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Original subtitles

Du cœur de l'Australie

arrive un feuilleton qui s'étend sur des décennies.

Le feu à Drogheda.

Le best-seller de Colleen McCullough. ;

Les oiseaux se cachent pou mourir.

L 'histoire d'un prêtre ambitieux, d'une femme superbe

et d'un amour qui dure toute une vie.

Épousez-moi. Vous m'aimez.

Mais j'aime Dieu davantage.

Son ambition l'a conduit loin de la femme qu'il aimait

vers les couloirs du pouvoir.

Son désir l'a poussée vers un homme qui pouvait prendre sa place.

Vous êtes belle.

Ralph va devenir évêque.

J'ai ma propre annonce à faire.

Je vais épouser Luke O'Neill.

Et ce soir, l'histoire continue.

Je n'aurai jamais ce que je veux vraiment.

...sans maison, sans enfants. Sans mari, semble-t-il.

Et Meggie se bat de la seule façon qu'elle peut.

Qu'est-ce que tu m'as fait?

Je donnerais tout pour qu'elle soit de vous, non de Luke.

Meghann est ma femme, pas la vôtre.

Dieu sait tout le mal que je t'ai fait, mais je t'aime.

Vous n'avez pas la moindre idée de ce qu'est l'amour!

Je ne vais pas gâcher le reste de ma vie à rêver d'un homme que je n'aurai jamais.

Pardonne-moi.

Plus jamais.

Christopher Plummer, Piper Laurie, Earl Holliman,

Ken Howard, Mare Winningham,

Philip Anglim, Jean Simmons,

Bryan Brown, Rachel Ward

et Richard Chamberlain.

Un amour inassouvi,

interdit pour toujours. ; Les oiseaux se cachent pour mourir.

LES OISEAUX SE CACHENT POUR MOURIR

Que va penser Ralph

quand je vais lui écrire que tu as épousé un protestant?

Qu'est-ce que ça change? Je fais ce qu'il voulait, non?

Maman,

je préférerais que tu n'écrives pas.

Je lui enverrai une lettre dès que nous serons installés dans le Queensland.

D'accord, comme tu veux.

Le pasteur s'en va. Je ferais mieux de descendre.

Tu vas me manquer, Meggie.

Si vous n'arrêtez pas, je vais pleurer moi aussi,

- et de quoi ça aura l'air? - Je suis une vieille sotte.

C'est juste que le Queensland semble si loin.

Ce n'est pas pour toujours et je viendrai vous voir.

Mais Luke peut gagner beaucoup plus en coupant la canne dans le Queensland.

Ce qui signifie que vous aurez votre propre élevage bien plus tôt.

C'est exact. Et pense un peu,

j'aurai une nouvelle maison à moi dont m'occuper.

Un jour, j'aurai des enfants.

J'ai juste besoin d'avoir quelque chose à moi,

vraiment quelque chose dont je puisse m'occuper.

Meggie, ma chérie.

Et j'ai besoin de Luke.

Ce n'est pas un homme compliqué.

Il ne désirera pas toujours autre chose plus que moi.

Luke m'aime, Mme Smith.

Vraiment, il m'aime.

14000 livres?

C'est plus que ce que valent beaucoup de squatters. Une surprise.

Elle ne vous a rien dit?

Mon Dieu. C'est Meggie tout craché.

Pour certaines choses, elle est une enfant.

Ralph a donné de l'argent quand l'Église a hérité de Drogheda.

Le Père de Bricassart. Il supervise le domaine pour l'Église.

J'ai transféré l'argent de Meggie à la banque de Dungloe

et je l'ai mis à votre nom.

Sachez que j'apprécie la façon dont votre famille m'a traité.

Je n'ai pas grand-chose, mais ce que j'ai appartient à Meghann.

Et soyez certains que je n'y toucherai pas sauf pour acheter une exploitation.

Et je prendrai soin d'elle. Vous avez ma parole.

Venez, vous deux!

Au revoir, Pete.

- Tous mes vœux. - Merci, Alastair.

Sois heureuse.

Allez, Meghann, on va rater notre train.

Votre Éminence.

Éminence?

Je ne me suis pas encore fait à l'idée d'être cardinal, Ralph.

J'ai presque sursauté quand vous m'avez appelé ainsi.

Vous comprendrez,

la première fois qu'on vous appellera Monseigneur de Bricassart.

