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Nathalie ! Nathalie !
On ferme.
C'est l'heure, maintenant.
Ramenez les bouées.
Toi, tu sors !
Non. Tu sors, j'ai dit !
Allez !
Qu'est-ce que tu fais dans l'eau ?
Tu veux que je t'enferme ?
Allez, c'est fini.
Allons ! C'est votre fils ?
Nathalie !
Plus personne dans l'eau !
Qui t'a dit de courir ?
Grouille-toi !
Tout le monde dehors ! On ferme.
Les baby-sitters, c'est cher.
Il faudra un coin pour coucher.
Si vous sortez à la dernière minute, ça va être compliqué.
Ou il faudra nous prévenir à l'avance.
En cas d'urgence, on peut compter sur Camille.
Ou alors, on peut le garder ici.
Il a l'air calme.
Il est comme sa maman.
Il est vraiment très calme.
- Peut-être qu'il est mort. - T'es malade !
- Qu'est-ce qu'elle a dit ? - Que peut-être il dort.
Mange.
Alors, ça vous tente pas ?
Non, merci. Moi, les enfants...
Quand on est enceinte, on voit plus les choses pareil.
Oui. Je connais.
Vous l'avez perdu ?
Non. Enfin, oui.
- Vous préférez des fourchettes ? - Non. C'est parfait.
Tu viens bouffer parce que c'est gratuit ?
J'essaie d'animer la conversation. On va pas faire que parler bébés.
T'as étalé tes histoires de cul.
Si je l'avais fait, on se serait marrés.
Écoute, je porte pas de jugement. D'accord ?
Mais il y a un minimum de règles à respecter.
T'es pas content parce que j'ai pas tripoté ta femme ?
T'es pas adulte. T'es une irresponsable.
À part ça, tu portes pas de jugement.
Ça va pas ?
Si. Je réfléchissais.
Tu vois, on parlait. Même la capote, je sais pas ce que c'est.
T'as toute la vie pour ça.
C'est ça, continue !
Non, mais c'est vrai. Je suis comme un bébé.
Tu vas avoir deux bébés. Par contre, quand je te vois...
C'est rien, mon amour. C'est rien du tout.
Toi, tu as quelqu'un qui t'aime. Tu n'es pas toute seule.
Tu as encore plein de choses à faire. Tu n'as pas tout raté.
Vous m'avez laissé votre numéro.
Vous, vous êtes bien grand et frisé ?
Ah oui. D'accord.
C'est quoi, l'adresse ?
D'accord.
À tout de suite. Salut.
- Qu'est-ce que tu fous ? - Je sors.
- Avec qui ? - Je sais pas. Je connais pas.
Un jour, il va t'arriver quelque chose.
J'aimerais bien.
- Je t'ai cherchée partout. - Je viens d'arriver.
Je descends. Tu viens avec moi ?
Oui. Je connais personne, ici.
Il y avait quelque chose dans le punch ?
Tiens. Tiens, tiens.
Allez ! Non. Avec la bouche.
Allez ! Avec la bouche.
Merde !
Excuse-moi. T'en as pas un autre ?
Je m'en occupe.
- Oui ! - Mais je peux le faire sans.
Plus tard.
- Mais je peux ! - Tu me fais mal. Arrête.
- À tout à l'heure. - Oui. D'accord.
Je vais chercher des ecstas. Je te retrouve là-haut.
Il y avait vraiment quelque chose dans le punch.
Il y a pas de mal.
Oui... Elle était assise en face de moi. Et...
Soudain, elle désigne la fenêtre derrière moi.
"Il y a un homme." "Je suis un homme."
"Non. Derrière vous."
"Il n'y a pas d'homme."
"Si. Dehors."
"Non. Dehors, c'est le vide. On est au 5e. Reprenez."
Et ce matin, j'apprends que mon collègue,
dont le cabinet jouxte le mien,
s'est fait cambrioler pendant mon rendez-vous.
Je revois ma patiente demain.
Qu'est-ce que je lui dis ?
Moi, je pense qu'il faut toujours dire la vérité.
Oui.
La vérité... Oui.
Vous êtes analysée ou analysante ?
Excusez-moi. Je me suis trompée de fête.
Qu'est-ce que tu fais, toi ?
Ho, mais qu'est-ce que tu fais ?
J'ai les kangourous. J'ai branché une petite métisse.
Dans dix minutes, un couple nous rejoint.
Ils sont très sympas. J'ai réservé la chambre du fond.
Si tu veux mettre un truc, demande à Laurence.
Elle a dégueulé partout, même sur mon lit.
Elle m'a gâché la soirée.
Camille, tu m'entends ?
Ah, les filles...
Ça va ? Réveille-toi.
Camille ! Réveille-toi.
Pourquoi vous êtes là ? C'est pas un endroit pour vous.
Viens.
Tu la tiens bien.
Ça va ?
C'est pas possible ! Sortez-la vite !
Vite !
Qu'est-ce qu'il veut ?
Lâche-moi !
On y va.
Qu'est-ce qui lui arrive ?
Je déteste les couples.
Ils arrêtent pas de parler boulot, enfants, crèche, petits pots,
les couches, les vacances, la maison à louer, à acheter,
le ski, le bord de mer, la famille...
Ceux de tout à l'heure avaient pas autant de conversation.
Mais non, je te parle de mon frère.
Il faut suivre...
Ça les arrangerait, que je sois comme eux. Là, je les dérange.
- Et je leur sers d'alibi. - C'est bien. T'es pas résignée.
Enfin, résultat : je suis toute seule.
Quand je les vois avec leur fouet et leur guêpière...
- Ton frère ? - Non. Les autres.
Son frère, c'est les tire-lait, les tétines...
En fait, t'es une vraie romantique.
Exactement. Je suis une vraie romantique.
Eh ben, ma pauvre, t'es pas rendue.
Tu dors, Camille ?
Je sais pas ce qu'ils ont. Aide-moi.
- Quoi ? - Ils me poussent.
Dis-leur que s'ils recommencent, ils auront affaire à moi.
Il y a un bruit pas possible, aujourd'hui.
Oh, les jumeaux !
Tu sors de là immédiatement.
Les jumeaux, vous sortez ! Tu sors...
Tu prends tes affaires et ton frère, et tu rentres chez toi.
On a payé. Alors on reste tant qu'on veut.
Ça va pas ou quoi ?
- C'est elle. Elle nous a tapés. - Mais non. J'en ai tapé qu'un.
Mais oui ! Allez, ça va.
Allez, sortez du bain.
Je suis pas malade. Vous me parlez comme à une malade.
Vous vous endormez trop tard, vous vous réveillez trop tôt,
vous êtes irritable.
