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Original subtitles

[musique féérique]

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[musique rythmée]

[explosions]

[musique jazz]

[musique légère]

Bonjour, monsieur Garnier.

Ah.

[musique légère]

[Victor] Garde le magasin, je vais en face.

Vous avez bien fait de suivre mes conseils.

L'argent ne doit pas rester improductif.

C'est un vieil adage.

Avec les Tangana, vous ne courez aucun risque, cher ami.

Les progrès sont constants, et il y a de nouveaux gisements.

Grâce à moi,

vous achetez au plus bas, et dans six mois,

vous aurez doublé votre capital.

Mon cher monsieur Durand-Mareuil, inondez-moi de Tangana.

[musique dramatique]

Vous n'avez rien d'autre à me montrer ?

Si, la porte. La porte.

- J'ai jamais vu ça. - Il faut sortir.

- Vous me reverrez pas. - Tant mieux.

Ah !

Ah !

Tu exagères papa.

Si tu mélanges les hameçons, il y aura des sanctions.

Ah !

- Bonjour, papa. - [Victor grogne]

J'ai plus un rond.

Moi non plus. Comme ça, tu vois…

Va jeter un petit coup d'œil au tiroir-caisse de la réserve.

C'est fini ?

Tu lui dois son argent de poche.

Je lui dois ?

On parle de ce qu'on me doit, à moi ?

Je parle de ce qu'on m'a volé ?

- On t'a volé ? - Oui.

C'est mon jardin secret.

[chantonne]

Bonjour. Je file, je vais chez le coiffeur.

À propos, je suis à sec.

C'est pas le jour.

- Gérard. - C'est fini ?

Donne-moi l'argent du ménage, je m'arrangerai.

Après moi, le déluge. Servez-vous.

Institut de beauté, disques de jazz, caviar, la dolce vita.

Heureusement que Corinne a appris le violon.

Pourquoi ?

Elle viendra quand on chantera dans les cours.

- Victor, ton café. - Non !

[sonnette]

Comment allez-vous, ami ?

Oh, monsieur Durand-Mareuil.

Laura, voici Victor Garnier, un des meilleurs armuriers de Paris.

Oh…

Lui seul saura vous conseiller sur le choix d'une arme.

Il faut parfois se méfier des conseils.

Il vient d'avoir une petite mésaventure avec les Tangana.

Une énorme mésaventure.

Qui pouvez prévoir la nationalisation des mines ?

Vous, peut-être.

Mon amie, ma compétence s'arrête là où

les impondérables commencent.

Alors, le fusil ?

- Ah, le fusil. - Vous allez voir.

- Voilà. - C'est pour les pigeons, hein ?

Le pigeon est plus difficile qu'on pense.

On croit l'avoir eu, et il revient vous faire caca sur la tête.

- C'est dégoûtant. - Oui.

Un bijou. Intérieur parachromé, le choke-bored.

Ah, le choke-bored.

Perfectionné des deux côtés.

Bandes striées s'encadrant dans la bascule.

Éjecteur automatique, quadruple verrou. Trois kilos.

Pour vous, 5 700. Je ne veux pas vous assassiner.

N'est-ce pas cher ?

L'argent, ça va, ça vient, ça doit circuler.

Hier, il était chez vous, aujourd'hui, il est ici.

C'est ainsi.

Il se charge facilement ?

Très facilement !

[il marmonne]

Il est prêt à fonctionner.

Il est à vous, mon amour.

- Vous me gâtez trop, André-Hugues. - Oh…

Où trouvez-vous tout ce fric ? Dites-moi.

[André se racle la gorge]

[musique légère]

[André] Avec les Tangana, aucun risque.

Aucun risque.

Aucun risque.

Aucun risque.

Par ici, monsieur. Voilà. Merci, monsieur.

Au revoir, monsieur.

[Éliane] Tu penses à l'échéance de la manufacture ?

Je ne fais que ça.

Il y a la facture de Winchester. Et puis Candéli.

Et puis Thomas, tu y penses ?

J'y pense, j'y pense…

[musique dramatique]

C'est pourquoi il importe, mes frères, de ne pas confondre

la bonté et la faiblesse.

Nous avons le devoir d'être vigilants et fermes dans notre foi.

[le prêtre] Pour cela, il nous faut être forts et déterminés.

Forts de notre détermination,

pour ramener dans le troupeau la brebis égarée,

car nous sommes les soldats de Dieu.

Prenons un exemple.

Un homme vient chez vous,

animé de mauvaises intentions,

et abusant de la confiance que vous avez mise en lui,

vous vole effrontément.

[il rit]

Certes, vous pourriez lui dire :

"prends ce que tu voudras, car tu es mon frère, et ce qui est à moi

"est à toi".

- Tu parles. - [le prêtre] Mais si cet homme

a le mal en lui, n'est-ce pas l'encourager à se livrer

à d'autres forfaits plus graves, à perdre son âme

chaque jour un peu plus ?

Or, n'est-ce pas son âme

qu'il importe avant tout de sauver ?

Aussi, notre conduite nous apparaît-elle clairement.

[le prêtre] Tout d'abord, si cela nous est possible,

récupérer notre bien, discrètement, sans esclandre, sans tapage.

Ensuite,

lui faire mesurer l'étendue de sa faute.

Enfin,

lui pardonner, comme Dieu lui pardonnera s'il se repent

de ses fautes. Afin qu'il se souvienne

de ce que nul d'entre nous ne doit jamais oublier :

"bien mal acquis ne profite jamais".

[le prêtre] Ainsi soit-il.

[il applaudit]

- On le fait ! - [Gérard] Quoi donc ?

- Un hold-up. - Un hold-up ?

La banque en face.

Je ne trouve pas ça drôle.

Je vous dois la vérité.

Toutes nos économies, "pfit".

La réserve, comme il dit, "pfit".

Comment, "pfit".

- [Victor] Disparue. - Disparue ?

Disparue.

Ce salaud de Durand-Mareuil savait pour les Tangana.

Il a abusé de la confiance d'un brave homme.

Savez-vous ce qu'il a fait de mon argent ?

Enfin, de notre argent ?

Je vous fais juges. Regardez.

- [il rit] - [musique rythmée]

[violon]

- [Victor] Stop ! - [musique forte puis s'arrête]

L'heure de la revanche a sonné. C'est d'accord ?

Un peu ! C'est dégueulasse.

C'est pas "dégueulasse", c'est révoltant.

Il entretient une danseuse avec notre argent.

Ça ne nous donne pas le droit de…

T'as pas entendu le curé ?

Il parlait pas de hold-up.

Je récupère mon bien, c'est régulier.

Je sauve une âme perdue, c'est grand.

Mais c'est un métier.

On a des armes.

J'aime pas voir du sang.

On leur fera juste peur.

- Et une bagnole volée. - Voilà.

