All language subtitles for 30_meurtre_dans_un_jardin_potager1

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Original subtitles

« Non, de Dieu ! »

Une flaque, en plus.

Bienvenue, commissaire.

Je me présente, lieutenant Picard, gendarmerie de Dolle.

Bonjour. Ça mouille chez vous pour un mois de juillet.

Mais mon été, il faut des bottes ici.

On dirait.

Écoute -moi bien.

Ça fait 22 ans qu 'il n 'y a pas eu autant de pluie dans l 'eau. Monsieur,

bonjour.

Vous faites un petit café, madame Joubert ? Pour tout le monde ? Pour tout

monde, commissaire.

Volontiers. Émilie, du café pour tout le monde, s 'il te plaît.

Ça va, lieutenant ? Oh, ben, ça pourrait être mieux.

Personne ne reconnaît la victime.

Il a l 'air de quoi, votre client ? Je dirais... d 'un clochard.

Madame Joubert, Il doit y avoir cinq paires de bottes pour M. Maigret.

Quarante -trois ? Quarante -quatre ? Quarante -cinq.

Fais voir.

J 'ai des compliments à vous faire, Picard.

Vraiment ? Quand vous m 'avez fait parvenir l 'automatique de votre

pistolet du potager, vous avez eu une bonne inspiration.

Ah, le 6 -35.

C 'est l 'arme qui a tué un autre clochard, au pont de l 'Alma, la semaine

dernière.

Règlement de compte entre Clodo, alors ? Tu as raison.

Celui d 'ici a tué celui de Paris, qui a ressuscité et qui est revenu tuer celui

d 'ici.

Je n 'ai pas dit ça.

Comment ? Picard, tu as dit ça.

45, celle de mon mari.

Je crois bien qu 'il ne les a jamais portés.

Bonjour, Lucien. Pourquoi, Jeannot ?

Ah, le pousse -pouche.

J 'ai peut -être du 46.

Vraiment ? Je

trouve ça bien luxueux pour un vagabond.

Régler ses comptes avec un 635.

En plus, lui, il a été refroidi d 'une manière plus rurale.

Plutôt, oui.

Un coup de serpe, certainement.

À la base du coup.

Un seul, mais ajusté.

Il est toujours dans la grange ? Ça, pas de danger qu 'il s 'envole.

Allez, on finit notre café et on va lui rendre visite.

Qu 'est -ce que je fais de tout ça, moi ? Mme Joubert va nous arranger ça.

Mme Joubert ! Laissez -les donc, je vais le mettre derrière.

Je vous les confie.

Ça fait 20 ans que je les porte.

Tu suis la donge.

Tu consultes l 'orgiste d 'état civil et tu me recenses tous les gens du coin.

D 'accord, patron. Reste en contact avec Paris.

J 'y vais, à tout de suite.

Alors ?

On va le voir, notre pochard.

Ils viennent de Courbevoie.

Chaque année, la municipalité les accueille à l 'école.

C 'est bien.

Les jurasses à l 'échange de leur banlieue.

Le seul coup de fer, vous avez dit.

Ah, ça oui.

Pas d 'acharnement.

Bing ! Nickel ! Non, ça swing à la fin de la semaine.

Ça, c 'est le samedi soir.

Les jeunes du coin se réunissent pour danser.

Ah, ici ? C 'est le seul local.

C 'est sa musette.

C 'est son alliance.

Vous en êtes certain ? Qui d 'autre ? Vérifiez.

Comment ça ? C 'est là, lui.

Bouillé.

Il est marié ? Affirmatif, mon lieutenant.

Ça se porte à quel doigt, l 'alliance ? Annulaire, main gauche.

Tiens, passe -la aux morts.

Ça, elle est galop.

Vous avez convoqué le jardinier ? Oui, il sera au potager dans quelques

Elle lui va parfaitement.

Vous avez peut -être raison.

Je la remets dans la boîte.

Je vais laisser.

Vous voyez, on la remet dans la boîte.

Moi, je m 'y fais pas à ces bottes.

Ah oui ? Ça, c 'est parce qu 'elles sont comme nous.

Vous croyez ? On va les roder jusqu 'au potager.

J 'ai contourné les salades comme tous les matins.

Puis droit sur les haricots.

Et on arrive par l 'allée des tomates.

Il n 'y en a pas beaucoup en ce moment.

La maladie s 'est mise dedans et c 'est fini pour l 'année.

Vous n 'avez rien remarqué ? Quoi par exemple ? Détérioration, objet

Est -ce qu 'on aurait traîné le corps ? Rien du tout.

Tout était en ordre.

Sauf le cadenas qui était forcé.

Ça, je l 'ai vu tout de suite et je me suis dit, je suis bien tranquille, que

ne retrouverai pas tous les outils.

Et c 'était juste ? Juste une serpe qui a disparu.

J 'allais dérouler le tuyau pour arroser, comme tous les deux jours.

Et là, nom d 'une pipe en bois, je l 'ai vu sous des sacs.

Il tenait toute la cabane.

Et à qui le protégé ? Une des sœurs si rouées, la jeune ou la vieille, je ne me

souviens plus.

Et il y avait du sang sur les murs ou sur les outils ? Rien du tout.

Il en avait sous sa tête comme un oreiller rouge, mais nulle part

Et vous l 'aviez jamais vu ? Ben non.

Vous avez quel âge ? 61, pourquoi donc ? Je me trouve bien vigoureux pour un

sexagénaire. Ça veut dire quoi ? Mais rien ! C 'est un compliment.

Et il est où le cadenas forcé ? Dans ma poche.

Vous pouvez me le donner ? Non, monsieur.

Pardon ? J 'ai acheté celui -là avec 1000 sous.

Et il faudra que je montre le vieux à Fernande, sinon elle ne me remboursera

pas. Mais je lui donnerai de votre part, Fernande.

Sans blague, hein ? Sans blague.

Ah, voilà mon inspecteur.

Bon, ma commissaire, je retourne à la grange.

On se tient au courant ? Bon, à tout à l 'heure.

Allez, Paturène, viens me raconter tout ça. Et surtout, n 'oublie aucun détail.

Pardon, monsieur.

Il vous reste un peu de café, madame Joubert ? Avec vous, s 'il vous plaît.

Bon,

alors tu l 'as dit, c 'est très bien, c 'est domino.

Merci, Louisette. Au café.

J 'ai la liste des gens du coin et des environs.

Vous avez mes chaussures, Mme Joubert ? Quatre kilomètres à la ronde. Pas un

clampin de mec.

Je vous les convoque tout de suite.

J 'ai eu des nouvelles de Paris et des bonnes.

Il fait beau.

Justement, Paris n 'a plus.

Et je vais vous étonner.

Je me suis permis de les tirer.

De beaux souliers comme ça.

Merci, madame Zoumer.

Alors, cette nouvelle.

Le clocheur a fatigué le gars du pont de l 'Alma.

Eh bien, il s 'appelait Joseph Korda.

C 'est d 'origine polonaise.

C 'est tout ? Non, c 'est pas tout.

Il a travaillé plusieurs fois avant la guerre comme saisonnier dans une ferme

la région.

Ça, c 'est mieux.

Loin ? Un peu, je dirais cent mètres.

De sa messe -main ? Non.

