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Original subtitles

Du cœur de l'Australie du XXe siècle

arrive un feuilleton qui s'étend sur des décennies.

Le best-seller de Colleen McCullough. ;

Les oiseaux se cachent pour mourir.

L 'histoire d'un prêtre ambitieux, d'une femme superbe

et d'un amour qui dure toute une vie.

Épousez-moi. Vous m'aimez.

Mais j'aime Dieu davantage.

Son ambition l'a conduit loin de la femme qu'il aimait

vers les couloirs du pouvoir.

Son désir l'a poussée vers un homme qui pouvait prendre sa place.

J'ai ma propre annonce à faire. Je vais épouser Luke O'Neill.

Mais son cœur était à l'homme qu'elle ne pouvait avoir.

Je donnerais tout pour qu'elle soit de vous, non de Luke.

Dieu sait tout le mal que je t'ai fait, mais je t'aime.

- Meghann est ma femme, pas la vôtre! - Soyez un mari pour elle!

Quel genre de Dieu fermerait le paradis aux hommes pour aimer les femmes?

Un Dieu auquel je ne peux toujours pas renoncer pour toi.

Et ce soir, l'histoire continue.

J'ai trouvé un plaisir en elle que je n'aurais imaginé.

Meghann, que fais-tu ici?

Espèce d'orgueilleux, vaniteux...

Meghann, tais-toi!

Je suis revenue.

- Vas-tu le dire à Ralph? - Lui dire quoi?

Qu'il a un fils.

Et de génération en génération,

leur désir et leur tourment survivent.

De la scène londonienne aux îles grecques

et de retour en Australie.

Qu'ai-je fait d'autre que de payer le grand péché

d'aimer Ralph de Bricassart?

A vec Christopher Plummer, Piper Laurie,

Earl Holliman, Ken Howard,

Mare Winningham, Philip Anglim, Jean Simmons,

Bryan Brown, Rachel Ward

et Richard Chamberlain.

Un amour inassouvi,

interdit pour toujours. ; Les oiseaux se cachent pour mourir.

DEUX MOIS PLUS TARD - ÎLE MATLOCK MARS 1935

LES OISEAUX SE CACHENT POUR MOURIR

Himmelhoch n'a pas changé.

Vous nous avez manqué, Meggie.

Anne meurt d'envie de vous voir.

Allez-y. Je m'occupe de votre sac.

Attendez de voir la petite Justine.

Jussie se souvient bien de moi.

Ralph est venu, n'est-ce pas?

Que devais-je faire?

En ne vous voyant pas ici, j'ai cru qu'il allait mourir.

Et il avait déjà l'air d'un fantôme.

J'ai même pensé

qu'il renoncerait peut-être à tout pour vous.

Et pourtant vous semblez si heureuse.

Je n'aurai jamais ce que vous et Luddie avez.

Mais ces quelques jours passés avec Ralph me suffiront s'il le faut.

C'est mieux que de le voir me haïr un peu plus chaque jour

pour l'empêcher d'avoir ce dont il croit avoir besoin.

Vous allez nous quitter.

Oui.

Bienvenue à Rome.

Vous avez choisi.

Vous m'aviez dit qu'il le fallait pour continuer dans l'Église.

Mais maintenant que j'ai choisi,

comment puis-je continuer?

J'ai rompu

tous mes vœux.

Vous êtes allé à la rose.

Oui.

Je n'ai jamais eu une telle extase en présence de Dieu comme avec elle.

J'ai trouvé un plaisir en elle que je n'aurais imaginé.

Pas seulement dans son corps,

mais parce que j'aime être avec elle,

lui sourire,

parler avec elle,

partager sa nourriture et ses pensées.

Je ne voulais plus jamais la quitter.

Mais vous l'avez fait.

Vous avez trouvé la force de la quitter.

Mais je ne cesse de penser à elle.

C'est ce qui me blesse et je ne sais comment guérir!

Peut-être que vous ne devez pas.

Peut-être que cette blessure vous a sauvé.

Vous rappelez-vous l'histoire grecque d'Hippolyte?

La pièce que nous avons vue à Athènes.

- On l'a tué parce qu'il ne pouvait aimer. - Non.

Parce qu'il était trop fier

pour aimer.

Trop arrogant pour se compter parmi les mortels.

Oui, vous avez rompu vos vœux.

Mais vous avez aussi rompu, espérons-le, cet esprit fier

qui vous éloignait de ce que vous désiriez le plus.

Vous voyez,

on ne peut pas être vraiment un prêtre

sans avoir l'humilité de comprendre

qu'on est d'abord un homme.

Quand vous pensez à votre rose,

pensez que c'est elle

qui vous a amené à comprendre ça.

Non.

La considérer seulement

comme un moyen de me sauver, ce serait la pire des arrogances.

Elle aime, Vittorio, malgré tout.

Et avec une symbiose d'esprit et de cœur.

Si seulement

je pouvais aimer comme ça.

Comment vous remercier?

Vous avez plus été des parents que les miens.

Foutaises!

Nous viendrons vous voir à Drogheda. N'est-ce pas, Luddie?

Ça ne me gênerait pas d'y jeter un œil.

Viens, Jussie.

Ne le laissez pas filer. Rares sont les hommes comme lui.

Dieu merci!

La tenue est parfaite, Meggie.

J'adorerais voir le numéro d'adieu!

Au revoir.

Mets-le à terre!

Voilà une bonne prise!

Bonjour, Luke.

Meghann, que fais-tu ici?

Qu'est-ce que tu es venue faire ici avec la gosse?

C'est vrai. Tu ne l'as jamais vue, pas vrai?

Voici Justine.

Si tu viens encore faire ton petit discours "faisons notre nid"...

C'est ce que tu crois?

Ça ne t'a pas suffi de m'envoyer ton catholique de prêtre?

- Qu'est-ce que tu racontes? - Quand j'ai refusé l'argent du Père Ralph,

tu me l'as envoyé supplier pour toi, non?

Je ne l'ai pas vu depuis la naissance de Justine.

Ça lui ressemble. Comme tous les prêtres fouineurs.

Il serait ravi de me voir m'installer avec une demi-douzaine de mioches!

C'est ce que tu veux, non?

J'ai été assez stupide pour le croire.

Grâce à toi, j'ai eu le temps de voyager

et de comprendre ce qui me manquait!

Et de savoir que la dernière chose que je veux,

c'est d'habiter une ferme desséchée de l'ouest du Queensland avec toi

- pour le reste de ma vie! - Tais-toi!

Ce serait ma grande récompense, n'est-ce pas?

Après avoir perdu Dieu sait combien d'années à attendre

que tu essaies de prouver que tu es un homme

alors que tu n'en es pas un et ne le seras jamais!

- Alors je te quitte. - Quoi? Non.

Réjouis-toi.

Tu as toujours ton copain Arne.

Peut-être que tu lui seras plus utile qu'à moi!

Si je voulais avoir d'autres enfants,

ce ne serait pas dur de trouver un meilleur étalon.

Car j'ai découvert quelque chose récemment,

pauvre salaud suffisant,

vaniteux et égoïste!

Tu ne sais pas faire l'amour pour un sou.

Et à propos de l'argent que tu m'as volé. Prends-le!

Je suis heureuse de le sacrifier.

À une condition:

Que je ne doive plus jamais poser les yeux sur toi.

Aussi longtemps que je vivrai!

Emmenez-moi à la gare de Dungloe.

Le camion du courrier arrive!

Bien! J'espère qu'il apporte la farine.

