All language subtitles for (20) Maigret et le port des brumes

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Original subtitles

On a encore plus de mal à l 'identifier que s 'il était mort.

On lui parle dans n 'importe quelle langue, il sourit lentiment, il ne

pas.

On ne sait même pas s 'il se rend compte qu 'on est en train de lui parler.

Pas de patin d 'identité.

Il n 'avait pas de tâche sur ses habits ? Oui, puis un peu de poussière dans les

poches. De la boue sous les semelles. Donc on a forcément une piste ? Non,

justement pas.

Qu 'on n 'admène nulle part.

On ne sait pas d 'où il vient et pourquoi il est là.

Et la cicatrice ? La cicatrice, elle doit dater d 'un mois, peut -être

un peu plus.

Une blessure par balle.

Remarquablement bien soignée, d 'après les médecins qui l 'ont examinée.

Mais il peut y avoir des séquelles.

Et c 'est à cause de ça qu 'il ne parle pas ? C 'est probable.

On est dans le brouillard, si je comprends bien.

Oui, en plein brouillard.

On pourrait essayer de passer une photo dans les journaux ? On ne sait jamais.

Quelqu 'un peut le reconnaître ? Le problème n 'est pas de savoir si quelqu

peut le reconnaître.

Le problème est de savoir si quelqu 'un a envie de le reconnaître.

Vous le trouvez changé ? C 'est surtout les cheveux.

Il en avait, mais c 'est pas les mêmes que sur la photo.

Vous l 'avez quand même reconnu, c 'est ce qui importe.

Mademoiselle Legrand.

Vous pouvez m 'appeler Julie, vous savez.

Julie.

Il y a huit ans que vous êtes à son service ? Oui, bientôt huit ans.

Et vous aviez quel âge quand on vous a placé chez lui ? Il est d 'avoir 16 ans.

Monsieur qui comprend rien du tout de ce qu 'on dit ? S 'il comprend, il le

cache bien.

Mais il va rester comme ça, tout le temps, jusqu 'à la fin ?

Moi, je suis sûre

qu 'une fois rentré chez lui, il va se reconnaître. Vous allez voir, ça va lui

revenir d 'un coup.

Comme ça, il pourra me raconter tout ce qui lui est arrivé.

Ça simplifiera mon enquête.

Il a reconnu la maison.

Alors, racontez -moi comment ça s 'est passé.

Je vous ai déjà dit.

C 'était il y a six semaines, c 'est ça ? Cinq.

Ça ferait six lundis.

Vous l 'avez vu le soir, il était normal.

Comme d 'habitude, il buvait son infusion et puis il est allé se coucher.

Non, il avait son service comme capitaine du port. Ses fonctions de

soir -là, c 'était une marée. Il fallait qu 'il sorte pour aller au port.

Alors il est ressorti.

Et vous, qu 'est -ce que vous avez fait ? Je me suis mise au lit.

Et vous avez dormi ? Oui.

Et vous ne l 'avez plus revu depuis ? Non, jusqu 'à aujourd 'hui.

Mais qu 'est -ce qui est arrivé quand vous vous êtes réveillée le matin ?

je me suis réveillée, il n 'y avait plus personne, il n 'y était pas d 'effet.

Ça lui arrivait ? Hein ? D 'aller dormir ailleurs.

Non, sauf pour son travail.

Sinon, il dormait dans son lit tous les soirs.

Ah oui.

Seule.

Mais bien jolie.

Seule.

Pas de visite, pas de femme.

Je veux dire, personne qui serait venu de l 'extérieur.

Non, il recevait personne.

Alors, vous avez fait quoi pendant tout le temps qu 'il n 'était pas là ? J 'ai

attendu.

Vous pensiez qu 'il allait revenir ? Non, on pensait qu 'il avait glissé et

'il était tombé.

Dans le port ? Un homme qui ne boit jamais ? Oui, mais...

Il y a fait du brouillard cette nuit -là.

Et ensuite, comme on n 'a pas retrouvé le corps, on s 'est dit qu 'il était

-être parti.

Pour aller où ? Justement, c 'est ça qu 'on ne comprenait pas.

Vous allez le trouver.

Vous allez le trouver.

Vous allez le trouver.

Vous n 'allez pas le laisser tomber comme les autres.

Parce que quand il a disparu, ils avaient tous l 'air de trouver ça

Mais c 'est jamais naturel de disparaître comme ça. Jamais.

comme ça comme un étranger comme un fantôme

Vous êtes le capitaine Duport ? Capitaine, c 'est un bien grand mot.

Je fais la circulation, comme un flic à un carrefour.

Et vous, vous êtes qui ? Commissaire Maigret, police judiciaire.

C 'est vous qui avez ramené M. Choris ? Oui, c 'est moi. Vous le connaissez ? Je

le connais, mais pas bien. Je le remplace.

Alors forcément, quand il est là, j 'y suis pas, et quand j 'y suis, il n 'est

pas là.

Ça limite les contacts.

Vous l 'aimez pas ? J 'aime bien.

On n 'est pas pareil.

C 'est un monsieur.

Et puis c 'est un vrai marin.

Le capitaine Joris. Il Joris.

On voit tout de suite que c 'est un pur breton. Ça fait sérieux.

Moi, on croit toujours que je suis Bérichon.

Vous êtes capitaine aussi. Vous avez navigué.

Marine Marchande.

J 'ai fait le tramway, 12 ans. Nantes -Bordeaux, Bordeaux -Nantes.

Et on recommence.

Je suis aussi bien ici.

Vous avez la liste des bateaux qui sont passés la nuit où le capitaine Joris a

disparu ? Le 23 mars.

Oui, c 'est ça, le 23 mars.

Mais là, tu m 'en souviens parce qu 'on m 'a appelé le lendemain pour le

remplacer.

Vous avez la liste ?

Il y a un registre, mais il est à la capitainerie.

Il n 'est peut -être pas parti en bateau.

Il n 'est toujours pas parti à la nage.

Il faut bien que je commence quelque part.

Il y a les heures de passage dans le registre ? Les heures, c 'est pas

compliqué. C 'est entre le début et la fin de la marée.

C 'est long, une marée.

On entend que ça.

Et celle -là, elle en est où, de marée ? On a fini.

C 'était le dernier.

Vous venez boire un verre ?

C 'est le commissaire de police de Paris.

Asseyez -vous, commissaire.

C 'est vous qui avez ramené M. Joris de Paris ? Oui, c 'est moi.

C 'est vrai ce qu 'on dit ? Qu 'il ne parle plus et qu 'il a perdu la boule ?

oui, il ne parle plus.

C 'est ça le Messie qui l 'a reconnu en voyant sa photo dans le journal.

Ah oui, nous aussi on a vu la photo.

Oui, vous l 'avez peut -être vue, mais c 'est elle qui est venue.

C 'est normal.

Elle, ça l 'intéresse.

Julie Legrand, elle est d 'ici ? Non, non, non, elle est de Port -en -Bessin.

C 'est la fille d 'un pêcheur de là -bas.

Enfin pêcheur.

S 'il avait passé autant de temps à pêcher qu 'à boire du calva, il aurait

ouvrir une conserverie pour lui.

A votre avis, Julie, capitaine Joris,

elle est sa maîtresse ou pas

? Nous, on ne les connaît pas si bien que ça.

Il vient ici, quand même.

Oui, pour un verre. C 'est normal, c 'est comme ça que ça se passe.

