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Avez-vous bon espoir pour les chômeurs ?
Il me semble très difficile
de faire beaucoup baisser les chiffres en 1983.
- CETTE HISTOIRE EST VRAIE. - Les vagabonds
envahissent Londres dans l'espoir de rues pavées d'or
et d'une lumière au bout du tunnel.
Vous allez à l'ANPE : "Où habitez-vous ?"
"Je suis SDF." "Désolé, aucun emploi pour vous."
De plus en plus de jeunes gens
cherchent du travail ou une nouvelle vie.
Ils ont besoin d'un toit sûr et d'un emploi,
mais se voient refuser les deux.
Ils découvrent bien vite
que Londres n'est pas tel que représenté à la télévision.
Ils ont souvent délibérément coupé les ponts,
ce qui fait d'eux une cible facile
exploitable par les criminels ou les arnaqueurs.
C'est de plus en plus violent, surtout pour les jeunes.
Synchro par QueenMaddie Traduit par benaddicted www.addic7ed.com
Salut, entre.
- Merci. - Chéri, Tilly est là.
- Par ici. - Merci.
Salut, Peter. Pardon de débarquer si tôt.
Juste un instant.
Et voilà.
Ils ont parlé de protections de cricket.
On est en février.
Les garçons n'en auront besoin qu'au deuxième trimestre.
Je les reverrai d'ici là, quand même.
Je vais les chercher.
Je suis désolée, Peter.
Ce n'est pas ta faute.
Merci. Pardon encore pour l'intrusion.
Till, attends.
Je...
Tu penses aider ton amie Carol
et je ne veux pas t'impliquer.
Mais... ça ne peut pas continuer ainsi.
C'est de la folie.
L'histoire entre elle et moi
ne concerne pas les garçons.
Je t'en prie.
Ils me manquent.
Je lui parlerai.
Merci.
Bonjour.
- La nuit a été calme ? - Plutôt.
Un autre cambriolage à Wood Green et c'est à peu près tout.
Des témoins ?
Il n'a été signalé qu'il y a une demi-heure, chef.
Tu prendras la déposition en rentrant chez toi ?
Le patron est là ?
Chef ?
Steve a appelé.
Ils pensent avoir trouvé des restes humains à Muswell Hill.
Dans une canalisation.
- Des restes humains ? - C'est ce qu'il a dit.
Il a donné une adresse ?
23 Cranley Gardens.
S'il rappelle, dis que je suis en route.
Vous deviez arrêter.
J'arrête.
C'est M. Cattran qui a appelé.
- Ça va ? - Comment va ?
Je disais à l'agent qu'on m'a fait venir ici hier soir
pour un tuyau bouché. Il y en avait bien plus,
mais ç'avait disparu à mon retour ce matin.
- Le tuyau a pu se déboucher seul ? - Impossible.
Il a forcément fallu le sortir à la main.
Un des locataires du rez-de-chaussée
a entendu quelqu'un farfouiller ici cette nuit.
Savez-vous jusqu'où c'est bloqué ?
Jusqu'à la moitié. L'appart du milieu est inoccupé,
donc ça vient de l'étage supérieur.
C'est le type qui pensait que c'était du KFC hier soir.
C'est forcément humain, non ?
- Merci, M. Cattran. - C'est tout ?
Nous vous rappellerons pour venir déposer au poste.
D'accord.
Il voulait une médaille ?
T'en dis quoi ?
Envoyons ça au labo,
ils confirmeront si c'est humain.
- Il est chez lui ? - Au boulot, apparemment.
L'ANPE de Kentish Town.
Tu veux faire quoi ?
On va l'attendre.
Je sentais que tu dirais ça.
Dennis Nilsen ?
Ça va ?
Je suis l'inspecteur-chef Peter Jay,
voici l'inspecteur Steve McCusker.
Nous aimerions parler de vos canalisations.
Depuis quand la police s'intéresse à ça ?
