All language subtitles for Hercule (1938) fr

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Original subtitles

Qu 'est

-ce

qu 'il arrive ? Un accident.

C 'est l 'opérateur.

Oh, par exemple, la charrette qui a chalivé.

On y va, on y va, sois tranquille, on y va tout de suite, ne t 'en fais pas. Tu

connais Hercule ? Allez, on va aller le chercher, vas -y, hein, souffle.

Mes chers collègues, vous m 'avez élu pour une homme et je vous en remercie.

Je suis ici pour assurer l 'ordre, trancher les différents et rendre la

J 'assurerai, je trancherai et je rendrai.

Vous avez voulu un juge intransigeant.

sévère et doux, vous l 'avez.

Comment me trouvez -vous?

Minable.

On m 'a appelé?

Justement, voilà le petit. Ah, il est là, oui.

Père, Père, qu 'est -ce qui t 'est arrivé ? Le cheval et la voiture.

Oui, ça va. C 'est cette bordure de roue, tu sais, celle qui avait trois

barreaux pourris.

Ah oui, je sais, mais tout l 'hiver aussi, les chèvres y ont pissé dessus.

Le poids des cuves, ça a cédé.

Et comme je me trouvais là... Tu aurais dû te mettre de l 'autre côté.

Je n 'y ai pas pensé.

Allez, finir la vigne, allez.

On ne voulait pas te laisser seul. Allez, allez, ça va travailler.

Père, tu as mal ?

Je vais

mourir. Non.

Puisque je te le dis.

C 'est pas vrai. Hercule, attention, hein.

Père, tu ne mourras pas. Pourquoi ? Parce que je ne veux pas.

Tu sais ce que tu es ? Un grand couillon.

C 'est ça.

Hercule, je vais monter là -haut.

Et pour monter là -haut, il ne faut pas être lourd, tu sais.

Et je me sens un poids terrible qui me pèse partout.

Hercule, je t 'ai menti.

Tu commences à divaguer.

Respecte un peu les moribonds.

Tu m 'as menti. Et après, tout le monde ment.

Moi aussi, je t 'ai menti.

Si on ne mentait pas, on irait loin.

À quel âge as -tu ? 28, à la Toussaint.

C 'est dire que je t 'ai fait un mensonge qui a duré 28 ans.

C 'est un gros, coquin de sort. Un mensonge de 28 années.

Il y a des vérités qui ont la vie moins longue.

Regarde -moi bien.

Hercule, mon fils.

Je ne suis pas ton père.

Ah, ça y est.

Le coma.

Quel coma ? Mais j 'ai encore ma tête, non ? Mais alors, qui c 'est, mon père ?

Un homme d 'ici, qui s 'appelait Maffre, comme moi.

Un cousin que je fréquentais depuis la crèche.

Une ambitieuse terrible.

Il ne pouvait pas tenir en place, alors.

Même quand il s 'est essayé, on aurait dit qu 'il posait ses fesses dans un

panier d 'eau saine.

Un jour, ça lui a pris, il a quitté le pays.

Il lui fallait Paris.

Et c 'est lui qui t 'a, qui m 'a... Oui, il m 'a dit, tu t 'appelles comme moi,

je te donne Hercule.

Faisant ton fils, moi, je n 'ai pas le temps de m 'en occuper.

Un saligo, quoi. Tu as dit le mot.

Il ne t 'a jamais demandé de mes nouvelles.

Si, le premier temps.

Je comprends.

Ah, puis au fond, je m 'en fous. Mon père, c 'est toi.

Lui, je l 'emmerde.

Ah, depuis que je t 'ai parlé, je sens que je respire mieux.

Oui, mais maintenant, c 'est moi qui va fuir plus mal.

Ah bah, tu aurais mieux fait de te taire. Il le fallait, pourtant.

C 'est peut -être mon fils, mais c 'est quand même lui, ton père.

Et les autres ? J 'espère qu 'ils savent rien, au moins. Quels autres ? Ben

tous, le village.

Ah, il y a longtemps qu 'ils savent tout. Les jeunes, les vieux, et même le

fada. Alors j 'étais le seul à l 'ignorer.

Rassure -toi, hein.

Tous les coquilles sont dans ton cas.

Tu crois que ça me console ? Ça te console peut -être pas, mais ça te donne

la compagnie.

Oh, petit.

Fais -moi porter au masque, je me sens pas bien.

Hé ! Alors pour finir, n 'est -ce pas la charrette arrive au

tournant au lieu dit les trois cagottes. Alors subitement, voilà -t -il pas que

la roue... Ça va, c 'est la quatrième fois que tu me la racontes. Oui, je

Rentrez, monsieur. Rentrez.

Allez, le voilà, oui.

Papa.

Mon père.

Allez, occultez -le.

Dépêchez -vous, monsieur.

Dépêchez -vous.

Ouvre l 'œil et tire la langue.

Alors, mon père, qui se trouvait juste à côté, a été comme qui dirait écrasé,

broyé. Il est dans un état peu cher.

Oh, dis, comment on le fait taire, lui?

Encore, nous fâche le gars.

Bon, bon.

Respire fort.

Laisse -toi faire, ne te rédis pas. Mais c 'est pas moi qui me rédis.

Non, et qui c 'est ? J 'ai le froid de la mort.

Oui, mais si tous les morts se portaient comme toi, on danserait dans les

cimetières. Qu 'est -ce que tu dis ? Je dis que pour le moment, tu n 'as ni

besoin de docteur, ni de fossoyeur, parce que tu nous as dérangés tous les

pour rien. Alors, je ne vais pas mourir ? Tu n 'as encore pas au moins 20 ans.

Alors, et mon accident ? Mes fractures ? Mes contusions internes ? Simple

commotion. Rien de cassé, tout fonctionne.

Tu es content ? Content.

Tu peux être content puisque tu n 'as rien. Oh, cette vierge ! Et on ne serait

content à moins.

Content ? C 'est comme ça que tu soignes tes malades, dis -je au maître.

Quand ils veulent mourir tout le long de nos vingt ans de vie, tu veux que je te

dise tout ce que tu es ? Monsieur Boeuf, tiens, un rebouteux, un vétérinaire, un

maire de Saint -Marant et un sans -diplôme. Non, mais il est fou ! Non,

puisque Monsieur Boeuf te dit que... Faut au moins la paix ! Oui.

Monsieur Boeuf, tu viens de commettre une mauvaise action, une estroquerie, un

abus de confiance.

Quoi ? Tu vas te taire, oui, puisque Monsieur Boeuf te dit que tu es guéri.

'est pas une raison pour te faire péter le colère.

On dirait que tu voulais mourir. Parfaitement. Mais pourquoi, mon Dieu ?

Pourquoi ? Mais parce que j 'ai tout dit au petit.

Non. Si, parce que je ne voulais pas partir sans qu 'il sache qu 'il avait

quelque part un père de rechange. Il en a deux maintenant.

Et par ta faute ! Et par ta faute ! Va -t 'en, à ma faute ! Va -t 'en ! Partez,

M. Baphe. Partez, M. Baphe, partez.

Partez. Mais qu 'est -ce qu 'il a ? Justement, il n 'a rien. C 'est vous qui

'avez dit.

Eh non, non, c 'est pas ça. Il est en colère. Il se dit le bras, mais vous

ce que c 'est. Allez, un peu.

Forcément.

Au revoir, M. Baphe.

C 'est

tout

ce qu 'il y a comme sardines ? Ils ont encore du dynamité à l 'intérieur des

calanques. Elles ont toutes leurs mitrailles dans le ventre, tu vois pas ?

continue comme ça, on sera obligés d 'aller à la pêche avec le parabélon.

Qui a dynamité ? Ça, il vaut mieux pas le savoir.

Il y a des gens à qui on se frotte pas.

Pourquoi ? Parce qu 'ils piquent.

C 'est comme ceux des chalutiers, cette pirante qui rafle tout notre poisson.

Tu oserais les inquiéter, toi, tout prud 'homme que tu es ? Pourquoi pas, puisqu

'ils ruinent le pays.

Hercule, tu veux que je te dise ce que tu es ? Un grand couillon, je sais.

Mais vous, qui vous laissez voler votre bien et piller sur place.

Vous êtes peut -être pas des couillons, hein ? Qu 'est -ce qu 'il dit ? Et ceux

de la colline, qui acceptent que ces usines du diable rongent leurs raisins

comme un vrai phylloxéra.

C 'est pas des couillons non plus, hein ? Et tu espères en charger tout ça ? J

'aimerais mieux te dire que tu trouverais à qui parler.

Ils sont forts, ça, ben ? Et tout à l 'heure, vous parliez de mon père.

Il pourrait faire quelque chose pour le pays, puisqu 'il est si puissant que ça.

La puissance de nos jours ne sert qu 'à faire le mal, alors ? Tu voudrais tout

de même pas qu 'un homme qui a oublié son fils, quand même, parle plus dans le

temps, ouais ?

Pense encore à son village.

Alors, c 'est qu 'il n 'est peut -être pas si puissant que ça. Pas si puissant

que ça ? Tous les matins, il mange avec le président de la République.

Et il tutoie les ministres.

Et le soir, il fait la belote avec l 'archevêque. Et quand il va au

il mange des pêches à 10 francs pièce.

Ici, pour ce prix -là, tu en as 3 kilos.

Et il a tellement de voitures qu 'il ne peut plus entrer dans son garage. C 'est

embouteillé. Et ce n 'est pas puissant, ça ? Qu 'est -ce qu 'il te faut ? Je

vais y monter, moi, à Paris. Et je lui dirai ce que j 'ai à lui dire.

Il est fin là.

Malheureusement, ce n 'est pas ce qui t 'attend là -bas. La seule chose qui peut

m 'arriver, c 'est de me perdre dans le mét

Bonjour, Juliette.

Bonjour.

Bonjour.

Vous avez visité la Pouponnière ? Oui, c 'est effrayant. Qu 'attend -on pour

réglementer la philanthropie ? C 'est tout ?

Les commissariats sont d 'interne.

Si on comptait sur vous pour remplir le journal, on pourrait imprimer sur papier

et cigarette.

Pour les chiens écrasés, c 'est la mortaison. Il n 'y a pas de mortaison,

le talent. Moi, quand j 'avais votre âge, je faisais pousser les faits divers

sur le trottoir, comme des petits pois. Seulement, j 'avais ça dans le sang,

moi. Allez, rompez.

Le gag des petits pois, ça fait au moins dix fois que vous nous le servez. Vous

ne pouvez pas trouver autre chose ? Ou bien changer de légumes, moi, je sais

pas. C 'est tout ce que vous avez à me dire.

C 'est pas trop vrai savoir où en est le raid organisé par le journal.

Les juges de Morin ont téléphoné. L 'avion sera prêt dans une quinzaine.

On ressortira le premier papier demain.

C

'est

parce qu 'on m 'a appelée ? Oui, trois fois.

Et d 'un moment à l 'autre.

Vous souriez. Vous êtes heureuse ? Je suis contente. C 'est un plaisir que je

reviens avec plaisir.

Le sarre a dû le changer des chiens écrasés.

Ah oui, il fait des chameaux maintenant. C 'est plus noble.

Monsieur Vasco ?

Il fait le sang.

Pas mal, merci.

Cette petite santé, ça se maintient ? Oui, ça se maintient. Vous avez fait bon

voyage ? Oui, excellent, je vous remercie.

Un petit peu de grain pendant la traversée du retour.

Il faut ce qu 'il faut. Comme vous dites.

Alors, et ce soir ? Je vous ai laissé dire que c 'était un désert. Un désert,

désertique. Un désertique.

Vous êtes tellement plus tranquille qu 'ici.

