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Original subtitles

Capitaine Robin.

Je suis désolée madame la juge, mais c 'est urgent.

Ça y est, on a matché avec le FNAG. Je vous écoute. Jean -Jacques Rançon, 54

ans, cariste, condamné à plusieurs reprises pour viol et agression

Il a vécu plusieurs années dans le quartier de la gare et il est même passé

nos radars à l 'époque.

Et on sait pourquoi il est au FNAG ? Il a menacé de mordre son ex -femme il y a

trois mois.

Ça fait seulement trois mois qu 'il est au fichier ? C 'est une chance que le

labo ait lancé le comparatif maintenant, à trois mois près on le ratait.

Il est beau comme un soleil.

Mon gars, James ! Mon gars, tranquille toi mon gars. C 'est à vous.

Ça sort, ça sort, ça sort.

Ça va bien.

Top interpellation.

Police ! Rentre la ténèbre ! Mets -toi au sol ! Au sol, au sol ! Viens là,

là, viens là ! Au sol, au sol, au sol ! Allez, monte les mains, monte les mains

! Montre, bouge pas, bouge pas ! Une menotte, les gars.

C 'est menotté, c 'est menotté, c 'est serré les gars, c 'est serré.

Allez, on s 'assoit.

Allez, on s 'assoit, on s 'assoit.

Relevez -le.

Allez, on va se relever, on va se relever.

Vous êtes Jean -Jacques Rançon ? Oui.

Il est 13h45.

À compter de cette heure -ci, vous êtes placé en garde à vue pour omission

volontaire.

On est là.

Alors, on bouge, les gars, on bouge.

J 'arrive pas à croire que je suis réveillé.

Je suis dans un rêve, là.

C 'est ce pigeon.

Ça, c 'est un moment où vous allez vous en souhaiter à tout de votre vie.

C 'est rien, ça va.

Félicitations, Flore. On est tous très, très, très fiers.

Merci, commissaire.

La patronne.

Bravo.

Bravo. Bien pris.

Bravo.

Bravo, Damien.

Tu mérites.

Je regarde vos visages devant moi, je me dis que certains d 'entre vous étaient

encore des gamins quand cette affaire a commencé.

Et inévitablement, je pense aux autres aussi, ceux qui étaient là dès la

première heure, qui ne sont plus dans la boîte.

Si je dis ça, c 'est parce que même si on a souvent pointé les loupés, les

dans cette affaire, moi je réponds toujours.

que mes équipes se sont battues jour et nuit pendant 16 ans, du mieux qu 'elles

pouvaient, avec les armes qu 'elles avaient.

Et aujourd 'hui, on a l 'occasion de prouver qu 'on n 'oublie pas les

et que nous n 'abandonnons jamais les familles.

Alors, au nom de toutes ces familles, les parents, les enfants, les frères,

sœurs, tous ces proches qui n 'ont jamais cessé de nous faire confiance, je

le dis aujourd 'hui, vous avez le devoir, vous entendez ? Vous avez le

faire parler cet homme.

Et l 'ADN ne suffira peut -être pas. Alors, il nous faut ses aveux.

Pendant 16 ans, des dizaines de suspects, perquisitions, gardes à vue,

centaines d 'auditions et pendant trop longtemps, la frustration de ne pas

trouver. La police judiciaire confirme l 'arrestation d 'un homme de 24 ans dans

l 'affaire des disparus de la gare de Pertignan.

Selon nos informations, la garde avait justifié bien tout juste de débuter et

aucun abonné n 'aurait été formulé, alors que la disparition de Tatiana

en 1995 et les meurtres de Leila Chakir et Marianne Pérez en 1998 sont à ce jour

non élucidés.

Au -delà de leur famille, c 'est toute une vie qui espère faire réponse à plus

de statistiques.

C 'était grâce aux avancées de la chance que nous l 'avions retrouvé.

Mais c 'était à nous d 'obtenir ces émeutes.

Ensemble.

Une dernière fois.

C 'est mon client, s 'il vous plaît.

Diane.

Je t 'ai pas dit que tu viendrais.