C'est pas pour ça que je suis venue vous voir.
Vous avez pas regardé mes plaques.
- Oui, enfin, des plaques... - Quoi ? Je sens le chlore.
Je prends deux, trois douches et ça fait rien.
Je vais pas vous prescrire un déodorant.
Avec ça, vous pourrez reprendre une vie normale.
Beaucoup suivent ce traitement.
Attendez, je suis pas comme ça. Je suis pas malade.
On est tous un peu malades.
Parlez pour vous !
- Vous êtes pas bien ? - Si, si.
- Vous êtes souffrante ? - Non.
- Vous êtes triste ? - Je pleure car ça me fait du bien.
Il faut pleurer. Ça élimine les toxines.
Il faut pas prendre ça. Ça démolit.
C'est pas étonnant que vous soyez dans un état pareil.
Vous avez raison. Je les fous à la poubelle.
Voilà. Très bien.
Ou non.
Peut-être, ça me ferait du bien.
En même temps...
Voilà.
Merci.
Merci beaucoup !
Attendez.
Tenez.
Je vous le laverai et vous me direz où je peux vous le rendre.
Je vous le donne.
Vous devez être quelqu'un de formidable.
Je trouve ça normal.
Mais pas du tout.
Vous n'êtes pas égoïste. Vous prenez sur votre temps.
Vous êtes quelqu'un de formidable.
Je suis rancunier, râleur, et j'ai une grosse tendance à la vanité.
Et je suis assez lâche. Alors, vous voyez...
Ah bon ? Ben, merci quand même.
Non. Je vous en prie.
Si, si. Vraiment.
Vous avez disparu, l'autre soir. Tout en vous m'envoûte.
Camille... La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur.
Je vous attends samedi prochain chez Laurence.
Camille ? C'est Renard, le brouteur.
Tu peux me joindre au 45-54-67-90.
Salut ! C'est bien, d'être venues. Ça va ?
- Il y a ton frère, là-haut. - Chouette !
Je peux pas rester. Vous commencez par en bas ? Le bar est là.
Ça fait longtemps qu'il peint ?
25 ans. Comment tu trouves ?
Pas mal. Enfin, pas terrible, quoi.
On aurait dû commencer par le haut.
- Je sais pas... - Ben si, par le bar.
Excuse-moi.
- Décidément ! Chaque fois... - Ça va ?
- Tu vas bien ? - Oui.
Ça me fait plaisir. Tu m'en veux plus ?
Plus du tout.
- C'est sûr ? - Oui.
Ce serait vraiment con. Tu as reçu ma lettre ?
Euh... oui.
- Salut, Émile ! - Bonjour.
Ça va ?
Je suis venu avec un ami. Je te présente Louise...
Bonjour.
Solveig...
Et ma soeur Camille.
Alexis.
Excusez-moi.
Je vais te présenter l'artiste.
Tu as un copain qui arrive...
Pourquoi tu fais la gueule ?
Dis-moi... C'est qui, Alexis ?
Alexis ?
Il est au conseil général. Il m'avait commandé un chantier.
Il donne dans la politique ?
Il bosse pour le PS. Il est à la section du 19e.
C'est un cadre sup du parti.
- Quoi ? - Le PS, ça fait pas rêver.
T'es qu'une gamine.
Encore la bagarre ?
Les petits bourgeois, les sociaux-traîtres...
Tu vas pas recommencer ton trip chef de cellule !
Vous m'emmerdez !
C'est assez beau.
Vous trouvez ?
Pas vous ?
Il fait la même chose depuis dix ans. Ça varie un peu.
Mais bon... Si vous aimez...
Vous vous en foutez. Vous n'aimez pas la peinture.
Ou alors comme décoration. Vous avez un goût très commun.
Et vous, vous êtes une ironique, une sceptique.
Non, pas du tout. Je suis pas du tout comme ça.
Vous dénigrez ce que font les autres sans rien faire de votre vie.
Qu'en savez-vous ?
Et de temps en temps, vous craquez, dans la rue.
Si quelqu'un fait attention à vous, vous êtes contente.
Mais 5 minutes. Après, vous recommencez.
Vous êtes une ricaneuse.
Ça... Alors ça, c'est vraiment très bas.
Camille, on s'en jette un dernier et on y va.
- Salut. - Peut-être à bientôt.
- Qu'est-ce qu'il te veut ? - Laisse tomber. C'est un connard.
- Si vous pouvez me régler... - Je peux prendre un autre déca ?
Dites...
Vous connaissez pas un homme de 40 ans, taille moyenne,
brun, enfin, un peu chauve ?
Son prénom, c'est Alexis. Il travaille au PS.
- Excusez-moi, je suis idiote. - Non, non.
C'est rien.
Camille !
Camille !
- Getana ! - Ça fait tellement longtemps.
Ça va, Camille ?
Je viens pas souvent à Paris. On boit un verre ?
Il s'est passé un tas de choses.
D'abord, j'ai divorcé, enfin, pas vraiment...
Excuse-moi.
Vous pouvez pas faire attention ? Hystérique !
Excuse-moi.
Je comprends pourquoi on s'est perdues de vue.
Tu es indifférente aux autres.
Tu t'en fous. Il y a que toi qui comptes,
tes envies, tes caprices.
Je ne sais même pas comment tu as fait pour garder tes amis.
Moi, en tout cas, j'en ai plus rien à foutre de toi.
Allez, salut !
Un Martini.
C'est cette notion d'équilibre, qu'il faut mettre en avant.
Il y en a qui militent
pour une régularisation massive et sans condition.
Mais si on refuse cet équilibre,
ça peut provoquer une catastrophe.
Et les électeurs vont entendre le chant d'autres sirènes.
Excusez-moi.
Les clandestins
sont exploités, mal logés. Ils vivent dans un système parallèle.
- C'est intolérable. - Oui, elle a raison.
Excusez-moi.
Bonjour, je m'appelle Camille.
Si on vire 100 000 clandestins, ça fait de la place, c'est ça ?
Pour supprimer le travail clandestin,
il faut commencer par supprimer les clandestins.
Vous croyez vraiment que ça se passe comme ça ?
Vous en connaissez ?
Je bois mon café avec eux. C'est peut-être pas assez, mais...
Moi, je les soigne. Mais vous ?
Moi, je couche avec eux.
On pourrait élever le débat.
C'est très bien, d'aller sur le terrain.
Salut, Alexis !
- À jeudi. - À jeudi.
On n'arrête pas de se croiser.
Je savais que vous étiez au PS, mais pas que c'était votre section.
C'est ta 1re réunion politique ?
J'avais l'habitude de faire ça quand j'étais étudiante, mais là...
