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Original subtitles

Bonjour, vous êtes bien sur la messagerie de Béatrice.

Laissez -moi un message.

Merci.

Oui, c 'est moi.

J 'ai eu ton message, mais... Bon, écoute, je t 'appelle ma voiture. Je

dans deux heures, peut -être même avant. Je vais essayer, d 'accord ? T

'inquiète pas, s 'il y a une infirmière qui peut me parler, ou un docteur, ou n

'importe qui à l 'hôpital, je suis à ce numéro.

Mais ça roule bien. Je suis au plus vite.

D 'accord ? Voilà, je t 'embrasse.

Tu me rappelles quand tu veux.

Appelle maison.

Allô ? Oui, Lucas, c 'est papa.

Elle est là, maman ? Non, elle est sortie faire des courses.

T 'as pas essayé sur son portable ? Si, j 'ai essayé, mais ça répondait pas.

Quand tu la vois, tu peux lui dire qu 'elle m 'appelle ? Tu sais, elle est sur

chez la bière que t 'aimes pour le match. Et moi, j 'ai mis le maillot que

'as offert.

Lucas, tu viens ? Écoute, c 'est pas sûr que je sois là pour le match.

C 'est un peu compliqué, mais il y a maman de me rappeler, d 'accord ? Mais

attends, mais pourquoi ? Parce que je suis coincé au travail, il s 'est passé

truc, c 'est... C 'est compliqué, voilà, je suis obligé de... Bon, je serai pas

là tant pour le match, Lucas.

Mais je t 'écouterai à la radio, d 'accord ? Mais papa, mais t 'avais

Puis c 'est nul à la radio.

Bon, il y a Simon qui est là, je te le passe ? Non, Lucas, j 'ai pas le temps.

Tu l 'embrasses pour moi, et juste, tu dis à ta mère de m 'appeler quand elle

rentre, d 'accord ? Ouais, d 'accord. Bon, allez, faut que je te laisse.

Mais papa, ça va ? Oui, ça va, t 'inquiète pas, tout va bien.

Tu dis juste à ta mère de me rappeler, d 'accord ? Allez, bisous.

Salut.

Oui, demain. Je viens d 'avoir ton message.

Rassure -moi, c 'est une blague ?

Non, c 'est pas une blague. Pardon, excuse -moi, je suis désolé, je suis

sans prévenir, mais t 'inquiète pas, tout va s 'arranger. On va arranger ça,

'accord ? On va arranger ça ? Non, Joseph, tu plaisantes.

Non, on va tout voir ensemble, d 'accord ? T 'inquiète pas. On va gérer, tous

les deux, et tout ira bien.

Tout va bien se passer. D 'accord, Damien ? Tu sais où je suis, là, sur la

station de service ? J 'ai fait demi -tour avec ce putain de camion.

J 'allais arriver chez moi, mais qu 'est -ce qui s 'est passé, putain ? J 'ai un

problème de famille, voilà.

C 'est un peu compliqué.

Je t 'expliquerai.

Il est arrivé quelque chose à quelqu 'un ? C 'est pas un décès, j 'espère que c

'est grave ? Non, non, non.

Enfin, si c 'est grave, mais j 'ai pas le choix.

C 'est pas un des garçons ? Non, non, je te rassure, c 'est pas un des garçons.

Bon, écoute -moi la mienne.

Il faut absolument que tu t 'occupes du chantier, d 'accord ? Il faut que tu t

'en occupes et que ça se passe bien.

Je te fais confiance, je sais que t 'en es capable.

T 'es un type solide, t 'es un type fiable, t 'entends ce que je te dis ?

Donc à partir de ce soir et jusqu 'à la fin de l 'opération, j 'ai besoin que tu

gères tout ça pour moi.

Damien, il faut que tu tiennes le coup.

T 'inquiète pas, tu seras pas tout seul. Moi, je serai avec toi au téléphone et

je t 'appelle tout le temps. Toutes les cinq minutes, même si tu veux. D 'accord

? Jusqu 'à la fin du pompage.

Quoi ? Au téléphone ? Mais putain, Joseph, tu déconnes. T 'es fou ? T 'es

complètement fou. Damien, calme -toi. Écoute -moi. Concentre -toi.

Non, Joseph, demain matin, à 5h45, on a 300 putains de mètres cubes de béton

frais qui arrivent sur le chantier.

300 !

Et tu me... On a 120 camions toupies qui viennent de partir... Non, non, non, on

n 'a pas 300 m3, on a 350 m3, et on n 'a pas 120, on a 131 camions. Donc tu

vois, je le sais.

Alors arrête. Joseph, écoute -moi, je déteste m 'entendre dire ça, je ne m 'en

veux rien que d 'y penser, mais si quelqu 'un est mort, je ne sais pas, ta

ou quelqu 'un, je sais que tu as perdu ton père récemment. Enfin, ce que je

dire, est -ce que tu ne pourrais pas aller là où tu dois aller après ? Je ne

sais pas, demain après -midi ? Après ?

Une fois qu 'on aura coulé le béton, je vais pas y arriver, Joseph.

Tu vas très bien te débrouiller tout seul.

J 'ai besoin que tu sois là demain, à l 'aube, avec tout le matériel et avec les

bonnes personnes.

C 'est tout ce que je te demande.

Et tu vas voir, tout va bien se passer.

Putain de merde, Joseph ! Moi, je coule du béton pour les particuliers, moi !

Mais tu sauras très bien le faire, je le sais.

Damien, ça ira très bien.

Tu sais comment faire marcher une pompe.

Tu sais manœuvrer les camions.

Tu sais tester les arceaux.

Mais voilà, c 'est tout. C 'est pas plus compliqué que ça.

Bon, allez, on annule tout. On annule. Non, non, non, on annule rien du tout.

C 'est très bien que c 'est trop tard. On annule rien du tout.

Il dit quoi, Garcia ? Je ne vais pas encore parler à Garcia.

Mais il va être fou.

Oui, il va être fou.

Je sais.

Il va piquer une crise. Il va devenir dingue. Je sais.

Laisse -moi faire, d 'accord ? Laisse -moi faire.

Joseph, tu vas te faire virer.

Damien, j 'ai besoin que tu fasses ça pour moi.

Tu commences à rassembler une équipe. Tu prends des bons, tu prends les

meilleurs que tu trouves.

Et tu me rappelles.

D 'accord ? Allez.

Salut. Merci à vous.

Tu l

'entends,

il prie ? Tu l 'entends ?

Tu n 'as pas une sonnette ? Quelle sonnette ? Une sonnette pour appeler la

famille. Je n 'en sais rien. Il y a une sonnette, je t 'assure. Cherche.

Non, mais écoute, dis que ça peut durer des heures.

Comment tu te sens, toi ? J 'ai envie de faire pipi.

Tu leur dis que tu as envie de faire pipi. Non, mais il n 'y a personne ici.

Tu arrêtes quelqu 'un. Il y a une sonnette. Non, il n 'y a pas de

a forcément une sonnette. Dès que tu vois passer quelqu 'un, tu lui dis que

as envie de faire pipi.

C 'est pas compliqué.

J 'ai une douleur bizarre dans tout le dos. Ça remonte.

Ça remonte dans la poitrine.

Ça m 'écrase.

Tu leur as dit que tu avais mal ? Tu as décidé quoi ?

Bah oui, oui, t 'as décidé quoi ? Ton appareil dur ? Oui.

Bah je sais pas, on verra.

Non, non, non, on verra rien du tout.

Il faut que tu fasses tout ce qu 'il y a à faire.

Non, crois -moi, Béatrice.

Quand elle est accouchée... Est -ce que tu entends ce que je te dis ? Il faut

que tu fasses tout ce qu 'il y a à faire.

Mais quand elle est accouchée, ta femme, tu étais avec elle.

Béatrice, demande -leur qu 'ils te donnent ce qu 'il faut. Tu peux pas

comme ça.

Tu étais avec elle ou pas ?

Oui, oui, oui.

Oui, c 'est vrai.

Et tu seras là ? Évidemment, je serai là.

Tu seras là ? Mais oui, t 'as pas entendu ce que je viens de te dire ?

je suis là. Je suis en train de rouler vers toi.

J 'arrive, je suis là.

J 'arrive, je me dépêche.

Écoute -moi.

Dis -leur de fermer la fenêtre, si t 'as froid.

Dis -leur de fermer la fenêtre. Va aux toilettes, ça roule bien. Moi, je me

dépêche. Je suis là, je suis là.

Je suis là dans moins d 'une heure.

Je suis là dans moins d 'une heure.

Tu m 'entends ? Calme, écoute -moi, calme -toi.

Calme -toi, respire, respire.

J 'arrive.

Tu as parlé à ta femme, tu l 'as dit.

Il y a une femme qui va accoucher d 'un enfant de toi, tu l 'as dit.

Non, mais je...

Je vais le faire.

Ce soir, j 'ai toute une liste de choses à faire pendant que je conduis. Je vais

le faire.

