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Non, pas question de baisser les bras.
Si on laisse construire le pont de Brajac, c 'en est terminé des retombées
touristiques. Plus personne ne passera par chez nous. Et plus personne ne
venir habiter ici, on sera trop loin de tout.
Vicky a raison, on deviendra un village fantôme.
Vous voulez rester vivants ? Oui ! Alors il faut continuer à faire entendre nos
voix. Le 22, j 'ai rendez -vous avec le département. Le 28, avec la région.
Il y a encore des gens qui sont prêts à nous écouter. Mais t 'en as pas marre
des petits faire entendre nos voix, là ?
Moi, je vais vous dire ce qu 'il faut faire. Un, on occupe le site.
Deux, on est moins sous les recours. Et je peux vous dire que leur pont, il n
'est pas prêt de voir le jour. Mais elle a raison, Vicky.
C 'est comme pour le projet d 'aéroport, ils ont fini par l 'abandonner. Avant d
'en venir à ce genre d 'extrémité, résistons à la foudre de ma petite sœur
militons pacifiquement.
Avec un peu de chance, je réussirai à convaincre les pouvoirs publics. Mais
sûr que tu vas réussir, Sophie.
Moi, je suis d 'accord avec Sophie.
Si on durcit le mouvement trop tôt...
Soit on perd, ça fait partie pour des mois ou des années de lutte. S 'ils
suppriment le bac, moi, j 'ai plus le boulot, moi.
Il en pense quoi, le capitaine, là ? Je sais pas, la main de fer de Vicky, le
gant de velours de Sophie, ça me paraît très bien.
Passons au vote. Ce sera plus clair.
Qui est d 'accord pour suivre Vicky et JB ? Et qui fait confiance à Sophie ?
Ouais ! OK.
Tu travailles pour lui, toi ? Ah, vite fait.
C 'est pas définitif, je suis en stage.
Tu m 'as pas vue, d 'accord ? Merci.
C 'est la dernière fois que j 'accepte un rendez -vous, monsieur Couriac.
Je me suis laissé dire que votre petite sœur veut s 'attaquer à mon chantier.
Ne vous inquiétez pas.
Je l 'ai calmée.
C 'est tout ce que vous vouliez savoir ? Non.
Il y a quelque chose à vous montrer.
Vas -y, fais -moi montrer.
Voilà.
T 'as pas fait dans le mille ? Non, non, maman.
Un, deux, trois.
C 'est bien, t 'auras bon poids. Je m 'en fous, je tire pas.
Allez, tcho ! Salut, Bilou !
Tu es là ? Attends. Il fallait que je te parle.
Attends, tu es vraiment fou ? Est -ce que quelqu 'un t 'a vu ? Non, personne,
'inquiète. Attends.
Vas -y, prends ma clé, va chez moi.
Vite, vite, vite.
Salut, Rosemonde.
Ça va, JB ? Salut, Vicky.
La sœur est là ? Oui, à l 'intérieur.
Salut, Vicky.
Sophie ? Oui ? Je peux te parler 5 minutes ?
Je t 'écoute.
Pas ici ? Tu peux t 'occuper du bar avec JB ? Pas de souci.
Je n 'ai plus 5 minutes.
Je vais partir.
Tu sais bien que ça fait longtemps que j 'en ai envie, besoin.
Je suis prête.
Prête à quoi ? Prête à tout.
Ça veut pas dire que je reviendrai pas.
Tu veux plus sauver le bac ? Mais c 'est toi qu 'ils écoutent.
Tu vois bien, c 'est toi qui es indispensable.
Oh non.
Je suis pas d 'accord.
Ta main de fer dans mon gant de velours.
Écoute, j 'ai autre chose d 'important à te dire. De toute façon, tu penses qu
'à toi. Non, alors... Pense pas à ça.
Mais il faut que tu saches que si je... Va -t 'en ! J 'ai pas besoin de
comprendre ce que je sais déjà.
Vous avez peut -être raison.
Ses ongles cassés, elle a pu se défendre ou s 'agripper à quelqu 'un avant de
tomber. Ouais.
Et donc elle aurait été poussée de là -haut, quoi.
Oh oui, il n 'y a pas d 'autre possibilité.
Salut.
Capitaine ?
C 'est qui
les deux là -haut ? C 'est des témoins ? Alors, l 'homme, c 'est Félix
Lautrec.
Pilote le bac depuis presque 20 ans.
La jeune femme, c 'est Lucie Gardon, future championne d 'aviron.
Pour l 'instant, elle est employée sur le bac.
Et la victime a pour nom Sophie Lachaud.
C 'est une figure du coin, elle tenait l 'auberge du bac.
Comme moi, je ne vais jamais au bistrot, je ne connaissais pas.
Qu 'est -ce qu 'elle foutait là, la morte, en pleine nuit ? Je sais pas.
Je comprends pas, elle avait rien à faire sur le pont.
Vous savez pas.
Vous la connaissez pas ? Si, si, je la connais. Bah, on se connaît tous aussi.
C 'était un peu notre centre de gravité, Sophie.
Plus grave que ça, tu meurs, hein.
Et alors, vous deux, qu 'est -ce que vous faisiez entre minuit et 4h du mat ?
Bah, moi, je suis rentré chez moi direct après la dernière navette de 22h30.
Moi, pareil.
Où ça, chez lui ?
Bah non, chez moi.
Alors il y a quelqu 'un qui peut confirmer ? Bah non, je vis seule.
Moi aussi, ouais.
Pareil, les deux.
Ça matche bien, vous deux.
C 'est bien.
Et alors, vous avez pas vu quelque chose ou quelqu 'un dans le coin ? Y 'a des
clients de l 'auberge, c 'est assez animé le soir.
Je suis navrée, messieurs, dames, mais y 'aura pas de traversée aujourd 'hui. Le
bac doit rester à quai parce qu 'il y a eu un meurtre. C 'est pour ça tous les
gendarmes ? Ouais. Mais qui est mort ? C 'est ma patronne.
D 'accord, ça va nous obliger à revenir en arrière, 35 km ? Non, non, non, ils
vont bientôt construire un pont, là.
Donc vous attendez ici, ça fera 20 km de détour.
Messieurs, dames et non -binaires, gendarmerie, capitaine Marleau.
Bonjour. Bonjour.
Vous permettez, je vous emprunte le jeune homme ? Je reviens, monsieur,
Marcel, Guillaume, vous surveillez cette bande de personnes à roulettes.
Un truc important de demander.
Salut ! C 'est la gendarme qui dirige l 'enquête. Elle a des questions à nous
poser. Ouais. Question très importante.
Est -ce qu 'il y a de la pression ? Euh... Non, désolé, on n 'a pas ça ici.
Bon, deuxième question importante.
La dernière fois que vous avez vu Mme Sophie, c 'était quand ? Hier, en fin d
'après -midi. Vicky est venue la chercher.
C 'est qui, Vicky ? C 'est sa soeur.
Sa soeur ? Et alors ? Et alors, je sais pas, elles n 'ont pas parlé ici. Ouais,
apparemment, c 'était perso. Ouais.
C 'était perso ? Elle ne voulait pas que vous écoutiez. C 'est surtout Vicky qui
ne voulait pas qu 'on l 'entende. Et pourquoi ? Ça, je ne sais pas.
Qu 'est -ce qu 'elle a bien pu lui dire de mal ? Je ne sais pas. Tant non plus,
tu ne sais pas ? Non, je ne sais pas. Elle est revenue après ? Non.
Je lui ai envoyé un SMS.
Elle m 'a dit de nous démerder pour la soirée.
C 'est bien. C 'est une patronne qui fait confiance aux employés. C 'est du
rare.
Vous savez, Sophie, c 'était une chouette femme.
Elle nous tirait tous vers le haut.
Pour empêcher de tomber vers le bas.
C 'est -à -dire ? Sur le bac.
Paf, la crêpe.
Ah oui, enfin bref.
Bon, perquisition, confiscation, matériel informatique et tout le bordel.
Et sinon, la vie qui lance, c 'est où c 'est qu 'elle habite ? Oui, bien sûr.
T 'es où ? Pas très loin, par là -bas. D 'accord.
Là où vivent les muses, l 'artiste s 'amuse à sculpter des géants.
Il y a quelqu 'un ? C 'est dame.
Gendarmerie.
Camarade, l 'heure est grave.
Oui, car...
J 'adore ce que vous faites, mes condoléances pour votre sœur.
Merci. De rien.
Vous avez des pistes ? Deux minutes, je viens d 'arriver.
C 'est bon.
Vous voulez savoir, votre sœur, elle avait des ennemis ? Des ennemis, non.
Elle avait des adversaires.
Elle militait contre la construction... Attention.
La construction du pont, mais de là à la tuer, non.
Mais vous êtes sûre qu 'elle n 'est pas juste tombée ? Tombée des nues, je ne
sais pas.
Mais tombée sur le mauvais numéro, ça, c 'est sûr.
C 'était quel genre de militante, votre sœur ? C 'est elle qui dirigeait l
'assaut de défense du BAC.
Et c 'est elle aussi qui nous représentait aux réunions.
Et ça faisait chier quelqu 'un, ça ? Couriac, j 'imagine, un peu.
C 'est qui, Couriac ? C 'est l 'entrepreneur qui a décroché la maîtrise
'œuvre. Il a su développer son réseau d 'influence, comme on dit.
Faudrait mettre du white spirit, hein.
Donc, si je comprends bien, votre sœur, c 'était un peu le poil à gratter de l
'entrepreneur, c 'est ça ? Ouais, un peu, mais moi, je lui disais qu 'il
qu 'on tape plus fort, parce que sinon, on sait très bien comment ça va finir.
Ah, et comment que ça va finir ? À coup de dynamite, vous allez faire péter le
pont de la rivière, couac ! Non, sauf si vous voulez pas qu 'on se radicalise.
Ah, vous voulez pas ? Tandis que vous, vous vouliez.
C 'est pour ça qu 'il y a eu une petite bataille sur Oran, c 'est ça ? Mais non,
pas du tout. Qu 'est -ce que vous allez chercher ? Bah, la petite bête. La
petite bête qui monte, qui monte, qui monte et qui pète.
C 'est pour ça qu 'il s 'est passé.
