All language subtitles for When.Willie.Comes.Marching.Home.1950.720p.DVDRip

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Original subtitles

BIENVENUE � PUNXATAWNEY Voici Punxatawney, Virginie-Occidentale.

Ce n'est pas une tr�s grande ville, ni tr�s petite, je suppose.

C'est juste, eh bien, une ville, je suppose.

Ma ville natale.

C'est dimanche, et comme dans des centaines de villes am�ricaines...

les gens se rendent � la messe.

Cet homme recueillant la collecte, c'est mon p�re.

Et voil� ma m�re.

Voil� Marge Fettles. Les Fettles vivent � c�t�.

Je suppose que Marge me pla�t plus que les autres filles de la ville.

Je les aime toutes, mais je suppose que je pr�f�re Marge.

Je ne suis pas avec elle, car le dimanche apr�s l'�glise...

DRUGSTORE GILBY'S - FERM� LE DIMANCHE je r�p�te avec mon orchestre dans l'arri�re-salle du drugstore Gilby's.

On r�p�te toujours l�, eh bien...

parce que le vieux d'Oscar est propri�taire du drugstore.

On est pas mal comme orchestre... ni bon, ni mauvais.

On joue aux bals de l'�cole et pour la station de radio locale.

L 'an prochain, on esp�re passer une audition pour The Big Time.

Regardez-moi. Je suis le gars au trombone.

Quelqu'un a vol� sa nana

Quelqu'un a vol� sa copine

Quelqu'un est venu l'emporter

Elle n'a m�me pas dit qu'elle partait

Ces baisers que tu aimes tant

Il les re�oit maintenant on le sait

- Oh, ciel - Je sais qu'elle

On sait qu'elle

Viendrait � moi

- Viendrait � lui - Si elle le voyait

Si elle le voyait assis l� Pleurant dans sa bi�re

Le c�ur bris�

Mon pote solitaire C'est � moi

Quelqu'un a vol� ma nana

- Eh, Billy ! �coutez-moi ! - Tu es en retard. Assieds-toi.

- C'est la guerre, les gars ! La guerre ! - Veux-tu...

- Tu ne racontes pas des salades ? - �a vient d'arriver de Washington.

Les Japs ont attaqu� Pearl Harbour ! Des bombardiers ont coul� l'Oklahoma...

Si tu te moques de nous, je te botte les fesses jusqu'� la maison !

Mais ce n'�tait pas une blague.

C'�tait pour de vrai.

Ils ont soudain plong�...

attaquant Pearl Harbour, la grande base navale...

l'arm�e de Hickam Field et Ford Island.

Un rapport dit qu'il y a eu de gros d�g�ts � Hawaii...

et de nombreuses vies perdues.

Il a �t� ult�rieurement confirm�.

Comme tous les gars de la ville, j'ai oubli� l'orchestre...

CENTRE DE RECRUTEMENT DE L'ARM�E US et Marge et Punxatawney.

Allons. Allons. Du calme.

- C'est le premier, M. le Maire. - Bill, mon gar�on.

Bonjour, M. le Maire. Juge Tate.

- Je veux m'engager tout de suite. - Bien parl�, fils.

Je connais Bill depuis sa naissance. Je l'ai vu grandir.

Et maintenant je vois un homme, le premier de Punxatawney � se battre.

Et je veux vous dire que personne n'est mieux plac�...

pour �tre le premier soldat de notre ville...

que le fils du sous-commandant adjoint...

de la L�gion Am�ricaine, section Punxatawney.

Ce sont de grands mots, M. le Maire.

- Arr�te, Kluggs. Viens poser. - Qu'est-ce qui se passe ?

- Une photo. - Une photo pour le Clairon.

�tant le premier homme � t'engager � Punxatawney...

as-tu quelque chose � dire pour publication ?

Tout ce que j'ai � dire...

c'est que plus t�t on s'y mettra, plus t�t ce sera fini.

Attendez ! Ne bougez plus !

LE PREMIER � SE BATTRE !

SECTION N� 56 L�GION AM�RICAINE DE PUNXATAWNEY

Au revoir, M. Fettles. Au revoir, Mme Fettles.

Au revoir, Bill.

J'imagine qu'on y est. � bient�t, maman.

- Prends soin de toi. - Prends soin de toi, fils.

Bien s�r. Ne t'inqui�te pas, maman.

- � bient�t, papa. - Au revoir, fils.

N'oublie pas de m'envoyer une �p�e japonaise comme souvenir.

Je t'en enverrai une qui te servira de rasoir.

Tous � bord !

- Eh, Bill ! - � bient�t, Charley.

J'ai essay� de m'engager, mais ils ne m'ont pas pris.

- Je dois attendre un an. - Occupe-toi de ta s�ur. Je me battrai.

- Envoie-moi une mitraillette japonaise. - Joue plut�t avec ton fusil � p�tards.

- Charley, va-t-en. On se dit au revoir. - � bient�t. Bonne chance.

- � bient�t. Continue avec l'orchestre. - J'�tais juste...

- Charley Fettles ! - � bient�t !

CLASSE TOURISME � bient�t.

Ils nous ont envoy�s � Fort Wayne au Missouri.

O� ils n'ont pas perdu de temps avant de nous mettre � l'entra�nement.

On �tait des idiots et l'arm�e nous a tout enseign� de A � Z.

Oui, monsieur, de A � Z.

Avant-arri�re ! Avant-arri�re !

- Avant-arri�re ! - Un, deux, trois, quatre.

Apr�s l'entra�nement de base, j'ai demand� l'arm�e de l'air...

pour �tre form� comme pilote.

Je n'oublierai jamais mon premier vol en solo.

Oui, monsieur... Je veux dire, non, monsieur.

Je n'oublierai jamais mon premier vol en solo.

Pose-le ! Pose-le, idiot !

Je ne savais pas pourquoi, mais je n'arrivais pas � prendre le pli.

L 'artillerie, c'�tait autre chose.

Du g�teau pour moi.

Ils savaient � Punxatawney que j'�tais le meilleur au stand de tirs...

depuis que j��tais assez grand pour �tre renvers� par le recul.

C'�tait comme tirer des canards. Je n'avais qu'� viser.

C'�tait la fin du tir � la cible.

Fini l'entra�nement.

Et quand ils nous ont affect�s, on savait que c'�tait pour de bon.

Ils ne nous voulaient pas nous dire o� on allait...

mais une rumeur s'�tait mise � courir.

Sergent, on jurerait qu'on est chez moi.

Tous ces bleds se ressemblent.

Tr�s bien, les gars ! Pr�parez-vous !

C'est ici que vous descendez !

- Allez. - Sergent, regardez �a.

- �a ne va pas. C'est une erreur. - Ferme-la, Kluggs.

C'est ma ville natale. Il n'y a jamais eu de Loring Field ici.

- Il y en a un depuis un mois. - Comment de temps on reste ici ?

- Tu n'auras pas le temps de te moucher. - Je pourrai avoir une permission ?

Qui sait ?

Allez, prenez vos sacs ! Bougez-vous !

Merci, Joe.