Oui, oui, c 'est bon, c 'est bon. Ils ont compris.

Allez vite voir le patron s 'il vous attend.

Vous êtes toujours aussi crocodile ? Oui, un crocodile avec une âme de

tourterelle. Vous l 'aimez bien, celui -là. Moi, les célibataires, ça m 'émeut.

Tiens, la première parole gentille, vous me dites depuis que je suis arrivé.

A votre âge, on n 'est pas encore célibataire, ça vient plus tard.

Allez vite voir le patron.

Ah, à propos de crocodile, quelle différence y a -t -il entre un écureuil

brosse à dents ? Je vous dirai ça plus tard.

Allez vite, patron, je vous attends.

Bonjour, viens.

Bonjour, M. Bastien, bon voyage.

C 'est pas la peine de vous annoncer, le patron vous attend. Salut, patron.

Patron, c 'est l 'heure de vos gouttes.

Comptez bien jusqu 'à 20. Comment ? Je parle à Bastien.

Bien,

patron. Je vous rappelle également que vous dînez ce soir avec le ministre du

Commerce. Abie, le ministre en appelle son king.

Bien,

patron.

M.

Vasco pour le patron.

Il doit être chez lui.

Revenez !

Oh !

Voilà, c 'est bon.

C 'est de la soeur, hein ? Romain ? Tu aimes bien le

cheval ? Oui, s 'il vous plaît. Vous allez me mettre une barbe à ce type -là,

parce que ça sera sérieux tout de même. Ah, bien, monsieur Vasco, vous n 'avez

rien commis. Hein ? Qu 'est -ce qu 'il y a ? La Banque d 'Afrique a téléphoné au

sujet de Sarahville.

Et alors ? Il me paraît que la presse refusera de marcher. C 'est

avec nous.

Ma frère me l 'a promis. Alors, tout va bien. Oui, vous en faites parler.

C 'était une charrette, ça.

Monsieur Vasco, c 'est... Mais non, allongez le capot.

Mais ça n 'aura plus aucun rapport avec la réalité.

Vous faites de la publicité ou des sciences exactes ?

Alors, soyez poète, mon cher.

N 'inquiétez pas, je vous prie.

C 'est Maffre.

Laissez -moi.

Laissez -moi.

Allô ? Allô, Maffre ? Comment va, mon cher ? Oui ? Le cœur ? Bravo.

Bastien est rentré ? Son enquête est défavorable à sa raville ? De quoi se

-t -il ? Vous n 'aurez qu 'à pas la publier, voilà tout.

Ah, bien.

Une vaste escroquerie ? Non, mais dites -en, vous êtes fous, meuf ? Mais

justement, dites -en, du calme, du calme, voulez -vous, meuf ? Si votre

a tenu jusqu 'ici, n 'est -ce pas que c 'est grâce à sa publicité ? Et sa

publicité, c 'est moi.

Vous en foutez, moi aussi, mon ami.

J 'ai dit votre journal, votre journal m 'aidera, c 'est tout.

Comment ? Ne pas s 'y apparaître, c 'est tout ce que j 'ai à vous dire. Non,

soyez résolables, voulez -vous voir ?

Mais notre contrat, mon ami ! Au tribunal ? Si j 'ai bien compris, vous

plantez à la porte ? Exactement.

Si vous prenez mon journal pour une feuille de sauvetage, vous vous trompez.

Mais non, mais... Allô ? Mais non, mais... Allô ? Mais... Ma...

Allô

? Rappelez -moi l 'incorruptible.

Ma... Oui.

Allô ? Oui ? Hein ?

Non, c 'est pas possible.

Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Mettez -vous, videz les portes. On fait une

spéciale, là.

Mais quand vous l 'avez parlé tout à l 'heure, enfin, vous n 'avez rien

remarqué. Non, il était comme d 'habitude.

J 'étais en téléphonant à Vasco, il tombait comme foudroyé. Non, ça, c 'est

inutile. Ça, ça fait le cœur, probablement. Je pense qu 'il... 20

il était là, il marchait dans son bureau, les mains derrière son dos, en

gueulant. Oh,

laissez -moi dire en gueulant comme s 'il était encore là.

Ça y est, aspect.

Alors, tu l 'as bien mise dans l 'antillais ? Oui, je l 'ai mise là.

Juste en dessous de ma place. Alors, c 'est entendu. Dès que tu as vu ton père,

tu relais ça.

Entendu, père.

Oui, mais s 'il veut te retenir. Oh, il n 'y a pas de danger.

Et voilà son journal pour l 'adresse. Non, ce n 'est pas la peine, je l 'ai

écrite. Ah bon, ça me fait quelque chose de te voir sortir.

Ah, mais moi aussi.

Et aussi, tu n 'avais qu 'à tenir ta langue.

Monsieur Boeuf, attention, hein. Ah, écoutez, vous n 'allez pas encore

commencer, non, hein.

Alors, tu m 'as bien compris, hein. Oui.

Hôtel de l 'Antique Fossé, rue de l 'Arbalète.

C 'est un ami à moi qui l 'a dit.

Dijon, Paris.

Au revoir. Au revoir, mon petit. Au revoir, mon petit. Au revoir, mon petit.

Au revoir, mon petit.

Au revoir, mon

petit.

Au revoir, mon

petit.

Ça y est, ça y est.

Je sens que je commence à me faire du mauvais sang.

C 'est la première fois qu 'il te quitte. Eh oui.

Et son wagon, il était en fer ou en bois ? Oh, les autres trains, ils ont jamais

déraillé sur cette ligne. Et les autres, je m 'en fous.

Oh, nom de Dieu. Qu 'est -ce qu 'il y a ? Oh, sainte bonne mère.

Tu peux le dire ? Oh, ce pauvre Hercule.

L 'Institut, le Conseil d 'État, la Chambre, le Sénat ont envoyé des

délégations.

Le président de la République s 'est fait représenter et le corps

assista à la cérémonie.

Le maître à pied de biche viendra des grandes orgues et l 'on entendra des

chœurs de la Sainte -Chapelle.

Attendez, nouvelles d 'Éric Hell ? Éric Hell s 'agite.

Ils ont juré, paraît -il, d 'avoir le journal.

Leur aide patronnée par le journal favorise un de leurs concurrents.

Demain au conseil, ils tâcheront de s 'assurer la majorité.

Ce ne sera pas ce pour vous.

Vous ne connaissez pas les directives ? Non, nous le saurons tout à l 'heure.

Alors rentrez vite au bureau, oubliez -vous.

Pauvre ma.

Je suis le dernier qui ait entendu sa chère voix.

Ah oui.

Quel père t 'y réparera pour le journal ? Oh, ça.

Gros priquel.

Les corbeaux.

Le patron a été brouillé avec eux depuis toujours.

Il ne faut pas les laisser s 'emparer du journal.

Mardi aura -t -il fait rari -rara ? C 'est un proverbe à un bout.

Le navire décapité appartient à la tempête.

Monsieur Vasco, vous l 'aimez beaucoup, le patron aussi, n 'est -ce pas ? Je

perds mon meilleur ami.

Monsieur Vasco, nous ne devons pas laisser s 'effondrer le journal de

'est vrai.

Nous devons continuer son œuvre. Son œuvre grandiose.

Vous serez ma secrétaire.

Évidemment. Enfin, si vous voulez bien.

Une secrétaire intelligente qui ne craint pas d 'être jolie.

Qui est même ravissante.

Mafre, vous faisiez la cour ? Il n 'y a jamais changé.

Quelle étarde.

Combien gagnez -vous ? Deux mille quatre.

J 'ai la famille.

C 'est fait ? Vous

mettez ? Merci.

Il est ici, il faut le trouver absolument.

Comment dans cette foule ? C 'est le plus pari. Celui que vous ne connaîtrez

pas, ce sera lui.

Et si je le trouve ? Ne le quittez plus.

Et si c 'est lui qui me lâche ? Si c 'est lui qui vous lâche, je compte sur

vous. Faites ce qu 'il voudra et amenez -le au journal demain matin pour le

conseil. C 'est très grave.

C 'est émouvant, n 'est -ce pas ? Très.

Je le connais, ce qui est bien.

Et vous ? Oui,

j 'étais sa secrétaire.

Mademoiselle, quelle chance pour moi de vous trouver ici.

Votre dernière solution était fausse.

Comment ? Oui, Maxot, gagnant de tous vos concours de mots croisés, il fallait

lire RA et RAZ comme RA de marée, et non pas RA et RAZ comme RA d 'opéra.

Je tenais à vous le signaler, c 'est très grave.

Vraiment, monsieur, je n 'ai pas le droit de vous guider d 'une chose

C 'est très grave.

Il ne faut pas faire attention.

On me pousse.

Une tenue pour être ici.

J 'ai le bras plat.

Encore heureux que vous ne soyez pas un père réservé.

Je n 'ai pas osé.

Assurément, vous ne le connaissiez pas.

Qui ça ? Monsieur Maffre.

Non. Il pleut dehors ou bien c 'est pour la musique ? Non.

Vous n 'êtes pas parisien, vous, ça se voit tout de suite.

Je suis de Cadignan.

Je t 'explique.

De Cadignan ? Boucheron ? Vous connaissez ? Mon Dieu ! Qu 'est -ce que

? Quel homme admirable était votre père.

Qu 'est -ce que vous vouliez ressembler ? Tant pis.

Enfin, une ressemblance un peu vague.

Tant mieux.

C 'est la première fois que vous venez à Paris ? Oui.

Vous le connaissiez, vous, mon père ? Oh, je pense bien, j 'étais sa

Et vous restez longtemps ici ? Ah non, je repars ce soir.

Vous n 'avez pas de relation ici ? Ah, ben non, tous mes collègues sont restés

là -bas. À Cadignan ? Oui.

Eh bien, alors, je pourrais peut -être vous piloter.

Vous voulez beaucoup de jeuniers ensemble ? Vous êtes parisienne ?

Non, je suis née à Salon -sur -Marne.

Alors, je ne dis pas non.

C 'était foyant, n 'est -ce pas ? Mais quelle catastrophe !

Bonsoir,

M. Pascot.

Oui, oui, à la fête de Montmartre.

Elle était infatigable.

Je l 'ai menée au Sacré -Cœur et au Musée du Louvre.

Non, non, il y a horreur de la peinture. Comment il voulait faire la joconde ?

Et les requins nous ont suivis.

Oui.

Non, mais je viens de l 'exprimer.

Oh, je crois qu 'il est tranquille. Non, je le déposerai à son hôtel.

Non,

j 'en peux plus, vous savez.

Oh, si vous voyez comme c 'est drôle. C 'est irrésistible. Venez -vous.

Comment vous appelez ça?

Un labyrinthe.

Un labyrinthe, ça ? C 'est formidable, un labyrinthe, Mlle Juliette.

Regardez comme vous êtes nombreuses.

Mais vous aussi, vous êtes nombreuses. Regardez, M. Hercule. Regardez -là. Là,

là. Regardez.

Monsieur,

monsieur.

Monsieur, vous voyez les trois messieurs qui sont là ? Ils viennent nous

poursuivre. C 'est des policiers ? Non, non, non.

Appelez la police. Mais non, mais non, mais seulement il ne faut pas qu 'il

sorte d 'ici avant une demi -heure. Qu 'est -ce que je peux faire ? Enfin, est

-ce que c 'est un labyrinthe ici ou c 'est pas un labyrinthe ? C 'est le plus

beau d 'Europe. Une fois il y en a un qui s 'est perdu deux jours.

Bon, on ne vous en demande pas tant. Il m 'a l 'air... Où est la sortie ? La

sortie ? Par ici.

Mais...

Je

faisais un carton.

