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La v�rit� historique est parfois plus �trange que la fiction.
James Bowie en a �t� un exemple,...
gravant litt�ralement son nom dans l'histoire...
pour devenir une l�gende am�ricaine.
Pr�s de la ville de Bayou Sara, Louisiane, 1825.
- Pourquoi tu me frappes ? - Je suis �nerv�.
Eh bien, contr�le-toi.
Vous r�ussissez pas trop ici, M. Jim.
Je sais pas pourquoi je rigole comme �a.
Il faut que je lave leurs v�tements.
Allez, M. Jim.
C'est un bon lancer de couteaux.
J'entends encore cette lame siffler pr�s de mon oreille.
- M. Jim, vous ne ratez jamais. - Bien s�r que non.
Tr�ve de bavardages. Au travail.
- Alors, maman, je gagne le voyage ? - Tu l'as bien m�rit�.
J'esp�rais que Rezin l'aurait gagn�.
Il a d�j� un costume de ville. Il faut que je t'en fasse un.
Personne ne peut-il aller � la Nouvelle Orl�ans...
en ayant son apparence normale.
John, va chercher mon m�tre. Change de chemise.
Il y a 164 dollars ici. Si John ou Rezin y allait,...
je serais s�re qu'il lui en resterait 100 au retour. Mais toi ?
- Tu vas me surprendre ? - Je l'ai toujours fait, non ?
Certaines choses co�tent de l'argent � la Nouvelle Orl�ans.
Eh bien, ne t'en approche pas.
On ne va pas s'inqui�ter pour �a. Vends ce bois � un bon prix.
Ils sont malins, ces acheteurs.
Ils te donneront un prix pour le cypr�s et un autre pour le pin.
Fais-les prendre l'ensemble, comme il est.
Ne t'inqui�te pas pour moi. J'ai autant de sang �cossais que toi.
Je me le demande. N'as-tu pas pay� le forgeron...
30 dollars pour un fusil de 10 dollars ?
- J'ai gagn� le tir de dinde. - Combien valait la dinde ?
- Deux pi�ces. - Maman, mesure-le vite.
Il faut que nous apportions ce bois � la rivi�re.
Nous ? Tu es d�sormais en pr�sence de James Bowie, homme d'affaires.
Tu peux �tre un homme d'affaires une fois � la Nouvelle Orl�ans.
Par ici, tu es toujours le bon � rien de la famille.
C'est au vainqueur qu'appartient le prix.
- Attendez. Les mesures. - �a ne t'ira pas de toute fa�on.
Tu vas �tre beaucoup plus petit une fois qu'on en aura fini avec toi.
Maria ? Va me chercher la Bible.
Il faut que je me rafra�chisse la m�moire sur le Fils prodigue.
Du bon pain frais.
- Tu gagnes de l'argent, Will ? - �a va.
- Heureux de l'apprendre, moi non. - J'ai des pommes.
Mes oiseaux ! Comment pouvez-vous faire �a � mes oiseaux ?
Vos oiseaux peints ne paient pas le loyer. Et vous non plus.
Mais mon autre costume. Ma peinture. Mes pinceaux.
Votre autre costume, votre peinture et vos pinceaux, vous les verrez...
quand vous m'aurez donn� l'argent.
Tut, tut, madame. Des enfants et des gentlemen sont pr�sents.
- Mon oiseau. - Joli. Mais pas vraiment un oiseau.
Quand je peins un oiseau, c'est un oiseau jusqu'� la derni�re plume.
- Toujours, je peins du vivant. - Comme cela ?
Eh bien, je commence par du vivant.
Mais certaines peintures prennent du temps.
Je comprends pourquoi vous aimez prendre votre temps pour celui-ci.
Mademoiselle de Bornay.
Qui que ce soit, aucun homme ne devrait la laisser inachev�e.
L'oiseau peint ou la beaut� peinte ?
Je pr�f�re l'oiseau. C'est gr�ce � elle...
que mes belles peintures n'ont pas de toit sur la t�te.
Je n'ai jamais peint d'oiseau.
Mais j'en ai chass� des centaines.
C'est malheureux, monsieur, que vous partiez...
juste au moment o� j'arrive.
Monsieur a vu un roitelet peut-�tre ?
Un roitelet ? Bien s�r. Plein.
Bien. Bien. Je n'en ai jamais trouv�.
J'ai toujours voulu rencontrer un homme qui m'en parlerait.
- Eh bien, entrez. - Mais la propri�taire... ?
C'est vrai. Bon tir.
Restez hors de la ligne de tir.
Ne m'appelle pas ch�rie. Tu ne vois pas que je suis occup�e...
- J'aimerais une chambre. - Certainement.
Tu n'as rien � faire ?
- Monsieur Boowie ? - Bowie.
- Bayou Sara. - Je vois.
J'ai un invit�.
Pouvez-vous vous inscrire tous deux, s'il vous pla�t ?
Merci.
Quel est votre nom ?
Audubon.
John James Audubon.
- Beaucoup de noms, non ? - C'est certain.
C'est certain.
Vous avez besoin d'argent.
Si seulement vous finissiez �a.
C'est une belle de la Nouvelle Orl�ans, fi�re et g�t�e.
Je pr�f�rerais mourir de faim plut�t que de la supplier.
On dirait que vous n'en �tes pas loin.
Peut-�tre si quelqu'un d'autre...
M�me moi.
Je vous dis, j'ai envisag� toutes les possibilit�s.
Sa m�re... !
Elle croit que j'ai d�n� avec Rembrandt et Velasquez.
Son fr�re n'aime rien d'autre...
que de boire et de parier � Saint Sylvain.
Qu'est-ce qu'un pauvre artiste Quaker pour eux ?
Saint Sylvain ? O� est-ce ?
S'il vous pla�t. Vous avez �t� tr�s gentil. Tr�s gentil.
Mais je pr�f�rerais qu'un de ces jours...
vous me montriez le roitelet.
Un jour.
Ce n'est pas sage.
Ils ne m'aiment pas l�-bas. Et je les aime pas.
- Chapeau, monsieur ? - Non, merci.
Mais, monsieur.
Je vous dis, ces bateaux � vapeur vont tout changer.
Vous verrez les champs de coton s'�tendre jusqu'� Natchez et au-del�.
Vous voulez parier l�-dessus ?
Il a raison. Vous ne savez pas ce qui est arriv� au prix des terres.
Achetez la bonne parcelle, vous pouvez vous faire une fortune.
Je pr�f�re gagner la mienne ici. C'est plus proche. Plus confortable.
Mais, monsieur, je vous remercie mais je ne bois pas.
Eh bien ! Le barbouilleur Quaker.
- S'il vous pla�t, s'il vous pla�t. - Le barbouilleur Quaker...
qui consid�re les oiseaux plus importants que ma soeur.
Mais, monsieur, mon admiration pour mademoiselle d�passe les mots.
Je m'excuse le plus servilement. C'�tait un malentendu.
Vous l'avez faite attendre 3 semaines avant le deuxi�me rendez-vous.
J'�tais dans le bayou, je cherchais des h�rons.
- Il y a eu des retards. - Des h�rons ?
Alors que ma soeur attendait ?
Vous avez entendu son excuse.
Vous pourriez avoir la courtoisie de le laisser terminer.
Qui �tes-vous, monsieur, pour me parler de courtoisie ?
Un rustre des champs ? Cela ne vous regarde pas.
Tout ce qui a � voir avec lui me concerne.
Sinon, vous faites en sorte que cela vous regarde ?
- Votre nom, monsieur ? - Jim Bowie.
Vous entendrez parler de mes amis.
Que veut-il dire ?
Vous avez �t� d�fi�, et tout �a, � cause de moi.
Vous ne devez pas vous battre.
Je suis provoqu� en duel pour une petite histoire pareille ?
C'est le code.
�a alors ! Deux cognacs.
- Vous devez quitter la ville. - Je ne peux pas.
Mes fr�res et moi poss�dons une scierie. Je dois vendre le bois.
- �a prend du temps. - Monsieur Bowie.
Ce gentleman est Monsieur Juan Moreno de Natchez.
- Je m'appelle Philippe Cabanal. - Votre serviteur.
Monsieur de Bornay nous a charg� d'arranger les termes du duel...
� votre guise, puisque vous �tes celui qui a �t� provoqu�.
Il nous a demand� de vous interroger sur les excuses que vous attendez.
Des excuses ? Je ne comprends pas.
Monsieur de Bornay est un gentleman...
dont le courage n'a jamais �t� remis en question.
Il a aussi un sens de l'honneur inhabituel.
Il nous prie de vous informer que...
ayant r�alis� qu'il �tait l�g�rement enivr�,...
il estime que des excuses vous sont dues. Les acceptez-vous ?
Eh bien, je crois que oui. Mais s'il veut s'excuser,...
pourquoi ne le fait-il pas aupr�s de M. Aubudon ?
- Il le fera. - Maintenant que c'est arrang�,...
veuillez s'il vous pla�t donner le nom de vos t�moins
et nous informer de l'heure, du lieu et du choix des armes.
Attendez. N'avez-vous pas dit que monsieur allait s'excuser ?
Cela n'annule-t-il pas un duel ?
Naturellement pas. Monsieur de Bornay n'oserait jamais...
vous priver du droit de d�fendre votre honneur.