Oui, il boit son verre.

Il est poli, il n 'y a rien à dire.

Mais il n 'en boit pas deux, il est vite rentré.

C 'est dans sa nature, il n 'est pas très liant.

Et la petite Julie, elle se croit pareil.

Ça lui va bien de faire sa pain -bêche.

Elle vient de rien du tout.

Et maintenant, elle prend des airs supérieurs.

Vous dites ça à cause de son frère ? Le frère de Julie.

Vous ne savez pas qu 'elle a un frère ? Il est marrant, pourtant.

Il navigue à bord d 'un caboteur qui passe souvent ici.

Louis, Louis le Grand, à bord du Saint -Michel, ça vous dit rien ? Ah oui, oui,

oui. Mais nous ici, on l 'appelle le Grand Louis.

Jamais Louis tout court, c 'est pour ça qu 'on n 'avait pas fait le

rapprochement.

On ne voit pas souvent le Grand Louis.

Il est là quand le Saint -Michel passe, c 'est forcé, et encore.

Il ne se manque pas beaucoup.

Il ne quitte pas son bord.

Il ne vient pas voir sa sœur ? Non, je ne l 'aime pas.

Pourquoi il ne l 'aime pas ?

Parce qu 'il a passé six ans en prison.

Vous nous faites marcher, hein ? Vous savez pas que vous étiez déjà si bien

renseigné ? C 'est mon métier.

Tenez, c 'est à l 'étage.

Il y a le même numéro sur la porte.

C 'est quoi, ce qu 'on entend ? Ça, c 'est la corne de brume.

Ça va gueuler comme ça toute la nuit ? Tant qu 'il y a du brouillard.

Mais vous savez, au bout d 'un moment, on s 'y habitue.

Monsieur le Commissaire, réveillez -vous.

Monsieur le Commissaire.

Hein ? Venez vite.

C 'est imminent.

Deux minutes.

Trois, peut -être.

Il y a encore des soubresauts, mais le regard est complètement parti.

Il ne peut plus respirer.

Alors il cherche l 'oxygène.

Ça y est.

C 'est fini.

Approchez.

Vous ne remarquez rien ? Strychnine.

C 'est imparable.

Pas besoin de faire une autopsie.

On va en faire une quand même, je sais bien, mais ma main a coupé.

Strychnine, qu 'est -ce que je disais ? Il y a dû avoir soif pendant la nuit

et...

Il a versé de l 'eau dans la cave.

Oui, c 'est moi hier soir.

Il aimait bien avoir de l 'eau près de lui quand il se réveillait la nuit.

Vous n 'avez rien entendu.

Pourtant, il a dû appeler, il a dû crier.

C 'est toujours le problème avec la strychnine. Au début, surtout, on

alors on crie.

Il ne parlait plus.

Comment ça, il ne parlait plus ?

Vous êtes sûr que vous ne l 'avez jamais vu ? Vous héritez de tout.

Je ne savais pas aussi riche.

Il n 'était pas riche.

Il avait hérité d 'une grosse ferme il y a une dizaine d 'années.

Il avait vendu.

Il n 'a pas de famille.

Il ne reste plus personne.

Vous allez l 'arrêter ?

Pourquoi voulez -vous que je l 'arrête ? Elle ne va pas se sauver.

De toute façon, si elle se sauve, elle n 'ira pas loin.

Et puis elle est bien ici.

Elle est chez elle maintenant.

En tout cas, je ne peux pas délivrer de permis d 'énumé, moi, vous comprenez ?

Mais personne ne vous le demande.

Il a été empoisonné, on va ouvrir une enquête, on ne va pas la clore avant

de l 'avoir commencé.

Non, non, on fait ce que vous avez dit, autopsie et tout le tremblement.

Commissaire Maigret, Eugène Grandmaison, je suis le maire.

Hier soir, je suis trop tard à votre arrivée pour vous saluer, et ce matin, j

'étais à la chasse.

Vous êtes vous -même chasseur, monsieur le commissaire ? À Paris, je n 'ai guère

l 'occasion.

Ici, c 'est le canard, c 'est une chasse, c 'est particulier, très

Je suis d 'une région de Plaine.

Alors c 'est plutôt le perdreau ou le lapin, je connais moins.

Mais le canard...

Vous devriez essayer si vous ne l 'avez jamais fait.

C 'est un tir très difficile, on a très peu de temps, on n 'a pratiquement pas

droit à l 'erreur.

Il paraît qu 'elle l 'a empoisonné.

On l 'a empoisonné, oui.

Vous n 'avez pas arrêté cette jeune femme, la bonne du capitaine ? Non.

Pourtant j 'ai croisé le docteur, il m 'a dit que... Oui ? Je ne suis pas

policier, je ne voudrais pas faire votre métier, mais d 'après ce que j 'ai

compris, je ne vois pas qui d 'autre aurait pu.

Et puis elle a un mobile.

Un mobile ? L 'héritage, non ? Ah oui.

Mais alors la première fois, ce serait elle aussi ? La première fois.

Avant d 'être emprisonné, le capitaine Joris a été victime d 'une première

tentative d 'assassinat. Par balle.

Ah oui, vous avez raison, je l 'ai lu dans le journal.

Et la première fois, ça ne peut pas être elle.

Vous la voyez en train de tirer sur ce galerot ? Vous savez, moi je la connais

peine.

C 'est vrai que ça paraît tout de même assez bizarre.

Elle a peut -être un complice.

Alors pourquoi serait -elle venue à Paris pour le café quand on l 'a

Je n 'y avais pas pensé.

Vous voyez.

L 'important, c 'est de déterminer qui l 'a vraiment tué.

Si auparavant, quelqu 'un l 'a raté, c 'est un autre problème, non ? Pas juste.

Il faudrait que je passe le voir, non ? Vous êtes le premier magistrat de la

commune.

Je vais peut -être me changer.

Faudrait que je passe voir ma femme avant qu 'elle... Vous m 'attendez ?

oui.

Drôle de type.

Renfermé, secret.

Vous le connaissiez bien ? Pas vraiment.

Il a navigué pour moi.

Il naviguait pour vous ? Nous sommes armateurs, on a dû vous le dire.

En fait, toute sa carrière, il l 'a faite chez nous.

Tant qu 'il naviguait, avant d 'être au port, avant d 'être ici.

28 ans.

Donc, même avant moi, pour mon père.

Un bon élément.

Julie ? Où est -elle ? Julie ?

Il y a du café ? Vous avez des enfants, monsieur le maire ?

Un seul.

Un fils, un chasseur ? Pas encore, mais je suis sûr que... Là, il commence tout

juste, il a 11 ans.

Et puis en ce moment, il n 'est pas là, il est pensionnaire chez les Pères

Maristes. Non.

Si vous voulez passer le salon pour le café.

Eh bien, allons au salon.

Donnez -moi ça.

Julie, donnez -moi ça.

Donnez -moi ce papier.

Julie, fais attention, il y a des gens qui veulent du mal à ton Louis.

Je pense que c 'est votre frère.

Vous avez lu où il a signé ? Quand a -t -il déposé ce message ? Sûrement hier.

C 'est le seul jour où vous n 'étiez pas là, puisque vous étiez avec moi à

Paris.

Si j 'avais trouvé plus tôt, j 'aurais su quoi faire.

Vous auriez fait quoi ? Protéger M. Joris.