Mais alors, si l 'un a vécu ici et si l 'autre est venu y mourir, il est peut

-être en guille.

On pourrait même imaginer que ce sont de vieilles connaissances.

Pourquoi pas ?

Joseph Corda, avec un cas, va prévenir Picard.

Vous sentez, Figaro ? Ça sent le cochon.

Non, l 'argent.

Hé, il est là, le patron ? Qu 'est -ce qu 'il y a ? Il est où, votre patron ?

Il est dedans, je crois, vu que c 'est lui qui est au champ.

Elle aura 80 ans le mois prochain.

Elle est sourde, elle ne marche plus, mais je l 'aime bien, c 'est ma mère par

le fait.

Micheline, t 'apportes une bouteille de blanc ou c 'est moi qui vais la chercher

?

C 'est pour vos enfants, j

'imagine.

La fille, c 'est Juliette.

Les maris, ils sont nannés.

Eh oui, il est où ? Il est à la charrue. Il retourne le grand champ.

On n 'a pas pu le faire hier tellement il n 'y a plus.

C 'est pas bien drôle d 'être paysan.

On sait ce qu 'on a perdu avec Oriol.

On ne sait pas ce qu 'on va gagner avec Coty.

Bon alors, ça vous rappelle quelque chose, ça, nous ?

On en a tellement vu des

saisonniers avec mon père.

1924.

On était sous Miron ou sous Doumergue ? Nom de Dieu, ça dépend du mot.

Je pense que je serais plutôt pour Doumergue.

Je vais vous dire.

Le radical socialiste, ça n 'a pas fait pousser le maïs pudreux.

Écoutez, M. Fouillon, on n 'est pas ici pour parler de Gaston Doumergue, mais de

Joseph Corda.

Qui c 'est, celui -là ? L 'ouvrier agricole qui a travaillé chez vous avant

guerre.

Je nomme à l 'époque, alors vous pensez ?

Le Pollack, ça me dit bien quelque chose.

Entre les deux guerres, on faisait du fou.

Beaucoup de fous.

Un petit effort.

Korda. K -O -R -D -A.

Ah oui.

C 'est mon père qui l 'appelait le Pollack.

Korda, c 'est ça.

Il lui disait, j 'aurais un fils comme toi, je me tirerais une balle dans le

cul.

Comme quoi, vous vous en souvenez très bien.

Il était souvent plat comme un canon.

Tout comme un Polonais, si vous voyez ce que je veux dire.

Il avait des amis dans le coin ? Pas que je sache.

Il était à Paris le reste de l 'année.

C 'est de là que mon père l 'avait ramené une fois.

Parce que votre père allait à Paris ? Deux fois par an.

Une fois pour la foire Bestiaux, une fois en famille.

Pas vrai, Germain ?

C 'est ça, maman, c 'est ça.

Seul pour la foire aux bestiaux, avec moi pour le second voyage.

Mémé, tu veux quelque chose ? Ton grand -père, quand il allait à la foire aux

bestiaux, il allait aux putes.

Comme quoi, elle est sourde, mais elle n 'était pas aveugle.

Il n 'y a rien à vous occuper, là, plutôt que de rester planté comme des

bougies.

Mais moi...

Je m 'en fichais.

J 'avais le fric.

C 'est ça, maman.

Ça suffit maintenant.

Regarde par la fenêtre et tu nous dis si tu vois rentrer le petit Louis.

Comme tous les sourds.

Ils entendent une phrase sur dix et c 'est jamais la bonne.

Vous y êtes allé, vous ? À Paris, avec Corda ? Une fois.

Je l 'ai raccompagné en voiture, après la saison.

Qu 'est -ce qu 'il a fait, Joseph ? Et le corps, vous l 'avez vu dans la grange

? Comme toussé à mes mains, par le fait.

Ça vous a rien dit ? Du tout.

En tout cas, c 'était pas Corda.

Oui, je sais.

Corda, il est mort à Paris, sous un pont.

Ça en fait deux, alors.

Exact. Ah, il faudra m 'envoyer Louis le plus vite possible.

Où ça ? À mon bureau, dès qu 'il rentre. Et c 'est où, ton bureau ? Chez la mère

Joubert. Eh bien, c 'est pas malin pour la police.

Alors n 'oubliez pas, hein, Louis chez Joubert, rapidement.

Ils veulent quoi ? Il y a trop de fumiers, comme d 'habitude.

Ils veulent voir mon petit Louis.

Il a peut -être quelque chose à leur dire.

On sait pas.

Tais -toi.

Tu causes trop, maman, pour quelqu 'un qui voit la vie qu 'à travers un

J 'aurais dû garder mes bottes.

Ça, c 'est sûr.

Intéressante la famille, non ? Ah, c 'est une famille.

En tous les cas, la cochonnaye était remarquable.

Maison.

Bon, on va aller faire une petite escale avec l 'inconnu du potager et puis on

ira voir les témoins.

Vingt -neuf.

Ça vient doucement.

Personne l 'a reconnu ? Personne.

Il va finir aux objets trouvés.

Ce qu 'il faut, c 'est tout, c 'est la

barbe.

Aurèle, rasez.

Bien sûr, pour aller raser.

Mon lieutenant, sauf le recrut que je vous dois, la bague, c 'était dur, mais

alors la barbe, là, je passe.

Mais qui vous le demande ? Téléphone Adol au pompe funèbre et demande -leur

dépêcher quelqu 'un pour une toilette.

Je dis une toilette ? Ah oui, une toilette.

Lavage, rasage, habillage, mise en bière.

Et qui prévoit des vêtements corrects.

Pour quelqu 'un de... environ 1m75.

Des vêtements.

Quel genre ? On s 'en fiche, Bouillie.

Et lui aussi.

Allez, dépêche -toi.

Viens, mon lieutenant.

Et après ? Après ? La nouvelle confrontation devant l 'inconnu, une

Rebelote. Eh oui, rebelote, mon cher Vicar.

Après l 'audition des témoins pour des genoux.

Chez la mère Joubert, il n 'y a qu 'elle.

Elle se débrouille pas mal quand elle est cuillée.

Si elle est aussi bien quand elle tire les chaussures, on n 'a pas de soucis à

se faire.

Évidemment.

Vous, à Paris, vous avez l 'embarras du choix.

C 'est vrai.

C 'est peut -être pour ça qu 'on retourne toujours au même endroit.

Ah oui ? Je suis hyper typé.

Dans la cabane du potager, vous avez remarqué une disparition d 'outils ?

Aucune.

Vous y êtes tous les jours ? Le dimanche seulement, de 8h à midi.

Et ma femme, tous les jeudis matins.

Vous n 'avez pas eu l 'impression qu 'on a marché dans le jardin ? Non, pas

vraiment.

Cela dit, je pensais avoir vu le bonhomme en fin de journée.

Où ça ? Près de la gare de Saint -Arcon.

J 'étais avec mon vélo, je suis passé tout près.

Il se dirigeait bien vers Saint -Mesmin, sur le côté droit de la route.

Pourquoi vous n 'en avez pas parlé au lieutenant Picard ? Il ne me l 'a pas

demandé.

Je vous remercie.

Excusez -moi, mais... Je ne suis pas suspect.

Non, non, vous êtes témoin.

Geneviève Guichard.

C 'est moi.

