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Requiem en ré mineur (Mozart)
Encouragements - Allez, dépêche-toi !
- Allez, allez, allez...
- Allez !
- C'est maintenant.
- C'est quoi, ton truc ? On dirait un match d'entreprise.
- Attends un petit peu. Ils sont pas chauds.
- Téma, on dirait
des pompiers contre des facteurs.
- Regarde bien le Libéro.
Il vient de Melun.
Il est bouillant, lui.
- Le 4, là ? - Ouais.
- 3 touches pour être sur le bon pied,
c'est 2 touches de trop.
Il est nul. - T'es dur, quand même.
- J'ai pas que ça à faire. C'est le mercato.
Ramène-moi des vrais trucs ou laisse-moi tranquille.
- On va manger une guez-mer ?
- C'est toi, la merguez.
Musique douce
J'y vais, j'ai du taf. Salut.
Et pas merci.
-Combien, la prime de victoire ?
-Ça fait 20 000. Si tu mets des buts, le double.
-Je sais pas qui est le coach.
- Je suis pas payé tant que t'es pas titulaire.
-Je le sens pas, ton plan.
- Prends ce putain d'avion. -Ça me chauffe pas.
-Ça fait un an que je travaille sur ce dossier.
-Mon frère dit que le contrat est pas si méchant.
- Ton frère, il est comptable à Leroy Merlin.
-Castorama. - Ouais, c'est pas pareil.
-C'est pas contre toi. - Alors, fais-moi confiance.
-C'est pas une histoire de confiance.
- T'as le meilleur contrat possible pour un joueur de ton acabit.
T'es à l'aéroport et tu veux pas prendre l'avion ?
-Tu me vois jouer en Chine ? - Bien sûr que je t'y vois.
C'est extraordinaire, la Chine.
Tu vas t'éclater. Si j'avais ton âge, je serais chinois.
-T'es pas déjà chinois ? - Faut que je te laisse.
Rappelle-moi quand t'es en Chine. -Vas-y.
- Allô, Souley ? -T'es où ? On t'attend.
- Je suis là dans 5 minutes.
J'arrive, je cavale.
Souley ?
Désolé pour le retard, pardon.
J'ai pas réussi à me garer.
Y a pas de prise pour la Tesla.
Poto, comment tu vas ?
Ça fait plaisir de te voir.
- C'est pas un entraîneur facile, il a un certain tempérament.
Il aime les guerriers.
J'étais un guerrier en Bulgarie
et j'ai l'intention d'en être un au Red Star.
Récupérer les ballons pour soulager la défense,
c'est mon boulot et je vais le faire.
Tout est planifié, je mets mes crampons
et je montre ce que je sais faire.
- Tu es prêt pour cette saison avec le Red Star ?
- Plus que jamais. J'ai envie de commencer.
Ça va être une régalade, un club historique...
-T'es au courant pour Kaplan ? -Évidemment.
La planète entière est au courant. -Dinguerie.
- Avec ce qu'il s'est mis dans le pif, c'est normal.
C'était sûr.
-Il s'est étouffé avec une langouste...
- Une langouste ?
Jure. -En plein mercato...
- Il s'est étouffé avec une langouste ?
Driss ricane.
-Arrête, c'est pas marrant. - Non, mais c'est étonnant.
-T'as un contact au Milan ?
- Bien sûr. -Vas-y, envoie.
- Si je te le donne, tu fais croquer.
Ouais, c'est comme ça. -T'inquiète, je t'oublie pas.
Driss, t'es là ?
- Je te rappelle.
Bruits sourds
Vous faites quoi ?
Vous faites quoi chez moi ? - C'est comme ça
que tu dis bonjour ? - T'as défoncé ma porte !
- Détends-toi, c'est rien.
- Une serrure à 2 000 euros, c'est rien ?
Arrête de toucher mes placards.
- C'est toi, réponds quand on t'appelle.
- J'ai que ça à faire ? C'est le mercato, je cours partout.
- C'est bien, ça. Moi, ça m'a manqué de courir.
Alors ?
On fait comment ?
- Comment de quoi ? Tu parles de quoi ?
- Driss,
tu te souviens quand je t'ai amené Bentarek sur un plateau ?
Le deal était simple, très clair.
Tu deviens son agent, on se partage la com, tranquille.
Quand on l'a repéré, il driblait encore des cailloux.
Maintenant, il joue au PSG. Et toi, tu veux pas nous payer.
- T'avais la télévision à Fresnes ?
Il a été suspendu 12 mois pour dopage, putain !
Il touche plus un centime. - S'il a été assez con
pour prendre de la coke, c'est à cause de toi.
- Et sa glissade qui nous coûte la Ligue des champions ?
T'aurais pu lui mettre des vissés. - Baltringue.
- Je savais que tu tenterais un truc,
mais je pensais que t'irais pas aussi loin.
Je t'ai payé ton transfert, lourd, même.
- Le deal valait aussi sur les salaires.
T'as Alzheimer ?
- Quoi, les salaires ?
Le deal s'arrêtait au transfert.
On s'est toujours dit ça.
- Tu t'es toujours dit ça.
On veut notre com sur les salaires, l'intégralité.
- Et j'ai fait mes petits calculs.
Tu nous dois 300k.
- 300k, frère.
300 000 euros, où ? Il rit.
J'ai plus d'oseille, je suis à sec.
Réveille-toi.
Depuis que Matuidi m'a largué,
j'arrive plus à rebondir,
à payer l'URSSAF, les impôts, mon putain de loyer.
Je dors dans mon bureau, le divorce,
j'ai signé 2 joueurs dans des clubs bidons, 15 euros chacun.
- Driss.
On est pas là pour ton avis.
- Le mercato, ça se termine dans 8 jours ?
Vends-le. C'est le moment pour faire une belle com.
- Le coach le fera plus jamais jouer. Il décote.
Je te donne mon avis.
Tu me dis si t'es d'accord. L'Atlético...
- Garde ton avis.
Tu sais pas de quoi tu parles. Tu vas m'apprendre mon métier ?
Mehdi bougera jamais du PSG, jamais de sa vie.
Il aime Paris. - On peut le convaincre.
- Mais Demba, arrête.
Tu viens de sortir du placard. Tu veux y retourner, ou quoi ?
C'est quoi, ton plan ? C'est quoi, ton but ?
- C'est quoi, mon but ?
Je repars de zéro.
Cette oseille, c'est tout ce qui me reste.
Musique menaçante
J'ai pas le choix, Driss.
Et toi non plus, t'as pas le choix. Tu comprends ça ?
Ho, je te parle, là !
On entre.
-Ça va ?
Ça se passe bien ?
- Hm ?
- D'accord, j'ai compris.
- Bah voilà.
On se reparle très vite, alors, mon frérot.
Musique rythmée
-Ça tourne, là, vous pouvez pas entrer.
Non, excusez-moi.
Vous allez être dans le champ, monsieur.
Musique rap
- On vit d'amour, d'eau fraiche et de Xanax
Dépense des milli au caz' le soir de match
Vie de footeux, vie de thug
Dans un palace
J'fais des glissades, j'prends des millions
Puis j'm'arrache
La cocaïne comme Maradona
400 boules le Big Club de McDonald
J'les encule tous, comme ça, c'est dit
Je m'en fous de tout, comme Bentarek Mehdi
- C'est quoi, ça, c'est qui ? Coupé !
C'est qui, ce type ? Coupé !
- C'est coupé.
- C'est qui, au blocage ?
Je comprends pas, c'est quoi ce bordel ?
Brouhaha
- Steve.
- Wesh, Driss. Qu'est-ce que tu fais là ?
- Tu me réponds pas ?
- J'ai pas vu que t'avais appelé.
- Tu te fous de ma gueule ? C'est quoi, ces conneries ?
- On tourne un pe-cli, c'est marrant.
Quoi ? On a pas le droit ?
- Steve,
Mehdi, il est footballeur. Tu comprends, ça ? Footballeur.
Mets ça dans ta tête.
On se casse.
- Drissou, ça va ?
Mawena, Driss. Driss, Mawena.
- Enchanté. Viens, on se casse.
Allez. - Qu'est-ce qu'il y a ?
- Mehdi, t'es où, là ? Qu'est-ce que tu fous ?
Tu vois pas qu'ils se foutent de ta gueule ?
Tu passes pour un clown et un toxico.
- N'importe quoi, on rigole,
bonne ambiance, là.
- Ils te payent pour ce clip à la con ?
- Quel clip à la con ?
-Ça, là.
Tout ce bordel. Vous êtes qui ?
- La réalisatrice.
T'as niqué mon plan. T'es qui ?
- Son agent.
Je défends ses intérêts.
C'est pas très intéressant, ce qu'il fait.
- Ah bon ?
- C'est bon. Laisse-moi 2 minutes.
S'il te plaît. Je suis désolé. - Connard.
- Pardon ?
- C'est bon, laisse. - Mehdi ?
- Quoi, mon frère ?
- Grosse prestance.
- Merci, je suis content d'être là.
- Grosse prestance, mais 0 contrat. C'est pas normal.
- On s'en bat les couilles. - Quand même.
- C'est qui, lui ? Il est bon, lui.
- C'est mon agent. Driss, Kalash, Kalash, Driss.
- Petite ou grosse commission ?
-Ça te regarde pas.
Je veux qu'il soit payé. - T'es son daron ?
-Ça va, les gars.
- T'es son daron ou pas ?
- Je suis pas son daron...
- Ferme ta gueule.
- Tranquille, frérot.
- Prends un verre, nique pas mon clip.
- On va pas niquer ton clip.
2 minutes, j'arrive. C'est bon, tout va bien, calme.
- Je croyais que les raggas étaient sympas.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- On va quitter le PSG. - Mais de quoi tu parles ?
- On change de club.
- T'es un malade. Je suis bien, ici. Regarde ma vie.
Je suis dans un clip, cousin, le clip de Kalash.
J'ai de la prestance. Je suis prestantieux.
- T'es prestantieux ? - Ouais.
- Mehdi, Nascimento te pardonnera jamais la glissade,
et le Parc non plus.
T'es un des plus grands joueurs, tu te gâches.
C'est pour toi que je suis là. Rien à foutre que tu restes au PSG.
- Tes 10 %, c'est pour les Restos du Cœur ?
- Excusez-moi, on a besoin...
- 2 minutes, j'arrive tout de suite.
- On parle, une seconde.
Musique électrisante
Faut que tu me croies. T'es une merveille.
J'ai pas vu un joueur comme toi depuis des années.
Pourquoi je m'acharne à te courir après ?
T'es incroyable. Je te laisserai pas tomber, moi.
On va trouver un putain de club qui te respecte.
- OK, mais j'irai pas n'importe où.
- Tu crois que je vais t'envoyer à Blackburn en Ligue 2 ?
On va trouver une sortie.
Laisse-moi parler à Michele.
- On reste concentré. - Tout le monde en place.