J'ai ressenti le besoin de m'investir de nouveau.
- Pas trop déçue ? - Pas du tout.
Excusez-moi. Au revoir.
- Jeudi, je peux pas venir. - D'accord.
Je voulais vous dire...
Salut. Très bien, ton intervention.
Merci.
Je crois pas qu'on connaisse mieux les gens en couchant avec eux.
Si tous les militants étaient comme toi, les débats seraient plus animés.
Ce serait bien, si tu revenais.
C'est une fois par semaine, le jeudi.
- Je vous règle ma carte ? - Pardon ?
Je sais pas combien c'est, la carte de membre.
On verra ça la semaine prochaine. C'est pas pressé.
D'accord. Bon. Ben, à jeudi.
Au revoir. À jeudi.
Salut.
C'est qui, cette fille ?
On se disait, elle est un peu... Un peu rude, hein !
Dis, Louise... Je me disais...
On n'a plus l'occasion de discuter politique.
Autour de nous, ça discute plus PEL ou Sicav.
Rencontrer des gens, confronter des points de vue, c'était bien.
T'étais un dictateur. Tu t'es engueulée avec plein de gens.
J'étais jeune. Là, ce serait très différent.
- C'est quand, qu'on rentre ? - Dix minutes.
J'ai faim, et j'ai froid.
Va chercher ton écharpe. J'arrive.
Ce serait sans doute le moment, maintenant, de remiliter.
Et où ?
Je me disais... Le PS.
Camille ! Tu te fous de ma gueule ?
Ils ont vachement fait pour les homosexuels.
- Camille ! - Mais quoi ?
Tu es pour la croissance zéro ? Pourquoi pas, cela dit...
Je suis pour que les gens n'aient pas à produire des machines à laver
pour payer le crédit de leur machine.
Va chez les Verts ou à la Ligue, si t'as pas dépassé la limite d'âge.
Je ressens pas les mêmes choses que vous, mais je peux parler !
Bon. On continuera sur les parcmètres la prochaine fois.
J'ai besoin de bras pour coller les affiches.
La rue du Gymnase, ça va ?
Je passe prendre les gosses et on fait la mairie.
Alexis ! Tu vas où, toi ?
Sur l'avenue. Pour les panneaux électoraux.
Et un peu de sauvage s'il reste de la colle.
D'accord. Ça m'arrange.
Je vais en prendre aussi.
- D'accord. - Tu me suis ?
Ça va, là ? Attention, ça va tomber.
Je faisais ça, à la Ligue, et pour des groupes de rock.
Tu es plus douée pour les diatribes contre la société de consommation.
Attends. Ça va revenir. C'est une question d'habitude.
- T'as toujours bossé pour le PS ? - Non.
Qu'est-ce que tu faisais, avant ?
- Des études. - Des études de quoi ?
Médecine.
Comme j'ai toujours milité,
j'ai trouvé ça naturel de continuer.
Toujours pour le PS ?
Oui, je sais. C'est pas très glorieux.
J'étais pas ironique.
Je vois bien que pour toi, ce parti, c'est pas l'endroit idéal.
- Tu veux plus que je revienne ? - Non, simplement...
J'ai l'impression que tu nous trouves trop mous.
Non. Pas du tout. Je suis à mort pour les idéaux socialistes.
C'est vachement important, la politique de proximité.
Le PS, c'est le dernier endroit où repenser le marxisme...
après la fin du marxisme.
- C'est pas faux. - Tu vois ?
Allez, il faut tartiner tout le quartier.
- On va chez moi ? - Oui. Bonne idée.
C'est où ?
C'est par là.
Excuse le bordel.
Non. J'aime bien. C'est sympa, le bordel.
Merci.
C'est gentil.
C'est très gentil.
Bonsoir.
Isabelle, Camille. Camille, Isabelle.
Ah oui, oui... Alexis m'a parlé de vous.
Elle était avec moi. Je vais pas lui faire attraper une pneumonie.
- Vous voulez une boisson chaude ? - Non, merci.
Oui.
- Vous êtes mariés ? - Oui. C'est bourgeois, hein ?
Non... Oui.
- Vous voulez rester dîner ? - Non, merci.
- T'es sûre ? - Oui. J'ai des choses à faire.
Vous reviendrez.
D'accord.
Sa femme est comment ?
Prof d'éco, brillante, sûre d'elle. Un cauchemar !
T'as pas pensé qu'il pouvait être marié ?
Non.
Mon grand-père, il a toujours été amoureux d'une femme, la factrice.
Pendant la guerre, elle s'est mariée.
Alors, il a épousé mamie qui l'a emmerdé pendant 40 ans.
À sa mort, il s'est installé dans la maison à côté de la factrice.
Comme elle était veuve aussi, ils ont vécu ensemble.
C'est joli, comme histoire...
Ça devait pas être L'Empire des sens.
Elle est morte six mois après...
Allez-y, remontez-moi le moral !
T'es pas amoureuse ?
Non. Je vais pas rester à quémander deux secondes d'intimité.
Je vais pas ramasser les miettes.
- Au milieu d'un couple, en plus. - Évidemment !
J'aurais bien vu un western.
Quel western ?
Two Girls in love...
Je suis complètement déprimée.
- Double six. Je mets la queue. - C'est pas trop tôt.
Tata Camille, t'as pas les yeux en face des trous.
"Camille" !
Tiens, regarde.
- C'est vachement bien ! - Il est doué, ton frère.
Il m'a dit que c'est toi qui avais eu les idées.
J'ai travaillé avec lui. Je pourrais vous aider.
C'est gentil, mais les travaux sont finis,
le déménagement est organisé.
Houla ! C'était pas la peine. On a déjà du monde.
C'est normal.
Pose.
Mettez ça dans le salon. La cave, c'est déjà plein.
Attention. Il y a des coupes en cristal.
Attendez.
Merci.
C'est bien, ici. C'est génial, pour une petite famille.
Les petites au 1er étage et les parents en haut.
Ça ne tue pas l'intimité.
En plus, ils ont chacun leur salle de bains.
Qu'est-ce qu'on fait ? Attendez. On le met ici.
Voilà. Vous êtes drôlement musclée.
Ça vous va très bien.
On va mettre ça dans le salon.
Ça va ?
- Tu veux boire quelque chose ? - Oui.
- Une bière, ça te dit ? - Oui.
- Tu restes dîner avec nous ? - Je sais pas.
Tu restes dîner avec nous.
Si c'est un ordre, d'accord.
C'est pas vrai, Camille !
Cette commode, c'est pas dans cette pièce.
Je vais le tuer.
Elle me déteste plus depuis qu'elle vous connaît.