Les convoyeurs de fonds passent tous les samedis.

On les coince, et on surgit !

Non, papa. 70 % d'échec.

[Corinne] Le Camarguais s'est fait arrêter ainsi.

- Ah oui ? - [Gérard] Papa.

On peut se laisser enfermer.

Par le plafond. Il y a un appartement vide au-dessus.

Il manque le parapluie. C'est complètement usé, ça.

T'es plus dans le coup.

Tu commences à m'agacer.

Aïe.

Mais, si on faisait un tunnel de la cave ?

- C'est faire son coup en dessous. - Vas-y.

Moins 5 % d'échec.

Les coffres sont au sous-sol.

Pas de système d'alarme.

On déboule en pleine nuit.

Avec un chalumeau.

Je récupère ce qu'il m'a volé.

Ça va être crevant, ce boulot-là.

Tu seras avec moi.

Et on fait exploser la galerie.

Pour trouver l'origine, bons baisers.

Où t'as vu ça ?

Des taupes mangent l'oseille, page 109.

Je t'embrasse. Je surveillerai ce que tu lis.

Aïe.

[il tape, en haut]

[sonnette]

[il tape, en haut]

- Monsieur. - Ah !

[Victor] N'ayez pas peur, c'est parti tout seul.

Je m'excuse !

Il est parti.

Que foutez-vous là ?

Comme d'habitude.

Ne lavez plus par terre. Occupez-vous du lustre.

C'est nouveau, ça.

La routine est le début de la sclérose.

La sclérose…

Ça y est, papa ?

Non, il faut tout recommencer. Descends.

[Gérard] Ça y est.

Reste là.

Quand on sera dedans, tu donneras le repère discrètement.

Hé, oh. [siffle]

[bruit de talons]

[André] Oh.

Il me faut ces états de compte avant midi.

Bien, monsieur.

- Garnier. - Monsieur Durand-Mareuil.

- Comment ça va ? - Ça va.

Votre grande fille.

Votre arme a fait un massacre dimanche dernier.

Laura était enchantée.

Samedi, je vais aux canards.

Il faudra que vous me conseilliez

quelques appeaux.

C'est pas votre fils ?

Non. Ah si, c'est lui. Quel garnement, hein ?

Pourquoi il saute ?

Que dites-vous ?

Pourquoi il saute ?

Allez donc savoir pourquoi.

[balbutie]

- Ça tient de famille. - Non ?

Moi, à son âge, je sautais. Pour un oui ou un non, je sautais.

Un sirop de groseille, je sautais. Un 16 en géométrie, je sautais.

Un rendez-vous au printemps, un pâle soleil de novembre, je sautais.

Vous ne trouvez pas qu'on ne sait plus sauter ?

Je sais pas.

Pourtant, vous êtes un sauteur.

Ma foi, non.

J'aurais cru.

Pourquoi vous dites ça ?

Je voulais vous prévenir. Vous risquez d'être inondé, ici.

Inondé ? Comment ça, inondé ?

[halète]

Il y a longtemps que ces infiltrations se sont produites ?

Je les ai vues hier, comme les voisins. J'ai voulu vous prévenir.

Il doit y avoir des choses dans vos caves.

Je vais voir ça de près.

Je pense que ça risque de se produire ici.

Qu'avez-vous dessous ?

La salle des coffres.

Bientôt ce sera l'endroit rêvé pour de l'argent liquide.

[ils rient]

C'est amusant.

Vu l'épaisseur des murs,

ce ne sont pas de petites infiltrations…

On dit ça.

Si vous voulez, je vais vous faire visiter.

En louant un coffre ici, nos clients ne courent aucun risque.

Je peux emmener la petite ?

Volontiers, elle est charmante. Suivez-moi.

- [André] Dites, Gerber. - Monsieur le directeur ?

[André] Venez voir.

Vous pouvez nous ouvrir la salle des coffres ?

- Monsieur. - Mademoiselle.

Je voudrais des renseignements.

À quel sujet ?

Pour ouvrir un compte. Non, pour louer un coffre.

- Voyez le guichet du fond. - Merci.

- Bonjour, mademoiselle. - Bonjour, monsieur.

- Je suis Philippe Brécy. - Isabelle Garnier.

Je sais, je vous vois souvent en face.

Je sais.

Je suis stagiaire.

Seulement ?

Quand j'en aurai fini avec la routine des différents services,

un poste d'attaché de direction n'est pas à exclure.

Que puis-je faire pour vous ?

Monsieur le futur directeur, je voudrais louer un coffre.

C'est facile.

À condition que ce soit sûr. Avec tous ces hold-up…

Quels sont vos moyens de défense ?

Il n'y a pas la moindre trace d'humidité.

À première vue, je ne dis pas.

Avez-vous bien examiné les murs ?

Ici, c'est différent de vos vieilles caves.

Les desseins de Dieu sont impénétrables.

[il ricane]

Comme ce sous-sol.

[ils rient]

[André] L'argent est ici autant en sécurité

que le trésor des Templiers.

[Victor] À propos,

on dit qu'un gardien…

Non, merci, je ne fume pas.

L'aurait découvert avec une boîte de conserve. Il faut avoir le temps.

Parfois, on est pressé.

[il tape]

- Du solide. - Ah, oui.

De la pierre protégée par du béton.

- Il y a du béton ? - Oui.

Ça change tout. Attendez.

- Nous étions au-dessus. - Oui.

- Et ça ne suinte pas. - Non.

Quelle chance ! Car moi, ma cave est là.

À peu de choses près.

Attendez.

- Nous étions là. - Oui.

Maintenant, nous sommes ici.

- Ah, oui. - Y a pas besoin de…

- Et la cave est là. - Oui.

Juste en face de ça.

[André] C'est tout droit.

Il reste la hauteur. Parce que la hauteur…

Vous êtes plus profond, donc vous ne suintez pas.

Car la hauteur, c'est important. C'est capital.

- Je peux remonter ? - Va, mon enfant.

- Tu connais le chemin. - Elle est mignonne.

[ricane]

Oh, la porte de la chambre forte.

12, 13, 14, 15, 16…

Je n'ai pas le droit de vous dire ça.

Pourquoi le faites-vous ?

Devinez.

Après ce que vous avez dit, je crois que mon argent sera en sûreté.

Ça vous décourage de cambrioler une banque.

Je vais vous donner un formulaire à remplir. Un petit instant.

[musique lourde]

Nous partirons de là, et nous arriverons ici.

- Distance ? - Douze mètres et des poussières.

Une poussière peut détraquer une mécanique. Précise.

- Papa, je l'avais. - Ça vient ?

12 mètres 40, plus l'épaisseur des murs.

Chacun se sucrera.

[ricane] J'espère bien.

Nous creuserons un mètre à un mètre et demi par jour.

Minimum.

C'est beaucoup, ça.