- Vas-y, vas-y.
- OK.
- Dis-lui d'aller se faire enculer.
- Je vais pas te mentir,
entre la coke et la glisse,
sans parler de la condition physique,
on a envie de s'en débarrasser.
L'actionnaire est pas non plus contre
le laisser en tribune une saison entière.
Pour l'exemple.
- Super.
Franchement, je trouve ça intelligent,
c'est bien pour le soft power.
Non ?
Qui dit que je vous enregistre pas ?
Et que je vais envoyer ça à L'Équipe ?
Ça ferait un coup de pub pour le PSG.
Je déconne,
j'en suis incapable.
Je suis venu le cœur ouvert.
On a pas d'alternative, faut trouver une solution.
Si on en est là, c'est à cause de ton coach.
Il aurait jamais dû laisser Mehdi finir le match.
Tu le sais.
- C'est pas Nascimento qui est en boîte tous les soirs.
C'est Mehdi.
Mehdi, la glisse,
Mehdi, patapouf,
Mehdi, Escobar.
Je sais plus comment l'appeler.
- Michele, tu me laisses pas le choix.
Si vous gardez Mehdi sans le faire jouer
juste pour lui faire payer,
je te jure que je vais détruire ton effectif.
Quelques journalistes se feront un plaisir de brûler ton projet.
Ils détestent Nascimento.
Et je demanderai à Mehdi d'organiser des soirées.
Vos joueurs refusent jamais une chicha.
Je vais te les rendre à 4h du matin, veille de match.
Tu vas faire quoi ?
- Pas la peine de jouer les cadors.
On est vendeur.
Mais pas en dessous de 8 chiffres.
- Ouais.
Ça me va, ouais.
Franchement.
C'est avec ce genre de décision cohérente
que tu vas gagner la Ligue des champions.
J'en suis sûr.
- Si tu veux nous signer le moindre joueur,
ce qui risque pas,
vu la nullité de tes bonshommes,
faudra me passer sur le corps pour qu'on fasse affaire.
-Ça peut me faire plaisir.
Je vous envoie une offre.
Lina !
- Oh ! Eh, Driss !
- Comment tu vas ?
Ça fait plaisir de te voir.
Je te croyais à Londres.
- On enterre Kaplan demain.
- Quel rapport t'as avec Kaplan ?
- J'ai prolongé Gassama chez Adidas.
- Sérieux ? Gassama ?
Incroyable. Je savais que t'allais cartonner.
Tu vas finir boss d'Adidas, c'est sûr.
- Au mercato, ça se passe comment ?
-Ça va. Ça va, c'est compliqué,
mais je suis sur un gros coup.
-Ça me fait plaisir pour toi.
Parce qu'avec, bon...
Tout ce qui t'est arrivé avec Mehdi...
- C'est des ragots, faut pas écouter les gens.
- Je suis pressée, mais en septembre, on déjeune,
ce que tu veux. - On dîne, si tu veux.
- OK. Salut.
- Lina.
Excuse-moi, pardon.
J'en profite, là...
Je cherche à joindre Gassama.
- C'est top 5 mondial.
- Quoi ? Je suis pas du métier ?
- Je suis bien avec lui,
mais je suis pas non plus... Enfin, je...
- Je comprends.
- Désolée, mais... C'est un peu compliqué.
- Je comprends, te casse pas la tête.
- Salut. -À bientôt.
S'il te plaît. -Bentarek est fini.
- Il a été suspendu, mais il sait faire une roulette.
-10 millions, c'est trop, c'est non.
- Au prochain mercato, tu vas le regretter.
Quand il mettra 2 buts à Séville, viens pas pleurer.
-Je dis ce que je pense. Inch'Allah.
-Inch'Allah, si tu veux.
Allez, hasta luego. -Hasta luego.
Bonne chance. Allez, ciao.
Musique électrisante
- Putain.
Il est où ? - Driss... Par là.
Une heure qu'il est enfermé, il veut pas sortir.
Le match commence dans 5 minutes.
- C'est où ? - La porte à gauche.
- Erwin ?
Erwin, fiston, t'es là ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Je veux pas jouer.
- Pourquoi ?
- J'ai peur.
- T'as peur de quoi ?
- J'ai le cœur qui bat à mille à l'heure.
- Tu veux bien ouvrir pour qu'on en parle ?
- Non. - Erwin.
(-Attendez.)
Erwin, ouvre la porte, on va en discuter tous les deux.
Ouvre.
Ouvre, Erwin, fais-moi confiance.
Driss rit.
Alors, qu'est-ce qui se passe ?
Ça va pas ?
Qu'est-ce qu'il faut faire quand ça arrive ?
- Respirer,
mais j'y arrive pas.
- On y va étape par étape, tu vois ?
Respiration par respiration. C'est facile.
Regarde. Je ferme les yeux et je fais...
Il respire profondément.
- Aujourd'hui, je sais que je vais pas être bon.
- On s'en fiche que tu sois bon.
Ce qui nous intéresse, c'est que tu t'amuses.
- Maman veut que je sois bon devant les recruteurs.
Elle va m'en vouloir.
- Non. Maman, tout ce qu'elle veut, c'est que tu sois heureux.
Qu'est-ce que t'aimes faire ? - Jouer.
Au foot.
- Avec qui ?
- Mes copains.
- C'est ça qu'on va faire, fiston.
Tu vas sortir et faire ce que t'aimes.
Qu'est-ce que t'en penses ?
Regarde-moi.
Tu me fais un sourire de numéro 10 ?
Musique entraînante
- Allez. Vas-y, mon cœur.
Faute !
Sifflet Faute, là, c'est quoi ?
C'est quoi cet arbitre en carton, sans déconner ?
Sans déconner ?
Je vais aller voir le coach. - Non.
Il sait ce qu'il fait. Laissez-les jouer.
- Voilà !
Oui. Allez. Oui !
Oui ! C'est bien.
Oui.
Oui !
Oui, voilà ! C'est bien !
C'est bien, mon cœur.
Ça, c'est mon fils.
Yes, putain, c'était beau, là, magnifique.
- C'était canon.
J'arrive, excusez-moi.
Allô, JB ? Merci de me rappeler.
-J'ai pas beaucoup de temps.
- Moi aussi, j'ai pas que ça à faire.
-T'es où ?
- Au Bourget, j'attends un jet. Je vais à Munich.
-Il se passe un truc au Bayern ? - Un super truc.
-Vas-y, balance.
- Je peux pas en parler, frère, tu sais bien.
Qu'est-ce qu'on fait pour Bentarek ?
Le PSG est prêt à le céder. -Nous, on part sur Okombo.
- Okombo ? -Ouais.
- De Reims ? -Oui.
- C'est une saucisse, lui, ho. -Arrête.
- Il sait pas courir, il va à 1 à l'heure.
Tout le monde le sait. -14 buts...
- Bentarek, c'est le bon choix. Jérôme le met en combien ?
-Il le met en deux. - En deux ?
C'est une connerie. Bentarek, c'est une chance.
-On se tient au jus, si ça foire avec Okombo...
- Je te rappelle. -OK.
- Okombo est cuit, Bentarek, c'est le futur.
-Il a 29 ans, Bentarek.
- Je te rappelle.
- Vous êtes le père ?
- Euh, non.
Mais j'aimerais bien, enfin, je suis l'agent, moi.
- Roxana Basi, responsable du recrutement pour FC Salzbourg.
- Tout le monde vous connaît. - OK, merci.
On aimerait bien qu'Erwin fasse un essai dans notre centre.
- Super ! - Génial.
- Génial, ouais.
- Super, génial. - OK.
- Mais pas cette année.
Désolé.
Il est encore frêle, tout fragile.
Il faut qu'il se durcisse, qu'il travaille la vitesse, la force.
C'est bien s'il fait une saison encore ici.
Mais en tout cas, merci pour votre engouement.
Vous êtes à la hauteur de votre réputation.
- Bien sûr. Je vous laisse ma carte,
au cas où. - Avec plaisir.
Merci. - Merci beaucoup.
- MERCI. -À très vite.
- Merci, Roxana. - Au revoir.
Je comprends pas, on est sûrs ?
- On est sûrs et certains, même.
Erwin, c'est un joueur
qu'il faut laisser évoluer et accompagner, comme une plante
qu'on arrose régulièrement.
Et vous, vous êtes le jardinier. Ou la jardinière.
Musique électrisante
Faites-moi confiance.
Je vous rappelle plus tard.
D'accord ?
-Ça marche. - Merci.
- Allô, Vincent ?
-Allô. -Ça va ?
-Ouais, et toi ? - J'ai une urgence.
T'as le numéro de l'intendant de Reims ?
-Ouais, normalement.
- Demande-lui s'ils font toujours leur soirée à la con le dimanche.
-Le bowling ?
- Ouais, au bowling. -OK, je lui demande.
- Et dis-moi, tu peux me déposer ce soir ?
-À Reims ? - Je suis en galère de fou, frère.
- Demba est passé sur le terrain. J'étais avec les U10.
Il est chelou, ce gars. Il m'a foutu les jetons.
- T'as peur de tout. - Excuse-moi,
mais lui, il fait vraiment peur, quoi.
Tu devrais pas traîner avec ces gars.
- Quoi, "traîner" ?
C'est le mercato, en ce moment. J'ai pas une seconde.
- C'est sérieux. Il faut vraiment que tu les payes.
Et tant que t'y es,
hésite pas à me payer un peu, moi aussi.
C'est juste que ça fait un moment que j'ai pas vu d'enveloppe.
Tous ces services que je te rends, ça commence à être compliqué.
J'ai besoin de faire rentrer.
- S'il te plaît, arrête, Vincent. J'ai pas un centime, en ce moment.
Je suis à sec. Pourquoi tu crois qu'on va à Reims ?
Attends, je vends Mehdi, je te file un billet.
- OK.
Musique R'n'B
- Hé !
Y a toute l'équipe de Reims ! Ça va ?
Salutations
Comment ça va, Kévin ? Bien ? Ça roule ?
Hé, il y a la défense !
Okombo, le tonnerre de Reims ! Bien ou quoi, poto ?
- On est là, tout doux. T'es l'agent de Bentarek, c'est ça ?
-À chaque fois, tu me demandes.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? - Je peux m'assoir ?
J'ai essayé de vendre un Albanais à ton équipe, mais...
Il est dur, ton coach.
- Et Mehdi, c'est comment, comment il va ?
- C'est Mehdi, tu connais. Ça va. - Ah...
Il a du ballon, mais les gens oublient trop vite.
- Il va leur rappeler qui il est.
Fais-moi confiance. - J'espère.
- Ton contrat à Lille, ça se passe ?
(-Chut.)
Doucement, wesh.
Comment t'es au courant ?
- C'est mon métier. Je suis obligé d'être au courant.
- C'est en discussion, mon agent y était aujourd'hui.
Les joueurs sont pas au courant. Faut y aller discret.
- Putain.
