All language subtitles for 13_maigret_et_l_ecluse_n1

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Original subtitles

Mais pourquoi t 'as voulu me crocher ?

S 'il vous plaît.

Je suis le commissaire Colin, dégagez.

Alors, qu 'est -ce qui s 'est passé ? Il a reçu un coup de couteau avant que

Pierrot était dans le canal.

Il est mort ? Je suis le commissaire Colin.

Vous avez vu votre agresseur ? Vous l 'avez reconnu ? Vous croyez qu 'il me

comprend ? On dirait.

Je vais rentrer chez moi.

Je veux rentrer chez moi. Décidez de frétiller, votre blessure peut se

Je veux rentrer chez moi.

Commissaire Maigret.

Commissaire Colin, responsable du secteur.

Inspecteur Janvier.

Pas plaisir de pouvoir travailler avec vous.

Voici la toison d 'or, c 'est là que ça s 'est passé.

La victime, c 'est Émile Ducrot, le patron des remorqueurs, des clarières.

ce que vous voyez sur ce quai lui appartient.

Vous l 'avez interrogé ? Il dit qu 'il n 'a pas vu son agresseur.

Il a offert 20 000 francs à la police si on le retrouve.

C 'est ici qu 'il habite.

Je vous remercie, mais je préfère m

'y rendre seul.

Mais je vous dirai au revoir.

Je viens avec vous, patron.

Elle est un peu dans le coin et essaie d 'apprendre quelque chose.

Monsieur Ducrot, c 'est bien au deuxième étage ? Mais ça dépend lequel vous

cherchez. Monsieur Émile ou Monsieur Jean ? Si c 'est le père, oui, c 'est au

deuxième. Merci.

Oui ? Monsieur Ducrot, s 'il vous plaît.

Oui, entrez.

De la part de qui ? Police judiciaire.

Je vois que vous ne vous portez pas si mal pour un homme qui reçut un coup de

couteau.

Mathilde, du champagne.

Du bon, le mien.

Je peux ? Alors, c 'est vous qu 'on a chargé de l 'enquête.

Et qu 'est -ce qu 'on vous a déjà raconté ? Des conneries, je suppose.

Le rapport dit que vous ne vous souvenez pas de ce qui s 'est passé avant le

moment où on vous a repêché. C 'est exact ? Ben, si c 'est écrit.

Pouvez -vous me raconter ce que vous avez fait dans la soirée d 'avant -hier

Ben oui, ma fille et son mari sont venus dîner.

Ma fille s 'appelle Berthe, son mari est une espèce de capitaine d 'infanterie,

du genre tir au flanc, ils viennent tous les mercredis.

Vous avez un fils aussi ? Oui, il est à l 'école Deschartes.

Et vous lui avez donné une chambre dans l 'immeuble ? Au cinquième.

Donc, vous ne l 'avez pas vu ce soir ? Écoutez, commissaire, je vais vous dire

quelque chose et je vais vous demander de le retenir.

On n 'a jamais joué au plus malin avec Mimile.

Mimile, c 'est moi.

On m 'appelait comme ça quand j 'ai eu mon premier remorqueur.

Et il y a encore des éclusiers en Haute -Marne qui ne me connaissent pas sous un

autre nom.

Vous comprenez ? Alors, dans cette affaire, c 'est moi qui paie.

C 'est moi qui ai été attaqué, c 'est moi qui vous ai fait venir.

Alors faites votre métier et pas de pinâtre.

Excusez -moi.

Vous êtes madame Ducrot ? Jeanne Ducrot, la femme d 'Emile Ducrot, ça se voit

pas, non ? Ça fait trois heures que j 'ai demandé du champagne à Mathilde.

Regardez -moi ça. Si elle voulait, elle pourrait avoir dit domestique.

Entre une bonniche qui n 'a pas inventé les bulles et une femme qui pense qu 'il

y a son ménage, je suis gâté, moi.

C 'est ce que je disais.

Ah oui, mercredi, bon, ben, ma fille et son mari sont venus dîner ici, comme

tous les mercredis, et moi, comme d 'habitude, je suis parti avant le

parce que j 'aime pas les emmerdeurs et que mon gendre, c 'est un véritable

emmerdeur.

Ah, ça, c 'est moi, sur mon premier remorqueur, un chaudron qui s 'appelait

'aigle. Je l 'ai eue parce que j 'ai épousé la fille du patron et c 'est

que vous venez de voir.

À quelle heure êtes -vous sorti de chez vous ? Je ne sais pas, environ 10

heures.

Et qu 'avez -vous fait ensuite ? Je suis allé boire un coup chez Catherine qui

tient le bal là dans la rue.

Et en partant, vous n 'avez pas remarqué qu 'on vous suivait ? Non, pas du tout.

De quel côté vous êtes -vous dirigé ? J 'en sais rien, je sais plus.

Ah, pose -toi là.

Je vais te mettre un tablier propre.

Oh, merci, je ne bois pas de campagne.

Ah oui, mais celui -là, vous allez en boire.

C 'est du bon, c 'est le mien.

Naturellement, vous ne soupçonnez personne.

Ils soupçonnent tout le monde.

Qu 'est -ce que vous regardez, là ? Le bateau de Gassin.

Gassin, c 'est mon plus vieux camarade. Je crois bien que c 'est le dernier qui

me tutoie.

On a fait beaucoup de voyages ensemble.

Il a une jolie fille ? Je

peux vous poser une question, M. Ducrot ?

Allez -y.