Bob, Jack, c'est moi! Je suis rentrée!

Que fais-tu ici?

Mon Dieu! Mme Cleary!

Venez!

C'est toi! Tu es revenue! Quelle surprise!

Qu'est-ce que c'est que ça?

Tu ne pouvais pas prévenir que tu venais?

Regardez ce petit ange.

- Où est Luke? - Il viendra sans doute plus tard.

Maman, je suis revenue.

Pour rester.

Tu as donc quitté Luke?

II ne voulait pas de moi.

Ni de ses enfants.

- Ses enfants? - Oui.

Je vais avoir un autre bébé.

Je savais qu'il serait magnifique.

Il a la bouche des Cleary.

- C'est un bébé superbe. - Mais tient-il sur un cheval?

Ça viendra.

Jussie, te voilà.

Regarde ça.

Viens, chérie.

Regarde ton nouveau petit frère Dane.

Tout va bien.

Ce n'est rien.

Prends soin de toi.

- Repose-toi bien. - À plus tard.

Tu ne veux pas prendre Dane?

Vas-tu le dire à Ralph?

Au Père de Bricassart?

Je ne sais pas. Que devrais-je lui dire?

Qu'il a un fils.

Comment oses-tu?

Quelle idée!

Ne me mens pas. Pas à moi.

Je l'ai su dès que tu es revenue. C'est pour ça que tu es rentrée.

Tu as eu ce que tu voulais. Tu n'avais plus besoin de Luke.

Non. Je te l'ai dit. Luke ne voulait pas de moi.

Je vous ai observés, toi et Ralph de Bricassart, pendant des années.

Il suffisait qu'il bouge le petit doigt pour que tu arrives.

C'était pareil pour lui, depuis le jour où il a posé les yeux sur toi.

Pauvre Ralph.

Quand il est venu l'an dernier et qu'il a su que tu étais mariée et partie,

j'ai su que tôt ou tard, il devrait te rejoindre.

Et il l'a fait, n'est-ce pas?

Tu es vraiment cruelle.

On pourrait penser que tu serais la première à comprendre.

À cause de Frank.

On donne ce qu'on a reçu.

Depuis quand le sais-tu?

Depuis que je suis petite.

Depuis que Frank est parti.

J'avais 16 ans quand je l'ai connu.

Il était tout le contraire de Paddy.

Sophistiqué, cultivé, charmant.

Je pensais que je ne pourrais pas vivre sans lui.

Mais c'était un homme important,

un politicien

et il était déjà marié.

Il ne voulait pas sacrifier tout ça pour moi.

Je n'étais rien comparée à ses nobles ambitions.

Comme tu n'es rien pour Ralph.

Je sais que je n'aurai jamais Ralph.

Mais j'ai au moins un bout de lui que l'Église n'aura jamais.

Oui. C'est ce que je pensais.

Lui extirper ce que je pouvais.

Avoir au moins son enfant à aimer.

Mais qu'est-ce que j'ai maintenant?

J'ai perdu Frank.

J'ai payé tout ce qu'une mère peut payer.

Et tu vas payer, toi aussi.

Crois-moi, Dieu y veillera.

Tu crois que je n'ai pas déjà payé?

Qu'ai-je fait d'autre que de payer pour le grand péché

d'aimer Ralph de Bricassart?

Toute ma vie, je me suis bien conduite par crainte du Tout-Puissant

et qu'y ai-je gagné à part avoir le cœur brisé?

Non, je n'ai plus peur de Dieu.

Et quant à Ralph,

il ne saura jamais que Dane est de lui,

à moins que tu ne le lui dises.

Et si tu le fais, je te préviens,

je serai aussi miséricordieuse avec toi que tu l'as été avec moi!

Oui, tu battras Dieu lui-même tout comme je l'ai fait.

J'ai battu Dieu.

Dane est à moi et rien ne pourra l'éloigner de moi.

DIX-NEUF ANS PLUS TARD DÉCEMBRE 1954

II y a quelqu'un?

"Ll a dépassé l'ombre de notre nuit

"Envie, calomnie, haine et douleur

"Et l'agitation que les hommes appellent plaisir

"Ne peut plus le toucher ni le torturer

"De la contagion de la tache du monde

"ll est en paix

"et maintenant il ne peut plus pleurer Un cœur vieilli

"et une tête grisonnante en vain"

Non! Tu as encore oublié.

C'est: "ll vit, il se réveille jusqu'à ce que la Mort soit morte"...

Bonjour. Nous faisions juste semblant.

Pouvons-nous vous aider?

Je suis venu voir les Cleary.

Oncle Jack les a emmenés à Sydney pour les courses de Noël.

Ils ne vont pas tarder.

- S'il s'agit des béliers... - Tu dois être le fils de Meggie, Dane.

Oui, monsieur.

Je suis le cardinal de Bricassart.

Mais, Votre Éminence,

nous ne vous attendions que demain.

Vous êtes vraiment le cardinal?

Tu es déçue.

Je croyais que vous arriveriez en tenue, avec des nuages de gloire.

Il faut aller au Vatican pour ça.

Dommage. Je parie que vous êtes à tomber en rouge.

Au fait, je m'appelle Justine.

Pouvons-nous éviter le truc de l'anneau?

Je crains de penser que la religion n'est qu'un amas de sottises.

Ce n'est rien. Justine et moi sommes de vieux amis.

Lors de notre première rencontre, tu m'as fait pipi dessus.

Maman va être si contente de vous voir.

Cela doit faire 20 ans que je ne suis pas venu ici.

Bonjour, mon chéri.

Maman, regarde qui est là. Le Père Ralph.

Bonjour.

N'est-ce pas magnifique?

Magnifique.

J'étais prêt à administrer les derniers sacrements.

Dane étendu là, apparemment il n'y avait plus rien à faire,

et tu étais très convaincant, mon cher.

C'est Jussie qui se considère l'actrice.

Merci.

En fait, je suis plutôt douée.

Comme vous le verrez si vous venez à une représentation.

Jussie est magnifique. C'est la meilleure de la troupe de théâtre.

À mon avis, ce sont des bêtises.

Tu viens d'avoir 20 ans.

Marie-toi, plutôt que de t'imaginer sur une scène de Sydney.

Me marier, oncle Bob?

Et rompre avec la tradition familiale?

Je ne vais pas gâcher mon talent à essuyer le nez de morveux

et obéir à un plaisantin juste parce que c'est mon mari.

Bien phrasé, comme toujours.

On dirait que tout dépendra de Dane pour que la lignée Cleary ne s'éteigne pas.

Aie un peu de cœur.

Il faudra une maison pleine de garçons pour reprendre Drogheda

vu la façon dont elle se développe.

Oui, les affaires marchent bien depuis la guerre.

En effet.

Notre production cette année aurait valu plusieurs fois celle de Mary Carson.

Je crois que 1955 pourrait être encore mieux.

Je pense donc que l'Église n'a pas à se plaindre de nous.

Maman.

Sans l'Église, le gouvernement nous aurait écrasés.

Le domaine de MacQueen est réduit de moitié.

Pensez un peu.

Un jour, Dane sera à la tête du plus grand domaine du New South Wales.

Tout à fait.

Je ne peux pas imaginer un meilleur avenir pour toi.

Tout à fait.

Alors, Judy, toujours à Drogheda?

Je voulais partir, bien sûr.

- Cela fait-il 30 ans? Plus de 30 ans. - Tant que ça.

Je me souviens très bien quand tu étais Reine de la fête de Gilly.

