 'est grave ? Pas trop, apparemment, puisqu 'elle est déjà revenue.
Je peux lui parler ? Non, je pense pas qu 'elle soit en état... C 'est le
commissaire Maigret !
Apparemment, elle est en état.
Vous connaissez la maison, faites comme chez vous.
Décidément, les hommes sont tous des enfants.
Ça vous amuse beaucoup, visiblement.
Je n 'ai jamais eu de train électrique quand j 'étais enfant, alors.
Quel est l 'objet de votre visite, cette fois ? Vous avez eu un malaise ?
Oui, mais comme vous le voyez, ça va déjà beaucoup mieux.
Vous avez tout de même dû aller à l 'hôpital.
J 'ai de temps en temps ce genre de tracas, ce n 'est pas très grave.
Ça ne peut pas être le schtumpf, parce que moi, je n 'ai pas eu de problème.
Non, ça ne doit pas être ça.
Je peux vous offrir un verre, monsieur le commissaire ? Vous êtes allé seul à l
'hôpital ? Votre mari ne vous a pas accompagné ? Il a dormi en bas cette
Il n 'a été aperçu de rien.
Vous faites chambre à part ? Quand Xavier boit de l 'alcool, il ronfle.
cette nuit -là, je préfère qu 'il dorme ici.
Vous aimez votre mari, madame Martin ? C 'est une bonne question, monsieur
Maigret.
Je vous la retourne.
Et mariez -vous encore votre femme si elle racontait partout que vous voulez
tuer.
Tu peux faire le lit ? Habituellement, tu le fais sans demander.
Puis -je encore vous être utile, M. Maigret ? Non, non, je ne vais pas vous
déranger plus longtemps.
Vous ne travaillez pas aujourd 'hui ? Non, j 'ai pris congé.
Je vais en profiter pour me reposer.
C 'est plus prudent.
Alors, ça donne quoi ?
Il n 'y a qu 'une vendeuse dans le magasin. Elle ne correspond pas du tout
profil que vous avez décrit.
Si vous voulez mon avis, Mme Martin n 'est pas venue travailler ce matin.
Je sais.
Ah bon ? Vous vous êtes renseigné sur les raisons de son absence ? Ah ben non.
Vous avez demandé d 'être très discret. Moi, j 'attendais vos ordres.
Très bien.
Vous pouvez aller casser la croûte. Je prends le relais pendant une demi
Euh, commissaire.
Excusez -moi.
On n 'a pas reçu d 'ordre d 'admission officielle.
Les repas ne sont pas remboursés.
Ah.
Tenez.
C 'est ma tournée.
Allez, bon appétit, Vandermeulen. Merci.
Vandermeulen.
Vandermeulen.
Bonjour, monsieur.
Je peux vous aider ?
Je voudrais parler à Mme Martin, s 'il vous plaît.
Ah, Mme Martin n 'est pas là aujourd 'hui, mais je peux appeler le patron si
vous voulez.
Ah, mais oui, très bonne idée.
Je vais le chercher.
Bonjour, monsieur.
Harry Schwab, propriétaire du magasin.
Que puis -je faire pour vous ? Mme Martin m 'a donné votre adresse.
Elle n 'est pas là ? Non.
Non, elle a téléphoné ce matin pour dire qu 'elle était souffrante. Ce qui lui
arrive rarement.
Conte solide, comme moi.
Je ne suis pas là en tant que client.
Je suis le commissaire maigret de la police judiciaire de Paris.
Je ne comprends pas.
Vous êtes un ami de Gisèle ? Une connaissance.
J 'ai d 'abord rencontré son mari.
Et ils m 'ont demandé de les aider à résoudre un problème.
Un petit différent qui gâche un peu leur vie.
La vie à deux n 'est pas toujours facile, commissaire.
Une bonne volonté ne suffit pas.
Il faut ajouter un peu de cœur.
Et surtout... Beaucoup de sourire.
En effet.
Madame Martin, quelle statue a -t -elle dans votre entreprise ? C 'est votre
employé ? Oui.
Oui, je lui verse son salaire, si c 'est ce que vous voulez savoir.
Non, en fait, elle est beaucoup plus que ça.
Elle dessine certains modèles et elle m 'aide à choisir la collection.
Elle a beaucoup de talent, du coup.
Puis il l 'a classée du charme.
En fait, elle ne me donne plus que satisfaction et je la considère comme
véritable partenaire.
Elle vous a peut -être dit que j 'allais lui confier la gérance de notre
nouvelle succursale parisienne ? Vous êtes marié, monsieur Schwab ? Oui, j 'ai
deux enfants.
Un garçon et une fille.
Vous connaissez le mari de Mme Marton, Xavier Marton ? Je l 'ai rencontré
ou cinq fois.
Mais d 'après le peu de ce qu 'elle m 'a confié de sa vie privée, son mari est
un homme qui ne vit vraiment qu 'entouré de ses jouets.