Oh, quand je pense que je vais prendre le train ce soir, dites, mademoiselle

Julienne. Ça, c 'est une journée.

Ah, ça, vous pouvez le dire.

Ce qui me tracasse, c 'est que vous avez l 'air de moins vous amuser que moi.

Oh, mais quelle idée, voyons.

Ah oui, c 'est vrai que vous, vous êtes une blasée.

Ah,

vous tirez bien.

Ah oui, si vous demandez aux gens de Cadignan qui c 'est votre meilleur

mais ils vous répondront tous... C 'est Hercule.

Pardon.

Hercule.

Un jour, moi, j 'ai tué trois marcassins avec une seule cartouche. Et ils

passaient à un kilomètre. Non, vraiment.

C 'est -à -dire que, à vous, on ne va pas mentir.

Les marcassins, il n 'y en avait qu 'un.

Et il vous a fallu trois cartouches.

Qui vous a dit ça? Et ils passaient à 200 mètres. Non, il m 'étonne 250.

Allez!

Eh bien, maintenant, vous pourrez descendre en rite.

C 'est aussi bien qu 'ici, le rite. C 'est plutôt mieux, même.

Alors, ça ne me plaira pas, moi. Vous savez, quand il y a trop de robinets, ça

'intimide.

Alors, vous ne regrettez pas d 'avoir manqué votre coin?

Je ne l 'ai pas manqué.

Je l 'ai oublié.

C 'est qu 'une journée comme ça, vous savez, ça compte dans la vie.

Alors, on va partir.

Vous pouvez nous convaincre de vous chercher demain?

Non, non, ce n 'est pas la peine. Je reviendrai tout seul. Je ne me perdrai

Au revoir.

Bonne nuit, M. Juliette. À demain.

Qu 'est -ce que c 'est ?

N 'ayez pas peur. N 'appelez personne. Nous ne vous voulons aucun mal. Au

contraire. Ça y est, des voleurs. Des voleurs qui vous apportent de l 'argent.

Beaucoup d 'argent.

Infiniment d 'argent.

Enfin, qui êtes -vous ? Vous.

Amédée Riquel.

Gaëtan Riquel.

Mike Riquel.

Nous sommes le groupe Riquel.

Et qu 'est -ce que vous voulez ? Qui devient aujourd 'hui votre propriété.

Nous avons vu le notaire de monsieur votre père. Monsieur votre père n 'ayant

pas testé. Il y a tous ces biens mobiliers et immobiliers qui ont dévolu.

Comme descendant direct et héritier au premier degré. Article 745 du code

civique. Combien ? 18 ? 19 ? 20 ? 20 quoi ? 20 millions

de francs. Vous n 'en avez pas assez ? Vous m 'offrez 20 millions.

C 'est que ça me vaut 42. Nous nous entendrons, j 'en suis sûr.

Personne, en tout cas, ne vous fera d 'offres supérieures aux nôtres.

Vous allez vous arrêter. Comment?

Oui, c 'est pas mal. Votre chiffre sera le nôtre.

Avez -vous songé à tout ce que vous ferez avec cet argent?

D 'abord, une ville sur la Côte d 'Azur.

Je n 'aime pas, moi, la Côte d 'Azur. Je préfère le midi.

Un yacht de 30 mètres. Une automobile avec 12... Et les femmes?

Les femmes?

Pourquoi les femmes?

Un homme riche en a toujours plusieurs.

Ah, il est polygame.

Non, il est infidèle.

C 'est dégoûtant ce que vous dites là.

Monsieur Riquel, vous ne voulez pas vous en aller ? La fortune vient vous

trouver aussi, comme dans la fable.

Demain, vous serez puissant, adulé, un vingt.

Allons, dites votre chiffre.

Alors,

nous le verrons demain.

Nous le verrons demain.

Nous le verrons demain.

Nous devions ouvrir la séance à 10 heures.

Il est 10h30. Il me paraît -il utile d 'attendre davantage ? Certainement.

Monsieur,

la séance est ouverte.

Le décès de notre regretté directeur, M. Maff, nous met dans la nécessité de lui

nommer un successeur.

Voulez -vous que nous mettions au voie ? Il nous paraîtrait très naturel de

charger notre avis. Ce n 'est que justice.

Mais oui, mais oui, mais oui.

Pardon.

concours du plus bel enfant. Faut -il s 'inscrire ? Le plus bel enfant, s 'il

vous plaît. Rédaction, premier étage, prenez l 'ascenseur.

Je viens me plaindre.

Je veux protester. À qui faut -il s 'adresser ? C 'est extrêmement grave.

À quel sujet ? Ra et Ra7 et non pas Ra et RaT.

C 'est une solution fausse. C 'est extrêmement grave. Je veux protester. C

extrêmement grave.

C 'est ce que vous voulez, vous.

Je viens voir Mlle Juliette. Pas question.

Mais mademoiselle Juliette ne reçoit pas aujourd 'hui.

Vous venez surtout pour un emploi. Vous voulez vendre le journal. Vous êtes

cycliste ? Oui et non.

Pardon. Vous savez ce que c 'est ? Oui, mademoiselle Juliette.

Ça va.

Oui, mademoiselle Juliette.

Ah non, mademoiselle, je ne l 'ai pas encore vue.

Bien, je le ferai monter immédiatement.

Voilà.

Encore vous ? C 'est que justement, c 'est moi... Au -dessus du comptoir.

Je suis Hercule Ma.

Vous voulez m 'excuser parce que je suis un vrai, n 'est -ce pas ? Vous ne savez

pas que vous étiez... Il n 'y a pas de mal. Il est frappant, n 'est -ce pas ?

Qui est ce saint ? Quoi ? Non, mais quand vous aurez fini, vous payez ma

Allez -vous -en, espèce d 'imposteur. Laissez -moi passer.

Je suis Hercule Marre. Vous allez filer. Je suis Hercule Marre. Je suis Hercule

Marre. Je suis Hercule Marre. Je suis

Hercule Marre.

C 'est moi.

Très bien.

Parfait. Alors prenez l 'ascenseur, je vous le remets en main propre.

Oui.

Puisque je vous le dis, voyons.

C 'est vrai, monsieur, je suis Hercule Maffre. Enchanté. Suivez -moi, s 'il

plaît. Ah, oui.

Bonjour,

Juliette.

Dites, monsieur Bastien, qui est -ce ? Il vient de vous le dire.

Hercule Maffre.

Ah, le Dieu.

Vous êtes un peu en retard.

Oh non, non, ça ne fait rien, Marc. Nous avons eu peur. Vous avez peur de quoi ?

Oh ben, je ne sais pas. On a eu peur d 'un accident.

Oui, alors voilà. Voilà de quoi il s 'agit.

Vous allez voir, M. Vasco.

Vous voulez bien me faire plaisir, n 'est -ce pas ? Oui.

Alors, ce qu 'on va vous proposer va probablement vous sembler un peu...

non, mais acceptez.

Acceptez, tout de suite.

J 'accepte. Eh bien, voilà. C 'est très bien. Alors, maintenant, vous voyez le

directeur des journaux. Non, mais ne craignez rien. Ça ne vous fera pas de

Alors, maintenant, on va vous expliquer.

Hercule Mardre. Tout à fait le portrait de son père.

C 'est bouleversant. Ne dites pas un mot.

Je sais tout. Vous allez vivre les plus belles minutes de votre vie.

Attendez, là.

Voilà. Qu 'est -ce que vous avez dans vos poches, mon ami ? Voilà.

Enfin, messieurs, en acceptant de prendre la direction du journal, mes

moi... Messieurs.

Je crois qu 'aucune nouvelle ne pouvait vous être plus agréable.

M. Hercule Maffre, le fils de notre regretté directeur, celui dont le

restera à tout jamais dans notre cœur, a décidé de prendre la succession de son

père.

M.

Hercule Maffre aurait bien voulu vous exprimer. C 'est toute sa joie de se

trouver parmi vous.

Mais vous l 'excuserez, n 'est -ce pas ? C 'est bien compréhensible, l 'émotion.

Qu 'est -ce que ça veut dire, ça ? C 'est une manœuvre. Nous ne la tolérons

Non, non, non, écoutez, groupe Riguel, ça va, hein ? Ça va, ça va, oui.

Mais depuis que je suis ici, je vois que vous, moi, le jour, la nuit, à croire

qu 'il y a 2 millions d 'orichels dans Paris.

Permettez, permettez.

Violeur de domicile.

Conspirateur.

Somnambule. Vous pensiez peut -être que j 'allais vous donner le journal.

Oh, pauvre millionnaire que vous êtes. Mais ça va, ça va, monsieur.

Retirez -vous, allez, retirez -vous.

Vite.

Ce soir, pas la peine de venir me border dans mon lit. Je ferai ça moi -même.

Merci, merci, monsieur Hercule. C 'est chic ce que vous faites là. Mais qu 'est

-ce que j 'ai fait ? C 'est magnifique, voyons, directeur de l 'incorruptible.

Quel âge avez -vous ? J 'ai 28 ans. 28 ans, pensez -le.

28 ans, Napoléon à 28 ans.

Qu 'est -ce que vous avez à dire à 28 ans, Napoléon ? À Napoléon, rien encore,

mais Bonaparte était général de division.

Oui, produit.

Le fauteuil de monsieur votre père, assignez -vous.

Ah non, non, je ne veux pas, je ne veux pas. Mais je ne crains rien, monsieur

Pascot se charge de tout.

Assignez -vous.

pour elle.

Voilà.

Il est joli, ce bureau.

Vous allez être bien, là. Voilà.

Maintenant, Paris est à vous.

Mavre succède à Mavre. C 'est magnifique.

Occupez -vous de lui. Laissez -moi expliquer les vies en un mot.

Magnifique.

Voilà.

Et voilà.

Je suis directeur. Vous êtes contente ? Ah oui.

Maintenant, je vais partir.

Où voulez -vous aller ? Chez moi, à Cadignan. J 'y retourne. Vous ne pouvez

partir maintenant.

C 'est trop tard.

Quand on est directeur de journal, c 'est pour toujours.

Votre père est resté dans ce fauteuil 23 ans.

Quoi ? Mais oui.

Mais qu 'est -ce qu 'il vous prend ? Il me prend que... rien.

Mlle Juliette, écoutez -moi.

Il ne faut pas me croire plus intelligent que ce que je suis, vous

Un pêcheur de sardines, ça ne peut pas diriger un journal comme celui -là, vous

savez.

Même si on lui mange la besogne. Mais qu 'en savez -vous ? D 'abord, il faut

avoir des connaissances terribles, vous savez.

Savoir des cas de choses, la géographie, la politique et même l 'orthographe.

Et vous croyez qu 'un directeur de journal écrit ces articles ? Bardi,

'il les signe.

Eh bien, non.

Pourquoi ? Eh bien, mettons qu 'il n 'en a pas le temps.

Non.

Un directeur de journal, ça n 'est pas tout à fait ça.

Mais alors, qu 'est -ce que c 'est ? C 'est un monsieur qui se couche tard, qui

se lève tôt, et qui dîne tous les soirs un habit.

Qui ne fait rien, mais qui n 'a pas une minute à lui. Et qui n 'a jamais entendu

le premier acte d 'aucune pièce.

Et il comprend la suite ? Oh, il ne cherche même pas à comprendre.

Non, il bavarde tout haut dans le fond de sa loge. Pendant la représentation ?

Oui. Et les spectateurs ne font pas... Oh non, non, non. Ils ont tous besoin de

lui. Depuis les ouvreuses jusqu 'au souffleur.

Après le théâtre, alors.

Ah, d 'ailleurs, après le théâtre, il soupe.

Oui, il mange des écrevisses à la nage et un peu de mousse.

