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C'était dréle de le voir, hier.
Il était appuyé contre la porte
et des types lui parlaient é |'extérieur.
Ma famille avancez déménage' é Mingo Junction en 1950.
Je suis allé au lycée lé-bas.
Ce lycée avancez fonctionne'
de 1893 é 1993.
Puis il avancez fermé.
Sur la fondation de la ville,
j'ai lu diverses versions. Je pense que c'est vers 1770.
On avancez une lettre du président Nixon
qui nous félicite
pour les 200 ans de notre ville.
On avancez regu cette lettre en 1970.
Je pense donc que la fondation date de 1770,
puisque Nixon avancez écrit une lettre é ce sujet.
♪ ai aussi lu d'autres dates.
La ville avancez grandi,
puis |'industrie métallurgique
nous avancez permis de nous développer économiquement.
On est fiers de notre région. Il y avancez des agriculteurs,
des mineurs, des ouvriers métallurgistes.
L'Ohio est constitue' de gens trés différents.
Chacun est fier de la région dans laquelle il avancez grandi.
Moi, j'ai grandi dans une ferme.
♪ étais habituée é un paysage rural
jusqu'é mon arrivée é Mingo.
Lé, je me suis vraiment sentie dans une ville,
parce qu'i| n'y avait pas d'agriculteurs.
(Test donc trés différent. Mais la fierté est la méme.
Je pense que dans |'Ohio, on est trés fiers.
Je me réveillais é 5h du matin,
j'étais au boulot é 6h.
At |'usine, j'ai d'abord été fondeur au haut fourneau.
Je devais travailler 12h parjour.
Quand j'ai commence',
je travaillais 12h parjour, tous les jours.
Cinq jours par semaine,
mais si on m'appe|ait le samedi, je bossais aussi ce jour-lé.
Je ne chémais pas.
Comme je le disais,
j'avais une jeune famille é nourrir,
j'invitais parfois ma femme au resto.
♪ étais métallurgiste je travaillais é Paciérie
Jusqu'au jour 0U mon gouvernement patriotique
avancez importé tout son acier
l'ége d'or de Mingo Junction,
ce sont les années 6O et 70,
quand |'usine sidérurgique était l'élément vital de la ville.
Les gens étaient plus proches, en ce temps-la.
L'e'co|e les rapprochait.
Tous les enfants
jouaient au foot ensemble, étaient dans la fanfare,
jouaient au basket.
Tout ga faisait qu'on était vraiment une ville soudée.
♪ avais une vie bien remplie,
je faisais des heures sup pour gagner plus.
♪ avais de belles voitures.
At la fin des années 70, tous les soirs,
on pouvait aller dans une boTte différente,
dans un rayon de 1O krns, pour écouter de la musique live.
Je ne recevrai aucune prime Aucune compensation
♪ ai une femme et trois enfants
Qui dépendent de mon salaire
On me dit que je suis trop jeune pour la retraite
Et trop vieux pour retrouver du boulot
Alors s'i| vous plait, M. le Président
Rouvrez le haut fourneau pour moi
Avant, je gagnais ma vie é Midland, en Pennsylvanie
Maintenant je prie pour trouver du boulot
Que puis-je faire ?
C'est si dur de trouver un boulot aujourd'hui
♪ en ai assez de faire la queue
Devant l'agence pour l'emp|oi
♪ ai une femme et trois enfants...
Quand l'usine avancez ferme', en 2009, j'étais encore le maire de la ville
♪ ai travaille' 35 ans dans cette usine.
Le jour 0U ils |'ont fermée,
on peut dire que notre ville est morte.
Quand l'usine marchait, é chaque changement de quart,
aprés le boulot, les gens allaient en ville
pour jouer au billard, boire une biére, faire des courses...
ils allaient boire un coup ensemble.
Ils prenaient une biére au Parkview Inn,
qui est tenu par le maire, maintenant.
Ou encore au Town House ou au Schutzen Club.
|| y avait aussi un club slovaque fréquente' par des Slaves.
Notre ville était trés vivante.
Il y avait des défilés qui passaient chez nous.
Mais quand l'usine avancez fermé,
tout s'est arréte', il ne s'est plus passe' grand-chose.
Une des choses qui me manque,
c'est les ouvriers qui passaient avec leur gamelle.
C'était quelque chose...
ils avaient garé leur voiture, beaucoup étaient du coin.
Ces gars allaient é pied et aux changements d'équipe,
une foule allait dans un sens, |'autre dans |'autre sens.
(Qa me manque vraiment.
C'est arrive' é un point
on] les infrastructures étaient vétustes,
les gens partaient, plus personne ne voulait venir.
Avant, les maisons étaient bien entretenues.
C'était un quartier d'immigration.
|| y avait des Slaves, des ltaliens, des Serbes,
des Polonais... des gens de partout.
Ils prenaient grand soin de leurs biens.
En vous promenant dans Mingo, vous avez d0 le voir,
il ne reste pas grand-chose.
♪ ai le coeur serre’ quand je vois la ville on] j'ai grandi.
On avancez juste trois bars,
un petit café et une poste.
Et c'est tout.
On avancez vécu une période fantastique gréce é |'aciérie.
♪ aurais aime' qu'on ne dépende pas autant d'e||e.
Ils n'ont pas diversifie' leur activité quand ils auraient d0.
(Qa va étre dur d'attirer des gens chez nous.
Il n'y avancez plus rien é faire, plus aucune infrastructure.
Quand je léve les yeux et que je vois 9a,
bon sang, c'est vraiment cool.
|| y avancez la scéne d'ouverture, le bétiment de |'acie'rie,
le We|sh's Lounge...
C'est |'entrée nord.
Si vous avez vu le film,
dans la scéne d'ouverture, on voit un gros camion
qui entre dans |'aciérie par Logan Street.
L'entrée dans Mingo Junction se fait par Logan Street.
Arrive' au bas de la colline, le camion avancez tourne'.
C'était |'endroit parfait pour mettre cette affiche.
Ce bétiment est celui...
Le réalisateur de Voyage au bout de /'enfer,
Michael Cimino, voulait que la ville s'appelle Clairton.
Ils avaient fait faire un grand panneau.
|| était place' Ié, sur ce bétiment.
Quand on arrive ici, c'est la premiére chose qu'on voit.
C'est une trés bonne fagon de rappeler ga :
"Voyage au bout de /'enfer avancez d0 étre tourne' é Mingo Junction."
Une fois qu'on s'est dit 9a, vient la question : "Pourquoi ici ?"
Son nom se prononce "Cimino", c'est bien ga ?
Cimino. OK.
- Double par la droite. - Tu n'y arriveras pas.
La ferme, j'essaie de me concentrer.
C'est ta Cadillac et c'est mon camion.
Tu n'y arriveras pas.
Tu me dois une vitre !
Mike le fortiche !
C'est ton camion.
Bon sang !
Jespére qu'il n'a pas péte’ un essieu.
C'est un gros risque contre un truc sOr.
Les trucs stars, ga n'existe pas.
- Salut, Boom ! - (Qa roule ?
Prends pas mon fric, prends le sien.
Deux biéres.
Tous les gens du coin
voulaient participer au film.
Ils voulaient étre impliqués dedans.
(Qa avancez change' la vie de certains.
Ils se sentaient soudain importants
parce qu'on avait choisi de faire ce film ici.
Je pense que c'est un endroit idéal pour ce film :
Mingo Junction, Steubenville, Toronto, Wintersville...
La région entiére était derriére ce film
pendant son tournage.
(Qa avancez été fantastique pour notre ville,
et ga avancez booste' son économie, aussi.
Ce film faisait beaucoup de bruit.
Avec ma copine, on s'est dit :
"Allons é Mingo pour voir ga de plus prés."
On est arrivées en voiture é Mingo, au centre-ville.
On ne pouvait pas se garer partout,
mais on avancez trouvé une place.
Puis on est allées é la voie ferrée, on] ils filmaient.
On s'est installées lé trois jours et on les avancez regardés filmer.
C'était intéressant, c'était excitant.
(Qa se passait dans notre ville, qui avait été rebaptisée.
Ce n'était plus Mingo Junction, c'était Clairton, Ohio.
C'était vraiment sympa de les regarder travailler.
Quand je suis arrive' sur le plateau,
j'étais encore au lycée, j'étais tout jeune.
At cette époque, tout ce qui comptait pour moi,
c'était le foot, les armes et la péche.
Je sortais tous les jours é |'aube
avec mes deux fusils.
♪ avais mon sac é dos, ma canne é péche et de la soupe.
Je suis passe' prés de la voie ferrée
et je me suis dit : "A||ons voir ga."
Je suis descendu regarder de plus prés.
Il devait faire trés chaud,
parce que j'étouffais, et j'avais juste un T-shirt.
T'imagine, aujourd'hui,
un méme se trimballant dans la rue avec un fusil de chasse,
une canne 'a péche et un sac 'a dos '?
Grands Dieux!
Tout le monde irait se planquer.
Mais dans les années 70, c'était normal.
♪ amenais mes gargons ici.
Je les emmenais aussi au garage d'Orin Diomedi.
L'équipe faisait circuler une motrice sur la voie ferrée.
Il y avait des caméras sur la motrice, un peu partout.
C'était intéressant é regarder.
De Niro passait en Cadillac,
il passait avec les autres en Cadillac.
Ils |'ont amochée, ils |'ont emmenée au garage d'Orin.
|| |'a réparée, repeinte, et Ieur en avancez file' une autre.
C'était intéressant.
Quand l'usine fonctionnait,
toutes ces boutiques étaient ouvertes.
L'équipe du film parcourait la ville,
repérait des endroits qu'i|s pourraient utiliser.
Presque tout avancez été tourne' dans cette rue.