Mais Mme Marton n 'est pas un jouet.
C 'est exact.
Connaissez -vous un autre homme dans sa vie ? Elle ne vous a rien dit, vous n
'avez rien remarqué.
Je ne lui connais qu 'un amant.
Alors, Lambert, on voit qu 'on a fait son petit livre.
Oui, commissaire.
Le confort est tellement rare dans notre boulot que quand il se présente, il
faut sauter dessus.
Vous n 'avez pas tort.
Quoi de neuf ? Je suis resté au labo pendant qu 'ils faisaient l 'analyse du
contenu de l 'enveloppe.
C 'est du sulfate de spécum contenté.
Autrement dit, de la moraura.
C 'est en vente libre ? Oui, mais ça a manipulé avec précaution.
En petite quantité, c 'est un stimulant, mais à forte dose, c 'est très toxique.
Du côté de Martin, rien de nouveau ? Si, il n 'est plus au magasin, il est
sorti. Comment ? Mais je vous avais dit de ne pas le quitter d 'une sommeil.
Attendez, attendez, commissaire. Je l 'ai suivi, puis je suis revenu ici pour
que vous me trouviez.
J 'ai chargé un gamin de m 'avertir si Martin quitte le restaurant où il
déjeune.
Pour ne pas nous tuer, je vous ai fait un petit plan pour y arriver.
C 'est un restaurant de poissons qui s 'appelle L 'Espérance.
Dis donc, madame, je suis le collègue du policier qui t 'a donné 5 francs.
Il est toujours là, le monsieur ? Oui, monsieur.
Très bien. Ta mission est finie. Tu as fait du bon travail. Merci, monsieur.
Qu 'est -ce que tu fais de la maison ? Vous conseillez la sole ou le cabillaud
La sole a l 'air d 'être un bon choix.
Si elle est fraîche, c 'est fiable.
Oui, vous permettez ? Je vous dis ça parce que moi j 'ai remarqué
que dans certains endroits de Bruxelles, on risque de garder leur pas sur l
'estomac.
Comment va votre épouse ? Vous avez pris de ses nouvelles ?
Qu 'est -ce que vous voulez dire ? Elle a bien eu un malaise, cette nuit.
Elle est allée à l 'hôpital.
Vous n 'êtes pas au courant ? Si, si, bien sûr, mais Gisèle a régulièrement
problèmes de ce genre.
Au point de se rendre à l 'hôpital en pleine nuit ? Oui, Gisèle pense qu 'à
travail, à sa carrière, à sa réussite, elle n 'a pas d 'horaire, elle s
'alimente mal, alors, fatalement, les intestins et l 'estomac pâtissent.
C 'est classique.
Ah, c 'est très intéressant comme diagnostic.
Je serais ravi de discuter plus longtemps avec vous, commissaire, mais
collègue qui est tout seul au magasin est déporté.
Bon après -midi.
Vous déjeunez souvent avec votre beau -frère ? Des fois.
Tant que c 'est pas interdit.
Votre soeur est au courant ? Pourquoi ?
Vous savez, avec la vie qu 'elle fait mener à Xavier, il a besoin d 'être
rassuré de temps en temps.
Et c 'est vous qui le rassurez ? Je sais ce que vous
pensez. C 'est exact ce que je pense ? Non.
Nous ne couchons pas ensemble.
C 'est pas pour ça qu 'elle lui rend la vie plus facile.
Je ne t 'y aime plus.
Alors elle est odieuse.
Et il en a peur.
Pourquoi me faire appel à moi ? Je lui ai dit que c 'était idiot.
Mais tout d 'un coup, j 'en suis plus si sûre.
Est -ce que quelqu 'un utilise de la mort au ras chez vous ? Est
-ce que vous avez un peu de temps ? Je vais vous montrer quelque
chose.
C 'est moi qui nettoie tout ici.
J 'avais repéré ça parmi les produits ménagers.
Je crois que c 'est dangereux.
Pourquoi vous ne m 'en parlez que maintenant ? Je n 'ai pas fait attention
le moment.
Sa mère est venue au restaurant quand vous avez parlé Morora.
Contre la vermine.
Vous voulez un café ? Pourquoi pas.
Vous faites tout ici ? Oui.
Moi j 'ai de la veine, il est sur place, on travaille.
Maîtresse de maison, c 'est pas déshonorant, vous faites ça très bien.
À longueur d 'année, c 'est lassant.
Combien d 'années ? Je sais plus.
Cinq, six ans.
Et avant, vous faisiez quoi ? J 'ai un peu voyagé.
Je suis allée marier en Amérique.
Et une fois mariée ? Le paradis.
L 'Amérique comme au cinéma.
Je croyais que ça allait durer toute la vie.
La vie a été courte.
Il est mort tout d 'un coup sur son tracteur.
Il y avait un corbeau posé sur son épaule.
