Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Au Sud-Vietnam, les troupes communistes ont effectué
leur plus importante percée.
C'est en tank que l'ennemi a pris au piège 200 aviateurs américains.
Ils ont combattu 4 heures près de Kai San.
Les troupes alliées ont tué 243 Vietcongs supplémentaires
près de Saigon, où la bataille fait encore rage.
Le président Johnson a déclaré aujourd'hui à la télévision
que les Etats-Unis se battraient hors et au sein de leurs frontières.
Comme au temps de Truman, le public criait son approbation
au discours du président.
L'Amérique que nous construisons
risque de devenir une nation menacée
si nous laissons la paix et la liberté mourir au Vietnam.
Nous ferons notre devoir.
Nous le ferons chez nous
et nous le ferons partout où nos soldats seront appelés.
Voilà l'Amérique en laquelle nous croyons.
Voilà une nation qui progresse.
Voilà un magnifique pays qui grandit sans cesse.
Et j'espère que tous ses hommes
sont prêts à nous aider à régler tous ces problèmes.
Que vous êtes tous prêts à défendre la justice,
pour nous tous,
pour tous nos concitoyens et pour tout le genre humain.
Parfois, j'en viens à me demander
pourquoi les Américains aiment tant s'infliger de telles punitions.
Nous nous critiquons tant nous-mêmes.
Ce pays est un bon pays.
Vous avez déjà été mieux, mais c'est un bon pays, non ?
Quel nègre ici en a assez dans le froc pour me prendre ?
Paul va demander conseil à ses amis, Jon et Lloyd.
- Qu'est-ce qui t'est arrivé ? - Touche pas.
- Ça va ? - Des nègres m'ont tabassé.
Pourquoi tu t'es battu ?
Je voulais me péter une jambe pour le service militaire.
Tu les as cherchés ? C'est pas vrai.
- Tu... - Je veux pas le faire.
J'ai une solution, moi. On va te faire ce qu'on a fait pour moi
la semaine dernière, quand ils m'ont convoqué.
Retire ta veste.
- Le froc est bon, non ? - Il est parfait.
Rentre ta chemise. Sur tout le pourtour.
Tout le tour.
Maintenant remonte ton froc, le plus haut possible.
- Non, pas comme ça. - Fais gaffe à mon froc.
Voilà, comme ça. Occupe-toi de la ceinture.
- Voilà, c'est bon. - Ça me serre fort, là.
- Et laisse-la ouverte... - Là, c'est trop voyant.
- Comme ça, c'est bien. - Bon.
- Il te faut une culotte noire. - En soie.
- Ce sera parfait. - C'est très important.
Les pédés sont très voyants, tu comprends ?
Je suis pas pédé.
Non, c'est juste pour l'examen, tu comprends ?
C'est pour ça, la soie noire ? Je m'inquiétais un peu.
Il faut qu'on remarque la zone importante,
qu'on ne voie qu'elle.
Prends des kleenex... Mieux, des chaussettes.
Et tu te les glisses dans le slip, tu vois ce que je veux dire ?
Que ça fasse une bosse.
Et il te faut un genre de t-shirt filet.
Oui, un filet.
Et puis il te faut une belle écharpe en soie qui flotte.
- Tu vas devoir te raser le torse. - Et les aisselles.
- Tout le corps. - Avec du Veet.
Tu te déhanches bien, le poignet bien détendu.
Tu t'approches aussi près que possible du sergent instructeur,
tu le séduis du regard et tu lui dis : "Salut."
- Vas-y, à toi. - Visez un peu ça, les gars.
Et quand il se tournera vers les autres gars,
tu les regardes aussi.
Et tu leur clignes de l'œil, comme ça. D'accord ?
Bon. Et puis, il va te demander comment tu t'appelles.
- Comment ? - Paul Gerald Shaw.
Gerald. J'ai une idée.
- Voilà ce que tu dois dire. - C'est quoi ton nom, fiston ?
Paul Gerald Shaw.
Les copains m'appellent Jerry, mais vous pouvez m'appeler Géranium.
Vous entendez, les gars ? C'est quoi, ça, pour un nom ?
Mes amis disent que je sens bon comme une fleur.
Comme ça, c'est bien.
Ensuite, il me demande où je vis. C'est très important.
- Et où est-ce que tu vis, fiston ? - Je vis dans le coin.
Tu dois lui faire croire que tu veux vivre près de lui.
Vivre dans son coin à lui. C'est crucial.
Là, il va de nouveau se tourner vers les autres.
- Vous avez entendu, les gars ? - Chaque fois qu'il leur parle,
tu les regardes et tu leur décoches
le regard coquin en disant : "Salut les gars."
- "Salut les gars." - Vas-y, à toi.
Ouais. Et à la fin, je dirais bien un truc comme :
- "Je me déshabille de suite, chef ?" - Génial.
C'est fantastique.
- Ça ira jamais. - Comment ça ?
- C'est ridicule. - Quoi ?
Je suis pas pédé. Ils vont m'envoyer en 1 ère ligne avec les autres pédés.
- Quoi ? - Ils les mettent ensemble.
Ils ne prennent pas les pédés.
Je suis appelé dans une semaine. J'ai un truc, je vais vous montrer.
- Lloyd, tu es le psy. - D'accord.
Entrez.
Au rapport.
- Dis-moi de m'asseoir. - Asseyez-vous.
Merci.
Regarde bien. Puis-je parler ?
Je vous en prie.
Eh bien, je ne sais pas ce que je fais ici.
Le sergent, un chic type, m'a envoyé ici chez vous.
Je ne cherche pas à fuir l'armée.
Dans le civil, j'ai travaillé pour une organisation secrète
dont je ne peux rien dire.
- J'ai donc tardé à me présenter. - C'est la procédure standard.
Bien entendu, standard...
Nous filtrons aussi les candidats.
Fais gaffe, c'est le moment crucial. C'est très important.
C'est une drôle d'armée que vous avez là.
Des nègres, des Ritals, des Juifs...
Tout le monde sait, pour les Juifs.
Vous n'êtes pas juif ?
Vas-y, Paul, à toi. Regarde devant toi.
Aie l'air militant.
- Puis-je parler ? - C'est bon.
Allez-y.
Je sais pas pourquoi je suis ici.
Je veux être un bon soldat. Je veux buter du communiste.
- Vous avez des choses à cacher ? - Je n'ai rien à cacher.
- C'est bon. - Il crie.