Le protéger de qui ? Quels sont ces gens qui lui veulent du mal ? C 'est de ma

faute. C 'est de ma faute qu 'il est mort. C 'est de ma faute.

Oh, meuf.

Ah là là, quelle comédie.

Mais quelle comédie.

Un peu plus, elle se roulait par terre.

N 'exagérons rien.

Joris l 'a traitée avec trop d 'égard.

Ça lui a tourné la tête.

Vous croyez qu 'elle était sa maîtresse ? Qu 'est -ce que j 'en sais, moi ? Tout

est possible.

En tous les cas, c 'est la seule qui l 'a reconnue dans le journal.

Joris ? Tout le monde l 'avait reconnue.

C 'est la seule qui a averti la police.

Il fallait aller à Paris, il fallait prendre le train, c 'est toute une

histoire. Ça n 'amuse personne.

Elle aurait pu se dire la même chose.

Elle habitait chez lui.

A partir du moment où il avait reparu, il fallait bien qu 'elle se manifeste.

Ne serait -ce que pour pouvoir le tuer.

Dans un premier temps, elle se débarrasse de lui.

Il dit de parer.

Faites bien qu 'elle le jette dans le port.

Probablement en compagnie de son frère.

C 'est un ancien condamné, vous savez qu 'il a fait de la prison.

Oui, je sais.

Donc il le jette dans le port.

Il manque de chance, mais voilà qui revient.

Comment ? Il revient comment ? Un navire qui l 'aura repêché.

Mais attendez, entre -temps, elle a découvert le testament.

À partir de là, il faut qu 'il soit mort. Elle en a besoin, vous me suivez ?

'essaye.

Je ne voudrais pas faire votre travail à votre place.

Non, non, rassurez -vous.

Je connais bien ce pays.

La psychologie des gens, c 'est entier, la psychologie.

La preuve, c 'est qu 'ils votent pour moi à chaque élection.

J 'ai apporté le registre.

Vous aviez deviné.

Le 23 mars, le Saint -Michel était ici.

Ah, vous avez deviné.

Maintenant, c 'est moins important, puisque le capitaine Jury s 'est fait

Je vais aller voir un coup.

Est -ce que quelqu 'un a revu le frère de Julie ici depuis le 23 mars ? Grand

Louis ? Le bateau n 'est pas repassé, d 'en plus non plus.

Il était là hier.

Ici ? Hier ? Personne ne l 'a vu ? On n 'a vu personne verser la

strychnine dans le verre de M.

Joris et pourtant il en est mort.

Je commence à me fatiguer de vous entendre mentir.

Je ne vous ai pas menti.

Vous m 'avez dit que Grand -Louis ne quitte jamais son bord, et pourtant il

quitte, j 'en ai la preuve.

J 'appelle ça mentir.

Il y a encore beaucoup de choses que vous me cachez ? Quand il est passé le

mars,

le Saint -Michel est arrivé tout à la fin de la marée.

Il n 'y avait pas de problème pour passer les culs, mais il commençait à se

faire tard pour prendre la mer.

Comment ça, tard ?

En fin de marée dans le Chenal, il n 'y a plus tellement d 'eau.

Si on part quand même, on peut aller caresser les cailloux.

Quand on est vraiment pressé, on prend le risque.

Sinon, on attend qu 'il y ait de l 'eau.

Et Saint -Michel était pressé ? On aurait pu croire, puisqu 'il est passé.

une fois passé, il a attendu.

Je ne vois pas l 'intérêt.

Moi non plus.

Il n 'aurait qu 'à leur demander. Ils arrivent tantôt.

Ça a bien marché, il était pressé.

Et quand il est pressé, il nous fait filer.

C 'est vrai que j 'aurais fait rentrer ? Il est rentré.

Et il est reparti.

Qu 'est -ce que tu veux dire ? Il est mort.

Il est mort ? Il a été empoisonné dès la première nuit qu 'il était chez lui.

C 'est le commissaire de Paris qui va faire l 'enquête.

Capitaine Lannec, j 'ai quelques questions à vous poser.

Non, vous aussi.

Vous êtes bien Louis le Grand, dit Grand Louis, le frère de Julie.

C 'est pas la peine de me sortir mon casque judiciaire, je le connais déjà.

Alors c 'est l 'équipage au grand complet ?

Et à trois, vous arrivez à faire naviguer le bateau ? On n 'a pas besoin

plus. Grand Louis est un bon marin quand on va au moins à deux.

Parfait.

Alors hier, c 'était plus compliqué.

Parce que Grand Louis n 'était pas là.

Comment vous avez fait ? Vous étiez à terre, hier ?

Vous

prétendez que vous n 'y étiez pas ?

Si vous dites que j 'y étais, c 'est que j 'y étais.

Vous avez déposé chez votre sœur dans la cuisine un billet disant que le

capitaine Joris était en danger. Et alors, j 'avais pas raison ? Comment

-vous qu 'il était menacé ? Pas mal de l 'avoir deviné, déjà qu 'il avait le

crâne fendu.

Bon, vous n 'avez pas besoin de moi pour remonter le canal.

Je resterai à terre jusqu 'à votre retour.

Vous allez chez votre sœur ? Sûrement pas, non.

Ça m 'emmerde de voir les gens chialer, moi.

On suit le canal pour monter au port.

On charge du fret, on n 'a pas besoin de lui.

Alors ? L 'annexe vous a dit pourquoi le 23 mars il a passé les cuisses avant la

nuit ? Non.

Il a dit qu 'il avait le droit.

Jean -Louis est à terre ? Oui, j 'ai vu passer.

Et quand il ne va pas chez sa soeur, où va -t -il ?

Je vais dormir dans un rafio abandonné un peu plus loin.

Il y a des marins qui, même au port, ne supportent pas de dormir à terre.

C 'est au fond du bassin, là -bas.

Vous voulez pas vous taper un peu ? Il y a quelqu 'un avec toi, là -dedans.

Vous n 'avez qu 'à venir voir si vous êtes intéressants.

Oulà, ce canotte ! Quel est le con qui laisse traîner son annexe dans le bâtin

Prends une gaffe.

Essaie de le bloquer.

Le Saint -Michel ? Ça m 'étonne bien.

C 'est des choses qui peuvent arriver à tout le monde.

C 'est pas leur genre, au Saint -Michel, de laisser détacher leur annexe. C 'est

le genre de personne.

Je l 'ai ! En plus de ça, avec le temps qu 'il fait, il aurait dû être sur le

pont, leur canotte. Je ne sais pas comment il l 'aurait laissée en mort.

Non, comme ils veulent.

Il y a peut -être quelqu 'un qui s 'en est servi.

Une canotte ? Pour quoi faire ? Pour débarquer avant l 'écluse.

C 'est du roman tout ça.

Heureux caractère.

C 'est un bon marin.

Dites -moi mon vieux, il y a quelqu 'un d 'autre que Grand Louis qui dort dans

le rafio ? Non, c 'est rien moi.

Tout le monde peut y aller ? Tout le monde et n 'importe qui.

Mais déjà, il faut aimer ça. Alors c 'est surtout Grand Louis.

Vous téléphonez ? Oh, je vous en prie.

Bonjour, mademoiselle. C 'est le commissaire Maigaret à l 'appareil.

Pouvez -vous me passer la police judiciaire à Paris ? Non, en priorité.

Merci.

Mes grèves. Passe -moi, Lucas.

Allô, Lucas ? J 'ai besoin de renfort.

Le Saint -Michel est arrivé avec un homme caché à bord.

