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...
- Lorsque ma m�re est tomb�e enceinte de moi en 1963,
tout a chang� pour ma famille.
A l'arriv�e du 6e enfant,
les dossiers pour les logements sociaux
passaient en priorit�.
Gr�ce � mon arriv�e,
mes parents ont pu quitter leur appartement en banlieue
pour enfin pouvoir habiter un HLM dans le 13e arrondissement de Paris.
- Musique jazzy - Oh.
...
Flora, tu peux remmener les petits � l'�cole ?
Bien s�r.
- Avant moi, il y avait d�j� du monde.
Il y avait Edmond, Richard...
Il y avait aussi Nicole...
Jacques...
et Jacqueline.
- J'ai emprunt� le t�l�phone de Mme Bentolila,
dites � mon mari que je pars accoucher.
Non, non, l'inqui�tez pas avec �a.
Non, j'ai pas besoin de lui. Il va faire quoi ?
Mes amiti�s � votre femme.
Jacqueline doit r�viser son chant.
Edmond voudra pas de bain, douche rapide.
Nicole doit pas oublier ses comprim�s.
VA A L'HOPITAL !
Brusquez pas Richard.
...
Bonjour, Mme Perez.
Cris de douleur
...
- Allez, encore, encore ! Tr�s bien !
Pleurs d'un b�b�
...
C'est une fille ?
C'est un gar�on.
(- C'est un gar�on.)
C'est bien, un gar�on, aussi.
...
Qu'est-ce qui se passe ?
Hein ?
Qu'est-ce qui se passe ? Docteur ?
Il a un pied bot.
L'autre est pas beau ?
C'est une malformation.
Hein ?
(Roland.)
- Ne bougez pas. - Je veux voir mon fils.
Roland ! Roland !
- Et malgr� trois op�rations, � la stupeur g�n�rale,
au bout de ma jambe, il y avait comme un petit animal sans vie,
comme une esquisse de pied.
Sans talon et tout recroquevill�.
...
- Il faudra l'appareiller pour qu'il puisse marcher.
- Non. Non, Dr Bathany. Non. - Quoi, non ?
Roland va marcher.
Hein ? Il va marcher comme tout le monde.
- Il devra �viter de marcher pour ne pas aggraver sa difformit�.
- Roland est pas difforme. - Docteur ?
S'il marche sans appareil,
ce sera la catastrophe.
Il ne faut jamais mettre de poids sur ce pied.
D�s qu'il marchera, il faudra mettre un appareil.
Quelque chose comme �a. Ou celui-l�.
Sans appareil, on va commettre l'irr�parable.
Mais l'irr�parable,
c'est que s'il met un appareil comme �a, il gu�rira jamais.
Avec un appareil comme �a, vous �tes handicap�.
Madame,
votre enfant est handicap�.
Babillages de l'enfant
...
- Maklouf... - Oui ?
- C'est pas la vie que je voulais donner au petit.
Refusant la fatalit�,
ce bout de femme qui avait quitt� son pays
pour offrir � ses enfants un avenir ambitieux...
Bonjour, Mme Perez.
- ... me mena partout dans la capitale.
... cong�nital idiopathique
avec un varus marqu� de l'arri�re-pied
et une atrophie du membre.
J'y peux rien.
Je suis g�n�raliste, pas orthop�diste.
- On peut tr�s bien imaginer une op�ration,
et puis direct, attelle.
Puis, en fonction de la 1re op�ration,
une 2e op�ration.
Bien s�r.
Ou alors, 2e solution : op�ration,
direct 2e op�ration, et puis attelle.
- Nous avons rencontr� d'innombrables sp�cialistes :
de c�l�bres professeurs...
Je peux vous emmener
voir mes coll�gues � Amsterdam.
Dans ma voiture, par exemple. Le petit derri�re.
Ca ne marche pas. C'est dangereux.
...
Et de path�tiques charlatans.
...
- Personne ne pourra redresser son pied. Il est form�.
Votre fils ne marchera jamais normalement.
Vous avez trop attendu.
Attendez, Mme Perez.
C'�tait long.
Et apr�s ?
- Je suis partie en engueulant l'assistante.
- Elle y est pour rien. - Elle le savait.
J'aurais pu dire que c'est des voleurs.
Tu sais,
moi, ce que j'ai envie de dire...
c'est que si tous...
tous les m�d... Fracas
Son of a Preacher Man (Dusty Springfield)
JOYEUX ANNIVERSAIRE
JOYEUX ANNIVERSAIRE, ROLAND
JOYEUX ANNIVERSAIRE
Voil�.
Il a bien grandi.
- Puisque la m�decine tardait � offrir un rem�de pour mon pied,
ma m�re faisait appel de plus en plus
au th�rapeute supr�me.
- ... personne se moque de lui, qu'il puisse marcher normalement.
Un signe... un miracle.
Et que Roland marche.
Qu'il coure, m�me. Qu'il coure plus vite que les autres.
Qu'il marche droit.
...
- Se sentant investie d'une mission...
C'est la r�gle !
- ... ma m�re avait m�me dress� un autel
sur le radiateur de la salle � manger.
24 heures sur 24,
Dieu et tous ses saints �taient somm�s d'accomplir le miracle.
Papa ! Papa, viens !
Allez, �a, c'est fait.
Je finis les boulettes.
- Y avait ce type au visage rond et � la barbe blanche,
Rabbi Me�r Baal Haness.
A c�t�, se dressait Ha�m Pinto, � droite avec le bouquin.
Et bien s�r, Baba Sal�.
Apr�s ses pri�res, chaque matin de chaque jour,
ma m�re s'attendait � rien de moins qu'un miracle.
Elle fulmine en arabe.
- Esther, l� ! - Tu joues ?
- Arr�te de prier ! Pour l'amour de Dieu !
Il prie tout bas.
- La paix dans le monde, tout le monde le demande d�j�.
Mme Medahoune fait �a chaque jour.
Toi, tu pries pour qu'on ait tous nos deux jambes.
Putain, maman !
- Jamais dans mes pri�res, je parle des cartes. Jamais.
Et voil�. C'est �a.
Tu pries pour sa jambe.
Tu pries seulement pour sa jambe.
Non, je veux pas de miracle. J'en veux pas.
Je regarde juste comme �a.
- Les pri�res de maman peuvent d�plaire � Dieu ?
Bah...
Franchement, Dieu doit en avoir ras le cul.
- Allez, bonne nuit. - Bonne nuit.
Mchikpara, tu t'inqui�tes pas.
Le docteur qu'on a vu, c'est un escroc.
- C'est quoi, un escroc ? - Un voleur.
Qu'est-ce qu'on va prendre ?
Mme Perez,
le voisinage se demande pourquoi vous ne le faites pas appareiller.
- 5 carottes et 2 courgettes. Et c'est tout.
Musique douce
...
Sonnette
(Y a la salet�.)
Comme je vous l'ai dit,
Roland doit sans plus tarder pouvoir rentrer � l'�cole.
