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ALLONS DONC, PAPA !
Ellie ?
On va �tre en retard.
Je descends.
J'aimerais revenir sur ce qui m'est arriv� durant l'ann�e �coul�e.
Les femmes pensent qu'on se la coule douce, mais elles se trompent.
Les hommes sont des �tres sensibles. Si on les traite bien,
si on les cajole, ils seront adorables � vie.
Mais si jamais on les bouscule...
Vous me comprenez, messieurs.
On s'est tu� au boulot pour fonder un foyer,
puis vient le jour b�ni o� on commence � sortir la t�te hors de l'eau.
La carri�re est sur des rails, les enfants sont �lev�s,
mari�s, o� ils font leurs �tudes.
On est tir� d'affaire.
L�, on pense � tout ce qu'on aurait pu faire avec le temps.
Aller � la p�che, aller chasser le gros gibier.
Escalader l'Everest.
On se sent pousser des ailes.
On se prend pour Don Juan et Christophe Colomb r�unis.
Et c'est justement l� que tout s'�croule.
Tout a commenc� il y a un an.
Je suis rentr� du boulot en train.
Il avait encore du retard.
Il faisait si beau que j'ai pr�f�r� marcher plut�t que de prendre le bus.
C'�tait une de ces journ�es de mai o� la nature semble s'�veiller.
Je m'en souviens tr�s bien.
J'�tais guilleret, la maison �tait rembours�e,
mes trois enfants �taient �lev�s et ma femme sublime.
Ellie ?
- Salut, papa. - Salut, les enfants.
Je suis l�, Ellie !
J'arrive.
Elle �tait radieuse. L�g�re comme un nuage.
- Tu en as mis du temps. - Je suis rentr� � pied.
Je ne peux plus embrasser ma femme ?
- On repart tout de suite. - O� va-t-on ?
Kay et Buckley nous attendent. Ils sont quelque chose � nous annoncer.
Buckley a d� signer ce fameux contrat pour les sacs plastiques.
Je pense que c'est plus important que �a.
Plusieurs milliers de dollars sont en jeu. C'est tr�s important.
� mon avis... Mon manteau, s'il te pla�t.
- Bonne nuit. - Bonne nuit, maman.
Kay s'excuse, mais elle n'a pu inviter que les parents de Buckley.
Kay va cuisiner ? Emmenez des sandwiches.
Qu'il est b�te...
Tu es de plus en plus dr�le.
Stanley, je t'en prie. Merci de d�poser Delilah en allant au match.
Delilah, faites la vaisselle avant de partir au cin�ma.
Merci, Madame.
Tommy, ne travaille pas trop tard. Si l'artisan appelle...
Stanley ! Qu'est-ce qui te prend ?
C'est le printemps.
Je vois �a.
Notre couple est dans une impasse. Agr�able, mais il faut en sortir.
- Tu es tr�s belle. - Merci, Stan.
Vraiment tr�s belle. Mais on ne se voit plus.
Quand je rentre, c'est pour rafistoler la moquette ou colmater les fuites.
- D�sol�e. - Tu n'y es pour rien.
Je crois qu'on devrait tout abandonner et partir en voyage.
Apr�s tout, rien ne nous retient.
Comme au tout d�but,
avant l'arriv�e de Kay. On a les moyens, maintenant.
- Allons en Europe. - Attendons l'annonce de Kay.
Honolulu, ce serait bien ! Qu'en penses-tu ?
- On verra. - C'est tout vu. Waikiki Beach !
Un clair de lune � Waikiki !
Colliers de fleurs, ukul�l� et passion.
J'appellerai l'agence de voyages pour demander les tarifs.
- Bonsoir. - Bonsoir, ch�rie.
Ma petite Kay, la prunelle de mes yeux.
C'�tait une femme mari�e, � pr�sent. Mais pour moi, elle restait
une petite fille.
Tout se passe bien ?
Regarde-la ! Elle est plus radieuse que jamais !
Merci, papa.
- Il te traite bien ? - Oui. Il t'a manqu� ?
�a suffit !
- Bonsoir ! - Buckley !
J'�tais de si bonne humeur, que j'�tais presque content de voir mon gendre.
Je n'en �tais pas fou, mais je m'y habituais.
Papa Banks, comment allez-vous ?
Donnez-moi votre chapeau.
Vous pourriez m'�pargner les "papa Banks" et m'appeler Stanley ?
- Bien s�r, Stan. - Non. Stanley.
- Un golf, dimanche ? - Avec joie !
Ravie de vous revoir, tr�s ch�re !
Comment va, Herbert ?
- On fait aller... - Vous avez bonne mine !
Doris, comment �a va ? Qu'est-ce qu'il a ?
- C'est l'arriv�e du printemps. - Moi aussi, �a m'affecte, pas vrai ?
Vous aussi, vous attendez la nouvelle ?
Je suis impatiente.
- Un cocktail ? - On t'�coute, ma ch�rie.
- Nous sommes tous l�. - Merci, Buckley.
- J'ai devin�. Excellente nouvelle. - Oui, en effet.
Ils sont d�j� au courant ?
Non, j'imagine que c'est enfin sign� ?
C'est cette histoire de contrat ?
- C'est �a ? - Des milliers de dollars !
On esp�rait plut�t une naissance.
Moi aussi ! Que je suis d��ue !
Mais il s'agit bien d'une naissance !
Buckley, c'est fantastique !
F�licitations.
Quel enthousiasme d�bordant... Kay passait de bras en bras.
Je suis fou de joie, Kay !
Buckley essayait de para�tre modeste, mais il avait surtout l'air niais.
Je souriais autant que possible, mais quelque chose n'allait pas.
Impossible de trouver quoi, mais �a clochait.
�a c'est une sacr�e nouvelle, pas vrai, papy ?
Papy... Voil� ce qui n'allait pas.
Papy !
Il me vole ma fille et il fait de moi un grand-p�re.
Le Dr Bond la suit depuis toujours.
J'esp�re que �a se passera bien.
Mon Dieu : novembre, c'est demain ! Il y a tant � faire.
Ben ! Tommy !
- Que leur veux-tu ? - Je veux leur dire. Ben, Tommy !
Vous m'entendez ?
Que se passe-t-il ?
C'est extraordinaire. Kay va avoir un b�b�.
Tout de suite ?
- En novembre. - Pauvre Buckley.
Comment �a, "pauvre Buckley" ? Tu aurais d� voir comme il �tait fier.
Pendant qu'on le f�licitait, il �tait mignon et g�n�, comme un gar�onnet.
- N'est-ce pas ? - Tu m'�tes les mots de la bouche.