Ah, il aime... Mais s 'il n 'aime pas le mousse... Ah, ben, il se force.

Non, mais enfin, il ne peut tout de même pas commander une soupe aux choux.

Évidemment.

Une soupe, oui.

Et dans son bureau, qu 'est -ce qu 'il fait?

Oh, rien.

Regarde, il reçoit des visiteurs. Ah oui, pour le distraire. Oui, c 'est ça.

Et qu 'est -ce qu 'il leur dit ? Il leur dit « cher ami ». Oui, c 'est ça, il

leur dit « cher ami ». C 'est tout ? Enfin, un « cher ami » à l 'arrivée, un

cher ami » à la sortie. Le reste du temps, c 'est eux qui parlent. Et qu

-ce qu 'ils disent ? Oh, ça n 'a pas d 'importance ce qu 'ils disent. Enfin,

tout de même, il ne peut pas dire « cher ami » comme ça à des personnes qu 'il n

'a jamais vues.

Mais comment pouvez -vous qu 'il les appelle ? Parce que la plupart du temps,

ne sait pas leur nom.

Mais ceux qu 'il connaît.

Ah, alors ça, ceux qu 'il connaît.

Là, ça devient plus intime.

Il leur donne du cher monsieur ou mon cher infel.

Les gens aiment beaucoup qu 'on se rappelle leur nom.

Votre père était extraordinaire à ce point de vue -là. Une mémoire. Il ne s

trompé qu 'une seule fois.

Ah oui? Oui. Il a dit mon général à un évêque. Il est vrai que l 'évêque était

une partie bûche et un civil.

C 'était une grosse gaffe.

Un grand directeur ne gaffe jamais.

Non, cette fois -là, c 'était l 'évêque qui était dans son tort.

Ah oui, il aurait dû être général.

Voyez -vous quelle journée émouvante.

Oui. C 'est l 'enquête de Bastien sur Farabi. Ah oui ? Merci.

Alors n 'oubliez pas de passer une note aux agences.

Entendu. Je suis à dire tout de même.

Entendu, entendu.

Vous pouvez compter sur moi.

Non, mais où êtes -vous ? Je suis dans mon bureau.

Oui. Ah, mademoiselle Juliette, ne me laissez pas seule.

Je vais chez monsieur Vasco, vous verrez tout à l 'heure.

C 'est ça.

Oui.

Bajou, rédacteur en chef.

Je vous prie d 'agréer, monsieur le directeur, mes condoléances.

Et mes félicitations.

Je suis à votre disposition, si vous voulez bien me suivre.

Où ça ? Vous devez être impatient de connaître cette maison qui est désormais

vôtre.

Oui, oui, oui.

Alors je vous en prie.

Tout de suite ? Mais si vous voulez bien, oui.

Après vous.

Cher ami.

Fendou, le voilà ! La Hercule !

La salle de rédaction.

Ah oui, c 'est là qu 'on écrit les... Les articles.

Ah oui, ça me rappelle un peu la gare Saint -Charles à Marseille, en plus

grande.

Mais ils peuvent écrire dans tout ce bruit ? Dans l 'habitude.

Ah oui, c 'est vrai qu 'ils écrivent des deux mains, hein ? Pas moins d

'importance.

Oh, comme elle va vite, hein ? Elle se trompe jamais ? C 'est la bourre.

Oh, un zéro de plus ou de moins, ça compte de part, hein ? Monsieur le

directeur. C 'est Ramy.

Le père Lorniette. Ah, qu 'est -ce que vous faites ? Les courses.

À votre âge ? Les courses de chevaux ? Je suis à peu près infallible dans mes

pronostics. C 'est que vous devez les connaître, les chevaux.

Tenez, Cléopâtre, dont on annonce la mort, la fille de Brumel qui avait monté

Catherine VIII, vous savez ? Ah oui, oui. Je l 'ai vue gagner sa première

à Hauteuil. Elle a rapporté 450 francs pour son sou.

Ça alors.

Monsieur le directeur, votre regret qui perd, je vous dis ça en passant.

Ce faisait une véritable joie de m 'avancer lorsque j 'en avais besoin.

Trois, quatre cents francs. Vous n 'allez pas me dire que vous avez besoin

'argent ? Oh, que si.

Mais les chevaux gagnants que vous connaissez, vous ne jouez pas aux

Si, hélas. Mais je ne joue jamais mes chevaux.

Et pourquoi ? Je n 'ai pas confiance en moi.

Je suis trop modeste.

Il y a course aujourd 'hui ? Oui, à Vincennes.

J 'annonce Elio Gabal.

Ben, jouez -le.

C 'est lui qui arrive.

Vous n 'avez plus besoin d 'argent ? Si ce n 'est pas lui, vous changez de

métier. Pourquoi ? Parce qu 'un journaliste ne doit pas donner de

nouvelles.

Cher ami.

Ah, alors, vous n 'avez rien pour ma une ? Un naufrage à Terre -Neuve.

Oh, pas de victime.

Oh zut, un incendie au Halle. Bravo, des gammes matérielles infinies.

Tant mieux.

Ça y est, les Molven ont rejeté l 'ultimatum de la Sergarie. C 'est la

La guerre ? Bravo, j 'ai mon numéro.

Les dépêches et 100 lignes à la une.

Qu 'on prépare des clichés. Bon.

Qui c 'est ? Trois colonnes à la une en tête.

Mais qu 'est -ce que tu as fait du doyen de l 'Institut ? Tu le mettra à cheval.

Mais il ne tiendra pas.

Du coup, prends son chapeau.

Trouillard, préparez -moi deux clichés sur la Sergarie. N 'importe quoi, les

grandes manœuvres, l 'arène en costume de tennis, simplement tout. Ah, j 'ai

oublié. Je vous présente notre nouveau directeur.

Le fils de notre regretté patron.

Vous êtes chez vous.

Mais qu 'est -ce que c 'est, ça ? Ça, c 'est le marbre, monsieur.

Et en quoi est -il ? En bronze.

Et ça, qu 'est -ce que c 'est ? Ça, c 'est la forme où l 'on met les articles.

Ah, alors, les articles, c 'est ça ? Oui, c 'est ça.

Et s 'il ne peut pas entrer ? Ah, on prend le marteau et... Je croyais qu 'on

prenait les ciseaux.

Pour quoi faire ? Pour couper les articles quand ils sont trop lourds.

Merci, cher ami. La téléphoto de Shanghai, on la passe ? Bonjour,

directeur. Bonjour.

Mais une téléphoto, qu 'est -ce que c 'est ? C 'est une photo qu 'on envoie

téléphone. Par téléphone ? Oui.

Oui, on la roule bien fin comme ça, on la glisse dans le film, et on suit.

Le Shanghai à Paris, il doit falloir souffler fort.

C 'est une question d 'entraînement.

Oui, comme pour.

Eh, vous voyez, monsieur Bajou, je m 'instruis.

M. Saint -Éloi, l 'auteur dramatique bien connu.

Notre éminent critique.

Ah, vous êtes critique.

Nous sommes un peu confrères.

Confrères ? Les Sardiniens m 'ont élu pour une homme. C 'est un peu la même

chose. Toute proportion gardée, bien entendu.

Je ne vois pas le rapport. Je suis pêcheur et j 'ai le droit de juger les

pêcheurs. Vous, vous êtes auteur dramatique et vous avez le droit de

leurs pièces.

C 'est juste.

Il y a longtemps qu 'ils vous ont élu critique.

Comment ? Oui, enfin, je pense que ceux qui font des pièces.

Vous êtes élu pour les juger.

Vous vous y riez.

Ils ne vous ont pas élu.

Et vous êtes critique.

Évidemment.

Mais pourquoi vous êtes critique ? Parce que ça me fait plaisir.

Je couvre celui -ci de fleurs, je traîne celui -là dans la boue.

Cruel pour les uns, indulgent pour les autres. Et entre -temps, j 'écris mes

pièces à moi.

Que vous ne critiquez pas.

Je laisse le choix à d 'autres. Je parie qu 'ils sont bien gentils avec vous,

puisque vous êtes critique.

Évidemment. Vous faites un joli métier. Et on vous fait pour ça.

Assez cher.

Tous les journaux se disputent vos articles.

Oui, je l 'avoue.

Eh bien, tant mieux.

Vous n 'avez qu 'à les leur donner.

Parce qu 'à partir d 'aujourd 'hui, vous êtes libre, M.

Saint -Éloi.

C 'est un congé.

Allez critiquer ailleurs et surtout, soyez bien sévère.

Hum, paysan.

Et dire qu 'il a voulu m 'insulter.

Et maintenant, messieurs, je vais vous laisser travailler.

Et je vous remercie.

Cher ami.

Monsieur le directeur, je vous présente mes condoléances pour la mort de votre

pauvre père et mes félicitations pour votre nomination.

Répétez.

Répétez tout.

Je vous présente mes condoléances pour la mort de votre pauvre père et mes

félicitations pour votre nomination.

Oh, brigande de sort ! On ne vous avait jamais dit que vous n 'aviez pas l

'accent ? L 'accent parisien, bien entendu.

Je suis du quartier des Crottes, à Marseille.

Il y a longtemps que vous êtes au journal ? Je vais dans ma douzième

Et mon père, il ne vous avait jamais dit que vous n 'aviez pas l 'accent ? Non,

ce pauvre monsieur Maffre, c 'était un de ses méridionaux.

qui sont honteux de l 'être.

Enfin, ce qu 'on appelle un vrai parisien.

Comment vous appelez -vous ? Sofocle.

J 'entends ce nom, Sofocle. Ça ne m 'étonne pas.

Des Sofocles, il y en a jusqu 'à Montélimar.

Moi, quand j 'étais petit, j 'avais 8 ou 10 ans, j 'en ai connu un de Sofocle.

Il faisait le concours de boules du Petit Provençal. Oh, il était terrible.

Comme tireur, il n 'y en avait pas deux.

Mais c 'était moi ! C 'est pas possible.

Oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh,

oh, oh,

oh, oh, oh, oh, oh, oh,

oh,

Il doit vous aimer les boxeurs, vous.

Il doit en venir tout à l 'heure au journal.

Un point mouche avec des yeux de velours.

Eh bien, ne vous fatiguez pas, parce qu 'elle n 'aime que les lutteurs de

Pancras à partir de 120 kilos, alors. C 'est encore une sentimentale.

Alors, ne pourrons jamais nous parler seul à seul, Juliette. Ne vous gênez pas

pour moi.

Oh, merci, mais gentil.

Juliette, je vous aime.

Oh, ce n 'est pas une déclaration banale, c 'est une information de

main puis aux meilleures sources.

Alors, nous pouvons nous attendre à un démenti, en ce cas.

Alors, ce soir, nous disons ensemble, hein? Chez Tigane.

Oui, alors après.

Après, nous irons... Mais non, vraiment, vous ne voulez pas m 'attendre ici,

voilà. Non.

Et Hercule, alors?

Oh, Hercule, je m 'en fous. Je ne suis pas le seul.

Oh, le frère, déjà, mais vous êtes là.

Ah, alors, vous ne pouvez pas me dire la différence qui vient entre une broche à

dents et un écureuil. Ah, si?

Bien. Non, ben, je vous dirai ça plus tard.

Bonjour. Bonjour.

Bonjour.

Vous nous avez bien é.

Qui, moi ? Compliment. Vous êtes très fort. Nous disons ce que nous pensons.

Vous ne nous en voulez pas. Pas du tout, pas du tout. Je vous ai joué un tour de

cochon. C 'est oublié. Je n 'ai pas de rancune.