Mais je crois que vous êtes déjà prêt pour ça.

J'espère que je le suis

et que je serai à la hauteur.

Mon cher Ralph.

Souvent, quand je vous parle de votre progression dans l'Église,

je le fais d'une façon qui semble sophistiquée,

voire cynique.

Je ne vous comprends pas encore tout à fait.

Peut-être n'y arriverai-je jamais.

Mais je n'ai jamais douté

du fait que votre vie est consacrée à Dieu.

Tout comme je suis sûr qu'en vous faisant évêque aujourd'hui,

l'Église va vous donner

la plus grande joie que vous ayez jamais eue.

NORD DU QUEENSLAND, AUSTRALIE JANVIER 1933

Luke, regarde.

Ça ressemble au paradis.

C'est le Queensland, mon amour.

- Mais qu'est-ce qu'ils fabriquent? - Ils brûlent la canne.

Ça fait sortir les rats et les serpents pour faciliter le travail.

Ça sent vraiment bon, n'est-ce pas?

C'est ce que tu vas faire?

- C'est un travail de coolie. - Comment?

Les coupeurs du Queensland sont les meilleurs au monde.

J'aurai de la chance si mon ami Arne m'engage.

Il le fera s'il veut un bon travailleur.

Je peux gagner 10 fois plus ici que ce que je gagnais à Drogheda.

Et cela signifie que je pourrai acheter quelque chose bien plus tôt.

Alors si je dois être un coolie, je le ferai.

Car un jour, Mme O'Neill, je veux être à la tête

du meilleur élevage de moutons de tout l'ouest du Queensland.

Je suis désolée.

Ce n'est rien, ma chérie.

C'est la première fois.

- Ça fait toujours aussi mal? - Je n'avais jamais eu de plainte.

Je suis tellement fatiguée.

- Trois jours de train, puis le bus. - Je sais.

Et l'humidité aggrave les choses si on n'est pas habitué.

Je vais te dire. Fais une bonne sieste et je vais aller voir Arne.

Puis nous irons à Dungloe ensemble.

Parle-moi d'Arne Swenson. Tu ne m'as jamais rien dit.

Tu aurais dû voir sa tête quand je lui ai dit que j'étais marié.

- Il ne voulait pas y croire. - Il a un travail pour toi?

- 20 livres par semaine, dès demain. - 20 livres?

C'est magnifique.

Demain? Nous n'avons même pas de maison.

Je pourrais en chercher une moi-même.

Je voulais justement te parler de ça.

L'équipe d'Arne travaille six jours par semaine, tout le long de la côte.

Ils vivent dans des baraques et je vais devoir vivre avec eux.

Qu'est-ce que je suis censée faire?

- Je ne veux pas rester toute seule ici. - Bien sûr, je ne le veux pas non plus.

Et puis ça n'aurait pas de sens. Payer un loyer pour une seule personne.

Tu vas loger chez des gens qu'Arne connaît.

Les Mueller.

- Mme Mueller a besoin d'aide... - Luke.

Tu m'as fait engager comme bonne?

Tu dis ça comme si c'était horrible.

Tu vas sur une grande plantation de canne. Les Mueller la dirigent.

Et ils sont gentils. J'y ai veillé.

Je pensais nous faire une maison.

Nous ne sommes pas pauvres. Nous avons mes 14000 livres.

Et elles vont rester à la banque comme économies.

Le reste, nous pouvons le gagner ensemble.

Si nous travaillons dur, nous aurons très vite un endroit à nous.

- Je veux ce qu'il y a de mieux pour nous. - Je sais.

Mais vivre chez des étrangers,

- ne jamais te voir? - Mais si, tu me verras.

Nous passerons les dimanches ensemble. Ça rattrapera.

Allez, retournons à l'hôtel.

Nous avons une lune de miel à fêter.

Belle vie que de couper le sucre.

La meilleure pour l'homme qui en est capable.

Et Luke a ce qu'il faut pour devenir un excellent coupeur,

si rien n'interfère.

Espérons qu'il soit assez bon

pour gagner beaucoup d'argent,

- car c'est ce qu'il veut. - Oui, c'est ce que je disais avant.

Regarde ça. Je t'avais dit que c'était beau.

Il y a des tas de cannes, si c'est ce que tu veux dire.

- Au revoir. - Allez.

- Allez, dis au revoir à ta... - Au revoir, chérie.