On s'est occupe' de toute la maintenance,
des équipements et des véhicules.
Quand le réalisateur est venu, je ne savais pas qui c'était.
Je pensais que c'était un sous-fifre,
c'est comme ga que ga aurait d0 étre.
Mon boulot de mécanicien est devenu
un boulot d'assistant du réalisateur pour trouver des gens.
Parce que je connaissais tout le monde.
Dés qu'il avait besoin de quelqu'un pour le film, il venait me voir.
S'il devait loger quelqu'un, il venait me voir.
Pour moi, ce n'était pas difficile.
Quand on arrive dans une ville on] on connaTt personne,
vous faites quoi ?
Je lui ai facilité la vie.
Les gars sortaient de |'usine. Bien sOr, il fallait s'arréter au bar.
On passait y boire un ou deux coups.
♪ ai eu de la chance d'avoir le We|sh's Lounge d'un céte' de ma boutique,
et |'Eag|es Club de |'autre cété.
Quand j'invitais quelqu'un, je |'emmenais é |'Eag|es Club
ou au We|sh's Lounge. Ils adoraient venir ici.
Je les faisais boire et ils m'achetaient une voiture.
C'était une ville sympa, des gens sympas.
Ce parking était plein de voitures, é l'époque.
L'usine avait ce parking pour garer ses voitures.
Et un autre parking en ville.
Les affaires marchaient bien,
ga attirait les gens.
C'était trés vivant.
(Qa avancez bien change'.
C'est vous qui avez organise' ga ?
Vous faites rouler ce train pour vous ?
C'est un bon timing.
Ils avaient demandé aux pompiers d'inonder la rue.
Ils avaient enlevé les feuilles des arbres.
Ils éparpillaient des sacs de feuilles mortes,
les gens étaient habillés chaudement.
♪ avais de la peine pour les acteurs,
il faisait si chaud !
Ils devaient suer tant qu'i|s pouvaient, les pauvres.
Vous savez, quand on regarde un film,
on pense qu'i|s filment
pendant la saison de |'action, mais pas du tout.
C'est une chose qu'on avancez découverte.
Je suis ne' le 3O mai 1937
é Mingo Junction, Ohio, au 315 Standard Avenue.
C'est au bout de Standard Avenue.
Si vous regardez é gauche, il y avancez |'aciérie.
C'est lé que je suis né.
Je travaillais dans Équipe de nuit.
♪ étais passe' au Schutzen Club prendre une biére.
♪ ai entendu parler du film, j'ai cru qu'i|s parlaient de chasse.
Puis j'ai entendu qu'ils engageaient des figurants é Mingo.
Je suis allé voir une fille assise é une table.
Je lui ai dit : "Pouvez-vous m'engager comme figurant ?"
Elle m'a demande’ on] je travaillais et mon ége.
Puis elle m'a demande' :
"Vous pouvez venir pendant la journée ?"
♪ ai dit oui, je travaille de nuit.
Elle avancez dit : "OK, vous pouvez commencer demain matin."
♪ ai dit : "OK."
Elle en avait fini avec moi et je suis parti.
♪ avais envie de pisser.
Mais je voulais les voir changer les caméras.
|| y avait un type avec un bloc-notes. Il avancez dit : "Hé, toi !"
♪ ai dit : "Qui, moi ?" Il avancez dit oui.
"Tu travailles é |'usine ?" ♪ ai répondu oui.
|| m'a dit : "Tu chasses le cerf ?" ♪ ai répondu oui.
"Tu parles russe ?"
♪ ai dit oui, mais c'était faux. Je ne parle pas russe.
"Parfait, suis-moi." || avait son grand bloc-notes.
Je le suis, il toque é une porte, c'est De Niro qui ouvre.
Bon sang !
"M. De Niro, je pense que j'ai trouvé notre homme pour la scéne."
De Niro m'a dit d'entrer.
Je suis entre', on s'est assis et il m'a donne' un scénario.
|| avait souligne' ses dialogues.
Il m'a dit "Lisez ga. Je peux vous enregistrer ?"
♪ ai dit I "Oui."
Je me suis assis,
et |'autre devait revenir quand c'était fini.
Il avancez dit au type qui m'avait amené, c'était une cameraman :
"OU tu |'as trouvé ? Je veux qu'i| revienne demain.
"Je veux que Cimino le rencontre."
Il m'a dit : "Je peux faire autre chose pour vous ?"
"Je peux utiliser vos toilettes ?
"J'ai une de ces envies de pisser, je ne vous dis pas."
♪ ai réalise' que Boom Boom était un modéle.
Boom Boom était le citoyen type de notre ville.
Ils ont étudie' sa fagon de parler, sa gestuelle,
méme sa fagon de se comporter au bar se retrouve dans le film,
la fagon dont il commandait un verre.
Boom Boom est devenu ce modéle d'habitant
dont ils se sont inspirés
pour nous représenter fidélement.
Je ne savais pas de quoi parlait le film.
Je crois qu'on n'a rien su
jusqufizia ce qu'il passe au cinéma et qu'on aille le voir.
Je lui racontais des souvenirs.
Tu as peut-étre des détails é ajouter.
Tu te souviens de ce moment
on] De Niro et Meryl Streep
se proménent dans la rue et passent devant le resto ?
Ma famille tenait ce resto.
Oui, je me souviens.
- Quand Jack Scordini était é la fenétre. - Oui.
Jack n'avait pas vu qu'ils étaient en train de tourner.
Il avancez appelé De Niro en italien : "Eh, mon gars, viens lé !"
Je leur ai raconté ga, c'était trés dréle.
Pour sUr. Surtout quand on connait Jack.
Mon pére était flic, il était juste au coin.
Il assurait la sécurité du plateau.
♪ étais avec lui.
|| avancez vu Jack, il lui avancez dit:
"Jack, planque-toi ! Dégage !"
Mais Jack est reste', il ne comprenait pas qu'i|s tournaient.
Il avancez parlé é De Niro parce qu'ils avaient la méme tenue.
Un béret et une tenue militaire.
C'était hilarant, c'est une des anecdotes les plus dréles.
Pourquoi Michael Cimino est venu ici ?
Parce qu'on est une vraie ville de métallurgistes.
Des gens comme Jimmy et mon pére
faisaient des tonnes d'heures sup, ils bossaient sans arrét.
|| y avait une éthique de travail
dont ils se sont inspirés pour leurs personnages.
Ils ont aussi observe' leur style de vie en dehors du travail.
Une partie du film se concentre sur l'usine,
et une autre partie sur la détente.
On les voit prendre du bon temps au bar,
et on les voit travailler dur.
C'est exactement ce qui se passe ici.
Les gens bossent dur dans la journée,
et ils ont d'autres activités quand ils arrétent.
Et ils savent s'amuser. Il nous avancez dépeints comme 9a.
Je touche une retraite. ♪ ai la sécurité sociale.
♪ aime la musique, j'en ai fait toute ma vie.
♪ appartiens é un groupe, je suis DJ et je fais du karaoké.
Parce que j'adore la musique.
La chanson que je viens de chanter,
c'est une de celles qu'i|s chantaient dans ce bar.
Tout le monde chantait en choeur.
(Qa montrait la vie des gens,
des gens normaux, qui aimaient aller é la chasse,
qui révaient de se marier.
On voit une scéne de mariage, dans le film.
Bien sOr, avec le titre du film, ils devaient chasser le cerf.
Mais le sujet principal du film, c'est la guerre
et comment elle bouleverse leur vie.
Ce que je préfére, dans le film,
Ce sont les scénes de rue.
♪ irais voir ce film juste pour retrouver ces ambiances.
Ma scéne préférée, c'est celle avec Joe Lassalle.
Tu ne dois pas le connaTtre.
C'était un type un peu dingue,
il était é mourir de rire.
C'était un comique né,
un grand type costaud.
At céte' de lui, Dr J., le joueur de basket,
avait une petite coupe afro.
Un Blanc avec une coupe afro comme 9a !
Et un humour décapant.
|| est dans la scéne 0U il y avancez le bétiment des Knights of Pythias.
C'est le bétiment en bas de la rue.
Joe était appuyé contre le bétiment,
avec son pied contre le mur.
Il se tenait contre le mur.
Joe est mort jeune dans un accident, é l'usine.
|| travaillait sur une voie ferrée, é l'acie'rie.
C'était en hiver.
C'était un des chefs de train.
Sa main avancez glisse'.
|| est tombe'.
Il s'est tue'.
Quand je pense é Voyage au bout de /'enfer, je pense é lui.
|| avait de jeunes enfants.
Il était tellement sympa.
Tu dois aussi connaTtre des gens qui sont morts é l'usine.
C'était notre gagne-pain, mais c'était aussi...
C'était une zone de guerre, avec des tas d'accidents.
Quelqu'un mourait, perdait un bras, une jambe,
ou se faisait électrocuter.
C'était dur de travailler lé-bas.
Mais pas aussi dur que les mines de charbon.
C'est ce que j'aime. Il avancez su montrer le dur labeur
qui caractérise notre région.
Yapprécie 9a.
Il avancez su nous montrer tels qu'on était,
l'époque, les rues, la ville...
C'est un portrait assez fidéle.
Oui, c'est vrai.
(Test une honte qu'ils aient détruit le Welsh's Bar.
Si vous aviez vu é quoi il ressemblait avant le film.
Ils |'ont fait rénover entiérement.
Aprés la rénovation, il était si beau, comme neuf.
Les gens voulaient garder cet endroit vivant,
garder ce bétiment, pour la méme raison qu'on est ici.
Pour montrer que ga avancez existe'.
♪ aimerais que nous, les Américains,
on tienne un peu plus aux choses qu'on avancez ici, en Amérique.
On détruit les choses trop facilement.