Est -ce que vous tenez vraiment à ce que je trouve le coupable ? Pourquoi ? C

'est tout.

Vous pouvez encore retirer votre plainte.

Vous n 'avez rien d 'autre à me dire ?

Merci.

Bonne chance.

Laissez Aline tranquille.

Elle ne sait rien, elle n 'a rien vu.

Et vous ? Comment vous appelez -vous ? Jean Ducrot.

Qu 'est -ce que vous pensez de l 'agression contre votre père ? Rien, ça

arriver.

Ce qui veut dire ? Quand on est riche, il y a forcément des jaloux.

Et Aline ? Vous la connaissez bien ? Vous ne comprenez pas ? Je vous ai dit.

Elle n 'a rien à voir avec cette histoire.

Elle est fragile.

Quoi de neuf ? Gastin est au bistrot, patron.

Il paraît que ça fait deux jours qu 'il n 'a pas des souliers.

Monsieur ?

Tu remets ça, Fernand ? Tu me permets de jeter à ces messieurs ? De blanc sec.

Tu as appris quelque chose de nouveau ? Oui, chez les Ducrot, c 'est famille à

tous les étages, patron.

Ducrot, sa maîtresse au quatrième, au nez à la barbe de tout le monde, et ça

fait plus de 15 ans que ça dure.

C 'est une certaine rose.

Le monsieur a un faible pour les dames. Lui dit encore un, Fernand.

Pourquoi vous l 'interrogez pas, patron ? Il est à point pour être cuisiné.

Retourne -toi.

Tu vois, il attend que ça.

Un homme aussi pressé de parler a rarement quelque chose à dire.

T 'as le rapport du médecin ?

Combien

de temps Ducrot est -il resté dans l 'eau ? Euh... Trois à quatre minutes.

Gassin était au bistrot.

Il peut donc pas être l 'agresseur.

Qu 'est -ce qu 'il y a d 'autre dans le rapport ? L 'hypothèse de tentative de

suicide est écartée, car il est impossible à un homme de se porter un

poignard dans le dos.

Ça, en effet, ça me paraît difficile.

Le fils d 'Hucrot.

Essaie de te renseigner sur lui.

Il est à l 'école Deschartes.

J 'aimerais savoir qui il est, ce qu 'il fait et qui il fréquente.

Moi, je vais continuer à prendre la température du bocal.

Eh, commissaire ! Montez ! Vous serez pas déçus.

Ma famille.

Grand, mon fils.

Elthébert, qui est ma fille.

Une intelligence née, mais qui ne s 'est pas développée.

Et voilà son mari, le capitaine de charme.

C 'est quelqu 'un de bien comme il faut.

Enfin, comme il faut à ma fille.

Vous devinerez jamais ce qu 'il veut savoir, le commissaire.

Il veut savoir de quoi nous avons parlé au cours du dîner l 'autre soir.

Alors, Berthe, à toi l 'honneur.

Ben, on a parlé de tout.

Ah, c 'est pas vrai.

Excusez -moi, monsieur le commissaire, mais je vois vraiment pas ce que mon

veut dire.

Ah, mais si, mais si.

Je vais te rafraîchir la mémoire, moi. Voyons, Émile.

Y a pas d 'Émile.

Tu nous as dit que t 'avais peur d 'être enceinte.

Et que dans ce cas -là, De Charme devrait quitter l 'armée.

Parce qu 'il gagnait pas assez.

Alors moi, qu 'est -ce que je lui ai proposé de vendre à ton petit mari ? Des

cacahuètes. Des cacahuètes, parfaitement, des cacahuètes.

Et vous, De Charme, qu 'est -ce que vous avez répondu ? Vous savez plus, hein ?

Bah c 'est pourtant pas compliqué.

Vous avez dit, bah, puisqu 'un jour il faudra bien passer par là, pourquoi pas

partager la fortune tout de suite ?

C 'est bien ça que vous avez dit, hein ? Pour aller vous installer en Provence,

il paraît que le climat est excellent.

Vous avez même ajouté, vous pourrez venir chaque année nous visiter avec

Voyez, ça a l 'air de rien, mais ça pense à tout.

Et qu 'est -ce que vous avez dit quand je suis sorti ? Je sais plus. Vous savez

plus, il sait plus.

Eh ben, tu vas le dire, toi ! Ça suffit, Ducrot.

Vous voulez -vous en venir ? Où je veux en venir, commissaire ? Je veux que vous

compreniez. Voilà un échantillon des crabes qui m 'entourent.

Alors si ça vous amuse, vous pouvez continuer tout seul.

Et si vous avez besoin de moi, vous me trouverez demain matin

à 6h, comme tous les matins sur mon chantier.

Qu 'est -ce que t 'as foutu ? Je vous ai cherché partout, patron.

Je suis déjà venu sur le quai, mais vous n 'étiez pas encore.

Comme au bistrot, vous n 'avez pas vu, je suis passé chez Ducrot, mais vous

venez juste de partir.

Non, t 'as pas de chance.

T 'es le petit du gros.

J 'ai appelé l 'école Deschartes.

Et alors ? C 'est absenté trois semaines suite à des problèmes de santé.

Comment trois semaines ? Ben oui, mais... Y a autre chose, patron.

Quoi donc ? J 'ai aussi discuté avec les mariniers.

Ils te considèrent comme quelqu 'un de bizarre, de fragile.

Enfin... Pas vraiment un homme, quoi, si vous voulez ce que je veux dire,

patron. Oui.