- À dimanche. - Elle t'attendra dimanche.

Allons-y.

Nous sommes ta famille désormais.

Bonjour!

Pouvez-vous me dire où est le responsable?

Merci.

Fais lever ces bons à rien ou je trouverai quelqu'un qui en soit capable.

Beaucoup de gens veulent ton travail.

M. Mueller? Je suis Meggie Cleary.

- Quoi? - O'Neill.

Vous êtes la nouvelle. Pourquoi n'êtes-vous pas à la maison?

Vous avez dû vous tromper de route. Comme tout le monde.

Venez, je vais vous y emmener.

Une épouse ne devrait pas rester seule si longtemps. Grimpez.

- Que pensez-vous d'Himmelhoch? - C'est charmant.

- Si vert. - Pas comme chez vous?

Votre mari m'a dit que vous veniez de la Nouvelle-Galles du Sud.

- Bon sang. - Anne, tu vas bien?

Mon Dieu, pourquoi essaies-tu de faire ça?

Oui, pourquoi?

Tu as fait assez de bêtises.

Donne-moi mes cannes, Luddie.

Anne, voici la nouvelle.

Mme O'Neill.

J'espère que vous avez le dos solide et beaucoup de patience.

Je ferais mieux de retourner à l'usine.

Je vais nettoyer ça.

Ramassez bien tous les morceaux.

Du nerf.

Pas comme ça.

Sauf si tu veux être le seul coupeur manchot.

Donne-moi ça.

Je commence à comprendre pourquoi ce boulot est si bien payé.

Coupe vers le bas et jette-la à l'extérieur.

En bas et jette-la.

C'est facile une fois qu'on sait.

Mais tu devrais rester loin de ta femme.

Pour réussir ici, un homme doit tout donner à la canne.

Je comprends pourquoi on a interdit celui-ci.

- Ce garde-chasse. - Toi et tes livres scandaleux.

Je vais faire le thé. Inutile d'attendre Luke plus longtemps.

Il est sans doute en train de travailler.

De travailler.

- Comme tous les dimanches. - C'est la crise.

On ne peut lui en vouloir de travailler s'il le peut.

Bien.

Il est comme tous les hommes d'ici.

Ils épousent une pauvre fille et partent traîner avec leurs amis.

S'ils veulent une vie de célibataire, pourquoi se marient-ils?

À 11 h, réunion sur les relations consulaires avec le secrétaire.

Vous devriez le surveiller, on dit qu'il s'oppose à votre position.

Puis la congrégation des églises orientales

pour parler de la mise en place d'autres séminaires régionaux.

Une orientation intéressante, non?

Car un clergé du cru comprendrait mieux la population.

Sans aucun doute, mais toutes ces conférences qui n'en finissent pas,

la politique, la diplomatie.

Vous êtes sûr de vouloir être cardinal?

Sinon, comment pourrais-je être élu pape?

Toujours la réponse parfaite. Masquant la vérité.

Êtes-vous toujours sur vos gardes?

Je vous demande pardon, j'ai offensé Votre Éminence.

Et j'aimerais que vous cessiez de me nommer par mon titre solennel.

Je m'appelle Vittorio.

Quand Pie X est devenu pape,

il a reçu un lit magnifique.

Savez-vous ce qu'il a dit?

II est beau,

mais je vais y mourir.

Voilà pour les récompenses de l'ambition.

Cinq tonnes par jour.

Pas mal pour un débutant.

- Alors que tu en coupes 12 par jour. - C'est donc ça, hein?

Tu essaies de me battre.

C'est possible, Arne.

Voyons un peu tes mains.

Pauvre Lukie.

Bien sûr, tu pourrais toujours mettre des gants.

Tu ne crois pas que je puisse te battre?

Je crois que tu dérailles, comme toujours.

Le vieux Luke et ses grands projets.

Comme ces filles de riches que tu allais épouser.

Je m'en suis pas mal sorti. 14000 livres et plus à venir.

Tu seras vite un patron toi aussi.

Oui.

Viens, allons faire un tour en ville.

- Tu avais dit pas de femmes. - Rien de mal à les laisser regarder.

Leur donner quelque chose à désirer.

Je suis désolé, c'est tout.

Elle veut soit de l'argent soit l'alliance.

Bon sang, elle est encore enceinte.

Je t'avais dit de ne pas rentrer la dernière fois.