Il va te demander ce que tu fais.
Où tu travailles et tout. Demande-moi.
Où travaillez-vous ?
Dans une librairie. Ce qui me permet de vérifier
que les gens lisent les bons livres, comme Masters of the Seed
ou l'Histoire du FBI.
Je travaille là la journée, pour gagner ma croûte.
Ma véritable vocation, je la vis la nuit.
Vous connaissez la Ligue de Bowling de New York ?
Vous jouez au bowling ?
Non, non... La Ligue de Bowling de New York.
- Je ne vois pas. - Là, tu balayes la pièce du regard.
C'est une organisation secrète.
Que font-ils ? Je ne comprends pas.
Comme elle est secrète, vous ne la connaissez sûrement pas.
- C'est la RCPT. - Qu'est-ce donc que la RCPT ?
La Réserve Civile de Protection des Travailleurs.
Que fait donc cette réserve ?
Nous protégeons notre pays via des centres armés disséminés partout
contre la masse croissante des communistes,
des nègres et des gens sous-développés.
On s'y croirait.
Ces restos chinois, c'est un complot, chef.
Pour 5 dollars, vous mangez pendant une heure et demie.
Une heure après, vous crevez la dalle.
Ils affament les Etats-Unis.
Je ne veux pas être muté en première ligne.
C'est plein de latinos, de nègres et d'homosexuels.
Tous les éléments indésirables de ce pays.
Je veux être muté au milieu. Ainsi, quand je tirerai sur l'ennemi,
je pourrai laisser mon arme dévier légèrement
afin de supprimer quelques-uns de ces éléments gangréneux.
Tu vois comment je fais ?
Et puis tu dis, comme ça...
Je peux vous dire que si un dixième des soldats envoyés au Vietnam
faisait comme moi, on éradiquerait le péril jaune en deux mois.
Pour moi, un bon Chinois est un Chinois mort.
C'est génial.
Regarde un peu. Tu as réussi à l'endormir.
Ça fait deux jours qu'on lui parle. Debout, vieux.
Je sais. Je vais te raconter une histoire
qui te tiendra éveillé le reste du mois.
Tu arriveras là-bas claqué.
J'ai une histoire, tu n'en reviendras pas.
Ils donnaient une fête à Barnard, tu sais, le collège pour filles.
Pour 75 cents, tu peux entrer.
Je l'ai fait. J'ai jamais vu autant de laiderons d'un coup.
Je lui dis : "Moi, c'est Lloyd. C'est quoi, ton nom, bébé ?"
Elle me dit : "Joanne..."
Elle avait une voix pas possible.
Je me dis pourquoi pas, après tout.
Je l'invite à danser et elle me dit oui,
avec sa voix de canard et tout.
Alors on y va et je lui fais le coup de Broadway.
Je danse comme un fou. Et elle est là, elle gigote.
Je lui dis assez, j'en pouvais plus de la voir,
de la voir gigoter comme ça.
Je l'invite à prendre un verre, mais elle me dit qu'elle boit pas.
Je lui dis qu'elle a qu'à me regarder boire. Et on y va.
Je m'enfile un double bourbon.
Je lui demande ce qu'elle veut, elle me dit du lait.
Elle aimait vraiment ça, le lait. Trois verres !
Elle m'a fait claquer 1,50 $ pour du lait. Du lait !
Vous m'écoutez, les gars ? Venez par ici.
Après tout ce lait, j'ai eu envie de me barrer.
Pour aller chez elle. Je m'attendais pas à grand-chose.
Mais pour rentrer chez une nana, il faut pas y aller trop franco.
Faut être subtil et cool. Du genre : "Je prendrais bien un café, moi."
"Viens chez moi, j'ai du café, si tu veux."
On est allés chez elle, elle m'a préparé une tasse de café.
J'ai jamais bu un café aussi dégueulasse de ma vie.
Je lui ai proposé de passer au salon.
Mais sa colocataire y était déjà.
Moi, je m'en foutais. Donc on est passés au salon.
Il y avait cette nana, Ethel, qui venait du New Jersey.
T'as jamais vu plus moche qu'elle.
Elle lisait là. Je voulais mettre de la musique.
Elle en met, moi je me mets dans le sofa.
J'attends qu'elle s'asseye à côté de moi.
Mais elle va s'asseoir près d'Ethel, de l'autre côté de la pièce.
Elle dit à Ethel qu'elle a un truc à lui dire.
Et elle lui dit à truc à l'oreille, on se serait crus à l'école.
Ethel se lève et quitte la pièce, Joanne vient s'asseoir près de moi.
Je me dis que c'est la bonne. Joanne revient avec un pot à la main.
Elle éteint toutes les lumières.
Je sais pas vous, mais moi je dormirai pas pendant un mois.
On s'assoit.
Ethel revient et elle se tient là, debout.
Joanne vient éteindre la lumière. Tu m'écoutes, là ?
Elle me contourne pour éteindre et j'ai son nichon juste là.
Juste là, sous mon nez. Tu vois ce que je veux dire ?
Elle éteint, mais après, elle me laisse son nichon là.
Juste là. Incroyable.
J'ai ce nichon qui me fixe, juste là devant mon nez.
Ethel vient s'asseoir et elle tient ce pot.
C'est une bombe de crème fouettée.
De la crème fouettée prête à l'emploi.
Et j'ai Joanne avec son nichon qui me tripote la poitrine.
Et elle se met à me défaire ma chemise, comme ça.
Ethel se met par terre et elle m'enlève mes chaussures.
Pendant ce temps, Joanne me caresse et elle m'enlève ma chemise.
Ethel s'attaque à mon froc, elle fonce droit sur ma braguette.
Elle m'enlève mon froc, elle m'enlève mon slip.
Mon vieux ! Et puis...
Elles se déshabillent et on est tous à poil.
Je saute sur Ethel... T'écoutes ?
Joanne nous saute dessus.
Et moi je suis là, entre ces deux nanas... Mon vieux.
D'un coup, Joanne dit : "Stop. Arrête."
Je comprends pas ce qui m'arrive, tu vois.
C'est elles qui m'avaient foutu à poil.
Elles sortent la bombe de crème,
elles me couchent et elles m'en foutent partout.
Elles l'étendent bien uniformément
et elles se mettent à me lécher.
Elles me lèchent la crème.
Joanne commence par le cou et elle descend... T'écoutes ?
Ethel part des orteils et elle remonte doucement.
Elles se rapprochent du milieu de plus en plus.
