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Original subtitles

Personne ne disparaît de la surface de la Terre comme par magie.

Aujourd 'hui encore, je me souviens qu 'à peine descendu du train, j 'avais

ressenti l 'énergie particulière de cette ville.

Ici, pendant des années, des jeunes filles disparaissaient.

Les monstres n 'existaient pas, et la violence des hommes les avait épargnés.

Que serait -elle devenue ?

C

'était ma première affaire.

La plus marquante de ma vie.

Rien ne m 'avait préparée à cette épreuve.

Chercher la vérité est dangereux.

C 'est comme descendre dans un gouffre noir et profond, sans savoir si on

un jour en remonter indemne.

J 'ai plongé.

Il faut qu 'on avance, ça traîne chaque minute.

Première scène de crime ?

C 'est qui celle -là ? C 'est la nouvelle.

C 'est à la gerbe que tu sors du périmètre ? C 'est le lieutenant Robin.

Capitaine Vidal.

Le légiste est à la bourre. Tu sais, pendant ce soir, je les constate.

Bien sûr.

Allez, on y va, les gars.

La victime est une femme nue, en position ventrale, les bras le long du

corps.

Quelques traces de violence sur la face postérieure.

La peau est très blanche, état cadavérique avancé.

A priori, le corps est complètement exsangue.

Mais aucune trace de sang sur le trône.

Qu 'est -ce qu 'il y a ? Les gars, on retourne le corps.

Je la connais.

Laila Shakir.

Je me suis occupé de son dossier d 'émancipation.

Parcours compliqué, elle est passée par plusieurs voyages.

Allez,

on va s 'asseoir. Ça va, ça va.

Ça va, ça va.

Ça va ? Hé.

Tu veux que je prenne l 'oreille ?

Et qui mosent rouge autour du cou.

De larges plaies au niveau de l 'abdomen.

Une douzaine.

Le corps présente également de nombreuses mutilations.

Les deux seins sont découpés.

Au bas -ventre, nous constatons une profonde cavité.

Les organes génitaux sont manquants.

Merci.

Vous avez déjà fait la PJ ? Non.

Vous n 'êtes pas censé faire des stages en judiciaire ?

Simon m 'a toujours refusé mes demandes d 'affectation pégée.

Comment t 'as eu le poste ? Pietri m 'a appelée.

Le commissaire en personne t 'a appelée ? Ouais.

Bonjour, lieutenant.

Ça va ? Bienvenue.

Merci. Bon, messieurs, s 'il vous plaît.

Alors, j 'ai que deux minutes à vous accorder. Je dois rejoindre le procureur

pour sa conférence de presse.

Je vous l 'apprends pas. C 'est à partir de là que ça va tanguer.

Alors, c 'est une affaire hors normes.

Donc, tous les regards vont être braqués sur nous.

Allez, je compte sur vous pour faire preuve de probité, de sérieux, de

Je veux un point journalier, perquise interrogatoire, je veux tout savoir.

Je centralise tout, ok ? Allez, celle -là, on la tape vite et bien, hein. Vite

Allez,

au boulot, messieurs.

Bonjour,

monsieur. Au boulot ? Ça va, ça vous va ?

Bien.

Hé.

Léila Shakir, 19 ans, française d 'origine algérienne, élevée par un père

autoritaire, qui selon nos premières infos, pratiquait un islam salafiste. Il

aurait essayé de la marier de force, mais elle a demandé son émancipation

avant sa majorité. Et après, elle a coupé les ponts. Elle n 'a pas de mère ?

Non, elle est décédée.

Elle a peine connu.

Le voisinage, ça donnait quoi ? C 'est en cours.

Pour le moment, que dalle.

Forcément, personne n 'a rien vu, rien entendu.

Donc, on se met sur l 'entourage.

D 'accord ? Tout l 'entourage. Et puis on remonte sur l 'emploi du temps, on

essaie de trouver où et quand elle a pu le croiser, son meurtrier.

Excuse -moi, mais tu crois pas que le père Salaf, ça peut être intéressant ?

Pourquoi ? J 'en sais rien, mais il veut la marier de force, il demande son

émancipation, elle coupe les ponts, et un an plus tard, on la retrouve dans un

terrain vague avec les parties génitales découpées.

Ils ont peur du corps des femmes.

Et alors ? Bah, et alors, si vraiment son père était salafiste, il aurait pas

droit de voir une femme nude, donc je vois pas comment ils peuvent faire une

chose pareille.