Qu'est-ce que tu as sur la tête?

II est magnifique, n'est-ce pas? Nous nous sommes tant amusées.

Meggie m'a emmenée à Dungloe pour les courses de Noël.

Vraiment?

Et après? Une lettre pour vous.

Merci.

Vilaine, je pourrais très bien faire ça.

Je suis désolée.

Qu'y a-t-il?

Luke ne m'emmène pas chez moi pour Noël, en fin de compte.

Lui et Arne ont trouvé du travail supplémentaire.

Il ne fait que travailler?

Son rêve d'avoir un endroit à lui passe avant tout le reste.

Nous sommes ici depuis presque un an et maintenant il dit

qu'il faudra un an de plus pour pouvoir se le permettre, voire deux.

Vous devez le respecter pour avoir un but

et être prêt à faire des sacrifices pour ça.

Oui.

Sauf que c'est moi le sacrifice.

Je ne peux en vouloir qu'à moi-même.

J'ai épousé Luke et j'attendrai.

Foutaises!

Vous ne pouvez pas comprendre, n'étant pas catholique.

Encore plus de foutaises.

Cessez de vous agiter,

asseyez-vous et dites-moi ce que vous voulez vraiment.

Je n'aurai jamais ce que je veux vraiment.

Mais en épousant Luke, je croyais que j'aurais quelque chose à moi.

Mais je suis ici sans maison,

sans enfants,

sans argent,

et sans mari, semble-t-il.

Je sais que ce n'est pas comme avoir votre maison,

mais en ce qui concerne les enfants, Luddie et moi serions ravis.

Je n'ai jamais pu en avoir.

J'ai pensé

que si nous avions un bébé,

peut-être que Luke voudrait s'installer et acheter l'exploitation plus tôt.

- Ou au moins avoir une maison à nous. - Alors, faites-le!

Ce n'est pas si simple.

Quoi? Parce que Luke est rarement ici?

Non.

Si.

C'est juste

que les rares fois où nous avons été ensemble,

Luke s'est assuré que...

Mon Dieu, parlez.

Vous avez un visage d'ange, un corps de déesse

et vous ne savez pas comment vous faire mettre enceinte.

Ce qu'il vous faut, c'est une bonne éducation.

Lady Chatterley's Lover.

Et Henry Miller.

Henry Miller, assurément!

II est vrai que nous faisons beaucoup le bien,

mais les sacrifices semblent l'emporter sur les récompenses.

Mais un prêtre, quel que soit son rang dans l'Église,

ne s'interroge-t-il pas sur ses sacrifices?

Toujours, s'il est honnête avec lui-même.

Jeune, c'est le vœu de chasteté qui est le plus dur à supporter,

n'est-ce pas?

Ne jamais se laisser emporter

par une vague de passion.

Et puis savoir

qu'il n'y aura pas de femme,

pas de doux

réconfort la nuit.

Et pas d'enfant.

Personne ne viendra après soi.

Jamais.

Mais récemment, j'ai ressenti un autre genre d'isolement.

Le simple besoin humain

de partager mon moi le plus profond

avec quelqu'un,

comme n'importe quel homme.

Nous ne sommes pas des hommes ordinaires, mais des prêtres.

Nous devons partager notre moi le plus profond avec Dieu.

Encore la réponse parfaite.

Vous croyez que je vous teste encore, n'est-ce pas?

Que j'ausculte pour le bien de l'Église.

N'ayez crainte, car malgré mon investigation,

il y a toujours quelque chose au plus profond de vous,

quelque chose que je n'ai pas trouvé.

Si vous ne l'avez pas trouvé, c'est peut-être qu'il n'y a rien.

Quelle beauté.

Encore un léger parfum.

J'ai gardé une rose pendant des années,

de ma mère.

Je ne veux pas de souvenirs de ma mère.

Ceci a été le sacrifice.

Elle est très fragile.

Il faut en prendre soin.

Regardez qui est là.

Salut, chérie. Bonne année 1934.

Mais qu'est-ce que...

Ne reste pas plantée là, va prendre tes chaussures.

Allez-vous à un bal costumé?

Non, c'est une soirée folklorique. À Kanes.

- Mais tu n'es pas écossais. - Et alors?

Nous dansons mieux que les Écossais.

C'est sûr. Nous y allons tous les samedis soirs.

Mais ce soir, c'est spécial.