Tu vas galérer, à Lille. Je sais pas pourquoi tu fais ça.
- Tu penses que j'ai pas le niveau ?
- Au contraire, t'es trop fort pour eux.
T'es bien, là.
Tu marques, tout le monde joue pour toi.
T'es la re-sta de Reims.
T'es pas heureux, ici ? T'as mis 15 buts,
8 passes dé. - 9.
Tu vois, tu commences à mentir. - 9 passes dé, Okombo.
T'imagines si tu mets 25 buts ?
- J'en suis capable. - Bien sûr que t'en es capable.
Pourquoi je te parle ?
C'est une erreur. Fais pas ça.
Dans 2 ans, t'es à maturité.
C'est un grand club d'Europe qu'il te faut.
C'est Dortmund, Bayern,
Chelsea, je sais pas, mais... Pas Lille.
- Je regarde pas les matchs,
mais mes gars m'ont dit que ça jouait bien à Lille.
- Qu'est-ce qu'ils y connaissent ?
Ils sont bons qu'à se faire payer le bowling.
Tout le monde donne son avis.
L'équipe à Lille penche à droite.
Ils jouent tout sur Gunzu, ils ont que lui comme joueur.
Tu vas te retrouver avec le latéral gauche, Demangel.
C'est une saucisse.
Tu vas galérer, te retrouver en surface de réparation,
tu seras mort.
Musique intrigante
Elle est à qui, la grenadine ?
Sagé ? - Vas-y.
- Merci, frérot.
- Je vais en parler à mon agent.
- Qu'est-ce que tu veux qu'il te dise ?
Il est obligé de te vendre, il a besoin de trésorerie.
Non, pense à toi.
Si j'étais toi, frère, je resterais ici une saison de plus.
Je mettrais 25 buts et j'irais chercher l'Europe.
C'est ça qu'il te faut.
Y a rien de plus précieux que d'être porté par un club et sa ville.
Ma parole, Brice.
Aujourd'hui, t'es bien, demain, tu sais pas.
Faut que je te laisse.
Dis rien à Jean-Pierre, il va me casser la gueule.
Salut, la famille.
- Allez, à plus.
Musique électrisante
- Putain.
- Y a des limites.
Tu vas pas ronfler pendant que je te trimballe.
- J'ai pas ronflé. -Ça fait une heure.
- Je réfléchissais.
- Ah ouais ? - Ouais.
- Tu réfléchissais à quoi ? - Je vais signer Gassama.
- Vas-y, rendors-toi.
Ça marche mieux de rêver les yeux fermés.
- D'accord.
Kaplan est mort.
Lina vient de le signer chez Adidas.
Elle est proche de lui. Je peux y arriver.
Je suis à un mètre de Gassama.
- T'es surtout à un mètre de moi, là.
Aïe, aïe, aïe.
- Quand je vais le signer à 250 barres,
tu viendras me gratter des fruits et légumes.
Vincent rit.
- T'es un phénomène, toi.
On revient d'un bowling en Champagne-Ardenne dans ma Picasso,
tu parles de faire signer un Ballon d'or.
- Eh ben ouais, bien sûr que ouais.
Je te revaudrai ça.
La prochaine fois, je mets l'essence.
Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Comment ça ? Me dis pas que t'as oublié, papa.
C'est prévu depuis 3 mois.
T'as pas reçu les 28 messages de maman ?
- Bien sûr que oui, j'ai reçu les...
Pourquoi t'es pas rentré à l'intérieur ?
- La clé marchait pas.
- J'ai oublié de te prévenir, on a eu un souci...
T'aurais pu m'appeler. - Ben non, j'ai plus de portable.
- Je t'ai offert un Samsung.
- Je l'ai donné à un pote.
- Quoi ?
- J'essaie de faire le moins d'écran possible, tu pourrais essayer.
Ça m'a fait du bien. Et c'est une catastrophe écologique.
-Écoute-moi bien, Greta Gunberg, je travaille pas pour ton pote.
Incroyable, ça.
- Ah ouais, donc on...
On dort là ?
- C'est exceptionnel, mais on dort ici.
J'ai demandé un duplex,
ils tardent à me donner la réponse.
- Et je fais comment
pour me brosser les dents ?
- Y a un évier dans la salle de bains... La cuisine.
Tu peux t'en servir.
Demain, pour te laver, t'iras chez l'avocat,
je te filerai les clés.
Et pour dormir ce soir, j'ai un super truc.
Tu crois quoi ?
J'ai tout prévu.
Tu vas kiffer.
- Papa, tu peux l'arroser, des fois, quand même.
- J'ai que ça à faire ? Viens m'aider.
T'as grandi, toi, hein ?
- Ouais, j'ai 15 ans, quoi.
- Ouais.
- On s'est pas vus depuis 3 mois. Forcément...
- Ouais. C'est un reproche, ça ?
- De quoi ?
- 3 mois qu'on s'est pas vus. - Non.
- Bon, parce que...
- C'est vrai, on s'est pas vus depuis 3 mois.
- C'est toi
qui as passé l'été chez tes cousins. - Si j'étais resté,
j'aurais passé mes journées à t'écouter parler au téléphone.
- Cette fois-ci, on va faire des trucs génial.
Viens.
- Géniaux.
- Ouais.
Comment on gonfle ce truc ?
Allô, JB ? -Allô, Driss ?
T'es toujours chaud pour Bentarek ? Okombo, c'est mort.
Il s'est pas pointé à sa visite médicale.
- Putain. -Il prolonge à Reims.
Bentarek est chaud pour prendre le train ?
- Ouais. -Allez, super.
- Envoie une offre écrite, je la montre à Mehdi.
-Je vais proposer 10 millions.
- T'es en train de faire une putain d'affaire.
Bentarek dans ton effectif, c'est la Ligue des champions.
-Inch'Allah.
- Tu vas pouvoir le revendre 50 barres à City.
-Allez, on rédige les contrats. - Je t'embrasse.
-Ciao. - Big up.
Yes !
Yes, yes ! Putain,
je suis un bon. Ton père, c'est un bon.
T'en doutes, mais je suis un bon.
J'aime bien ce mercato.
Bentarek à Lille, c'est cool.
- Et là, on vient pour quoi ? On enterre un de tes potes ?
- Un collègue. - Ah.
Musique hypnotique
En fait, ça m'étonne pas.
- Pourquoi ?
- T'as pas vraiment d'amis, je t'ai jamais vu avec des amis.
Des vrais amis, tu vois.
C'est vrai.
Tu vas à l'enterrement de tous tes collègues ?
- Quand ils sont morts, ouais.
Téma.
Gassama.
La star arrive.
Là, t'aurais aimé avoir ton portable pour faire un selfie.
Il a la classe, quand même.
- C'est quoi ton plan ? Débarquer à l'enterrement
de l'agent de Gassama pour prendre sa place ?
Pourquoi il choisirait pas un gros agent ?
- Je suis un gros agent.
T'as une grande gueule, toi.
- Messieurs-dames, bonjour.
Merci d'être venu honorer la mémoire de M. Kaplan.
Je vais dire quelques mots.
- J'arrive, fiston.
Tu me laisses 2 secondes ? À tout de suite.
Victor ?
Toutes mes condoléances.
Je me présente.
Driss Berzane. - Merci, frérot.
- Félix, ça va ? Pas trop choqué ?
Ils étaient fusionnels.
- C'est un grand mot. Il parlait beaucoup, Kaplan.
J'étais là pour gérer.
- C'est toi qui gères ? - Félix fait rien sans mon accord.
- C'est vrai que Kaplan était chelou.
Il m'a fait un coup de pute sur un transfert.
J'avais un vrai bon joueur, et...
Il a dit que mon joueur était homosexuel.
Et ça s'est pas fait, donc...
Félix, toutes mes condoléances.
Driss Berzane.
Je suis agent de joueur
et un ami de Lina.
- Oui, enfin...
- Agent de qui ?
- Matuidi,
entre autres. - Classe.
Mais ça fait un moment qu'il a arrêté.
T'as aussi fait Frank Lebœuf ?
- Frank Lebœuf ?
Bébé, c'est qui ? C'est le père à Shia LaBeouf ?
- Mais...
Je suis aussi l'agent de Mehdi Bentarek.
Je sais ce que vous vous dites,
mais attention.
Moi, même quand ça va mal, je reste fidèle. Tu vois ?
Les autres agents, les Lupotelli et compagnie,
tu mets des buts, des passes dé, ils sont là,
mais dès que tu perds le fil de ton jeu, y a plus personne.
Victor rit.
- T'en sors des belles, toi. T'es un comique, ou quoi ?
- C'est-à-dire ?
- Félix a pas perdu le fil de son jeu.
- J'ai jamais dit ça, au contraire.
Félix est magnifique. Ça va très bien aujourd'hui.
Mais demain...
- Mec, je te connais pas, j'ai rien contre toi.
Mais on enterre le mec avec qui je bosse depuis mes 13 ans.
T'as cru quoi, au juste ? - Oui, bon,
c'est pas le moment.
T'as un avion à prendre.
- C'est un jet, il peut attendre.
Félix, je sais que c'est pas le moment,
mais j'aurai pas d'autre occasion. Tu dois être entouré.
Si demain t'as un pépin,
il te faut un très bon agent.
Et moi, j'en suis un.
- Fais doucement.
- Félix, t'es bien au Real, ça se sent,
mais les petits poussent comme des bâtards.
Pedrito veut te prendre ta place.
- Tu penses qu'il est meilleur que moi ?
- Il est pas meilleur que toi, tu le vaux 10 fois, 20 fois, même.
Mais c'est politique.
Le président te fera pas de cadeau. - Je suis le parrain de son fils.
C'est qui, ce clown ?
Tu ramasses tous les clochards. - C'est lui...
- Tu me casses les couilles. Tu me fous la honte.
- Merci.
Allez, viens.
Taxi !
Taxi ! Ho, eh !
Putain. Il était vert, ce con.
- Tu te fous de ma gueule ?
-Ça va. - T'es un malade de te pointer.
- Tu savais que j'allais venir. -À ce niveau-là,
c'est pathologique. Bonjour.
- T'as vu comment tu nous as présentés ? T'as rien dit.
Comme si je te foutais la honte. Tu m'as fait passer pour un con.
- T'as besoin de personne pour ça.
- T'as la mémoire courte. - J'ai fait un stage chez toi,
j'ai pas touché un euro.
T'attribuer ma réussite professionnelle, c'est pathétique.
- Je t'ai présenté le directeur d'Adidas.
Regarde où t'es. Je t'ai demandé un petit service.
- Un service, c'est te filer le numéro d'un journaliste
à qui tu veux balancer une rumeur
pour servir ton business.
Ce que j'ai fait cet hiver. Pas de t'arranger un coup
avec mon plus gros joueur. Faut que tu te réveilles.
Le football a changé. T'as plus les codes.
T'étais au top, maintenant, tu sais comment on t'appelle ?
