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C'est le concept du "juste à temps".
Ici, pas d'entrepôts, donc pas d'accumulation de matériel.
Stocker coûte cher,
ça bloque les investissements.
Supprimer l'entrepôt signifie économiser.
Chaque pièce court le long d'un fil invisible,
allant où elle doit.
C'est le "pur flux tendu".
L'eau bout. Que faire ?
Attends un peu.
- Tu as mis les serviettes ? - Oui.
Menteur.
Pas celui-là, il est cassé. Prends l'autre.
- Quelle heure est-il ? - 21h30.
T'aurais dû aller le chercher.
Il vient en taxi. Je le raccompagnerai !
Non, Raffaella le fera.
Le voilà. Coupe le pain.
Je t'avais prévenue.
Bonjour, pardon pour le retard.
Raffaella, une collègue.
- Alberto, mon frère. - Bonsoir.
Un groupe de professeurs dans un car.
On aurait dit une visite scolaire,
un ingénieur nous expliquait toutes les transformations,
les changements de l'usine.
Tu aurais dû y aller seul.
C'est qui ?
Un groupe de ragamuffin. Pas mal.
Ah oui ?
Elle est sympa, Raffaella ?
- Je n'ai rien à lui dire... - Moi, ça fait deux ans.
Nous voilà.
Non, j'aime pas.
A la visite, j'ai rencontré Giorgio.
- Qui ça, Arquati ? - Oui, Arquati.
Il s'occupe de la restructuration.
- Tu me prêtes ce disque ? - Sûr.
Les licenciements. C'est lui.
- T'es sûre ? - Non, c'est vrai.
Dans une interview, il disait :
"La reprise est douleur et sueur".
Sueur à l'intérieur et douleur à l'extérieur.
Ça vous fait rire ? C'est pas drôle.
La phrase n'est pas de lui.
Il ne décide pas. Il exécute.
- Il exécute. - C'est pire.
Pourquoi ?
On ne sait jamais à qui s'en prendre.
Ah oui !
Mais si vous saviez qui est responsable, que feriez-vous ?
Je ne sais pas.
Mais chacun devrait être responsable de ses choix.
Il est tard, je... Il vaudrait mieux que je parte.
Enrico te ramène.
Je prends un taxi.
- Où sont les clés ? - Là-bas, je les prends.
C'était mon travail.
Je sais. Mais vous avez changé d'idée ?
Raffaella sort d'une sale dépression.
Je suis désolé.
Elle est seule depuis quelques mois.
Ce sont des choses qui arrivent.
Elle va mieux, ta sœur s'est mis en tête de lui trouver un copain.
Tu sais comment est Francesca,
elle choisit pour les autres les fringues, les livres, la maison...
A propos, notre cabinet restaure un appartement à la Crocetta.
75 m avec terrasse, lumineux...
- Ils vendent. - Bien.
Tu devrais le voir.
Pour quoi faire ?
Tu voulais déménager.
Si j'achète un appartement, je dois vendre le mien.
D'accord, mais c'est pas un problème.
Si, c'est un problème.
En ce moment, j'ai trop de choses à faire.
Je te ramène chez toi ?
Évidemment. Où veux-tu me ramener ?
Comme tu insistais pour rentrer seul, j'ai pensé que...
Perdu !
Dans la période qui a suivi l'automne 1980, les ventes de FIAT
ont continué à augmenter. Sa position sur le marché s'est améliorée.
En 1979, FIAT contrôlait 63% du marché italien et 10%
du marché européen. En 1983, on est passé
à 70% et 12%.
Une analyse des bilans nous permet de constater l'ampleur de ce succès,
le chiffre d'affaires augmente de 2000 milliards par an,
passant de 7000 milliards en 1979 à plus de 25000 milliards en 1988.
La crise dite "structurelle" de la fin des années 70
se transforme ainsi en un succès de portée continentale.
Boum !
Tout cela a évidemment eu son prix :
en 1979, il y avait 113000 ouvriers.
Cinq ans après, ils étaient 60000, soit la moitié.