Ce n 'est pas seulement pour ça que nous sommes venus. Non. Vous savez pourquoi

l 'incorruptible nous intéressait. Oui, les avions riquels ont besoin d 'un

soutien. Votre nouveau prototype.

sortira de l 'usine dans trois semaines. Et nous tenterons nous aussi le raid

Paris -Tahiti. Ah, pas possible.

Vous connaissez l 'enjeu de ce raid.

500 appareils.

Peut -être davantage.

Le mot n 'est pas trop fort.

En d 'autres termes, le raid patronné par le journal ne doit pas avoir lieu.

Impossible.

12%. Non, non.

Morin m 'en donne 15.

25.

Et vous m 'écœurez pour qui me prenez -vous.

Non, non, non.

Vous n 'insistez pas.

Allez -vous -en, messieurs.

Trente.

Attendu. À la bonne heure. Il est bien évident que l 'appareil de Morin ne sera

jamais préjeté.

Morin demandera à Hercule Marthe de retarder le départ.

Ce brave Hercule refusera, naturellement.

L 'appareil partira quand même.

Qu 'est -ce que c 'est que ça ? On dirait que ça vient de chez le patron.

C 'est curieux.

Tu as vu ta boule ? Je lui ai frôlé l 'oreille.

Oui, oui, tu pointes bien.

À toi.

Pousse pas.

Oh, voleur. Me prendre un point comme ça à moi, c 'est formidable.

Allez, réponds.

Oui ? Ah, bon.

Dis. C 'est le syndicat des directeurs de journaux au sujet du dîner de

mercredi. Écoute, me dérangez comme ça quand je travaille. Dis -leur que je n

ai pas.

Tu ne peux pas leur faire ça.

Ou alors, il faut trouver une grosse excuse.

Dis -leur que je joue à bout.

Dans l 'œil, je l 'ai.

Allô ? Oui.

Oui, un moment.

Allô ? Allô ? Non, il n 'est pas là.

Allô ?

Et mon père a mené cette vie pendant 23 ans ? Ben oui.

C 'était un dingue.

On continue.

12 à 17.

Non, 18.

On ne va pas tricher.

Moi, j 'ai triché ? Oui, toi, tu triches. Non, non, non, on n 'a pas de

comme ça.

Non, quelqu 'un m 'a triché.

12, moi, j 'avais 18.

Non, c 'est faux. Tu n 'avais pas dit tout à l 'heure.

Non, non, non, c 'est faux. C 'est faux, j 'ai écouté.

On a frappé.

Eh.

Entrez.

Bonjour, M. Bajou.

Bonjour. Monsieur Cahuzac attend depuis deux heures que vous vouliez bien le

recevoir. Votre garçon de bureau a mystérieusement disparu. Par exemple ? C

pourquoi je me suis permis.

Ah, monsieur Cahuzac ? Cahuzac, oui, de l 'Académie. De l 'Académie ? La

française ? Évidemment, la française, évidemment.

Non, recevez -le tout de suite, je vous en prie. Qu 'est -ce que c 'est que ça ?

Oh, on dirait une boule.

Ah oui, c 'est une boule.

Oh là là !

Cher ami.

Ravi de vous connaître, mon cher directeur. Merci.

Votre père m 'honorait de son amitié et vous n 'y aurez pas.

Il m 'avait donné le mardi. Ah, il vous avait donné le mardi.

Eh bien, asseyez -vous.

Et je vous apporte mon petit article pour mardi prochain.

Cet article qui, je crois, fera sensation et le fruit de longues

J 'y affirme, preuve en main, que la bouillabaisse, la fameuse bouillabaisse,

n 'est pas marseillaise.

Mais bordelaise ! Je m 'explique.

Jadis, un navigateur bordelais du nom de Besse, grand amateur de bouille, on

appelait ainsi, au XVIIe siècle, vous ne l 'ignorez pas, toute préparation

culinaire. Et qu 'est -ce qu 'il a fait, votre Besse ? Mon Besse, il a imaginé

une salade de poisson de mer assaisonnée au safran, qui est devenue tout de

suite célèbre.

Sous le nom d 'un bouille, un baisse.

Amusant, n 'est -ce pas ? Très amusant.

Y a -t -il des fauteuils de libres à votre académie actuellement ? Oui,

Trois. Vous ne voulez pas qu 'il y en ait quatre ? Qu 'est -ce que ça veut

? Ça veut dire que si vous ne filez pas immédiatement d 'ici, vous risquez votre

vie. Mais vous n 'y pensez pas. Si j 'y pense, je traduis. Mais il ne m 'arrive

rien du tout. Je ne vous comprends pas. Non, c 'est à vous qu 'il pourrait

arriver quelque chose. La bouillabaisse n 'est pas marseillaise. Non.

Et qu 'est -ce qu 'elle est, alors ? Elle est bordelaise.

Bordelaise. Oh, menteur, dites. Allez, allez, allez.

C 'est scandaleux.

Scandaleux, ignoble, dit.

Et le bonjour à Bordeaux, eh ? J 'ai un l 'omniateur.

Ça n 'a pas été long.

Hercule est déjà la proie des écotiers.

Si M. Vasco n 'était pas là, nous serions frais. Non, mais il paraît qu 'à

Montmartre, les chansonniers ont déjà adopté Hercule. Et vous avez vu l

de Saint -Éloi dans l 'écho du jour, hein ? Qu 'est -ce qu 'il lui passe ? Il

fallait s 'y attendre. M. Bajou, qu 'est -ce que c 'est ? J 'étais à l 'étage au

-dessus dans l 'antichambre du patron. Ben alors ? M. Hercule a franqué à la

porte M.

Cahisac de l 'Académie française.

Quoi ? Comme un mal propre.

Mais non, mais il faut l 'enfermer. Qu 'est -ce qu 'il fera encore ? M. Bajou.

Qu 'est -ce que c 'est ? La une est prête.

Ah, c 'est la une. Bon, bon, bon.

M. Martial, c

Ah oui, c 'est ma rubrique.

Alors la Sergarie a envahi la Molvenie, n 'est -ce pas ? Ah, peut -être. Alors

je voudrais savoir pourquoi, quand vous parlez des Sergars, vous mettez le mot «

envahisseur » entre guillemets.

Entre guillemets ? Entre guillemets, oui.

Dites, M. Martial, supposez que vous soyez cocu.

Ah, pardon ? Est -ce que ça arrangerait les choses si on vous disait « M.

Martial, vous êtes cocu, mais rassurez -vous, vous l 'êtes » entre guillemets ?

Grâce à M. Vasco, l 'ambassade de Sergarie témoigne à notre journal la

sympathie. C 'est -à -dire que le journal touche.

Il ne touche pas, monsieur.

Il est marge.

Vous connaissez trop de mots, monsieur Bajou.

Vous avez beaucoup de guillemets dans vos machines.

Mais des kilos, monsieur.

Des kilos de guillemets.

Le journal fait bien ses affaires. À partir d 'aujourd 'hui, plus de

Qu 'est -ce que c 'est ça, monsieur Bajou ? C 'est un écho.

Oui, la préfecture vient d 'interdire aux chevriers de promener leurs

dans les rues de Paris. Ce sont des importances.

Oui, mais écoutez, les chèvres ont le droit de se promener dans Paris. On veut

leur enlever. Oui. C 'est une honte, ça.

Vous me ferez un grand article là -dessus demain, en première page. Je n

vaux pas la place.

Vous la trouverez.

Paris est assez triste comme ça. Si on lui enlève ses chèvres, alors il sera

joli. Non, mais écoutez, monsieur Bajou, assez de naufrages, de déraillements et

d 'assassinats. Moi, chaque fois que j 'ouvre le journal, j 'ai le cœur qui se

serre comme un poichiche. Mais monsieur le directeur, les Parisiens, vous ne les

connaissez pas.

Ces figures d 'enterrement, mais pourquoi ils sont comme ça ? Parce qu

lisent l 'incorruptible ? Eh non, un journal s 'est dissous de malheur. C

notre faute si les nouvelles qui nous parviennent sont si affligeantes. Peut

-être, monsieur, je vous admettrai tout de même qu 'il y a des bateaux qui ne

coulent pas, qu 'il y a des trains qui tiennent sur les rails, qu 'il y a des

pays en état de paix, qu 'il y a des maris qui tuent pas leurs femmes. Oui,

je l 'admets, oui, oui.

Eh bien, alors, je veux qu 'on fasse le journal avec ça.

Et tous les marchands de journaux qui iront, rien de neuf, rien de

tout va bien.

Qu 'est -ce que vous en dites, vous, de ça ? Ah, non, non, non, il ne faut pas

publier ce numéro.

Mais les gens n 'ont que faire de bonnes nouvelles, ils en veulent pour leur

argent. Ils se croiraient volés si on ne leur vend pas de catastrophe.

Pourquoi les Parisiens sont si méchants que ça? Non, non, ils ne sont pas

méchants, ils s 'ennuient.

Ah oui, c 'est vrai, il n 'y a qu 'à les regarder avec leurs costumes sombres.

Oh, cher, il me faut me pitié.

Le boudre est joli.

Ah, vous trouvez? Ah, oui.

Il y a la cravate, tout.

Ah, tout, c 'est de la confection.

Ah, oui.

Vous ne voudriez pas que je m 'habille sur mesure, comme les potus, non?

Évidemment.

Enfin, la vérité de l 'élégance, c 'est celle qu 'on ne remarque pas.

Et moi, ça se remarque un peu ? Un peu, oui.

Alors, je m 'habille randeuil comme les enfants.

On n 'annonce pas encore mon enquête ? On n 'a pas d 'ordre.

Quand sortira mon enquête sur ça, Ravine ? Vous êtes pressé ? Le patron voulait

qu 'elle sorte immédiatement. Il est mort, le patron.

Qu 'est -ce que ça veut dire ? Quoi ? Vous croyez peut -être que le public

dévorait d 'impatience, fait la queue sous la pluie en attendant vos articles

Qu 'est -ce que c 'est que cette histoire ? Il a d 'autres chiens à

public. Et moi aussi.

Ben, je veux savoir quand sortira mon enquête.

Adressez -moi, M. Basco.

L 'agrandissement des photos de Bastien.

Qu 'est -ce que c 'est que ça ? C 'est un ravi.

Ah, c 'est ça, un ravi. Ici, le puits de pétrole abandonné et les bicoques et

les indigènes.

Ah.

Où sont vos retouches ? Voilà, M. Vasco.

C 'est quatre puits en exploitation.

Pris à Bakou, Russie, je les mets là.

Vous en mettrez huit.

Eh bien, M. Vasco.

Mais voilà des immeubles.

Celui -là, je l 'ai pris à Munich et celui -là à Chicago.

Très bien, ça s 'arrange très bien.

Je vais mettre des gratte -ciels, par exemple. C 'est trop petit, tout ça.

Ah bon, M. Vasco ? Les réverbères sont parisiens, mais ça, ça ne vous gêne pas.

Aucune importance.

Et comme chaussée, macadam ou pavé ? Macadam, macadam. Puis vous allez mettre

des arbres, ce sera moins sec.

Nous sommes au Sahara. Aucune ambiance. Soyez poète, mon ami.

Je ne cesse de vous le répéter, c 'est drôle. Alors, Léordi, vous avez revu les

articles de Bastien ? Oui. Et les titres ? Tous les tiens.

Et voici les nôtres.

Voilà, voilà.

Très bien, parfait.

Vous ne craignez pas d 'aller un peu loin ? Un peu loin ? Ne soyez pas être

Léordi. Hé, Bastien, croyez -vous qu 'il acceptera ces corrections ?

On fait ce qu 'on veut avec un journaliste, d 'ailleurs.

Vous ne saviez pas de peur ? Vous me faites peur, M. Bastien.