Elles me lèchent partout.
Elles me lèchent cette crème et... Mon Dieu !
Dites-moi...
C'est quoi, ce truc ?
C'est une fausse carte postale que j'ai créée pour un magazine d'art.
Je peux voir ?
On dirait une de ces vieilles cartes postales
qui racontent une histoire en plusieurs images.
Là, on ne reconnaît rien.
Je vois.
C'est la même image ?
Ce qui m'intéresse,
c'est que quand vous voyez une carte postale de cette taille,
vous avez du mal à identifier les différents éléments.
Il faut faire le lien entre l'ensemble des éléments
pour comprendre.
Il faut les considérer ensemble pour distinguer les gens.
- C'est un agrandissement. - J'ai deux toiles sur ce thème.
J'ai travaillé sur l'information qu'on obtient
en agrandissant une photo de la foule.
C'est comme le film Blow up .
Avec le mec qui agrandit l'image.
On me l'a déjà dit. Mais j'ai fait ça 18 mois avant.
- Ces peintures... - C'est cool.
C'est cette peinture qui m'intéresse. Elle révèle plein de choses.
Si vous faites attention, vous reconnaissez les éléments.
On voit un enfant, même si ce n'est qu'une tache.
C'est un être humain. On peut même reconnaître le sexe.
On voit que c'est une fille.
Et la relation vous indique qu'il s'agit d'une femme.
C'est sûrement la mère, dans ce groupe.
Cette femme est assise. La tache, là, c'est sa tête.
Si on agrandit encore, on peut déceler un chien.
Mais c'est uniquement grâce à la relation entre ces éléments
que ça se voit.
Je m'intéresse de près à l'assassinat de Kennedy.
Les murs de ma chambre sont couverts de photos du meurtre.
On voit le lieu du meurtre et le cortège et tout.
Ce sont aussi des agrandissements.
Et on a beau les regarder, quand c'est si grand,
on n'en retire rien, on ne voit rien.
On a beau l'agrandir, on ne voit pas mieux.
Comme si l'information était là, mais qu'on ne la voyait pas.
Alors, ils ont dit quoi ?
Dans deux semaines.
Tu dois attendre ? Qu'a dit le psy ?
- Je suis sorti... - Ils ont dit quoi ?
- Ils ont pas mordu. - Ils ont dit quoi ?
Deux semaines.
- Relax. C'est ce qu'ils m'ont dit. - Le psy, il a dit quoi ?
Il a pas dit grand chose.
- Allez, on rentre. - On doit fêter ça.
C'est une photo tirée du magazine Life .
C'est un agrandissement de la pelouse de Dallas,
quelques secondes après le meurtre.
Tout le monde fuit vers la pelouse, après les coups de feu.
Ils vont dans cette direction, là.
Tu vois là, il y a un homme. Ils vont dans sa direction.
Tu sais qui c'est ? C'est l'agent T.
Là, c'est un de ses collègues.
C'est une tache blanche.
Non, c'est T. J'en suis persuadé.
C'est de là qu'on a tiré, c'est un fait certain.
J'ai le négatif ici, j'aimerais que tu l'agrandisses.
Je veux pouvoir voir l'agent T. Qui tient son flingue
et dévoiler le complot.
Tu verras rien, le grain est beaucoup trop gros.
- Quoi ? - A ce stade, tu ne verras rien.
- On l'a déjà tellement agrandie. - Ecoute, Tina.
Fais ça pour moi, tu veux ?
Voilà le négatif. C'est le numéro 69-17.
- Il me faut quelques minutes. - Ça ira.
- Tu aurais dû la voir. Pénible. - Ouais.
- Elle n'y connaissait rien. - Pourquoi ?
Elle me tirait les cheveux sur le visage,
comme si c'était du chewing-gum. Elle était nulle.
Attends, attends.
Là, ne bouge pas.
Que lui est-il arrivé ?
- Elle a filé avec ton petit ami. - On était pas ensemble.
- Ah ? - C'était une connaissance.
C'était un peu un hippie, non ?
- Lui, un hippie ? - Non ?
On voit clairement l'agent T. Qui tire de devant
avec une arme russe calibre 6.76
blessant le Président juste sous sa trachée.
La Commission Warren a purement nié ces éléments.
Elle a menti. Mais on voit bien qu'il tient une arme, là.
Là, vous voyez ? Hein ?
Paul se détend chez lui après son examen de recrutement.
Paul décide de tenter les clubs de rencontre électroniques.
"Qualités fondamentales." Ils ont de ces formules...
"Points de vue politique." Tu parles d'un examen.
"Aspect général."
Tu me trouves normalement attirant ou particulièrement attirant ?
Je sais pas. Mens.
Erlene Roberts, la veuve qui tenait la chambre qu'Oswald louait
sous le nom d'O.H. Lee, tu connais ? Ça te dit rien, Lee ?
Lee Harvey Oswald, hein ?
- J'y avais jamais pensé. - Tu déconnes.
"Vos valeurs philosophiques."
"Quel métier auriez-vous aimé exercer ?"
Ils auraient pu le capturer, s'ils l'avaient voulu.
"La théorie selon laquelle ils ont prévenu Oswald"
"n'est pas plus farfelue qu'une autre parmi tous ces incidents."
Et après son témoignage à Dallas en avril 64,
Mme Roberts a été harcelée par la police avec insistance.
Ils venaient la déranger à n'importe quelle heure.
Ils ont appelé son patron pour lui dire qu'elle avait hébergé Oswald.
Elle a perdu 4 boulots de femme de ménage et d'aide à domicile
en seulement trois mois en 1964.
Rendez-vous électronique n°1. : La secrétaire du Bronx.
- Salut. Gloria Fuller ? - Oui.
Je suis Paul Shaw.
Je suis votre rendez-vous électronique.
C'est vous, Paul Shaw ? C'est pas possible.
Vous avez un chouette appartement.
- Il y a d'autres pièces ? - Non.
- Vous dormez où ? Ici ? - Ça vous regarde ?
Vous débarquez et vous demandez où est le lit ?
Vous voulez faire ma connaissance, hein ?
C'est le lit qui vous intéresse.
Non, il n'y a pas que ça.
- Pourquoi avoir demandé ? - Eh bien...
Vous demandez parce que c'est à ça que vous pensez. Au lit.
Vous seriez pas garé en double file, des fois ?
Non, ça va. Je n'ai même pas de voiture.
Vous en avez pas ?