Ça se dit pas facilement, ces choses -là, mais on me l 'a bien laissé

Quoi d 'autre ? Bah rien, c 'est tout.

Et Gassin, tu sais où il est ? Oui, oui, il est au cimetière.

C 'est le jour où il va sur la tombe de sa femme.

Il reste au moins trois heures à chaque fois. Vous voulez que j 'aille le

chercher ? Non, non.

Va faire un tour au café. Je te rejoindrai plus tard.

Vous cherchez quelque chose ? Je voudrais voir madame Catherine, c 'est

? Mais pourquoi ? Commissaire Maigret.

Venez, on sera mieux par là.

Petite, qui a bien pu lui faire ça, Emile ?

Depuis combien de temps le connaissez -vous ? Il venait d 'avoir son premier

chaudron.

On venait de se marier, lui et moi.

Mais pas ensemble.

Il vient souvent ici ? Chaque fois qu 'il s 'ennuie chez lui.

En somme, vous avez une certaine intimité.

Je ne dis pas qu 'il n 'y a pas eu quelques petits gestes.

Vous voulez vous asseoir ? Est -ce qu 'il lui arrive de parler de la fille de

Gassin ? Aline.

Il n 'en parle pas, mais... Vous voulez dire que Ducron est halve

? Si la péniche de Gassin reste taquée, il y a bien une raison.

Et Gassin, qu 'est -ce qu 'il en pense ? Il ne pense plus depuis que sa femme

est morte en mettant Aline au monde.

Il va encore porter un bouquet de fleurs sur sa tombe chaque semaine.

Les soirs où il est trop bourré pour rentrer à sa péniche, je le fais dormir

-haut.

Oh, je vous demande pardon.

Je me suis permis de venir au sujet de l 'autre soir.

C 'est votre enfant ?

Vous êtes bien la fille de Gassin ? Vous êtes la fille de Gassin, n 'est -ce pas

? Oui.

Je suis désolé de venir à ce moment, mais comme vous étiez là

quand les événements se sont passés, peut -être avez -vous vu ou entendu

chose ?

Quelqu 'un est -il monté à bord ce soir -là ? Oui.

Qui était -ce ?

Emile

Ducrot ? Vous êtes sûr qu 'il est venu ici le

soir de son agression ?

Est -ce longtemps avant que votre père ne tombe à l 'eau ?

Je ne sais pas.

Il est petit.

Vous connaissez bien Ducronge.

Que venez -tu de faire ? Toujours la même chose.

Vous voulez parler du fils Ducrot, de Jean ?

Jean ?

Émile Ducrot, quand il vient ici, répondez -moi.

Est -ce qu 'il essaye de...

Ça va, franchement ? Il est qui, l 'enfant d 'Aline ? Allez savoir, l

-vous ? Qu 'est -ce que vous en savez ? Bah, Aline, pour moi, c 'est pas une

fille comme les autres, mais ça n 'empêche pas les gars de tourner autour,

contraire. Alors, pour savoir qui est le père, ça peut être n 'importe qui.

Allez du boulot, monsieur le commissaire, avec elle.

Un certain Bébert.

Elle est des cuisiers.

Alors bon, vous avez l 'intention de passer la nuit ici ? Déjà dehors.

Bon, c 'est pas parce qu 'un salopard a voulu ma peau que je vais m 'enterrer

vivant.

Vous savez pourquoi j 'aime bien la nuit ? Parce que la nuit, on est seul et on

est libre.

Ta mère me fait suivre ?

Je veux te parler.

Allez, viens boire un coup. Non.

Tu veux du fric ? Non, je veux pas de fric.

T 'as tort, parce que si t 'avais du fric, tu pourrais aller voir les filles,

lieu d 'être triste comme un rat sans queue.

Je veux te parler d 'Aline.

Tu vas me foutre la paix, oui ? Tu es con.

Du croc, on va voir un peu ce qu 'il fabrique.

Qui est là ? Le commissaire Maigret.

N 'oubliez pas vos apparences, commissaire.

Si vous pensez que je vais vous dire du mal de mon père, vous vous trompez.

Mais... Je ne suis pas venu pour ça.

Vous entrez dans la vie des gens, vous voyez des choses.

Vous écoutez aux portes.

Qu 'est -ce que vous comprenez ? J 'essaie de connaître la vérité.

Vous devriez être plus modeste, commissaire.

Vous pensez qu 'en quelques heures, on peut tout savoir sur quelqu 'un ?

Une petite partie.

Il y a des choses que vous ne comprendrez jamais.

L 'avenir d 'Aline, c 'est si important pour vous ? Oui.

C 'est pourquoi je vous demande de nous laisser tranquilles.

De toute façon, elle vit dans un monde que vous n 'attendrez jamais.

Vous auriez pu m 'aider.

Et peut -être que... moi aussi, j 'aurais pu vous aider.

Vous êtes comme moi, vous êtes matinal.

Tu lui dis qu 'il a intérêt à un moment de méjoie. Il n 'y a pas grand quai.

Alors, vous commencez à comprendre quelque chose ?

Il paraît que la Toison d 'Or reste à quai bien plus longtemps que les autres

bateaux. Il y a une raison ? Cassin était un vieux camarade.

La bouteille a pris le dessus.

Votre fils s 'est senti fragile, à ce qu 'on va dire.

Oui, le caractère de sa mère.

Timoré et mal portant.

Quand il s 'est absenté de l 'école des Chars, il y a un an, il a bien vécu sur

la Toison d 'Or pendant trois semaines.