Bon, de toute façon, il faut fermer la porte, d 'accord ? Donc, Arnaud, tu fais

les vérifs sur le père, t 'emmènes Emile, le père qui lui tenait son

tu le loges, tu le ramènes au service, mais tu y vas mollo, d 'accord ? C 'est

sa fille.

T 'inquiète.

Damien, Flore, vous faites la perquise de sa chambre à la CTU.

Bon, le plus important, vu la précision des découpes, ça m 'étonnerait pas

que notre mec, il ait déjà fait ça.

Et surtout qu 'il recommence.

Donc, on s 'active.

Bon, allez, les gars, on y va.

Il doit rester tous les deux.

Le temps de la perquisition, ouais. J 'ai besoin de deux témoins.

Laila, vous la connaissez bien ? Euh, un peu.

De temps en temps, je venais lui taxer une clope.

Parfois, on la fume à la fin.

Elle étudiait quoi ? Elle venait d 'être prise à l 'école d 'infirmière.

Et elle parlait souvent de sa vie d 'avant ? Ses passages en foyer, ses

histoires avec sa famille ? Le foyer ? Ouais, le foyer d 'accueil.

Ah non, pas du tout.

Je savais pas que... Enfin, elle avait l 'air normale, quoi.

Même assez, je sais pas, sophistiquée.

Sophistiquée ? Ouais.

Et elle recevait des copains, des copines ici ou pas ? Non, on traînait

dans les mêmes bandes.

Mais il y a un mec qui vient... Enfin, qui venait souvent la voir.

Pascal ? Pascal comment ? Je sais pas.

Toi non plus ? Non.

Je me souviens qu 'il bossait dans un kebab à côté de la gare.

Ouais, je vois lequel.

Et c 'était son mec ou pas ? Je crois pas.

C 'était bizarre, le truc entre eux.

C 'est lui ? Ouais.

Et tu l 'as laissée rentrer toute seule ? Elle voulait me taxer ma mope pour pas

rentrer à pied sous la pluie, mais j 'ai dit non.

On avait besoin pour aller en boîte.

A quelle heure elle est partie d 'ici ? Je sais pas vraiment, peut -être 22h30,

23h.

Je vous dis, après je suis sorti et j 'ai rencontré une fille là -bas.

Elle était rentrée à quelle heure ? Je suis passé toute la nuit avec elle.

Elle s 'appelait comment ? Chloé.

On est bien ? Ouais.

Alors, faut que tu m 'expliques.

Laila, c 'était une copine ? C 'était ta copine ? C 'était qui pour toi ? C

'était ma meilleure amie.

Comme une sœur.

Elle était belle, hein ? Elle aimait sortir, elle aimait danser.

Elle voulait devenir actrice.

C 'est marrant parce que...

A chaque fois qu 'on sortait et qu 'elle avait un petit peu trop bu qu 'elle

était hyper joyeuse, elle arrêtait pas de dire au verre « Un jour, je ferai la

une des journaux ». Et t 'as le nom d 'autres amis qu 'elle a ? Des copains,

copines de fac ? Des gens avec qui elle traînerait ?

Oui, c 'est évident.

Ah,

excuse -moi, je me suis permis de prendre un petit coin de ton bureau.

Le temps de m 'installer se dérange pas ? Pas de problème.

Je m 'appelle Félix Abouezou.

Je crois qu 'on a le même grade. Tu peux me tutoyer, appelle -moi Sabouezou,

comme tout le monde.

Flore Romain.

T 'es nouveau dans le groupe, toi aussi ?

Oui et non.

Vidal, il a pensé que vu la taille de l 'affaire, fallait tout monter sur le

pont et du coup, il m 'a demandé de revenir pour lui donner un petit coup de

main.

Ok, très bien.

Très bien.

Bon,

je viens d 'avoir l 'IML.

Je t 'embarque, on va voir si t 'es pas trop rouillé.

Capitaine ? Oui ? Tout à l 'heure, vous disiez que notre gars avait peut -être

déjà fait ça.

Tatiana Andujar, ça vous parle ? Belle, brune, le même âge que Leïla.

Elle a disparu au chaud autour de la gare.

C 'était il y a trois ans.

C 'était une petite, elle habitait un petit village à côté.

C 'est la gendarmerie qui a pris l 'affaire, tu te souviens ? Ça avait fait

petit barouf, les parents étaient passés à la télé, ils continuent de la

chercher.

Ils sont encore en train de mettre des affiches, ils ont même fait une

association.

Alors quoi, vous pensez à un tueur qui rôderait près de la gare ? Et qui aurait

peut -être le même type de vie ?

