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Votre mari a été victime d 'un accident de la route. Sans votre signature, plus
rien ne peut se faire. On ne se laissera pas se polier ! On sait que quelqu 'un
a accusé de meurtre et voulait le faire chanter. Je suis absolument certain qu
'on l 'a assassiné, comme son petit frère en guérant avant lui.
J 'ai été pris pour cible dans la nuit. Tu penses que c 'est quelqu 'un du
domaine ? Quelle saloperie vous voulez me mettre sur le dos, là ? Anthony
Laville, sa tante a déclaré sa disparition il y a cinq jours à la
Ça fait une putain de semaine que tu réponds pas.
Je t 'envoie la liste des appels qui ont été récupérés et identifiés sur la
deuxième ligne du téléphone d 'Emeric.
13h07, Providence.
Je sais qu 'il y a été pensionnaire, mais il pourrait y avoir une autre
Le marquis Arsène, votre beau -père, en a acquis la totalité il y a une
trentaine d 'années.
Il faut que tu rencontres Brigitte Lamère d 'Aitia. Elle travaillait encore
Providence à cette époque. On vient de retrouver le corps d 'Anthony Laville.
Tu crois qu 'Emeric aurait pu le tuer ?
Anthony Laville a été accroché à son art pendant plusieurs jours.
C 'est pas beau à voir.
On doute, ouais.
28 ans, une vraie vie de merde.
Il pensait enfin toucher le gros lot avec les marqués et puis finalement il
pend. Je parle d 'un plan fou à homme.
Non mais il s 'est pas suicidé, il a été pendu post -mortem.
Comment ça, explique -moi.
Ses cervicales sont intactes, il n 'y a pas de rupture.
J 'observe plusieurs plaies à l 'abdomen, 8 en tout.
Elles sont quasiment identiques à celles d 'Emeric au bas -ventre. Ce serait la
même arme ? C 'est possible, mais pour en être sûr, il faudrait réussir à
la main dessus.
Qu 'est -ce que vous avez récupéré comme éléments matériels ? Son portable.
Mais j 'ai pas beaucoup d 'espoir, il était dans la poche de son jean, il a
baigné dans les liquides de décomposition.
Ok, autre chose ? De la bouffe.
Mais j 'en sais pas plus, c 'est la scientifique qui a fouillé la voiture.
Bon.
Je suis prête, Richard ?
Bon.
Les causes de la mort sont sans surprise.
Hémorragie interne, les organes vitaux ont été touchés. Son agonie a pas duré
plus de 5 ou 6 minutes.
Ce qui me chiffonne dans cette histoire, c 'est la pendaison post -mortem. La
logique, c 'est de cacher le cadavre, pas de l 'exposer.
Et que c 'était de lui faire passer un message. C 'est un dealer, non ? Ouais,
mais enfin, c 'est pas le Mexique, ici.
La plupart des trafiquants de la région, ils règlent leurs problèmes à coups de
calache.
Tu penses à quoi ?
Emmerich donne rendez -vous à Anthony dans le bois où vous l 'avez trouvé.
Et plutôt que de céder au chantage et lui finir du pognon, il décide de le
poignarder.
Anthony se défend, arrive à blesser Emmerich et puis finalement Emmerich
le dessus et l 'achève.
Oui, ça tient. C 'est une hypothèse crédible.
Ça va mal finir, Emmerich.
Celle où il va te raconter, il a toutes les preuves que tu l 'as tué.
Le neveu de l 'abbé Armand, Anthony Davila, menaçait de révéler qu 'Emmerich
avait tué quelqu 'un.
Ça fait douze ans que je fais des confessions.
Je sais faire la différence entre le bien et le mal.
Emmerick était une âme pure.
Tu vas faire quoi maintenant ? Interroger tous ceux qui étaient à
94.
Je ne sais pas comment t 'as remercié pour le rachat de la parcelle. Ce n 'est
pas moi qu 'il faut remercier.
C 'est Emeric.
Vous faites quoi ? On creuse pour mettre à jour les strates géologiques.
Je ne sais pas si ça te parle, mais fin 94, à Providence, Emeric aurait
découvert un moine pendu dans sa cellule.
Ça te dit quelque chose ? C 'est quoi cette histoire ? Ta mère était
à l 'époque.