Oui, c 'était le dernier voyage de Gassin en Belgique.

Jean était surmené.

Ça lui a changé les idées.

Vous savez ce qui était à l 'origine de ma fortune ? C 'est l 'idée que quand

mes remorqueurs pouvaient pas travailler pour les autres, ils pouvaient encore

travailler pour moi.

Alors j 'ai acheté tout ce qui se présentait.

Des carrières de craie, des carrières de sable, des briquetteries.

Tout à condition que ça soit...

Sur le bord de l 'eau.

On dit qu 'il y en a pour 400 millions.

Ouais, vous êtes assez bien renseigné pour un politier.

À quelques millions près.

Parce que le pâté de maison, là, c 'est à moi aussi.

Et les pavillons, et le bistrot, et le petit bal.

Et tous les bateaux qui portent un triangle bleu.

Ils m 'appartiennent également.

Vous pouvez me poser des questions sur n 'importe quoi, j 'ai rien à cacher,

moi.

Et vous, sans anticipation, comment vous comptez vous y prendre pour continuer

votre enquête ? Comme ça, j 'écoute, je regarde, j 'essaie de me faire une idée.

Quelle piste suivez -vous ? Vous

êtes

allé à bord de la Toile d 'Andorre ?

C 'est une étrange petite maman.

Qui c 'est qui vous a dit ça ? Il était pas nécessaire qu 'on me le dise.

Et alors ? Alors rien.

Qu 'est -ce qu 'elle vous a raconté ? Que vous les rendiez visite.

C 'est tout ? C 'est tout.

Pari que vous vous êtes mis dans la tête que l 'enfant est de moi.

Du moment que j 'ai la réputation d 'être un trouceur de filles.

Mais je peux vous jurer que vous vous trompez.

Bah dis -donc, ça n 'a pas l 'air d 'être à grande forme.

Ah, c 'est bien sûr, patron.

T 'as attrapé un rumeur.

Bon, alors, raconte.

Ducrot est sorti de chez lui vers 10h.

Je le suivis jusqu 'à un bar. Enfin, un bar, vous voyez ce que je veux dire.

Il restait plus d 'une heure.

C 'est pendant ce temps -là que j 'ai dû prendre froid.

T 'as interrogé la patronne ? Ducrot, il vient plusieurs fois par semaine.

Il paye à boire, rigole avec les filles.

Souvent, il s 'en va sans demander autre chose.

Bon, ensuite ? Ensuite, je suis rentré chez moi, patron.

Ah ben oui, c 'est vrai, t 'es malade.

T 'as des nouvelles de Gassin ? Oui.

Il est resté dormir chez Catherine au bal de l 'Écluse. Depuis, il n 'a pas

bougé de sa chambre.

Qu 'est -ce qu 'on me dit, là ? Il y a quelqu 'un qui a accepté les soirs bons

de Soeur Leroy à 52 francs ? Un Belge ? Qu 'est -ce qu 'il croit ? Ils vont

casser les prix avec ça ? Mets un petit blanc.

S 'ils veulent la guerre, ils vont l 'avoir.

Qui est -ce que tu fous là, toi ? J 'ai Emile.

Il faudrait que vous veniez tout de suite chez vous.

Oui, pourquoi ? Monsieur Jean.

Eh ben quoi ? Il est mort.

Je fais l 'affaire à 48.

C 'est moi qui ai attaqué mon père.

Je me fais justice.

Pardon à tous.

Jean.

Salut ! Bonjour Mimile, dites c 'est toujours d 'accord pour dimanche en huit

Mais oui, mais oui, c 'est d 'accord mon garçon.

Petite fête qu 'on organise à nos gens en temps de service, c 'est beau non ?

Voilà mon bureau.

J 'y viens le moins souvent possible.

Je suppose que vous ne m 'avez pas fait venir jusqu 'ici pour me faire visiter

vos locaux.

Entrez, installez -vous, maigret.

Prendrez bien un petit verre.

Nous avons tout notre temps, maintenant.

Non, non, non, merci.

Croyez -vous vraiment que ce soit votre fils qui vous ait agressé l 'autre soir

?

Il l 'a écrit, puis il est mort.

Vous allez enterrer l 'affaire ? Je vous ai posé une question.

Qu 'est -ce que vous pensez de ma femme ? C 'est pas anormal ce comportement qu

'elle gâchit ? Toujours à pleurnicher comme ça pour un oui, pour un non ?

Arrêtez, Ducrot ! Vous feriez mieux de me dire la vérité.

Est -ce oui ou non votre fils qui vous a attaqué ? Parce que si ce n 'est pas

lui... La raison pour laquelle il s 'accuse a sans doute beaucoup d

Que voulait -il vous demander, notre soir au café ? Je n 'en sais rien.

Et pourquoi ne pas l 'avoir écouté ? Parce que j 'avais envie qu 'on puisse

paix.

Et Aline ? S 'il vous plaît, laissez Aline en dehors de cette histoire.

Oui, oui, je sais, elle est très fragile.

Votre fils me l 'avait déjà dit.

Et pourquoi passez -vous votre temps à rôder autour du bateau de Cassin ?

Certainement pas pour ce que vous pensez.

Il a passé trois semaines sur la toison d 'or. Il semblait très attaché à Aline.

Peut -être même que le bébé, ça pourrait coïncider.

Dans ce cas, s 'il a agressé son père, c 'est qu 'il l 'a surpris avec Aline.