C'est vrai!

Grand-mère, regarde ce chapeau.

Il était à la mode, à mon époque.

Tu me surprends.

J'ignorais que tu avais conservé ces photos toutes ces années.

Je les ai regardées une seule fois depuis l'incendie.

Il est temps que les enfants les voient.

Voici votre grand-père, Paddy,

le petit Hal et Stuie.

Ce cher Stuie.

C'est lui que je te rappelle?

Oui, de bien des façons.

Qui est ce héros avec les gants?

Sûrement pas un Cleary.

- Jus. - Ce n'est rien.

C'est mon Frank.

C'était dans les objets que la prison m'a envoyés après sa mort.

Maman, c'est toi?

Tu étais belle.

Étais? Comme la jeunesse est cruelle!

Quelle belle robe. Bleue, n'est-ce pas?

Non. La tienne était bleue.

La robe de Meggie était rose. "Cendres de roses", ça s'appelait.

Là-dedans, elle était la plus belle chose qu'on ait jamais vue.

Rien n'a changé, n'est-ce pas?

Même après toutes ces années de silence entre nous.

Tu es juste plus belle qu'avant.

Plus belle que la fille dans sa robe de Cendres de roses.

C'est parce que je suis très heureuse.

Quand tu m'as quittée à l'île Matlock, j'ai pensé que c'était pour toujours.

Et te revoilà, si tôt.

Pourquoi maintenant,

alors que tu as tout ce que tu disais vouloir?

Tout,

sauf ce que j'avais avec toi à l'île Matlock.

Durant toutes ces années, j'ai combattu mon besoin de toi.

Mais je ne voulais pas quitter cette vie sans être à nouveau avec toi.

- Tu es malade? - Non.

Je vieillis, c'est tout.

Je ressens ma mortalité, comme tout homme.

Et malgré toutes les années écoulées,

ça fait encore mal...

qu'après l'île Matlock, tu sois retournée à Luke

et lui aies donné un fils.

Ne pense jamais à Dane comme étant le fils de Luke.

C'est seulement le mien.

Tu aimes beaucoup Dane, n'est-ce pas?

Presque trop, m'arrive-t-il de penser,

comme je t'ai toujours trop aimé.

Il va faire très chaud, aujourd'hui.

Nous ferions peut-être mieux de prendre la jeep.

Il vaudrait peut-être mieux. Cela doit faire des années que vous n'avez pas monté.

Et nous ne rajeunissons pas, n'est-ce pas?

Je vais tout de même essayer si vous êtes sûrs qu'elle est docile.

Pouvons-nous y aller?

Allez!

Attention à vous!

Dane l'aime beaucoup.

Il n'a jamais eu de père.

Qu'il profite de Ralph tant qu'il peut.

Je pensais que tu finirais par le dire à Ralph.

À qui cela servirait-il?

À qui cela sert-il de ne pas le dire?

Je crois que tu es déçue

que je n'aie pas été frappée par un éclair vengeur.

Pour une fois dans ma vie, je suis heureuse.

Peux-tu me laisser apprécier ça?

Où est Dane?

Bon sang! Je voulais le lui dire.

Qu'est-ce que tu fais?

Je pars pour les planches.

On vient de m'appeler du théâtre.

Il semble que Mme Cratchit ait un pépin.

Dieu nous bénisse tous.

Tu repars pour Sydney?

L'oncle Jack m'emmène en avion.

- C'est Noël! - Oui.

C'est souvent le cas quand on joue Christmas Carol de Dickens.

Tu sais ce que ce Noël représente pour moi, avec Ralph ici.

Je suis la doublure. Je n'aurais pas dû rentrer.

C'est magnifique, n'est-ce pas?

Oui, ça l'est.

Tu devrais être heureuse pour moi.

Je vais peut-être faire une douzaine de représentations.

- Tu es exactement comme... - Mon père?

Tu l'as dit.

Je devrais aller le voir un jour. Nous aurions beaucoup à nous dire.

Salut, grand-mère.

Ça compte beaucoup pour moi que vous soyez ici.

Je sais que vous me connaissez peu,

mais je voulais vous connaître depuis si longtemps,

parler avec vous.

Mon Père,

avez-vous des regrets d'être entré dans la prêtrise?

Oui. Inévitablement, je suppose.

Des choses me manquent.

Une femme pour partager ma vie.

Peut-être même un fils, comme toi.

J'aurais beaucoup aimé avoir ça.

Qu'est-ce qui vous a poussé à devenir prêtre?

Bizarrement,

ça n'a pas vraiment été une décision consciente.

Plus comme quelque chose qu'on sait depuis le début.

Mon destin, pourrait-on dire.

Mon Père,

je veux devenir prêtre, moi aussi.

Pourquoi?

Alors que tu peux tout faire de ta vie,

être tout ce que tu veux.

Comment pouvez-vous dire ça

alors que vous êtes tout ce que je veux être?

Non.

Tu ne sais rien de l'homme que je suis.

Tu me regardes et vois le cardinal, le prince de l'Église.

Je vois le prêtre,

le prêtre parfait.

Alors tu te trompes.

Dire que c'était mon destin d'être prêtre

ne signifie pas que je l'ai reçu comme un don.

Une vie entière à essayer de me donner totalement à Dieu

ne m'a apporté rien de plus

que des moments de symbiose avec lui.

Et j'ai rompu tous les vœux.

Tu comprends? Tous les vœux.

Je n'ai pas été à la hauteur du sacrifice que Dieu demande.

Mais vous avez passé votre vie à essayer.

Quand j'ai dit le prêtre parfait,

je ne voulais pas dire un être infaillible.

Mais quelqu'un qui se bat pour accomplir la volonté de Dieu.

Peut-être que je ne serai pas à la hauteur du sacrifice.

Mais si je n'essaie pas,

ma vie n'aura pas de sens.

C'est la seule façon que je connaisse de montrer à Dieu combien je l'aime.

Sais-tu ce que cela signifiera pour ta mère?

C'est pour ça que j'ai essayé si longtemps de ne pas y penser.

Je sais combien c'est important pour elle que je reste à Drogheda.

Et je l'aime tellement.

Mais il faut que je le fasse.

Alors laisse-moi t'aider.

Je le lui dirai, car je l'aime, moi aussi.

Ne me touche pas.

Je t'en prie, crois-moi.

Dane avait pris sa décision bien avant mon arrivée.

Je te crois!

Tu crois que je ne sais pas que tu es venu récupérer ce que j'ai volé!

- Je ne comprends pas. - Certainement.

Mais la compréhension importe peu aux hommes de Dieu, n'est-ce pas?

La foi! Voilà ce qui compte!

Je vais te dire,

j'ai davantage la foi que toi, Dane et tous les anges réunis,

car Dieu n'a jamais failli avec moi!

II est toujours là pour prendre le bonheur que j'ai!

Personne ne te prend Dane. Il fait juste ce qu'il doit faire.

Ne vois-tu pas combien ça lui coûte?

II t'aime tellement.

Mais

- il aime Dieu davantage! - Arrête!

Quand je suis devenu prêtre,

ma mère a juré qu'elle ne me pardonnerait jamais,

et elle ne l'a jamais fait.

Ne fais pas cela à Dane.

Alors emmène-le.

Si je dois renoncer à lui, que ce soit pour toi.

L'emmener?

Oui.

Quand il aura fini l'école au printemps,

je l'enverrai à Rome où tu pourras t'occuper de lui.

Protège-le

et promets-moi

que si jamais il le souhaite, tu me le renverras,

car il est d'abord à moi.