Il doit se faire appareiller sur le champ.
Non, non.
Mais si.
Mais si.
La loi exige qu'il puisse d�s maintenant rentrer � l'�cole.
C'est faux.
Je me suis bien renseign�e, Mme Fleury.
- O� �a ? - Je suis all�e voir Mme Farhat.
Elle m'a garanti qu'il n'y a aucune obligation.
Voyez avec elle.
- Cette dame travaille dans quel minist�re ?
Aucun, c'est ma voisine.
Sonnette
- Mme Perez. - Yasmina conna�t tout.
Y a pas d'obligation d'envoyer son enfant � l'�cole.
- C'est faux. On sonne � nouveau.
Y a une obligation d'instruire son enfant, c'est la loi.
En suivant cette logique, on en conclut
que vous devez envoyer Roland � l'�cole.
Ca doit �tre urgent.
- Flora. - Je suis en retard.
- Dis-moi, je suis en plein rendez-vous.
J'ai des courses � faire et...
Tu peux venir m'aider ?
Bien s�r, j'arrive tout de suite.
(- Ca va ? Je l'ai bien dit ?)
- Vous habitez une r�publique et il y a des lois.
Vous devez vous conformer aux lois de cette r�publique.
Vous n'�tes plus au Maroc.
- Je dois partir, il y a une urgence.
- Votre enfant ne peut pas se d�velopper.
Il doit pouvoir aller d�couvrir le reste du monde.
Vous le condamnez � une vie de mis�re !
Pendant un temps,
malgr� d'innombrables rencontres avec des m�decins,
j'ai continu� de balayer le lino bleu de notre appartement.
J'en connaissais chaque rugosit�, chaque irr�gularit� :
la barre de seuil qui m'�corchait les genoux
ou l'entr�e dont le rev�tement �tait patin�
et sur lequel j'�tais devenu ma�tre en glissade.
Musique intrigante
Il se passe quoi ? Non !
Chahut des ados
L�che, c'est � moi !
Il y a deux filles en moi (Sylvie Vartan)
- Concernant mon d�veloppement dans l'intimit� de ma prison,
j'avais la chance, gr�ce � mes s�urs,
Pleurs et r�cit d'une jeune fille
que le monde vienne � moi.
Je l'aime, mais je vois pas...
...
Elles chantent Il y a deux filles en moi.
...
- J'ai d�couvert avec grand int�r�t Sylvie Vartan,
idole de mes s�urs et leurs amies.
Celle qui incarnait, avec chacune de ses chansons,
les tumultes de l'adolescence.
...
J'�tais fascin�.
Mme Perez ?
On va placer Roland en famille d'accueil.
...
On a mont� un dossier.
Vous nuisez � son d�veloppement.
- Comment une m�re peut nuire au d�veloppement de son fils ?
- C'est pas possible. - Si, malheureusement.
Certaines m�res fument, boivent, se d�sint�ressent de leur enfant...
Et maintenant, il y a vous.
Roland devait rentrer � l'�cole en septembre.
Il doit apprendre � lire.
Il prend un retard qu'il rattrapera jamais
et c'est vous qui le condamnez
� devenir une personne recluse et marginalis�e.
Tout est expliqu� dans ce dossier.
On s'est r�unis, on a bien analys� la situation avec des experts.
On sait ce qui est le mieux pour votre enfant.
- Et... vous savez ce que Roland mange au petit-d�jeuner ?
Froissement de feuilles qu'on tourne
Non.
Non, vous savez pas.
Dans votre dossier, vous expliquez ce que �a veut dire
quand il se gratte le bras ?
Ca veut dire qu'il angoisse !
Ca explique aussi comment il s'endort ?
Il bouge la t�te, comme �a !
Sinon, il arrive pas � dormir !
Quelle sorte de p�tes il mange ?
Quelle sorte de p�tes il mange ?
Vous savez rien.
Vous avez de grandes th�ories, mais vous connaissez pas Roland.
Moi, je sais tout de lui.
Tout.
Mon fils...
son premier jour d'�cole,
il ira tout seul en marchant.
Musique �mouvante
...
(Elle est folle, cette salet�. Folle.)
Tu vas avoir une belle vie.
Je te promets que tu vas avoir une belle vie.
Elle dit n'importe quoi, cette salet�.
Tu vas marcher.
Mchikpara, t'es promis � de grandes choses.
Encore plus que tout le monde.
Et Mchikpara, on la trouvera ta femme.
Elle sera fabuleuse.
Tu vas avoir un mariage fabuleux.
Tu vas avoir des enfants fabuleux.
Je te promets, Mchikpara, le miracle va arriver.
Ca veut dire quoi, Mchikpara ?
...
Ca veut dire "je te donne ma vie".
...
La foi de ma m�re
�tait plus vaste que l'oc�an.
...
- Revenez dans trois petites semaines.
Tr�s bien.
Roland ?
Il est o�, ce salopard ?
Il doit fumer, encore...
comme ses fr�res.
Si t'as encore fum� avec ta bande de voyous, j'appelle les flics.
Mchikpara!
C'est un miracle !
Mchikpara!
Y a l'adresse en bas, juste en bas.
Pas le t�l�phone, mais y a l'adresse.
Mon fr�re me dit que la petite fille qui avait le m�me...
le m�me probl�me que Roland
a �t� tr�s bien soign�e.
- Elle est gu�rie. - T'as dit quoi � Roland ?
Ca change quoi ?
- Tu lui as dit que c'est un miracle ?
Arr�te de lui mettre ces id�es dans la t�te.
Arr�te de croire n'importe quoi, Esther !
Un miracle, c'est Mo�se qui ouvre un passage dans la mer.
La reine perse qui sauve les Juifs de l'extermination.
Ca, c'est des miracles.
Ca,
c'est une carte postale sur laquelle ton fr�re a gribouill� une adresse.
Je suis retourn� voir le Dr Bathany.
Pour faire appareiller Roland.
Musique jazzy intrigante
...
Bonjour, madame.
Oui ?
- Pardon, on vient sans rendez-vous. On vient voir le Dr Vergepoche.
Il y a pas de Dr Vergepoche.
Comment �a, pas de docteur ?
- Mon mari n'a jamais �t� docteur. C'est "monsieur".
Monsieur, pas docteur. Monsieur Vergepoche.
- On m'avait dit qu'il �tait docteur, c'est pour �a...
Alors, M. Vergepoche.
Mon mari est mort y a un mois.
- C'est-�-dire, mort ?
Il est...
Il est mort... mort ?
Euh... Toutes mes...
Condol�ances.
...
Pardon...
Pardon.
- Mchikpara... - Non.
Tu dis pas �a, d'accord ? Hein ?
Un fils donne pas sa vie � sa m�re.
Jamais.
C'est moi. C'est moi qui donne ma vie.
Tu dis pas �a.
Plus jamais tu dis �a.
D'accord ?
Plus jamais. Plus jamais.