Vous avez vu notre victime sans barbe ? Ça fait cinq minutes à peine.

Et alors ? Je le trouve plus laid encore qu 'avec sa barbe.

Je suis médium, commissaire. Vous voulez que je promène mon pendule sur... Ah

non, non, pas dans l 'immédiat, non, merci.

On a dansé samedi soir dans la grange ? Un peu.

Jazz ? Bibop.

Ça balance dur.

Ça balance comme chez vous, quelquefois.

Et vous n 'avez rien entendu dans la soirée ? Vous savez, à part les disques,

n 'entend pas grand -chose d 'autre.

Rien vu non plus ? Non.

La porte de la grange, elle reste fermée quand vous dansez.

Ça dépend.

On ouvre de temps en temps pour faire partir la fumée.

Vous fumez ? Moi ? Non.

Et vos parents, ils sont au courant que vous gâchez à Saint -Mesma ? Oui.

On ne peut pas dire que ce soit un Louis franc et massif.

Allez, dites -lui. Qu 'est -ce que ça peut faire ?

Il est entré dans la grange tout sale.

Peut -être bien qu 'il avait bu.

Nous, on avait ouvert.

Il voulait boire un coup et il nous fauchait des cigarettes.

Et alors ? On l 'a viré, mais il est revenu.

On l 'a viré, quoi ! Il nous gâchait la soirée, ce pauvre type. On l 'a un peu

caillouté, mais c 'était pas méchant.

Vous l 'avez frappé ? Non.

On l 'a juste poussé dehors, c 'est tout.

Si on invite tous les vagabonds du coin, autant perdre une croix rouge sur la

porte.

Vous m 'aviez dit que vous ne l 'aviez jamais vu, non ? Je ne savais pas que c

'était important.

Alors, vous pouvez partir, mais vous restez chez vous jusqu 'à nouvel ordre.

À cause de vos mensonges, vous n 'êtes plus des témoins, vous êtes des

Allez.

Les deux sœurs arrivent.

Les deux sœurs ? C 'est Roué, la cabane du potager, souvenez -vous.

Ah oui.

Retenez -les un instant, j 'arrive tout de suite.

On se connaît tous les deux, non ? J 'en m 'inculque, il est ferme, mon père.

Moi, c 'est Louis.

Ah, l 'homme qui retourne le champ.

Alors, vous avez vu raser le mort ?

Je connais pas ce gars -là.

Je le jure, monsieur le commissaire.

Vous me croire, c 'est vrai.

Ah non, mais on n 'est pas au tribunal.

Gardez vos serments pour plus tard.

Jamais vu dans le coin.

Alors, on n 'a plus rien à se dire.

Vous vous entendez bien avec votre famille ? Pourquoi vous me demandez ça ?

questions, c 'est moi qui les pose.

Avec mes soeurs, il n 'y a rien à dire.

Ma mère...

Je l 'aime bien, mais elle cause pas. C 'est mon père qui parle.

Et avec lui, ça va.

Il gueule tout le temps.

Ça fatigue.

Mais c 'est ma grand -mère que je préfère.

Elle passe sa journée à m 'attendre derrière le carreau, comme un chien.

Elle est sourde.

Ça dépend avec qui.

Je peux partir ? Oui.

J 'ai rien dit, monsieur le commissaire.

Ma famille, je l 'aime.

Vraiment. Et mon père... Mais j 'en doute pas.

C 'est laquelle ?

Léni Fernande.

Le potager est là.

Le potager est au -dessus.

Et la cabane ? La cabane ? C 'est très compliqué.

Je vous expliquerai dehors.

Vous le reconnaissez sans la barbe ? Encore moins.

Ça veut dire quoi, encore moins ? Ça veut dire qu 'il ne me rappelle même pas

quelqu 'un.

Elle, c 'est Foncine.

La cadette.

Exact. Co -propriétaire du potager.

Mais pas de la cabane.

Vous avez tout compris.

Alors ? Inconnue au bataillon.

Vous êtes sûr qu 'elles sont sœurs ? Certains.

C 'est une très longue histoire.

Elles ne se parlent plus depuis avant la guerre.

Ah bon ?

C 'est ce qui s 'appelle se faire la gueule.

Elles se sont fâchées à la mort du père.

Depuis, elles ont coupé la maison en deux. Une habite à droite et l 'autre à

gauche.

Il faut le voir.

Plus un mot entre elles depuis presque 30 ans.

Sauf des insultes.

Des affaires d 'héritage. On ne sait plus trop.

En tout cas, je peux vous dire qu 'elles ne parlent pas grand monde.

Il va falloir qu 'elle se lâche un peu parce que l 'inconnu était dans leur

cabane. Ah non, dans la cabane... Oui, de Fernande, je sais.

Au milieu du potager commun.

Voilà. Allez patron, j 'ai des photos de cordon.

On va aller faire un petit tour à la ferme.

Vous n 'allez pas interroger les sœurs ? Oh, ça peut attendre.

Je les sens un peu distantes en ce moment.

Vous ne croyez pas qu 'ils sont à table ? Ah ben, j 'en suis sûr.

Il y aura tout le monde.

On va faire un tabac.

C 'est encore moi.

On peut entrer ?

Bonjour, tout le monde.

Et bon appétit.

Je vous mets une assiette, commissaire ? Surtout pas. Nous ne faisons que

passer.

Je vous ai apporté une photo.

Une photo de l 'homme dont je vous ai parlé.

Et qui a été saisonnier chez vous.

Pour confirmation.

C 'est bien lui ? Il a l 'air déjà mort, là -dessus.

Il est déjà mort.

C 'est peut -être lui.

Peut -être son grand -père, Alessandra.

Faites circuler.

À qui ? Les mômes, ils étaient même pas nés, cette bonne blague.

À madame.

Et puis à votre mère.

Laissez ma mère, elle a plus tout son sang.

J 'avais 20 ans. J 'avais autre chose à penser qu 'au saisonnier.

Ce visage vous rappelle bien quelqu 'un.

C 'est trop vieux.

Il est mort de quoi ? Une balle de 6 ,35.

Vous voulez pas manger quelque chose, monsieur l 'inspecteur ? Non.

C

'est Joseph.

T 'as vu Germain ? C 'est bien lui.

Là, il dort.

Il a bu. Oh, arrête tes mémés.

On n 'est pas là pour sa mémé.

Elle est complètement sourde.

Elle n 'est toujours pas aveugle. Il s 'appelait bien Joseph.

Je n 'ai quand même pas soupçonné ma mère. Elle ne marche plus depuis bientôt

dix ans.

Micheline m 'a brûlé.

Elle l 'aimait bien, Joseph, dans la grange.

Quand Joseph est parti, le bélier dans tout le pays, c 'était Germain.

Pas vrai, Germain ? Va t 'en prendre.

C 'est d 'où ce que vous vouliez savoir, commissaire ? Vous l 'avez revu

récemment, Cordain ? Ça risque pas.

C 'était un mauvais garçon qui fréquentait que des malhonnêtes.

Toujours dans les bistrots et les endroits malfamés, il volait tout le

Oui, vous vous en souvenez de mieux en mieux.

C 'était il y a 30 ans.

C 'est long, 30 ans, avec les années de guerre qui comptent double.

Alors vous savez... Il va venir, Joseph ? Il est mort ! Vous avez des armes ici

? Un petit chasse.