C 'est ça qui m 'a alertée.
Ses parents m 'aimaient bien, j 'aurais pu rester, mais j 'ai préféré rentrer.
Ma gentille grande sœur m 'a recueillie.
Elle, entre -temps, s 'était mariée.
Vous savez que ce que vous me racontez ne correspond pas du tout à la version
votre sœur.
Il ne faut pas croire tout ce que ma sœur vous raconte, M. Maigret.
Admettons.
Et maintenant, vous en voulez à la terre entière ? J 'en veux à personne.
Même pas à vous.
Si quelqu 'un le cherche, il ne le trouvera plus. Je l 'emporte.
Faites attention, c 'est très toxique.
C 'est moi qui ai acheté ça.
À quel usage ?
Contre les rats.
Mon magasin nous en a mis partout. Les rats aiment bien la soie.
C 'est une excellente idée de nous débarrasser de cette poudre. C 'est un
poison.
Vous allez mieux.
Je résiste.
Doucement, mais sûrement.
À plus tard, M. Maigret.
Vous avez une grande maison, Mme Marteau.
Vous la louez ? Non.
Je l 'ai achetée il y a un an.
Avec le salaire de M. Schwab, vous arrivez à vous offrir ce genre de maison
ne suis pas juste salariée.
Comme je vous l 'ai dit, je crée des modèles et je supervise également les
achats.
M. Schwab apprécie mon travail et me verse des primes en compensation.
De grosses primes ? Des primes à la mesure de ce que je lui rapporte.
Cette réponse vous convient ? Et quand vous irez à Paris, qu 'est -ce que vous
allez en faire ? Sans doute la vendre.
Mais votre mari, que fera -t -il ? Vous n 'avez qu 'à le lui demander.
Moi, je n 'ai jamais réussi à connaître ses intentions.
Tandis que le prix du mètre carré à Paris, il va avoir du mal à caser son
circuit. Je ne vous le fais pas dire.
Au revoir, monsieur Maigret.
Au revoir.
Pardonnez -moi de ne pas goûter votre délicieux café, mais...
J 'ai pas vu passer les heures, mademoiselle Jeannie.
Vous faites comme vous voulez.
Bon après -midi.
Jeannie, tu peux monter, s 'il te plaît ? C
'est ce que tu
veux. Il manque une combinaison à bricot.
Elle t 'est pas bien ?
T
'en donnes trois par an. Ça te suffit pas ? Je suis comme tout le monde. Je
use. Si tu passes l 'aspirateur avec, je comprends que tu les uses vite.
Je te le fais pas dire.
Pourquoi tu l 'as ramené ici ? À quoi tu joues ? Tu m 'écoutes ? Non. À chaque
fois que je l 'écoutais, ça m 'apportait malheur.
Assez nouveau, ça.
Non, c 'est pas nouveau.
Tu sais très bien que j 'ai raison.
Ça, c 'est sûr qu 'il y a du danger à garder ça chez soi.
100 grammes de sulfate de strychnine.
Il y a de quoi étourbir 10 000 rats ici. Et toute la famille qui les abrite.
Oui, mais toujours pas de quoi ouvrir une enquête officielle.
Ben oui, c 'est vrai, ça, commissaire. Comment on va faire ? Ne pas les lâcher.
Et essayer de comprendre pourquoi ce trio familial se fait la guerre.
Si on commence à procéder comme ça, il va falloir multiplier les effectifs par
100.
Les guerres de famille dans les immeubles, il y en a une par étage.
Sans vouloir vous offenser, commissaire, pourquoi vous vous accrochez à cette
affaire ? Je comprends pas.
Dans deux jours, vous êtes à Paris et vous avez des cas bien plus graves.
Alors, pourquoi vous acharner sur une petite affaire de famille ? Ce type est
venu me demander de l 'aide.
Alors j 'aurai des scrupules.
Si tard, il y a un problème ? Oui, il y a un problème.
J 'ai pris contact avec vous de ma propre initiative, je n 'étais pas
faire.
J 'ai bien eu tort.
Pour quelle raison ? Parce que lors de votre visite avec ma sœur cet après
-midi, j 'ai eu la nette impression que je devenais la méchante dans cet
éditoire. Soudain, c 'est moi qui fais peur à mon mari.
En réalité, le petit garçon timide, craintif et tremblant que j 'ai aimé, et
bien maintenant, lui, c 'est lui qui me fait peur.
Mais vous avez une raison précise ? Il y en a au moins une.
Voici un revolver.
Ça, il ne vous l 'a sûrement pas dit.
Quand avez -vous découvert ça ? Ce soir, je l 'ai surpris en train de le
nettoyer.
Et qu 'est -ce qu 'il a dit ? Rien, il est monté à l 'étage avec le revolver et
quand il est descendu, il a nié son existence.
Vous l 'avez cherché, ce revolver ? Oui, je l 'ai cherché.