Elle s'est trouvé une nouvelle famille.
C'est pas une question de famille.
Tata Camille ! Tu viens jouer ?
Ne m'appelez pas tata Camille.
Ça suffit !
Tata Camille, elle a beaucoup travaillé.
On laisse tranquille tata Camille.
Repose-toi. Tu as dit que tu étais fatiguée.
On va jouer à la balançoire ?
On va jouer à la balançoire.
C'est bête, on ne s'est pas présentés.
Je m'appelle Benjamin. Mais on m'appelle Ben.
Camille.
- Je suis lourd. - Oui.
Je travaille avec Alexis.
Je lui file des coups de main pour des trucs à la mairie.
Pour faire chanter des mecs du parti, faire voter les vieux.
Non, je déconne !
Je rentre à Paris. Si vous voulez que je vous raccompagne...
Non. Ça va, merci. Je me débrouillerai.
Vous allez pas rentrer en RER.
C'est chiant. Enfin, c'est si vous voulez.
Il faut attendre que ça chauffe un peu.
Je le savais. Dès que je t'ai vue, tu m'as plu.
Je savais qu'il y avait quelque chose.
On va très bien s'entendre. J'en suis sûr.
Tais-toi.
Qu'est-ce que c'est ?
Mais qu'est-ce que c'est ?
Voilà.
Je suis allé à Rungis. Tu trouves ça con ?
Pas du tout. C'est adorable.
Aïe ! Il y a une rose qui me pique les fesses.
Il faut aspirer le venin.
Arrête !
Aïe !
- Salut, Camille. - Bonjour.
- Ça va ? - Oui.
Oh là là !
- T'es fatiguée ? - Ça va.
- 3,2 kg. - C'est pas beaucoup.
C'est une réussite, oui !
- Tu veux le tenir un peu ? - Non. J'ai peur de le faire tomber.
- L'accouchement s'est bien passé ? - Non. J'ai eu super mal.
Je me demande comment les gens faisaient avant.
Là, même avec la péridurale... Remarque, ils l'ont faite trop tard.
Les contractions m'ont prise d'un coup.
Je savais plus si je poussais ou pas.
Alors ils m'ont mise debout...
"Debout" ?
Quand j'ai vu la tête, ça m'a fait un truc ! C'était une vision...
Ça fait mal,
mais il faut vraiment vivre ça.
Qu'est-ce que tu fais ? Ça va pas !
- Tu le fais exprès ? - Excuse-moi. Excusez-moi.
J'ai discuté avec le docteur. Je peux lui donner le sein.
Quelle horreur !
C'était la première fois.
Le mec, il me donne un truc. Un cock ring, ça s'appelle.
Un anneau de bite.
Il me dit de l'enfiler, mais j'ai de trop grosses couilles.
Il me dit : "C'est pas comme ça."
Tiens.
Il me demande de me retourner et il commence à me lécher le fion
avec sa langue qui rentrait comme une vrille.
- Je te passe les détails. - Oui.
Et là, je renifle un bon coup de poppers.
Quand il me l'a mise, ça m'a fait un truc, je te raconte pas.
J'ai cru que ma tête allait exploser, mais le cul, pas grand-chose.
J'étais vachement étonné.
T'en veux un peu ?
Du poppers ? Non. Après, ça va faire trop.
Bon.
Ça t'embête, que je te raconte tout ça ?
Non.
Ça t'excite ?
Non.
C'est normal, de tout se dire.
Il y a des gens qui mettent dix ans à s'apercevoir
que leur mari ou leur femme aime les partouses ou le sado-maso.
Je veux créer une cellule familiale, mais en étant honnête.
En se disant tout.
Alors moi, je dis tout.
Quand j'étais petit, mon père, il n'était jamais là.
C'est pour ça que je ne fais que des courtes distances.
Passe le poppers.
Oui. OK.
J'y arrive pas, j'y arrive pas !
Ça va pas ?
Qu'est-ce qu'il y a ? Tu es enceinte ?
C'est pas la peine.
C'est rien. Et puis, c'est pas cher.
Ben, je t'assure. Je veux pas.
C'est surtout pour toi.
Écoute, Ben... On est bien quand on est ensemble, mais...
C'est pas ce que j'attends du couple.
Non, enfin...
Je sais pas pourquoi je dis ça, parce que j'attends rien du couple.
On est bien, mais...
Excuse-moi, je...
Je crois que...
Je crois que je t'aime pas... comme tu voudrais.
Attends.
Ça va venir.
Non. Je crois pas.
T'arrives pas à oublier l'autre ?
Non ?
Oui. Peut-être.
Je comprends pas que tu l'aimes. Il ne quittera jamais sa femme.
En plus, lui, c'est dans la tête. C'est pas un mec qui aime ça.
Franchement, je comprends pas.
- Pourquoi tu me parles d'Alexis ? - Je suis pas si con que ça.
Je n'ai jamais couché avec lui, je te jure !
C'est un copain.
Bon. Écoute... La vérité, tu le gardes pour toi,
c'est que j'ai une liaison depuis plusieurs années
avec un homme marié...
Arrête ! Tu veux ?
Sophie ! Micheline !
C'est pas le moment.
Champagne ?
J'ai du jus d'orange.
C'est fabuleux, les orangers.
Quand est-ce que tu lui fais un petit ?
- On va réfléchir. - Très drôle !
Non. C'est mon 2e verre. Je suis pas saoule.
J'ai rien dit.
Tu crois que j'aurais été plus heureuse avec Jules,
Denis ou Robert ?
Bonsoir. Comment ça va, Émile ?
Bonsoir.
Ça va aller ?
Je te laisse.
Bonjour...
Je sais. Je suis pas une bonne militante.
Alors si tu me trouves pas sérieuse, je reviens pas du tout.
Ça va pas ?
Pourquoi ? J'ai l'air malade ?
Un peu. Désolé d'être venu te déranger.
- Bonjour, Camille. - Oh, salut !
Dis donc... J'ai discuté avec le mec du PS.
Oh là là ! J'ai l'impression de retourner au catéchisme.
Au moins, il croit en quelque chose.
C'est mieux que de faire de l'art en attendant un héritage.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
T'as retrouvé une conscience politique ?
Si tu continues, tu vas prendre ta carte, ça va être déprimant.
Là, je suis le clown de service.
J'ai pas dit ça. On t'a fait un lavage de cerveau ou quoi ?
Tu me fais chier !
Putain !
- Oh, pardon. - Reste. Vas-y.
Ça va ? Oh, excuse-moi. J'ai rien dit.
J'ai été un peu brutale, tout à l'heure.
- Ça te rend triste, ta rupture. - Je m'en fous, de Ben.