Avec des balles pour le sanglier à ailette. C 'est pas du C35.

C 'est une arme de voyous, ça.

C 'était bon pour Corda.

Avec les miennes, votre bonhomme, il aurait plus de tête.

Personne n 'a reconnu l 'homme de la grange depuis qu 'il est rasé ? Il y a

quelqu 'un, là, non ? Mais non, mais t 'en fais pas. C 'est pas que je dois

reconnaître.

Personne ? Pensez bien quand vous l 'aurez dit.

Oui, c 'est aussi ce que je vous disais.

Mesdames, messieurs, bon appétit.

Ils s 'en vont, les agents ? Joseph.

Eh ben, dites donc.

Vous en avez remué des belles choses.

Les grandes douleurs sont muettes.

Allons déjeuner avant qu 'il pleure.

C 'est déjeuner, inspecteur. Pas mal. La cuisine est bonne.

Il en met nous, notre bonhomme.

C 'est simple.

Je

devine

une certaine tension familiale.

Scène de ménage, 30 ans d 'expérience.

Je vais aller voir.

Soyez attentifs, hein. Si j 'ai besoin de vous, je siffle.

Il y a quelqu 'un ? Je t 'entends pas, c 'est que j 'ai cravé ! Fais -moi la

pierre, maintenant ! Non, reste encore ! Là, patrape !

Comme ça, ça fait un bon cran !

Vous êtes témoin.

Quelle salope.

Ça va aller dedans.

Vous venez pour la machine à coudre ? Moi ?

Ah non.

Ah non.

Je suis bête.

C 'était vous dans la grange, là, ce matin ? Oui, mais verticalement.

Il faut que je me nettoie.

Ça vous arrive souvent ? Dur un jour.

J 'ai rien pour attendre.

Toute ma vie, elle a été à mes basques.

J 'avais dit à notre mère.

Elle nous avait nappes.

Moi aussi, je veux comme Fernande.

Carte.

Vous êtes très fâchée avec votre sœur.

C 'est pas ma sœur.

C 'est pas ce qu 'on m 'a dit.

C 'est plus ma sœur.

Ah, bon.

Depuis quand ?

Puis la mort de mon père.

Qui était aussi le sien, j 'imagine.

Je ne serais pas aussi catégorique que vous.

Ah, mais moi, je ne suis rien, vous savez. Je m 'informe. Enfin, j 'essaye.

Il est mort depuis longtemps ? 1924, 11 septembre, midi.

Et il faisait quoi, votre père ? Il travaillait au remombrement, à la sous

-préfecture.

Il avait des terres aussi.

C 'est un homme bon, généreux.

Il m 'aimait beaucoup et moi, je l 'adorais.

Il était jalouse comme une teigne.

Les potagers ne sont pas très loin.

Bien entendu, vous.

L 'homme.

La victime.

N 'est pas venu vous importuner dans la journée ? Si on vient m 'importuner, j

'ai de quoi me défendre.

C 'est le fusil de mon père.

Vous inquiétez pas, il n 'est pas encore chargé.

Je m 'inquiète pas.

Pas pour moi, en tout cas.

Mais le potager...

Le potager était bien à vous deux.

Monsieur le commissaire, ce potager est à moi.

Vous pouvez bien le faire entre nous.

Non, mais c 'est tout à fait clair.

Votre sœur n 'aime pas les légumes.

Elle a quatre rangs de cinq mètres. Ça suffit bien.

Elle n 'aime pas cuisiner.

Et la cabane est à moi. D 'accord ? Parfaitement.

D 'ailleurs, elle n 'a jamais su faire grand -chose.

Sauf peut -être à l 'horizontale où elle n 'était jamais à court d 'idées quand

elle était jeune.

Je dis bien quand elle était jeune parce que maintenant, côté fraîcheur, c 'est

Verdun.

Êtes -vous retournée à la cabane depuis le meurtre ? Si, évidemment, puisque j

'ai mis un cadenas neuf.

Le jardinier m 'a dit que c 'était lui.

À ma demande.

Et je suis allée vérifier.

Il m 'a chargé de vous remettre ce vieux cadenas.

Pour être remboursé.

La confiance règne.

Il n 'y avait pas d 'outils qui manquaient dans la cabane. Je ne m

de ça.

Demandez au jardinier.

Vous êtes mariée ? J 'ai été mariée. Pourquoi ? C 'est important ?

Je ne sais pas. C 'est le passé.

Je suppose que pour rendre visite à votre sœur, il n 'y a pas de porte de

communication.

Il y en avait.

Mais heureusement, avec des briques et du ciment, on fait des miracles.

Alors, passerez -vous voir.

Si elle parle par allusion d 'une salope ou d 'une pute.

C 'est la pute qui vous envoie ? J 'ignore de qui vous parlez.

Regardez. Non, mais regardez.

La cloison, là, qui traverse la maison, elle m 'aurait emmuré si elle n 'avait

plus cette salope emmurée.

Et c 'est pareil là -haut. Vous voulez voir ? Et là, hein ? Une fenêtre à la

place d 'une porte.

Et là, attendez, regardez.

Un escalier pour pas que je puisse dormir dans la cuisine.

C 'est un aménagement grandiose, ça, non ? Je ne sais pas, je ne suis pas

expert. La muraille de Chine, là, dans le jardin, c 'est elle qui l 'a fait

construire. C 'est chouette, non ? Mon père doit se retourner dans sa tombe.

Pourquoi elle a fait ça ? Demandez -lui.

Non, j 'en viens.

Elle a hérité de la maison et elle a voulu se débarrasser de moi.

Si elle avait eu une écurie, elle m 'aurait installé un réchaud et un bac

cm de paille.

Pourquoi être resté, alors ? C 'est ma maison aussi, non ?

Sauf que papa, qui était un peu vieux jeu, prétendait que le droit d 'aînesse,

ça faisait partie de la beauté de la famille.

Droit d 'aînesse, mes fesses, oui.

Il avait stipulé qu 'elle devait vous garder dans la maison.

Ah ben, heureusement.

Sans ça, je me retrouverais à Dôle, dans un meublé de 25 mètres carrés.

Comment elle m 'appelle quand elle parle de moi ? La truie ? La morue ? Vous

avez des tendances vaudoues.

Je ne cuisine pas. Je n 'aime pas ça.

Vous vous êtes mariée ? J 'ai été fiancée.

Pas longtemps.

La compatibilité d 'humeur.

On peut le raconter comme ça, oui.

Et vous n 'avez rien entendu, rien remarqué, la nuit du crime ? Des voleurs

laitue, il y en a toutes les nuits.

J 'ai pas entendu plus de bruit, ni moins de bruit que d 'habitude.

Vous voulez boire un coup ? Ah non, cette fois -ci, j 'ai pas le temps.

Mais je retiens la proposition pour la prochaine.

Ah, attention ! S 'il y avait une autre fois, je serais peut -être pour du

beurre.

On verra.

Putain ! Ah, ben voilà, voilà, me fait la lessive, hein ! Avec vous et plus

vous êtes pas mal non plus.

Ah, c 'est ce qu 'elle m 'avait envoyé la semaine dernière.

Je peux m 'aider, moi, c 'est tout, hein.

Vive la famille ! Je passe par devant.

pour éviter le prochain rein de mari.