Pour me rattraper pour Noël.

Je ne raterais ça pour rien au monde.

BONNE ANNÉE 1934

Allez, ça suffit.

J'ai coupé 11 tonnes, hier.

Je t'ai dit que si tu égalais mes 12, tu deviendrais mon associé.

J'y arriverai avant la fin de la saison.

- Deux whiskys, merci. - 12 tonnes et un nouveau camion.

Avec l'argent que tu as épousé, tu peux.

Exact.

Et nous aurons le plus beau des camions.

Salut, chérie. Tu t'amuses?

Je crois que ça va venir.

Onze tonnes.

Nous verrons si tu feras 11 tonnes demain.

Je dois y aller. Je travaille demain.

Viens, je veux te montrer quelque chose.

Ne vous en faites pas, je ne vais pas le retenir longtemps.

Je ne peux pas rester.

Je commence tôt,

tu le sais.

Si nous commencions maintenant?

Qu'est-ce que tu m'as fait?

C'était vraiment bien.

Nous devrions toujours le faire comme ça.

Je n'aurais pas dû le faire comme ça, cette fois.

Nous ne pouvons pas nous permettre un bébé.

Une fois, ça n'a pas d'importance.

Ou même deux, tant qu'on sait ce qu'on fait.

Je l'ai lu.

Vous ne me le direz jamais, n'est-ce pas?

Votre Éminence?

Pourquoi vous restez si... profondément troublé.

Je vous ai recommandé pour mon ancien poste en Australie

comme légat du pape.

Vous voulez me renvoyer?

Mais pourquoi?

N'ai-je pas fait du bon travail?

Votre carrière a été brillante, jusqu'ici.

Vous êtes déjà archevêque.

Et rien

ne peut faire obstacle à votre ascension.

Rien.

À l'exception... de la rose.

Quand votre rose est tombée par terre, j'ai fini par comprendre

la tristesse que vous portez toujours tel un manteau saint.

J'ai essayé si fort de l'oublier.

- Vous croyez que je ne le sais pas? - Alors pourquoi?

Notre Dieu nous a donné le libre arbitre

et de ce don découle le fardeau du choix.

Il est largement temps

que vous vous occupiez de ce fardeau,

car tant que vous ne l'aurez pas fait,

vous ne pourrez pas continuer.

Mais me renvoyer là où elle est,

c'est comme me demander d'échouer.

C'est vous demander de choisir.

Je crois que la saison des pluies est terminée, Dieu merci.

Trois mois de cette pluie suffisent à rendre fou.

- Tu dis ça tous les ans. - C'est vrai tous les ans.

C'était la saison des pluies quand nous nous sommes rencontrés, non?

Tu étais assise dans une flaque de boue.

Dans la boue?

Oui, je l'ai repêchée et ramenée chez elle. J'ai bousillé mon unique costume.

- Et ta vie. - Et ma vie.

Voilà.

Il est vraiment magnifique.

J'en prendrai soin.

De toute façon, on ne fait rien sous cette pluie.

À moins d'être Luke O'Neill.

Lui et Arne vont à Sydney dans une raffinerie de sucre

jusqu'à la fin des pluies.

Comment a-t-il pris la nouvelle du bébé?

II ne le sait pas encore. Je vais lui écrire ce soir.

Cela le fera peut-être réfléchir.

Ce qui compte, c'est que vous ayez ce bébé.

Oui.

- Cela faisait longtemps. - Bienvenue.

Merci. Le domaine est magnifique.

Nous avons connu des temps difficiles. Mais je crois que ça va mieux.

- Fee. - Bonjour, Ralph.

C'est moi qui devrais vous baiser la main, archevêque.

Pas vous.

Comment ça va?

Vous ne me racontez jamais rien dans vos comptes rendus financiers.

- Et Meggie? - Toujours dans le Queensland.

Du moins, j'imagine.

Nous n'avons pas de nouvelles depuis Noël, cela fait six mois.

Dans le Queensland? Que fait-elle là-bas?

Ils se sont installés là-bas.

Nous nous demandons tous si Luke achètera quelque chose un jour.

Il est souvent absent pour cause de travail.

Alors Meggie vit chez des amis à lui.

Luke?

Le mari de Meggie.

Vous ne saviez pas que Meggie s'était mariée?

La petite Meggie?

Et personne ne m'a rien dit?

- Elle ne vous a jamais écrit? - Luke n'est pas catholique.