Après, il est sorti, j 'ai fouillé dans ses affaires.
J 'aimerais si ça fonctionnait comme si je suis de circuit où il cache tout ce
qu 'il peut.
Le revolver n 'y était pas.
Alors j 'ai peur, commissaire, vous comprenez.
Vous voulez déposer une plainte ? Je ne sais pas, je ne sais plus.
Oui.
Allons.
En même temps, je veux ton adresse pour ces termes.
Vous voulez que je m 'occupe de ce problème moi -même ? Oui.
Vous fouillez la maison de fond en comble.
Nous avons l 'autorisation de la propriétaire des lieux.
Ne cassez rien.
Limitez le désordre au maximum.
Qu 'est -ce qu 'on est supposé trouver ? Une arme de poing, revolver ou
pistolet, je sais pas. Ah, c 'est une perquisition, alors ? Oh, appelez ça
vous voudrez.
Ah, mais dans ce cas -là, vous m 'autoriserez à prévenir le commissaire d
'oriteur de tout ceci.
Permettez -vous de rappeler que nous n 'avons pas d 'ordre de mission officiel.
Mais j 'en prends l 'entière responsabilité.
Je pense néanmoins qu 'il vaudrait mieux prévenir le commissaire Maigret. Le
commissaire Maigret te dit qu 'il en prend l 'entière responsabilité. Alors,
ça ne te plaît pas, tu vas au bistrot à côté. Tu n 'as rien vu, rien entendu, ok
? Bon, l 'envers, on se partage le rez -de -chaussée. Vous commencez par
là.
Vanderbilt à l 'étage.
Ils font quoi, là ? Il y en a un qui fouille ma chambre.
On cherche une arme.
Plus précisément, un revolver.
Vous ne l 'avez pas vu, vous ? Il n 'y a jamais eu de revolver ici.
Mettez -le d 'avis. J 'ai demandé à M. le commissaire de mettre la main dessus.
Vous perdez toute la boule.
A première vue, rien à l 'étage, commissaire. Il peut être n 'importe où,
Norbert. Oui ? Occupez -vous du circuit, tous les deux.
Bien, commissaire.
J 'ai déjà vérifié comme c 'est.
Ils sont bien guillis.
Cette maison n 'existait pas la première fois que je suis venu.
Pouvez -vous m 'expliquer pourquoi vous détenez un revolver chez vous ? Pour me
défendre. Vous le possédez depuis longtemps ? Deux, trois mois.
Et vous avez un permis de port d 'armes ? Non, mais elle n 'est jamais sortie d
'ici. Ce n 'était pas la peine de mettre toute la maison à sac. Si vous visez de
me le demander, je vous la redonnerai, monsieur le commissaire.
Votre femme a vu cette arme, elle vous en a parlé et vous avez nié son
existence. Il ne faut pas croire ce que raconte ma femme. Ma femme est une
menteuse et une manipulatrice. Moi, je suis venu vous demander votre aide. Elle
a réussi à vous appitoyer et à retourner tout contre moi.
Pour ça, elle est très forte.
Un revolver, c 'est plus difficile à cacher que de la mort au rein.
On ne sait plus qui ment dans cette maison.
Je commence à en avoir assez. Alors, vous allez venir avec nous, monsieur
Martin. Et vous vous expliquerez au commissariat.
Mais pourquoi moi ? Pourquoi pas elle ? Parce que je tiens enfin une charge
contre quelqu 'un dans cette famille.
Et il se trouve que ce quelqu 'un, c 'est vous, M. Martin.
Détention illégale d 'armes à feu.
Allez, emmenez -le.
Vous avez manqué de personnel pour ranger tout ce désordre, Mme Martin.
Je suis désolé.
Dis donc, toi, de quoi je me mêle ?
À propos ? C 'est pas toi qui allais prévenir Xavier, sans doute
? Mais l 'œuvre est allumée.
C 'est vrai que c 'est un moment réel.
Tant mieux pour toi, tu vois où ça mène.
Non, je vois pas.
Vous pouvez nous laisser, votre nom.
Je crois que ça ne vous fera pas de mal, à vous et votre femme, d 'être un peu
séparés.
Jamais autant ne pas la quitter des yeux.
Vous persistez à ce que je vois.
Ça ne vous semble pas suffisamment clair comme ça.
Ce qui me semble clair à moi, M.
Martin, c 'est que c 'est vous le plus dangereux avec ça.
Si vous persistez à évoquer une mort hypothétique, non seulement vous risquez
la tirer sur vous, mais aussi sur d 'autres.
J 'ai quand même le droit de me défendre.
Je vous rappelle que vous êtes venu me demander mon aide à cet effet.
Alors, il faut choisir. Ou vous vous faites justice vous -même. Ou bien vous
portez plainte, ou vous vous laissez faire. Mais pas tout en même temps.
Il n 'a jamais servi, cet engin.