Peur, vous ? Vous avez peur ? Les vieilles fribouilles comme vous, vous

vieillissez, mon petit.

Prenez tous les matins une cuillerée de telle piquante, ça vous fera du bien. Ça

va vous monter.

Qu 'est -ce que c 'est peur ? Qu 'est -ce que vous avez ? Bastien.

Bastien ? Ah, le cher Bastien. Le roi des reporters.

C 'est au paix même. Non, je sais.

En quelle estime vous tenez notre regretté maître ?

J 'ai lu votre enquête sur Saharaville.

Quel style.

Quelle documentation. C 'est magnifique.

Je crois que ce sont les papiers qui font du bruit. Je vous le promets.

Vous voulez une cigarette ? Non merci, je ne suis que la pipe.

Elle adore la pipe.

C 'est un petit plaisir dont j 'ai été privé dans ce bled.

83 francs un paquet de caporal.

C 'est inimaginable.

Ce que je vous ai dit dans vos articles me met tout à fait à l 'aise pour

Comment dire ? Je ne veux pas dire quelques critiques, mais... Non,

mais... J 'ai fait ces articles suivant ma conscience.

J 'ai dit ce que j 'ai vu, c 'est tout. Oui.

N 'en parlons plus, monsieur. Je ne veux pas vous chicaner pour de vos trois

virgules, le français.

Vas -y, monsieur.

Dites -moi, qu 'est -ce que vous pensez du raid de Paris -Taïti ?

Parce que non, ça.

Hein ? Quel reportage ? Non, ça. Quoi ? Vous y songeriez ? Qui voulez -vous qu

'on en voit d 'abord, si ce n 'est vous, mon petit ? C 'est merveilleux. Hein ?

Le Morin part jeudi ? Vous êtes prêt ? Comment ? Je suis toujours prêt, moi.

Je vais téléphoner immédiatement à Hercule Maffre. Il n 'a rien à me

Vous faites l 'interprétation. C 'est la plus belle chance de ma vie. Je vous le

dis. Merci, monsieur.

Qu 'est -ce que... Alors, et mon enquête sur Saharaville ? Vendredi. Vendredi,

ah bon ? Je vous le promets. Ben voyons.

Quel beau voyage vous allez faire.

Ça, c 'est pour moi. Et quel papier sensationnel. J 'espère.

Au revoir, mon petit.

Bonne chance.

Magnifique.

Gérard. Quelques mots, M. Gérard.

Eh bien voilà, mes camarades et moi, nous allons tenter de joindre Tahiti

escale, battant facile record.

On l 'éteint, hein ? Toujours se lève.

Oh non, non, Raleigh, mais c 'est trop triste, moi.

Comme ça, j 'ai l 'impression que votre nuit continue, tu comprends ? Non, je

suis pas fan. Je suis pas fan.

Et toi ? Moi, moi, je m 'en... Je suis pas fan non plus.

On prend deux jours des bananes et du chocolat, moi, que rare de ça.

Deux jours, mon Dieu.

Et deux nuits.

Mais tu es Tahiti, c 'est la grande banlieue.

Quelle heure est -il ? Six heures.

Tu vas m 'élever si tôt.

Si ? Une fois.

Pour l 'exécution du Polonais, tu t 'en prie.

Monsieur ! Oh non, je t 'en supplie, voyons.

Tu m 'avais promis de ne pas pleurer.

Excuse -moi, je ne peux pas.

Je t 'enverrai d 'autres, tu sais.

La femme d 'un reporter, c 'est un grand reporter.

Je t 'attends rien d 'heure.

Mais j 'aimerais que tu t 'attendes rien d 'heure.

Je te dis ça parce que c 'est 6h du matin.

Tu sais qu 'à ce temps -là, il n 'y a pas de corrida.

Je ne veux pas que tu partes.

Dis pas de pute.

Garçon.

Qu 'est -ce que tu as à craindre?

Arrête comme ça, mais tu me prends de même.

Pardon.

Pouvez -vous asseoir?

C 'est pas chaud, hein ? Moi, je ne sors plus mes doigts.

Là -haut, à 2000 mètres, qu 'est -ce qu 'ils vont déguster ? Je pourrais vous le

tenir. Ah oui ? Merci.

Vous êtes venu pour le départ du Morin ? Eh oui. C 'est une honte.

Pensez si je connais la question.

Je l 'ai vu naître, moi, le Morin. Je l 'ai connu comme ça.

Alors, vous vous rendez compte ? Mais qu 'est -ce que c 'est qu 'être une honte

? De voir un gars comme Gérard essayer un truc pareil.

Ah, vous me direz, c 'est un casse -cou.

Vous me direz le Morin, c 'est un appareil formidable.

Vous me direz... Oui, mais vous, qu 'est -ce que vous direz ? Un appareil,

messieurs, qui n 'a jamais été jusqu 'à Clamart et qui part pour Tahiti.

Une carlingue qui pue la peinture, des hélices qui n 'ont même pas appris à

tourner. Je croyais qu 'il y avait... Mais oui, on vous a raconté des salades.

Des salades ? Oui, comme à tout le monde.

Et tout ça pour faire de la publicité à un canard.

Quel canard ? L 'incorruptible.

Ah oui.

Oui.

Chaque fois, c 'est la même chose.

Vous avez raison.

Je ne vous le fais pas dire. Non, vous ne me le faites pas dire.

Là, ils vont décoller.

On verra mes articles sur Saint -Raville. Ils passent demain.

Il faut que tu reviennes vite.

Tu ne veux pas nous dire la différence entre un écureuil et une brosse à dents

Si, mais je n 'ai pas le temps. Au retour, je dirais.

Attention messieurs -dames, dégagez s 'il vous plaît !

Mes titres en vitesse là -bas, allons ! Qu 'est -ce que vous faites pour leur

aide ? Je passe une photo, une déclaration du ministre de l 'air et les

dernières dépêches. C 'est bien.

Ah, ça fait rien.

Bastien a de la veine. Ah oui.

Ficelle ! Madame Juliette. Ficelle Araville ? Oui ? Tirez -moi les propres

de suite. Attendez.

Juliette, je n 'ai pas mes prévisions météorologiques pour demain. Et l 'abbé

François ? Il vient de se casser la jambe au rugby.

Oh, je voulais dire ça, mais attendez.

Merci. Vous voyez, journée dure.

Pint -pint.

A l 'est, à l 'ouest, au nord, au sud, au pic, soleil.

C 'est ce que vous en savez.

Bon, j 'aime le soleil, alors c 'est une raison, ça.

Eh bien, M. Languette, il y a à vous boiter ? C 'est bon, puis heureux de m

'attendre. Il pleuvra demain.

Aïe, aïe, bon, alors ça va fonctionner, moi, ça. Je te remercie, mademoiselle

Juliette. Merci.

Eh bien, ce qu 'elle a amusé pour ça !

Vous n 'avez pas le droit de publier cet article.

Adressez -vous à M. Vasco.

Serrez la une, allez, dépêchez -vous.

Serrez -moi la une.

Bonjour, Juliette.

Comment va -t -il ainsi ? Qu 'est -ce que vous avez ? M. Vasco, il faut être

franc avec moi. C 'est très grave.

Je viens de lire le premier article de Bastien. Il avait parlé de son enquête.

Je sais qu 'il pensait ça à Raville. Je ne peux pas croire qu 'il ait écrit ça.

Que voulez -vous dire ? Quelqu 'un a falsifié ses articles et truqué ses

Sébastien ne l 'aurait pas permis. Sébastien n 'est plus là pour se

Et ce quelqu 'un, c 'est peut -être moi ? Peut -être.

Ma pauvre petite.

Et vous vous croyez journaliste ? Comment avez -vous pu vivre si longtemps

côtés d 'Adrien Mafre et être resté si ingénieux ? Croyez -moi, je connais bien

les journalistes. Nous ne connaissons pas les mêmes.

Les miens déjeunent à l 'heure où l 'on dîne, travaillent quand les autres

dorment et dorment quand ils ont le temps.

La petite tirade sur la poste -là du journaliste. J 'attendais ça.

Mais que deviendraient vos journaux sans la publicité ? Tous les jours, l

'incorruptible serait déclaré en faillite si je n 'étais pas là. Oui, je

je sais, vous êtes très fort.

Vous avez lancé des politiciens, des mines d 'or, des pâtes dentifrices, des

maisons démontables et des révolutions, je sais.

Je suis venue vous parler de Bastien et de ses articles.

Mais justement, Bastien a compris ce que vous ne voulez pas admettre.

S 'il est un grand journaliste et qu 'il ne confond pas naïvement l 'information

avec la vérité. Comment ? Oui, oui, ça n 'a aucun rapport.

Pauvre vérité. Vous croyez l 'honorer en l 'admirant toute nue, grelottante au

fond du puits ? Mais c 'est vrai, amis, chez nous, puisque nous l 'habillons.

Je ne peux pas croire que Bastien pense comme vous.

Perruccio, dit Perruche, maître chanteur.

Assieds -toi, papa.

Mon fils.

Si c 'est votre fils, pourquoi vous le dites papa ? Il s 'appelle Patrice, c

'est un diminutif. Bizarre, quand même.

Je l 'emmène avec moi les jeudis et dimanches. Il apprend le métier.

Monsieur le directeur, votre temps est précieux, si bien n 'en abuserai -je

Je crois que je ne vous apprendrai rien en vous disant que Paris vous tient déjà

pour un fief et coquin.

Et ? Rassurez -vous, un coquin de race, hors série.

Il est vrai que la nature vous a choyé en vous donnant un physique dont le

qu 'on puisse dire est qu 'il trompe son monde.

Tapas, ta casquette.

Et c 'est pour me dire tout ça que vous êtes venu me voir ? Justicier au

tribunal, le maître jetteur se déplace volontiers pour avertir son prochain du

péril qu 'il menace.

Quelque chose me menace, moi ? La prison.

Et ce qui est pire, la honte.

Je vous en prie, expliquez -vous.

Il vaut mieux.

Votre journal lance avec une ingéniosité admirable, d 'ailleurs.

Ce qui n 'est encore que l 'affaire de Saharaville, mais qui sera demain le

scandale de Saharaville. Articles mensongers, espérances illusoires jetées

profusion dans le public, la petite épargne dépouillée, etc.

Je ne comprends pas, moi. C 'est la phrase toute faite de ceux qui

trop bien.

Voici le prochain numéro du Bien public.

L 'hebdomadaire que je dirige avec toute ma conscience.

Ce numéro vous est entièrement consacré.

Je vous remercie, c 'est... C 'est la moindre des choses. Le bien public

le mardi.

Vous avez le temps de réfléchir. Le téléphone est dans la manchette.

J 'attends vos instructions.

Je tire à 50 000.

C 'est mental.

Viens, papa.

Dis au revoir.

Au revoir, monsieur le directeur.

Monsieur Moff, Hercule. Oui, oui, c 'est moi.

C 'est au sujet. Je sais.

C 'est votre changement de résidence.

Votre nouvelle affectation.

Vous mettrez ça dans votre livret militaire.

Au revoir.

Au revoir.

Eh bien, mais qu 'est -ce qui te prend ?

Tu en fais une tête que tu es enrhumé.

C 'est Hercule.

Oui, mademoiselle Juliette. C 'est chez M. Vasco.

Chez Vasco.

Toujours chez Vasco, alors.

C 'est pour leurs affaires.

Oui, je les connais, leurs affaires.

Elles sont bonnes pour leurs affaires.

Tiens, Paris, c 'est une belle saleté.

Elle croit que je ne m 'en suis pas perçu que Vasco et elle... Tu crois

Qu 'est -ce qu 'il doit se foutre de moi dans l 'intimité ? Mais peut -être qu

'il parle pas de toi.