Meggie voulait vous le dire elle-même.

Vous vouliez qu'elle se marie.

Vous êtes plutôt doué pour obtenir ce que vous voulez, n'est-ce pas?

Mary Carson est morte depuis combien de temps?

Et vous voilà déjà archevêque.

Quel genre d'homme est Luke O'Neill,

à vagabonder sans offrir de foyer à Meggie?

Du genre ambitieux.

SYDNEY, AUSTRALIE - AOÛT 1934

Merci.

Tu m'as demandé de venir et me voilà. Que veux-tu?

Tu n'es pas venu depuis que je t'ai écrit à propos du bébé.

Désolée que ça ne te fasse pas plus plaisir.

Je me demande pourquoi tu as pensé que ce serait le cas.

Je t'ai toujours dit ce que j'en pensais.

Oui. J'ai eu tort.

Mais le fait est que nous allons avoir un bébé

et il lui faut un foyer.

Exact.

Et je devrais te faire plaisir et oublier tout ce que je veux.

Mais nous voulons les mêmes choses, non?

Moi aussi, je veux l'exploitation.

Drôle de façon de le montrer, en nous donnant une autre bouche à nourrir.

Je t'en prie, écoute.

Tu as dit qu'il te fallait 5000 livres de plus pour acheter.

Au moins. Et maintenant...

- Alors ces sous sont à toi. - Comment ça?

Je peux obtenir l'argent,

si c'est vraiment ce qui t'empêche de nous installer.

- Où peux-tu le trouver? - Qu'est-ce que ça peut faire?

- C'est ce que tu veux, non? - Réponds-moi. Où?

J'ai écrit au Père Ralph à Rome. Il me le donnera.

Quoi? Bon sang!

Tu n'as pas de fierté, moi si. Je n'ai jamais accepté d'argent de personne,

encore moins d'un prêtre catholique. Je ne vais pas commencer maintenant!

- Écoute-moi. - Comme on fait son lit, on se couche.

Je t'en prie, ne pars pas.

Laisse-moi y aller.

- Que faites-vous? - Je rentre chez moi.

- Chez vous? - Oui, à Drogheda.

Car c'est la seule maison que j'aurai jamais.

Luke ne veut pas de moi et il ne veut pas de maison.

Il ne veut rien.

Juste se tuer au travail dans les cannes.

Ça ne va pas? Vous ne pouvez aller nulle part.

- Vous êtes sur le point d'accoucher. - Je m'en fiche!

- Meggie. - Je déteste Luke!

- Ça suffit. - Et je déteste ce bébé!

Arrêtez.

Elle n'est pas assez forte pour aller à l'hôpital.

Hors de question de faire une césarienne.

Nous pouvons juste espérer qu'elle ait la force de supporter le bébé toute seule.

Je lui ai donné le plus de laudanum possible.

- Je vais aller près d'elle. - La sage-femme y est.

- Luke est venu, finalement. - Luddie a fait aller chercher son mari.

Oui, et je devrais le corriger.

S'il fallait choisir entre la vie de Meggie

et celle du bébé,

que vous dicterait votre conscience?

L'Église est claire à ce sujet, docteur.

Aucune vie ne peut être sacrifiée pour en sauver une autre.

Vous êtes prêtre et je suppose que vous devez parler en tant que tel.

Ce n'est pas si évident pour un homme ordinaire comme moi.

- Si son mari était là... - Si j'étais le mari,

je crois que je ne pourrais supporter de la sacrifier

pour rien au monde.

Elle ne sait donc pas que vous êtes revenu en Australie.

Non, j'ai pensé que c'était mieux ainsi.

On m'a fait suivre sa lettre depuis Rome.

Après l'avoir lue, il fallait que je vienne. Quelque chose clochait.

Nous sommes ravis que vous soyez venu.

Ça fait plaisir de savoir que quelqu'un se fait du souci pour cette pauvre fille.

Non, merci. Je veux retourner auprès d'elle.

Se fait du souci? Moi, je crois qu'il l'aime.

N'est-elle pas superbe?

Tu es parfaite, n'est-ce pas?

Chut. Nous avons tous besoin de repos.

Oui, je crois que c'est le cas.

Viens.

Je crois que Justine va beaucoup pleurer.

Autant qu'elle apprenne tôt.

Tous les bébés pleurent.

Oui.

Tenez.