Parlons-en à l'étage, voulez-vous ?
D'accord.
De quoi s'agit-il ?
Des restes humains ont été retrouvés dans la canalisation dehors.
D'accord.
Entrez.
Vous en faites pas, elle est très gentille.
Bon, ne tournons pas autour du pot.
Où est le reste du corps ?
Dans le placard.
Dennis Nilsen, vous êtes arrêté pour suspicion de meurtre.
Vous avez le droit de garder le silence,
mais tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous.
Que personne ne monte avant l'arrivée du légiste.
Alors, on parle d'un cadavre ou deux ?
15 ou 16... je crois.
Alors, que sait-on ?
Au moins une victime.
Dépouille incomplète retrouvée dans un sac-poubelle dans le placard.
Jeune homme, d'après le torse.
Vu l'odeur dans l'appart, je dirais qu'il y en a eu plus.
Il n'y a pas de traces de 16 cadavres, si ?
Inaccessible jusqu'à demain. Trop humide.
On a tout bouclé,
mais on risque de contaminer la scène si on y va trop tôt.
Ce qu'il a dit dans la voiture était assez convaincant, chef.
Pourquoi lui avez-vous parlé dans la voiture ?
- Je... - Et s'il raconte
que ses aveux lui ont été extorqués ?
S'il dit la vérité,
tout le monde aura les yeux braqués sur nous.
Nous devons respecter les règles à la lettre.
Il devra identifier les restes pour qu'on puisse l'inculper.
Qu'en dites-vous ?
Qu'on aurait intérêt
à le brosser dans le sens du poil.
- Pardon d'appeler si tard, Ronnie. - Ce n'est rien.
J'aimerais m'entretenir avec mon client, si possible ?
On fait ça là ?
Ça me semblait plus confortable pour tout le monde.
Je m'appelle Ronald Moss...
Ce soir, deux policiers ont investi votre appartement.
Ils y ont trouvé les restes d'un homme.
Souhaitez-vous l'expliquer ?
Dans quel contexte ?
Comment a-t-il atterri là ?
Avez-vous fouillé l'appartement ?
C'est en cours.
Vous en trouverez plus dans la caisse à thé de ma chambre
et dans le tiroir de ma salle de bain.
En tout, les restes de trois personnes.
Dans la voiture, vous en avez évoqué plus.
- Je conseille à mon client... - 195 Melrose Avenue, N2.
Vous y trouverez les restes de 12 ou 13 personnes remontant à 1978.
Ça me soulage de me débarrasser de ce poids.
Merci.
À qui appartiennent ces restes ?
- J'aimerais m'entretenir... - C'est bon.
Je ne me rappelle plus leurs noms.
Aucun d'eux ?
Je venais à peine de les rencontrer.
Où ça ?
Partout. Dans des bars, dans la rue.
Je voulais en nourrir certains.
On se sent seul à Londres parfois.
Un visage amical réconforte.
C'étaient des sans-abris ?
Certains.
À cause de la drogue, en général.
C'est vraiment un fléau, c'est très triste.
Et, vous savez...
Ce fichu gouvernement ne fait rien pour eux.
Que des hommes ?
Quel âge ?
Certains plus jeunes que d'autres.
- Désolé, je ne vous aide pas beaucoup. - Vous vous en sortez bien.
Comment les tuiez-vous ?
Je les étranglais.
Où avaient lieu ces meurtres ?
Chez moi.
Surtout dans mon lit, pour être précis.
Ils y venaient de leur plein gré ?
Ils étaient tous homosexuels ?
Je le leur demandais pas.
Êtes-vous homosexuel, M. Nilsen ?
Pour des raisons pratiques,
vous devriez me classer comme homosexuel.
Mais j'ignore si c'est bien vrai.
Les trois de Cranley Gardens, quand ont eu lieu les meurtres ?
Le plus récent : il y a trois semaines.
Les autres, quelque part l'an dernier.