Même chose que pour les autres.

C 'est une porte et il faut la fermer.

Je te laisse aller parler à la famille Andujar.

On y va ? Allez, on décolle.

Je peux déjà vous dire qu 'elle a été tuée aux alentours de minuit.

J 'ai jamais vu ça.

De mémoire, il n 'y a eu aucun meurtre d 'une telle sauvagerie en France au XXe

siècle.

L 'IGI, ils n 'ont vraiment rien retrouvé ? Ni les seins, ni les organes

génitaux ? Non.

Il a dû partir avec ou... Il s 'en est débarrassé après.

Sans les organes, ça va être difficile de me prononcer sur l 'existence d 'un

viol.

Mais avec les prélèvements et un petit peu de chance, on va peut -être trouver

du sperme ou d 'autres groupes sanguins.

Quand on a retrouvé le corps, on avait l 'impression qu 'elle était exsangue.

C 'est le cas, hein ? Absolument.

Il a pris le soin de vider l 'intégralité du volume sanguin.

Après, il l 'a nettoyé et mutilé.

Il n 'y avait pas de... Il n 'y avait pas de traces de sang sur le terrain

vague. Rien.

Donc ça voudrait dire qu 'il l 'a tué ailleurs, on est d 'accord ? Pour moi,

fait aucun doute.

De nuit, sans éclairage...

Sur un sol en friche, c 'est impossible qu 'il ait opéré de cette manière.

Opéré ? Regardez.

Les impulsions, elles sont fines, précises, anatomiques.

Il a travaillé sur une surface plane.

Et il l 'a opéré avec un instrument chirurgical.

Type scalpel, ce genre -là ? Donc quoi ? Le type, c 'est un gars du métier ? Un

médecin, oui.

Et même un chirurgien.

Vous êtes sûr de ça ? Vous êtes sûr ? Honnêtement, je ne suis pas sûr que je

serais capable de faire un tel travail.

Il a placé la victime en position gynécologique.

Il a pris son temps, au moins une heure, avec un bon éclairage.

Votre homme, il a obligatoirement des connaissances en médecine ou en

Donc il l 'a tué, puis il l 'a aussi déplacé.

Il faut chercher un véhicule.

Un véhicule qui pourrait aussi être l 'endroit où il l 'a séquestré, peut

violé.

Il est tué, on est d 'accord ? Oui.

Voilà.

Un médecin déstructé avec une chamboulette.

Alex, on mange ? Il est avec moi.

Tu, tu es le temps, on passe à table.

Allez, à table. Eh, dis -donc, les pieds, là.

On souffle le pain.

Et la pain.

Et un petit peu d 'air.

Il a dit qu 'il sortait avec des copains.

D 'accord.

Tu vas ? Oui,

bonjour. Bonjour.

Je peux entrer ? Oui.

Manuel ?

Non, elles se connaissaient pas, hein.

Mon visage me dit rien.

Vous êtes sûre ? Elle voulait devenir infirmière, elle a pas à peu près le

âge. Non, mais je vous dis qu 'elles ont rien à voir.

J 'essaie juste de comprendre, vous savez.

Il y a trois ans, quand ma fille a disparu, vos collègues, là, ils nous ont

presque rayonnés.

Une fugue, ils nous ont dit. Mais la vérité, c 'est qu 'ils l 'ont pas

La vérité, c 'est qu 'ils nous ont interrogés. Ils nous ont mis sur écoute,

ils l 'ont pas cherchée.

La vérité, c 'est que ma fille, elle a disparu.

Madame Andujar, je vous promets qu 'on va... Ah non, pas de promesse ! Je sais

que c 'était pas vous à l 'époque, mais ça vous donne pas le droit de vous

pointer chez moi et de sous -entendre que ma fille, elle a fini comme elle.

Ça, je veux pas l 'entendre.

Sauf si vous nous aidez à la chercher.

Marie -Jo n 'avait pas attendu la police pour faire ses propres recherches.

Elle a exploré chaque piste qui s 'offrait à elle.

Au revoir.

Au bout de trois ans, elle passait toujours.

Les gars, on a logé le père.

Devinez ce qu 'il faisait en Algérie avant d 'arriver en France.

C 'est quoi ? Il était bouché.

Et tu vas le mettre en jaffe pour ça ? Ouais.

Et c 'est toi qui vas faire le bébé.

Allez, au boulot.

Attache -le.

Bon, et cette histoire de mariage forcé, c 'est quoi ? Si elle s 'était mariée

comme prévu,

elle serait encore vivante, ma fille.

