All language subtitles for 18_les_vacances_de_maigret1

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Original subtitles

Qu 'est -ce que vous avez fait ? Ça fait plus d 'une demi -heure qu 'on vous

attend. Allez, venez.

Suivez -moi, c 'est là -haut.

L 'ambulance est là.

C 'est une appendicite. Il faut l 'emmener

d 'urgence à Sainte -Lucie et prévenir l 'hôpital.

Si on ne fait pas vite, on risque la péritonite.

Vous êtes M. Maigret ? Oui.

Je suis le docteur Delonnet. C 'est moi qui viens d 'opérer votre femme.

Comment va -t -elle ? Très bien. L 'intervention s 'est très bien passée.

Le docteur avait parlé de péritonite. Ne vous inquiétez pas, il n 'y a plus

aucun danger.

Je peux la voir ? Bien sûr, suivez -moi.

Vous êtes de la famille du commissaire français ? Ah oui, en quelque sorte, c

'est moi -même.

Je suis très flatté de vous rencontrer.

Et comment se fait -il que vous soyez en Belgique ? Vous êtes sur une affaire ?

Non, je suis en vacances.

En vacances ici ? En cette saison ? Oui, dans la famille de ma femme.

Vous pouvez la voir cinq minutes. Pas plus.

Tu as mal ? Les médecins ont dit que tout s 'était très

bien passé.

Tu veux manger ? Tu veux manger ? Tu ne vas pas t 'inquiéter pour ça.

Qu 'est -ce qui se passe encore, mademoiselle Rinquet ? Toujours la même

depuis trois jours, elle n 'arrête pas de gémir.

Vous ne pouvez pas la mettre dans une autre chambre ? On vous a déjà dit qu

n 'y avait plus de place aux soins intensifs, mademoiselle Rinquet.

Ça promet

pour cette nuit.

Alors, comment va -t -elle ?

Ça va, ça va.

Je crois qu 'elle est bien soignée.

Elle n 'a pas trop souffert ? Elle dit que non.

Vous l 'appelez si, elle ne se plaindra jamais.

C 'est vraiment pas de chance.

Pour une fois que vous aviez dénié de nous amener Louis.

Mais votre soeur vient quand elle veut.

Alors ça, parfois, je me le demande.

Je me dépêche, je suis en retard.

Qu 'est -ce que tu rends pour dîner ? Je n 'en sais rien. J 'ai rendez -vous

avec Vandrande, donc tu sais comment ça se passe.

Tiens, au fait, comment va notre belle -soeur ? Bien, tout s 'est bien passé.

Tant mieux, tant mieux.

Dites -lui que je viendrai la voir après -demain. Je n 'y manquerai pas.

Tu sais, j 'ai pas su trop quoi prendre.

Des fleurs, c 'est très bien. Merci.

Ça va mieux ? Mieux.

Je sais que dormir, ça fait de la chance.

J 'espérais pouvoir dormir un peu dans la journée, mais avec celle -là à côté,

'arrive pas à fermer l 'œil.

Qu 'est -ce qui lui est arrivé ? Ça vous intéresse ? Oui.

Accident de voiture.

Vous avez vu dans quel état elle est ? Qu 'est -ce que vous faites ? Elle se

plaint, il faudra faire quelque chose.

Nous faisons ce que nous pouvons, monsieur.

Vous avez pris votre température ? Non.

Avec tout ce que je fais en supplément de l 'habituel, je ne vois pas pourquoi

je prendrais ma température moi -même.

Discuterez de ça avec la direction de l 'hôpital, mademoiselle Riquet.

Comptez sur moi, ils vont m 'entendre.

37 ,5. Bien.

Au revoir, madame Maigret. Au revoir, monsieur.

Où vas -tu ? Je reviens tout de suite.

Ma soeur.

C 'est vous qui avez écrit le mot ? Quel mot ? Le mot que

j 'ai trouvé dans ma poche hier.

Un mot ? Sûrement pas.

Permettez -moi d 'assister, ma soeur.

Excusez -moi, monsieur.

La règle de notre ordre nous interdit formellement de parler à quiconque en

dehors des questions de service.

Bonne journée.

Voilà le mari de ma sœur. C 'est l 'inspecteur Maigret. C 'est au -dessus

'inspecteur.

Mon cher beau -frère, voulez -vous vous joindre à nous ? Comme tous les jeudis,

nous avons organisé quelques tables de bridge.

Je ne joue pas au bridge.

Vous ne jouez pas ? Non, tout au plus au rami ou à la belote.

Malheureusement, ici, nous ne jouons qu 'au bridge.

Venez que je vous présente.

Je vous présente le mari de ma sœur que vous avez opéré récemment, commissaire

Maigret, docteur Delonnet. Nous nous sommes rencontrés.

Je tiens encore à vous remercier, ma femme va très bien.

Et de vous satisfaire de notre établissement, monsieur Maigret. Tout

parfait. Ma femme avait juste un petit souci avec une voisine.

Ah oui, ça doit être mademoiselle Rinquet.

Non, non, c 'est une jeune fille, Godreau. Je vous en prie, docteur.

Liliane Gaudreau. Je crois que nous vous empêchons de jouer. Vous vouliez

douter, n 'est -ce pas ? Non, non, merci. Vous voyez qui c 'est ? C 'est

jeune fille qui est dans le coma.

Qu 'est -ce qu 'elle a au juste ? Nous troublons votre partie.

Venez, je vais vous présenter quelqu 'un.

Je vous en prie, docteur.

Ah oui.

Qu 'est -ce qui vous prend ? Vous ne savez pas que Liliane Gaudreau est la

-sœur du docteur Delonnet ? Comment voulez -vous que je sache ? Bien

vous le savez.

Je suis commissaire Maigret.

Je suis très heureux de faire votre connaissance.

Permettez -moi de me présenter, commissaire Mansuy.

C 'est moi qui m 'occupe de notre paigre local.

Enchanté.

Vous jouez ? Ah non, je comprends rien à ce jeu -là.

Ah bon ? J 'aurais cru que vous étiez un as du bridge.

C 'est quand même le jeu de l 'intuition et du raisonnement.

Vous pratiquez.

Disons que cela me permet de fréquenter un certain milieu, si vous voyez ce que

je veux dire.

Mon partenaire me fait faux -bon, me feriez -vous l 'honneur de visiter mon

commissariat ? Avec plaisir.

Évidemment, c 'est pas le quai des Orfèvres.

Je vous en prie.

On n 'a pas vraiment de cellules, alors on les met ici, on appelle ça le

clapier.

Il est toujours... Les poivrons, c 'est 90 % de notre clientèle, par ici.

90 % !

Ah, inspecteur Petitjean, commissaire Maigret.

Enchanté, commissaire.

Alors là, c 'est le bureau des inspecteurs.

Entrez.

Comment ça fait que personne ne l 'a réclamé, ce portefeuille ? Il y avait

pourtant de l 'argent dedans et deux billets de train encore valables.

J 'en sais rien, mon capitaine. T 'en sais rien, t 'en sais rien. Tu sais

rien, toi, pinchard.

Inspecteur Philibert, commissaire Maigret.

Enchanté, commissaire.

Qu 'est -ce que t 'as encore fait, ma chère ? On l 'a pincé en train de

du boudin blanc chez Popinot. Il avait ce portefeuille sur lui.

Je voulais pas du boudin blanc.

Je voulais payer. Oui, avec l 'argent du portefeuille.

Il est à moi, je l 'ai trouvé par terre. Non, il est pas à toi. Il fallait le

ramener au commissariat.

Disculpe pas, foulé au clapier.

Mes commissaires, ils vont encore nous casser les oreilles. Eh ben, confie ce

que lui, son clairon.

Le bureau de la direction.

Vous voyez le genre de client.

Celui -là, on le voit une fois par mois.

Ils volent des bricoles à droite à gauche.

Bon, il n 'a pas l 'air bien méchant.

Non, en fait, c 'est un pauvre type. Il a été volontaire en Corée et il en est

revenu avec un boulot en moins.

L 'asile ne l 'a pas trouvé assez siphonné, alors c 'est nous qui en avons

hérité, si vous voyez ce que je veux dire.

Asseyez -vous.

Vous avez entendu parler de l 'accident de Liliane Gaudreau, la belle -sœur du

docteur Delonnet ? Voilà, bien sûr.

Le docteur l 'a emmené à un concert.

Ah, c 'est lui qui conduisait.

Oui, dans un virage, la portière s 'est ouverte, et brusquement, la jeune fille

est tombée.

Vous avez fait ouvrir une enquête ? J 'ai fait les vérifications d 'usage.

Et alors ? Alors, la portière était mal fermée.

Ce sont des choses qui arrivent.