Vous les avez gardés un an ?
En morceaux ?
Non, la dissection ne sert qu'à m'en débarrasser.
C'est le plat sale après le festin, si vous voulez.
À Melrose, c'était simple car c'était au rez-de-chaussée,
il y avait de la place sous le plancher
et un accès privé à un jardin pour procéder à l'évacuation.
Je me rappelle qu'à Melrose, quand les cadavres se sont accumulés,
j'ai compris que l'odeur allait poser problème.
Le week-end, j'ai soulevé le plancher,
je me suis murgé la gueule pour supporter ça,
j'ai mis par terre un genre de...
plastique noir type sac-poubelle,
pour ne pas salir, et j'ai commencé à disséquer
sur le sol de la cuisine.
J'ai appris qu'en incisant juste sous le nombril,
on peut quasiment tout sortir
sans avoir à s'embêter avec la cage thoracique.
J'ai appris ça sur le tas.
Vous les avez enterrés dans le jardin ?
Non, je les ai brûlés...
Je les enroulais dans un vieux tapis
et jetais un pneu sur le dessus pour couvrir l'odeur.
Je n'ai pris aucun plaisir à découper des gens,
ou à faire bouillir les têtes, ou à brûler les corps.
Je l'ai fait par nécessité, par manque de place.
Combien de cadavres avez-vous eus à domicile en même temps ?
Je n'ai jamais fait d'inventaire.
Ou demandé leur nom, on dirait.
Ça, je le regrette.
J'aimerais me rappeler leurs noms pour vous les dire.
Vraiment.
Je dois vous demander...
pourquoi vous avez fait ça ?
Je ne sais pas vraiment.
J'espérais un peu que vous sauriez me le dire.
Reprenons, un par un.
Le numéro trois,
c'est un homme d'allure jeune ramassé à la gare d'Euston.
J'étais vraiment bourré ce soir-là, je picolais à mort.
Le lendemain matin, il gisait au sol.
Je me rappelle certains passages.
Mais sans aucune violence.
Je buvais à Soho et j'ai engagé la conversation
avec un Écossais... Le numéro 11 était un skinhead,
avec "Coupez ici" tatoué sur le cou.
Il roulait des mécaniques, jouait les gros durs.
Je l'ai tué et je me suis couché.
Fin de journée, fin de murge, fin de personne.
Le 12e était un...
Je me suis assis sur lui...
"Mes jambes bougent plus." J'appelle une ambulance.
Le 14, je lui ai fait une omelette, il voulait manger.
Je ne sais pas trop si c'est moi ou l'omelette qui l'a tué,
mais j'imagine que les omelettes laissent pas de traces rouges au cou ?
Qu'en dites-vous, chef ?
Toutes ces pages sont bien remplies,
mais sans beaucoup de preuves solides.
Vous pensez qu'il ment ?
Sur le nombre total ?
Peut-être.
Je ne sais pas, chef. Il y a un truc...
Je le crois, moi.
Trouvons un nom de victime pour le faire inculper.
Bon, je vais prévenir Scotland Yard.
Prenez l'air surpris.
Voilà.
Un peu plus haut.
Que faites-vous ?
C'est l'inspecteur. Jay, c'est ça ?
Charlotte Proctor.
Vous avez prévenu la presse ?
Vous aviez pas l'air de me croire,
j'étais bien obligé.
Pouvez-vous confirmer la découverte de restes humains ?
Inspecteur, avez-vous arrêté M. Nilsen ?
Chef.
Je ferais pas ça.
Pourquoi n'a-t-on rien vu ?
À mon arrivée ce matin, il y avait une journaliste
pas loin de Cranley Gardens
avec le plombier d'hier.
Il n'a pas traîné, lui.
Bon, plus personne ne parle à la presse.
Pas un mot de notre part.
- Compris ? - Oui, chef.
Pas de vagues avant son inculpation.
Où en est-on pour tout le reste ?