C'est ça, vas-y, bouffon.
Musique électrisante
- Abel.
- Je sais pas ce que je fous là.
Lille ?
- Quoi, Lille ? C'est un super club.
Je te jure, tu commences à m'énerver.
Tu vas jouer avec Demangel, c'est un super latéral.
T'auras plus qu'à mettre le pied.
T'as de la chance qu'ils aient confiance.
12 mois que t'as pas mis les pieds sur un terrain,
et 12 mois que t'as pas été payé.
Sois content.
- C'est quoi, la prochaine étape ? Guingamp ?
- Tu vas marquer des buts au Roudourou, frère.
Bentarek au Roudourou, ça sonne.
- Ta gueule, toi. Ils rient.
Y a pas moyen que je vive à Paris ?
C'est une heure de train, ça passe, non ?
- Je vais arrêter de parler avec toi.
Signe d'abord et après, on discute.
Mets ta capuche, ils vont te griller.
Tout le train sait que t'es là.
Putain.
Si on est grillés, on est cuits.
Tu crois qu'on est seuls sur la liste ?
Mehdi, dors. - Ouais, t'inquiète.
- Tiens-moi ça.
Je l'aime bien, Mehdi.
Je te jure.
C'est un kiffeur, au moins.
Il a plein de défauts, mais c'est un kiffeur.
C'est un humain, tu vois.
- Ouais. - J'ai fait ce métier pour l'humain.
Gassama, c'est un ordinateur,
c'est un logiciel.
On dirait qu'il a été fabriqué par Macintosh. C'est Siri.
Un ordre, il exécute.
Et son équipe de merde, là...
Son frère qui se prend pour Bernard Tapie, et sa meuf...
Wow, sa meuf... Quelle crasseuse, celle-là.
- T'es hyper vulgaire.
-"Crasseuse", c'est vulgaire ? - Oui.
- C'est la moindre des politesses pour elle.
Elle, elle est vulgaire.
- C'est misogyne, en plus. - Misogyne ?
Elle est bête. Elle sait que twerker.
Et encore, elle le fait mal.
- Le twerk, ça peut être
un outil d'émancipation.
- Tu commences à m'énerver.
Je sais pas ce qu'il y a dans ta tête.
T'apprends ça à l'école ? - Tu dis ça sur Félix,
mais s'il avait accepté, il serait génial.
- Bah oui. S'il avait dit oui, ça aurait été un mec génial.
Et il a dit non.
C'est ce qui fait de lui un con.
Tu vois la différence ? C'est infime, hein.
- Pourquoi il s'est drogué, Mehdi ?
- Il s'est pas drogué, arrête.
- Il était positif
à la coke, enfin...
- C'est parce que...
Il embrassait une fille qui était droguée.
Nuance.
-Ça se transmet comme ça ?
- L'agence à qui on a filé 40 000 euros a dit que c'est possible.
- Quand j'étais petit, pendant les matchs avec Mehdi...
Je priais toujours pour qu'il se blesse.
- Qu'il se blesse ?
Pourquoi ?
- Parce que je me disais que...
t'étais toujours avec lui, jamais avec moi.
Tu vois ?
Mais bon, je m'en fous, maintenant, j'ai grandi.
Il rit. T'inquiète.
(TV) - Tu dis que la mort de ce type
va rien changer et que le Real va être
la nounou de Gassama.
Mais ça change tout pour lui.
Brouhaha Mais écoute-moi, s'il te plaît,
si je suis là, écoutez-moi.
Mon expérience, c'est un monde où c'est dur,
où on se fait arnaquer, où on est seul, très jeune...
-Il est en 3e division sans salaire ?
- Comment tu peux écouter ces conneries ?
- C'est super, cette émission. - Vraiment ?
- Bah ouais.
- C'est pour le boulot ou t'aimes ça ?
- Les deux, j'aime bien.
Intéressant, je te jure.
Driss coupe le son. J'ai faim.
Tonalité Tu veux un burger ?
- Je suis végé.
- T'es relou avec tes trucs. La viande va te donner de la force.
- Y a plein d'alternatives à la viande.
- Bonsoir.
Je peux avoir un burger ?
Et...
un burger de téfu, c'est possible ?
- Non, autre chose.
Des pâtes. - Des pâtes, c'est possible ?
Super. Super, des pâtes.
Génial, merci beaucoup. À tout à l'heure.
Notification
(Demba) - Mehdi signe à Lille ?
Bien ouej, frérot. Tu vois, c'était pas si difficile.
Dès que c'est officiel, on voit comment on s'arrange.
Bonne soirée. On se parle demain.
(TV) - Je te pose une question.
Il vient de perdre un être cher.
Imagine qu'il perde sa place dans ce Real-là.
Comment il va se retrouver ?
- Ils font toujours ça.
C'est une cérémonie de bienvenue. -Non, c'est raciste.
Les Chinois aiment pas les Noirs. - Comment ça ?
-À mon arrivée, ils étaient déguisés en pygmées.
- En pygmées ? -Bah ouais.
- Comment on se déguise en pygmée ?
-Ils avaient des pagnes... - Va ouvrir.
C'est pas à toi que je parle. -Ça me saoule.
- T'en as rien à foutre, marque des buts.
-Tu vas regarder ?
- Bien sûr, tu crois quoi ?
-J'ai une bonne relation avec le coach.
- Driss ! - Je te rappelle.
Je t'embrasse, poto. Mets la gomme. Big up.
Quoi ? Musique de suspense
- Mehdi a disparu.
- Tu te fous de ma gueule ?
Comment ça ?
- J'en sais rien.
- J'ai pris des chambres communicantes pour le surveiller.
- Ouais, bah, il est pas là.
- Ouvre. - Il est pas là.
- Ouvre, je t'ai dit. - Mais...
- Faut que je te le dise en wolof ?
- Elle est là, sa chambre. - Putain...
Putain, putain.
Putain, putain !
T'as rien entendu ?
- Je dors avec mes AirPods.
- Tu te fous de ma gueule. - Papa, c'est bon.
Il est pas là.
- Tu sers à quoi ? À quoi tu sers ?
Tu fais le tour des boîtes de nuit, videur, barman, taxi.
Abel, tu vas sur internet, Twitter, Instagram.
S'il a fait la fête, y a des vidéos.
- Papa, j'ai plus de portable.
- Non, mais t'es sérieux, toi ?
Tu te fous de ma gueule ! T'étais où ?
- Pourquoi tu cries ? "T'étais où ?" Bah, je suis là.
- On a RDV dans une demi-heure pour ta visite médicale.
- Je suis là, c'est bon, c'est réglé.
Je suis sorti un peu hier soir. J'étais déprimé,
je voulais voir la ville. Ça bouge, hein.
Franchement.
Regardez, j'ai fait la rencontre de qui ?
La délicieuse Mélissa. - Mélodie.
Salut.
- SALUT.
- Bon, je vais y aller.
- Merci.
- J'arrive. J'en ai pour... Là.
- T'es sérieux ?
On te cherche partout.
- Tu schlingues, tu pues l'alcool. Tu me fous la rage.
- C'est le peignoir. - Comment ça ?
- J'ai mis mon corps dans le hammam. J'ai expulsé.
Je sais que là, je suis bien. Là, je suis net.
Tonalités
- C'est une malade de le faire courir comme ça.
- T'inquiète,
il sait ce qu'il fait.
Regarde-moi cet athlète.
Non, il est incroyable.
T'as vu comment il cavale ? 15 gin-tonics dans la gueule.
Il m'a toujours fasciné, Mehdi.
- Je sais pas, je trouve ça glauque.
- Glauque ?
- On est là pour évaluer la capacité physique de quelqu'un
juste pour les profits d'une entreprise.
Non, mais c'est vrai.
Quand je vois ça, je me dis, le foot, ça reste...
du capitalisme à l'état pur. C'est proche de l'esclavage.
- Y a quand même une différence.
- Le salaire, mais ça change pas l'exploitation.
Aux U.S., quand ils ont aboli l'esclavage...
- T'as quel âge, en fait ?
- Ben, j'ai 15 ans.
- Il a 115 ans, même.
Non, y a pas que l'oseille dans cette histoire, crois-moi.
Je vais te raconter un truc.
Musique douce
Mai 2002, Glasgow, finale de la Ligue des champions.
Real de Madrid-Leverkusen.
- Ah ouais, gros match, frère.
- Passe de Solari, je m'en souviendrai toute ma vie.
Roberto Carlos, un putain de joueur,
fait un centre. Enfin, une cloche.
- Une cloche, frère.
- Qui est sous la cloche ? - Je sais pas.
- Zinédine Zidane.
Zizou Christ en personne.
Après une course, il arrive en surface de réparation.
Il met la plus belle reprise de volée de toute l'histoire du foot.
La plus belle.
Du génie.
Il a pas regardé les cages, ni le gardien ou les joueurs.
Il savait précisément où chacun était sur le terrain.
Il fait un petit pas de côté, et là... Bim !
- Lucarne, mon frère. - Lucarne.
- Du gauche.
- C'est du génie.
Du génie absolu.
Les scientifiques appellent ça "l'intelligence spatiale".
On est pas dans l'esclavagisme ou dans le capitalisme.
On est dans un geste
qui a fait rêver la Terre entière. Et que je te raconte 20 piges après.
C'est ça, aussi, le football, mon fils.
- Et Mehdi ?
C'est un génie, lui aussi ? - Bien sûr.
Pourquoi je suis là ?
Il nous fera rêver, un jour.
C'est évident.
- Très belle performance.
- Sérieux ?
- Vous avez un joueur. Les stats sont excellentes.
- Merci infiniment. Merci, docteur.
Ça va ?
Mon gars sûr.
Bentarek, le Lillois.
Musique rythmée
- Il pleut comme ça toute l'année ?
- Y a qu'un seul jour de pluie par an.
- J'avais dit quoi sur le cardio ?
- Fort, frère. - T'es bon.
- Je te l'avais dit. Je pensais pas tenir la cadence comme ça.
L'alcool,
ça abîme pas tant que ça. - Arrête.
J'avoue, t'étais chaud.
- David, bien ou quoi ? - Le portier de l'équipe de Lille.
- Eh !
-Ça t'apprendra à te taper ma meuf !
Il s'est tapé ma meuf.
- Il était avec nous, hier soir.
- Avec vous ?
Et ça, c'est quoi ? Hein ?
Hein ? - Comment je sais
que c'est ta meuf, Mélanie ?
- C'est Mélodie, enculé. Brouhaha
- Arrête, David, putain.
- Je te baise,
fils de pute.
- Ils se sont juste embrassés, c'est rien.
Un bisou de merde. - Qu'est-ce que tu racontes ?
Ferme ta gueule.
C'est simple. J'ai eu le président au téléphone.
Moi vivant,
jamais tu signes ici.
C'est moi, le capitaine, l'âme du club.
Ton contrat,
tu peux te le mettre dans ton cul.