Vous �tes tous les m�mes. Bonne nuit, d�sol�e de vous avoir r�veill�s.
Gardez �a pour vous.
- Mme Dickson, s'il vous pla�t. - Qui appelles-tu en pleine nuit ?
Dites-lui de rappeler Mme Banks. C'est tr�s urgent.
Elle m'en voudrait si j'attendais.
Il faudra f�ter l'arriv�e du b�b�. Samedi, par exemple.
Tu es s�re qu'on doit s'occuper de �a ?
- �a ne nous regarde pas. - On dirait que tu n'es pas content.
- C'est le cas. - Pourquoi, Stanley, voyons ?
Je vais te le dire.
D'abord, ils n'ont pas assez de place pour avoir un enfant.
- Ils peuvent... - Et ils n'en ont pas les moyens !
Un enfant, �a co�te cher.
L'argent, �a se gagne. Il n'a pas d�croch� le contrat.
Est-ce que �a lui fait quelque chose ? Non, il continue � faire le beau !
Mais c'est lui qui en p�tira !
S'il croit que je vais payer. Il se trompe lourdement !
Je paye encore son mariage.
- Ils auraient d� attendre. - Attendre quoi ?
Sept ou huit ans. Ils sont trop jeunes.
Kay est une gamine. � peine dipl�m�e, elle a �pous� le premier venu.
- Maintenant, c'est le b�b� ! - Stanley Banks !
J'ai arr�t� les �tudes pour t'�pouser. Tu te souviens quand c'�tait ?
- Non, bien s�r. Le 4 septembre. - Quel rapport ?
- Et la naissance de Kay ? - Le 21 juin.
Exactement. Pendant la remise des dipl�mes, moi, j'accouchais.
Je sais qu'ils ont peu de moyens
et un petit appartement, mais est-ce si important ?
Ce qui compte, c'est qu'on va �tre grands-parents.
C'est une sorte de dividende.
Un dividende ?
Ce b�b� est un cadeau que l'on nous fait.
On en profite sans en �tre responsable ni assumer l'intendance.
Il nous suffit de l'aimer.
All�, Ruth ? J'ai une nouvelle fabuleuse !
Je vais �tre grand-m�re !
C'est divin, non ? Je suis si impatiente.
Kay vient de nous l'annoncer.
Ellie �tait emball�e.
Mais devenir grand-p�re, pour un homme...
Et mes r�ves d'horizons lointains ?
Toutes ces aventures palpitantes qui n'attendaient que moi !
Mais j'allais devenir grand-p�re. J'ai pens� � ceux que je connaissais.
Un ramassis de vieillards...
Coldger, le voisin �dent�.
Ou celui qui ne vivait que pour d�sh�riter les siens.
Ou les doyens du club dont la vie ne tenait plus qu'� un fil.
Je ne sentais pas la naphtaline,
je commen�ais � peine � vivre.
Je manquais juste un peu d'exercice.
Le lendemain, j'attaquais la gym.
Ce soir-l�, je p�tais le feu.
Le lendemain, j'�tais devenu centenaire.
Buckley t'attend pour le golf.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Rien... - Qu'est-ce que je peux faire ?
- O� as-tu mal ? - Partout.
Qu'est-ce qui t'arrive ? J'appelle le m�decin.
- L�che ce t�l�phone. - Et si c'�tait l'appendicite ?
Tu sais bien que je n'ai plus d'appendice !
- Je fais monter Buckley. - Buckley ?
Ni m�decin, ni Buckley !
Il pourrait t'aider.
Il en a d�j� assez fait comme �a.
J'ai surtout besoin d'un bon bain chaud.
Je le fais monter.
La semaine suivante, on a f�t� l'�v�nement.
Ce fut une vaste foire d'empoigne sans intervention de la police.
Kay ! Tu n'as pas ouvert celui-ci !
- Gardez toutes les cartes. - Oui, madame.
Stanley !
Stanley, c'est formidable. Kay est couverte de cadeaux.
Personne n'est venu les mains vides.
- Avaient-ils le choix ? - Quel cynisme ! Joins-toi � nous.
- Ce n'est pas du tout ma place. - Papa !
O� vas-tu ? Viens voir ce que j'ai eu.
Plus tard...
Apr�s, rejoins-moi � la cuisine. J'ai � te parler.
C'est magnifique. Je dois aller voir ta m�re.
Va voir Buckley. Il est seul dans son coin.
Buckley semblait au bord du K.O., mais je l'ai laiss� se d�brouiller.
Ellie m'attend.
Je t'�coute.
Je voulais te parler avant l'arriv�e des Dunstan.
La maison va nous para�tre vide
quand Ben nous quittera � l'automne.
Alors, j'ai eu une id�e.
Proposons � Kay et Buckley de s'installer chez nous.
- Ellie, tu n'es pas s�rieuse. - Tout le monde y trouvera son compte.
On peut am�nager l'ancienne chambre de Kay en salon
et faire leur chambre dans celle de Ben.
On met Tommy dans la chambre libre,
on ouvre une porte vers la salle de bains,
on en fait une nursery.
On sera � c�t� si le b�b� pleure...
Non, c'est hors de question.
�a ne co�tera rien. J'ai d�j� fait �tablir un devis.
C'est l'endroit id�al pour le b�b�. �a leur permettrait
de sortir le soir ou de partir en vacances. On s'en occuperait.
Je t'arr�te tout de suite. Je sais que tu aimerais accaparer ce petit.
Mais c'est non. On a d�j� donn�.
Les t�t�es nocturnes, les coliques... Et ce b�b� n'est m�me pas le n�tre.
Tu vois tout en noir. Ce serait amusant.
Aller le voir chez eux, tout pomponn�, d'accord.
- Mais il n'habitera pas ici. - Leur appartement est trop petit.
- Qu'ils ach�tent une maison. - Avec quoi ?
Il fallait y penser avant.
Comment peux-tu te montrer aussi cruel envers un b�b� sans d�fense.
Les Dunstan sont l�. Vous pouvez les accueillir ? Je suis occup�e.
Bien s�r.
Tu viens ?
Herbet, Doris ! Vous �tes arriv�s !
Bonjour, Ellie.
Papy Banks ! Comment allez-vous ?
Quelques courbatures.
Moi, je p�te le feu !
Je me maintiens en forme en �tranglant la concurrence.
Ce b�b� est une vraie b�n�diction. Herbert a rajeuni de vingt ans.
- Asseyez-vous, je reviens. - Non, restez l� et asseyez-vous.
Excusez mon empressement. J'ai quelque chose � vous montrer.
Kay, Buckley, venez voir mon cadeau. Merci d'enlever �a, Stan.