Le juge décidera s 'il y a un homicide involontaire.

Et éventuellement d 'une procédure encore actionnelle.

Alcool de framboise locale, ça vous va ? Ah, volontiers.

C 'est la soeur de sa femme ? Qui ça ? Liliane Gaudreau. Oui, Madame Delonnet

est née Gaudreau.

Liliane vit avec eux depuis que sa mère est partie à Bruxelles, où elle s 'est

trouvée un type qui l 'entretient. Vous voyez le genre de la bonne femme.

Les Delonnet sont une famille considérable dans la région, n 'est -ce

Ah oui, le mariage du docteur Delaunay avec Odette Gaudreau, ça a fait du foin.

Mais il n 'a écouté personne, il était fou amoureux d 'elle. Il l 'est

d 'ailleurs.

Ça fait longtemps ? Qu 'ils sont mariés.

Cinq ans.

Elle était beaucoup plus jeune que lui, et lui, il est jaloux comme un Turc.

Il la surveille de près.

Faut dire qu 'il y a de quoi.

Ah oui.

C 'est un bon bras de femme.

Santé.

Elle est fameuse, votre framboise. Oui.

Elle se ressemble.

Qui ça ? Odette Delonnet et sa soeur.

Pas du tout.

On raconte même qu 'elles sont pas du même père, si vous voyez ce que je veux

dire.

La malade qui était là, on l 'a changée de champ ? Non, elle est morte.

On n 'entendait plus, alors on a appelé. Mais c 'était trop tard. Comme quoi

ici, il n 'y a pas de tenez.

Belle -sœur ou pas, elle est morte quand même.

Elle avait 20 ans, tu te rends compte ?

Je viens pour

la collecte, pour la couronne, pour l 'enterrement de Mlle Gaudron.

Oui, bien sûr.

Tu veux de la monnaie ? Je vois pas pourquoi je vendrais quelque chose.

Ils doivent avoir assez d 'argent pour lui en payer, les couronnes.

On aurait voulu faire plus.

Priez pour elle, madame.

Ben oui, c 'est ça. Ça mange pas de pain.

Madame...

Entrez, monsieur Maigret.

Vous désiriez me voir, monsieur Maigret ? Je vous en prie, asseyez -vous.

Y aurait -il quelque chose dont vous auriez à vous plaindre ? Je viens

solliciter une faveur, madame.

Je sais que la règle de votre ordre interdit...

religieuse de parler d 'autre chose aux visiteurs que des besoins du service.

Ceci est déjà une entente à notre règle.

Normalement, les religieuses ne devraient pas parler du tout. Mais nous

été obligés d 'assouplir ce qui devenait une contrainte pour les familles de nos

malades. En fait, je voudrais avoir un entretien en tête à tête avec une de vos

religieuses.

Pour quelle raison ? C 'est personnel.

Personnel ? Mais une religieuse n 'a pas de vie personnelle.

Peut -être parfois malgré elle.

C 'est une faute, monsieur Maigret.

Très bien.

Je regrette de vous avoir dérangé, ma mère.

Au revoir.

Au revoir, monsieur Maigret.

Pouvez -vous me dire qui est cette religieuse ? Si je ne peux pas lui

'est inutile.

Au fait, on m 'a dit que vous étiez apparentée au docteur Delonay.

Pas exactement, mais nos familles sont très liées.

C 'est un homme d 'une grande valeur, n 'est -ce pas ? C 'est un chirurgien hors

pair et un bon chrétien.

Ça fait longtemps qu 'il est le directeur de cette clinique ? Depuis dix

depuis la mort de son père.

La clinique appartient à sa famille depuis trois générations.

Et le couvent fournit l 'intendance et les infirmières, comme c 'est sa

depuis le XVIIe siècle. Depuis le XVIIe siècle.

Merci, ma mère.

Pardon, ma sœur.

Monsieur Maigret ? Monsieur Maigret !

Bonjour, docteur.

Comment allez -vous ? Comment se sent Mme Maigret ? Au mieux.

D 'ailleurs, elle insiste pour rentrer chez elle.

C 'est un peu prématuré, mais dans deux ou trois jours, c 'est envisageable.

Vous partiez ? Oui.

Je peux vous raccompagner en voiture, si vous voulez, c 'est sur mon chemin.

Ah bon ? Volontiers.

Par ici.

Vous venez souvent vers les lourceaux ? Très rarement.

Ça fait des années que nous ne sommes pas venus.

Votre porte est mal fermée, non ? Il faut la claquer brutalement.

C 'est comme ça que votre belle -sœur est tombée

? Croyez -moi qu 'il l 'est tuée, non ?

Pourquoi est -ce que je crois à une chose pareille ? C 'est ce que disent

les gens. Vous n 'avez pas entendu les ragots ? Vous savez, les ragots...

Finalement, il est vrai que cet accident est bizarre.

Non.

C 'est un accident.

C 'est typique j 'habite.

C 'est une belle maison.

Je vous offre un apéritif.

Qu 'est -ce qui lui prend ? On n 'a aucune idée.

Vous l 'attendez, c 'est ? Jamais vu. Vous venez ? Je vous

en prie.

Vous désirez boire quelque chose, monsieur ? Un whisky, monsieur Maigret.

Pourquoi pas ? Je vous serre dans le salon, monsieur. Bien sûr, Francis.

Bien, monsieur.

Installez -vous, j 'arrive tout de suite.

Mon épouse, Odette.

Elle est très belle.

Elle est plus que très belle, monsieur Maigret.

C 'est un ange.

Asseyez -vous, je vous en prie.

Vous savez, je m 'en veux terriblement pour ce qui est arrivé.

J 'aimais Liliane comme ma fille.

Si seulement j 'avais roulé plus lentement,

la portière ne serait peut -être pas ouverte.

Sa disparition a créé un vide épouvantable dans cette maison.

Oui, je comprends.

Vous voyez, le chagrin de sa mort, ça ne suffit pas.

En plus, qu 'on m 'accuse.

Ce ne sont que des rumeurs.

Oui, mais elles me touchent.

Parce que c 'est vrai.

Je me sens responsable.

Merci,

Francis.

Bonne santé, M. Maigret.

Avez -vous des ennemis, docteur ? Je ne pense pas. Pourquoi ? Y a -t -il pas

quelqu 'un dans votre entourage qui...

Ça aurait intérêt à vous faire accuser du meurtre de votre belle -sœur.

Quelqu 'un qui orchestrerait ces rumeurs, par exemple.

Je ne vois pas.

Pourquoi me demandez -vous ça ? Je ne sais pas.

Écoutez, M. Maigret, je vous ouvre cette maison.

Je n 'ai rien à cacher. Venez quand vous voulez, interrogez qui vous voulez.

Je vous remercie.

Mais je pense que ce ne sera pas nécessaire.

Commissaire.

Vous êtes sûr qu 'on vous les a volés ?

Oui, écoutez,

madame. Le plus simple, c 'est que vous veniez déposer au commissariat. L

'inspecteur Philibert va vous recevoir.

Très bien. Mes hommages, madame.

Mes hommages.

Franchement, me déranger pour une histoire de droit.

Remarquez, c 'est la mère du notaire. Vous savez comment ça va, je suis bien

obligé. Quelle bonne surprise de vous voir.

Je peux vous offrir une petite framboise ? Non, non, merci.

Je prendrais plutôt une petite limonade. Ah non, c 'est beaucoup mieux que ça.

Alors, quel bon vent vous amène ? Je viens de chez Delonnet.

Vous m 'avez dit que vous aviez fait quelques vérifications chez lui.

Ah oui ? Pourquoi il s 'est plaint ? Ah non, rassurez -vous.

Alors ?

À part la portière de la voiture, qu 'est -ce que vous avez trouvé, si ce n

pas indiscret ? C 'est -à -dire pas grand -chose.

Vous comprenez, on ne peut pas aller fouiner chez des gens comme ça si on n

pas des charges sérieuses.

Ah, je vois.

La mère de Delonnet habite avec eux, j 'ai cru l 'apercevoir.

Oui, oui.

La limonade, c 'est chimique, ça, c 'est naturel.

Ce sont les moines qui la brassent.

Les hommes de Dieu, ils s 'y connaissent en nourriture terrestre.

Ça, c 'est bien vrai.

Chez Delonnet, j 'ai aperçu une adolescente qui s 'est enfuie quand on

arrivé. Une adolescente ? Oui, 14 ans, avec des lunettes rousses.

J 'aimerais bien lui parler.

Ah bon, pourquoi ? Son comportement a été curieux.

Celui de Delonnet aussi, d 'ailleurs.

Vous connaissez son nom ? Non.

Dans ce cas, ça va être difficile.

C 'est petit ici, mais quand même.

