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Il y a une histoire que j 'aimerais vous raconter.
Une histoire qui se déroule dans la douce et charmante campagne du sud de l
'Italie à la fin des années 50, et qui montre à quel point la vie peut être
belle ou se montrer cruelle.
À cette époque, c 'était une nature vierge et saine qui gouvernait et
nos vies de paysans.
Mon père était encore de ce monde, un homme tenace et humble, prêt à courber
chines pour récolter les fruits du travail.
Ma mère était toujours à ses côtés, quoi qu 'il arrive, dans les bons comme dans
les mauvais moments.
Une femme simple et qui s 'est souvent sacrifiée pour nous.
Et puis il y avait Gino, mon frère.
Un garçon que le dur labeur dans les champs avait rendu fort comme un bœuf.
Mais cette histoire qui vous est racontée par un vieil homme qui ne s
'émerveille plus que devant un coucher de soleil n 'aurait jamais existé si
n 'avait pas été là.
Elle était tellement belle...
que je pouvais passer des heures à l 'observer sans jamais me lasser.
Maria avait cette beauté naturelle, simple, presque virginale, qui t
'emprisonnait le cœur et te rendait follement amoureux.
Je me souviens que son père passait la totalité de son temps libre à lire un
maximum de choses, et malgré son aspect bourru et peu avenant, il était parvenu
à épouser Philomena, la femme la plus belle et la plus courtisée de la région.
Une de ces femmes qui les part chez nous, préférable de garder enfermées à
maison.
Il y avait aussi les fêtes, nos fêtes, dont les fins devaient bien se moquer en
observant de là -haut les étranges personnages qui les fréquentaient.
Quand on rencontrait Don Gennaro, il fallait lui baiser la main, parce que ce
'était pas n 'importe quel Gennaro.
Lui, c 'était Don Gennaro Aiello, le parrain du village.
Et que dire de Marino Lévis, pharmacien doublé d 'un beau salut.
La personne la plus dégueulasse que j 'ai jamais eu l 'occasion de connaître.
Toujours prêt à profiter du malheur des autres, et pour cela surnommé le
charognard.
Enfin, voilà à quoi ressemblaient mes jeunes années.
Mais c 'était surtout les années d 'un grand amour qui allaient bouleverser ma
vie à jamais.
Une belle fête que celle -ci, vous ne trouvez pas ? Comment fait
votre époux pour laisser seule une femme de votre beauté ?
Est
-ce que je peux vous offrir une gâterie ?
Non merci, j 'ai déjà mangé.
Vous êtes magnifique, vous savez.
Une robe faite pour vous.
Vous l 'avez achetée en ville.
Marino, ne m 'obligez pas à m 'énerver.
Il me semble vous avoir fait comprendre que je ne souhaitais pas parler avec
vous. Vous devriez partir.
Si mon mari venait à me voir, je crois qu 'il ferait un véritable scandale.
Que t 'as raconté cette espèce de salaud ? Rien du tout, Pac -Poi, ne t
'inquiète pas.
Est -ce qu 'il a été grossi ? Mais non, voyons, c 'est juste un imbécile qui
aime se faire remarquer, rien d 'autre.
Pourquoi moi, c 'est dedans ? Je t 'ai déjà
averti que quand tu croises ma femme, tu dois changer de trottoir.
Je ne comprends pas bien.
Comment oses -tu ? Tu me tutoies comme si j 'étais un misérable paysan comme
toi. Si tu veux me parler, tu fais comme tout le monde. Tu prends rendez -vous
et tu fais la queue. Et peut -être, si je n 'ai vraiment rien d 'autre à faire,
alors je t 'écouterai.
Si tu étais un homme, je t 'aurais déjà cassé la figure pour tout ce que tu as
fait. Mais comme tu n 'es rien d 'autre qu 'un petit con, je ne vois qu 'une
seule chose à faire.
Montre -moi, je n 'attends que ça. Et dépêche -toi, j 'ai d 'autres chats à
fouetter, moi.
C 'est tout ce que tu mérites.
J 'ai honte pour toi.
Lâche -moi la main, mon père pourrait nous voir. Et alors ? Tant ou tard, il
faudra lui dire qu 'on est ensemble, non ? Mais tu es malade et il va nous tuer
tous les deux, ouais.
Et pourquoi ? Dans quelques mois, j 'aurai mon diplôme de géomètre. J 'aurai
travail et puis on se mariera. Pour toi, tout est toujours facile.
Attends déjà d 'avoir ton diplôme avant de faire plein de projets. Non, embrasse
-moi, ma chérie. Arrête de faire l 'idiot.
Écoute, si tu ne m 'embrasses pas, je crie à qui veut l 'entendre que je t
'aime. Francesco, maintenant, ça suffit. Ok, tu l 'auras voulu. Hé, écoutez
-moi, écoutez -moi tous.
Content ? Oui.
Cette petite fête est bien sympathique. Je ne me rappelais pas que tu dansais
aussi bien, ma chérie.
Tu ne danses pas mal non plus.
Don Gennaro veut vous parler.
Excuse -moi.
Me revoilà.
Vous êtes toujours aussi belle.
Vous dentez bien.
Misérable, alors comment t 'es -tu permis ? Tu insultes les gens et tu leur
craches au visage.
Sans m 'en avoir demandé la permission.
Alors, hein ? Tu veux jouer au grand ? Ici, il n 'y a qu 'un seul grand chef,
c 'est moi.
Compris ? Tu n 'es rien d 'autre qu 'un gros tas de merde.
Qu 'est -ce que tu es ? Un gros tas de merde.
J 'ai pas entendu, parle plus fort.
Un gros tas de merde.
Bien.
Voilà, je préfère ça.
Embrasse ma main et va -t 'en.
Et pourquoi tu rigoles ? Tu crois que tu vaux mieux que lui, c 'est ça ? Tu es
un hominidé.
Apprends à respecter les femmes honnêtes, c 'est compris.
Et maintenant, hors de ma vue avant que je ne m 'énerve.
Je viens de voir ton père, il était en colère.
Qu 'est -ce qui s 'est passé ? Je crois que c 'est encore une de ces scènes de
jalousie.
Tu sais, quand Marino Levi s 'approche de ma mère, ça le rend fou de rage.
Il a raison, oui.
Cet homme est un porc, tu sais. C 'est vrai.
Tu les connais, Carmela et Marisa Esposito ?
La fille de Don Vicenzo ? Oui, c 'est bien elle.
Je les ai croisées avant de venir à la fête. Elles m 'ont confié que pour leur
prêter 10 000 lire, cette espèce de salaud veut coucher avec elle en
Et qu 'est -ce qu 'elles veulent faire avec 10 000 lire ? S 'acheter des
vêtements, des bas, des chaussures.
Elles fréquentent un groupe de filles qui viennent de la ville et elles
leur ressembler.
Elles sont idiotes.
Écoute, rien que d 'avoir parlé de ce merdeux, ça m 'a gâché ma soirée.
Qu 'est -ce que tu dirais si on rentrait ? Oui, d 'accord.
Mais d 'abord, je dois finir mes beignets.
Non, Marino.
Excusez -nous de vous déranger, mais on aimerait parler un moment avec vous.
C 'est une affaire privée.
Mais sœur Esposito, que faites -vous encore debout à cette heure ? Laisse
Où est votre père ? Il est au village.
Il danse avec maman.
Tu es sûre ? Oui, pourquoi ? Ce soir, je ne veux de problème avec personne.
J 'en ai assez de m 'essuyer le visage. Don Marino, nous avons réfléchi à votre
proposition. Mais il y a une condition.
Nous voulons les 10 000 lire pour ce soir.
Aucun problème, les filles.
Allez d 'abord voir vos parents et dites -leur qu 'une amie vous a invité à
manger une pizza. La fête se terminera tard. Vous n 'aurez aucun mal à avoir la
permission. Comme ça, nous irons chez moi.
Et je vous donnerai l 'argent.
Bonne idée, non ? Qu 'en pensez -vous ? Tu sais, Maria, j 'ai écrit pour toi une
phrase poétique.
Mais j 'ai un peu peur de te la dire, en fait.
Allez, dis -la moi.