Dites-lui que je lui donnerai ma r�ponse d�s que possible.
Vous voyez ? Nous n'aurions jamais d� venir ici.
Comme je vous l'ai dit, je ne suis pas un homme qui boit...
mais pourriez-vous m'offrir un autre verre ?
Deux autres, s'il vous pla�t.
Juanita, as-tu trouv� mon �ventail ?
- Oui. Je l'apporte. - Eh bien, d�p�che-toi.
Attention. Faites attention. La robe n'est que b�tie.
- Vous ne pouvez pas la porter ici ! - Je la porterai ici.
Pourquoi ne pourrais-je pas voir � quoi �a ressemble ici ?
- Je ne suis pas s�re de la couleur. - Mais �a vous va si bien.
Si c'est ma coiffeuse, dites-lui d'attendre.
- En haut dans ma chambre. - Oui, Mademoiselle Judalon.
Bonjour, monsieur.
Jim Bowie, je viens voir M. Narcisse de Bornay.
Etes-vous attendu, monsieur ?
Je m'attendais � voir votre second, monsieur.
Je n'ai pas pour habitude...
de passer par des interm�diaires pour des affaires personnelles.
Et un duel est ce qu'il y a de plus personnel.
Je suis d'accord.
C'est une observation plut�t subtile pour un habitant de la for�t.
Tr�s bien. L'heure, les armes.
Tout d'abord, je vous suis reconnaissant pour vos excuses.
Mes termes sont : l'heure, quand il neigera � la Nouvelle Orl�ans.
Les armes, des boules de neige.
Il ne neige pas � la Nouvelle Orl�ans.
Je peux attendre.
Monsieur, bien que la proposition soit frivole,...
je reconnais la bonne volont�.
Faut-il esp�rer que les hivers � la Nouvelle Orl�ans restent doux ?
Merci. Et pour M. Aubudon ?
Aubudon ? N'accepte-t-il pas mes excuses ?
Oui, mais cela ne lui donne pas un toit.
Ne pourrait-il pas terminer le portrait de votre soeur ?
C'est un probl�me d�licat, il vaut mieux en parler autour d'un verre.
Tant qu'il a des dettes envers votre famille, personne n'en voudra.
Il faut qu'il peigne des portraits pour gagner sa vie.
�a ne va pas impressionner ma soeur.
Elle n'aime pas jouer les seconds violons pour un oiseau.
Seconds violons pour quoi ?
Je suis honor� de pr�senter M. James Bowie.
Monsieur, ma soeur, qui ne me surprend plus.
Mademoiselle Judalon Daphn� Seraphine de Bornay.
Bowie ? Ce n'est pas le gentleman contre lequel tu vas te battre.
C'est lui, mais je suis heureux de dire que nous ne nous battrons pas.
Alors l'un d'entre vous a d� �tre sens�,
et j'ai du mal � croire que ce soit mon fr�re.
Comme vous le voyez, monsieur, ma soeur ne m'appr�cie gu�re.
C'est peut-�tre qu'�tant son fr�re, je ne peux �tre un soupirant.
Aimez-vous la robe, monsieur ?
Tr�s joli choix. La plus jolie que j'ai jamais vue.
En effet. �a ira peut-�tre.
Nous donnons un bal dans cette maison jeudi en huit.
Serez-vous notre invit� ?
- Eh bien,... - Bien s�r que oui.
Je suis si heureuse que vous aimiez la robe.
M. Audubon a peut-�tre une chance de finir le portrait apr�s tout.
- Ou aviez-vous oubli� ? - Non. A votre sant�.
Je pars maintenant m'entra�ner avec mon instructeur d'escrime.
- Voulez-vous vous joindre � moi ? - De l'escrime ?
Je ne connais rien aux �p�es.
Vous ne connaissez rien aux �p�es ? Ma veste.
Monsieur, un homme qui attire l'attention de ma charmante soeur
ferait mieux d'apprendre.
Je ne pourrais jamais �galer le ma�tre.
Jim, pourquoi n'essayez-vous pas ?
Je n'y ai jamais touch�.
- Essayez avec moi, alors. - D'accord.
- Permettez-moi, monsieur. - Merci.
Tenez, je vous prie ?
J'ai besoin d'un gant ?
Vous me donnez tout.
Pliez les genoux, monsieur. Il faut plier les genoux.
Ce n'est pas si mal.
Vous �tes toujours aussi s�rieux avec une arme � la main ?
Comment �tes-vous quand c'est s�rieux ?
Je suis meilleur avec un fouet.
�a serait peut-�tre plus sage d'en rester au pistolet.
Le pistolet ? Je sais me servir d'un fusil,
mais je n'ai jamais tir� au pistolet, sauf le 4 juillet.
Et pourtant, vous �tiez pr�t � accepter mon d�fi ?
Certain. Peut-�tre aurais-je d� choisir quelque chose comme ceci.
C'est plus facile � manier.
C'est un cuchillo espagnol, fait pour lancer.
C'est dommage que personne ne s'en serve ici.
- Vous lancez le couteau ? - Un peu.
Monsieur Bowie va lancer un couteau.
Je boirais bien un verre. Et vous ?
Deux punch au sherry, s'il vous pla�t.
- Vous avez �t� tr�s bon. - Je l'ai rat� de 30 cm.
Mais il semble que vous �tes dou� pour le lancer de couteaux.
Si je me battais en duel, c'est ce que je choisirais.
- Un couteau ? Dans un duel ? - Pourquoi pas ?
Monsieur, un duel devrait �tre de l'art,
de la grande trag�die, beau, honorable.
L'honneur est pr�cieux pour un gentleman.
Sans lui, il est comme une b�te.
La bravoure, le talent artistique, l'honneur
sont les valeurs essentielles du duel.
La mort n'est que la chute de rideau.
C'est bien pour les gagnants. Mais les perdants ?
Quelqu'un est-il all� sur leurs tombes
leur demander ce qu'ils pensent de leur belle mort ?
Vous en faites une question personnelle, monsieur ?
Faites-en ce que vous voulez.
Narcisse, je garde en m�moire qu'il est ton ami.
Vous avez g�ch� la matin�e de Contrecourt. - Je suis d�sol�.
Mais un meurtre est un meurtre. Il n'y a pas besoin d'en rajouter.
Je pr�f�rerais dire que je n'ai jamais tu�
plut�t que de me vanter sur la mani�re dont je l'ai fait.
Cette discussion est trop glauque pour une si belle matin�e.
Il est temps que je parle � mon tailleur.
Vous aurez besoin de quelque chose de diff�rent pour le bal.
- S'il vous pla�t ! - Patience.
- Combien de queues de pie monsieur ? - Deux, au moins.
- Une des nouvelles capes ? - Incontestablement.
Et un long pantalon bouffant ?
- Quoi d'autre ? - Attendez.
Il faut pr�ciser quelque chose.
Quand aurais-je mon pantalon bouffant ?
Patience. Pas d'inqui�tude. Je vous offrirai les derniers mod�les.
Vous serez une autre personne.
- Dans combien de temps ? - Nous sommes harcel�s de travail.
Mais je peux m'arranger autrement pour votre ami.
- Disons, dans quinze jours ? - Apr�s-demain.
- Le bal a lieu la semaine prochaine. - Vous allez attendre si longtemps...
avant d'arranger une s�ance pour Audubon ?
Mademoiselle a un oeil pour les habits autant que pour les �paules.
Apr�s-demain.
Tr�s bien, apr�s-demain.
Il va falloir que je fasse travailler le magasin jour et nuit...
et faire attendre des gentlemen.
Mais comme vous dites, apr�s-demain.
- Mais, mais... - Patience.
Comment puis-je payer pour ceci ?
- Pourquoi veut-il vous plaire ? - C'est normal.
Je lui dois 3.000 dollars.
Il peut se permettre de vexer le client qui paie.
Comme je ne paie pas, mon pouvoir augmente avec les ann�es.
Je vois.
- Mais, monsieur ! - Patience !
Vous devenez tr�s bon.
C'est le premier que je vois.
Vous n'avez pas de musique du tout l�-haut ?
Si. Des violons. Des gens jouent de la fl�te et du banjo.
Des danseurs et des sauts du balai.
Sauts du balai ?
C'est une coutume de mariage.
Les pr�tres ne vont pas dans les bayous tr�s souvent.
Quand un jeune couple se forme, leurs parents leur font une danse.
Tout le monde forme un cercle et tient un balai � trente cm du sol.
Les jeunes amants sautent par dessus.
Et que se passe-t-il ?
C'est fini. Ils sont mari�s.
Mari�s ?
Quand un pr�tre en voyage passe,...
il leur donne la b�n�diction de l'�glise.
Vous avez saut� par dessus le balai vous-m�me ?
Pas encore. Le balai est facile � trouver.
Mais trouver la bonne fille, c'est autre chose.
- Oui, je sais. - S'il vous pla�t, mademoiselle.
Gardez l'archet en place.
Et votre visage autour.
J'imagine que les balais sont tr�s occup�s.
Assez.
Comme mademoiselle ne peut pas quitter la pi�ce,...
il vaudrait peut-�tre mieux que vous la quittiez.
Quittons-la tous les deux. - Mais...
De toute fa�on, j'ai le pied tout engourdi.
- Votre bras. Puis-je ? - Avec plaisir.