Comment vous vous déplacez ?
A pied, en métro ou en bus.
En bus ? Vous en connaissez un qui passe devant le El Morocco ?
Je connais même pas.
Et où est-ce qu'on va manger ?
Eh bien, j'ai déjà mangé.
- Vous avez mangé ? - Oui.
Vous comptiez ne pas m'emmener à dîner ?
J'ai passé la journée à m'apprêter et vous voulez m'arracher mes habits.
Vous êtes tous pareils. Le lit et c'est tout.
Vous avez vu ma robe ? Une vraie Arnold, de chez Alexander.
Entièrement cousue main. 59,95 $.
Les chaussures ? Des Socialites.
"Les chaussures total look." Elles vont avec la robe, non ?
Oui.
Des bas Ajelon.
Ton pastel. L'élégance au service de la femme. 2,50 $ la paire.
Ma gaine en soie est assortie au soutien-gorge.
Des coutures croisées, pour un effet sculptant et raffermissant.
Et les ongles, ce sont les miens. Vernis Rose Fabergé effet glacé.
Parfaitement dessinés et garantis 8 jours contre les écornures.
Vous portez quoi ? Un pull.
Lloyd, écoute-moi une seconde. Non, attends, écoute-moi.
Tu sais, mon rendez-vous électronique ?
Non, elle était très jolie.
Mais on n'est pas faits l'un pour l'autre.
Vu que t'es mon meilleur ami, j'ai pensé à toi pour elle.
FBI, pièce à conviction n°60, cliché de la chemise du Président.
Impact 14 cm sous la nuque, à l'avant et à l'arrière.
Blessure du Président au crâne. Blessure du Président à la nuque.
Autopsie effectuée à l'hôpital militaire.
Impact localisé 14 cm sous l'articulation de l'épaule droite.
14 cm sous l'articulation de l'épaule droite.
Environ à la même distance sous le mastoïde,
dans la partie osseuse située sous l'oreille.
Juste ici.
La balle est passée par là. L'impact de la balle.
L'impact de la balle.
Enfile la chemise et on va voir tous ces impacts.
Voilà qui est mieux. Allez, on y va.
Enfile la chemise.
C'est fait. Il faut la retourner.
Je ferme les boutons.
On va montrer au FBI que leur théorie de l'angle de tir,
c'est du pipeau. C'est une pâle falsification.
On va tout mettre au jour.
Le FBI... Hoover... Tous des menteurs.
Trahison... Ils manipulent le public américain.
Ils savent ce qui se passe. On vire le Président.
Tout ça, c'est mensonges et manipulations et tout.
A moi, on ne la fait pas. Surtout pas le FBI.
Je vais leur montrer de quoi je suis capable.
Allez, c'est important.
Bon. 14 cm en dessous de...
Les impacts ne correspondent pas. Le FBI a falsifié l'autopsie.
Selon eux, la balle est entrée 15 cm sous la nuque.
Mais Caroco... T'écoutes ? Le médecin de l'hôpital Parkland
dit que la balle est entrée sous le mastoïde.
Juste là, vous voyez ?
Bon. Alors si le FBI soutient qu'elle est entrée là,
suivant la théorie de l'angle de tir,
le Président aurait dû se tenir sur sa tête pour que la balle
entre par là et sorte par là.
Cela prouve sans le moindre doute que le FBI nous a menti.
Une manipulation...
Weisberg avait raison. La Commission Warren a été manipulée.
Lisez Le Rat , qui vous dit où obtenir une arme, comment avorter,
comment éviter l'armée, comment déserter,
comment frauder dans le métro, comment vivre du chômage.
Une aide légale gratuite et c'est là-dedans. Le Rat .
Déposez Le Rat partout, faites peur à vos voisins.
Le magazine New-yorkais révolutionnaire, tu connais ?
Tiens.
- C'est une pub. - On l'a détournée.
On a détourné leurs pubs. Attends, j'en ai d'autres.
Celles-là sont démentes.
On ne voit pas le détournement au premier coup d'œil.
Les gens ne voient pas de suite la famille vietnamienne qui se noie.
Une innovation cosmétique :
Amstramgram, pique et pique et prends les armes...
Ils nous parlent d'un monde tout beau et nous on montre la vérité.
Parce que ça va péter, ici. La révolution.
- Ici ? - Ici, la révolution.
Tu connais l'Empire State Building ?
Le Théâtre Colonial, là ?
Et là-bas, le centre commercial Empire Mercury ?
- Empire... Colonial... - Et alors ?
Les Etats-Unis sont un empire capitaliste dirigé par une élite.
- Comme partout, non ? - General Motors dirige le monde.
- On va placarder ça partout. - Je peux en prendre un ?
Prends. Si tu l'achètes en kiosque, c'est 15 cents.
Rendez-vous électronique n°2. : La gaie divorcée.
- Oui ? - Judy Kavendish ?
- Non. - J'ai dû me tromper, pardon.
Je peux vous aider ?
Non.
Où sont les livres d'actualités ?
Vous voulez dire les événements récents ? Ils sont juste là.
Vous vous intéressez au meurtre de Kennedy ?
Non.
Je tenais un livre à propos de l'assassinat de Kennedy ?
- Oui, il est tout nouveau. - De Kennedy ?
Oui. Il parle de tas d'éléments. De tous les témoins
qui sont morts mystérieusement. Le coup de karaté...
Il parle des preuves disparues, du film de Zapruder
et des photographies truquées. Et il y a aussi Erlene Roberts.
Vous m'avez déjà vu ?
Non, je ne pense pas.
- Vous avez un costume brillant ? - Non.
Vous êtes déjà allé au Dealy Plaza ? A la Nouvelle-Orléans ?
- Non, mais j'aimerais bien. - C'est qui, cette femme ?
Je sais pas.
- Elle travaille ici ? - Non, elle achète...
- Pourquoi elle nous regarde ? - Elle ne nous regarde pas.
Venez par ici, aux livres cochons.
Prenez mon portefeuille dans ma poche.
Regardez un peu.
- Vous êtes de la famille de... - Erlene Roberts est ma tante.
- Vous êtes au courant de tout ? - J'étais là le jour du meurtre.
- Vous êtes pas dans la Commission ? - Je suis revenu ici.
J'étais dans le salon de la pension de ma tante avec elle,
on buvait un Dr Pepper et on a entendu la nouvelle à la télé.