Viens l�. Viens l�.
(Plus jamais tu dis �a.)
(Plus jamais tu dis �a. Plus jamais.)
Mon mari n'�tait pas m�decin.
Il �tait rebouteux.
Il avait pas de dipl�me, il avait pas fait d'�tudes.
Mais il avait un don.
Je peux peut-�tre essayer de vous aider.
Vous �tes une sainte.
Une sainte.
Informez le voisinage que mon petit va marcher.
Tr�s bien, Mme Perez.
- Et vos asperges sont molles. Faites-les appareiller.
- On fait quoi ? - Des frites.
Des frites pour...
Mme Fleury,
j'ai besoin que vous me donniez une derni�re chance.
Et je sais que vous allez me la donner,
car vous voulez le meilleur pour Roland.
Mais j'esp�re que vous savez que moi aussi,
je veux le meilleur pour lui.
Mme Fleury...
on a une grande, grande, grande chance.
Une grande chance.
Alors j'ai...
Est-ce que je peux vous demander...
j'ai besoin d'encore un peu de temps
pour v�rifier si c'est le grand miracle
que vous et moi attendons depuis si longtemps.
- Vous lui apprendrez les notions de lecture ?
Oui. Oui, oui.
Il aura des corsets et attelles que j'installerai matin et soir.
C'est important de toujours les changer.
Elle m'a dit et redit que Roland doit pas bouger.
Faut jamais tricher.
- Pendant un an et demi, on pourra pas recevoir ?
- Tu veux qu'il gu�risse ou recevoir ?
Les deux, non ?
Viens nous aider.
- Edmond, touche pas � la t�l�. Je vais le faire.
Non, non.
Il faut passer devant, mettre la pression ici
pour faire ressortir le talon.
- J'ai pass� devant, je passe toujours devant.
Toujours.
Non, non.
Non. Non, non, non, mais non.
Ici, vous devez passer ici.
- Je sais, mais �a lui fait mal si je passe par l�.
- Non, vous devez faire tout ce que je vous dis.
Mais je connais mon fils.
Il faut �tre pr�cis
et rigoureux en tout temps, sinon, on aura fait �a pour rien.
- Oui, oui. - Soyons tr�s claires.
Respectez ma proc�dure � la lettre ou j'arr�te.
Propos m�l�s contradictoires
- Arr�tez de vous chamailler. - Il faut le tendre.
- Ca lui a fait mal. C'�tait trop serr�.
La dispute continue.
Stop !
Stop, stop !
- Il est carr�ment � l'envers. - Mais non !
Il est pas � l'envers.
Il est � l'envers.
Tu tiens ton plan � l'envers.
*- Une phase in�luctable de votre vie de femme,
il s'agira cet apr�s-midi de la m�nopause.
Avec nous, trois sp�cialistes...
- Immobilis� 24 heures sur 24 � l'automne 1969,
j'ai vu en int�gralit�
tout ce qui passait � la t�l�vision, in extenso,
100 % de l'enti�ret� compl�te de la programmation.
Je reviens dans pas longtemps.
Irr�sistiblement (Sylvie Vartan)
...
- Comme le jour revient apr�s la nuit
Et le soleil toujours apr�s la pluie
...
Musique inqui�tante crescendo
...
Irr�sistiblement (Sylvie Vartan)
...
Tu fais quoi ?
Je veux �tre handicap�.
On a trich�.
D�sol�e.
- C'�tait une mauvaise id�e. - Non.
Mais non.
Lorsque vous �tes venus ici,
j'allais d�m�nager dans l'H�rault pour commencer ma vie de veuve.
Je sais.
- Mais docteur... - Je suis pas docteur.
Mme Vergepoche,
vous m�ritez votre retraite.
Mais je suis persuad�e
que votre mari aurait jamais abandonn� un patient comme �a.
- Mon mari ne connaissait le nom d'aucun de ses 2 567 patients.
- Et vous, vous les connaissiez tous.
Tous.
J'ai accueilli chaque patient comme mon propre enfant.
Soupir
Qu'est-ce qu'il aime, Roland ?
La Maritza (Sylvie Vartan)
Du matin au soir,
sa voix s'est mise � r�sonner dans notre appartement.
Vartan faisait maintenant partie du protocole.
...
- C'est quoi le rapport avec cette chanteuse ?
- Bonjour. - Bonjour.
- On prend tout ce que vous avez sur Sylvie Vartan.
- On aime aussi Hardy, mais elles n'ont rien � voir.
Vartan, c'est...
Vartan, elle nous touche.
Non seulement
Vartan est devenue une grande, grande star nationale
et une ic�ne du y�y�,
mais son couple avec Johnny a litt�ralement soulev� les passions.
- Elle a fait une carri�re internationale.
Elle a chant� partout.
Aux Etats-Unis, au Japon, au Canada,
en Argentine, au Br�sil,
et en Belgique.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu veux �conomiser ou gu�rir ton fils ?
- Son roman pr�f�r�, c'est A la recherche du temps perdu de Proust.
- L'argent, �a d�clenche du conflit. - Combien ?
10 000 francs.
- 10 000 francs ? - Tu vois, du conflit.
La Maritza (Sylvie Vartan)
...
Roland ! Roland !
Ca fait 20 fois que tu la mets, arr�te !
Elle chante la chanson.
...
Elles chantent.
Il chante.
Au moins, baisse le son ! Roland !
Il sifflote en rythme.
Chant en ch�ur
...
Roland !
Roland !
...
Il sifflote en rythme.
Il chantonne.
Chant en ch�ur
...
Il sifflote.
...
On toque.
Oui ?
...
Ca devait durer quelques mois.
Ca prend plus de temps que pr�vu.
Les miracles se r�alisent pas comme �a.
Vous m'aviez promis qu'il lirait.
Il veut pas.
En face de Mme Fleury,
on pouvait v�ritablement voir l'�tendue du charme
et la force de conviction de ma m�re.
Digression, mont�e dans les aigus,
larmes, �motion, etc.
Le tout, � la vitesse de la lumi�re.
Musique douce
Bon, Mme Perez !
Vous n'�tes qu'une menteuse.
Pourquoi il apprend pas � lire ?
M�me Jacques sait lire.
- Ben oui, je sais lire. C'est pas...
- Roland s'int�resse pas � la lecture.
Il faut qu'il apprenne � lire.
- Pourquoi "m�me Jacques" ? Oui, je sais lire.
- Maman a essay� la m�thode syllabique et les autres,
mais rien fonctionne.
- J'adore pas la lecture, mais je lis.
Vous m'avez d�j� vu avec un livre.
Vous m'avez d�j� vu lire.
Vous vous souvenez quand m�me
du pav� de Balzac que je me suis tap� en un week-end ?
Je suis pas une menteuse.
Personne n'a dit �a.
- Je peux pas tout faire dans cette maison.
Je peux pas tout faire.
Je suis pas une menteuse.
Balzac, tu lui apprends � lire.