J'ai besoin de place. Tenez...
- Qu'est-ce que c'est ? - Un plan !
Donnez-moi une chaise.
Votre avenir est sur ce plan, je travaille � votre bonheur.
Stan, tenez ce c�t�. Merci de tenir celui-ci, Ellie.
Les enfants, regardez-moi �a !
- Qu'est-ce que c'est ? - Votre nouvelle maison.
- Comment �a ? - Je vous explique.
En d�ambulant chez moi, l'autre jour, j'ai eu une sorte de r�v�lation.
L'aile ouest serait un petit nid id�al.
J'en ai parl� � mon architecte. Je vous montre.
Ici, le bureau. L�, le s�jour.
Salle � manger, cuisine, buanderie. Ici, la chambre du b�b�, la nursery
et votre chambre. Toutes les pi�ces seront spacieuses.
Ellie �tait effondr�e. Elle sentait le b�b� lui �chapper.
Le salon fait 8 m sur 7. C'est suffisant ?
En plus, vous aurez deux baby-sitters sous la main.
- Qu'est-ce que vous en pensez ? - C'est magnifique, n'est-ce pas ?
- Oui... c'est formidable. - Le th� est pr�t.
Bien s�r, rien n'est d�finitif.
Il s'agit d'une esquisse g�n�rale.
On peut tr�s bien mettre l'enfant dans cette pi�ce.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Tu aurais d� les laisser venir ici.
Tu t'enthousiasmes plus pour ce b�b� que pour aucun des tiens.
Tu ne comprends rien. Kay aura vraiment besoin de nous.
J'aurais pu l'aider pour les courses et pour choisir les v�tements.
Si tu y attaches une telle importance, qu'ils s'installent ici, allons-y.
Ils vont aller chez les Dunstan.
Arr�te, je t'en prie.
Tu as entendu Mme Dunstan :
ce b�b� est une b�n�diction pour elle.
Je veux bien le croire.
Ils vont totalement accaparer ce petit.
- Ellie... - Pardon !
Tu te comportes...
C'est tr�s gentil et tr�s g�n�reux de votre part.
Nous vous en sommes tr�s reconnaissants.
Mais ce sera mieux ainsi, on se ne sera pas dans vos pattes.
D�sol� que tu aies perdu ton temps. On aurait d� vous en parler avant.
- Vous l'avez d�j� achet�e ? - On a vers� un acompte dimanche.
- Je vois. - Vous allez acheter une maison ?
- Vous en avez les moyens ? - On a pris une hypoth�que.
Une hypoth�que ?
Et alors, nous aussi, on l'a fait.
O� se trouve-t-elle ?
Dans le nouveau lotissement, c'est �a ?
C'est la superficie id�ale et il y a un joli jardin derri�re.
- Bob et F�licia vont acheter l�. - C'est meubl� ?
Non, mais on ach�tera des meubles en bois brut...
Laissez, je vais m'occuper de tout !
Je prends tout en charge. �a sert � �a, une maman.
C'�tait reparti.
J'allais la chercher sur le chantier. Elle ne comptait pas son temps.
Bonjour, papa !
- Comment vas-tu ? - Et toi ? Entre donc.
Tu es radieuse.
Non, restez dehors.
- Encore ? - Pourquoi ?
- La peinture. - �a sent toujours.
Emm�ne-la dehors en attendant que Buckley arrive.
Allons dans le jardin.
- Je culpabilise. Maman fait tout. - �a lui fait beaucoup de bien.
- On s'assoit o� ? - Ici.
- Tu aimes la maison ? - Beaucoup.
Les Hurshey en sont partis uniquement parce qu'ils manquaient de place.
C'est le cheval de Bobby. Je le lui rendrai.
Papa, comment �a s'est pass� quand tu as eu ton premier enfant ?
Maman et toi avez r�agi diff�remment ? Qu'as-tu ressenti exactement ?
- J'�tais heureux. - S�rieusement.
J'�tais assez content. Bien s�r, il m'a fallu un temps d'adaptation.
J'�tais ouvrier � la journ�e quand tu as fait ton apparition.
- Tu as d� me d�tester. - Non, pas � ce point.
Le pire, �a a �t� ta premi�re nuit � la maison.
On t'a ramen�e, donn� la t�t�e de six heures, puis couch�e.
Puis on a v�rifi� une dizaine de fois que tu allais bien.
Le silence : on te croyait morte. Des cris : on cherchait ce que tu avais.
Ce jour-l�, je me suis dit : "On �tait heureux, pourquoi on a fait �a ?
On �tait libres, et l�, c'est fini."
� la merci d'une furie de 50 centim�tres.
- Tous les p�res ressentent �a ? - Je ne peux parler que de mon cas.
Je me souviens d'un matin o� tu t'es r�veill�e en hurlant.
Ta m�re faisait chauffer le biberon pendant que j'essayais de te calmer.
Tu as attrap� mon doigt.
Avec une telle force...
Et l�, j'�tais fichu.
- Pourvu que �a arrive � Buckley. - Il ne doit pas se sentir rejet�.
Merci, papa.
Tu m'aides ?
Ch�ri !
- Bonjour, �a va ? - Oui, merci.
- La journ�e a-t-elle �t� productive ? - Vous allez �tre en retard.
- Il peut t'aider. - Non, c'est inutile.
D'accord, au revoir. Bonne soir�e.
- On sort ce soir. - Stan, viens voir.
Cet encadrement est splendide. On va s'en resservir.
On le r�utilisera dans chaque pi�ce et on l'assortira aux rideaux.
Regarde ce beau tissu couleur melon.
Ce sera pour les rideaux, et �a, pour la chambre.
Je les ai � bas prix.
�a reste dans leur budget. Je suis tr�s contente.
Il n'y a qu'un point noir.
Je n'ai pas touch� � la nursery. C'est horrible.
- Pourquoi ? - Herbert s'en charge.
C'est ridicule.
Il �tait tellement vex� de leur refus qu'il a insist� pour faire la chambre.
Il a achet� un berceau en osier, un paravent et une commode.
Ce qu'il a trouv� de plus cher, j'imagine.
Et nous, on lui offre quoi, au b�b� ?
Tu pensais que je n'allais rien lui acheter ?
En fait, j'ai d�j� rep�r� un cadeau qui serait fantastique.
�a se met sur la fen�tre et �a filtre l'air.
C'est moderne et assez cher.
- Et �a s'appelle ? - Je n'en sais rien.
- Tu as vu �a o� ? - En ville ?
�a se r�gle ici.
�a contr�le l'arriv�e d'air et la temp�rature en permanence.