Je vais devoir partir.

Je m'y attendais.

Vous arrivez toujours pour les grosses crises de la vie,

puis vous disparaissez tel le Saint-Esprit.

Je regrette que tu ne sois pas plus heureuse pour le bébé.

Avant sa naissance,

j'ai dit que je la détestais.

Ce n'est pas vrai.

Je donnerais tout pour qu'elle soit de vous, non de Luke.

Pourquoi l'Église doit-elle vous avoir tout entier?

Même la partie qui lui est inutile, votre virilité.

Tu connais déjà la réponse, ma Meggie.

C'est un sacrifice nécessaire.

"Nécessaire."

Allons, Ralph.

Je ne suis plus une enfant.

Et je ne suis pas votre Meggie! Je ne l'ai jamais été!

Pendant toutes ces années où je vous ai aimé,

où je vous ai attendu et voulu!

Vous ne m'avez jamais voulue.

Alors j'ai essayé de vous oublier avec quelqu'un d'autre.

Il ne veut pas de moi non plus.

Vous croyez que vous n'êtes pas un homme ordinaire,

mais il n'y a pas la moindre différence entre vous et Luke O'Neill.

Vous êtes tous deux

de gros papillons de nuit velus

qui se cognent contre une flamme stupide.

Alors que partout dans la nuit fraîche,

il y a à manger, de l'amour et des enfants à avoir.

Ne le voyez-vous pas?

Le voulez-vous?

Non.

Vous repartez derrière cette flamme jusqu'à ce qu'elle vous tue.

Dieu sait tout le mal que je t'ai fait.

Mais je t'aime.

Oui, vous m'aimez. Et Dieu plus que moi.

Et vous-même plus que tout.

Vous et votre ambition.

C'est très difficile, je sais.

Mais je t'en prie, ne t'endurcis pas à cause de ça.

Tu as toujours été ma rose.

La plus belle image humaine et la pensée...

Une image? Une pensée?

C'est tout ce que je suis pour vous, n'est-ce pas, stupide rêveur romantique?

Vous n'avez pas la moindre idée de ce qu'est l'amour!

Allez-vous-en!

Je ne supporte plus votre vue!

Vous avez oublié une chose à propos de vos précieuses roses.

Elles ont de vilaines épines crochues!

Amenez le camion.

Attendez-moi, s'il vous plaît.

- Bonjour. - Je cherche Luke O'Neill.

Il est au fond.

Tu es un peu près, non?

Qu'est-ce qu'un prêtre fait ici?

Pas venu me donner les derniers sacrements.

- Cherchez les rangées. - D'accord.

- M. O'Neill? - C'est exact.

- Je suis venu à propos de votre femme. - Meghann?

Son cas ne s'est pas aggravé?

Le bébé est né mercredi.

Une fille.

Je suis l'archevêque de Bricassart.

Par tous les saints.

Le célèbre Père Ralph.

Je me fais beaucoup de souci pour Meggie et votre fille.

- Elles ont besoin d'une maison et de vous. - C'est Meghann qui vous a envoyé?

Non, mais elle m'a écrit, comme vous le savez.

Je peux comprendre que vous refusiez mon argent,

mais pour le bien de Meggie, je vous demande d'y repenser.

- Nous pouvons en faire un prêt. - Un instant!

Pour qui vous prenez-vous, me dire ce que nous devons faire ou pas?

- Meghann est ma femme, pas la vôtre. - Alors comportez-vous en mari.

Si vous ne pouvez lui donner l'amour qu'elle mérite, donnez-lui une vie décente.

Elle ne meurt pas de faim. Et elle a l'enfant qu'elle voulait. Pas de quoi se plaindre.

Elle peut attendre que je sois prêt à arrêter.

Quand je vous ai offert le moyen d'avoir ce que vous dites vouloir...

Croyez-vous que je vais accepter quelque chose de vous?

Filez d'ici et emmenez votre argent avec vous.

- Je travaille pour ce que j'ai. - Ou vous vous mariez.

Espèce de lopette catholique. Je devrais vous mettre une raclée.

N'ayez crainte.

Je ne vais pas abîmer votre belle robe.

Mais ne parlons pas de qui de nous deux a le plus de l'argent de Meghann.

Allez, nous avons du boulot.

Bien joué.

Un autre Noël sans Luke.

