All language subtitles for Lust.Caution.2007.720p.BluRay.x264-Japhson

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Original subtitles

OCCUPATION JAPONAISE DE SHANGHAI

CAMP RÉSIDENTIEL DU GOUVERNEMENT COLLABORATIONNISTE CHINOIS

Gardez confiance.

Au fait, félicitations pour la promotion de votre mari !

Officier responsable du riz. On a fait mieux !

C'est une denrée qui a plus de valeur que l'or !

Vous devriez écouter Yee Tai Tai !

Pourquoi moi ? Je ne suis pas le Bouddha !

Votre mari aurait dû m'écouter et ne pas

s'occuper des transports. Maintenant, il est absent

et vous faites à votre tête.

Je ne fais pas tout ce que je veux. Il y a, chez nous, toute sa famille en ce moment.

Non seulement je leur trouve des emplois,

il faut en plus que je les nourrisse ! Je mérite un salaire.

Exigez-le !

Mak Tai Tai va avoir l'impression

que le gouvernement de Wang est aux mains des épouses.

On dirait pourtant bien !

Il y a un autre paradis, au-dessus de l'Empereur,

mais les Japonais ne le comprendront jamais.

Allez-y, mangez tant que c'est chaud.

Oui, mais je suis déjà trop grosse, ce ne serait pas sage.

Tout le monde fait des stocks, en ce moment,

alors on peut amasser de la graisse.

Les gens font quoi, comme stocks, Yee Tai Tai ?

Vous savez que mon époux est dans l'importation !

Même si Hong Kong est tombé, des navires arrivent à quai.

Des médicaments occidentaux. Vous avez déjà tout vendu.

Dites-lui d'en importer d'autres.

Vous seriez toutes allées chez Shu Yu, hier.

Mak Tai Tai n'y était encore jamais allée.

Tout le monde a ri, quand je leur ai dit ça.

Il y a deux succursales, à Hong Kong.

Là-bas, les chefs Sichuanais n'ont pas à se donner trop de mal.

Les Hongkongais n'aiment pas la cuisine trop épicée.

Les plats étaient forts, hier, n'est-ce pas ?

Oui. Si forts que j'ai failli...

- Ma Tai Tai n'est pas venue, hier ? - Non, elle nous fuit.

J'ai eu un empêchement.

Vous nous faites faux bond après avoir promis de nous inviter !

Qui était très occupée quand j'ai appelé l'autre jour ?

J'ai dû passer chez Mak Tai Tai. Demandez-lui, si vous voulez.

Vous saviez d'avance qu'il n'y avait

aucune chance que vous nous invitiez ce jour-là.

Est-ce qu'il vous reste quelques bas ?

Non. J'ai tout vendu. J'en apporterai plus, la prochaine fois.

J'espère.

Il faut tout acheter au noir, à Shanghai.

Même des choses comme le dentifrice.

Quand vous venez en ville, je tiens à ce que vous logiez chez moi.

Il ne tiendra plus longtemps. Les Japonais viendront le chercher.

Ils n'ont pas dit s'il le voulait mort ou vif. Tâchez de le faire parler.

Monsieur, pour ce qui est du général Taicho,

ils n'ont pas trouvé le stock d'armes américaines.

Je dois le voir, tout à l'heure.

Son secrétaire a annulé votre souper.

Vous êtes prié de vous rendre au Q.G. japonais demain matin.

- Est-ce que vous pensez revenir, après ? - Non, j'ai rendez-vous.

Ma cousine m'a raconté qu'elle avait acheté

un diamant à un aristocrate russe, l'autre jour.

On voit ces pauvres Russes partout. Vous êtes sûre qu'il n'est pas faux ?

Vous avez commencé tôt, aujourd'hui !

Vous êtes chanceuse, ma chère, M. Yee vient vous encourager.

À moi ?

Le vôtre est joli.

Combien de carats ? Trois ?

Ce petit caillou ?

Mais il est déjà passé de mode.

Pin Fen, notre passeuse, m'a montré un diamant de cinq carats.

Il était gros, mais il brillait moins que le vôtre.

Ça m'aurait plu de le voir.

En fait, je n'ai pas pu le voir longtemps.

Pin Fen a des choses que peu de personnes ont.

Elle avait un diamant jaune, mais il n'a pas voulu me l'offrir.

Vous savez combien ça vaut, de nos jours ?

Le diamant dont tu parles faisait plus de dix carats.

Ce n'est pas un œuf de pigeon. Ce n'est qu'une pierre après tout.

Avec ça au doigt, tu ne pourrais plus jouer.

Tu ne me l'as pas offert et tu te justifies ?

J'ai gagné ! J'ai les treize lanternes merveilleuses !

Il me manquait une tuile !

M. Yee n'aurait pas dû médire les diamants.

- Il est venu gâcher notre partie. - Merci, M. Yee.

Vous devrez nous inviter à souper.

Avec joie ! Dites-moi où vous voulez aller.

Je suis vraiment désolée,

je viens de me souvenir que je devais passer voir quelqu'un, à 15 h.

Comment ça ? Il fallait le dire avant ! Ça ne se fait pas, ce genre de chose !

Ça a rapport avec les affaires de mon mari. Ça m'était sorti de la tête !

Vous pourriez jouer à ma place, M. Yee ? Je n'en ai pas pour longtemps.

Moi qui croyais que j'avais à nouveau de la chance !

J'ai rendez-vous. Ce sera peut-être pour une autre fois.

Vous me décevez, Mak Tai Tai.

C'est l'argent de mon époux.

Après tout ce temps, on va en récupérer une partie.

Si Liao Tai Tai peut venir, tout ira bien.

Amah ! Téléphonez à Liao Tai Tai !

C'est vous qui régalez !

Yee Tai Tai a dit de prendre sa voiture. Elle attend devant la maison.

C'est bien gentil à elle. Elle n'aurait vraiment pas...

Bon, c'est d'accord. Je descends.

Les voitures sont vraiment rares, à Shanghai.

Les gens n'ont plus de quoi payer l'essence.

Mak Tai Tai, vous semblez bien connaître la ville !

Oui, ma mère est de Shanghai.

Nous sommes partis à Hong Kong aussitôt que les Japonais sont arrivés.

Ah, je vois.

Ces étrangers ne sont autorisés à retirer que 20 yuans par jour.

Alors ils ne peuvent se payer que du pain sec.

- Je reviens vous chercher ? - Je prendrai un taxi, merci.

Je vous en prie.

- Un café, je vous prie. - Tout de suite.

- Pourrais-je téléphoner ? - Bien sûr.

J'ai dû faire une erreur.

Oui ?

Petit frère ? C'est moi !

Oui.

Je téléphone du café Kiessling. Tout se passe bien, à la maison ?

Ça va.

Ça va. Je n'avais vraiment pas le temps de téléphoner, c'est tout.

J'avais prévu de faire les magasins. J'y vais tout de suite après.

Je sais.

Bon. Pas plus de nouvelles ?

Non, rien d'autre.

Il faut que je te laisse.

Au revoir.

C'est l'heure.

QUATRE ANS PLUS TÔT

Battez les Nippons et on vous épousera !

Je n'ai pas dit que moi,

je le ferais.

On va épouser qui, vu que tous les hommes valides sont envoyés à la guerre ?

Il paraît que les Japonais ont pris Canton.

Tu crois qu'on sera plus en sécurité à Hong Kong ?

Il ne faut pas compter sur les Anglais pour nous protéger.

Pourquoi tu n'es pas à Londres, avec ton père ? C'est plus sûr qu'ici !

Il a emmené mon petit frère.

À la mort de ma mère, il a dit qu'il me ferait venir.

Ensuite, la guerre a éclaté.

Jamais je ne retournerai chez moi.

J'ai la possibilité d'aller à Hong Kong grâce à la guerre.