C 'est un jouet tout neuf.
Venez là, mon bureau, maigré.
Je suis
en
train de me demander si vos errements dans cette histoire n 'ont pas poussé
Martin à se procurer cette arme.
Admettons. Qu 'est -ce que vous comptez faire aujourd 'hui ? Bon.
L 'arme est en notre possession, donc de ce côté -là, pas de danger
immédiatement. Mais nous avons Martin sous la main.
Convoquons sa femme, organisons une confrontation, et moi je vous trouve
'un ici qui leur plissera suffisamment la trouille pour qu 'ils se mettent à
table. Et vous croyez vraiment que ça va marcher ? Mais pourquoi pas ? Mais ils
vont vous raconter n 'importe quoi, et une fois rentrés chez eux, ils
recommenceront leur manège.
Si vous voulez pousser l 'un d 'eux au meurtre, je pense que c 'est la bonne
manière.
Mais pourquoi vous acharnez -vous comme ça sur cette histoire, Maigret ? Dites
-moi le fond de votre pensée.
Je suis persuadé qu 'une vie est en jeu.
Je rentre à Paris et je m 'en voudrais à jamais s 'il devait arriver quelque
chose.
Voilà le fond de ma pensée.
En fait, vous êtes un samaritain, maigret.
Un samaritain, vous voulez dire ? Je te réveille pas ?
À Bruges ? Non, j 'ai pas eu le temps.
Au verre midi, je pense.
Mais comme je te l 'ai dit, on ramène le détenu extravé.
Oui.
Comment tu as deviné, toi ? Ah oui, c 'est une histoire bizarre.
Je te raconterai tout ça demain.
Oui.
Et ta sinusite, ça va ? Oui, oui, moi aussi.
Bon, allez, je t 'embrasse. À demain.
Je me demande bien ce qu 'ils ont bouffé, là.
Moi, je me demande quand on va aller se coucher.
Quand ils dormiront.
Comment on le saura ? Écoute, sais -toi comment tu fais quand tu vas dormir.
T 'éteins.
Eux, il y a des chances pour qu 'ils fassent pareil.
T 'es futé, toi.
Gisèle, ton verre est prêt.
Merde. Merde.
La bielle est cassée.
La bielle est cassée ? Oh, vilaine bielle.
Beau garçon.
On a envie de te dire d 'aller faire tes devoirs ou d 'aller te coucher.
Pardon ? Ta place n 'est pas avec les grands, toi.
Un grand, un homme, c 'est ambitieux.
Ça gagne de l 'argent, ça dort avec sa femme, ça joue pour le petit train.
Un jour, tu seras devenu tellement pute que tu pourras rentrer dans un de tes
wagons.
Attention, attention.
Le rapide Bruxelles -Cologne va partir dans une minute.
Attention à la fermeture des portes.
Le wagon au restaurant est situé entre la voiture 6 et la voiture 8.
Premier service, 20 heures.
Deuxième service, 21 heures.
En tout cas, il s 'emmerde pas, lui, avec ses petits trains.
Ça donnerait presque envie, hein ? T 'en avais, toi, quand t 'étais petit ? Non.
On paraîtait cultivateurs, figure -toi.
À 12 ans, ils m 'ont offert un tracteur, mais un vrai.
Un buffet est ouvert à la disposition des voyageurs en transit !
Qu
'est -ce qu 'il lui prend ? Il est complètement siphonible, ou quoi ?
Vous souhaitez à tous un excellent voyage avant de découvrir dans les
conditions tous les trésors de l 'Orient.
La mer, le soleil, une vie de rêve !
Appel à tous les voyageurs ! Fermez vos portières de l 'intérieur !
N 'ouvrez à personne ! Je m 'égarde, on m 'a donné des slip -ins ! Les
prostituées du Roy !
Comme là, c 'est fini !
Ils
foutent.
On va.
Quoi ? Je vous attends en bas,
Lambert.
Que Van Dermelen reste sur place.
Qui avez -vous prévu ? La PJ.
Oui, le commissaire Dorothée est un joignard. On a envoyé quelqu 'un le
chercher.
Ah, le légiste devrait arriver d 'un instant à l 'autre.
Et où sont -elles ? Chacune dans leur chambre.
Il est mort il y a très peu de temps.
Approximativement ? Entre 30 et 60 minutes.
Il a dû absorber une dose de je ne sais pas très bien quoi, le labo va nous le
dire, mais sacrée dose.
Vous le suivez de près ? Aussi près que possible.
Qu 'en fait ? Je l 'emmène ou... Vous préférez qu 'on ne touche à rien ? Non,
non, j 'attends le commissaire d 'Orviteur. C 'est lui qui le prend en
On ne touche à rien, vous le couvrez.
Il est où d 'Orviteur ?
Et probablement au théâtre de la monnaie, en train de regarder l 'acte d
'estime. J 'ai signalé aux centrales.