Ça se tient.

Ça plaît ou pas, la jeune fille ? Ça se tient, ça se tient, mais il y a un

problème.

Ducrot m 'a affirmé qu 'il ne l 'a jamais touchée.

Et alors ? Tu vois, moi, je le crois, Ducrot.

Commissaire Maigret.

Commissaire Maigret, je vous cherche partout.

Vous avez vu ce pauvre gosse ? Une triste mort, hein ? La mort est rarement

gaie.

Oui.

Venez, on va boucler cette affaire.

Il va vite en besogne.

Occupe -toi de Gassin et va voir ce qu 'il fabrique.

Bonjour,

commissaire.

Je savais bien que c 'était fils.

L 'an dernier, il s 'est engueulé avec son père.

À quel sujet ? Je ne me souviens plus.

Ah oui, j 'étais en congé. Je suis rentré d 'Étretat avec ma mère une

après.

Vous n 'en savez donc pas plus ? Mais non.

C 'est grave.

Je pourrais avoir quelques renseignements au sujet de Beubert.

Quoi ? La Déclusier ? C 'est un bon client.

On a un petit dossier, mais c 'est juste des bagarres.

Je peux vous faire un...

Commettez un collage.

Attendez.

C 'est pour vous.

Oui.

Oui.

Et pour la faire du gros, je classe ? Comment vous classez ? Vous ne classez

rien du tout. Il n 'y a rien à classer.

Je vais faire que ça.

Allez, en route, en route.

Comme ça, il est tranquille.

Hein ? Vous croyez qu 'il parle au mort ? Toujours pareil.

Des ordres.

Que des ordres.

Voilà, alors demain, il faut que j 'aille.

Salopard.

Monsieur Ducrot, salopard.

Tout ça pour être tranquille ? Salaud.

Vous avez vu où il m 'a envoyé ? Bonne durée, toi.

Le bout de papier par terre. C 'est l 'ordre d 'aller charger qu 'elle est

tournée.

Depuis la mort du petit patron, il a commencé à y aller fort.

Et Aline ? Elle est au courant de rien, elle comprend pas.

Tout à l 'heure, elle a dit qu 'elle prend du bâton en chantonnant.

Qu 'est -ce que vous voulez ? Vous parlez.

Je peux entrer ?

Je

n 'ai rien à vous dire.

Vous êtes sûr ? Ne faites pas peur.

Le berceau dans la cabine de la Toison d 'Or, c 'est vous qui l 'avez fabriqué ?

Qu 'est -ce que ça peut vous faire ?

On n 'a pas l 'air de l 'aimer beaucoup, Ducrot.

Ça me regarde.

Où étiez -vous le soir où il s 'est fait poignarder ? J 'étais bourré.

L 'alcool n 'est pourtant pas votre spécialité, on vous a jamais ramassé un

d 'ivresse.

Et qu 'est -ce que ça prouve ? Rien.

Mais Bernard de Dieu, t 'arrives ou quoi ? Je sais pas ce qu 'il a, celui -là.

Si vous vous faites des histoires, vous me le dites.

Je remettrai les gilets d 'aplomb, moi.

Eh, tu viens ?

Ben

dis donc, ça s 'arrange pas, hein ? Ben, l 'humidité.

En bas où, patron ? Chez le médecin.

même pas la douleur des gens.

Pas de chichi, Mère Balut.

Les suppositoires, c 'est pas dans le tiroir qu 'il faut les mettre.

Allez, pique en courage.

J 'aimerais vous parler un instant, docteur. Vous tombez mal.

Il y a longtemps que vous êtes installé ici, dans cette maison ? Longtemps,

longtemps.

Bientôt 30 ans.

Vous connaissez donc parfaitement la famille Ducrot ? Émile Ducrot est mon

propriétaire, mais il ne consulte pas ainsi dire jamais.

C 'est un homme robuste.

L 'autre soir, resté aussi longtemps dans l 'eau avec une boutonnière dans le

dos, n 'importe qui à sa place serait mort.

Son fils, Jean, était, comment dire, plutôt

mal portant.

On peut dire ça comme ça.

De quoi souffrait -il exactement ?

À quoi bon ? Les morts se contrefichent de leur bulletin de santé.

Non, non, ça m 'intéresse, docteur. N 'oubliez pas que j 'enquête sur une

tentative de meurtre.

Jean avait des crises nerveuses, des sortes de crises d 'épilepsie.

Vous en connaissez l 'origine, précisément ? Ducrot s 'était ramassé un

petits cadeaux qu 'on chope avec les filles.

La syphilis ? Pourquoi tu l 'as eue ? Non, ça l 'a un peu calmée sur le moment

où il passait toutes ses soirées chez lui.

Et c 'est comme ça que Jean est né d 'une belle convalescence.

Avec des séquelles.

C 'est ça ou rien !

C 'est une mort étrange.

Décidément, on ne se quitte plus.

Il a été assommé avant d 'être pendu.

C 'est peut -être même le coup qui est à l 'origine de la mort et non la

pendaison.

Et à quand remonte la mort, selon vous ? On aura vu de nez vers le milieu de la

nuit.

Vous avez averti l 'identité judiciaire ? Oui, ça arrive.

et un meurtre en trois jours.

On a bien fait de ne pas boucler l 'affaire.

Ducrot a été prévenu ? Ce matin, il n 'était pas sur le chantier.

Docteur, j 'aimerais vous poser une question un peu délicate.