Hier soir, quand vous vous êtes vus toutes les deux en privé.
Si, on en a parlé, mais calmement.
Donc elle avait l 'air calme, pas inquiète.
Elle n 'a pas parlé de menaces qu 'elle avait reçues ou d 'un rencard qu 'elle
avait le soir. Non.
Mais vous n 'avez pas fouillé son téléphone ? Non.
Je préfère fouiller sa sœur.
Pardon, harcèlement.
Mais vous ne vous êtes pas demandé ce que votre sœur allait foutre là -bas sur
un bac en pleine nuit ? Si, bien sûr.
C 'est bien ça.
Ça me rassure un petit peu, vous savez pourquoi ?
Parce que jusqu 'à présent, la dernière qui a eu votre soeur vivante, c 'est qui
? C 'est Bibi.
À ce bout -là, c 'est fin.
Pardon.
Bon, je vous laisse travailler tranquillement. Au revoir.
Et donc, il y a un plat de colis chez vous. Il y a même un contrat de
Vous déménagez ? Oui, j 'ai décidé de partir.
La rate quitte le navire, la rate se dilate.
Ça aurait plu à votre soeur, ça ? Je suis sûre qu 'elle y serait faite.
Mais ça, on ne saura jamais savoir.
Je vous le rends, j 'ai arrêté. Je mets des potches.
Capitaine ! Ah, capitaine ! Salut ! Capitaine !
On compte sur vous pour les journées portes ouvertes de dimanche. Quelles
journées portes ouvertes ? Pour raconter notre travail aux gens, c 'est
important. J 'ai même pensé qu 'on pourrait faire un petit stand spécial où
pourrez raconter vos exploits. Par exemple, la fois où vous avez joué Death
Demon et que le public était debout... Il était pas debout, il était assis. T
'es mal assis, tu vois rien, t 'as froid, t 'es au théâtre.
Vous savez ce qu 'on dit, quand la légende est plus belle que la réalité,
imprimez la légende.
Quand la légende est plus belle que la réalité, c 'est ce qu 'elle te dit, la
légende ? De toute façon, avant de faire des portes ouvertes, il faudrait peut
-être trouver l 'assassin.
Ah ben ça, capitaine, vous l 'aurez trouvé d 'ici dimanche.
Inch 'Allah dimanche.
Capitaine, on a du nouveau. Alors, Jeannot, le pêcheur des surjonds, aurait
Argan Rivet hier soir près des berges. Argan Rivet ? C 'est un jeune du coin
s 'est évadé de prison il y a deux jours, mais on pensait pas qu 'il allait
revenir par ici.
Il est dangereux ?
Pour les filles, les mauvais garçons, ça les fait toutes craquer. Qu 'est -ce
que c 'est que cette phrase de beauf ? N 'importe quoi.
Camarades ! Bonjour.
Ça va bien ? Bon, en même temps, c 'est pas l 'ennemi public numéro un.
Il a pris que six mois.
Des petits délits récidives.
Je me suis dit, à Tolar, ça peut faire un très bon témoin.
Puisqu 'il était là hier.
Avant le meurtre, allô, wake up.
Il y a un fugitif qui traîne sur les lieux du crime, c 'est un peu gros comme
coïncidence, non ? Ah ben voilà, tu vois quand tu veux, tu comprends.
Alors, il avait des parents ici ? Euh, oui, je comprends pas, ça va avant.
Des fois, il y a mieux, hein, pour un enfant.
Bon, alors... Ah, papa.
C 'est la gendarmerie ! Capitaine Marleau ? Vous vous doutez pourquoi que
suis là ? Parce que je me suis dit qu 'un gamin qui vient de se planquer chez
ses parents, ça paraît pas illogique, hein ? Il est pas là ? Vous l 'avez pas
? C 'est très bien qu 'il serait pas bien reçu.
Je l 'ai élevé comme un homme, pas comme un... Comme un quoi ? Comme un walkie ?
Ouais, je vois le genre.
Je suis obligé de fouiller.
Obligé. Il serait venu ici, je l 'aurais enfermé moi -même.
Ah ouais, l 'amour patriarcal.
Je comprends.
Allez.
Voilà votre femme.
Il va falloir que je fouille sa chambre, votre fille.
Vous me la faites montrer ? Adeline ! Adeline ! Vous m
'emmenez à sa chambre ? Oui.
Votre fils, il est dans la cave ? Non, on l 'a fait transformer.
Il est vigneron ? Non.
Il est vigneron, à la table, il y a des tonneaux.
Si vous le trouvez, vous allez lui faire quoi ? Je ne vais pas le frapper, on n
'est pas au Guantanamo.
Enfin, pas encore.
Je lui demanderai s 'il a vu quelque chose le soir du meurtre. Puis après,
retour zonzon.
Il lui a été plus que de moi.
Je ne comprends pas pourquoi il s 'est évadé, vous savez, vous ? Non.
Mais ce que je sais, c 'est que la zonzon, ça ne souhaitait à personne,
à des durs à cuire comme votre fiston.
Qu 'est -ce que vous faites, là ? Non, non, non, non, non, non ! Enfin, lâchez
ça.
Comme ça, si jamais votre fils y repasse, il pourra rentrer sans passer
le patriarche, il prendra deux, trois affaires, il prendra un petit beston à
maman chérie.
Est -ce que c 'est ça qui s 'est passé ? Hein, madame ?
Il a juste pris un ou deux vêtements.
Il voulait de l 'argent, mais je n 'en avais pas.
Les gosses, hein ? Vous ne direz rien à mon mari.
Il ne comprendrait pas.
Votre mari, j 'ai l 'impression qu 'il ne comprend pas grand -chose dans le
milieu.
Salut. Salut. Salut Vicky.
Je voulais vous parler d 'un truc.
Ouais. Comme vous savez, Sophie avait hérité de l 'auberge de nos parents.
Et maintenant qu 'elle est morte... C 'est toi la nouvelle proprio.
Ouais. Mais gérer une auberge, c 'est pas vraiment mon truc.
Donc... Donc tu vas vendre, c 'est ça ? Je comprends.
Non.
Non, on va rester ouverts. Et c 'est vous qui serez les nouveaux gérants.
Si vous êtes d 'accord.
Moi, je vous fais confiance, sauf si vous adorez.
On va essayer d 'être à la hauteur.
Ça ne va pas être facile.
Surtout s 'il décide de supprimer le bac.
T 'es au courant pour Argan ou pas ? Ouais, on m 'a dit qu 'il s 'était
Non, non, mais attends, tu sais qui est dans le coin, là ? S 'il s 'est évadé, c
'est pour voir ta sœur, c 'est sûr.
Non, franchement, Mick, je... Non, non, tu sais très bien que sa fille l 'avait
engagée au bar parce qu 'il faisait trop de conneries.
Il a même pas tenu une semaine, ce mec -là, et après, bonjour l 'histoire.
Mais de quelle histoire tu parles ? Attends, mais le fait qu 'il avait souri
dans la caisse, et qu 'il croit que c 'est Sophie qui l 'avait dénoncée aux
flics. Et après quoi ? C 'est à cause de la soufise qu 'il a fait six mois de
taux, le cir ? Non, mais écoute, là, t 'es complètement en train de t
C 'est un mec qui est hyper aigri. Déjà, quand on était mômes, il pouvait être
aigri sur une histoire qui s 'était déroulée l 'année d 'avant, tu vois. D
'accord, mais il s 'est quand même pas évadé juste pour... Je te jure.
Je te jure que c 'était lui qui a tué Sophie.
Mais je vais le dégager. On va laisser les gendarmes enquêter, déjà.
Et toi, t 'arrêtes de t 'emmêler parce que je veux pas que tu t 'attires des
ennuis.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ? J 'ai la tête fêlée par des mots de travers.
On va faire une belle petite photo.
Voilà.
J 'ai la tête fêlée par des mots de travers.
J 'habite Toulouse, j 'habite Toulouse.
Et t 'as vu, il y en a tout plein dans le village, les machins.
Ah oui, je sais, ouais.
Moi, mon préféré, c 'est j 'ai la tête fendue par des mots de travers.
T 'as vraiment des goûts de chiottes, toi.
Sinon, on a retrouvé le portable de la victime. Bah, c 'est bien. Et tu... Eh,
regarde ! Passe ton bac, d 'abord, et que tourbillonne les romances et les
remous pour s 'y noyer.
C 'est qui, ce pouet -pouet, là ? On n 'en a aucune idée.
Tu sais pas. T 'as pas cherché à savoir.
Je te signale que taguer, c 'est un délit, hein. Ah oui, je sais.
3 775 euros d 'amende.
Mais en même temps, c 'est beau, non ? C 'est beau, c 'est beau.
Sauf si, à beau jour, ou peut -être une nuit, près d 'un tas que tu te seras
endormi quand soudain, surgit de nulle part un gros corbeau noir.
Voilà. T 'as vu ici ? Capitaine ? On a du nouveau.
On a rassemblé tout ce qu 'on a ratissé sur la scène de crime et il y a un truc
qui va vous intéresser.
C 'était dans un recoin.
Fais -nous montrer.
Allez, Zou ! Hop, hop, hop, hop, hop !
Petit gant.
Je suppose que tout ça, c 'était dans le sac ? Non, non, c 'était autour du sac.
Ah bon ? Alors, on a un plug, un schlaz, un téléphone, what else
? Ça, dans le sac.
Hum, des bifetons.
Allez, madame, je vais vous faire, madame également.
Il y a combien là -dedans ? Moi, je dirais, à vue de nez, 350 euros.
Pour relever les empreintes. À mon avis, c 'est déjà fait. On encourage l
'esprit d 'initiative ici.
Absolument. Et alors ? Ce sont les empreintes d 'Argan Rivet.
Qu 'est -ce que je t 'avais dit ? Il était sur la scène de crime. Putain, je
suis trop fort.
Et qui c 'est qui lui a donné autant de pognon ? C 'est quoi le marché, là ? A
Viron, scène maritime.
Tu m 'en parlais d 'une espèce de championne de Viron, je sais pas quoi.
Je suis Gardon.
Future championne.
Bon sang, mais c 'est bien sûr.
Melody ! T 'es pas la championne de tac -tac, là -bas ? Va chercher ton sac.
Dépêche.