Arr�te. Pas question. Tu me prends pour un sympathisant nazi ?

- J'allais juste te payer. - C'est ce que je veux dire.

Tu crois que je ferais payer le premier gars de la ville � s'�tre engag� ?

Rien � faire, Bill. Dor�navant, tu prends ce taxi gratuitement.

�a alors ! Un vrai patriote.

Je serais en uniforme, moi aussi, si ce n'�tait de ma femme et des gamins.

Reste avec eux. On va s'occuper de cette guerre.

Maman !

Maman ?

O� est tout le monde ? Quel retour � la maison.

Eh ! Papa ! Papa !

Fils ! Oh, mon gar�on !

Mon gar�on !

Fils.

- Ah ben �a, alors. - Comment �a va, papa ?

- Pourquoi tu n'as pas pr�venu ? - Je ne le savais pas moi-m�me.

Tu sembles en forme, fils. La bouffe de l'arm�e te convient.

- Maman, regarde ! Des d�corations ! - T'appelles �a des d�corations ?

Plaque de Tireur d'�lite et M�daille de Bonne conduite. Des trucs de scout.

C'est vrai. Attends qu'ils commencent vraiment � le d�corer.

J'aurai tellement de ferraille que je ne pourrai plus marcher droit.

- Tu restes combien de temps ? - Tu dois �tre affam�. On va manger.

Tr�s bien, maman, pr�pare le d�ner. Et je vous raconterai tout.

- Je vais voir Marge. - Tr�s bien.

Ram�ne-la ici !

Eh, Marge !

Marge, ch�rie !

Bonjour, M. Fettles, Mme Fettles.

Vous �tes surpris de me voir, hein ? Eh bien, je suis surpris d'�tre ici.

On a un sergent dans le train...

Qu'est-ce qu'elle a ?

Bonjour, William. �a fait plaisir de te voir. Bienvenue.

- J'ai fait quelque chose, M. Fettles ? - C'est l'uniforme.

- C'est un uniforme am�ricain. - Charley.

- Il veut s'engager dans la marine. - Il est trop jeune.

Non, non, on le prendrait comme pilote.

- On veut des jeunes dans l'aviation. - Le petit Charley ?

Oui. Chaque fois que Clara voit un uniforme, elle pense � Charley et...

c'est comme �a.

Assieds-toi, William. Je vais chercher Marge.

Marjorie !

William est l�.

Gros m�chant. Me faire pleurer comme �a.

- Je ne t'ai pas fait pleurer. - La carte postale !

Oh, �a. Je croyais qu'on allait outre-mer.

- Mais on s'est arr�t� � Loring Field. - Loring Field ?

- Oui. - C'est � 7 km d'ici.

- Oui, je sais. - Peut-�tre qu'ils te garderont l�.

L� ? Tu rigoles ? Je suis le meilleur artilleur de mon r�giment.

- Peut-�tre. - Aucune chance.

Ils vont me mettre dans la premi�re forteresse volante pour l'Angleterre.

On ne g�che pas un type comme moi, ch�rie. Je suis tireur d'�lite !

Tu sais quand tu repars ?

On ne peut pas savoir.

Ordres secrets, tu sais.

Ce pourrait �tre tout de suite ou...

il y a cinq minutes.

Fils ! Eh, fils ! Appel du mess ! D�p�che-toi.

- Il faut �tre � la cantine � 20 h. - D'accord, j'arrive.

BIENVENUE, SOLDAT KLUGGS USO

- Wow ! - Bienvenue, soldat Kluggs.

Tu as organis� tout �a ? Nom d'un chien !

Doucement, tout le monde.

Tu croyais qu'on ferait rien pendant que tu te bats en territoire ennemi ?

Mes amis, votre attention ! S'il vous pla�t.

Nous avons ce soir un plaisir inattendu, un grand honneur en fait.

Un de nos gar�ons, la fiert� de Punxatawney...

est revenu parmi nous.

Mais pas pour longtemps. Peut-�tre juste 12 heures.

Puis, il partira � la rencontre de l'ennemi.

J'ai le plaisir de vous pr�senter le premier � se battre...

le soldat premi�re classe William Kluggs.

- Silence, s'il vous pla�t. - Silence !

J'ai le grand plaisir de te pr�senter ce t�moignage d'estime de ta ville...

un bracelet d'identification en or massif de 14 carats...

pour que peu importe o� tu sois...

tu saches qu'on pense toujours � toi.

- Un discours ! - Un discours !

- C'est qui, le g�n�ral MacArthur ? - Je ne comprends pas.

Merci. C'est...

Tout �a me prends par surprise.

Je ne m'y attendais certainement pas.

Je ne sais pas vraiment quoi dire sauf, eh bien, merci.

Si tu ne peux pas le dire, chante-le !

Vous vous souvenez de "Tu me tiens comme �a" ?

Je joue les deux premi�res mesures au piano. Vous reprendrez au refrain.

Je dis bonjour aux gens que je connais

De fa�on un peu vague

Perplexe et triste j'erre

Toute la journ�e

Ne me demandez pas ce que j'ai

� quoi je pense

Un coup d'�il vous dira que je suis fou

Amoureux

Tu me tiens comme �a Dis

Qu'est-ce que tu vas faire Qu'est-ce que tu vas faire

Tu me tiens comme �a Je suis fou de toi

Tu m'as embrass� un jour

Et voyant que j��tais sinc�re

Qu'as-tu donc fait

Tu m'as laiss� comme �a Plus triste que triste

Tu as trouv� �a dr�le

Que je tombe si amoureux

J'en ris � me rompre les c�tes tr�sor

Tu tiens tous les atouts

Tu me tiens comme �a Dis

Maintenant que je suis dans le p�trin Qu'est-ce que je vais faire

Je vais juste rester fou de toi

Tu me tiens comme �a Dis

Qu'est-ce que tu vas faire Qu'est-ce que tu vas faire

Tu me tiens comme �a

Folle de toi

Tu me tiens comme �a Dis

Qu'est-ce que tu vas faire Qu'est-ce que tu vas faire JE VOUS VEUX POUR L'ARM�E US

Tu me tiens comme �a Plus triste que triste

Tu as trouv� �a dr�le

Que je tombe si amoureuse

J'en ris � m'en rompre les c�tes tr�sor

Tu tiens tous les atouts

Tu me tiens comme �a Dis

Maintenant que je suis dans le p�trin Qu'est-ce que je vais faire

- Je vais juste rester fou de toi - Moi aussi

- De qui - De toi

Je vais juste rester

Fou de toi

- �l�gant, hein ? Et en or massif. - Ce devrait �tre du platine.

Je sais, tr�sor, mais c'est l'intention qui compte.

- Bonne nuit. - Tu dois vraiment rentrer ?

Je neveux pas, mais maman va s'inqui�ter.

Elle est trop occup�e � s'inqui�ter pour Charley.

Je suppose.

Ce sont des moments pr�cieux. Quand un gars a juste le temps devoir sa ch�rie.

C'est peut-�tre notre dernier soir ensemble.

- Je vais te manquer, hein ? - Terriblement.

- Je sais ce que tu veux dire. - Mais je ne vais pas me morfondre.