Je suis sortie avec lui en attendant que ça passe.
Sinon, j'aurais été seule.
Un jour, tu rencontreras quelqu'un qui t'aimera avec ta tête de lard !
C'est pas encore le moment.
T'es aimable. Il y a pas de raison.
Bon. On y va ? Tu vas pas rester là toute seule ?
- Non. Reste. - Il faut que j'y aille.
- Tu rentres chez toi ? - Oui.
Oh, putain, quelle conne !
- Excuse-moi. - Ça va aller.
Excuse-moi. Viens.
Merci. C'est gentil.
Ouille ! Doucement.
Je suis désolée.
Je l'ai fait exprès.
Quoi ?
Alexis, c'est toi que j'aime.
Je t'aime comme une folle.
T'as rien vu, mais ça me bouffe la vie.
Et c'est de pire en pire.
Je pensais que j'arriverais juste à te revoir
comme un ancien amoureux, et que ça me ferait plus grand-chose.
Mais à chaque fois, c'est pire.
J'arriverais pas à supporter qu'on se voie plus.
Je savais pas.
J'aurais pas dû te dire ça ?
Écoute, je peux pas... Je veux pas avoir une maîtresse.
J'ai pas envie de quitter Isabelle.
Si j'ai une relation, elle sera frustrante, médiocre, un truc nul.
Moi, je veux bien.
Non.
Bon. Va-t'en.
On y va ?
- Qu'est-ce qui t'arrive ? - J'ai trop chaud.
- Et ta main ? - Je me suis coincé...
C'est moi. Je suis très maladroite.
T'as pris une douche ?
- Il se fait tard. On va y aller. - Allez, on y va.
Camille, tu viens dîner mercredi ?
Bonne soirée.
- Merci. - Ça va aller ?
- Salut. - Ça va ?
Je vais prendre un Martini.
Merci.
400 F.
- Pardon ? - 500 F.
Je n'ai pas l'habitude des rapports tarifés.
J'ai besoin de parler. Alors si vous êtes pas hors service...
Ah ! Je me disais aussi... On s'est déjà vus ?
Vous êtes analysée ou analysante ?
Je sais même pas si je suis analysable.
C'est ma tournée ?
- Nathalie ! - Oui ? D'accord.
Il y a que lui que j'aime. J'ai envie de pleurer quand je parle de lui.
Je sens que je l'aime.
Et je sais que j'ai raison.
Quand on est sincère, on peut qu'être aimé en retour.
Je sens bien qu'il y a quelque chose entre nous.
Des tas de choses me prouvent que j'ai raison.
Tu crois pas ?
Bien...
Tomber amoureuse d'un homme marié,
c'est se battre pour faire son propre malheur.
C'est la meilleure façon de ne pas s'engager.
C'est faire en sorte que ça ne marche jamais
sans en assumer les responsabilités puisque...
il y a l'épouse légitime, les enfants, etc.
C'est du masochisme, quoi.
Mais quand je suis tombée amoureuse, je savais pas qu'il était marié.
Oui. Bien sûr.
Mais quand on est dans une névrose d'échec,
on développe une sorte de sixième sens.
Pourquoi, des fois, ça marche ? Il y a des gens qui divorcent
parce qu'ils vont vivre avec celui ou celle
qui les a attendus parfois très longtemps.
Je sais pas s'il y a un déterminisme.
Je suis pas sûre que tu aies raison.
Si ça t'arrange...
Merci.
Tu es marié ?
Oui.
Donc tu es un homme impossible.
Et pourtant, je ne veux pas te revoir.
- Vous vous ennuyez jamais ? - On a autre chose à faire.
Et il y a un théâtre, à côté. Hier, on a vu L'Illusion comique.
- Ça fait plaisir. - C'était assez précieux.
La mise en scène était emphatique, mais c'était pas mal.
C'était soporifique.
Je vois très bien. Super chiant !
Quand on est sortis, tu trouvais ça intéressant.
C'est vrai.
- J'arriverai la première. - Non. C'est moi.
Je suis là.
Bonne nuit.
On s'est brossé les dents pendant trois minutes et demie.
On peut lire un peu ?
- Pas plus de dix minutes. - D'accord.
Je vais monter avec vous choisir un livre.
Bonne nuit, tata Camille.
Vous êtes pieds nus !
- Ils sont où, les chaussons ? - En haut.
Bien sûr... C'est plein d'échardes !
- Qu'est-ce qu'on va lire ? - Le Petit Chaperon rouge.
Alexis...
J'aurais jamais dû venir.
Pourquoi ?
Tu fais comme si ça allait me passer.
Tu m'exhibes ton couple sous le nez. Tu le fais exprès ?
Pourquoi tu es venue ?
À chaque fois que je peux te voir, je suis heureuse.
Attends. Je suis désolé, mais ça devient trop compliqué pour moi.
Il fallait empêcher Isabelle de m'inviter.
Je me suis pas posé la question.
Sauf que maintenant je suis là
et tu parles tout bas parce que ta femme est à côté.
T'es pas possible !
- J'ai vu un psy. - Ah bon ?
Soit je suis masochiste et je te veux parce que tu es marié,
soit j'ai raison de t'aimer, et toi et moi, on va finir ensemble.
- Arrête ! C'est des conneries. - Alors ?
Je crois pas en Freud. J'ai choisi Marx.
Allez... Retourne là-bas.
J'ai jamais rencontré quelqu'un comme toi.
T'es vraiment terroriste !
Toi, tu te défiles. Tu passes ton temps à te protéger.
Ça va pas, non ?
Alexis, elles veulent que tu les embrasses.
Elles m'ont fait une de ces comédies !
Il y a une offre énorme sur les livres pour enfants.
Et il y a pas beaucoup de critiques.
C'est terrible, mais ça va s'arranger.
Il faut que je fasse pipi.
C'est pas la peine de monter. C'est là.
Qu'est-ce que je fous là ?
Ça va aller.
Ça va aller.
Oh ! Je vais peut-être monter chercher Alexis, non ?
Non. Il va redescendre. C'est toujours long, les câlins.
- Camille... - Oui ?
Alexis est à moi.
D'accord ?
Mais il y a rien.
Je sais.
Mais bon...
Je ne sais pas si le chien est une bonne idée.
Elles ont l'air de passer par une phase sadico-ana-quelque chose.
Toi, la calée en psychanalyse...
- Elle est calée en psychanalyse ? - Non. Rien.
Tu es en analyse ?
Isabelle...
Pardon. C'est personnel.
Qu'est-ce que tu foutais ?
J'ai attendu les tracts. J'ai eu un problème avec l'imprimeur.