Oui, oui.

Peut -être qu 'il se fout même pas de moi.

Nomme pas le temps.

Tu as des nouvelles de Bastien ? J 'appelle depuis 20 minutes.

J 'ai reçu leur dernier TVB à moins de quart.

TVB ? Oui, ça veut dire tout va bien.

Mais depuis ? J 'ai reçu un AS, attendre 10 minutes, et toujours rien.

C 'est curieux.

Alors, vous êtes là ?

M. Hercule March n 'est pas dans son bureau ? Non, mademoiselle, il vient de

partir. Il était dans un état. J 'ai trouvé ça sur son bureau.

Partez. Pour tourner à... Non, non, pas à Cadignan.

Il doit tout savoir là -bas. Je ne sais pas où j 'irai.

C 'est un endroit où on ne connaîtra pas mon nom.

Si j 'en trouve un.

Hercule, vous ne me croirez pas parce que vous êtes en droit de penser que je

suis jouée de vous sans me soucier du mal que je pouvais vous faire, mais...

vestes comme ça, que ça se plie ? Non, les manches à l 'intérieur.

Je ne veux pas quand vous vous souviendrez de moi être la méchante

qui vous... Vous n 'êtes pas une parisienne, vous êtes de Chalonne -sur

Le souvenir que je garderai de vous sera celui d 'un homme que les gens d 'ici

ne pouvaient pas comprendre.

Peut -être parce qu 'il n 'était pas digne d 'être ses amis.

Un homme trop simple ou bien trop honnête pour eux.

Un fada.

Les cravates ici.

Et le journal, qu 'est -ce qu 'il va devenir ? Je l 'ai vendu tout à l

Au Riquel ? Non, ça vous aurait fait trop de peine.

À qui alors ? Je l 'ai vendu à M. Vasco.

Qu 'est -ce que vous avez ? Rien, rien.

Je croyais que ça vous ferait plaisir.

Il a fait une bonne affaire. Soyez tranquille.

Depuis cette histoire de Saharaville, il ne va plus guère le journal.

Le notaire réglera ça avec M. Vasco.

Il faut que vous sachiez, tout ce qui est arrivé, c 'est Vasco qui en est la

cause.

Je croyais que M.

Vasco... Que voulez -vous dire ? Rien.

Il vous a trompé comme il m 'a trompé. Alors pourquoi vous ne me l 'avez pas

plus tôt ? Mais je ne pouvais pas le croire. Et après, il était trop tard,

comprenez ? Ah oui.

C 'est comme bon, oui. Mais quand prend -il la direction du journal ? Dans

quelques jours.

Mais vous, qu 'est -ce que vous allez faire, alors ? Oh, qu 'est -ce que vous

voulez que je fasse, maintenant ? Je m 'en irai.

On m 'offre une rubrique à Paris Soir.

Le courrier des cœurs en détresse.

Oui, oh.

Évidemment, ce n 'est pas très brillant.

Mais enfin, qu 'est -ce que vous voulez en attendant mieux ?

Alors vous quitteriez l 'incorruptible ? Evidemment, vous ne voudriez pas que je

reste au journal ? Non, non, c 'est pas possible.

Aidez -moi à la vider.

Vous ne partez plus ? Non.

Mais qu 'allez -vous faire ? C 'est trop tard maintenant, le journal est vendu.

Je ne peux pas vous dire ce que je vais faire, mais ce qui est sûr, c 'est que

je vais faire quelque chose. Je ne sais pas quoi, l 'impossible peut -être, pour

que vous ne vous occupiez pas des cœurs en détresse. Ah, mais Mascou est très

fort, vous savez.

Il sera moins fort que tous deux réunis, si vous me faites confiance.

D 'accord ? D 'accord.

Alors, ça vient ? Martien ! Les photos du Morin ! Mon nom de

Dieu ! Et Bastien ? On n 'a pas retrouvé les passagers.

La photo a dû être prise quelques heures après l 'accident.

Pas le problème.

Dépêche pour vous, mademoiselle.

Allez, chiffrez. Ça doit être le code du patron.

Traviser -moi ça.

Bonjour, Juliette. Bonjour.

Vaillant, depuis hier 3 heures, on est sans nouvelles de l 'avion.

Oui. Oui, je suppose que ce n 'est pas la première fois. Ça, c 'est déjà vu.

Peut -être que leur radio ne fonctionne pas. Vous savez, un appareil de radio,

il suffit que ça se mouille pour que ça ne marche plus.

Alors, comment on va faire pour ça ? Il faudrait que l 'avion... Évidemment, ce

n 'est pas possible.

Vous les croyez perdus. Mais non, mais non.

Tenez, rappelez -vous.

Mac Conley, il y a huit mois, on l 'avait porté disparu.

Et bien, quatre jours après, il mangeait du pouding chez lui.

Et John Simpson et Brucard.

Et l 'équipage de Londres -Melbourne.

Ah, écoutez, Vaillant, répondez -moi franchement.

Est -ce que vous voudriez encore être à la place de Bastien ? Oui.

Merci, Vaillant.

La traduction du télégramme, mademoiselle.

C 'est sans doute l 'œuvre d 'un fou.

M. Hercule Maffre est dans son bureau.

Oui, madame.

M. Hercule Maffre, après son expérience malheureuse, se retira.

Il était temps.

Je sais que M. Vasco pourra compter sur votre zèle et sur votre dévouement.

Par une attention touchante, notre nouveau patron inaugurera tout à l

direction en célébrant la mémoire de notre cher camarade Bastien.

victime du devoir professionnel.

Vous pouvez disposer, monsieur.

Vasco ? Mais c 'est pas un journaliste. Vous croyez peut -être qu 'un journal

vit d 'amour et d 'opinion ? Bon.

Alors, au revoir, les gars. À ce soir, au canard.

Non, à demain, plutôt. Allez, faites boucler là, jusqu 'à ce soir.

Au revoir, mademoiselle. Au revoir, vous deux.

Parce que, mon chéri... Mon chéri... Je vais te voir à Tahiti.

Ça sera pour une autre fois. Oui.

On ira peut -être tous les deux ? Oui, en bateau, oui.

Oui, c 'est ça.

C 'est beau, toi.

Il me semble qu 'il n 'y a plus d 'une année que je t 'ai quitté.

Mais dis -moi, comment c 'est arrivé ? Je ne sais rien. Moi, je dormais. J 'ai

entendu un bruit terrible et puis plus rien.

Silence, le noir.

Cinq minutes après, on avait de l 'eau jusque -là.

Je sors pas trop le harangue. Comment le harangue ? Le vieux Gradil, depuis qu

'il nous a pêché, m 'a prêté sa varuche. J 'avais plus rien.

Chérie, dis -moi, explique -moi. Pourquoi n 'as -tu pas télégraphé tout

? Ça aurait été une imprudence terrible, voyons.

Je voulais pas que les confrères nous chipent une exclusivité comme celle -là.

Tu te rends compte ? L 'équipage du Morin, ça est sauf, mais ça vaut de l

ça. Mon amour.

Dis -donc, comment ça va au canard ? Ça va plutôt mal.

C 'est pas mal ? Ah oui.

Je vais te raconter ça en russe. Viens, viens.

Où est sa machine ?

Ah non, c 'est la mienne. Comment ? C 'est la mienne. Ah, c 'est la... Pardon.

'est là ? Le

journalisme, messieurs, compte un nouveau martyr.

Ce m 'est un cruel devoir, au moment où je suis appelé à présider, au destiné de

cette maison, d 'exalter comme il convient...

La mémoire de votre camarade Bastien tombée au champ d 'honneur de l

'information.

Mais votre magnifique métier, messieurs, n 'exige -t -il pas autant de foi que d

'héroïsme ? Et quand je dis un métier, c 'est un

apte -là.

Bonjour, Bastien.

Vous êtes minable, mais je suis content de vous revoir.

Il faut qu 'il voit maintenant les articles sur Saharavi.

Je l 'ai mis au courant de tout, déjà.

C 'est Vasco qui a fait ça ? Oui.

Bastien ! Je vais lui casser la gueule.

Je vous en prie, surtout pas de ça.

Ce qu 'il faut, c 'est lui casser la gueule moralement. Il a raison.

Moralement, c 'est tellement mieux. Pour ça, il faut agir avec méthode, sans

froid et discernement.

Vasco a fini de l 'intérêt.

La cérémonie doit être terminée.

Il n 'y a pas une nuit à perdre. Quand est -ce qu 'on boucle la dernière

? Dans une heure et demie.

Mais je m 'occupe pour moi -même de la mise en page. Et si Bajou fait de la

résistance, on l 'enfermera.

Voilà. Vous, pendant ce temps, vous écrirez le plus bel article de votre

carrière avec des points d 'exclamation gros comme ça.

Comptez sur moi. Vous direz tout ce que vous savez. Le chambardement de votre

enquête par Vasco et pourquoi il vous a expédié si gentiment pour faire le rêve.

Mais que voulez -vous dire ? Pourquoi ? Parce qu 'il pensait que peut -être vous

ne reviendriez pas.

Voilà. Mais ce n 'est pas possible. Si, voyons, c 'est un ami à moi qui me l 'a

dit. Je l 'ai rencontré l 'autre jour au Bourget. C 'est un grand ingénieur.

Mais puis après, salaud. Allez, maintenant, il faut agir vite,

alors, qu 'est -ce que nous ont de Vasco pendant ce temps -là ? Ah, Vasco, il ne

faut pas qu 'il voit Bastien. Ça, ça, il ne le faut pas. Alors, tout sera parti.

Écoutez, vous allez le faire monter, n 'est -ce pas ? Quand tout sera prêt,

prévenez -moi et je le recevrai. Viens, patron.

Il trompe.

Patron. Vous vous dites, on a fait une petite ? Non, aujourd 'hui, je ferai la

partie avec un autre.

Une partie terrible.

Je lui casse ses boules.

Hercule, non mais tu es fondu.

D 'abord, appelle -moi patron.

Et celle, vous la servez, quatre colonnes à la une. Mais monsieur, je ne

rien dit. C 'était rien mon vieux, c 'était rien.

Quatre colonnes à la une.

Vous m 'avez fait demander ? J 'espère que vous ne conserverez pas un trop

mauvais souvenir de votre court passage ici.

On ne s 'improvise pas, journaliste.

Le public se montre toujours affamé de crimes, de sensations fortes, de

scandales, de sa peinture quotidienne. C 'est notre devoir de la lui donner.

Vous avez raison, M. Masco.

Vous ne trouvez pas que le journal, ces jours -ci, était un peu terme ? Oui,

mais je crois que l 'édition d 'aujourd 'hui vous plaira.

Ah oui ? Votre dernier numéro, là, vous voulez partir en beauté. Oui.

Très bien.

Et naturellement, c 'est une information inédite. Oh, soyez tranquille. Oui. Et

qui fera un drôle de pastis.

Pastis. C 'est un moralisme.

Comme vous dites.

Peut -on savoir ce que vous voulez faire ? Ah non.

Ah non ?

Non, non, non.

C 'est une surprise.

Sans blague.

Monsieur Vasco, vous êtes un grand pêcheur.

Avec un accent circonflexe. Avec celui -là et l 'autre aussi.

L 'accent aigu.

Vous auriez tort de vous gêner.

Puisque la pêche est permise.

Seulement, vous pêchez aussi à la dynamite.

Et ça, c 'est un peu défendu.

Expliquez -vous.

Allez -vous -en.

Ah non, mon vieux, pas avec moi, s 'il soit là. Filez.

On ne vous a jamais dit que vous étiez un couillon. Si, quelquefois.