Une fois que j'y serai, je voyagerai dans le monde entier.

On se donne rendez-vous à côté du bassin et on repartira ensemble.

Lai Shu Jin !

Je voulais justement te voir !

Kuang Yu Min ? Et comment tu te souviens de moi ?

Je t'ai vue jouer sur scène,

avec la troupe féminine de l'école de Lingnan.

On lance une nouvelle troupe théâtrale. On commence les auditions demain.

Notre troupe n'a jamais joué avec des hommes.

On est juste des étudiants invités dans cette université.

Alors il faut se serrer les coudes.

On pourrait jouer Une Maison de Poupée, je connais par cœur le rôle de Nora !

Je doute qu'une pièce bourgeoise soit indiquée, en ces moments difficiles.

Ce sera une pièce patriotique pour financer la Résistance.

Tu peux venir aussi, si ça t'intéresse.

Je ne fais pas de théâtre et je suis en première année.

Peu importe. On a besoin de tout le monde pour sortir de là victorieux.

Nos soldats sont en train de mourir au champ d'honneur,

pendant que les Hongkongais vivent sans se soucier de rien.

Nos tambours et nos gongs vont les réveiller.

Comme tous les metteurs en scène, il fait à sa tête.

Mais c'est pour la Résistance. Les femmes devraient donc faire un effort.

Je crois que nous devrions nous joindre à sa troupe.

En tout cas, il a l'air très passionné !

Son frère a été tué par les Japonais,

alors ses parents lui ont défendu de devenir soldat.

C'est ça qui le motive.

Je ne veux pas non plus qu'il s'enrôle.

"Comme mon âme qui suit son destin, je retourne à la nature qui m'a nourrie."

Encore un peu plus à gauche.

Voilà. Parfait !

Allez, on essaie.

C'est pour qui, cette lettre ?

Mon père vient de se remarier. Je lui envoie mes félicitations.

Il y a des choses que je ne peux pas me résoudre à dire.

Oui, je sais, je sais.

J'ai un foyer, des enfants. Je suis un homme respecté et responsable.

Mais quand je vous regarde, je ne sais qu'une seule chose.

Ça ira mieux dès qu'on commencera à jouer.

Tante Chao !

On a trouvé ce soldat derrière les collines !

Xiao Hong ! Tu crois que c'est ton frère ?

Entrez vite !

Oh, mon pauvre fils ! Va faire bouillir de l'eau !

Comment tu t'es blessé comme ça, mon fils ?

C'est un soldat. Ce n'est pas votre fils !

Mon fils adoré sera de retour ce soir.

Il viendra souper. Pour lui donner des forces, je vais tuer un poulet.

Mon fils doit revenir ce soir. Il rentre à la maison aujourd'hui.

Mon fils rentre à la maison aujourd'hui.

Ma mère n'a plus toute sa tête, depuis le jour où on nous a annoncé

que mon frère était mort au front.

Je viens de finir de tricoter ce gilet pour mon frère.

Mais hélas, il n'en aura plus besoin.

- Prenez-le, je vous en prie. - Je ne peux pas, désolé.

Je n'ai rien à vous donner. Vous m'avez sauvé la vie.

Vous risquez votre vie pour nous tous.

Chaque fois que vous tuez un ennemi, vous vengez mon frère.

Je regrette d'être une femme.

Je dois rester à la maison et m'occuper de ma mère.

Avant son départ, j'ai promis à mon frère qu'il n'aurait pas à s'inquiéter.

Parlez-moi de lui.

Vous avez le même âge que lui.

Depuis la mort de mon père, vous voyez, il faisait vivre notre foyer à lui tout seul.

C'était un homme honnête et travailleur.

Pendant la moisson, il finissait en premier à chaque fois et allait aider les autres.

Il était aussi grand et fort que vous.

Je le suivais partout.

Il disait que le Ciel protégerait les gens honnêtes,

et qu'il fallait croire en Sa bonne étoile.

C'était le seul à pouvoir nous sauver. Il représentait tous nos espoirs.

Je m'incline devant vous !

Pour mon frère, pour le fier peuple de notre pays,

et pour toutes les générations à venir.

La Chine ne capitulera pas !

La Chine ne capitulera pas !

C'était fantastique ! Mille personnes criaient :

"La Chine ne capitulera pas !"

La Chine ne capitulera pas !

Tu exagères, il n'y a que 600 places ! Plus tous ceux dans les allées !

Ne jamais sous-estimer les Hongkongais !

Quand on jouait à Lingnan, le public ne s'est jamais enflammé.

Nous parlons d'une histoire vraie basée sur des faits vécus.

C'est pour ça que ça les a touchés à ce point.

Beaucoup d'eux pleuraient encore, en venant faire leur don.

À votre santé.

Grâce à ces dons, on peut finalement agir.

Trinquons ce soir et pensons au sort de notre pays demain !

Buvons, mes amis !

Au lieu de demander des dons, il faudrait qu'à l'entrée tout le monde paie !

On aurait un panneau qui dirait : "Paie ou bien dehors."

Quand ils apprendront que tu joues dedans, il faudra les payer !

Donne-moi la bouteille.

À notre vedette ! Il n'y a pas mieux pour faire venir les gens !

À notre vedette !

Je ne suis pas une vedette du tout !

Jeunes étudiants aujourd'hui

Piliers de la société demain

Aujourd'hui nos chansons résonnent en classe

Demain nous ferons des vagues pour sauver notre nation

D'énormes vagues déferlant pour toujours

Amis étudiants, unissons toutes nos forces

Et prenons le destin de notre pays entre nos mains !

Elle est allumée ?

Une actrice doit fumer.

Ça pourrait te servir pour jouer un rôle.

Wong a fumé ! Qui veut la cigarette ?

Merci.

C'est à moi de te remercier.

Wong Chia Chi.

Viens nous rejoindre.

L'autre jour, j'ai revu un gars appelé Tsao. On vient de la même ville.

En fait, lui et mon grand frère étaient très copains, à l'école.

On dit qu'il travaille pour un collaborateur à la solde des Japonais.

C'est un des agents de Wang Jingwei qui porte le nom de M. Yee

et qui se dissimule ici, à Hong Kong.

Wang Jingwei et son "mouvement pacifique" !

Ce sont des traîtres qui font honte à la nation ! Des chiens des Japonais !

Il est à Hong Kong pour enrôler de nouvelles recrues.

C'est bien, que j'aie vu Tsao.

C'est la chance de notre vie !

Une chance pour quoi faire ?

Je ne parle pas de carrière théâtrale.

Une salle exaltée qui verse des larmes bouleversantes,

ça ne vaut pas grand-chose, comparé à l'exécution d'un traître !

Ce sera bientôt les vacances d'été.

Nous pourrions changer d'identité et essayer de nous infiltrer chez Yee.

Étant donné que je connais Tsao, il nous le présentera sûrement.

Il nous faudrait des pistolets.

Aucun de nous n'a déjà tué qui que ce soit. On ne connaît que le théâtre.

Quand on est confronté à un vrai traître,

un fumier qui vendrait son pays, on le tue sans arrière-pensée.

Le problème, c'est de ne pas en tuer suffisamment.

Vous devez bien réfléchir. Nous risquons nos vies.

Si nous décidons de le faire, il faut le faire bien.

Si d'aventure ça finissait mal, nous pourrons mourir la tête haute.

Tuons un des larbins de Wang Jingwei !

Tu as mon soutien !

Je suis dans le coup !

Tu peux compter sur nous.

Je ne veux obliger personne à se joindre.

Tu peux compter sur mon soutien total.

- Tu as perdu ! - Tu es une sacrée maligne !

Il faut que tu boives.

Mon frère,

tu as bien fait de me recontacter.

Tant d'années ont passé loin de la famille. C'est bon de revoir un ami.