- C'est mieux. - Mais la lumi�re est impeccable.
Vous avez �t� un sujet bien meilleur aujourd'hui.
C'est un tr�s gentil compliment.
Je suis tr�s heureuse de vous avoir satisfait.
- Mais, mademoiselle... - Peut-�tre demain.
Vous ne dansez toujours pas ?
Je lui ai demand� deux fois. Elle m'a dit non deux fois.
Essayez quelqu'un d'autre alors.
Ce n'est pas pour cela que je suis venu.
Quand ils annonceront la quadrille, puis-je avoir l'honneur ?
Pourquoi ? Avez-vous pari� que vous danseriez avec moi ?
Un homme ne parie pas avec sa vie.
- Aurais-je l'honneur ? - La quadrille vient apr�s la pause.
Vous ne voudriez pas me demander une r�ponse aussi t�t ?
- Pour la quadrille ? - Mais il est encore si t�t.
- Mais... - Reparlons-en plus tard.
- Une autre coupe, monsieur. - Non, merci.
Bonsoir.
Pardonnez-moi. Deux, s'il vous pla�t.
Merci.
Mesdames et messieurs ?
La quadrille de Virginie.
- Bonne chance. - A vous aussi.
Vous �tes tous si gentils, je ne sais pas qui choisir.
Votre bras, s'il vous pla�t.
Votre bras.
Pardonnez-moi, mais je savais...
qu'ils dansaient la quadrille m�me dans les bayous.
Je n'�tais pas s�re pour la valse ou la polka.
Je n'en �tais pas s�r non plus.
Mais j'essaierais n'importe quoi avec vous.
C'est mieux de cette mani�re.
Si vous ne me croyez pas, regardez leurs visages.
Vous avez dans� la quadrille merveilleusement,...
je suis s�re que vous pourriez valser.
Aimeriez-vous prendre une le�on priv�e ?
M'avez-vous entendu ?
D�sol�. Je pensais au bois.
Au bois ? Je scandalise tout le monde en venant ici avec vous,...
- et vous pensez au bois. - Je dis toujours ce qu'il faut pas.
Mais si ce n'�tait pas pour le bois,...
je ne serais jamais venu ici. Je ne vous aurais jamais rencontr�e.
- Vous ne le regrettez pas, si ? - Non, pas du tout.
Gr�ce � vous, je vais devenir un tr�s bon homme d'affaires.
Gr�ce � moi ? C'est votre compliment le plus �trange jusqu'� maintenant.
J'aurais pu vendre le bois quand je suis arriv�.
Mais je vous ai rencontr�e, et je voulais une excuse pour rester.
Maintenant, on m'a offert le double du prix.
J'imagine que c'est ce qui arrive quand on veut garder quelque chose.
J'esp�rais ne jamais le vendre. Mais il le faut, demain.
Alors il faut que vous rentriez ?
- Vous ne voulez pas ? - Non.
Alors, ne partez pas.
Jim, ne partez pas.
Il le faut.
Pourquoi ?
Judalon, �tes-vous d�j� all�e au pays du bayou ?
Non. Mais j'aimerais que vous m'en parliez.
C'est merveilleux. Il y a des millions d'hectares...
o� personne, � part les Indiens...
et quelques chasseurs comme moi, n'a jamais mis pied.
Vous voyez, un Indien ne travaille jamais la terre. Ne la change jamais.
Une fois mort, c'est comme s'il n'avait jamais �t� l�.
A vous entendre, �a para�t tr�s solitaire.
�a ne l'est pas.
Ou du moins, je ne l'avais jamais pens� auparavant.
J'�tais comme les Indiens avant de venir ici,...
avec tout le coton et les champs de riz.
Maintenant, je veux aller travailler la terre. Y mettre ma marque.
Quitter la Nouvelle Orl�ans pour de bon ?
Je ne suis pas � ma place ici, pourtant je gagne ma vie ici.
Faut-il toujours que vous pensiez � gagner votre vie ?
Cela ne peut-il pas attendre... demain
la semaine prochaine ou m�me l'an prochain ?
Je pensais que je pouvais attendre toute la vie.
Maintenant, je sais que je ne peux pas.
Judalon, venez avec moi.
Vivre dans une cabane dans une r�gion sauvage ?
�a ne sera pas toujours sauvage.
Ne voyez-vous pas ? Vous dites que vous n'avez pas votre place ici.
Pensez-vous vraiment que j'ai ma place l�-bas ?
Sans musique ou danse ?
Pensez comme je serais inutile.
Ne parlons pas de �a maintenant. Il est temps d'y retourner.
- Dites-moi. - Vous dire quoi ?
Que pensez-vous que je suis, une femme du bayou,...
que l'on attrape et que l'on enl�ve au premier baiser ?
Si vous voulez une squaw, repartez et sautez le balai...
avec une de vos jeunes filles de la campagne, M. Bowie.
Vous aimez les compliments.
Une proposition en mariage est le plus beau compliment...
qu'une femme puisse obtenir.
Je pensais que vous m'aimiez.
Je le pense toujours.
Qu'a-t-il fait ?
Je pr�f�re ne pas en parler.
Eh bien, Henri, vous ne m'invitez pas � danser ?
Jim ?
S'il vous pla�t, ne parlons plus de lui.
C'est de ma faute. Je n'aurais jamais d� l'inviter.
Il vous a insult�e, n'est-ce pas ?
Je n'ai pas dit �a.
Vous n'avez pas besoin de le dire, Judalon.
Vous m'excuserez, je vous prie ?
- Champagne, Mlle Judalon ? - S'il vous pla�t.
C'est une soir�e merveilleuse. Merci.
Tu devais savoir quel genre d'homme il est.
Il faut que tu sois plus pr�cise. De quel homme s'agit-il ?
Tu sais de qui je parle.
Mais je ne veux pas que tu fasses quoi que ce soit.
- O� est all� Henri Contrecourt ? - Quelle importance ?
Danse avec moi. Je ne veux pas rester debout ici.
Judalon, qu'as-tu fait ? Dis-moi ce que tu as fait.
Je ne suis pas responsable. Ce n'est pas moi.
Narcisse, il faut que tu fasses quelque chose.
C'est la pluie qui vous a fait rentrer si t�t ?
Jim ? J'ai dit, c'est la pluie qui vous a ramen� si t�t ?
Elle est belle, n'est-ce pas ?
Vous auriez d� la voir ce soir.
Je peux imaginer.
On dit que les v�ritables artistes...
doivent pouvoir voir derri�re la surface de ce qu'ils peignent.
Je l'ai peinte, Jim, et j'ai vu derri�re la surface.
Moi aussi.
Elle n'est pas pour vous.
Pourquoi ? Parce qu'elle m'a gifl� ce soir ?
Vous �tes plus proche que je ne le pensais.
Un baiser d'abord, peut-�tre ?
- Elle est... - Elle est quoi ?
Je ne dis pas qu'elle soit mal.
Elle est presque parfaite.
Mais elle ne serait pas bien pour vous.
Retournez au bayou.
M'enfuir ?
Je la verrais dans les bayous. Je la verrais partout.
Et si vous aviez raison ? Si elle n'�tait pas bien pour moi ?
Cela m'emp�chera-t-il de l'aimer ?
Vous pouvez essayer.
Je ne veux pas essayer.
Je la veux suffisamment pour parier que le jour viendra o� elle m'aimera.
Bien ou mal, cela en vaudra la peine.
Maintenant, r�pondez-moi. Dites-moi quoi faire.
Peut-�tre n'ai-je pas le droit.
Peut-�tre qu'aucun homme a le droit.
On m'a appris de ne jamais m'enfuir de quoi que ce soit.
Et je ne m'enfuirai certainement pas de �a.
O� allez-vous ?
Chercher ce qui va avec ces v�tements.
Rouge.
Monsieur, la banque est � sec. Il y aura un l�ger d�lai.
Monsieur Bowie est-il ici ? Monsieur Contrecourt ?
Non, juste Monsieur Bowie. Cela suffit.
Cet homme est venu ici avec moins de cent dollars.
Il est d�j� en train de mener cet endroit � la banqueroute.
Je suis le propri�taire ici.
J'esp�re que monsieur n'objectera pas...
si je prends la place du croupier ?
- Comme vous voulez. - Merci.
Y a-t-il une limite ?
Etant donn� les circonstances, il n'y a pas de limite pour vous.
Je mise tout.
Comme vous voulez.
- Jim, il faut que je vous parle. - Plus tard.
Rouge.
Monsieur, je vous demande de l'indulgence. Un autre l�ger retard.
Jim.
Vous avez eu enorm�ment de chance, monsieur.
Merci beaucoup.
Je ne sais pas ce qui s'est pass�.
Henri Contrecourt va vous d�fier.
- Pourquoi ? - Quelle diff�rence cela fait-il ?
Judalon ?
Quelle que soit la raison, je me sens responsable.
Il faut que vous partiez. Si je peux vous trouver, Contrecourt aussi.
Vous avez vu cet argent, pr�t � augmenter.
Je ne fais pas les choses � moiti�.
Contrecourt peut vous tuer.
Bien. Je serai le premier Bowie � mourir riche.
- Combien ai-je ici ? - Presque 50.000, monsieur.
- Toujours pas de limite ? - Votre chance est incroyable.
Mais l'honneur de la maison est en jeu. Pas de limite.