- On partage, Adele ? - Je vais goûter.
Une cuillère, s'il vous plait.
Des pâtes ?
Non, de la viande.
- Je vous écoute... - Du rosbif.
Je peux ?
On a pris des kilos ?
Colangeli...
de la part de Venturi.
C'est toi, mon amour ?
Non.
Ç'a été, le bureau ?
Le blouson, je le mets là.
J'ai fait des pâtes pour deux.
Non, je prends un yogourt.
T'es fatiguée ?
Je suis morte.
Je voudrais dormir toute la vie.
Tu me demandes rien ?
Il y a un nouveau à la typographie.
- Mignon ? - Très.
Quel âge ?
45 ans, marié, 2 enfants.
Je sais. Je n'y ai pensé qu'après.
Après quoi ?
Parce que vous avez déjà...?
Où ça ?
Dehors, dans la voiture...
Lisa !
Merci.
Penche-toi à la fenêtre, mon amour
Ils ont tiré, blessé, assassiné.
A la barre, 51 terroristes vaincus.
On sait qui tu es. On t'a reconnue.
Sors les mains en l'air ou ce sera un massacre !
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Rien.
Quelle heure il est ?
Moins dix.
Déjà ?
Seulement, tu veux dire. J'en peux plus...
Tu sors manger ?
- Tu viens pas ? - Non, j'ai à faire.
Si je pouvais, je m'en irais maintenant.
Vas-y, je m'en occupe.
Vraiment ?
Merci.
Je te rejoins pour le café.
T'es un ange.
Un instant !
- Comment ça va ? - Bien, merci.
- Ça fait combien, un mois ? - Presque.
- Ça va avec vos collègues ? - Très bien.
S'il y avait un problème, n'hésitez pas.
Ce ne sera pas nécessaire.
Bien sûr.
Excusez-moi...
- Vous allez bien ? - Oui, oui merci...
Voulez-vous un taxi ?
Quel est votre nom ?
Votre nom ?
Adele. Adele Fabbri.
Giovanni Ferrero. Vous travaillez par ici ?
- Vous n'avez pas fini de déjeuner ? - Non.
Bon, merci...
Pourquoi Adele ?
Ça a été ma première idée.
Un nom de vieille fille.
Alors... la quarantaine, grand, distingué, un peu distrait.
Avec une alliance ?
J'ai pas vu.
Toi aussi, t'es distraite.
- Sexy ? - Pas mal.
Tu dois faire des photocopies ?
Non, j'ai fini.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Non, rien, je pensais que...
tu as pris mon prénom,
ça me fait plaisir.
Le docteur Ferrero s'excuse. Lundi, il est occupé.
Je suis désolée.
C'est possible, la semaine prochaine ?
Mardi, ça irait ?
Très bien. Mardi à 14h00.
D'accord. Au revoir.
Bonjour, M. Sajevo.
- Giovanni est là ? - Oui.
- Il en a pour longtemps ? - Je ne peux pas vous le dire.
Dites-lui que je suis là.
Je le préviens tout de suite.
- C'est assez urgent. - D'accord.
La voilà.
Elle n'a pas bougé. Par prudence, on va faire un scanner.
- D'accord. - C'est arrivé ce matin ?
Pendant quelques secondes, je n'ai plus rien vu.
- Tu es fatigué. - Non, pourquoi ?
Tu ne dors pas !
Ça m'arrive souvent.
Il ne t'est rien arrivé d'autre ?
Aujourd'hui ? Non.
D'habitude, ces choses-là t'arrivent avec la fatigue,
le stress.
Je mangeais et j'ai eu un malaise.
C'est pas un interrogatoire.
C'est pas psychologique. C'est physique.
Le problème, c'est cette balle, tu la vois ?
Récapitulons.
Soit on la laisse en espérant qu'il n'arrive rien...
Soit on l'enlève. Tu te sens de le faire ?
D'une part, il y a eu les Brigades Rouges
avec leurs actions et leur credo révolutionnaire.
D'autre part, le devoir d'achever l'histoire de notre défaite
avec un peu de dignité.