Et d'un coup, ce mec qui vivait à la pension de ma tante
sous le nom de O. H. Lee entre par l'entrée principale
et il va dans sa chambre à l'étage. 15 secondes plus tard,
une voiture de flic s'arrête...
- Et elle klaxonne. - C'est ça. Deux fois.
Ils inspectent la fenêtre de l'étage
et au bout de 15 secondes, ils s'en vont. 10 secondes plus tard,
ce O. H. Lee descend les escaliers et sort dans la rue.
Comme s'il attendait qu'on vienne le chercher.
Mais il n'y a personne. Alors il va attendre à l'abribus.
- Le klaxon, le signal... - J'ai vu ces flics.
- Je peux les identifier. - Vous pouvez les mettre au jour.
Qui est cette femme ? Vous l'avez déjà vue ?
- Non. - Elle nous regarde.
Vous ne l'avez jamais vue ?
Bien sûr que je peux faire éclater la vérité.
Ça fait 5 ans que je me démène.
- Regardez. Le Dealy Plaza. - Quel matériel.
Un moulage du coussin qui a servi à étouffer ma tante.
Pourquoi j'ai cette tête, vous croyez ? 5 ans...
Je vais faire éclater la vérité, mais il me faut ce livre.
- Allez donc l'acheter. - Impossible, trop de preuves.
Tickets de caisses, empreintes... Je ne peux pas.
- Je peux l'acheter, moi. - Non. Ils nous surveillent.
Ils surveillent sans arrêt, vous savez.
Je suis le témoin 17. Vous savez, ces 16 témoins assassinés ?
Coty, le coup de karaté sur la nuque.
Et l'autre pendue dans sa cellule avec son pantalon.
Ils me surveillent. Je suis le numéro 17. Et vous, le 18.
- Quoi ? - T'es dans la mouise.
- Tu dis qu'ils nous surveillent ? - Il me faut ce livre.
- Tu vas le voler. - Je peux pas.
- Le patron va me virer. - Tu dois. Qui est cette femme ?
- Je sais pas. - Tu me le donnes après ton boulot.
- Tu finis à... - 17h30.
Où peut-on se voir ?
- Je vais le voler. - Parfait.
- Sois naturel. - Naturel, d'accord.
C'est super, ça.
- Tu l'as ? - Oui.
Parfait. Bon, où peut-on se rencontrer ?
Tu dois en parler à Garrison.
- Non, regarde Ferry. - C'est vrai.
Le ferry ! On se voit demain 9h sur l'embarcadère de Battery Park.
- Sur le côté est de... - Ça va pas, non ?
Rendez-vous électronique n°3. : La mystique.
Cassandra Newton ? Paul Shaw, votre rendez-vous électronique.
- C'est toi, Paul ? - Oui.
Bien sûr. Entre donc, Paul.
Chouette appart.
Pourquoi dis-tu ça ? Que connais-tu de la vie ?
Tu es déjà en symbiose avec ce lieu. Tes pensées divaguent.
Ferme les yeux. Sens le mur.
- Où est-il ? - Là.
Non. Le mur est en toi.
Tu es le mur. Il n'y a ni fin ni commencement.
Tout n'est qu'un. Ne me regarde pas. Sens le mur. Tu le sens ?
Le mur et toi réunis en une seule entité.
C'est bon, ça.
Non, tu brûles les étapes.
On doit partir de la source.
La source de toutes les énergies.
La source.
Est-ce que tu sens ça ? C'est très bien.
Nous devons élever cette énergie de sa boue.
Loin de toutes ces pensées négatives et impures.
Laisse nos énergies monter. Les sens-tu ?
Elles montent et éclatent dans toutes les directions.
Elles s'élèvent et atteignent la source de toute lumière.
Elles traversent le lotus.
Tu le sens ? C'est bon. Tu es tout-puissant.
Tu peux tout.
Non, je ne suis pas prête.
- Ne le sens-tu pas ? - Si.
Sens-tu ce battement ? Sens-tu ce rythme ?
Il faut devenir un avec le rythme, la musique et l'harmonie.
Nous sommes séparés. Nous devons ne former plus qu'un.
Nous unir dans ce rythme magnifique. Devenir un.
Laisse-les passer de toi à moi et de moi à toi.
Ça y est, tu le sens. Tu ne formes plus qu'un.
Très bien, c'est très bien.
Un rythme. Une musique. Une harmonie.
Magnifique.
Très bien, c'est très bien.
Tu es parvenu au résultat. Je sens que tu es avec moi.
Nous formons une seule et belle énergie.
Tu possèdes sa force.
Ne résiste pas à l'appel de la source ultime, la terre nourricière.
Ne résiste pas à son appel. Laisse-la t'apaiser.
C'est ça, c'est bien, laisse-la t'apaiser.
Laisse sa force t'envahir.
C'est bien, c'est très bien.
Ta source ?
Qu'est-il arrivé à ta source ?
"L'idéal est de surprendre une femme lors d'une activité sexuelle."
"Le voyeur est un optimiste persévérant."
"Il est pareil à ces pêcheurs opiniâtres"
"qui, quand ils rentrent bredouilles, espèrent que la prochaine"
"sera la bonne."
"A l'instar du patient pêcheur,"
"le voyeur peut attendre des heures que la femme termine"
"tout ce qu'elle a à faire avant de se mettre au lit."
"Avec le risque qu'elle éteigne la lumière avant de se déshabiller."
"Et tout comme le pêcheur qui connaît les bons endroits,"
"le voyeur connaît un grand nombre d'endroits"
"particulièrement agréables auxquels il revient souvent."
"Portrait d'une perversion."
"Voici l'exemple d'un jeune homme âgé de 25 ans lors de l'entrevue."
"Une timidité et une peur maladive du rejet"
"le détournaient de toute relation hétérosexuelle, pourtant désirée."
"Cette peur est apparue, pour autant qu'il s'en souvienne,"
"alors qu'il entamait sa puberté"
"et découvrait en lui le désir sexuel fulgurant inhérent à cette période."
"Il avait été forcé de dormir avec sa sœur, ce qui l'avait excité"
"et déclenché le désir en lui."
"Ne sachant que faire, il lui présenta son érection."
"Elle le rejeta violemment et lui hurla qu'il était abject."
"Depuis lors, il éprouvait des difficultés"
"à aborder toute relation sexuelle."
"Chaque rejet lui causait de la douleur."
"Il est devenu voyeur."
- Salut. - Je suis en retard.