Je vais faire cette guerre � l'arri�re avec la Croix Rouge...

et � la cantine et comme vigile contre les raids a�riens...

Pas ce soir, tr�sor. Pas ce soir.

Bonsoir, William, et bonne chance outre-mer !

- Bien dit, tueur. - Bonsoir.

Oui, bonsoir, Mme Barnes. Bonsoir, Andy.

� bient�t.

- Je me souviendrai toujours de ce soir. - Moi aussi.

J'ai r�alis� qu'il n'y avait pas assez d'heures dans une vie...

Heures ? On n'a pas des heures. Juste des minutes.

Les derni�res minutes peuvent �tre tellement importantes pour un gars.

Tu ne me caches rien. Tu ne pars pas ce soir.

Quand on est soldat, on ne sait jamais.

- Tu as re�u tes ordres. Dis-le. - Non, je n'ai pas re�u mes ordres.

Mais si c'�tait le cas, je voudrais te dire quelque chose avant mon d�part.

On a grandi ensemble, tu sais, Marge.

On a toujours �t� un couple.

Oui.

Mais maintenant, c'est diff�rent.

Je ne sais pas. C'est peut-�tre toi. Peut-�tre moi.

Peut-�tre la guerre. Je ne sais pas.

Je sais juste que je t'ai dans la peau, Marge.

Je t'ai toujours aim�.

LES YANKEES ENVAHISSENT L'AFRIQUE DU NORD

Je ne sais pourquoi, mais cet arr�t � LoringField...

s'est prolong� comme la visite d'une belle-m�re.

Hogan. Hughes. Irwin. Isaacs.

Jones. Kelly. Kirkwood.

King. Kaplan. Libby. Morgan.

Muller. Moriarty.

Les hommes qui ont �t� appel�s, demi-tour droite !

En avant, marche ! Le reste, rompez.

La guerre a continu�, mais sans moi.

Ils ont envoy� des soldats � l'est et ils en ont envoy� � l'ouest...

mais on aurait dit que j'avais un bail � long terme.

- Oui, Kluggs ? - D�sol� de vous d�ranger, lieutenant.

- Qu'y a-t-il ? Parlez. - Il faut que je sorte d'ici.

- Pourquoi ? - C'est mon tour.

- Je suis un des meilleurs artilleurs. - Le meilleur. Je dois vous garder.

Mais, lieutenant, je dois partir. Je veux me battre outre-mer.

Une guerre, c'est plus que se battre.

Quel genre d'arm�e on aurait si personne n'enseignait aux bleus � tirer ?

- Mais si le lieutenant veut bien... - Vous perdez votre temps et moi aussi.

Je serais ravi de vous envoyer, mais je ne dirige pas cette arm�e... pas encore.

Oui, lieutenant.

- Cependant... - Oui, lieutenant ?

Vous �tes promu au grade de caporal.

Et Kluggs, je vous recommande pour la m�daille de Bonne Conduite.

Merci, lieutenant.

LES YANKS D�BARQUENT EN SICILE !

Bonjour, Mme Barnes.

Qu'est-ce qui lui prend ?

C'est dur pour elle d'accepter que tu aies un week-end de permission...

apr�s la bataille de Punxatawney...

pendant que son fils Andy combat sur le front en Nouvelle-Guin�e.

Pourquoi s'en prendre � moi ? Je t'ai dit et redit, j'ai essay�.

Oui, je sais. Mais elle ne le sait pas, c'est tout.

Vous ne comprenez pas, capitaine. Non seulement je suis ici depuis un an.

- Mais c'est ma ville natale ! - D�sol�, Kluggs.

Les gens en ville commencent � me prendre pour une poule mouill�e.

Je vais �tre aussi populaire qu'Hitler, mon capitaine.

Je comprends votre dilemme, mais je n'y peux rien, Kluggs.

Vous avez la meilleure cote de tous les instructeurs qu'on ait jamais eus.

On ne peut pas se passer de vous et c'est d�finitif.

Oui, mon capitaine.

- Cependant... - Oui, mon capitaine ?

Je vous ai promu au grade de sergent...

et je vous recommande pour la M�daille de Bonne Conduite.

Merci, mon capitaine.

LES YANKEES AVANCENT SUR ROME

Apr�s �a, les choses ont vraiment mal tourn�.

Ils me jetaient presque des pierres en ville.

Non pas que l'enseignement ne soit pas excitant par moment.

Sortez Kluggsie de l� ! Eh, Kluggsie !

Mettez-le dans la Jeep !

Sortez-le d'ici. Allez, mon pote !

- Allez ! Allez ! - Vite ! Vite !

On s'en est bien tir�s.

On ne peut pas tuer un tire-au-flanc, comme je dis toujours.

Si je ne suis pas envoy� au combat outre-mer, je ne sais pas ce que je... COMMANDANT L.T. MOORE

Qu'est-ce que vous avez, Kluggs ? Vous vous d�gonflez ?

D�gonfler ? Commandant, j�ai dit que je voulais aller � la guerre !

Ne racontez pas d'histoires !

Vous voulez une planque outre-mer pour recevoir rubans et m�dailles !

- Commandant, je veux me battre ! - Enlevez vos mains de sur ce bureau !

Pas de salades. Je suis dans l'arm�e depuis trop longtemps.

Vous �tes un de ces fut�s qui sait que 10% des engag�s affrontent l'ennemi.

Qu'est-ce qu'il y a ? C'est trop dur ici � Loring ?

Vous avez peur de voler avec ces gamins parce que c'est un travail dangereux ?

- Commandant, vous ne comprenez pas. - Je comprends tr�s bien !

�coutez, Kluggs, arr�tez ces j�r�miades.

Vous �tes un bon �l�ment et j'ai besoin de vous.

Faites donc votre travail et �pargnez-moi ces trucs de h�ros.

Oui, commandant.

Oui, commandant ?

Si �a peut vous consoler, vous �tes promu sergent-chef.

Merci, commandant.

Ouais. Toujours la m�me histoire.

J'ai eu la M�daille de Bonne Conduite avec feuilles de ch�ne.

Salut, papa.

- T'es encore l� ? - Qu'est-ce que �a veut dire, �a ?

Bon, tu n'arrives pas � les convaincre de t'envoyer outre-mer.

Mais est-ce qu'il faut pour autant que tu tra�nes ici � la vue de tous ?

- Mais c'est sa demeure. Il vit ici. - C'est � moi que tu le dis ?

Que veux-tu que je fasse, que j'�crive au secr�taire de la guerre ?

Je n'ai pas eu de probl�me pour aller � Ch�teau-Thierry en 1918 !

C'est vrai. Ils ont affect� ton p�re trois mois apr�s son incorporation.

Gertrude.

Ils rentrent � la maison.

Qu'y a-t-il donc ?

- Elle a re�u un t�l�gramme. - Mauvaise nouvelle ?

Charley. Il rentre du Pacifique.

En permission. Il arrive cet apr�s-midi.

C'est formidable ! C'est merveilleux !

- Alors pourquoi elle pleure ? - Charley ne reste qu'une semaine.