L'avantage des révolutions manquées,
c'est qu'elles n'ont pas les défauts des révolutions réussies.
Toutes les révolutions réussies ont fini par trahir leurs promesses.
Les révolutions manquées trahissent les analyses qui les ont inspirées,
une faute qui me parait moins grave.
D'un autre côté, la générosité avec laquelle une partie de ma génération
s'est lancée dans l'aventure politico-idéologique
représente une valeur positive
dont il faudra bien finir par nous donner acte.
Je l'avoue sans pudeur,
aujourd'hui j'éprouve une grande pietas vis-à-vis de moi-même
et des échecs de ma génération.
Et cela naît de la constatation qu'on ne nous avait pas laissé
la moindre place pour vivre cet imaginaire que nous portions
au moment où nous avons fait notre entrée dans la société.
Nous n'avons pas vécu comme nous l'aurions voulu
parce que la génération précédente
nous avait brutalement barré le chemin
en nous demandant de sacrifier notre différence ou de mourir.
Certains sont morts armes au poing,
d'autres, de l'héroïne plein les veines.
La plupart ont vécu en étouffant le désir de changement
qu'ils portaient en eux.
En prison, j'ai reçu beaucoup de lettres
de gens de mon âge
qui réfléchissaient sur eux-mêmes avec une énorme amertume,
parce qu'ils avaient pris conscience de l'échec de leur génération,
un échec qui ne pourra être racheté
par aucun succès individuel.
- Comment ça va ? - Bien, merci.
- Vous vous souvenez... hier ? - Oui, ça va mieux ?
Oui, merci.
Vous prenez toujours ce bus ?
Moi aussi, je me disais aussi...
Quoi ?
J'avais l'impression qu'on s'était déjà vu
avant le self... hier.
- C'est possible. - C'est possible.
Je descends à la prochaine.
Moi aussi, je descends.
On a une pause d'une heure.
Avant j'allais au parc, mais il fait froid.
Que faites-vous au bureau ?
L'administration, au terminal.
Vous y êtes depuis longtemps ?
Quelques mois.
Avant, que faisiez-vous ?
- Je vivais dans une autre ville. - Où ?
A Bologne.
Vous dites ça avec une pointe d'agacement.
Vous ne me demandez rien sur moi, mon travail, ma vie !
Vous ne voulez rien savoir ?
Plus tard. Je suis arrivée.
C'est là ?
Au revoir. Bon travail.
- Tu ne manges rien ? - J'ai pas faim.
Prends une mandarine.
Et si je me rasais la barbe ?
Pourquoi ? Ça te va bien.
Ça me vieillit.
Non. Ça te donne de l'autorité.
J'étais mieux sans ?
J'ai oublié.
- Ils sont à quoi ? - Au jambon.
Qu'as-tu ?
Ils se baladent comme des gens normaux.
- Qui ? - Les Brigades Rouges, Prima Linea...
- La Venturi. - Qu'est-ce que t'en sais ?
Je ne sais pas, j'imagine.
Ils sont tous à écrire des livres.
Ils trouvent même des éditeurs !
C'est leur droit.
"J'étais convaincu que le prix de la mort
"était le prix du passage vers une société sans oppression".
Ont-ils le droit d'écrire ça ?
"La guerre des classes, l'ultime,
"nous étions la seule opposition qui existait dans le pays."
La seule opposition !
- Vous livrez ? - Dans la journée.
Je peux avoir une carte ?
- Tu envoies des fleurs ? - Non, c'est toi.
Je les envoie ?
- A qui ? - A Raffaella.
Tu n'as pas été gentil.
Je n'ai pas été gentil...
Chaque fleur a un sens. Je ne veux rien dire.
J'y vais. Envoie-les au bureau.
Pour moi ?
- Qui les envoie ? - Un coursier !
Dis, la séductrice... la prochaine fois,
donne le nom d'une autre.
Que veut-il ?
Te parler, non ?
Je ne comprends pas.
Il n'y a rien à comprendre.
Quel est le sens des marguerites ?
Des marguerites ? Aucun.