Nous avons des échéances le 30.

Il faut… [fait un bruit de moteur]

Hauteur de notre cave.

- 2 mètres 80. - 2,80.

Hauteur de leur cave.

28 marches de 16 centimètres. 4 mètres 48.

Nous déboucherons là à 2 mètres 70 du sol.

- Oui. - Il faut une échelle.

Je l'ajoute.

Sachant que A est séparé de B par 12 mètres 40, C fait 2,80 et D, 4,48,

quel est l'âge du commissaire qui nous arrêtera ?

Je suis superstitieuse, et tu…

Ton rapport.

Alarmes sur les issues, les coffres,

et la porte de la chambre forte.

Un veilleur toutes les deux heures.

Ancien légionnaire, armé, tire juste.

Ça te fait marrer ?

Il va être renvoyé, il boit et dort.

Il faudra huit jours pour réparer les alarmes qui sont détraquées.

Confidentiel, bien sûr.

Voilà pour ton coiffeur.

La fourgonnette, hop.

Arrivée : 15h40, départ : 15h48. Il y avait des caisses lourdes.

Ils engrangent, parfait. À notre tour.

Au lit. Demain, on achète le matériel, et on attaque.

Les filles garderont la boutique. Exécution.

[musique jazz]

C'est notre plus robuste.

Soulève ça.

C'est vachement lourd.

- Ça dépend de l'utilisation. - Pour creuser un souterrain.

Mais non.

C'est pour un trou, enfin, un garage à flanc de coteau.

Avec ça, vous irez plus vite.

Vous m'en mettez trois. Bon, récapitulons.

Une échelle, du fil électrique, trois baladeuses, quatre marteaux, tenailles,

des clous, trois burins, deux lampes,

six piles, cinq casques spéléo, trois pioches.

C'est pas un garage, mais une station-service.

Vous construisez en famille.

Nous devons nous défendre seuls, ou disparaître.

La suite ?

Il reste plus que le reste, quoi.

Mais dites…. Oui, non… [bafouille]

Auriez-vous une pince ?

Oui. Plate, coupante, anglaise ?

Évêque.

Une pince évêque.

Il veut dire une pince monseigneur.

Je faisais un jeu de mots.

C'est par ici.

[porte de voiture qui se ferme]

Allez, allez, allez, allez.

On joue les bulldozers.

Oh, excusez-moi. Je vais vous réparer ça. Vous allez voir.

- Touchez pas. - Belle machine.

- Vos papiers. - Oui.

- Tenez-moi ça. - Avec plaisir.

Que transportez-vous ?

Des bricoles.

On a encore un voyage à faire,

et nos phares ne marchent pas.

Tiens, tiens, tiens.

Tiens, tiens.

T'as besoin de dire ça ?

Si tu n'étais pas négligent, tu les aurais fait réparer.

Mais pourquoi tu as dit ça. Tu paieras la contravention.

Ça en fera peut-être plusieurs.

[fracas]

Monsieur, je n'ai pas de vignette.

[musique jazz]

[craquement de bois]

[éboulement]

Mon Dieu.

[Éliane] Vous n'êtes pas blessés ?

On a tout pris sur la tronche.

Un éboulement ?

Qui a étayé avec des lames de parquet ?

C'est toi.

On suffoque.

Il faut un spécialiste.

- Des bronches. - Des travaux publics.

[bruits de travaux]

[contremaître] Quelle équipe de caves !

Pourquoi j'ai des mecs pareils ?

Vous vous en foutez que je me fasse engueuler.

Zapato et Ramirez, commencez l'autre tranchée.

Abdou, si ça continue, je te confisque ta gamelle.

C'est un monde. C'est pas pensable de voir ça.

Ça n'a l'air de rien mais c'est du travail.

Ah, mon pauvre, c'est la main-d'œuvre qui manque.

Ils retirent les mains des poches

que pour toucher les allocations.

C'est pas de mauvais "chevals",

mais à Vincennes, ils seront pas déclassés

pour avoir galopé.

Vous avez déjà fait des tranchées couvertes ?

- Couvertes ? - Oui.

Comment ça ?

En sous-sol.

- Des souterrains. - Voilà.

- Des galeries de mine. - Voilà.

Si j'en ai fait ? Y a des chances.

Pourquoi ?

- Je veux creuser un trou. - Un puits ?

Voilà. Mais un puits pas comme ça, mais comme ça.

Un puits horizontal ?

Voilà.

Pour quoi faire ?

Pour l'anniversaire de ma femme.

Car votre femme aime les puits "horizontals" ?

Je voudrais lui refaire la caverne d'Ali Baba.

En plus petit, un symbole.

Avec mon fils, on creuserait ça.

Votre femme peut dire qu'elle en a, de la chance.

Venez donc voir.

[brouhaha des travaux]

Merci. Pardon.

Ah.

Asseyez-vous.

- Là ? - Voilà.

Après vous, je vous en prie.

Un coup de rouge ?

Oh, non.

Pour trinquer. C'est pas du Bercy, j'ai un cousin qui a des vignes.

Bon.

À la santé de madame.

[contremaître] Ah oui, on en boit pas comme ça tous les jours.

On pourrait pas.

Dans quoi vous creusez ? La nature du terrain.

[Victor] Courant.

C'est pas une réponse. C'est schisteux, crayeux, argileux ?

- [Victor] Un peu tout ça. - Un peu tout.

C'est compact, ou friable.

C'est plutôt friable, oui.

Ah oui, c'est la vacherie.

Il faut étayer à la virgule.

Ah bon ?

Pour ne pas risquer que votre anniversaire finisse en enterrement.

- [il rit] - Encore un petit coup ?

Non ! Ou une larme, si vous voulez.

Videz votre verre, car il n'y a pas de raisons.

[bruit du vin versé dans un verre]

Bon, alors.

Il vous faut des planches de 34, ou même de 41.

Il faut mettre des sapines, et des bois de mine.

Le mieux serait de mettre des veaux.

Si c'est mou, il faudra pas oublier les semelles.

On a des bottes.

Non, mais les semelles…

Ah oui. [Victor marmonne]

Les planches de 41, ça veut dire 1941 ?

Non, c'est pas l'année, c'est l'épaisseur.

[rit] Et vous avez parlé de veaux.

- Oui. - Des veaux…

Que feraient-ils dans un souterrain ?

Bon, je crois qu'il va falloir tout vous apprendre.

À la santé de nos femmes, nos chevaux, et ceux…

- Je connais la fin. - Qui les montent…

[musique jazz]

- Tire sur le veau. - [Gérard] Je tire.

C'est ça, le veau. Ça, c'est la sapine. En hauteur.

[Victor] Allez !

Allez, tu peux lâcher.

[Victor] Lâche.

[Victor crie]

[il gémit]

Va là-bas. Va là-bas, à la pioche.