La plus belle pour aller danser (Sylvie Vartan)
Comment �a ? Papa !
- Ce soir, je serai la plus belle pour aller danser
Danser
- Naissait alors de l'imagination fertile de Jacques
la m�thode de lecture Vartan.
Aimer
- C'�tait simple. J'apprenais une chanson par c�ur.
Diras
- Ensuite, je rep�rais toutes les sonorit�s.
Ce soir, je serai LA plus belle.
Ce soir, je serai LA... LA plus belle.
- "La" ? - Voil�, le "A" est l�.
Saucisse, sauvage, serpent, super, souvent, plein de trucs...
Je sais pas, tu...
"U" ?
Trois jours qu'on parle des "E".
- Tu entends "A" dans cette phrase ? - Non.
Non, y a pas de "A".
"Murmur� par toi", tu entends "A" ?
- Et dans un troisi�me temps, rep�rer les mots.
- L�. - "Aller". Ca, c'est "pour".
Le mot "aller", c'est celui-l�.
Mais t'es con ou quoi ? Il est l� ! L� !
C'est bon.
C'est Johnny qui a perdu le contr�le, la voiture a fini dans le foss�.
*- Voici la voiture dans laquelle Johnny Hallyday
et Sylvie Vartan avaient pris place hier
pour se rendre � Besan�on � un gala.
L'accident s'est produit aux environs de 20h30 sur la RN83
pr�s de Roppe, dans le Territoire de Belfort.
Ils ont �t� transport�s � l'h�pital
o� notre correspondant Henri Schmitt s'est entretenu avec le chanteur.
Musique douce m�lancolique
- Esther, tu vas br�ler l'appartement.
...
- Quelques mois apr�s la violente collision,
comme par miracle,
Vartan �tait de retour sur sc�ne.
- Sonnette - La salet�.
Madame Fleury.
Ca fait plaisir de vous voir.
"Car tu as 15 ans
"Et tu vas trouver le vrai bonheur
"longtemps esp�r�
"Car si je chante, c'est pour toi C'est pour toi
"Oui, pour toi"
Bon, Roland.
Soupir
Allez, mchikpara.
"C'est la cr�me des braves gens,
"disait de ce vieux serviteur M. de Charlus."
Il continue de lire. Musique rock
... ...
...
- Demain, on re�oit les Abikhezers, ils seront l� � 19h.
Apr�s-demain, on re�oit les Darmounis.
Apr�s-apr�s-apr�s-demain, on re�oit tous les Shoushanas.
...
Viens, Roland !
...
- On re�oit, mais on re�oit, sans arr�t, on re�oit.
Voil�, on re�oit. Allez, on enl�ve tout �a.
Voil� ! Super, Roland !
Super, voil� ! L�, c'est bon. Voil� !
Plus besoin de nous voir.
Pour tout vous dire,
on n'a jamais eu besoin de se voir.
Au revoir, Mme Perez.
Au revoir...
salet�.
...
- Roland, il faut bien continuer tes exercices.
D'accord ?
Merci, docteur.
T'as vu comme t'as grandi ? Mmh ?
Petit salopard.
Tu parles � personne dans le m�tro.
Et tu dis rien pour ton pied. Ils ont pas besoin de savoir.
Ca, c'est � moi. Ca, aussi. Ca, aussi. Ca, aussi. Ca, aussi.
- Et tel que promis par ma m�re... - Mchikpara.
- ... comme tous les gar�ons de mon �ge,
mon premier jour d'�cole,
j'y suis all� tout seul en marchant.
Pour Esther, impossible apr�s le miracle qui s'�tait accompli
de se satisfaire de l'�cole au coin de la rue.
Pour expliquer mon ann�e de retard,
elle a convaincu le directeur de l'Ecole des enfants du spectacle
que j'avais jou� dans un film au Maroc, un �norme succ�s.
J'avais �t� rep�r� pendant les vacances dans la rue,
et j'�tais devenu une grande star l�-bas.
Et surtout, j'allais devenir une grande star ici en France.
La vie fabuleuse que ma m�re m'avait promise chaque soir
pouvait enfin commencer.
- Demi-pli�.
Demi-pli�.
Relev�.
On tient. On tient, les enfants.
2, 3 ! Allez, les enfants ! On saute !
2, 3, 4 ! Chasse ! Chasse ! Grand jet� !
Et chasse ! Serre les jambes.
Chasse ! Grand jet� !
Stup�faction de la salle G�missement
Debout.
C'est quoi, �a ?
Enlevez-moi votre collant.
Jeune homme enlevez-moi votre collant.
J'ai eu un accident de voiture
� Casablanca avec mon tonton.
- Que faites-vous ici ?
C'est ma m�re.
- On envoie pas un handicap� � des cours de danse.
Vous nous faites perdre du temps.
Cris de joie des enfants
Ca va, mchikpara ?
Les enfants,
on refait le pas de basque en passant par la premi�re.
On allonge les bras. Une porte s'ouvre.
Mlle Corbeau ?
Ca va pas ?
Vous �tes qui ?
- Je suis celle qui envoie son fils dans une classe de danse.
Je vois, oui.
Non, non. Vous voyez pas, madame.
Il tombe, il se rel�ve !
Pas besoin de l'humilier devant toute une classe !
Qui se moque de lui, en plus !
C'est �a, �tre une enseignante ?
Vous faites honte � la profession !
Comment vous pouvez renvoyer un enfant de 7 ans ?
Il a 7 ans !
Je vois qu'ici...
- Ma m�re a trouv� les mots justes pour expliquer � Mlle Corbeau
pourquoi j'avais ma place � son cours de danse.
Musique douce au piano
...
Bonne journ�e, Mme Corbeau.
Bonne journ�e, Mme Perez.
A tout � l'heure, mchikpara.
...
- Jamais tu ne te d�feras de cette femme.
Petit con.
En place, les enfants.
- Bonjour. - Bonjour.
- Esther, qu'est-ce qu'il y a ?
- Chirac veut me donner une m�daille.
La demande a �t� faite par la salet�.
Madame Fleury.
Rire incr�dule
C'est bizarre, quand m�me.
Une m�daille d'honneur.
Par la R�publique fran�aise.
A moi.
Ben...
ils ont raison.
Non.
J'ai fait ce que toutes les m�res font.
Non.
T'as accompli un miracle.
Musique grandiose
...
- Pendant des mois, ma m�re et les voisines se sont pr�par�es.
Mais le plus beau dans tout �a,
c'�tait le fait que le jour J, le jour o� la R�publique fran�aise
devait honorer ce petit bout de femme immigr� du Maroc,
les voisines ont eu l'�l�gance de penser � percher
ma m�re sur des talons.
Une d�licate attention cens�e permettre � cette grande tige
de Jacques Chirac
d'accrocher la fameuse m�daille sans avoir � trop se pencher.
Mes respects, madame.
Merci.
Youyous
...
Madame Perez.
Madame Fleury.