Ce n'est rien. On a raté le bus, mais ce n'est rien.
Je voulais vous remercier pour la librairie.
Ce n'est rien. C'est moi qui voulais vous remercier.
Vous m'avez aidé. Je faisais des recherches là-bas.
- Vous n'y travaillez pas ? - Non. Je ne travaille pas.
- Comment ça ? - Je suis sur un projet.
Je faisais des recherches sur la mezzanine
et je vous ai regardée faire.
C'était intéressant.
J'étudie les gens. Et vous voir prendre ce livre,
c'était super. C'était un moment intime, comme je les appelle.
J'observe les gens.
J'aime ces moments où les gens sont vraiment seuls.
Ils font des choses intimes. Un moment intime, quoi.
Intime ? Quel genre ?
Eh bien prenons mon appartement, par exemple.
Parfois, je regarde dehors, sans le faire exprès.
Des tas de fenêtres sont ouvertes.
Et je vois les gens qui sont là.
Un homme, une femme ou un chien qui font une chose ou l'autre.
J'en parlais justement à Clifford James.
Vous connaissez Clifford James ?
- Oui. - Le conservateur du Withney Museum.
- Oui. - Vous voyez.
Et il compte construire une aile supplémentaire
pour accueillir mon travail.
Je vous montre. Voici un de mes projets principaux.
Voyons. Où est l'interrupteur ? Ah, le voilà.
- Tenez ça là. - Vous avez un projecteur ?
Oui. Tenez-le bien là. Tenez-le bien.
La lumière passe par cette petite fenêtre en verre sablé.
Un télescope sera dirigé vers elle
et les gens pourront être témoins d'un moment intime.
Vous voyez, c'est un petit hôtel qui exprime la solitude.
Une femme seule rentre d'une journée de boulot.
Elle est triste, personne ne l'attend à la maison.
Et j'avais pensé à vous pour incarner cette femme.
- J'avais pensé à vous. - Sans rire ?
Pour le nom de l'expo, on a choisi...
Vous connaissez le Pop Art ? Ce sera le Voy'Art.
L'expo sera sous-titrée : "Voir et être vu".
- Génial. - J'aimerais que ce soit vous.
Parce que je vous ai trouvée fantastique dans cette librairie.
J'aimerais que ce soit vous.
Et c'est la caméra qu'on utilisera.
J'ai l'habitude de la caméra.
On a fait des films pendant les vacances. Ils étaient bons.
C'est parfait.
J'ai aussi fait partie de la troupe de théâtre de la fac.
J'étais secrétaire, mais j'ai eu des rôles. Le Roi Lear.
J'ai joué le Roi.
"Malheureux que je suis, je n'ai pu..."
Super. On va prendre un taxi et on va s'y mettre de suite.
Que ferait une femme esseulée dans cet endroit de la pièce ?
- Eh bien... - Elle serait sur son lit
en manteau et en foulard ?
- Je vois. Je suis toute seule. - Tu es toute seule.
Je suis seule et lasse.
Tu ne penses pas que tu pourrais enlever ton foulard et tout ?
- J'enlève mon foulard. - Tu vas te coucher, là.
Jette ton foulard et ton manteau par terre.
- Comme ça ? - Tu es fatiguée de ta journée.
- Je m'en fiche de l'accrocher. - Tu es toute seule.
Souviens-toi de la pièce où tu es.
Tu vois l'enseigne du mont-de-piété par la fenêtre.
Tu vois un vieil homme pas rasé dans son pardessus mité.
Tu es vraiment triste, tu as eu une dure journée.
C'est ça. Non, ne parle pas.
Toutes ces choses, tu les penses.
C'est un beau moment intime.
Moi, je suis là pour l'enregistrer et pour te le montrer.
Souviens-toi de ce qu'on a dit. On en reparlera plus tard.
Pour l'instant, ne dis rien. Jette ton manteau par terre.
Voilà. Parfait.
Parfait.
- Prends ta brosse. Tu en as une ? - Oui.
Non, ne parle pas à la caméra. Ne la regarde même pas.
- J'enlève ma montre. - C'est ça, enlève-la.
- Il est tard. - Enlève-la.
Bon, prends ta brosse.
Viens vite à la fenêtre.
- Il est si tard. - J'ai plus de pellicule.
- Viens vite à la fenêtre. - D'accord.
Prends ta brosse. C'est ça, enlève tes chaussures.
Agenouille-toi sur le lit et regarde par la fenêtre.
- Et peigne-toi les cheveux. - Bon. D'accord.
Regarde-toi dans la vitre et envoie-toi des baisers.
Comme ça. Très bien. Parfait. Très bien.
Tu n'as pas envie de te coucher, là ?
- Je suis fatiguée. - Tu veux te coucher.
Tu ne devrais pas enlever ta robe ?
- Ma robe ? - C'est intime. Tu es seule.
C'est un beau moment. Tu ne dois pas t'en faire.
Enlève-la. On s'en moque. Je m'en moque.
Je ne fais qu'enregistrer ce moment pour te le montrer plus tard.
C'est tout. Alors vas-y, enlève-la. Voilà.
Et puis tu jettes ta robe par terre.
- Tu es fatiguée. - Je dois tous les défaire ?
Voilà, c'est ça. Parfait, c'est ça.
Voilà. Maintenant enlève-la et jette-la sur le lit.
Vite, on n'a plus de pellicule. Allez. Quoi ?
- Plus vite. - Ça y est.
- Il ne faut pas parler. - Désolée.
Vas-y, jette-la sauvagement.
- A présent, couche-toi. - Je me couche.
Tu es si fatiguée que tu ne peux plus rien enlever.
- Je suis si fatiguée. - C'est ça.
Couche-toi et ferme les yeux.
- Attends, la bobine est finie. - Pardon.
Bon, on reprend. Tu es très fatiguée,
tu veux aller dormir. Tu dors comme ça, Linda ?
- Si je dors comme ça ? - Tu ne dors pas comme ça.
- Non, je dors sans vêtements. - Bien entendu.
- D'accord. - Bon.
Tu te déshabilles. Souviens-toi que c'est un très bel instant.
- N'aie pas honte devant moi. - D'accord.
Ce moment va rester sur pellicule.
Parfait. C'est très bien.
- Je fais quoi de ça ? - Tu le jettes.
On va se dépêcher un peu. Tu le jettes.
C'est bien, enlève tes bas.
Voilà, c'est très bien, ça. Très imaginatif.
- Merci. - Très professionnel.