Je voulais pas te voler la vedette.

On pensait que c 'était un médecin avec une salle d 'opération dans sa

camionnette. Et finalement, c 'est un pauvre type avec un couteau. C 'est bien

planté.

Ouais.

L 'important, c 'est qu 'on fasse les choses en temps.

Qu 'on les fasse bien cette fois.

On a de quoi le travailler sur Tatiana en Niger.

Non. Il était incarcéré à ce moment -là en 95 dans le Nord.

J 'ai une peine pour viol.

J 'ai vérifié auprès du CP Damien et...

Il n 'a pas eu de permission de sortir.

C 'est pas lui.

D 'accord.

Donc on n 'a rien sur lui à part la chaussure de Leïla, c 'est ça ? C 'est

Avant de m 'attaquer là -dessus, je vais le faire parler.

Pour le mettre en conscience.

Il fait 16 ans qu 'on est d 'accord.

Monsieur Rançon, vous voulez bien nous parler de votre enfant ? Vous avez

avec vos parents, non ? Mon père, il était maçon.

Et ma mère, elle était un peu bébête.

Vos frères et soeurs ? J 'en ai treize.

Mais je n 'ai pas grandi avec eux.

Ils ont été pris à mes parents à la naissance.

Pas vous ? Non, je suis le seul gosse qu 'on ait laissé à mes parents.

Et pourquoi ?

Je ne sais pas.

Quelles ont été vos unions et vos relations successives ? Leur durée, le

d 'enfants ? On n 'en a pas eu tellement.

Il y a eu Solon pendant un an.

Il y a eu Adiel pendant un mois.

Et Nathalie pendant cinq ans.

Elle est partie avec notre fils Thomas.

Pourquoi ? J 'ai fait de la prison, ils m 'ont retiré de la garde.

Après, il y en a eu d 'autres.

Il y a eu Marie.

Et je suis pas resté longtemps avec elle.

Elle était pas belle.

C 'est quoi votre type de femme ? Toutes les femmes jeunes avec

des gros nichons.

J 'aime bien les gros nichons.

Oui, j 'aime bien les gros nichons.

Je comprends.

J 'ai toujours eu des femmes plus jeunes que moi.

Comme Leslie, ma dernière.

Vous l 'avez rencontrée, elle avait quel âge, Leslie ? 16 ans, elle m 'a 44.

Ah oui.

Elle avait eu des enfants avec ? Deux.

Magali et Yannick.

Je sais pas où ils sont. J 'aimerais bien les revoir avec leur mère.

Est -ce que vous diriez que vous êtes un séducteur ? J 'ai du succès avec les

femmes, ouais.

Mais c 'est elles qui viennent à moi.

C 'est pas moi qui vais les chercher.

C 'est elles.

D 'accord.

Est -ce que vous considérez que... Enfin, je veux dire, est -ce que... Vous

pensez que vous avez été peut -être une fois un peu violent avec une femme ?

J 'ai jamais été violent avec les femmes.

Ou alors je m 'en rappelle plus.

Parce que le 20 janvier 1992, quand vous habitiez à Amiens, vous avez été mis en

cause dans une affaire de viol sous la menace d 'une arme, condamnée à 8 ans de

prison.

Vous pouvez nous expliquer ce qui s 'est passé ? Cette femme qui passe devant

moi, je cherche sur elle.

Alors j 'essaie de la suivre parce que j 'ai envie de lui faire l 'amour.

Et après ? Ensuite, je sors mon couteau et la femme se déshabille.

Attendez, attendez.

Pourquoi un couteau ? Je vous parle, là. Pourquoi un couteau ? Je croyais que

vous étiez non -violent avec les femmes.

Le couteau, c 'est juste pour me sentir plus fort, c 'est tout.

Et après ? Il se passe quoi ? Après, elle s 'allonge.

Je me couche sur elle.

Je fais la mort.

Je l 'écule très vite.

Après, je prends son sac et je m 'en vais.

Dans la nuit, je l 'appelle.

Je passe des coups de fil.

J 'envoie à ma mère mon clapel et il me chope.