-Ça tombe bien, ta meuf, je lui ai bien mis dans son cul.
- Arrête ! - T'as dit quoi ? Sale chien.
Viens !
- Arrête, Mehdi.
- Tu suces mieux que ta meuf, à ce qu'il paraît !
Déjà en équipe de France je pouvais pas le sentir.
Pistonné, fils de pute de débile mental.
- Arrête, putain !
Putain !
Mehdi, putain !
C'est toi, le débile mental.
Putain.
Mehdi, merde !
On a besoin de ce transfert, putain.
On a besoin de ce transfert, Mehdi, à quoi...
Qu'est-ce t'as fait ? - Arrête, c'est bon, là !
Je savais pas que c'était sa meuf.
- Arrête, s'il te plaît, arrête, frérot !
C'est jamais de ta faute. T'as que des excuses bidons.
Le Bayern, les moulés, la cocaïne, c'est pas de ta faute.
- J'ai pas pris la coke, c'est la meuf que j'ai pécho.
- C'est moi qui ai inventé cette excuse bidon.
C'est moi qui ai trouvé ça. À qui tu parles ?
- Va te faire enculer, on a plus rien à se dire.
Viens, Steve. Vas-y, casse-toi.
- Eh, Mehdi.
Sur la tête de ma mère qu'on a plus rien à se dire.
Musique douce
On a plus rien à se dire !
Va te faire foutre.
Tu te démerdes avec le PSG. C'est ton problème, maintenant.
Tonnerre
-Ça va ?
- OK.
Notification
(Demba) - C'est quoi, ce bordel ?
J'entends que Bentarek va pas à Lille ?
C'est quoi, il va au Barça ? Rassure-moi.
Vas-y, donne des news.
J'espère que tu nous la mets pas à l'envers.
- Allô, Roxana ? -Oui ?
- Bonjour, c'est Driss Berzane.
Je suis l'agent du petit Erwin Zonga.
-Ah, bonjour. Vous allez bien ?
-Écoutez, je viens d'avoir la maman,
elle est disposée à discuter avec vous quand vous voulez.
-Excellente nouvelle ! On fait des détections aujourd'hui.
- Aujourd'hui ? -Oui, à Salzbourg.
-À Salzbourg ?
-C'est le dernier jour, c'est possible ?
Donnez-moi vos horaires, je m'en occupe.
- OK, on va s'organiser. -OK.
- Pas de problème.
Je reviens vers vous très vite, merci.
Putain, yes.
C'est mon ticket d'or, ce gamin, je te jure.
- Ton ticket d'or, c'est vendre un enfant de 12 ans ?
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Pourquoi tu continues ?
- C'est quoi ton problème ?
C'est quoi ce ton de couillon que tu prends ?
- C'est bon, du calme.
- C'est moi, ton père, pas le contraire.
- Super père.
- Qu'est-ce que t'as dit ?
Qu'est-ce que t'as dit ?
Hé,
répète ce que t'as dit.
Qu'est-ce que t'as dit ?
Putain.
Je suis peut-être pas le père que tu voulais
ou que ta mère voulait que je sois.
Mais je suis le maximum du père que je peux être.
Tu vois, ça ? Je fais tout ce que je peux. Tout.
T'es là avec tes leçons sur le capitalisme,
sur comment sauver la planète avec des légumes.
Et qui est-ce qui paye tout ça, à ton avis ?
Le pavillon à Suresnes, la pension alimentaire ?
Tu sais combien coûtent tes baskets végans ? Rigole.
Ça te fait rire ?
Tu me fous la rage et tu rigoles ?
- T'en es vraiment là. Tu penses qu'à l'argent.
Tu t'en rends compte ?
Je sais pas si c'est toi ou ton métier, tu me dégoutes.
- Ferme-la, ta gueule. Descends.
Y a du monde, là.
Si j'avais parlé comme ça à mon père, il m'aurait démonté.
Il m'aurait réglé à coups de ceinture.
Mais toi, j'ai trop été gentil avec toi.
Pas une seule fois je t'ai fait la misère, j'ai été méchant.
- Peut-être pas, mais t'as été absent.
- La prochaine fois que t'as ce genre de remarque, ferme-la.
Ferme-la, c'est mieux.
Musique mélancolique
-Je voulais aller à la salle. - Ouais, d'accord.
-La pelouse est éclatée au sol.
- Les terrains sont pourris,
la salle est fermée...
-Tu te rends pas compte. - T'as qu'à courir dehors.
-Avec la pollution ? - Mais sois pas con.
-T'en as rien à foutre, en fait.
- C'est pas le moment. -Je suis en Chine à cause de toi.
- Tu sais quoi ? Rentre.
T'es nul au marquage, t'as pas le niveau CFA.
T'es payé 3 fois plus qu'ici. En France, ils te calculeraient pas.
Là-bas, t'es un roi et tu me saoules.
Tu m'appelles 12 fois par jour, "J'arrive pas à m'entraîner"...
Tu me rends fou. -T'es un ouf, de parler comme ça.
- Vas-y, arrête de m'appeler. -Driss !
- C'est bon.
Putain.
Abel.
Il siffle. Abel !
Viens voir.
Abel.
Je vais à Salzbourg, là.
Qu'est-ce que tu préfères, venir avec moi ou rester au bureau ?
Musique de suspense
Abel, je te parle.
- Tu m'as pas dit de la fermer ?
- Non, mais... - Je veux pas le savoir.
Je sais ce que tu penses de moi. Je vais chez Mamie. Salut.
- Abel !
Abel ! Putain.
Tu me fais quoi, là ?
- On fait quoi si je suis pas bon ?
- Qu'est-ce que tu racontes ?
T'as déjà été pas bon ?
- Euh, non. - Bah alors.
Eh, c'est qu'un essai.
Tu joues ton jeu tranquille. Tu te poses pas de questions.
C'est des Autrichiens, ils vont te mettre des capteurs,
ils sauront avant toi si t'es bon ou non.
L'Autriche est la patrie de Mozart. Ils savent reconnaître les génies.
Allez, viens.
Musique entraînante
Allez.
Yes.
C'était beau.
- Oui.
Un homme parle allemand.
- Eins,
zwei, drei... Go.
- C'est impressionnant,
mais t'inquiète pas, laisse-toi faire.
- Y en a pour longtemps ? - Non.
C'est bientôt fini.
Un petit effort.
Je veux 500 000 euros à la signature. -Vous rigolez ?
- Non, je rigole pas.
Arrête, Roxana, commence pas avec ce genre de réflexion.
Je l'ai trouvé quand il avait 4 piges.
Je l'ai pas lâché depuis, je suis là.
Ça m'a coûté une tonne. -Je comprends.
- Sa mère me fait confiance.
L'affaire se fera pas sans moi. Vous avez intérêt à me chouchouter.
Voilà, c'est tout ce que je dis. -Écoute...
- Si ça peut t'aider à te décider,
j'ai un contrat qui m'a été envoyé par l'Inter, hier.
Et ce matin, c'est Chelsea. -OK.
- Nous, on veut le faire avec vous, mais faut répondre maintenant.
-Vous me prenez de court. - C'est ça, le business.
Je te fais pas de cadeaux, tu m'en fais pas.
Tu sais que le gamin est une pépite.
Sinon, t'insisterais pas.
Tout le monde est dessus. On fait quoi ?
-OK, c'est bon.
- OK. Merci, Roxana.
Define my Name (Nas)
J'en attendais pas moins de ta part.
Yes.
Erwin, j'ai une super nouvelle.
On a un contrat en or massif.
- T'entends ça ? T'es content ? - Bien sûr.
J'ai réservé un restaurant.
J'ai le contrat, on va le lire, je vais vous expliquer.
- Schladming ? C'est où, ça ?
- C'est un super patelin à une heure d'ici.
- Ah bon ?
- Pour des raisons légales,
ils peuvent pas recruter officiellement Erwin.
Ils vont le mettre un an à Schladming.
Un formateur du FC Salzbourg viendra l'entraîner spécifiquement.
Dans un an, il intègre le centre de formation.
C'est ça, le plan.
- On va faire quoi à Schladming ? - Y a plein de trucs.
D'abord, c'est beau.
Culturellement, c'est riche, y a des musées,
des boutiques, des spectacles.
Non, vous allez kiffer.
Et ils vous ont trouvé un travail.
- Quoi comme travail ? - C'est vous qui choisissez.
Dans un cabinet dentaire, chez un médecin...
Ce que vous voulez.
Le club va payer le salaire directement à l'intermédiaire.
Vous pouvez même ne pas y aller si vous voulez. Dingue, non ?
- C'est légal, tout ça ?
- Ah, 1000 % légal. On parle du FC Salzbourg, là.
Et l'appartement, c'est une bombe.
Il est incroyable.
- T'en penses quoi, toi ? - Je veux pas y aller.
- Hm ?
- Comment ça, tu veux pas ? - Il dit toujours ça,
puis il finit par y aller et il cartonne.
T'aimes le foot. T'es heureux sur un terrain.
Tu t'es vu ?
À chaque but, tu fais une galipette.
- Si, c'est pas ça. - Si, mais c'est pas ça.
Choisis. Si,
ou c'est pas ça ?
C'est ta vie, le foot. Tu vas devenir professionnel, point.
T'es heureux quand tu joues,
à Salzbourg, en Turquie ou au Burkina Faso,
c'est le foot.
Tu vas vivre ta passion, c'est extraordinaire. C'est une chance.
- Je veux pas être loin des copains.
- Non, mais... Tes copains,
déjà, tu vas t'en faire des nouveaux ici.
Et ils pourront venir, on pourra aller les voir.
- Grave. On pourra les faire venir.
Quand tu veux, en plus. Je peux le mettre sur le contrat.
- Je veux faire la saison à Paris, comme on avait dit.
- Erwin,
pense à ta carrière.
- Je m'en fous.
- Dis pas des trucs comme ça, Erwin.
On peut pas dire ça, c'est impossible.
Des millions aimeraient être à ta place.
Tu penses à ça ?
On est là pour devenir professionnel.
T'exclus ce genre de réflexion.
Je te parle, Erwin.
-Ça va, là. Il a compris.
Tu veux un Coca ?
Allez, va chercher un Coca.
- Excusez-moi,
mais faut l'empêcher de penser comme ça.
- On rentre.
- Quoi ?
- On rentre à Paris.
- Vous êtes pas sérieuse ? D'où on rentre à Paris ?
On a fait tout ce chemin pour rentrer à Paris ?
C'est quoi ce délire, Vanessa ?
Ça fait des mois que vous me saoulez, on y est.
Vous allez pas écouter un gamin qui dit n'importe quoi.
Dans 2 jours, il change d'avis.
Vous voulez que je vous dise ?
Si vous le couvez, il réussira pas dans la vie.
Il arrivera à rien.
Il intégrera aucun vestiaire. Vous voulez en faire un faible ?
Une fiotte ?