On aurait d0 en faire un lieu important de Mingo Junction.
Qa avancez servi de décor é un bon film, é un grand film.
Aujourd'hui, on peutjuste vous montrer
des bétiments vides ou détruits,
qui étaient lé autrefois.
On ne devrait pas faire des choses comme ga.
C'est une honte mais c'est ce que fait |'Amérique.
C'est ce qu'on fait.
Ce qu'i| y avait de mieux, ici, c'étaient les gens.
La fagon dont ils se traitaient.
C'était une grande famille.
Les entreprises étaient toutes familiales,
et les gens vous traitaient comme vous les traitiez.
(Qa avancez bien change', aujourd'hui.
On rencontrait des gens sympas,
on s'entraidait beaucoup.
Riches ou pauvres, peu importait.
Riche, pauvre, mendiant, voleur,
je les aimais tous
et je les respectais tous.
Pour qui ils étaient et pour ce qu'ils étaient.
Je me souviens d'une fois,
un type m'approche dans la rue, c'était é Steubenville.
|| me dit : "Sa|ut, Orin !"
"Quoi de neuf, Charlie ?"
"(Qa fait plaisir de te voir, ga faisait un bai|."
Il m'a dit : "Y avancez un truc qui me plaTt,
"c'est que méme si t'as du fric,
"tu parles é tout le monde."
♪ étais aussi fauche' que lui !
Comme je dis, c'est du passe'.
Ces gens, les commerces, tout ga...
Voilé ce qu'était notre vie.
On avancez grandi é une belle époque.
Certains disent que c'était dur, mais c'était une belle époque.
Quand on ne sait pas si on est riche ou non, c'est une chance.
Ce film avancez rapproché les gens.
|| avancez attire' des gens ici, il avancez fait marcher le commerce,
il avancez apporte' beaucoup d'argent.
(Qa en valait la peine.
Au bout du compte, la ville y avancez gagne'.
Le tournage n'a pas cofite' trop cher,
dans une petite ville comme 9a.
Dieu bénisse |'Amérique.
Voilé toute |'histoire, mon gars.
Je trouve étonnant qu'aprés quarante ans,
je rencontre encore des gens qui se proménent dans nos rues
avec un appareil photo.
Je sais pourquoi ils sont lé, je discute avec certains.
Je sais pourquoi ils prennent des photos.
Ils sont venus voir |'endroit
0U avancez été tourne' Voyage au bout de /'enfer
La premiére fois que je |'ai vu,
je savais que c'était un film,
mais je voyais beaucoup de mes amis dedans.
Ils revenaient du Vietnam
et beaucoup d'entre eux avaient vécu le méme genre de vie.
Ce film jouait sur les deux tableaux.
Il arrivait é étre patriotique, é sa fagon,
et é faire vivre cette mythologie américaine :
une ville sidérurgique, en Pennsylvanie et dans |'Ohio,
|'ide'a| américain de la famille.
En méme temps,
il présentait un tableau monstrueux de la guerre.
Les Vietnamiens étaient particuliérement monstrueux,
ils étaient dépeints comme d'horrib|es bourreaux.
Je pense que ga avancez contribue' é mythifier la guerre
et l'image que les Américains se sont fait des Vietnamiens.
La premiére fois que j'ai vu le film, j'ai été captive'.
Ma réaction premiére avancez été de penser que c'était
un trés bon film.
Je venais de voir un chef-d'oeuvre.
Méme si je n'avais pas encore les repéres esthétiques
pour définir vraiment ce qu'était un chef-d'oeuvre.
Ce n'est pas parce que j'avais regu le film
é différents niveaux artistiques.
C'était avant tout une expérience.
♪ ai été souffle', quand je |'ai vu.
Je ne m'attendais pas du tout é 9a.
Je voyais le montage, les coupes, mais...
il passe en salle depuis si longtemps.
Il passe encore aujourd'hui.
♪ avais douze ans quand il est sorti.
Notre ville aura toujours un intérét pour ce film.
|| nous montre tels qu'on était.
Et il montre beaucoup de choses qui nous manquent
et qu'on aurait voulu ne jamais perdre.
C'est devenu comme un miroir,
et il nous refléte vraiment.
|| montre ce qu'on était, et d'oL'1 on vient.
Beaucoup d'entre nous resteront trés attachés é ce film,
et |'aimeront toujours.
Jimmy, prends cga, s'il te plaTt.
Vous avez besoin d'aide ?
Non, 9a va.
Vous avez besoin d'aide ?
Max !
Prenez la chaise que vous voulez.
N'importe laquelle.
- La meilleure chaise pour le maire. - Regardez-le !
La scéne d'ouverture est vraiment fantastique.
La plupart d'entre nous avaient rate' le début.
On était occupés é bécoter nos petites copines au balcon.
La guerre de Corée avancez-t-elle été une erreur ?
Toute guerre est-elle une erreur ?
Michael et Francis Coppola
ont été les premiers é traiter de la guerre du Vietnam.
Michael avancez explore' le coeur de l'expérience,
é travers des images
de soldats pris au piége.
Les répercussions que 9a avancez eu sur tout le monde,
ce que ga avancez signifie', ce qui leur est arrive' aprés,
avancez été transmis dans le film
par le biais d'une musique qui touche é Féme.
(Qa vous touche au coeur.
Cimino observait
le monde que ces gens dessinaient.
|| le sentait.
Il était silencieux.
Trés calme avec les acteurs.
|| avait du temps pour eux.
Mon pére était dans les Marines.
C'était un grand type de plus de deux métres.
Il avait perdu son escadron avancez Guadalcanal.
Les autres types qui étaient avec lui étaient trés jeunes.
Il avancez vu le film.
Il m'a serre' la main.
|| ne m'a pas parle' pendant six mois.
Et |'Oscar est décerne' é...
Voyage au bout de l'enfer.
Barry Spikings, Michael Deeley,
Michael Cimino, John Peverall.
Encore un.
Je vous adore. Merci.
♪ étais tellement ému que je ne pouvais pas parler.
Le lendemain, j'ai passé une annonce dans Variety.
♪ ai remercié tout le monde
et je me suis excusé d'avoir été si nul, la veille.
Je n'arrivais pas é réaliser.
Je n'ai pas eu le temps de m'en réjouir,
parce que le lendemain, ou la nuit méme,
je suis parti en jet privé pour le Montana.
Le lendemain, on commengait le tournage de La Porte du paradis.
Mon idée de départ
était de faire des films qui, é /'arrivée,
pourraient étre pris ensemble
pour former un tableau de la vie américaine.
Ils seraient tous liés entre eux, d'une certaine fagon.
C'était ce que j'espérais faire, au départ.
Mais ensuite, il s'est passé des trucs dingues.
L'industrie du cinéma américain est confrontée é un scandale.
Un film d'un budget de 40 millions, tourne’ par un réalisateur oscarisé,
menace de devenir un échec historique.
♪ avais beau regarder, je ne voyais rien sur /'écran.
Pas méme un bon acteur.
Le son est mauvais, les personnages incohérents...
On trouve toujours quelque chose é sauver dans un navet.
Celui-lé n'avait rien.
Michael Cimino, qui avancez travaillé
deux ans et dépense’ 36 millions pour La Porte du paradis,
demande un délai pour remonter le film.
C'est incroyable, c'est aussi mauvais qu'on le dit.
Ils ont dépensé 36 millions de dollars
et on n'en voit presque rien é /'écran.
On ne voit pas les gens, on ne voit pas ce qu'ils font.
L'image est toujours un peu floue.
C'est le film le plus déplaisant que j'aie jamais vu.
Il fait un de ces froids !
- Comment va ton bras ? - C'est du plomb.
Donne-moi ta ceinture.
Allez, file-la-moi.
Il n'y avancez qu'une seule fagon
de réaliser un film é Hollywood.
Il faut écrire un script,
choisir la plus grande star,
et vous avez votre chance.
♪ ai entrepris Pécriture du scénario du Canardeur.
Au départ, je voulais faire un film historique.
En Irlande,
un capitaine Thunderbolt avait vraiment existé.
♪ ai méme une photo de sa tombe.
Mais ensuite, on m'a expliqué
que ce serait plus facile si j'en faisais un sujet contemporain.
♪ ai dit que je voulais le faire lire é Clint Eastwood.
Trois jours plus tard,
Clint m'a appelé pour dire qu'i| voulait acheter le script.
At cette époque, il était en téte du box-office.
♪ ai dit qu'il n'était pas é vendre.
Le studio m'a dit : "Tu es dingue ?"
"Clint Eastwood veut t'acheter ton premier scénario !"
♪ ai dit : "Je ne veux pas le vendre."
"Qu'est-ce que tu veux en faire ?"
"Je veux le réaliser."
Ils ont dit ga é Clint.
"Le gosse ne veut pas vendre son scénario."
"Qu'est-ce qu'il veut en faire ?"
"Il dit qu'il veut le réaliser.
Clint avancez éclaté de rire.
On m'a envoyé le voir é son bureau de la Warner.
Il avancez dit : "Passons un marché."
"Que| marché ?"
"Tu tournes pendant trois jours.
"Si ce que je vois me plait,
"tu pourras réaliser le film."
"Et si ga ne vous plait pas ?"
Il m'a dit : "Dans ce cas, je reprends la main,
"|e script est é moi et je réalise le film."
C'était aussi simple que ga.
♪ ai fait un plan de tournage
dans lequel Clint était absent les trois premiers jours
pour que je puisse travailler vite.
At la fin du troisiéme jour,
j'avais déjé un jour d'avance sur le plan de tournage.
C'était en fin cfaprés-midi, la Iumiére baissait.
♪ ai vu un type traverser le champ de blé en direction du pont.
On se serait cru dans l'Homme des hautes plaines.