Ce soir du printemps de demain, ça fait les sous -grades de la presse.

Les enfants ont demandé si c 'était pas un incident.

Dites, elles ont été mariées, les sœurs Sirouet ? Fernande, oui. C 'est Foncil

qui a été épousée.

Fernande a hérité, elle.

Alors, c 'est Foncile ou Fernande ? Ça va, monsieur le commissaire.

Au mieux serait du luxe. D 'après vous, laquelle des deux sœurs a été mariée ?

Fernande avec Antonin. Oh, ça n 'a pas duré longtemps.

Un six ! Elles viennent chez vous, les sorcières ? Elles ne t 'en vont pas.

Toujours que par aimant.

Elle n 'est pas grand -chose.

C 'est qu 'on vient de dire.

Et vous vous souvenez du mariage de Fernande ? Oh là là ! Oui, un beau

C 'est -à -dire ?

C 'est à cause du mari qu 'elles se sont fâchées.

Antonin Brécard.

Brécard.

Antonin était fiancé à Francine et puis à la mort du père, il a épousé Fernande.

Ah ben, donc.

Il manquait pas d 'air, hein ? À cause de l 'héritage.

Oui, il en a croqué.

Bien plus que ça. Et puis, il a disparu un jour.

Plus jamais revu.

Et les deux sœurs ont coupé la maison en deux.

Et voilà.

Mais dites donc, qu 'est -ce qu 'elles ont fait ? Oh, rien.

Vous savez, elles racontent pas leur vie.

C 'est comme le chat.

C 'est pas souvent qu 'on l 'entend qui viole, celui -là. Eh oui, par dit la

prophète. Il est comme la maison. Elles l 'ont fait couper, lui.

Enfin, la haine, à ce point -là, ça doit cacher un gros secret.

Comment vous le trouvez ? De quoi de tout ? Moins fruité.

C 'est le préféré de mon mari.

Oui ? Ben, c 'est un homme de goût, votre mari.

J 'attendrai la mort au rat.

Combien ? Un petit paquet.

Vous avez des nuisibles chez vous ? Ah, ça oui.

Et le chat, il les chasse pas ? Quel chat ? Le tien ou le mien ?

C 'est à 40 francs.

On en a parlé dans le pays de leur héritage ? Bien entendu.

La maison pour la grande et les bons du trésor pour la petite.

Là, le père Ferouet, il a manqué de bon sens.

Ah, Picard. Commissaire. Une seconde.

Et Antonin, en somme, elle se le partageait ?

Il y a du nouveau.

Quel nouveau ? Les jeunes ont avoué.

Ils ont avoué quoi ? Ils se sont battus avec la victime hier soir.

J 'en ai gardé à vue 7 dans la grange, avec Bouvier.

On va aller voir.

Tu téléphones à Paris et tu te conseilles sur un certain Antonin

Ça lui arrive souvent d 'acheter de la mort au rat, à Foncine ?

Jamais. Ça veut dire quoi, une pâté ?

Vas

-y, toi.

Pourquoi moi ?

Vous allez arrêter ce petit jeu, sinon je vais vous rafraîchir la mémoire, ça

pas traîner.

C 'est vous qui racontez.

On se réunit souvent ici pour faire un peu la fête. Oui, je sais, le samedi

soir.

Jazz, swing, bebop.

On ouvre la porte à cause de la fumée et le vagabond se pointe.

Après ? On avait tous un peu bu, il était presque minuit.

Il voulait nous piquer nos clopes, alors...

On n 'a pas beaucoup d 'argent.

Vous refusez, mais il insiste.

Et là, on lui met une pâtée.

Qui ? Nous tous.

Tous les sept ? Non, pas les filles.

Moi, je ne vais pas donner un seul coup.

Salaud, on avait dit qu 'on... On avait dit quoi ? Qu 'est -ce qu 'on avait dit

? Arrêtez, vous me faites mal. On avait dit qu 'on dirait tous la même chose, c

'est ça ? Non, mais vous, vous croyez où ? Au lycée ? À un jeu de piste ? Il y a

eu un mort.

Alors si vous ne voulez pas que je vous embarque, vous avez intérêt à vous

souvenir.

Avec précision.

C 'est clair ? On avait picolé plus que d 'habitude, c 'est vrai.

Et lui aussi.

Il voulait boire encore un coup et on a dit d 'accord.

Georges lui a donné une cigarette et après on lui a demandé de filer, mais il

'a pas voulu.

Il nous a traités de petits cons.

Paul et Dominique l 'ont frappé et il est tombé.

Il s 'est fait mal à la jambe parce qu 'il s 'est mal reçu. C 'est pas notre

faute.

Ça, c 'est moi qui décide.

Ensuite ? Il boitait entre le vent.

Tu l 'as pas cogné, toi ? Non, je crois pas.

Ou peut -être bien une gifle.

Comme ça ? C 'est Louis qui s 'est chargé de le raccompagner.

Louis qui ? Fouli.

Il en avait marre, il voulait partir parce qu 'Hélène veut pas de lui.

C 'est ça, ça va être de ma faute.

J 'ai pas dit ça, j 'ai dit que Louis voulait bien et que toi tu voulais pas.

C 'est un crime.

J 'aime les vrais hommes, pas les anguilles.

Il l 'a emmené où ? Non, c 'est pas... Il est rentré avec et l 'autre s

'appuyait dessus, voilà.

Peut -être qu 'on avait cogné un peu plus fort que prévu.

Prévu ? Enfin, pensé.

Je croyais que t 'avais pas donné un seul coup, toi.

Écoutez, je sais plus.

Louis l 'a raccompagné et puis on a continué la fête, voilà.

Mais c 'est quand même pas notre pote.

Non, c 'est de la mienne.

Vous restez à notre disposition le temps qu 'il faudra. Ici ? Oui, ici.

Mettez de la musique et dansez si vous trouvez le temps long.

Mouvier, surveillance.

J 'imagine qu 'on va chez Fouline.

Tout à faire cessante.

Une petite marche va nous aider à digérer tout ça.

Le mar,

le potager, les soeurs, les jeunes, tout.

Je me sens un peu énervé.

Ça passera si Louis ne se moque pas du monde.

Sinon ? Tout est possible.

C 'est ce qui fait la beauté de la vie, mon cher Picard.

Vous vous rendez compte ? Vous venez de si loin pour se faire estourbir dans une

cabane au milieu des choux -fleurs.

À côté de Dôle, en plus.

Vous croyez qu 'il venait de loin ? J 'en suis sûr.

Moi aussi, j 'étais loin.

Ah oui ? Une fois la Réunion, une fois les Antilles françaises, deux fois la

Guyane.

Moi, je suis allé en Amérique, aux USA.

Oh, c 'est beau, ça. Vous savez que j 'ai failli me marier ? Ah oui ? Puis j

renoncé.

en me disant que ça allait me clouer au sol.

Et vous ? Moi, j 'ai souvent eu envie de rompre. Avec qui ? Avec

quoi, peut -être ? Madame Maigret a toujours gagné en ne se mettant jamais

compétition avec le métier.

Ça, c 'est faux.

Oui, c 'est très fort.

Sans être cynique, on ne peut pas dire que les sœurs Sirouet ont réussi la même

chose. C 'est amusant, j 'étais justement en train de penser au mari.