Anti-poussi�re, anti-pollution. �patant.
Une id�e d'Ellie, si Tommy avait eu �a, il aurait �t� moins malade.
Impressionnant. Venez, je vais vous montrer quelque chose.
Vous allumez cet appareil et vous le laissez pr�s du berceau.
Vous quittez la pi�ce et s'il pleure ou si �a respiration se modifie,
vous l'entendrez d'o� vous �tes.
- C'est tr�s utile. - Son meuble � langer avec baignoire.
- La taille id�ale. - Et �a, c'est quoi ?
C'est � moi. Il �tudiera l�-bas, un jour.
- Ah bon ? - Oui.
En fait, je l'ai d�j� inscrit. Promotion 1973.
- J'�tais � Dartmouth. - C'est bien aussi.
- Vous avez not� les dimensions ? - "C'est bien aussi ?"
On vous a battu au foot en 1947,1948 et 1949.
Et il y a fort � parier... Et cinq ann�es d'affil�e en hockey.
Notre �quipe de bobsleigh est l'une des plus performantes qui soit.
Ellie a fait du caf�.
"C'est bien aussi" ? Elle est bien bonne !
Alors, comment trouvez-vous notre nursery ?
- Tr�s belle. - Et c'est une nursery �volutive.
Sur ses �tag�res, il mettra ses jouets puis ses raquettes de tennis.
Ellie avait raison. Ils voulaient l'accaparer.
Merci, ma ch�rie.
Jolie musique, hein ?
Mme Dunstan m'a fait cadeau du disque.
J'�coutais de la musique quand j'�tais enceinte de Buckley.
Voil� pourquoi il siffle si bien. Vous l'avez d�j� entendu siffler ?
- Non, jamais. - Vous devriez le lui demander.
Je le ferai. Comptez sur moi.
Quel sera le nom
- de ce b�b� ? - On s'est chamaill�, � ce sujet.
On a �pluch� l'annuaire, le dictionnaire des pr�noms.
- On est d'accord sur quelques noms. - Assieds-toi, Kay.
- On a pens� � Andrew. - Pourquoi Andrew ?
Comme Andrew Jackson ou le Dr Andrew Nordell.
Le pr�nom en lui-m�me nous pla�t.
Ainsi que Jonathan.
Non, pas Jonathan. Plut�t John tout court.
On a pens� � Michael, c'est un beau pr�nom.
Impossible. J'�tais � l'�cole avec un Michael qui sentait tr�s fort.
�a ne veut pas dire que tous les Michael sentent fort.
Depuis que j'ai lu Les quatre filles du Dr March,
j'adore le pr�nom de Lawrence, ce cher Larry.
Et Timothy ? Est-ce que tu aimes ce pr�nom, Kay ?
Ils viennent de te dire
qu'ils ont d�j� eu ce d�bat. Pourquoi leur proposer d'autres noms ?
Ils ont d�j� d'excellents pr�noms, Jonathan, Michael, Andrew.
- C'est parfait. - Il faut choisir en fonction du nom.
Andrew Dunstan, ce n'est pas terrible, si ?
Ils h�sitent encore, on les aide.
Vous faites tous fausse route, il faut reprendre un nom de la famille.
Le premier petit-fils doit avoir le pr�nom
de son grand-p�re paternel, je crois.
Je ne voulais pas dire �a.
Je pensais � mon arri�re-grand-p�re Malcolm
ou � l'oncle Wilbur.
Si on reste dans ce registre, pourquoi pas Stanley ?
Ce serait parfait.
On y a pens�.
Non, pas question. Un Stanley dans la famille, �a suffit.
C'est s�r. Pourquoi pas Cornelius ?
Il y a aussi Gregory, Dexter, David.
Chez moi aussi, il y a de jolis noms : Milo, Pennington...
Pennington, �a, c'est sympa. J'aime bien.
On trouve
des noms de gar�ons, mais si c'�tait une fille ?
Soyez tranquilles, les Dunstan ne font que des gar�ons.
�a ne m'inqui�te pas. Je pr�f�re les filles.
O� vas-tu, ch�rie ?
- Faire la vaisselle. - Tu plaisantes ?
- Maman, laisse-moi faire. - Tu en fais trop. Repose-toi.
Un peu d'exercice, c'est tr�s bon...
- Il lui faut une femme de m�nage. - Sauf si elle est fatigu�e.
C'est la faute de son m�decin. Elle aurait d� consulter le n�tre.
- Ou le n�tre. - Mon m�decin est tr�s bien.
Il est formidable !
Il m'a dit de ne pas... C'est mon b�b�, vous comprenez ?
Et celui de Buckley ! On disait...
� vous entendre... Je veux vivre ma grossesse comme je l'entends.
Maintenant que nous l'avons rendue hyst�rique, si nous partions ?
O� sont tes affaires ? Je les ram�ne.
Merci.
- Papa ? - On s'en va, ma ch�rie.
- Entre, papa. - Allez-y. Je m'occupe de �a.
C'�tait horrible. Je m'en veux tellement.
- Ils ne me pardonneront jamais. - Voyons ! On a eu ce qu'on m�ritait.
Toi, tu ne te m�les pas de tout, contrairement aux autres,
aux Dunstan et � maman.
J'en fais trop ou pas assez. Elle veut une fille, eux, un gar�on...
Il y aura toujours des gens d��us.
Tu devrais avoir des jumeaux. Un de chaque sexe.
Heureusement que tu es l�, avec ton bon sens.
Non, je ne vaux pas mieux qu'eux. Mais �a ne se reproduira plus.
Je te le promets. On ne se liguera plus contre toi.
D�tends-toi. Vis ta grossesse comme tu l'entends.
Emp�che-les d'aller emb�ter le Dr Nordell.
- Comment �a ? - Les Dunstan veulent le rencontrer.
- Tu les en emp�cheras ? - Bien s�r.
C'est ton m�decin. C'est normal que tu lui fasses confiance.
- Personne n'a � s'en m�ler. - Merci, papa.
Ce n'est pas leur faute,
ils ne saisissent pas son approche novatrice.
Pour le Dr Nordell, donner la vie est un acte naturel.
Un acte exaltant,
dont il ne faut pas rater une seconde.
Une femme doit ressentir intens�ment chaque seconde de ce qu'elle vit.
Il croit aussi qu'une m�re ne doit pas se s�parer du b�b� qu'elle enfante.
Elle doit le ramener tout de suite avec elle dans sa chambre.
Elle doit vivre constamment � ses c�t�s.
- C'est novateur, en effet. - Pas du tout.
Les peuples primitifs font comme �a. Il est all� dans le Pacifique.