Elle a fait sur une liste.

Non, t 'es pas sur une liste. C 'est pas ce que j 'ai dit.

Béatrice ? Allô ? Tu me...

Là, tu me demandes ça parce que t 'as mal.

C 'est la douleur qui fait poser la question.

Comment pour essayer ? Mais je te connais à peine, tu me connais à peine.

J 'arrive.

J 'arrive.

J 'arrive.

Allô

?

Ça va, c 'est bon ? Oui, ça va.

Bon, alors, je t 'ai pris des bières, des pizzas pour les garçons, et tu sais

quoi ? Je vais regarder le match avec vous ce soir.

Allô ? Allô, Joseph ? Oui, je suis là, oui.

Je t 'écoute.

Lucas, t 'as pas dit ? Dis quoi ? Parce que je vais pas rentrer à la maison ce

soir. T 'as pas dit ? Non.

Tu seras pas là pour le match ? Non, je l 'ai eu au téléphone tout à l 'heure.

Je lui avais dit de... T 'es où, là ? Comment ça, je suis où ? Non, parce que

'entends des bruits de la télé en salle.

Oui.

Ça t 'embête d 'aller là -haut, à l 'étage, s 'il te plaît ? Pourquoi faire

Parce que j 'ai quelque chose à te dire, je voudrais te dire quelque chose.

Mais tu ne vas pas attendre que tu rentres ? Si, mais je t 'ai dit que je

vais pas rentrer.

Tu peux monter là -haut, s 'il te plaît ? Qu 'est -ce qui se passe, chérie ? Je

vais te dire, mais va dans la chambre, s 'il te plaît. Non, mais dis -moi ce qui

se passe. Oui, oui, mais monte dans la chambre, s 'il te plaît. Vraiment, s 'il

te plaît. Ok, quitte pas.

Simon, quand je crie, tu raccroches. J 'arrive, j 'arrive.

Tu piques.

Ouais, papa, tu reviens quand, alors ?

Je sais pas, Lucas, je parlais de ta mère. On joue en 4 -2 -4, là, ils

tout le temps. Lucas, tu peux raccrocher, s 'il te plaît ? Tu vas

encore perdre.

Lucas, raccroche, s 'il te plaît.

Ouais, ça y est, je suis en queue. Dis -moi, qu 'est -ce qui se passe ? T 'es

haut, là ? Oui.

Tu te souviens, l 'année dernière, ce boulot à Paris ? Quand je faisais la

navette pendant trois mois.

Tu te souviens ? Oui.

Quand je suis resté dans cette chambre, dans cet hôtel qui sentait de l

'humidité. Tu te souviens ? Mais oui, oui, je me souviens. Et alors ? Et il m

'avait donné une assistante qui travaillait pour moi sur le chantier.

Elle m 'aidait pour les fondations.

Mais tu sais, je t 'en avais parlé. Une assistante ? Enfin, peut -être oui,

vaguement. Pourquoi ? Une sorte de secrétaire, une assistante qui m 'aidait

travailler.

Pas très jeune.

Elle a 43 ans.

Pourquoi tu me parles de cette femme ? Comment ça, tout à coup, ce soir ?

Quand le chantier a été terminé, on a tous été boire un verre pour fêter ça,

comme on fait d 'habitude. C 'est normal, quand on finit un chantier, on a

de fêter ça.

Et là, c 'était un chantier énorme.

Alors, on a bu des verres et elle m 'a accompagné à mon hôtel.

Et ce soir -là, il faisait froid, il pleuvait.

Arrête, Joseph, arrête. Laisse -moi finir, Catherine, s 'il te plaît.

Je ne peux même pas dire qu 'elle me plaisait, parce que c 'est...

Et elle me disait qu 'elle était seule, qu 'elle se sentait seule, qu 'elle se

sentait malheureuse.

Malheureuse. Non, mais c 'est ce qu 'elle me disait, elle.

Alors moi, j 'ai dit, ben, non, c 'est... Enfin, c 'était peut -être pas

que... Moi, par exemple, j 'étais heureux.

Moi aussi, des fois, ça m 'arrivait de me sentir seul. Quand on est loin de

soi, c 'est normal de sentir seul. Quand je suis loin de toi, par exemple, je me

sens seul.

Et on avait bu du vin, du rhum, de la vodka.

Et c 'est la première fois.

C 'est la première fois, je te jure, j 'avais jamais fait ça avant.

Je te le jure.

Allô ? Catherine ? Oui, je suis là, oui.

Et là, ce soir, c 'est cette femme ?

Et l 'enfant, il est de moi.

Allô ?

Allô

? Je viens de parler avec Damien. Tu peux me dire ce qui se passe ? Je veux

bonnes nouvelles.

Salut, Gabriel.

Demain matin. Parle -moi juste de demain matin.

Demain matin, je ne serai pas là sur le chantier pour le pompage.

Ce n 'est pas vrai.

Dis -moi que ce n 'est pas vrai, Joseph.

Je ne crois pas.

Bon, je vais t 'expliquer.

D 'accord ? Je ne serai pas là parce que ce soir, enfin, cette nuit, je vais

être là pour la troisième fois.

Et elle est à Paris. Enfin, je vais aller à la mairie, elle est à Paris.

Et il faut que j 'y sois.

Il faut que je sois avec elle. C 'est comme ça. Je n 'ai pas le choix.

Si tu permets, je vais juste te lire un truc, Joseph.

D 'accord ? De Berlin.

Tu m 'écoutes ? Oui, je t 'écoute.

Bon, alors, bonne chance pour demain avec le béton. Le directeur général

de nous confirmer qu 'il s 'agira de la plus grande coulée de béton de la

décennie. Je sais que cette journée est placée entre les meilleures mains

possibles. Tous mes voeux signés Lozner.

Lozner, tu vois ? En personne. Le président.

Tu entends ça, Joseph ? De Berlin.

Oui, j 'entends.

Parle plus fort, j 'entends rien. J 'ai dit oui, j 'ai entendu.

Et toi, l 'homme aux commandes de toute cette opération, dix heures avant le

début, toi, tu décides que tu seras pas là. C 'est de ce que tu me dis.

Damien va s 'occuper de tout.

Il va très bien y arriver, Damien.

C 'est un grand garçon... Ne te fous pas de ma gueule ! Joseph ! Calme -toi. Ne

me dis pas ça ! Ne me dis pas de me calmer ! Calme -toi. Si, si, je te dis

calmer. Un grand garçon ! On parle de quoi, là ? C 'est toi le responsable !

grand garçon ! Tu te fous de ma gueule ! Pardon, mais c 'est qui ? C 'est pas ta

femme qui accouche ? Non.

C 'est qui ? C 'est quelqu 'un d 'autre.

Ben, j 'aurais jamais...

Ah, Joseph, t 'es la dernière personne sur Terre que j 'aurais imaginé qui...

Imaginé quoi ? Cette femme -là, elle peut pas accoucher toute seule ? Non,

il y a des tas de pères qui sont absents. Oui, mais pas moi.

Moi, non. Moi, j 'ai pris ma décision, elle est toute seule, elle a personne d

'autre, elle a que moi.

Et en plus, c 'est quelqu 'un de très fragile.

Fragile ? Oui, elle est fragile, oui. Oui, elle est fragile.

D 'accord, donc, si je comprends bien, t 'es en train d 'abandonner la plus

grande putain de coulée de l 'année, des dix dernières années, pour aller tenir

la main d 'une nana parce qu 'elle est fragile.

D 'abord, c 'est pas une nana, déjà.

Et oui, elle est fragile.

Alors j 'ai pris ma décision, c 'est comme ça, voilà.

Je me suis pas bien comporté avec cette femme. Pas bien du tout, même.

Alors ce soir, je vais faire ce qu 'il faut.

Et Berlin peut aller se faire foutre. Et moi aussi. Tout le monde, c 'est ça ?

Non, c 'est pas ça. C 'est pas ça que je dis.

C 'est juste que c 'est ma décision et je changerai pas la vie, voilà.

Tu sais combien de millions sont en jeu demain, t 'as une idée ? Oui, je sais, c

'est mon métier, j 'ai une idée. Si une seule de ces pompes déconne, une seule,

c 'est 10 millions d 'euros à la poubelle en 15 minutes.

10 millions, mais ça recommence toutes les 15 minutes, toute la matinée.

15 minutes, 10 millions.

15 minutes, encore 10 millions. Oui, je sais, je connais mon métier. Et avec ton

putain de grand garçon, ça va foirer. Calme -toi. C 'est 100 millions d 'euros

qui partent à la poubelle.

T 'es toujours là ? J 'ai pris ma décision, c 'est comme ça.

Je ne laisserai pas croire que cette opération...

Je vais réussir.

Il faut juste que tu fasses confiance.

Tu te fous de ma gueule ? Fais -moi confiance.

D 'accord.

Je vais appeler Berlin.