Il a de la chance. Beaucoup n'ont pas de permission. D'autres, pas une semaine.

Et d'autres sont toujours � la maison.

Je ne parlais pas de toi, Bill.

Marjorie est dans la cuisine.

Vers 16 h.

On organise une grande f�te demain soir pour Charley � la cantine.

Je veux que tu y sois.

Tu y seras ? Tr�s bien. Merci beaucoup.

N'est-ce pas merveilleux pour Charley ? Il sera ici cet apr�s-midi.

- Je sais. C'est merveilleux. - Il a abattu 14 avions japonais...

All� ? All�, Myrtle ?

Myrtle, c'est Marge. Devine quoi.

Oh, tu sais d�j�. Genevi�ve t'a dit, hein ?

Tu y seras, n'est-ce pas ? Tr�s bien. Au revoir.

- Je dois retourner au terrain. - Tr�s bien, ch�ri.

- Je te verrai demain soir. - Je ne pense pas.

Bon sang...

- Tu ne penses pas quoi ? - Je n'y serai pas.

Mais ch�ri, c'est pour Charley.

- Je sais, mais... - Tu ne veux pas le voir ?

Bien s�r que si. Je ne peux pas le voir ici ? Il faut que ce soit � la cantine ?

- Ne te torture pas. - Les gens me regardent de travers.

Je suis l� depuis trop longtemps. Il vaut mieux que je disparaisse.

- Tu peux avoir une permission ? - Oui.

Alors tu y seras.

Ce n'est pas ta faute si tu es post� � Punxatawney.

Tu es un soldat et tu dois ob�ir aux ordres.

- Tu ne comprends pas... - Tu fais un travail merveilleux...

et dangereux aussi.

On a eu plus d'atterrissages forc�s et de crashes � Loring Field...

que Charley n'en a connus dans son Hellcat.

Tu n'as pas le droit d'avoir honte.

Et je ne te laisserai pas te d�filer comme �a.

D'accord.

J'y serai.

BIENVENUE � NOTRE H�ROS CHARLEY

BIENVENUE � NOTRE H�ROS CHARLEY

D'accord, Charley. Continue l'histoire de Tarawa.

- C'�tait dur sur la plage. - Ils se sont bien battus, hein ?

- On a vol� pendant 14 heures. - Quatorze heures ?

- D�collage. Vol. Atterrissage. - D�collage... Oui, oui.

- Peut-�tre un peu de jamoke. - C'est au caf�.

- Et il faisait un sale temps. - C'�tait pareil en Argonne.

On se tra�nait dans la pluie et la boue en se faisant pilonner de plomb !

- Y avait m�me l'infanterie nipponne... - L'infanterie nipponne ?

Charley Fettles, le tueur de g�ants !

Eh, Bill ! Alors, mon gars ? Nom d'un chien, content de te voir !

- Tu sembles en forme, lieutenant. - Toi aussi !

J'ai pens� � toi, mais je ne pensais pas te voir avant la fin de la guerre.

- Toi aussi, t'es en permission ? - Eh bien, non, pas exactement.

T'es revenu quand ?

En fait... �a va te faire rire... Mais je ne suis jamais parti.

J'ai �t� post� ici � Loring Field pour enseigner le tir a�rien.

C'est la vie.

Je pr�f�re me battre dans un F-6 plut�t que faire l'idiot avec un tas de bleus.

- C'est un boulot dangereux. - Eh bien, c'est la routine.

Continue. Tu racontais.

- Je ne veux pas me vanter, M. Kluggs. - Continue ! Qu'est-il arriv� ?

Le deuxi�me jour, je faisais un passage sur leurs casemates...

tirant au calibre 50, quand bingo !

- Le Nippon s'est mis � tirer... - Je vois ce que tu veux dire.

Une balle a ricoch� sur mon casque � Ch�teau-Thierry. Vlan !

- Je vous montrerai la marque. - Je ne pouvais plus sortir le train...

�a m'est arriv�. Le syst�me hydraulique a l�ch�. Atterrissage sur le ventre...

Fils, s'il te pla�t. On parle de combat. Vas-y, Charley.

- Puis le moteur s'est arr�t�. - Voil� ta glace, Charley.

Merci, m'dame. Alors je suis descendu vers la plage me poser sur le ventre.

J'allais sauter, mais l'atterrissage me semblait jouable dans le sable.

J'ai r�ussi. Deux marines m'ont tir� de l�.

Une heure apr�s, j��tais dans un nouvel Hellcat, mitraillant de partout.

Eh, Bill...

Parle-nous de Truk.

Truk �tait pareil que Tarawa, mais le rata n'�tait pas aussi bon.

Je sais exactement de quoi tu parles !

Pardon. Je suis d�sol�.

- Eh, qui c'est ? - C'est Bill Kluggs.

- Cette mauviette est toujours l� ? - Il doit vivre ici !

Il sera �ternellement ici.

Eh bien, soldat... Rompez, rompez, pour l'amour du ciel.

- C'est vous, Kluggs ! - Oui, colonel.

Tout va bien, n'est-ce pas, sergent ?

J'ai eu assez d'ennui pour la journ�e et il est encore t�t.

En v�rit�, colonel Butterworth, �a ne va pas du tout.

D�sol� de vous ennuyer avec �a, mais c'est urgent. Primordial.

- En fait, j�aimerais �tre transf�r�. - Moi aussi.

Mais je suis ici depuis deux ans. Je dois aller au combat outre-mer.

Est-ce ma faute si j'ai �t� post� dans ma ville natale ?

D�sol�, Kluggs. Hors de question.

Cependant, je vais vous dire ce que je peux faire.

Je vous recommande pour la M�daille...

All�. Faites-le entrer.

- Eh bien ? Il s'est remis ? - Non, mon colonel. Appendicite aigu�.

- Op�ration d'urgence, colonel. - Oh, non !

D�sol�, mon colonel.

Cette forteresse a 20 minutes de retard sur son escadrille.

- Vingt-cinq ! - Ils ne peuvent pas aller au combat...

sans un �quipage complet, surtout sans mitrailleur ventral.

- Il faut un rempla�ant, tout de suite. - Un rempla�ant. Oui.

Appelez le capitaine Blake et...

Attendez une seconde.

- Oui, colonel ? - Vous connaissez la tourelle du B-17 ?

De bout en bout, colonel.

- Vous voyez cet avion l�-bas ? - Oui, colonel.

Il partira pour l'Angleterre dans une heure si vous �tes � bord.

- Oui, colonel. - Si vous voulez aller outre-mer.

Oui, colonel. Merci, colonel.

Je n'oublierai jamais... excusez-moi. Je ne vous oublierai jamais, colonel !

Que Dieu vous b�nisse. Colonel !

- Eh, Kluggs ! Une seconde ! - Pas maintenant. Je suis press�.

- Paye, Kluggs. 60 sous au compteur ! - Tu les auras.

Et en plus, attends-moi. Je pars outre-mer.

Je voudrais bien voir �a !

Eh, Marge !

- Papa, je pars ! Je vais outre-mer ! - Quoi, encore ?

C'est vrai ! J'ai vu le colonel Butterworth. Un gars a l'appendicite...