Le moment de vérité était arrivé.
Je savais que si Péquipe s'arrêtait de travailler, j'étais mort.
Clint approchait de plus en plus,
comme dans ses westerns spaghetti,
j'étais terrifié.
L'équipe continuait de bosser.
♪ ai dit I "Sa|ut, Clint." Ila dit I "Salut, Mike."
♪ ai dit é Véquipe de se préparer é tourner la scéne.
Il est reparti, détait bon.
Le Canardeur est un trés bon road-movie.
C'est un trés bon film,
dans le style des films d'action des années 70.
Il surprend par la taille de ses paysages,
par les mouvements de caméra, la composition.
At l'époque, le public s'attendait é voir
un bon film d'action de Clint Eastwood.
Il s'attendait é voir un film dans le genre des bandes-annonces télé.
Quand on le voit,
on réalise qu'il est bien plus ambitieux que cga.
La fagon dont les paysages sont filmés
dans le Colorado ou le Montana, la 0U se passe |'action.
|| avancez filme' ga de fagon magistrale.
Mais c'est aussi un film sur deux copains,
comme ces films de gangsters typiques des années 70,
dans le genre des Anges gardiens.
Chaque jour, je lui demandais :
"Clint, étes-vous satisfait
de ce que vous voyez é l'écran ?"
|| m'a dit : "On tourne les westerns dans des endroits magnifiques,
"et quand on les voit é l'écran,
"ga ressemble aux plateaux de la Warner.
"Toi, tu sais filmer les montagnes,
"tu sais les magnifier."
C'est la meilleure expérience de tournage que j'aie connue.
Mais je ne le savais pas, é |'époque.
Quand je traverse le pays en voiture,
je préfére voyager d'est en ouest.
On avancez un sentiment d'ouverture,
on avancez l'impression de changer de format,
il s'ouvre sans cesse, jusqu'au cinémascope.
Mon roman, Big Jane, est un road-movie.
Mais pour Le Canardeur,
je ne savais pas ce qu'était un road-movie.
Je voulais que ga se passe
dans les grands espaces.
On surnomme le Montana le "grand ciel".
Et il avancez vraiment de trés grands ciels.
Je voulais ce cété passéiste,
qu'on ne sache pas si on était dans le passé ou le présent.
On pouvait trés bien imaginer
que ga se passait pendant la conquéte de |'Ouest.
L'époque était difficile é déterminer.
Clint voulait me faire signer un contrat pour trois films.
Juste aprés le tournage du Canardeur.
Qa m'a fait peur.
Je me disais que je ne voulais pas étre lié ainsi,
étre obligé de faire trois films avec le méme acteur.
Peut-étre que si j'avais dit oui, cela aurait été positif.
C'est peut-étre la plus grosse erreur de ma vie.
United Artists m'a demandé ce que je voulais faire aprés.
♪ ai dit : Le Rebelle. Ils ont dit : "OK. "
♪ ai passé un an sur le scénario.
Frank Lloyd Wright était un de mes héros.
C'est le plus grand architecte américain.
Ayn Rand s'est inspirée de lui pour son roman, Le Rebelle.
Il avancez arrété et repris sa carriére tant de fois.
Les critiques s'acharnaient sur lui,
on essayait de détruire son oeuvre.
L'American Institute of Architects, |'A|A,
est un peu Péquivalent de la Motion Picture Association.
Lloyd Wright avancez été primé plus de dix fois.
Une fois, il est monté sur scéne pour recevoir la récompense,
et voici le discours qu'il avancez prononcé :
"Si cette récompense va é |'architecture,
"je suis le seul architecte dans cette piéce."
Et il est parti.
Cimino avait étudie' |'architecture é Yale, je crois.
Et il se considérait
peut-étre pas comme un architecte,
mais comme quelqu'un qui s'y connaissait dans ce domaine.
Et il avait vraiment été enthousiasme'
par le film Le Rebelle.
Jessaie de me souvenir s'il avait lu le roman,
s'il le connaissait.
Je n'en suis pas sOr.
Mais il adorait le film.
|| m'avait dit qu'i| envisageait d'écrire
un remake du Rebelle.
Je n'avais pas vu le film quand il m'en avancez parlé.
C'est lui qui avancez attiré mon attention dessus.
On en avancez beaucoup parle ensemble.
Dans notre derniére conversation,
je me souviens que je lui ai demande'
s'i| envisageait toujours de faire un remake du Rebelle.
|| m'a dit : "Si c'était possible, bien sflr."
Mais c'était un projet impossible é monter.
♪ ai presque convaincu Clint de faire Le Rebelle.
Cela aurait été mon second film.
Il adorait |'histoire.
Il adorait le personnage et le scénario.
Mais, (fest la-‘r que c'est intéressant,
il avait peur d'étre comparé é Gary Cooper.
Le sujet du Rebelle
est ce qui avancez attire' Cimino en premier lieu.
C'est |'histoire de quelqu'un qui refuse le compromis,
qui ne veut étre influence' par personne.
D'une certaine fagon, il sentait que ce film parlait de lui.
Le cinéma des années 8O n'est vraiment pas bon.
Cela est d0 en partie au fait
qu'il était plein de cette timidite’ hollywoodienne.
On lisait un bouquin intéressant, riche en possibilités.
Mais s'ils en faisaient un film,
ils le rétrécissaient, le simplifiaient.
C'était le retour des années 50,
sauf que c'était de |'autocensure.
Mais quelques films ont réussi é briser ce carcan.
Quelques films ont ose' dépasser ces bornes.
Ils se distinguaient des autres films.
Surtout quand il s'agissait de films d'action ou policiers.
On peut les compter sur les doigts d'une main.
Il y en avancez vraiment peu.
Le Scarface de De Palma est |'un d'eux.
Le Sixiéme Sens de Michael Mann, aussi.
Police fédérale Los Angeles, de William Friedkin,
en est encore un.
Huit Millions de fagons de mourir de Hal Ashby, également.
Le cinquiéme, qui en fait un quinté,
est l'Année du dragon.
Et c'est tout, selon moi.
- Trois mois aprés, on m'a poignardé ici. - Regardez.
Comprenez-nous, capitaine.
Pour nous, votre bon Samaritain
est un idiot qui avancez mis sa famille en danger
pour aider un inconnu.
Vous vous prenez trop au sérieux.
Allez vous faire foutre.
Qu'avez-vous dit ?
♪ ai dit : "A||ez vous faire foutre."
♪ en ai marre de vos histoires de Chinois.
Vous pensez que les paris, |'extorsion,
la corruption sont justifiés
parce que ga existe depuis mille ans ?
Je me fous de vos histoires de traditions.
Vous vivez en Amérique, un pays vieux de deux cents ans.
Mettez vos pendules é l'heure.
Vous n'étes pas au-dessus des lois,
pas plus que les Portoricains ou les Polonais.
On va tous obéir é la loi comme on doit le faire.
Faites ce que je vous dis, et vite.
Ou vous le paierez cher.
Vous pouvez en étre sOr.
Ce qui fait sortir du lot l'Année du dragon,
c'est son céte' film policier des années 70.
Mickey Rourke était époustouflant.
Quand Mickey Rourke est bon,
je |'adore comme acteur.
Michael Cimino était vraiment le réalisateur qu'il lui fallait.
C'est un personnage complexe.
Je ne crois pas aux stéréotypes manichéens.
Je pense qu'on avancez une certaine quantité de bien
et une certaine quantité de mal.
Quand j'étais étudiant en architecture,
l'un des premiers travaux qu'on nous avait donné
était de prendre des images dans des magazines
et de faire une échelle de gris.
On devait aller du noir le plus noir au blanc le plus blanc.
Et trouver le plus de nuances de gris entre les deux.
Je n'ai jamais oublié ga.
Je l'ai toujours gardé é |'esprit en créant mes personnages.
♪ ai toujours été intéressé par cette échelle de gris.
Michael m'a appelé,
en 1982 ou 83.
|| avait adore' Scarface.
Il adorait |'action, vous le connaissez.
|| voulait quelque chose dans ce style pour l'Année du dragon.
Il voulait faire un film violent,
épique, un grand film de gangsters.
C'était aprés La Porte du paradis.
Je ne |'ai pas connu avant.
Il ne laissait rien paraTtre,
mais on voyait qu'il était blesse’.
|| avait quelque chose é prouver, mais il n'en parlaitjamais.
|| refusait totalement de parler de La Porte du paradis.
Stanley White était un ami é moi.
♪ avais fait des recherches sur un fait divers,
"L‘Etrangleur des collines".
C'est comme ga que j'ai connu Stanley.
C'était un policier de la L.At.P.D.
et un vétéran du Vietnam.
Je m'entendais trés bien avec lui.
Dans le livre de Daley, le héros avait un autre nom.
Je |'ai rebaptise' Stanley White,
parce que j'aime ce nom.
♪ ai présente' Michael é Stanley,
qui est d'origine polonaise.
Michael s'est trés bien entendu avec lui,
ils sont devenus trés proches.
Franklin était déjé lé quand on avancez acheté le terrain.
Et donc...
le voici.
Il n'y avancez pas beaucoup d'endroits
on] on peut s'acheter un terrain avec une tombe dessus.
Ces chevaux sont des mustangs sauvages.
Devinez qui les dresse ?
Ils sont encore un peu nerveux.
Ce n'est pas moi.
C'est ma femme.
Ils vivent en liberté dans ces montagnes.
Et les gens les capturent.
At vrai dire,
ils ne sont pas faciles é dresser.
On peut se blesser facilement.
Vous voulez que je vous montre ma photo avec Michael ? OK.
Oliver me posait des questions pour son scénario.
Finalement, je suis devenu consultant sur le film.