L 'amour que j 'éprouve pour toi ne peut être contenu dans tout l 'univers.
Bravo ! Alors tu te mets à voler les phrases des autres ? Qu 'est -ce que tu
veux dire ? L 'amour que j 'éprouve pour toi ne peut être contenu dans tout l
'univers.
Roméo et Juliette, acte premier, scène 4.
Et comment tu sais tout ça ? Tu n 'as pas eu de chance.
Nous l 'avons étudié à l 'école la semaine dernière.
Ben... Allez, ne fais pas cette tête.
De toute manière, c 'est gentil d 'y avoir pensé.
Alors...
Pour te prouver que j 'ai apprécié ton geste, à partir d 'aujourd 'hui, ce sera
notre phrase.
L 'amour que j 'éprouve pour toi ne peut être contenu dans tout l 'univers.
Tu es belle.
Au revoir.
Ouf ! Oh ! Oh
!
Je t
'aime.
Merci.
Au revoir.
Je ne trouverai jamais mes terres. Nous nous les transmettons depuis quatre
générations et tout l 'argent du monde ne suffira pas à me faire vendre.
Monsieur Litteri, je comprends vos motivations, mais vos considérations
personnelles n 'arrêteront pas l 'avancée du progrès.
Écoutez, monsieur, vos terres ont été désignées par nos experts comme les
adaptées pour la construction de l 'autoroute entre Naples et Rome.
Imaginez la contribution que vous apporteriez au développement du pays.
Ah, mais j 'en ai rien à faire, moi. Je n 'ai même pas de voiture.
Et si j 'en avais une, qu 'est -ce que j 'irais faire à Rome ? Vous voulez que
je vous dise le progrès en Italie du Sud ? Je m 'en fous comme de mes premiers
savots. Je suis né paysan et c 'est comme ça que je veux mourir.
Le but de ma vie, c 'est cultiver la terre.
Voyez -vous, monsieur Litteri, j 'ai peur que mon collègue ne se soit mal
exprimé. Vous ne pouvez vous opposer à la vente de vos terrains. Nous devons
juste discuter le prix, c 'est tout. Mais le prix, je ne veux même pas le
savoir. Mes terrains ne sont pas à vendre, voilà.
Et puis, une dernière chose, je ne veux même pas parler une minute de plus avec
vous deux. Monsieur Lethéry, si on ne trouve pas un accord aujourd 'hui, vous
risquez d 'être exproprié.
Expro quoi ? Exproprié, monsieur.
Si tant ça veut dire quoi, exproprié ? Jeter dehors, chasser, expulser.
Tu veux faire plaisir à papa ? Exproprie ces gens de notre maison, si tu veux.
Avec grand plaisir, papa. Je vais chercher le bâton.
Des malades ! Dépêche -toi, on y va ! Vite, allez, tiens -nous d 'ici !
Arrêtez -vous ! J 'en ai pas encore
fini avec vous ! Vos mères vont plus vous reconnaître ! J 'aurai votre peau !
Mais qu 'est -ce qui s 'est passé ce matin chez Anna ? Rien du tout.
Les ingénieurs de la société d 'autoroutes sont revenus, ceux qui
acheter les terrains.
Luigi et Gino les ont jetés dehors.
Je ne les comprends pas.
On leur donne une chance et ils refusent de la saisir.
Combien on leur a offert ? Si je me souviens bien, 10 millions de lire.
10 millions de lire ? Ils sont vraiment fous.
Avec tout cet argent, ils pourraient s 'acheter une belle maison à Naples et
quitter pour toujours ce sale village de merde.
Mais qu 'est -ce que tu as contre cet endroit, maman ?
Nous vivons tranquilles, nous mangeons bien, nous respirons du bon air. Qu 'est
-ce qui te manque ? Tu parles comme ça parce que ton fiancé habite la maison d
'en face et que ça t 'arrange de rester ici.
Tu changeras d 'avis quand tu seras grande et que tu devras travailler la
du matin jusqu 'au soir.
Pour l 'heure, tu n 'es qu 'une gamine.
Maman, je ne suis plus une petite fille.
Je suis étudiante et je vais bientôt avoir mon bac.
Maintenant, j 'ai l 'âge de comprendre ce que tu dis.
L 'ivoire, la femme mature, qu 'est -ce que c 'est que cette histoire de petite
amie ? Ne fais pas semblant de ne pas être au courant.
Tout le monde au village sait que ta fille est la fiancée de Francesco.
C 'est ce que dit ta mère, la vérité. Je vais aller trouver ce petit salaud et
je vais lui casser la gueule.
Je ne te permets pas de dire ça de Francesco.
Bon, qu 'est -ce que je dois faire ?
Laisse -la vivre.
Tu verras, ça lui passera rapidement.
Ce n 'est encore qu 'une adolescente.
Qu 'est -ce qui t 'arrive ? Je les hais.
Je ne les supporte plus. De qui est -ce que tu parles ? De mes satanés parents.
Je ne supporte plus leur attitude.
Tu dois me faire une promesse, Francesco.
Tout ce que tu voudras, mon amour.
Tu dois vite terminer tes études et trouver un emploi pour qu 'on parte d
J 'ai envie de t 'épouser et de passer le restant de mes jours à tes côtés.
Tu sais, il y a un rêve que je fais toutes les nuits et qui m 'aide à passer
moments difficiles.
Dans ce rêve, je nous vois toi et moi.
Nous vivons tranquilles et heureux, entourés de nos enfants, dans une
maison en pleine campagne.
Bientôt ton rêve deviendra réalité.
Jure -le -moi. Je te le jure.
Ces terrains sont les siens.
Et il peut en disposer comme bon, il lui semble.
Dites ce que vous attendez de moi.
Voyez -vous, monsieur Aiello... Aiello.
Je m 'appelle Aiello.
Je m 'excuse, monsieur Aiello.
Voyez -vous, nous sommes au courant du prestige dont vous jouissez par ici et
nous vous demandons d 'intercéder auprès de la famille Litteri afin qu 'elle ne
constitue plus un obstacle à notre projet. Notre entreprise a décidé que si
réussissiez à nous aider, vous auriez droit à une petite récompense d 'un
montant d 'environ 200 000 lire.
Mais vous me prenez pour qui ? Pour un criminel ? Je suis un bienfaiteur dans
mon village.
Et c 'est pour cela que mes concitoyens me traitent avec respect.
Si vous voulez conclure l 'affaire Litteri, vous devez me donner 300 000
fournir un emploi fixe au fils cadet de la famille, et augmenter votre offre
pour l 'acquisition des terrains à 15 millions de lire.
C 'est impossible, c 'est une demande exagérée. Ces terrains ne valent pas
cet argent, et puis notre entreprise n 'a pas de travail pour un paysan.
Écoute. Un peu de respect, c 'est compris ? Il étudie les sciences.
À la fin de l 'année, il va devenir géomètre. Mais, monsieur Agnello...
! Voilà comment je m 'appelle.
Et si tu m 'appelles encore Agnello, je te promets une paire de gifles dont tu
te souviendras, compris ? Oui, monsieur Agnello.
Arrêtez vos astuces et fermez -la.
J 'ai dit 15 millions pour les terrains, un emploi chez vous pour son cadet et
400 000 lire pour ma personne. C 'est à prendre ou à laisser.
Mais, monsieur Yellow, vous aviez dit 300 000 lire. J 'avais dit ça.
Mais avec moi, plus le temps passe et plus le tarif augmente.
Et si vous ne voulez pas payer encore plus cher, dépêchez -vous de me donner
réponse et à présent partez d 'ici, j 'ai du travail.
Il est là. Qui ça ? Chut.
Monsieur, juste une dernière fois.
Non, Francesco, non. Je ne veux plus faire ça.
Allez. Non, je ne veux plus faire ces choses -là devant lui. J 'ai vraiment
honte. Mais ce n 'est qu 'un petit vieux. La question n 'est pas là, non.
veux pas le faire. Il m 'a donné mille. Alors va lui rendre son argent et puis
voilà.
Je ne veux pas le faire.
Fais -moi ce truc avec ta langue.
Oh oui, j 'adore ça.
Bravo !
Mets -la moi dans le cul, Francesco.