Vous avez pensé à interroger le domestique du docteur ? Ah, ça c 'est

Qui m 'a rendu son clairon ?

Bonjour

madame. Bonjour, monsieur.

Je voudrais quelques tranches de ce jambon -là.

La noix d 'Ardenne, monsieur.

Il est bon ? Tout est bon ici, monsieur.

Bon, si c 'est là.

Il n 'est pas encore arrivé.

Vous voulez lui parler ? Il arrive bientôt.

Oh, il va plus tarder.

Bon.

Vous n 'êtes pas le monsieur de la foire commerciale ?

Ah non, non, non, je crois pas.

Vous ne croyez pas ? Vous savez bien qui vous êtes, quand même.

Mais va peut -être me dire quelque chose. Ne me dites pas, je vais trouver,

va me revenir.

Je m 'appelle Maigret.

Non.

Vous n 'êtes pas le commissaire Maigret, quand même.

Eh si, c 'est moi.

Ah ça alors, le commissaire Maigret.

J 'ai toutes vos enquêtes dans la Gazette.

Vous êtes très, très fort.

Vous êtes trop aimable.

C 'est pour une enquête que vous voulez voir Francis ? Non, non, je voulais

simplement lui poser quelques questions.

Je peux peut -être y répondre, moi.

Je pense pas.

C 'est à propos de son patron, c 'est vous qui êtes chargé de l 'enquête.

Quelle enquête ? Sur la mort de sa belle -sœur. Tout le monde dit qu 'il l 'a

tuée. Et vous, qu 'est -ce que vous en pensez ? Non, non, attendez.

Moi, je ne fais pas d 'enquête.

Et jusqu 'à preuve du contraire, le docteur Delonnet n 'a pas tué sa belle

-sœur. Vous avez raison. Les gens, ils disent n 'importe quoi.

Et les Delonnet, vous les connaissez, vous ? Oui, bien sûr. J 'étais femme d

'ouvrage, il y a 20 ans.

C 'est pas drôle.

La vieille Delonnet, c 'est une rosse.

Et la jeune madame Delonnet, vous la connaissiez ? Delonnet, non, pas très

Elle a fait un beau mariage, quand on sait d 'où elle sort.

Mais bon, je ne crois pas qu 'elle soit très heureuse, la pauvre. Pourquoi ?

Avec l 'autre horrible vieille toujours sur son dos.

Ce n 'est pas drôle pour une jeune.

Puis Delonnet, il n 'a pas l 'air comme ça, mais c 'est un jaloux furieux. Il

paraît qu 'il la boucle toute la journée.

Ah tiens, Francis, justement, il y a M. Maigret qui voudrait te parler.

À moi ? Oui, c 'est Maigret, le commissaire Maigret. Il enquête sur ton

Non, non, je n 'enquête pas, je me renseigne.

Je ne parle pas sur mon patron dans son dos.

Tu parles au commissaire Maigret ? Je n 'ai rien à lui dire.

Je n 'ai rien contre le docteur de Launay.

Bien au contraire.

Je voulais simplement savoir si vous connaissez la jeune fille que j 'ai vue

tout à l 'heure dans l 'allée de la maison.

C 'est elle qui vendait des billets de tombola ? Je ne sais pas, une rousse

des lunettes ? C 'est ça, oui.

Elle vendait des billets de tombola.

Vous la connaissez ? Moi, non. Je ne l 'ai jamais vue.

Vous êtes sûr ? Sûr, oui.

Je la connais peut -être, moi.

Pourquoi tu la connaîtrais, toi, d 'abord ? Qu 'est

-ce

que c 'est ? On vous demande au téléphone.

C 'est une sermenture téléphonique. C 'est urgent.

C 'est là, juste en bas.

Merci d 'avoir fait vite.

Venez.

Est -ce que c 'est l 'adolescente que vous avez vue chez Delaunay ? Oui.

Vous êtes sûr ? Oui.

Pourquoi vouliez -vous lui parler ? Vous vous doutiez de quelque chose ? Pas de

sang, en tout cas.

Personne n 'a la mort. En ce moment, je te laisse à l 'hôpital.

Non, non.

Monsieur le juge voudrait voir le corps.

Non, non, gardez -le.

Vous n 'avez pas répondu à ma question.

Pourquoi vouliez -vous parler à cette jeune fille ?

Je vous l 'ai déjà dit quand je l 'ai vue chez Delaunay.

Elle a eu une réaction bizarre.

Elle l 'a terrorisée.

Mais pourquoi ? C 'est ce que je voulais lui demander.

Quant à Delaunay, il a prétendu ne pas la connaître.

Vous avez parlé à Francis, son valet de chambre ? Oui, oui. Qu 'est -ce qu 'il

vous a dit ? La même chose que son patron.

C 'est monsieur le juge, monsieur Defaultier, avec un petit deux.

Bonjour, monsieur le juge.

Alors, qu 'est -ce que c 'est que cette malheureuse histoire ? Bien sûr, il

faudra attendre le résultat de l 'autopsie. Ma première vue, elle a été

étranglée. Au début de nuit, probablement.

Monsieur. Bonjour.

Je me demande vraiment ce qu 'elle faisait dehors à cette heure -là,

franchement.

Les parents sont prévenus ? On a envoyé quelqu 'un, monsieur le juge.

C 'est sûrement pas quelqu 'un du coin. Qui a fait le coup ?

Vous avez répertorié tous les vagabonds qui se trouvent dans le secteur ? On s

'y emploie, monsieur Duce.

Et vous avez pris toutes les photos nécessaires ? J 'aimerais bien que vous

preniez encore quelques photos de ce que vous voyez, les traces de tremblements.

Je vous raccompagne ? Oui, si vous voulez.

Qu 'est -ce que vous en pensez ? Oh, rien du tout.

Si vous avez une idée, surtout n 'hésitez pas, je suis tout ouïe.

Vous avez une voiture qui est descendue ici ? Non, pourquoi ?

A votre place, je vérifierai les traces de pneus.

Ralentissez.

Merci.

Ils viennent de laver la voiture.

C 'est pas moi, elle devait être sale.

Tes pneus Englebert N3, notez ça.

Vous n 'allez tout de même pas me dire que vous soupçonnez de l 'année.

Vous me demandez mon avis, moi je vous le donne.

A tous les coups, Francis a reconnu ma voiture.

Bon, allons -y.

Il faut absolument que je vous parle, mais je n 'ai pas dormi de la nuit.

Mais de quoi s 'agit -il ? Venez par là.

Je préfère que personne ne nous voit ensemble.

Mais de quoi vous voulez me parler ? La petite qui a été étranglée ce matin.

Ah, vous êtes déjà au courant ? Les nouvelles vont vite ici.

Tout le monde en parle.

Dites -moi, cette petite, c 'est pas celle que vous avez demandé à Francis

hasard ? Malheureusement, oui.

Oh, j 'avais dit.

Quoi ?

Remarquez, ce n 'est pas sa faute. Il adore son patron qui est très généreux

avec lui.

Vous voulez dire qu 'il savait qui était cette jeune fille ? Non, non, non, non.

Il ne connaissait pas son nom. Mais il l 'avait déjà vue plusieurs fois.

Parce qu 'elle prenait des cours de piano avec Odette Delonnet.

Des cours de piano ? Attendez, ce n 'est pas tout.

Parce qu 'hier soir, Delonnet, il est parti sans rien dire.

D 'habitude, il donne toujours un ordre ou l 'autre.

Hier, il n 'a rien dit. Alors Francis, il a tendu, il a tendu. Puis finalement,

il est parti.

Il n 'était qu 'à l 'heure.

7h30. Et Delonnet n 'était pas revenu ? Non.

Pourquoi vous n 'avez pas dit ça à la police ? Moi aussi, Delonnet, ils sont

comme cul et chemise. Je vois quand même pas que mon mari ait des problèmes avec

son patron, vous comprenez ? Parfaitement.

Je vous remercie, madame.

Il n 'y a pas de clé.

Excusez -moi.

Surtout que ça reste entre nous.

Je ne veux pas que mon mari sache que je vous ai parlé.

Je savais que je pouvais vous faire confiance.

Je vous remercie, madame. Au revoir.

Bonjour, ma sœur. M.

Maigret, mais ce n 'est pas l 'heure des visites. Je voudrais voir le docteur

Delonnet. Ah, mais il n 'est pas là cet après -midi. Où est -il ? Ce n 'est pas

dans mes attributions de le savoir, monsieur.

Il faut que je parle à la maire supérieure, c 'est urgent.

Qu 'est -ce que je peux faire pour vous, M.

Maigret ? Y a -t -il une autre religieuse avec qui vous désirez avoir

entretien en tête à tête ? Non, pas une autre, la même.