- Tu n'as pas l'appendicite ? - Non, maman ! �a y est !

- O� est la douleur ? - Je pourrais te dire.

- Je pars � la guerre ! - Oh non, Bill !

- Ne sois pas dramatique. - Je pars vraiment dans une forteresse !

- Tu as la partie qui a l'avis... - Allez-vous m'�couter !

Je pars outre-mer !

- Qu'y a-t-il ? - Contente que tu sois l�. J'arrivais.

- Quelque chose ne va pas ? - La guerre. Tu sais.

- Willie part outre-mer. - Vraiment ?

- C'est tout ce que tu as � dire ? - Oh non, ch�ri.

Elle en a assez de se r�p�ter, c'est tout.

- N'est-ce pas formidable ! - Qu'est-ce qui t'arrive ?

Un gars rentre dire au revoir � sa ch�rie et � sa famille...

et ils l'ignorent.

C'est vraiment injuste !

Tu �tais si excit� que j'ai cru qu'il �tait arriv� quelque chose.

Il est vraiment arriv� quelque chose !

- Il y a un taxi dehors. Vous avez vu ? - Oui.

Dans une minute, je serai dedans et je vous quitterai peut-�tre pour toujours.

Dans 30 minutes, je d�colle dans un B-17. Compris ?

On va l�cher des �ufs sur l'Allemagne et je serai le mitrailleur ventral !

Ne dis pas "ventral," ch�ri.

- Il part vraiment. - Tu es s�rieux ?

- Attends une seconde, fils. - Je pars. Je suis venu dire au revoir.

Je retourne au terrain. On d�colle � 14 h.

- Ils ne t'ont pas pr�venu. - J'ai demand� d'aller au combat.

- Oh non, mon gar�on ! Tu vas �tre tu� ! - Je ferai attention, maman.

� bient�t, papa.

Il a demand� d'aller au combat. �a, c'est mon gar�on.

- Il ne faut pas y aller ! - Il faut que j'y aille, maman !

C'est pour devrai. Je dois filer. Au revoir, tr�sor.

Au revoir, maman. Au revoir, papa.

Au revoir.

N'oublie pas d'�crire.

Willie.

On a d�coll� pile � 14 h.

On a pris le grand cercle au nord-est vers l'Europe.

On a ravitaill� � Terre-Neuve, puis on a travers� l'Atlantique Nord.

C'est l� que �a s'est vraiment cors�.

Silence radio, un vaste oc�an...

et nous, six heures derri�re notre escadrille, seuls.

Pilote � �quipage. Pilote � �quipage. On entre dans la zone de combat.

Prenez vos positions et v�rifiez vos armes.

Alors on y est, hein ?

On est o� ?

Et puis, la situation s'est d�t�rior�e, la pur�e de pois est arriv�e.

On n'a pas r�alis� � quel point c'�tait s�rieux.

On �tait tous morts de fatigue.

On �tait en l'air depuis une �ternit�.

Abeille � Coq. Abeille � Coq. Termin�.

Abeille � Coq. Abeille � Coq. Termin�.

- Voil� votre avion, colonel. - Coq � Abeille.

On vous suit au radar. Votre cap est de 210 degr�s.

Le terrain ici est ferm�. Visibilit� : z�ro.

Ordre d'atterrir au terrain H-22. Code : Bantam. Termin�.

On ne peut pas y aller. On vole avec des vents contraires depuis 1 500 km.

On a perdu une heure au-dessus de Glasgow.

Coq � Abeille. Combien de carburant vous reste-t-il ?

On vole sur les vapeurs. Vous pouvez nous faire atterrir ?

Donnez-moi la m�t�o sur les pistes d'urgence disponibles dans le secteur.

Annulez les ordres H-22. Restez en attente.

En attente de quoi, colonel ? On br�le le cambouis !

- Il faut qu'ils se posent � A-6. - Mais ils sont ferm�s comme nous.

Je sais. Mais ils peuvent atterrir aux instruments en utilisant l'�metteur.

Voil� vos instructions. Atterrissez aux instruments � A-6.

Cap au compas depuis votre position, 68 degr�s. Restez en contact constant.

C'est hors de question, colonel.

Notre r�cepteur est hors service. On ne peut pas atterrir aux instruments.

- Restez � l'�coute. - Eh bien ?

- Pas bon. Brouillard � la base nord. - Qu'est-ce que vous avez ?

D'accord. Ils ont 30 m � Station George.

C'est � 100 km. Ils n'y arriveront pas. Tournez et attendez les instructions.

On tiendra aussi longtemps que possible. Donnez-nous une chance !

Il n'y a pas de terrain ouvert dans leur rayon d'autonomie.

- On peut les guider jusqu'ici. - Comment ? Ils n'ont pas de balise.

On ne les voit pas. Ils ne nous voient pas. Comment leur dire o� se poser ?

Aucune chance dans cette pur�e.

- Que voulez-vous faire, colonel ? - On n'a pas le choix.

Il y a huit hommes l�-haut.

- Sacrifier un B-17. - Comme vous dites. Pas le choix.

- Abeille � Coq. Et alors ? - Voici vos ordres.

Faites un virage de 180 degr�s, passez en pilotage automatique et sautez.

Sauter ? C'est un avion tout neuf !.

On ne l'a m�me pas us� ! On veut une chance de le poser !

Coq � Abeille. �coutez bien et ne jouez pas les h�ros.

Il n'y a pas de terrain ouvert. Pas d'endroit o� se poser.

Ce 180 degr� enverra votre avion dans la Manche.

Si vous sautez vite, vous atterrirez sur la terre ferme.

On vous situe pratiquement au-dessus de nous.

Alors sautez ! C'est un ordre.

- Termin�. - Bien re�u et termin�.

Pilote � �quipage. �coutez bien. On abandonne l'avion.

Rapportez-vous tous � moi, puis sautez imm�diatement. Termin�.

Navigateur au pilote. Bien re�u et termin�.

Williams au pilote. Bien re�u et termin�.

Swanson au pilote. Bien re�u et termin�.

Murphy au pilote. Bien re�u et termin�.

Harris au pilote. Bien re�u et termin�.

- D'accord Andy, on saute. - Kluggs ne s'est pas rapport�.

Pilote au mitrailleur ventral !

Pilote � Kluggs !

Pilote � Kluggs ! Pilote au mitrailleur ventral !

Vous m'avez entendu, Kluggs ? On n'a pas la journ�e !

Bien re�u, capitaine. Bien re�u. Bien re�u et termin�.

Eh Sid, allons-y !

Adieu, mon c�ur.

Mitrailleur ventral au pilote. Je vois la terre juste en-dessous.

Mitrailleur ventral au pilote. Vous m'entendez, capitaine ?

Mitrailleur ventral au pilote. Test. Un, deux, trois, quatre.

Un, deux, trois, quatre.

Test. Vous m'entendez, capitaine ? R�pondez, capitaine.

Mitrailleur ventral au pilote. Mitrailleur ventral au pilote !

Eh, les gars !

Non, ce n'est pas "Klougs." C'est Kluggs. Comme dans "bogue."