- Vous r�ussissez bien, M. Bowie. - Je dois vous parler.
Un rustre avec de l'argent reste un rustre.
- Rouge. - M. Bowie ne m'a-t-il pas entendu ?
Monsieur, nous ne voulons pas d'ennuis ici, s'il vous pla�t.
Rouge.
Noir. La maison gagne, monsieur.
Cognac, monsieur ?
Merci pour votre courtoisie.
- Vous me parliez ? - Henri, �coutez-moi.
- Restez en dehors de ma querelle. - Henri.
Restez en dehors de ma querelle.
Je viens de me l'approprier.
Pr�t.
Pr�t.
Vous alliez me d�fier.
Consid�rez-le chose faite.
C'est le privil�ge de monsieur de choisir sa mort.
Alors, je choisis les couteaux.
Je refuse de d�shonorer le code en utilisant une telle arme.
Alors, utilisez votre �p�e.
Monsieur est trop bon.
Je crois que c'est � moi de choisir le lieu.
Avez-vous une pi�ce vide et sombre ?
Sombre ? Les hommes ne peuvent pas se battre en duel dans l'obscurit�.
Peut-�tre pas.
Mais ils peuvent se battre.
Tr�s bien, alors.
Par ici, s'il vous pla�t.
- Choisissez votre coin. - Le plus �loign�.
Nous nous rejoignons au centre ?
Nous nous renjoindrons quand nous nous renjoindrons.
Pr�t ?
Pr�t.
Je suppose que vous me croyez responsable.
Non. Non.
- M. Jim. - Bonjour, Sam.
- Vous avez l'air diff�rent. - Je me sens diff�rent.
- Mon Dieu ! - C'est vivant ?
Maman, les mortels n'ont jamais vu �a auparavant.
- Allez, assis-toi. - Vas-y doucement. Tu vas le casser.
- Tu as d�n�, Jim ? - Non, maman.
Que s'est-il pass� ?
D'abord, je... j'ai tu� un homme.
- Fallait-il le tuer ? - Plus que n'importe quel homme.
- Personne ne te recherche ? - Non, c'�tait juste.
Vous voulez savoir pour le bois ?
- Combien cela a rapport� ? - Je ne l'ai pas vendu.
- Comment ? - �a fait partie de la transaction.
J'ai vendu toute l'affaire en entier.
Enfin, si vous voulez signer cet acte de vente.
Je ne signerai rien. On aurait jamais d� te laisser y aller.
Notre foyer signifie si peu pour toi ?
Je n'ai pas vendu la maison, juste la fabrique.
Ne t'inqui�te pas. On garde tout.
Reste tranquille. Jim m�rite qu'on l'�coute.
7.000 dollars. �a me para�t �tre un bon prix.
On travaille dans le bois. A quoi sert l'argent sans la fabrique ?
Le bois ne payerait pas un tour en bateau. Le coton, si.
En amont et en aval de la rivi�re, ils d�frichent.
Mettez cet argent dans les terres du bas, on sera tous riches.
On ne conna�t rien � la culture de coton.
On conna�t la terre. On a chass� et p�ch� des deux c�t�s de la rivi�re.
Ils n'ont m�me pas commenc� � d�fricher ceci.
On ach�te, on d�friche, on plante et on passe � la parcelle suivante.
Ce pays est pr�t pour le plus grand bond en avant de son histoire.
- Ecoute. - Attends.
Je ne dis pas que Jim a bien agi ou agi sagement.
Ou que ce qu'il vous demande de faire est ce qu'il y a de mieux.
Mais quoi que vous fassiez, faites-le ensemble.
Vous deux sortez vous calmer.
Jim, assieds-toi.
Mes v�tements n'�taient pas assez bien pour toi ?
C'est pour cela que tu veux �tre riche ?
Allez, mange.
NATCHEZ HERALD PRIX ELEVES POUR DES TERRES VIERGES
EMPLOI REGULIER LES FRERES BOWIE, BAYOU SARA
BAYOU SARA DEVIENT UN ARRET REGULIER DES BATEAUX
LES FRERES BOWIE DEVRAIENT EXPEDIER 5000 BALLES DE COTON CETTE ANNEE
Jim Bowie. Bowie, Bowie, Bowie. Vous appelez �a un journal ?
Il nous rebat les oreilles avec �a depuis plus d'un an.
J'imagine que vous avez vu le passage de Bayou Sara, M. Moreno.
- Oui, c'est �a. - Je suis d�sol�, mais...
- Marschalk ? - Oui, Juge Crain ?
Comment pouvez-vous vivre ici � Natchez et imprimer ces trucs ?
- Des trucs ? - Comme ceci.
"Bayou Sara va-t-il rivaliser Natchez ?"
"D�frichement de terre et sp�culation en plein d�veloppement."
Que vont-ils �lever l�-bas ? Des grosses grenouilles ?
Vous pouvez rire autant que vous voulez, messieurs.
Ils ont fait une bonne r�colte de coton la saison derni�re.
Ils veulent la lune cette ann�e. Et ils pourraient l'avoir.
Pas sans vrai argent � investir. Ils n'en trouveront jamais par ici.
Et ici � Natchez ?
Ils n'auront pas d'argent de Natchez pour construire Bayou Sara,...
pas tant que je suis directeur de la banque.
C'est le centre du coton. Cela va le rester.
Peut-�tre. Vous avez vu les fr�res Bowie dans le coin r�cemment, non ?
Ils sont tr�s gros avec un air insolent.
Je connaissais Jim Bowie � la Nouvelle Orl�ans.
Il n'avait pas port� de chaussures pendant plus d'une semaine.
On n'a pas besoin de chaussures quand on peut aller en voiture.
BANQUE DE NATCHEZ
Au moins un de nos citoyens importants semble penser...
que ce pays est assez grand pour avoir deux centres de coton.
Excusez-moi, messieurs.
G�n�ral Cuny, il y a leur argent.
Aucun puits n'est si plein qu'il ne peut �tre mis � sec.
Dans un mois environ, ils s'en rendront compte.
G�n�ral, il faut que vous soyez raisonnable.
Raisonnable ? Comment osez-vous nous dire que nous sommes pauvres ?
Wells, mon fr�re et moi avons assez d'argent pour vous acheter.
Si votre argent n'�tait pas enti�rement dans les terres.
Vous avez hypoth�qu� tous vos avoirs de Natchez...
pour acheter et d�fricher ces marais de boue � Bayou Sara.
- Des marais de boue ? - En trois mois,...
ils vont produire le plus beau coton.
Laissez-moi vous rappeler que...
le juge et moi ne sommes que directeurs de la banque.
Elle ne nous appartient pas. Pour rendre justice aux d�posants,...
nous devons exiger le paiement des int�r�ts dus.
Nous sommes pr�ts � payer les int�r�ts, avec la terre.
C'est ce qui s'est fait d'habitude.
Malheureusement, la banque demande d�sormais du liquide.
25.000 dollars avant le 1er du mois.
Cela vient de vous, Crain.
Pendant 15 ans, vous avez attendu votre heure.
Vous voyez son bras ?
J'ai mis ma marque dessus � 30 pas.
Il �tait en t�te, mais il ne pouvait pas prendre ses propres m�dicaments.
Voyons comment vous les prenez maintenant. Bonsoir.
Bonsoir, messieurs.
- Eh bien, M. Bowie. - Avez-vous eu l'argent ?
Je pense que M. Moreno peut r�pondre � cette question.
J'imagine que vous �tes all� � la banque seul.
J'avais arrang� un emprunt de liquide mais un messager est venu d'ici.
Dommage. Il semble qu'il n'y ait plus beaucoup d'argent partout.
- Quand vous tirez le cordon. - Bonsoir, monsieur.
Juste 25.000 ! Messieurs, comprenez-vous...
que si on ne trouve pas cet argent...
Messieurs, la situation est grave. Extr�mement grave.
Je suis un homme de biens dans cette communaut�.
J'ai �t� un homme de biens toute ma vie.
Maintenant, je peux m�me perdre cette maison.
Vous m'avez conduit vers ce d�sastre.
Vous, esp�ce de parvenu !
Sp�culation sur les terres. De l'argent facile.
Nous rendre tous riches, vous aviez dit.
O� avais-je la t�te ? J'�tais d�j� riche.
Si vous aviez 30 ans de moins et si vous pesiez 50 kilos de moins...
- je serais tr�s contrari�. - Oh, esp�ce de...
G�n�ral, vous savez que vous �tes injuste.
Moreno et Crain sont les tra�tres...
dans cette histoire de coton, pas Bowie.
Mais ils voleront notre terre pour les hypoth�ques...
et vont gagner une fortune avec ce qu'on a commenc�.
Peut-�tre pas. Voulez-vous vous rendre en ville ?
- Pour quoi ? - L'argent.
Mais j'aimerais y jeter un bon coup d'oeil d'abord.
Un autre de vos plans fous ?
Allez, levez-vous.
Vous avez de l'argent, mesdames ? Alors, sortez.
- Que puis-je faire pour vous ? - Studentvant est-il ici ?
Oui, il est l�. Jack ?
On est venu ici pour voir Jack Studentvant ?
Je pr�f�rerais mourir de faim que d'accepter son sale argent.
Ne vous inqui�tez pas. Il ne vous en offrira pas.