Musique mélancolique
Bonjour, Philomena.
Je sais que mon fils est chez vous, mais j'ai pas de nouvelles.
Il a plus de portable, je peux pas le joindre.
Vous pouvez demander à Abel de me rappeler ?
Merci, Philomena.
Ouais ? -Ouais, Driss.
- T'es où ? Vincent soupire.
Je suis porte 8, je te vois pas.
-Je suis pas venu, frère, je suis désolé.
- Désolé de quoi ?
(homme) - C'est bon, donne ça.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? Allô, Vincent ?
-Ça va, Driss ? T'as fait un bon vol ?
- Je te débarrasse, fais pas d'histoires.
Musique angoissante
- Eh, eh.
- Sans faire d'histoires.
- C'est bon, lâche-moi. Je te suis.
Lâche-moi.
C'est bon ! - Monte dans la voiture.
Musique rap
Allez, sors.
Avance.
Musique oppressante
- Je suis désolé,
j'ai pas eu le choix.
- Vous faites quoi, là ?
Demba.
C'est quoi ces méthodes de fils de pute ?
Ho.
-Ça va, Driss ?
Driss gémit.
Il crie.
Toux
Driss halète.
On a pas encore commencé avec toi. T'as encore rien vu.
Si on a pas nos thunes, tu vas finir dans une cave.
- Demba...
On avait dit une semaine. Il reste 4 jours.
- T'as branlé quoi avec Mehdi ?
Pourquoi il a pas signé à Lille ?
- Il écoute pas ce qu'on lui dit.
Il est incontrôlable. J'y suis pour...
Il crie.
Putain, arrêtez, putain !
- Driss.
Je m'en branle, c'est la faute à qui, je m'en bats les couilles.
Tu vas payer ce que tu me dois. T'as capté ?
T'as capté ou pas ? - J'ai capté.
J'ai capté, Demba.
- Tu vas faire comment ?
- Je vais trouver... Je vais trouver, je te jure.
Fais-moi confiance.
- Confiance...
Driss halète.
Il hurle.
Tu tiens pas à la vie, ou quoi ? On peut s'occuper de ton gosse.
- C'est vrai, ça.
Il va comment, ton fils ?
Hein ? Abel, c'est ça ?
- Retire son nom de ta bouche.
- Regarde-moi, écoute-moi bien.
Regarde-moi. Si tu payes pas,
tu vas regretter d'avoir eu un gosse.
T'as compris ?
Driss gémit. Hein ?
(-J'ai compris.)
Je te jure, Demba.
Je vais trouver l'argent. Arrêtez, s'il vous plaît.
Je vais trouver l'argent.
Musique électrisante
Je vais trouver.
Il halète.
Il toque.
- Room service.
Dalia ?
- Elle est pas là, Dalia.
- Tu fous quoi, là ?
Tu me tends un piège ?
- Non, calme. - Eh. Je vais en parler à mon frère
et on va te cramer dans le business. - J'ai pas réussi à vous parler.
J'ai une proposition. - Je m'en bats les couilles.
Casse-toi ou j'appelle la sécu.
- OK.
Ça sert à rien d'en arriver là.
Raccroche, je me casse.
Laisse tomber.
Si tu me laisses parler 5 minutes, tu me remercieras.
- T'es sourd ou quoi ?
- Victor, attends. - Casse-toi.
- C'est dommage.
Tu passes à côté de 10 barres.
Porte
- 5 minutes.
- C'est la dernière année où Félix gagne autant.
Il lui reste quoi, 3 piges ? Il a 30 ans.
C'est sa seule occase de gros transfert.
- Laisse-le, il est bien, ici.
- Il sera bien à City avec une offre à 150 millions.
Fais-moi confiance.
15 barres de com, 10 pour toi.
- Attends. Tu me demandes de trahir mon frère ?
- Quelle trahison ? Arrête, putain.
C'est dans son intérêt. C'est en Angleterre que ça se passe.
Il va prendre 50 barres et doubler son salaire.
Quelle trahison ?
- T'as serré. - J'ai serré ?
Tu vas faire quoi quand ton frère sera à la retraite ?
- On parle de mon frère.
-"Mon frère, mon frère". Moi, je parle de toi.
Je parle de Victor Gassama.
La petite mort du sportif, quand il arrête...
C'est pire pour la famille.
Tu vas te réveiller un matin,
t'auras passé ta vie à suivre ton frère comme un larbin.
T'as bien vécu, mais t'as rien construit pour toi, rien fait.
Rien, zéro.
Je te jure.
Sur ta fiche de paie, y a marqué "Frère de Félix Gassama".
Socialement, t'existes pas.
Pour personne. - Qu'est-ce que tu sais de ma vie ?
- T'habites chez ton frère. Tu t'occupes de lui.
Quand il siffle, tu débarques comme un larbin.
Il te respecte pas, regarde comment il te parle.
T'en as rien à foutre tant que tu peux gratter un petit billet.
Vendre des maillots à l'arrache, des crampons.
Sous-louer sa loge à Bernabéu.
Elle est belle.
Il sait que t'as loué la chambre pour un tapin avec sa CB ?
Je pense pas, non. Il t'aurait jeté en l'air.
- Tu sais quoi ?
Va niquer ta mère.
- Hm.
Et quand son influenceuse va tomber enceinte ?
Qu'elle en aura marre de voir ta gueule ?
T'as pensé à ça ?
Je suis sûr que oui.
Je vais te dire. Tu vas finir au fond du jardin,
près de la cabane.
- Arrête de me manger le cerveau. - Je te dis la vérité.
Personne te dira ce que je te dis.
Victor,
je te demande un mandat signé de ton frère pour une semaine.
Une pour changer ta vie et la mienne.
Musique intrigante
- Je peux pas.
- T'arrêtes pas de lui faire signer des papiers.
Il regarde rien, ton frère. Arrête, s'il te plaît.
Victor, réfléchis.
Il soupire.
La seule manière d'être crédible à ses yeux,
c'est d'amener une offre à 150 millions.
Là, il va te regarder pour la première fois.
En dehors d'une com de bâtard,
tu vas gagner son respect et celui du métier.
Le respect, Victor. Plus que l'oseille.
Le respect.
C'est ça que je cherchais, moi.
Musique hypnotique
- Bienvenue.
C'est un honneur. - Merci beaucoup.
- Le cheikh est impatient de vous rencontrer.
Allez-y.
D'abord, le cheikh
vous félicite d'être le nouveau représentant de Félix Gassama.
Il a pu échanger avec Victor tout à l'heure
et est en effet disposé à faire une offre importante.
Et le chiper au Real Madrid indiquerait à la Terre entière
que Manchester City est désormais le plus grand
club du monde.
- Bismillah.
Driss rit.
- 70 millions d'euros.
- Excusez-moi, mais on parle du Real de Madrid.
Ils cèderont jamais le plus beau joyau du football pour...
- Le cheikh est un homme d'affaires. Vous êtes en demande,
pas lui.
(en arabe) - Excusez-moi, monsieur le Cheikh.
Si vous permettez...
Mon arabe n'est pas parfait,
mais j'aimerais vous dire
qu'on ne peut pas faire cette offre au Real.
Ils n'apprécieront pas.
Vous comprenez ?
- Excusez-moi, mais...
Le cheikh ne comprend pas votre arabe.
Musique entraînante
- Victor.
C'est le cheikh le plus radin de la planète.
70 millions pour ton frère.
Si je propose ça au Real, ils vont me jeter.
J'ai une autre touche, Newcastle.
Je pars pour Riyad.
Faut que tu me fasses confiance, Victor.
Ils m'ont envoyé un jet.
- Salam aleykoum.
(en anglais) - Félix rêve de jouer en Angleterre.
Surtout à Newcastle.
Mais Madrid demande 300 millions pour le laisser partir.
- Il n'y a aucun problème de ce côté-là.
- C'est une bonne nouvelle.
Je voudrais juste vous demander, si c'est possible...
Désolé pour mon anglais.
Parlez-vous français ? Ou marocain ?
(en arabe) - Ma femme est marocaine.
- D'où ?
- Marrakech. - Les meilleurs !
- Je vous remercie.
- Excusez-moi, je voulais vous faire part de quelque chose d'important.
Si vous voulez Félix, vous devez envoyer une offre au Real Madrid.
Le mercato est presque terminé.
- Il y a un seul problème.
- Quel problème ?
- Fernando Pintos.
- Le Brésilien ?
Je croyais qu'il ne vous intéressait pas.
- Il a signé avec nous il y a une heure.
Opportunité de marché.
Il joue comme Félix.
Même style de jeu.
- Excusez-moi, monsieur,
mais ce n'est pas pareil.
Gassama est unique.
Si vous permettez,
vous devez rompre ce contrat maintenant.
Félix Gassama est le meilleur joueur au monde.
C'est ça, l'opportunité du marché.
Piaillement
- Je suis désolé, mon ami,
mais l'entraîneur est strict.
Il veut construire l'équipe autour de Pintos.
Le marché est conclu, nous ne pouvons pas prendre les deux.
- S'il vous plaît, vous ne pourriez pas...
- Attendez.
J'ai une solution pour vous.
Je veux vous présenter mon cousin.
Il ne vit pas ici à Riyad.
Mais il possède cinq clubs dans la ligue saoudienne.
- La ligue saoudienne ?
Musique douce
Il balbutie. Je sais pas...
La ligue saoudienne...
Mais la ligue saoudienne...
- Il arrive.
- Qui ?
- Mon cousin.
- Vous êtes le premier cheikh avec qui je parle français.
Avec tout le respect que j'ai pour vous,
je crains que pour Félix, ce soit un peu prématuré, la Saoudie.
Il a encore beaucoup à faire en Europe.
- Il aura un avion à sa disposition
24 heures sur 24
pour retourner en Europe quand bon lui semble.
- C'est une super proposition, mais...
c'est pas de ça dont je parlais.
- Nous allons faire une offre
de 400 millions d'euros au Real Madrid.
Qu'est-ce que vous en dites ?
- J'en dis que c'est une excellente offre.
C'est même très bien. Ils vont être ravis, le Real.
Enfin, je pense.
Mais c'est plus à Félix que je pensais.
Ça va être compliqué. C'est un joueur très dur.
Il sait ce qu'il veut.
- Monsieur Berzane,
l'objectif, c'est d'avoir la plus grande équipe du monde.
Félix sera libre de composer sa propre équipe.
Et si vous voulez, nous pouvons aussi licencier le coach.
Vous voulez être coach, M. Berzane ?
Je plaisante, je plaisante.
Mais sérieusement,
nous voulons faire de l'Arabie Saoudite
la plus grande terre de football au monde.
Bismillah.
Et Félix peut nous aider à réaliser ce rêve.
Et s'il accepte de signer un contrat avec nous de 2 ans, il aura...
Un milliard.
- Pardon ?
- Un milliard sur deux ans.
- Un milliard... Vous parlez en quelle monnaie ?