[Victor] Oh, là, là.

Elle est coincée.

C'est vrai, il y a plus de main-d'œuvre.

Cette sieste est finie ?

Allez, hop, Allez !

Ah, Victor !

[Victor crie]

Allez !

[sonnette]

Bonjour.

- Bonjour. - [Corinne] Bonjour.

Je vais bien, merci. Et vous ?

Isabelle aussi. C'est merveilleux.

Ne faites pas attention. L'âge ingrat.

- Vous désirez ? - Vous voir.

Le directeur est occupé,

et il veut des appeaux pour le canard colvert pour ce soir.

J'en profite.

Je vais vous montrer.

[Éliane] Il manquerait plus qu'on soit inondés.

Tire plus fort.

- Ça va craquer. - Serre !

[ils crient]

Va chercher du chatterton.

Nous avons plusieurs modèles.

À quoi ça sert ?

À attirer un gibier en imitant son cri.

Voici, par exemple, le courlis cendré.

[elle siffle]

[Philippe] Et celui-ci ?

[ils sifflent]

On a des complications.

Monsieur travaille à la banque. C'est le directeur qui l'envoie.

Bonjour, monsieur.

Mes hommages, madame.

Qu'il est charmant !

Que désire ce cher Durand-Mareuil ?

- Un appeau pour le colvert. - [pouffe]

On peut pas lui refuser ça.

Des ennuis vous tracassent ? Si je puis être utile…

Non, merci. Pas vous. Je veux dire, vous êtes charmant.

Il est charmant, hein ?

Éliane ! Mais qu'est-ce qu'elle fout ?

Bouge pas d'ici.

Appuie.

[Victor] Éliane !

Qu'est-ce qu'on fait pas pour de l'argent.

Si ça continue, on est pas arrivés de l'autre côté.

Victor, monsieur est de la banque.

- Bonjour, monsieur. - Ah…

Ah oui, je vous reconnais.

Monsieur vient acheter des appeaux.

Ça tombe bien, on fait coin-coin mieux que personne.

[Gérard] Oh !

[hurle] Au secours !

Au secours !

Quelqu'un est malade ?

Non. C'est mon fils qui répète. Il se fait la voix.

[fait des vocalises]

- Il veut être acteur. - Oui.

Il répète un rôle pour la fête de la paroisse.

[Gérard] Au secours !

[fait des vocalises]

Me laissez pas tomber !

Il répète dans la cave ?

- Oui. - À cause du décor.

[ricane]

Il joue Montecristo.

Et papa l'abbé Faria.

[Gérard] Au secours !

Hé oh !

Oh, les mecs. Oh !

Va donc lui donner la réplique.

Oui. Excusez-moi encore pour ça.

Enchantée. Mais, j'ai pas le temps, on est débordés.

Vos parents sont charmants. Je vous devine unis.

Oh, de vrais complices.

[téléphone]

Allô ? Qui ?

Gérard ? Il est très occupé.

C'est urgent.

Bon, je vais voir.

C'est de la part de qui ?

Un instant.

Gérard ! Téléphone.

[Corinne] Mireille !

J'arrive !

- [ils crient] - Attends, je le tiens.

Je tiens, vas-y. Je tiens, vas-y !

Le voici. On entend battre son cœur d'ici.

Va jouer ailleurs.

Oui ?

Ça va, et toi ?

Quoi ? Tu parles si je viendrai !

C'est ma première surprise-partie. Tous les copains seront là.

Ce sera vachement chouette.

Je compte sur toi, mon minet.

Sûr, hein ?

Ciao.

Et voilà. Et voilà.

C'est dans ces moments-là qu'on réalise ce qu'un couple veut dire.

Ma biche, on les aura.

[il crie]

Mademoiselle Garnier. Isabelle.

Non, monsieur Brécy. Philippe. Pas maintenant.

Pourquoi ?

Plus tard. Il peut arriver tant de choses.

Rien ne me séparera de vous.

- Qui sait ? - J'en suis sûr.

[air de mariage au violon]

Tu es insupportable. Parfois, je te déteste.

- En plus, elle joue faux. - Oh.

Non, ma chérie, laisse. Je vais le faire. Je n'ai pas de rancune.

[son de l'appeau]

[musique jazz]

Encore un os ?

Une descente d'égout.

T'aurais dû voir le cadastre.

Et inviter un ingénieur à nous aider ?

Il faudra se faire piquer contre le typhus, là.

Non, on va le contourner.

Trois degrés à gauche. Ça, c'est le nord. Ah non… Si.

Reste à vérifier les incidences de la dérive sur l'objectif.

Par là.

[sonnette]

J'ignorais que vous dirigiez une boutique de farces et attrapes.

C'est-à-dire ?

Il se peut que cela vous amuse,

mais moi, j'appelle ça de l'abus de confiance.

Je ne comprends rien.

Écoutez ça.

[son de l'appeau]

C'est un canard.

Nous allons réparer cela immédiatement.

J'ai dû offrir le champagne car j'étais bredouille.

Vous savez les faire sauter, les bouchons.

- Qu'en savez-vous ? - Une intuition.

- [appeau] Un canard… - Essayez ça.

[il siffle] Zéro.

Vous n'avez pas de coffre.

[son de l'appeau]

C'est maladroit de vous montrer désagréable.

Vous aussi.

Vous verrez, vous sauterez plus haut que votre fils.

C'est moi qui vous ferai sauter. Je vous satellise.

[rit] Amusant. Et comment ?

Monsieur le directeur. Vos confrères étrangers sont là.

J'y vais. Cherchez plus, je passerai chez Courgelot.

Ses canards ressemblent à des corbeaux. Ça alors !

- [Isabelle] Bonjour. - [Philippe] Bonjour.

Ça va pas recommencer, non ?

Vous savez pas ce que vous vendez ou achetez.

On sait à quoi vous pensez.

- Mais… - Inutile d'insister, c'est non.

[Victor] Quant à toi, si tu me vends encore

un corylène criard pour une oie bernache,

tu iras chez la cousine d'Issoudun.

Désolé, tout cela est ma faute.

Je ne comprends pas.

C'est au client de vérifier sa marchandise.

Vous m'en voulez ?

Ce serait plutôt à vous de…

Bon.

- Je vais à la banque. - Au revoir.

Isa. Isa.

C'est moi qui ai changé les appeaux. Pardon.

Elles s'aiment, ces deux-là.

- Elles s'adorent. - Aïe.

Regardez.

[il siffle]

Je vous défie de trouver ça chez Courgelot.

[André] Vous voyez bien que je suis occupé.

[André] Mais quoi ?

C'est à s'y tromper. La sarcelle d'hiver. Écoutez bien.

[il siffle]

La sarcelle d'été.

[il siffle]

Voilà.

Monsieur est un fournisseur.

- Et un ami. - Oui, parfait, très bien.