Si un prêtre s 'était suicidé, elle le saurait, non ? Oui, sûrement.
Mais franchement, moi, ça ne me dit rien du tout.
Et t 'as des souvenirs de la période entre le départ d 'Emeric et Geoffrey,
tien ? Tout ce dont je me souviens, c 'est que mes parents passaient leur
à s 'engueuler.
Ma mère voulait partir de Providence, mon père voulait rester. C 'était la
merde. Et tu sais pourquoi elle voulait partir ? Parce qu 'elle avait eu une
proposition de boulot dans une clé privée qui était beaucoup plus
Mon père a fini par céder, on est partis.
Tu crois qu 'elle serait d 'accord pour que je lui parle ? Oui, bien sûr.
Elle travaille à la maison de santé de Pérole, elle finit à 18h30.
Je lui en parle et je te donne ses coordonnées.
Super, ouais.
Ok. Merci.
Je t 'en prie.
Mais pardon, pardon, je voulais pas... Mais je voulais pas faire ça, pardon !
Mais ne le prends pas comme ça, Catherine ! Catherine !
Vous êtes viré.
Pardon ? Vous êtes viré.
Je ne veux plus vous voir.
C 'est quoi, ça ? C 'est un poinçon.
Guillaume l 'utilise pour percer des étiquettes en métal.
Je me sens un peu responsable de ce qui s 'est passé.
Guillaume a toujours été là pour m 'aider quand j 'ai besoin de lui.
C 'est quelqu 'un de très seul et... Il a fini par ressentir de l 'attirance
pour moi, j 'ai rien vu venir.
Vous devriez porter plainte.
Non,
je le ferai pas.
Mon mari serait capable de le tuer s 'il apprend ce qui s 'est passé.
Ça va aller, l 'écrivain ? Ça va, ça va.
Comme deux fois qu 'on a essayé de te tuer depuis que t 'es ici. Trois fois.
J 'ai peut -être mis la main sur l 'arme qui a tué Aymeric.
Regarde ce que j 'ai troulé.
La vache.
D 'après Catherine, c 'est à Guillaume.
T 'as trouvé ça où ? Dans la serre.
C 'est un psychopathe, ce type.
Il détestait Aymeric.
Je suis là. Je vais voir la mère d 'Alexia.
Manuel ? 8h, pour dîner, chez moi, ce soir.
Avec ma femme et mes deux filles.
Je te préviens, la maison s 'est un peu tendue entre Laura et moi. Et puis la
grande, Julia, fait sa crise d 'adolescence. Richard, ça me fait très
dîner chez toi.
J 'ai besoin de salaire humaine.
Bonjour.
Je suis Manuel Ortigoza. Ah oui, je sais qui vous êtes.
J 'étais à l 'enterrement de votre mari.
Ma fille m 'a dit que vous vouliez me parler de Providence et du moine qui s
'est suicidé fin 94.
C 'est ça.
Vous vous en souvenez ? Oui, je m 'en souviens. Comment j 'aurais pu oublier ?
Ça s 'est passé en décembre, le 12.
Le frère Verdaguer souffrait d 'un cancer généralisé en phase terminale.
Il a fini par se pendre.
Et c 'est Emmerich qui l 'a retrouvé ? Oui. Il avait 12 ans, ça a dû être
terrible.
Il a été très choqué au début, et puis après, dès le lendemain, lui et Geoffrey
ont quitté Providence.
Là, il faut que j 'y aille, j 'ai trois visites à domicile.
Attendez. Je vous ai dit tout ce que je sais.
Le frère Verdaguerre est mort il y a presque 30 ans. Vous pouvez pas lui fuir
pour la paix.
Oui, Laurence, c 'est moi.
Je sais que c 'est toi, chouchou.
Comment tu vas ? Disons que je...
Je me pose plus de questions que de réponses, mais... Dis, j 'ai besoin de
pour un truc.
Tu peux me demander tout ce que tu veux.
T 'as pris l 'accord ? Euh, non, non, non.
J 'ai mal à la gorge.
C 'est mes allergies à la pollution.
Comment je peux t 'aider ? Je vais t 'envoyer les coordonnées du monastère
Providence, au puce intréparable.