Mais à votre place, je ne serais pas fier d 'être couillonné par un couillon.

n 'ai pas dit mon dernier mot, mon amour. Dites -le vite, parce que l

sort dans 35 minutes.

Et alors ? Et alors ? Mais le pastis ravissant.

C 'est vous.

Bravo.

Désormais, je méfierai des pêcheurs de sardines, mon amour.

Ne vous souciez pas.

M. Basco, nos filets sont solides.

Et de temps en temps, un requin peut s 'y prendre.

Allez.

Allez.

C 'est vous, l 'archiviste ? Ah oui, M. Basco, oui, oui.

Vos biographies sont à jour ? Oui, monsieur, oui, monsieur. Je vais vous

montrer. Oui, monsieur, j 'ai ici tous les hommes d 'État, les romanciers, les

philanthropes, les assassins, les sportifs et les escrocs. Oui, alors

-moi la mienne, voulez -vous ? Oui, monsieur, parfaitement.

Vasco. Oui,

né en 85 à Santiago.

Ce n 'est pas exact ? Si, hélas.

Non, donnez -moi un crayon, voulez -vous ? Merci.

Alors, vous allez en mettre en 99, n 'est -ce pas ? 1899 à Grenoble.

Oui, c 'est moins loin.

Grenoble.

Voilà.

Non, non, c 'est le photographe, lui -là, non.

Vous ne voulez pas en entendre parler ? Tenez, vous mettrez celle -là.

Bien, bien. C 'est sur mon bon profil, n 'est -ce pas ? Monsieur Vasco aurait l

'intention de... De partir, oui, de partir pour un grand voyage. Au revoir,

ami. Au revoir, monsieur. Merci.

Juliette, vous êtes là ? J 'ai à vous parler, c 'est très grave.

Non, non, non, surtout ne mentez pas.

Écoutez, ce soir, nous pourrions aller à la fête à Montmartre, si vous voulez.

Comme le premier jour.

Elle finit cette nuit, justement.

Alors, en tirant sur les pipes, je pourrais vous parler sans vous regarder

les mots viendront mieux.

C 'est tellement important, ce que j 'ai à vous dire.

Bien, c 'est entendu.

Ah non.

Oui.

Pauvre vieux.

Bon, vas -y, tu trouveras les mots qu 'il faut.

C 'est un chic type, il comprendra sûrement. Ah oui, c 'est un chic type,

crois bien, oui.

Je lui parlerai de mon amitié pour lui.

Oui, de ta gratitude.

Ah, c 'est ça, oui. La gratitude, c 'est très bon, la gratitude. Ça décourage.

Et puis, je pourrais peut -être lui dire aussi que j 'en aime un autre.

Non, mais tu crois que je peux? Tu en aimes un autre?

Non, mais je ne te l 'avais jamais dit.

Je suis le directeur, voici les photos.

Quelles photos?

Celles du reste, pour la page spéciale de demain.

Ah, vous choisirez vous -même.

Vous ferez ça mieux que moi.

J 'ai une journée tellement chargée aujourd 'hui que j 'ai la tête comme une

courge. Je comprends ça. Ça ressemble bien.

Vous ferez ça mieux que moi.

Bien, monsieur le directeur.

Et dis, il y a les chevriers qui sont là.

Les chevriers ? Oui, l 'article du journal leur a sauvé la vie.

Ils veulent te remercier.

Je n 'ai pas le temps.

Si tu ne les reçois pas, ils cassent tout.

Monsieur Moffre, vous êtes l 'ami des chèvres. Et les chèvres sont vos amis.

En leur nom et celui du syndicat des chevriers, je viens vous dire un grand,

profond merci.

Et les chèvres, où sont -elles ? Elles ne nous quittent jamais.

Vous le ratez. Vous tirez moins bien que l 'autre jour.

Oui, mais ils m 'ont donné les carabines tordues. Un vrai fer à cheval. C 'est

encore beau que je ne me tue pas.

Et vous ne me demandez pas des nouvelles de Vasco ? Non.

Eh bien, les inspecteurs ne l 'ont pas trouvé chez lui. Il est en fuite.

Et vous savez combien a tiré le journal ? Non.

580 000.

Il rend mieux que moi.

Pardon.

Juliette. Ce soir, j 'avais l 'intention de vous parler.

Mais je sais, je sais.

J 'ai tant d 'amitié pour vous.

D 'amitié et de gratitude.

Enfin, de gratitude et d 'affection, je veux dire.

Nous sommes de bons camarades, tous les deux, n 'est -ce pas?

C 'est ce que j 'ai à vous dire.

Entre mes femmes, il y a -t -il quelque chose de plus beau que la camaraderie?

Vous savez, pour moi, la camaraderie, ça doit avoir une grosse voix, des poils

sur les mains et le chaussé du 44.

Je viens de vous parler bêtement de mon amitié, de ma gratitude, de notre

camaraderie. Comme si vous n 'aviez pas autre chose à espérer de moi.

Évidemment, j 'aurais dû tout vous dire.

J 'espérais que vous devineriez.

L 'amour, c 'est comme un panari.

Il ne faut pas la laisser mûrir.

Ça fait moins mal.

Je n 'ai pas osé non plus.

Maintenant, il est parfait.

Ça va mieux.

C 'est fini.

C 'est vrai.

Vous allez voir.

Je suis guéri.

Je trouve que Bajou a une sale tête, et pas vous.

Comment ? Qu 'est -ce que vous diriez de Bastien comme rédacteur en chef ? C

'est un garçon assez vieux.

plutôt sympathique et pas bête du tout.

Mais je n 'ai rien voulu faire sans vous consulter.

C 'est un choix excellent.

Ah oui, il sera un peu maladroit au début, mais vous pourrez faire avec lui

ce que vous avez fait avec moi.

Pas vrai?

Hercule, on ne vous a jamais dit que vous étiez un... Un quoi?

Un sceptique.

L 'ail au lily.

Tu n 'as pas dû en manger souvent là -haut, hein? Si, une fois.

Mais ils y avaient mis du citron et ils avaient oublié l 'ail. Et qu 'est -ce

que tu as fait?

J 'ai serré les poings avec une colère sourde.

Moi, j 'aurais fait un malheur, moi. C 'était chez le président du Sénat. Ah,

alors. Oh, écoute, ils ne vont pas s 'arrêter de me casser les oreilles avec

leur tutu pampant. Écoute, père, moi, je sens que je deviens fou.

Tu n 'aimes pas la musique?

Le bœuf en dobe aussi, je l 'aime. Mais si on m 'en donne pendant 15 jours, je

le rends.

Mais ils viennent te faire une obade.

Montes -toi et après, ils repartiront. Non, non, non, non, je veux pas. Tu

voyais comment ils me regardent tous, maintenant.

Mais tu es bien devenu filancrope, alors.

Ah, écoute, j 'aurais jamais dû y monter à Paris.

Depuis que je suis revenu, c 'est tout juste s 'ils me lèvent pas le chapeau,

quand ils me voient. Mais ils sont fiers de toi, Hercule, et un peu intimidés

après tout ce que tu as fait pour eux, là -haut.

Oh, j 'ai donné un coup de téléphone, c 'est tout.

Quand même, c 'est puissant, le téléphone, hein.

Ça dépend qui y a à l 'autre bout.

Tiens, continue la pommade. Moi, je vais chercher les escargots.

Adieu, Millette.

C 'est pour toi que j 'ai mis le chapeau et les bas.

Tu sors d 'un magasin de Paris.

Comment tu me trouves ? Minable.

On dansera ce soir sur la place.

Tu me la donnes à la première balle.

Je vais réfléchir.

Ça me ferait tant plaisir, tu sais.

Allez, allez -vous -en, allez.

Mlle Juliette.

Oh, pardon, excusez -moi, si je lâche l 'aïoli, vous comprenez, il tombe.

Ah, c 'est fort, ça.

C 'est fort ? Ça me saute à la gorge comme un jaguar.

Hercule, pourquoi êtes -vous parti sans me dire au revoir ? Vous êtes fâché ?

Moi, fâché ? Votre relais pour général, lui, au moins trois fois.

Bien, il est fort, hein ? Ah, je n 'ai pas remarqué.

Mlle Juliette, vous n 'avez pas soif ?

Oh, non, merci, non, merci.

Alors, c 'est ici, votre domaine, là ? Toutes les vignes sont à vous,

naturellement ? Ah, non, seulement les deux petites, à gauche.

Ah.

Hercule, c 'est précis que vous avez fait pour ces deux gens -là.

Précis. Enfin, comment dirais -je ? C 'est très beau, voilà.

Quand je leur ai lu votre lettre... Vous leur avez lu ma lettre ? Enfin, le

passage les concerne, non.

Et quand ils ont vu que le gendarme allait être à eux, ils ont... Si ça leur

fait plaisir, tant mieux.

Mais vous êtes absolument venu à vous remercier.

Je leur ai dit que je m 'en chargeais.

Vous avez bien fait.

Je vous remplace ? Ce n 'est pas drôle.

Et Bastien, comment va -t -il ? Il se débrouille.

Mais d 'ailleurs, vous devez voir le journal.

Vous n 'ouvrez jamais l 'incorruptible ? Je n 'ai pas le temps.

Hercule, ce n 'est pas tout ce que j 'avais à vous dire.

Ah non ?

Vous pouvez le lâcher, Étienne.

Non, je suis venue vous chercher, Hercule.

Quoi ? Oui, vous ne pouvez plus habiter ici.

Mais tôt ou tard, Paris vous manquera. Et comme vous dites, là -haut, on a

besoin de vous. Qui, on ? Mais nous tous, le journal, les Parisiens. Non, d

'abord, on a été injustes avec vous.

Et puis, subitement, nous avons compris que nous avions besoin d 'un homme tel

que vous.

D 'un homme sain qui...

qui aime vivre et qui nous fasse voir le monde avec ses yeux à lui. Vous vous

trompez. Qu 'est -ce que vous en savez ? Le tirage a baissé depuis votre départ.

Non, mais écoutez, Juliette, avant cette aventure, je ne savais même pas que j

'étais heureux. Et maintenant, j 'ai compris.

Ne vous vexez pas, surtout.

Mais allez, Cadignan, c 'est autre chose que Paris.

Mais qu 'est -ce que vous ferez ici ? Ce que j 'ai toujours fait.

Rien. Parce qu 'ici même, quand on travaille, il semble qu 'on se repose

tellement on est heureux.

Tu viens jouer au boule ? Bonjour.

Bonjour. Bonjour.

La pêche a été bonne, hein ? C 'est bien là, comme ça, quelques capillons.

Tu fais quand même des progrès, hein ? Allez, je vous rejoins.

Les Riquels ? Tout le monde à Paris se demande qu 'ils sont devenus. Qu 'est

qu 'ils font ici ? Ils pêchent, ils jouent au boule.

Eux aussi, ils ont compris.

Oubliez ce que je vous ai dit. Allez, Hercule, c 'est vous qui avez raison.

Vous dites qu 'il n 'est pas à nous, ce poète ? Non, il n 'est pas à nous.

Laissez -moi passer.

Et oui, il est sien.

Oui, il est sien. Tu oses dire que ce poète n 'est pas sien ? Non.

Espèce d 'imbécile, il dit.

Docteur à la godille.

Non, il n 'est pas sien.

Non, il n 'est pas sien. Pourquoi il est sien ? Et puis, tu le sais qu 'il n

'est pas sien. Pour le sang grec. Ah,

vous n 'avez pas encore commencé, non ? Hercule, fais attention, hein. D 'abord,

c 'est M. Boeuf qui a raison.

Hercule, tu sais ce que tu es ? Oui.

Un grand...

... ... ... ...

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