Chris, tu as fouillé son bureau ?
On n'a pas eu le droit.
Pourquoi ?
Ses collègues ne le croient pas
capable de faire ça, ils ont exigé
une commission rogatoire.
- Sans déconner. - Amenez-leur un des sacs
de son appart,
ça fera office de commission.
Des nouvelles du labo ?
Bowen a confirmé la strangulation comme cause de la mort.
C'était rapide.
L'un des morceaux analysés portait des traces de ligature.
- A-t-il pu en identifier ? - Pas encore.
Tout ça est inutile s'il ne nous donne pas de nom.
C'est un ancien policier.
- Quoi ? - Où ?
À la Met. Willesden. Il a démissionné en 73.
- Pourquoi ? - Le dossier ne dit rien.
Il est parti comme ça.
Merde.
Vous vous foutez de nous ?
- M. Chambers... - Ancien flic.
Vous l'avez omis hier.
Ça n'a aucun rapport.
Aucun rapport ?
Je ne faisais pas ça à cette époque, donc non.
Pas aujourd'hui, en tout cas.
Je n'ai aucun intérêt à mentir.
Pourquoi avoir démissionné ?
Homophobie.
Un nom. Tout de suite.
Vous n'avez pas à répondre.
Comme je vous l'ai dit hier,
le dernier était écossais,
il chiait sur l'Écosse en hiver.
Un nom écossais.
C'était Stephen.
Stephen quoi ?
Désolé, je ne sais vraiment plus.
Ce serait le bon moment pour faire une pause.
Non, continuons.
Steve, dresse-moi une liste de tous les Stephen disparus en Écosse.
Ça va faire une longue liste, chef.
C'est notre seule piste. Fais-le.
Je veux aider les policiers et les hommes pris dans mes filets.
M. Chambers, puis-je m'entretenir avec mon client ?
D'après moi, un avocat est là
pour conseiller et faire appliquer mes droits. N'est-ce pas ?
Alors votre conseil aurait dû être
de tout dire aux inspecteurs.
Il y a une procédure, M. Nilsen.
M. Moss, je me passerai de vos services.
Je ne vous le conseille pas.
C'est mon dernier mot.
Nous devons aller au fond des choses, une fois pour toutes.
Si vous voulez bien.
S'il vous plaît ?
On continue ?
J'étais au McDo près de la station Oxford Street.
Il avait pas mangé de la journée.
Que pouvais-je répondre ?
Il avait les cheveux blonds...
Certains des autres aussi.
Stephen, blond, écossais...
Je ne sais plus son nom de famille.
Prenez votre temps.
Racontez-nous à nouveau.
Vous êtes rentré chez vous. Que s'est-il passé ?
On a picolé, on a ri.
J'ai servi deux grands verres de rhum-coca.
Il aimait pas le rhum.
J'ai dit : "Bah, tu l'as pas payé, si ?"
Il avait un rire sympa.
J'ai parlé de l'album Tommy, vous savez ?
Il le connaissait pas. Alors je l'ai mis...
et je l'ai regardé fermer les yeux pour écouter.
Je me suis dit quel veinard
de l'entendre pour la première fois.
Je n'avais nullement l'intention de...
lui faire du mal.
Je ressentais seulement de l'inquiétude et de l'affection
pour son avenir et... sa vie de souffrances.
Mais vous l'avez étranglé.
Après coup, j'ai remarqué que son jean était maculé d'urine.
J'ai voulu le laver, donc je l'ai déshabillé.
Et...
J'ai galéré avec son jean serré et mouillé,
mais il s'est vite retrouvé assis nu dans mon fauteuil.
Il avait seulement uriné.
Il n'avait pas mangé correctement depuis des jours.
Il avait des coupures aux deux poignets. Encore ouvertes.
Il avait dû tenter de se suicider il y a peu.
Je l'ai porté délicatement jusqu'à la salle de bain
et l'ai enduit de talc pour qu'il ait l'air propre.