Aline, la fille de Gassin,

Elle a toujours été folle ? C 'est plutôt en retard dans la formation.

A 22 ans, elle a une mentalité d 'une gamine de 10 ans.

Et la cause de ce retard, elle est comme pour Jean d 'origine héréditaire ?

Gassin -Picol, ça y est sans doute pour quelque chose.

Ah non, il s 'est mis à boire à la mort de sa femme.

Vous me demandez mon avis.

Je vous le donne.

Et je vous en remercie, docteur.

Ça se complique, hein, patron ? Peut -être pas.

Essaie de savoir si Gassin est dans sa chambre et si quelqu 'un a entendu

quelque chose cette nuit.

Moi, je vais rendre une petite visite.

Vous désirez ? Je voudrais parler à M. Ducrot.

Je suis désolée, M. Ducrot n 'est pas là.

Vous croyez ? Qu 'est -ce que vous racontez, Françoise ? Je suis toujours

pour M. Maigret.

Vous dites que des conneries entraient, commissaire.

Allez, allez, occupez -vous de vos fesses.

Vous savez où j 'ai passé la nuit hier ?

dans un hôtel de la rue de Rivoli.

Parce qu 'ils se sont tous abattus sur la maison.

La mère de ma femme, ma fille, son idiot de mari, les cousins, les cousines, les

voisins.

Ils ont organisé un carnaval funéraire.

J 'ai préféré foutre le camp.

Alors j 'ai tourné un peu partout avant d 'écouter moi -même.

Ça vous arrive jamais, ce genre de dégoût ? Si je disais aux gens...

où j 'ai vraiment passé la nuit, on me prendrait pour un monstre.

Mais il n 'y a que dans un bobinard que j 'ai pu pleurer comme un veau avec des

femelles qui me croyaient sous et qui pataugeaient dans mon portefeuille.

Qu 'est -ce que c 'est ? Excusez -moi, M.

Emile, c 'est Pompfuneb.

Qu 'est -ce que j 'en ai à foutre du Pompfuneb ? Bon, venez, commissaire, je

vais vous montrer quelque chose.

Le directeur du remorquage. Non, non, bougez pas, M. Jaspard.

Rappelez -moi simplement ce que vous faites tous les soirs. Vous êtes

de quelque chose, si j 'ai bonne mémoire. De mot croisé. Ah, c 'est ça.

M. Jaspard, le directeur du remorquage et champion de mot croisé.

Et alors, ils sont beaucoup dans ce cas -là.

Premier étage au deuxième étage, j 'en ai plein.

Bien habillés, honnêtes.

On appelle ça les travailleurs.

Vous savez qu 'il y a un nouveau pendu ? Un homme que vous devez connaître.

L 'aide -éclusier.

Bebert ? On l 'a retrouvé pendu sous la passerelle, mais en réalité, il s 'agit

d 'un meurtre.

Vous n 'avez rien à déclarer à ce sujet ? Non.

On va peut -être être obligés de vous interroger officiellement.

Sur votre emploi du temps d 'hier soir.

J 'en connais quelques -unes qui, officiellement, sont ravies.

Pourquoi ne m 'avez -vous pas dit qu 'Aline était votre fille ?

Quand

j 'ai appris qu 'Aline avait un enfant, j 'ai d 'abord pensé qu 'il était de

vous, connaissant votre réputation.

Et puis, vous m 'avez assuré du contraire, et je vous ai cru.

Seulement, vous continuiez à tourner autour, il y avait bien une raison.

Puis il y a eu cette histoire de syphilis, cette maladie que vous avez

contractée un ou deux ans avant la naissance de Jean.

Il en a malheureusement hérité quelques séquelles.

Quant à Aline...

J 'ai aimé Marianne, la femme de Gassin, comme un fou.

Elle était pleine de vie et on a couché ensemble pendant deux ans.

Et Gassin était au courant ? Non, pas du tout.

Et même aujourd 'hui, il n 'a aucun soupçon ? Non, aucun, je suis sûr.

Et personne d 'autre ? Pas d 'autre, personne n 'est au courant.

Sauf moi et vous, maintenant.

Pourquoi avez -vous fait ça à votre plus vieux camarade ? S

'il vous plaît, commissaire, on peut changer de sujet.

C 'est pourtant la cause de tout.

Vous partez ? Il est temps, je crois.

Où sont les autres ? La famille ? Qui vous demande de vous en aller ? Non, j

ai assez, c 'est tout.

Et puis, j 'ai pas envie de tracasser Emile.

Vous savez, il a toujours été très gentil avec moi.

Quand on s 'est connus, j 'étais très ptiseuse au Maxime. C 'est lui qui a

incité pour que j 'arrête et que je vienne habiter ici.

Au début, il m 'entêtait souvent, et puis après... J 'aurais dû partir depuis

longtemps, déjà.

Est -ce que vous savez pourquoi Jean s 'est accusé ? Peut -être était -il

réellement coupable.

Oh, c 'est impossible.

Il était en train de vîner chez moi, après avoir sorti le produit.

Ben alors, encore ici à cette heure, commissaire ? Y a du nouveau, au moins ?

Non, non, rien du tout.

Venez, on va prendre un petit verre comme ça, on va pouvoir parler un peu

les deux.

Pourquoi ? Qu 'est -ce qui se passe ? Parce que... Y a du gros, ça fait une

heure qu 'il est sur la péniche avec Gassin.

C 'était un fumier.

Qu 'est -ce que vous avez fait ? Je lui ai tout raconté.