Je peux pas surveiller tout le monde à la fois. Tout seul, j 'y arriverai pas.

Non, je l 'ai pas vu, mais j 'en suis certain.

Il attend la nuit. Avant, il bougera pas.

C 'est pas un marin, il est trop repérable.

Non, ça doit être un bourgeois.

Il s 'est réfugié dans une sorte de rafio, je vais le guetter.

Ah, si ça se trouve, je vais devoir y passer la nuit.

Ah, oui, oui, je sais, je sais, j 'ai l 'habitude.

Mais pas de nuit de suite.

Écoute, si tu peux pas venir, tu m 'envoies quelqu 'un.

Mais ça m 'est égal, c 'est pas mon problème.

Tu m 'envoies qui tu peux et vite.

Sous -titrage FR ?

Vous avez de l 'appétit, vous, au moins.

Oui, je ne suis pas le seul.

Grand Louis est venu chercher un encart très tôt ce matin. J 'ai eu l

'impression qu 'il ne se privait pas non plus.

Remarquez, c 'était peut -être pas pour lui tout seul.

C 'était peut -être pour deux.

Je n 'en sais rien, moi.

Est -ce qu 'elle peut bien aller par là ? C 'est Julie Le Mans, vous la

connaissez ?

Où est -ce qu 'elle peut aller par là ?

Ne bougez pas. Ne bougez pas.

Ne

bougez

pas.

Les policiers.

On fait une bêtise à 20 ans, on le paye jusqu 'à la fin de sa vie.

Mon frère, il a été condamné pour ce qu 'il a fait. Il a payé sa dette, mais ça,

ça ne me suffit pas.

C 'était quoi, le projet ? Si je vous le disais, vous croiriez le contraire.

Mais non.

Écoutez, si Louis voulait s 'en prendre à M. Jaurès, c 'est moi qui l 'aurais

trouvé d 'abord.

C 'était quoi, le projet ?

Louis avait rencontré un monsieur très riche.

Je ne sais plus où, au Havre ou en Angleterre. Un monsieur qui voulait un

alors il en a parlé à son patron.

Un mec ? Oui.

Ça faisait longtemps qu 'il voulait vendre. C 'est un Michel, mais il ne

plus à cause de la crise.

Et c 'est votre frère qui sert d 'intermédiaire ? S 'il arrivait à

touchera de l 'argent.

Puis après, ils ont décidé qu 'il pouvait rester à bord pour aménager

travaux.

Il connaît le bateau, c 'est un bon marin.

L 'acheteur.

Vous savez qui c 'est ? Un Français, un étranger ? Je ne sais pas.

Vous ne croyez pas ? Vous croyez que je mens ?

Non.

Je ne crois pas que vous mentiez, Julie.

Tenez.

Vous pouvez le remettre.

De toute façon, on est trop tard.

C 'est jamais trop tard.

Qu 'est -ce que vous avez à vous regarder comme ça ? Il n 'est pas là.

Ça ne sert à rien de l 'appeler.

Vous voyez bien, le canot est taquet.

Le canot est taquet, le canot est taquet. Vous l 'avez vu partir ? Oui, je

vu. Et même si je ne l 'avais pas vu, le canot est taquet. Donc, il n 'est pas

là. Non, mais vous l 'avez vu ? Oui, il est descendu.

Seul ? Seul.

Est -ce qu 'il y avait quelqu 'un à bord avec lui ? Qui aurait eu ? À part grand

Louis, il n 'y a jamais personne là -dedans.

Il n 'y a vraiment que lui.

Commissaire, patron.

Qu 'est -ce que tu fais là ? Je suis venu vous aider.

C 'est Lucas qui m 'a envoyé. Il n 'y avait personne d 'autre.

Tu ne sais rien faire, toi.

D 'accord, ce n 'est pas ta faute, mais tu n 'es jamais sorti de ton bureau.

C 'est à cause de mon asthme. Ça va mieux.

Il paraît que c 'était surtout nerveux.

J 'avais besoin de quelqu 'un qui m 'aide, pas de quelqu 'un à qui il faut

apprendre.

Je ferai tout mon possible, patron.

Lucas, tu as mis au courant ?

Non, il n 'a pas eu le temps. Ah, il va m 'entendre, celui -là. Je te garantis

qu 'il me manque.

Bon, allez, viens, on va boire une bière. Ah non, patron, je ne bois pas d

'alcool. Vas -tu boire une tisane ?

On

comprend bien que tout le monde vous manque.

Non, pas tout le monde.

Il y en a qui se taisent.

Et Julie, celle qu 'a reconnue capitaine ? Ah, tu as raison.

Celle -là... Elle ment pas.

Elle dit ce qu 'elle sait.

Mais elle sait rien du tout. Elle répète les mensonges des autres.

Seulement, Grand Louis l 'avait pas filé.

Grand Louis ? Qui c 'est, Grand Louis ? T 'as écouté quand je t 'ai expliqué ?

Bah oui, patron, mais Grand Louis, vous m 'avez rien dit.

Louis le Grand, le frère, le marin.

Ça va ? Tu tires trop ? Bah oui, patron, je sais très bien qui c 'est.

Vous m 'aviez pas dit qu 'il s 'appelait Grand Louis.

Excuse -moi, je ne te l 'avais pas dit.

Bon, maintenant, c 'est fait.

Tu peux te mettre à jour. Mais non, c 'est pas ça, patron. Mais s 'il s

Grand Louis, je sais peut -être où il est.

En venant dans le taxi, on est passé devant une grande maison, il y avait un

matelot qui rentrait dedans. Et le chauffeur, il a dit, tiens, ça, c 'est

banal. Le Grand Louis qui s 'en va chez notre maire.

T 'es pas obligé d 'imiter l 'accent.

Bon, je vais aller chez le maire.

Toi, tu vas surveiller le rafio.

Au cas où l 'autre homme y sera encore.

Bonjour, commissaire.

Vous êtes blessé ? Vous avez eu un accident ? Ah, je... un faux pas.

J 'ai fait une chute malheureuse dans l 'escalier.

Vous venez me parler de votre enquête ? Dans l 'escalier ? Vous avez dû avoir

une de ces peurs.

Surtout madame Grandmaison.

Ma femme, qu 'est -ce qu 'elle vient faire là -dedans ?

Mais quand elle vous a vu tomber, c 'est très impressionnant.

Moi, personne ne m 'a vu.

Je suis tombé tout seul.

Ma femme n 'est pas là. Elle est à Paris.

Mon fils non plus n 'est pas là. Il est au collège.

Je suis seul dans la maison.

À ce qu 'on me dit, vous l 'avancez guère.

La petite bonne est libre.

Et vous, vous vous promenez avec elle.

Sur la plage.

Et Mme Grandbaison est à Paris.

Nous y passons toujours une partie de l 'année.

On fait des allers -retours.

Enfin, vous voyez, ouvrir l 'appartement, fermer l 'appartement.

J 'ai des plaintes, moi.

Enfin, pas exactement des plaintes, mais mes administres se demandent ce que

vous fabriquez.

Ah, ça, je comprends.

Une sacrée blessure.

Sur quoi est -ce que vous êtes tombé ? Sur rien.

Par terre, sur le sol.

Vu d 'ici, on dirait plutôt que vous avez pris un coup de poing.

Ou alors un bon.

Vous avez attendu ? Non.

Si, si, si, si.

Je vous assure.

Juste derrière la porte.