Ça a marché, il était magnifique.
Un vrai petit Michel-Ange.
Il nous faut des noms.
Je sais et j'essaie. Mais certains remontent à loin.
Alors restez sur le dernier.
- J'ai dit Stephen. - Insuffisant, vous le savez.
Vous vous rappelez plein de détails,
il a bien dû vous dire à un moment
son nom complet.
Dites...
Nous ne demandons qu'à corroborer vos crimes.
C'est sûr que c'était un nom écossais, on en a plaisanté. C'était...
Peut-être Fraser ou...
Stephen... Sinclair, c'était.
Vous en êtes sûr ?
Si ce Stephen Sinclair se droguait,
il doit avoir un casier.
Avec photo et empreintes
à comparer à celles trouvées à l'appartement.
Il nous a fourni le nom, sans parler du torse chez lui.
- On peut l'inculper, chef ? - Et s'il se trompait ?
Ou qu'il se fichait de nous ?
Sinclair débarque au tribunal, pétant le feu,
et adieu notre crédibilité. Vous le savez.
Pas d'erreurs, pas de raccourcis.
Une bonne enquête de police.
Peter, ça parait injuste d'être aux petits soins pour lui.
Tant qu'il parle, on continue à bien le traiter.
Compris ?
Oui, chef.
C'est indispensable de garder Bleep ici ?
Ça fait deux jours.
Nous n'y pouvons rien.
C'est une vieille chienne, elle semble toute perdue.
Elle n'a rien fait. Elle ne mérite pas ça.
Je vais voir ça.
On commencera un peu plus tard ce matin.
M. Jay a pensé que vous auriez faim.
C'est gentil à lui, merci.
Autre chose. Y a-t-il eu des articles sur moi ?
Il y en a eu un.
Puis-je le voir ?
Je vais demander.
Sinclair était jeune.
Il venait d'avoir 20 ans.
Troubles sévères de la personnalité.
Drogue.
Il n'avait aucune chance.
Messieurs.
Une vision assez déprimante, j'en ai peur.
La dissection a été réalisée avec un certain talent.
Ç'a été assez simple de reconstituer le puzzle.
Là, ça vient de la dernière victime.
Mais sa tête a bouilli jusqu'à être impossible à identifier.
On peut prendre ses empreintes ?
Le dernier, absolument.
Les autres, sans doute que non.
Décomposition trop avancée.
Voulez-vous connaître la cause de la mort ?
Strangulation.
Il a été étranglé, c'est vrai.
Mais à l'autopsie, nous avons trouvé de l'eau dans ses poumons,
donc une mort par noyade.
Pourquoi ne l'a-t-il pas dit ?
Il y a autre chose.
Les analyses montrent qu'il avait l'hépatite B.
Une maladie courante quand on s'injecte de l'héroïne,
mais si des policiers l'ont approché,
il faudra les vacciner, j'en ai peur.
Bordel de merde.
Merci, David.
"IL Y AVAIT ASSEZ D'OS POUR REMPLIR UNE BAIGNOIRE."
C'est Sinclair.
Dennis Nilsen, vous êtes inculpé
pour le meurtre de Stephen Sinclair par noyade.
Vous allez être emmené à Melrose Avenue
pour identifier le lieu de crémation des autres victimes.
Vous comprenez ?
Venez.
La presse est dehors.
- Qui ? - Tout le monde, je pense.
Je vais voir ça.
Je vais leur parler, sortez par-derrière.
Ils y sont également.
Geoff, couvre-lui la tête.
Non, je n'ai rien à cacher.
Nilsen, par ici !
Regardez-nous, Nilsen !
Nilsen, regardez par ici !
De quoi s'agit-il, inspecteur ? Une déclaration ?
Mercredi matin, des policiers ont été appelés
pour des fragments suspects dans une canalisation.