Yé -yé ! C 'est un drousse, hein ? Merci.
Donne à ma tante Merlot.
Oui, oui, oui.
Oui.
Eh ben, dis donc.
Garde ce que je t 'ai ramené.
Eh, pièce d 'inconviction. Attention, hein. Touche pas. C 'est ce qu 'il y
dedans. Tout plein de bifetons.
Et qu 'est -ce qu 'il y avait sur les bifetons ? Des petites empreintes. Ceux
qui ? D 'Argan.
Ça te dit quelque chose, Argan ? Hein ? Allez, détends.
Des bifetons, mon toutien.
Je vois pas qu 'il y a une péniche qui arrive.
Là -bas.
Eh non, les sportifs.
Dépêche.
C 'est normal que je l 'aide, Argan.
Pourquoi ? On s 'aime en cachette depuis longtemps.
Pourquoi en cachette ? Mes parents voulaient pas que je le voie parce que c
un voyou.
Mais moi, je sais qu 'il est bien plus que ça.
Et plus je m 'en fous si c 'est un voyou. Plus je m 'en fous si c 'est un
T 'en fous si t 'as un voyou, tu l 'aimes. Parce que l 'autre, il est en
il vient te voir et tu l 'envoies au boulet.
Grosse menteuse.
Je suis sûr que vous étiez planqués sur le bac la nuit.
Et je suis sûr que la mère Sophie, elle vous a surpris. D 'ailleurs, qu 'est -ce
qu 'a foutu Noël ? Sa Sophie ? Bah oui. J 'en sais rien, j 'y étais pas.
Écoutez, c 'est vrai qu 'il voulait qu 'on parte à deux, loin d 'ici.
Pourquoi ? Pourquoi faire ? En fait, tout le village, là, se casse.
C 'est plus un bac, c 'est l 'exodus.
Non, mais moi, j 'ai pas voulu.
Pourquoi t 'as pas voulu ? Parce que je veux qu 'on ait une vie tranquille.
Il m 'a demandé de réfléchir et qu 'il m 'attendrait un ou deux jours.
Où ça ? J 'en sais rien.
Je lui ai donné de l 'argent et... Il fait pas de mal.
S 'il s 'est évadé, c 'est juste pour moi.
Un peu cucu, ton histoire.
Excuse -moi.
Qui c 'est, ça, encore ? Ouais, question.
C 'est JB de l 'auberge.
Y a du quid qui vient de partir après mi, c 'est à cause d 'Argan.
Quoi ? Je comprends rien, là, Tolstoy. On dirait guériper ton histoire.
Non, c 'est juste que Meeks s 'est souvenu d 'un endroit où on aimait se
planquer quand on était en primaire. Je l 'ai dit à Vicky et elle est partie
pour l 'empêcher.
Mais l 'empêcher de quoi ? Il est persuadé que c 'est Argan qui a tué
Et tu pouvais pas le dire avant ? Et babache ! C 'est où, cet endroit ? Toi,
ranger ton bras.
Je garde ton sac.
Arrête, laisse -moi faire, je vais te faire parler, lui.
Alors, tu te tasses, Théa ? Arcane ! Je n 'ai rien à dire, je ne vais pas tuer
Sophie. Ah ouais ? T 'es sûre, toi ? Non ! Laisse -le
! Putain ! Oh ! Ça veut dire quoi, ça ?
On va se calmer la mijole, hein ! D 'où tu te bagarres, toi ? Et toi, là ? Ah, c
'est toi le roi de la cavale ? Et toi, le panneau de Zigane ? Bon, pourquoi tu
dis qu 'il aurait pu tuer même Sophie ? Parce que Sophie l 'a engagée au bar et
qu 'il a volé dans la caisse.
C 'est pour ça qu 'il s 'est viré. J 'ai rendu le fric. Lâche -moi avec ta
Sophie ! Ah ouais ? Pardon ? Hé,
c 'est marqué quoi, là ? Gendarmerie ? Et comme tu crois que c 'est elle qui t
'a dénoncé au flic, et comme t 'étais en sursis, c 'est à cause d 'elle que t
'as fait de la taule ! Tu t 'es vengée, c 'est ça ? Arrête ! Sophie, elle l
'aurait jamais dénoncée.
Il avait déjà un casier, il l 'aurait pas enfoncé.
Qu 'est -ce que tu racontes, toi ? T 'es de son côté, maintenant ? Oh, bien !
Bien, on se casse.
Franchement, hein ? Faut pas te laisser parler comme ça, hein ? Capitaine ! C
'est pas possible, cette histoire de vol dans la caisse, ça fait pas de lui un
tueur ! Ah bon ? Bah, si tu le dis... Attends, attends, attends !
C 'est pas prudent.
Je sais, mais faut que je te parle.
Comme on avait dit, pas de téléphone et pas de message.
Puis s 'ils nous voient, ils penseront qu 'on parle du pont.
Alors ? Les gendarmes ont autorisé la reprise des navettes ? Ils savent que c
'est important de pas les gélages.
Je vais rester.
Quoi, jusqu 'à la fin de l 'enquête ? Non.
Je vais rester.
Pour me battre contre le pont.
Pour Sophie.
Ça va déjà paraître, ça, mon amour.
Ça va durer des années, cette croisade. Ça va durer des années. C 'est pas notre
combat. Notre combat, c 'est notre vie à tous les deux.
Mon amour.
Le capitaine Marleau a arrêté Argan. J 'ai rien pu faire.
Moi, je peux faire quelque chose. Non.
Non, c 'est pas à cause de nous qu 'elle est morte.
Pourquoi tu as fait le mur ? Il ne restait que deux mois à tirer, babache.
Se faire harceler par des gros chelous, c 'est une bonne raison.
Tu ne l 'as pas dit au matin ? Vous savez déjà lire dans ton temps ? Bah
ou beuge, quoi si, l 'os.
Pourquoi tu veux mon CV ? Tu as fait le mur pour aller buter Sophie Lapouca, c
'est ça ? Non.
Bah si.
Tu as vraiment cru qu 'elle t 'avait balancé ? Non.
Moi je crois que si.
en louceté, en secrète, le soir sur le bac et paf.
Arrêtez, c 'est fou.
Pourquoi t 'es revenu ici, alors ? Pour voir Lucie.
On est en route, mais personne n 'est au courant.
Tu sais, Roméo, que tu risques de passer le reste de ta vie en zonzon, au
placard.
Donc t 'as fait le mur, t 'es allé voir ta Juliette, tu lui as dit, viens avec
moi en cavale, elle t 'a répondu, non, nous n 'irons pas à Véronne, bonjour
les deux.
T 'as filé un vieux biton et merci, bonsoir, c 'est ça ? Et comme je vais
traverser, j 'attends la nuit pour me planquer sur le bac.
Et je suis tombé sur Sophie.
Elle était morte.
Et j 'ai paniqué.
C 'était sûr que tout le monde allait me mettre ça sur le dos.
Alors j 'ai sauté à l 'eau.
Mais je suis pas un tueur.
Je suis juste doué pour les conneries.
Donc quand t 'es montée sur le bac, la Sophie était déjà morte.
Qu 'est -ce que vous allez faire ? Des pattes. J 'ai faim.
Puis je vais prolonger ta garde à vue.
Au moins ici, on risque pas de te forcer à ramasser des petites savonnettes.
Vous avez des gros chers, vous.
Alors, vous vous êtes remis au tafre ? Je voulais l 'offrir à ma sœur.
Cadeau d 'adieu.
Alors, concernant le sieur Argan.
Argan, c 'est juste un petit voyou qui s 'est laissé séduire par l 'argent
facile. C 'est un double en l 'heure.
Ah ouais ? C 'est pour ça qu 'on écrit « Là où vivent les muses, l 'artiste s
'amuse à sculpter les germes ». Si vous voulez, ouais.
C 'est pas moi qui veux, je vous cite.
C 'est pas vous, la Marguerite Ursenard des murs du bled, là ? Les tags.
Pourquoi vous voulez que ce soit moi ? Est -ce que c 'est vous l 'artiste ?
Parce que vous défendez tout le temps Argan. Non, c 'est pas moi, désolée.
Alors pourquoi est -ce que vous le défendez ? Vous savez un truc que je
peut -être ? Non, c 'est juste de l 'instinct.
De l 'instinct de militante alors.
Parce qu 'au début c 'est « Qui va sauver Willy ? » et maintenant c 'est «
va sauver le soldat Argan ? » Il faut croire que je suis atteinte du syndrome
Zorro.
Je suis une espèce de Zora qui voudrait disparaître dans le soleil couchant et
jamais revenir.
Mais j 'ai toujours des vraies bonnes raisons de rester.
D 'abord, quand les parents sont morts, il fallait soutenir Sophie, puisqu 'elle
avait hérité de l 'auberge et donc je l 'ai aidée au début.
Puis après, quand Félix l 'a quittée rebelote, j 'ai mis mon départ à plus
Elle était en pleine dépression, donc évidemment... Je voulais dire que votre
sœur, elle sortait avec M. Félix ? Ils sont séparés.
Il y a presque deux ans. Ça a duré combien de temps, leur histoire ?
trois ans.
Trois ans ? Si ça se trouve, ils ont mis le couvercle. Le soir, on s 'est fait
buter sur le bac.
Non, elle me l 'aurait dit s 'ils s 'étaient remis ensemble.
Eh ben non, parce que peut -être qu 'ils voulaient pas que ça se fâche.
Figurez -vous.
Alors que elle, elle disait, tu sais, Félix, je crois que je t 'aime et je
que notre amour apparaisse au plein jour afin que nous puissions plus tard...
Allez, stop. Vous délirez là, capitaine.
Ben, peut -être.
Bon, ben, je vous laisse.
Parce qu 'il aurait... Oui, t 'as raison, mais nous...
Il aurait pu venir, c 'est ce que j 'expliquerai. Il arrive, il sort, il
le truc, elle tombe par terre, il la remonte, hop, elle est toute mouillée.
Eh ! Monsieur Lautrec ! Capitaine,
qu 'est -ce que je peux faire pour vous ? M 'expliquer un truc.
Pourquoi vous m 'avez menti ? Vous m 'avez pas dit que vous et Mme Sophie,
pendant trois ans, guili guili ? Alors, trois ans de passion, plus une rupture,
plus une dépression.