Faudrait que tu les appelles pour moi, que tu leur demandes si je peux leur
faire une visite et consulter les archives.
Me dis pas que tu veux rentrer dans les ordres ?
Ils ne doivent pas me connaître, tu leur fais l 'article.
Alors pour ne pas te connaître, il faudra avoir passé les 15 dernières
dans une grotte. Ouais, ou un menaceur.
Tu peux compter sur moi.
Ok, merci.
Je ne vous en propose pas, et votre état se serait malvenu.
Donc, qu 'allez -vous dire à Geoffrey ? Je ne sais pas encore, il faut que je
réfléchisse. Allez chez vous, parce que mon fils a toujours beaucoup partagé
Guillaume.
Je vais enfin donner à Geoffrey ce qu 'il attend le plus au monde.
Guillaume ne sera bientôt plus qu 'un vague souvenir.
Je l 'espère autant que vous, Catherine.
Ouais, il s 'appelle Jay.
Et toi ? Lou. Lou ? C 'est joli, Lou.
C 'est Manuel.
Il a emporté des fleurs et du vin. Et là, un chien ! Ah oui.
Bonsoir. Bon, écoute, Manu, je te présente Laura, la femme.
Bonsoir. Lou, qui t 'a fait connaissance.
Et Juliane, la grande.
Bonsoir. Bonsoir.
On suit toi ? C 'est mieux, ouais.
Je te l 'ai choisie. Oh, merci.
Des fleurs, c 'est très joli, vraiment.
Fallait pas, mais je les adore.
T 'es libre aussi.
Est -ce que je peux emmener Diego ? Oui, bien sûr.
Je suis désolé, je voulais pas le laisser tout seul, mais si ça dérange,
le mettre dans la voiture. Ah non, aucun problème, on adore les chiens.
J 'ai vu avec nous en rêve.
Peut -être que grâce à vous, on en aura un.
Peut -être.
Et alors, dis -moi, comment t 'as rencontré mon mari ? Parce qu 'il est
très discret sur le sujet.
Moi, je cherchais les petites sœurs à la cave.
Reviens.
C 'est moi qui lui ai demandé de rien dire.
Ah, c 'est pour votre nouveau livre ? Alors, personne n 'est au courant, même
pas mon éditeur.
Ce serait.
Et ça va se passer ici ? Je ne sais pas encore.
Je fais des recherches, des repérages avec l 'aide de ton père.
Ah, mais vous devriez aller voir la fin de Victoire. Ça pourrait vous inspirer.
Et comment tu sais que je suis en manque d 'inspiration, toi ? Excuse -nous, en
fait, on te pose beaucoup de questions, mais...
Je suis fan depuis le début, mais Julia t 'a découvert il y a un an. Je suis
très touché.
J 'espère que tu lis autre chose.
Oui, je dois lire environ 42 livres par an.
Surtout des polars et des romans historiques.
Mais j 'aime beaucoup les vôtres.
40 livres par an ? Comment tu fais ? Tu postes tes livres sur TikTok ? Non, c
'est pas parce que tu me vois pas faire que je lis pas.
Ça doit pas être tes livres de cours, parce que 8 est moyenne.
J 'ai oublié quelque chose.
Je suis désolé, il est neuf.
Mais j 'ai renversé du café sur le tien.
Pardon. C 'est pas grave.
Merci.
Je t 'en prie.
C 'est très gentil.
Bon, allez, ma puce.
Au dodo.
Ça y est, elle dort ? Oui.
Moi, je voudrais devenir écrivain comme lui.
Ah ben, t 'as de la chance de le savoir si jeune. Moi, j 'ai attendu d 'avoir 25
ans. 25 ans ? C 'est la meilleure de l 'année, ça.
Elle veut devenir écrivain. Avec les notes qu 'elle nous ramène, elle veut
devenir écrivain.
Mais tu la lâches un peu.
T 'inquiète pas, au pire, tu pourras faire gendarme. Ouais.
Et toc.
Bon, et toi, Manuel, est -ce que t 'étais un bon élève ? Oh là, pas du
Catastrophique. À part en français.
Ah, ben voilà. Comme moi. J 'ai 17 en français.