Je suis très content, je passerai vous voir.

[il siffle]

[il siffle]

Aucune différence.

- Comment ça ? - Aucune différence.

Vous n'êtes pas musicien.

Il vous dit qu'il n'y en a pas.

Gentlemen.

Vous n'avez pas le tournepierre à collier ?

Impossible de trouver à Glasgow.

Ah, l'arénaria interprès, le grand échassier des grèves.

Ja, ja.

Blanc et noir, avec le petit V blanc.

- Sur la tête. - Sur la queue.

Ça ressemble au cocorli.

Oh, oui.

Beaucoup plus gros.

Vous allez voir.

[Victor] Ça doit faire ça. Écoutez.

[il siffle]

- No. - C'est ça ! [il siffle]

- No. - Vous permettez, messieurs ?

- Un peu de silence. - [appeau]

Écoutez.

[sifflement]

C'est la pie de mer, ça. La pie de mer.

La pie de mer.

Vous me faites rire.

Rira bien qui rira le dernier.

[sifflements]

[André] Taisez-vous. Écoutez.

Hé.

- C'est quoi ? - Les directeurs.

Les directeurs ?

C'est le charbon. On connaît le chemin.

[musique rythmée]

[fracas]

[fracas]

Ah, les salauds !

Allons.

En face, ils ont soufflé dans tous mes appeaux.

Et Durand-Mareuil les a emmenés chez Courgelot.

Rien que pour ça, je fais sauter la banque.

Où est Gérard ?

Je l'ai appelé trois fois.

- Il doit roupiller. - [Isabelle] T'es injuste, papa.

Il a fait 0,66 mètre cube de plus que toi.

[il ronchonne]

Où il est ?

Mais où il est ? Gérard !

Oh, la barbe. Gérard !

[Victor] Gérard. Gérard !

[musique jazz]

Qu'est-ce que c'est que ce travail ?

Gérard. Mon Dieu, Gérard !

Mon fils, mon enfant.

Mon enfant.

Ah, viens. Mon petit, regarde ce qu'ils t'ont fait.

Les saligauds. Viens, mon petit.

Viens, viens. Assieds-toi, là.

Allez, assieds-toi. Comment te sens-tu ?

Ça va, bouscule pas.

Il faut faire mettre le chauffage au gaz.

Que faites-vous ?

- Il y a eu un éboulement ? - De charbon.

Ah, on l'a livré.

On balance deux tonnes de charbon sur mon fils, et tu dis ça ?

[Isabelle] Nous avons un héros dans la famille.

Il est sale.

Les femmes, dégagez-moi ça.

Et la terre ?

Quoi ?

On va la mettre où ?

Et c'est que le début.

J'ai calculé.

Si personne n'y a pensé, il y a un défaut d'organisation.

Nous avons négligé un aspect du problème.

On débute, on va s'améliorer.

Tu as les sacs de patates de l'occupation ?

C'est des reliques.

Justement, nous aurons bien besoin d'un miracle.

Allez, hop !

Que font Isabelle et Corinne ? Ça traîne, ça traîne.

[musique légère]

- Monte. - [Eliane] Ah, ben oui.

Viens, maman.

Tu m'en mets sous…

Il y en a beaucoup ?

- Pour toute la nuit. - On va s'en débarrasser.

[moteur]

[musique jazz]

[Ramirez] Qui a rebouché la tranchée et a recouvert de terre cette nuit ?

Oh, mamma mia. Mamma mia, mamma mia !

Salopards. Vous avez profité qu'hier j'étais au dentiste pour ne rien foutre.

À vos pioches. Je vais vous botter le train.

Bravo, Abdou. En voilà un qui aime son travail.

Ma gamelle. Ils ont enterré ma gamelle.

Il restait un peu de saucisse de Toulouse et des haricots.

Toi y en a mauvais œil !

[musique jazz]

[réveil]

[musique festive]

T'es pas déjà fatigué ?

Allez, viens.

- Je te demande rien sur ta nuit. - Non, demande pas.

Facile à deviner.

Je vous dis officiellement que j'en ai marre.

Je pleure déjà Mireille,

et suis pas près d'en avoir une autre.

Avance !

Il y a pas d'autres méthodes ?

Les valises, ça passe inaperçu.

Si les Corses faisaient ça, ils seraient plus truands.

Dans Corrida aux Bermudes…

On n'est pas aux Bermudes.

On fait un peu artisans.

Mais je m'en flatte !

Je fais mes cartouches, je répare mes fusils.

[Victor] Je me rendrai justice moi-même.

Comme Saint Louis sous son chêne. On est bien les rois.

On s'est peut-être monté la tête un peu vite.

Alors on me vole, on me nargue,

on lacère ma fierté en me préférant Courgelot,

et je me monte la tête ? Très bien, j'agirai seul.

La solitude est la parure du juste.

[musique triomphante]

Tu sais bien qu'on ne t'abandonnera pas.

- Quel fichu caractère ! - Papa.

Allez.

Tu dis rien ?

J'ai plus rien à perdre. Allons-y.

Attention.

[musique jazz]

[moteur]

Éliane, Victor !

[ils crient]

[Casimir] On est arrivés.

- Victor. - Qui c'est ?

- Les cousins de Liège. - Il manquait plus que ça.

[il rit]

[Poupette] Éliane !

Victor !

Bonsoir les enfants.

Vous partez en voyage ?

Demain on ferme. C'est le pique-nique.

- [ils rient] - Oh, ben dis donc !

Vous n'allez pas mourir de faim.

Nous, on boufferait un cheval en salade.

Vous arrivez de Belgique ?

On vient d'Espagne, de la Costa Brava.

C'est une odyssée, tu sais.

Ne restez pas là, vous allez attraper froid.

C'est glacial. Ça nous arrive encore de Hollande.

On ne te dérange pas ?

Non, vous êtes ici chez vous.

Sacré Victor.

- On fait quoi ? - Je ne sais plus.

On les redescend ?

Non, il faudra les remonter.

- Et il en reste encore. - Allez.

On a choisi l'Espagne pour le soleil.

Il paraît qu'il a pas plu ainsi depuis 32 ans.

On est repassés par les Pyrénées, sous la neige, avec du verglas.

Une patinoire.

Là, la valise.

Casimir a voulu passer par Lourdes, histoire de voir la grotte.

On lui a volé son portefeuille.

Se faire voler dans un tel endroit, c'est crapuleux, non ?

Oh, là, là.

Gérard, continue l'inventaire.

- Quel inventaire ? - À la cave.

- L'inventaire [marmonne] - Papa, je suis tout seul. Non.

- Continue-le. - Me laisse pas seul.

Mon petit, vas-y.

Une catastrophe.

[Casimir] Isabelle et Corinne sont presque des femmes.

Les enfants nous échappent si vite.