Vous savez ce que... Non, attendez mademoiselle...

- Donnez-moi �a. - Impossible, monsieur.

Tout un classeur que vous avez l�.

Eh, vous avez parl� anglais.

- Oui, je parle anglais. - Mais vous �tes Fran�aise.

- J'ai boss� dans un bistro de la 53e. - Vous �tes presque une autochtone.

- Vous connaissez la 53e Rue ? - Bien s�r, je connais la 53e.

- Le Stork Club. - Oui.

- Vous m'avez peut-�tre vue. Je chante. - Non, je ne pense pas, non.

- Vous connaissez Winchell ? - Winchell ? Walter Winchell ! Oui !

Non, non. Je ne le connais pas vraiment.

- Mais vous dites �tre Am�ricain. - Bien s�r que je suis Am�ricain.

Beaucoup d'Am�ricains ne connaissent pas personnellement Walter Winchell.

- On doit �tre tr�s prudent. - Regardez l'uniforme. Il est am�ricain !

Qu'est-ce qu'elle a dit ?

- R�pondez � quelques questions. - D'accord, mais je d�teste les quiz.

Qui est Dick Tracy ?

Un poulet.

Un flic. Un gendarme !

Que dit le Ranger Solitaire ?

- Qui ? - Le Ranger Solitaire.

Hi-ho, Silver !

C'est comme �a qu'il faut le dire. Vous voyez...

Pour qui joue Joe DiMaggio ?

Cette ann�e ? L'oncle Sam.

- Les Yankees sont en quelle position... - Qui ? Je n'ai pas...

Les Yankees.

Ils sont quoi ?

Les Yankees sont en quelle position dans la ligue nationale ?

Je pense qu'ils sont troisi�me de...

Qui croyez-vous berner ? Ils sont dans la ligue am�ricaine.

- � �galit� avec St Louis. - "� �galit�" ?

Oui. Pareils. �gaux.

Ils ont gagn� le m�me nombre de matches, voyez ?

C'est exact.

D'o� venez-vous, Willie ?

Je m'appelle Bill. Je viens de Punxatawney, Virginie-Occidentale.

Si un nazi peut inventer un nom pareil, c'est qu'il est du mauvais c�t�.

O� allez-vous... Si je...

B�b�, c'est tr�s dangereux. Il faut faire ce que dit Yvonne.

- Ne doute pas, fais-le. - Bien s�r. Je ferai tout. Dites-moi.

- D'accord. D�shabille-toi. - D'accord.

- Qu'avez-vous fait de l'uniforme ? - On l'a br�l�.

Vous avez br�l� le mauvais.

- Qu'y a-t-il ? Un raid a�rien ? - Silence.

- Nom d'un chien ! C'�tait quoi ? - Rien.

Comment �a, rien ? Ce truc est la grand-m�re de toutes les bombes !

Eh !

Tu vas nous faire tous tuer. Viens !

Ce sont les Boches.

- Depuis quand on est l� ? - Je ne sais pas. Quatre heures.

Combien de temps vous pensez qu'on va y rester ?

Je ne sais pas, Willie. Peut-�tre toute la nuit.

Vous auriez pu choisir un meilleur endroit pour mourir de froid.

De quoi il parle ?

Il s'agit de moi ?

Qu'est-ce qui se passe ? O� vont-ils ?

- Ils vont organiser un mariage. - Un mariage ?

- Qui songerait � se marier maintenant ? - Nous.

- Vous avez dit nous ? - Oui.

- Pas vraiment. C'est juste une astuce. - Je ne vous suis pas.

�coute.

Il a d� y avoir une fuite, les Allemands ont trouv� notre QG.

On ne peut pas faire passer le film clandestinement.

- Alors on va le faire ouvertement. - Et moi ?

- Tu vas le faire passer. - Comment ?

On va aller au village. Il y aura une f�te de mariage.

Toi et moi, on va �tre mari et femme. On va beaucoup boire et beaucoup manger.

On va boire trop devin. On fera semblant d'�tre so�ls.

- Je pige. Trop so�ls pour parler. - Exact.

Comme �a, peut-�tre qu'on pourra se rendre au rendez-vous sur la c�te.

- Allons-y. - Tu connais une chanson fran�aise ?

Une chanson fran�aise ? J'en connaissais une, gamin.

- Essaye de t'en souvenir. - Voyons. C'�tait...

Et...

Non, je la reconna�trais si je l'entendais.

Pas mal, hein ?

C'�tait comment ?

Tu seras trop so�l aussi pour chanter. Viens.

Quoi ?

Je t'en prie, tu vas �tre malade.

Vous ne me connaissez pas. J'ai �t� �lev� au cidre et au vin de sureau.

Oui, mais ce vin est fort.

� Punxatawney, ils m'appelaient Bill le Buvard.

Merci beaucoup.

Je dois dire une chose. Les Fran�ais font un vin merveilleux.

- Je dois le dire. - Ne parle pas anglais. Tais-toi.

Cognac.

Le plaisir est pour moi. On va faire un pique-nique ?

Prenons un peu devin.

Eh !

O� on va, Charley ?

Yvonne !

- �a ne va pas trop, hein, Willie ? - Non, �a ne va pas trop.

Oui et j�ai mal � la t�te aussi.

Viens, Bill. Viens.

- �coute, c'est tr�s important. - Oui, quoi ?

- Il faut faire passer �a. - Oui.

- Sur le film, il y a une carte. - Quoi ?

- Une carte. - Une carte. Oui.

Oui. Quand tu seras � Londres, apporte-la au QG. D'accord ?

- Si tu te fais attraper, mange-la. - Je ne la dig�rerai pas.

- Quoi ? - T'es un type bien.

Monte � bord, Yankee. On est d�j� en retard. Allons-y.

- C'est quoi, un sous-marin ? - Non. Un lance-torpilles.

Britannique.

Chef-cuisinier, comment va le patient ?

- Barbouill�, monsieur. - Barbouill�, hein ?

Juste un peu de mal de mer. Donnez-lui un peu de rhum.

- Merci. Je ne... - Une coupe de rhum vous soulagera.

Je neveux pas de rhum. Voyez, je...

- Qu'est-ce que c'est ? - Les Boches veulent nous couler.

- Mais ils n'y arriveront pas. - J'aimerais bien qu'ils r�ussissent.

Les Boches reviennent. C'est tout. D'accord.

De Douvres, ils m'ont rapatri� � Londres.

Ce n'�tait pas la Manche...

mais �a tanguait quand m�me.

ATLANTIQUE NORD - GRANDE-BRETAGNE ALLEMAGNE - FRANCE

- Qu'est-ce que c'est ? - Les Boches.

- Qui ? - Un raid a�rien.

- Tr�s bien, soldat. Allons-y. - Oui, g�n�ral.

Asseyez-vous, Marshall. Allez, soldat ! On vous �coute.

Sergent William Kluggs, 84e Groupe de Bombardement.

Peu importe les d�tails ! Ce film est authentique ?

- Oui. J'en ai vu une de mes yeux. - Vous en avez vu une en op�ration ?