Mets -la moi dans le cul.
Dis que tu m 'aimes. Je t 'aime.
Dis -le moi encore.
Je t 'aime, Maria.
Dis -le moi encore.
Je t 'aime.
Je t 'aime.
Maria. Dis -le.
Encore.
Tu es toute ma vie, Maria.
Toute ma vie. Dis -le -moi.
Tu es toute ma vie.
Dis -moi notre phrase.
L 'amour que j 'éprouve pour toi peut être contenu dans tout l 'univers.
Oui.
Viens par là.
Embrasse -moi.
Allez, sois gentil.
Que
s
'est -il passé ? Maman ? Aidez ton père et ton frère.
Comment c 'est arrivé ? J 'en sais rien. On était à la maison et le foie a pris
feu. Attention à toi.
Je vais chercher l 'autre.
Arrête -toi ! Fais attention !
Don
Gennaro, que me vaut cet honneur ? Que t 'est -il passé ? Ta grange a brûlé ?
Oui, c 'est la faute à pas de chance.
Hier soir, je me suis allumé une cigarette et mon mégot est tombé.
Papa, je dois faire quoi ? Mon garçon, tu n 'as qu 'une chose à faire.
Tu dois te baisser et me baiser la main. Qu 'est -ce que tu attends ?
Bien. Et la prochaine fois, fais -le tout de suite. Est -ce que c 'est
? Avant que je perde patience.
Luigi, allons -y. Il faut que je te parle.
Installez -vous, Don Gennaro.
Je peux vous offrir un verre de vin ou une goutte de prune ? Non, merci. Le
matin, je reste à jeun.
Je suis venu ici pour te dire ce que tu dois faire avec les terrains de ta
propriété. Don Gennaro, pour vous, je ferai n 'importe quoi. Et je pourrais
tuer ma famille si ça pouvait vous faire plaisir. Mais mes terres, pas question
de les vendre.
C 'est juste.
C 'est tout à fait juste.
Ces terres sont à toi. Tu peux en faire ce que tu désires.
Mais il y a une chose que tu dois savoir.
Même si tu refuses de les vendre, tous tes terrains te seront enlevés de toute
façon et tu devras te contenter du peu d 'argent qu 'ils auront à t 'offrir.
Don Gennaro, ces terres sont toute ma vie, vous savez, et pour me les prendre,
il faudra faire appel à l 'armée qui devra passer sur mon corps refroidi.
Luigi, ta vie t 'appartient et tu peux en disposer comme bon te semble.
Mais et ta famille ?
Tu as des enfants, et des gens peu recommandables commencent à tourner
vous.
D 'abord, ils mettent le feu à ton foin.
Ensuite, ils pourront venir t 'attaquer.
Ils pourraient même carrément s 'en prendre à tes deux fils, tu sais.
Et surtout, tu ne dois pas me mettre dans une situation où je ne peux plus te
fournir de protection.
Qu 'avez -vous décidé pour mes terres, Don Gennaro ? Ces messieurs sont venus
pour parler avec moi.
Et ensemble, nous avons trouvé un accord raisonnable.
Ils voulaient te donner 10 millions, et je les ai convaincus de porter l 'offre
de 10 à 15 millions.
Et en plus de donner un poste fixe dans leur entreprise à ton fils Francesco.
Ils m 'ont promis qu 'ils l 'embaucheraient à Milan.
Il fera des plans pour construire des autoroutes, des ponts, des immeubles.
C 'est bien pour ça qu 'a étudié ton fils, non ? Mais mon fils Francesco n
pas encore diplômé.
J 'ai déjà résolu ce problème, cher Luigi.
Il ne reste qu 'un mois avant la fin d 'année scolaire.
Je me suis permis d 'aller voir le directeur de son école pour m 'arranger
lui. C 'est un ami et il me respecte.
Et donc son diplôme, Francesco, le recevra directement à Milan.
En fait, vous avez déjà tout organisé.
Naturellement. Ah, j 'allais oublier. J 'ai aussi pris un rendez -vous chez le
notaire. C 'est pour après -demain à 5 heures.
Luigi.
Tu dois y aller pour signer l 'acte et puis essaye d 'être ponctuel.
Bon, je vais rentrer car il se fait tard.
Ne me déçois pas, Luigi.
Comptez sur moi, Don Gennaro. Au revoir.
Mon garçon, au premier regard, tu m 'as déplu.
Et tu ne me plais toujours pas, sache -le.
Je t 'ai dit que tu devais me saluer quand tu me croisais.
Que j 'arrive ou que je m 'en aille, t 'es plutôt bien bâti, mais ça ne m
'impressionne pas.
Tu crois faire peur à quelqu 'un ? Baisse -moi la main.
Baisse -moi la main, sinon je vais te faire courir à quatre pas tout autour de
chez toi.
Alors j 'attends.
Tu n 'as pas encore compris que tu dois me respecter, hein ?
Remercie Dieu que j 'ai des choses à faire.
Autrement, tu aurais découvert qui est Gennaro Aiello.
J 'ai honte pour ton père.
Papa, je ne veux pas aller à Milan. J 'ai accepté de me passer de ton aide
travailler la terre. Et je t 'ai payé tes études. Alors pourquoi tu as fait
ça ? Mais pour faire mon travail, je n 'ai pas besoin d 'aller jusqu 'à Milan.
Une fois que je serai diplômé, je pourrai me trouver du boulot ici à
Naples, du travail, tu n 'es pas prêt d 'en trouver. Tous les gens qui ont
étudié comme toi vont au nord pour trouver du travail.
Et maintenant que nous avons eu la garantie que tu aurais un emploi à plein
temps, tu ne dois pas refuser, t 'as bien pigé.
Je pars demain.
Ah oui ? Et où est -ce que tu vas ? À Milan.
Milan ? Et pourquoi pars -tu si loin ? Mon père m 'a trouvé du travail
et je vais vivre là -bas.
Comment ? C 'est une plaisanterie ? Non, ce n 'est pas une plaisanterie.
Et toutes nos promesses, et tous nos projets.
Qu 'est -ce que tu en fais ? Alors que tu disais ne jamais pouvoir renoncer à
moi, et maintenant ? Maria, ne dis pas ça.
Si j 'ai accepté, c 'est parce que je n 'avais pas le choix.
Dès que ce sera possible, je reviendrai te chercher et on partira tous les deux.
Tu verras que je tiendrai toutes mes promesses.
Tu es un menteur.
Rien qu 'un menteur disparaît de ma vie et que je ne te revois plus jamais.
C 'est donc pour accéder au désir de ma famille que je choisis de partir pour
Milan, sacrifiant au bien -être matériel mon amour pour Maria.
Je ne laissais pas seulement un grand amour derrière moi, mais également tous
les souvenirs de mon enfance, de cette terre qui m 'a vu grandir et de cette
joie simple de vivre ici.
Je savais très bien qu 'elle était là à m 'observer du haut de sa fenêtre, mais
j 'étais persuadé que cela n 'allait pas être nos adieux et que je reviendrai
très vite la prendre dans mes bras.
Francesco m 'a donné ça pour toi.
Je me suis donc retrouvé à Milan à occuper l 'une des nombreuses chaises d
immense bureau, où je n 'étais considéré que comme un numéro.
Le parfum de la campagne me semblait bien lointain, même s 'il ne s 'était
écoulé que deux mois depuis le jour de mon départ.
Je partageais un modeste appartement avec Aldo, un gars très sympathique qui
venait de Florence.
Je me souviens que quand maman nous envoyait un de ses délicieux gâteaux, c
'était à chaque fois la fête à la maison.
Maria m 'écrivait au moins trois fois par semaine.
Bien entendu, dans notre campagne, le téléphone était encore un luxe, et nous
devions donc nous contenter d 'une correspondance manuscrite.
Et même si je passais des heures entières à lui écrire, je ne réussissais
à trouver les mots pour lui faire comprendre combien je l 'aimais.
Ma vie à Milan n 'était dédiée qu 'au travail.
Jusqu 'au jour où Aldo réussit à me convaincre de m 'accorder un peu de bon
temps.
On va y laisser la moitié de notre salaire. Il faut toujours que tu
tout. Essaye un peu de te relaxer. Tu sors jamais.