Pourquoi vous l 'appelez ? Pour la revoir.

J 'ai très envie de lui refaire l 'amour.

Marie ? Il a aucune empathie, rien. Il est complètement égocentré

et...

Si on le pousse trop vite à parler de Marianne et de Leïla, il lâchera rien, c

'est sûr. Il y a que lui qui l 'intéresse.

Vous préconisez quoi, alors ? Je vais continuer à faire parler de lui.

Quand je l 'ai pas en confiance, je le fais parler de Leïla. Et là, Vidal,

puisque je... C 'est OK pour vous, Vidal ? Bon, si on le fait pas craquer avant

la nuit, ça va devenir compliqué.

Parce qu 'à tous les coups, son avocat va nous jouer la montre, et il va nous

demander à ce qu 'on le laisse dormir.

Ça c 'est pas possible.

Ok ? Donc ne les laissez pas imposer leur tempo.

Vous les tenez, vous les lâchez plus.

Ok ? Ok.

Quand vous êtes

sorti de prison, vous avez fait quoi ? Quand je suis sorti, je voulais partir

loin. Je voulais aller à Perpignan.

Je suis descendu à Perpignan, la ville la plus au sud de la France.

Et vous logez où ? À l 'hôtel du midi, l 'hôtel le moins cher.

Vous avez bien dit l 'hôtel du midi, c 'est ça ? Oui.

Et vous vous mettiez sur le balcon parfois ? Oui, j 'allais sur le balcon,

regardais passer les gens et je fumais une clope.

Et pendant votre temps libre, vous faisiez quoi ? Je vous l 'ai dit, je

à pied un peu dans le quartier.

J 'allais manger un kebab sur la rue de la Gare, tranquille, quoi.

Mais vous marchiez vers où ? Un peu partout, dans Perpignan. Où, précisément

Ça m 'intéresse.

Vraiment, dans tous les quartiers de Perpignan. En passant par la rue de la

Gare, c 'est ça ? Ouais.

Leïla Chakir, ça vous dit quelque chose ? Ouais, ouais, ouais, ça me dit quelque

chose, Leïla Chakir.

Je crois que j 'ai entendu parler d 'elle à la télé, quand elle est morte.

Je vous présente une photo de cette personne.

Vous la reconnaissez ou pas ? Non, mais je la connais pas, mais j 'ai vu sa

photo. Dans le journal, ils en ont parlé.

Elle est morte à coups de couteau et ouvert son oeil.

Vous savez où son corps a été retrouvé ? Ouais... À l 'hypermarché, en montant

vers le café Figueras.

Ouais, exactement, ouais.

T 'as des raisons, toi, d 'y aller, dans l 'hectare, là ?

Je sais pas, moi, pour aller faire une courte, pour jeter le journal, n

quoi, une connerie.

T 'as pas un ou deux copains par là ? Non.

Une copine, alors, peut -être ? Non.

Pas de copine non plus ? Peut -être un bar, peut -être les habitudes ? C 'est

ça, il y a un bar là -bas ? Non. Tu vas dans les bars, toi ? Non.

Je vais pas dans les bars.

Ça m 'étonne, ça, alors, si tu dis que t 'aimes bien te...

te balader à l 'avenue de la gare, mais t 'aimes rien de ce qu 'il y a à l

'avenue de la gare, s 'il vous plaît.

Ça va, ça va.

Ça marche pas, ton truc.

Hein ? Non, ça te sert pas.

Et dites -moi, monsieur Rançon, qu 'est -ce que vous savez de l 'exploitation

des profils ADN en matière de procédure judiciaire ? Ça vous dit quelque chose ?

Je connais, je crois.

Et si on trouve l 'ADN d 'une personne, ça veut dire que la personne était

présente sur place ? C 'est ça, oui.

On a retrouvé votre profil ADN sur la scène de crime de Leïla Chakir.

Qu 'est -ce que vous avez à dire sur ça ? C 'est pas possible.

Ça peut pas exister, ça. D 'accord.

Nous vous présentons un rapport de rapprochement génétique établi par le

date du 10 octobre 2014 entre la trace provenant de la scène de crime trouvée

sur une chaussure appartenant à la victime et votre prélèvement biologique.