Vous allez rentrer chez vous ? Chez moi ? Pourquoi ? Pour retrouver un fils

mort, une femme qui pleure et un couple de guignols qui lorgne sur mon héritage

? Pourquoi voudriez -vous que je rentre ?

A 8 heures, Gastin est venu ici.

Il était hors de lui.

Il a tout... Ensuite, il s 'est acheté un revolver chez un armurier et il s

fait expliquer le maniement de l 'arme.

Regarde.

Tout à l 'heure, tu l 'arrêteras discrètement et tu me l 'emmèneras au

commissariat.

Mais dit patron, vous ne croyez pas que... Non, non, fais ce que je te dis.

Qu 'est -ce que vous fricotez autour de Gassin ? Pourquoi ? Qu 'est -ce que vous

voulez dire ? J 'ai vu le manège de votre inspecteur.

Vous allez l 'arrêter ? C 'est fait.

Mais pourquoi ? Il s 'est acheté un revolver ce matin et il l 'avait dans la

poche quand il vous a serré la main.

Je suppose que c 'est pour vous.

Et moi ?

Vous allez m 'arrêter ? À quoi bon ? Vous avez sûrement les papiers.

Je serai obligé de vous relâcher tout à l 'heure.

Et Gassin ? Bon, Gassin aussi.

Il me tuera pas.

Qu 'est -ce que vous en savez ? Je le sais.

Commissaire, j 'aimerais bien que vous veniez dîner ce soir à la maison.

Je vais y réfléchir.

Disons 7h30.

Maintenant, il faut que je retourne au carnaval.

Vous avez vu la couronne de fleurs que ma femme a envoyée ? Mon

fils détestait les fleurs.

Je vous demande pardon.

Rendez -lui ses lacets et sa ceinture.

Bien, allez les chercher.

Alors, Gassin, il est temps qu 'on se parle tous les deux.

Je ne vous ai pas trop embêté.

Je vous ai laissé aller venir à votre aise et boire comme un trou.

Pourquoi voulez -vous tuer Ducrot ?

J 'ai encore tué personne.

Je sais, mais vous voulez tuer.

Je tuerais peut -être quelqu 'un. Du gros ? Oui.

Oui, peut -être lui.

Mais peut -être un autre.

Je vous remercie, comité.

Il y a un peu plus de vingt ans, à Châlons, le patron

du Cormoran s 'est arrêté devant la maison d 'un docteur.

Sa femme attendait un enfant.

Alors, comme il avait peur que l 'accouchement ait lieu au diable, il a

de rester sur place le temps nécessaire.

Quand les douleurs ont commencé,

il est allé chercher le docteur.

Il a trouvé que tout allait bien, très bien même, et qu 'il suffirait de l

'appeler au dernier moment.

Seulement, le docteur était très occupé.

Ce soir -là, il donnait une grande fête chez lui.

De la pénis, on entendait la musique.

Mais la femme, elle, elle souffrait.

Dans la soirée, les douleurs étaient tellement fortes qu 'elle s 'est mise à

hurler.

Alors, vers minuit, il est retourné chez le docteur.

On lui a dit qu 'il allait venir, qu 'il n 'y avait pas de problème.

Une nuit et demie, personne.

Enfin, une heure après, quand tous les invités étaient partis, il s 'amène

enfin.

Il examine.

Puis il dit, il faudra employer les forceps.

Les poursceptes, ils parlent de broyer la tête du bébé.

Alors le père proteste, il dit c 'est pas possible.

Il est fatigué le docteur, il assommeille, il bafouille.

Vous voulez que je sauve la mère ou l 'enfant ?

Sous -titrage ST' 501

On l 'a fait ? Ouais.

Gassin, faites pas de bêtises.

Aline n 'est peut -être pas votre fille, mais elle a encore besoin de vous.

Il est là -haut ? Oui, patron.

Surtout qu 'il est sorti du commissariat, il est venu s 'enfermer

T 'as eu le temps de fouiller la chambre ? Rien de spécial, il n 'y a pas d

'autre arme.

Bon, c 'est bien, continue de le surveiller.

Oui, patron.

Il y a la jeune Aline qui est déjà venue trois fois.

Elle s 'est mise sous la fenêtre, elle a appelé papa, l 'autre là -haut, il ne

voulait rien savoir.

Bon, et puis ? Il a passé la tête et il a fait signe chez le camp, c 'est tout.

Alors elle est partie, mais ça faisait de la peine à voir.

Ah,

commissaire, toujours aussi ponctuel. Entrez.

On dînera pas avant une heure, rien n 'est prêt.

Où est -il ?

Dans sa chambre, mon petit bal.

Il est armé ? Les papiers du revolver étaient en règle.

Je lui ai rendu.

Vous en avez bien quelque chose ? Non, merci.

Pas pour l 'instant.

Bon, commissaire, je vous en prends en jeu.

Et d 'abord, qui soupçonnez -vous d 'être coupable ? Coupable de quoi ? Ben,

tout.

Et s 'il y avait un coupable pour chaque chose ?

Vous savez, quand on a débuté, Gatlin et moi, moi, j 'étais chartier, on cassait

la croûte sur le talus, puis après, on roupillait le nez dans l 'herbe avec les

sauterelles qui nous couraient sur la tête.

Vous croyez qu 'il va venir ? Peut -être.

Et pourquoi ? Vous le savez mieux que moi.

Entrez, on vous attendait.

Le commissaire était justement en train de me demander des renseignements sur

vous.