Tu peux pas comprendre.
Les endroits de ce genre sont vraiment tristes à mourir.
Ici, les gens ne te regardent jamais en face, tu vois.
Et les femmes ressemblent toutes à de véritables portes de prison.
On dirait que quand elles te sourissent, elles leur coûtent des sous.
Regarde celle -là, qui c 'est ?
Tu n 'es pas vrai.
Tu n 'aimes pas me dire que tu ne la reconnais pas.
C 'est Gilda Christian.
Elle a fait un paquet de films. C 'est une star.
Gilda, tu t 'en peux. Enlève -moi tes lunettes de soleil.
Quoi ? Elle ne te plaît pas ? Tu es ridicule.
Tu veux
danser ? Vas
-y.
Alors, t 'as perdu ta langue ? Ben, je ne sais vraiment pas quoi dire.
D 'où viens -tu ? De Naples.
Je suis arrivé à Milan depuis seulement très peu de temps. Et je suis employé
comme géomètre pour le compte d 'une société d 'autoroute.
Pauvre, en fait.
J 'espère que tu réalises avec qui tu as l 'honneur de danser. Bien sûr. Mon ami
m 'a dit que vous étiez une célèbre actrice.
Tu ne m 'as jamais vue au cinéma ? Vous savez, je viens d 'une famille de
paysans en pleine campagne.
Par chez nous, le cinéma le plus proche est à 50 kilomètres. Ah, super, un
paysan. Quelle soirée.
Mais, écoutez, je crois que c 'est vous qui êtes venu me chercher, non ? Je n
'ai rien demandé, moi.
Je suis désolée, je ne voulais pas te blesser.
Ce qu 'il y a, c 'est que je ne trouve plus rien d 'excitant dans ma vie.
De temps en temps, je m 'amuse à être une vraie peste.
Ce soir s 'est tombé sur toi.
Je ne suis pas le seul, vu le sort que vous avez réservé à votre chevalier
servant. C 'est vrai que par moments, je peux être très méchante.
Vous cherchez à me faire peur ?
Tu sais que tu m 'es sympathique.
J 'ai ma voiture garée juste devant.
Ça te dirait de faire un tour ? Ben, si vous me promettez de rouler
doucement, ce sera avec plaisir.
Tu as parlé au facteur ? Arrête de penser sans arrêt à la même chose.
Francesco a du travail maintenant.
À moi aussi, il me manque, figure -toi. Mais il faut qu 'on se fasse une raison.
Il est jeune, tu sais, et sûrement que dans une ville comme Milan, notre fiston
a d 'autres préoccupations que d 'écrire à ses parents.
Pour l 'instant, le problème est tout autre. Nous devrions surveiller un peu
mieux les fréquentations de Gino.
Mais de quoi tu parles ? En ce moment, Gino fréquente des garçons du village
ne me plaisent pas, des gens violents qui cherchent les Riggs.
Mais Gino a un cœur d 'or, il ne ferait pas de mal à une mouche.
De toute façon, ce soir, je vais lui en parler.
J 'ai trimé ma vie entière pour éduquer mes fils honnêtement et je ne
supporterai pas que l 'un d 'eux s 'écarte du droit chemin.
Pourquoi vous êtes -vous arrêté ici ?
Arrête de me vouvoyer, j 'ai pourtant pas l 'air d 'une vieille. Je voulais
simplement dire qu 'un quartier comme celui -ci ne me semble pas adapté pour s
'arrêter. Tu n 'aimes pas les prostituées ? Je n 'en sais rien. Je n
eu recours à leur service.
Tu peux me rappeler ton prénom ? En vérité, vous ne me l 'avez pas demandé.
Francesco. Je m 'appelle Francesco.
Dis -moi, Francesco, combien gagnes -tu par mois ? Je n 'ai vraiment pas à me
plaindre. 50 000 lire.
Non, c 'est pas mal du tout, en effet.
Ça te dirait de gagner en une nuit ce que tu gagnes en un mois ? Vous
? Volontiers, quelle question.
D 'accord.
Alors prends cet argent et fais ce que je te dis.
Ouh, belle voiture.
Vous cherchez de la compagnie ? Oui, combien tu prends ? Ça dépend, chaque
pratique a son tarif.
Si vous voulez qu 'on fasse un truc tous les trois, au moins 5 000 lire par
personne.
Je t 'en donne 20 000.
Mais à une condition.
Que l 'on aille chez toi.
Ben, madame, pour ce prix -là, je veux bien vous héberger pendant au moins une
semaine. C 'est une porcherie. Absolument aucune importance.
Allons -y.
Alors, te voilà enfin.
C 'est à cette heure -ci que tu rentres. Tu as pris la fâcheuse habitude de te
foutre de l 'heure qu 'il est et de laisser tes pauvres parents manger tout
seul. Mais qu 'est -ce que tu dis, papa ? Écoute, ne réponds pas comme ça à ton
père, compris ? Ou tu verras que je suis encore capable de te coller des baffes.
Au fait, est -ce que ce sont ces gens que tu fréquentes qui t 'apprennent à
manquer de respect ? Mais tu es devenu malade.
Ne réponds pas comme ça, est -ce que c 'est compris ? Toute ma vie, je me suis
saigné pour t 'apprendre cette valeur qui le respecte. Tout ce que tu m 'as
appris, c 'est de baisser la tête sans arrêt devant tout le monde.
Et tu as vendu toutes les terres familiales pour un peu d 'argent, par
devoir dire non à Gennaro Aiello.
Mais mon Dieu, que se passe -t -il dans cette maison ? Gino, tu ne parles pas
comme ça à ton père, c 'est clair ? Bravo, bravo, Gennaro Aiello, tu parles
à fait comme lui.
Mais par contre, tu n 'as pas le courage d 'aller lui dire en face ce que tu
penses de lui.
Gennaro Ayelo ne me fait pas peur. Et quand ce sera le moment, je te le
montrerai. Il ne me fait pas peur.
Je vous présente l 'Elo, c 'est un ami.
Il y a une pièce au fond du couloir, vous pouvez aller vous y installer.
Mais où tu les as dégotés, ces deux -là ? Ils sont vraiment friqués.
Rien que leur bagnole doit valoir au moins 30 millions.
Allonge -toi sur le lit.
Et combien ils t 'ont donné ? 10 000
lire. Vraiment ? N 'essaie pas de me rouler. Combien ils t 'ont donné ?
20 000 lire.
Donne -les -moi tout de suite.
Et n 'oublie pas que je ne veux pas que ces deux -là ressortent d 'ici avant qu
'on ait tout leur argent, OK ? On n 'a jamais assez.
Ils ont assez payé.
Écoute -moi bien ici, c 'est moi qui commande, ne l 'oublie pas. Maintenant,
les voir.
Il ne doit pas leur rester le moindre centime, compris ?
Qu 'est -ce que je dois faire ? Tu veux que je te tienne la chandelle ? Surtout
pas, au contraire.
Installe -toi.
Et occupe -toi bien de lui.
Et toi, qu 'est -ce que tu vas faire ? Ne t 'inquiète pas pour moi.
Donne -lui un pour mon argent.
Ça serait possible d 'avoir un café ? Écoute -moi bien, ma mignonne. Ici, c
tout au fin bar.
Si tu veux un café, va te le préparer. La cafetière est dans la cuisine.
C 'est ça.
Oh ! Oh
!
Où es -tu ?
Allez, remets -la moi.
Oh, c 'est...
Oh, c 'est...
Qui êtes -vous ? Vous êtes son protecteur ? Si tu as compris ça, c 'est
es une belle putain, toi aussi.
Vous pourriez être plus correcte avec moi.
Je suis venue ici pour vous apporter de l 'argent.
Je sais pourquoi tu es venue ici.
Tu es à la recherche d 'une vraie queue.
Pas d 'un bout de sang comme celle du gamin qui est avec toi.
Merci beaucoup.
Ah !
Je suis de retour.
Revoilà notre ami le Playboy. Mais où est -ce que tu étais passé les mois ? Si
je te le racontais, tu n 'arriverais pas à y croire.
J 'ai vécu l 'expérience la plus incroyable de ma vie.