Que vous répondez à ça ? J 'ai rien à dire, j 'étais pas à point.

Qu 'est -ce que je vous dis ? Va falloir trouver une explication logique.

Comment c 'est possible ? Je sais pas, j 'en sais rien. Tu sais pas, t 'as

oublié, t 'es fatigué.

C 'est pas compliqué, putain. Est -ce que t 'as eu des contacts avec Leïla

Shakir, oui ou non ? Non.

Ok, je vais appeler la question.

Très simple.

T 'as eu aucun contact avec Leïla Shakir ?

Non, non et non ! Alors pourquoi votre ADN est sur la scène de crime

? Je ne sais pas.

Je ne peux pas répondre à cette question.

D 'abord, t 'as l 'impression qu 'il en a rien à foutre de rien.

Et après, on pousse pour qu 'il s 'incrimine et il esquive.

C 'est un prédateur.

Il a l 'instant de survie.

Léger, ils ont trouvé quelque chose chez lui.

Aucun élément incriminant.

Aucun lien avec les victimes.

Donc on a une chaussure avec un ADN incomplet.

Tant te dire que l 'avocat, il va démonter ça aux assises en deux

Oui, mon client a trouvé une chaussure dans la rue, il a voulu regarder ce que

'était, puis il l 'a balancée dans le caniveau.

Voilà. Donc sans aveu, on est morts.

Et ça fait douze heures qu 'il est là.

Et il t 'en reste trente -six pour la faire tomber.

C 'est pas les mêmes conneries que moi à l 'époque.

Il faut que tu vas se suicider.

au revoir

Bon, écoute -moi bien. Ton ADN sur la chaussure, il est pas arrivé là tout

Tu l 'as tué ? Est

-ce que t 'as tué Leïla Shakir ?

Leïla Shakir, une jeune fille de 19 ans, putain ! Tu sais très bien

de quoi on parle, alors maintenant tu réponds à sa question.

Tu l 'as tué, oui ou non ? Est -ce que tu l 'as tué ? Hein ? Non.

Alors pourquoi il y a ton ADN sur sa chaussure, espèce de connard ? Bon,

écoutez, s 'il vous plaît... Hein ?

Celle -là, par exemple, tu la reconnais, cette chaussure ? Elle t 'excite ?

Regarde -la, là ! Ton ADN te suit, espèce d 'aproutier.

Il est arrivé comment, ton ADN ? Explique -nous, peut -être qu 'on est

complètement cons. Explique -nous comment ton ADN est arrivé sur cette

chaussure.

On est sûrement tous débiles, ici.

Tu comprends ce qu 'on te dit ? Regarde -moi bien.

Regarde -moi.

Pour la dernière fois, je te pose la question.

Est -ce que tu as tué Leïla Shakir ? Je n 'ai jamais tué personne.

C 'est normal.

Ce qu 'il faut, c 'est... Réussir à rentrer dans sa tête.

Tu vois ? Trouver ce qui lui fait peur, à lui.

Fais -moi ton paquet de cup.

Tu fumes de maintenant.

Fais -moi ton paquet.

Merci tout le monde.

C 'est votre gamine ? Iris.

Comme un cheval ? Ouais.

Les vôtres, c 'est Magali et Yannick, c 'est ça ? C 'est ça, ouais.

La mienne a 6 ans.

Yannick 4 ans et... Magali 6 ans, pareil qu 'Iris.

Ça fait deux nuits que j 'ai pas vu la mienne.

Ça m 'est jamais arrivé depuis sa naissance.

C 'est pas bon, ça.

Faut y retourner dès qu 'on a fini ici.

Parce que les gosses, c 'est... Je

l 'ai appelée hier.

C 'est mon histoire du soir.

Elle aime quoi, comme histoire ?

C 'est des histoires que j 'invente.

Pas les contes qu 'on connaît.

Les trucs qu 'on invente pour apprendre aux petites filles à se tenir bien

sages.

Mais les peurs du dragon, des loups, du...