Peut -être que Breca et notre malheureux vagabond se sont croisés par ici.

Ce serait une sacrée coïncidence.

Ça existe, la coïncidence.

Retrouver le pistolet du pont de l 'Alma dans le potager, ce n 'est pas une

coïncidence. Si.

J 'aurais très bien pu ne pas m 'occuper de cette affaire.

Eh oui.

Vous pensez que c 'est le hasard qui nous fait préférer la plage, la mer ?

Le soleil.

Bien sûr que oui.

Nous sommes tous des papillons.

On étire nos ailes vers la lumière.

Tiens, justement.

Regardez la grosse libellule derrière son carreau.

Qu 'est -ce qui tourne, Nicole, votre gendarme ? Je cherche Louis.

Qu 'est -ce que vous lui voulez, à Louis ? Non, rien de grave.

Un petit renseignement, c 'est tout.

Mais dites donc, vous entendez très bien.

Comment ? Je

veux savoir ce que Louis a fait samedi.

Comme les autres.

Des farceletteries, des conneries.

Qu 'est -ce que vous voulez dire ? C 'est un enfant.

Ses soeurs sont des coureuses. Mon fils, pire qu 'un militaire.

Ma belle -fille, une chive molle.

Sauf quand il y avait Joseph.

Alors là, elle sort muet.

Et surtout son cul.

Puisque vous parlez par allusion et puisque nous sommes seuls, vous pourriez

donner quelques détails sur Corda ? Si, si.

Tiens. Ils l 'ont trouvé, mon petit Louis.

C 'est une feignasse, mais je l 'aime bien.

Il me fait rire.

Oui, mais cordeur.

Au milieu de la ville ? Oui.

Vous êtes pâle.

Oui, mais c 'est vrai qu 'à Paris, on ne bronze pas beaucoup.

Ce n 'est pas le soleil qui donne les couleurs, c 'est le vin.

Ah, d 'accord.

Et cordeur ? Ah non.

On n 'a plus le temps.

Une autre fois ? Non, maintenant.

Alors ? Revenez me voir.

Louis, qu 'est -ce que t 'as fait samedi pour que les Pandores viennent à la

maison ? Mais rien, mémé.

Qu 'est -ce que vous voulez ? J 'ai déjà dit tout ce que je savais. C 'était la

vérité, je le jure.

Je veux le récit de votre trajet de samedi entre la grange musicale et la

Dis tout, mon loulou.

T 'es pas plus con qu 'eux.

Je suis rentré à pied.

Seul ? Si vous êtes revenu, c 'est que vous savez que j 'étais pas seul.

Il a raccompagné le poivreau qui était raide.

Vous devriez plutôt lui donner une médaille, non ? Peut -être pour quand

Et vous vous l 'avez raccompagné jusqu 'où ? Jusqu 'à un abri de jardin.

Madame Fouly, c 'est votre petit -fils que j 'interroge.

Je l 'ai laissé près d 'une cabane.

Il voulait absolument y aller pour passer la nuit.

Voilà, c 'est tout.

Vous l 'avez bordé ? Je l 'ai laissé devant, je vous dis. Qui a cassé le

? Lui, je ne sais pas.

Lui ou vous ne savez pas ? Je ne sais plus.

Il faisait noir, j 'étais crevé, je suis rentré.

On va essayer de s 'en souvenir ensemble.

Maintenant ? Tout de suite.

Qu 'est -ce que vous voulez encore ?

Germain, si tu nous servais une petite goutte. C 'est pas l 'heure.

Louis, retourne à la cube.

Je confisque le fils pour un moment.

C 'est pas le moment, on est dans la merde.

C 'est ce qu 'a dû se dire la victime avant de mourir.

Allez, en route.

Joseph, je l 'ai eu pour moi, avant ma belle -fille.

Et vive la Pologne.

Qu 'est -ce qu 'elle chante, la vieille ?

Aurieux, des mots d 'un autre âge.

Il a pris une pierre, c 'est lui qui a forcé le cadenas, je me souviens

maintenant.

Et pourquoi il voulait aller là -dedans ? Je sais pas, c 'était une idée fixe.

Et une fois la porte ouverte ? Il s 'est couché sur les sacs et il s 'est

endormi. Une vraie enclume.

Et toi ?

Moi, je suis reparti.

Je crois bien.

Je crois bien ? Non, mais tu te fous de moi ? Tout le monde ici a la mémoire qui

me change. Je veux bien.

1924, c 'était loin. C 'était la nuit des temps.

Mais toi, c 'était avant -hier.

Alors tu vas secouer un peu ta caboche.

Et vite fait.

Je fouillais dans sa musette.

C 'était pour voir qui c 'était, mais je n 'ai pas trouvé de papier.

Non, tu as trouvé une boîte en fer.

Voilà.

T 'as rien pris dedans ? Des sous ? Ah non, pas des sous, ça je le jure. Alors

quoi ? Un timbre.

Un timbre ? Quel genre ? Beau.

Et grand.

Avec des couleurs magnifiques.

De Madagascar.

Avec marqué RF dessus.

Bravo pour le flair.

J 'ai failli aller à Tananarive.

En 1950.

Et il était où, ce teint, vous ? Collé sur une enveloppe, vierge.

Pas obitéré.

Qu 'est -ce que t 'en as fait ? Je l 'ai donné à ma grand -mère.

On fait une collection, tous les deux.

En douce.

Pourquoi en douce ? Le paternel, il aime que l 'utile. Une marotte, il

comprendrait pas.

Ah oui ? Et dans l 'enveloppe, il n 'y avait rien d 'autre ? Non.

Bon, on va aller l 'admirer ensemble, ton teint avant.

Maintenant ?

Bien sûr, tout de suite.

Te voilà.

Et l 'enveloppe, elle est où ? Je ne sais pas.

Je ne sais plus.

Je vous dis que je l 'ai jetée.

Avec ce qu 'il y avait dedans.

Il n 'y avait rien dedans.

Vous n 'allez pas m 'emmener pour un timbre qu 'on ne peut même pas coller en

France ? Justement, si.

C 'est mal, oui.

Très mal.

Pourquoi ? Parce que t 'es le dernier à avoir vu le type vivant. T 'es à l

'endroit du meurtre.

Je suis partie, moi. Je l 'ai laissé roupiller.

On t 'a vu ? Ben non.

Alors t 'es très très mal.

Qu 'est -ce que t 'as fait, Louis ? Qu 'est -ce que ça peut te foutre ? Si t

'étais venu avec moi, je serais pas dans cette merde.

C 'est ce que je disais, ça va être à cause de moi.

Si on devait coucher avec vous pour réparer vos conneries, chaque fois que

en faites, on passerait ta vie au lit.

C 'est ça, défend ta peur.

Allez, asseyez -vous, ça suffit.

J 'aimerais bien que vous vous mettiez dans la tête que vous l 'avez fait que

des bêtises.

On s 'est amusé, où est le mal ? J 'appelle pas ça s 'amuser.

On frappe pas un type qui a bu.

On le laisse pas ressortir à moitié sonné.

Et en tout état de cause, vous n 'auriez jamais dû laisser Louis seul avec lui.

Mais on pouvait pas savoir.

Savoir quoi ? Que ça tournerait mal.

Il a rien fait, Louis.