Et crois -moi, si on n 'avait pas passé toutes ces années ensemble, si pendant

toutes ces années, tu n 'avais pas été aussi solide, fiable, putain, Joseph, je

te promets, je te virerais tout de suite.

Mais je vais d 'abord appeler Berlin.

Joseph, j 'espère que tu sais ce que tu fais.

Je sais ce que je fais.

Ma décision est prise, je sais parfaitement ce que je fais.

Je sais parfaitement ce que je fais. Crois -moi, t 'as complètement pété les

plombs.

Bon, je te laisse.

Salut.

Si tu crois que je sais pas qui me regarde depuis tout à l 'heure...

Ça te fait marrer, hein ? La merde dans laquelle je me suis mis.

Ça te rappelle les souvenirs ? Réponds.

Réponds -moi.

Tu veux dire, regardez -le.

Tel père, tel fils.

Dire, c 'est Joseph, mon grand garçon.

Comme on dit déjà, les chiens font pas des chats, c 'est ça ? Non, tu te

trompes.

Les chiens font pas des chats.

C 'est en merde.

C 'est moi.

Pas toi.

Parce que ton fils, contrairement à toi, il va tout droit là où il doit être.

Et je vais y aller.

Et j 'y serai pour assumer.

Oui, la mienne.

Ok, je retourne au chantier, je vais faire vite.

J 'ai appelé Eric, je lui ai pris 6 polonais, Renaud m 'a filé 3 types à

'ai pu avoir les perdièmes pour les gars du béton, et les mecs du coffrage ont

réussi à finir. C 'était un peu la merde avec les grilles, mais ils sont

terminés. J 'ai demandé à Albert de tester les pompes du côté sud, il a dit

ça pisse sans problème. Ok, écoute -moi une seconde.

Quand tu seras sur place, je veux que tu vérifies chaque pompe toi -même, d

'accord ? Une par une.

C 'est toi qui vérifie le débit, tu ne demandes à personne d 'autre de le

Damien, t 'as compris ? Oui.

Et surtout, Damien, On ne fait pas confiance à Albert.

Parce que c 'est sûr du soir, il picole trop, Albert, d 'accord ? Je compte sur

toi. Ok, oui, oui.

Alors, parle -moi du mélange, maintenant.

Le mélange, oui.

On avait dit C6.

C6 ? Comment ça, on avait dit C6 ? Mais ne me dis pas de faire comme ça, Damien.

On dirait que tu me poses une question.

Non, on a dit C6. Oui, oui, je sais. Non, excuse -moi. Des fois, je parle, on

dirait une question, mais ce n 'est pas une question. Non, mais c 'est très

simple. Tous les mélanges de toutes les pompes, c 'est C6.

Alors pourquoi tu me demandes ça ? C 'est écrit en gros sur le tableau. Mais

ne t 'ai pas demandé. Mais j 'ai écrit Cécile partout, alors arrête ! Ne me

pas la question ! Bon, à quelle heure tu débrayes ? Je dors sur place ce soir,

de toute façon je ne débraye pas.

Parfait, très bien. Sauf que tu ne dors pas, tu vérifies tout.

L 'autorisation pour le client, tu l 'as avec toi ? Oui, et celle pour les

portails aussi.

Oui, d 'accord.

C 'est celle -là dont je parle, celle pour les portails.

Celle pour le chantier, tu l 'as déjà enregistrée, j 'espère ? Oui.

Euh, pour le chantier.

Ah oui, oui, oui, c 'est fait, oui, oui.

Damien, oh ! C 'est ce que je voulais dire. Sois avec moi, là.

Oui.

Bon, t 'as les numéros du centre à la béton ? Ouais.

D 'accord.

Alors, ce que tu fais, c 'est que tu les appelles maintenant, là, tout de suite,

les unes après les autres, et tu leur fais confirmer leur commande.

C 'est six, rien d 'autre. T 'entends ce que je te dis, Damien ? Oui.

Mais je te sens pas là, là.

Je suis là.

Bon.

Donc, si c 'est pas bon, tu renvoies tous les camions.

Non, mais je déconne pas, Damien, là, hein.

Parce que si demain, il pleut, ces connards, là...

Ils vont vouloir te baiser à cause de l 'eau dans les fosses.

Donc c 'est C6.

Il ne pleuvra pas demain, il fera beau.

Je suis en ligne, direct avec Dieu.

Non, mais je suis sérieux, je n 'ai pas envie de rigoler.

Je ne rigole pas avec le béton.

Donc tu fais confiance à personne, même pas à Dieu, personne.

Tu appelles les centrales, tu leur demandes de te renvoyer ta commande.

Voilà, je vais le faire, je m 'en occupe. Tu leur demandes de renvoyer la

commande pour vérifier qu 'ils ont bien reçu le bon. D 'accord ? Oui. C 'est

simple.

Tu as parlé à Garcia ? Oui, j 'ai parlé à Garcia.

Ils parlent à Berlin et Berlin, ils vont vouloir me virer et mettre un jeune con

à ma place, c 'est sûr.

Oh non, oh non, non, non, non.

Bon, Damien, écoute, tu ne prends pas ces appels, d 'accord ? Fais ça pour

Mais je ne peux pas ne pas les prendre. Si tu peux, tu ne prends pas ces appels,

tu ne les prends pas, c 'est tout.

Jusqu 'à demain matin, tu n 'écoutes que moi. C 'est toi et moi, c 'est tout, d

'accord ? Alors, tu ne réponds pas ? Non, mais c 'est ce que je viens de te

dire, tu ne réponds pas, non.

Jusqu 'à demain matin, c 'est toi et moi, c 'est tout.

Tu n 'écoutes personne d 'autre que moi.

Allez, ça va bien se passer.

Appelle Béatrice.

Bonjour, vous êtes bien sur la messagerie de Béatrice. Laissez -moi un

Merci.

Tu m 'as appelé ? Oui, je t 'ai appelé.

Je voulais savoir comment t 'allais.

Ils ont fermé les fenêtres.

Mais t 'as parlé à quelqu 'un pour ta douleur ? Non, personne n 'est venu,

Et s 'ils sont venus fermer la fenêtre ? Ben, il n 'y avait personne.

Mais ça va, tu vas bien ? Non.

Ça me fait un mal de chien.

Bon, écoute, là je suis sur l 'autoroute. Si ça continue à rouler

serai là dans pas longtemps.

Mais en attendant, essaye vraiment de parler à quelqu 'un pour ta douleur, d

'accord ?

Là, maintenant, tout de suite, j 'ai l 'impression que je te déteste.

C 'est très, très fort comme sentiment.

On se connaît à peine.

On ne se connaît même pas du tout.

Et cette chose est arrivée.

Ah, cette chose.

Non, ce que je veux dire, c 'est qu 'on ne peut pas s 'aimer ou se détester. On

ne se connaît pas assez pour ça.

Alors oui, c 'est arrivé, mais c 'est tout.

Tu me détestes.

Je veux dire, pour être réaliste. Non, on ne te déteste pas. Pas du tout.

Oui,

Gabriel.

Bon, écoute, Berlin, ils ont piqué une crise.

C 'était à prévoir.

Tu imagines ?

J 'aurais dit, ça fait dix ans que tu bosses avec nous, jamais un problème. Ça

fait neuf, ça fait neuf ans que je bosse avec vous, mais c 'est pas grave. Bon,

mais ils ont dit que tu te laisses déborder par tes émotions.

Tu mets en danger toute la boîte.

Ils m 'ont redit ce truc, tu sais, à propos de la plus grande coulée de la

décennie. La plus grande coulée de la décennie, oui, d 'accord.

Et alors ? Bon, voilà, t 'es viré.

Ils disent qu 'ils ont pas le choix.

D 'accord.

Pas de problème.

Je fais jamais ça au téléphone.

Non, non, mais c 'est pas grave, t 'inquiète pas.

Je viens juste m 'assurer que demain, tout ira bien.

C 'est tout ce qui m 'intéresse. C 'est pas négociable. Ils ont décidé, basta, t

'es viré. C 'est fini, tu fais plus partie de la boîte. Ça va, j 'ai

sais, j 'ai compris. Je leur en veux même pas, tu vois.

Mais je veux juste que tout se passe bien demain, c 'est tout.

Je veux que tout se passe bien demain, c 'est tout.

C 'est pas à cause de l 'argent, c 'est pas à cause des millions.

C 'est juste pour moi, je fais ça pour moi.

Et pour le chantier, et pour le béton aussi.

Je laisserai pas le béton être pompé n 'importe comment, tu comprends ça ?

nuit et demain, je vais faire en sorte que ça marche bien.

Crois -moi, je l 'aurais dit, j 'ai essayé de...

Écoute -moi, le béton, il arrive demain et je vais m 'en occuper. C 'est pas

négociable. C 'est non négociable. Je vais m 'en occuper.

Joseph, t 'as l 'air bizarre.

T 'as changé.

T 'aurais dû... T 'as changé, je suis pas bizarre. Je suis même... Bon, il

que je te laisse, là.