Écoute, j 'ai eu peur quand Guillaume m 'a agressée, mais tu verras, dans
quelques jours, j 'aurai tout oublié. On n 'oublie pas ces choses -là, ma
chérie. Crois -moi,
je vais m 'occuper de lui. Non, non, non, tu restes ici, j 'ai besoin de toi.
Non, non, je vais m 'en occuper.
Arrête ! Guillaume aussi est armé, vous allez vous entretuer, c 'est ça que tu
veux ? Je veux qu 'il me prenne.
Si tu le tues, tu iras en prison et je devrais élever notre fille tout seul.
Je suis enceinte, mon amour.
J 'ai passé une très bonne soirée. Oui, moi aussi.
Tu reviens quand tu veux.
D 'accord.
Tu sais, ça lui a fait du bien de te rencontrer.
Elle est charmante, ta femme.
On n 'a pas vraiment senti de tension entre vous.
Ça, c 'est parce que tu étais là.
Non, non.
Oublie ce que je viens de te dire.
Bon, ça c 'est les documents récupérés à la gendarmerie que tu m 'as passé.
Alors, le contact de Feli a pas eu le temps de tout vérifier, mais il y a un
truc intéressant.
Un ticket de station de service qui indique que ton mari a fait un plein
14h30 à moins de 2 km de Providence.
Le jour de son accident.
Ok, donc il est bien allé.
Alors, l 'ancienne infirmière de Providence, elle confirme que le frère
Verdaguerre s 'est bien suicidé et que c 'est Emeric qui l 'a découvert pendu
dans sa chambre.
D 'accord.
Ouais.
Ouais. J 'ai demandé à mon éditeur de m 'arranger une visite du pensionnat.
J 'ai envie de jeter un coup d 'œil aux archives.
T 'es un malin, l 'écrivain.
Ouais. File au pieu.
Durant quelques secondes, il pensait qu 'il rêvait.
Mais les coups impérieux se répétèrent.
« Il en compte à trois.
» Assuré, rapide, qui appelait une réponse immédiate.
Plus tard, il songerait qu 'en fin de compte, c 'est ainsi que la police
Alors maintenant tu m 'expliques.
J 'aimerais remercier le père Armand de me laisser consulter les archives, c
'est possible ? Malheureusement non, il y a eu un décès dans sa famille.
Un proche ? Son neveu.
Il l 'aimait beaucoup.
Monsieur Ortigozat, je vous attendais.
Merci mon frère.
Nous avons rarement un prix Goncourt qui s 'intéresse à notre modeste monastère.
Merci de me recevoir.
J 'étais en plein inventaire.
Le dernier datait de 1985.
Bon.
Eh bien, comment puis -je vous aider dans vos recherches ? J 'aimerais me
une idée de ce que pouvait être le quotidien d 'un élève dans un
Ah oui, mais le nôtre a fermé il y a plus de 20 ans, vous savez, maintenant.
Justement, c 'est particulièrement les années 80 et 90 qui m 'intéressent.
Je peux jeter un coup d 'œil aux archives ? Je vous en prie.
Les dossiers des anciens élèves sont confidentiels.
Il est interdit de télécharger quoi que ce soit.
Prenez place.
Allô ? Oui.
10, oui, parfait.
La semaine, bien sûr.
La bibliothèque aussi, mais que sur réservation ? Non, non, non, pas en
individuel. Non, non, seulement pour les groupes ou pour les pèlerins ?
Évidemment, en dehors des horaires des ochis.
Oui, c 'est ça, sur le site internet, très bien.
Merci beaucoup.
Au revoir.
Allô ? Allô, allô ? J 'espère que vous avez pu trouver des informations
intéressantes. Bonsoir.
Est -ce que je peux faire un petit tour du parc ?
Bien sûr, bien sûr, mais vous savez, le parc est un bien grand mot. Le monastère
ne possède quasiment plus de terre.
Pourquoi ? Elles ont été vendues il y a 30 ans.
Mais je vous en prie, faites comme chez vous.
Excusez -moi.
Oui ? Le frère Verdaguer était bien enseignant ici.
Pardonnez -moi, je ne me suis pas présenté.
Je sais qui vous êtes.
L 'abbé nous a prévenus.
Et qu 'est -ce que vous lui voulez au frère Verdaguer ? En consultant les
archives, j 'ai vu qu 'il s 'était suicidé. Je pensais qu 'il ne pouvait
être enterré avec les autres frères.