Il veut te revoir.
Entre 6 et 7. On va au ciné, je vois le début du film...
Il te raconte la suite le lendemain.
Désolée, mais il est mal tombé.
Peut-être.
Oui, c'est moi.
Bonjour Raffaella, dites-moi.
Je vous remercie pour les fleurs.
Il y a une heure.
Bien.
Elles sont très belles...
Je vous passe Francesca.
J'attends un coup de fil, tu dois me dire quelque chose ?
Je ne suis pas tendu.
D'accord ? Oui.
Allô, papa ? C'est Lisa.
Non, d'une cabine.
Ecoute, j'arrive demain soir par le train de 22h25.
Vous venez me chercher ?
Tu ne viens pas ?
Tu me la passes ?
Je ne peux pas rappeler plus tard.
C'est pas grave. Dis-lui que je prendrai un taxi.
On en parle demain ?
Non, je prends un taxi.
Merci pour les fleurs.
Je ne savais que choisir.
J'ai pris des marguerites.
C'était pas la peine.
Pourquoi ?
Ça vous a gênée ?
Non, c'est pas ça.
J'ai rendu jaloux quelqu'un ?
Oui, on va dire ça...
C'est pour ça que vous les avez laissées au bureau ?
- J'imaginais... - Que je vivais seule ?
Que vous viviez seule.
- Vous descendez où ? - Presque au terminus.
Où exactement ? Au bout de la rue Regina ?
Oui. Et vous ?
Moi, rue Principe Eugenio.
Alors... c'est la prochaine.
Oui, la prochaine.
Bonsoir.
Nous oublie pas !
J'arrive.
Mon petit chou...
On récapitule ?
Après le bureau, allez directement à la gare.
- J'attends 30 mn... - Allez à la gare.
Lisez un journal, prenez un café et ne bougez pas.
A Bologne, que faites-vous ?
Je vais au poste de police,
je leur montre le permis et dis : "Salut, je suis là !"
Plaisantez pas !
Je ne bouge pas de chez mes parents. Ils pourraient me contrôler.
Vous pourriez sortir un peu...
Pas cette fois, je reste à la maison. Vous me l'avez déjà dit.
Attention, c'est votre première permission.
C'est le risque qu'un journaliste...
Au moment de partir,
je repasse au poste, je prends le train,
je réintègre mon magnifique studio !
Si le train a du retard ?
Je téléphone ici et on vient me chercher.
Il me semble que tout est clair.
Je vais voir ces allumées !
Bon week-end. Ne me foutez pas dans la merde !
Vous inquiétez pas.
Avec ce truc en dessous, ça va pas.
Peut-être avec un chemisier...
Superbe.
Je te crois. Mon copain l'a payé 2000 balles.
T'es sûre qu'il l'a payé ?
Ça te va super bien.
C'est vrai, tu sembles même plus grande.
Tu trouves ?
Mais t'es sûre ? Et si je l'abîme ?
L'abîmer ? Tu vas pas baiser dans une bagnole !
Sympa... Qui te l'a dit ?
Tu l'as raconté à tout le monde.
Je le prends.
Tu t'es séché les cheveux ?
- On va mettre une pince. - Laisse tomber.
Pourquoi ?
Ça va comme ça.
Il y a quelque chose qui cloche ?
Non.
- T'as peur pour demain ? - Je ne sais pas...
peut-être.
Je vais à la salle de bains.
Dépêche-toi, alors.
T'as qu'à faire le café.
Des nouvelles de Mlle Venturi ?
Elle arrive toujours la première. Peut-être un embouteillage ?
Peut-être elle a perdu les clés de chez elle.
Di Rienzo !
Prévenez-moi.
Bravo !
C'est facile de se moquer d'elle.
Tu plaisantes ?
On ne parle pas de Cendrillon. Cette fille tirait sur les gens.
Après 10 ans de taule,
elle sort, ils lui trouvent un bon boulot.
Je les flanquerais au trou et jetterais la clé.
Quand j'y repense, on faisait de ces travaux...
par exemple le célèbre... on appelait ça "anti-bruit".