T 'aurais dû me dire que t 'étais malade.

Quoi ? Mais je suis pas malade. Qu 'est -ce que tu racontes ? Je vais juste m

'assurer que demain, tout se passe bien. C 'est trop tard, Joseph. Non, je suis

pas mal. J 'ai déjà filé le dossier à quelqu 'un d 'autre.

Gabriel, salut.

Allô ?

Dis -moi que c 'est pas arrivé.

Catherine, attends.

Écoute -moi. Je suis là, dans le noir, dans notre chambre.

Tout a l 'air changé.

Écoute -moi, je sais pas comment te dire.

Ça fait des mois que je me sens... Je me sens rongé.

En fait, elle m 'a appelé et elle m 'a dit qu 'elle allait la voir un enfant.

Qu 'elle voulait le garder parce que c 'était sa dernière chance.

Enfin, sa dernière chance d 'être heureuse, quoi.

Et ce soir -là, elle m 'a appelé à nouveau et elle m 'a dit qu 'elle avait

les os deux mois avant le terme.

Alors c 'est pour ça que je t 'en parle maintenant dans la voiture.

Je suis obligé de venir dans la voiture parce que je voulais t 'en parler avant,

tous les soirs, toutes les nuits, je voulais t 'en parler.

Mais elle a perdu les os avant le terme et donc... J 'arrive plus à respirer.

Catherine, tu sais comment ça s 'est passé avec mon père.

Tu sais mieux que personne.

Tu sais que ce connard, il n 'a jamais été là pour moi.

Jamais, depuis le premier jour. Il n 'était pas à la cantine et il ne m 'a

pas donné son nom.

Alors ce bébé, je lui ai donné mon nom.

Et il verra mon visage.

Et comme ça, il saura qui est son père.

Il ne passera pas sa vie à croire que... Attends, Joseph, mais tu délires.

Tu délires.

J 'aurais dû t 'aider depuis longtemps.

Pardon, je te demande pardon.

Tu sais bien que je ne suis pas cet homme -là. Je ne me suis pas comporté

il faut.

C 'est pas moi.

C 'était une seule fois.

Entre une seule fois et jamais, il y a un monde, Joseph.

La différence qu 'il y a entre jamais et une seule fois, c 'est la différence qu

'il y a entre le bien et le mal.

Non, non, non, tu sais rien. Non, tu sais rien du tout. Tu sais rien du tout.

preuve. Catherine, il pleuvait, on avait bu. Ah ouais, c 'est ça.

Elle t 'a suivi et toi, t 'as rien fait.

À part lui faire un gosse, je veux dire.

De toute façon, c 'était une nuit bizarre.

Parce qu 'il pleuvait ? Mais de quoi tu parles ? Catherine, personne ne pensait

à mal.

Personne ne pensait à mal.

Je sais que c 'est difficile pour moi.

Mais elle a couché ce soir, vraiment ? Oui, elle a couché ce soir. Mais

ça serait le tien, puisqu 'elle couche avec tout le monde ? Mais elle ne couche

pas avec tout le monde.

Elle n 'est pas comme ça. Ça fait des années qu 'elle ne voyait plus personne.

Elle n 'est pas comme ça ? Non, mais tu couches une fois avec elle et tu la

connais aussi bien que ça ? Mais ce n 'est pas ce que je voulais dire.

Ce n 'est pas comme ça.

Il faudrait qu 'on aille à se parler, s 'il te plaît.

Toi et moi, en train de parler.

Catherine, s 'il te plaît.

Ne me laisse pas.

Ne me laisse pas, s 'il te plaît.

Tu m 'entends ? Ne me laisse pas.

Oui, Damien, je t 'écoute.

Bon, Joseph, ce n 'est pas une question, OK ? Ce n 'est pas une question. Mais

je viens juste de raccrocher avec la centrale d 'Anvers.

Ils disent que pour le mélange, ils savent que tu veux du C6, mais ils

jusqu 'où on peut aller avec du C5.

Du coup, ça veut dire que s 'il y a un camion avec du C5, est -ce que c 'est

vraiment grave, en fait ? Damien, il y a écrit quoi sur le tableau ? Hein ? Sur

le tableau, C6.

Oui, d 'accord.

Et sur chaque document, sur chaque commande, il y a écrit quoi ? C6 ? C6.

Donc, tu sais pourquoi il y a écrit C6 ? Parce qu 'à la fin, la tour, quand elle

sera terminée, elle fera 75 étages, elle pèsera 2 223 000 tonnes de béton, et

elle modifiera la nappe phréatique.

Elle écrasera le granit, et elle sera visible à 30 km à la ronde, Damien.

Et au coucher du soleil et sur l 'ombre, elle va s 'allonger sur près de 2 km.

Tu te rends compte de ce que c 'est ? Mais si le béton qui était à la base, c

'est pas le bon.

Si elle glisse ne serait -ce que d 'un demi -centimètre, on va commencer à

des fissures se former, c 'est normal.

Et ces fissures, Elles vont s 'élargir petit à petit, c 'est normal.

Alors du coup, comme tu dis, c 'est toute la tour qui finira par s

Attends, écoute... Non, mais tout ça pour te dire, Damien, que si tu fais une

erreur, une seule toute petite erreur, c 'est le monde entier qui va s 'écrouler

autour de toi, tu comprends ? Alors tu appelles Anvers, et tu leur dis C6, et c

'est non négociable.

Est -ce que je suis clair ? Oui.

Non négociable, C6.

C 'est compris.

Merci.

Rappelle -moi après.

Appelle maison.

Allô ? Oui, Lucas.

Tu me passes ta mère, s 'il te plaît ?

Attends.

Maman ? Va chercher, s 'il vous plaît.

Je regarde le masque, c 'est chiant. On perd déjà, là. 1 -0. Un pénalty à la

con. Tu l 'écoutes à la radio ? Non, je l 'écoute pas, là.

Je suis pas sa mère.

Bon, en fait, elle est dans votre chambre, je crois.

Bon, tu sais quoi ? C 'est pas grave.

Je la rappelle. Dis -lui que je la rappelle, d 'accord ? Ouais, d 'accord.

Bon, allez, je t 'embrasse. A tout à l 'heure.

Au revoir, chérie.

Salut.

Allô ? Monsieur Croce ? Oui ? Bonsoir, je suis la sage -femme qui s 'occupe de

Béatrice Margerie. Bonsoir.

Bonsoir, oui. Mais tout va bien ? Vous êtes le père, monsieur, c 'est ça ? Oui,

c 'est moi.

Elle est assez angoissée et on se demandait si quelqu 'un serait là avec

moment de l 'appouffement.

Oui, moi je serai là. Je suis en voiture là.

Je conduis mais je serai là dans moins d 'une heure, je serai au plus vite. D

'accord. Mais rassurez -moi, il n 'y a rien de grave.

On a une petite complication.

Une petite complication, mais ce n 'est pas grave.

C 'est avec le cordon.

Il va y avoir une intervention et ça nous aiderait si le père était là. Je

là, je vous ai dit, j 'arrive. Je conduis, je suis là, je me dépêche.

Je fais au plus vite que je peux, d 'accord ? Tout va bien, monsieur.

Attention sur la route. On est là, on s 'occupe d 'elle. On est en train de lui

faire une échographie.

Ça va, je voulais simplement m 'assurer que quelqu 'un allait venir pour être

auprès d 'elle. Non, non, je serai là. Très bien, parfait.

En arrivant, vous passez par l 'entrée principale, c 'est au deuxième étage,

bloc B. D 'accord, bloc B, entendu.

Elle est très émotive.

Et vous êtes le compagnon, c 'est ça ? Non, je ne suis plus le père, je ne suis

pas le compagnon.

Je suis le père.

En réalité, je ne la connais pas très bien.

Allô ? Oui, oui.

Bon, elle a très peur.

Bon, je suis au plus vite. Merci.

Au revoir. Au revoir.

Et ils m 'ont traité comme une merde parce que je voulais tout vérifier. C

bon ? Leurs camions sont prêts ? Avec le bon mélange dedans ? Ouais. T 'as

vérifié ? Voilà, j 'ai coché toutes les réponses. On arrive à... Bon, avec

Anvers, j 'ai d 'abord eu droit à des « va te faire enculer », des « nique ta

mère », en flamand. Bon, ça passe mieux, du coup. Donc, on arrive à 350 m3.

Bon. Et pour le retardateur, ça dit quoi ? Ils en ont sur place, ils vont très

bien avec les camions.

D 'accord.

T 'as un stylo, là ? Un taillon. Non, non, prends un stylo, s 'il te plaît.

Ça y est, t 'as prouvé ? Voilà, c 'est bon, j 'ai assis. D 'accord.

Dans le tiroir en haut à droite, au -dessus du radiateur portable, tu

y a un dossier.

Donc tu le prends, le dossier, tu le gardes et tu le quittes pas, d 'accord ?