Après analyse, il s'agit d'os humains
et une enquête a été ouverte.
Nous inculpons pour meurtre
un certain Dennis Nilsen.
Combien de gens le soupçonnez-vous d'avoir tués ?
Nous ne révélerons aucun nombre pour l'instant.
Pouvez-vous au moins nous donner le sexe ?
Des hommes.
Quand Nilsen a-t-il pris cette fâcheuse habitude ?
Il y a cinq ans.
Mais assurez-vous d'attribuer le terme "fâcheuse habitude"
à M. Wells et non à moi, merci.
Inspecteur, comment quelqu'un peut-il tuer pendant cinq ans
à l'insu de la police ?
Nous étudierons la question en temps voulu.
Ce sera tout, merci.
Inspecteur, avez-vous mis en danger les habitants de Muswell Hill ?
Ça fait bizarre de revenir ici.
Je me souviens des étés ici.
Bleep en jeune chiot fou courant partout.
- On avait même un potager... - Où faisiez-vous les feux ?
Je commencerais ici, si j'étais vous.
Vous allez être amené à Herne Hill
où vous resterez pendant l'instruction.
On ne rentre pas au poste ?
J'ai bien peur que non.
Allons-y.
Je viens de parler aux gars de Willesden.
Ils disent que d'après la rumeur, Nilsen a quitté la police
après avoir été surpris en train de se masturber à la morgue.
Ça fout les boules, non ?
De compter autant sur le fait qu'il nous dise la vérité.
C'est ici, devant le commissariat de Hornsey,
que la police a confirmé que Dennis Andrew Nilsen
a été inculpé pour le premier
de ce qui semble être une série de meurtres.
Mercredi matin,
des policiers ont été appelés...
Tu peux m'aider ?
... fragments suspects dans une canalisation.
Brian ?
Pardon.
Après analyse, il s'agit d'os humains
et une enquête a été ouverte.
Que se passe-t-il ?
Un tueur en série à Londres.
... Dennis Nilsen pour meurtre.
Sa perte semble avoir été causée
par la découverte de canalisations bouchées
par des restes de chair humaine...
Je dois aller bosser.
Il semblerait également que ses victimes aient été des hommes
que Nilsen attirait dans son appartement
avec la promesse de passer du bon temps.
Je suis l'inspecteur-chef Peter Jay.
Êtes-vous le père de Stephen Sinclair ?
Je vous interromps tout de suite.
Stephen n'habite plus ici.
Plus depuis qu'il nous a volés pour se payer sa dope.
Nous ignorons où il vit.
M. Sinclair, pouvons-nous entrer ?
Elizabeth ?!
Il y a quelques jours, un corps a été retrouvé.
Je suis navré de vous annoncer qu'il s'agit de celui de Stephen.
Un homme a été mis en examen en lien avec son meurtre.
Son meurtre ?
Je suis navré, nous ne pouvons pas vous révéler grand-chose,
mais nous le ferons dès que possible.
Si vous avez besoin de quoi que ce soit...
Puis-je le voir ?
J'ai bien peur que ce soit impossible, Mme Sinclair.
Nous devons sûrement l'identifier.
Il a déjà été identifié.
Comment ?
Quelqu'un est venu le voir ?
Je veux le voir.
Quelqu'un a pu commettre une erreur.
Mme Sinclair, c'est bien Stephen.
Je suis vraiment navré d'en être si certain.
Mais n'allez pas le voir.
Pas dans cet état.
Je lui avais dit qu'il arriverait malheur.
Mais cette drogue...
l'a changé et nous n'avons rien pu y faire.
N'est-ce pas, chérie ?
Il ne nous écoutait pas, quoi qu'on tente.
Il nous voyait comme un hôtel, ou une banque...
ou une prison.
C'est pas le moment, Neil.
Je suis désolé.
Brian ?
Merci.
- C'est intéressant ? - Pas vraiment.