On travaillait
pendant 8 heures
les bras en l'air...
On vaporisait sous les voitures avec un pistolet...
du goudron, je crois.
Bardés de chiffons qu'on prenait à la maison ou qu'on ramassait,
des vieux tricots.
FIAT ne fournissait que le masque.
On restait 8 heures comme ça...
60 de l'heure,
une voiture par minute...
C'est vous qui avez fait ça ?
Avec un copain, je pensais les annexer à la thèse.
Vous avez du matériel ?
Environ 2 heures. Il faudra faire une sélection.
Vous les avez interviewés chez eux ?
C'était des amis d'amis,
ils nous en ont présenté d'autres, on a continué.
Qu'en pensez-vous ?
Je vais y réfléchir.
Je crois que le passage
de l'usine traditionnelle à l'automation
a entraîné une diminution de la fatigue
et un apport intellectuel pour l'ouvrier.
Il suffit de penser aux secteurs "labour intensive"...
Je me demandais...
vos interviewés, que pensent-ils de l'usine d'aujourd'hui ?
Avez-vous demandé ?
Ils ont obtenu une indemnité de départ
ou ont été mis au chômage.
Je sais, la restructuration a eu des effets négatifs,
les licenciements, le chômage et...
C'est un thème dépassé.
On en a tellement parlé que...
C'est vrai.
C'est un travail intéressant. Continuez.
Vous étiez chez le coiffeur ?
Non, j'ai raté le bus.
J'étais un peu inquiet.
- Désolée. - Ça peut arriver à tout le monde,
sauf à vous.
Votre situation me met dans l'embarras.
J'aurais dû prévenir. Je ne l'ai pas fait.
Je vous accorde une attention toute particulière.
Ça ne se reproduira pas.
"En frapper un...
"pour en éduquer cent."
"En frapper un...
"pour en éduquer cent."
"Frapper partout"
"les centres de la contre-révolution."
"Contre la logique de l'EIM,"
"l'Etat Impérialiste des Multinationales."
"En frapper un pour en éduquer cent."
Comment ça va ?
Vous ne rentrez pas ?
Non, je pars.
Je vois des changements. Où allez-vous ?
- Chez mes parents. - A Bologne ?
Je vous accompagne à la gare.
Et voilà. Merci.
Votre train part quand ?
- Dans 30 mn. - Vous avez votre billet ?
On boit quelque chose ? On se voit toujours en coup de vent.
On n'a jamais le temps de parler. Nous pourrions aller au bar.
Encore un peu...
Trop léger ?
C'est parfait, merci.
Je suis sûr qu'il va pleuvoir.
J'espère que non.
C'est quoi ces trucs-là ?
On me les a donnés. S'ils cassent, les vœux se réalisent.
Quels vœux ?
Suivant la couleur, celui-là c'est l'espoir.
Ma femme
en a un rouge. C'est quoi le rouge ?
L'amour... je crois.
Vous êtes marié ?
Séparé. Depuis 7 ans.
Je suis désolée.
Et vous ?
Vous vous appelez Adele, vous n'êtes ni mariée, ni seule.
Vous vivez en banlieue, vous travaillez
dans un bureau.
Le week-end, vous allez à Bologne chez vos parents.
Pourquoi mentez-vous ?
Votre nom c'est Lisa Venturi,
vous purgez 30 ans de prison
pour terrorisme et tentative de meurtre
d'Alberto Sajevo, c'est-à-dire moi.
Vous vous souvenez ?
Que voulez-vous ?
Que vous n'oubliiez rien.
Le train part dans un quart d'heure. Il nous reste du temps, Lisa.
Vous n'avez rien à me dire ?
Je n'ai rien à dire.
Quel culot ! Vous n'avez rien à me dire.
Partez ou j'appelle la police !
Avant vous tiriez, maintenant vous appelez la police.
Laissez-moi, je dois partir.
- Lisa... - N'approchez pas.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Ce salaud.
Que s'est-il passé ? Pourquoi t'es pas partie ?
Ce salaud, enfoiré...