Je sais pas que ma fille, elle pense que c 'est

ça, la vie.

Avoir peur.

Les enfants, ils ont pas à avoir peur.

Ils sont trop petits pour ça.

Tu sais ce que c 'est la peur, toi ? Je

sais.

Tes enfants, tu ne les as jamais laissés avoir peur.

Tu vois, on est pareil.

Tu sais ce que c 'est d 'aimer tes enfants.

Comme... Les parents de Marianne.

De Leila.

Tu sais ce que c 'est leur peur à elles.

Mon mère.

C 'est de jamais savoir ce qui va aller vers leur fils.

Et Marianne Perez ?

Remonte et prends ta déposition, ok ? Ok

Remonte

là

Non, pas maintenant.

Ah si, j 'ai juste besoin de... Pas maintenant, je te dis.

Salut Nico.

Et toi ? C 'est bon.

C 'est long.

On a terminé ça ensemble.

On termine ensemble.

T 'as raison.

C 'est pas tout à fait terminé.

Ouais, je sais.

Dis -moi, pourquoi t 'as... Pourquoi t 'as voulu faire ça, toi ? Flic, je veux

dire.

Je t 'ai déjà expliqué.

Non, non, non.

Me reçois pas à l 'histoire du petit copain, là.

Du concours. que t 'as fait par hasard.

Très bon bluff, hein.

Très bon bluff, mais... ça prend pas.

C 'est pour ma sœur, Anaïs.

J 'ai compris ce qu 'il lui était arrivé qu 'après son suicide.

Je me l 'ai jamais osé rien dire à personne.

Ni à mes parents.

Ni à moi.

Et certainement pas aux flics.

Je suis désolé.

Je vais aller voir ma fille.

Bonne idée.

À bientôt, capitaine.

À bientôt.

a finalement reconnu l 'effet hier dans les locaux du SRPJ.

Ce sont les progrès de la science qui ont permis de relancer l 'enquête. Jean

-Jacques Françon, 54 ans, reconnaît avoir tué Leïla Chakir et Gabriel Pérez.

Il va donc quitter le SRPJ pour être déféré au parquet afin d 'être entendu

le procureur de la République et le juge d 'instruction en vue de sa mise en

détention provisoire.

Je suis vraiment désolée.

Jean -Jacques Rançon a pas pu enlever Tatiana, il était en prison à ce moment

-là.

Non, soyez pas désolée, moi je pense d 'abord à Carmen.

Et puis pour moi, il y a toujours un suspect.

J 'ai trouvé ça dans les affaires de Tatiana en préparant le déménagement.

Ma fille aurait passé une soirée dans le bar de Christopher Delpech, le soir de

sa disparition.

Faut le réinterroger, non ? C 'est troublant, mais il était pas le

du Montana en 95.

Bah oui, mais on achète pas un bar comme ça.

C 'est forcément un endroit qu 'il a fréquenté avant.

C 'était après.

Et ça constitue pas une brève, je suis désolée.

Par ailleurs, quand on a enquêté sur le meurtre de Nora, on a rien trouvé qui le

liait à Tatiana, vraiment rien.

Bah si.

Le roman policier qui porte le nom de ma fille ? Je sais, c 'est frustrant, mais

c 'est pas une preuve.

Il faut penser à d 'autres pistes.

D 'autres horizons.

Je comprends bien, madame.

Oui, mais Jean -Jacques Rançon n 'est pas chauffeur de bus non plus.

Voilà, voilà, je suis désolé.

Au revoir, bon après -midi, au revoir.

Depuis ce matin, j 'ai eu des témoignages bidons.

J 'ai eu un Jean -Jacques Rançon au Nid -Jamby, un mec qui pense avoir vu Rodé

vers la guerre ce matin.

Qui est -ce ? Sonia Amadi, c 'est qui ? Pas les judiciaires, un instant, s 'il

vous plaît.

C 'est toi qui a pris l 'appel ? Euh... Ah oui, je m 'en souviens. C 'était pas

très clair, son histoire.

Mais j 'ai pas trop compris.