Et les femmes ne se s�parent jamais de leurs b�b�s.
Elles les portent sur leurs dos pendant les deux premi�res ann�es.
Selon lui, c'est formidable pour les b�b�s.
On devrait toutes faire pareil.
Faire le m�nage comme �a.
Quand il a faim, on le glisse devant, puis on le remet derri�re soi.
De cette fa�on, le b�b� se sent en totale s�curit�.
Ch�rie, tu es s�re que ce m�decin...
Tu ne vas pas t'y mettre aussi ?
Le Dr Nordell est formidable.
- C'est un m�decin exceptionnel. - J'en suis convaincu, ma ch�rie.
- Merci, papa. - Tu ferais mieux d'aller te coucher.
Bonne nuit, papa.
Le Dr Nordell va vous recevoir.
Je suis mal � l'aise.
Nous avions tous d�cid� de ne plus nous m�ler de leurs affaires, non ?
Kay ne se prom�nera pas avec son b�b� sur le dos.
- Ce n'est qu'une image, voyons. - Je veux en avoir le c�ur net.
Bonjour !
Ravi de vous rencontrer. J'aurai vu toute la famille.
- Les Dunstan sont venus ce matin. - Ah oui ?
D'apr�s eux, Kay ne se m�nage pas assez. Mais je les ai rassur�s.
- Votre fille est formidable. - Merci.
Mes excuses. Asseyez-vous, Mme Banks.
- Que puis-je faire pour vous ? - Ma femme aussi est inqui�te.
Vous savez ce que c'est. Kay est sa seule fille.
J'ai pens� que ce serait une bonne id�e de venir vous voir.
Excellente initiative.
- Qu'est-ce qui vous inqui�te ? - Eh bien...
Un peu tout, � vrai dire...
Le c�t� naturel de votre approche.
J'essaie de la tranquilliser.
Avoir peur de souffrir peut faire souffrir.
Mais si elle comprend tout ce qui va se passer et si elle a confiance,
si elle comprend que je serai l� pour l'aider,
si elle me fait confiance, tout se passera bien.
Pour ce qui est de garder le b�b� dans leur chambre,
j'essaie de convaincre les mamans de porter leurs b�b�s elles-m�mes,
de les nourrir, de les baigner en �tant proches d'eux,
au lieu de les confier � l'infirmi�re.
C'est beaucoup demander � Kay, c'est un travail de tous les instants.
Mais les b�n�fices seront �normes.
Pour le b�b� et pour Kay.
Tu vois, Ellie ! Tu te faisais du mouron pour rien.
Merci de nous avoir re�us, docteur.
C'est dans mon int�r�t. Votre soutien ne peut que m'�tre utile.
- Nous vous soutenons. - Merci.
- Comptez sur nous. - Excusez-nous.
Viens, le docteur a du travail.
Les mois suivants furent tranquilles.
C'�tait le calme avant la temp�te.
Ellie, tu r�ponds ? T�l�phone.
Buckley, qu'est-ce que...
Tu as vu l'heure ? Il est 2 h 45.
Navr�, je ne me rendais pas compte. Kay est chez vous ?
Kay ? Bien s�r que non.
Pourquoi serait-elle...
Buckley, je te prends sur la ligne d'en bas.
All� ?
Pourquoi tu me demandes �a ?
Si elle �tait chez vous, j'aurais pu passer la chercher.
Quand est-elle partie ?
Je ne sais pas. Je viens juste de rentrer.
Vous vous �tes disput�s ?
C'est une dispute ?
Une petite querelle.
Si jamais il lui arrive malheur, je me suicide.
Je m'occuperai de toi avant.
Elle est partie avec des affaires ?
Son carton � chapeau, son parapluie, son vanity case, sa brosse � dents...
Si elle a pris sa brosse � dents, elle ne sautera pas d'un pont.
Tu as essay� d'appeler quelqu'un d'autre ?
Tu devrais essayer. J'arrive.
- Du nouveau ? - Non.
- Tu as appel� ses amies ? - Oui. Et les h�tels.
- J'appelle la police. - Attends, on va la retrouver.
Elle a pris la voiture ? Il y a des bus qui passent � cette heure ?
- On est pass� la prendre ? - Je ne crois pas.
- Quel est le num�ro de taxis ? - Fairview... 6-1-0-9-8.
J'ai d�j� appel�, ils ne donnent des informations qu'� la police.
Fairview 6-1-0-9-8.
Ils ont instaur� cette r�gle. Trop de femmes plaquent leurs maris.
- Elle a beaucoup de liquide ? - Non. Elle perd ce que je lui donne.
- Elle est d�j� partie ? - Comment �a ?
Moi aussi, je suis mari�, mon grand. Est-ce qu'elle a d�j� fait �a ?
Non. J'ai parfois trouv� porte close, mais c'est tout.
All�, la Compagnie des Taxis Verts ?
Je sais que c'est contraire � votre politique, mais j'ai besoin d'aide.
On vous a appel�s depuis le 324 Adam Street ?
D�sol�, c'est contraire au r�glement.
Je ne suis pas son mari. Je suis son p�re.
En plus, elle attend un heureux �v�nement.
Vous savez comment sont les femmes � cette p�riode.
Votre aide me serait tr�s pr�cieuse.
Elle a appel�.
O� est-elle all�e ?
Merci infiniment. On vous revaudra �a.
- O� est-elle all�e ? - Chez elle.
Comment �a, chez elle ? C'est ici.
- Je voulais dire, chez nous. - J'attends ici.
- Tu veux qu'elle revienne ou pas ? - Oui.
Alors tu dois aller la chercher. C'est comme �a que �a marche.
Aucune �pouse normalement constitu�e ne rentrera de sa propre initiative.
� propos de quoi vous �tes-vous disput�s ?
Je n'ai pas envie d'en parler.
En tout cas, votre fille a un sale caract�re !
- J'en suis d�sol�. - Elle a un comportement d'enfant.
D'enfant g�t�. Il faut qu'elle grandisse.
Elle ne peut se r�fugier chez papa et maman au moindre probl�me.
Tu veux qu'on d�m�nage ?
- Bonjour, papa. - Bonjour.
Tu n'as pas tes clefs ? Il fallait sonner.
Je ne voulais pas vous r�veiller.
Mon m�decin m'a conseill� de dormir la fen�tre ouverte.
Ce n'est pas l'air qui manque ici. Viens.
J'ai quelque chose � te dire.
J'ai quitt� Buckley. D�finitivement.
J'aimerais que tu le dises � maman et qu'elle ne me harc�le pas.
�a ne servirait � rien.
C'est bel et bien fini.
Je pr�f�re ne pas en parler.