Qu 'est -ce que vous en savez ? Louis ? Lui, on le connaît bien.

Vous saviez que Louis faisait une collection de timbres ? Vous le saviez

? Non.

Vous voyez que vous ne savez pas tout sur votre ami.

On s 'en balance de sa collection de timbres. C 'est pas un crime.

Tout peut conduire à un crime.

Même un timbre.

Il y a le feu chez Foncine.

Ça fume là -dedans.

Allons voir.

Dépêchez -vous, sinon tout va mourir.

Il n 'y a rien qui marche dans cette baraque. Tous les trucs sont bancals.

Qu 'est

-ce que vous avez fait ? C 'est ma faute. C 'est la faute de

ma soeur. C 'est une pute arceau.

Une boule de fête en vétichelle pour me faire griller comme un tourne -dos. Elle

est ravagée.

Ça va s 'éteindre. Mais la chapelle de mon apôtre, il est foutu.

Arrêtez -la.

Vous commencez à me courir, vous et votre soeur.

Si vous voulez un grand nettoyage par le vide, continuez.

J 'ai peur.

Ah,

tu tombes bien.

T 'es allé où ? Rien pour le moment, Franck. C 'est pas comme chez les sœurs.

Tu vas essayer de nous égayer un peu tout ça ? Je suis sûr qu 'avec toi, ils

vont être intarissables.

Ça tombe bien.

Après deux heures d 'attente au téléphone, j 'ai besoin de me détendre.

Je ferme pour le bruit.

Ne frappe pas trop fort.

Après les jeunes, les vieux.

Tu diras à Picard que je vais travailler à l 'épicerie.

Là, c 'est Foncine. Et là, c 'est Fernande.

Non, c 'est l 'inverse.

Foncine et Fernande.

Regardez bien les deux mains sur les épaules, là.

Il y avait un homme, mon frère.

Peut -être que je reconnais les mains de leur père, là, mais de toute façon, ça

ne nous regarde pas, nous.

Mais non, mais non, c 'est des mains de jeunes. En tout cas, en 1925, il était

déjà mort, leur père. On peut pas lui foutre un peu la paix après 30 ans.

Et où elle a été prise, cette photo, vous le savez ? Ça, c 'est la salle des

fêtes de Feuillard sur... Gange.

Non, non, non.

Comment ? C 'est pas ça.

Quoi ? Non, non, non, non. Tu vois pas que c 'est la gare ? C 'est quoi, d

'après toi ? Une pendule.

Ça, c 'est le jardin de Duvernoy.

C 'est un cadran solaire. Tu as pendu le... Duvernoy ? Oui, le notaire.

Et où on peut le trouver ? Au quintier.

Encore un mort qu 'on va aller réveiller.

Bon.

Eh bien, je vais vous laisser dormir.

Puisque vous ne voulez réveiller personne.

J 'ai cuisiné un peu les jeunes, ils ont l 'air sincères.

Bon, Picard, vous voyez, est -ce que tout le monde rentre à la maison ? Louis

aussi ? Non, pas Louis.

On l 'occupe.

Comment il est ? Louis, il s 'embrouille.

Il aurait quelque chose à cacher que ça ne m 'étonnerait pas.

Tu penses à quoi ? Dispute d 'ivrogne, pourquoi pas ? Classique à la campagne.

Non.

Je ne crois pas que ce soit aussi simple.

La vengeance, c 'est un plat qui se mange, France, surtout à Saint -Besme.

Tu vas rentrer chez toi, et tu vas la chercher partout, cette enveloppe.

Et demain matin, tu me la remettras.

Et on n 'aura pas à tout vider, ni embarquer ta famille pour dissimulation

preuves.

Et si je la retrouve pas ? Alors là, ce sera l 'enfer.

Pour toi, et aussi pour tout le monde.

Y compris pour ta grand -mère.

Allez.

Qu 'est -ce que vous lui avez fait ? On dirait drogué.

Pauvre garçon.

Et dans un tel état, ça va se faire tout seul.

Tu vois, t 'as fini pour la retrouver.

C 'est pas moi.

Éclaire -moi.

Ben éclaire -moi.

Un messement.

Dublin.

Panama.

Dakar. Tananari.

Eh bien, dis donc, c 'est une belle balade, hein ? C 'est pas moi.

Ça, je m 'en doute.

Toi, ton aventure s 'arrête au potager.

Je l 'ai pas tué.

Et ça, c 'est un joli mobile.

C 'est pas moi.

C 'est clair.

Allez, Patur, elle va t 'emmener jusqu 'à la grange pour t 'éviter de mauvaises

rencontres.

Allez, viens.

Vous allez chez les sœurs ? Exact.

C 'est pas moi qui mis le feu.

C 'est le bon Dieu, alors.

S 'il y en avait un, Francine serait déjà devant lui.

Elle le mérite.

Ça me débarrasserait.

Vous savez que vous risquez la prison pour ça ? Pourquoi, commissaire ? Sans

compter que si elle flambe, vous flambez avec.

Elle retira avant moi.

Les sièges les plus brûlants de l 'enfer sont réservés aux salopes.

Je dois aller fermer mes volets.

Pourquoi vous la haïssez ? Ça devrait être le contraire.

Ah bon ? Vous avez été sa femme, elle était sa promise.

Qui vous a dit ça ? Vox Populi.

Qui ne dit que des bêtises.

Vous vous souvenez de ce qui est gravé dans cette bague ? Un A

et un F. F comme Francine et comme Fernande.

C 'est commode, non ? J 'ai peut -être pris son fiancé, mais elle, elle m 'a

volé mon mari.

Vous pouvez m 'éclairer ? J 'aime pas en parler.

Il est parti.

Où ? Se promener.

Depuis longtemps, je crois.

28 ans.

Et pourquoi il est parti, je peux le savoir.

Ça, monsieur le commissaire, il faudra le demander à l 'autre morue, là.

Vous avez bien une petite idée ?

Quand une femme a une aventure avec un homme, elle est tout de suite soupçonnée

d 'être légère.

Quand un homme est dans la même situation, on dit aussitôt qu 'il a un

tempérament. Vous avez remarqué ? Monsieur Brecard n 'a

pas donné de ses nouvelles ? Pas à moi, en tout cas.

Il faut que je sorte.

Vous avez une photo de votre mari ? J 'ai tout déchiré.

Quand je n 'entends plus la voix de quelqu 'un, moi, je n 'ai plus besoin de

image.

Et celle -là ? Elle

vous parle ? Non.

J 'entends rien.

C 'est encore vous ? Eh oui.

Entrez.

Je ne remets pas toutes les épingles.

Je voudrais se rapporter ma laine.

Vous ne vous emmerdez pas, vous ? Vous en avez d 'autres des souvenirs dans vos

poches ?

Il y avait qui dans l 'appartement comme de la photo ? Je me souviens déjà pas

de nos bobines.

Alors ça me paraît difficile de mettre un nom sur les fantômes.

Cherchez bien.

C 'est fragile un souvenir.

Ah oui, l 'admirable Brecard.

Je me fiance à l 'une et j 'épouse l 'autre.

C 'est marrant, non ? Si on veut.

Et votre père, qu 'est -ce qu 'il en a dit ? Pas grand -chose.

S 'il me tient, il ne parlait plus.