Vous m 'avez laissé des traces, seulement. Les traces, ça s 'efface. Je
pas, avec Sophie, on était devenus...
On était amis, on était solidaires. Pas solidaires avec moi.
On m 'avait menti. Je vous ai pas menti. Ah si, vous m 'avez menti par omission.
C 'était il y a très longtemps avec elle.
Il y a si longtemps que ça ? Ok.
C 'était pas il y a si longtemps que ça, d 'accord.
C 'était comme une autre vie.
Je sais pas si vous voyez ce que je veux dire.
Pas du tout.
Vous voulez m 'arrêter ? Bah ouais.
Bon puis non, j 'ai la flemme.
Allez -y, mais vous restez à dispo.
Je suis là.
Mais si je suis pas là, je suis de l 'autre côté.
Justix.
Eh bien, allez -y, signor Caron.
Et bonne viaggio.
Salut Bonnie, Couriac est là ? Oui, je ne pensais pas vous voir. Vous allez
? Oui, ça va, ça pourrait aller mieux.
Et Mickey et JB, ils vont faire quoi si l 'auberge ferme ? T 'es gentil de
penser à tes potes, mais si tu pourrais prévenir Couriac ? Oui, c 'est sûr, je l
'appelle tout de suite.
Oui ? Bonjour, il y a Vicky qui est là. Elle arrive tout de suite et rentre.
Je ne vous attendais pas.
Je voulais vous écrire un mot.
Vous pouvez nous laisser, s 'il vous plaît ? Veuillez accepter mes
pour... Ça va, je crois que la mort de Sophie arrange plutôt vos affaires.
Mais non, vous ne pensiez pas ce que vous dites.
Quoi, vous croyez que parce que vous m 'avez acheté une œuvre, je vais déposer
les armes ? Les armes ? Pourquoi, c 'est la guerre ? Écoutez, j 'ai acheté cette
œuvre parce que j 'étais sensible à votre talent.
Mais n 'y voyez aucun calcul.
Moi non plus, je ne calcule pas.
Et je peux vous dire que pour la mémoire de Sophie, pour la survie du bac et du
village, je ferai absolument tout ce que je peux pour que votre pont soit jamais
construit. Écoutez, Vicky, je ne suis que le maître d 'œuvre.
J 'ai remporté l 'appel d 'offres.
Allez vous en prendre à ceux qui m 'ont choisi.
Et que vous avez réussi à vous mettre dans la poche. On se demande vraiment
comment, d 'ailleurs.
Ah oui, encore les rumeurs.
Sauf que je n 'ai jamais eu besoin de rien ni personne pour m 'en sortir.
J 'ai hâte d 'être dans un an, dans dix, quand votre chantier sera toujours au
point mort.
Vous croyez que vous me faites peur ? J 'en ai maté des plus hystériques.
Et moi, j 'en ai maté des plus machos.
Ce combat n 'a jamais vraiment été le vôtre.
Vous alliez partir, non ? Ou c 'est encore une rumeur ? Vous n 'avez rien à
reprocher ? Je crois savoir qu 'entre vous et Sophie, c 'était pas le grand
amour.
L 'amour.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? C 'est gentil d 'être
seul.
Bonnie ! Désolé.
Pardon. C 'est parce qu 'il faut appuyer sur la télécommande. Y 'a pas de
soucis. Voilà.
Merci,
Bonnie.
Bonne journée et bon courage.
Merci. Toi aussi.
Merci. Faites attention à vous.
C 'est un...
Suprême
laideur, quelle est la plus belle mocheté de toutes les gendarmeries
? C 'est toi ou c 'est moi ? Qui est
la plus moche ? Capitaine.
C 'est moi ? Je te remercie, c 'est agréable.
T 'as vu ça ? Journée porte ouverte. Tu veux venir, je déshabite.
Je voudrais voir Argan.
Argan, il est en garde à vue.
Pas de visite. T 'es de la famille ? Non.
T 'as les coques mariées avec, hein ? Me regarde pas avec tes yeux de merlan
frit, là.
T 'es saoulante, hein.
Allez, viens, cinq minutes.
Pas six, hein. Je te préviens.
Comment t 'as fait ? J 'ai demandé.
Je voulais que tu me dises.
Si je l 'ai tuée ? Tu crois que j 'ai tué Sophie ? Non, je crois pas.
Je suis parti tirer toi, je suis allé direct sur le bac.
Et je l 'ai vue, elle était par terre.
Je me suis même pas approché.
J 'ai sauté dans l 'eau et j 'ai même pas pris le fric.
Tu crois ? Tu me crois ? Qui est
de
ton côté ? Elle a dit à la gendarme que ça pouvait pas être toi.
C 'était une fille super cool, Sophie.
Même si elle ne m 'avait dénoncé jamais, j 'aurais cherché à lui faire du mal.
C 'est pour toi que je suis venu.
Je veux dire, après, quand tout ça sera terminé, on ne sera plus tous les deux.
J 'arrête mes conneries. Il n 'y aura plus rien.
Je te le promets.
Capitaine.
Pardon. Venez voir, j 'ai un truc à vous dire.
J 'ai reçu le rapport du légiste.
Il y avait des fibres textiles sous les ongles de la victime.
Ce qui confirmerait qu 'elle se serait agrippée à quelqu 'un avant de tomber.
Comme ça ? Oui.
Et donc j 'ai envoyé les habits de Félix Lautrec pour se faire analyser.
Et ses habits à Argan ? C 'est prévu aussi.
Et ses habits à la Lucie ? J 'y pensais, justement.
Toi, t 'arrêtes.
Commence pas à faire ta marlou. La plus moche ici, c 'est moi, c 'est pas toi.
Merci, capitaine. De rien.
Tu vois bien qu 'elle a des hobbies.
Pourfois, là.
Tu peux me ramener un café ? Oui.
Oui, qui ? Tiens.
Oh, gamin, t 'es pas engagé pour écrire ma vie.
Tu mens ? T 'es mort.
Alors, qui vole un oeuf ne tue pas forcément un bœuf.
Et si le tueur était d 'ailleurs ? Alors, Argan serait innocent et
le coupable ne serait pas d 'ici.
En tout cas, il m 'a l 'air de savoir plein de trucs, le tagueur. Ouais, on va
mettre le paquet pour l 'identifier.
T 'es malade ? Sûrement pas.
Faut le laisser mariner. Ben oui.
Si on ne bouge pas, il va essayer de nous convaincre. Donc, qu 'est -ce qu
va faire ? Il va filer des infos, des détails, des patins et des couffins.
Voilà. Tranquillou, Bilou.
Ceci dit, on n 'est pas obligé de le croire non plus.
C 'est vrai.
Le blessé a été transporté à l 'hôpital. Il s 'agit de Boniface Micoulot. C 'est
un jeune de 24 ans qui est en stage chez Manuel Couriac.
Gallosto, il n 'est pas mort. Poète not dead. Fais -moi montrer.
Alors, c 'est par là.
Alors, qu 'est -ce qu 'il a mis comme message ce coup -ci ? On dirait un
pour l 'expulsion. C 'est quoi ce truc -là ? Sur la plage s 'ouvre le
comme Sophie s 'ouvre à coups de... De quoi ? De rasoir ? De quoi ?
À coup de... Je sais pas.
Non, non, je vais trouver, je vais trouver. À la cherche.
À cour... À courriac.
À courriac. Mais t 'es trop bonne, toi. Mais ouais, c 'est ça, tu vois qu 'on a
eu raison.
Le laisser dans la nature, le taggeur.
Oui, enfin, il a quand même été agressé, puis il aurait pu y passer. Alors que
si on l 'avait interpellé un petit peu avant, il en aurait dit autant, et puis
il serait pas là.
Alors d 'abord, au nom de toutes et de tous, je tiens à te remercier pour ton
engagement à nos côtés.
Mais remplacer Sophie, ça nous semble à la fois prématuré et, comment dire,
difficile.
Oui, difficile, sans vouloir te... Enfin, nous pensons tous.
Nous pensons que tu n 'es sans doute pas la mieux à même d 'être notre figure de
proue. Pourquoi ? Parce que je suis trop jeune ? Parce que je suis trop artiste
pour être entendue par les politiciens et les médias, c 'est ça ?
Écoute, je sais que tu étais la meilleure amie de ma sœur. Et c 'est
restera irremplaçable. Dans le cœur et sur le terrain. Moi, j 'ai pas de
problème avec ça. Mais il faut durcir nos positions.
Là, c 'est pas possible. Ces gens vous baladent. Ils vous entendent, mais ils
vous écoutent pas.
Vos ronds de jambes, là, je vous jure que ça sert à rien. Mais ça devrait être
toi, tu dis.
Moi ? Oui.
Vous voulez qu 'on perde le combat, c 'est ça ? Ah, ça, je peux le faire,
Genre loser magnifique, le bateau qui coule, Jack et Rose qui vivent d 'amour
d 'eau fraîche dans l 'eau glacée, y a pas de problème.
Non, mais Vicky, où tu vas ?
Mais, le prends pas comme ça ! Vous avez vu comment ils m 'ont viré ? Ouais,
comme une employée de Sanofric. Ils vous ont pas loupé, hein ? Ils ont bouffé
tout cru.
Ouais. Allez, salut le bac, et bonjour nous, ils pompent tes des sauces Pierry.
Et vous, qu 'est -ce que vous faites là ? Bah, mon taf, je fais que les gens.
Les gens ? Bah oui, et j 'en ai fait encrister pour Maxo.
Moi, c 'est plus les... J 'en ai rien à foutre, en fait, de ce qu 'ils pensent
de moi.
C 'est de l 'humour janseniste ?
Ah ouais.
Vous non plus, en fait. Vous en avez vraiment rien à faire de ce que les gens
pensent de vous.
Mais s 'il y avait bien un truc dont on se fout, c 'est de l 'opinion des gens.
Allez, bonne journée.
Ouais.
Salut.
Non. T 'as fait ce que tu devais faire.
Je veux pas que t 'en aies ton petit proie.
Passe -moi.
Hé, hé, hé.
Ce qui compte, c 'est ce qui nous arrive à nous.
Tu crois pas ? Moi, j 'en peux plus des allées et venues sur le fleuve.