Mais qui ça ?
Sajevo.
Celui que tu as flingué ?
Les fleurs, c'est lui.
Tu lui as dit qui tu étais ?
J'ai pas pu. Et puis,
la première fois, elle ne m'a pas reconnu.
Tu comprends ? Pour elle, je n'existais pas...
T'aurais dû faire la même chose. Pourquoi l'as-tu cherchée ?
On s'est rencontré par hasard.
- Tu l'as suivie. - Je voulais voir sa vie.
Qu'est-ce que ça peut te faire ?
Elle est menteuse, lâche,
elle se promène comme tout le monde.
Elle m'a donné un faux nom. Moi aussi.
Joue pas la victime.
Pas la victime, l'ennemi !
Elle voudrait tout oublier.
C'est trop facile.
Comment t'as pu ne pas le reconnaître ?
Je ne sais pas.
Il a changé ?
Je ne me souviens pas. Je n'y pense plus.
Pourquoi t'en avais après lui ?
Je ne veux plus y penser.
Faites-le entrer.
- Juge Di Biagio ? - C'est moi.
Je vous en prie.
Je viens de parler avec Mlle Venturi.
Vous savez tout.
C'est mon avocat qui m'envoie.
Je voudrais rencontrer Mlle Venturi.
Cette fois, j'aimerais la voir en prison.
- En ce moment, c'est le seul endroit. - Pourquoi ?
Mlle Venturi renonce aux bénéfices de la loi.
Elle ne veut plus sortir ?
Je suis désolé. Mais pour moi, ça ne change rien.
Mlle Venturi... doit m'accorder un entretien.
C'est un devoir moral. Elle a le droit de refuser.
Inutile de me le rappeler.
J'ai une question.
C'est vous qui l'avez autorisée à travailler ?
Comment vous l'avez décidé ?
Mon travail est différent.
Je juge les personnes, pas leurs crimes.
Bien sûr. Mais elle doit encore purger 20 ans.
Et vous la laissez se promener comme ça ?
Il me semble correct.
Un sadique, vous comprenez ?
Il aime me voir en difficulté.
Avec son esprit malade, il se croit autorisé à entrer dans ma vie.
Il pense la même chose.
Il voudrait un entretien.
Je ne veux pas le voir.
Il veut vous connaître, peut-être s'excuser...
De quoi ? De s'être fait tirer dessus ?
C'est ridicule !
Faites preuve de disponibilité !
La balle est toujours dans sa tête.
Ça ne m'intéresse pas.
- Soyez raisonnable... - Je sais ce que vous voulez !
Que je le rencontre,
que j'aille dîner avec lui...
Il pourrait penser que j'ai changé,
j'obtiendrais une remise de peine.
Je peux espérer combien...
2, 3 ans, peut-être 5...
C'est pas juste pour ça.
Ça vous ferait plaisir.
Montrons que cette loi est utile.
Laissons tomber...
Vous devriez retravailler.
Je suis mieux ici.
J'arrive.
Doucement parce que...
ça fait un petit bout de temps...
très longtemps...
Attends un instant...
J'ai changé d'avis.
T'es pas venu l'autre fois ?
Venturi, il y a quelqu'un pour toi au parloir.
Oui, je sais.
C'est qui, au parloir ?
La victime ?
Pourquoi tu vas pas lui parler ?
Tu ne m'aides pas à ranger ?
Je rentre du travail, j'aimerais avoir la paix.
- Cette moitié est à moi. - Calme-toi.
Où est ma cassette ?
Elles sont là.
Regarde !
- Bordel de merde ! - Excuse-moi...
Ce petit con m'a pas regardée de la journée.
En me raccompagnant, il m'a pris la tête.
Il ne veut plus me voir.
Sa femme l'a su et fait une scène devant les gamins.
Tu le savais.
Même si on avait pu,
il fallait attendre au moins 5 ans.
- Alors ? - J'ai tout fait.
Ça, c'est les billets.
Tu pars à 9h00 et arrives à Munich avant le dîner.
Je t'accompagne à la gare.
T'as eu assez d'argent ?