Allez, on se dépêche ! Le marché remballe dans une heure.
- Ça va ? - Je peux pas distribuer ça.
Je sais même pas quoi dire. C'est nul.
Vous prenez les gens pour des cons.
Bon. OK.
- Quoi ? Je suis une emmerdeuse ? - Pas seulement.
La politique, c'est pas une thérapie. Si tu es pas mûre, personne t'oblige.
T'as qu'à les écrire, les tracts.
Je suis pas assez mûre alors que toi, oui ?
"La sécurité dans sa résidence, la démocratie dans le parti" !
Mais qu'est-ce que tu veux ?
Ta vie, ton soi-disant engagement, c'est médiocre, c'est nul.
Arrête. Tu mélanges tout.
Tu crois que tu es quelqu'un de bien parce que tu penses aux autres ?
Tu parles à leur place. Et à force, tu parles plus pour personne.
Mais arrête ! Tu pètes complètement les plombs.
Si c'est comme ça, c'est plus la peine.
J'aurais dû empêcher Isabelle de t'inviter.
Bon. Je te promets que ça ne se reproduira plus.
Qu'est-ce qu'il y a ? Je suis punie ?
J'en ai plus rien à foutre. Je te rends ma carte.
Et tes foutus tracts de merde ! Tu me reverras plus.
C'est moi qui veux plus te voir.
T'es nul. Tu racontes tout à ta femme.
Je sais pas ce qui m'a pris de tomber amoureuse de toi.
Je cours après l'échec. Eh bien, je me suis pas trompée.
Pauvre crétin, va !
Je ne suis pas renvoyée. Je m'exclus moi-même.
Bon. On va commencer par le marché.
Vous prenez le haut du boulevard Picpus.
Et nous, le bas.
Solveig a du boulot. On voulait fêter ça. T'étais où, hier soir ?
- Chez moi. - C'est pas vrai. Je t'ai appelée.
- C'est quoi, son boulot ? - Maquettiste dans un canard catho.
Génial...
- Je t'ai appelée plusieurs fois. - Je dormais. J'étais fatiguée.
Tu étais avec Alexis ?
Non. J'étais pas avec Alexis.
Tu étais avec un autre mec ?
- Tu connais pas. - Je te croyais dingue d'Alexis.
De toute façon, avec lui, c'est fini. C'est un échec total.
Non. Il faut pas dire ça.
C'était une expérience. C'était virtuel, mais quand même.
C'était nul. Il est nul.
Je trouve que ça commençait à ressembler à de l'amour.
- Hein ? - Ben oui.
- T'es malade ou quoi ? - Mais non. Je suis pas malade.
T'en as pas marre, de dire des conneries ?
Écoutez-moi. Si vous recommencez, je me fâche.
Vous avez déjà entendu parler de moi.
- Oui. Vous frappez fort. - Exactement.
On vous a renvoyée deux jours.
On m'a pas renvoyée. J'étais malade.
Ça, c'est sûr.
Camille... Il y a un mec habillé qui veut te voir.
- Il veut pas enlever ses vêtements. - Il était moins pudique hier soir !
Alexis, il s'appelle.
Non ?
J'ai hésité avant de venir.
C'est pas parce que tu as déchiré ta carte qu'on doit plus se revoir.
Non. C'est vrai.
J'ai deux places pour Lou Reed. Ça te dit ?
Je sais pas. Je vais réfléchir.
J'arrive. Tu m'attends ?
Dis, Octave... Je vais pas rester longtemps, là. En fait, j'y vais.
Si Jean-Luc passe,
dis que j'ai eu un empêchement et que je suis contagieuse.
OK. La file d'attente recommence !
À demain.
Qu'est-ce qu'on fait, là ? On va être en retard.
Je croyais qu'on avait le temps.
Tu veux pas qu'on aille au café, qu'on discute un peu ?
Tu as quelque chose à me dire ?
Attends. Et celle-là ?
Non. Je l'aime pas.
Comment tu me trouves ?
Bien.
Qu'est-ce que tu fais ? Sors immédiatement ou j'appelle.
Vas-y. Appelle.
Au secours ! À l'aide !
Je t'aime. Je t'aime, je t'aime !
Je t'aime, je t'aime !
T'es mon bonheur !
- T'es mon bonheur. - Je t'aime !
T'es mon bonheur. T'es mon bonheur !
Alors ?
On va dans les chiottes ?
- Et ton rendez-vous ? - Je peux être en retard.
- Salut ! - Bonjour, les filles.
- Ça va ? - Ça va.
Ça va ?
- Et Denis, ça a marché ? - Oui. Il sera là cet après-midi.
- Salut, jeune maman ! - Salut.
Ça a pas l'air d'aller.
Tu te racontes des histoires.
Oh, Camille !
Qu'est-ce qui se passe ?
Il se passe rien. C'est rien.
Émile, téléphone.
- Je suis sûre qu'il a quelqu'un. - Hein ?
Il est tout le temps fatigué et il a plus envie de moi.
Je suis sûre qu'elle l'appelle. J'ai pas le courage de les surprendre.
Enfin, elle l'appellerait pas ici.
Émile est plus malin que ça.
Et puis tu le sentirais.
C'est pas comme ça, un homme amoureux d'une autre.
Écoute ce que dit Camille.
Mon frère ne ferait jamais ça.
Il t'a fait un bébé, tu es la femme de sa vie.
Il parle déjà de faire le deuxième.
Quand on a des enfants, on franchit un cap. C'est indestructible.
Ou alors, une petite aventure de temps en temps.
Mais après de longues années. Et ça dure jamais longtemps.
Solveig et Louise ont pas d'enfant, et c'est indestructible.
- Tu viens avec nous à L'Entracte ? - Oui. Il y a de beaux mecs ?
Salut, les crocodiles !
Bonjour. J'ai trouvé un coin super à la cave.
Ça va me faire du bien.
Tu es préoccupée. Dans cinq minutes ?
Non. Dans cinq secondes.
- Et l'ambiance ? - Faut voir.
- J'ai rendez-vous à la cave. - C'est exotique, la cave !
Attends ! Allez, j'y vais. À tout à l'heure.
- Bonjour, les filles. Ça va ? - Oui.
- Tu viens avec nous ? - Où ?
À L'Entracte.
- Tu veux un verre ? - Du vin.
Elle vient aussi.
Tu es enrhumée ?
Arrête. C'est ma bouche. C'est quand on s'embrasse.
Plus fort. J'entends pas bien.
Quelqu'un a des anxiolytiques ?
C'est pour Émile.
Personne n'a même du Valium ? Il y a pas de honte.
- Tiens. - T'en as, toi ?