À propos, où sont les vôtres ? Où sont vos enfants ?

Albert, Arthur.

Albert !

Regarde, il y a un tunnel.

[Victor] Arthur ! Albert !

Arthur, Albert !

Mais où ils sont ?

Arthur, Albert, non !

Viens ici, viens ici. Allez, foutez-moi le camp.

Je vais vous foutre un boulet.

Allez hop, fichez-moi la paix.

Pourquoi tu veux pas montrer ton tunnel ?

Où va ton tunnel ?

Quel tunnel ?

Ils disent n'importe quoi.

Il y a un gros trou dans le mur.

Mais… La bataille de Waterloo, quelle date ?

1515.

Ils disent tout ce qui passe par la boule.

Pourquoi il veut pas nous montrer son tunnel ?

Si vous le faites encore enrager, vous allez avoir une bonne rouste.

- Ça y est, papa, ça y est ! - [Victor crie]

- L'inventaire, ça y est presque. - Ah.

C'est tout un fourbi. Si tu veux que je te donne la main…

Non, merci mon cousin.

T'es pas bien de crier devant eux ?

- On y est. - Où ça ?

- Au mur de la banque. - Non ?

Viens voir.

Si Éliane peut nous faire un encas, on pourrait continuer.

Ah ha !

Ah…

Ah.

On se sent retapé, on est d'attaque maintenant ?

Casimir veut repartir. C'est de la folie.

Ils dormiront mieux chez eux.

Dans un fossé, oui.

Mais non, la nuit, ça roule tout seul.

Et vous passez vite la douane.

Si on te dérange, il faut le dire.

Oh, Poupette, voyons.

Enfin, Victor, il faut bien que les petits dorment.

Oh, ils sont là, les petits minous.

Vous faites dodo ?

On fait comme toi, on creuse un tunnel.

- [Arthur et Albert crient] - Un tunnel.

[Arthur et Albert, voix étouffées] Un tunnel.

Alors, tu te sens en état de reprendre la route ?

Fatigué, Casimir ? Un gaillard pareil ?

[il balbutie]

Un type que j'ai vu danser la java jusqu'à des 6 h du matin !

Tu te rappelles de Lulu la blonde ?

T'es pas un peu touf touf ?

C'était quand, ça ?

Je ne me souviens plus.

Il m'a vraiment épaté avec deux énormes Allemandes.

- Oh. - [il rit]

- Vous savez ce qu'il a fait ? - On s'en va !

Oui, comme ça, tu pourras me parler de cette Lulu la blonde.

C'est un peu fort, quand même.

Au revoir, Casimir.

Je te retiens. Tu peux me dépanner un peu ?

- La voiture ? - Non, Lourdes.

- Mon portefeuille, pardi. - Ah, oui.

Voilà. Ça suffira, ça ?

Il ne faudra pas d'imprévus.

La famille, c'est sacré. Allez dormir à l'hôtel.

Sacré Casimir ! Le devoir m'appelle. Soyez prudents.

On en est où ?

Ça va faire boum.

Allez, plus vite.

- Allez, Arthur. - Allez.

[Éliane] Je vous raccompagne.

- C'est prêt ? - J'ai mis trois charges.

- On allume ? - Laisse-moi faire.

Passe derrière.

- Fais attention. - T'en fais pas.

Tu les trouves pas un peu bizarres ?

- Passe-moi plutôt une gaufrette. - [ils rient]

- Passe-moi la lampe. - Laisse, je suis plus mince.

[bruit de métro]

[musique douce]

[musique jazz]

[sonnette]

Bonjour. Un télégramme pour vous.

- Merci. - Au revoir.

"Tante Marie décédée. Enterrement demain à Loudéac."

Elle avait 94 ans, et on ne l'a vue que trois fois.

Oui, je sais bien.

Mais je dois y aller. Les enfants aussi.

C'était la demi-sœur de grand-mère.

Est-ce bien utile d'envoyer les enfants là-bas ?

Que penseraient les gens ?

Il en passe pas souvent devant la boutique.

Je peux rester ici pour aider papa.

Il peut se débrouiller seul jusqu'à demain soir.

Oui, enfin…

[musique jazz]

[sonnette]

- Madame. - Bonjour.

Je veux surprendre mon mari. Que me conseillez-vous ?

Une des Bluebell Girls cachée dans son lit.

Oh, malotru.

Madame.

[sonnette]

Frère, demain il sera trop tard.

Frère, nous sommes d'accord.

Frère, restez sur la bonne route.

"Droit au but", c'est ma devise.

Frère…

[sonnette]

Bonsoir, monsieur Garnier.

- Encore vous. - Je ne dérange pas ?

Si. Mais alors, énormément.

Je vous aime bien.

C'est pas plutôt ma fille ?

J'en suis sûr. Enfin, oui, c'est plutôt elle.

Je l'avais invitée à dîner.

Elle est à un enterrement.

- Maintenant ? - En province.

C'est à Loudéac. Alors, il faut y aller.

- Un proche parent. - Non.

J'aime mieux ça. Enfin…

- J'ai compris, ça va. - Écoutez.

Puisque mademoiselle votre fille n'est pas là…

Oh.

De modestes fleurs des champs.

J'avais espéré que mademoiselle votre fille les apprécierait.

Je me demande. Que fabriquez-vous, en face ?

J'y ai de bonnes espérances. C'est un établissement solide.

Oui, enfin…

Pardon, j'ai à faire.

- Puis-je vous inviter ? - Non.

Nous pourrions parler.

Non, n'insistez pas. Sans façon.

Tenez.

- [sonnette] - Voilà.

- C'est fermé. - Je vous ouvre.

- Ça va ? - [Philippe] Bonsoir, monsieur.

Bonne soirée.

C'est ça.

[il souffle]

Quel malheur. Tenez, regardez.

C'est pas naturel. D'habitude, ils ouvrent à 9 h.

J'ai cogné à l'arrière-boutique, personne ne répond.

Qu'y a-t-il ?

Les Garnier ne répondent pas.

Avec le gaz, on sait jamais.

C'est bizarre.

Oh, vite. Allez.

Le gaz…

[on tape à la porte]

- [petit cri de surprise] - Que voulez-vous ?

On s'inquiétait, la boutique était fermée.

Cette nuit, j'ai entendu comme des explosions.

J'expérimente des mélanges pour des pétards à corbeaux.

C'est salissant.

Du moment qu'on se lave.

- Tout le monde va bien ? - Très bien. Merci.

Par quoi je commence ?

Par revenir la semaine prochaine.

Ah bon ?

C'est fermé pour inventaire. Comme tous les ans.

On ferme pour l'inventaire. [balbutie]

- On vous fera signe. - Au revoir.

Vous en faites pas.

[il souffle]

[musique intrigante]

[percussions]

[piano]

Il avait jamais fait des pétards à corbeaux en pleine nuit.