Je crois que vous devez accepter le fait

que Luke ne quittera jamais le sucre tant qu'il aura la force de le couper.

Je sais. Il aime vraiment cette vie.

Là dehors à se prouver tous les jours combien il est viril.

Peut-être que si je l'aimais vraiment, ce serait différent.

C'est l'archevêque que vous aimez, n'est-ce pas?

Depuis toujours.

Toute ma vie j'ai pleuré pour lui comme un enfant pour la lune.

Mais je dois arrêter de pleurer.

Je ne vais pas gâcher le reste de ma vie à rêver d'un homme que je n'aurai jamais.

Je ne sais pas si je peux épuiser Luke

ou attendre qu'il se fatigue dans les cannes, mais je dois essayer.

Pourquoi devez-vous essayer s'il ne vous apporte que le chagrin?

Qu'ai-je d'autre?

Et je dois offrir un foyer à Jussie.

Je lui dois bien ça.

Oui, désolé de vous avoir fait attendre.

C'est le plus beau dîner de Noël que j'aie jamais vu.

Écoutez-moi un instant.

Nous nous inquiétons pour vous.

Vous n'avez pas retrouvé vos forces après la naissance de Jussie.

Ce qu'il vous faut, c'est du temps pour réfléchir,

pour vous reposer, partir. Penser à ce que vous voulez vraiment.

Nous vous envoyons en voyage. Et toute seule.

En voyage?

Et vous?

Et Justine?

Tout est réglé. Je ne veux plus en entendre parler.

JEUNES MARIÉS

- Bonjour, Sam. - Bonjour, Rob.

Voilà.

C'est bon.

Enchanté. Vous êtes Mme O'Neill, bien sûr.

Je m'appelle Rob Walter. Bienvenue sur l'île Matlock.

Attention de ne pas tomber. Voilà.

Au revoir. Tous mes vœux.

Nous accueillons les jeunes mariés.

Peut-être que M. O'Neill vous rejoindra plus tard?

Je ne l'attends pas.

Les placards sont pleins. S'il vous manque quelque chose,

je passerai tous les soirs pour m'assurer que vous allez bien.

Merci, M. Walter. Au revoir.

Mon Père.

Aidez-moi à défaire ça.

Regardez! Une surprise pour vous!

J'ai amené votre mari!

On m'a dit où je pourrais te trouver.

Pardonne-moi.

Non. Bon sang.

Plus jamais.

J'avais peur de dormir.

Peur que tu sois parti à mon réveil.

À quoi penses-tu?

Que je ne m'étais jamais réveillé dans le même lit

qu'un autre être humain.

Que je ne me réveillerai plus jamais

sans vouloir que tu sois à mes côtés.

Que j'ai mené un combat difficile

et que je l'ai perdu.

Toutes ces années où j'ai renié que j'étais un homme,

tout ça pour découvrir avec toi

que je ne veux rien de plus qu'être un homme.

Que je ne serai jamais plus que ça.

Le jour où je t'ai vu pour la première fois à la gare de Gilly,

tu m'as souri.

Puis tu as dit mon nom.

Et tu m'as touchée.

Depuis ce jour-là, j'ai su au fond de moi

que même si je ne te revoyais pas,

ma dernière pensée avant de mourir serait pour toi.

Et je ne peux rien y faire.

Sais-tu combien c'est terrifiant, ce pouvoir que tu as sur moi?

Comment pourrais-je ne pas le savoir?

Quand Justine est née,

tu as dit que je te voyais toujours comme une enfant

ou comme une image idéalisée.

Et c'était vrai.

Sinon comment pourrais-je lutter?

Te voir telle que tu es vraiment, avec un corps qui se fond au mien

et une âme qui s'ouvre à moi,

ce serait perdre mon âme.

Et tu penses l'avoir perdue

en étant simplement un homme.

Quel genre de Dieu fermerait le paradis aux hommes pour aimer les femmes?

Un Dieu auquel je ne peux toujours pas renoncer pour toi.

Je sais.

Mais tu es ici avec moi.

Et tant que tu es là, tu es à moi.

Que vas-tu faire, maintenant?

J'ai la maison pour deux mois.

Et après?

- Je t'écrirai de Rome. - Non.

Je ne veux pas de lettres.

Je ne te reverrai peut-être jamais.

- La punition pour ça? - Ma punition,

c'est de n'être plus jamais sûr

que j'aime Dieu

plus que toi.

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