À l'amitié !

Levons nos verres à la santé du frère Tsao !

- J'espère qu'on peut compter sur ton aide ! - Je vais voir.

Est-ce qu'il y a une chance pour moi de travailler avec toi ?

Y a-t-il un poste vacant ?

C'est dur, comme travail.

Mais je vais m'informer.

- Où est Liang ? - Toujours au bar.

Qu'est-ce qu'il fait, là-haut ?

On a juste assez pour régler l'addition de ce Tsao !

Peut-être qu'il pourra lui soutirer plus d'infos.

Juste avec quelques verres ? Ça, j'en doute.

Les étrangers qui vivent là sont partis pour l'été.

On peut louer le deuxième étage pour deux mois.

D'où vient l'argent ?

Mon père me donne accès à une réserve d'urgence, à Hong Kong.

Mais ici, c'est bien trop chic !

Tu veux qu'Auyang soit M. Mak, un gros homme d'affaires

et Wong, sa femme belle et très fortunée.

Ils doivent vivre ainsi !

De nouveaux meubles et une domestique avec une queue de cheval.

Et peut-être que je devrais avoir un petit bouc.

Attendez là.

Ne t'essuie pas le nez avec. C'est ma plus belle cravate.

Ce n'est pas une répétition. Il n'y a pas de deuxième chance.

Pensez à votre rôle avant de parler.

Et pour éviter les erreurs, n'en dites pas trop.

Fais attention aussi.

Les voilà !

Mak Xian Sheng. Mak Tai Tai.

Et le cousin de M. Mak qui vient de ma ville, Kuang Yu Min.

Voici Yee Xian Sheng et Yee Tai Tai.

Amusez-vous bien ! Veuillez m'excuser.

Navrée pour le dérangement. Je vous ai fait faire un grand détour.

Vous connaissez bien Hong Kong, selon Tsao,

sinon on aurait pris l'auto de mon mari.

Ça ne nous dérange pas du tout.

Vous voulez faire les magasins autour de Central ?

Deux mois à Hong Kong et je ne connais que Repulse Bay et Central Bay.

C'est un peu gênant.

Faire les magasins à Tsim Sha Tsui. Qu'est-ce que vous en dites ?

D'accord.

À Tsim Sha Tsui.

Dépose-nous d'abord, tu iras après à ton travail.

Tu peux être un peu en retard, pas vrai ?

N'empêchons pas M. Mak de se rendre au travail !

La société est à sa famille, ce n'est rien.

Mak Xian Sheng, dans quelle branche est-ce que vous travaillez, au fait ?

Je fais de l'exportation, surtout.

Et un peu d'importation.

C'est un très beau quartier que le vôtre.

Nous ne l'avions pas vu, lorsque nous voulions acheter.

Nous louons cette maison.

Quand la guerre a éclaté dans le Nord, nous sommes partis de toute urgence.

Mak Tai Tai, vous avez vécu à Hong Kong toute votre vie ?

Je suis venue me marier ici.

Je suis originaire de Canton. Ma mère est de Shanghai.

Vous parlez sûrement le dialecte de Shanghai !

Quand j'étais plus jeune, oui. Je suis plutôt rouillée.

C'est de la province d'Anhui, que je viens. Mon Shanghaiais est hésitant.

Désolée de vous faire porter mes affaires. Je vous en suis reconnaissante.

Je vous en prie, ce n'est rien.

C'est un cousin, ne vous en faites pas. Il vient d'arriver à Hong Kong.

Comme ça, il a l'occasion de découvrir la ville.

Que faisiez-vous, lorsque vous étiez à Canton ?

Professeur dans une des écoles de la ville.

Je le savais ! Vous avez l'air éduqué.

Je pensais que vous étiez soit étudiant, soit professeur.

Bravo ! Vous avez l'œil, Yee Tai Tai !

Vous avez vu, tous les gardes en civil ? On ne peut pas l'avoir dans sa maison.

Mais il y a un garde en plus d'un chauffeur en déplacement.

Deux hommes que nous devrons éliminer ! Il nous faudra au moins deux pistolets !

C'est moins dur que de l'avoir dans sa maison.

Il faut être patients. Le premier contact a été pris.

Yee Tai Tai et Wong s'entendent très bien. Elle a dit qu'elle voulait la revoir.

Excusez-moi, je suis fatiguée.

- Wong Chia Chi, je peux entrer ? - Bien sûr.

Le tailleur s'est pressé.

Merci.

Alors, de quoi est-ce qu'il a l'air, ce M. Yee ?

Je ne l'ai vu qu'un instant.

Ce n'est pas ce que j'imaginais.

Notre cuisinier est parti sans crier gare.

Il n'a rien dérobé chez nous. Il s'est évaporé, c'est tout.

C'est ce qui nous a poussés sur la Péninsule. Ça fait cinq jours.

On a peur de retourner chez nous.

Mon mari dit qu'on n'y est plus en sûreté, qu'il faut trouver un autre logis.

On ne peut se fier à ces gens-là.

Et ces Cantonais, je ne comprends rien à ce qu'ils disent.

Ce qui est embêtant, c'est que personne ne cuisine shanghaiais comme lui.

Je connais un restaurant à Hong Kong, qui sert du shanghaiais exquis.

Leur spécialité, c'est la carpe et le poulet ivre.

Vous nous y accompagnerez ?

Mak Tai Tai vient de nous parler d'un vrai restaurant shanghaiais, ici.

Il est difficile. Les meilleurs restaurants ne l'enchantent pas.

C'est vrai ? Lequel ?

Le restaurant Chu Jia. C'est à Kowloon.

Les cuisines sont dirigées par l'ancien chef de chez Tang à Shanghai.

Ça me dit quelque chose !

Je rentrerai tard, ce soir.

Rappelle-toi que nous avons des invités, demain.

Bonsoir.

Vous recevez ? Et nous ne sommes pas invités ?

Il ne m'a même pas dit de qui il s'agit.

Ce doit être l'épouse de Wang Jingwei, Chen Pi Chun.

Ils veulent créer un nouveau gouvernement. Mon mari a aussi été contacté.

Ça veut dire que quelqu'un va monter en grade !

Je vous l'avais dit, hein ?

Que faisiez-vous, bon sang ?

Une partie de mah-jong. J'ai encore perdu, désolée.

Et Yee, tu l'as vu ?

Il a filé au bout d'une minute. Et on ne l'a pas revu de la journée.

Pousse-toi ! Je suis crevé !

Et une bouteille d'éliminée !

Félicitations !

On est là depuis un mois. Tu es satisfait d'une bouteille.

Tire-moi en plein cœur, ça évitera à mon père de le faire lui-même !

La voiture, le mah-jong, l'appartement, les tenues, et aussi tes putes, Liang !

On est en vacances ou on chasse le traître ? Je n'ai qu'un père !

Wong Chia Chi s'habille chic, tu joues les héros de la Résistance et moi ?

Je suis juste bon à jouer les chauffeurs ?

Mon père croit que je vis avec une danseuse et que je gaspille son argent.

Il a envisagé de me déshériter ! Trouvez-moi une solution, et vite !

On a les pistolets.

On devrait descendre des cibles faciles,

avant la reprise des cours.

On est tous venus de plein gré !

C'est injuste de tout mettre sur le dos de Kuang !

Pour ce qui est de l'argent, tu as raison, j'ai mal évalué les coûts.

On est des amateurs, mais on s'est fixé un objectif.

Wong a pu s'infiltrer chez les Yee

et vous voulez qu'on s'arrête en si bon chemin ?

Je connais tous les gardes, je vais faire

le coup moi-même et assumer les conséquences.

Ne sois pas bête. Comment approcheras-tu Yee ?

Je me débrouillerai !

Le dossier est dans mon bureau.

- Yee Xian Sheng. - Mak Tai Tai.