- Euros. Dollars. Au choix.
- Excusez-moi, je suis pris un peu de court.
- Nous n'avons pas le temps de négocier.
Je vais demander à mes juristes de transférer l'offre à Madrid.
Et je vous envoie la proposition de contrat dès que possible.
Hayak Allah, M. Berzane.
Musique électrisante
- M. Al-Faraj.
Il va jouer dans quel club ? - Celui qu'il veut,
j'en ai cinq.
- Ouais, Victor. -La Saoudie ? T'as craqué ?
On avait dit l'Angleterre.
Tu viens, tu me racontes des salades...
- Il va signer le plus gros contrat de l'histoire.
Ni plus ni moins. -Rien à foutre.
Qu'est-ce que je vais lui dire ? Il ira jamais là-bas.
- Mais non, mais...
Il a 28 ans, dans 2 ans, il a 30 piges. Après, il est libre.
-N'importe quoi. - Mais oui !
-T'as pas respecté ce qu'on s'est dit.
- Arrête, on dirait que je vous fais les poches
alors que je vous amène un milliard.
Un milliard ! -Tu connais pas mon frère.
- J'ai jamais dit ce chiffre-là. -Et moi, alors ?
C'est pas aussi simple que ça.
- J'aurais aimé que ça se passe différemment, mais...
-Le Real dit quoi ? - Ils discutent même pas.
-On se voit demain, faut que je parle à Félix.
- OK, ça me va. Vas-y, ça roule.
Demain. -À demain.
- Je t'embrasse.
Putain.
Philomena, bonjour, c'est Driss.
J'arrive pas à joindre Abel, il a pas de téléphone.
Je vais vous laisser un vocal.
Vous lui ferez écouter, s'il vous plaît.
Mais sans l'écouter, vous.
Merci beaucoup.
Allô, fiston ? C'est papa.
Musique douce
Écoute, j'ai réfléchi à ce qu'on s'est dit à Lille.
Et...
Je voulais te dire que je regrette.
Je me suis trouvé naze. Je...
Je pensais pas ce que je disais, en plus.
Je regrette pas seulement l'embrouille.
Je regrette le père que je suis pour toi.
Je sais que t'aurais voulu autre chose,
mais je te jure que ça va changer. Je te le garantis.
Je vais acheter une grande maison à côté de la vôtre
où t'auras ta chambre, avec un cinéma,
une bibliothèque avec plein de livres.
Tout pour que tu veuilles être avec moi.
Si t'as envie.
Je t'aime.
C'est tout ce que je voulais dire, je t'aime.
Musique entraînante
Il parle en espagnol.
- Attends...
Mais quel bordel !
Qu'est-ce qu'il se passe ?
Putain, c'est pour Gassama !
C'est pour Gassama ! Putain, je le savais !
Tapez pas sur le taxi, je suis avec vous !
Putain ! Je sors et je vous défonce !
Tout ça à cause de ce putain de Gassama !
- Muchas gracias.
Il sonne.
- Sale vendu !
- Hola. - Hola.
Acompañame.
Puedes esperar aquí. - Gracias.
-¿Puedo ?
- Je l'avais pas vu venir.
T'es content ? - Qu'est-ce que tu fais là ?
- Son sponsor a son mot à dire.
Viens, il t'attend.
Elle siffle.
Félix.
- Salut, Félix.
Victor.
- Tu m'as bien niqué. - Arrête !
- Va te faire enculer, toi aussi !
- Calme-toi.
- Casse-toi.
- Félix,
je comprends que tu sois énervé.
J'ai tout fait dans les règles. - De quoi ?
On avait dit l'Angleterre.
- C'est pas ce qui aurait dû se passer.
Mais tout ce qui compte... Tu vas être le joueur le mieux payé.
- Je m'en bats les couilles.
- T'as pas conscience de l'ampleur du contrat.
On parle d'un milliard, un million par jour, c'est du jamais vu.
- T'écoutes quand je te parle ? - Toi, t'écoutes ?
Un milliard, Félix.
Tu te rends compte ?
T'as jamais vu autant d'argent.
Et tu fais la fine bouche, pourquoi ?
Courir après un ballon... - De quoi tu parles ?
- Mais toi, de quoi tu parles ? T'as oublié d'où on vient ?
Tu te rends compte de ce que c'est ?
De tous les gens que tu pourrais aider,
de la misère que tu pourrais sauver ?
Et toi, tu fais ton enfant gâté ?
- Vu tes vêtements, t'aurais pas le droit de sortir.
- Pour qui tu te prends ? Je te parle de ton avenir.
Je m'inquiète pour toi. Et toi, tu me parles de ma tenue.
Reste avec ton argent, ton club,
rien à foutre. Ça me regarde plus.
- Excuse-moi, Félix, mais ta meuf a raison.
Les Saoudiens proposent la Lune.
On refuse pas la Lune. - T'es sérieux dans ton délire ?
Qu'est-ce que j'irais y foutre ?
Je joue devant 75 000 personnes par semaine.
Je disparais si je vais là-bas.
- Non, tu disparaîtras jamais.
T'es Félix Gassama, t'es éternel, déjà.
2 ans là-bas
et t'es refait pour le reste de ta vie.
Si tu veux revenir en Europe, tous les clubs te voudront.
Tu seras comme un chef d'État. - Je veux jouer au foot !
Comment t'as pu me faire ça ?
- Lui en veut pas.
C'est la meilleure initiative.
- Ferme ta gueule ! J'ai pas besoin de toi.
Frérot,
on va aller voir le Real avec l'offre
et renégocier ton contrat.
C'est ce que tu voulais.
- Tu t'es pris pour qui ? T'es agent, maintenant ?
Ils ont accepté le deal. Comment tu veux qu'ils refusent ?
- Félix,
toutes les légendes de ce sport ont été pionnières.
Bien sûr.
Pelé aux U.S. Maradona à Naples.
Ils sont devenus des légendes.
C'est ça que je te propose, Félix.
De devenir une légende.
Et de prendre un milliard.
- Si t'as pas envie d'aller là-bas, t'y vas pas.
Il te reste 2 ans ici.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Ferme-la ! - Je suis coincé, là.
Le président m'a dit qu'ils ont besoin de l'oseille.
- C'est la vérité.
Et toi aussi, Félix.
On refuse pas un milliard, je suis désolé.
Et si t'aimes le Real de Madrid, si tu t'aimes toi, il faut partir.
- Les sociaux pensent pas ça. - Les supporters,
y a pas plus versatile.
Ils te sifflent, le lendemain, ils t'adorent.
C'est vieux comme le monde. - Tu les as vus brûler les maillots.
Tu les as vus gueuler.
Ils vont faire quoi, derrière ?
La voiture, la maison ?
- Le président a dit
qu'il me mettrait sur le banc.
- C'est la vérité.
- Le coach le laissera pas.
- Le coach a dit que Gassama l'avait trahi
et qu'il reviendrait pas sur sa décision.
C'est joué. Lina parle.
- S'il perd 2 matchs, il se fait virer.
Et le prochain,
il dira qu'il signe si tu réintègres l'équipe.
Ces sommes rendent fou.
Mais la vérité, c'est celle du terrain.
Et t'es trop fort pour que le Real se passe de toi.
Si t'as pas envie, n'y va pas.
En fait, tu dois rien à personne. T'es l'esclave de personne.
-À 15 millions par semaine,
on est esclave de personne !
- Ferme ta grande gueule ! Ferme-la !
- Félix... - Ferme-la !
Stop, ho !
Je t'ai assez entendu !
Et si Adidas me lâche ?
- Adidas ? Te lâcher ?
Je pense plutôt l'inverse.
Tu peux provoquer un tournant.
Ça redéfinit ton image. L'homme qui a dit non à un milliard,
pourquoi ? Il aime son club, ses supporters,
le football...
- Tu vis dans le monde de Oui-Oui. -... le sport.
Contre le cynisme,
la valeur du terrain. -Ça, c'est cynique.
- Campagne monde.
Les gamins vont te prendre en exemple.
Dans 2 mois, le président t'invite à l'Élysée.
- Qu'est-ce que t'en as à foutre ?
Dans 2 mois,
tu rachètes l'Élysée.
On parle d'un milliard d'euros.
Kaplan
aurait signé.
- Je t'ai assez entendu.
- Félix... - Sors-moi ce cabrón.
- Félix, attends. Attends, une seconde. Une seconde, Félix.
On dégage pas un milliard comme ça. Eh !
Tranquillo. C'est bon ! Driss se débat.
Félix, réfléchis, putain.
Un milliard, merde.
Lina, tu fais la plus grosse connerie de ta vie.
Musique mélancolique
Non, ça s'est bien passé.
(Demba) - Sûr ?
- Ouais, je te jure.
-Il est chaud ? -Évidemment.
Un milliard, bien sûr qu'il est chaud.
-Je vois pas d'annonce officielle. -Ça, c'est normal.
Ils l'annonceront pas avant la fin du mercato.
-Pour notre oseille, c'est bon ?
- Vous allez l'avoir, votre argent. Bien sûr.
-On vient te chercher à Roissy pour fêter ça.
- Non, c'est super sympa, mais... Pas la peine de venir me chercher.
-Si, faut fêter ça au champagne. - Non, je te jure.
-T'es un génie.
- OK, OK.
-Rate pas ton avion. - Super, à ce soir.
-À ce soir. - D'accord.
(Putain.)
Musique oppressante
Notification
(Demba) - C'est quoi ces conneries ?
Je te lâcherai pas.
J'ai des gars partout, tu peux pas m'esquiver.
Oublie pas ce qu'on t'a dit.
Je t'attends à l'aéroport. T'es un baisé, toi.
Rappelle, je suis en train de péter un câble.
- Personne t'a suivi ?
- T'inquiète. - T'es sûr ?
- Ouais. On va où ?
- Clamart. - OK.
- Fonce, fonce, fonce.
Faut que je sécurise Abel.
Musique rythmée
Allô, Philomena ? Oui, c'est Driss.
C'est le 10e message que je vous laisse, rappelez-moi.
Rappelez-moi au plus vite, merci.
Accélère, s'il te plaît.
- Comment on refuse un milliard ? Qui fait ça ?
- Lui, apparemment.
Là, c'est à droite. - OK.
- Philomena !
Sifflement
Philomena.
Abel ?
Pedro ?
- C'est pas lui qui joue ?
- Ouais, c'est lui.
Eh, eh, eh.
Ho, les gars, ho !
Ça va pas ou quoi ?
Doucement, ça reste du foot.
On s'amuse, là.
Lève-toi, mon fils. - Papa ?
-Ça va ? - Tu fais quoi, ici ?
- Tu t'es pas fait mal ? - Non.
- Tu joues au foot ?
- J'aime bien, ça m'arrive. - Viens.
- Bon, bah, salut.
- Tu t'es pas fait mal ? - Non, mais on va où ?
- Manger un truc. Préviens ta mamie.