Notre oracle aussi est la même.

Ma mère, il faut vous médier.

Même au fond de votre couvent, vous ne pouvez pas ignorer qu 'il se passe des

choses dramatiques.

Soyez plus précis, monsieur Maigret.

Une petite fille a été tuée.

Vous faites une enquête ? Non.

C 'est le commissaire Mansu qui est chargé de l 'enquête. Moi, je n 'agis qu

titre personnel.

Je vous écoute.

Ma mère, c 'est pour moi un cas de conscience.

Un cas de conscience ? Je me demande si la petite n 'a pas été tuée à cause de

moi.

Et il faut que j 'en ai le cœur net.

Je pense qu 'une de vos religieuses sait quelque chose.

Mais qu 'est -ce qui vous fait supposer cela ? Si.

C 'est une de vos sœurs qui m 'a envie ce mot.

Elle sait sûrement quelque chose, mais elle n 'a pas parlé à cause de la règle

du silence.

Le numéro 15, c 'était Liliane Gaudreau, la belle -sœur du docteur de Launay.

Elle est morte et dans un accident de voiture pour le moins bizarre, vous l

'avouerez. Mais quel rapport ? Vous me parlez d 'abord de cette petite fille.

Écoutez, je ne sais pas s 'il y a un rapport, mais laissez parler cette

religieuse. En votre présence, si vous préférez.

Je regrette, je ne peux pas.

Ma mère, je peux vous parler franchement ? Bien sûr.

Eh bien, je crois que cette règle du silence n 'autorise d 'autres crimes.

Comment ça ? En me cachant peut -être le nom de l 'assassin.

Entrez.

Approchez, Sœur Marie des Anges.

Ma fille, j 'apprends que vous avez eu une initiative qui heurte grandement les

fondements de notre ordre.

Inutile de jouer avec les mots.

Notre règle nous interdit de parler à un tiers, c 'est -à -dire de communiquer

avec eux, même avec un petit mot.

Je vous connais.

Je sais que si vous avez agi ainsi, c 'est que vous aviez sûrement une bonne

raison.

Je vous jure que j 'ai pas agi à la légère, ma mère.

J 'aurais jamais pu trouver le repos tant que j 'aurais pensé que... Que quoi

Que mon silence protège peut -être un criminel.

Parlez, je vous y autorise.

La nuit suivant son accident, c 'est moi qui éveillais Liliane Gaudreau.

Elle était très agitée.

Elle prononçait des mots sans fuite.

Mais j 'ai pu comprendre certaines choses.

Quelles choses ? Eh bien, des horreurs, des choses diaboliques.

Quoi, par exemple ? Elle a tenu des propos qui touchent aux choses de la

Parlez, ma fille.

Elle parlait d 'un homme, de ce qu 'elle allait lui faire, de son corps, de

son... Je pense que ça suffit, non ? Tout ça ne nous paraît pas très

Elle a aussi parlé d 'un couteau.

Un couteau africain.

Sans cesse, ce couteau revenait dans son délire.

Et ce couteau servait à tuer.

À tuer ? Qui était tué ? Elle ne l 'a pas dit.

C 'est tout ? Oui.

Vous êtes sûre ?

Elle n 'a pas donné d 'autres détails ? Non.

Elle n 'a pas nommé cet homme ? Non.

Je vous remercie de votre aide, ma sœur.

Alors, ça vous suffit, M. Wigrey ?

Eh bien, je devrais m 'en contenter.

Monsieur, je voudrais parler à M. Delonnet.

Bonjour, M. Maigret.

Que puis -je pour vous ? Vous m 'avez dit que je serais toujours le bienvenu,

alors je vous prends au mot. Bien entendu.

Entrez, je vous en prie.

Je vous en prie.

Monsieur de Foltier, juge d 'instruction.

Alain, le commissaire Maigret dont je t 'ai parlé.

Nous nous sommes déjà vus ce matin.

N 'était pas avec le commissaire Mansuy ? Oui.

Il me fait l 'honneur de son amitié.

Et il m 'a invité à venir le voir travailler.

Vous êtes chargé de mission par Interpol ? Non.

Je suis simplement en vacances dans la région.

Monsieur Maigret est parent avec les Lourceaux.

Ah bon ?

C 'est un homme charmant, Henri Lourceau.

Tiens, à propos, tu as reçu son invitation pour la chasse de dimanche ?

oui. Tu iras ? Oui, sûrement.

Serez -vous des nôtres, M. Maigret ? Je ne suis pas chasseur.

Je déteste les armes à feu.

On peut bien être le seul dans la police française.

Whisky ? Volontiers.

J 'en prie, attendez.

Ainsi, vous vouliez me parler ?

On veut juste vous poser quelques questions, comme vous m 'y aviez si

aimablement invité lors de notre dernière entrevue.

Eh bien, entendu.

Vous pouvez parler devant M. de Fautier, c 'est un ami intime.

Bien.

Je voudrais savoir où vous étiez hier soir.

Hier soir ? Eh bien, je suis allé rendre visite à ma belle -mère à l 'hôtel des

Ardennes. Elle est revenue ?

Oui, pour l 'enterrement de Liliane, sa fille.

Ah oui, pardonnez -moi.

Vous ne la recevez pas chez vous ? Je ne peux pas recevoir sur le même toit que

ma mère une femme comme elle.

Je vois.

Et votre femme n 'était pas avec vous ? Elle est souffrante.

Jusqu 'à quelle heure elle vous restait ? Eh bien, je suis rentré vers 11

heures.

Il y a des témoins, vous pourrez vérifier.

Excusez -moi, où voulez -vous en venir avec toutes ces questions ? On dirait

vous menez une enquête.

Non, mais laisse, je n 'ai rien à cacher.

Continuez, M. Maigret.

J 'aimerais interroger votre valet de chambre, en votre présence, bien

Pourquoi pas ? Monsieur ? Francis,

M. Maigret voudrait vous poser une question. Je vous demande de lui

franchement.

Oui, monsieur.

Francis.

Savez -vous où est passé le couteau africain ? Le couteau africain ? Oui, le

couteau africain.

Il n 'est pas dans le cabinet de consultation ? C 'est sûrement, il doit

Peut -être pourrions -nous y aller.

Pourquoi vous intéressez -vous à cet objet ? Et d 'ailleurs, comment

-vous son existence ? J 'aimerais voir ce couteau.

Allons -y.

J 'espère que vous m 'autoriserez à vous accompagner.

Bien entendu.

Allons -y.

Suivez -moi.

Il n 'y a pas d 'accès intérieur à votre cabinet ? J 'avais le projet de percer

une porte, mais ça ne s 'est jamais fait.

Monsieur Maigret, je vous en prie.

Francis ? C 'était là

? Ah oui, c 'est curieux. Où est -il passé ? Il n 'est pas touché, je vous

assure.

Quatre fesses, couteau, un coup de papier ? Oui, c 'est ça.

En fait, je ne m 'en sers jamais parce que j 'ouvre mon courrier dans la

bibliothèque.

En fait, c 'est un objet plutôt décoratif.

C 'est un souvenir de voyage de mon père.

Il avait ramené du Congo.

Il a disparu depuis longtemps ? Je n 'en sais rien.

Je n 'étais même pas aperçu de sa disparition.

Mais comment connaissez -vous l 'existence de ce poignard ? Ce poignard

disparu tant même que je m 'en sois aperçu. Vous l 'avez trouvé quelque part

Moi ? Je n 'en ai jamais vu.

Vraiment, monsieur le maigret, vous êtes surprenant.

Vous avez des dons de médium.

Peut -être.

Où mène cette porte ? La salle d 'attente.

Vous recevez des clients le soir ? Ah non, jamais. Les consultations sont

'à 5 heures.

Cette pièce n 'est jamais éclairée.

Non, là, monsieur Maigret, vous dépassez les bornes.

Vous vous comportez exactement comme si vous maniez une enquête et que mon ami

Delonay était un suspect.

Vous êtes à l 'étranger, vous n 'avez aucun droit de venir importuner le

Delonay. Ah, mais je n 'ai aucune légitimité, monsieur le juge.

Cependant, je pourrais être un témoin important dans l 'affaire qui vous amène

ici.

J 'ai vu la petite Claudine Dufieux sortir de cette maison juste avant sa

Mais je le sais très bien, Philippe me l 'a dit.

Et alors ? Je ne vois pas le rapport.

Écoutez, je connais certes votre réputation, mais là, pardonnez -moi,

déraillez.

L 'avenir le dira.

La petite venait vendre des billets de Tombola.

Elle en a vendu dans une vingtaine de maisons. Alors pourquoi vous en prendre

précisément à Philippe ? Parce que ce coup papier a disparu, mais n 'importe

aurait pu le prendre.