Tu n'es pas obligée de faire ça.

Il peut aller à un séminaire de Sydney où tu seras près de lui.

Il faut des années pour se préparer à la prêtrise.

Non.

Ton Dieu exige réparation.

Très bien.

Que Dane aille à toi

et je n'aurai plus rien à payer.

J'aurai donné tout

ce que j'ai eu ou aimé dans ma vie.

Dieu ne peut certainement pas exigé plus que ça.

Je suis vraiment désolée.

- Je t'en prie, pardonne-moi. - Je ne voulais pas te blesser.

SIX MOIS PLUS TARD SYDNEY, AUSTRALIE - JUIN 1955

"En aimant mal et non raisonnablement, j'ai péché contre les dieux.

"J'ai peur que le fardeau de mon crime ne retombe sur mes enfants,

"ne les abatte tous les deux."

Tu seras une Phèdre magnifique.

Si j'avais un tel talent...

Crois-moi, Martha, tu n'as pas besoin de talent.

La déesse vierge Artémis vous prie d'entrer.

Chéri! Ma performance était si bonne que ça?

Je suis vraiment désolé.

J'ai raté toute la représentation.

Laisse-moi deviner.

Tu avais une discussion avec Jésus et tu n'as pas vu l'heure passer.

Vraiment!

Laisse-moi finir de m'habiller.

Je ne serai pas longue.

Bonjour.

Je ne t'avais pas vu depuis longtemps.

Bonjour, Martha.

Comment vas-tu?

Surprise, comme toujours, par ta ressemblance avec Adonis.

- Je vais attendre dans le parc. - Inutile. Je m'en vais.

Une autre fois.

Salut.

Pauvre Martha.

Elle ne te pardonnera jamais de te réserver pour Dieu.

Ça me fait penser. Devine ce que j'ai fait hier soir.

Tu as enfin tué l'acteur principal.

Presque. J'ai couché avec lui.

J'avais besoin de l'expérience.

Je joue le rôle titre de Phèdre, alors je dois connaître la passion.

Tu fais toujours semblant que tu te fiches de tout,

que tu es trop maligne pour avoir besoin de quelqu'un,

ou pour aimer quelqu'un.

Peut-être que je suis trop maligne.

Jusque-là, aimer et avoir besoin des gens ne m'a pas apporté grand-chose.

Me pardonneras-tu un jour?

De devenir Père Rhubarbe?

Probablement pas.

- Quand pars-tu pour Rome? - Jeudi.

Je veux d'abord passer un peu de temps avec maman.

Tu pourrais aller la voir, de temps en temps.

Je sais que ça ne s'est jamais très bien passé entre vous.

Oui, je pleurais comme une madeleine, mais j'en ai fini avec les larmes.

Je ne tiendrai pas la main de maman pour toi car je ne serai pas là.

Comment ça?

J'ai décidé que j'ai bien trop de talent pour rester enterrée en Australie.

Alors je pars pour Londres,

- après Phèdre, bien sûr. - À Londres?

Ça veut dire que je pourrai te voir.

J'ai toujours pris soin de toi.

Tu ne crois pas pouvoir partir sans moi, n'est-ce pas?

Je t'adore.

Je n'arrivais pas à dormir non plus.

À quelle heure ton avion part-il de Sydney?

Tard demain.

Veux-tu venir avec oncle Jack et me voir décoller?

II fait froid. Tu vas t'enrhumer.

- Maman. - Allez.

J'ai toujours adoré ton lit,

l'odeur de toi qu'il dégage.

Tu te rappelles quand je venais les matins où il faisait froid?

Jussie se cachait dans l'entrée,

à moitié dedans et à moitié dehors.

Je me demande si tu sais combien elle avait besoin de toi.

Vous avez toujours été si différents.

Je pensais qu'elle n'avait jamais vraiment besoin de moi.

Elle avait et a encore besoin de toi.

Elle t'aime autant que moi.

Je suis contente qu'elle aille près de toi.

On a tout prévu.

Chaque année, quand je serai en vacances,

nous irons visiter un nouveau pays ensemble,

puis nous rentrerons pour Noël.

Ce n'est pas comme si je partais pour toujours.

Il y a tant de choses que je voulais te dire.

Te dire que tu m'as apporté la joie dans ma vie

et de bien des façons que tu ne peux soupçonner.

Ça fait mal de te quitter.

- Je voudrais que tu comprennes. - Mais je comprends.

C'est surtout ça que je voulais te dire.

Je ne partage pas ton amour pour Dieu.

Mais je comprends que tu aies besoin de lui donner ta vie.

Car on a tous en soi

quelque chose qu'on ne peut renier.

Quelque chose qui nous motive

même si ça nous fait souffrir à mort.

Ça a été le cas pour toi?

Au revoir.

- Votre cappuccino. - Merci.

Enchanté.

Je m'appelle Rainer Hartheim. Bienvenue à Rome.

Très bonne approche, M. Hartman, mais je n'ai pas besoin de guide.

Vous êtes Mlle O'Neill, la sœur de Dane?

Oui. Dane va bien?

Je devais le retrouver à la gare.

Il devait aussi laisser un message ici pour dire que je vous accompagnerais.

- Où ça? - Prendre le thé avec le cardinal.

Pouvons-nous y aller?

Pourquoi pas? Vous semblez inoffensif.

Vraiment?

Quelle déception.

Vous ne ressemblez pas du tout à Dane.

C'est ce qu'on dit. Herr Hartman...

Hartheim. Rainer Moerling Hartheim.

Tout ça?

- Impressionnant. - N'est-ce pas? C'est moi qui ai choisi.

Qui êtes-vous, exactement?

Un vieil ami du cardinal de Bricassart.

Je vois.

Tous ses amis ont ces petits drapeaux sur leur voiture?

Je suis membre du Parlement ouest-allemand.

Je rends visite au cardinal chaque fois que je viens à Rome.

Un homme remarquable, le cardinal.

Question de goût, j'imagine.

Vous n'êtes pas comme votre frère, n'est-ce pas?

Non, je suis la comique de la famille.

Désolée.

C'est juste qu'il m'a toujours été difficile de me mesurer à Dane,

lui étant si religieux et tout.

Un cas de rivalité fraternelle, je suppose.

Non.

Bizarre, n'est-ce pas?

Je devrais lui en vouloir énormément,

mais, en fait, je l'ai toujours adoré.

Mon Dieu! Faites-vous toujours ça?

Quoi?

Parler de sujets intimes avec de parfaits inconnus.

Dès que je peux.

Et je doute que vous soyez parfaite.

Nous y voilà.

Ça alors!

J'ai toujours voulu jouer au Vatican.

Les derniers rapports de notre observateur ne sont pas encourageants.

Votre Éminence.

Ma chère Justine, tu me déçois.

Rendre à César, Votre Éminence.

Et je suis déterminée à ne pas embarrasser Dane.

Je ne m'y tiendrai pas.

Je veux te présenter le cardinal Contini-Verchese.

Dois-je vraiment rencontrer toute la clique?

Mlle O'Neill,

Dane m'a dit que vous étiez actrice.

À Londres, oui.

Comme c'est passionnant.

Quelle pièce jouez-vous actuellement?

Je commence Jeanne d'Arc en janvier.

Je vois.

Aucun doute que vous serez splendide.

Après ça, je serai meilleure.

J'ai le sentiment que notre petit monde vous déplaît.

Non, je ne vois pas pourquoi ce serait le cas.

On ne trouve pas souvent un si beau théâtre.