Avec de la vodka. Avec le whisky, ça fait mal à la tête. Tiens.
- Ça va ? - C'est Émile.
Merde ! Baroy avec sa femme. Tu me dis quand ils sont partis.
Alexis, c'est ridicule.
Je sais.
Il y a un truc que je comprends pas.
Moi, au début, j'étais heureuse.
Tu m'avais dit que tu m'aimais.
Il y a un truc que j'ai dû louper.
Bon. C'est pas possible ! Sors.
Alexis, sors ! En plus, il est parti. C'est ridicule.
Aïe !
Tu m'as éclaté la lèvre.
S'il était pas parti, je t'aurais passé à manger sous la table ?
Mais non.
Allez !
Je me sens mal.
Excusez-moi.
Camille, tu es chiante.
Tu m'avais prévenue que ce serait nul.
Tu veux que je te dise qu'on va vivre ensemble ?
Que je te dise des choses que je pense pas ?
Non. Si, d'ailleurs. Pour avoir le plaisir de t'envoyer balader.
Tu m'as touché dès que je t'ai vue. Après, je sais plus.
Je t'aurais peut-être laissée passer. Mais maintenant, c'est comme ça.
Je sais ce que je ressens.
Non, mais laisse tomber. C'est moi. Je cherche la merde.
Tu baises avec ta femme ?
Ça redonne une nouvelle jeunesse au couple ?
C'est ça. Allez, barre-toi.
Qu'est-ce que tu fais ?
La maîtresse chiante. Tu es garé au parking ?
- Oui. - Eh bien, on va au parking.
Mais ça va mieux ?
Ça te fait du bien, de voir le psy. Tu fais des progrès ?
- J'ai fait trois lapsus. - Ah, c'est bien.
Je me suis trompé sur toi. Je te voyais comme une dégénérée.
J'étais un beau salaud.
- Tu es malade. - Je te jure.
Je le disais à tout le monde.
Je me rends compte que tu es différente et heureuse de l'être.
S'il te plaît !
T'aurais pas envie qu'on retravaille ensemble ? Pourquoi t'as arrêté ?
Parce que tu me faisais chier.
- Tiens, c'est... - Alexis !
Ça va ?
- Comment il s'appelle, déjà ? - Je viens prendre des nouvelles.
T'avais qu'à appeler.
- C'est les médicaments. - Qu'est-ce que je lui ai fait ?
Je lui ai tout raconté. Il trouve que tu es un vrai salaud.
- Merci ! C'est parfait ! - Arrête, c'est pas vrai.
De toute façon, je pourrais lui raconter n'importe quoi.
Arrête.
Attends. Mercredi, je pars pour un congrès en Normandie.
Je suis là-bas jusqu'au mardi suivant.
Je te propose de venir me rejoindre vendredi soir.
On passe quatre jours ensemble.
Je me suis coincé la main dans le pot de chocolat.
- Laisse-toi faire. - Non. Arrête !
Salut.
Salut. Ça va ?
Très bien.
- Alexis aussi ? Et les petites ? - Impec. Très bien.
Alexis est au congrès,
et moi, je pars chez mes parents avec les filles jusqu'à dimanche.
- Ah bon ? - Et Alexis revient dimanche soir.
Il devait rentrer mardi, et on a discuté.
Finalement, il revient dimanche. Enfin, normalement.
Peut-être dimanche, peut-être mardi.
- Bonjour, tata Camille. - Bonjour.
- Les filles, on va rentrer. - Non. S'il te plaît !
Non. J'ai dit : "On rentre."
Allez !
Maintenant, tu sais que je sais.
Bonne chance.
- Bonjour, madame. - Bonjour.
J'ai une réservation au nom de Mme Engels.
Engels, oui. M. Engels n'arrivera que dans la soirée.
Vous avez la chambre 19.
Premier étage.
Merci.
Entrez.
On a tout un week-end.
- Et jusqu'à mardi ? - Jusqu'à mardi.
- Bonjour. - Bonjour.
- Je me suis ennuyée. - Qu'est-ce que tu as fait ?
J'ai lu des livres politiques et sur le Parti socialiste.
Ça m'a tellement intéressée !
Enlève ta veste. Mets-toi à l'aise.
Enlève ta cravate. Enlève ta chemise.
Je vais tout enlever. Mais toi aussi.
Mon amour !
Tu avais raison. C'était des canards.
- Ça marche pas. - J'y vais. Tu me rejoins si tu veux.
Il y a un petit resto très bon. On pourrait y aller lundi soir ?
Oui. Mais réfléchis à ce que tu veux faire en premier.
De toute façon, on a le temps jusqu'à mardi.
Oui.
J'ai bientôt un séminaire en Franche-Comté
pour boucler les dernières investitures.
Il y aura bien un hôtel sympa, là-bas.
C'est le mois prochain.
Oui...
Excuse-moi.
On peut pas rester jusqu'à mardi.
Je pourrais te raconter un bobard, mais je préfère te dire la vérité.
Merci.
Ne m'en veux pas.
Je t'en veux pas. Tu es un mec formidable.
J'avais peur de tout gâcher. C'est pour ça que je te l'ai pas dit.
Je vais prévenir la réception.
Et puis on a encore jusqu'à ce soir.
Tu m'en veux ?
Non. J'ai bien fait de venir.
Je suis lent.
Je suis pressée.
Bon anniversaire, Solveig !
Super ! Je croyais que tu pouvais pas venir.
J'ai été libérée plus tôt.
Tu as vu Solveig souffler ses bougies ?
- Elle est belle, hein ? - Oui, oui.
- C'est qui, la fille blonde ? - Pourquoi ?
Je la trouve géniale.
Qu'est-ce qui te prend ?
- On se connaît, non ? - Non. Tu sais bien.
Tu as une voiture ?
Non. Mais je sais arrêter les taxis.
Allez ! Je pensais pas ce que j'ai dit.
Arrête, je m'en vais.
- Tu rentres à la maison ? - Non.
- C'est quoi, le problème ? - Elle essaie de me rendre jalouse.
Et tu veux te joindre à nous ?
Attendez, les filles ! C'est la fête. On s'amuse.
Elle est avec moi et elle rentre avec moi.
Sois pas plus conne que les hétéros.
Camille, ça va !
Quoi ? T'es pas ma nounou. Reste avec ta femme.
Je sais pas comment je fais pour te supporter. Casse-toi !
T'es un peu allumeuse...
Tu me roules des pelles et après, tu me laisses tomber !
Tu restes sur ta faim ?
Arrête ! T'es complètement folle !
Ras-le-bol, de vos histoires à la con !
Salope !
- T'es pas capable de me quitter ? - Il est pas question de ça.
Tu veux le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crémière.