Ma voiture a eu une passe. Et maintenant, cet orage.

Amenez Mak Tai Tai à l'intérieur.

Hong Kong est tellement humide !

Il suffit de respirer l'air pour boire.

Ça fait des années que je suis installée ici et je n'y suis toujours pas habituée.

Ah, Hsaio Tai Tai !

J'avais peur que vous ne veniez pas, avec ce temps !

- Tu reviens déjà ? - Mon rendez-vous est annulé.

Mak Tai Tai, Chu Tai Tai, vous voilà.

On en a assez, d'attendre. Tu arrives juste à temps. On a besoin d'un joueur.

- J'ai du travail. - Seulement en attendant que Hsiao arrive.

Depuis quand tu n'as pas joué ?

Yee Xian Sheng, Yee Tai Tai vous fait les yeux doux !

D'accord.

Sept caractères.

Vent d'Est.

Mon mari aime le tissu acheté l'autre jour.

C'est le tailleur qui ne lui plaît pas. Vous pourriez nous en recommander un ?

Oui, j'en connais un. Ils font du bon travail.

Ils font des chipaos et aussi les costumes trois pièces.

Est-ce que nous pouvons essayer ce tailleur-là ?

Si ça te fait plaisir.

Sept cercles.

En ce moment, il y a beaucoup de touristes et ils sont plutôt débordés.

Va-t-on attendre plusieurs mois ?

Je suis une bonne cliente. J'ai toujours la priorité sur les autres gens.

Sept cercles.

Voilà ce qu'on va faire.

Quand Yee Xian Sheng aura du temps devant lui,

vous m'appelez à ce numéro et je vous y accompagne.

Mak Tai Tai, vous me l'avez déjà donné.

Huit cercles.

Quand il y aura des soldes, nous pourrions trouver d'autres tissus.

Yee Xian Sheng aime les costumes anglais, qui ne sont jamais en solde.

Ah, vraiment ?

Est-ce que ça veut dire que j'ai gagné ?

On dirait que la chance vous sourit, aujourd'hui.

J'ai failli ne pas m'apercevoir que j'avais gagné ! J'ai eu l'aide du Ciel.

Attention, on y va ! Et on tourne !

Tourne, tourne !

Et hop-là !

Là, continuez !

Yee Xian Sheng !

J'ai tout de suite reconnu votre voix !

Ajustez le col un petit peu.

Oui, ce sera mieux avec un col plus étroit, vous avez raison.

On pourrait aussi raccourcir les manches.

Qu'en dites-vous ? Vous seriez plus chic, si on les raccourcissait.

Je suis entre vos mains.

Les vestes aux cols ajustés, c'est la dernière mode.

Nous avons fait les retouches désirées.

Je vais l'essayer.

- Allez manger, ne m'attendez pas. - D'accord.

Mak Tai Tai est une de vos bonnes clientes.

Oui. Elle nous fournit beaucoup d'ouvrage.

Maintenant, elle est très ajustée. Je peux à peine respirer.

Votre femme voulait une robe dans ce tissu-là.

Et puis elle l'a trouvé trop voyant, alors je l'ai choisi pour moi.

Je ne sais pas trop. Je verrai plus tard. Je vais l'enlever.

Gardez-la.

- Rien de grave pour Yee Tai Tai ? - Tsao l'a conduite chez le médecin.

Elle a dit qu'elle avait une grosse migraine. Peut-être trop de mah-jong.

Ça déplaît également à mon mari, que je joue au mah-jong.

Je lui dis que les hommes ont plein de distractions

mais que nous, les femmes, n'avons que le lèche-vitrines et le mah-jong.

C'est un bon jeu. Ça nous fait rester à la maison.

J'espère que je n'ai rien interrompu, lorsque je vous ai téléphoné.

Non, mon époux est en voyage à Singapour,

alors ses amis sont venus pour me tenir compagnie.

Je sais qu'en fait, ils sont chargés de me surveiller.

Alors vous m'avez donné un prétexte idéal pour sortir.

C'est vrai ?

Il y a certaines choses que je préfère faire toute seule.

Ce que j'aime faire ne passionne pas mon mari.

- Dites-moi ce que vous aimez. - Le cinéma.

Comme mon mari ne veut pas y aller, j'y vais toute seule.

Ses amis et lui parlent toujours affaires. Personne ne s'intéresse au cinéma.

Je n'y vais pas non plus.

Ça n'a rien de surprenant. Il n'y a que les gens oisifs, qui y vont.

Ce n'est pas ça. L'obscurité ne me plaît pas.

Je vous sers à boire ?

Oui, mais juste une goutte.

Vous avez été si gentille, avec nous ! On connaît peu de gens, ici.

Je vous en prie. Ce sont des choses vraiment insignifiantes.

Rien n'est insignifiant. Quand on prête vraiment attention aux choses.

Il n'y a pas grand-monde, ici, c'est étrange.

C'est parce que la nourriture est infecte.

Veuillez m'en excuser,

mais c'est l'endroit idéal pour parler. Personne ne vient nous déranger.

Mak Xian Sheng m'a l'air de beaucoup travailler.

Je ne sais pas vraiment ce qu'il fait.

Il est encore en voyage d'affaires à Singapour.

Avoir un homme, c'est supportable,

tant qu'il n'est pas souvent là. Qu'en pensez-vous ?

Mak Xian Sheng travaille dans quel métier, déjà ?

L'import-export.

Si vous voulez en savoir plus, peut-être que je reviendrai en sa compagnie.

Entre hommes et femmes, les discussions sont toujours futiles.

Mais entre hommes, elles deviennent fondamentales.

Je vous jure que les futilités de ce soir sont un rare délice.

Je traite avec des gens haut placés,

qui parlent d'importantes affaires d'État et de la destinée de notre pays.

Mais peu importe les mots qu'ils peuvent prononcer,

je repère à chaque fois une chose dans leurs yeux.

Qu'est-ce que vous repérez ?

Qu'ils ont peur.

Mais vous,

vous semblez différente.

Vous n'avez pas peur, n'est-ce pas ?

Et vous ?

Vous avez de l'esprit ! Sauf pour les parties de mah-jong.

C'est vrai. Je perds toujours.

Sauf quand je joue avec vous.

- Devrais-je aller chercher votre costume ? - Je vous téléphonerai.

J'ai un autre rendez-vous, ce soir.

Mais j'ai encore du temps. Puis-je vous raccompagner chez vous ?

Ça ne vous embête pas ?

Bien sûr que non !

- Les voilà ! - Éteignez tout !

Fais le guet !

- Merci. - Je vous accompagne à la porte.

Vous vous dérangez pour rien.

Attendez ici.

Ils arrivent ! Éteignez !

Ils vont entrer !

Comme vous voulez. Mais si vous arrivez en retard, ce ne sera pas de ma faute.

C'est dommage, ce rendez-vous tardif.

Sinon, vous renverriez le chauffeur

et je vous inviterais à boire une tasse de thé.

Servez-moi un verre.

Il est toujours sur ses gardes.

Il a renvoyé ses gardes du corps quand on était chez le tailleur.

Il se méfie de tous, même de Tsao.

C'est simple, la prochaine fois tu le fais entrer et on lui brûlera la cervelle !

Il n'entrera jamais ici.

Si jamais il m'emmène quelque part, ce sera un lieu isolé, connu de personne.

Il a entrepris quelque chose ?

Ton mari est plutôt jaloux !

Pas encore. Mais je sais ce qu'il désirait,

autrement il ne serait pas venu jusqu'ici.

Il n'a pas osé me suivre,

mais il est longuement resté devant l'entrée.

Il a dit qu'il me rappellerait.

Je voulais l'attirer dans un cinéma,

où il serait plus facile de vous enfuir ensuite.

Mais il est rusé et très prudent. Il déteste les lieux obscurs.