Ah, M. Bowie.
A boire pour les amis de M. Bowie.
- �a arrive. - Messieurs.
- Steel Duke est-il ici ? - Il attend.
- Qui diable est Steel Duke ? - Un cheval de course.
Vient d'arriver de Nashville. Steel Duke est toujours tr�s connu l�-bas.
Qu'est-ce que �a a � voir avec nous ?
Je l'ach�te pour 700 dollars.
On est au pied du mur et vous achetez des chevaux de course.
- C'est �a. - Vous devez �tre cingl�.
Et s'il battait Kerry Isle, le cheval de Moreno ?
Dans la Coupe Duncan ?
De quelle autre mani�re peut-on trouver 25.000 dollars en vitesse ?
Montre-nous le chemin, Jack.
C'est mon coeur. Je ne suis plus tout jeune.
Il n'y a rien � redire � son pedigree.
Je pr�f�rerais voir un acte de vente sur lequel il n'y a rien � redire.
Ah oui ?
Je l'ai gagn� au poker. A quoi me servirait un cheval de course ?
Les r�gles de la Coupe Duncan...
sp�cifient que les chevaux doivent appartenir � des gentlemen.
Les gens d'influence du coin disent que je ne peux m'inscrire.
J'y perds, vous y gagnez. Nez Coup� ?
Sortez-le.
D�p�chez-vous, d�p�chez-vous.
Il est beau, non ?
Parier sur cette cr�ature contre Kerry Isle,...
le cheval le plus rapide de Natchez ? C'est une folie !
Kerry Isle est le cheval le plus rapide de Natchez.
Mais Steel Dukey est le cheval le plus rapide du monde.
Il a des bons points. Oui, monsieur. De tr�s bons points.
Oui, mais o� va-t-on trouver l'argent pour parier ?
Personne ne sait pour ce cheval.
Ils sont tous s�rs de Kerry Isle.
Des types comme Moreno et le Juge Crain...
devraient avoir peur d'une cote de 5-1.
5.000, c'est tout ce dont nous aurons besoin.
On a cette somme en liquide. Et si on gagne, Moreno et Crain...
nous sauveraient la peau avec leur argent.
Vous avez compris le coeur de l'affaire.
C'est vrai, monsieur. Comment s'appelle-t-il ?
Steel Duke.
Steel Duke ? A votre bonne sant�, monsieur.
A nos ennemis, qui je l'esp�re d�testeront le son de ton nom.
- Il vous pla�t ? - Il me conna�t comme une soeur.
Je veux dire, comme un fr�re. On va bien s'amuser ensemble.
�a vous pla�t ?
J'ai l'air bien. Les femmes me regarderont moi, pas Steel Duke.
Ne regardez pas les femmes et surveillez Kerry Isle.
Vous allez perdre votre belle chemise.
Je me demande s'il est d�j� arriv�...
que des hommes d'affaires risquent tout sur une course.
Si �a marche, vous serez riche, Jim. Tr�s riche.
Assez riche pour retourner � la Nouvelle Orl�ans.
- Qu'est-ce qui vous fait penser �a ? - Je sais ce qui vous pousse.
Chevaux en ligne.
Vous avez fait entrer ce cheval clandestinement.
Je l'ai achet� ici, � Natchez.
Et oubli� de dire qu'il venait de Nashville avant de faire les paris.
Il para�t qu'il a gagn� une douzaine de courses. C'est pour les gentlemen.
- Vous n'en faites pas partie. - Je suis ici.
Seulement parce que Cuny vous a parrain�.
Si cet escroc bat Kerry Isle, faites attention � vous.
J'ai fait attention � moi pendant des ann�es.
Chevaux et propri�taires, au stand.
Propri�taires et palefreniers, quittez la piste.
Quittez la piste, s'il vous pla�t.
Chevaux, en avant.
Allez, entra�ne ce cheval.
Ch�ri, fais attention � ta tension.
Ma tension ? J'en ai pas.
- Il va vite. - Pas assez vite.
Kerry Isle est le meilleur dans la derni�re ligne droite.
Le gagnant, Steel Duke !
Allez. On n'a pas perdu encore.
M. Bowie, venez couper votre prix, monsieur.
- Monsieur, j'ai � vous parler. - Plus tard.
Jim, quelle t�te a le juge Crain ?
Comme la fois o� ma balle l'a touch�, je parie.
Bonjour, Bowie. �a fait longtemps.
Si seulement j'avais su que votre cheval allait si vite.
Apparemment, ma femme le savait.
Elle a gagn�.
Votre femme ?
Malheureusement, un tr�s petit pari.
F�licitations, Jim. Votre cheval a fait une merveilleuse course.
J'aurais d� vous f�liciter, mais je ne savais pas.
M. Bowie, vous �tes attendu au stand du juge.
Jim, passez ce soir. Cette dame nous rend visite.
Nous allons c�l�brer �a.
Tr�s bien, merci.
Avez-vous oubli� ? J'ai pari� sur Steel Duke.
Ne croyez-vous pas que je m�rite de vous voir r�cup�rer votre prix ?
Bien s�r que oui.
Mais, Philippe, vous avez pari� sur Kerry Isle.
Cela ne vous d�range pas ?
Jim, il faut que je vous parle seul � seul.
J'ai entendu tant de merveilleuses choses sur vous.
Vous avez fait du chemin depuis la Nouvelle Orl�ans.
C'est vrai pour nous deux, Mme Cabanal.
S'il vous pla�t, vous devez comprendre.
Apr�s la mort de Narcisse, tout �tait si confus.
Ce n'est pas tout. Philippe �tait le choix de ma m�re.
On fait les choses comme �a � la Nouvelle Orl�ans.
- Alors, vous ne m'aimiez pas ? - Non.
Judalon, dites-moi la v�rit�.
Vous n'avez jamais rien fait...
juste parce que quelqu'un d'autre le voulait.
Pourquoi l'avez-vous �pous� ?
D'accord. Peut-�tre ai-je pens� que je voulais un homme comme Philippe.
- Quelqu'un qui... - Dont le nom allait avec le v�tre ?
- Position sociale ? - C'�tait peut-�tre �a.
Mais cela ne suffit-il pas si je vous dis que c'�tait une erreur ?
Judalon.
Jim ? Ils vous attendent toujours au stand du juge.
Excusez-moi.
Excusez-moi de vous avoir interrompu, Mme Cabanal.
Vous �tes bien Mme Cabanal, n'est-ce pas ?
Oui.
Un cheval doit �tre inscrit par son propri�taire.
Je veux que Bowie prouve qu'il est le propri�taire.
- C'est une protestation juridique. - Juridique, peut-�tre.
Mais nous sommes tous cens�s �tre des gentlemen ici.
Tous sauf Jim Bowie.
M. Bowie.
Ces gentlemen mettent en doute...
la propri�t� du cheval que vous avez inscrit.
Vous comprenez ma position.
Voici un acte de vente. Il convaincra tout homme honorable.
Est-ce une insinuation, monsieur ?
Tout d�pend s'il est difficile de vous convaincre.
Cela �tablit que Studentvant a gagn� ce cheval � un jeu de cartes...
avec Joseph Levington � Nashville.
Je ne connais pas M. Levington. Pouvez-vous v�rifier sa signature ?
Je ne peux pas la v�rifier. Mais pourquoi le mettre en doute ?
De tr�s gros paris sont en jeu.
Je vous donne du temps pour trouver Levington et v�rifier sa signature.
Si tout est en ordre, les paris seront r�gl�s.
Mais si c'est un faux, Steel Duke sera disqualifi�...
et Kerry Isle d�clar� gagnant.
- Je pars pour Nashville. - J'attendrai votre retour.
JAMES BACK, FORGE, COUTELLERIE
- M. Black ? - Oui, monsieur.
- Mon nom est Bowie. - Comment allez-vous, monsieur ?
Il para�t que vous faites un tr�s bon tranchant,...
et que vous avez une m�thode de trempe diff�rente.
Avec votre permission, monsieur, c'est un secret professionnel.
Je suis en route pour Nashville.
J'aimerais faire faire un couteau pendant mon absence.
C'est quelque chose que j'ai taill�.
Je n'ai jamais vu de lame de cette forme.
Le talon au dos est tr�s �pais. Quelques millim�tres.
�a scelle sa force. Il faut surtout pas que �a casse.
J'ai vu des �p�es se rompre, des couteaux se rompre.
Je veux quelque chose qui ne se rompra jamais.
C'est un grand d�fi, monsieur. Et j'aime les d�fis.
Je vais vous montrer quelque chose.
Une fois j'ai vu une boule de feu traverser le ciel,...
aussi lumineuse que le soleil.
Il y a eu un grondement incroyable comme cent canons.
C'�tait la mort d'une �toile filante.
Plus tard, j'ai trouv� ce fragment de la m�t�ore.
C'est de l'acier. Du pur acier d'un autre monde.
Plus dur et fort que tout sur cette terre.
J'ai essay� de trouver l'�quivalent. Je n'y suis jamais arriv�.
Pourtant, je crois que j'ai �t� plus proche que n'importe qui.
Je rentrerai de Nashville dans quatre jours. Sera-t-il pr�t ?
Monsieur, vous me demandez un couteau unique.
Un couteau que le monde n'a jamais vu auparavant.
Il me faudrait deux semaines au moins.