Tu prends quoi ?
- Rien. - 2 chocolats chauds.
T'as peur ?
Non. Je ne dois pas m'inquiéter.
Ça ne devrait pas être long.
Ils te raseront les cheveux.
- J'imagine. - Complètement ?
J'espère que non.
J'ai un peu peur.
Elle a recommencé à travailler.
Tu l'as cherchée ?
C'est le juge qui me l'a dit.
Comment ça va ?
Comment veux-tu que ça aille ?
T'as vu ? Il me dit bonjour.
Il va essayer avec toi...
T'y penses encore ?
Que veux-tu que je fasse ? J'ai pas le choix.
Laisse tomber.
Mlle Venturi travaille ici ?
Elle est là ?
Quand revient-elle ?
Je ne sais pas. Vous vouliez quoi ?
Rien. Je repasserai.
J'espère que tout le monde aimera...
Vous me la dédicacez ?
De Crète, on va en Egypte, en bateau sur le Nil :
le Caire, Louxor, 10 jours en tout.
Je m'offre ce cadeau pour oublier les années qui passent.
Tu donneras de tes nouvelles ?
A moins de me faire enlever par un Berbère !
Tu sais qui est passé ? Le professeur !
- Quel culot, après le coup de la gare. - J'y vais.
Vous attendez quelqu'un ?
Je m'en vais.
Vous partez quand ?
Je pars demain.
J'espère vous revoir bientôt.
Bien sûr.
Bonne chance de la part des collègues.
Merci. Bonne chance à vous aussi.
Je suis sûre que c'était lui.
Il a un regard... il met mal à l'aise.
Il a dit ce qu'il voulait ?
A mon avis, il veut juste te faire chier.
Il ne me plait pas.
Allez, on y va.
Au début, ils semblent prêts à tout,
pleins d'enthousiasme,
quand les problèmes arrivent, ils se tirent.
Stefano est comme ça.
T'as écouté ce que je t'ai dit ?
- Je le prends pas. - Comment ça ?
- T'inquiète pas. - T'es sûre ?
Je cherche M. Sajevo.
Entrez.
Je vais l'appeler.
Il arrive tout de suite.
Excusez le désordre.
Je passais et j'ai pensé venir...
En plus je déménage, à mon retour...
je m'installe dans un autre appartement.
On s'en va. Enrico a déjà descendu des caisses,
pour le reste on verra plus tard.
Je vous présente... Lisa Venturi.
ma sœur Francesca.
J'y vais.
Je t'accompagne.
Tu savais qu'elle venait ?
- Que veut-elle ? - Je ne sais pas.
On va parler un peu. Je t'appelle après ?
Asseyez-vous.
Le gaz est peut-être fermé...
Ça doit être ma sœur.
J'en ai de plus jolies, mais...
qui sait où elles sont !
De quoi vouliez-vous me parler ?
- Il ne va plus s'en défaire. - Penses-tu !
Elle est en semi-liberté, il faudra qu'elle rentre.
Je ne l'ai jamais vu comme ça.
Je ne voudrais pas qu'il fasse une connerie.
Quelle connerie ?
Remarque...
Fais pas l'imbécile !
Il ne va plus partir, tu vas voir.
Nous signalons que la détenue Lisa Venturi,
heure de retour 19h30, est absente à 21h00,
nous signalerons la tentative d'évasion
demain matin après 7h30. Veuillez agréer...
Je venais de passer mon premier examen.
Ça avait même bien marché.
Ce garçon est passé...
Gianni, de Milan.
Je l'avais connu à une manifestation.
Il avait un revolver,
il l'a planqué chez moi...
Vous avez accepté ?
Ça me semblait naturel.
A cette manif, les flics avaient tué un étudiant.
Plus tard, Gianni m'a appelée.
Il voulait que je lui apporte le revolver
dans une maison en dehors de la ville.
J'y suis allée et je suis restée.
Un matin, la police a fait une perquisition,
on n'y était pas, ils ont trouvé mes papiers,
je suis devenue clandestine.
Tout est arrivé par hasard ?