20 fois par jour, le même trajet, j 'en ai marre.
Toi, t 'en peux plus de faire du surplace.
Je sais pas si je suis triste ou juste en colère.
Ils sont trop cons de ne pas me faire confiance.
Ils sont trop cons. C 'est ça.
Parce que tu leur fais peur si t 'es radical.
Non, ils sont juste trop peurs de faire des vagues.
Et toi, tu n 'auras plus de bague, il y aura moins de vagues.
Tu ne lui dois rien à ta sœur.
Je ne comprends pas pourquoi tu veux tellement lui rendre hommage.
Parce que je n 'arrive pas à lui en vouloir.
Mais c 'est à nous qu 'il faut penser maintenant.
Hein ? Oui.
Ça va, Ludalton ? Vous êtes qui ? C 'est la flic qui est sur l 'enquête.
Ouais. Je remplace Avrel. Il est en train de bronzer à l 'ombre.
T 'as déjà laissé partir, toi ? Ouais, bah j 'avais rien de gâté.
Juste un petit traumatisme crânien, mais ça va, j 'ai signé à la décharge.
On raccompagne chez lui, là. Viens.
Service public, je le raccompagne.
Je veux pas porter plainte.
Moi, je veux pas t 'interroger non plus. On va aller faire un petit jogging.
Allez. À le, à le.
Bah dis donc, ton kiné n 'est pas fort.
Allez, gratte ! Je vais me mettre en ceinture.
J 'ai envie de me faire arrêter.
Hop, c 'est parti.
Voilà.
Alors, coup, c 'est pour quoi ? C 'est pour courir ? Non.
Comment ça, non ? C 'est plus de moi ou quoi ? Hé, j 'ai une photo d 'Aktetag,
là. C 'est quoi marqué, là ? Libia.
Et si le tueur était d 'ailleurs ? Oh, pas trop, là. Il n 'est pas difficile
je sache.
Moi, j 'ai fait ça pour vous aider. C 'est juste parce que Argen, il est peut
-être con des fois, mais il n 'est pas forcément coupable.
Alors, qui c 'est qui t 'a agressé ? Tu l 'as vu ? Non, je n 'ai pas eu le
temps. Tu n 'as pas eu le temps ? Ben, tu sais quoi ? On va aller à la
gendarmerie. Peut -être que tu auras le temps de te rappeler.
Allez.
C 'est pas toi, ça, peut -être ? Toutoule.
Je lui montre son oeuvre.
Garde ça, la dure.
Allez.
Dis bonjour à la dame.
Bonjour. Bonjour qui ? Bonjour, madame.
Allez, prends un siège, Sinna, ou assieds -toi par terre.
Alors, t 'as pas eu le temps de voir qui c 'était.
Donc, toi, tu te prends des baffes en pleine poire et t 'as pas vu qui c
? Ouais, c 'est parce que, je sais pas, je me suis protégé avec les mains, comme
ça.
Comment ? Comme ça.
J 'ai pas vu, du coup, j 'ai pas vu la tête.
C 'est bien, t 'as fait l 'école du mime, toi.
C 'était un mime muet.
Donc, t 'as pas entendu qui t 'a insulté, qui te disait, où est -ce que t
'appareil de courriette ? Parce qu 'à part courriette, je vois pas qui c 'est
que ça dérange, tes tags, là.
Et attention.
Qui a bu, boira.
Ou aboira.
Et qui a tapé, retapera.
Surtout quand il saura que tu l 'as balancé.
Je n 'ai rien dit.
Mais ça, il ne le sait pas.
Écoutez, je vous répète, je n 'ai vraiment pas envie de porter plainte. Il
a pas besoin de porter plainte. C 'est sur la voie publique qu 'il y a eu l
'agression. Moi, j 'enquête quand je veux.
Et ici, c 'est ton patron.
qui n 'a rapport à que le meurtre de Mme Sophie.
Et que toi, tu ne dis rien.
Tu sais c 'est quoi le tarif ? Ah ouais, mon pote.
Non, Alinéa B, complicité de meurtre.
Est -ce que vous pouvez me protéger ou pas ? Ça va, je ne suis pas ta mère.
En même temps, je ne sais pas où tu es né quand.
Bon, peu importe.
Ok, alors, de nuit avant sa mort, Sophie, elle a eu rendez -vous avec M.
Couriac. J 'étais là parce que c 'est moi qui l 'ai ouverte.
La double face.
Elle a joué double jeu ? Moi, je sais pas, parce que je suis resté dehors,
Ils étaient dans la voiture.
Quelle voiture ? C 'était la voiture noire de M. Couriac.
Donc, ils se font pas chier, là ? Oui ? Oui, toutes, toutes,
toutes. C 'est pour quoi ? C 'est la gendarmerie, c 'est les calendriers.
C 'est moche.
Qu 'est -ce que c 'est que ce luponard de nouveau riche, là ? Oh ! Mais c 'est
un plug zano, je connais.
Ah, ça, c 'est la Vicky.
Qu 'est -ce qu 'on planque, ça ? De la coke ?
Capitaine
Marleau, monsieur. Je vous en prie.
Comme vous.
Ouais, qu 'est -ce qu 'il y en a, vous aussi ? Je savais pas que vous étiez
breton.
Une belle bibliothèque, hein ? Adjus.
Marguerite Duras.
Marguerite Ursenar.
Vous aviez une vache qui s 'appelait Marguerite, non ? Vous devez vous faire
gaffe parce que les bouquins, c 'est plus dangereux que les flingues.
Écoutez, si c 'est Vicky Lachaud qui racontait des conneries sur moi... C
pas Vicky Lachaud.
C 'est Schopenhauer, c 'est marqué dessus.
L 'art d 'avoir toujours raison.
Vous me faites une petite démonstration, monsieur ? Bon, écoutez, capitaine, ne
perdons pas de temps.
Si vous êtes là, c 'est que vous avez une idée derrière la tête, non ? Moi ?
Non.
Ah non, une idée comme vous avec Mme Sophie.
Ça vient à rancœur avec.
On l 'a vu sur son petit agenda électronique.
C 'est elle qui voulait me voir. Je lui ai fait une offre.
Une offre qu 'elle ne pouvait pas refuser.
Elle a refusé quand même et du coup, quick.
Non, au contraire, elle a accepté.
Je lui ai acheté son hôtel pour un très bon prix et elle s 'est tombée la
défense du bac.
Ah bon ? Je ne comprends pas, c 'est quoi votre intérêt ? Parce que si le
ne se fait pas, vous allez toucher des grosses indemnités, non ? Non, mais je n
'ai pas la carte.
Donc,
construire le pont, ça veut dire construire ma réputation.
C 'est joli comme réplique. Ça dit, ça dit.
Autre chose ? Non.
Ah, si ! Mme Sophie, comment ça se fait qu 'elle ait décidé de lâcher ses potes
du village comme ça ? Écoutez, c 'était une femme assez fragile, écrasée par la
beauté de sa sœur. Elle avait besoin de prendre l 'air, prendre la distance, se
libérer. Je comprends.
C 'est mon drame de ma vie à moi.
C 'est fou ce bled quand même, toutes les filles qui se barrent comme ça, et
mecs qui reviennent pour y rester. Un petit peu comme vous, quoi.
Ça, écoutez, j 'en sais rien.
Si ça vous gêne pas, j 'ai rendez -vous sur un chantier, je peux ? Ah bah allez
-y, je vous en prie. Merci.
Pas empêcher ces gens d 'aller bosser, hein.
Dix -sois.
Allez, bonne journée.
Ouais, bonne journée.
Merde.
Hé ! Bah attendez -moi.
Vous n 'avez plus de chauffeur ? Non, j 'ai dû m 'en séparer.
Il volait.
Il volait trop bas pour vous ? C 'est une blague.
J 'ai vu qu 'il y avait une sculpture dans votre baraque. Ce n 'est pas une
sculpture à même viti ? Oui, effectivement.
J 'aime bien aider les jeunes artistes.
En les achetant ? Donc en fait, vous avez acheté la sculpture à la sœur
1, l 'auberge à la sœur numéro 2, vous avez acheté deux sœurs.
Pourquoi faire les retourner quand c 'est d 'elles qu 'elles sont
Moi, j 'ai une petite supposition. Vraiment, vous n 'êtes pas obligés de
décroire.
Admettons que Mme Sophie, elle n 'a pas accepté votre proposition, puis qu 'elle
ait dit, je vais raconter partout tes magouilles et tout ça.
Du coup, j 'ai prêt à savoir, vous faisiez quoi le soir du meurtre ?
j 'ai mieux qu 'un alibi, moi.
Une promesse de vente, signée de sa main.
Donc, aucune raison de la tuer.
Par contre, j 'ai essayé de la séduire.
Mais non. Oui, je me suis rendu compte qu 'elle était amoureuse d 'un autre
homme.
Ça n 'a pas marché.
Ben non. Allez, bonne journée.
Ben oui. Ça m 'attendait.
Votre chauffeur, je vais le faire sortir. Merci.
Faites gaffe, j 'ai des collègues sur la route, là. Ils font un côtesque.
Elle n 'a pas voulu, cette dame, quand même.
Ouais.
Gentille, ma canneule, ouais.
On va me le faire, moi.
Allez. Vas -y maman, mets ton casque.
Dis -donc, faut pas faire une habitude de débouler comme ça.
Eh oh ! Capitaine de bateau, capitaine de gendarmerie, hein ? Alors comme
Bon, vous voulez savoir un truc ? Il paraît que... Mme Sophie, elle était
toujours amoureuse du même gars.
C 'est ce qu 'on m 'a dit.
On va bien savoir. Qui c 'est ? Vous avez pas une idée, vous ? Je sais pas.
C 'est pas vous, par hasard ? Pourquoi ? Ce serait moi. Jamais de la vie. Pas du
tout. Je sais pas pourquoi, moi.
Je cherche.
Je me demande pourquoi elle a vendu son auberge.
Peut -être une déception amoureuse.
Comment elle a vendu son auberge ? À l 'ennemi public numéro un, M.
Couriac.
Attendez, je comprends rien. Je comprends pas ce que vous... Couriac !
comprends pas un truc.