- On tombe bien bas. - NILSEN SE RACCROCHE À SHAKESPEARE
Il a l'air si ordinaire.
Un type qu'on croiserait dans la rue ou à la banque.
C'est ce qui rend cette affaire intrigante.
Cette dichotomie entre ce fonctionnaire discret
d'apparence normale et la nature de ses crimes.
C'est si dur à comprendre.
Qu'y a-t-il à comprendre ?
Ce qui fait que la plupart d'entre nous choisissent un chemin dans la vie,
alors que d'autres, comme Nilsen, vont si loin dans la direction opposée ?
Il est sûrement machiavélique.
Je vais être en retard.
À ce soir.
L'homme interrogé par la police
est un fonctionnaire de 37 ans,
Andrew Nilsen, surnommé "Des" par ses collègues.
Depuis six mois, il travaillait ici
à l'agence pour l'emploi du quartier de Kentish Town à Londres.
Je crois savoir que c'est aussi un ancien policier
ayant passé un an dans la police au début des années 70.
Sûrement un vol.
Si je découvre que l'un de vous les a rancardés
sur son statut d'ancien flic,
je le traînerai en commission disciplinaire par la peau du cul !
C'est bien compris ?
Motus et bouche cousue.
Vous ne mentionnez pas son nom hors de ce commissariat.
Pas devant vos femmes, vos maîtresses, vos potes au pub.
C'est clair ?
Cet homme a tué sur notre juridiction pendant quatre ans.
Trouvons tous les noms,
et faisons-le condamner pour tous ces meurtres, bordel.
Aucun ne doit rester impuni.
Au boulot.
Entrez.
Ce monsieur vient au sujet de Nilsen.
Il veut vous parler, chef.
Que puis-je pour vous ?
Dennis Nilsen a tenté de me tuer.
Où l'avez-vous rencontré ?
Un pub. Le Golden Lion.
Dean Street, Soho.
Mais je ne suis pas gay.
Non, bien sûr.
Il était avec un groupe, que je pensais être ses amis.
Après la dernière tournée, il a proposé d'aller en boire un dernier chez lui.
Je pensais qu'il s'adressait à tout le monde.
Mais on y est allé que tous les deux.
J'ai dû m'évanouir. Quand j'ai repris connaissance,
il avait attaché mes chevilles avec sa cravate
et il m'étranglait avec la mienne.
J'ai réussi à...
le repousser et le jeter à terre.
Il a commencé à gueuler : "Prends mon fric !"
Comme si c'était moi qui l'attaquais.
Quand est-ce que c'était ?
Il y a trois ans.
J'avais rangé ça dans un coin de ma tête,
tout oublié.
Mais quand j'ai vu sa tête dans le journal, tout m'est revenu.
Pourquoi n'êtes-vous pas allé voir la police à l'époque ?
Je l'ai fait. Immédiatement.
Ils m'ont ramené là-bas. Ils y sont restés cinq minutes.
Ils ont parlé à Nilsen
et cru à son histoire de querelle d'amoureux.
Ils ne voulaient pas s'en mêler.
Ils se sont même excusés pour le dérangement
et m'ont envoyé bouler.
Vous allez devoir reprendre au début.
N'omettez aucun détail.
PERSONNE DISPARUE
Combien de fois vous a-t-il écrit ?
C'est la quatrième aujourd'hui.
Et il y a un poème dans la dernière lettre.
"Vies de misère, ossements des morts,
rendus par la mer à l'esprit agité."
C'est si... délicat.
En effet.
On ne dirait pas en le lisant qu'il a étranglé de jeunes hommes
avant de les jeter aux toilettes, n'est-ce pas ?
La prison vous autorise à le rencontrer ?
Il m'a mis sur sa liste de visiteurs.
Ils ne savent sans doute pas que je suis écrivain.
- N'avez-vous pas peur ? - Non, il...
Il ne va pas sauter la table pour m'étrangler.
Mais tout de même...