Lorsqu'il va retéléphoner, ce sera sérieux, cette fois.

Il ne pourra plus se passer de moi et il fera de moi sa maîtresse.

Dites-moi, que se passera-t-il, par la suite ?

Qu'est-ce que ça veut dire, pour moi ?

Tu sauras comment lui plaire ?

Intimement ?

Je n'ai pas le choix, à ce que je vois !

Lequel ?

Le seul qui a de l'expérience, c'est Liang.

Avec des putes !

- Tu veux un verre ? - Pas besoin.

Tu peux éteindre la lampe.

Tu commences à savoir faire !

Je me passerais de tes remarques.

- Le repas est prêt. - Je n'ai pas faim.

On a fait du congee !

Yee Tai Tai ! Comment allez-vous ?

J'ai essayé de vous appeler, mais vous étiez absente, ce jour-là.

Je voulais savoir si le tailleur avait fini vos habits.

Que se passe-t-il ?

Pourquoi ça ?

Vous retournez à Shanghai ?

Mes félicitations !

Je voulais venir. Je peux venir maintenant ?

Je n'avais pas de nouvelles depuis quelques jours,

alors je voulais passer chez vous.

Je vais passer à l'aéroport.

Je devrais vous inviter à déjeuner.

C'est tellement soudain !

Bien sûr.

Saluez Yee Xian Sheng de ma part.

Faites bon voyage.

Au revoir.

J'espère que je ne vous dérange pas !

Je vois que tu es passé de chauffeur à déménageur.

Tsao. Qu'est-ce qui t'amène ?

Je rends visite à Mak Xian Sheng et Mak Tai Tai.

Et aux merveilleux enfants de la famille Mak.

Sérieusement ?

J'ai tout de suite su qu'il y avait anguille sous roche.

Mais je n'ai rien dit, en attendant de voir ce que vous combiniez.

M. Mak va à l'université de Lingnan ?

Tsao, ne fais pas le con, d'accord ?

Écoutez-moi.

Yee Xian Sheng est retourné travailler à Shanghai sans moi.

C'est le moment idéal de changer de côté.

Je sais beaucoup plus de choses que vous tous.

Et vos supérieurs trouveront sûrement mon aide très précieuse.

Dis-nous combien tu veux.

Pour vous, disons une dizaine de taels d'or.

C'est sans compter Mak Tai Tai, ça va de soit !

Pour elle, Yee Xian Sheng paierait un bonus.

Tu l'auras voulu !

Tu es un dur à cuire, toi !

Tu es un espion de la Résistance.

Tu aurais dû me venir en aide, au lieu de m'utiliser ! Pourquoi ?

On vient de la même ville !

Quand on travaille pour un sale traître, il faut en assumer les conséquences !

Il est encore vivant !

SHANGHAI - TROIS ANS PLUS TARD

C'est ouvert !

- Tu es de retour - Bonjour.

Me revoilà, tante Jen.

Y a-t-il une lettre de ton père ?

Je passerai voir tout à l'heure.

Bon, je pars. Je vais en cours.

Vous la laissez aller à l'école ?

J'ai vendu la maison que lui avait laissée son père.

Je lui ai juré qu'elle terminerait l'université. Je tiens toujours mes promesses.

En Japonais,

on utilise des mots différents selon l'interlocuteur.

Toi...

à moi...

- Une place pour La Chanson du Passé. - D'accord.

C'est un nouvel air ?

Je vous demande pardon ?

C'est un nouvel air ?

Je ne vous avais pas entendu. Oui, on vient de le recevoir.

Ça me plairait de danser dessus.

À chaque fois, c'est pareil !

Rapporte les fruits secs.

La guerre pour libérer l'Asie sera bientôt gagnée.

Nous subissons l'oppression anglaise et américaine depuis 500 ans.

Le peuple asiatique

s'est enfin débarrassé du joug de l'Occident.

L'Asie sera sous peu rendue aux Asiatiques.

La lutte continuera jusqu'à ce que l'Asie appartienne à nouveau...

Tu ne t'en doutais pas, n'est-ce pas ?

Quand on était à Hong Kong,

pendant ces quelques semaines, on était tout le temps observés.

Le soir où tu es partie, ils ont pris contact avec nous.

Ils ont effacé toutes nos traces et nous ont évacués de là en secret.

Tu parles de qui ?

Des services secrets de la Résistance.

Ils ont organisé l'élimination de nombreux collaborateurs notoires.

Le chef des concessions publiques

et le maire de Shanghai, par exemple.

Quels imbéciles !

Notre idée était totalement absurde.

Moi plus que vous tous !

J'étais si naïve !

Tout est de ma faute.

Nous l'avons tous payé très cher.

Comment vont les autres ?

Ils font aller.

Où sont-ils ?

De-ci, de-là. Navré, mais je ne peux pas te le dire, pour l'instant.

J'essayais de te retrouver.

Je n'ai pas repris les cours.

J'ai enseigné les langues dans une école coloniale.

Je n'ai que de vagues souvenirs, de cette période-là.

Mon père m'a envoyé une lettre. Il disait

qu'il n'avait pas de quoi me faire venir en Angleterre.

Et il me demandait d'aller chez ma tante, à Shanghai, pour continuer mes études.

Après l'invasion de Hong Kong par les Japonais, c'était difficile de repartir.

J'ai reçu l'autorisation seulement en avril.

Tu sais, Kuang, depuis toute cette histoire, je me sens vide et inutile.

Alors je m'offre à aller en cours et même, à endurer les leçons de japonais.

C'est bien, que tu aies repris l'université.

Pour moi, c'est terminé.

Alors tu m'as retrouvée juste pour me demander pardon ?

J'ai une mission à te proposer.

Le travail que tu avais commencé, à Hong Kong, est inachevé.

À présent, Yee dirige les services secrets du Wang Jingwei.

Il est chef de la police, mais c'est le bourreau des Japonais, en fait.

Il tue sans pitié juges, journalistes, tous ceux qui soutiennent la Résistance,

ainsi que nos propres agents.

On a laissé passer notre chance, il y a trois ans. Aujourd'hui, il est protégé

par toute une armée de gardes du corps.

Il n'y a plus moyen d'avoir sa peau !

Non, je veux plus d'argent que ça !

D'accord.

Ne touchez à rien !

Appelez-moi Vieux Wu.

Je pense que Kuang vous a mise au courant du plan.

Asseyez-vous.

Je n'irai pas par quatre chemins.

Avant toute chose, les détails les moins drôles.

Ne vous lancez pas sans avoir cousu ceci dans vos vêtements.

Juste au cas où vous seriez faite prisonnière.

On ne sait jamais.

Vous ne souffrirez pas, mais vous devrez faire vite.

Prenez-la tant que vous n'avez pas les mains attachées.

Vous avez bonne mémoire ? Écoutez attentivement ce que je vais dire.

Répétez mentalement ces infos, jusqu'à ce qu'elles fassent partie de vous.

Pas de questions. Ne réfléchissez pas. Vous êtes Mak Tai Tai.

Vous avez vécu à Hong Kong. Aucune famille à Shanghai.

C'est très important.

Sachez que notre ennemi est très méfiant et très rusé.

Une fois qu'il aura des doutes, vous ne pourrez plus vous en sortir.

Affaire conclue.

Voilà votre dossier. Vous avez épousé Mak Xian Sheng il y a quatre ans.

Vous y trouverez vos papiers de mariage...

Vous avez quitté la rue Garden à Hong Kong pour la rue Johnston.

Après la prise de Hong Kong, les affaires ont déchu.

Vous vous êtes lancée dans le marché noir.

Votre numéro de téléphone personnel, celui de votre mari au bureau,

les articles manquants à Hong Kong l'an dernier, ceux qu'on ne trouve plus

à Shanghai, votre numéro de banque.