Pourquoi vous avez pas voulu vous mettre à la tête de l 'assaut, à sa place ? Je
sais pas, c 'est pas mon truc.
Pour votre truc quoi ? De remplacer votre ex alors que c 'était cassé la
à vous défendre ? C 'est pas mon truc, c 'est tout. C 'est pas mon truc. Ouais,
bah j 'ai compris.
Si vous enquêtez toujours, c 'est qu 'Argan, il est innocent.
J 'en sais rien. Il regarde la vue, c 'est toujours mieux que le zonzon.
Argan, c 'est pas un meurtrier.
Il a fait des conneries, je suis d 'accord, il a fait des conneries, mais c
pas un meurtrier.
C 'est marrant, vous êtes pas le premier à dire ça.
Vous êtes passé le mou, quoi.
Comment va Argan ? Vous le gardez encore ? Elle te bile pas pour lui.
Il y a plein de gens qui te défendent.
Il y a Mme Vicky, il y a le taggeur, il y a même M.
Félix maintenant.
Ah bon, Félix aussi ? Pourquoi ? Ça t 'étonne ? Bah non, mais c 'est le père d
'Argan qui vient demander de l 'embaucher.
Et une fois, il s 'est servi du bac pour faire passer la camelote au pied du
camion. Il y a vraiment le diable dans le ventre, lui. Bon, ça va, il n 'y a
mort d 'âme. C 'est juste que t 'es plus fort que lui, c 'est tout.
Mon père lui serrait trop la vie s 'il est tout fait.
Il est tout fait ? Ouais.
Bonjour. Faut acheter ça, faut acheter du Grunoff.
C 'est moins cher.
Hein, Vicky ? Vous avez raté une vente, hein ? Allô ?
Allô ? Qu 'est -ce que tu fous, là, toi ? T 'es venu faire
ton masque mortuaire ? Je suis venu dire à Vicky que je bosserai plus jamais
pour Couriac.
Pourquoi ? T 'as peur qu 'elle te prenne pour un salaud comme l 'autre, là ?
Peut -être qu 'elle va te faire poser tout nu pour elle.
Je dirais pas non.
Ah, coquin ! Bon, où c 'est qu 'elle est passée dans Vicky, là ? Elle est partie
à la pharmacie et m 'a demandé de garder l 'atelier pendant que les clients
réfléchissent. T 'es pas très bon vendeur, toi.
Madame ? Ah bah ? Courriac, il sait pas que c 'est moi qui vous ai parlé de lui.
T 'es -tu malade ? Tu me prends pour une poucave ? Eh ! Faut pas oublier,
toujours bien fermer sa grande bouche.
Mesdames. T 'as vraiment perdu le premier ? Fais attention à pas dépasser
doses.
Surtout en ce moment.
Bonjour, capitaine.
Salut.
C 'est quoi ? C 'est pour l 'asthme, ça.
Vous êtes asthmatique, vous ? Oui.
Ben voilà, redoublez la dose.
Parce que j 'ai une nouvelle, ça va vous couper la chic.
Elle a vendu l 'auberge du bac.
Vendu ? Mais à qui ? Pas à moi, j 'ai pas de PEL.
À M. Couriac. En échange, elle a arrêté la lutte contre le pont.
Et toi, tu savais ? Mais non, bien sûr que non.
Vous êtes sûr ? Bah, hé, je suis gendarme.
On a l 'air contentes.
Une belle boutique. Ça marche bien, les maladies, en ce moment.
Mais viens ici ! Veux -tu venir ici ? Mais non, de Dieu ! Mais votre sœur,
arrachait le sac, là, quand même.
Faire des petites magouilles dans le dos de tout le monde.
Et le village, et M.
Félix. Et puis de vous.
Je sais pas, moi, votre place, j 'aurais eu la rage, non ? Oui, j 'ai eu la
haine, mais pas contre elle, contre Couriac.
Elle, elle est très fragile, il doit en profiter, c 'est tout.
Même moi, il a essayé de me manipuler.
Mais non.
Pardon. Faut que j 'y aille.
Beaucoup de te -dol, hein ? Vous avez pu vous être votre médoc, là ? Hein ?
Je peux vous parler ? C 'est urgent.
Vous pouvez nous laisser 5 minutes, s 'il vous plaît ? Oui, bien sûr.
J 'espère que c 'est important.
Ça l 'est pour moi.
Vous me rendez ma statue, je vous rembourse.
Pourquoi ? Parce que j 'en veux plus de votre argent.
Il m 'aurait aidé à prendre le large.
Bon débarras.
Et puis, de toute manière, arrêtez de me faire croire qu 'elle vous plaît.
C 'est vrai qu 'au début, j 'ai eu un peu de mal. Et puis, je suis habitué.
Comme vous vous êtes habitué à la littérature.
Écoutez, soyez pas méprisantes.
Reprenez -la, gardez votre argent et sortez de chez moi.
Si vous saviez combien vous avez déçu votre sœur... Allez, ça suffit.
Pourquoi vous dites ça ? Pourquoi croyez -vous qu 'elle m 'a vendu l 'auberge de
vos parents ? Parce que c 'est elle qui en avait hérité et qu 'elle faisait bien
ce qu 'elle voulait.
Ça ne répond pas à ma question.
Alors, je t 'écoute.
Alors, la comparaison entre les fibres textiles retrouvées sous les ongles de
victime et les vêtements d 'Argane Rivet, de Lucie Gardon et de Félix
prouve qu 'ils sont tous les trois innocents. Il n 'y a rien qui matche. N
'importe quoi. Et je veux bien qu 'Argane, il soit innocent.
Mais alors, les deux autres, si ça se trouve, les fringues qu 'ils portaient,
là, le sort d 'humeur, ils ont ceté, puis c 'est tout, hein.
Bon, alors, constitution pour Estelle.
Bon, ils se battent.
Ils glissent. Ils glissent.
C 'est pas glissé.
Hop, il pousse. Allez, pousse.
Oh, elle tombe.
Elle s 'accroche.
Textile dans les ongles.
Ça va ? Y a pas trop de soin ? Non.
Tiens, tu m 'as éclaboussé.
Monsieur, monsieur, les gendarmes sont là.
Faites les rentrer.
Monsieur Couriac, gendarmerie nationale.
L 'automobiliste qui assiste à l 'agression vous a clairement identifié
étant l 'auteur de faits de violence à l 'encontre de Boniface Micoulot. Et vous
le croyez ? Qu 'est -ce qu 'il dit, Boniface ? Qu 'il a rien eu le temps de
voir.
La capitaine Marlowe désire vous interroger à ce sujet.
Et elle peut pas se déplacer ? Rendez pas les choses difficiles. Et si je
de vous suivre ? Je procéderai à votre arrestation.
Vous en faites pas un peu trop, là ? Je peux en faire beaucoup plus.
Allô ?
Oui, bonjour, Manuel Couriac à l 'appareil. Est -ce que Maître Rigaud est
Oui, merci. Dites -lui que je suis à la gendarmerie.
Maître Rigaud, carrément.
Un ténor du barreau.
Je vois que je suis pas la seule à en faire un peu trop.
Allez, en voiture.
Les gendarmes viennent embarquer Couriac.
Je crois qu 'il sait pour nous.
Est -ce que t 'as fait ce que je t 'avais demandé ? Non, je vais le faire.
Je vais le faire.
Je vous expliquerai à mon avocat pourquoi, pour l 'agression d 'un
taggeur, votre adjoint a cru bon d 'embarquer mes dossiers et mes ordures.
Alors ça, c 'était une histoire de flagrance.
La flagrance de quoi ? De votre... fragrance.
Elle a dû sentir quelque chose d 'opportun chez vous, je sais pas.
Bien sûr.
J 'ai même noté l 'agression dans mon agenda.
Que vous êtes drôle.
Et quel rapport avec le meurtre de Sophie Lachaud ? Ben vous, puis votre
chauffeur qui vous a balancé et qu 'on a retrouvé comme de par hasard bastonné.
Écoutez, je n 'ai pas tué Sophie Lachaud.
Je n 'ai pas agressé Boniface.
Votre témoin se trompe et c 'est sa parole contre la mienne. Ah, c 'est sa
parole contre la mienne. C 'est original comme réplique.
Vous habitez près de Mazon, peut -être ? Capitaine ? Oui ?
Excusez -moi.
Prenez une petite mandarine. Ça vous fera patienter.
Monsieur.
C 'était trop long.
Il a appelé son président.
Direct. Je me suis dit, on reste tombé sur des choses qui vont vraiment le
mettre dans la mouette.
Et bien voilà, il a engagé un détective privé.
Et alors ? C 'est tout ?
Parce que fliquer des gens qui tu vois bosser, fliquer la concurrence, c 'est
pas jojo, mais c 'est pas illégal comme fliquer une rédaction d 'un petit
journal de Picardie, Fakir. Non, non, non, non, non. Oui, mais attendez,
capitaine, parce qu 'une heure et demie avant son rendez -vous secret avec
Sophie Lachaud, le détective lui a envoyé ce document.
C 'est quoi ? Impossible de savoir, il est crypté.
Mais dès qu 'il a reçu ce document, il a passé un appel à ce numéro.
Au berge du bac.
Alors, un document crypté reçu avant votre encart avec Mme Sophie, ça vous
quelque chose ? C 'était quoi ? Je ne sais plus.
Vous ne savez plus ? Pas grave.
On va faire décrypter par les collègues.
Puis, ils ne marchent pas, on appellera un privé.
Tiens, votre détective, par exemple.
Je suis sûr qu 'il va être content de bosser sur un meurtre.
Ok, c 'est bon, je vais vous expliquer alors.
C 'est tellement spontané. Je vous écoute.
Les défenseurs du bac devenaient gênants pour le chantier à venir.
Alors j 'ai décidé de voir s 'il n 'y avait pas une faille chez les meneurs.
Leurs meneuses.
Ah, les sœurs Lachaud.
Vous avez trouvé une faille ? Vous avez trouvé une grosse faille pour que Mme
Sophie soit convaincue qu 'il fallait vous vendre son auberge.
J 'ai compris que sans Sophie, je serais perdu.
Vous êtes un petit malade, vous.
C 'est la dernière
fois que j 'accepte un rendez -vous, M. Couriac.