Eh ben, c'est fini, le cul de la crémière. Arrête !
- Je vois pas ça comme toi. - Je suis pas assez solide.
Isabelle, oui. Et c'est pour ça que tu vas rester avec elle.
Mais moi, toute cette vérité, je peux pas supporter.
Lâche-moi ! T'en as rien à foutre, si je suis triste ou toute seule.
Arrête. Tu es une vraie hystérique. Calme-toi.
Tu m'aimes pas.
En fait, tu m'aimes pas.
Si.
Qu'est-ce que vous prenez ? Hein ?
C'est ma tournée.
C'est ta tournée ? C'est cool. C'est super cool. Merci.
- Merci, euh... - Camille.
Camille. Enchanté.
T'es superbe, Camille.
- Vous avez repris quelque chose ? - Oui.
À boire et le reste.
Sympa.
Alors, Camille...
Tu as resservi tout le monde ?
Allez ! Le nouveau, hein !
Tu fêtes quoi ?
- Enterrement de vie de jeune fille. - Ça se fête.
Tu es bien tombée.
Je coiffe sainte Catherine !
Hé, Camille ! Regarde dans quel état elle s'est mise.
Ah ! Elle s'est gerbé dessus. C'est dégueulasse.
Attends.
Oh ! Oh, putain !
Bon. Aide-moi. On la fout au lit.
- Elle est lourde. - Allez !
- Franchement, ta copine... - Allez, ça va !
Marche pas si vite.
Attends !
Attention.
Oh là là !
Allez, on la désape.
On se la fait ?
Non. Avec Camille, il faut jamais y retourner.
Vous avez quand même pas...
C'était il y a longtemps.
D'accord ! Et c'était comment ?
Je me rappelle plus.
Franchement.
Bien.
J'en étais sûre.
- Elle a de la chance de t'avoir. - Elle est malheureuse.
Elle est malheureuse ! Elle nous fait chier, oui !
C'était quand, ça ?
Ça va, oh ! Bon. Je vais nettoyer.
Tu trouves ça drôle, en plus ? Où tu vas ?
Salut. Je suis venu dès que j'ai pu.
Quelqu'un t'a donné de mes nouvelles et tu t'es inquiété ?
Écoute, Camille... Tu m'as laissé quinze messages cette nuit.
T'avais l'air bien murgée, mais...
Oh, vas-y. Vas-y.
Moi aussi, je pleure. Tout seul, à poil dans mon camion.
On se ressemble, tous les deux.
C'est pour ça qu'on n'arrête pas de se croiser.
Tu vois, j'étais sûr qu'on se reverrait.
Alors quand tu m'as rappelé, ça m'a pas surpris.
Je me suis dit : "C'est le moment. C'est maintenant."
Je crois au destin.
Vas-y, pleure. C'est toujours moins d'eau que tu pisseras.
Je comprends pas comment j'ai fait la vaisselle.
La vaisselle ?
Tiens.
On va le mettre ici.
Le mariage des homosexuels, c'est quand même pas la panacée.
On a des droits comme tous les autres.
J'aimerais bien. On sait jamais, avec les socialistes...
Viens.
Que dites-vous ?
Parle pas de ça.
Rien, rien.
Elle est top.
- Très bien. - Elle est top. Oh oui !
Vas-y, c'est ça !
Regarde.
Tu as pas faim ?
Ça va.
- Oh, merde ! - Qu'est-ce qu'il y a ?
Ça doit être l'alternateur.
La courroie doit être nase.
Tu as pas un collant ou des bas ?
Non. J'ai que mes pantalons.
On peut s'arrêter. Tu répares, et puis on part demain.
Je connais une pension sympa. À Auxerre.
C'est des potes. Ça te dit ?
Hé ! Allez !
- Elle est où ? - Hein ?
- Elle est où ? - Auxerre.
Tu connais pas Auxerre ? L'équipe de foot ?
Non ?
C'est la courroie. Elle est bouffée.
- C'est loin, Auxerre ? - Non. On va y aller.
- Je vais m'acheter des clopes. - On en a plein.
- Des légères. - Justement.
Des menthols.
Vous êtes bien chez Alexis. Vous pouvez laisser un message.
Au revoir et à bientôt.
Alexis, c'est Camille.
Je sais pas pourquoi je t'appelle.
Vous êtes bien chez Alexis. Vous pouvez laisser un message.
Au revoir et à bientôt.
Je sais pourquoi je t'appelle.
Je serai à Auxerre, à la gare.
Viens, je t'en supplie. Je t'attendrai au dernier train.
Alexis...
Si tu m'aimes, viens.
- Ça va ? - Ça va.
- Je suis avec ma femme. - Enchanté.
- Tu as une chambre ? - Oui. Bien sûr. La 4.
Super !
- Je porte les bagages ? - Non. Ça va. Merci.
Qu'est-ce que tu fais ?
Je regarde le plan de la ville.
Ben...
On est...
On est ici. Voilà.
- Prends les bagages. J'arrive. - OK.
Nous avons réservé au nom de Gautier.
- Vous êtes libre ? - Bien sûr.
- Vous m'emmenez à la gare ? - Bien sûr.
Je suis très pressée.
Ça s'est bien passé, ces vacances ?
Pas mal.
Le retour a pas été trop dur ?
Si. On divorce.
Non ?
Je suis tombé amoureux d'une autre.
Isabelle l'a su.
Ça aurait pu s'arranger,
mais elle est partie chez ses parents.
Tu vas retrouver l'autre fille ?
Elle est mariée. Elle s'est mariée.
Tu couchais pas avec ma soeur ?
Si. Je couchais avec ta soeur.
C'est interdit de fumer, ici. Vous avez pas vu les panneaux ?
C'est une envie de femme enceinte.
On aura tout entendu !
Vous savez ce que vous lui faites ? Je vais vous coller une amende.
Alexis !
- Tu es revenue à Paris ? - J'ai quitté mon mec.
- Ben ? - Oui... Enfin, non. Enfin, oui.
Bon. Ça m'a fait plaisir de te revoir.
Quoi ?
Je m'étais dit que si je te revoyais, je te foutrais ma main sur la figure.
- Et pourquoi ? - Tu sais très bien.
La gare d'Auxerre. Le dernier train.
Tu y étais ?
C'est stupide, hein ?
- C'est une fille ou un garçon ? - C'est une fille.
Elle est de Ben ?
Je sais pas. On verra.
Tu es toujours amoureux de moi ?
Tu doutes de rien !
Il faut plus qu'on se revoie.
Je t'aime.
- Je t'aime. - Tu es mon bonheur.
Adaptation : Sandrine Durandière pour Eclair Group
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