Un patient, la bonne, que sais -je.

Et puis, la petite n 'a pas été poignardée, elle a été étranglée.

Toison en verre.

Bonjour, inspecteur Philibert.

Bonjour, monsieur le commissaire.

Le commissaire Mansuil n 'est pas là ? Oui, mais il est à l 'étage.

C 'est Dufieux, le père de la victime.

Mes condoléances, monsieur.

Alors, où en êtes -vous ? Pas très loin.

Un petit chapelet.

Un portefeuille rouge.

Lide.

Un bloc de papier à lettres.

Il manque 15 pages.

Comment tu sais qu 'il manque 15 pages ? Il suffit de compter sur la tranche,

Bano. Votre fille écrivait souvent ? Oui, à son frère.

Il habite Bruxelles.

Ils étaient très proches.

Il a été prévenu ? Oui, un télégramme.

C 'est fini ? Pas tout à fait.

D 'ailleurs, il va falloir mettre tout ceci sous scellé.

Un petit cœur en bois.

Une coupée de chiffon.

Il n 'y a rien là -dedans.

Qu 'est -ce que vous voulez qu 'il y ait dedans ? Je suis désolé, mais on est

obligé pour l 'enquête.

santé, monsieur.

Il faut nous mettre en oeuvre pour retrouver le criminel, n 'est -ce pas ?

On va le retrouver.

Je m 'y engage personnellement.

Je peux vous poser quelques questions ? J 'ai déjà répondu à vos collègues.

Juste deux petites précisions.

A votre avis, Qu 'est -ce que faisait votre fille à cet endroit -là, à cette

heure -là ? C 'est ce que je me suis alors dit, c 'est pas possible.

Ma petite, c 'était pas une coureuse.

Elle pouvait pas se trouver là, à cette heure -là.

Quelqu 'un l 'aura attirée, sûrement.

Vous avez une idée ? Non.

Je ne sais qu 'une chose, elle était sérieuse.

Claudine allait souvent chez les Delonais ?

J 'étais très doué.

Tiens, qu 'est -ce que vous faites là ? Je vous cherchais.

Je suis passé au commissariat, on m 'a dit que vous étiez ici.

Vous tombez bien, il faut que je vous parle. Venez une minute.

Écoutez, maigré, vous me mettez dans une position impossible.

De Foltier m 'est tombé dessus.

Il paraît que vous lui avez dit que c 'était moi qui vous avais demandé de

occuper de cette enquête. J 'ai jamais dit ça.

Oui, ben c 'est ce qu 'il pense.

Et il est furieux.

Et c 'est vrai, à la fin, est -ce que la police belge ne fait pas son travail

aussi bien que la police française ? Il a dit ça ? Oui, oui, il a dit ça.

Écoutez -moi, vous savez ce qu 'il en est.

Le hasard a fait que je m 'occupe de cette affaire. Maintenant, si vous

pas, je vous donne un coup de main.

Non, non, attendez.

Attendez, vous fâchez pas.

C 'est vrai que c 'est une affaire bizarre.

Le crime d 'arrondeur, moi je veux bien, mais c 'est trop commode.

Ça, je ne vous le fais pas dire.

Alors, j 'apprécierais si vous vouliez m 'éclairer de vos conseils avisés.

Avisés, je ne sais pas, je vous donne mon sentiment.

Pourquoi justement aller soupçonner de l 'honnêt ? Vous ne savez pas où vous

mettez les pieds.

C 'est l 'ami intime du juge, il connaît un ministre.

Vous savez bien comme ces gens -là se serrent les coudes entre eux.

Je sais.

En France, c 'est pareil, si ce n 'est pire. Alors, pas de vagues.

Ma position va devenir inflable. Mais vous, vous ne soupçonnez pas de l

? Des soupçons, ça suffit pas.

Moi, je cherche la vérité, c 'est tout.

Mais moi aussi.

Ah ben alors, on cherche la même chose, non ? Bon, excusez -moi, je vais être en

retard. Il faut que j 'aille à l 'enterrement de Liliane Gaudreau.

Ah, je pourrais vous accompagner.

D 'accord.

Mais pas de vagues.

Si vous voyez ce que je veux dire, pas de vagues.

Dis -moi, la petite dame qui est à côté de Delonnet, c 'est sa mère ? Oui.

Et de l 'autre côté, la dame avec les cheveux blancs, c 'est la mère de

Et où est Odette Delonnet ? Elle n 'est pas là, vous savez bien qu 'elle est

malade.

Au point de ne pas assister à l 'enterrement de sa soeur, qu 'est -ce qu

? Une dépression nerveuse, à ce que je parlais.

Et il la laisse seule ? Je ne sais pas, moi, probablement, elle est majeure, non

? Bon, excusez -moi, il faut que je parle avec monsieur le juge.

M. Popineau.

Bonjour.

Je voulais vous demander, à propos du couteau africain, M.

Delonnet ne vous a pas causé d 'ennuis ? Il ne m 'en a pas reparlé.

Il a été retrouvé ? Non.

Bonne journée, monsieur.

Dites -moi, il y a longtemps que vous n 'avez pas vu Odette Delonnet ?

Depuis qu 'elle est malade.

Et qui la soigne ? C 'est monsieur, le médecin.

Ah ! Évidemment, bien sûr.

Donc, depuis qu 'elle est malade, personne ne l 'a vue ? Que monsieur et

mère.

Excusez -moi, il faut que j 'aille préparer la collation.

Avec plaisir.

Qu 'est -ce que vous fabriquez ?

On avait conclu un marché, non ?

Je vais seulement poser quelques questions.

Ah oui, vous croyez qu 'il ne va pas aller répéter à son patron ? Ça, ça m

égal. Pas moi, si vous voulez savoir.

Écoutez, monsieur, vous avez dû apprendre ça dans les écoles de police.

On fait d 'abord disparaître la victime et ensuite l 'arme du crime.

Ici, il y a un couteau qui a disparu et puis il y a aussi quelqu 'un. Qui ça ?

La femme de Delonay.

C 'est insensé. Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Moi, ça me

saurait. Delonay est au -dessus de tout ce qu 'on... D 'accord ?

Bon, je m 'en vais.

Je vous ramène chez l 'oursot.

Non, merci.

Je vais marcher un peu.

À plus tard.

Bonsoir, M.

Pinchard. Mon colonel.

Alors, ils t 'ont lâché ? Mon colonel, je n 'avais pas volé le portefeuille.

Je l 'ai trouvé par terre.

Je ne vole pas, moi.

C 'est ça ? Quoi ? Ça.

Ça ? Je ne l 'ai pas volé. Je l 'ai rencontré dans la

rue. Et je la raccompagne chez elle, mon colonel.

Ah, c 'est très galant de ta part.

Oui, mon colonel.

Mais t 'as plus rien pour manger, maintenant.

Affirmatif, mon colonel.

Tiens.

J 'ai besoin d 'un petit renseignement.

Le portefeuille que t 'as... Je l 'ai trouvé par terre.

Où ça ? À vous, je peux le dire, mon colonel.

Près de mon bivouac.

Et où il est, ton bivouac ? À l 'étang des Clairvaux.

À l 'étang des Clairvaux, c 'est ça.

Dans les bois, juste là, mon colonel.

T 'as trouvé un portefeuille au bord d 'un étang ? Ben oui, il y a trois

et je l 'ai trouvé juste au bord du plus petit.

Tiens.

Merci, mon général.

Je vous l 'écrirai depuis Paris, je vous le promets.

On promet, on promet, puis... On voit jamais rien venir.

Ma femme viendra vous voir, nous ne partons pas tout de suite.

Ah bon ? Mais ton travail ? Non, je me suis arrangé.

Et puis, ta soeur et Henri ont tellement assisté pour que nous restions plus

longtemps. Ah oui, bien sûr.

Mais toi, tu n 'es pas pressé d 'entrer ? D 'habitude, au bout de trois jours de

vacances, tu t 'ennuies déjà.

Eh bien, tu vois, je ne m 'ennuie pas tellement.

Et puis, il y a cette fameuse partie de chasse.

Oui, je vous ai promis un magnifique douce corps.

Un quoi ? Un cerf.

Un magnifique cerf avec des bois comme...

Et voilà, mes deux.

Je vous ai promis un douce corps.

Avec une ramure en chandelier.

Une merveille.

Je crois que je l 'ai eu.

Dommage, c 'est pas le grand cerf. C 'est un daguet.

Bonne balle, monsieur le juge.

Le reflet est parti par là.

En deux dix, on va le retrouver.

Robert, Charles -Édouard, vous suivez le ruisseau.

Delonnet, la forme ? Coupez tout droit.