Les femmes, elles attirent la convoitise.

C 'est comme ça.

C 'est pas de leur faute à elles non plus.

C 'est Dieu qui les a créées comme ça.

Leïla, elle voulait pas comprendre ça.

J 'ai fait ce que j 'ai pu pourtant.

Ah ouais, tu te trouvais ? Mais ça, ça te faisait pas trop de

peur, toi ? Vous savez qu 'elle a choisi ma fille, moi j 'étais pas d 'accord.

Pour moi, elle avait rien à faire à traîner comme ça, je sais pas quelle

dans la rue.

Qu 'est -ce que je pouvais faire ? Je sais pas, la punir par exemple.

Moi ça.

Et ton travail de boucher à Alger, qu 'est -ce que tu peux nous dire sur ça ?

Rien.

C 'est un petit boulot.

Pendant l 'été.

C 'est pour aider la famille.

Je servais les clients, je faisais la caisse, parce que je savais compter. Ok,

mais la viande, tu l 'as découpée ou pas ? Non.

Il faut un brevet pour ça.

C 'est comme ça que tu bosses, toi ? Faut peut -être poser les questions dans

bon ordre, tu crois pas ? Monsieur, vous faisiez quoi, hier, après 22 heures ?

J 'étais au mariage de ma nièce, au restaurant L 'Étoile d 'Orient, derrière

place Cassagne.

Lila, elle était invitée, bien sûr.

Elle est pas venue.

Commence par ça, la prochaine fois, peut -être.

Monsieur, vous pouvez attendre dans le couloir avec votre fille.

On va vérifier les infos et après on vous libère.

D 'accord ? Courage.

Vous y allez.

Damien, tu t 'en occupes. Avec plaisir, Damien.

Putain, tu fais quoi, là ? Putain, sérieux, tu vas pas lever la chave, là ?

C 'est la juge qui lève la jave, d 'accord ? La juge.

Donc toi tu vas l 'appeler, tu vas lui dire que t 'as merdé ou que tu dois

inventer un pipeau, que t 'as besoin de garder les heures au cas où il y aurait

de nouvelles infos sur le père, ce que tu veux, tu te démerdes, mais tu me fais

plus jamais un coup comme ça, t 'as compris ? C 'est valable pour tout le

d 'accord ? On travaille en équipe ici ! On fait pas n 'importe quoi !

Bon, on a parlé avec le légiste.

Apparemment, on doit chercher un médecin. C 'est le premier élément

'on a, donc on va se baser là -dessus.

Un médecin ? Ça va nous changer de voiture habituelle, là.

C 'est clair.

Bonne nouvelle, le meurtre n 'a pas eu lieu sur place.

C 'est -à -dire que le tueur a déplacé le corps avec un véhicule.

On cherche aussi une camionnette, une fourgonnette.

Ça veut dire que le champ des recherches va être gigantesque.

C 'est pour ça qu 'on va leur filer un coup de main sur le terrain, d 'accord ?

En ciblant en priorité tout ce qui est dispensaires, hôpitaux, cabinets

médicaux, et même les cliniques vétérinaires.

Oui, je sais.

On élargit en cercle concentrique à partir du château d 'eau.

C 'est bon pour tout le monde ? Ils ont annoncé beaucoup de vent pour ce soir,

ça laisse que de tout balayer.

Oui, raison de plus pour foncer. Donc on appelle la synophile de suite, ok ? Je

m 'en occupe.

Qu 'est -ce que tu fais là ? Pense -toi en plastique, c 'est très bien.

Mais c 'est moins bien pour conserver les salés. Ouais, mais c 'est pas le

prix non plus.

Je te l 'expliquerai au -dessus après, tu vois.

Je ferai un peu des deux, comme ça, si il y a un truc important, je le mets

le craft.

Je peux te demander quelque chose ? Qu 'est -ce que tu faisais ce matin dans ta

bagnole à planquer devant la scène de crime ?

J 'avais peur.

Pour l 'instant, vous êtes prêts.

Venez voir.

C 'est la chaussure de Laila ? Ouais.

Comment tu peux être sûre ? On l 'a retrouvée nue sur la scène de crime.

Je sais pas, Pascal.

Il y a une photo où elles portent les mêmes chaussures.

Ouais, je sais.

Je remarque souvent des détails inutiles.

Vidal pour sa briseau. Pas mal.

On va considérer que c 'est important

? Très bien. On prévient Ligy qui récupère le CD et je veux qu 'on analyse

la zone. D 'accord ? Toute la zone.

le côté premier de la classe va commencer à me bouffer.