J'ai le pressentiment que je vais avoir besoin de ce couteau.
Vraiment besoin.
Alors �a sera pr�t dans quatre jours.
Merci.
Sam, �teins le four. Nettoie-le.
Ne laisse pas tra�ner la cendre.
- Pr�pare un nouveau creuset. - Active-toi.
Jackson, rassemble notre meilleur fer forg�. D�p�che-toi.
- Sam, on va faire de l'acier. - Oui, monsieur.
Plus de charbon. Il faut que �a soit plus chaud.
Plus chaud.
M. Black, qu'est-ce que vous allez faire ?
Plus de chaleur !
Cet acier offre un tranchant que vous n'avez jamais vu.
Je l'ai tremp� sept fois.
Il est superbe.
Je n'aurais jamais pens� qu'un tel couteau puisse exister.
Il n'y en aura jamais d'autre.
Je l'ai fondu avec un fragment d'une �toile.
Pour le meilleur ou le pire, ce couteau a un peu de paradis en lui.
Ou un peu d'enfer.
Ne chantons pas si fort avant d'avoir vu leur argent.
On va le voir. Jim a rapport� la preuve maintenant,...
ils peuvent plus tergiverser.
Une fois qu'on l'a, cette propri�t� � Rapides Parish n'est pas ch�re.
- On devrait l'acheter. - Pas moi.
�a ne vous ressemble pas. Que se passe-t-il ?
Vous pensez �tre assez riche ?
Je me sens comme un homme sur son 31 avec nulle part o� aller.
Je peux vous parler seul � seul ?
- Bien s�r. - Veuillez nous excuser.
Comme vous et Juan Moreno n'�tes pas en tr�s bons termes,...
il m'a demand� de vous remettre le paiement de son pari.
- C'est un homme tr�s prudent. - Peut-�tre.
Il y a un acte sign� pour 12 hectares de terres � coton...
et 5.000 dollars en liquide.
Je dirais qu'il est rapide.
J'aimerais �tre aussi rapide.
Franchement, je suis plut�t � court.
Malchance aux courses. Malchance aux cartes.
Je dois beaucoup � Jack Studentvant.
Studenvant ? Vous avez jou� avec lui ?
Il vous a vendu un bon cheval, non ? Je pensais qu'il �tait honn�te.
Ce que je voulais dire,...
pourriez-vous m'accorder l'emprunt de ces 5.000 dollars ?
C'est votre cheval qui a provoqu� tout �a.
Vous me le devez presque.
Et si je ne crois pas vous le devoir ?
Dans ce cas, vous penserez peut-�tre le devoir � Judalon.
Ce serait une humiliation terrible pour elle...
si je ne r�glais pas mes dettes.
- Est-elle au courant ? - Elle n'en sait rien.
Au fait, j'ai un mot de sa part.
Elle l'a donn� � un des domestiques, mais il est venu me voir.
J'ai pris la libert� de le lire.
Elle dit qu'elle aimerait vous voir dans notre maison d'�t�...
� neuf heures ce soir.
Jim, j'avais peur que vous ne receviez pas mon mot.
Je l'ai re�u. De Philippe.
J'aurais d� m'en douter. J'ai l'habitude d'�tre surveill�e.
Ses actes ne devraient pas me surprendre.
Jim, je n'aurais pas pris le risque de vous rencontrer, mais...
Enfin, je vais divorcer.
Pas parce qu'il joue tout son argent et tout le mien,...
mais je ne peux vivre avec un homme que je n'aime pas.
Je sais cela maintenant.
Mais vous ne pouvez demander le divorce. Ce n'est pas permis ici.
Je sais que �a n�cessite une loi d'un l�gislateur.
J'ai des amis haut plac�s dans la politique.
Cela peut se faire et je vais le faire.
Mais ne pensez pas que je ne sache pas ce que cela signifie.
Ils riront derri�re mon dos et entacheront mon nom.
Je ne veux pas affronter cela seule.
Jim, je sais qu'il y a de l'animosit� entre vous et Juan Moreno.
Me promettrez-vous de ne pas vous battre avec lui ?
Je vous veux en s�curit�. Je vous veux pr�s de moi.
Je vous le promets. S'il y a un d�fi, il ne viendra pas de moi.
J'esp�rais que vous diriez cela.
Judalon,...
quand l'heure viendra, m'�pouserez-vous ?
Je ne peux r�pondre � cette question.
Mais quand l'heure viendra, peut-�tre me reposerez-vous la question ?
- Je ferais mieux de rentrer. - Oui.
- Voil�, g�n�ral. - Merci.
- Docteur. - Merci, mon gar�on. Tenez.
Eh bien, Dr. Maddox.
Le dernier.
On se demandait si tout le monde allait payer sauf vous.
Voici votre argent,
mais vous aurez peu de temps pour en profiter.
Vous ne me laissez pas le choix.
Serez-vous un de mes seconds, g�n�ral ?
Avec plaisir.
J'aurais souhait� que vous m'offriez le privil�ge de vous tuer moi-m�me.
Jim, me repr�senterez-vous �galement ?
La barre, demain matin.
Le plus t�t sera le mieux.
Juan Moreno et le juge Crain me repr�senteront.
Bonsoir, messieurs.
Incapables payer comme des gentlemen.
Ils veulent du sang pour leur argent.
Il faudra faire plus que de se tenir pr�ts demain.
Ils vont en faire une bataille.
J'aurais d� dire non l�-bas.
J'ai promis de me tenir � l'�cart de Moreno.
Pourquoi lui promettre quoi que ce soit ? Elle est mari�e.
Pas pour longtemps. Il y a un �chappatoire.
Alors, elle va t'�pouser ?
Elle ne t'a pas r�pondu franchement, je parie. Elle ne le fera jamais.
Ce n'est pas qu'elle ne t'aime pas, elle aime ce dans quoi elle est n�e.
Je peux lui donner �a maintenant.
L'argent ne te fait pas ce qu'elle appelle un gentleman.
Tu ne pourrais pas plus l'�pouser...
que Jack pourrait inscrire un cheval dans la Coupe Duncan.
As-tu fini ?
Je ne sais pas ce que Juan Moreno signifie pour elle,...
mais il l'a vue beaucoup ces derniers temps.
Peu importe ce qu'il soit d'autre, ou l'�ge qu'il a,...
il est toujours ce qu'elle appelle un gentleman.
Tu as fini ?
Je suis ton fr�re et il faut que je te le dise.
Partons de Natchez.
Elle est comme une vigne autour d'un arbre.
- Elle t'�touffera jusqu'� la mort. - Tais-toi !
- Jim ! - J'ai dit, tais-toi !
Chez les Bowie, on a la t�te dure.
- J'aurais pu te tuer. - Oui, t'aurais pu.
On oublie. J'ai oubli�.
Un, deux, trois.
Messieurs, vous avez tous deux prouv� votre courage.
Nous avons de la chance que personne n'ait �t� bless�.
Vous souhaitez tirer de nouveau ?
- Oui. - Oui.
Pr�parez-vous � tirer.
- Vous tirez trop vite. - Je l'aurai cette fois.
Etes-vous pr�ts, messieurs ?
- Pr�t. - Pr�t.
Un,...
deux,...
trois.
Messieurs, pas m�me l'interpr�tation la plus stricte du code...
n�cessite que vous tiriez une troisi�me fois.
J'esp�re que vous consid�rerez votre honneur satisfait.
Serrez-vous la main.
Maddox, si vous �tes un homme, vous tirerez de nouveau.
Maddox ! Tirez de nouveau.
- Restez en dehors de �a, Crain. - On est venu r�gler un compte.
Je vous demande, allez-vous le faire ?
J'ai tenu t�te deux fois. Cela suffit.
Je vais r�gler �a.
Messieurs, c'est un champ d'honneur !
Voici ce que dit "The Herald".
"C'est Bowie, tombant bless�,...
une lame en acier dans la poitrine,...
anim� uniquement par sa f�rocit� mortelle,...
qui a fait reculer le groupe de Crain."
"Un d�mon vengeur, un couteau qu'il a mani� comme un Excalibur moderne,...
irr�sistible contre toute d�fense humaine."
Tu deviens c�l�bre.
Ce n'est pas le type de c�l�brit� que je veux.
Va lui chercher de la limonade.
Ce que tu lis ne lui fera pas baisser la fi�vre.
- �a va aller. - Va chercher des bandages.
Tenez-moi compagnie. Je risque de me perdre ici.
C'est arriv� pour toi. J'imagine que tu sais qui l'a envoy�.
Je serai dans l'entr�e si tu as besoin de moi.
Un homme comme toi pose son coeur sur quelque chose et y reste attach�,...
que ce soit une fortune, une querelle ou une femme.
M�me une femme mari�e.
Mais tu peux te remettre de �a...
si tu sors et trouve quelqu'un d'autre pour prendre sa place.
Le Livre dit que ce n'est pas bien pour un homme de vivre seul.
Cherche quelqu'un pour remplir ta vie.
Tu ne peux la remplir avec une feuille de papier.
c'est merveilleux de vous revoir d'aplomb.
J'ai commenc� � me remettre d�s que votre mot est arriv�.
J'�tais inquiet aussi.
J'avais peur que Moreno signifie quelque chose pour vous,...
et que vous m'en voudriez pour ce qui s'est pass�.