Tiens, Jean -Louis.

Quelle surprise.

Entre.

C 'est dommage que tu ne sois pas arrivé plus tôt, Jean -Louis.

Tu aurais pu retenir M.

le maire dans l 'escalier.

Au fait, qu 'est -ce que tu fais ici ? C 'est moi qui l 'ai fait venir.

Pour l 'interroger.

Moi aussi, je mène mon enquête, figurez -vous.

Très bien.

Ça ne vous ennuie pas que je poursuive la mienne ?

Parce que j 'avais justement quelques questions à poser à M.

Louis Legrand, ici présent.

J 'ai encore moi -même une ou deux questions à lui poser.

J 'espère que vous aurez l 'amabilité de me communiquer le résultat de vos

investigations.

Je t 'avais dit de surveiller le rafiaux.

Il est sorti, l 'homme était dedans.

Et vous aviez raison, il se reprend dans le paysage. Il est habillé comme s 'il

arrivait du champ de course. Côté tribune, en rupin.

Il ne manque plus qu 'une paire de jumelles.

Où est -il ? Alors, je me suis dit qu 'il fallait que je le suive et sans le

faire voir. Je crois que j 'ai réussi ma part pérée. Et il est venu ici.

Ici où ? Derrière la maison où il s 'est caché. On dirait qu 'il attend quelqu

'un. Montre -moi.

Oui.

Il est venu.

Vous croyez qu 'il est en...

Excusez -moi, j 'ai oublié ma pub.

Qu 'est -ce que t 'as fait ? Il me dit qu 'il a oublié sa pub ici.

Viens chercher là.

Ah oui, quand vous lui aurez vendu sa pipe, vous pourrez nous apporter des

rafraîchissements.

Si je ne l 'ai pas trouvée dans le salon, votre pipe, monsieur le

vous ne la trouverez pas non plus, là où vous n 'êtes même pas allé la fumer.

J 'ai dû l 'oublier ailleurs.

Alors, patron, il est dans la maison ? Tu vois les trois têtes éclairées ?

Ce sont les têtes du salon.

Ça doit être possible de voir à l 'intérieur.

C 'est un peu haut, non ? Monte sur le mur.

Sur le mur ? Il

faut

que vous m 'aidiez à grimper dessus, patron. Tout seul, je ne saurais pas.

Qu 'est -ce que tu vois ? Rien.

Un coin de la pièce, mais il n 'y a personne.

Bon, alors bouge.

Pensez devant le mur.

Alors ? Qu 'est -ce qu 'ils font ? C 'est bizarre.

Ils jouent aux dames.

Au dame.

Eh, l 'autre, là, celui que j 'ai suivi, il n 'est pas là.

Ou alors dans l 'angle mort.

Eh, le marin, le costaud, c 'est lui qui gagne au dame.

Il est même nettement plus fort que le maire.

Mais je m 'en fous qu 'il gagne.

Dis donc, celui que tu as suivi, il était comment ?

Je vous l 'ai dit, patron.

Rupin.

Rupin, Rupin, Rupin, avec des diamants dans les oreilles ? Ah ben non, mais il

faisait riche quand même.

Avec un costume clair, vous voyez, genre... J 'ai pas peur de me salir, j

quoi ? 35, 40 ans, brun... Et où il est, maintenant ? Mais patron, vous

êtes sûr que c 'est en rapport avec l 'histoire du bonhomme qu 'on a retrouvé,

celui qui vient d 'être tué, l 'amnésique ? Surveilleux, je te posais

questions.

Vous entendez ? Qu 'est -ce que j 'entends, moi ? Le téléphone.

C 'est chez eux que ça sonne.

C 'est le maire qui va répondre.

Non, quand Louis l 'envoie valdinguer, le maire va se rasseoir vite fait. Bon,

'est notre homme.

Hein ? Au téléphone ! C 'est le Rupin ! Tu

surveilles. Je reviens tout de suite.

Bonsoir, capitaine.

Allô ? Bonjour, mademoiselle. Commissaire Maigret, police judiciaire.

Ah, c 'est encore vous.

Ben, décidément, vous n 'arrêtez pas.

Bon, dites -moi, vous venez de passer une communication chez M.

Grandmaison, le maire.

D 'où venait cet appel ? Du buffet de la gare.

Vous restez en ligne, surtout ne coupez pas.

Combien de kilomètres d 'ici la gare la plus proche ? Douze, au moins douze.

Oh non, non, ça dépend par où t 'arrives. Si tu coupes à droite, juste

conserverie, c 'est le contraire. La route est fichue, tu mets plus

Mais en fait, je le fais tous les jours.

Moi aussi, je le fais tous les jours.

Bon, à vélo.

Ça fait quoi ? Une demi -heure environ ? Oui, à peu près, oui.

Allô, mademoiselle, vous êtes toujours là ? Passez -moi le commissariat

s 'il vous plaît.

Merci.

Allez voir s 'il n 'y aurait pas une bicyclette qui aurait disparu.

Commissariat central ? Passez -moi l 'inspecteur de permanence, s 'il vous

plaît.

35 -40 ans, bourgeois, brun, assez grand.

La dernière fois qu 'il a été vu, il portait un complet très clair.

Oui, il y a 10 minutes du buffet de la gare.

Un coup de téléphone, il y en a peut -être une autre, vous vérifierez.

Si vous soupçonnez qu 'il a pris un train, vous faites le grand jeu, vous

pragnez les gares.

Il faut le localiser et l 'intercepter.

C 'est bon, vous avez noté ? Bien.

S 'il y a du nouveau, vous pouvez appeler ici, le café sur le port.

Patron, on va sans doute me téléphoner, envoyer quelqu 'un pour me prévenir. Je

serai là -haut dans la rue.

Là où il y a la maison du maire ? Tout juste.

Commissaire, mon vélo, il s 'est fait la main.

Ah, vous voyez, je vous avais prévenu.

Mais vous inquiétez pas, vous le retrouverez. Quand je vais le retrouver

Demain. Et ce soir, je vais rentrer comment ? Ah, ce soir.

Bah, tu vois rien comme ça.

Ouais, fais peur, patron.

Tu dormais ? Non.

C 'est plutôt eux qui vont s 'endormir.

Ils font plus rien, ils jouent même plus aux dames.

La vieille, la domestique, elle était couché dans sa chambre tout en haut. J

vu la lumière.

Et eux, depuis, tout ce qu 'ils font, c 'est de picoler.

Tous les deux ? Surtout grand Louis.

Une de ses descentes.

Tu crois que le maire essaye de le saouler ? J 'y avais pas pensé, mais je

que vous avez raison, patron.

Mais patron, il y a quelqu 'un qui vient.

Ah, c 'est pas moi.

Je reviens tout de suite.

Vous avez l 'immatriculation de la voiture ? Oui, commissaire.

Faites établir des barrages sur la route de Paris.

C 'est déjà fait, commissaire.

Alors vous l 'interpellez et vous l 'emmenez ici.

D 'accord, mais sous quel prétexte ? Vol de bicyclette.

Monsieur le commissaire, pour mon vélo, vous avez des nouvelles ? On l 'a

retrouvé, vous l 'aurez demain, avec un peu d 'argent.

Vous pouvez dormir à l 'hôtel.

Ah non, pas si bête, l 'argent, je la garde.

Vous me tenterez.

Je vous ai fait peur.

Vous aviez laissé la porte ouverte.