Depuis six ans, je commence à les connaître.

Alors ça vous étonne pas.

Il n'est pas comme d'habitude. Il y a quelque chose.

Il a osé vous dire ça ?

Oui, madame. À moi,

qui n'ai jamais eu d'amant de plus de 25 ans.

Quel goujat !

Ça ne m'étonnerait pas qu'il ait des ennuis d'argent.

Cela expliquerait bien des choses.

À mon avis, sa femme le trompe.

Il a pu envoyer les enfants à la campagne, et qui sait…

À l'issue d'une discussion violente…

Avec l'assurance-vie que je leur ai faite,

si l'un des deux disparaît, l'autre touche un joli paquet.

Mais il faut qu'on croie à un accident.

Quand on tripote des armes toute la journée, c'est facile.

J'y pense. L'autre nuit, il se trimbalait avec un gros sac.

Il faut pas prévenir la police ?

Qu'est-ce que vous y voulez, à la police ?

Avec des commérages, on arrêterait tout l'arrondissement.

Vérifiez ça et visitez les garnis des alentours.

Bien, patron.

Pourquoi auraient-ils disparu ?

Ils sont plus là.

Ils ont pu s'absenter.

Ça fait 24 heures. L'homme se terre.

Sans explications ?

D'abord, il a commencé par engueuler ses clients.

La nuit, il fait éclater des pétards à corbeaux.

Il a renvoyé sa femme de ménage.

On ira jeter un coup d'œil.

- Attention, c'est un violent. - Des témoins ?

Moi.

Il a violemment mis ma bicyclette au sol.

Il n'a pas de vignette, et il s'en vante.

On s'occupera de vous plus tard. J'ai personne, là.

Si je peux me permettre, je peux peut-être y aller.

J'ai fait ma demande comme inspecteur, ce serait l'occasion.

Si vous voulez. Mais pas de fausse manœuvre.

C'est un commerçant honorable qui paie ses impôts.

Si je trouve quelque chose, une preuve, ma demande…

Sera transmise avec avis favorable.

Mais gardien, surtout, de la discrétion.

Vous pouvez compter sur moi.

Au revoir.

[policier] Au nom de la loi, ouvrez.

[il continue de taper]

Voilà !

[foule qui proteste]

Ça peut être dangereux.

[sonnette]

Ah, monsieur l'agent.

Vous vous souvenez de mon vélo ?

Le monde est petit.

J'ai acheté ma vignette.

N'en parlons plus. J'étais nerveux aussi. Ça arrive, non ?

Le mal du siècle.

On n'arrive plus à faire respecter la loi.

Avec tous ces hold-up.

Sans compter les maris qui assassinent leur femme.

Par jalousie.

Par intérêt.

Parfois les deux.

On vit une drôle d'époque.

- Votre femme va bien ? - Elle va bien.

Les enfants aussi ?

Ça va.

Que puis-je pour vous ?

Vous avez des hameçons ?

Pour prendre quoi ?

Du gros, le seul qui m'intéresse.

C'est méfiant, ça ruse, mais quand on le ferre, c'est payant.

Ça résiste, et hop, dans l'épuisette.

J'ai ça. Sûrement du numéro 14.

Pourquoi vous avez fermé ?

Pour cause d'inventaire et d'enterrement.

[tape dans un objet]

Et…

Cet enterrement est loin ?

En Bretagne.

Tiens, j'aurais cru plus près.

Ah, pourquoi ?

Une idée.

Vous faites l'inventaire avec ça ?

[Victor] Il m'arrive de jardiner pour me détendre.

Vous n'avez pas de jardin, donc pas de terre.

Que vous faut-il ? Non, juste de quoi m'amuser.

Dans la cave… Et, ça pousse ?

J'attends la récolte.

Dans l'obscurité, avec un casque.

Ah, oui.

Vous me prenez pour quoi ?

Écoutez, je vais tout vous dire.

Que ça reste entre nous. Je cultive des champignons de Paris.

Sur couche ou sur alvéoles,

et j'ai lu que c'est d'un rapport très grand.

- Montrez-moi votre cave. - Pourquoi ?

- Je veux voir. - Pourquoi ?

Je veux voir ou votre femme, ou votre cave.

Vous ne pouvez pas.

Je ne suis plus de service, je fais ce que je veux.

Votre femme n'est pas à la cave ?

- Elle est à Loudéac. - On verra.

Passez devant. Allez !

- Allez. - Monsieur l'agent.

[moteur]

Que se passe-t-il ?

- Ça a dû s'ébouler. - Papa !

- Papa ! - [Corinne] Papa !

[Isabelle] Papa !

- [Isabelle] Papa. - [Corinne] Papa !

Papa !

- [Éliane] Oh, Victor ! - [Gérard] T'as rien ?

- [Isabelle] Papa. - [Victor] Je n'ai rien.

Oh.

On devrait s'en aller.

Et comment ! Je vais me coucher.

Que voulez-vous ?

Prendre de tes nouvelles.

- C'est gentil. - C'est normal.

Excusez-moi.

Vous la reconnaissez ?

- Elle est vivante ? - Oui.

Dis-le-lui.

Je suis vivante. En voilà une idée.

Une idée à monsieur. Attends-moi en haut.

Va attendre en haut.

Oui, Victor…

C'est un malentendu.

Les gens se sont monté la tête.

[Victor] Ça va vous coûter cher.

Ça va coûter très cher.

Soyez pas rancunier. J'ai trois enfants.

Moi aussi, et une femme que vous m'avez accusé d'avoir tuée.

Ça va barder pour votre matricule. Montrez-moi votre numéro.

N'aggravez pas votre cas.

Je paierai la contravention que je vous ai dressée.

Et la tache faite à mon honneur ?

Je vous réhabiliterai dans tout le quartier, je le jure.

Si on vous accuse encore, je démontrerai votre innocence.

On vous croira ?

Je suis en passe de devenir inspecteur.

- Inspecteur ? - Oui.

Bon, ça va pour cette fois-ci.

Merci, monsieur Garnier.

J'espère que je n'aurai pas affaire à un ingrat.

Comptez sur moi.

Ça peut toujours servir.

Alors, il a tué sa femme ?

Hé, hé.

[Victor] Oh…

Oh !

Regardez.

Regardez.

Regardez.

On peut enfin s'embrasser.

Vérifions que ce ne soit pas un couloir de correspondance.

Je suis formel, la salle des coffres est là.

Quelle heure est-il ?

Minuit cinq.

Burins, pinces, chalumeau, tout est prêt ?

- Tout. - Passez.

J'ai comme une boule, dans la gorge.

Moi aussi j'ai peur, mes enfants.

Nous avons tous rêvé à ça.

L'heure de la revanche a sonné.

Et je peux compter sur le courage et la discipline de tous.

- Oui, Victor. - Aux burins !