Il avait un cancer généralisé.
Il souffrait.
Nous n 'approuvons pas son acte.
Mais Dieu seul a le droit de juger.
Salut l 'écrivain, alors t 'as trouvé ce que tu voulais ? Ouais, j 'ai récupéré
pas mal de docs, faut que je fasse le tri.
Et j 'ai besoin d 'une imprimante.
On va pas se me voir au mobilhome ? Ok.
Ça te dérange si je demande au père Lucas de venir ? Lucas, le curé des
Castelmorts ? Ouais.
Tu lui fais confiance ? Oui.
Alors ça me va.
Ok.
C 'est fini ? J 'arrive.
Bon, Anthony a reçu plusieurs coups au visage. Ça l 'a sonné, mais ça ne l 'a
pas tué. En revanche, les huit plaies à l 'abdomen ont été fatales. Ça a
provoqué une violente hémorragie interne qui l 'a tué dans quelques minutes.
Comme pour Aymeric ? Oui, mais Aymeric n 'a reçu qu 'un seul coup.
Ça peut être la même personne qui les a tués tous les deux ?
Ou seulement la même arme ? Si Anthony a réussi à blesser Aymeric en tentant de
se défendre. Arrête avec ça, s 'il te plaît.
L 'arme du crime est un poinçon, comme celui de ta remise à Richard, et qui
appartiendrait à Guillaume.
Mais j 'ai trouvé aucune trace de son.
Écoute, Manuel, si Guillaume avait un mobile pour tuer Aymeric parce qu 'il le
détestait, il n 'en avait pas pour Anthony.
Les coups de poinçon reçus par Anthony...
ont été portés de la gauche vers la droite.
L 'agresseur était donc gaucher.
Comme un mec.
Mais c 'est pas lui.
C 'est pas lui.
Ah.
Lave -la le curé.
Je me rappelais pas que les frères nous prenaient autant en photo.
Tu te souviens de celle -ci, avec le frère Verdaguerre ? Non.
Mais là, tu vois, c 'est Geoffrey.
Et ici, c 'est moi.
Tu sais quand il est tombé malade ? Il était malade ? Ouais.
Un cancer généralisé.
C 'est pour ça qu 'il s 'est suicidé.
Non, je savais pas ça.
Est -ce que vous vous souvenez de quand cette photo a été prise ? Fin 93, je me
suis fait une double fracture du tibia et j 'ai pas pu jouer au foot pendant un
an.
On m 'a retiré les broches le 5 novembre 1994, le jour de mon anniversaire. Donc
je pense que cette photo a été prise deux, trois semaines après.
Ça veut dire que le 12 décembre, quelques jours avant sa mort,
cavalait comme un gros lapin ? Enfin, en surpoids comme il était, ce type n
'était pas en phase terminale d 'un cancer généralisé.
Pourquoi il se serait suicidé, alors ? Donc l 'abbé ment, les frères mentent, l
'infirmière ment, tout le monde ment.
Attends, attends, attends.
C 'est évidemment sur le registre de l 'infirmerie, là.
Elle n 'est pas là, la page du 12 décembre.
Ça veut dire que les cure -tons ont déjà fait le ménage. La vraie question, c
'est pas de savoir pourquoi le curé s 'est suicidé, mais plutôt de savoir ce
'aimerait un gamin de 12 ans foutait dans sa chambre.
Non, non, laissez -le, laissez -le.
Tu sais, Manuel, tant qu 'une enquête n 'est pas bouclée... Tu parles d 'une
enquête ? Je te dis que tant qu 'une enquête n 'est pas bouclée, ça ne sert à
rien de se faire des films.
On suit des hypothèses, on les élimine les unes après les autres au fur et à
mesure. C 'est ça, mon métier ? Oui.
Pour le moment, personne ne sait ce qui s 'est vraiment passé cette nuit -là à
Providence.
Si.
L 'infirmière, elle sait.
Elle était carrément agressive, mais j 'ai senti qu 'elle avait peur de quelque
chose. Elle sait.
Bon.
Très bien, on va dire bonjour à cette infirmière.
Je l 'ai foutu, ce truc.
Tu veux pas sortir le gyrophare, non plus ? Je remets au boisson, c 'est le
sésame, ça.