Vous me permettez ?
J 'ai rarement
été aussi profondément désolé.
Et c 'est pas une formule de politesse, croyez -moi.
À force de l 'écouter, j 'y croyais de moins en moins.
Pourtant, il y a un coupable.
Un vrai.
Une vraie coupable.
Parce qu 'il n 'y a que ma soeur et moi, n 'est -ce pas ? C 'est ce que vous
pensez.
Il était en bas, on s 'était disputé.
Je l 'entendais d 'ici.
Il hurlait à tue -tête, comme un gosse qui veut faire enrager ses parents.
Il avait un peu bu.
J 'ai eu l 'impression qu 'il perdait tout contrôle.
J 'ai recommencé à avoir peur.
Pour lui ? Je le sentais capable de tout.
Vous voulez dire...
Mettre fin à ces jours ? Ça, on en est tous capables.
J 'y crois pas, c 'est trop facile.
À part l 'éventualité d 'un suicide, il reste deux possibilités.
L 'accident.
Au quoi ? Vous le savez très bien.
Je sais rien, je sais plus rien.
Je l 'ai juste vu mourir.
Sinon, j 'aurais pu vous dire.
Vous dire quoi ? N 'importe qui peut lui avoir fait ça.
L 'amant de sa femme, par exemple.
Schwab ? La lingerie ? Et M. Martin était au courant ?
Oui.
Et votre sœur savait que son mari savait ? Oui.
Si tout le monde est au courant, pourquoi ne pas me l 'avoir dit plus tôt
avaient qu 'à vous le dire eux -mêmes.
C 'est le policier qui nous garde.
Pourquoi faire ? C 'est tout noir.
Pourquoi on ne bouge pas d 'ici ? Tu veux dire pourquoi on ne s 'échappe pas
Pourquoi on s 'échapperait ? Tu le fais exprès ? Pourquoi toutes les deux ?
Parce qu 'il ne pense qu 'au pape, toi et moi.
Sûrement pas moi en tout cas.
C 'était pas mon mari.
Alors c 'est moi qui l 'ai tué ?
Pourquoi je l 'aurais fait ? Tu peux me le dire ? Ça, ça te regarde.
C 'est tout de même de toi qu 'il avait peur.
On a mis le temps de trouver.
Ça fait trop fort que je me tape le lac des signes à la monnaie, donc on se
moquine.
Vous aviez vu juste, Maigret.
Mais je m 'en serais bien passé.
Ça, je vous comprends.
Et la femme et la belle -sœur, où sont -elles ? Là -haut, dans leur chambre.
Ah, bien. Vous les avez interrogées ? Disons que j 'ai pris la température,
je vous attendais pour vous laisser finaliser.
On dirait que ça vous fait plaisir.
Oh non.
Bon, je peux vous demander un petit service, Maigret.
Vous en savez beaucoup plus que moi.
Dès lors, considérez que cette affaire est entre vos mains jusqu 'à votre
départ.
Bien, messieurs, vous êtes à disposition du commissaire Maigret. Ah, Van der
Molen, je vais au bureau voir les analyses et qui sait, les empreintes. Si
en trouvez d 'intéressantes, je vous envoie des spécialistes.
Messieurs, bon courage.
Ah, et vous pouvez enlever le corps si vous n 'en avez plus besoin, bien
entendu. Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas pour l 'instant.
D 'ailleurs, si je peux me permettre, vous devriez envisager aussi l
du suicide.
Oh, ça y ressemble, mais je n 'y crois pas du tout.
À vous de voir.
Par ici, M. Schwab.
Ah, l 'envers.
Si on a besoin de moi, je suis au bureau. Je m 'occupe du suivi et de tous
tremblements. Pour le reste, voyez avec maigret.
Bien, commissaire.
Venez, M. Schwab.
Merci d 'être venu à une heure si tardive, M. Schwab.
Je crois qu 'il venait m 'arrêter.
L 'inspecteur vous a mis au courant ? Oui, c 'est incroyable. Asseyez -vous.
Oui, c 'est pour éclaircir. C 'est incroyable, comme vous dites, que j 'ai
besoin de quelques renseignements supplémentaires.
Quels renseignements ? À propos de vous et de Gisèle Martin.
Je vous ai tout dit là -dessus.
C 'est clair comme de l 'eau de roche.
En dehors de son efficacité et de toutes ses autres qualités...
Elles nous entendent très bien.
Quand nous nous sommes rencontrés au magasin, vous m 'avez dit qu 'elles vous
donnaient plus que de la satisfaction.
Que veut dire ce plus ? Je suis marié, commissaire.
J 'ai deux enfants.
Je peux me permettre un petit écart de temps en temps, comme tous les autres.
aucun cas de bouleverser ma vie et celle de ma famille.
Seulement celle de Martin.
Il n 'est donc pas question qu 'elles quittent son mari pour vous.
Jamais de la vie.