Bien. Enlève l'autre, maintenant.
- Bien. - J'ai mal à la hanche.
C'est parfait.
Bon, maintenant, tu enlèves ta culotte.
Parce qu'on va manquer de pellicule.
- J'enlève mon porte-jarretelle. - D'accord.
Bon. Tu le jettes théâtralement.
- Tu es seule, fatiguée. - Il se fait tard.
Tu te lèves tôt demain, alors tu veux te coucher rapidement.
- Je suis si fatiguée. - Bon, enlève ta...
- Oui ? - Couche-toi. Vas-y, dors.
C'est ça. Dors. Rêve.
Tu es devant ma fenêtre.
Deux points de vue sur le Vietnam.
Je suis malgré tout un soldat.
J'ai choisi de servir notre nation.
J'ai accompagné le 2ème de cavalerie et son capitaine.
L'idée, c'était de les suivre partout où ils iraient, même au combat.
C'était un peu de jouer à la guerre.
C'est un terrain difficile. Et il fait très chaud.
Mais en ce qui me concerne, pour la photo, le gros souci,
c'était de filmer tout dans l'urgence
avec la lumière du soleil, qui est trop drue.
Parfois, avec de la chance, la lumière était bonne.
Il y a eu le moment où le capitaine a déniché trois Vietcongs.
J'avais du 72/55 chargé dans l'appareil à ce moment-là.
Ils ont entreposé les prisonniers dans un fourré.
Je leur ai dit de me les amener dans la lumière.
C'est magnifique et c'est facile à obtenir.
Oui. T'en trouves au magasin.
- Vraiment ? - Ouais.
Tu vas au coin de la rue et tu cries : "Papa San."
- Comme si t'appelais un pote ? - Ouais.
- Papa San. - Qui c'est ?
Ils s'appellent tous de cette manière.
Ici, tu dis : "Salut vieux." Là-bas, ils disent : "Papa San."
Si t'as des couilles dans le froc, ils t'appellent Papa San.
Ils sont défoncés sans arrêt. Ils font ce qu'ils peuvent.
Ils sont heureux. Ils sont défoncés et c'est le paradis.
- Ils fument ? - Champignon, herbe, héro, baise...
Ce sont des gens, qu'est-ce que tu crois ?
Ils bouffent... Ils bouffent ce qu'ils ont.
Quand ils sont fauchés, ils combinent, ils volent.
Ils volent des armes et les revendent à ceux qui vont les descendre.
Ils viennent nous piquer des armes et ils les revendent aux Viets.
Nous qui sommes là pour les protéger.
Et le lendemain, ils se font tirer dessus.
Ils s'en foutent, ils sont défoncés.
T'es obligé de te défoncer, vu que tu sais que tu vas te battre.
Tu peux y passer.
Tous ces mecs s’entre-tuent. Vraiment.
- En se droguant. - Entre autres.
- T'es resté longtemps ? - Quand même.
Un mec... Tu vas jamais me croire.
Ce mec avait son propre flingue.
Il suffit de l'enregistrer à la douane.
Comme ici, quand tu quittes...
C'est la nana dont je t'ai parlé tout à l'heure.
C'est la même.
Ah ouais, le mec avec le flingue...
Il est revenu avec l'arme et il s'est pointé à une fête
en l'honneur des soldats et tout.
Il se colle avec une nana et un autre mec se pointe.
L'autre attaque. Le premier était méchamment jaloux.
Il avait son flingue sur la cuisse, on aurait dit un cow-boy.
Ils se cherchent un peu et ils se foutent les flingues sous le nez.
Et ils finissent par tirer.
Un des deux est touché au cou. Paralysé. Et il finit par mourir.
A la cow-boy. Ravagés à l'herbe.
- Tu l'as vu ? - J'étais là. J'ai rien pu faire.
- Pourquoi ? - J'allais pas en prendre une.
Ils étaient trop cons. Et moi trop défoncé.
Belle, hein ?
Oui.
J'ai remarqué que vous la regardiez depuis quelques minutes.
Vous êtes un connaisseur, ça se voit.
- Elle vous plaît ? - Bien sûr.
Vous la connaissez ?
Non. Enfin, je l'ai vue à une fête, mais je ne la connais pas vraiment.
Vous l'avez rencontrée à une fête ?
- Disons plutôt que je l'ai vue. - Vous ne l'avez pas abordée.
Elle est belle.
Oui, elle est très jolie. Très jolie.
Ça vous dirait de la sauter, hein ? Allez, pas à moi...
On est tous faits pareils, vous savez.
- Vous aimez l'art ? - L'art... Bien sûr j'aime l'art.
Des œuvres dans ce genre ?
C'est compliqué à faire, vous savez. Il faut des années d'expérience.
Il faut empiler les pièces. Il faut aller à l'école pour ça.
- Je le sais, je suis artiste. - Vraiment ?
- A ma façon, oui. - Vous faites quoi ?
Je fais des films. Je réalise des films.
J'écris des scénarios.
Vous allez au cinéma ?
Oui, j'y vais souvent.
- Vraiment ? - Oui.
Vous faites quoi, dans la vie ?
Vous connaissez la librairie Bookmasters ?
Si je la connais ? Vous rigolez ?
Ils ont des tas de bons livres.
- C'est vrai. - J'ai acheté un livre là-bas,
ça faisait 6 mois que je le cherchais sans succès.
La Directrice torride , de Richard P. Long, vous voyez ?
Vous rigolez ? Lisez-le pendant votre pause.
Le contenu est épatant. C'est un livre magnifique.
Elle aussi, elle est magnifique.
- Elle en pince pour vous. - Comment vous savez ça ?
Je le vois. Elle vous évite, mais il y a un truc dans son regard
qui dit qu'elle est pour vous. Vous ne devriez pas être si timide.
- Vous êtes toujours si timide ? - Plutôt, oui.
Vous devriez sortir plus. Vous allez au cinéma ?
- Bien sûr. - C'est très bien, ça.
Parce que c'est un bon moyen d'expression, un exutoire.
Le printemps, c'est ma saison préférée.
Ça donne envie de sortir.
- Vous gagnez combien par semaine ? - Pas beaucoup.
J'ai une affaire à vous proposer.
Un film intitulé La Grande Danoise .
C'est l'histoire d'une belle Danoise pulpeuse
qui rencontre une superbe grande blonde.
Elle la dévore vivante. Elles se font la totale.
Mais avec beaucoup d'élégance.