Vous devez tout savoir par cœur.

Répondez sans hésitation. C'est la première étape.

Que les choses soient claires :

quand vous aurez commencé, vous ne pourrez plus abandonner.

Des bas, des médicaments et leur prix de vente au marché noir.

Votre formation est finie. C'est à vous de jouer. Des questions ?

J'ai écrit cette lettre, à mon père. Postez-la après l'avoir lue, s'il vous plaît.

Votre mission achevée, nous vous enverrons à Londres le rejoindre.

Très bien. Changez-vous, maintenant. Je voudrais voir Mak Tai Tai.

Tout est prêt ?

Sa chambre d'hôtel est payée

pour une semaine. Les hommes de Wang Jingwei y vont tous.

Yee Tai Tai y va souvent, elles ne tarderont pas à se rencontrer.

Attendez-moi dans le bureau.

Elle est souvent restée au Great East Asia,

sans que nous le sachions.

C'est de ma faute.

J'aurais dû vous contacter mais j'étais débordée avec les affaires.

Il y a plein de chambres vides, dans cette maison.

Pourquoi gaspiller votre argent à l'hôtel ?

Hong Kong me manque !

Te voilà ! Tu te souviens de Mak Tai Tai ?

Bonjour, Yee Xian Sheng. Je doute que vous vous souveniez de moi.

Détrompez-vous. Mak Xian Sheng va bien ? Ses affaires marchent ?

Il s'en sort, merci.

Yee Xian Sheng semble avoir maigri.

Le travail de ministre n'est pas une sinécure.

On incommode bien des gens, on risque sa vie.

Mesdames, bonne soirée.

Votre mari est un vrai gentleman.

Seulement quand il y a du monde.

Vous dînez à l'East Asia constamment ? Ce doit être lassant !

Mais c'est beaucoup plus sûr avec le personnel de sécurité.

C'est à ce point ?

Il y a beaucoup d'attentats. C'est le chaos total.

Les gardes tirent donc sur tous les suspects.

D'après ma sœur qui habite à Singapour, la situation empire, là-bas.

Elle m'a dit de ne pas venir.

Et à Hong Kong, dites-moi, ça doit aller mieux !

Pareil qu'ici. Il y a 20 % d'infiltration. Je ne vous parle même pas du marché noir !

Vous ne fumez pas, je crois.

Je vous ai apporté une cartouche de Palmers.

Je vais la chercher dans ma valise.

Vous êtes un ange ! On n'en trouve plus, au marché noir.

Je m'en charge, monsieur.

Ce n'est pas luxueux, mais ici, vous serez plus en sûreté.

Je ne veux déranger ni Yee Tai Tai, ni vous.

Elle aime avoir des joueuses de mah-jong près d'elle. Je suis souvent sorti.

Vous êtes plus mince. Vous travaillez trop fort.

Vous avez changé.

Ça fait trois ans.

La guerre n'est pas encore finie.

C'est déjà une chance pour nous d'être là, encore en vie !

J'ai apporté des petites choses. Des cigarettes pour Yee Tai Tai,

mais je n'ai pas de cadeau pour vous.

Vous revoir en est un.

C'est le plan des lieux.

La porte avant est barrée. On entre par la porte arrière.

Deux chauffeurs : Guo et Yao.

Les domestiques viennent tous de la même ville que Yee.

Les chauffeurs ne quittent leur voiture sous aucun prétexte.

Tous ceux qui montent dans la voiture sont fouillés.

Et Yee ?

Je ne l'ai vu qu'une fois.

Il est très souvent sorti. Ou alors il est dans son bureau.

Je n'ai pas encore trouvé de faille.

Son adjoint s'appelle Chang.

- Tu n'as pas le reste de son nom ? - Je vais me renseigner.

Fais bien attention !

J'ai besoin d'argent.

C'est tout pour l'instant.

Tu as beau jouer tous les jours, tu perds constamment.

Difficile de me concentrer, avec tout ce que j'ai à l'esprit.

Les autres vont bien ? Nos amis, Huang et la bande ?

Ils me parlent souvent de toi. Tu les verras le moment venu.

Une chance que vous ne soyez pas venue au théâtre, j'ai eu mal à la tête.

- Quel était le titre du spectacle ? - Wu Jai Hill.

Décevant, un vrai tintamarre.

Les bons artistes se sont réfugiés à Hong Kong.

Alors j'ai dit au vieux Yee :

"Si le gouvernement de Wang ne peut fournir de bons spectacles,

"comment compte-t-il conquérir le cœur des gens ?"

Bonjour.

Bonjour, Yee Xian Sheng.

Le thé est déconseillé avec le remède que tu prends.

Ça favorise la circulation.

La nuit, il a les pieds froids.

Mais heureusement, je lui apporte énormément de chaleur.

Je dois rester éveillé pour une réunion.

Que pensez-vous faire aujourd'hui ?

Liao Tai Tai voudrait que je joue

au mah-jong avec sa vieille mère, tout à l'heure.

Vous ne forcez pas notre invitée ?

Non, j'ai quartier libre pour aller voir un film au cinéma, aujourd'hui.

Il fait mauvais, je dois vous conduire en auto.

C'est le chemin du cinéma, ça ?

La voiture vous attendra.

J'ai vraiment eu une peur bleue !

Vous me faites mal !

Ne jouez pas les pudibondes !

Vous n'aimez pas qu'on vous résiste ?

Asseyez-vous.

Assis.

Votre manteau.

Elle reste silencieuse

La tête baissée et le cœur battant

Lui...

S'incline courtoisement

Pour jouer son rôle

Elle frémit...

- Tiens, qu'est-ce qui t'amène ? - J'organise un banquet, à côté.

M. Yee nous a surprises pendant nos emplettes.

Quel rare honneur ! Asseyez-vous un instant avec nous !

Mais seulement un instant.

- Vous comprenez toutes les paroles ? - Couci-couça.

Petite fille, j'écoutais du Shou-Shu. Ça me manque, à Hong Kong.

Maintenant, vous habitez ici, n'est-ce pas ?

Juste quelque temps.

Je vais bientôt retourner à Hong Kong. Dans seulement quelques jours.

Si vous voulez quelque chose, dites-le moi, je vous le rapporterai.

Madame veut son petit déjeuner ?

Merci, je n'ai pas encore faim. Où sont Yee Xian Sheng et Yee Tai Tai ?

Yee Tai Tai dort encore. M. Yee est parti à Nanjing pour affaires.

Il est à Nanjing ?

- Il y reste longtemps ? - Je n'en sais rien.

Je vais voir Liang Tai Tai qui s'est foulé la cheville.

Mak Tai Tai a toujours mal à la tête, elle s'est recouchée.

Donnez-lui deux aspirines quand elle se réveillera.

Oui, bien sûr.

Apportez-lui de la soupe, si elle a faim.

Et si je vous disais

que je vous déteste ?

Je vous croirais.

Ils n'étaient pas ainsi il y a trois ans.

Je vous déteste !

J'ai dit que je vous croirais. Et pourtant,

ça fait bien longtemps que je ne crois plus personne !

Dites-le à nouveau. Je vous croirai.

Vous devez vous sentir tout seul !

Mais je suis toujours vivant !

Vous êtes parti quatre jours sans prévenir.

Je vous détestais encore plus chaque heure.

Vous me détestez encore, maintenant que je suis là ?

Plus du tout.

Vous voulez toujours aller là-bas, à Hong Kong ?

Il faut que j'y retourne.

Il me faudrait un appartement.

Mon frère, quoiqu'il arrive, ne fais rien d'illégal.

Je n'en ai pas l'intention.

Je t'ai attendu au salon de thé.

Des chefs du mouvement se sont fait attraper. Ils ont fait des rafles.

Par chance, ils n'ont pas eu Auyang.