Je me suis laissé dire que votre petite sœur veut s 'attaquer à mon chantier.
Ne vous inquiétez pas.
Je l 'ai calmé.
C 'est tout ce que vous vouliez savoir ? Non, non.
J 'ai quelque chose à vous montrer.
Vous perdez votre temps.
Vous n 'êtes pas obligé de répondre aujourd 'hui.
Elle a répondu tout de suite.
J 'avais préparé une promesse de vente, elle l 'a signée.
Mais alors, son mystérieux amoureux qu 'elle aimait encore, c 'était M. Félix ?
Elle a dû avoir les boules, savoir qu 'il s 'était tapé sa petite sœur. Ça a
l 'achever, si je puis dire.
Donc, finito la lucha contre le ponto.
Voilà, vous savez tout.
Enfin, justifiez -moi, n 'est -ce pas, capitaine ? Eh oui, comme Amber, quand
même. Bon, il n 'y a rien d 'illégal là -dedans.
Ben non.
Alors pourquoi vous avez tabassé le boniface ? Parce qu 'à un moment donné,
le monde y allait tout savoir sur tout le monde. Alors pourquoi vous l 'avez
tapé ? Je vous ai déjà répondu. C 'est pas faux.
Pathétique, pathétique.
En découvrant vos cacheteries avec Sophie, on découvrait vos cacheteries
détective. Et comme ce détective, il n 'a pas qu 'à enquêter une fois pour
on risquait de tomber sur une affaire qui n 'était ni éthique ni légale.
Bon, maintenant, vous pouvez me foutre la paix.
Mais on va vous foutre la paix, gentiment, mais on va vous la foutre.
Nous, qu 'est -ce qu 'on veut ? C 'est savoir c 'est qui l 'assassin.
Alors, vous nous montrez vos petites photos ? Pathétiques.
Voilà.
Ben, poussez -vous ! Oh, mal dégourdi ! Quelle horreur !
Bon, je peux y aller maintenant.
Mais nous vous en prions.
On va garder vos ordi.
On va trouver ce que vous nous cachez.
Attendez, vous croyez que c 'est facile pour moi ? Les gros chantiers, malgré
mes compétences, on ne les filait jamais.
Parce que je ne faisais pas partie de leur monde.
Parce que je me suis démerdé tout seul.
Il s 'est démerdé tout seul, on va pleurer.
Seul contre tous, alors.
C 'est ça, oui. Contre ceux qui méprisaient.
Il y a cinq ans, j 'ai lancé une enquête sur le patron de la CAO.
La commission d 'appel d 'offres.
Si vous saviez ce que le détective a trouvé... Ce qui vous a permis de le
chanter ? Pour qu 'il influence le vote ? Enfin, bon, bref.
Comme disait la grande Adèle, il n 'y a pas de monstre.
Il n 'y a que des gentils qui deviennent des méchants.
Où est -ce qu 'il faut ? Mes amitiés à votre avocat ?
Ça va, c 'est pas de jari.
Elle est bonne, ma cantoche ? Ouais, ça va, c 'est bon. Merci.
Eh ben, tant mieux.
Profite.
On va pas pouvoir te garder.
Pourquoi ? Parce qu 'un innocent garde à vue, ça le fait pas.
Retour au placard.
Mais je vais prendre combien pour mon évasion ? Pour Bézef.
Il y a plein de soutien pour toi. Plein de témoignages, ça va être cool.
T 'inquiète. Je vais aller revoir te Juliette.
Ah.
Tu savais, toi, pour Félix et Vicky ? Tu savais qu 'ils étaient ensemble ?
Félix, non.
Non, vous comprenez, c 'est Sophie qui était avec Félix, pas l 'inverse.
Ah, d 'accord.
Si tu veux prendre une douche avant de partir, tu demandes à Élodie.
Au moins, avec elle, tu risques rien.
Ah, capitaine, Félix Lautrec est arrivé.
Eh bien, l 'autre, il va pas tarder. Tu vas me chercher un café ? Ouais.
Ça va, Jeannie Longo ? Ça va.
Dis oui.
Elle est mignonne.
Bon alors, il vient ce cas -là.
Oui, tout de suite.
Voilà, voilà.
Merci. Tu donnes une chaise à Manviki, s 'il te plaît ? Voilà.
Feuillez -vous.
Café ? Non.
Pas de café ?
La bande à Badère enfin réunie.
On est ravis. Vous savez que vous êtes photogénique.
Ah bah si.
Elle a dû être contente, votre sœur, quand elle a découvert cet amour -là.
Qu 'est -ce qu 'elle vous a donné, ça ? Ses courriels.
Moi, je comprends pas un truc.
Pourquoi vous vous cachez tous les deux ? Bah, pour la préserver.
Ah, donc vous le saviez que votre ex, elle était encore Morgane de vous ?
Avec Vicky, on évitait de s 'écrire, de s 'envoyer des messages.
Justement pour pas qu 'elle le sache. Mais c 'était pas du tout prévu.
Voilà, ça nous est tombé dessus, c 'était un élan. Ah bah là, c 'est plus
élan. C 'est un orignal.
On avait les mêmes rêves, tous les deux. Ouais, il y a le rêve et la réalité.
Ça fait deux, hein.
Eh bah nous, au moins, on aura dormi ensemble.
Vous vous dormez avec qui, vous ? Moi, je dors avec ma conscience. Ça vous
dérange ? On allait lui dire, de toute manière.
Mais vous alliez lui dire quand ? Avant ?
Après, vous êtes barrés tous les deux ? Non, écoutez, de toute manière, qu 'est
-ce qu 'on fait là ? C 'est pas un crime de s 'aimer.
C 'est une jolie réplique, ça.
Alors, c 'est pas un crime, non, mais ça peut être immobile.
Par exemple, votre sœur, elle découvre ces magnifiques photos, elle dit, mais
n 'y crois pas une seconde, je vais vérifier. Donc elle vous suit, et hop,
vous trouve tous les deux trahisons ! Et ça finit mal, ça dégénère, c 'est ça ?
Non.
Ce n 'est pas du tout parfait comme ça.
Mon oeil.
Camarade Estelle, tu t 'occupes de monsieur.
Et nous, on va emmener Madame Vicky.
Dix souhaits, please.
Voilà, voilà, voilà.
Vous allez chercher les fringues.
Où est -ce qu 'elles sont planquées, vos frags ? Là -haut.
Ok, montez si elle fait des affaires.
Là, à l 'escalier, à l 'aigrouille.
On va les envoyer direct au labo pour gagner du temps.
Ça, c 'est pas con. D 'ailleurs, pour gagner du temps, on pourrait peut -être
avoir des aveux par certaines personnes sur les morgards. Non ? Vous savez que
les affaires à Félix sont les affaires analysées aussi ? Non.
Allez, go, go, go.
On se dépêche. Les empreintes, ça peut s 'envoler.
Allez,
dans le top. Mettez pas vos mains dessus.
Elle est bien, mais elle est un peu bête.
Vous êtes toutes blanches.
Vous avez des nausées ? Elle est drôle d 'air, vous.
Il est beau, votre jardin.
C 'est bien le printemps, les petits oiseaux qui portent des oeufs, tout ça.
Qu 'est -ce qu 'elle a, cette poubelle ? C 'est des feuilles.
Ouais, c 'est chaud. Mais c 'est de l 'abeu, ouais.
Alors, qu 'est -ce qu 'il y a là -dedans ? Un thermomètre.
Oh non ! Regarde, Elodie.
C 'est quoi marqué ? Enceinte.
Enceinte. Vous êtes enceinte ? Ça change quoi ? Ça change rien. Ça veut dire que
c 'est encore une cachoterie de madame qui n 'a pas dit qu 'elle était
qu 'elle attendait un gosse.
Et c 'est peut -être ça le vrai motif du crime ? Ah bah ouais, t 'es pas con,
toi. Tiens, mon seau.
Attention tes doigts ! C 'est jamais.
Ah, je pète, je pète.
Vous cherchez quoi, capitaine ? Eh bien, le Vidal, c 'est comme la carte, c 'est
vital. Tac.
Viens voir un peu.
Viens avec.
Ouais, Martin Vidal, capitaine Merlot.
J 'ai... Attendez deux secondes.
Tu vas rester, tu vas la surveiller parce que j 'ai pas confiance.
À tout à l 'heure.
Prête, prête, prête, prête ! Oh ! Eh, dans l 'arborie, là ! Instruction d
'enquête !
C 'est quoi ici ? C 'est un prison de freine ? Vous m 'avez fait peur.
Vous m 'avez fait mal à mon dos.
Je vais vous demander un truc.
Par rapport au médoc que vous avez refilé, vous avez dit qu 'il faut
les doses, surtout en ce moment.
Pourquoi en ce moment ? Quand vous avez refilé le médoc, vous avez dit de faire
gaffe en le prenant. Elle est vraiment asthmatique. Je l 'ai vu à vélo. Elle n
'était pas au bord de la pomplexie.
Là, on rentre dans le domaine du secret médical.
Pourquoi vous ne posez pas toutes ces questions à Vicky ? Parce qu 'elle
pourrait mentir.
Mais je vois pas pourquoi.
Parce que je suis en train d 'enquêter, là, sur un meurtre, celui de votre
copine. Allô ? Mais je vois pas le rapport.
Le rapport, c 'est quoi ? C 'est que ça, c 'est un médicament pour l 'asthme,
mais c 'est aussi des contractions, là, prématurées.
Alors, vous vous êtes pas dit que Vicky était enceinte ? Ben, si.
Et sa sœur, comment elle l 'a su ? Ouais, mais, enfin, j 'étais inquiète
elle. C 'est le genre à prendre des décisions sur des coups de tête, déjà
artistes. Même si c 'est bien, ce qu 'elle fait, hein. Oui, oui, enfin,
enchaînez, là, parce que...
Oui, excusez -moi. Elle était déjà venue acheter un antivomitif pour les
nausées, les contractions.
Comme il n 'y a pas de papa, ni mari, ni compagnon, je me suis dit peut -être
que sa soeur pourrait la convaincre. Ça a toujours été une super grande soeur.
Elle aurait pu lui laisser croire qu 'elle avait deviné sa grossesse et puis
convaincre de ne pas garder cet enfant.
Je ne sais pas, je n 'en sais rien, moi.