Voil�.
Tu parles � personne dans le m�tro.
Maman.
- Ca, c'est � moi. Ca aussi. Ca aussi. Ca aussi.
Ca aussi.
Bonne journ�e, mchikpara.
Il est beau.
Il est press� de partir, celui-l�.
- Apr�s quelques ann�es de moqueries et de honte raval�es,
j'�tais plus le paralytique aux yeux de mes camarades.
- ... est attribu� � Roland Perez ! Bravo, mon gar�on.
Bravo, Roland.
Les autres r�les...
- Au fil du temps, l'Ecole des enfants du spectacle,
ma m�re n'en a fait qu'une bouch�e.
Je leur dis quoi pour la jambe ?
Quelle jambe ?
Celle qui est plus petite.
Laquelle est plus petite ?
Je vois.
"La Banane" plan 7, 32e.
Action !
Cris de joie des enfants
Avec la banane, j'ai la banane.
Coupez ! Oui !
Oui ! C'�tait super !
- Ma m�re �tait devenue une impresario hors pair.
Mais bien s�r qu'il sait danser !
J'encha�nais les contrats.
L'Am�rique (Joe Dassin)
...
- Allez. - C'est Roland qu'on veut.
...
- Il est l� ! Il est l� ! Il est l� !
Roland !
- J'ai pu travailler avec les plus grands artistes.
Petula Clark, Gilbert B�caud,
Sheila, Richard Anthony,
et Joe Dassin.
L'AMERIQUE
IL VEUT L'AVOIR ET IL L'AURA
- J'ai particip� � toutes ces �missions de t�l�vision
que je regardais quelques ann�es auparavant,
install� dans mon lit d'handicap�.
Et un jour...
J'ai un probl�me (Johnny Hallyday et Sylvie Vartan)
...
- C'�tait Sylvie Vartan et Johnny Hallyday.
Merci de les applaudir bien fort.
- Sylvie Vartan et Johnny Hallyday ! - Merci. Merci � tous.
- Merci, Johnny. Merci, Sylvie.
Acclamations
...
Musique de tension
...
- J'avais une carri�re d'enfant acteur prometteuse.
Je commen�ais � encha�ner les r�les au cin�ma et au th��tre.
Apr�s avoir d�couvert gr�ce � Mme Farhat
comment la vaste majorit� des com�diens
vivent dans la pauvret�...
- Pourquoi vous le retirez ? - Parce que, c'est tout.
- ... ma m�re a d�cid� que quelqu'un qui avait v�cu un miracle
devait faire des �tudes plus ambitieuses.
Bonjour, tout le monde.
Bonjour, maman.
- A la fin de ces �tudes plus ambitieuses en droit,
mes fr�res et s�urs avaient tous quitt� le nid.
Esther n'avait plus que moi.
- Je t'ai mis une photo de Baba Sal�. - J'en ai pas besoin !
Allez, tu vas �tre en retard.
Mchikpara, parle � personne dans le m�tro.
Maman, arr�te avec �a.
Bon.
Tu vas pouvoir rendre l'�preuve par �crit mercredi.
Comment �a ?
- Tu voulais la rendre mercredi ? - Et ?
C'est bon.
- Comment je peux rendre mon �preuve mercredi ?
- Tu voulais mercredi. - Et ?
- Le professeur Delguste a �t�... C'est un �tre exceptionnel.
Maman, c'est pas vrai.
Je t'ai suppli�. Je t'ai dit : "Parle pas aux professeurs."
C'est fou !
- On s'est parl� une heure avec Pierrot.
Pierrot ? Tu l'appelles Pierrot ?
- Tu vas �tre en retard. Parle pas aux inconnus.
Arr�te, arr�te.
Arr�te de me dire �a, arr�te de parler � mes profs !
Arr�te avec les photos de Baba Sal�.
Pourquoi � 27 ans, tu me dis de pas parler aux inconnus ?
Pourquoi ?
Laisse-moi vivre ma vie, maman.
D'accord.
Ouais.
Je sais pas pourquoi tu veux parler aux inconnus...
Bon...
- Il faut qu'il y ait une atteinte � la vie priv�e
r�alis�e selon certains proc�d�s bien pr�cis.
Ainsi, les sanctions civiles ou p�nales
n'interviennent qu'exceptionnellement
et limitent l'efficacit� du droit
au respect de la vie priv�e.
Un inconnu sur la plage a, de ce fait,
autant de droits que la c�l�brit� � se plaindre d'une atteinte.
Il peut tout autant porter l'affaire en justice.
N�anmoins, les co�ts financiers...
Musique douce romantique
...
M. Roland Perez, s'il vous pla�t.
M. Roland Perez.
M. Roland Perez, s'il vous pla�t.
C'est � vous.
- M. Perez ? - Oui, Pierrot. Euh...
Pardon, M. Delguste. Oui, c'est � moi.
- S'il vous pla�t, venez. - Oui.
Roland ?
Je suis avec des copains.
On est l� pour d�jeuner, on n'a pas le temps.
...
Je peux vous aider ?
Oui, ma fille.
...
Mme Perez, c'est d�licieux.
...
- Qu'est-ce que t'attends ? C'est elle.
Elle est mari�e, maman.
- Votre mariage sera le plus beau jour de ma vie.
Elle est d�j� mari�e.
- Elle s'est mari�e � la mauvaise personne.
Ca arrive.
Ne lui dis rien pour ton pied bot. Pas la peine.
Ses parents ont fait des grandes �tudes.
Magnifique ! Et elle a de beaux cheveux.
Ca va �tre magnifique, ce mariage ! Mchikpara !
- Ca, c'est une p�pite, �a. C'est collector.
19 novembre 1961, la premi�re apparition de Vartan � la t�l�.
1966, c'est une ann�e tr�s importante pour Vartan.
C'est la naissance de David,
c'est les rumeurs de s�paration avec Johnny.
Et ce que peu de gens savent,
c'est que Vartan est totalement fascin�e
par J�r�me Bosch.
Le peintre du Moyen Age.
Il y a un premier 45 tours en n�erlandais, un en allemand,
un en espagnol...
Et en y regardant de plus pr�s,
dans ses sc�nographies, dans ses clips,
on sent l'empreinte de J�r�me Bosch.
Qui est n� � Bois-le-Duc en 1450.
Y a tout pour faire un magazine
qui parle de l'actualit� des artistes.
Mais ce qu'on veut,
c'est que, pour chaque num�ro,
on aimerait une interview en profondeur.
- Et du coup, pour notre premi�re parution,
on voudrait une interview de Sylvie Vartan.
- Bien s�r. - On sait.
- Si t'es OK, on voudrait que tu fasses l'interview.
Moi ?
Non.
Non, je peux pas.
J'arrive m�me pas � �crire.
J'arrive pas � me lire.
M. Perez ?
Vous �tes M. Perez ?
Non, je suis...
Vous parlez fran�ais ?
Je peux parler anglais, si vous voulez.