Bonjour, monsieur.
Bonjour. Nous cherchons Mme Tournier, Brigitte Tournier. Elle n 'est pas venue
aujourd 'hui. Elle est souffrante. Ah, d 'accord.
Et vous auriez son adresse ? C 'est un peu urgent.
Je vais apporter ça tout de suite.
Allô ? Bonjour, excusez -moi de vous déranger, mais... J 'ai aucune nouvelle
'Anthony, je voulais savoir si... Si vous... Il est arrivé un grand malheur,
vous savez.
Anthony est mort.
Il est pendu.
Ah ben, ça va mieux.
Non, parce qu 'on nous a dit que vous étiez malade, on s 'inquiétait.
Mais je vois que vous partez en vacances, finalement.
Bon, Madame Tournier, alors... Qu 'est -ce qui s 'est passé la nuit du 12
décembre 94 à Providence ? On vous écoute ?
J 'ai hésité longtemps.
Mais il y a...
Deux mois, j 'ai fini par envoyer une lettre à l 'Aberman.
Je lui ai dit qu 'il fallait dire la vérité.
C 'est bien ? Il a réagi comment ? Il m 'a menacé.
Il m 'a dit qu 'on allait me considérer comme complice et qu 'il avait des
preuves que j 'avais participé à étouffer le scandale.
Quel scandale ? Qu 'est -ce qui s 'est passé cette nuit -là ?
C 'est Emeric qui m 'a raconté.
Cet hiver -là, il ne dormait plus à force d 'entendre Geoffrey pleurer
les nuits.
Et un soir, dans la chambre du frère Verdaguer, il a vu l 'impensable.
En voulant défendre Geoffrey, Aymeric a utilisé sa ceinture pour étrangler
Verdaguerre.
Je suis là.
Vous craignez plus rien.
Le petit là, c 'est un médecin.
Rejoignez les enfants à l 'infirmerie.
On dirait qu 'il s 'est pendu.
Ça va aller, je le ferai.
On dirait qu 'il m 'en est là, dans la sécurité.
Il a une sacrée chance d 'avoir un frère aussi courageux que toi.
C 'est du mal.
Je sais.
C 'était déjà arrivé plein de fois.
Il fallait que ça fasse un réveil.
Et puis le marquis et la marquise sont arrivés.
Qu 'est -ce qu 'ils ont fait ?
Ils ont pris les choses en main.
Ils m 'ont convaincu qu 'il ne fallait pas mêler la gendarmerie à ce drame.
Ils allaient eux -mêmes s 'occuper de tout.
Ils ne vous ont pas convaincu, ils vous ont acheté.
Le marquis vous a donné une place en clinique privée. Une semaine après, vous
quittiez Providence.
Qu 'est -ce qui se passe ? Geoffrey, c 'est terrible.
Il a voulu mourir et il a pris des cachets.
Catherine est partie avec lui.
Sa mère ? Elle n 'a pas bougé de son salon.
J 'ai envoyé Stella pour savoir si elle avait besoin de quelque chose parce que
moi, je ne peux plus. Je ne peux plus.
N 'y va pas, elle va te dire des horreurs.
Je connais la raison de votre visite, Brigitte Tournier vient de m 'appeler.
Elle vous a déjà tout raconté, cette idiote.
Qu 'espérez -vous apprendre de plus ? Comment vous avez pu faire
interner Aymeric pendant 6 mois en hôpital psychiatrique ? Il avait 12 ans.
Il venait de tuer un homme dédié à Dieu et à l 'enseignement. Un violeur d
'enfants.
Emmerich a juste essayé de défendre son petit frère.
Vous voulez connaître la vérité ? Je vais vous la dire.
Asseyez -vous.
Nous avons fait interner Emmerich parce que c 'était un assassin.
Il a assassiné le frère Verdaguer.
Et deux jours après, il voulait tuer son propre père.
Dès l 'enfance, il a eu le cran et la cruauté d 'un tueur.
Il a recommencé il y a six ans.
Qu 'est -ce qu 'il a fait, selon vous ? Je lui dis qu 'en tant que chef de
famille, après la mort de son père, il fallait qu 'il fasse quelque chose de
idiot de frère, qui n 'arrivait pas de ce vrai, et de sa petite pute, enceinte.