Francesco, la seule expérience incroyable que tu as vécue, c 'est quand
pris l 'autobus de nuit.
Ah oui ? Et ça alors ? Voilà, il y a 50 000 lire.
Tu crois que j 'ai trouvé ça dans l 'autobus ? Non, tu les as volés à Gilda
Christian.
Imbécile ! Je n 'ai jamais rien volé de toute ma vie.
Pour faire court, quand nous sommes sortis de la soirée, Gilda et moi, nous
sommes allés dans un quartier malfamé à bord de sa superbe limousine.
À un certain moment est arrivée une prostituée.
Elles ont un peu parlé ensemble, puis Gilda Christian m 'a donné 50 000 lire.
Nous sommes allés chez la prostituée et je me la suis tapée. Ah !
Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d 'alu.
Francesco, je ne suis pas né d 'hier. Épargne -moi ce couplet, je t 'en
C 'est le genre de scénario digne d 'un mauvais film de cul.
Écoute, si jamais tu te rappelles où tu as piqué tout cet argent, eh bien, tu me
le racontes et je te jure, je te jure que je ne le dirai à personne. Tu as ma
parole.
C 'était à bord de ma Fiat Topolino d 'occasion achetée avec l 'argent de
Christian que je rentrais enfin chez moi pour quelques jours.
Aldo avait accepté de m 'accompagner.
Je n 'avais pas mis Maria au courant de mon retour car je voulais lui faire la
surprise.
Cela faisait cinq mois que je l 'avais quittée et je ne tenais plus en place à
'idée de la revoir.
Enchantée. Enchantée, madame.
Ravie de vous rencontrer. Mon père et enfin mon grand frère. Salut.
Regarde, c 'est ma voiture, s 'il te plaît. Oh, mais tu es devenu un monsieur
maintenant. Et Maria, où est -elle ? Va chez elle tout de suite.
Pourquoi ? Il lui est arrivé quelque chose ? Vas -y, ses parents t
'expliqueront.
Excuse -moi un instant.
Alors, comment trouvez -vous notre ferme ? Elle est vraiment splendide. Je vais
vous dire qu 'elle fait des jaloux. Tout le monde nous l 'envie, vous savez.
Il y a quelqu 'un ? Je m 'excuse, la porte était ouverte. Viens, prends une
chaise.
Tu as fait bon voyage ? Je crois que l 'air de la ville t 'a fait du bien, on
dirait. Oui.
Mais où est Maria ? Maria est partie.
Elle est partie ? Mais où ça ? Elle a fait une fugue, il y a deux semaines.
Nous avons prévenu la police et les carabiniers. Ma femme est partie un an
essayer de retrouver sa trace.
Il y a trois jours, nous avons reçu cette carte de Rome. Elle dit qu 'elle
travaille pour un studio de cinéma et de ne pas s 'inquiéter.
Un studio de cinéma ?
Mais qu 'est -ce que cela veut dire ? Vous avez contacté le studio ? Bien sûr,
la police y est allée, mais malheureusement, elle ne travaille plus
Tu n 'as aucune idée de ce que nous endurons.
Et tout ça, c 'est à cause de toi.
Mais comment pas ?
Je te demande pardon.
Et je ne sais que dire, je suis désolé.
Qu 'est -ce qui s 'est passé ?
Elle m 'a vu en photo dans un journal et elle s 'est enfuie de chez elle. Mais
de quelle photo tu parles ?
Une de celles qui ont été prises l 'autre soir pendant que je dansais avec
Christian.
Mais dis -moi, ses parents n 'ont pas eu de ces nouvelles ? Elle
est allée à Rome et puis elle a travaillé quelques temps pour un studio
cinéma.
Tu m 'excuseras, Aldo, mais je crois que je vais tout de suite partir pour
Naples.
Les carabiniers sont en pleine enquête. Je veux découvrir ce qu 'elle est
devenue. Très bien, je t 'accompagne.
Laisse tomber.
Je préfère y aller tout seul.
Avertis mon père et ma mère.
A tout à l 'heure.
Mais comment ça lui est venu à l 'esprit, comment ça lui est venu à l
se faire photographier avec cette fille ? Maman, n 'exagère pas, ce n 'est pas
si grave.
Et Aldo, où est -il ? Là -haut, il est monté se coucher. Il était très fatigué.
Et vous, que faites -vous encore debout ? Nous t 'attendions exprès pour te dire
que demain nous avons organisé une petite fête pour célébrer ton retour.
Pourquoi vous ne m 'avez rien dit pour Maria ? Parce qu 'on ne croyait pas
que c 'était quelque chose de sérieux.
On croyait qu 'une fois l 'orage passé, elle serait rentrée chez elle.
Demain je vais à Rome.
Annulez la petite fête. À Rome ?
Et comment tu vas la retrouver parmi un million de personnes ? Tu es malade ! Si
tu ne t 'étais pas fait photographier avec cette pain bêche, rien de tout ça
serait arrivé.
Francesco ! J 'ai essayé de l 'arrêter.
Quand elle a vu cette photographie dans ce magazine, on aurait dit une furie.
Elle a parlé de moi ? Elle m 'a dit qu 'elle voulait reconstruire sa vie et qu
'elle ne voulait plus entendre parler ni de toi ni de sa propre famille.
Si non, je ne voulais pas.
Je suis resté toute la journée au commissariat, mais il n 'a rien pu me
Petit frère, c 'est la vie.
Tu verras bientôt, tu la retrouveras et tu lui expliqueras la vérité.
Merci, merci.
Don Gennaro, quel honneur de vous avoir parmi nous. Regardez comme il est
fringant. Tu ne croyais quand même pas que j 'allais rater son retour ?
Bravo, Francesco.
Si tu fais fortune là -bas, Milan, c 'est quand même un peu grâce à moi. Oui,
tout à fait.
Offre -moi donc un bon verre de vin.
Installez -vous, Don Gennaro.
Vite un verre de vin. Mais regarde -le.
Il se prend pour Dieu le Père ou quoi ? Ne te laisse pas marcher dessus.
Et rappelle -toi que tu représentes notre mouvement.
À la santé de Francesco Litteri.
Salut, Don General. Qu 'est -ce que t 'attends ? Tu n 'as pas retenu la leçon.
Et alors ? Tu traînes depuis quelques jours avec ces quatre petits mariolles.
Et tu veux faire le grand patron.
Il faut absolument annoncer la nouvelle à tout le monde.
Je vous présente le nouveau grand patron du coin.
Vous savez comment il s 'appelle ? Il s 'appelle Gino la Paule Mouillette.
Vous savez pourquoi il s 'appelle Gino la poule mouillée, hein ? Parce que
il croise une petite souris, il ouvre ses ailes et part en pleurant. Envole
! Excuse -moi Luigi, mais Gino est vraiment
trop mal élevé.
C 'est les jeunes de maintenant, il faut leur donner une bonne leçon ou alors
ils ne comprennent rien.
Santé !
Arrête -moi ! Ne fais pas ça ! Arrête -moi ! Arrête -moi ! Arrête, dis -donc !
Maintenant que te vois là, genou, fais comprendre à tous ces gens que c 'est
qui commande ! Oh, une poule mouillée armée... Baisse -moi la main ! Baisse
la main ! Vas -y, brasse la détente ! C 'est
Naroyello et foutu ! C 'est Naroyello et foutu !
Cela faisait presque deux mois que j 'étais retourné à Milan, et ces
images ne cessaient de me hanter jour et nuit.
Papa et moi avons réussi à convaincre Gino de se constituer prisonnier, tout
sachant qu 'il risquait une très lourde peine de prison.
Cette tragédie me rongeait, et pour rajouter à mon malheur, je n 'avais
eu aucune nouvelle de Maria, et ce, malgré mes appels incessants au
commissariat.
Voulez -vous un café ? Non, je vous remercie.
Monsieur Litteri, je peux vous sembler indélicate, mais je voudrais vraiment
savoir si quelque chose ne va pas.
Pourquoi me demandez -vous ça ? Depuis votre retour de Naples, vous êtes
toujours triste et dans vos pensées.
Vous n 'êtes plus le monsieur Litteri que j 'ai appris à connaître.