Et comme il sait que vous avez des dettes, il me faisait remarquer que ma

aurait bien arrangé les choses et que celle de Jean augmentait vos espérances.

Oh, papa ! Quoi, papa ? Quoi, papa ? Eh bien, toi, papa, c 'est pas moi qui ai

des dettes. C 'est pas moi qui veux m 'installer dans le milieu.

Ils n 'auront pas un sou.

Vous allez faire ? Je ne sais pas.

Entre un homme qui a déjà tué et l 'autre qui ne ferait de mal à personne,

votre avis, du groupe, lequel est le plus dangereux ? Voulez -vous en venir

? Il y a eu un crime dans cette histoire.

Bébert a été tué.

Et ce n 'est certainement pas parce qu 'il a fabriqué un berceau à son enfant,

car c 'est bien son enfant, n 'est -ce pas ? Qu 'est -ce que vous en savez ? L

'enfant d 'Aline n 'est pas de vos goûts.

Nile Gassin, bien sûr.

Pas davantage de votre fils, qui avait pour elle une amitié extrêmement pure.

C 'est Bébert qui a abusé de la simplicité d 'Aline.

Mais ça, votre fils l 'ignorait.

Quand il a appris que vous aviez été blessés et jetés à l 'eau, il n 'a eu

doute.

Connaissant votre besoin de toucher à toutes les femmes, il était sûr que c

'était Aline qui...

révolté, attaqué, peut -être, avait saisi un couteau.

Mon petit crétin, pourquoi il ne m 'en a pas parlé ? Et pourquoi ne pas lui

avoir dit la vérité ? En se déclarant coupable, il sauvait Aline.

Il la sauvait de l 'asile ou de la prison.

Vous ne comprenez peut -être pas, mais tous les jeunes gens de son âge

comprendront.

Et vous, comment avez -vous compris ?

Il n 'y a pas que ça que j 'ai compris, Ducrot.

Vous m 'avez dit hier soir que vous aviez révélé à Gassin qu 'Aline

était votre fille et maintenant je ne peux plus rien faire.

Vous croyez qu 'il veut me tuer ?

Gassin ! Hé, Gassin, vieux ! Fais pas le con, monte ! Me laisse pas tout seul !

Allez, rentre.

Rentre.

Assieds -toi là.

Dommage que t 'arrives que maintenant.

T 'as arrêté le début.

C 'était pas mal.

Tu te rappelles

à Chalon quand on s 'est battu contre les Belges ? Hein ? La branlée qu 'on

a collée à ces salopards.

Tu te souviens de ça ? Hein ? À l 'époque... À l 'époque, avec celui -là,

ai mis quelques -uns à terre.

Je veux te dire, c 'est à cause de ce bras que tout est arrivé.

Parce que ce bras qui était si fort dans le temps, maintenant, il est mou comme

une chic.

L 'autre soir, en sortant de chez Catherine, je voulais aller sur ta

pour te voir.

Quand je suis arrivé, j 'ai vu Hubert qui ressortait avec ma fille.

Comme si ça lui suffisait pas d 'y avoir collé un mot.

Je sais pas ce qui m 'a pris, je l 'ai attrapé par le poignet.

J 'ai serré, j 'ai tourné, j 'ai vu qu 'il se tordait comme une anguille, j

'avais qu 'à lui donner un coup d 'épaule pour qu 'il passe par -dessus le

bastingage.

C 'est là que tout a molli.

D 'un seul coup, j 'ai senti que l 'animal ne frottillait plus, j 'ai vu qu

prenait quelque chose dans sa poche.

Ça m 'a fait comme un choc dans le dos.

J 'ai perdu l 'équilibre et puis c 'est lui qui m 'a poussé dans l 'eau.

C 'est comme ça que c 'est arrivé.

Pourquoi ne vous racontez pas aussi comment vous avez tué Bebert ?

Bebert a été tué d 'un coup à la tête.

C 'est qu 'ensuite qu 'on l 'a perdu.

Comme votre fils.

C 'est vrai, commissaire, je suis un assassin.

C 'est moi qui ai tué Bebert, vous avez raison.

Tu sais, Gassin, je l 'ai tué parce que...

Tout ce qui est arrivé, c 'était de sa faute.

Mon fils s 'est pendu à cause de lui pour protéger Aline.

Il croyait que c 'était elle qui m 'avait agressé.

C 'était finalement Gastin.

C 'est toi qui as été le plus heureux de nous deux.

Ah ben bravo.

Mais c 'est à moi, ça.

Ça vient de la carrière de Venteuil.

Qu 'est -ce que je risque pour Bébert ? De toute façon, je suis

fatigué.

Après, tu sais ce que je vais faire, Gassin ? Je vais acheter un chaudron.

Le plus petit que je vais pouvoir trouver.

Et puis, je vais repartir.

Dis quelque chose, mon Dieu ! Toi, tu vas t 'en aller avec la Toison d 'Or ?

Mais quand tu seras sur la Toison -Lord, tu sais ce qui va se passer.

Un jour, t 'entendras crier ton nom. Gassin, Gassin ! Ça sera moi ! Bon,

-vous, tirez -vous.

Allez filer, allez n 'importe où.

Non, je veux plus vous voir. Allez, dégagez, foutez -moi la paix.

Vous m 'arrêtez maintenant ?

Ça

va me faire drôle la prison.

Vous croirez ou non, je n 'ai jamais pu m 'endormir sans ma femme.

Sous -titrage FR ?

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