Qu 'est -ce que vous me préparez là ? Du chocolat.

Si je mets du sucre, c 'est très nourrissant.

Je préfère parce que je n 'ai pas le courage de me faire la cuisine pour moi

toute seule.

Vous en voulez ? Oh non, merci.

Le maire Grandmaison, comment s 'entendait -il avec M.

Joris ? Il naviguait pour eux dans le temps.

Ça, je sais.

C 'est tout.

Parfois, ils chassaient ensemble, mais c 'était pas de l 'amitié, ça.

C 'est seulement que M. le maire, il aimait pas chasser tout seul.

Alors, quand il y avait personne, c 'était avec M.

Joris.

Vous croyez que je vais avoir des ennuis ? Des ennuis ? Pourquoi ? Pour l

'héritage.

J 'ai reçu une lettre du notaire. Il y a beaucoup d 'argent, beaucoup plus que

je croyais.

Et puis, il cachait bien qu 'il était si riche, M. Joris.

Si vous n 'avez rien fait de mal, vous n 'aurez pas d 'ennuis.

Votre frère non plus.

C 'est que... Il boit un peu trop, Louis, mais ça va pas plus loin.

Monsieur Joris, il lui disait de faire attention, c 'est tout.

Et entre le maire Grandmaison et votre frère, comment ça se passe ? Pas

très bien.

On vous a raconté ? Non, c 'est pas vrai.

Il y a eu des incidents avec le maire. Il disait que Louis faisait du tapage

le port.

Personne ne l 'aime, ce monsieur le maire.

Même comme armateur, les marins ne l 'aiment pas.

Il paye comme les autres, même plutôt mieux, mais c 'est pas pour ça que tout

monde le déteste.

Louis n 'était pas le seul.

Vous vous trompez, Julie.

Votre frère et monsieur Grandmaison sont les meilleurs amis du monde.

Ils jouent aux dames ensemble.

Ne vous éloignez pas trop de chez vous, j 'ai... J 'ai peut -être

besoin de vous revoir.

On n 'a pas appelé ? Si, il y a du nouveau.

Et on vous a dit quoi ? Rien, je ne suis pas un policier.

Il n 'y a pas un numéro qu 'il faut que je rappelle ?

Tiens,

petit, je t 'ai apporté un sandwich.

Alors là, patron, comment vous avez jeûné ? Parce que tu avais faim, parce

'avais faim.

Alors, comment ça se passe là -dedans ? Pareil, il dort ma moitié.

Continue de surveiller pendant que tu manges.

Ça t 'intéresse de savoir où on en est ? On a rattrapé ton bonhomme.

Ils vont nous le ramener pour que tu puisses l 'identifier formellement.

C 'est un étranger. Un étranger ? Mais il avait pas l 'air. Un Norvégien.

Oui, enfin naturalisé.

Parce qu 'il a un nom bien français, Raymond Martineau.

N 'empêche qu 'il a l 'intention de se plaindre à son ambassade.

Merde.

Patron, regardez.

Mais regardez, patron, il le cogne !

Qu 'est -ce que tu racontes ? Le maire, grand Louis, le cogne.

Descends.

Allez, descends, vite.

Saute.

Mets -toi dos au mur. Allez.

Mais t 'as raison.

Il est top dessus.

Alors, qu 'est -ce qu 'on fait, patron ?

Allez, viens.

T 'as ton ouvre -boîte ?

Comment

êtes -vous entré ? C 'est une violation de domicile.

Cet homme vous frappait.

Qu 'en savez -vous ? Tu ne le frappais pas ? Nous nous sommes

expliqués. Cela ne regarde que nous.

Retiens bien ça, mon petit Verduret.

Quand un homme comme M.

Grandmaison se laisse maltraiter sans appeler la police, il y a une bonne

pour qu 'il ait quelque chose à se reprocher.

Je ne vous permets pas.

Je crois que tout le monde ici connaît M.

Martineau, qui nous vient de Norvège.

Je ne sais pas si tout le monde me connaît dans cette pièce, mais moi, en

cas, je ne connais personne.

Je suppose que vous êtes policier. Est -ce que vous auriez la bonté de m

'expliquer ce que je fais ici ? Alors, comme ça, personne ne sait rien.

M. le maire se fait rouer de coups par grand Louis, il trouve ça tout naturel.

Il n 'a rien à déclarer là -dessus.

Personne ne connaît M.

Martineau, qui ne connaît personne.

Pas même grand Louis, avec qui il a passé la nuit, pourtant.

Et dans une épave, encore.

Et c 'est par hasard que M.

Martineau passe par ici, avant de voler une bicyclette et de filer tout droit

vers Paris.

À propos, pourquoi Paris, M.

Martineau ? Je suis obligé de vous répondre.

Mais rien ne vous y oblige, mais j 'en serais très heureux.

C 'est une ville que j 'aime beaucoup.

À côté de Paris, la Norvège, c 'est un peu province.

Très bien.

Vous ne voulez rien dire.

Aucun d 'entre vous. Vous savez ce que vous me cachez ? Je finirais bien par le

découvrir. À ce moment -là, c 'est grand mal.

Beaucoup plus mal.

Vos bateaux vont souvent en Norvège, monsieur le maire ? En Norvège ? Oui,

autant qu 'avant, mais toujours un peu.

Avant, vous voulez dire du temps où le capitaine Joris naviguait pour vous ?

exemple.

Oui, c 'est vrai, j 'aurais supposé la Norvège.

Il y rencontrait peut -être un certain M.

Martineau.

C 'est Grand Louis qui le sait.

Toi, Grand Louis, en lui tapant dessus cet après -midi, t 'as obtenu quelque

chose du maire et tu l 'as transmis à M. Martineau.

Qu 'est -ce que c 'était ? Et vous, pourquoi vous n 'avez pas porté plainte

porte plainte.

Contre vous.

Vous savez pourquoi ? Je n 'ignore de quoi vous parlez, mais je laisserai mon

ambassade le soin de prendre les mesures qu 'il faut.

Très bien. Monsieur, dans ce cas, je vous demanderai de vous tenir à la

disposition de la justice.

Patron, qu 'est -ce que tu veux ? Je peux vous parler en particulier ?

Vous voulez surveiller ?

Oui, mais comment faire autrement ? Il y en a bien d 'un qui va se décider à

parler. Et si c 'est pas le cas ? C 'est un risque.

Monsieur le maire, considérez -vous comme consigné chez vous jusqu 'à nouvel

ordre. Un gendarme y veillera.

C 'est un abus de pouvoir qui vous coûtera cher.

C 'est possible.

Monsieur Martineau, vous vous installerez à l 'hôtel juste au -dessus

port, sous la surveillance de l 'inspecteur Verduret.

Ah.

Ceci vous appartient, je crois.

Grand Louis, tu viens avec moi.

Grand Louis, où c 'est que t 'étais ? Faut qu 'on y aille.

Dans deux heures, y a plus d 'eau.

Allez attendre à bord. Pour l 'instant, c 'est moi qui ai besoin de Grand Louis.

Remontez à bord, vous allez prendre froid.

Ça me fait drôle d 'être ici tous les trois dans la maison d 'un mort.

Moi, je ne l 'ai pas connu, je m 'en fais une idée.

Il a vécu comme il a voulu. Il a navigué, puis quand il n 'a plus pu

il est resté ici, près de la mer.

Assez près pour pouvoir l 'entendre, la mer.

Il parlait pas beaucoup, mais il avait du cœur.