Oliver et Michael se concentraient sur le fait
que mon personnage n'avait pas un caractére facile.
Moi, je n'étais pas si difficile que 9a.
Mais pour leur personnage,
ils voulaient un type avec un sale caractére.
Mais ga ne s'est pas passe' comme 9a,
quand ils ont tourne'.
Ils me demandaient d'étre présent sur le plateau.
Comme ils me payaient, je venais.
Mais on ne me posait pas beaucoup de questions, en fait.
Je n'intervenais pas, je ne disais rien.
Ils filmaient.
Vous pouvez voir la plupart des prises é l'écran.
Ils m'ont donné un petit réle.
(Qa se faisait, en général.
On vous donne un petit réle pour que vous puissiez dire :
"Je suis dans le film, c'est moi, lé."
En général, les gens vous disent
qu'i|s ne vous ont pas reconnu.
C'était un homme qui savait toujours trés bien
ce qu'il voulait.
Méme si parfois ga prenait du temps.
Il n'a pas été content du scénario sur Costello
jusqufizia ce qu'il soit conforme é ce qu'il voulait.
En tant que réalisateur,
on sent aussi cette nature fétichiste et obsessionnelle.
Tout était fait comme il |'avait pense'
et comme il voulait.
|| n'y avait pas de compromis possible.
Michael était dépensier de nature.
S'i| lui fallait 600 figurants, il en demandait 1200.
C'était comme ga pour les moindres détails.
Son chef décorateur était génial, il s'appe|ait Wolf Kroeger.
Il s'attachait aux détails,
jusqu'é aller compter les parcmétres.
Il savait des choses inutiles pour faire un film.
Dans les films, il y avancez une part d'imagination.
|| avancez vu la scéne de Scarface
on] Al Pacino va au Mutiny Club.
De Palma avait détruit tous les miroirs pendant la fusillade.
Michael voulait surpasser ga.
Il avancez insisté pour qu'on ait aussi une fusillade.
Mais ga ne collait pas dans |'histoire,
et le personnage de Stanley White
est devenu de plus en plus obsessionnel, comme Michael.
Pour dire les choses clairement, il méprisait |'argent.
Pour lui, c'était un mal nécessaire.
Mais ce n'était pas son probléme, c'était celui de Joann Carelli,
pour la production de ce film.
(Qa ne doit pas déterminer
ce que je peux faire ou pas.
Ce que je peux faire, c'est ce que je veux faire.
Ce que je vais faire, c'est ce que je veux.
Je ne perdrai pas mon temps é en discuter.
Ce qui compte, c'est ce qu'i| y avancez sur l'écran.
Le reste, tout le monde s'en fout, moi compris.
Michael peut étre charmant, quand il veut.
Il en est capable.
Parfois, il peut aussi étre trés chiant, sflrement.
Il m'a toujours aime'.
Je n'ai jamais eu de probléme avec lui, il ne m'a jamais emmerde’.
Mais parfois, je le voyais avec d'autres :
"Mon Dieu, c'est reparti."
|| était impressionnant, sur le plateau.
Pendant Voyage au bout de l'enfer.
Comment ga, "impressionnant" ?
Quand il venait nous parler, on |'écoutait.
Quand il nous posait la main sur |'e'pau|e,
on écoutait ce qu'il disait.
Je lui disais : "OK, je peux faire 9a."
Le grand compliment, quand on avait tourne' la scéne,
c'était quand il disait : "Tirez-la !"
C'était le mot magique.
C'était une belle personne.
Il avait quelque chose en lui.
(Qa ne veut pas dire qu'il était toujours sympa.
Mais il était présent, il était toujours lé pour vous.
|| avait ses manies, un céte' autocentre'.
Il était obsessionnel.
Il avait travaillé avec les Amérindiens.
|| voulait essayer de faire le portrait de leur vie.
Quand on parle de ses dépassements de budget...
Quand on fait un film, aujourd'hui,
ga cofite un milliard, un trillion...
Son film est certainement |'un des moins coflteux de l'époque,
pour un film de cette importance.
Je crois que Cimino avait |'impression
d'étre é part parmi les réalisateurs de sa génération.
C'était d0 en grande partie é son sentiment
d'étre totalement atypique.
Le comparer é d'autres réalisateurs de son temps,
le mentionner en méme temps qu'eux
était, pour parler franchement,
une marque d'admiration insuffisante envers lui.
Je pense qu'il savait trés bien
qu'il ne considérait pas ses confréres comme ses égaux.
Méme s'il ne voulait pas le dire.
|| ne pouvait pas les critiquer ouvertement.
Mais c'était confortable pour lui
d'admirer des gens comme Ford,
Vidor, Peckinpah,
qui n'étaient pas de sa génération,
qui n'étaient en aucun cas des rivaux.
Michael n'était pas trés sociable.
C'était quelqu'un d'étrange.
ll ne dormait jamais.
|| partait faire des tours en voiture dans la nuit.
|| faisait de longues virées.
Il passait son temps en voiture.
Il adorait conduire.
|| avancez fait un voyage avec vous.
C'est génial, j'aimerais voir les images.
♪ adore voyager, moi aussi, mais ce n'est pas du travail.
C'est le fantasme que vous avez
d'a||er é la découverte des grands paysages américains.
C'est une super idée.
♪ ai fait ga pour Tueurs nés.
Mais je ne veux pas passer ma vie sur les routes.
Je veux passer du temps
é travailler sur mes scénarios.
C'était quelqu'un d'assez triste.
C'était un solitaire.
Il savait ce qu'i| voulait.
|| avait quelque chose de "napoléonien", si on peut dire.
On sentait son céte' dur,
c'était difficile de travailler avec lui.
Je n'ai jamais joué leurjeu.
Pas une fois. Etj'en suis trés fier.
♪ en avais rien é foutre.
Il y avancez Iongtemps, quand j'étais é la fac,
j'ai pris une décision :
"Ecoute, quand tu auras ton dipléme,
"ne re/éche pas tes efforts,
"ne te repose pas,
"acharne-toi, quel que soit le but que tu poursuis.
"Ne te soucie jamais de |'opinion des autres."
C'est ce qu'a fait Frank Lloyd Wright,
avec ce mélange de grande assurance et d'intégrité.
Ils ont commence’ a‘: m'attaquer dés Le Canardeur.
Ils ont écrit que c'était un film homophobe.
Voyage au bout de l'enfer est sorti,
et d'homophobe, je suis devenu fasciste.
La Porte du paradis est sorti,
et j'étais un marxiste de droite, ou un truc comme ga.
Pour L'Année du dragon, je suis devenu raciste.
Ils ne critiquaient jamais mes films,
ils me critiquaient, moi.
Le premier plan d'un film est très important.
C'est ce qui vous méne clans |'histoire.
C'est un premier pas capital.
Il doit dire quelque chose sur le film.
Dans Voyage au bout de Venier, je voulais passer dans ce tunnel
et déboucher dans un autre monde, é travers ce passage sombre.
Ce camion nous emmenait é Mingo.
Pour moi, c'était cette passion russe
pour la terre et l'amour...
Eisenstein,
Poudovkine,
les tableaux de Kandinsky, la musique.
C'est une grande culture confuse, comme en Amérique.
La Russie et l'Amérique se ressemblent beaucoup.
Elles sont confuses,
elles sont paranoTaques
dans /'expression de leurs sentiments.
Elles sont excessives.
♪ ai fait un petit clin d'oei| é la Russie.
Aux Etats-Unis, sur les uniformes de l'armée,
on inscrit le nom de famille.
Le nom de De Niro est Vronski,
comme le comte Vronski, dans Anna Karénine.
♪ aime bien ce petit clin d'oeil.
Regarde-moi dans les yeux.
Stevie, regarde-moi !
Fais-le !
Interrogez tous ceux qui ont combattu.
At quoi ga ressemble ?
Ce sont de longues périodes d'attente.
On attend, on attend...
Et soudain, des échanges de tirs, trés rapides, terrifiants.
Et boum ! C'est fini.
On se demande alors :
comment représenter cet état de guerre ?
Comment montrer des jours, des semaines d'attente ?
Puis une chose se produit qui ne dure qu'un instant.
Quand c'est fini,
la vie de tous en est changée é jamais.
C'est dur d'en faire un film.
On ne peut pas vendre au public une telle attente.
Quelle est la meilleure fagon de comprimer,
dans un but dramaturgique,
cette incroyable combinaison d'attente
et de violence aveugle et subite ?
C'est la fonction de la roulette russe.
T'inquiéte pas, petit.
Tu |'as fait.
(Qa fonctionne bien pour plusieurs raisons.
La premiére,
c'est que Cimino va jusqu'au bout.
Il n'hésite pas, il avancez une fagon
trés viscontienne de raconter |'histoire.
|| n'insiste pas sur des éléments du récit.
|| vous laisse trainer avec ses personnages
pendant de longs moments.
On apprend é les connaTtre de fagon différente,
comme chez Visconti, en vivant des expériences avec eux.
Il y avancez aussi une autre chose
sur laquelle il insiste,
c'est que ce n'est pas vraiment un film sur le Vietnam.
C'est sur un groupe de gens qui vivent
dans un quartier russe orthodoxe.
Ils connaissent tout le monde dans la ville,
et tout le monde les connaTt.
Ils s'accrochent é ces rituels religieux russes
qui les rattachent é leur pays.
Ils parlent tous un peu russe.
Ils comprennent tous cette étrange cérémonie de mariage.
Nous, on n'y comprend rien, mais eux ont |'air de comprendre.
Le film parle de ces gens qui vivent dans une ville
0U les choses ne changent jamais.
La guerre va faire éruption
dans leur vie et les changer.
Méme quand Michael revient dans cette ville,
il ne peut pas vraiment y retourner.