On dirait que le mauvais sort semble s 'acharner contre moi.
J 'ai perdu ma fiancée et un frère que j 'aimais par -dessus tout.
Ça vous suffit, ça, pour comprendre mon état ou pas ? Je connais vos problèmes.
Mais il faut aller de l 'avant pour retrouver un peu d 'optimisme.
Demain soir, je fête mon anniversaire avec quelques amis.
Si vous êtes libre, ça me ferait vraiment très plaisir que vous veniez.
moins, vous vous distrairez un peu.
Merci beaucoup pour l 'invitation.
Mais je crois que dans mon état, je ne risque pas d 'être de très bonne
compagnie.
Ce sera pour une prochaine fois.
Je veux aller à Rome.
Je dois absolument parler au responsable de cette vidéo afin d 'avoir d 'autres
informations sur notre fille.
Et comment tu vas aller là -bas ? Les derniers sous de ce mois -ci, j 'ai
une meule de foin avec.
Il ne nous reste que 10 000 lire et avec ça, il faut qu 'on tienne jusqu 'au 31.
On pourra aller à Rome seulement quand on aura vendu la dernière récolte de
fruits.
Non, je n 'en peux plus d 'attendre.
Tu ne m 'as pas l 'air très inquiet.
C 'est notre fille, mais tu n 'as pas l 'air de t 'en souvenir, hein ? Ah, tu n
'en peux plus d 'attendre.
Apparemment, ta fille n 'a pas attendu pour nous déshonorer.
Tiens, regarde.
Il est sorti hier. Ce sont les carabiniers qui me l 'ont apporté. Ils
ouvert une enquête et ils parlent de prostitution.
Maintenant, nous sommes déshonorés devant tout le pays.
Je ne veux plus la revoir, cette petite putain.
C 'est à Turquie que tu rentres ?
J 'avais un peu de boulot en retard et j 'ai fait des heures supplémentaires.
Francesco, ça fait deux mois que tu fais des heures supplémentaires. Tu ne peux
pas continuer comme ça.
Essaie de te détendre un peu, ça te fera le plus grand bien.
Tu veux que je me détende alors que depuis deux mois, je n 'ai eu aucune
nouvelle de ma fiancée.
Si ça se trouve, elle est morte.
Ta fiancée va bien, Francesco. Pas d 'inquiétude.
Qu 'est -ce que tu veux dire ?
Écoute, les femmes, je les connais trop. Elles n 'ont aucune difficulté à
trouver où se consoler.
J 'ai trouvé une ressemblance entre cette photo et celle de Maria sur le
J 'espère me tromper.
Qu 'a dit l 'avocat ? Le premier procès aura lieu le 10 octobre. Il a dit qu
'avec les circonstances atteignantes, il faudra s 'estimer heureux s 'il est
comme de 10 ans.
10 ans ? 10 ans.
Qu 'est -ce que je vais devenir sans mes deux enfants ? Je ne pourrai pas
survivre. J 'ai fait quelque chose.
Louis, j 'ai fait quelque chose.
Oui, un instant.
Ah, te voilà enfin.
Tu as préparé l 'argent que je t 'ai demandé ? J 'ai l 'argent, bien entendu.
Tiens.
Tu dois d 'abord tenir ta promesse.
Alors dépêchons -nous.
Ça fait très longtemps que j 'attends ce moment.
Et tu veux te dépêcher.
Je t 'ai réservé un billet de train pour demain matin à 8 heures.
Nous avons toute la nuit devant nous et je veux profiter de toi jusqu 'à la
dernière seconde.
Tu es resplendissante comme toujours.
Je t 'ai préparé des dessous à friolant. J 'aimerais que tu les enfiles, viens.
Il y a vraiment longtemps que je ne m 'étais pas amusée comme ça.
Ça a vraiment été le plus bel anniversaire de ma vie.
Je te remercie beaucoup d 'avoir accepté mon invitation.
En fait, je crois que ça m 'a fait beaucoup de bien. Au moins, je me suis
un peu.
Bien.
On se voit demain au bureau, alors.
À demain.
Et où penses -tu qu 'elle soit allée ? Mais sûrement à Rome pour chercher
Et pourquoi vous n 'y êtes pas allé ensemble ? Je lui ai dit que l 'argent
aller à Rome, je ne l 'aurai qu 'à la fin du mois.
Donc je suis venu vous voir pour savoir si par hasard vous lui en auriez prêté.
Non, elle n 'a rien demandé.
Et à Anna non plus.
J 'y comprends vraiment rien.
Bon, je vais attendre qu 'elle rentre et je lui demanderai où elle a eu l
'argent.
Ça ne va pas, Philomena ? Je veux que tu me fasses voir ta langue.
Montre -la -moi.
Continue, allez.
Voilà.
Encore.
Bien, Philomena.
Maintenant, caresse -moi la queue.
Voilà.
C 'est bien.
Suce -moi la queue.
Pas maintenant, d 'accord ? Plus tard.
Allez.
Tu le veux, ton argent ?
C 'est cela toute seule, allez.
Vas -y.
Ne me dis pas que tu ignorais que Marina est folle de toi. Tout le monde le
sait.
Je croyais qu 'elle n 'éprouvait que de la sympathie pour moi.
Tu as mal cru.
Mais estime -toi heureux parce que Marina est une femme belle et
Aldo, le problème, c 'est que je n 'ai nullement l 'intention de commencer une
nouvelle relation.
Francesco, tu es tout jeune.
Les histoires d 'amour, ça va et ça vient.
Essaie de te construire un avenir.
Madame, c 'est la dernière fois que je vous le dis.
Depuis que votre fille a quitté notre studio, nous n 'avons pas eu de ces
nouvelles. Si au moins vous me donniez une petite indication, ça m 'aiderait.
Écoutez -moi.
J 'ai déjà parlé avec la police et les carabiniers. Tout ce que j 'avais à
je l 'aurais dit.
Alors je vous en supplie, laissez -moi travailler.
Adèle, tu peux raccompagner la dame à la porte, s 'il te plaît ? Bien sûr.
Madame, rassurez -vous.
Je peux vous garantir que votre fille Maria est en bonne santé.
Alors vous savez où elle est ? Écoutez, je ne peux rien dire maintenant.
En sortant d 'ici, sur votre droite, au bout de la rue, il y a un petit
restaurant. Attendez -moi là -bas.
Dès que j 'ai terminé mon travail, je vous y rejoins.
Je peux te poser une question très personnelle ? Bien entendu.
Qu 'avait donc de si spécial ton ex -petite amie ?
Pourquoi me poses -tu cette question ? Parce que j 'aimerais beaucoup savoir
comment elle t 'a rendu amoureux d 'elle.
On a grandi ensemble.
On avait beaucoup de choses en commun.
Et tous ses rêves étaient les miens.
Et j 'ai passé avec elle les plus beaux moments de ma jeunesse.
Je n 'oublierai jamais tout ce que nous avons partagé.
Et je me rappelle que pour elle, j 'avais appris une phrase par cœur.
L 'amour que j 'éprouve pour toi ne peut être contenu dans tout l 'univers.
Elle voulait tout le temps que je la lui répète.
Mais maintenant, c 'est fini tout ça.
Et si ça ne te dérange pas trop, j 'aimerais changer de sujet.
Merveilleux.
Quoi ? Tu as une douceur et une sensibilité qui m 'émeuvent énormément.
T 'as vu cette fille -là ? Ça fait une heure qu 'elle est ici et je suis sûr qu
'elle cherche de la compagnie.
Cette fille, c 'est une fille de la campagne, ça j 'en suis sûr.
Elle est sûrement venue ici pour vendre deux ou trois poulets.
Pour moi, elle est venue à Rome pour se trouver un mari.
Toi qui sais séduire les femmes, fais -nous une démonstration alors. Vas -y,
montre -nous ce que tu sais faire. Qu 'est -ce que vous pariez ? Celle -là, ce
soir, je me la tape.
Ça marche.
Alors, on fait comme ça. Tu l 'emmènes ce soir à la maison.
Tu nous prouves à tous que tu l 'as baisée. Tu ne la baiseras pas. Je mise
000 lire.