Bien s�r, ma ch�rie. Comme tu voudras.
Viens, je vais pr�parer ta chambre.
Papa, pourquoi est-ce que �a finit comme �a ?
Tout allait bien, j'�tais heureuse. Tout le monde �tait adorable.
Mais l'attente est trop longue. �a tra�ne beaucoup trop.
Je suis devenue laide et empot�e.
Voyons, ch�rie, ne dis pas �a. Tu es belle diff�remment, c'est tout.
Je sais ce que je suis.
Je suis d�prim�e, j'ai des r�actions idiotes.
Je ne peux plus faire certaines choses.
C'est au moment o� j'ai le plus besoin de lui, qu'il a cess� de m'aimer.
Tu te trompes. Buckley t'aime comme un fou. Il est mort d'inqui�tude.
Il a m�me parl� de se suicider.
Quand �a ? Il t'a appel� ?
Il est � l'int�rieur.
- Il a tout racont�, j'imagine. - Il a juste parl� d'une dispute.
Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre. Tu veux la v�rit� ?
Il a quelqu'un. Il a rencontr� quelqu'un d'autre.
Il pr�tend retourner travailler tous les soirs.
Mais il ment. J'ai appel� le bureau plusieurs fois et il y est jamais.
Il en aime une autre.
On en parlera demain. Tu dois te reposer.
Je lui dis de partir.
Elle est l�. Elle dormait dehors. Elle n'est pas en �tat de te parler.
- Elle vous a racont� ? - Oui.
Alors j'ai quelque chose � dire.
C'est faux. Sur toute la ligne.
Tous les soirs, c'est au travail que je vais. On va avoir un b�b�.
Il faut lui assurer...
Elle a appel� et personne n'a r�pondu.
� chaque fois, j'ai d� m'absenter pour prendre un caf�.
Je me tue � le lui dire, mais elle ne me croit pas.
Il ne faut pas chercher � convaincre quelqu'un dans son �tat.
Je ne sais pas o� j'en suis non plus.
J'ai m�me pens� � demander � un coll�gue d'appeler Kay.
Mais je me suis dit : "Elle ne me croira jamais.
Elle ne croit pas que je travaille d'arrache-pied pour ma famille.
Elle doute de moi, alors tant pis ! C'est termin� entre nous."
Du calme. On reparlera de �a demain, apr�s avoir dormi un peu.
Je crois que tout est dit.
- Je peux appeler un taxi ? - J'installe Kay et je te ram�ne.
- Merci, mais je pr�f�re le taxi. - Comme tu veux.
Il appelle un taxi.
- Il a tout ni� en bloc, j'imagine. - Il m'a donn� sa version.
- Tu ne le crois pas, j'esp�re ? - Ce que je sais, c'est qu'il t'aime.
C'est faux. Il ne m'aime pas. Il se fiche bien de ce qu'il m'arrive.
- Je n'aurais jamais d� l'�pouser. - Il fallait y penser avant.
Allez, viens. D�p�che-toi. Il faut que tu ailles dormir.
D�sol� de vous interrompre.
Votre t�l�phone ne marche pas.
C'est absurde. Il ne marche pas ?
All� ? Op�ratrice ?
Ram�ne-le. Je vais me d�brouiller.
Op�ratrice ?
Tu ne dois rien porter de lourd. Je m'en occupe.
- On n'a pas besoin de ton aide. - Non, c'est vrai. Je m'en charge.
Vous devriez l'installer au rez-de-chauss�e.
Il y a le canap�, mais c'est un peu raide.
Tu ne dois pas monter les escaliers. Elle doit boire beaucoup d'eau.
- Il faut le lui rappeler. - J'essaierai.
Elle doit aussi marcher deux � trois heures par jour.
Un peu le matin, l'apr�s-midi et aussi le soir. Et se coucher � 21 h 30.
- D'accord. - Et tu as pris ton calcium ?
- J'ai oubli�. - Je le trouverai.
- �a attendra demain. - Ton p�re le prendra. Assieds-toi.
- �a suffit. - Tu ne peux pas le faire toute seule.
Buckley, qu'est-ce qui nous arrive ?
Tu le sais bien. On va avoir un b�b�.
Stanley !
Stanley, c'est l'heure.
R�veille-toi, feignant !
L'attente a fini par cr�er une certaine tension.
Buckley surveillait Kay comme le lait sur le feu.
On peut y aller.
�a ne va pas ?
J'ai mal jou�. En fait, j'avais du c�ur.
O� avais-je la t�te ?
Plus le grand moment approchait, plus nous retenions notre souffle.
- C'est le t�l�phone ? - Non.
Je vais prendre l'air.
Stanley ?
- Tu donneras �a � Kay ? - Qui a parl� d'aller voir Kay ?
Je n'ai jamais pu tromper Ellie.
Mais j'esp�rais tromper Kay.
Quelle belle nuit ! Remplie d'�toiles.
- Maman m'envoie t'apporter �a. - Merci.
Vas-y, ouvre. Fais comme si on n'�tait pas l�.
- Donnez-moi votre manteau. - Je m'en occupe.
Je vous aide.
Content de vous voir. Elle n'a pas le moral.
- Un probl�me ? - Elle est juste nerveuse. Parlez-lui.
- C'est magnifique. - C'est quoi ?
Une jolie liseuse. C'est tr�s mignon.
Tu vas faire des ravages � l'h�pital, ch�rie.
Je la range de suite.
Puisque ton p�re est l�, je sors acheter des cigarettes.
- Vous n'�tes pas press� ? - Non, j'ai le temps.
Je fais vite.
Je reviens tout de suite.
- Tu as bonne mine. - Tout va bien, � part Buckley.
Tu devrais lui parler. Il est tr�s tendu.
- Qu'est-ce qui le pr�occupe ? - Il a juste peur...
que �a se passe mal.
Il n'y a pas de raison.
Je ne peux pas lui dire que ce sera de tout repos pour toi.
Mais je sais que quand il le faut, une m�re fait preuve d'un courage
et d'une force hors du commun.
Je l'esp�re. De tout mon c�ur.
Quant aux risques, faisons confiance aux m�decins et aux chercheurs
pour t'assurer � toi et � ton b�b� un accouchement r�ussi.
Bien s�r.
Papa ! J'aimerais que ce soit fini.
C'est pour bient�t.
Quand tu auras ton b�b� dans les bras, tu ne regretteras pas ces sacrifices.
Je suis une idiote. Souviens-toi quand tu m'emmenais chez le dentiste.
La nuit, nous gardions nos habits � port�e de main,
tels des pompiers, pr�ts � partir en intervention.