Parce que ce soir, ce dossier, ça va être ta Bible, je te préviens.

T 'entends ce que je te dis ? Euh, ouais, mais non, il n 'y a pas de

Si, si, si, il y en a forcément un, c 'est moi qui l 'ai mis, donc je sais.

Si, si, il y est.

Regarde bien.

Là -dedans, il y a tout.

Les numéros, les autorisations, les fameuses autoroutes à confirmer avec les

flics, il y a tout.

Tout est là.

Au -dessus du radiateur. Il n 'y a plus de radiateur. C 'est les Polonais qui l

'ont pris.

Ils disent qu 'ils caillent dans leur Algeco.

Moi, je crois qu 'ils habitent plus au froid.

Bon, il n 'y a pas de... Mais est -ce que tu vois de quel radiateur je te

? Oui, oui, oui, oui.

Bon, ben, j 'ai vérifié dans tous les tiroirs de ce putain d 'Algeco. Il n 'y

pas de Bible.

Merde ! Pardon ? Non, pas toi, c 'est moi. C 'est moi qui l 'ai, le dossier. C

'est moi qui l 'ai comme un con.

Damien, ça fait 10 ans que je bosse avec toi. Damien, laisse -moi 5 minutes, je

vais réfléchir. Et je te rappelle.

Joseph, ça fait 10 ans que je bosse avec toi et je ne t 'ai jamais vu merder

comme ça.

Qu 'est -ce qui t 'arrive, putain ? Bon, je te rappelle.

Je te rappelle, Damien.

T 'es sérieux ? Excuse -moi, pardon, je dis ça comme ça.

Catherine. Et tu sais, depuis tout à l 'heure, je me demande... Je me demande

pourquoi il m 'a rien dit.

Parce que... Je sais pas, on est un couple depuis 17 ans. On est un vrai

Et... Oui, on est un couple. Oui, on est un couple sans histoire. Enfin, je veux

dire, sans drame.

Avec une histoire, mais sans drame.

Et avec des surprises de temps en temps, de belles surprises même.

Ils sont ensemble depuis longtemps, mais ils s 'en fichent, ils couchent encore

ensemble.

Et après 17 ans, ils arrivent encore à jouer en même temps.

Alors, pourquoi t 'as fait ça, Joseph ? Pourquoi tu m 'as rien dit ?

Jessie.

Je te jure que j 'ai voulu.

Jessie.

Mais quoi, t 'avais honte, c 'est ça ? Tu voulais pas me blesser ? T 'avais

de me blesser ? De toute façon, tu te disais, ça ira pas au bout, c 'est

impossible, elle est trop vieille.

Je parle de l 'autre, là.

Pauvre malheureuse.

T 'avais peur de quoi, en fait ? Je te quitte ? Je te chasse de la maison ? Là,

j 'y pense, tu vois.

Forcément, j 'y pense.

C 'est vrai que j 'aurais pleuré.

Ah oui, ça, j 'aurais pleuré.

Mais pas comme ça.

Pas comme ce jour.

J 'avais peur d 'être blessé.

J 'avais peur de te perdre. Ah, mais non, je sais.

Cet enfant, c 'est toi qui l 'as voulu.

Sinon, tu t 'aurais protégé, tu nous aurais protégés.

Mais non.

Mais pourquoi t 'as fait ça, Joseph ? Je suis en train de me fonder, tu sais.

Je tiens tête, mais je me fonde.

Catherine, ne me dis pas ça.

Je te demande pardon. Je ne suis pas là pour te faire du mal. Tu le sais très

bien.

On va en parler demain.

Je te promets, c 'est pas ce que tu crois, ça s 'est pas passé comme ça du

Je crois rien.

Bon, Catherine, pardon, mais on m 'appelle, je suis obligé de répondre.

Il faut que je te laisse, mais on va en parler demain, d 'accord ? Il faut que

tu me laisses. Tout ça, ça va s 'arranger. Il faut que tu me laisses, c

que tu viens de me dire. Non, c 'est pas ce que je voulais te dire, mais... C

'est pas la peur, c 'est pas la honte, non, non, non, c 'est juste ça.

C 'est juste ça, voilà.

Il faut que tu me laisses.

Catherine...

Pas une seconde.

Damien, pas une seconde.

Oui.

Je vais te donner les informations par téléphone et tu vas tout noter, d

? Ok, voilà.

Damien, tu fais quoi, là ? T 'es en train de boire ? Tu bois quoi ?

Bon, écoute, j 'ai besoin que tu appelles le flic de garde du

rue Pasteur, d 'accord ? Il s 'appelle Delage, le lieutenant Delage.

Il faut que tu confirmes avec lui la fermeture des routes pour demain.

Note 5h25 à midi.

Donc t 'es prêt ? Vas -y, on va.

Alors, d 'abord, chaussée des Dars, entre la rue Dupont -Prolongé et la rue

Augustin -Frenel.

Augustin -Frenel.

Ensuite, avenue du Général Leclerc, mais la partie sud seulement, d 'accord ?

Ensuite, rue Ambroise -Croisa, à partir de la rue Gustave Vidal.

Et jusqu 'à la nuit, t 'en reviens.

C 'est tous les accès au rond -point, d 'accord ? Toutes les notes, tous les

accès au rond -point.

Compris ? Compris, compris.

D 'accord ? Compris.

Alors, pousse pas, je te donne le numéro d 'autorisation.

Alors, 750, donc 750, D comme Dominique, et V comme Victor.

750, D, V.

T 'as noté ? C 'est bon ? Très bien, oh ! Oui, oui.

C 'est sûr que c 'est un coca -cerise que tu bois, là ? Oui, oui, oui,

? Non, parce que si c 'est autre chose, si t 'es à la bière ou à n 'importe quoi

d 'autre, et que je l 'apprends, je te préviens, je te râche les jambes à l

'acier électrique. C 'est clair ? Damien, tu m 'entends ? Non, non, tu ne

parles pas comme ça.

Parce que là, j 'ai six messages en attente sur mon portable de Garcia.

Alors, je ne les ai pas écoutés, mais je sais très bien ce qu 'il veut.

Alors, tu me parles mieux.

T 'as compris ? Merde !

Parce que moi aussi, je vais sur ma place.

Damien ? Alors, j 'étais d 'accord pour ne pas prendre ces appels parce que je

me chie dessus à l 'idée que demain, ça va foire. Je n 'ai pas non plus envie

que ce connard, il me colle... Damien, écoute -moi, Jean.

Attends, attends ! Écoute -moi ! Attends ! Tu m 'écoutes, toi.

Ok. Je n 'ai pas envie qu 'il me colle un petit merdeux tout juste sorti d 'une

école à la con et qu 'il va vouloir m 'expliquer un métier qu 'il ne connaît

même pas.

Alors... Damien, est -ce que... Du coup, jusqu 'à demain matin, il n 'y a que

toi que je vais écouter.

Mais à une condition, putain. Une condition.

Tu me parles mieux.

Ou alors, on arrête tout de suite.

Donc, tu es à la bière.

Donc, tu es à

Juste une question.

Tu me laisses appeler tes putains de pliques et confirmer ces fermetures de

route. Je te rappelle plus tard pour que tu me dises la suite.

Allez, ciao. Écoute -moi.

Allô ?

Oui, allô ? Ils disent qu 'il y a un nœud.

Comment ça, un nœud ? Autour du cou du bébé. C 'est comme un nœud coulant.

Écoute -moi, tu es entre de bonnes mains.

Si tu fais tout ce qu 'ils te disent, il n 'y a aucun problème.

Ils m 'ont laissé le téléphone.

Juste une minute.

Ça va ? Béatrice, ça va ? Oui, oui.

Tu es d 'accord ? Là,

je suis là dans une heure.

Je suis sur la route, ça roule bien.

Je suis là, je vais très vite. Je suis là dans une rapette, d 'accord ? C 'est

là, il n 'arrive jamais.

Là, tout le monde l 'attend, il n 'arrive jamais, là.

Attends, qui on l 'attend ? Je ne comprends rien. De quoi tu parles ?

God, Dieu ! Il n 'arrive jamais ! Hein ? Mais toi, tu n 'es pas Dieu.

Non.

Tu ne vas jamais au théâtre.

Béatrice, il faut que tu fasses ce qu 'il te dit, d 'accord ?

Tu n 'es pas un lecteur non plus.

Je veux quoi ? Tu n 'es pas un constructeur.

Ah si, tu es un constructeur. Ah bah oui.

C 'est drôle, non ? Que ce soit un homme comme toi, tout l 'opposé de moi,

toutes les choses que j 'aime, elles ne comptent pas du tout pour toi. Ce qui

compte là maintenant, c 'est le bébé.

Si tout se passe bien pour le bébé, c 'est ça qui compte. Tu connais les

nouvelles ? Ils veulent mourir en deux. Ils ont sorti l 'escapade.

Et comme ils se l 'avaient fait, c 'est ça ?