Toi, il t 'a engueulé, hein, grand Louis.

Plus qu 'une fois.

C 'est parce qu 'il t 'aimait bien, tu vois.

Et ta sœur aussi.

Et voilà.

Il est mort.

Et pas de sa belle mort. Il a été tué, et pas joliment du tout.

Et depuis qu 'il est mort, il n 'a plus d 'amis.

Il n 'a plus d 'amis.

Je suis le seul.

Parce que je suis le seul à me battre pour que son assassin ne vive pas

tranquille.

Et devant moi, il n 'y a que des gens qui mentent ou qui se taisent.

C 'est pas vrai, je vous ai dit tout ce que je savais.

Mais je sais bien, Julie, vous m 'avez tout dit, mais vous ne savez rien.

Votre frère sait quelque chose.

Seulement lui, il se tait.

Écoute le commissaire, là.

Aide -le si tu peux, Lady.

Aide -le.

Vous voyez.

Tu sais comment on appelle ça dans notre métier, un témoin qui ment ou qui

refuse de parler ? On appelle ça un suspect.

Et dans ton cas, c 'est même un suspect idéal.

Un suspect qui avait tout intérêt à la mort du capitaine Joris pour faire

hériter sa soeur.

Ne t 'arrête pas.

Ne l 'arrêtez pas.

Ne l 'arrêtez pas.

Allez, viens.

Ne fais pas de bêtises.

Écoute, attends.

Parle -lui au commissaire. Dis -lui ce que tu sais.

Sinon, il te met en prison.

Dis -lui que tu n 'as rien fait.

Vous voyez que je sais pas où vous êtes armé, hein ? Alors comme ça, vous voulez

m 'arrêter ? J 'ai tout mon temps. Pour l 'instant, on monte à bord du Saint

-Michel. Allez.

Vous ne partez pas cette nuit.

On va causer.

Votre marin, l 'autre, il est à bord ? C 'est l 'étain ? Oui.

Faites -le venir ici.

Je vais vous avoir tous les trois en face de moi.

C 'est l 'étain !

C 'est

toi.

Vous aussi.

Qu 'est -ce que vous attendez l 'année avec Frédéric Asmar ? C 'est vous le

capitaine.

C 'est bien ce qui est écrit sur le rôle d 'équipage.

A propos où il est, le rôle d 'équipage, on peut le voir ? Allez !

tous les jours.

Saint -Michel, capitaine Joseph Lanec, matelot Célestin Godet, propriétaire,

armateur, Louis le Grand de Port -en -Bessin.

Alors comme ça, t 'es le nouveau propriétaire du bateau ? On ne marque

depuis longtemps.

Le 20 mars.

Trois jours pile avant la mystérieuse disparition du capitaine Joris. C 'était

talent, non ?

Ça lui prend souvent.

Il ne comprend pas ce que vous dites, il ne parle que le breton.

C 'est M.

Martineau qui a acheté le bateau, hein ? Toi, t 'es qu 'un prête -nom, un homme

de paille.

Qu 'est -ce qu 'il t 'a demandé en échange ? Qu 'est -ce que vous êtes

faire ici, tous les trois, pour son compte, le jour où le capitaine Joris a

disparu ? Imbécile, t 'avais aucune chance ! T 'as pas d 'argent et tu te

retrouves propriétaire d 'un bateau qui vaut des millions ? Un ancien détenu,

tout le monde va te tomber dessus.

Qu 'est -ce que c 'est que ce bruit ? C 'est rien.

C 'est peut -être quelque chose qui cogne avec le vent.

Je vais voir.

Pas de bêtises, hein ? C 'est mon bateau, mais non.

Je croyais qu 'il comprenait que le breton Il

est

en train de parler avec un homme

Il est bien attaché, t 'es sûr de tes nœuds ? C 'est déjà marrant.

Bon alors, qu 'est -ce qu 'on en fait ? Faut le déposer le plus rapidement

possible. Ben dépêchez -nous, sinon on va en manquer d 'autres.

Absolument, qu 'on ne pique pas le poulet vendre demain matin.

Restez là, je vais prévenir les gendarmes.

Je ne comprends rien de ce que tu dis, mon gars.

Qu 'est -ce que vous attendez pour me détacher ? Il faut attendre les

Mais les gendarmes, c 'est moi, je suis commissaire, commissaire de police. Je

ne vous connais pas, moi, vous me dites commissaire de police, mais qu 'est -ce

qu 'ils prouvent ? Détachez -moi ! Alors, vous avez vu ? Saint -Michel

laissé échouer.

Ah, c 'est encore qu 'ils ont voulu partir trop tard après la pleine mer.

Il n 'y avait plus assez d 'eau de la pince, il faudra les attirer sur les

fonds.

Vous voulez bien me détacher, s 'il vous plaît.

Je me doutais bien qu 'il n 'attendrait pas la marée. Et voilà.

Où sont -ils ? On n 'en sait rien.

À bord, il n 'y a plus personne.

Ils ont dû nager vu qu 'ils n 'avaient plus leur canote.

Il faut que j 'aille prévenir le maire maintenant.

Il doit être au courant.

Comment il saurait ? À ce temps -là, il dort.

Ou bien il est à la chasse aux canards.

Je peux vous certifier que ce matin, il n 'est pas à la chasse.

Tu es fâché ? Non, je ne suis pas fâché.

Il est bon pour les nœuds.

Il a dû être scout.

C 'est bien possible.

Si j 'avais eu votre expérience, ça ne me serait jamais arrivé.

Ce n 'est pas tout ça.

Maintenant, tu files à la poste.

Il ne faut plus qu 'on laisse passer une seule communication à la maison du

maire. C 'est le blocus.

Et si c 'est lui qui a demandé une communication ? Même chose, tu bloques

notes le numéro.

Quand tu auras fait tout ça, tu lances un avis de recherche sur l 'anec, grand

Louis, C 'est Latin et Martineau.

Qu 'est -ce que vous voulez encore ? Foutez -moi la paix, j 'ai du migraine

atroce.

Monsieur Martineau nous a faussé compagnie.

De mieux en mieux.

Il est parti avec Louis le Grand à bord du Saint -Michel.

Il y a un bon vent.

Il retourne dans son pays, c 'est tout ce qu 'on lui demande.

Malheureusement, il n 'a pas eu de chance.

Il a laissé passer la marée et le Saint -Michel s 'est échoué.

On va essayer de le rattraper, mais je pense qu 'il a déjà quitté la France.

Qu 'est -ce que vous en dites ? Qu 'est -ce que vous voulez que j 'en dise ?

Vous croyez qu 'il a quitté la France ? S 'il est resté, c 'est qu 'il avait

quelque chose de bien précis à faire.

Mais quoi ?

Il faudrait qu 'il vienne.

Il n 'y a que lui qui peut me donner l 'autorisation de remorquer.

Pourquoi lui ? C 'est lui le patron du bateau. Il faut faire vite.

Une marée de plus, le bateau est issu.

Bon, allez -y, faites remorquer.

Ça sauverait le bateau, non ? Pensez sur moi.

Faites -vous l 'état.

Vous êtes fonctionnaire.

On remorque ! Patron.

Alors, il a été téléchargé ? Presque tout de suite, j 'ai noté le numéro. C

un collège à 60 km d 'ici, à peu près. Un collège ? Un collège, un pensionnat,

un truc de purée, quoi.

Je pense à tout sauf à ça.