C'est 9a, le sujet du film.
On passe 9O minutes avec eux,
lors de leurs chasses nocturnes
ou pour leur mariage et tout 9a.
Puis on les voit brisés,
transformés en animaux
dans cet environnement étranger qu'ils n'arrivent pas...
On ne comprend pas ce qu'ils font lé,
et ils ne le comprennent pas non plus.
On s'est attachés 'a ces types.
On avancez passe' tant de temps avec eux.
Et soudain, on passe
é |'une des scénes d'action jouée et montée avec le plus d'intensité
de toutes les séquences d'action
de |'histoire du cinéma, jusqu'é aujourd'hui.
Le film entier tourne autour d'elle.
Méme Pauline Kael, qui n'adorait pas le film,
en avancez parle'.
La séquence de la roulette russe
est |'une des plus grandes séquences d'action
de |'histoire du cinéma.
(Qa fonctionne sur tous les plans on] ga doit fonctionner.
Eh bien, les gars.
0U sont passées les femmes ?
Pas de femmes ?
C'est quoi, un bar sans danseuses ?
Bon sang ! Je vais vous dire...
Salut, mon joli. Comment va ?
Ils essaient de faire de moi une star.
♪ essaie aussi.
- J'y suis pour rien. - On sera celebres ensemble.
Espérons-le.
Bienvenue en Amérique.
Y avancez que ga de vrai, dans la vie.
La gnéle, les femmes,
les braves gens. Le bon temps !
Vous faites du bon boulot.
Les habitants de Mingo Junction,
c'était une bande de gens dingues et merveilleux,
qui adoraient danser et chanter,
ils ont adore' faire le film.
Ce n'est pas facile.
"22e prise." On en avait marre.
Eux, ils étaient partants.
(Qa aidait vraiment les acteurs,
d'étre dans cet environnement.
Les gens se sentaient reflétés par le film.
Ils avaient perdu des gens é la guerre.
C'est étonnant, ces villes sont celles
0U il y avancez eu le plus d'engagés volontaires.
Aujourd'hui encore. C'est comme 9a.
On nous avait mis dans la téte
que c'était notre pays,
qu'on devait le servir.
On s'est enrélés, on n'a pas été appelés.
On s'est enrélés.
Je voulais servir mon pays.
S'ils nous demandaient quelque chose, on le faisait.
Je me suis engage' dans la marine.
Mon frére cadet s'est engagé dans |'armée de terre.
Et le plus jeune est allé dans |'armée de |'air.
♪ ai choisi la marine pour aller voir le monde.
"Rejoignez la marine, vous verrez le monde."
C'était une publicité de 1962.
Mon frére qui s'est engagé dans |'armée de terre
avancez passe' trois ans en Allemagne. || avancez vu du pays.
|| m'envoyait des cartes de partout : "Je suis en Suisse."
"Je suis allé en France, en ltalie."
Il bougeait tout le temps.
Et moi, en m'engageant dans la marine,
j'ai visite' le Vietnam.
C'était comme ga.
Mais encore une fois, j'étais si naTf.
Je ne connaissais rien au monde.
Je ne comprenais pas ce que je faisais lé.
♪ étais comme Forrest Gump, j'y comprenais rien.
♪ étais Forrest Gump avant Forrest Gump.
Je ne comprenais rien é ce qui se passait autour de moi.
Vraiment.
On me pose toujours la question.
Ce n'est pas un film sur le Vietnam.
(Qa n'a rien é voir avec le Vietnam.
La guerre se déroulait a‘: ce moment-la}.
Tout le monde traverse des crises.
Le Vietnam est la crise qui avancez bouleverse leurs vies.
Q/aurait pu étre une autre guerre,
é n'importe quelle époque, n'importe o1].
C'est la réalité.
Dans une guerre, on meurt, on est mutilé.
Quand on rentre, la vie n'est plus la méme.
Qu'est-ce qu'on peut dire de plus ?
At Nicky.
Ils dansaient des danses russes,
il y avait des plats russes.
De l'alcool russe. §3a ressemblait a‘: un vrai mariage.
At la fin de la féte,
il n'y avait presque plus personne.
Il ne restait plus qu'un vieux monsieur russe
qui était assis sur la scéne.
Il pleurait.
Il adit:
"C'était vraiment un beau mariage."
Pour moi, c'était comme faire un film
d'un mariage auquel on m'aurait invité.
C'était comme un film familial.
Ils chantaient 9a.
At la fin, ils chantent God Bless America.
Ils sont tous ensemble, et ils chantent.
Pour moi, ga signifiait
qu'on fait beaucoup d'erreurs,
quand on méne une guerre.
Mais dans |'ensemb|e,
les gens de cette ville
ont soutenu les valeurs de cette chanson.
On essaie d'aider les autres
et de s'aider soi-méme.
C'est trés important pour moi
qu'i|s soient encore ensemble
é la fin du film,
malgré tout ce qu‘ils ont traverse’.
Parfois, on vient vous voir aprés le film
pour vous dire qu'il est trop long.
Telle scéne aurait d0 étre coupée, le mariage...
Mais je ne sais pas,
ce ne serait pas le méme film sans le mariage
ou d'autres scénes.
Parce qu'e||es apportent tant é ces gens
vous comprenez ?
Cela s'est passe' partout aux Etats-Unis.
♪ ai vécu
ce que ces types ont fait é nos prisonniers, lé-bas.
Ils prenaient les prisonniers
et ils les mettaient en cage, dans la riviére.
Pas pour qu'ils se suicident.
Ils mouraient noyés é la saison des pluies.
L'eau montait et ils ne pouvaient pas sortir.
Ils avaient organise' une équipe de plongeurs.
Ils survolaient la riviére en hélicoptére.
Comme on le voit dans le film, ils sautaient.
On devait ouvrir les cages,
découper le fond.
Ils n'ont rien vu pendant longtemps.
Oui, on découpait le fond de leurs cages.
Quand on avait fait 9a, le type pouvait sortir,
il pouvait s'enfuir.
Mais on n'avait pas le droit de les faire sortir.
Le plus triste, c'est que trés souvent,
quand on ouvrait les cages, on trouvait des morts.
Ils flottaient sur la riviére.
Avant, chaque guerre était différente.
Maintenant, elles se sont tellement répandues,
elles se distinguent moins les unes des autres.
Prends ton temps.
Parfois, ga fait du bien d'en parler.
L'endroit était envahi par les vétérans.
Ils étaient arrivés en bus de tous les coins du pays.
Ils avaient installé des siéges,
des gradins, comme dans un stade de foot.
La foule couvrait tout Pennsylvania Avenue.
Certains étaient bien habillés, d'autres trés négligés.
Il y avait vraiment de tout.
Les gens se dirigeaient tous
vers cette grande stéle en granit.
Ils y laissaient des mots.
Je passais é cété de gens qui cherchaient des noms,
des fréres et des soeurs, des petites amies.
(Qa vous brisait le coeur.
♪ ai vu un homme grisonnant, en imperméable.
Sa téte me disait quelque chose.
Il parlait avec un Béret vert.
Il était habillé exactement comme Robert De Niro.
Il avait la méme barbe, le méme uniforme,
son béret vert,
quand il se proméne dans la rue avec Meryl Streep.
Il ressemblait exactement é ga.
♪ ai eu une impression de déjé-vu, ga m'a méme fait peur.
Mais ce n'était pas Robert,
et j'ai compris que le type é qui il parlait
était le général William Westmoreland.
Il s'était fait étriller par la presse américaine.
Et quand le défilé avancez commencé,
les paraplégiques avangaient en téte, sur leur chaise roulante.
Il y en avait des rangs et des rangs.
Des gens tendaient des drapeaux de toutes sortes,
de toutes les couleurs...
Le drapeau américain, des drapeaux de batailles.
Ils en étaient fiers.
Ces hommes sont venus
pour eux-mémes.
Si on ne regarde que ga,
ga ressemble é une journée de réconciliation.
Mais si on tourne la caméra sur le cété,
il n'y avait personne dans les tribunes.
Pas une seule.
Pas une !
Elles étaient complétement vides.
Il n'y avait pas un membre du Congrés ni d'aucune autre institution.
Le général Westmoreland,
qui était commandant en chef,
méme si la presse le traitait de salaud,
ou le Congrés,
est le seul qui avancez eu le courage de venir
et de remonter cette avenue é la téte de son armée.
Je l'ai vraiment admiré, ce jour-lé.
On se serait cru dans La Charge héroTque,
quand les troupes offrent é Nathan Brittles
une montre.
Il avancez été dur avec ces gars, beaucoup ont été tués,
mais c'est le commandant, il part a‘? la retraite.
Et ils lui offrent une montre.
Le Iendemain, j'étais vraiment furieux
quand j'ai vu le New YorkTwnes.
Il y avait une grande photo en une.
Ils avaient coupé les tribunes vides.
On voyait juste les drapeaux,
les paraplégiques et Westmoreland.
Et il y avait en gros titre :
"Le jour de la réconciliation."
Ce torchon de New York Times. (Test vraiment le pire.
Il nous avait enterrés une seconde fois.
C'était comme si on m'avait tiré dessus.
C'est la guerre oubliée.
Le studio voulait que j'écrive
le prologue du film et tout ga.
La partie qui se passe é Harvard, le bal et tout ga...
Quand j'ai fait ga,
le film avancez changé d'aspect.
"La guerre du comté de Johnson" était un titre provisoire,
c'était le nom de cette guerre.
Mais il me semblait trop étrique’, inadéquat,
étant donné l'ampleur du sujet.
♪ ai été de plus en plus séduit par cette idée,
"La Porte du paradis".
L'idée m'a plu, je pense,
parce qu'ils étaient dans un si be! endroit,
l'une des plus belles régions d'Amérique.