C 'était très agréable comme ça.
Pour être franc, le fait qu 'elle soit mariée m 'arrangeait plutôt.
Elle empêchait d 'en vouloir trop.
Trop de quoi ? D 'amour ? D 'ambition ? De grosses primes
? De tout.
Eh bien, je vous remercie, M. Schwab.
Vous pouvez rejoindre votre famille.
C 'est pour me demander ça que vous m 'avez fait venir en pleine nuit ? Non, j
'avais besoin de prendre la mesure exacte de ce que vous appelez un petit
Mais c 'est tout.
Bonne nuit.
Je crains que les besoins de l 'enquête n 'exigent d 'autres informations, et
donc un peu de votre temps.
Qu 'est -ce que je peux vous dire de plus ? Raccompagnez M. Schwab dans ses
foyers.
Vous allez où ? Si l 'une reste, l 'autre peut sortir.
Pourquoi faire ? Vous êtes drôle, vous, pour acheter quelque chose à manger.
Il n 'y a pas de provision ici.
Ça dépend pour combien de temps ? Vous m 'aurez dit, on n 'a pas un certain
temps.
Alors, vous pouvez enlever votre manteau, et si vous avez faim, on ira
chercher des sandwichs.
Ça tombe bien, on est des spécialistes.
Je vais relayer Van Dormelen.
Elles n 'ont pas bougé ? C 'est pas que je sache.
Si ce n 'est pas indiqué, commissaire, vous avez une solution au problème ? Et
vous, vous en avez une ? Le poison, tout le monde sait s 'en servir, y compris
Martin lui -même.
Est -ce que vous croyez encore au suicide ?
Ah non, pas forcément.
Et ce qui est troublant, c 'est qu 'elles ont toutes les deux la même
Du chagrin, ça c 'est sûr, mais aussi de l 'étonnement, comme si elles ne s
'attendaient pas à ce qui s 'est passé.
Je crois pas à l 'alliance des deux sœurs.
J 'ai cru comprendre que Schwab et Mme Martin... Oui, vous avez bien compris.
D 'après ce que j 'ai entendu, Schwab ne quitterait jamais sa femme.
Par contre, Martin aurait pu tout raconter à la femme de Schwab.
Et celle -ci aurait pu faire pression sur son mari pour qu 'il congédie
Oui.
Donc, si je fais au bout de mon raisonnement, Gisèle congédiée, elle
perdu.
Schwab, l 'argent, Paris, tout son rêve.
À mon avis, elle est assez ambitieuse pour que ça constitue un mobile.
Vous pensez pas ? C 'est cohérent.
Donc, Gisèle a pu tuer son mari.
Elle a pu.
Mademoiselle Jeannine, vous voulez venir ? Je vais vous demander
de refaire exactement les mêmes gestes que vous avez fait hier soir.
Vous voulez bien ?
Le cognac était déjà versé.
Pourtant, vous en avez rajouté.
Pour faire bonne mesure.
J 'aime bien l 'équilibre, c 'est comme ça.
Ah.
Continuez.
Vous avez laissé la bouteille sur la table ? Non, je l 'ai remportée à la
cuisson.
Je ne sais plus.
D 'habitude, vous procédez de cette manière ? De cette manière ou d 'une
Le plus souvent, je laisse la bouteille.
Et pas hier soir.
Je vous dis, je sais plus.
Bon, ça fait rien, continuez.
J 'ai pris les deux verres et j 'ai rejoint Xavier là.
Il était dans ses trains comme d 'habitude.
Alors j 'ai posé son verre là.
Posez -le.
Il y a deux endroits, qu 'est -ce que je fais ? Exact.
Ça fait rien, continuez.
Alors j 'ai appelé ma sœur pour lui dire que son verre était servi.
Elle vous a répondu ? Je sais pas.
Elle en avait pas besoin, je le posais toujours au même endroit.
Allez, posez son verre.
Et ensuite ? Je suis retournée à la cuisine.
Eh bien, allez -y.
Madame Barton !
Vous voulez nous expliquer comment vous êtes descendu pendant votre verre ?
Venez.
Vous avez commencé à boire votre cognac ici ? Non, j 'attendais d 'être seule
dans ma chambre.
Donc vous êtes remontée dans votre flambe ? Non, pas tout de suite. Je vous
'ai dit, on s 'est disputé.
Je vais aller le rejoindre près du circuit.
En réalité, c 'est de ma faute.
Je ne sais pas ce qui m 'a pris. J 'ai eu envie de me moquer de lui, de l
'humilier.
Je crois que j 'ai été dure, très dure.
Il n 'a pas répondu tout de suite, alors j 'ai repris mon verre, exaspéré, je
suis remontée dans ma chambre.
Vous avez posé votre verre ou vous l 'avez gardé à la main ? J 'ai posé mon
verre.
Je l 'ai repris ensuite, avant de monter.