Vous savez ce qu 'il m 'a répondu ? Je sais ce que je dois faire.
Je ne vous crois pas.
Je l 'ai vu rejoindre en guérant dans la chapelle, pour se charger de l
'affaire.
du tout qui était Aymeric.
Ah oui, parce que vous, vous le savez.
Vous passez votre temps à ramasser les miettes de sa vie, pour essayer de
comprendre qui il était.
Aymeric était une victime.
Comme Geoffrey.
Et vous, vous avez choisi votre camp.
Celui des silences, des violeurs et leurs complices.
Je crois que vous serez pleinement satisfaites quand vos trois fils seront
morts.
Qu 'est -ce que vous voulez que je vous dise ? Je les ai jamais désirés.
Mon mari m 'a toujours forcé.
C 'est bien mon monstre.
Pourquoi tu pleures ?
Je vais devoir partir, mon cher. Alors je dois partir avec toi.
Maman, je veux partir avec mon oncle. Non, chérie, c 'est ici ta maison.
Mais c 'est mon oncle Aymeric qui m 'a dit de partir avec toi.
Fais ton sac.
Je vous laisse pas ici.
Je sais ce qui s 'est passé la nuit du 12 décembre 1994.
Je sais que Brigitte Tournier vous a envoyé une lettre il y a deux mois.
Puis je sais que Aymeric Fabre de Castelmort est venu ici pour vous parler
votre neveu.
Voilà.
Je sais tout ça, l 'abbé.
Toute sa vie, Anthony a mordu la main que je lui tendais.
Quand je lui ai demandé de faire des travaux dans ce bureau, il en a profité
pour me faire les poches et pour fouiller partout.
La lettre de l 'infirmière était au fond d 'un tiroir fermé à clé.
Ça n 'a pas empêché de la trouver.
Il l 'a prise en photo et a remis l 'original à sa place.
Je n 'aurais jamais rien su si Emeric ne me l 'avait pas appris.
Et quand Aymeric a débarqué ici, vous avez compris qu 'Antony le faisait
chanter. Et qu 'il n 'avait pas l 'intention de céder.
Aymeric a exigé que je lui donne la lettre de l 'infirmière. Ce que j 'ai
Ben oui.
Il va en avoir marre de toutes ces saloperies.
Il voulait peut -être même rendre la chose publique. Mais pas vous.
Vous, vous vouliez juste étouffer le scandale.
Éviter la taule.
Sauver votre cul.
Ça ne s 'est pas passé comme ça.
Après qu 'Emerick est parti, je suis allé voir Anthony chez ma sœur.
J 'ai voulu le raisonner.
Mais comme toujours... Comme toujours, il a refusé de m 'écouter.
Et c 'est là que t 'as décidé de te débarrasser de lui et d 'Emerick.
Tu savais qu 'ils devaient se retrouver.
Alors tu l 'as suivi.
Dis -moi, l 'abbé, t 'es gaucher, toi, comme moi ? Oui.
Pourquoi ? Parce que pendant qu 'il attendait son rendez -vous, ton neveu...
Tu l 'as planté.
Huit fois.
Et quand Aymeric est arrivé, il a dû être surpris de te voir là.
Alors tu t 'es approché de lui et puis tu l 'as planté aussi.
Je ne suis pas meurtrier.
Mais arrête, on a retrouvé des traces de peinture de ta camionnette sur son pare
-choc.
C 'est Aymeric.
Quand il est sorti d 'ici, il était fou de rage et en faisant une marche
arrière, il a heurté ma camionnette.
Nous avons fait un constat.
Regardez.
Je vous dis la vérité, lieutenant.
Bon.
On va vérifier tout ça.
Hein ? Je te lâche pas, l 'abbé.
Je vais tout faire pour te faire inculper et t 'enfermer pour complicité
crime pédophile.
Fais -moi confiance.
À plus tard, l 'abbé.
Qu 'est -ce qu 'il se passe ? Monsieur un arrêt, reculez -vous madame, s 'il
vous plaît, j 'ai besoin d 'aide ! Qu 'est -ce qu 'il se passe ? Monsieur un
arrêt ! Préparez -vous.
Je vais sauter. Oui.
Je pars.
On dégage.
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