Vous en vouloir ? Je sais que vous deviez le faire.
Mais, Moreno signifiait quelque chose pour moi, Jim.
Et pour vous aussi.
Il �tait le seul que je connaisse qui puisse me lib�rer de Philippe.
Le seul homme avec suffisamment d'influence dans le corps l�gislatif.
Il essayait de faire voter une loi pour le divorce ?
Pourquoi ne me l'avez-vous pas dit ?
Je voulais, mais j'avais peur que vous ne compreniez pas.
Mais Moreno ne donnait jamais contre rien.
- Vous alliez l'�pouser? - Non. Peut-�tre qu'il l'esp�rait,...
mais il savait ce que je ressentais pour vous.
J'essayais de le cacher, mais je n'y arrivais pas. Pas assez bien.
Dans votre coeur, vous devez savoir...
pourquoi il voulait se d�barrasser de vous.
Vous voulez dire qu'il ne pouvait vous faire plus confiance que moi ?
Il avait aucune raison de me faire confiance. Vous en avez.
C'est facile de dire cela alors que vous �tes Mme Cabanal.
Je vous ai dit que j'allais au Texas,...
et que je ne rentrerais pas jusqu'� ce que le divorce soit prononc�.
J'y vais toujours, mais je ne reviendrai pas.
Emmenez-moi avec vous.
Vous �tes sinc�re ?
Je suis sinc�re si vous dites que vous le voulez aussi.
Si je vous veux...
Vous �tes la raison de tous mes actes depuis que je vous ai rencontr�e.
Vous serez toujours la raison. Je vous voudrai toujours.
Mais savez-vous ce que cela signifie si nous allons au Texas ?
Ce que cela signifie o� que nous allions ?
C'est un nouveau pays, n'est-ce pas ?
Ils ne poseront pas de questions.
Ils poseront des questions partout.
Mais je vous promets ceci.
Ils ne les poseront pas haut et fort.
J'en suis certaine.
- Si seulement... - Si seulement quoi ?
Philippe. Il est si faible, si stupide.
Il peut �tre cruel parfois.
Mais je ne peux oublier ce que cela lui fera.
Si seulement il n'�tait pas d�j� dans une si mauvaise situation.
- Joue-t-il toujours ? - Pire que �a.
Il a tellement de dettes envers Studenvant qu'il le force...
� tricher envers d'autres joueurs. Il ne peut m�me pas partir.
- Studenvant le poss�de. - Je m'occuperai de Studenvant.
On quittera cet endroit en r�gle.
Soyez pr�te ce soir.
Eh bien, Bowie, qu'est-ce qui vous am�ne ici ?
On m'a dit que vous �tiez tr�s bon au couteau.
- Je n'ai jamais rencontr� meilleur.
- Vous en avez un en face de vous.
On m'a dit que vous ne provoquiez jamais personne.
Je provoque ici m�me.
Ou pr�f�rez-vous que je jette un oeil sur ces cartes que vous distribuez ?
Vous vous sentez assez fort pour un cercle de 3 m�tres avec les poignets attach�s ?
D�barrassez la table. Dessinez un cercle � la craie.
Si �a se passe mal, tu attrapes Bowie, compris ?
Pr�ts, messieurs ?
Pr�t.
Pr�t.
Allez-y!
Allez, finissez-en.
C'est fini. Je ne pense pas...
que vous distribuerez beaucoup de cartes avec cette main.
Ne vous approchez pas de moi !
Il ne vous d�rangera plus. Retournez � la Nouvelle Orl�ans et restez-y.
Trouvez o� il va.
Je le veux mort.
Que s'est-il pass� ? O� est-elle ?
J'ai attendu une heure pr�s de la maison.
Puis, quand le majordome est venu me voir,
elle n'�tait pas l�.
Elle a pris le bateau de nuit pour la Nouvelle Orl�ans avec M. Cabanal.
- Le majordome a menti. - Non, il n'a pas menti.
Il a dit la v�rit�. Vous voyez ?
Il m'a donn� ce mot. C'est pour vous de sa part.
Jim, je n'ai pas de courage. Philippe et moi
sommes faits l'un pour l'autre. Ni lui ni moi n'avons de courage. Judalon.
- Viens. - On va o� ?
Nous allions au Texas, non
Je me souviens qu'il y a une cabane plus loin.
On peut dormir l�-bas ce soir, non ? - Non.
- Mais les chevaux. Il est fatigu�. Vous ne croyez pas qu'il a besoin de repos ?
Ils ne sont pas si fatigu�s.
- Est-il mort ? - Si, se�or.
- Celui-ci est toujours vivant. - Si on le laisse l�, il mourra.
Emmenez-le dans la voiture.
- Mettez-le l�-haut. - On ne peut pas. A l'int�rieur.
- Il n'y a pas de place. - On en fera. D�p�chez-vous.
- Entrez aussi.
- Et vous ? Je vais me mettre pr�s du chauffeur.
- Bowie ? - Je ne sais pas.
Je n'ai pas trouv� son corps. Mais j'ai trouv� �a.
Bowie n'aurait jamais laiss� �a s'il avait �t� sur pied.
J'ai vu des traces de voiture. Peut-�tre qu'ils l'ont pris.
Peut-�tre.
Va le chercher. D�p�che-toi !
J'apprendrai. J'apprendrai.
Aide-moi, j'apprendrai.
Alors, � quoi ressemble le monde pour vous ?
J'ai eu peur un moment que vous ne le revoyiez plus.
- Mon couteau. O� est-il ? - Ne vous inqui�tez pas pour �a.
Vous ne pourriez m�me pas vous servir d'une fourchette.
J'ai plus pris soin de chevaux que d'humains.
Je voulais essayer ce truc sur quelqu'un.
Tenez. Essayez d'avaler �a.
Voil�, �a va ?
Je me souviens maintenant pour mon couteau.
Mais qui m'a apport� ici ?
Vous ne l'avez pas vue ?
Quel dommage. C'�tait une vraie princesse.
Elle vous a apport� ici avec classe, vraiment.
Elle, tremblant sur la voiture, et vous bien au chaud � l'int�rieur.
Je vous ai regard� et je me suis dit,...
"Quelle mani�re �l�gante de mourir".
Elle ? Qui �tait-elle ?
C'est juste ici.
Se�orita de Varamende,
fille de son Excellence le vice-gouverneur du Texas.
Sur le chemin du retour � San Antonio.
Elle a un superbe port de t�te.
Douce et gentille comme je n'ai jamais vu.
Elle est all�e en Espagne aussi.
De vrais doublons espagnols.
Elle les a laiss�s pour que vous les gardiez ou qu'ils soient enterr�s,...
selon ce qui arriverait.
J'ai de l'argent. Pourquoi fallait-elle qu'elle...
Une bonne samaritaine comme elle ne regarde pas dans les poches.
Elle a vraiment pris bien soin de vous, corps et �me.
Elle a laiss� �a pour vous, avec une petite pri�re.
Pour moi, c'est �a qui vous a sauv�.
Je pouvais pas faire grand chose.
Combien de temps vais-je rester alit�, docteur ?
C'est un peu difficile � dire.
Je ne crois pas que vous quitterez ce lit avant trois ou quatre semaines.
A moins que le Seigneur vous emporte.
Si vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez-moi.
Essayez de dormir si vous pouvez.
Elle �tait bonne, celle-l�. "A moins que le Seigneur vous emporte".
- Je ne parle pas espagnol. - Je parle anglais.
Je suis venu vous remercier de m'avoir sauv� la vie.
Je ne pourrai jamais assez vous remercier.
Mais je vous ai rapport� l'argent que vous m'avez laiss�.
Se�or. Est-ce vraiment vous ?
Je sais maintenant. �a doit �tre ton Americano bless�.
Celui qui �tait si s�duisant, tu avais dit.
Le gladiateur bless� avec le visage d'un noble Romain.
Monsieur, je suis Ursula de Varamende. C'est ma soeur Theresa,
qui a l'ou�e fine et une bonne m�moire.
N'as-tu pas assez pratiqu� pour aujourd'hui ?
- Oh. Je vous prie de m'excuser. - Oui.
Avez-vous fait tout le chemin depuis San Antonio pour m'apporter �a ?
En partie.
Mais surtout, pour voir la bonne samaritaine qui m'a sauv� la vie.
L'argent ne signifie rien,...
mais vous voir ici vivant le rapporter vaut beaucoup.
Si vous voulez, je le donnerai � l'�glise.
Sauf ceci.
J'aimerais beaucoup la garder.
Je vous l'ai donn�e ce soir-l�.
Elle est toujours � vous.
Vous devez �tre tr�s fatigu� apr�s un si long voyage.
Pedro va vous montrer votre chambre.
Mais je ne peux rester ici.
Mais, se�or, c'est la maison du gouverneur.
Que vous pr�f�reriez une autre serait tr�s impoli.
En outre, vous avez dit que vous �tiez venu de loin pour me voir.
Et c'est ici que je vis.
Il est tr�s agit�, car �a doit �tre pr�t dans deux semaines...
� temps pour la posada de No�l. Le festival.
On donne une soir�e merveilleuse � ce moment-l�.
C'est tr�s dommage que vous ne puissiez y �tre.
La pi�ata va trop vite pour moi. Qui d'autre veut essayer ?