(radio) - T'es obligé de reconnaître
que là, PSG-Rennes,
ça sent le bon football, on veut voir le match.
Moi, j'ai hâte, à 21h.
Sonnerie de téléphone
Driss souffle. Émission radio
- Tu me dis ce qu'il se passe ?
- Quoi ?
- Bah, je sais pas.
Je suis chez Mamie, t'arrives,
tu m'amènes ici, t'as repris la clope...
- Bah, parce que j'avais envie de te voir.
Tu m'as manqué.
Elle t'a pas fait écouter mon vocal ?
Je lui ai laissé un vocal. - Non.
- C'est pas sympa, je te jure. Elle est reloue.
- Me prends pas pour un con,
t'as vu la tête de Vincent ?
Y a un problème ?
- Je dois un peu d'argent, c'est tout.
Ça va se régler.
- Je peux peut-être t'aider.
J'ai un peu d'argent. Mamie m'a ouvert un PEL.
Je dis ça comme ça.
- Je peux pas prendre ton argent. Tu rigoles ?
T'as combien dessus ?
- Je sais pas. Peut-être 2 000 ou 1 800.
- Voilà.
Ça va nous redonner des forces. Alors,
petites frites, petit Big Mac-frites.
Les potatoes, c'est pour Abel.
Voilà. - Merci.
- Bon appétit, les gars.
- Bon app'.
(radio) - Ils ont trouvé un attaquant.
Si, si, ils ont trouvé.
-Tu connais son nom ? -Évidemment.
-On t'écoute. - Je suis informé.
-Ils ont pris Krazucki. - Krazucki à l'OM ?
Ils ont perdu les papiers, dans ce club.
-Ça devait être Binthou, au départ. C'était bien.
Bon choix.
Mais il a signé à la Roma.
Et comme Kovac est à Naples, c'est cuit.
- Très bonne idée, d'ailleurs.
Il s'est fait les croisés hier, fin de saison.
Musique de suspense
- Qui ça ?
- Bah, Kovac.
- Kovac de Naples ?
- Hier, à l'entraînement.
- Tu me charries. - Je te jure.
- Vérifie.
- Si tu veux.
- Marchiesi est toujours le directeur sportif de Naples ?
- Ouais. - Federico.
C'est lui, toujours. - Ouais.
Regarde, je te mens pas.
- Putain.
Tonalité
-Pronto. - Federico ?
-Driss, come stai ? - Como vai ?
-Così così. - J'ai appris pour Kovac.
Je suis désolé. C'est pour ça que je t'appelle.
T'étais pas amoureux de Bentarek ? -Fou amoureux.
- Fou amoureux, voilà, c'est ce que je me disais.
Écoute,
j'ai moyen de t'arranger un date.
Et le mariage. -Je suis pas le coach.
- Non, arrête, c'est toi le boss.
Le coach fait ce que tu lui dis, il te fait confiance.
-Il a pas joué depuis 1 an.
- Si, justement, il joue ce soir.
-Bentarek, ce soir ?
- Ce soir.
Il est titulaire. Ça vient de sortir.
-Physiquement, il est comment ? - Viens voir au Parc des Princes.
Je nous mets 2 places.
-Va bene, je m'organise. - OK, d'accord.
À tout à l'heure, t'es une bombe.
Putain. - Qu'est-ce qui se passe ?
-Panic buy.
Panic buy. - Comment ça, panic buy ?
- Tu rachètes au dernier moment. Mais là, tu débloques.
C'est déjà un miracle s'il est sur la feuille de match, tu délires ?
- Démarre.
Démarre, s'il te plaît.
Trace, Vincent, trace.
Musique entraînante
Il est où, Mehdi ?
- Je sais pas, il dort.
- Vas-y, bouge.
- Qu'est-ce que tu fous ?
- Allez, lève-toi, bouge.
Réveille-toi, je t'ai trouvé un club.
- Tu fais quoi ? T'es plus mon agent.
Casse-toi. Je veux pas te voir ici.
- Naples.
- Quoi, Naples ?
- Quoi, Naples ? Maradona, frère, Naples.
Les tifosis, la mozzarella, la Tour de Pise.
- Je m'en bats les couilles. - Mehdi,
j'en ai marre de te courir après.
Ça fait des années que je m'acharne.
J'ai tout fait pour que tu donnes ton meilleur ballon,
mais ça, tu t'en fous. Tu t'en bats les couilles.
Tous les sacrifices que j'ai faits pour ta gueule...
Ma femme, ma carrière, mes...
Fiston, tu peux nous attendre au salon ?
On discute, là. Steve.
Une porte se ferme.
Je l'ai pas vu grandir à cause de toi.
Au lieu de l'amener à l'école, je t'amenais t'entraîner.
Mais ça vaut rien pour toi, ça, hein ?
Si tu le fais pas pour ta gueule, fais-le pour...
- C'est quoi, ce truc de Naples ?
- Le directeur sportif vient te voir ce soir.
Il vient spécialement pour toi, Mehdi.
-Ça fait 1 an que j'ai pas été sur une feuille de match.
- Je m'en charge. C'est mon problème.
Musique douce
T'es comment, physiquement ?
-Ça va.
- Alors, c'est pas une légende ?
Vous tirez tous les jours de match ? - Oui.
C'est le seul endroit où on me laisse tranquille.
- C'est injuste, ce que vous faites à Mehdi.
Je me présente. Driss Berzane, je suis son agent.
- Vous savez ce que vous êtes, les agents ?
Des parasites.
Des cafards, même.
Ce sport est gangrené par des gens comme vous,
qui se servent sur la bête.
Je sais pas comment vous vous regardez dans le miroir.
- Je me regarde pas, M. Nascimento. J'aime pas trop ma gueule.
Mais je pense que vous vous trompez.
On est aussi un peu des psys, des babysitters, des punching-balls.
Quand vous faites chier un joueur,
c'est les agents qui ramassent la merde.
Quand un joueur se blesse, qui il appelle tous les jours
pour le réconforter et l'amener aux soins ?
Son agent, M. Nascimento.
Et quand le joueur veut changer de club,
on essaie de le comprendre et on cherche des solutions.
C'est aussi ça, l'agent, M. Nascimento.
Vous avez passé votre temps à pourrir Mehdi.
Vous pouvez plus le blairer, vous voulez vous en débarrasser.
J'ai une solution.
Laissez-le jouer ce soir. Mettez-le titulaire.
Musique de suspense
- Non. Je bougerai pas pour Bentarek.
- Putain. Vous allez l'enfoncer toute sa vie
pour une erreur que vous avez aussi commise ?
- J'ai revu 66 fois ce match, vous savez.
- Moi aussi,
je l'ai revu 66 fois.
Vous savez ce que j'ai remarqué ?
J'ai vu Mehdi faire 25 courses dans les 30 dernières minutes.
Il était cuit, vous le savez très bien, et votre staff avec.
Mais vous avez préféré le laisser sur le terrain.
Vous l'avez surestimé physiquement.
C'est votre erreur, pas la sienne.
- Quand je le vois dans le vestiaire,
je repense à cette défaite.
- Alors, redonnez-lui une chance.
Vous avez été joueur de foot, vous aussi.
Vous en avez fait, des erreurs.
San Siro, 87. Personne vous a coupé les ailes.
Vous avez sa vie entre vos mains.
Pas un match, un championnat, ni une saison.
Sa vie.
Et la mienne avec.
(Abel) - Regarde celui-là.
Hop là !
Et voilà, but !
- C'est une dinguerie, ça !
Il touche le ballon, y a un but, Gassama.
- On a fait une séance d'étirement. Vrai ou pas ?
- Ouais, c'est vrai. Ça fait du bien de se détendre.
- C'est quoi, ces conneries ? - C'est un truc de fou, Gassama !
De fou !
- Mehdi, garde ton jus.
On y va. Vincent, tu me déposes ?
- OK. - Allez, go.
- Je suis titulaire ? - Je sais pas encore.
Va faire ton sac, ton chauffeur arrive.
Allez, vas-y. Prépare-toi.
- Et moi ? - Toi, tu restes ici, fiston.
On se voit ce soir.
Steve, tu te charges de lui ?
- Comment ça ? Je vais pas au Parc, moi ?
- T'es sur la feuille ?
- Non, mais arrête.
- Repose-toi pour la Ligue des champions.
Mehdi, fais vite. - Ouais.
- Go, go, go !
- Je suis sûr que ça va bien se passer.
Musique électrisante
Émission radio
-Paris a pas le choix.
Si Mehdi joue pas, ils le vendront pas, ou pas au prix...
Sonnerie de téléphone
- Rodrigue, me dis pas que tu veux rentrer.
-T'as vu le match ? J'ai mis un doublé.
- Sérieux ? -C'était un match de fou.
J'ai mis une passe dé du gauche, on les a tués.
- Je savais que t'allais y arriver, mon pote.
J'ai jamais douté de toi.
-T'avais raison. 1er match titulaire, 2 buts.
- Un doublé, c'est extraordinaire. Guangzhou, c'est une grande équipe.
-Tu sais c'est qui, leur coach ? C'est Pantelič.
- Envoie-moi la vidéo. -Je fais ça.
- Bravo, appelle-moi quand tu veux. -Bisous.
Vas-y.
- J'ai l'impression que le vent tourne.
Tu gares et tu me rejoins ?
- Non, ça me stresse trop.
Je vais le regarder tout seul.
- Merci, mon poto.
Sonnerie de téléphone
Qu'est-ce qu'il y a ? -C'est Abel, il est titulaire.
- Yes ! Non ! Yes, putain !
T'es un champion, mon fils ! -Merci, mais j'ai rien fait.
- T'es un champion quand même ! Bentarek, titulaire !
Putain !
Yo ! Eh.
OK, tu sors pas de la baraque, hein.
Tu restes à la maison. Passe-moi Steve.
Passe-moi Steve !
Vous bougez pas de la baraque. Vous sortez pas.
Chants des supporters
Ho. - Ciao, Driss.
- J'ai cru que t'avais raté ton avion.
Ça va ? -Ça s'arrange pas, la circulation.
-Ça fait plaisir de te voir.
- C'est un plaisir de venir dans un stade si magnifique.
- C'est vrai, il est beau. - Il est comment, Mehdi ?
- Tu vas voir. Il est super affûté.
3 semaines qu'il s'entraîne comme un taré.
Tu vas voir.
T'es pas venu pour rien.
- Par contre, il n'y a rien d'acté.
On hésite.
- Tu vas pas hésiter longtemps, je te le garantis.
Ce soir, tu vas faire le bon choix. - Je l'espère.
Huées
Musique angoissante
Sons assourdis
La musique monte en intensité.
Cris
Musique douce Foule survoltée
(commentateur) - Mehdi...
Bentarek !
Requiem en ré mineur (Mozart)
Hurlements
La foule scande.
Numéro 19 (Kalash)
Musique électrisante
Sous-titrage : Capucine Griot
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