Vous êtes sûre de ne pas vous être trompée de verre ? Trompée comment ? Les
verres sont très proches l 'un de l 'autre.
Pourquoi j 'aurais pris le tien ? Donc vous avez repris votre verre et
vous êtes remontée dans votre chambre où vous avez commencé à boire votre
cognac. Oui.
Vas -y.
Je crois que je n 'ai pas pu me retenir d 'en boire une gorgée dans l 'escalier.
Mais, lui, il a bu devant vous ? Mais il a dû boire après, quand j 'étais là
-haut.
Et ensuite, il s 'est mis à délirer, à hurler en faisant son chef de gare.
Un vrai Christ de démence.
Après, je ne sais plus.
Je n 'ai pas bougé le machin.
Je peux remonter ? Oui, oui.
C 'est juste après qu 'il a vu son cadillac.
Il a dû très vite commencer à souffrir.
Il s 'est agrippé au circuit.
Il a fait tomber les wagons.
Oui, il a pitubé.
Il a buté contre la tête de table.
Il a renversé le vase qui s 'est écrasé en mille morceaux.
C 'est ce bruit -là que vous avez entendu dans la voiture.
Oui, et puis il y a eu le cri aussi.
Si nous, on a tout entendu de la voiture, ces dames ont dû l 'entendre
Mme Marton, c 'est le bruit du vase qui vous a
fait réagir ? Non.
Mlle Jany, vous êtes venue tout de suite voir ce qui se passait.
C 'est vous qui avez crié.
Peut -être.
Ce n 'est pas le bruit ni le cri qui m 'ont inquiétée.
Le silence qu 'il y a eu entre les deux.
Je t 'ai dit qu 'il était mort.
Vous ne savez pas quoi faire.
Et vous ? Elle est restée là où elle est maintenant.
Je ne l 'ai même pas approchée.
Elle s 'est mise à pleurer.
Elle était incapable de bouger.
Faites de ça, salope ! Pourquoi ce n 'est pas toi qui est morte ?
Tu t 'es exprès de changer les verres de place.
Tu l 'as tuée ! Elle avait raison d 'avoir peur.
Cœur de toi !
Vous
savez ce que ça signifie ? L 'échange de verres.
Elle ne vous dira rien.
Elle est capable de rester des semaines sans dire un mot.
Toute petite déjà, elle était comme ça.
Tu es la personne qu 'on aime.
Et par erreur.
Je comprends que vous soyez désespéré.
Pourquoi détestiez -vous votre sœur à ce point ? Mais vous étiez libre de partir
avec Martin.
Elle n 'était même pas jalouse.
Il était votre amant.
Il était votre amant.
Il n 'a jamais voulu.
Il avait peur d 'elle.
Il ne nous aurait jamais laissé partir.
On était trop dépendants d 'elle, Xavier et moi.
C 'est ça qu 'il aimait.
Ça la flattait.
Pourquoi n 'avez -vous pas pris la décision vous -même, sans attendre les
d 'âme de Xavier ? Je ne sais pas.
Moi, je sais.
Où seriez -vous allé sans argent ? L 'argent, c 'était votre soeur qui le
gagnait.
Sans elle, vous étiez dans la ruisseau.
C 'est comme ça que vous avez eu l 'idée des assurances.
Notamment une assurance vie sur la maison.
Cette jolie maison que M. Schwab vous a offerte, Mme Martin, en échange de vos
bons et loyaux servis.
Ça vous aurait fait une petite somme. De quoi repartir du bon pied.
Xavier était au courant ?
Xavier
était d 'accord ?
J 'ai
tort parce qu 'il a cru que c 'est à lui qu 'on en voulait.
Et comment pensez -vous qu 'il aurait réagi ? Je voulais partir cette nuit.
Plus tard, Xavier me rejoindrait après les formalités de l 'assurance.
Et si vous n 'allez pas rejoindre ? Mais... Vous l 'aimiez.
Mais lui, il était toujours amoureux de votre sœur. C 'est pas vrai ! Il la
détestait ! Peut -être, mais il l 'avait dans la peau.
Ils ne couchaient peut -être plus ensemble, mais l 'idée qu 'elle fasse l
avec M. Schwab était intolérable pour lui.
Il m 'aimait !
Et vous croyez que je l 'aurais encore aimé, après ça
? Pourquoi vous dites ça ? Parce que vous avez commis un crime abominable.
Et en plus, tout à fait inutile.
Étant donné la personnalité que vous aviez, Martin.
Plus tard...
Il m 'aurait aimé, ça, j 'en suis sûre.
En Amérique, on peut se marier n 'importe où, la nuit, le jour.
Moi aussi, je me serais appelée Madame Marton. Je mérite autant qu 'elle !
Que je peux l 'accompagner ? Oui, oui.
Mais après, la justice devra vous séparer.
Allez -y.
Je vais ralentir un peu.
Allez -y.
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