Ne retourne plus aux anciens points de rencontre.

Nous frapperons bientôt, Kuang ?

Nous devons avoir le feu vert.

Demande à tes amis de faire vite.

Et ensuite, on pourra partir loin d'ici !

Je ne peux rien affirmer pour l'instant.

Il s'est à nouveau absenté. Amah dit qu'il est allé à Nanjing.

Mais j'ignore si c'est vrai.

Il a peut-être une autre femme, dans sa vie.

Avant-hier soir, on s'est retrouvés à la ruelle 1237.

Nous sommes au courant. L'endroit est surveillé.

Il y avait une odeur de parfum qui flottait. Florale, peut-être du jasmin.

Mais ce n'était pas très récent.

Les oreillers étaient poussiéreux.

Je ne suis plus certaine.

Wong Chia Chi !

Wong Chai Chi, regarde-moi !

Ouvre les yeux !

Je ne le laisserai pas te faire du mal. Tu m'entends ?

Je ne pourrais le supporter.

Je la traitais comme du vieux tofu, selon elle,

alors j'ai dit qu'il en fallait pour la recette de la mémé vérolée.

J'ai tellement ri, que j'en pleurais !

Pendant son discours à l'anniversaire

de M. Yee, on aurait dit la mémé vérolée en personne !

Où est Yee Xian Sheng, ces jours-ci ?

Il est en voyage officiel, à Nanjing.

Ses marques de vérole ne la défigurent pas trop.

Contrairement à la femme du chef Chien, qui a un visage hideux.

Fermez la porte derrière vous.

Je vous attendais.

Alors vous devez être fatiguée ! Moi je le suis.

- Yee Tai Tai a dit que vous étiez à Nanjing. - Ne soyez pas crédule.

J'étais seulement occupé.

Nous avons fait une rafle très fructueuse.

Nous avons arrêté 12 agents de la Résistance.

Ils étaient tous très bien entraînés.

Alors il a fallu que je les interroge en personne.

Tous les 12, un après l'autre.

J'oubliais que ce que je fais

comme travail ne vous intéresse pas du tout. C'est sans intérêt.

Vous éludez toujours le sujet. Vous ne demandez rien.

Ce sont vos affaires.

Vous ne vous intéressez pas à mes affaires.

Tout ce que je fais, désormais, c'est rester ici à vous attendre.

Vous avez peut-être une autre maîtresse.

Je n'en dors plus de la nuit.

Tôt ou tard, vous ne voudrez plus me voir, j'en suis persuadée.

Alors, tout en jouant au mah-jong, vous songiez à ça ?

Et j'ai perdu de l'argent.

Tout l'argent que j'ai mis du temps à récolter

en faisant le dangereux travail de passeuse.

Je vais aller me coucher.

Essayez de dormir.

Demain, je vous emmènerai dans un endroit spécial.

Je ne veux plus que vous reveniez dans ce bureau.

- On rentre. - Le ministre m'a dit de patienter ici.

On attend depuis deux heures.

Un rendez-vous de dernière minute.

Allons-y.

Je meurs de froid !

Vous auriez dû me faire entrer !

Entrer là-dedans ?

Vous parlez sérieusement ?

- Vous voulez visiter mon bureau ? - N'y pensez plus. Partons.

Pourquoi vous me fixez comme ça ?

Mais parce que je vous trouve très belle.

J'ai pensé à vous, aujourd'hui.

Chang m'a même fait remarquer que j'avais l'esprit ailleurs.

Je voyais qu'il disait quelque chose,

en regardant ses lèvres, mais je n'entendais pas un seul mot.

Votre parfum me titillait les narines.

Ça me déconcentrait.

Deux gros bonnets.

Aujourd'hui à la gare, on a arrêté

deux membres de la Résistance. Tout un coup de filet !

L'un d'eux a poignardé un de nos agents.

Son complice a eu moins de chance. Son petit crâne de rebelle a éclaté.

Et après ça, on les a traînés pour les interroger.

Je suis entré dans la cellule avec Chang.

L'un d'eux était déjà mort. Sa cervelle s'était complètement répandue sur le sol.

J'ai reconnu l'autre homme, nous étions ensemble à l'école de guerre.

Il était accroché à une barre en fer.

Je l'ai regardé sans pouvoir parler.

C'est alors que j'ai commencé à l'imaginer en train de vous chevaucher.

Le sang de ce fumier s'est mis à gicler partout sur mes chaussures.

J'ai dû essuyer son sang ! Vous comprenez ?

Il vous a vraiment promis un appartement ?

J'ai dit à Yee Tai Tai que j'allais partir dimanche prochain.

Il était là. Je doute qu'il recule, maintenant.

Fantastique !

Le vieux loup ne se méfie plus !

Dès qu'on saura l'adresse, on pourra passer à l'action.

Pas encore.

- Pourquoi attendre ? - On a besoin d'informations.

Il nous a privés de membres et a volé les armes envoyées par les Américains.

C'était une énorme perte.

Ce qui est étrange, c'est que les Japonais cherchent aussi ces armes.

Wong Chia Chi est une précieuse source. Elle peut encore servir.

Ce n'est pas une espionne entraînée.

Elle risque de ne pas supporter cette pression.

Détrompe-toi.

Wong Chia Chi ne joue plus un rôle, elle est vraiment devenue Mak Tai Tai.

Elle a déjà accompli des prouesses. Nos chefs sont impressionnés.

On lui a envoyé deux femmes très bien entraînées,

pour tenter de le piéger.

Mais il a flairé le traquenard.

Il les a fait parler et les a supprimées.

Vous ne vous souciez pas de sa sécurité.

Elle a appâté Yee comme elle était censée faire.

C'est à nous de finir !

Je n'ai pas d'ordres à recevoir de vous. Je vous dis une chose.

Ma femme et mes enfants ont été tués par Yee Xian Sheng.

Mais je pourrais manger à la même table que lui.

Voilà ce qu'un agent doit pouvoir faire.

Pourtant, je mourrais d'envie de tuer ce chien !

Mais si ça sert nos intérêts de le laisser vivre un peu, nous devons le faire.

Tenez-moi au courant. Attendez mes ordres. Pas d'initiatives inconsidérées.

Écoutez,

votre motivation doit être le sacrifice ultime,

la loyauté envers le parti, votre Chef et votre pays.

Restez loyale, ne l'oubliez pas !

À vos ordres. N'ayez crainte, je ferai ce que vous direz.

Bon. Excellent.

Voilà ce que vous ferez. Maintenez-le dans votre piège.

Si vous avez besoin...

Mais de quel piège voulez-vous parler ? De mon corps ?

Pour qui le prenez-vous ?

Il est bien meilleur simulateur que vous !

Il me possède non seulement physiquement mais en plus,

il s'insinue jusqu'à mon cœur, telle une espèce de serpent !

Toujours plus loin !

Je le laisse s'introduire sans rien dire, telle une esclave !

Je joue mon rôle de courtisane soigneusement,

pour arriver à atteindre son cœur, moi aussi.

Chaque fois, il me malmène jusqu'à me faire crier et saigner.

C'est seulement là qu'il est satisfait.

C'est à cet instant qu'il se sent tout à coup revivre.

Et dans le noir, seul lui a la sensation que tout est réel.

- Assez ! Plus un mot ! - Voilà pourquoi je peux le torturer

aux limites de ce qui est supportable et là, malgré tout, je dois continuer

jusqu'à ce qu'on tombe d'épuisement.

Ça suffit !

Et quand finalement il vient en moi, je me dis que c'est peut-être fini.

À ce moment, vous ferez irruption et lui logerez une balle dans le crâne.

Je serai couverte par sa cervelle et son sang !

Taisez-vous !

C'est Yee Xian Sheng qui a voulu aller dans le quartier japonais ?

Bonsoir.