Nous allons vous donner une autre chance, Se�or. Mais sans astuces.
Non, j'ai eu ma chance.
Vous voulez toucher la pi�ata pour moi, petite ?
Moi ?
Veuillez vous asseoir.
Vous vous demandez peut-�tre pourquoi je vous ai �loign� de la posada.
Et d'Ursula.
J'ai le sentiment que vous vous demandez...
pourquoi j'ai abus� de votre hospitalit� si longtemps.
C'est un plaisir.
Mais je vous parle non pas en tant qu'h�te, mais en tant que gouverneur.
Vous �tes un homme c�l�bre.
M�me ici au Texas, on a entendu parler de vos duels.
Vos combats magnifiques alors que tout �tait contre vous.
Vous avez une grande r�putation, mais li�e � la violence.
Je dois donc vous demander quelles sont vos intentions.
Se�or, je suis venu au Texas...
uniquement parce que, pour des raisons personnelles,
je veux �tre en dehors des Etats-Unis pendant un temps.
Je n'avais aucune intention de m'installer ici pour de bon,...
mais maintenant si.
Je dois admettre que je ne suis pas surpris.
Mais vous rendez-vous compte qu'ici, faire la cour...
est un processus tr�s long ?
Oui. Je n'ai aucune raison de penser que j'en sortirais gagnant,...
mais j'aimerais pouvoir essayer.
Eh bien, vous me forcez maintenant � parler non en tant qu'h�te,...
ni gouverneur,...
mais en tant que p�re.
Comprenez-moi, vous me plaisez et je vous admire.
Mais je ne peux totalement oublier votre pass� violent.
Grands dieux, vous avez �t� mari� � un couteau.
Les hommes l'ont appel� votre ma�tresse de fer.
Se�or, je n'ai plus le couteau.
Seul un fourreau vide demeure.
Salud.
Salud.
Je partirai demain matin.
Mais uniquement pour r�gler mes affaires.
J'ai parl� � votre p�re.
Il m'a donn� la permission de...
Ursula...
Voulez-vous m'�pouser ?
Je vous �pouserai, si vous voulez de moi.
Bien s�r que je vous veux.
Vous �tes ma seule raison d'�tre ici.
La seule raison pour laquelle je veux rester.
Ah oui ? Je me pose la question.
Je sais ce que je ressens.
Ce que j'ai ressenti d�s la premi�re fois que je vous ai vu.
Mais �tes-vous s�r que vous �tes ici � cause de moi,...
ou �tes-vous ici � cause d'un �v�nement l�-bas ?
Qu'est-ce qui vous fait dire cela ?
Ce soir-l�, quand on vous a apport� � l'auberge,...
je vous ai entendu prononcer un nom.
Je n'avais jamais entendu ce nom auparavant.
Je ne savais m�me pas si c'�tait un nom d'homme ou de femme.
Je sais maintenant que c'est un nom de femme.
Ce soir, votre p�re avait ses propres soucis.
Si j'avais laiss� mon ancienne vie derri�re moi ou non.
C'est plus que le couteau qui a disparu, Ursula. Tout a disparu.
C'est vrai ?
Vous portez toujours le fourreau.
Jack, j'ai des nouvelles pour toi.
- A quel sujet ? - Bowie. Il �tait en ville.
Il a vendu une parcelle de terre. Il est rest� une heure et est parti.
- O� est-il all� ? - Il a rat� la diligence,...
alors il a pris le bateau. Tu l'attraperas � Fells Landing.
Autre chose, monsieur ?
Non.
Merci, monsieur.
- Gar�on ? - Oui, M. Bowie ?
- Veuillez servir mon d�ner ici. - Je vous apporterai la note.
Alors, le Texas ne t'a pas gard� finalement.
J'ai bien peur que si.
Comment va Philippe ?
Est-il � bord ?
Je suppose que oui, bien que je ne l'ai gu�re vu ces jours-ci.
Vous l'avez sauv� de Studenvant, mais il trouve toujours quelqu'un d'autre.
Ne pouvons-nous pas parler de quelque chose de plus gai ?
De Jim Bowie, par exemple ?
Dites-moi ce que vous avez fait.
Rien qui ne vous int�resserait.
L�chez-moi. L�chez-moi !
L�chez-moi !
Vous croyez que je suis so�l, hein ?
Je suis so�l. Mais pas assez.
Mais je vais l'�tre. Je vais l'�tre !
Ils ont tout pris. Chaque dollar.
Que voulez-vous dire ? Ils n'auraient pas pu.
Chaque penny !
Je ne rentre pas � la Nouvelle Orl�ans. Vous comprenez ?
Je n'y retourne pas. Je ne peux pas y retourner !
Bonjour, Philippe.
Oh, c'est vous.
Depuis quand �tes-vous � bord ?
Vous... vous trouvez toujours quelqu'un, non ?
Qu'a-t-il fait ?
Des amis l'ont envoy� � St Louis pour vendre leur coton.
On est parti avec presque 50.000 dollars en liquide.
Et ce n'�tait pas notre argent. Philippe Cabanal.
Comme je me suis battue pour garder l'honneur de ce nom.
Maintenant, c'est une honte de le porter.
Je l'ai d�shonor� ?
Qui voulait que je joue avec l'argent de quelqu'un d'autre ?
Demandez-lui.
Judalon de Bornay. Fiert� et dettes.
Voil� ce qui fait les de Bornay.
C'est pour cela qu'elle m'a �pous�. Pour rembourser ses dettes.
Pour rembourser ses dettes.
Maintenant, que me reste-t-il ?
Pas m�me ma fiert� !
J'esp�re que vous ne le croyez pas.
Vous ne pouvez pas le croire.
Gardez-le ici.
Je mise 500.
Je relance de 1000.
Et 5000.
Qu'est-ce qui se passe ? T'es pas un thunard, si ?
- O� est la chambre de M. Bowie ?
- L�-bas, monsieur.
Il joue au poker dans le saloon des hommes.
- Dois-je lui laisser un message ?
- Non, je le verrai plus tard.
Je relance avec les 1000 dollars qui me restent.
Et cinq.
Je vous montre.
Gar�on ? Donnez-moi les cartes.
Mettez-les l�.
Ne les retournez pas.
On a commenc� avec un jeu vierge.
A vous trois, vous avez fait une marque sur chaque carte.
Coin gauche, as.
Coin droit, roi.
Centre, reine.
Levez-vous.
Regardez sous son gilet.
Messieurs, c'est de l'encre sp�ciale.
J'ai un cadeau pour vous.
Vous conc�dez le pot, non ?
Remplissez-le.
Faites descendre le capitaine tout de suite.
Merci.
J'ai pris mon propre argent avec lequel je jouais.
C'est � peu pr�s ce que vous avez perdu.
- O� allez-vous ? - Le remercier.
N'y penseriez-vous pas ?
Cela peut attendre demain matin.
Rien ne peut attendre demain matin.
- Qu'est-ce que vous voulez dire ? - Je vous quitte.
C'est termin�.
Ce n'�tait pas le cas avant son arriv�e.
Vous n'allez pas le voir. Pas maintenant. Jamais.
M. Bowie ? Vous �tes vraiment � la hauteur de votre r�putation.
Nous savions que c'�taient des tricheurs... mais vous l'avez prouv�.
Le capitaine les a enferm�s. J'esp�re qu'il ne les rel�chera pas.
Avez-vous vu M. Studenvant ? Il vous cherchait.
- Studenvant ? Ici � bord ? - Oui, monsieur, il est mont� � Bells Landing.
Il est dans cette cabine.
- J'irai le voir demain matin.
- Oui. Bonsoir, monsieur. - Bonsoir.
Il est mort.
Je sais.
Nous serons � Kingston bient�t. Nous pouvons descendre l�-bas.
- Nous ? - �a para�t �trange, non ? "Nous".
C'est comme �a que cela aurait d� �tre, toujours.
Philippe vient de mourir, et vous pouvez partir.
Pourquoi pas ? Je ne m'inqui�te plus des apparences.
Mais il vous aimait. Il vous aimait assez pour tuer pour vous.
Je me demande ce que Philippe et moi avions en commun.
Je pourrais �tre allong� � sa place en ce moment. Mais vous ne l'�tes pas, Vous �tes ici.
Pr�s de moi.
Pensez-y, Jim, je suis libre. Il n'y a que nous deux maintenant.
Nous pouvons aller n'importe o�, faire tout ce que je voulais faire.
Nous pouvons commencer � vivre pour nous-m�mes, maintenant.
Judalon,
Je me suis dit que je revenais ici pour tout vendre.
Mais ce n'�tait pas la raison. C'�tait vous.
Si vous n'aviez pas �t� l�, je vous aurais trouv�e.
Je vous aurais trouv�e quelque part, d'une mani�re ou d'une autre.
L'argent que j'ai gagn�, c'�tait pour vous, pas pour moi.
Je sais.
Philippe est mort � cause de �a
Narcisse, Contrecourt, Moreno...
M�me Studenvant et ses hommes sont morts parce que je vous aimais.
Autrefois, j'ai failli tuer mon fr�re.
Mais vous saviez que je n'avais rien � voir avec �a.
Vous avez toujours eu quelque chose � voir avec �a.
Vous voulez dire que vous ne voulez pas de moi ?
Aucune femme ne vaut la vie de huit hommes.
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