Pensez-vous lui serrer la main ?
Je ne crois pas, non.
Nom ?
Brian Masters pour voir Dennis Nilsen.
Vous avez trouvé facilement ?
Vous fumez, Brian ?
Oui.
Vous pouvez fumer autant que vous voulez dans cette pièce.
Ailleurs, seulement chiquer du tabac.
La peine de mort est abolie,
mais Sa Majesté a trouvé ses petits moyens de torture.
J'ai lu votre livre, Brian.
Les Ducs : notre origine, anoblissement et histoire de 26 familles.
- Êtes-vous un aristocrate ? - Non.
Mais vous venez de ce genre de milieu, non ?
Je parie que vous votez Conservateurs.
Je ne vois pas bien le rapport.
Je ne suis pas encore fixé sur vos intentions.
Vos lettres me semblaient légitimes,
mais maintenant que nous sommes face-à-face, je m'inquiète.
Je me suis jugé bien plus durement que tout observateur lambda
ou tout tribunal le ferait.
N'est-ce pas vous qui me jugez, M. Nilsen ?
- En quoi ? - Vous...
Vous entendez mon accent et supposez
que vous savez tout de moi.
Vos origines coulent de source.
Je ne... Ce n'est pas mal.
J'aime savoir à quoi m'en tenir quand je parle à quelqu'un.
J'ai...
J'ai grandi sur Old Kent Road.
On ne dirait pas, à vous entendre.
J'ai eu la chance de recevoir une bonne éducation.
C'est de là que vient votre accent ?
De votre éducation ?
J'avais cru comprendre
que j'étais ici pour discuter d'écrire un livre sur vous.
Je ne suis vraiment pas si intéressant que ça.
Pourquoi voudriez-vous écrire sur un monstre comme moi ?
Vous voyez-vous comme un monstre ?
- Avez-vous lu les journaux ? - Bien sûr.
Cela me fascine, cet attrait des gens pour le macabre.
Nous avons tous des squelettes
cliquetant dans nos placards.
Des secrets qu'on n'oserait révéler à personne.
Alors d'où sort cette avalanche
de condamnations publiques bien-pensantes,
alors qu'en même temps, tout le monde ne parle que de ça,
encore et encore. Ils veulent tous les détails
et s'en repaissent, mais à distance...
- Je ne suis pas là pour ça. - Pendant ce temps, je croupis ici,
tandis que d'autres se font de l'argent sur mon dos.
Si vous voulez de l'argent,
nous pouvons trouver un arrangement.
Je ne veux... pas un sou.
Je ne veux pas qu'on exploite ces pauvres hommes.
Je ne viens pas vous exploiter,
ni vous ni ces 17 jeunes hommes...
Ils étaient 15 !
Pas 17, ils étaient 15.
Si vous comptez tirer vos infos
de ces connards de tabloïds mentant sur mon compte tous les jours,
autant nous dire adieu tout de suite, Brian.
Il m'incombe que mon histoire
et la leur soient racontées correctement.
Cette responsabilité m'incombe également.
Je n'ai nullement l'intention d'écrire un roman d'horreur à deux ronds
rempli d'adjectifs morbides.
Je ne suis là ni pour élaborer, ni pour exposer, ni pour excuser.
Je suis là pour comprendre, parce que la loi se contente
de la question coupable ou innocent.
Et comment comptez-vous vous y prendre ?
En écoutant.
Je veux tout savoir de votre enfance,
votre adolescence, votre service militaire.
Tout.
Ce n'est qu'ainsi...
qu'on aura une vision d'ensemble...
Je dois vous avertir, Brian.
Enquêter sur ma vie et mes actions risque d'être...
éprouvant.
J'en suis conscient.
Bien, alors.
Je vous transmets le fardeau de mon passé et mes actions.
Amenez-moi un paquet de clopes en plus la prochaine fois.
Appelez-moi donc Des.
C'est fini...allez, au lit !
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