Elle aurait reconnu Rançon à la télé, elle dit que c 'est le mec qui l 'a

agressé en janvier 98.

Mais bon, c 'est pas la première mytho. C 'est toi qui as noté l 'adresse ? Bah

ouais. Elle est venue belle fort.

Merde.

C 'est dans le quartier de la guerre, ça ? Je suis à côté de l 'hôtel de Rançon.

Elle aurait été abordée par l 'individu.

La poignée à plusieurs reprises. Large plaie sur l 'abdomen.

Violence avec arme ? Mais c 'est quoi cette qualification ? Ils ont craqué ?

Pourquoi on n 'a jamais entendu parler de cette affaire ? Comment ça se fait

le parquet n 'ait jamais fait le rapprochement ? C 'est quoi ce délire là

sais pas.

Madame Amadi, vous êtes là ?

Bon, je vous promets

qu 'avec moi, vous pouvez parler librement.

Que je vais vous écouter.

Et surtout vous croire.

Allô ? Vous êtes là ? Si vous dites rien, il ne sera jamais condamné pour ce

'il vous a fait.

De toute façon, il va aller en prison.

Bien sûr, bien sûr, il va finir sa vie en prison.

Mais si vous a fait du mal, je veux aussi qu 'il soit condamné pour ça.

Pourquoi ? Je veux que vous puissiez dire devant la justice, voilà ce que tu

'as fait.

Je vais payer pour ça.

Vous dites que vous l 'avez reconnu ? Vous savez ce que je me suis dit pendant

qu 'il me plantait son couteau dans le ventre ?

Je me suis dit, Sonia, souviens -toi de son visage.

Rappelle -toi bien de son sourire froid et pervers, de ses dents pourries, de

son regard noir et sadique.

Rappelle -toi de tout.

De sa taille, de ses mains énormes.

J 'ai vécu avec ce visage pendant 16 ans.

Je me souviens de tout.

Je me souviens de sa respiration.

J 'entends le son de ma peau qui se déchire. C 'est un bruit bizarre.

Et je revois ses yeux.

Ses yeux qui me disent que je vais mourir ce soir.

Vous êtes très courageuse.

Si vous le permettez, j 'aimerais venir chez vous.

Pour prendre votre plainte.

C 'est vraiment important.

Je suis désolée.

Je vous promets que je ne vais pas vous lâcher.

Combien d 'autres victimes avaient -ils laissé sur sa route ? Combien de vies

brisées, effacées, réduites au silence ? La justice n 'est jamais complète.

Il y a toujours quelqu 'un qu 'on ne peut pas ramener.

Tu te souviens pas de ce qu 'elle répond ? Laisse -moi réfléchir.

Non, mais tu vois, tu vois le moment ? Je me rappelle, mais ce qu 'elle m 'a

dit, je sais plus.

Attends, je vais te remettre.

Vas -y, souviens -toi. Il s 'appelait comment, son pote ? Ouais, ben...

Pourquoi tu me demandes ça ? Je sais pas, je... Je sais pas, j 'ai l

de passer à côté de quelque chose, là.

C 'est con, mais...

Ok, c 'est bon.

Arrête de me filmer.

Manuel ! Il

s 'appelle comment ce pote ? Faut faire des flèches.

C 'est vrai ? C 'est marrant.

Fais -toi faire comme ton cousin et fais une page comme le chanteur.

Exactement.

Sous -titrage

ST'

501

J 'avais hérité de ma nuit de saboiseau.

Je tenais comme lui des archives personnelles.

Des mains courantes oubliées, des notes d 'enquête, des coïncidences qui m

'empêchaient de dormir.

C 'était à moi de porter le seau percé maintenant.

On sait que ça sert presque à rien, mais on le fait quand même.

Parce qu 'on est obligé de se dire que parfois ça sert à quelque chose.

Aujourd 'hui, oui.

Qu 'est -ce qu 'on fait maintenant ? On va à la plage. On va à la plage ? Allez.

Allez, on va à la plage. Tu n 'as pas oublié ton pique -nique ? Non, je n 'ai

pas oublié. Tu rigoles ou quoi ?

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