Si je comprends bien, votre fiancé, il a choisi le mauvais moment pour tomber

amoureux de votre sœur.

Nuance. Mon fiancé est tombé amoureux de l 'héritage de ma sœur.

A mon avis, il préférait ses Louis d 'or à ses nichons.

Vous avez eu les bons du trésor.

Pourquoi vous venez me torturer comme ça ? Vous savez tout.

Torturer, c 'est un bien grand mot.

Je fais mon métier de policier.

J 'essaie de découvrir pourquoi un vagabond est venu s 'échouer dans votre

cabane de jardin.

C 'est bien ma veine.

Vous voyez ce que je vous dis ? Mon fiancé s 'est emmerdé avec ma soeur.

On entend tout d 'ici, même l 'ennui.

Vous ne l 'avez jamais revu.

C 'est tiré avec les fameux bons du trésor. Pas de danger quand je le

Tout en délicatesse, cet homme -là.

A mon avis, c 'est Fernande qui lui a dit où je les avais planqués.

Vous croyez ? Demandez -lui.

Vous savez ce qu 'elle est en train de faire en ce moment ? Elle coupe un

morceau de mou pour Félix.

Quelle colle !

Vous allez revenir combien de fois

? C 'est quand même une grosse lacune de ne pas se reconnaître soi -même en

compagnie de sa soeur et de son futur mari.

J 'ai tout oublié.

Comme Francine.

Pour une fois, vous êtes d 'accord ?

Excusez

-moi, je me sens pas très bien.

Je peux m 'asseoir ?

C 'est rien.

Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle.

On sait qui est l 'inconnu du potager.

La mauvaise, c 'est que vous voilà veuve.

Vous le saviez, n 'est -ce pas ? Vous ne l 'avez jamais

revue ?

Mais vous ne l 'avez pas reconnu dans la grange ? Une fois rasée seulement.

Vous m 'avez menti alors.

Votre mari est revenu et il n 'est venu vous revoir ni l 'une ni l 'autre.

Je ne crois pas.

Vous l 'avez revu.

Il avait bu.

Il voulait recoller les morceaux.

Pensez, 25 ans après la casse, je l 'ai foutu dehors avant de céder.

Je l 'ai cru.

Quand il est venu vers moi, quand j 'étais jeune.

J 'ai cru au grand amour.

J 'ai trahi ma sœur parce que je croyais au grand amour.

Vous comprenez ? Il a tout caché.

Sauf pour lui.

Il est parti dans une île au soleil.

Avec les bons du trésor.

Ça, c 'est ce que tout le monde a cru à l 'époque.

C 'est -à -dire ? Il s 'est fait doubler par plus voyous que lui.

Qui ? Un saisonnier de chez Fouly.

Joseph Corda.

Vous le connaissez ? Il en est mort.

Presque 30 ans après.

C 'est ce qu 'on appelle une rancune tenace.

Comme quoi, le crime ne paie pas.

C 'est ce que je pense aussi.

Je vais vous laisser vous reposer.

Mais je vous ferai signe demain.

C 'est de quel bord, toi ? T 'as dû en voir

des choses.

Qui as -tu en ta main ? C 'est Fonsive ou c 'est Fervent ? Peut -être Louis

aussi ? Tu m 'aides pas beaucoup, le chat.

Il recommence à te voir.

Vous voulez vos bottes, M. Maigret ? Oh, la journée est finie, madame Joubert.

J 'espère que tu t 'es pas garé devant une flaque.

Commissaire, Fernande Sirouet a eu une attaque.

Oh, mon Dieu ! Fernande, c 'est laquelle ?

Une attaque ou un malaise ? Prise cardiaque.

Qu 'est -ce que je fais ? Rien.

Mon gosse ! M.

Amégrec, comment va -t -elle ? Mal, c 'est très grave.

Elle empoisonne moi ? Pas du tout, pourquoi ? Pour rien.

Vous allez la faire transporter à l 'hôpital ? Ah non, pas question dans son

état. Elle a six de tension.

Et ça vient d 'où ?

Système vasculaire, lésure, une émotion. Allez savoir.

Je peux lui parler ? Je suis pessimiste.

C 'est très important.

Venez.

Vous m 'entendez, Madame Bricard ?

Je crois qu 'il faut la laisser.

Venez.

Allez -y doucement.

Oui. Elle était en colère.

La renvoyer de nouveau.

Elle savait où il était.

Dans la cabane.

Alors elle est allée le voir.

Il était... ivre.

Alors elle l 'a... Elle l 'a... Elle l 'a tué.

a fait l 'assert.

Elle a dû vous le dire, Francine.

Alors, comment elle va ? Ça vous intéresse ? Le docteur, il a dit quoi ?

est au plus mal.

Elle est au plus mal toute sa vie, alors.

Oui, mais cette fois -ci, c 'est vrai, malheureusement.

On dirait que ça vous fait de la peine.

Pas à vous.

Je vous fais du café.

Oui, je veux bien.

Vous m 'avez bien baratiné pour Antonin, l 'île d 'eau.

Vous n 'avez pas remis ça, non ? Il tirait il y a 25 ans et il est mort.

Ça, c 'est emmerder avec lui.

Comment vous savez qu 'il est mort ? La rumeur.

Vous le saviez déjà avant.

Écoutez, arrêtez d 'essayer de me coincer.

Je vous suque votre café avec de la mort.

Vous l 'avez reconnu dans la grange ? Pourquoi pas ? Vous ne l 'avez pas

quand il est parti.

Moi, je n 'ai pas prévenu quand il est revenu.

Sauf qu 'il a été assassiné.

Il est bien fait pour sa gueule.

Fernande m 'a dit qui avait tué Antonin.

Évidemment, elle a dit que c 'était moi, cette salope.

Elle raconterait n 'importe quoi pour me faire boucler.

Ça fait 30 ans que ça dure.

Oh, merde ! Quelle connerie, cette cassière !

Fernande m 'a dit que c 'était elle qui avait tué Antonin.

Vous n 'avez rien entendu ce soir -là ? Si.

Essayez de vous souvenir.

Elle était très en colère.

Il avait encore menti, comme il l 'avait fait toute sa vie.

En plein milieu de la nuit...

Elle est allée le rejoindre dans la cabane du potager où il s 'était

Alors elle l 'a tué d 'un coup de serpe.

Ensuite, elle est rentrée chez elle dans un état un peu bon.

Ça y est, je l 'ai fait.

Et puis elle s 'est couchée.

Je suis sûre qu 'elle n 'a rien regretté.

Ça ne m 'étonne pas d 'elle.

Moi aussi.

Elle le haïssait.

Pas vous ?

beaucoup de colère pour tuer un homme avec une serpe.

Vous racontez très bien.

Alors, c 'est Fernande qui a tué Antonin ? Oui.

Enfin, elle me l 'a dit.

Une chance qu 'elle ait eu le temps de parler.

Une chance pour qui ? Qu 'est -ce que

je fais de Louis ? Vous avez envie de le poursuivre, ou ? Quelques dollars.

Dissimulation de pièces.

Beaucoup de paperasse pour pas grand -chose.

A fasciner son mari trente ans après, la haine est tenace.

Et pourtant, c 'est encore l 'amour qui a le dernier mot.

Qu 'est -ce que vous voulez dire ?

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