Non, mais si t 'as l 'air un peu bizarre, là.

T 'es déjà sous anesthésie ? Hein ? Ils t 'ont mis sous anesthésie ? Ils vont

mourir en deux parce que je suis trop vieille. Mais non, mais n 'importe quoi.

Mais non, t 'es pas trop vieille du tout.

Ça s 'appelle une césarienne. Ils savent, c 'est leur métier. Ils font ça

les jours.

Qui ouvre les fenêtres ? Je sais pas.

Eh ben, demande -leur de la fermer. Non, mais il y a personne.

Attends, calme -toi.

Si tout le monde t 'écoute.

Si ils t 'écoutent. Mais moi, je t 'écoute. Je t 'écoute, moi.

J 'arrive, là.

D 'accord ? Je suis là dans moins d 'une heure.

Un noeud coulant, ils ont dit.

Une ligne de vie et un noeud coulant en même temps.

Un noeud coulant ? Attends.

Un noeud coulant et une ligne de vie, je ne comprends pas ce que tu me dis.

Allô ?

abandonner, me réfugier dans le déni.

Non. Ça c 'est toi.

C 'est pas moi.

Moi je vais tout droit au pire endroit pour moi.

C 'est le pire endroit sur Terre pour moi. Et je le sais.

Oui, Lucas, c 'est moi.

Ça va ? Elle est là, maman ? Hé, t 'entends ça ? Deux 1 pour nous.

Deux buts en trois minutes.

Mais la radio, papa, c 'est un truc de fou.

Lucas, parce quoi t 'avais rien dit ? Elle est pas là. Tu veux que je l

? Euh... Non, non, mais c 'est pas grave. Je rappellerai, d 'accord ? Bon,

allez, je t 'embrasse. Bon match, chérie. Mais attends, mais deux 1, on

Ça te rend pas dingue ? Si, si, c 'est mon dingue.

Allez, je te laisse.

Je rappelle plus tard.

D 'accord ? Je t 'embrasse.

Bon match.

Salut. Salut.

Permanente, bonjour. Oui, bonjour.

Je voudrais parler au lieutenant Delave, s 'il vous plaît.

C 'est lui -même, je vous écoute.

Bonjour, c 'est Joseph Cross.

C 'est moi qui suis chargé du projet du parc.

Je voulais savoir si quelqu 'un vous avait appelé pour la fermeture des

Oui, on a eu quelqu 'un. C 'est un remplaçant ? Oui, c 'est ça. C 'est mon

collègue, c 'est Damien.

Mais j 'ai appelé juste pour vérifier. Donc, c 'est confirmé, c 'est bon.

Non, il y a un problème avec les chaussettes d 'Ars.

C 'est quoi le problème ? C 'est la mairie qui a mis son véto à la dernière

minute.

Putain. Bon, excusez -moi, mais... Vous pouvez savoir pourquoi ? Je ne peux pas

vous dire.

Vous êtes appelé demain matin.

Oui, mais demain matin, ce sera trop tard.

Pardon ? Je dis demain matin, ce sera trop tard parce qu 'on a besoin de cette

route demain à 5h du matin. Sinon, les camions ne pourront pas accéder au site.

Je vous dis qu 'il faut voir ça avec la mairie.

Oui, mais là, il est 9h du soir, donc elle est fermée, la mairie.

Je ne peux rien valider si la mairie ne donne pas son accord. Désolé.

Bon, d 'accord. Quelqu 'un va vous appeler. Vous êtes là encore combien de

? 25 minutes.

Très bien.

Quelqu 'un vous rappelle.

Au revoir, M. Delache. Très bien.

Oui, le mien.

Joseph, on a un problème avec l 'accueil. Oui, je viens de raccrocher

Delage. Tu m 'en occupes. Mais en attendant, j 'ai besoin que tu vérifies

les coffrages et tu les passes à l 'idée, d 'accord ? Mais je te l 'ai dit,

gars du coffrage, ils sont tous rentrés chez eux. Peut -être, mais il faut quand

même vérifier les arceaux.

Donc tu le fais, s 'il te plaît.

Tu prends une pelle, un manomètre, une torche et tu descends dans les puits, d

'accord ? Tu déconnes ? Non, ben non, je déconne pas, non.

Bon, si c 'est ce que t 'as trouvé pour m 'empêcher de boire, tu peux aller te

faire foutre.

Pour t 'empêcher de boire, je compte sur toi, j 'ai pas le choix.

Allez, je te rappelle.

Ouais.

Oui, Simon, c 'est moi.

J 'ai besoin que tu prennes un service.

Mais papa, t 'es fou de pas être là, il y a deux ans.

Oui, d 'accord. Simon, il faut que je joigne quelqu 'un qui travaille à la

mairie. J 'ai absolument besoin de son numéro.

Tu vas dans la cuisine et à la pâté, il y a mon manteau bleu marine.

Donc dans la poche droite ou la poche gauche, je sais plus, il y a un petit

calepin. Tu peux aller le prendre, j 'ai besoin de ce numéro. Il s 'appelle

Cassano. Mais pourquoi t 'as pas demandé à maman d 'abord ? Non mais on perd du

temps, Simon, là. Va chercher ce numéro, c 'est Cassano.

Avec un C, d 'accord ? Et tu me l 'envoies par texto.

Allez, je compte sur toi.

Je crois qu 'elle va pas bien.

Elle tourne en ronde.

Tu rentres quand ? Papa ? Écoute, je rentre demain matin.

Je vous parlerai à ton frère, à toi, d 'accord ? Mais là, c 'est compliqué, je

peux pas.

Sois gentil, va me chercher ce numéro et tu me l 'envoies par texto, d 'accord ?

Fais ce que je te dis, s 'il te plaît.

Je compte sur toi, d 'accord ? Ok, ok.

Bon, allez, je t 'aime, je te laisse.

J 'ai bisous, bisous toujours.

Monsieur Croft ? Oui, c 'est moi. Je suis le docteur Laborde, je suis

obstétricienne à l 'hôpital Forestier. Madame Béatrice Marjorie vous a désigné

comme étant la personne de confiance.

Oui, c 'est moi, mais qu 'est -ce qui se passe ? Il n 'y a rien de grave. Vous

êtes bien la personne de confiance ? Oui, je suis le père.

Alors, on a une urgence ici, en fait.

Attendez, excusez -moi une minute.

Allô ? Allô ? Allô ?

Allô ?

On a eu une urgence avec le cordon délicat qui s 'est enroulé autour du cou

'enfant. Oui, je sais, je suis au courant. Elle m 'a dit, mais... Le bébé

pourrait se retrouver en grande difficulté.

En difficulté, mais... Vous allez faire quoi ? Vous allez faire une scie d

'arienne ? Oui, c 'est ce qu 'on va faire, oui. Mais là, Mme Marjorie, elle

voudrait attendre que vous soyez là. Mais nous, on ne peut pas attendre. Ah

non, mais bien sûr. Non, non, mais vous n 'attendez pas.

Elle dit ça parce qu 'elle est bouleversée. C 'est quelqu 'un qui

ne peut pas attendre. Et on a du mal à la faire coopérer, en fait.

Vous pourriez peut -être lui parler ?

Oui, bien sûr. Vous êtes à côté d 'elle, là ? Oui, elle est juste à côté de moi.

Vous me la passez. Très bien.

Je vous la passe, merci.

Tenez, madame, voilà. Je vous passe votre... Allô ? Tu peux me le faire

maintenant ? Attends, écoute -moi, calme -toi.

Il faut que tu les laisses faire. Il faut les laisser faire.

Ils font ça pour le bébé.

Mais tu sais, c 'est pas grave si je suis pas là exactement au moment de la

naissance. C 'est pas grave.

Je serai là avant minuit.

Et minuit, on sera toujours aujourd 'hui.

Mais t 'es où là ? Là, je suis sur l 'autoroute, j 'arrive. Oh non ! Attends,

écoute -moi, s 'il te plaît, fais pas de bêtises.

Va te faire foutre ! Tout ce que tu veux, tout ce que tu voudras, insulte

ça te fait plaisir, ça te fait du bien, mais juste, sans supplie, laisse -les

faire, c 'est leur métier.

C 'est tout ce que je te demande, d 'accord ? Tu m 'entends ? Je leur ai dit

c 'était l 'histoire d 'un soir, et puis cette chambre qui pue d 'humidité, et

puis cette tristesse qui m 'a prise juste après.

Pourquoi tu leur as dit tout ça ? Pourquoi tu leur as dit tout ça ? Ma

dit que le bébé est gravé de sortir.

Quoi ? Et que le cordon, ce n 'est pas ma faute.

Mais non, évidemment que ce n 'est pas de ta faute.

Ce n 'est pas de ta faute du tout, Béatrice.

Ce n 'est pas de ta faute.

Tu leur as dit que je t 'aime, même si c 'était juste une fois.

Mais que ce soit.

Je suis pas loin, j 'arrive.