Oui, g�n�ral. G�n�ral, je pourrais dormir un peu ?

George, passez ce film � SHAEF, top secret. Douze copies.

- Tout de suite, g�n�ral. - Cet homme doit aller � Washington !

- Je l'envoie dans un chasseur P-38. - Un chasseur, g�n�ral ?

On en a accroch� un sur un avion � Dorrell.

Dites � Crawford qu'il doit emmener Kluggs � Washington ce soir...

et je veux qu'il soit en l'air � 18 h.

- C'est un ordre. - Oui, g�n�ral.

S'il vous pla�t, g�n�ral. Je vous demande pardon, g�n�ral.

Je vous ai dit tout ce que je savais, g�n�ral.

G�n�ral, vous ne semblez pas comprendre. Je ne vais pas bien.

- Avec la permission du g�n�ral... - Permission refus�e !

- Butch, vous avez du whisky ? - Oui, j�en ai.

Vous ne semblez pas r�aliser la gravit� de la situation.

Ce film est la premi�re confirmation de l'existence de cette fus�e allemande.

Si vous dites la v�rit�, vous avez vu ce qu'aucun soldat alli� n'a jamais vu.

- Essayez un peu de ce scotch. - Merci beaucoup.

- Buvez ! - Je ne peux pas, g�n�ral.

- C'est un ordre ! - Oui, g�n�ral.

Le P-38 est un chasseur bimoteur avec quatre mitrailleuses...

un canon, des r�servoirs suppl�mentaires de carburant...

et un seul si�ge.

Dure nuit, hein, Kluggs ?

Sale nuit pour sauter.

�a va, Kluggs ?

Le mal de l'air, hein ? Dommage.

J'ai le m�dicament qu'il te faut.

Essaye un peu de ce cognac.

�a gu�rirait de n'importe quoi.

On a effectu� cette travers�e en 11 heures et cinq minutes...

et je ne vois toujours pas comment un voyage si rapide a pu �tre si long.

Ils n'ont pas perdu de temps pour m'envoyer au Pentagone.

- Cette fille s'appelait Yvonne ? - Oui, g�n�ral.

- Et elle �tait tr�s jolie ? - Oui, g�n�ral, tr�s.

Voyez si vous la reconnaissez sur une de ces photos.

G�n�ral, c'est elle. Voil� Yvonne.

Ce serait Yvonne l'�t�, la chanteuse fran�aise.

Un des meilleures �l�ments dans le Maquis.

- Elle a dit qu'elle �tait chanteuse. - Garde � vous !

- Garde � vous ! - Rompez. Eh bien, Chester ?

- Informations vitales. - Je suis venu de suite. J'�coute.

Tr�s bien, sergent, recommencez, depuis le d�but.

- On a d�coll� dans un B-17, g�n�ral. - Quand ?

- Il y a trois jours. - O� ?

De Loring Field, Punxatawney, Virginie-Occidentale.

Destination ?

L'Angleterre, g�n�ral, mais on n'est jamais arriv�s.

- Qui �tait votre pilote ? - J'�tais rempla�ant...

Le copilote l'appelait Junior, mais...

Puis, ils m'ont mis sur un bateau.

Et je suis arriv� � Londres.

S'il vous pla�t, g�n�ral, je pourrais me reposer un peu ?

C'est prioritaire ! Vu la situation, nous allons en informer le g�n�ral Merrill.

J'en ai d�j� pris la libert�, g�n�ral.

Garde � vous !

Rompez, messieurs.

Je viens de parler au pr�sident. Eisenhower a appel� de Londres.

Le G-2 confirme que le film est authentique.

Le Maquis a depuis indiqu� l'emplacement les sites de lancement par radio.

- C'est Kluggs ? - Oui, mon g�n�ral.

Tr�s bien, soldat. Racontez-moi toute l'histoire depuis le d�but.

Je vous demande pardon, g�n�ral. J'ai d�j� racont� l'histoire cinq fois.

Ce sera la sixi�me. Allez-y, sergent.

Je vous demande pardon, g�n�ral, mais cet homme est au bord de l'�puisement.

Oui. L'�puisement.

Vous ne le savez peut-�tre pas, mais votre �puisement n'est rien...

compar� � ce qui arrivera si on ne pr�cise pas ces informations.

On approche de l'invasion de l'Europe.

Les Boches veulent lancer ces fus�es sur nos bases de d�part.

Il est essentiel que leurs sites soient localis�s et d�truits.

La guerre m�me en d�pend.

Quand vous voudrez, Kluggs.

- R�veillez-vous, Kluggs ! - Un coup de bourbon pour le remettre.

Dans le deuxi�me tiroir, Larry. M�dicinal, g�n�ral.

J'en garde une bouteille justement pour de telles urgences.

Buvez.

- Appelez un m�decin ! - Laissez tomber !Je suis m�decin.

Faites quelque chose !

Il reprend connaissance, g�n�ral.

Oui, on a d�coll� il y a trois jours de Punxatawney dans un B-17.

- Et j'�tais... - Ce ne sera pas n�cessaire, Kluggs.

J'ai examin� vos cinq d�clarations et elles concordent toutes.

Vous avez rendu un fier service � votre pays, sergent.

Malheureusement, on ne peut pas en parler. Au repos.

Harold, faites hospitaliser cet homme et donnez-lui un mois de permission.

Et donnez-lui ses instructions pour la s�curit�.

J'ai rendez-vous avec le pr�sident � 24 h.

Oui, g�n�ral.

- Sergent, tout ceci est top secret. - Notre destination �tait l'Angleterre...

Vous ne pouvez en souffler mot � personne sorti de cette pi�ce.

Vous comprenez ?

- Pas exactement, g�n�ral. - Vous n'avez rien vu nulle part.

Vous refusez cat�goriquement de r�pondre � toute question.

- Est-ce clair ? - Oui, g�n�ral.

- Il est � vous, Chester. - Oui, g�n�ral.

- Vous allez vous reposer � l'h�pital. - Oui, g�n�ral...

Puis vous rentrerez � la maison pour une longue permission.

- � la maison ? Oh, non. - Veillez � ce qu'on s'occupe de lui.

- Bien, g�n�ral. - Souvenez-vous, pas un mot � quiconque.

Pas un mot � quiconque.

Souvenez-vous, Kluggs, pas un mot � quiconque.

On vous envoie � l'h�pital vous reposer.

- Oui, g�n�ral. - Emmenez cet homme � l'h�pital.

H�PITAL MILITAIRE US

Que voulez-vous ?

Admettez cet homme, William Kluggs, pour trois jours de repos.

G�n�ral G. Reeding En commande

C'est une carte d'admission assez mince, soldat.

Oui, capitaine.

Ils �taient tous press�s, capitaine.

Qui �a ?

Tous les... g�n�raux et colonels et...

Les g�n�raux ? De quoi parlez-vous ?

De rien, capitaine.

Comment va le g�n�ral Reeding ?

Il va bien.

C'est moi qui ne me sens pas trop bien.

Je vais vous dire, soldat.

- Voyez cette salle en face ? - Oui, capitaine.

Allez-y voir le lieutenant Handley. Il s'occupera de vous.