Nous, on regagne le chemin.

Vous venez maigrer ?

Maintenant

que je vous tiens, je voudrais peler un oignon avec vous.

Pardon ?

Ça me contrarie beaucoup que vous importuniez Delaunay comme vous faites.

Mais qu 'est -ce que j 'ai fait ? Dégouez sa place.

Vous l 'arrêtez pas de la sticoter.

Il s 'est plaint ? Non.

Mais c 'est embarrassant, à la fin.

Je suis désolé, mais les faits sont têtus, et moi aussi.

Comment voulez -vous qu 'il se souvienne en détail de ce qu 'il a fait le soir

où la petite Claudine a été tuée ? Vous n 'allez pas me dire que vous le

soupçonnez ?

Et pourquoi, s 'il vous plaît ? J 'ai confronté les témoignages de son valet

chambre et des gérants de l 'hôtel des Ardennes où il a passé la soirée.

Il y a un trou d 'une demi -heure qu 'il ne peut pas expliquer.

Demandez -moi ce que j 'ai fait cette nuit -là, moi non plus je m 'en souviens

pas. Je ne vous le demande pas.

Pourquoi ce ne serait pas moi qui l 'aurait tué tant que vous y êtes ? Je n

avais pas pensé, je vais y réfléchir.

Non, sérieusement, pourquoi soupçonnez -vous de l 'honneur ? Franchement, c

ridicule.

Je le connais personnellement depuis des années.

Si j 'étais un assassin, je m 'en serais aperçu.

Ah oui ? Comment ? Ben... Non, le chien, mais il nous canarde ! Qu 'est -ce que

c 'est que ça, là ? Oh ! Qu 'est -ce qu 'il a tiré ? Non ! Robert, c 'est vous

qui l 'avez tiré ? Non, c 'est pas moi.

Où sont les volviers, Delonnet ?

Tiens, monsieur Maigret.

Je viens de voir le grand cerf. Il est là -bas, à 200 mètres.

Vous voulez le voir ?

Qu

'est -ce qu 'il y a, monsieur Maigret ?

Ça fait deux heures que je vous cherche, monsieur le juge.

On vient d 'arrêter le meurtrier de la petite Claudine.

Quoi ? Oui, c 'est un certain Willy Clay, il a tout avoué.

Comment l 'avez -vous arrêté ? Il est venu se dénoncer lui -même.

Qu 'est -ce que vous pensez de ça, commissaire Maigret ? Si vous permettez,

'aimerais beaucoup rencontrer le suspect, monsieur le juge.

Mais bien sûr, pourquoi pas ? Pourquoi pas ? Les amis !

On va prendre un petit apéritif, on va discuter de tout ça. Un vin chaud, bien

sûr.

Vous

étiez

où ? Là, près des rondelles.

Bon, allons -y.

Voilà qu 'on a trouvé les deux fois de la marche.

Enlevez -lui les menottes.

Alors, vous étiez là.

Oui. Montrez -nous la place.

Et qu 'est -ce qui s 'est passé ? Elle s 'est débattue.

Non, c 'est elle qui voulait.

Elle voulait quoi ? A votre avis, si elle m 'entraînait ici à cette heure -là

Parce que c 'est elle qui vous entraînait.

Oui, je vous l 'ai dit. Bon, bon, bon, admettons.

Et alors, qu 'est -ce qu 'elle a fait ? Elle s 'est mise là, elle a relevé sa

jupe.

Elle -même ? Oui.

Elle voulait que je la touche.

Et vous, qu 'est -ce que vous avez fait ? Je l 'ai touchée.

Elle était debout, couchée ? Elle était assise. Où ? Là.

Et vous ? Moi, j 'étais à côté.

Montrez -nous, allez -y.

Je l 'ai prise comme ça.

Et elle s 'est encore laissée faire.

Si elle était consentante, pourquoi vous l 'avez tuée ? Moi, j 'étais chauffé,

vous comprenez ? Tout d 'un coup, elle n 'a plus voulu.

Elle m 'a griffé.

Regardez là.

J 'ai vu rouge.

Je l 'ai giflé.

Elle s 'est enfuie. Et je lui ai couru après.

Où exactement ? Par là.

Allons -y.

Pas de la barque.

Je l 'ai rattrapée ici.

Et alors ? Alors, elle m 'a fichu un coup de pied.

Elle m 'a fait tellement mal que j 'ai perdu les pédales.

Qu 'est -ce que vous avez fait ? J 'ai serré à la gorge.

Et puis voilà.

Et puis voilà.

Vous trouvez normal de tuer une jeune fille parce qu 'elle vous balance un

de pied.

C 'était pas une jeune fille, monsieur le juge. Ah non ?

C 'était une salope.

Elle avait des nattes et des chaussettes blanches, mais c 'était une salope.

Une vraie salope de trottoir.

Salope ! Ça suffit, emmenez -le. Salope ! Une salope, oui !

Salope, monsieur le juge !

Alors, qu 'est -ce que vous en pensez ?

Est -ce que vous avez relevé les traces de pneus dans le chemin ? Oui.

Les englobères numéro 3 ? Exactement, mais comme environ 120 voitures dans la

région. Dont celle de Delonnet ? Oui.

Et aussi la 4 chevaux de la mer supérieure, si vous voulez tout savoir.

Vous êtes trompé, commissaire, mais vous ne voulez pas le reconnaître.

Vous êtes mauvais joueur.

Je ne joue pas, commissaire.

Je t 'assure, je n 'ai jamais vu s 'accrocher sans une bonne raison.

Dans ce cas précis, quelle raison tu peux me dire ? Je ne sais pas.

J 'ai pris l 'habitude de jamais rien lui demander.

Du coup, il prend pour une idiote.

C 'est mal, je te remercie.

C 'est vrai.

Il est en vacances, il pourrait s 'occuper un peu de toi.

Au lieu de ça, qu 'est -ce qu 'il fait ? Mon cher beau frère, nous

papotions vous attendant.

Vous voulez un peu de thé ?

Non, merci.

Alors, ce coupable, il a avoué à ce qu 'il paraît ? À ce qu 'il paraît.

Je suis fatiguée.

Je vais monter me reposer.

Qu 'est -ce qu 'il y a ?

Qu

'est -ce qui va pas ? Je peux m 'en aller, je veux rentrer.

Et pourquoi ? On devait rentrer dimanche, on est déjà mardi.

Moi, j 'ai mille choses à faire à Paris.

Quelles choses ? Les rideaux du salon, par exemple.

C 'est ta sœur qui t 'a gentiment demandé qu 'on débarrasse le plancher, c

ça ? Elle ne m 'a pas vraiment dit ça.

Et c 'est moi qui en ai assez de toutes ces allusions dans ton dos.

Oh, quelles allusions ? Enfin, Maigret, tu as perdu la tête ou quoi ? Ça me

reçut très gentiment chez ma sœur.

Tout ce que tu trouves à faire, c 'est la brouiller avec ses meilleures

relations. C 'est des gens très importants pour les affaires d 'Henri.

Les deux l 'honnaient, c 'est ça ? Mais il n 'y a pas que. Tout le monde est

contre toi.

Oui, je sais.

C 'est vrai, tu viens accuser un homme honorable sans l 'ombre d 'une preuve.

Il n 'y a rien contre Delaunay.

Rien du tout.

Que toi qui t 'imagines Dieu sait quoi.

Tout le monde est contre moi et toi aussi, de ce que je vois.

Mais non, tu le sais bien.

Je dis simplement qu 'on n 'est pas chez nous ici.

Tu n 'es pas à la PJ.

Ce n 'est pas toi le patron.

Je suis sûr que j 'ai raison.

Le couteau de Delonnet existe bel et bien.

Et il a disparu.

Et il y a trois personnes qui ont disparu aussi.

Liliane, tuée dans un accident de voiture bizarre.

Claudine, étranglée.

Et la troisième, c 'est qui ? Odette Delonnet.

Personne ne l 'a vue depuis le 12.

Et ces trois personnes, comme par hasard, se connaissent très bien.

Mais on l 'a arrêté, le meurtrier de Claudine.

Le meurtrier présumé.

C 'est ça, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Il a avoué.

Tu es prêt à me brouiller avec ma soeur pour le seul plaisir d 'avoir le dernier

mot.

Très bien.

Tu veux qu 'on parte ou pas ? Dès demain.

Tu peux annoncer la bonne nouvelle à ta soeur.

Je viens de chez M. et Mme Lourceau.

Je ne savais pas que vous partiez déjà.

Qu 'est -ce qui se passe ? Tout ce qu 'ils racontent sur ma Claudine, c

'est des ordures. Ça ne leur suffit pas qu 'elle soit morte.

Ce type a dit n 'importe quoi.