Ça n'a rien à voir avec ces...
Vous voyez ce que je veux dire, hein ?
J'en ai un autre, là.
Oubliez-la un peu.
La Ménagère et le livreur , ça vous dit quelque chose ?
Vous me suivez, là ? Ai-je besoin d'en dire plus ?
Je ne vous raconte même pas.
Ce genre de film, ça va chercher dans les 200 ou 300 $.
- Désolé. - C'est bon. Magnifique.
Je vous le fais à 5 $.
Je les mets dans des boîtes de bonbons.
Parce que ce sont des petites douceurs.
Et c'est mieux que des bonbons.
5 $. Vous rentrez chez vous, vous vous installez
et vous matez ça, je vous garantis du bon temps.
- 5 $ pour Le Livreur et La Danoise . - Est-ce que c'est bon ?
Est-ce que c'est bon ?
Est-ce que c'est bon ?
Est-ce que c'est bon ?
Allez-y, jetez un coup d'œil. Personne ne regarde, je surveille.
- Jetez un coup d'œil. - Il faut voir ça dans la lumière.
Il a l'air très bien.
Comment ça, "il a l'air" ? Il est très bien. Il est parfait.
Pour 5 $ ? Il est parfait.
Bon, allez, voilà vos 5 $, donnez-moi ça. Merci.
Le film X
ou Rendez-vous n°4. : La dernière tentative de Paul.
La Ménagère et le livreur.
Jon, déguisé en extrémiste, va à son examen médical militaire.
- Tu viens t'enrôler ? - Tu me parles ?
Sais-tu que cet escalier appartient à l'armée ? Debout.
Allez, debout. Et ôte-moi ça de ta bouche. Garde-à-vous.
Tiens-toi un peu droit. Et mets tes cheveux en place.
On va faire de toi un homme. Allez, un, deux, trois, quatre...
Je pensais qu'ils prendraient pas un facho.
J'étais déguisé en facho, j'ai dit que je buterais tous les niakoués.
J'ai demandé à voir le psy.
Il m'a dit que j'étais juste trop zélé.
C'est tout. "Trop zélé."
J'ai dit des trucs affreux,
genre que je buterais 50 jaunes par jour,
que je m'en ferais des tonnes, j'ai juré,
je lui montré un brassard d'une organisation secrète.
Un truc d'extrême droite. Et il a rien dit.
Il a dit que ça faisait rien.
Il pensait qu'il pourrait corriger le tir avec moi.
Me modérer ou arrondir les angles, un truc comme ça.
Ça a pas raté, moi, je te le dis.
Tu prends la photo ? C'est pour mon passeport.
Je quitte le pays, je reste pas ici.
C'est juste pour quelques semaines. Le temps de me faire oublier.
- Après... - T'es pas un bon patriote ?
- Que c'est vilain. - Je sais.
Bon, écoute, je vais te prendre en photo...
Non merci, pas pendant le travail. C'est pas bon.
Tu veux un accessoire ? Tu veux un chapeau ?
Vas-y, tu dois te donner à l'objectif.
Tu as trop de vêtements, je peux pas prendre la photo.
C'est quoi, ça, pour un col ? Allez, détends-toi.
Il leur faut un danseur, à l'armée.
Tu rigoles ? Je dois me faire oublier pendant un mois ou deux.
- Tu es très photogénique. - Tu trouves ?
On a presque envie de te toucher.
Ecoute, toutes ces fringues, c'est trop...
Ce sera pas si mal, là-bas.
Et moi, j'adore un beau gars en uniforme.
Quelque part au Vietnam.
Ici Raymond Tuttle, en direct de la piste de ravitaillement de Tuong.
Vous entendez derrière moi les camions qui ravitaillent nos troupes.
Dans ces marais d'apparence tranquille
se cachent des tireurs d'élite vietcongs,
qui ont pour mission de tuer les conducteurs,
dans le seul but de ralentir la cadence du ravitaillement.
Les Etats-Unis ont envoyé un groupe tactique de pointe.
Ils ont pour but de trouver et de détruire l'ennemi.
Je suis avec l'un des membres de cette force d'élite.
Jon Rubin. 1 ère division d'élite des forces détachées.
- Que faites-vous ici, soldat Rubin ? - Ce que je fais ici ?
- Je sais pas. - Dans cette zone...
Ah, ici ? On localise et on détruit, monsieur.
- Vous détruisez l'ennemi, c'est ça ? - C'est ça.
Cette zone, par exemple, est infestée de soldats Vietcongs.
- Des Vietcongs ? - Oui. Tenez par exemple, là.
Dans cet amas de buissons,
il doit y avoir au moins 10 Vietcongs.
- 10 Viets ? - Oui.
Mais on ne peut pas les descendre, même si en général, c'est l'ordre.
Il faut tuer tous les orientaux. Mais ça pourrait être des alliés.
Je vois quelqu'un, là.
Le soldat Rubin a un Viet en ligne de mire.
Il a son doigt posé sur la gâchette.
L'œil braqué dans sa lunette.
La silhouette brandit un grand drap blanc.
On dirait une sorte de...
Le soldat Rubin avance sur l'ennemi et nous allons le suivre.
- Baissez-vous. - A terre.
Baissez-vous tous. Et en silence.
Le soldat Rubin tient à nouveau l'ennemi en joue.
- C'est un pantalon de fille. - Le soldat dit que c'est une fille.
C'est une femme.
- Ce n'est donc pas un Viet. - Si, c'est une Viet.
Que devez-vous faire ?
La descendre.
Il a pour ordre de tuer tous les Viets.
Le soldat Rubin la tient en joue et je pense qu'il va la tuer.
Elle va sortir de son champ de vision.
Il doit y en avoir d'autres.
Tenez-vous tous baissés, sans bruit, la caméra sur elle.
Allez, lève-toi.
Allez, viens ici. Par ici.
Tu as déjà été dans un hôtel ? Tu parles anglais ? Français ?
Là, il y a une fenêtre. Tu sais, une fenêtre ?
Souris.
Ouvre la fenêtre. Comme ça. Bien.
Tu es seule dans ta chambre, tu enlèves d'abord tes chaussures.
Tu les enlèves. Souris. Souris à la caméra.
Tu bâilles. Comme ça.
Tu l'enlèves et tu le jettes. C'est ça.
Très bien.
Je n'ai jamais dit que tout était parfait dans ce pays, mais...
Adaptation : Jérémy Erismann
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.