No, it's OK.
- Voil�. - You have 10 minutes.
De quoi ?
Elle attend.
- Il a eu les sujets � �viter ? - Non.
Y a des sujets ?
Bonjour.
Bonjour.
Mes fiches...
- Je peux enregistrer l'interview ? - Oui.
- * La lecture se lance. - Pardon.
*...
Voil�.
Excusez-moi, je...
Lorsqu'on conna�t une enfance heureuse,
choy�e, prot�g�e,
et surtout quand on a une m�re comme vous avez eu la chance
d'avoir...
est-ce que...
est-ce qu'on...
n'a pas l'impression de ressentir le temps qui passe ?
Soupir
Vous connaissez Proust.
Oui.
Gr�ce � vous.
- Quand on a connu un amour maternel comme j'ai connu,
et comme celui que Proust a connu,
il est difficile de faire face � la r�alit� de la vie.
Mais en m�me temps, c'est...
quelque chose qui est comme une base extr�mement solide en vous.
Un grand �quilibre et une grande force.
Mais c'est aussi un handicap.
C'est clair.
Deuxi�me question.
"Qu'on est aussi un peu...
"d�muni sentimentalement
"en amour."
Pendant mes �tudes de droit, � la moindre actualit� de Vartan,
on m'envoyait la rencontrer.
- M. Perez. - Oui.
How are you?
I'm fine.
I'm fine.
Non, je suis pas un fan.
Je me consid�re pas comme un fan.
Non.
- C'est � toi ou � moi ? - A toi.
Non, attends... Je v�rifie.
C'est � moi.
Les gens qui demandent des autographes,
qui essaient de grappiller un truc,
c'est pas moi.
C'est ind�cent.
J'ai pas besoin de l'approcher.
Tu vois, moi, je...
C'est Vartan.
Apr�s...
J'�tais parti...
Et �trangement, gr�ce � je ne sais quelle force divine,
apr�s seulement quelques mois de mariage,
Litzie s'est simplement rendu compte qu'elle avait �pous�
la mauvaise personne.
- Qu'est-ce que t'as ?
J'ai...
J'aurais d� t'en parler avant, je suis d�sol�.
Normalement, �a se voit pas.
Ca se voit pas quand je suis habill�. Ca se voit pas.
Je suis d�sol�.
J'aurais d� t'en parler.
Ca pose aucun probl�me.
Musique orientale enjou�e
...
- Embrasse-moi.
...
Maman ?
- T'as quoi ? - On va br�ler en enfer.
- Non, qu'est-ce que t'as ? - Ils ont servi des crevettes.
- Qu'est-ce que tu dis ?
- Ils ont servi des crevettes. - Ah... Oui...
Au n�tre, y avait des moules !
- C'est interdit, tu le sais. - Il y a eu des erreurs.
C'est pas grave, c'est un beau mariage quand m�me.
- On va tous se retrouver aux portes de l'enfer.
- Non, maman. - Tous.
Les rabbins ont rien vu.
- Quand le buffet de l'enfer se termine,
y a le menu.
C'est du poisson.
Des soles � la duxelles de champignons.
Du poisson, des champignons,
des l�gumes, rien que la Torah interdit.
Je peux enfin respirer un peu.
Je plante ma fourchette dans le poisson,
et je d�couvre quoi ?
Des crevettes.
Encore des crevettes.
Y en a partout, des crevettes. Partout.
Ca d�borde des plats, les crevettes.
La tuile.
La tuile !
J'ai honte.
- On l'a arrang�, �a aussi. Allez, viens, maintenant.
Ce qui m'a fait mal...
c'est que ce qui devait �tre le plus beau jour de ma vie,
j'apprends quoi ?
Musique orientale entra�nante
...
- Reposez-la !
Reposez-la !
Mais elle est enceinte !
- Comment t'as pu me faire �a, mchikpara ?
- Comment t'as pu me faire �a ? - Pardon, maman.
- Je le m�rite ? - Non, pardon. Je suis d�sol�.
Comment t'as pu me faire �a ?
- Je suis d�sol�, maman. Je suis d�sol�.
Comment je l'ai appris comme �a ?
- Excuse-moi. Pardon, maman.
- Tu m'as tu�e. - Oh non, je suis d�sol�.
- Apr�s la nuit de noces, Roland est revenu � la maison.
Leur appartement est pas pr�t.
On a le temps.
Elle parle en arabe.
Mchikpara, il s'est mari�.
Et il reste chez nous.
J'ai plus faim.
C'est tr�s bon.
- T'as d�n� chez ta m�re ? - Non.
J'ai pas d�n� chez elle.
J'ai pas d�n� chez ma m�re.
Je suis pass� chez elle, elle m'a fait go�ter un...
un petit g�teau.
- J'ai pas d�n�. - Je suis ta femme.
Je sais que t'es ma femme.
C'est quoi, ce...
- Pourquoi tu d�nes chez ta m�re ? - J'ai pas d�n� chez elle.
- C'est quoi le probl�me ? - Y en a pas.
Si, c'est ma cuisine ?
- Non. - Non ?
- Enfin si, j'adore ta cuisine, mais non...
L'appartement �tait pas pr�t.
Maintenant, il est pr�t.
Il est pr�t.
Il est pr�t.
O� sont tes v�tements ?
A plus tard.
- A plus tard, mchikpara... A plus tard.
C'est dur pour ma m�re.
C'est tr�s dur pour elle.
Laisse-lui juste le temps de couper le cordon et tout ira bien.
C'est pas ta m�re, le probl�me.
- Ca sert � rien, le m�decin. Huile d'olive, miel, citron.
Sonnette
Je te laisse, �a sonne. Ca n'arr�te pas.
Heureusement que je suis l�, sinon, il s'en sortirait pas.
Allez, ma fille. A tout � l'heure.
... Ca va ! J'ai compris !
A quoi �a sert de sonner comme �a ?
A quoi �a sert ?
Ah.
- M. Foenkinos. - Oui.
- Mme Perez, la maman de Me Perez. Enchant�e.
- Enchant�e. Entrez. - Enchant�.
- Une p�tisserie ? - Non.
- Le diab�te ? Moi, j'en mange quand m�me.
- AH ! - D�sol� !
D�sol�, M. Foenkinos, pour le retard. Sinc�rement.
Allez-y.
J'ai pas encore de secr�taire, c'est ma maman qui fait office de.
Voil�, pour me d�panner.
Comme vous avez vu, c'est familial.
C'est tr�s familial.
Et c'est ce qu'on aime.
Maman ?
Tu nous laisses ?
- Ah... - Oui, s'il te pla�t.
Voil�.
Tu peux pas faire �a, maman.
C'est un client. Et les clients ont des probl�mes personnels.
- Pourquoi tu boites ? - Je boite pas.
T'entends ce que je te dis ? C'est confidentiel, tout �a.
Tu boites.
Je boite pas !
Ecoute, s'il te pla�t.