�a ne devrait plus tarder, maintenant.
Oui, d'ici deux � trois semaines, probablement.
Tant que �a ? Je ne tiendrai jamais aussi longtemps.
D�sol� de vous d�ranger. On est � l'h�pital.
Je ne sais pas, ils l'examinent.
On arrive !
Habille-toi vraiment. Dieu seul sait combien de temps on va rester l�-bas.
- Prends ton rasoir. - Mon rasoir ?
Ton rasoir �lectrique. Tu pourrais en avoir besoin. Et une autre chemise.
Attends-moi. On devrait envoyer un t�l�gramme � Ben.
Tu devrais t'en occuper. Il faudrait aussi que je dise � Tommy
de d�jeuner copieusement au cas o� le b�b� se ferait attendre.
- Qu'est-ce que tu fabriques ? - Je m'habille. Je mets mon manteau.
Je conduis. D�p�che-toi. Le b�b� va arriver avant nous.
On n'y sera jamais � temps, c'est s�r.
LIMIT� � 30 KM/H
Doucement, la vitesse est limit�e.
Ralentis, tu veux ?
Fais attention !
- J'�tais prioritaire. - Regarde la route.
Ta cravate est mal mise.
Un camion-citerne !
- Gare-toi. Je prends le volant. - Attention.
- Non, Ellie, tu n'as pas le temps. - Arr�te, c'est insupportable.
Tu as vu ce que tu as fait ? Tu violes constamment le Code de la route.
Tu doubles � droite, tu br�les les feux, tu roules trop vite...
C'est une urgence.
J'ai pri� pour que la police nous arr�te.
Gare-la, s'il te pla�t.
- Alors, que s'est-il pass� ? - Fausse alerte.
- D�sol� de vous avoir fait d�placer. - Ce n'est rien, voyons.
Bonne nuit, ma ch�rie.
- C'est � vous, la voiture grise ? - Oui.
- Il y a un probl�me ? - Oui, madame.
Elle est mal gar�e.
�puis� par l'attente, j'ai fini par prendre des somnif�res.
On arrive.
Quoi ?
�a y est ! C'est un gar�on. Il est n� il y a une demi-heure.
Les m�decins disent que tout va tr�s bien.
C'est merveilleux. Vraiment merveilleux.
Embrasse-la pour nous.
J'aurai quelque chose � te dire, demain.
Qu'est-ce que c'est, Stan ?
Stanley, r�veille-toi. C'est au sujet de Kay ?
- Stanley ! - C'est un gar�on.
Mais c'est merveilleux !
C'�tait de la folie pure.
Il �tait rid� comme Mathusalem. Il ne lui manquait plus qu'une canne.
� bient�t, mon grand gar�on !
Comme il est beau ! � qui ressemble-t-il ?
- � Kay. - Tu trouves ?
Non, c'est visiblement un Dunstan.
- Il va s'appeler comment, ce gosse ? - Ce b�b�.
- Ils pensent � Herbert, je crois. - Oui, certainement.
Ce serait formidable.
�a ne vous vexe pas, en tant que grand-p�re maternel ?
Pas le moins du monde. Ce serait le pr�nom id�al pour lui.
Il �tait moins laid une fois sorti.
Parfait !
Avez-vous d�j� vu quelque chose d'aussi beau ?
- Quand sera-t-il baptis� ? - D'ici quatre � cinq mois.
Et si tu posais avec lui, papa ?
- On l'a tous fait. - Allez, venez.
Allez, papa. �a me ferait plaisir.
Il va s'asseoir ici. Qu'en penses-tu, mon grand. Tu es d'accord ?
Il t'a souri ! Vite, il faut faire la photo.
Tiens.
Non, je n'en veux pas.
Fais un sourire � papy.
- Tu vois, c'est une mauvaise id�e. - Dans l'autre sens, qu'on le voie.
Tournez-le vers moi. Voil�.
Vous voyez bien...
Reprends-le, je t'en supplie.
- Qu'est-ce que tu lui as fait ? - Mais rien !
Il est fatigu�, on va s'en aller.
Au fait, Stan, je vous ai fait faire ceci.
Les premiers jours de sa vie en photos.
Regardez comme il est beau. Et celle-ci, regardez.
Et celle-l�. C'est incroyable, il change tous les jours.
Pas vis-�-vis de moi.
- Tu viens ? - Montrez �a aux gar�ons.
Bonsoir, ma ch�re. Bonsoir, Stanley. Prenez soin de notre petit tr�sor.
Notre petite peste, oui.
- Papa ? - Oui, ma ch�rie.
- Viens, il s'est calm�. - Non. �a ne sert � rien.
Ne le prends pas pour toi.
Il y avait trop de monde. �a lui faisait peur. Viens.
Entre.
Tout va bien. Il n'a plus peur. N'est-ce pas, mon petit c�ur ?
Papy est tr�s gentil. Tu vas lui faire de beaux sourires.
Montre que tu es un bon gar�on. Regarde qui est l�.
Qui est-ce ? Qui est ce monsieur ?
C'est ton papy ? Regarde.
Mon poussin, tu n'es pas tr�s gentil.
- Que se passe-t-il ? - Rien, il m'a juste regard�.
C'est bizarre, il est si facile. M�me les m�decins nous ont compliment�s.
- Je n'en doute pas. - Il n'est pas comme �a avec Herbert.
Papa !
Allez, on s'en va.
On vient s'excuser. On s'est tr�s mal conduit.
Pardonne-le, papa.
Fais-lui un beau sourire, mon ch�ri.
- Qu'il est vilain. - Il est parti.
Le m�chant monsieur est parti.
C'est � cause de ton n�ud papillon. Enl�ve-le.
Pas question. J'adore ce n�ud papillon.
C'est un cadeau de Tommy. Tant pis s'il ne l'aime pas.
Voyons, ce n'est qu'un b�b� innocent. Il ne comprend pas ce qu'il �prouve.
Il n'a rien d'un innocent. C'est une personne aux go�ts arr�t�s.
Je respecte ses aversions et je veux qu'on respecte les miennes.
Ce soir-l�, lui et moi avons coup� le cordon.
Chacun gardait ses distances, jusqu'� ce fameux week-end, six mois apr�s.
SERVICES POUR LES MAMANS ET LES B�B�S
M. Banks ?
Oui, c'est ici...
Bonjour, M. Banks...
� demain !
Mes craintes se confirmaient.
Il avait envahi mon espace vital.
Vous avez un pensionnaire. �a ne te d�range pas, j'esp�re ?
Non, au contraire.
Il est adorable. Vous �tes partis du mauvais pied, c'est tout.