Je me dépêche. Allez, laisse -les faire, s 'il te plaît.

On peut pas empêcher un bébé de venir au monde.

On peut pas l 'arrêter, c 'est pas possible.

Tu comprends ça ? Oui.

Hein ? Oui.

Oui ? Je vais le faire parce que... Quoi ? Je vais le faire parce que je t

'aime. Tu vas quoi ? Je vais le faire parce que je t 'aime.

Ça va aller, Béatrice, ça va aller.

Tu vas me dire. Au moins une fois.

Je peux te dire que j 'arrive.

Je suis là.

Je suis tombée sur Simon en train de fouiller dans tes poches. Il m 'a dit

tu lui as demandé un numéro.

Oui, oui, je lui ai demandé un numéro parce que... Que là, maintenant, tu as

besoin d 'un numéro.

Ce n 'est pas le moment, mais je dois m 'occuper d 'un barrage filtrant. J 'ai

absolument besoin de ce numéro.

Je lui ai demandé à Simon.

Tu sais, c 'est demain à la coulée, je t 'en ai parlé.

C 'est mon plus grand chantier depuis... Non, mais tu te rends compte de ce que

tu me dis ? Je suis en train de m 'effondrer, toi tu me parles de barrage

filtrant ?

Mais c 'est pas seulement bloquer les routes, c 'est contrôler l 'accès au

chantier, c 'est des milliers de mètres cubes de béton. Tu veux qu 'on parle de

béton, là, maintenant ? Les traces que tu laisses dans la cuisine.

Tu sais, l 'empreinte de tes bottes, elles sont dures. Je dois les racler

les effacer.

J 'ai commis une erreur.

Une seule erreur.

Une seule ? Mille.

Mais qu 'est -ce que ça peut faire ? C 'est pas ça ? Pendant des mois, tu m 'as

rien dit.

Rien. Je t 'ai expliqué pourquoi.

Je ressens rien pour cette femme. Je la connais pas.

J 'essaie juste de faire ce qu 'il faut ce soir parce qu 'elle est toute seule

et que le bébé, il est là à cause de moi.

Il y a un enfant qui va naître et c 'est à cause de moi.

Alors je dois réparer, d 'une manière ou d 'une autre, mais je dois réparer.

Oh mon Dieu.

J 'aimerais tellement que tu m 'attendes, que je puisse revenir, qu 'on

se parler tous les deux, qu 'on puisse arranger tout ça.

Ce que je voudrais, c 'est savoir que demain, alors...

Je pourrais rentrer à la maison, parler au garçon, être là comme d 'habitude.

On pourra sortir, toi et moi, boire un verre, se parler.

Tu veux beaucoup de choses, Joseph.

C 'est très beau tout ce que tu viens de dire, c 'est très touchant.

On sent que t 'es perdu, toi aussi.

T 'as besoin qu 'on t 'aide.

Mais surtout, là maintenant, ce que tu veux vraiment, c 'est un putain de

de téléphone pour bloquer une route, c 'est bien ça ? Je vais t 'aider, Joseph.

Parce que je viens de comprendre que c 'est toi qui es perdu.

Alors, je vais t 'aider à retrouver ton chemin.

Moi aussi, il faut que je te laisse.

Catherine ? Allô ? Allô ?

Oui, Damien ? Oui,

j 'ai pris l 'initiative.

On peut savoir laquelle ? J 'ai trouvé le numéro du gars de la mairie. Tu sais,

pour les autorisations de blocage. Tu parles de Cassano ? Oui, voilà.

Tu as ton numéro à Cassano là ? Oui, je savais que tu en aurais besoin, tu l

'avais noté à Noël, au cas où, je l 'ai trouvé.

Là je n 'en reviens pas. J 'ai trouvé deux biens en plus.

Donne -moi le numéro.

Alors voilà, 06 39 98 0208 0208

06 39 98 0208 Tu notes ? Non mais c 'est bon, j 'ai dans la tête.

Je te rappelle.

Ok.

Monsieur Cassalon ? Oui ? Bonjour, c 'est Joseph Croce du projet du parc.

Qui ça ? Joseph Croce.

Vous savez, c 'est moi qui gère la coulée pour demain.

Et on avait conduit des routes à bloquer. Je ne comprends pas, comment

eu mon numéro ? En fait, c 'est vous qui me l 'avez donné.

À Noël dernier, je ne sais pas si vous vous souvenez, mais au cas où on aurait

des problèmes, parce que je travaillais à Noël dernier.

Oui, mais là, on n 'est pas à Noël.

Oui, je sais bien qu 'on n 'est pas à Noël, mais...

J 'avais besoin de votre autorisation pendant le matin.

Bon, écoutez, monsieur, là, je suis au restaurant avec des amis, je ne peux pas

du tout vous parler. Pardon, excusez -moi de vous déranger, mais... Enfin, c

'est à propos de la chaussée des darts, et j 'ai absolument besoin de votre

autorisation. Je crois que vous n 'avez pas compris, je suis au restaurant.

Est -ce que si je vous donne le numéro de l 'officier de permanence ? Non, je

suis vraiment désolé, monsieur, ça devrait attendre. Je suis vraiment

bonne soirée, monsieur.

Au revoir, monsieur.

Merde.

Oui, pardon, c 'est encore moi, M. Cassano.

Excusez -moi de vous déranger, vraiment, mais ça ne peut pas attendre.

Ne raccrochez pas, s 'il vous plaît, vraiment.

Demain matin, c 'est des milliers de mètres cubes de béton qui arrivent.

J 'ai 131 camions qui se préparent à venir.

Oui,

je sais, mais vraiment, M. Cassano, je suis désolé, mais il faudrait que vous

appeliez le lieutenant de l 'âge et que vous le disiez, vous êtes d 'accord avec

le blocage de la chaussée des dards. C 'est tout ce que je vous demande.

Allô ? Redites -moi votre nom. Oui,

Joseph Croce, oui.

Ah oui, ça y est, je me souviens de vous, là.

Vous êtes un gars sérieux, je crois.

Merci.

C 'est fiable.

Vous pouvez le faire ? Bon, OK.

Donnez -moi ce numéro.

Alors, 06... Attendez, vous auriez un stylo, s 'il vous plaît.

Oui, pardon, excusez -moi.

0619 14 55 27.

OK, c 'est noté.

Tout le monde est bon. Mais je vous remercie infiniment, vraiment.

Tu te souviens, papa, le jour où t 'es revenu en rampant pour me dire « Je suis

désolé ». C 'est ça qui était le pire.

C 'était pire que si t 'étais jamais revenu.

J 'aime, j 'aime, j 'aime.

Depuis des années, j 'ai envie de te frapper, de te faire mal.

C 'est ça qui m 'allait à tenir.

Cette colère.

Oui, Damien ? Oui, Joseph, il y a un problème. Tout est parti en couille.

Non, ça, il y a un problème.

Qu 'est -ce qui est parti en couille ? De quoi ? Les arcos de renfort dans le

puits numéro 6, ils ne tiendront jamais.

C 'est de la merde.

C 'est le putain de matos des Belges qu 'on a mis au dernier moment.

Ils supportent combien, les arceaux ? La torte -mètre me monte à combien ? Mais

rien, que dalle, rien du tout. Tu peux les pousser à la main.

Putain, mais qu 'est -ce qu 'on fait ? Il y a qui d 'autre avec toi, là -bas ?

Mais il n 'y a personne. Les gars du coffret, ils sont partis depuis

et ils ne reviennent pas avant 6 heures. Bon, écoute -moi, Damien, tu sais quoi

? Tu appelles Albert, là, tout de suite. Appelle Albert, d 'accord ? Mais il ne

répond pas. Il picole, Albert, c 'est toi qui me l 'as dit.

Personne ne répond. De toute façon, ils sont tous devant le match.

Bon, et ton neveu, il est là ?

Il est où, ton neveu ? Bah non, mon neveu, il est en Allemagne. Il creuse

silos pour l 'armée. Bon, alors, écoute -moi. Tu sais ce que tu vas faire ? Tu

prends le camion et tu vas sur la voie rapide jusqu 'à la caserne des pompiers,

d 'accord ? Là -bas, tu vas voir, il y a une équipe de nuit qui travaille et qui

pose des câbles.

Tu demandes Stéphane. C 'est un Roumain, Stéphane.

Et tu lui dis que s 'il nous aide à renforcer les arceaux, il y a 500 euros

lui et il y a 500 euros pour deux de ses gars. D 'accord ? C 'est sûr qu 'ils

sont fiables, hein ? Oui, oui, t 'inquiète pas, ils sont fiables.

Ils ont besoin d 'argent et ils bossent très bien.

Il dit à Stéphane que c 'est pour moi. Il saura très bien de quoi je parle. Il

me donne un service.

Je lui prends le camion, d 'accord ? Le camion, t 'es sûr ? Je peux pas juste

les appeler ? T 'as bu combien de bière, Damien, la vérité ? T 'as bu combien de

bière ? Rien du tout.