Si jamais tu ne la baises pas...
Tu nous payes le resto à tous les quatre, OK ? Bien.
Aucun problème.
Préparez vos sous, les gars.
Vous permettez, madame ?
À vrai dire, j 'attends quelqu 'un. Je ne vous embêterai pas longtemps,
-vous.
Excusez -moi de vous déranger, mais j 'ai comme l 'impression de vous avoir
vu quelque part.
Non.
Je crois que vous faites erreur. C 'est la première fois que je viens à Rome.
On s 'est peut -être vu chez vous. Je suis représentant de commerce. Je voyage
beaucoup, vous savez. D 'où est -ce que vous venez ?
D 'un petit village paysan près de Naples.
Ah, je suppose que vous cherchez du travail, n 'est -ce pas ? Vous vous
Je suis venue à Rome pour chercher ma fille.
Peut -être que je la connais. Est -ce qu 'elle vous ressemble par hasard ? Non,
pas du tout. Écoutez, elle ne me ressemble pas. Vous devez vous tromper
personne.
Je me trompe rarement.
Où est -ce qu 'habite votre fille ? Écoutez -moi.
Ma fille s 'est enfuie de notre maison et je suis venue à Rome pour la
retrouver. Est -ce que ça vous va comme explication, monsieur ? Bien sûr, je m
'excuse pour le dérangement.
Alors, mon
pote, on a du mal ?
Richard, tu n 'as vraiment rien compris. Ce n 'est que le commencement.
J 'ai mis au point une stratégie infaillible. Cette femme est en train de
rechercher sa fille, qui a fait une fugue.
La pauvre est totalement désemparée. Elle doit attendre quelqu 'un
de lui fournir des informations.
Et si c 'est le cas, je n 'ai plus qu 'à tranquillement espionner leur
conversation. Je dois être au courant de tout.
Désolée de vous avoir fait attendre. Non, ce n 'est rien, assurez -vous.
Comme je ne vous voyais pas venir, je me suis permis de commencer à manger.
Est -ce que vous voulez commander quelque chose ? Non, merci, c 'est
'ai mangé au bureau avant de venir.
Écoutez, je ne voudrais pas vous brusquer, mais je suis très inquiète de
aurait pu arriver à ma fille.
Je vous écoute.
Que savez -vous d 'elle ?
Voyez -vous, j 'ai connu Maria pendant un essai pour un concours de beauté.
Elle venait d 'arriver à Rome et elle était sans le sou. Je l 'ai hébergée
le studio que j 'avais loué.
Elle était décidée à faire carrière dans le monde du spectacle.
Elle m 'a tout de suite parlé d 'une histoire d 'amour qu 'elle avait eue
récemment avec un garçon qui s 'appelait Francesco Litteri.
Pourquoi tu t 'es installée ici ?
Dans mon patelin, il n 'y a pas de boulot. Comme je n 'avais pas envie de
marier ou de devenir fermière, je suis venue ici car il y a du boulot à l
'appel. Et toi alors ? Je me suis enfuie de chez moi.
Tu te fous de moi ? Et tu ne pouvais pas le dire plus tôt ? Tu es mineure, tu
veux que j 'ai des ennuis avec tes parents ? Ne t 'inquiète pas, je ne
pas longtemps ici.
Et pourquoi Rome en particulier ? Je veux faire carrière dans le monde du
spectacle. Je veux devenir une actrice connue.
Et tu crois que c 'est si facile que ça ? Comment t 'es venue cette idée ? J
'avais un fiancé que j 'aimais par -dessus tout, tu sais.
Il a déménagé à Milan pour son travail et j 'ai découvert par hasard qu 'il
entretenait une relation avec Gilda Christian.
Gilda Christian ? Oui, c 'est bien ça.
Depuis, j 'ai compris que la célébrité et le succès comptent beaucoup plus que
'importe quoi d 'autre au monde.
Alors je suis prête à tout pour faire carrière.
J 'avais ressenti ces paroles comme une revanche qu 'elle voulait prendre, une
vengeance.
Elle m 'a dit qu 'elle était prête à tous les sacrifices pour devenir une
vedette.
Et ce concours de beauté, comment est -il passé ? Oh, ce concours a été
chose de scandaleux, vous savez.
Ils ont fait gagner la fille la plus laide du concours. Elle avait dû être
pistonnée. Après le concours, il s 'est passé une chose qui a changé la vie de
Maria.
Encouragez bien fort la toute jeune Maria Soma, la concurrente numéro 24 qui
nous vient tout droit de Naples.
Bravo, on applaudit en tant que Maria.
Nous accueillons maintenant la concurrente numéro 25, Adèle Morin.
qui nous vient de Trompobas.
Merci Adèle, tous vos applaudissements.
Et maintenant, laissez -moi vous présenter la magnifique actrice du ras
Morézy, qui joue à Domicile, puisqu 'elle nous vient d 'Europe.
On applaudit la concurrence numéro 26.
Et pour finir, notre 27ème et dernière candidat, Annarie.
Sous vos applaudissements.
Du calme, mon Dieu ! Je comprends très bien que vous soyez toutes déçues,
mais l 'élection ne dépend pas de moi, vous voyez ? Écoutez -moi bien. Ce soir,
pendant le défilé, il y avait le prince à Sam El -Fayed.
Il est disposé à offrir 500 000 lire à chaque fille qui acceptera de dîner avec
lui. Nous savions toutes qu 'il ne s 'agissait pas d 'une simple habitation à
dîner chez le prince.
Maria, une autre fille et moi avons accepté l 'invitation.
Nous connaissions le prince de réputation et nous pensions avoir fait
choix.
Ça faisait beaucoup d 'argent et nous en avions vraiment besoin.
Vous dites que ma fille a accepté de se prostituer, c 'est ça ? Madame, écoutez,
même une prostituée de luxe n 'aurait pas pu gagner autant d 'argent en une
année de travail.
Disons que c 'était une chance à saisir et que nous l 'avons saisi.
Rien d 'autre.
Le prince a voulu nous rencontrer dans le plus grand secret, dans le bureau de
notre agent.
Il était très célèbre et il avait peur qu 'un scandale puisse éclater si on le
voyait en compagnie de jeunes filles dans un des grands hôtels qu 'il
fréquentait.
Surtout si ces jeunes filles étaient mineures.
Merci.
Oh. Oh.
Oh !
Sous -titrage
FR
?
Au revoir.
Le prince est tombé amoureux de Maria et l 'a invitée à chacune de ses fêtes et
quand elle est devenue majeure, il a enfin pu, sans crainte, s 'afficher en
public et se laisser prendre en photo avec elle.
Elle semblait vraiment très heureuse de vivre avec le prince, mais elle a
débarqué un jour chez moi en me disant qu 'elle plaquait tout.
Regarde, voici plus de 50 millions de lire.
Qui aurait bien pu imaginer qu 'une fille de la campagne comme moi aurait pu
jour posséder autant d 'argent.
J 'ai connu la richesse, le bien -être, mais j 'ai aussi compris que ce n 'était
pas d 'une vie faite pour moi.
Ma place est autre part, loin de tout le monde.
Où est -ce que tu vas ? Qu 'est -ce que tu comptes faire maintenant ? Tu sais
que tu peux te confier à moi.
Je ne peux rien te dire, mais bientôt je t 'écrirai une lettre et tu comprendras
tout.
Enfin, prends, c 'est pour toi.
Là où je vais, on n 'a pas besoin d 'argent.
Au revoir, Adèle.
Merci pour tout.
Maria m 'a bien écrit, comme prévu.
Tenez, voici la lettre.
Il n 'y a pas écrit grand -chose et aucune adresse pour pouvoir la joindre.
Mais en la lisant, je crois que vous comprendrez que Maria a enfin trouvé la
sérénité.
Merci.
Merci pour ce que vous avez fait pour moi.
Madame,
attendez. Pourquoi partez -vous si vite ? Écoutez, le contenu de cette lettre
est faux.
Ne faites pas confiance à cette fille.
J 'ai bien connu votre fille, vous savez.
Elle m 'a beaucoup parlé de son petit ami, un certain Francesco.
Comment avez -vous connu ma fille ? C 'est une longue histoire.