- Je le laisse ici, seul avec vous. - Seul ?
Je ne serais pas l�. Je pars pour Boston.
Buckley doit rencontrer M. Welford. C'est important.
Il m'a demand� de venir. Maman a propos� de s'occuper du b�b�.
Je suis s�re que le courant va passer. Vous allez apprendre � vous conna�tre.
Il avait juste peur.
C'est mon taxi.
Et si jamais il se conduit mal. Je t'autorise � lui donner une fess�e.
Stanley, c'est toi ?
Oui, c'est moi.
C'est formidable. Tu es au courant ?
Oui, Kay vient de me l'annoncer.
Viens le voir.
Il va falloir s'organiser.
- O� est la vedette ? - Dans le tiroir de ta commode.
Mais il est assis sur mon �charpe !
Qu'est-ce que tu fais sur...
Mais c'est pas possible ! Regarde-moi ce bazar.
- Qu'as-tu fait ? - Mon �charpe !
Mais je suis tr�s propre, moi... Ne pleure pas, mon ch�ri.
- C'est mon tiroir � chemise ? - Je l'ai vid�. Tu peux les ranger.
Il est � croquer. Je suis si contente de m'occuper � nouveau d'un b�b�.
Mon petit-fils ch�ri...
- Tu as tout sorti. - Une chambre rien que pour toi.
- Il dort ici ? - Non. Chez Tommy.
- Et Tommy ? - Chez Ben. Je veux entendre le b�b�.
Ce n'est pas sa maison. Ses parents ne sont pas l�.
Mais �a va bien se passer, hein, mon c�ur ?
Tu iras seul chez les Dickson. J'ai pr�venu Ruth.
Je n'y vais pas. Pas question. Ce sont tes amis.
Il n'y a plus rien dans le frigo, � part du gigot froid, si �a te dit.
- Et Delilah ? - Elle fait la chambre de Kay.
- Pour qui ? - Pour toi.
Comme �a, tu ne seras pas g�n� par le b�b�. Kay a insist�.
J'ai fini, madame.
Vous voulez bien st�riliser tout �a ? Dans la cocotte-minute.
Je sais comment faire, madame. Quelle joie d'avoir ce b�b�, M. Banks !
C'est merveilleux. Vraiment formidable.
Le dimanche matin, c'est sacr�.
Ni r�veil, ni transport, ni bureau, mais une grasse matin�e bien m�rit�e.
Je n'ai pas r�sist�. Regarde comme il est mignon.
- Quelle heure est-il ? - Six heures.
Rendors-toi. Au revoir, papy.
L'apr�s-midi, j'avais pr�vu un petit 18 trous,
mais Ellie voulait que nous nous rapprochions.
Il a fini par s'endormir.
�a suffit ! On reprend le match.
Jeux de mains, jeux de vilains.
Je m'amusais bien avec eux.
Allez, on fait les �quipes.
- Merci, monsieur. - Merci � vous. Ta chaussure, petit.
C'�tait une partie sympathique. J'h�sitais � en parler � Ellie.
Elle n'aurait pas compris que je joue avec des enfants.
Mais vous �tes folles...
Excusez-moi.
Peut-�tre qu'Ellie �tait venue le r�cup�rer.
Je n'ai pas pris le train pour arriver tout de suite.
O� est mon b�b� ? Il n'est pas rentr� ?
Ne t'inqui�te pas. Il est avec ton p�re.
Au poste de police ! Vite !
Bonjour, il y a quelqu'un ?
M. l'agent, est-ce qu'on vous a amen� un b�b� ?
- C'est votre enfant ? - Non, celui de ma fille.
- O� l'avez-vous perdu ? - Au parc.
Je me suis absent� un instant et il avait disparu.
- Un instant, vous dites ? - Cinq minutes. Le temps d'un match.
- Vous avez oubli� votre petit-fils. - Pendant quelques minutes.
Bravo, je vous f�licite. On vous confie un enfant et vous l'oubliez.
- Un jour, vous oublierez votre t�te. - Ne me faites pas la morale !
Vous ne comprenez pas ? Un petit b�b� a disparu, bon sang !
R�agissez ! Lancez un avis de recherche.
Appelez la presse ! Donnez-leur son signalement. Il a cinq... six mois.
Il porte un... vous savez, le truc que portent les b�b�s.
Une sorte de petit bonnet.
- La couleur de ses yeux ? - Marron... ou bleus.
- Je ne sais plus. - Mais c'est un gar�on.
Je vous comprends. Moi aussi, je m'en veux.
Ma fille attend son petit. Je ne sais pas quoi faire, aidez-moi.
Je veux bien offrir une grosse r�compense.
En fait, le b�b� est ici.
Mais vous vous �tes plut�t absent� une demi-heure.
- Il est l� ? - Oui. Attendez.
- Je vais appeler votre fille. - Non, ne faites pas �a.
Je ne saurai pas quoi lui dire.
Je vous en prie, je ne le ferai plus. Je ne m'arr�terai plus nulle part.
Allons voir mes hommes.
Ils se sont attach�s � lui.
Si �a se passe mal, vous aurez affaire � eux.
Quelqu'un est venu le chercher.
Si jamais il r�agissait mal en me voyant, j'�tais un homme mort.
J'ai pri� pour qu'il ne pleure pas.
Ne serait-ce qu'une fois.
Viens, mon ch�ri. On rentre.
Mon petit ch�ri.
Depuis ce jour, j'en suis devenu gaga.
Puis vint le jour du bapt�me. Il �tait au centre de notre univers.
Parents, grands-parents et parrains s'�taient rassembl�s pour l'occasion.
Je trouvais injuste que nous lui ayons tous impos� le nom de Herbert.
"Laissez venir � moi les petits enfants, car le royaume de Dieu
est pour ceux qui leur ressemblent."
Dire que j'avais si mal r�agi en apprenant cette naissance.
Je leur en ai tant voulu
qu'ils fassent de moi un grand-p�re. C'�tait la fin du monde.
Aujourd'hui, mon monde tourne autour de lui.
"Pour les si�cles des si�cles."
Le grand moment �tait arriv�. Nos yeux �taient riv�s vers lui.
Comment allait-il r�agir dans les bras du pr�tre ? Allait-il hurler ?
Non, pas mon petit-fils. Pour lui, c'�tait un nouveau visage � explorer.
Son nom ?
Stanley Banks.
Stanley Banks, je te baptise
au nom du P�re, du Fils et du Saint-Esprit.
Nous accueillons cet enfant dans la Maison du Seigneur.
Re�ois le signe de la croix...
Stanley Banks...
mon petit-fils.
Mon premier petit-fils.
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