- Je sais ce que �a veut dire. Ca veut dire "c'est secret".
Et franchement, elles s'en foutent, les voisines,
que Foenkinos d�sh�rite sa femme, qu'elle touche ses bons du Tr�sor.
- Comment tu sais pour sa femme et les bons du Tr�sor ?
- J'�coute pas aux portes. - Arr�te de faire �a.
Tu �coutes pas aux portes !
Alors, ce salopard de Foenkinos ?
Petit rire g�n�
- Qu'est-ce qu'elle raconte ?
Allez, viens.
Elle fait que parler, elle. Sonnette
Y a du monde, aujourd'hui.
Ah.
M. Foenkinos.
Installez-vous avec vos trucs confidentiels.
Et il y a du retard, aujourd'hui.
- Faut amener un ch�que pour le mois.
Cris
- Oh, oh ! Harold, �a va pas ou quoi ?
Tu fais quoi ? Il est fou, lui.
Je les paie demain.
- Et l'�cole aussi. - L'�cole, oui.
J'ai pas... J'ai oubli�.
- T'as pas les cl�s ? - C'est toi qui les as.
- Le t�l�phone est coup�. Faut payer les factures.
Ah.
Pourquoi t'es l�, maman ?
- Comment je vais trouver une femme � Harold si je le vois jamais ?
Tu l'as vu hier.
Le t�l�phone est coup�.
Faut payer les factures.
- Tu lui as pas repris les cl�s ? - Je te jure que si.
Elle a d� faire un double des doubles.
Avec l'arriv�e de nos trois enfants,
les factures ont commenc� � s'accumuler.
Tr�s respectueusement...
Par pure n�cessit�,
je suis devenu un avocat plaidant, mais...
redoutable.
Digression,
mont�e dans les aigus,
effet de manches, larmes, �motion, etc.
Le tout,
� la vitesse de la lumi�re.
- Quel plaisir de recevoir � nouveau ce matin
celui qui est l'un des experts
en droit de la propri�t� intellectuelle.
Comme vous y allez !
- Roland Perez, bonjour, Ma�tre. - Bonjour � tous.
- Comment �a va, ce matin ? - Fort bien.
Musique douce
Pardon, Mme Perez.
...
- Tu vois, avec les nouveaux locaux,
on peut mettre tous les avocats juniors,
dont on avait besoin pour la restructuration de la bo�te.
On s'en �tait parl� d�j� y a longtemps.
Donc voil�.
Il est o�, mon bureau ?
Ton bureau, maman...
Je suis vir�e ?
Alors, fais-moi plaisir.
Dis pas � tes clients que je suis vir�e.
Dis-leur que je suis morte.
Maman, arr�te, franchement...
Ambiance festive
Je suis en retard, je suis en retard.
Et exactement comme l'avait proph�tis� Esther,
j'ai eu droit � un mariage fabuleux.
Avec une femme fabuleuse, des enfants fabuleux. Tout.
Tout pour moi �tait fabuleux.
- Mais au moment o� on se parle, tout va tr�s bien.
On a r�ussi � extraire toute la tumeur.
Nous vous proposons � titre pr�ventif de suivre une chimioth�rapie.
A titre pr�ventif ?
Oui.
- Mais vous avez enlev� toute la masse canc�reuse ?
Oui, mais pour vous assurer...
- Avec ce traitement pr�ventif, je vais perdre mes cheveux.
Ca fait partie de...
Et je vais m'affaiblir.
Pendant un certain temps.
On est s�rs du r�sultat ?
Non.
Sa d�cision �tait sans appel.
Comme elle a toujours fait.
Litzie a d�cid� de vivre pleinement sa vie.
Oh, mon coeur ! Je te cherchais.
Musique jazzy
On se voit jeudi ? Salut !
...
Compl�tement out !
- Elle est pleine ligne, je suis d�sol�.
...
Les ann�es qui ont suivi
ont �t� les plus heureuses de nos vies.
...
Bon.
Raclement de gorge
Froissement de pages qu'on tourne
O� est la patiente ?
Bah l�... Devant vous.
Soupir
Je peux vous examiner ?
Musique m�lancolique
Oui, bien s�r.
...
- On vient de la poussi�re et on y retourne.
La poussi�re va � la terre d'o� elle est venue.
Je vous invite � mettre chacun un peu de terre.
...
Bon.
T'as tout.
On se voit, ce soir.
Bisous. Passe une bonne journ�e.
...
Pourquoi tu vas pas � l'�cole ? Tu m'expliques ?
Je ne veux pas te parler !
- Tu veux pas me parler ? Tu vas me parler.
- Tu comprends pas ? J'ai pas envie de te parler !
Je ne veux pas t'entendre ! Tu comprends pas ?
- Me parle pas comme �a. - Laisse-moi !
Et Harold,
mon fils,
bah, il...
il me parle � peine, donc...
Ma famille est en train de partir totalement � la d�rive.
- Pourquoi pensez-vous que votre famille part � la d�rive ?
Le probl�me,
c'est que...
toute ma vie, on a pris les...
les d�cisions pour moi.
Toute ma vie.
Et que l�, je suis perdu.
J'ai corrig� une erreur que j'avais commise
en enterrant Litzie dans ce triste cimeti�re de Paris,
elle qui �tait si solaire.
- Vous parlez beaucoup de votre vie avec Litzie.
De cette douleur intol�rable.
De votre m�re.
De ses audaces, de son d�vouement.
Mais... jamais un mot sur votre p�re.
Parlez-moi de lui.
De mon p�re ?
- Racontez-moi un souvenir d'enfance avec votre p�re.
Tr�s bien.
Tu peux me passer papa ?
- *- Papa ? - Oui, papa.
- *- Qu'est-ce qui se passe ? - Je veux lui dire un truc.
*- Ca va pas ? T'es malade ? Dis-moi ce que tu as.
- Je veux juste parler � papa. *- T'as besoin d'argent ?
- Non, passe-moi papa.
- *- Quoi, alors ? - "Quoi, alors", quoi ?
Passe-moi papa !
*- C'est les enfants ? Dis-moi que c'est pas Harold.
- Maman, les enfants vont bien. Je veux juste parler � papa.
- Pourquoi non ? - Non, tu ne viens pas.
- Papa ! Allez, je suis l� ! Viens !
- Allez, on t'attend. - Non, maman. Y a pas de "on".
C'est avec papa. Toi, tu rentres � la maison.
J'ai beaucoup aim� ta femme.
Moi, tu sais...
au Maroc, ma m�re � moi est morte quand j'avais 4 ans.
Alors...
Je t'avoue que...
la souffrance de tes enfants
m'est insupportable.
Musique m�lancolique
...
Six mois plus tard,
mon p�re s'est �teint.
Mais pendant ces six derniers mois,
nos rapports avaient chang�.
- Bonjour. - Ah.
- Ca va ? - Oui.
- Mais tu boites ? - Non.
- Sylvie, je vous pr�sente mon avocat
dont je vous ai parl�.