À quoi ? François Grandmaison, en effet, c 'est un élève de notre

établissement.

Oui, 11 ans, c 'est ça.

Le fils de M.

Grandmaison, l 'armateur.

C 'est exact.

Mme Grandmaison est venue chercher son pute ce matin en voiture.

Il va venir, maman, tu crois ? Oui, il va venir.

Mais il sait pas où on est.

C 'est difficile qu 'on se retrouvait tous les deux.

Autrefois.

C 'était il y a longtemps ? Oui.

C 'était avant ta naissance.

Mais il a peut -être oublié ? Non, il n 'a pas oublié.

Il y a les gendarmes !

Monsieur

Martineau, vous êtes en état d 'arrestation.

Vous ne pouvez pas l 'arrêter, c 'est mon père ! Je sais bien que c 'est ton

père, même si j 'ai mis un certain temps à le comprendre.

Vous êtes bien Hélène Grandmaison, la femme de Jeanne Grandmaison, le maire.

Ce matin, vous avez retiré votre fils du collège. Vous aviez l 'intention de

vous enfuir avec monsieur ? Vous m 'avez suivi ?

C 'est comme ça que vous l 'avez trouvée.

Vous m 'avez suivie.

C 'est à cause de moi que vous l 'arrêtez.

Bien.

C 'est à mon mari que vous obéissez.

Je n 'obéis à personne.

Vous m 'avez fait suivre sur l 'ordre de mon mari pour pouvoir arrêter Raymond.

Vous ne pouvez pas m 'obliger à retourner chez lui.

Ce que vous faites ne me regarde pas.

Si vous arrêtez Raymond, vous nous empêchez de partir.

Et vous savez très bien ce qui va se passer.

Aux yeux de la loi, François est son fils et je serai obligée de retourner

lui. C 'est ça que vous voulez ? C 'est pour ça que vous êtes payé ? Je sais

très bien que vous ne m 'en voulez pour ce que je vous ai fait la nuit dernière.

À vous, à votre inspecteur.

À votre place, je ne m 'en rendrai pas.

Comme ça.

Mon seul crime, c 'est d 'aimer mon fils. De vouloir vivre avec lui et avec

femme que j 'aime.

Vous ne connaissez pas mon mari.

Il est plus fort que vous le pensez.

S 'il veut vraiment, il arrive toujours à la voir.

Votre mari croit que François est son fils ? Non.

Il a toujours su la vérité.

Il l 'a épousé quand même ? Il me vole mon fils, comme il m 'a volé sa mère.

Et maintenant, vous voulez la lui reprendre ? Oui.

Pourquoi ne pas l 'avoir fait plus tôt ? Nous nous sommes revus il y a seulement

deux ans.

Je pensais que... Je pensais que François était le fils de grand -maison.

Je croyais qu 'elle m 'avait trahi.

Quand nous nous sommes revus, nous avons consulté un avocat, mais il n 'y avait

plus rien à faire. La loi était contre nous.

Et je suppose que vous aussi, vous êtes contre nous ? Ce n 'est pas la question.

J 'enquête sur un meurtre. J 'enquête sur la mort du capitaine Joris qui a été

assassiné. Le reste ne m 'intéresse pas.

Alors laissez -nous aller.

Laissez -nous partir. Ce n 'est pas nous qui avons tué Joris.

Mais vous savez qui ? Si vous voulez vous taire, tant pis pour vous.

Je vais rejoindre votre mari maintenant, à moins que vous n 'ayez quelque chose

à dire.

Raymond était revenu en France secrètement.

Nous nous sommes revus.

Nous étions obligés de nous cacher à cause de François.

Nous savions que mon mari n 'accepterait jamais de laisser partir François avec

nous.

C 'est pour ça que Raymond a eu l 'idée du Saint -Michel.

On ferait partie pendant la nuit.

Une fois là -bas, on aurait pu régulariser.

Ça va le tourner.

Ton maison nous a surpris.

Il est devenu comme fou.

Il a tiré et c 'est Joris qui a pris la balle.

Je l 'ai fait soigner comme j 'ai pu en Norvège.

Je pouvais quand même pas l 'amener ici moi -même.

Je l 'ai laissé à Paris.

Je me suis dit que la police le trouverait et finirait par se charger de

Je sais pas.

Il l 'a toujours traité comme son propre fils.

Oui, je suppose que... qu 'à sa manière, il l 'aimait.

J 'ai jamais pensé qu 'en maison, on pourrait tuer le juriste de son retour.

Je sais pas, moi.

J 'ai peur qu 'il parle, qu 'il le dénonce.

Nous n 'avons pas eu d 'autres enfants.

Je ne voulais pas.

Je me suis débrouillée.

Et puis j 'y ai beaucoup réfléchi, ça paraît monstrueux, mais... Je crois qu

était indigné qu 'un ancien employé de la compagnie ait osé s 'opposer à lui.

Ça lui était bien égal que je m 'en aille.

Il voulait garder François.

C 'est pour ça qu 'il l 'a caché.

Il l 'a enfermé dans un pensionnat pour que nous soyons séparés.

Je voulais l 'adresse du collège.

Il me la fallait à tout prix.

En maison, il était lâche. Il avait toujours eu peur de la violence physique

je savais que Grand Louis le détestait.

Je lui ai demandé de faire pression sur lui.

On ne m 'a pas dérangé, je n 'ai pas eu de pitié.

C 'était quand même un assassin.

Mais il y a douze ans, avant la naissance de votre fils, comment a -t

à vous faire quitter la France ? J 'avais vingt ans, j 'ai fait des dettes.

Il avait les preuves, alors...

Il a menacé de les rendre publics si je ne partais pas.

Aujourd 'hui, c 'est différent. J 'ai gagné de l 'argent en Norvège. Je peux

rembourser.

Ça n 'a plus d 'importance.

Tout appartient à votre fils, maintenant.

La maison, la compagnie et le reste.

Vous êtes encore dans vos histoires de permis dilué ? Un accident stupide, il

nettoyait son arme, le coup est parti.

C 'est vous la police ?

C 'est quand même un bon bateau.

Quand je pense qu 'il pourrait repartir.

C 'est ce qu 'il a de mieux à faire.

Et toi aussi, histoire de te faire oublier.

Vous m 'en voulez encore pour hier soir ? Je vois pas de quoi tu parles, mais si

tu insistes, ça va me revenir.

Allez, laissez -les aller.

On n 'a rien contre eux.

A quelle heure tu penses être parti ? Ça c 'est à mon capitaine qu 'il faut le

demander. C 'est le temps de vérifier, on a la marée, dans deux heures on peut

être en mer.

Merci.

Alors c 'est pour ça qu 'il est mort ? C 'est pour ça qu 'on l 'a tué ?

Oui.

Il a voulu aider Martino.

Il l 'a retrouvé par hasard en Norvège.

Ils ont parlé.

Et le capitaine a tout compris.

Il est allé voir Hélène Grandaison.

Et c 'est lui qui a tout organisé.

Pourquoi ?

Peut -être parce qu 'il aimait voir les gens heureux.

Je crois plutôt que c 'était parce qu 'il n 'aimait pas beaucoup le maire.

Vous allez garder la maison ? Non, je vais la vendre.

J 'y ai toujours vécu avec lui, il y est plus. Je serai trop malheureuse.

Vous savez, entre M.

Joris et moi, il ne s 'est jamais rien passé.

Jamais.

On était trop timides.

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