Allez.

Le gros marteau.

Isabelle devrait être rentrée.

Avec Monique, bavarde comme elle est.

Je vous aime, Isabelle.

Soyez sage.

Je dois rentrer.

Vous avez sommeil ?

Pas du tout. Mes parents m'attendent.

Allons danser. Je n'ai pas envie de dormir.

Moi non plus.

Nous ne rentrerons pas tard. Promis ?

Vous déciderez.

Je dois demander l'autorisation.

- Vous buvez quelque chose ? - Non, merci.

- Mais votre père… - [elle rit]

- Il vous fait peur ? - Non, mais enfin…

Il doit dormir, non ?

En ce moment, il travaille tard.

Ne bougez pas, je reviens.

Ah !

[musique jazz]

- Doucement. - [Gérard] Attention.

Bonsoir. Oh, vous êtes arrivés.

- T'as vu l'heure ? - J'étais au cinéma.

Avec Monique, je sais.

Au retour, j'ai rencontré…

- Philippe ! - Ah !

Trahi par sa propre fille.

Bravo.

C'est pas de ma faute, il m'a suivie.

Je craignais que vous ne vous soyez fait mal.

Pardon de vous déranger.

Vous êtes toujours le bienvenu.

Nous venions demander si nous pouvions aller danser.

Voilà ! Allez donc danser.

Pardonnez-moi d'être indiscret,

- mais ce souterrain… - Ah bah c'est…

- C'est une galerie de tir. - Pour essayer les armes.

On mettra une cible dans le fond.

[Philippe] Mais si vous abattez le mur ?

On relie les deux caves à cause de la portée des canons.

Vous en vendez ?

Des canons antigrêle. Allez vous amuser.

Allez danser, allez-y.

Mais allez !

Vous faites ça seul ?

Nous avons trop d'impôts. Un entrepreneur serait la ruine.

Nous pensons à l'avenir de nos enfants.

C'est admirable.

Je veux faire partie de la famille.

- Pas tout de suite. - Laissez-moi !

- Vous allez vous salir. - Peu importe.

- Je les tiens. - Isabelle.

Je vais aller me coucher.

[bruit d'effort]

- [Philippe] Voyons voir dedans. - [Gérard] Retiens-le !

[Victor grogne]

[musique dramatique]

[tintement]

La chambre forte.

La chambre forte !

C'est pas la salle des coffres. Tu t'es trompé.

[Victor] La chambre forte.

Les lingots.

Le ciel est avec nous.

Laissez-moi passer. Laissez-moi passer.

Laissez-moi passer.

Dites-moi que je rêve.

[Philippe] Vous n'avez pas voulu…

Isabelle, c'est de la folie.

Vous voici parvenu à un tournant de votre existence.

Attention à ce que vous allez répondre.

Êtes-vous pour ou contre nous ?

C'est inhumain, ce que vous demandez.

L'heure du choix a sonné.

Je vous en conjure, renoncez.

Je demande la main de votre fille.

Montrez-vous digne de faire partie de la famille.

Qui m'aime me suive.

Je vous en supplie, ressaisissez-vous.

- C'est du vol. - Vous nous avez volés.

- Moi ? - La banque, le directeur.

Si vous ne nous aidez pas, nous n'avons plus rien à nous dire.

[musique dramatique]

[il souffle]

Vous qui dispensez le pain quotidien,

faites que celui qui nous a été ôté nous soit rendu,

et que le mécréant rentre dans le troupeau, et fasse pénitence.

Allez, hop !

C'est de la folie, ça mène chez vous.

Ne vous inquiétez pas, c'est prévu.

[son de la mèche qui s'éteint]

- C'est la sixième qui rate. - Foutez-moi la paix.

- [Victor] Passes-en une autre. - [Gérard] Tiens.

[Gérard] C'est mouillé. Tu nous as collé la cerise avec tes infiltrations.

La banque ouvre à 9 h.

Foutez-moi la paix.

- [Gérard] Attention. - Chut.

[la mèche s'éteint]

- [tintement] - [son creux]

[il rit]

[André] Si la police s'en mêle, je suis foutu.

[musique rythmée]

[sonnette]

Trop tard, c'est fichu.

- Tout sera bientôt découvert. - [Éliane sanglote]

Éliane, va préparer ma valise.

N'oublie pas une couverture, les prisons sont froides en hiver.

[Éliane pleure]

Mes enfants, soyez forts. Notre cause n'était sans doute pas juste.

Veille sur elles, mon fils.

Cache le trésor pour que mon sacrifice ne soit pas vain,

et que je sache qu'elles ne manqueront de rien.

[musique rythmée]

[percussions]

[André] C'est bizarre.

[sonnette]

[musique jazz]

Vous êtes sûr qu'on ne verra rien ?

- Certain. - Philippe !

Demandez ce que vous voulez. Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ?

- Les lingots. - Vous vous foutez de moi.

J'ai juste le temps.

- Pourquoi ? - Pour les remettre.

Après le mal qu'on s'est donné.

Je vous sauverai malgré vous.

- Jamais ! Je m'en fous… - Donnez. Donnez ça !

[son creux]

[son creux]

Qu'est-ce que c'est ?

- Du plomb. - Du plomb ?

[sonnette]

Bonjour.

Ça va ?

Non, ça va pas.

Voleur.

Salopard.

Escroc. Vous m'avez encore eu, mais là, je vous tiens.

De quoi parlez-vous ?

De ceci. C'est de l'or, ça ?

D'où ça vient ?

De votre cave personnelle.

C'est un comble.

M. Garnier plaisante.

Je ne plaisante pas. Alors ?

M'accuser de pareille indélicatesse serait aussi stupide

que de tenter de prouver que vous avez voulu cambrioler ma banque.

Nous n'aurions rien à gagner à ce petit jeu, ni vous ni moi.

N'est-ce pas ? Bon bah alors…

Hein ?

- Je plaisantais, monsieur. - [il rit]

[André] Ben voyons.

[Victor] Vous désiriez ?

Une boîte de cartouches de neuf, si ça vous dérange pas.

Pour le 12, ou le 16 ?

- Le 16. - Très bien.

- Ça vous dérange pas ? - Du tout.

- Je vous ai pas touché ? - Non, non.

Je pense que la nomination de M. Philippe Brécy

comme fondé de pouvoir s'impose.

Il ne s'occupera

de la vérification des réserves que dans six mois.

Le temps de remettre en ordre certaines choses.

- De reboucher… - Bref.

Il fera les prêts à long terme dont vous pourrez profiter,

mon cher ami.

J'aimerais qu'ils fassent leur voyage de noces aux Baléares.

Mais…

Il paraît qu'il y fait un soleil…

Un soleil de plomb.

C'est une idée

à creuser.

[explosions]

Ça y est, c'est parti !

[explosions]

[musique jazz]

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