Bienvenue.

Je cherche Yee Xian Sheng.

Montez, je vous prie.

Hé, madame.

Toi, tu me plais, ma jolie.

Entre.

Viens ici tout de suite.

Colonel Nakamura...

Hé, madame.

Tu t'es fait plaquer par une geisha !

Désolée, colonel Sato.

C'est une cliente, pas une de nos filles.

Keiko, tiens compagnie au colonel Sato.

Je suis vraiment navrée.

Excusez-nous. Passez une bonne soirée.

Pardonnez-moi.

Votre invitée est là.

J'ai dû vous attendre. C'est ma punition.

- Mais pourquoi ici ? - J'étais là pour affaires.

Quand les Japonais chantent, on dirait qu'ils pleurent.

Tels des chiens qui hurlent à la mort.

Ils tuent sans vergogne, mais je sais qu'au fond, ils ont tous peur.

Maintenant nos jours sont comptés. Les Américains sont entrés dans le conflit.

Toutefois, nous sommes venus jusqu'ici

pour écouter chanter faux ces femmes maquillées à outrance.

Écoutez.

Je sais pourquoi vous vouliez me faire venir ici.

Ah ? Et pourquoi ?

Vous voulez que je sois votre pute.

Une pute ?

C'est moi qui vous ai fait venir,

par conséquent la pute n'est nul autre que moi.

Vous voulez que je chante pour vous ? Je chante mieux qu'elles !

C'est vrai ?

Du bout de la Terre

Jusqu'au plus lointain océan

Je cherche le cœur de mon compagnon

Une jeune fille chante

Pendant qu'il l'accompagne

Ton cœur est mon cœur

Ton cœur est mon cœur

En fixant le Nord du haut de ma montagne

Mes larmes coulent et mouillent ma robe

Je ne trouve pas le repos tant il me manque

Seul le vrai amour résiste aux épreuves

Seul le vrai amour résiste aux épreuves

Dans la vie, qui ne chérit pas

Le printemps de la jeunesse ?

Une femme pour son mari est Comme le fil pour l'aiguille

Oh, mon bien-aimé

Nous sommes inséparables Comme une aiguille et son fil

Nous sommes inséparables Comme une aiguille et son fil

Rentrez vous coucher. J'ai un rendez-vous.

Il est bien tard !

Je veux que vous fassiez un truc pour moi.

Veuillez apporter cette enveloppe à l'adresse indiquée dessus.

Demandez à parler à Khalid Saïd Uddin, entendu ? Vous vous en rappellerez ?

Khalid Saïd Uddin.

Si jamais cet homme vous dit quoi que ce soit

ou bien vous donne quoi que ce soit,

revenez me le dire.

Seulement à moi.

C'est un secret entre nous.

Il y a juste ce papier. C'est une carte de visite, au nom de Yee.

Remettez-la dedans. Qu'en dites-vous ?

Je crains que Yee ne suspecte Wong Chia Chi.

Si on va faire une reconnaissance, on risque de se faire arrêter.

Mais c'est dangereux que Wong y aille seule.

On devrait poster quelqu'un à l'extérieur.

Allez-y au plus vite.

Je suis vraiment désolé.

Pourquoi tu n'as pas fait ça il y a trois ans ?

Maintenant, je ne peux plus !

Que puis-je pour vous ?

J'aimerais voir M. Khalid Saïd Uddin.

Avez-vous quelque chose pour lui, madame ?

Oui.

Je préfère lui remettre en personne.

Comme vous voudrez. Suivez-moi. Excusez-nous.

Un instant, s'il vous plaît.

Il dit que vous avez quelque chose pour moi.

Par ici.

Asseyez-vous.

Votre ami dit que vous avez des goûts particuliers.

En fait, il avait peur de prendre lui-même une décision.

Vous pouvez choisir n'importe laquelle de ces pierres.

Rassurez-vous, madame, le gentleman a déjà réglé tous les frais.

Je ne les ai pas encore serties. Libre à vous de choisir la monture.

Il faut que je prenne la taille de votre doigt, par contre.

Pour que la bague vous aille parfaitement.

Je vois. J'ai vraiment une pierre fantastique, juste pour vous.

Six carats.

Un œuf de caille.

Oui ?

Petit frère ? C'est moi !

Oui.

Je téléphone du café Kiessling. Tout se passe bien, à la maison ?

Ça va.

Ça va. Je n'avais vraiment pas le temps de téléphoner, c'est tout.

J'avais prévu de faire les magasins. J'y vais tout de suite après.

Je sais.

Bon. Pas plus de nouvelles ?

Non, rien d'autre.

Il faut que je te laisse.

Au revoir.

J'ai du retard. Avenue Ferguson.

On devrait aller à la bijouterie, chercher la bague.

Je crois qu'elle doit être prête.

Faites demi-tour.

Attendez ici.

- Ça va ? - Oui, très bien.

Bonjour !

- Je voudrais savoir si la bague est finie. - Vous pouvez en être sûre !

Soyez les bienvenus.

Asseyez-vous.

Le chef-d'œuvre est prêt.

Vous aimez le diamant que j'ai choisi ?

Ce n'est pas le diamant qui m'intéresse, au fond. Mais de le voir enfilé à votre doigt.

Toutes mes félicitations.

Gardez-la.

Non, j'aurais trop peur qu'on me la vole en sortant d'ici !

Avec moi, vous ne craignez rien.

Partez.

Allez-vous-en d'ici !

La portière !

Taxi !

Montez, mademoiselle.

- Où est-ce qu'on va ? - Avenue Ferguson.

On rentre chez soi ?

C'est ça.

Ils ferment le passage.

On ne peut plus passer. On risque d'attendre longtemps.

Laissez-moi passer, il est tard !

Il faut que je rentre pour faire la cuisine !

On vous laisserait aller chez le médecin, pas cuisiner.

Wong Chia Chi !

Viens nous rejoindre !

On en a arrêté six.

Des étudiants qui faisaient du théâtre patriotique à Hong Kong.

Cette fille s'appelle Wong Chia Chi.

Son jeu lui avait valu de bonnes critiques.

Leur chef s'appelle Kuang. On l'avait à l'œil depuis un moment.

On a failli avoir le vieux Wu, mais il nous a échappé. C'est très dommage.

Le tireur a sûrement fui en passant par le cinéma.

Ils avaient tous des billets pour s'enfuir !

Les étudiants n'étaient là que...

Vous connaissiez cette bande ?

Pourquoi on ne m'en a pas informé ?

On s'interrogeait.

Vu vos rapports avec cette Wong Chia Chi.

Quoiqu'il en soit, tout est clarifié, à présent.

J'ai reporté son interrogatoire, pensant que vous voudriez le faire en personne.

Elle est au sous-sol ?

Lao Lou et Lao Fan sont avec elle.

On a déjà fait avouer les autres. C'était facile. Leurs versions concordent.

Ça ne vaut pas la peine de la voir.

On a assez de renseignements.

Alors, comment procède-t-on ?

Conduisez-les à la carrière Sud.

Censurez l'information.

Chargez-vous d'eux avant 22 h.

J'ai votre bague.

Ce n'est pas la mienne.

Et si nous allions au Jiu Riu ?

Yang Tai Tai ne nous y a pas déjà invitées ?

Toujours du Hunanais ou du Sichuanais. C'est trop épicé.

Il faut manger épicé pour mettre du piment dans votre jeu !

Que se passe-t-il ?

Un peu plus tôt, deux hommes sont venus

avec Chang et ont pris toutes les affaires de Mak Tai Tai.

Et aussi, quelques dossiers dans ton bureau.

N'en parle à personne !

Si on te le demande, dit que Mak Tai Tai est retournée à Hong Kong d'urgence.

Qu'est-il arrivé ?

Continue de jouer.

Ne te fais aucun souci.

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