C'est très masculin. N'est-ce pas?

À l'exception de la Vierge Marie,

les femmes sont reléguées aux places bon marché, au dernier balcon.

Oui, mais vous oubliez

qu'on appelle le dernier balcon

II Paradiso.

Le paradis.

Votre Éminence.

- Je vous verrai à mon retour. - Merci.

- Vous êtes impatiente d'être en congé? - Cet après-midi a été fascinant.

Les femmes Cleary.

Toujours à vous battre contre Dieu et l'Église.

Notre destin, peut-être.

Ou peut-être est-ce héréditaire,

une sorte de mauvaise graine.

Il n'y a pas de doute que tu descends de Mary Carson.

Et de ta mère.

Comme maman le souhaiterait.

Heureusement, nous avons Dane pour prier pour notre rédemption.

Tu es très protectrice avec Dane, n'est-ce pas?

J'ai plutôt peur pour lui,

ici parmi les vautours en robe rouge.

Même moi je ne l'aurais pas dit comme ça,

mais la compagnie est mauvaise pour un garçon dont la seule ambition

est de donner son âme à Dieu.

Touché, ma chère.

Tu es très jeune pour être si cynique.

Et si intelligente.

- Rainer va s'occuper de toi. - Comme c'est décevant.

Un peu de pâtes fraîches, une salade verte. Exquis.

Tenez.

Quand vous avez parlé de dîner, j'ai eu l'idée folle qu'on irait au restaurant.

Une erreur compréhensible.

Grazie, Giovanni.

Je croyais que vous viviez en Allemagne.

Oui, mais je suis souvent à Rome,

alors je garde cet appartement.

J'en ai également un à Londres.

Il semble que j'aie besoin d'avoir une maison partout où je vais.

Peut-être parce qu'enfant, j'étais orphelin.

Une vie un peu chic pour un orphelin, non?

Si vous êtes si casanier, pourquoi ne pas vous marier?

Je l'ai été, une fois. Mais pour la pire des raisons.

Je ne me marierai jamais.

Non? Mais pourquoi?

Pour commencer, il y a mon travail.

Voulez-vous dire qu'une actrice ne peut se marier?

Certaines si, bien sûr.

Mais nous avons tant à donner, non?

Et imaginez un peu,

sur scène, je peux me suicider ou commettre un meurtre.

Je peux devenir folle, me sacrifier par amour,

sauver les hommes ou les détruire.

Comparé à ça, j'imagine que le mariage semble ennuyeux.

Vous semblez oublier qu'il y a une excellente raison pour se marier.

Tomber amoureux.

Ça.

Bien sûr, ça. Quoi de mieux?

Presque tout, je crois.

Le fait est que si on aime les gens, ils vous tuent.

Si on a besoin d'eux, ils vous tuent.

Alors je ne veux jamais avoir besoin de personne.

Très triste.

C'est ce que je désire le plus.

J'espère que vous le trouverez.

Vous êtes terriblement sûre des choses, n'est-ce pas?

Pourquoi ne pas attendre et donner une chance à la vie,

voir ce qui se passera?

Rien, croyez-moi.

Et l'amitié? Est-elle au moins autorisée?

Seulement si vous me donnez à manger. Je meurs de faim.

Alors commencez à faire votre part du travail.

Alors,

les enfants de la rose.

J'aime beaucoup Justine.

Très amusante.

Mais je me demande quelles blessures peuvent être si profondes

qu'elles la poussent tant à les cacher.

Plutôt triste.

Il est plus facile d'aimer Dane.

Vous aimez

beaucoup Dane,

n'est-ce pas?

Parfois, quand je le regarde

c'est comme me regarder à son âge.

Nous devrions vous mettre au lit.

Mon lit magnifique, dans lequel je mourrai,

un de ces jours.

Et ce n'est même pas un lit de pape.

Mais il est toujours temps,

pour vous.

Allons.

TROIS ANS PLUS TARD - LONDRES, 1958

Bonsoir. Pouvez-vous dire à Herr Hartheim que je suis arrivée?

Désolée du retard. La circulation à Londres!

Comment vas-tu? Et l'Allemagne? Et Dane?

Je vais bien, l'Allemagne a froid

et Dane meurt d'envie de te voir à Rome quand ta pièce sera finie.

Ma chère.

Tu es superbe.

Merci, mais le noir convient à mon humeur.

Tu as dû voir les critiques.

Je crois que cette soirée ne va pas te remonter.

Il n'y a que des politiciens et des diplomates.

Mon Dieu.

- Et leurs petites épouses. - Si tu ne veux pas...

Allons donc. Voilà trois ans que je fais ton hôtesse.

Je peux le refaire, brillamment. À quoi servent les amis?

- Tu es sûre? - Allons-y.

Bonsoir. Quelle joie de vous revoir.

Vous êtes vraiment superbe.

En ce qui concerne l'élection du nouveau chef de l'Église romaine,

nous, le Collège des cardinaux du conclave,

promettons et jurons

que nous tiendrons religieusement secrètes toutes les choses,

qui, de quelque façon, concernent l'élection.

Quelle joie de te voir ici.

Tu as dû attendre bien longtemps.

- Vous allez bien? - Plutôt bien.

Cela exige beaucoup de discussions

d'élire un pape.

Mais je crois que nous avons très bien fait.

Il risque de surprendre tout le monde,

notre nouveau pape Jean.

Pas le choix le plus conventionnel.

Tu es bien contenu pour un séminariste

qui vient d'assister à un des plus grands événements mondiaux.

Il y a des rumeurs...

Que j'ai été favorable à l'élection?

Oui, je sais.

Ce qui est bizarre, c'est que je n'ai aucun regret.

Dommage que Vittorio ne soit pas là pour m'entendre.

Il avait un tel goût pour l'ironie.

Il vous manque toujours beaucoup?

Énormément.

Je trouve approprié d'avoir ses quartiers.

J'ai toujours suivi ses traces.

Il était presque un père pour moi.

Tout comme vous l'êtes pour moi.

Tu me rends très heureux.

Si je n'ai pas de regrets pour aujourd'hui,

c'est parce que mes ambitions sont concentrées sur toi.

J'admets espérer que tu suivras mes traces dans l'Église.

Ma route est longue avant de devenir prêtre

et je suis encore loin de savoir comment je peux servir Dieu au mieux.

Bien sûr.

Mais tu promets déjà tellement.

Que pourrais-je vouloir de plus que de t'aider de mon mieux?

QUATRE ANS PLUS TARD DÉCEMBRE 1962

Rain, tu es censé conduire les bêtes, pas leur ficher la frousse.

Je croyais que tu étais un leader.

Pour les hommes.

Ne l'écoutez pas. Vous avez un travail ici quand vous voulez.

Je le vois d'ici: Rainer Hartheim, chef fermier.

Qu'est-ce que c'est?

Tu devrais accepter l'offre d'emploi d'oncle Bob juste pour la tenue.

Elle te va vraiment bien.

Je ne t'ai jamais vu qu'en costume et cravate.

Je suis toujours beau. C'est juste que tu ne l'as pas remarqué.

Je suis heureuse que tu sois venu avec moi.

Merci.

Je te l'ai déjà dit. Je n'irai pas à l'ordination de Dane

et je ne veux plus en parler.

J'ai fait 20000 kilomètres

et interrompu mon travail pour en parler.

Dommage que tu aies fait un sacrifice pour une chose qui ne te concerne pas.

Dane crois que tu vas venir. Tu peux comprendre ça.