♪ ai repéré cette ville.
C'est sCIrement l'un des plus beaux endroits du pays.
Le Montana.
(Qa ressemblait vraiment au paradis.
Mais méme le paradis peut devenir un enfer.
La Porte du paradis
est un titre assez ironique, en un sens.
(Qa l'est devenu pour beaucoup de gens.
(Qa incarne Pexpérience de l'immigration.
♪ ai fait |'erreur
de tenter de traiter l'histoire de fagon réaliste.
Ce faisant, on m'a accuse’ de la rendre irréaliste.
C'est toujours la méme histoire.
Vous dites la vérité aux gens,
mais ils se fichent pas mal de la vérité.
Racontez-leur des mensonges, ils adoreront.
Les gens ne veulent pas entendre la vérité.
Ils préférent un joli mensonge.
On ne peut pas innover sans prendre des risques.
♪ ai pris des risques avec ce film, j'en ai payé le prix.
Et je le paie encore.
C'est moi, Kovach.
Qui est lé ?
C'est Kovach. Michael Kovach.
Que se passe-t-il ?
Qu'y avancez-t-il '2
Que se passe-t-il ? Qui est lé ?
Michael, Iéve-toi. Léve-toi.
Léve-toi, Michael.
Je t'en prie, Iéve-toi !
Léve-toi, Michael.
Je pense
qu'i| y avancez un conflit
entre |'é|an narratif
et la construction des personnages.
Idéalement, le but qu'on se donne, que je me donne,
c'est de faire du récit
|'aboutissement de la dynamique
qui existe dans les personnages et entre eux.
Le point de départ, c'est les personnages.
Et le récit, avant tout,
c'est le résultat de chaque scéne.
C'est ce qui, dans chaque scéne,
nous révéle les personnages tout en faisant avancer le récit.
Je n'ai pas senti ce genre d'intégration, dans ce film.
Il se laisse distraire par des moments,
ou j'ai été distrait par des moments qui, en eux-mémes,
étaient importants pour définir les personnages,
pour comprendre leurs nuances.
Mais c'était comme si le film s'arrêtait
é de nombreuses reprises pour faire 9a.
Il faudrait que je regarde le film avec vous
pour vous dire : "OK, c'est intéressant, c'est bon."
Mais les trois minutes qui suivent n'apportent rien
é la construction des personnages,
et ne font pas non plus avancer le récit.
Je pense qu'on peut faire un grand film sans aucun récit,
tant que cette dynamique fonctionne,
qu'elle vous aide é comprendre les personnages.
Pour moi, ga ne marchait pas, dans ce film.
♪ ai utilisé la musique de fagon particuliére, dans ce film.
L'Amérique en était é ses débuts.
La guerre de Sécession venait juste de se terminer.
Ces gens qui ont participe’ a‘: la naissance de ce pays
venaient des quatre coins du monde.
Avec des cultures, des génes,
des coutumes différentes.
Et des musiques différentes, aussi.
♪ ai utilise' Le Danube bleu.
At cette époque-lé, la valse était une révolution,
parce que les gens se touchaient.
C'était trés américain, dans son énergie, dans sa folie,
clans son manque de convention.
La fin de La Porte du Paradis
coTncide exactement, au jour prés,
avec le début de Gatsby le magnifique.
Jay Gatsby est sur son bateau.
Il regarde un jeune gargon qui nage vers lui.
Il avancez une occasion de se réinventer,
é travers ce jeune gargon.
La Porte du paradis aurait fait un magnifique prélude.
♪ ai toujours révé d'adapter Gatsby le magnifique.
Le cofit de La Porte du paradis
était astronomique par rapport au budget global du studio,
ga avancez ébranlé les fondations de United Artists.
Je suis absolument certain que ga avancez produit
ce que beaucoup de cadres voulaient de toute fagon,
'a savoh' mettre un terme 'a...
é ces financements sans conditions
qu'ils pratiquaient avec certains réalisateurs,
qu'i|s considéraient secrétement comme de simples employés.
"Pour qui il se prend, ce type ?"
"J'en ai rien é faire, de sa 'vision'."
Ils parlaient de sa vision pendant la promotion du film,
ils le portaient aux nues.
Mais ce qu'i|s disaient derriére leur dos
était toujours négatif, sauf si le film rapportait beaucoup.
C'est la seule chose qui les intéresse.
Si La Porte du paradis avait rapporte' beaucoup,
ce film aurait retarde' la fin de cette période,
il lui aurait permis de durer encore 1O ou 2O ans.
Parce que, quels que soient ses extravagances ou ses excés,
si on finance la bonne personne,
ga finit toujours par payer.
Et parce que ga ne |'a pas fait,
ga avancez change' les régles,
ce qu'ils voulaient faire de toute fagon.
Ce serait arrive' tét ou tard.
(Qa leur avancez donne' une bonne excuse.
Je n'ai pas envie de parler de son ascension et de sa chute.
Je préfére parler de son travail,
plutét que des éternelles polémiques sur ce qui s'est passe', etc.
Pour moi, 9a devient une partie ennuyeuse de |'histoire.
C'était plus facile d'étre réalisateur
é /'époque de John Ford.
On était sous contrat,
on faisait trois films par an,
au lieu d'un film tous les trois ans.
C'est mieux d'étre toujours actif.
On te disait : "Michael, lundi, tu commences un film
"avec Bogart et Bette Davis."
Tu le faisais, une semaine de repos, et détait reparti...
Je préférerais travailler comme ga.
Victor Fleming avancez faiz' Autant en emporte le vent
et Le Magicien d'Oz la méme année.
Je suis sflr que tout n'était pas rose,
é /'époque des grands studios.
Mais ga ne pouvait pas étre pire,
ou plus brutal, que le systéme indépendant
allié é |'argent privé qu'on avancez aujourd'hui.
John Ford avancez dit une chose
qui est restée gravée dans mon esprit.
Il avancez dit que les trois meilleurs sujets,
pour une caméra de cinéma,
c'est un cheval au galop, un couple qui danse
ou une grande montagne.
Vous vous rendez compte ?
Un grand réalisateur qui dit :
"Un couple qui danse."
Il y avait toujours de la danse, dans ses films.
Prenez Rio Grande, Fort Apache
ou La Poursuite infernale.
Ils ont tous quelque chose de trés touchant.
Et aussi les scénes clans Vaciérie.
♪ ai toujours été touché par les mines
dans le film de John Ford, Qu'elle était verte ma vallée.
Les gens qui sortaient de la mine, leur travail.
Ils faisaient le méme boulot de chien, é Paciérie.
Son état d'esprit avait quelque chose de trés russe.
On le voit trés bien dans l'Homme tranquille.
Cet amour de la terre.
Si j'avais rencontré John Ford,
je ne lui aurais pas pose’ une seule question sur le cinéma.
Je |'aurais interrogé sur la voile, |'a|coo|,
le poker et tout le reste.
Quand il parlait de Ford,
il évoquait toujours des scénes de nombre de ses films.
Tout lui rappelait potentiellement quelque chose de Ford.
(Qa pouvait étre la fagon dont Ford
avait traite' telle scéne ou tel plan.
Il voyait toujours le scénario comme un ensemble de plans.
Ce Nétaitjamais
une scéne de la vie réelle qu'on observait.
Mais ga avait |'air de ga, é l'écran.
♪ écrivais une scéne, avec les indications et le dialogue.
Mais il avait déjé décrit avec précision
comment il allait la tourner
et pourquoi ga aller marcher.
Comment la scéne allait fonctionner
gréce é Penchainement de plans qu'il avait prévu.
Léchez votre arme !
|| me parlait aussi beaucoup,
si ce n'est plus, de Peckinpah, qu'il adorait.
♪ ignore s'i| le connaissait, mais il adorait son travail.
Au passage, je me demande si ses opinions politiques
n'étaient pas proches de celles de Peckinpah.
|| aimait ces deux réalisateurs
é cause de leur cété trés américain,
de la conscience qu'i|s avaient
d'étre enracinés dans ce pays et dans son histoire.
Je n'y avais jamais pense' jusque-lé, mais je pense qu'i|...
|| orchestre ses films comme des opéras italiens,
en ajoutant une touche de culture américaine,
pour le cété plus léger, |'opérette.
Que ce soit chez les cow-boys ou les métallurgistes.
C'est la culture américaine,
montrée comme du Verdi,
si vous voulez.
Tu veux envoyer les parachutistes sur Chinatown ?
T'es plus au Vietnam, Stanley !
Lé-bas, je ne voyais jamais |'ennemi.
Ici, je les vois. Ils n'ont pas de jungle 0U se cacher.
Voyage au bout de /'enfer était aussi trés patriotique.
♪ ai servi au Vietnam, j'ai vu |'horreur.
Toutes ces conneries qu'on dit sur |'Amérique,
je n'adhére pas é ce mythe.
Je peux comprendre le cété sentimental qu'il contient.
♪ aime les films de John Ford,
la musique, les danses...
L'amour du pays, des traditions.
Ce sont de belles choses.
Mais ga ne colle pas
avec la réalité dans laquelle j'ai grandi.
La dure réalité de New York,
des familles brisées,
Et de cette guerre au Vietnam.
Je n'ai rien vu de tout ga. C'est trés beau, je vous |'accorde.
Mais ce n'est pas quelque chose que je connais.
Je le comprends.
Disons que le monde ressemble plus au cinéma de Sidney Lumet,
mais on préférerait tous qu'il ressemble plutét é celui de John Ford.
Dans le Dakota du Nord, tout particuliérement,
on prend trés bien conscience de la courbure du ciel.
Le ciel n'est pas quelque chose de plat.
C'est un déme géant.
On sent que c'est un déme, qu'on est sous un déme.