Je ne sais pas ce qu 'il y a d 'écrit dans cette lettre, mais c 'est un vrai
tissu de mensonge.
Je sais où se trouve votre fille en ce moment.
On se téléphone tous les jours ou presque.
Je pense que vous venez de rencontrer une de ses amies et qu 'elle vous a
de fausses informations, j 'en suis sûr. Mais je ne sais pas pourquoi.
C 'est la vérité, je vous le garantis.
Alors, parlez, monsieur.
Dites -moi où elle est.
Pas tout de suite.
C 'est Maria qui veut que je ne le dise à personne.
Il faut d 'abord que je l 'appelle pour la prévenir que vous êtes là.
Vous ne pouvez pas savoir ce que c 'est que de perdre son enfant.
J 'ai besoin de votre aide.
Vous devez tout tenter pour la mettre en contact avec moi, par tous les moyens.
Je ferai mon possible, madame.
Venez donc chez moi. Je vous offrirai un petit remontant, vous vous relaxerez un
peu. Pendant ce temps -là, j 'essaierai d 'avoir Maria au téléphone.
Qu 'est -ce que vous en dites ?
Tenez,
madame, voici votre verre de cognac.
Tout va très bien se passer, soyez l 'enfer. Je viens tout juste d 'appeler
Maria, mais elle n 'est pas là.
Sa colocataire m 'a dit qu 'elle rentrerait dans une petite heure.
Encore un peu de patience et vous allez bientôt revoir Maria.
Santé.
Non, non, attends.
Qu 'y a -t -il ? Je ne te plais pas ? Non, c 'est pas ça.
Tu me plais énormément, Marina, mais je n 'ai pas l 'intention de te mentir.
Que veux -tu dire ? Que je n 'ai pas l 'intention d 'avoir une relation
avec une femme en ce moment.
Tu aurais quand même pu me le dire avant.
Enfin, ça n 'a plus d 'importance.
Je me suis trompée sur ton compte.
Raccompagne -moi à la maison.
Je t 'ai demandé de me ramener jusqu 'à chez moi.
Alors ? Vous êtes satisfait, les gars ? Et si vous me donniez mes 10 000 lire ?
Ce serait sympa.
Excuse -moi, mais pourquoi elle rigole comme ça ? Tu l 'as droguée ? Toi, il
faut toujours que tu exagères. Je l 'ai juste un peu aidée à être plus joyeuse.
Et qu 'est -ce que tu vas lui raconter quand elle va se réveiller ? Mais rien
tout. Je me la tape et après je vais l 'acheter loin de chez moi. Elle ne se
souviendra de rien.
Marina, attends deux secondes.
Je n 'ai vraiment été qu 'un pauvre imbécile.
N 'y pense plus.
On se voit demain au bureau, d 'accord ? Ne t 'en fais pas.
Je ne viendrai plus t 'importuner et t 'imposer ma présence.
Marina, il faut que tu me pardonnes.
J 'ai vraiment besoin de toi.
Si tu as juste envie de baiser, tu peux te payer une putain.
Je... je ne suis pas celle que tu cherches.
Non, ce n 'est pas ce que j 'ai voulu dire.
Je voulais te dire que j 'ai besoin de toi.
Besoin de te sentir près de moi. S 'il te plaît, aide -moi à reconstruire ma
vie.
Tu t 'amuses bien ? Tu ne penses plus à ta fille
?
Non.
Oui. Oui.
Oh, non.
Sous -titrage
FR ?
Continue comme ça, oui.
C 'est bon.
Je t 'ai tout ouillé.
C 'est bien,
mais...
Tu aimes la bite, hein ? La pute. Oui.
C 'est bon.
Sous -titrage
FR
?
Oh.
Oh.
Je t 'aime.
Ah ! Ah !
Et c 'est comme ça que j 'ai épousé Marina.
Tout le village était présent lors de la cérémonie.
Et je me suis rendu compte que j 'aurais voulu les voir disparaître pour pouvoir
ôter ce ridicule costume de mari heureux et mettre fin à cette mascarade.
Ma future femme, malgré toute sa bonne volonté et tout son dévouement, n
'arrivait pas à me faire oublier que j 'avais toujours imaginé qu 'à sa place
tiendrait Maria.
Je la cherchais du regard.
en espérant de toutes mes forces qu 'elle arrive et qu 'elle s 'oppose au
mariage. Un happy end made in Hollywood en quelque sorte, mais la vie est loin d
'être un film.
Mon frère, qui connaissait parfaitement mes sentiments, semblait pourtant croire
à cette joyeuse farce lui aussi.
Mes parents, eux, étaient totalement incapables de voir que je me fourvoyais,
ils s 'échangeaient de larges sourires en ayant l 'impression de vivre un
merveilleux.
Le père de Maria s 'était replié sur lui -même et ne vivait plus que dans ses
pensées. Il avait perdu sa fille et la femme qu 'il aimait tant avait été
emportée dans la spirale du vice.
Philomena n 'est plus jamais rentrée chez elle.
Et aux dernières nouvelles, elle serait devenue la femme d 'un grand industriel
romain. Dans tous les cas, l 'existence que je m 'apprêtais à vivre allait être
marquée par le désespoir qui m 'avait voilé la face et forcé à me marier.
Désormais, Marina était à mes côtés. C 'était à elle que je devais pleinement
consacrer.
Nous avons emménagé tous les deux à Naples, où j 'avais réussi à trouver un
poste de géomètre dans une entreprise en bâtiment.
L 'enfant dont j 'avais souvent rêvé dans les bras de Maria m 'avait
été donné par Marina.
Un magnifique bébé que malheureusement mon père n 'a jamais eu l 'occasion de
bercer. En fait, papa nous a quittés avant la naissance du petit, à la suite
'une simple pneumonie.
Il a laissé derrière lui un vide impossible à combler, mais les hauts
formidables souvenirs de notre enfance n 'ont jamais disparu avec lui.
Je me retrouvais bientôt face à la monotonie de la vie conjugale. Les
finissent toujours d 'être des fables pour devenir des mères, enfin du moins
yeux de leur mari.
Car vous pouvez être sûr d 'une chose, d 'autre ou tard, toutes rencontrent un
marino Lévis sur leur chemin.
Mon chéri.
Tu piquais un roupillon.
Où est -ce que tu étais ? J 'étais chez Anna.
Et le bébé ? Tout va bien ? Tout
va pour le mieux.
Cette frade était devenue mon leitmotiv. Elle rythmait ma vie.
Et l 'amour de mon fils n 'a pas suffi à me faire oublier mes erreurs passées.
Qu 'il continue encore de me ronger.
Ma vie touche à son terme, et je peux vous assurer que je ne l 'ai pas vu
passer. Hier j 'étais jeune, aujourd 'hui déjà vieux.
Quand je le peux, je retourne à la ferme familiale, l 'unique vestige de tous
les rêves de ma jeunesse.
Ces rêves que j 'ai trahis en perdant la seule chose qui vaut la peine de
souffrir dans ce monde.
L 'amour.
Combien d 'années, Francesco ?
Combien d 'années sont passées depuis ta dernière promesse ? Nous avons vieilli,
et ton corps qui m 'avait si souvent lassée et rassurée quand je n 'étais
qu 'une enfant, ce corps est aujourd 'hui fatigué et demande du repos.
Tu as levé les yeux vers ma fenêtre, mais malheureusement, tu ne m 'as pas
De toute manière, est -ce que tu m 'aurais reconnue ?
L 'habit sacré que j 'ai endossé nous a définitivement séparés et a comblé ce
désir d 'amour qui m 'avait tellement fait souffrir lorsque tu m 'avais
abandonné.
Ma sœur, c 'est comme ça que tu devrais m 'appeler désormais et tout ce que je
pourrais t 'offrir, c 'est une caresse ou un baiser sur le front.
Il vaut mieux que tu ne m 'aies pas vue.
Tu aurais compris que c 'était terminé.
Et je n 'aurais pas supporté de te voir là, devant moi, amoureux comme au
premier jour, et les yeux pleins de larmes répéter « l 'amour que j 'éprouve
pour toi ne peut être contenu dans tout l 'univers ».
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