Je voudrais que tu laisses tomber!

Je parlerai avec Dane quand il viendra à Noël.

Et s'il ne vient pas?

II ne sera plus un séminariste avec de longues vacances. Il sera prêtre.

Il viendra.

Je crois que tu ne comprends pas.

Il n'y a pas un endroit plus passionnant pour Dane que Rome,

surtout avec Vatican II et Ralph qui aide le pape Jean.

Ralph veillera à ce qu'il y participe.

Je t'en prie! J'ai mes raisons.

Vraiment? J'espère qu'elles sont bonnes.

Qu'elles valent le coup de blesser Dane comme tu vas le faire.

Tu es vraiment un cas.

Si c'était mon ordination, je comprendrais.

Mais Dane est censé être celui que tu aimes.

Mon Dieu!

Je suis désolée.

Je crains que ma fille et moi ne nous soyons jamais bien comprises.

Et je suis désolée que vous ayez fait 20000 kilomètres pour rien.

Les raisons de ma venue n'ont rien à voir.

J'entends parler de Drogheda depuis des années par Dane, Justine

et le cardinal.

Et je regrette que vous manquiez l'ordination.

Le cardinal parle si souvent de vous.

Et il a été assez malade, cet hiver.

J'espère que vous transmettrez mon amour à Ralph

et à mon fils pour moi.

Je n'ai jamais bien compris votre lien avec Ralph.

J'étais un jeune soldat quand je l'ai connu,

par accident.

J'étais allé prier à Saint-Pierre.

J'ai fini par parler avec lui toute la nuit

de mes espoirs de la chute d'Hitler,

de mes rêves de reconstruire une Allemagne nouvelle et meilleure,

sans aucune aide, bien sûr.

Vous avez certainement pris part à cet effort?

À un prix, oui.

Je crains d'avoir traité ma femme

plutôt mal durant le processus.

J'étais un idéaliste ambitieux.

Je pensais que des fins si nobles justifiaient tous les moyens.

Quand le cardinal de Bricassart l'a su,

il m'a dit quelque chose qui m'a été très utile par la suite.

Qu'il n'y a pas d'ambitions assez nobles qui justifient de briser un cœur.

Il a dit ça?

Oui.

Vous avez été bon avec votre femme. Vous vous en êtes débarrassé.

Alors que Jussie peut vous garder

car vous ne serez jamais tout pour elle.

Malheureusement, vous pourriez bien avoir raison.

Je ne suis plus un idéaliste.

Mais j'ai encore des rêves.

Et de la patience.

Le Père a oint Jésus-Christ comme Seigneur

par le pouvoir du Saint-Esprit.

Que Jésus vous aide

à faire sacrifice à Dieu

et à sanctifier l'assemblée chrétienne.

La paix soit avec vous.

Et avec votre esprit.

Et avec votre esprit.

À quoi penses-tu?

Juste... Sacrée journée, non?

Merci d'avoir été si gentil avec les oncles toute la semaine.

Dane rentre-t-il en Australie avec eux?

Non, il va d'abord quelques jours en Grèce.

Il a toujours voulu le faire.

Je crois que tu es

plutôt déçue par la décision de Dane.

Non, pas vraiment.

Ça fera au moins plaisir à maman.

Dane est ce qu'elle a toujours voulu.

Je ne l'ai jamais été, Dieu le sait.

Je pense que tu as compris la situation quand nous étions là-bas.

On ne peut guère en vouloir à maman, vu comment je suis.

Ça ne te ressemble pas. Et je ne veux pas que tu changes.

J'avais ton âge,

quand, prêtre, je suis allé à Gilly.

Mais pour des raisons bien différentes.

J'ai été forcé, comme pénitence pour mon orgueil.

Toi, tu as choisi, par humilité et par amour.

Mais c'est très difficile,

car je vous aime, vous aussi.

Vous avez dit un jour que pour vous, devenir prêtre n'était pas un don,

mais une chose durement gagnée par le sacrifice et la souffrance.

Je le comprends mieux en vous quittant.

C'est un sacrifice

de renoncer à tout ce que vous auriez pu rendre possible pour moi ici.

Mais je me sentirai plus proche de Dieu

et plus apte à faire son travail dans un endroit plus simple.

Et en choisissant Gilly, je peux rendre ma mère heureuse.

Elle le mérite.

Oui.

Elle le mérite.

J'avais de grands espoirs pour toi,

de grandes ambitions,

que tu irais aussi loin que moi dans l'Église. Voire plus loin.

Mais tu m'as fait voir

ce que j'avais seulement entrevu à propos de mes ambitions.

Qu'elles sont moins la volonté de Dieu

que la mienne.

La vérité, c'est que tu as toujours été bien meilleur que moi.

Je suis si fier de toi.

Je doute qu'un homme puisse être plus fier de son propre fils.

Merci.

J'espère que je serai à la hauteur.

Mais je me demande,

si le jour venu où je souffrirai vraiment,

pourrai-je l'accepter?

Pourrai-je m'en remettre à Dieu

et ne pas combattre sa volonté?

Tu ne dois jamais en douter.

Car tu es la plus rare des choses:

Un vrai saint homme.

Tu ne sais pas vraiment qui je suis.

Tu sais seulement ce que je te laisse voir.

- Tu m'insultes. - Je ne voulais pas.

Mais je suis meilleure actrice que tu ne crois.

Je ne vais pas te laisser entrer dans les tréfonds de mon âme

et risquer de t'effrayer.

- J'ai trop besoin de toi. - Insultante et égoïste.

Nous le savions déjà, non?

Quoi qu'il en soit, je ne suis pas déçue pour Dane.

Il est fou de renoncer à Rome,

mais Drogheda est sa maison.

Sa place a toujours été là-bas, pas comme moi.

Tu n'as pas échoué.

Si ta place n'est pas à Drogheda, c'est parce que ce n'est pas toi.

Je me demande parfois où est ma place.

Il m'arrive de me sentir un peu perdue.

Presque toujours, sauf quand je joue.

Crois-tu qu'on puisse avoir le trac de ne pas être en scène?

C'est très simple.

- Ta place est avec moi. - Vraiment? À Bonn?

Grandis un peu.

Tu crois que je veux faire de toi une femme d'intérieur?

Pour des gens comme nous,

il ne s'agit pas de l'endroit, mais d'amour.

Je t'aime énormément.

Et je crois que tu m'aimes aussi.

Ça ne pourrait jamais marcher.

Je te l'ai dit depuis le début.

- Mais, chérie... - Non, je ne peux pas.

Tu vas le mouiller.

"Des mouches aux mains de capricieux sommes-nous pour les dieux.

"Ils nous tuent par plaisir."

- Pauvre Lear. - Pauvre de moi, tu veux dire.

Imagine-moi dans le rôle de Cordelia.

Comment est l'eau?

Un peu agitée, mais c'est magnifique.

Communier avec le grand Neptune.

Vraiment, Père O'Neill, trop païen pour vous. Vous serez excommunié.

Ton âme court déjà un danger mortel.

Ne me dis pas que tu n'as pas remarqué les deux qui en pincent pour toi.

Il est mignon. Comment pouvons-nous faire sa connaissance?

Elles te poursuivraient tel un requin si je n'étais pas là.

Je vais te dire, je l'ai remarqué.

J'ai remarqué que tu ne m'avais pas bien expliqué

ce que tu faisais ici en Grèce avec moi.

Tu peux tout me dire, mon enfant.

Rappelle-toi, je suis prêtre.

Très bien.