Merci, capitaine.

Plus d'excuses, Bagley. � l'avenir, faites votre travail sans vous d�filer.

Cette arm�e carbure � l'efficacit�.

SERVICE PSYCHOPATHIQUE

Attendez une minute !

GARE DE MARCHANDISE DE PUNXATAWNEY

Londres... Ilya trois heures, tous les avions des forces Alli�es...

ont lanc� sur la c�te fran�aise de l'invasion...

le bombardement le plus violent de la guerre.

Plus de 20 000 avions ont attaqu� � l'aube.

De Cherbourg � Dunkerque, la c�te fran�aise s'embrase sous les bombes.

Les rumeurs courent � Washington.

On dit que les Alli�s ont localis� les sites de l'arme secr�te nazie...

et qu'ils essaient de les d�truire.

Il y a un maraudeur chez les Kluggs. T�l�phone � la police.

- Mon gar�on ! - Ch�ri !

- Herman, qu'as-tu fait ? - Qu'est-ce que j'ai fait ?

Pourquoi diable se faufile-t-il par la fen�tre de la cuisine comme un espion ?

Mon gar�on. Mon gar�on.

Tu as beaucoup de choses � expliquer.

Que fais-tu � la maison ? Tu es cens� �tre outre-mer.

- Mon pauvre gar�on. �a va, la t�te ? - Je l'ai � peine touch�.

Va dans la salle de bains, mon ch�ri.

Le pauvre gar�on ! Mon pauvre, pauvre petit gar�on !

Je vais te chercher un bon verre de lait.

- Silence ! Silence ! - Calme-toi, Herman !

Je veux savoir pourquoi tu te glisses ici comme un d�serteur.

D�serteur ? Oh, salut, papa.

Tu n'es pas un d�serteur !

Salut, Marge.

Je ne suis pas exactement un d�serteur.

- M. Kluggs ! - Vas-tu nous dire... Que se passe-t-il ?

C'est un secret militaire et je ne devrais rien dire.

Mais je suis all� en Europe. J'ai saut� en parachute et atterri en France.

On m'a captur�, vous voyez ?

- On ? - Oui, la r�sistance fran�aise.

Leur leader �tait une belle Fran�aise.

Attends une seconde. Attends. Qu'est-ce que tu nous racontes ?

Tout le temps que j'ai pass� en France, je n'ai pas vu de jolie mademoiselle.

Je te dis, papa, elle �tait belle et elle m'a aid� � m'�chapper.

Et elle m'a donn� un film.

Quand j'ai atterri � Londres, ils m'ont envoy� au QG d'Eisenhower.

Tu peux nous faire confiance, fils.

Puis ils m'ont ramen� � Washington par avion, vous voyez ?

Car je devais passer ces informations imm�diatement au G�n�ral Marshall.

Ils m'ont envoy� dans un h�pital o� on a voulu me passer une camisole de force.

Alors je me suis �chapp� et me voil�.

Tu t'es envol� d'ici dimanche. On est jeudi.

En quatre jours, tu as travers� deux fois l'Atlantique...

vu Eisenhower, conseill� le G�n�ral Marshall...

et fait un arr�t � Punxatawney ?

C'est la v�rit�, papa. Il faut me croire.

Je crois la partie sur la camisole de force.

SHERRY DE CUISSON

Arr�te ces balivernes et dis la v�rit� !

Je suis ton p�re. Tu peux me faire confiance. Que s'est-il vraiment pass� ?

Tu as fait le mur ? Ils te recherchent ? Qu'est-ce que tu as fait ?

Il faut le dire � ton p�re.

Je vous ai tout dit. Si vous ne me croyez pas, �a vous regarde.

Tu devrais avoir honte de t'en prendre � ce gar�on.

Il ne va pas bien et tu ne fais que lui poser des questions stupides.

Mme Kluggs, on le fait pour son bien. Il faut savoir ce qui s'est pass�.

Je me fiche de ce qui s'est pass� ! Je connais mon fils.

Je sais que quoi qu'il ait fait, c'est pour le bien. Voil�.

Voil�, Willie, bois �a, mon ch�ri. Bois. Bois tout.

Tr�sor. Bois tout.

M. Kluggs ! Regardez, ils viennent le chercher !

Quel est le probl�me ? Kluggs a de nouveau des p�pins ?

- Qu'y a-t-il ? - Ils viennent le chercher !

Les voisins.

Qu'est-ce qu'il a fait, d�sert� ? Est-ce qu'il a fil� ?

- Fais-les entrer. - Les faire entrer ?

Bien s�r, fais-les entrer.

Quelle diff�rence �a fait ?

Papa pense que je suis un d�gonfl�, et Marge pense que je suis un d�serteur.

Pas du tout ! Pas du tout !

Je t'aime. Je t'aime, ch�ri, et je me fiche de ce que tu as fait.

Je sais que tu ne voulais pas le faire.

Mais qu'est-ce que tu as fait ?

J'ai donn� un coup de poing sur le nez � un sous-lieutenant.

Vraiment ?

Mais c'est une infraction passible du peloton.

Silence ! La ferme ! Bill, en haut. Vous deux, allez avec lui.

Je m'occupe de ces soldats.

- J'ai d�j� canard� la police militaire. - Inutile, papa. Affrontons-les.

�coute, fils. Je n'ai pas toujours �t� tendre, mais je connais mon gar�on...

et je sais que quoi qu'il soit arriv�, tu ne faisais que ton devoir !

- Sergent William Kluggs ? - Vous voulez dire Willie ?

Il est ici, colonel.

- Le voil�, colonel. - Sergent Kluggs ?

Je crains qu'il vous faille revenir imm�diatement � Washington avec nous.

Un avion attend � Loring Field. Vous changerez d'uniforme en vol.

- Une seconde ! - Il n'a rien pu faire de mal.

Je me fiche de ce qu'il a fait. Il est innocent.

- Je crains qu'il n'y ait un malentendu. - Le sergent n'est pas aux arr�ts.

Nous sommes fiers de dire que votre fils a rendu un grand service � son pays.

Vraiment ?

Ce qu'il a fait en traversant un territoire occup� par l'ennemi...

ne pourra �tre rendu public qu'apr�s la guerre.

Ch�ri, pourquoi tu n'as rien dit ?

Mais pour sa bravoure, sa vaillance et son courage...

allant bien au-del� de son devoir...

il est rappel� � Washington pour �tre personnellement d�cor�...

par le Pr�sident des �tats-Unis.

N'est-ce pas formidable ?

- F�licitations, Kluggs. - Merci, colonel.

- Bonne chance, Kluggs. - Merci.

- F�licitations, Kluggs. - Merci.

- Vous avez fait bon voyage, je vois. - Oui, g�n�ral.

Voici le nouveau commandant du poste, le brigadier-g�n�ral Lamson.

Un honneur de vous rencontrer, sergent. F�licitations. Rompez.

Attendez une minute. Salut, Marge !

- Un type bien, ce Kluggs. - Oui, g�n�ral.

Rappelez-moi de le recommander pour la m�daille de Bonne Conduite.

FIN

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