Et même Sophie, comment elle a réagi quand elle a su qu 'elle allait être
Pas mal.
Très mal.
Elle était dans une colère comme je ne l 'ai jamais vue.
Ça s 'est passé quand, tout ça ? Mardi, je crois.
Mardi ? Vous êtes sûre ?
Hé
! Je viens de voir la pharmacienne.
Il y a une rue de Babel.
Enfin, tous les deux, on avait capté que... Hein ?
Et du coup, elle est allée cafter à votre sœur, votre sœur a pété un
puis elle est venue vous engueuler, c 'est ça qui s 'est passé ? Elle se met à
bréhard encore un coup.
Bon, tu vas chercher M. Félix, tu l 'amènes au bac ? J 'ai plus de véhicule,
moi, Capitaine.
Vous avez un vélo, vous ? Vous savez faire du vélo ? Ah, pour le vélo.
Allez -vous, emmenez -vous.
Allez ! Vous mettez la tâturade, parce qu 'on est en sade que... Oh, j 'ai fait
un grand...
Faites pas la gueule, ils vont arriver.
Allez, partez, s 'il vous plaît.
Allez.
Vite.
Bah alors ? T 'as vu l 'heure, toi ? Arrêtez.
Je suis désolée.
Hé,
Carlos, c 'est fini les bisous.
J 'aimerais bien qu 'on m 'explique ce qui s 'est passé.
J 'étais sur la passerelle et...
On n 'était plus que tous les deux.
C 'était la nuit.
Il est tard.
Je me demandais ce que tu faisais.
Je bichonne mon petit galion pour qu 'il soit beau.
Ça va ? Attends cinq minutes là -haut, j 'arrive.
Cinq minutes.
Tu es
allée
nous quitter sans rien me dire ? Oui, je t 'ai dit que j 'allais partir.
Avec Félix ? Mais ça, je voulais te le dire, mais tu m 'as pas laissé terminer.
T 'es partie comme une furie.
T 'es enceinte, c 'est ça ? Qu 'est -ce qui te fait dire ça ? T 'avais aussi
prévu de m 'en parler ? T 'es enceinte, oui ou non ? Non, je suis pas enceinte.
Que tu partes.
Que tu ne me dises pas que c 'est avec Félix. Pourquoi pas ? Je vais partir
aussi, tout faire pour vous oublier.
On voulait pas te faire de mal. Non, tais -toi, mais tais -toi ! Tu m 'as
'amour de ma vie ! Et tu vas voir un enfant avec lui.
Tu crois que je t 'ai fait faire ? Allez, tu te calmes. Je voulais pas te
de mal. OK ? Viens, je vois.
Elle voulait qu 'on meure ensemble.
Et donc, moi, j 'ai essayé de me dégager.
Et je l 'ai poussé.
Vous avez essayé de vous dégager ? Bon, montrez -moi comment. Je comprends rien.
Mettez -vous là.
Vous êtes avec votre soeur, d 'accord ?
Tac, tac, ça commence à partir en cacahuètes. Elle vous prend en ses bras.
Tu peux ? Les bras.
Et là, elle vous serre fort contre elle, c 'est ça ? Oui.
OK. Et vous vous dégagez, d 'accord ? Oui. Ben, allez -y, dégagez -vous.
Ah ! Ben, dis donc, c 'est du long, hein ? Mais elle fait n 'importe quoi. Elle
a largement le temps de vous prendre et de sauter comme ça par -dessus bord avec
vous.
Ça marche pas, votre truc.
Ou alors...
C 'est une possibilité.
C 'est qu 'il y a quelqu 'un qui est venu filer un coup de main.
Mais qui ça peut bien être, ça ? Non.
Quoi non ? Ok, moi j 'étais là sur le pont.
J 'ai entendu des cris qui venaient de là -haut.
Donc je suis monté voir.
D 'accord ? Bah faites voir.
Vite, on n 'a pas deux heures là.
Vous aussi montez, on fait une reconstitution là, faut vous le dire
Attention à votre manteau.
Allez, bon, go, go, go, go.
Donc elles sont là toutes les deux.
Ça gueule. Allez -y, gueulez -vous là.
Donc moi j 'arrive et je vois qu 'elle est vraiment en train d 'essayer de la
tuer. Donc je l 'ai tirée et elle a basculé.
Vous l 'avez tirée ? Je comprends rien.
Je sais pas moi, quand vous me parlez, articulez, qu 'on vous comprenne. Vous
êtes quoi cette génération ? N 'importe quoi.
Bon alors vous êtes avec votre sœur dans ce coin -là, on est d 'accord ? Moi je
vais faire Madame Sophie, d 'accord ? Ça vous a primé parce qu 'elle n 'a pas l
'air rappelée de vous.
Je suis là, je la prends dans mes bras comme on a fait en bas, vous avez suivi,
tac tac.
Et donc moi je l 'ai tirée et après je l 'ai repoussée et elle a basculé.
Au -dessus ? Oui, au -dessus.
Ben pourquoi elle n 'est pas tombée là ?
Comment ça ? On l 'a retrouvée là -bas. Elle s 'est cognée au machin vert.
Pourquoi elle ne l 'a pas retrouvée là ? Je ne sais pas, je l 'ai poussée, elle
est tombée, c 'est tout.
Elle est tombée.
Ne vous énervez pas.
J 'explique.
Elle a rebondi peut -être.
Elle a fait cloum, cloum, cloum.
Et hop, arrivée ici.
Après un troisième rebond, la tête a cogné.
Elle est tombée de cette façon.
C 'est ça ?
Je ne tiens pas debout, votre truc.
C 'est un pulmiteau.
Vous croyez qu 'il couvre Vicky ? Vicky ? Non, je ne crois pas.
Réfléchis deux minutes.
Il n 'y avait pas quelqu 'un d 'autre sur le bac ? Lucie.
La vie, on ne s 'amuse qu 'un.
Non, mais Lucie, je ne crois pas.
Félix, il se dénonce.
Pourquoi ?
Parce qu 'il aurait très bien pu laisser accuser, je sais pas, un coupable
idéal. Par exemple, un taulard en cavale qui vient régler ses comptes avec son
ex -patronne, tu vois.
Argan.
Et pourtant, il l 'a défendu mordicus.
Vous croyez quoi qu 'il le couvre ? Mais pour quoi faire ? Je sais pas.
En tout cas, je l 'ai vu discuter avec le père Argan, à l 'autre fond.
Copains comme cochons, les deux.
Bon, ces deux -là, tu les gardes au frais. Moi, je vais marcher à Argan.
Il y a quelqu 'un ? Il n 'y a personne ? Oh ! Bah alors ? Oui ? J 'ai un truc à
vous dire. Oui, on sait, vous l 'avez retrouvé.
Je pourrais lui parler avant qu 'il retourne en prison ? Normalement non,
je vais voir ce que je peux faire à ma madeline.
Je vais vous demander un truc.
C 'est quoi votre rapport avec M. Félix ? Comment ça ? Vous êtes des proches.
Proches, comme tous ceux qui prennent le bac, vu que c 'est lui qui le pilote
depuis 20 ans.
Mais depuis la mort à Mme Sophie, vous l 'avez revu ? C 'est quoi toutes ces
questions -là ? C 'est des questions qu 'il faut des réponses. Alors ces jours
-ci, vous l 'avez revu, oui ou merde ? Non. Mais si, tu l 'as vu.
Il te disait que ton fils était un bon gars, un héros même.
Comment ça, un héros ? Elle dit n 'importe quoi.
Pas l 'air.
Je vous écoute, madame. Il lui a aussi dit que sans Argan, Vicky Lachaud serait
morte. Non.
C 'est mieux comme ça.
Oui, c 'est mieux comme ça, si on compte bien.
Oui, qu 'est -ce qu 'il y a ? Quoi, le transfert d 'Argan est déjà arrivé ? Eh
ben, au challenge, j 'arrive.
Ben, démerde -toi ! T 'es toutoule, toi, des fois ! Je te jure !
On attend le capitaine Marleau, là.
Et pourquoi ? Elle a besoin d 'Argane Rivet. On attend.
Eh bien, on attend.
Camarade.
Capitaine, il veut rien savoir.
Ah, mais j 'en ai besoin encore du gamin, moi.
Et moi, j 'ai reçu l 'ordre de le ramener en détention.
Tes parents, ils bossent à la gare de Drancy pendant la guerre, tiens.
Oui, monsieur le procureur, capitaine Marleau.
Vous rappelez la petite histoire avec votre femme, là, à la poutinière ?
avec vos amis de la région.
Ben, j 'ai besoin de vous, ouais. Comment il s 'appelle, déjà ? Argan
Argan Rivet, ouais.
Ben, je vous le passe.
Tiens, il y a le procureur, il veut te faire un bisou.
Oui, monsieur le procureur ?
Oui.
Bien, monsieur le procureur.
Eh bien, voilà.
Merci, Mo.
Je le prends avec moi.
Allez, à toi.
Alors ? Sans lui, Mandeviki serait morte. C 'est pour ça que vous le
Parce qu 'il a sauvé la vie à votre amoureuse ? C 'est pas sa faute.
Je vous le dis, c 'est pas sa faute.
Alors ? Ben, vas -y, Zorro, on t 'écoute.
J 'étais bloqué, juste en dessous.
Et j 'entendais tout.
Sophie allait le balancer avec elle.
Je lui ai dit de partir.
On se débrouillerait avec les flics.
Je lui ai dit qu 'il n 'avait rien à craindre.
Parce qu 'avec un petit peu de bol, c 'est Couriac qu 'on a accusé.
Vous êtes chier quand même, vous.
Je sais pas.
Je me suis dit que personne n 'aurait jamais cru que... que Sophie avait voulu
tuer sa sœur. Et donc personne n 'aurait cru.
Arrête, on ne laissera pas tomber.
Je voulais pas qu 'on se rappelle de ma sœur comme d 'une personne capable d
'une telle violence.
Vous comprenez ? Non.
Il va t 'entendre, toi.
Il va entendre la Vicky et le PX.
Et puis ça va aller.
Et de toute façon, si ça va pas, il va m 'entendre, moi.
Ouais, pire jour de recevoir.
C 'est un peu cul -cul comme fin.
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