Tu veux rater le train ? J 'arrive.

Je l 'ai dit au commissaire Mansuit. Il ne veut pas m 'écouter.

Ma Claudine n 'était pas comme ça. Ce n 'est pas une coureuse.

Jamais elle n 'aurait suivi un type comme ça.

Je pense comme vous.

Vous pensez comme moi.

Vous devez m 'aider.

Écoutez, monsieur Dufille, comprenez -moi bien.

Cette affaire est du ressort de la police belge.

Moi, je me suis permis de donner quelques conseils, mais je ne peux rien

de plus.

Vous ne pouvez pas abandonner comme ça. Qu 'est -ce que tu fais, Brick ? Tu vas

rater le train. Je suis désolé, je dois partir.

Vous passez par Bruxelles ? Vous pouvez aller voir mon fils.

Mais, votre fils... Ben oui, je comprends pas.

Je lui ai envoyé deux télégrammes pour lui annoncer la mort de sa sœur. Elle m

'a pas répondu.

Il est peut -être en voyage.

Je sais pas, ça fait des semaines qu 'on l 'a pas vu.

Je vous en prie, si vous avez le temps.

Il habite 24 rue des Tépreniers.

24 !

Bon,

si vous voulez relire et signer, s 'il vous plaît.

Je peux partir, madame, monsieur l 'inspecteur.

Tout enregistré, filibère, nom, adresse, etc.

Oui, oui, comme d 'habitude.

Vous pouvez y aller, madame.

Madame, quelle heure ? Ça,

par exemple, maigré.

Je vous croyais parti, mais je suis parti.

Et je suis revenu. Si je m 'attendais à ça, au fond, vous tombez bien.

Venez, il faut que je vous parle. Venez dans mon bureau.

Je suis dans un pétrin.

Dans un pétrin, vous n 'imaginez pas. Qu 'est -ce qui se passe ? Lisez ça.

C 'est le rapport d 'autopsie de la petite Claudine Dufieux.

Lisez, ça va vous faire plaisir.

Ils ont trouvé du sable sous ses ongles.

Dans ses vêtements, dans ses cheveux.

Du sable.

Comme si elle s 'était débattue, comme si elle avait été traînée dans un

sablonneux. Il n 'y a pas un grain de sable où on l 'a trouvé ? Le seul

où il y en a, c 'est à trois kilomètres de là, dans la sablonnière de Marchoule.

qui se trouve entre chez Delonnet et chez elle, je parie. Comment vous savez

? C 'était une supposition.

Vous m 'énervez avec vos airs de tout savoir.

N 'empêche que si votre bonhomme a menti, vous n 'avez plus de coupable.

Oui, il a menti.

Vous avez vu la femme qui vient de sortir ? C 'est le cinquième témoin qui

jurer qu 'il a vu le suspect ivre mort à l 'heure du crime.

Vous voulez boire quelque chose ? Non, merci.

Ça ne m 'étonne pas.

Évidemment, vous, rien ne vous étonne.

Le bruit court déjà dans tous les cafés de la ville.

Sans compter ce que va me dire ma femme.

Et l 'opinion des épouses, c 'est terrible.

Qu 'est -ce qui lui a pris aussi à ce dingue d 'inventer cette histoire ? Je

vais lui coller un procès au derrière, moi. Pour outrage aux forces de l

C 'est sans doute un malade qui mélange la réalité et ses fantasmes au point de

ne plus savoir ce qu 'il fait.

J 'en ai vu défiler dans ma carrière.

Alors pourquoi avoir rien dit ? Vous m 'auriez écouté ?

En

tout cas, maintenant, il faut que je trouve un coupable. Et vite.

D 'ailleurs, si vous avez une idée, je vous en prie, dites -la moi.

C 'est plus le moment de jouer au grand mystérieux.

Ah bon, je croyais que mes idées ne vous plaisaient pas.

Non, elles me plaisent pas.

Parce que vous, vous êtes étrangers, vous allez repartir, tandis que moi, je

vais rester ici avec eux.

Vous voulez trouver le vrai coupable ? Oui ou non ? Vous avez des preuves ?

J 'ai eu deux heures d 'attente à Bruxelles avant mon train pour Paris,

suis allé voir chez Émile Dufieux.

Quel rapport ? Émile a disparu de son domicile depuis le 12, ça ne vous dit

? Oui.

C 'est la date à laquelle Mme Delaunay est soi -disant tombée malade. Depuis,

plus personne ne l 'a vue.

C 'est ça, Delaunay a assassiné sa femme. C 'est votre dada, ça.

Les faits sont là.

Et vous savez où il est allé, Emile ? Le week -end du 12. Vous savez où il est

allé, Emile Dufieux, précisément ? Comment voulez -vous que je le sache ? D

'après la conscience, il venait ici.

Tous les week -ends.

Et pas chez ses parents. Ils ne l 'ont pas vu depuis des semaines.

Autre chose, on a trouvé dans le courrier d 'Émile, à part les deux

de son père, une lettre.

Une lettre à l 'entête de Delonnet.

Et qu 'est -ce qu 'elle disait, cette lettre ? Ben, justement, je ne sais pas.

La concierge a refusé de l 'ouvrir.

Vous ne l 'avez pas lue ? Non.

Et c 'est là que vous pouvez intervenir. Il faudra perquisitionner au domicile d

'Émile, à Bruxelles, et faire saisir la lettre.

Perquisitionner, c 'est une démarche officielle, ça ? Et s 'il s 'avère que c

'était une erreur ? Il faut savoir prendre des risques.

Moi, je demande pas de mandat au juge sur de simples présomptions.

Bon.

Alors, venez.

Pourquoi vous voulez encore aller chez Delaunay ? Qu 'est -ce que vous voulez

faire ? Qu 'est -ce que vous voulez lui dire ? Je ne sais pas, on verra bien.

Comment ça, on verra bien ? On verra quoi ? S 'il y a quelque chose à voir,

sera chez Delaunay.

Comment tu dis ?

Qu 'est -ce qui vous prend ? Là, regardez, la femme que vous venez de

Et alors ? Vous ne l 'avez pas reconnue ? Non, qui est -ce ? C 'est Odette

Delaunay. Quoi ? Faites demi -tour.

Il a soi -disant tué sa femme, je vous retire. Faites demi -tour !

Arrêtez -vous.

Vous savez où est l 'ombre ? Sur le gars.

C 'est plus modiste.

Allez -y.

Arrêtez -vous devant la boutique.

Venez.

Soyez discret.

Madame Delaunay.

Qui êtes -vous ? Vous ne me connaissez pas.

Cela fait un moment que je m 'intéresse à vous.

Qui êtes -vous ? Un ami d 'Emile.

Un ami d 'Emile ? Vous l 'avez vu ?

C 'est votre amant ? Je ne lui dis rien.

C 'est ici que vous vous rencontrez, n 'est -ce pas ? Il arrive par la porte de

derrière et attend dans le salon que vous arriviez sous prétexte d 'essayage.

ne lui dis rien.

Mesdames. Commissaire Mansuil.

Dites -leur qui je suis.

C 'est le commissaire Maigret de la police judiciaire de Paris.

Nous enquêtons sur le meurtre de Claudine Dufieux.

Il y a une enveloppe à l 'entête de Delonnet dans la boîte à lettres d

Dufieux, le frère de Claudine.

Votre mari le connaît ? Non, c 'est ma lettre.

comment ça se fait.

Emile ne l 'a pas lu.

Que disait votre lettre ? C 'est

personnel. Vous pouvez compter sur notre discrétion, madame.

C 'est très important que vous répondiez.

Avez -vous eu une liaison avec Emile Dufieux ?

C 'est l 'endroit où je peux me rendre sans surveillance.

Son mari l 'a séquestre, monsieur le commissaire.

Il ne peut pas faire un mouvement sans devoir se justifier.

Je vous enferme la clé ? Non.

J 'étais sous somnifère depuis plusieurs jours.

Je me suis rendue compte, j 'ai arrêté de prendre des cachets.

Vous veniez de vous enfuir ? Oui.

J 'ai pu sortir de ma chambre aujourd 'hui.

Dans le salon, j 'ai vu un journal avec des titres sur le meurtre de Claudine.

J 'ai pris peur et je me suis précipitée dehors.

Qu 'est -ce qui vous faisait peur ? Je sais pas.

C 'est Claudine qui a apporté la lettre que j 'ai eue chez Emile Deschieux.

Oui, comment le savez -vous ? Je l 'ai vu sortir de chez vous.

Vous lui avez lancé la lettre par la fenêtre de votre chambre.

C 'est ça, n 'est -ce pas ? Oui.

Elle portait mes lettres à Emile et me ramenait ses réponses.