Elle sort de l 'école, quoi.

Tu vois, c 'est là que c 'est dur.

Quand la première journée se termine et qu 'on comprend que ça va être très

long.

Très, très long.

Bon, Johan, tu feras équipe avec Arnaud et Fred avec Damien. Ok, les gars ? On

rappelle l 'IG.

Je veux qu 'on répertorie tous les CV sur le même PV.

D 'accord ? Tous sur le même. On est bien d 'accord là -dessus ?

Manuel ? Quoi ?

C 'est Tatiana, là, non ? On

ne voit pas grand -chose.

Ah si ? Je ne sais pas, on est loin.

Quoi ? En trois ans, on change, Manuel.

Si, c 'est Tatiana.

Ouais. Ouais ? Ouais, peut -être un peu, ouais.

En plus, c 'est à Barcelone, c 'est pas loin.

Et il en va être encore.

Un anonyme.

Tatiana ? On ne sait pas, chérie.

Mais tant qu 'on ne sait pas, Tatiana est vivante.

Et on la cherche.

J 'y vais, hein.

À quelle heure ? Ok, vas -y.

Merci.

Au revoir.

Donc, elle dit que c 'est bière, ça te va ? Ouais, parfait.

T 'es sur quoi ? Je suis sur les poèmes de Leïla.

C 'est morbide.

En gros, elle dit qu 'avec l 'enfance qu 'elle a eue, elle sait qu 'elle vivra

pas vieille, que de toute façon, vieillir, ça veut dire plus être belle,

'elle préfère partir jeune.

C 'est quoi tout ça ? Ça, c 'est mes archives perso.

Il y a des fiches sur des types que j 'ai jamais pu serrer, des mains

oubliées, des notes non -quelles.

Et quoi, si dans ce qui m 'empêchait de dormir.

Tu sais qu 'une affaire sur deux, tu la sors comme ça en piochant dans la

mémoire de la vie.

Je sais pas.

Et ce matin, tu m 'as dit que t 'étais revenue pour Vidal, mais t 'es revenue d

'où ? T 'étais à la retraite ? Oui, j 'ai l 'air si vieux.

Non. Enfin, je sais pas.

J 'étais juste en dessous.

Je classais les plaintes. J 'étais au placard.

T 'inquiète, j 'ai rien fait de grave.

J 'étais juste un petit peu malade.

Et ça va mieux ? Oui.

C 'est pas une maladie comme tu penses.

J 'ai juste eu des choses que personne ne devrait voir.

Et Vidal, tu le connais depuis longtemps ? Oui.

Quand je l 'ai rencontré, c 'était un gamin, il était gardien de la paix.

C 'est moi qui l 'ai formé en PJ.

Il n 'a jamais fait d 'école d 'officier comme toi.

Jamais ? Non, jamais.

Pour lui être flic, c 'est sur le terrain qu 'il peut venir.

Bonjour. Le club El Diva.

El Diva ? Oui.

Merci.

Merci.

C 'est parfait.

Deux de champagne.

Tout va bien ? Je cherche ma fille.

Ils m 'ont dit qu 'elle travaillait ici.

Non.

Non.

Non ? Elle

ressemble à Céline.

Elle est là aujourd 'hui ?

Il a arrêté de travailler ici pendant une saison.

Et tu sais quand il va rentrer ? Non, la vérité, c 'est que non.

Il n 'est pas en juin, quand il va rentrer, non ? Je ne sais pas.

Je ne sais pas.

Par exemple, il cherche sa mère.

Une fois, la patronne nous laisse rester ici quand nous avons des problèmes.

Le temps nécessaire pour que les choses s 'arrêtent.

Quels problèmes tu as ? Hein ? Quels problèmes ?

Espérons ici.

C 'est très bon.

C 'est très bon.

Je reste encore.

Allô ? Luc Renaud du STIC, je voudrais parler au lieutenant Robin.

Oui, c 'est moi.

C 'est bon, j 'ai vos infos sur Olivier O 'Palomino.

Ouais ? Alors, il est bien connu de nos services pour des faits de vol en 95 à

Narbonne, de faux usages de faux en 95 à Perpignan et de harcèlement en 96 à

Perpignan toujours.

Vous me faxez ta fixe ? Le télécopieur fait des siennes comme d 'hab.

Je vous envoie ça dès que ça fonctionne à nouveau.

Au plus vite, merci.

On n 'échappe pas à la violence des hommes.

Les monstres existent bel et bien.

Et il y en a partout.

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