J'imagine que j'aurais fini par le faire.
Pourquoi m'avez-vous choisi ?
- Vous le savez. - Vous ne me connaissiez pas,
vous ne saviez pas quelle tête j'avais.
Pourtant, vous me haïssiez au point de me tuer.
"En frapper un pour en éduquer cent."
Ils sont où les cent que vous avez éduqués ?
Ces mots n'ont plus de sens. C'est ce que vous vouliez entendre ?
Que j'ai gâché ma vie ?
La vôtre et la mienne,
pour une chose qui n'a jamais eu de sens !
Personne ne peut le dire.
Moi si. Vous savez pourquoi ?
Parce que ce que vous vouliez changer a empiré.
C'est aussi votre faute.
Que dites-vous ?
Beaucoup nous demandaient de le faire. Vous le savez.
Continuez à croire à ces conneries...
On perd notre temps !
J'appelle un taxi.
Le téléphone est là.
Vous allez à Bologne ?
Vous partez aussi ?
Je vais en Allemagne.
Je donne des conférences dans différentes universités.
- Vous serez absent longtemps ? - Un mois.
Il fait quoi, votre père ?
Il enseigne. Pourquoi ?
Comme ça. Couvrez-vous, vous allez être trempée.
Je fais ça uniquement par politesse !
Vous ne m'êtes pas sympathique !
Tant pis.
Alors, bon voyage.
Vous aussi.
- Je vous dépose ? - Non, merci.
Eau, lumière, gaz ?
C'est fait.
Laisse tes clés au concierge pour le déménagement.
J'ai fait faire un double.
- Qu'écris-tu ? - Rien.
On est habillé pareil.
- Vous avez 4 heures de retard. - Je sais.
Vous ne pourrez plus sortir.
Ça ne fait rien.
Tout ça foutu en l'air en une journée.
Souvenez-vous, de l'isolement
avec pour distraction, la promenade.
J'ai fait ce que vous m'avez demandé.
Vous n'en avez fait qu'à votre tête.
Ça a servi à quelque chose ?
Je ne sais pas.
Ralentis...
- Je roule lentement ! - Encore plus.
- Tu m'appelles ? - Bien sûr.
J'aurais dû t'accompagner.
On en a déjà parlé. C'est pas la peine.
Il n'y a pas de quoi s'inquiéter...
Raffaella te dit bonne chance.
Pourquoi toute cette sollicitude ?
Tu vois comme t'es ? T'aimes pas les gestes affectueux.
Ça fait du bien de s'ouvrir.
Tu dis toujours ça.
Laisse-moi choisir mes ouvertures.
On choisit pas, ça arrive...
Cette histoire de hasard
ne m'a jamais convaincu !
A part le fait que rien n'est arrivé...
Tu as pris ton passeport ?
Ne m'accompagne pas !
Tu peux me dire une chose ?
Que vous êtes-vous dit, hier soir ?
- Qui ? - Toi et elle.
Les mêmes choses. Elle pense avoir agi pour une juste cause.
Rien de neuf.
Pourquoi elle t'en voulait ?
Moi ou un autre, pour elle c'était pareil.
Je t'aime.
M'enfin, que voulait-il ?
Rien... me connaître.
Il voulait que tu t'excuses.
C'est pas si simple.
Il espérait coucher avec toi !
Mon Dieu, j'en peux plus. Quelle heure est-il ?
11h05.
Ces salopes, je devrais être dehors.
Fais attention à toi.
J'ai déjà le programme :
d'abord, manger une glace : crème chocolat, j'adore.
Ce soir, concert des frères di Soledad
puis j'aimerais m'acheter une belle paire de pompes...
Qu'en penses-tu ?
Celles-là sont bien.
Tu m'as jamais vue en version classe.
On me la fait pas !
Combien de fois tu l'as dit ?
Cette fois, c'est la dernière. Je le jure.
Quel culot !
- J'te le file. - Merci.
Chère Lisa,
J'étais convaincu que ça m'aurait fait du bien de parler avec vous,
que cela m'aurait aidé.
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