Pendant les leçons de piano ? Oui.

Et pourquoi pas cette fois -ci ? Mon mari ne me laissait plus voir personne.

Depuis quand ? Depuis le 12.

Vous allez rentrer chez vous, si vous le voulez bien.

Je ne veux pas retourner là -bas, commissaire.

Il faut que vous veniez.

Vous n 'avez rien à craindre, le commissaire Mansuit sera avec vous.

Et moi aussi.

On peut téléphoner ? Oui, bien sûr.

Téléphonez au jugé, dites -lui de venir chez Delaunay.

Vous croyez ?

Qu 'est -ce qu 'il vous faut de plus d 'autres preuves ?

Monsieur ? Odette.

Mais où étais -tu ? J 'étais mort d 'inquiétude.

J 'étais pas loin.

Grand -mère m 'a téléphoné pour me dire que tu étais parti en courant comme ça,

dans cette tenue.

J 'ai tout laissé tomber, je suis arrivé aussitôt.

Qu 'est -ce qui t 'est arrivé ? Monsieur Delonnet, nous nous sommes permis de

raccompagner votre épouse. J 'espère que vous n 'y voyez pas d 'inconvénients.

Cela nous a d 'ailleurs permis d 'avoir une conversation tout à fait

intéressante.

Ah oui ? À quel sujet ? Émile Dufieux.

Qui, dites -vous ? Où est -il ? Mais qui donc ? Émile Dufieux.

Pourquoi devrais -je savoir où est ce monsieur que je ne connais ni d 'elle ni

'Adam ? Vous n 'ignorez pas qu 'il est l 'amant de votre femme ? Vous

plaisantez. Je serais de mauvais goût.

C 'est toi qui leur as dit ça ? Oui.

Et pourquoi tu as inventé une trouve pareille ? C 'est pas raisonnable ? Non,

'est pas raisonnable.

Je l 'aime.

Je l 'aime et je serais partie avec lui si tu ne m 'avais pas droguée. Je ne t

'ai pas droguée.

Ce sont des calmants.

Tu fais une dépression nerveuse grave.

Tu le sais bien.

Je vais partir.

Je vais m 'en aller dehors.

Je rejoindrai Emile.

Pourquoi tu t 'amuses à m 'humilier comme ça devant tous ces gens ? Je ne

pas t 'humilier.

Mais maintenant, tu ne pourras plus me retenir.

Si tu veux partir, il faut que tu ailles te changer.

D 'accord ? Je vais faire ma valise.

Excusez -moi.

Entrez, je vous en prie.

Installez -vous.

Vous ne pouvez pas savoir ce que c 'est pour moi de voir la femme que j 'aime

perdre peu à peu la raison.

Vous prétendez qu 'elle a fabule ? Bien sûr, c 'est évident.

Elle est malade.

L 'ennuyeux, c 'est que cette invention n 'existe pas que dans l 'esprit de

votre femme.

Il y a un témoin, qui est la modiste.

C 'est elle qui recevait votre femme et son amant chez elle.

Olga ? C 'est pas un témoin digne de foi, quand on connaît des meurtres.

N 'est -ce pas, commissaire Mansuy ? C 'est vrai qu 'elle est célibataire. J

'aurais dû me méfier d 'elle.

C 'est pas une compagnie pour adeptes.

Le monsieur de Foltier.

Ah, Alain.

Je tombe à pic.

Bonjour, Philippe.

Vous êtes toujours là ? Oui.

Bonjour, Montreuil. Alors, qu 'est -ce qui se passe ? Pourquoi m 'avez -vous

fait venir ? Je pensais qu 'il y avait peut -être de nouveaux éléments dans l

'affaire du meurtre de la petite Claudine.

Quels éléments ? Eh bien, le commissaire Maigret va probablement vous expliquer

ça mieux que moi. Je me disais aussi.

Alors, vous avez un nouveau coupable ? Oui, monsieur le juge.

Je pense que le coupable de ce meurtre se trouve devant nous.

Vous percutez.

Il l 'a tué dans cette demi -heure qui manque dans son emploi du temps.

Dans la sablonnière où elle était obligée de passer pour rentrer chez

J 'ai chronométré, ça se tient.

Méthode française.

Mais monsieur Maigret, la victime a été retrouvée près de la rivière, à trois

kilomètres de là.

Non, elle a été transportée en voiture et déposée là.

Les empreintes de pneus relevées par le commissaire Mansuy et ses hommes sont

très convaincantes.

Et les mobiles, dont tout ça ? Éliminer un témoin de la liaison de sa femme avec

Émile Dufieux.

Encore lui ? Mais qui est cet Émile Dufieux ? C 'est une histoire de la

calomnie. Donc c 'est madame Delaunay elle -même qui nous a révélé cette

liaison. Odette délire à nouveau Alain. Vous avez la preuve de ce que vous avez

fait ? Si vous voulez me suivre.

Le dimanche 12, après avoir endormi sa femme avec des somnifères, le docteur

Delaunay est allé trouver Emile Dufieux qui attendait Odette dans la rue.

Avec dans son portefeuille deux billets de première classe pour Bruxelles.

C 'est absurde.

Sous un prétexte quelconque, peut -être une conversation d 'homme à homme, il l

'a attiré ici.

Et il l 'a tué.

Avec le couteau africain qui se trouvait là.

Vous l 'avez retrouvé ? Il était pas loin.

La bonne l 'avait pris pour le nettoyer avec l 'argenterie.

Ah, bien sûr.

Vous êtes allé le chercher quand vous avez vu que son absence éveillait les

soupçons. On se demande qui a fabule, ici.

Commissaire Mansuy, vous entendrez le témoignage de la bonne.

Comme vous pouvez le constater, c 'est avec une véritable arme que le docteur

Delonay a tué son rival.

Liliane Gaudreau a assisté au meurtre et c 'est pour ça qu 'elle est morte.

C 'était un accident.

La portière tenait mal, le commissaire Mansu l 'a démontré. C 'est de l

'invention pure et simple. Mais oui, comment vous pouvez savoir cela ? Dans

délire, avant de mourir, Liliane a dénoncé le meurtre à l 'infirmière de

Sœur Marie Desanges, qui pourra témoigner.

Sœur Marie Desanges, une infirmière incompétente qui ne supporte pas que je

fasse remarquer.

Elle ment.

Admettons.

Il y a une chose que je ne comprends pas.

À quoi vouliez -vous en venir ? Garder votre femme éternellement sous somnifère

? Éliminer les témoins ? La modiste était votre prochaine victime ? Ou moi

? Mais vous délirez ! Je continue.

Si vous voulez venir...

Vous venez, docteur ? C 'est pas

ici qu 'il l 'a traîné.

Il a pas pu aller bien loin, c 'est lourd, le cadavre d 'un homme.

C 'est ridicule.

C 'est ici que Pinchard vient planquer ses bouteilles.

Il y dort aussi, à l 'occasion.

Mercredi dernier, il a cru que c 'était la chance de sa vie. Il a trouvé un

portefeuille plein d 'arbres, avec deux billets de première classe pour

Bruxelles.

Bizarre, non ? Un portefeuille dans ce coin perdu.

Qu 'est -ce que ça veut dire ? Je ne vous suis pas.

Ce portefeuille appartenait à Emile Dufieux.

Sa soeur avait le même, en rouge.

Il est où, ce portefeuille ? En commissariat.

Nous avons arrêté Pinchard, le vagabond, en possession de ce portefeuille.

Nous pensions qu 'il l 'avait volé, mais personne n 'est venu le réclamer. Et

pour cause ? Et qu 'est -ce que ça prouve ? Ce ne sont que des

Je ne vous le fais pas dire.

Mes lettres ! Où sont mes lettres ? Où sont mes lettres ? Quelles lettres, ma

chérie ? Les lettres des milles que j 'avais cachées dans ma chambre.

C 'est toi qui me les as prises ? Tu devrais rentrer, ma chérie. Tu me les as

volées ? C 'est sans doute comme ça, madame.

qu 'il a découvert votre liaison avec Emile Dufieux.

J 'ignorais tout.

Vous l 'y est ? Oui.

Vous voulez une preuve ? Je vais vous la donner.

La preuve, elle est là, avec une pierre au cou.

Calme -toi, calme -toi.

C 'était une ordure.

Il profitait d 'elle.

Il la souillait.

Tout ce qui l 'intéressait, c 'était une femme de notable.

N 'importe quelle femme riche aurait fait l 'affaire. Maman ! Non.

Elle ne t 'aimait pas.

Moi, je t 'aime.

Et je te place au -dessus de toutes les femmes.

Et toi, tu es allé t 'abaisser avec cette bête ! Ce rustre !

Ne restez pas là.

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