C'est Rain.

- Il veut que je l'épouse. - C'est magnifique!

J'espérais que ce serait quelque chose comme ça.

Vraiment?

II t'aime depuis des années.

Mais je ne peux pas l'épouser. J'ai toujours refusé l'idée du mariage.

Ce n'est pas le moment de s'en tenir aux principes.

Je pensais que tu comprendrais.

- Désolé. Mais si tu l'aimes... - Justement!

Je ne pense pas être capable d'aimer.

Je ne crois pas avoir ça en moi.

Tu me connais.

Je sais que tu as toujours été capable de m'aimer.

C'est différent.

Tu es mon frère.

Et puis je t'aime parce que tu m'as toujours acceptée telle que je suis.

Parce que je suis un saint?

C'est comme ça? Saint Dane?

Écoute.

Tu sais que j'ai toujours été le préféré.

Beaucoup de sœurs m'auraient détesté pour ça.

Mais tu n'as rien fait d'autre que m'aimer.

Parce que...

Je te démentais toujours quand tu disais que maman ne t'aimait pas.

Je disais toujours

que si tu essayais un peu plus fort, tout irait bien.

Car je ne supportais pas l'idée de maman qui n'aimait pas.

Je ne supportais pas la culpabilité d'avoir ta part en plus de la mienne.

La vérité, c'est que maman ne t'a pas aimée comme elle aurait dû.

Elle ne t'a pas donné l'amour que tu méritais.

Je sais que c'est dur pour elle, sachant ça.

Ce n'est pas que tu ne peux pas aimer.

Tu as été poussée à ressentir que tu ne mérites pas d'être aimée.

Mais c'est faux.

C'est faux.

Jussie! Tu viens?

Où as-tu passé la matinée?

Rain arrive. Maintenant.

Vraiment? Je viens tout de suite.

Va communier un peu avec le grand Neptune, d'accord?

Tout ira bien.

Bonjour.

Où est notre nouveau Père O'Neill?

Je l'ai envoyé se baigner.

Il viendra plus tard.

Comme il t'est facile de commander le destin de tes hommes.

Je ne crois pas t'avoir commandé de venir.

Mais admets que ton télégraphe était trop intriguant pour résister.

"Tu étais sincère, Rain?"

À propos de quoi?

Que tu m'aimes.

Il s'agit de ça?

Pourquoi es-tu venu, sinon?

Pourquoi? Pour sauver ce que je pouvais d'amitié.

J'accepterai ça, s'il le faut.

Écoute, c'est toi qui as changé notre relation, pas moi.

Et que veux-tu, des excuses?

Si je le faisais, tu me jetterais comme une vieille chaussette.

- J'en suis capable. - Mais tu ne le feras pas

car tu as besoin de moi pour faire la cynique.

- C'est pour ça que tu es venu? - Que crois-tu?

Que tu es le champion des sadiques.

Dis encore que tu m'aimes et regarde-moi te cracher dans les yeux!

Et tu le ferais. Tu voudrais avoir une autre possibilité de m'humilier

pour le péché impardonnable de trouver que tu mérites l'amour.

Ça t'est insupportable, pas vrai?

Ça va à l'encontre de tout ce que tu penses de toi.

Mon Dieu.

Je suis désolée.

J'allais te dire que je t'aime et que je te veux.

Quelle idiote je suis.

J'avais préparé une merveilleuse scène de séduction.

Pauvre chou.

Tu peux toujours me faire voir.

Quoi?

II vient juste d'entrer.

- Rejoignons-le. - Oui, allons-y.

Il est tout à nous.

Elle est froide.

Laisse-moi monter.

Attention! Le courant est fort.

- Au secours! - Accrochez-vous! J'arrive!

Je ne mérite pas d'être si heureuse.

Pourquoi ça ne s'est pas passé bien plus tôt?

Parce que

tu n'étais pas prête.

- Je ne suis pas sûre de l'être. - Trop tard.

Où vas-tu?

Je t'ai acheté un cadeau de Noël au marché.

Au cas où tu viendrais.

- Que se passe-t-il? - Rien.

Juste des gens sur la plage.

Dane nous racontera.

Je suis si contente que vous soyez là.

Ce ne serait pas Noël sans Anne et Luddie.

Combien en avons-nous raté dans les 20 dernières années?

Voilà.

- Attention en descendant. - Qu'en pensez-vous?

Que ce sera le plus beau des Noëls.

Luddie, tu dis ça tous les ans.

- J'y vais. - Merci, Judy.

Luddie a peut-être raison, cette fois.

J'ai pensé faire une fête pour tout le district.

Mais je ne suis pas sûr que Dane soit d'accord.

Mieux vaut l'attendre et en parler d'abord avec lui.

Il a raconté si peu dans sa lettre.

Bob et Jack ont dit qu'il semblait très heureux de rentrer à la maison.

Mais vous n'avez pas l'air aussi ravie que ce que j'aurais imaginé.

Anne, je le suis.

Naturellement.

C'est juste que

j'espère que c'est ce qu'il veut vraiment.

J'espère qu'il ne le fait pas pour moi.

Quand il est parti, j'ai fait le vœu de ne jamais essayer de l'influencer.

C'est pour ça que vous n'êtes pas allée à Rome?

Ce que, personnellement, je ne vous ai pas pardonné.

Je sais. Jussie non plus, ni les garçons,

ni maman.

Même si je crois qu'elle comprend.

C'est juste que... Je sentais que c'était tenter le destin d'y aller.

- Ou tenter Dieu. - C'est absurde!

Je sais.

Imaginez ce qu'en ferait Jussie.

Mais j'ai combattu Dieu si fort pendant si longtemps

que j'ai voulu enfin lui montrer

que je pouvais accepter que Dane et Ralph soient à lui, non à moi.

Je n'y suis pas allée dans l'espoir de faire enfin la paix avec Dieu.

Ne vous demandez pas pourquoi Dane rentre.

Considérez-le comme un signe de paix.

Que se passe-t-il?

Maman?

Qu'y a-t-il?

Dane est mort.

Non.

Il rentre à la maison.

Jussie a téléphoné.

Il s'est noyé.

Il essayait de sauver quelqu'un.

Il est mort.

Seigneur,

nous te confions

Dane

que nous avons tant aimé dans cette vie.

Accueille-le au Paradis

où il n'y aura plus ni douleur, ni souffrance

ni chagrin,

mais seulement la paix et la joie avec ton Fils

et avec le Saint-Esprit,

pour les siècles

- des siècles. - Amen.

Le Seigneur est miséricordieux, bon

et riche en pardon.

Les jours de l'homme sont comme l'herbe.

Il fleurit comme les fleurs des champs.

Le vent souffle,

il part

et on ne le revoit plus.

Comment vivrons-nous sans lui?

Nous vivrons.

Ton Dieu rassemble les bons

et laisse vivre ceux d'entre nous qui échouent.

Ton Dieu avide.

La paix n'existe pas avec lui.

Non. Ça suffit.

Que peut me faire Dieu maintenant? Qu'ai-je d'autre à perdre?

Ton âme.

Ton cœur.

Ton amour.

L'amour que tu as toujours eu en toi, malgré tout.

Malgré tout sauf ça.

Je t'aimais.

Je n'ai jamais cessé de t'aimer,

malgré tout.

Même si tu n'as jamais été à moi.

La partie que j'ai eue de toi, j'ai dû la voler.

Mais cette partie était la meilleure.

Car cette partie, c'était Dane.

Dane était aussi ton fils.

Le tien et le mien.