J 'ai pas son numéro à Stéphane et ils vont finir bientôt.

Donc à pied, tu seras jamais à temps. Donc tu prends le camion. T 'as compris

que je te dis ? Non, Joseph, je vais être franc avec toi. Je peux conduire,

'est pas la question. Mais là, si je me fais choper le permis, ils me l

'enlèvent pour de bon, cette fois. Alors, je ne sais pas. Tu cours, tu n

le choix. Qu 'est -ce que tu veux que je te dise ? Tu cours. Hein ? Je dis, tu n

'as pas le choix, tu cours.

Tu entends ce que je te dis, là ? Ouais.

Ils finissent dans une demi -heure.

Et ils n 'ont pas le droit de brûler du bitume après 10 heures du soir.

Donc, si tu y vas en courant, tu as une chance d 'arriver avant qu 'ils s 'en

aillent. Donc, fonce.

Mais je ne sais pas courir, moi. Ben, si, si, si, tu sais courir. Tu vas

donc tu sais courir.

Mais non, je ne cours plus depuis que j 'ai 8 ans.

Damien, s 'il te plaît, tu vas courir parce que sinon, ma tour, elle ne se

montera jamais.

D 'accord ? Elle ne se montera pas, ma tour.

Donc tu vas courir.

Mais t 'es vraiment dingue, là. Je vais courir ? Je suis dingue, je suis

complètement dingue. Cette nuit, je suis devenu complètement dingue.

Et ça ne va pas s 'arrêter.

Je te préviens.

J 'enlève mes bols, je mets mes baskets, c 'est ça ? Tu veux que je cours pour

des enfoirés d 'Allemands qui n 'ont rien à foutre de moi ? Non, je veux que

le fasses pour ce morceau de ciel qu 'on va aller voler avec notre tour.

On va le voler, ce bout de ciel. T 'entends ? Oh là là.

Là, t 'es vraiment devenu dingue. Oui, complètement dingue.

C 'est parti ? Oui, c 'est parti.

Je compte sur toi, Daniel.

Je compte sur toi.

Appelle Béatrice.

Bonjour, vous êtes bien sur la messagerie de Béatrice ? Laissez -moi un

merci.

Oui, c 'est moi, c 'est Joseph.

Je sais qu 'ils sont en train de t 'opérer en ce moment et je voulais juste

souhaiter bonne chance.

Mais tu vas voir, tout va bien se passer, je le sais.

Et puis, je voulais dire aussi que le bébé, c 'est une très belle chose.

Et que tu mérites d 'être heureuse.

Voilà.

Bon, ben, je t 'embrasse.

Je ne viendrai pas longtemps.

Salut chérie, ça va ? On a gagné.

Tu dois être contente.

C 'est quoi le score ? 3 -1.

3 -1, c 'est bien.

C 'est Diallo, Rodriguez et encore Diallo.

Super.

Et toi, ça va ? Tout va bien ? Peut -être non, pas

vraiment. Mais c 'est surtout maman. Elle est vraiment bizarre. Elle n 'a pas

'air bien.

C 'est parce qu 'on s 'est disputés.

Bon, écoute, là, je te conduis et je t 'expliquerai à toi et ton frère, d

'accord ? Simon,

Simon, on en parlera quand je serai avec ton frère et toi, d 'accord ? Je t

'expliquerai. Il y a... Oui,

mais dis ça parce que... Elle est bouleversée, tu la connais.

Ok, donc tu rentres, du coup.

Bien sûr que je rentre à la maison.

Où tu veux que j 'aille ? Eh oui ? Je le dirai à Lucas.

Ça va lui faire du bien. Il a beaucoup fleuri.

Simon, écoute -moi.

Dès que j 'arrive à Paris, je vous appelle, d 'accord ? Tu dis à ton frère

tout ira bien.

Et moi, je vais tout faire pour, je te promets.

Papa, t 'es sûr que ça va ? Oui, t 'inquiète pas. Je suis sûr. J 'ai réglé

tout va aller, d 'accord ? Tout va revenir comme avant.

Fais -moi confiance.

Bon, allez, il est tard. Il faut que t 'ailles dormir.

On empêche le troisième but, c 'était vraiment incroyable.

C 'est Diallo, ça ? Oui, impliqué à l 'entrée de la surface.

C 'est vraiment trop beau. D 'habitude, il est nul, mais là... Non, il a

vraiment été super.

C 'est un miracle.

Bon, allez, bonne nuit. Bonne nuit.

Appelle Damien.

Et tu dis à Stéphane qu 'il prenne deux gars et un vérin.

Deux gars et un vérin.

Ok. Je te rappelle que j 'ai les roumains avec moi.

Oh putain, j 'ai mon cœur qui va exploser. Non, non, non. Allez, rappelle

Rappelle -moi.

Je suis dans une cabine avec trois roumains qui empestent le goudron brûlé.

Ils valent 600 chacun.

J 'ai pensé que tu dirais oui.

Ok, va pour 600.

C 'est ok.

Ton type, Stéphane, c 'est pas un bavard.

Non, c 'est pas un bavard, mais tu vas voir, c 'est un bon gars. Vraiment, c

'est un bon gars, je t 'assure. Tu veux lui parler ? Non, c 'est pas la peine,

il sait ce qu 'il a à faire.

Damien, tu vas te ressortir, tout va bien se passer.

Mais je te préviens, la nuit va être longue.

Je me sors comme une bonne soeur.

Attends. Stéphane me dit, dis bonjour à Joseph Croce.

Il dit qu 'en France, il n 'y en a pas deux comme toi.

Il n 'y en a pas deux comme toi non plus, je peux te dire.

Bon, salue -le pour moi.

Il va réparer la fosse et il va vérifier les autres.

Comme ça, tout est bon pour le marché.

Et le bébé, il va naître.

Et la mère, elle ira bien aussi.

Et Catherine aussi, elle ira bien.

Ben oui.

Ça peut se passer comme ça aussi, la vie.

Et ce bébé, quand il aura 7 ans, ou elle, quand elle aura...

Joseph, j 'ai bien réfléchi et j 'ai pris une décision. Attends, avant que tu

dises.

Écoute -moi, je vais te dire qu 'on peut tout arranger.

Demain matin, je serai là. La différence entre une seule fois et jamais, c 'est

le monde entier, Joseph. C 'est comme ça.

Mais de toute façon, c 'est jamais une seule fois. Alors, j 'ai décidé, je veux

pas que tu reviennes. Je veux que tu restes où tu es.

Loin.

Catherine, s 'il te plaît. T 'inquiète pas, tu verras les garçons quand tu

voudras, mais je veux pas que tu reviennes.

De toute façon, ton grand amour, c 'est ton travail, c 'est pas nous.

Ton grand amour, c 'est la tour que tu construis. C 'est elle, ton grand amour.

Tu pourras habiter là, tu seras heureux. Tu vivras dans ta tour, là -haut.

Là où tu es maître.

Et elle se contente de toi.

Mais ici, c 'est fini.

C 'est plus ta maison.

J 'ai mis un ingénieur travaux sur le coup. Il essaie de joindre Damien. Ça

100 fois qu 'il l 'appelle, mais Damien ne répond pas.

T 'es là, Joseph ? Oui, je t 'écoute.

Tu peux appeler Damien et lui dire de répondre. Il faut qu 'il réponde tout de

suite.

Joseph ? C 'est pas la peine de l 'appeler. Tout est en place. Tout est

Tout va bien. Dis -le à ton ingénieur.

Joseph, bon sang, c 'est pas... Tout est prêt pour 5h25, je te dis.

Il n 'y aura pas de soucis, aucune erreur.

Tu peux aller dormir tranquille, Gabriel.

Je peux rien faire pour toi.

T 'es viré. Ils reviendront pas sur leur décision.

Tu sais que je suis viré.

Écoute, Joseph.

Si t 'es en train de foutre ta vie en l 'air, ça te regarde. C 'est ton choix.

Salut.

Vous avez un nouveau message.

Salut papa, c 'est Simon.

Je t 'appelle depuis mon portable, je suis sous la couette. Mais je voulais te

parler du but.

C 'est le djello.

Il a traversé tout le terrain, c 'était fou, tu aurais vu. Mais j 'ai cru qu 'il

allait le créer, mais il passe la balle. Et il continue à courir.

Il a piqué la balle, il n 'y a plus de but quoi.

On a gagné papa.

Maman elle a rien vu, elle était en train de pleurer.

Mais on pourra le revoir en enregistré avec Lucas.

J 'ai eu une idée, oui. Ce serait comme si on ne connaissait pas le score, comme

si c 'était indirect.

Ça serait bien. On passait les fous tous ensemble sur le canapé.

On serait tous les trois avec maman.

Voilà quoi.

Je pense que ça serait bien qu 'on se fasse un peu un truc tous les quatre.

Moi, je t 'aime.

Allô ? René ? Ça va ?

Au revoir.

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