- Mais... vous n'�tiez pas journaliste ?
Vous vous connaissez ?
Oui, enfin, on se conna�t un peu.
Oui, oui...
Roland Perez.
C'est �a.
- Vous �tiez un journaliste excellent.
Tr�s inform�.
Et... d'origine anglophone, si je ne me trompe pas.
Oui, on va dire �a.
Je t'expliquerai.
Comment a �t� Sylvie Vartan ?
Elle �tait tellement belle, maman, tellement intelligente.
C'�tait...
- Elle a d� t'adorer. - Oh...
Je sais pas. En tout cas,
tu devineras jamais ce qui s'est pass� � la fin du repas.
- Dis-moi. - On est dehors,
avec Sylvie Vartan.
Et elle me demande de devenir son avocat.
Mais bien s�r, mchikpara.
Tu lui as tout racont� ?
Racont� quoi ?
Mais tout.
Non.
Pourquoi, mchikpara ?
- Maman, jamais on raconte cette histoire.
- Tu m'entends ? - Oui.
- Jamais. - Jamais, j'ai compris.
- Une complicit� s'est d�velopp�e entre Sylvie et moi.
Nous sommes devenus des amis proches.
Nous d�nions, allions au th��tre, en vacances ensemble.
Je connaissais sa famille, elle la mienne.
Enfin...
sauf ma m�re.
Ah.
- Maman, tu fais quoi ? J'ai achet� tous les desserts.
A quelle heure arrive Sylvie ?
Elle arrive quand elle arrive.
- Mon Harold, je vais te trouver ta femme.
Allez. Harold, viens m'aider.
Elle chante Nicolas.
...
Bravo !
Bravo. Merci.
Happy birthday!
Happy birthday!
Merci � tous.
Discussions des convives
...
Je suis �mue de vous voir.
J'avais beaucoup de choses
� vous dire, alors je vous ai �crit.
- C'est gentil, merci. - Maman.
- Ca va ? - Oui.
- Tu m'accompagnes, on apporte les g�teaux ?
Y a quoi dans l'enveloppe que t'as donn�e � Sylvie ?
- Quelle enveloppe ? - Je t'ai vue lui donner.
- Elle m'a juste dit que j'�tais charmante.
- Sylvie Vartan me trouve charmante. - Y a quoi dans l'enveloppe ?
Mchikpara, j'ai compris.
Je lui parlerai jamais de ton pied malade.
Jamais, jamais.
Maman...
On lui a pas fait de mal.
On lui a fait du bien ou du mal, mchikpara ?
Avec tous les disques qu'on a achet�s,
tous les magazines... On a appris � lire sur ses chansons.
Et tous les spectacles, ce que �a nous a co�t�.
- Me dis pas que... Y a pas �a dans la lettre ?
- Si elle savait tout ce qu'elle a fait pour nous,
m�me elle serait heureuse.
Non, maman.
Je travaille avec elle.
Je veux pas qu'elle pense que je suis un fan
qui s'est rapproch� d'elle, elle va me prendre pour un fou.
Elle va croire que c'est Liaison fatale.
Elle parle arabe.
Arr�te de tout g�cher !
Sylvie Vartan est venue chanter pour nous.
Non, elle chante pour moi.
Pour moi, maman. Pas pour toi.
Pour moi, parce que c'est ma vie.
C'est ma vie !
C'est mes enfants.
Arr�te de t'immiscer dans tout, dans la vie de mes enfants...
Arr�te de dire � mon fils que tu vas lui trouver sa femme.
- C'est gr�ce � qui que t'as trouv� Litzie ?
Pars de chez moi.
Pars.
L�ger brouhaha
...
On ne s'y attendait pas.
...
- Durant un certain temps, sans rien se dire de plus,
ma m�re et moi, on ne s'est plus beaucoup revus.
Il faudrait qu'il appelle les forces de l'ordre
qui sont habilit�es � le faire.
M�me un vigile n'a pas le droit
de vous demander � regarder votre sac
� l'int�rieur du magasin...
(H�.)
Je l'adore, elle.
Je l'adore.
Tu m'am�nes des stars comme �a, tu me dis pas.
Je suis m�me pas coiff�e.
Mchikpara,
va nous chercher du th�,
des p�tisseries...
pour notre invit�e.
Je t'am�ne �a.
- Tout ce que ta jolie coll�gue veut.
Musique douce
...
Sonnerie de t�l�phone
...
...
...
All� ?
On ouvre une porte.
Roland ! Plus vite ! Plus vite !
Plus vite ! Plus vite !
Rires d'enfants
...
Irr�sistiblement (Sylvie Vartan)
...
On ouvre une porte.
Avec le d�part de ce bout de femme que j'aimais tant,
je me retrouvais pour la premi�re fois seul.
C'est parti.
Les amis, c'est pr�t !
Discussion des convives
...
Sylvie !
Sylvie !
- Sylvie... - Oui.
- Vous savez quel r�le vous avez jou� dans la vie de Roland ?
Le silence se fait.
Non.
Tr�s peu de gens le savent.
Mais c'est gr�ce � vous si Roland peut se tenir debout.
Esther voulait que vous sachiez
que Roland est n� avec une infirmit�.
Il avait un pied bot.
Il pouvait pas marcher.
Il rampait toute la journ�e sur le parquet de l'appartement.
Et... c'est gr�ce � vous...
- A l'h�pital, j'avais baiss� la garde quelques instants,
le temps d'aller chercher du th�.
Ma m�re a absolument tout r�v�l�.
Ma naissance, mon handicap, les toubibs, la rebouteuse...
Mais surtout, Sylvie Vartan.
Il est tomb� amoureux de vous.
Et vous lui avez donn� cette force.
T'es morte !
Morte !
Laisse-moi vivre ma vie !
Putain !
Bonjour, Sylvie.
Raclement de gorge
Soupir
Raclement de gorge
C'est de la part de...
de ma m�re.
C'est la lettre qu'elle t'a donn�e le jour de mon anniversaire.
J'ai fait beaucoup d'efforts pour plus �tre ce petit gar�on.
J'ai appel� un confr�re � moi qui va me succ�der sur...
tous tes dossiers en cours.
J'aurais d� te parler de cette histoire il y a longtemps.
Je l'ai pas fait.
Et je te demande pardon.
Tu n'as pas � t'excuser.
Elle est incroyable ton histoire, vraiment.
Elle m'a secou�e.
Alors...
Fais-en quelque chose.
Oui...
Musique douce
...
Bonjour, maman.
...
Je tenais �...
� te remercier.
...
Merci pour cette vie fabuleuse.
...
Un �crivain anglais a tr�s justement �crit
que, puisque Dieu ne pouvait �tre partout,
il a donc d� inventer les m�res.
...
Tintements de cloche
... ...
...
Musique m�lancolique
...
Irr�sistiblement (Sylvie Vartan)
...
Musique jazzy intrigante
...
...
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