Ce n'est pas vrai.

C'était ton fils.

Et tu étais incapable de le voir.

Tu ne voyais pas que c'était une version plus parfaite de toi-même.

Tu ne m'aimais pas assez pour comprendre que je ne rejoindrais

ni Luke ni un autre homme après toi.

Et tu dis que ce n'est pas vrai.

Pauvre Ralph.

Pauvre cardinal de Bricassart.

C'est inutile, Rain. N'en parlons plus, d'accord?

Votre mère et moi voudrions vous parler.

S'il vous plaît.

Jussie va très mal.

Elle s'est mis dans la tête que Dane est mort à cause d'elle.

Elle affirme qu'elle doit renoncer au théâtre et à moi

et rester avec vous à Drogheda.

Elle ne nous écoute pas mais si vous pouviez lui montrer...

Mon fils est mort!

Comment pouvez-vous me demander ça?

Oui, Dane est mort et nous le pleurons. Mais vous avez encore une fille.

Elle a vraiment besoin de vous.

Elle doit savoir que vous ne lui en voulez pas

pour pouvoir reprendre le cours de sa vie.

Je ne vois pas pourquoi elle croit que je lui en veux.

Mais Jussie n'a jamais écouté ce que je lui ai dit.

Elle se sent responsable car elle a envoyé Dane se baigner

pour pouvoir être seule avec moi.

Je l'aime.

Et Dane est mort au moment précis

où elle a fini par comprendre qu'elle pouvait être aimée.

Si vous ne l'aidez pas, elle gâchera sa vie à Drogheda

pour que vous lui pardonniez de vivre alors qu'il est mort.

Je veux parler avec ma fille en privé.

Bien sûr.

Pendant des années, je t'ai vue faire tout ce que j'avais fait.

Pleurer pour un homme que tu n'aurais jamais.

Donner tout ton amour à son fils, comme j'ai donné le mien à Frank.

Négliger Jussie, comme je t'ai négligée.

Tu as vécu ta vie comme j'ai vécu la mienne.

Toujours poussée par quelque chose!

Je ne sais pas et ne saurai jamais

combien nous pouvons décider dans notre vie,

combien est écrit avant notre naissance.

Mais en regardant le passé, je vois les choix que j'aurais pu faire

et que je n'ai pas faits!

Même après la mort de Paddy.

Même après avoir perdu Frank.

J'aurais dû te demander pardon il y a des années.

Il est trop tard pour moi.

Mais il n'est pas trop tard pour toi.

Et il n'est pas trop tard pour Jussie, si tu veux bien l'aider!

J'ai toujours adoré cet endroit.

Quand j'étais petite, je m'imaginais que c'était une scène.

Ma propre scène et j'étais la vedette.

Je ne le savais pas.

Ça ne risquait pas.

Personne ne savait.

Mis à part Dane.

Pauvre Dane.

Je ne m'arrêtais jamais et il applaudissait.

Quand j'étais petite, je croyais que Dieu vivait ici.

Je venais tout doucement, dans l'espoir de le surprendre.

Pour pouvoir le voir.

Il était toujours trop rapide pour moi.

Tu sais que j'ai appris à danser sur ce plancher?

C'est ton père qui m'a enseigné.

Il riait car je ne savais pas danser même si j'avais une vingtaine d'années.

L'as-tu aimé?

Pas assez pour l'épouser.

Et j'ai eu tort de l'épouser.

Peu importe ce qu'il m'a fait,

il n'était pas ce que je voulais et je ne pouvais l'aimer.

Je t'ai fait payer si cher d'être son enfant,

et pour tant d'autres de mes péchés dont tu ne sais rien...

Et maintenant tu crois devoir aussi payer pour la mort de Dane.

Il revenait auprès de toi.

- Sans moi, il serait revenu. - Non.

Je l'ai envoyé là-bas tout seul.

Je ne suis pas allée avec lui.

- Il se noyait et Rain et moi étions... - Ce n'était pas ta faute!

Dane n'était pas un enfant.

Il n'était pas à ta charge.

Je ne sais pas pourquoi tu l'as toujours cru.

Car c'était le cas.

J'aimais Dane. Vraiment.

Mais j'avais toujours peur qu'il lui arrive quelque chose.

Car avant, je souhaitais qu'il ne soit plus là

pour que tu m'aimes à sa place.

J'ai demandé ce que Dieu pouvait me faire de plus.

Maintenant je sais.

Il faut que tu m'écoutes.

Je t'aime. Je t'ai toujours aimée.

Et je t'ai toujours fait du mal.

Mais je n'en ferai pas plus en prétendant que je ne préférais pas Dane.

C'était le cas.

Mais tu n'es pas plus à blâmer pour ça que tu ne l'es pour sa mort.

Ne reste pas à Drogheda.

Je dois t'apporter le réconfort que je peux.

Ça ne me réconfortera pas de te voir me donner ta vie comme un sacrifice.

Ce dont j'ai besoin, c'est de ton pardon.

Tu as ton travail.

Et tu as l'amour d'un homme qui ne te brisera jamais le cœur.

Plus que la plupart des gens reçoivent en toute une vie.

N'y renonce pour rien au monde.

Et encore moins pour moi.

Mais comment te laisser ici

- pleurer Dane et... - Il le faut. Pour nous donner de l'espoir.

Une lumière est apparue. Pas seulement pour moi, mais pour nous tous.

Nous allons rester longtemps à pleurer.

Mais si tu pars, ta lumière peut brûler pour nous.

Sachant qu'elle mettra fin à notre chagrin.

Mon enfant chérie.

Après nous, il n'y aura personne.

Drogheda continuera avec des gens nouveaux.

Mais il ne restera personne pour rappeler ce que c'était pour nous.

Je ferais mieux d'aller voir si l'herbe est desséchée.

Je passerai à la ferme en rentrant.

- Au revoir, grand-mère. - Reviens à Noël prochain si tu peux.

Toujours.

Où est Ralph?

II ne rentre pas à Rome.

Il a demandé que nous partions sans lui.

Il est très malade.

Il vous a demandée.

Sois heureuse.

Merci.

Ma Meggie.

Je savais que tu me pardonnerais.

Je le savais.

Toute ta vie,

je t'ai regardée mener ton combat contre Dieu.

Mais tu as toujours été plus près de ce qu'il veut de nous que moi.

Au bout du compte,

tu as toujours été capable d'aimer.

Malgré tout ce que tu as perdu,

tu n'as jamais perdu ça.

Au fond de moi,

je devais savoir depuis le début que Dane était de moi.

Mais je ne voulais pas l'admettre.

Je voulais être le cardinal de Bricassart

plus que je ne voulais notre fils.

Plus que je ne te voulais.

De tout le mal que j'ai fait,

le pire, c'est de ne pas avoir fait de choix

pour l'amour.

La moitié à toi, la moitié à Dieu,

mais surtout à mes propres ambitions.

Je le savais

mais je l'ai quand même fait. Je me disais que ça devait être ainsi.

Il y a longtemps,

je t'ai raconté une histoire à propos d'un oiseau

qui chante seulement quand il meurt.

L'oiseau avec l'épine dans le cœur.

Tu disais qu'il donnait sa vie pour cet unique chant.

Mais le monde entier s'arrête pour écouter.

Et Dieu, au Paradis, sourit.

Poussé vers l'épine, sans avoir conscience de la mort à venir.

Quand nous nous enfonçons l'épine dans la poitrine,

nous savons,

nous comprenons,

mais nous le faisons quand même.

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