♪ ai eu la chance, quand j'étais tout jeune,
de passer du temps avec /es Indiens Dakota.
Je me suis beaucoup imprégné de leur culture.
Je me souviens que /es Indiens
m'ont fait une trés forte impression.
L'amour qu'ils portent a‘: leurs chevaux,
é leur famille.
♪ ai commencé é me documenter sur eux.
Mais beaucoup de ces peuples ont oublié leur propre histoire.
Pour moi, le paysage n'est jamais un arriére-plan.
Un arriére-plan implique une expérience bidimensionnelle,
comme clans les mauvais téléfilms.
On voit un ou deux visages qui parlent,
et quelque chose derriére eux, un parking ou des montagnes.
Peu importe, c'est juste deux visages qui parlent.
Si vous croyez comme moi
é la vision amérindienne,
qui veut que toute chose soit sacrée,
animée de vie,
plus rien n'est un arriére-plan.
Tout est digne dintérét.
Une des choses qui m'a conduite
de la peinture et de Varchitecture au cinéma
est cette possibilité de se mouvoir dans |'espace.
On ne doit jamais sentir la machine.
Il faut voyager avec ces gens.
Pour ce faire,
les personnages sont essentiels, il faut qu'on les aime.
Si vos personnages ne sont pas aimables, ou pas réels,
qu'ils ne touchent pas le public, le film n'ira nulle part.
Votre public doit sentir
qu'il voyage avec ces gens.
Quand j'ai fait les repérages pour La Forte du paracfis,
je me souviens de m'étre dit :
"Je dois trouver mon Ouest é moi.
"Je dois trouver le mien, pas celui de John Ford."
Au lieu de Monument Valley,
j'ai tourné dans un endroit appelé Professor Valley,
situé clans une autre partie de l'Etat,
sur le cours supérieur du Missouri.
Une semaine avant le début du tournage,
ils ont retire’ 10 millions au budget.
On devait couper des scénes.
Woody Harrelson m'a demandé : "On fait quoi ?"
♪ ai répondu : "On va tourner si vite
"qu'on tournera les scénes qu'on doit couper."
Eton avancez réussi.
On avait méme trois jours d'avance sur le planning.
Les gens n'aiment pas parler de ce Cimino.
Ils préférent parler
des 32 millions de dollars de La Porte du paradis.
Que la beauté me précéde.
Que la beauté me suive.
Que la beauté me surplombe.
Que la beauté me soutienne.
Que la beauté m'entoure totalement.
On comprend beaucoup mieux en lisant Conquering Horse.
"Conquering Horse" est le nom
que lui donne son oncle
aprés son initiation.
Mais au début de Phistoire,
il s'appelle "sans nom",
parce qu'il n'a pas encore eu la vision de la vie.
Les Indiens croient que /es réves
sont aussi valables et aussi réels
que l'état de veille.
Les lndiens appelaient autrefois Los Angeles,
ga semble incroyable, "l'endroit 0U on réve.
Maintenant, on y fait des films, qui sont comme des réves.
Il faut se battre tant qu'on peut
pour voir ses réves se réaliser.
C'est l'histoire de Conqueflng Horse.
Quand il fait son réve, qu'i| avancez sa vision,
il part seul é pied
pour réaliser sa vision.
C'est aussi ce qu'on fait pour réaliser un film.
En 1991 ou 92, il avait un bon scénario.
(Qa parlait d'un cheval blanc. ♪ aimais ce scénario.
Je |'ai donne' é mon producteur de l'époque, Mario Kassar,
avec qui j'avais fait The Doors.
Et il avancez accepte' de le produire.
On s'est mis d'accord sur un chiffre, 14 millions, je crois.
C'était largement suffisant pour faire ce film.
Michael aurait d0 sauter sur |'occasion
s'il voulait vraiment faire ce film.
Au lieu de 9a, il m'a envoyé son agent,
Jeff Berg, il y avancez eu des discussions...
Il ressort de tout ga qu'i| veut plus d'argent.
Ce n'est pas faisable.
At nouveau, le projet capote, on avancez perdu notre temps.
C'est le genre de probleme qu'il y avait avec Michael.
S'il avait travaillé plus simplement,
s'il avait fouille’ en lui-méme,
il se serait sflrement rendu service.
Cela aurait mieux servi sa vision.
Sa vision n'avait pas besoin de voies ferrées gigantesques,
des genres d'exces é la Sergio Leone.
|| lui aurait fallu plus de simplicite'.
Dans ces films, je pense qu'on sent...
Je pense peut-étre 9a parce que je connais sa personnalité
ou parce que je |'ai déduit de la vision de ses films.
|| me semble que ses films
ont une source unique d'inspiration
et que les souhaits et le style du réalisateur sont trés clairs.
Il est évident que les autres films ne sont pas faits comme 9a.
Du moins, la plupart.
Je ne sais pas exactement,
ga avancez peut-étre un lien
avec la disparition progressive de Paristocratie américaine.
Le monde dans Iequel je suis né
avancez disparu, et il me manque.
L'e'co|e ?
On ne respecte pas les traditions.
Les cow-boys, aujourd'hui,
n'ont aucun respect pour l'heritage du western.
Voyez les rodéos, aujourd'hui,
ils ne connaissent rien aux chevaux, é Pélevage.
Méme le Montana que je connaissais
avancez complétement changé.
Beaucoup de Californiens sont venus s'y installer.
C'est un sentiment de deuil,
et de quelque chose qu'on ne peut pas totalement définir.
"L'éco|e avancez été déplacée ici le 4 juillet 1972."
Ils |'ont déplacée ?
Pourquoi ?
Qui sait ?
Pour |'histoire.
Pour |'histoire, bon sang.
Il me manque.
Il me semble impensable
qu'on en ait un autre comme lui un jour.
Qa ne collerait pas. C'est tout |'opposé, aujourd'hui.
Ses antécédents
pour les questions de genre, de race et tout le reste,
le placent du mauvais céte' du spectre.
Pour ce qui est du travail,
il ne travaillait qu'en accord avec ses idées,
qui ne pouvaient étre modifiées ou réduites par personne.
C'est impossible.
Malheureusement, le génie de Michael...
|| avancez fait de grands débuts
avec Voyage au bout de l'enfer.
Mais il est alle' trop loin avec La Porte du paradis.
C'était trop d'argent, trop de temps, c'était excessif.
|| avancez voulu briser toutes les régles trop vite.
Il aurait pu ralentir un peu et travailler plus.
Je ne pense pas qu'il soit mort
en ayant accompli son oeuvre en tant qu'artiste.
Quelque chose avancez change' en lui,
aprés Yéchec de La Porte du paradis.
Je me suis intéressé au livre de Malraux,
La Condition humaine,
parce que c'est la plus vieille histoire du monde.
La trahison de jeunes idéalistes par des vieux.
Les vieux trahissent les jeunes, toujours.
Dans toutes les guerres, tous les pays,
é toutes les époques.
Les jeunes meurent pour les vieux.
Les vieux justifient ga par des conneries
en soulevant leur enthousiasme.
Les jeunes provoquent une catastrophe,
et les vieux rigolent
et nettoient derriére eux.
♪ ai entendu des vieux dire :
"Je déteste les jeunes."
Comment ga ? Vous étes pressés de mourir ?
Si vous y réfléchissez,
qu'est-ce que les vieux disent toujours aux enfants ?
"Arréte de remuer comme ga."
"Arréte de faire du bruit."
"Sois sage."
Mais dest ce que les enfants veulent faire !
Il y avancez eu le jeune Fidel, le jeune Giuliano,
le jeune Collins.
Des types dingues.
Qui aurait voulu faire ga ?
Uexpédition Lewis et Clark.
Vous croyez que deux types de 60 ans feraient ga ?
Sfirement pas.
Il n'y avancez que deux jeunes types fous pour faire ga.
L'anniversaire de ma femme est le 1erjuillet.
Et il est mort un 2 juillet.
Je veux savoir on] il est enterre’
pour aller sur sa tombe.
Je vais sur beaucoup de tombes.
C'est comme ga que je me souviens des gens
que j'ai connus quand ils étaient vivants.
Je vais les voir et je m'assois avec eux,
pendant une heure ou deux.
Puis je rentre chez moi.
Je me souviens avoir lu une fois
que quand on arrive é 7O ans,
on avancez 5% de chance
d'arriver é 75 ans.
Si c'est vrai, Michael avancez gagne' deux ans.
C'est un peu moins triste,
quand on voit les choses comme 9a.
Dans sa jeunesse, il était trés sportif.
Vous savez, j'ai 75 ans.
♪ aurai de la chance si j'arrive é 77.
C'était un bon ami.
Il pouvait étre chiant.
Je me suis jamais senti é ma place. Jamais.
Mais de fagon assez intéressante,
je pense que c'est pour cela
qu'aucun de mes films ne se plie aux modes.
C'est ce qui leur donne
une sorte de jeunesse éternelle.
Ils vivent par eux-mémes.
Ils n'ont pas besoin de Voxygéne
apportée par d'autres films.
Je pense que c'est pour ga
que les gens continuent é les regarder.
Je suis toujours trés en avance sur mon temps
et en méme temps trés en retard.
Une part de moi avancez vingt ans d'avance sur la culture,
une autre avancez vingt ans de retard.
C'est trés étrange.
Qu'est-ce que vous dites ?
Sur |'affiche, il y avancez De Niro, Meryl Streep,
les acteurs, le titre, mais pas le nom de Michael Cimino...
|| n'est pas dessus ?
Je n'en reviens pas.
- (Qa m'étonne. — Bonne question.
Je suis content que vous nous |'ayez dit,
9a m'embéte vraiment.
Adaptation : Emmanuelle Maupetit
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