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Musique de Noël
- Si c'est encore pour avoir des draps simples...
- C'est ce que vous offre votre mère ? - Eh oui.
- Qu'est-ce que c'est ? - Comme si vous l'ignoriez.
- Vous voulez dire des draps qui sont pas
des draps-housses ?
Ou des draps qui sont
des draps-housses,
mais sans motifs ?
- Pas compris.
- Des "draps simples", c'est des draps...
- Housses mais simples, avec des motifs, genre
des perroquets.
Des draps une place.
Des draps d'enfants, putain.
- Ah, d'accord. - Bah oui.
- Je pense
qu'on a fait le tour du véhicule.
- Bah non.
Le cadeau,
c'est comme une blague.
Vous pensez quoi quand on dit : "J'en ai une bonne à te raconter" ?
- Je sais pas.
- Bien sûr que si.
Vous vous sentez pris en otage, vous voulez pas forcément rire
si c'est pas drôle.
Pour les cadeaux, c'est pareil.
Si c'est un cadeau pourave,
on verse une larme en disant :
"Chouette, un sorbet au caca. Tu savais que j'aimais la merde ?"
-Ça vous évoque quoi ?
- C'est nouveau,
cette tête de fouine ? - Pas du tout.
Elle a toujours été là. - Ah...
J'en étais où ?
- Les cadeaux, le renvoi d'images,
la merde, vous.
- Mm.
Musique vive au piano et cordes
- Joyeux anniversaire,
ma sœur chérie.
33 ans, c'est tout frais, tout neuf, veinarde.
Y a plus qu'à trouver celui qui les prendra.
- Coucou, maman ! Elle crie.
- Pardon, au revoir !
Mais la frayeur !
- Sympa. C'est juste qu'on est là.
- On peut faire les courses avec toi ? S'il te plaît !
Et je ferai la vaisselle jusqu'à tant que t'es morte.
- C'est pas ça, la magie de Noël ?
-Ça va être l'enfer, les gens vont être déchaînés.
- C'est quoi, cette maman qui achète ses cadeaux le 22 décembre ?
- Pourquoi tu les fais pas, toi ? - Tu veux pas.
- Oui, je préfère que tu t'abstiennes.
En plus, Juliette voudra des cadeaux
alors que c'est pour les orphelins et qu'on a bouclé sa liste.
Après elle va être frustrée.
- Je serai pas "fustée". - Si.
- Qui sera "fustée" ? - Toi !
- Non ! - Toi !
- On lui prendra nothing de chez nothing.
- Tu jures ? - Je le jure, juro...
Juro. - Voilà.
On se retrouve après mon rendez-vous. - Ouais !
-Toutes les petites filles sont des princesses
Maman elle disait ça souvent
-Océane t'offre son album évènement
avec sa chanson "Toutes les petites filles sont des princesses".
-Dans mon petit cœur en PLS
Avant que tu viennes me pécho
-Cours pécho l'édition spéciale Noël
avec inclus dedans une surprise personnalisée.
-J'ai trop le seum, j'fais des achats
-Océane t'offre le plus beau cadeau de Noël avec...
-Toutes les p'tites filles sont des princesses
Trois mois...
J'ai l'impression que c'était hier.
- J'ai l'impression que c'est depuis toujours.
- Tu penses à quoi ?
- J'aime quand t'es en moi.
Gémissement
- Je peux
avoir une dédicace ?
- Oui, ma chérie, bien sûr.
Quel est ton prénom ?
- Océane.
- Océane comme moi ?
- Comme toi. Léger rire
- Bah ça...
"Pour Océane. N'oublie pas que toutes les petites filles
"sont des princesses, même celles avec un nom de salade."
Rire - C'est trop drôle.
- Et voilà. - Merci !
- Désolée... - Non, tu fais ton travail,
et tu le fais très bien.
- Je défends pas les droits de l'homme comme toi.
- Tu fais bien mieux. J'ai quelque chose
d'important à te demander.
- Ah oui ? - C'est important pour toi et moi.
- J'ai compris.
- T'as compris ?
- Mais pourquoi faire des enfants dans un monde sans oiseaux ?
- Hein ?
- Rien.
- J'aimerais que tu rencontres quelqu'un
de très important pour moi.
Une femme qui compte énormément.
- Une femme.
- C'est mon socle.
- Mais qui ?
- Tante Rivka.
- Tante qui ?
- Regarde.
- Elle a l'air trop gentille.
- Je suis heureux de te la présenter.
Elle faisait 17,2 kilos à la libération.
- 17 kilos ?
- Virgule 2.
Téléphone
Attends, c'est mon père. Ouais, papa ?
Toux - Oui.
- Bonjour, Monsieur Stain. - Bonjour, Brigitte.
- J'ai votre paquet.
- Très bien, merci.
-Ça va papa ? - Bah, tu sais...
On fait aller, mon grand.
Alors, attends, pardon. Gel lavande,
douceur, ultra nourrissant, anti-irritation...
Il marmonne.
- Je suis sur micro, on t'entend dans la voiture.
-Avec des abricots, j'aime bien les abricots.
Ta sœur, elle aime les abricots ?
- Charlotte, les produits de beauté...
Papa, t'oublie pas que je viens accompagné pour Noël.
Hein ?
-Je sais. Je suis content. C'est important
d'avoir une femme qui fait la cuisine et qui range.
Attends, ne quitte pas.
Tenez, Brigitte, j'ai pris tout ça.
C'est marrant, ce truc.
Qu'est-ce que c'est ?
- Un thermomètre.
Dans l'oreille.
- Ah ! Ça a l'air bien. - Oui.
-Et c'est cher ? - Non, 39 euros.
- Papa ?
- Heu... Est-ce que...
Ta sœur a un thermomètre ?
- Hein ?
- Est-ce que... Laisse tomber, je te rappelle.
- Salut. Je suis désolé. Tonalité
Mon père et les thermomètres... Rire
- Je vais en prendre 3.
C'est toujours bien d'avoir
un thermomètre sous la main.
- Voilà. Je vous rajoute des suppos ?
- Des suppos... Non.
- Non ? - J'en...
Oui, une petite boîte. - Oui, ça dépanne.
- Et un petit collutoire ?
- Un petit collutoire ? - Oui, et puis...
- Et du Specta ? - Aussi du Specta.
- Parce qu'en ce moment... - Oui, très bien.
Vous mettez ça sur le compte ? - Je mets ça sur la note.
À demain.
- Oui, enfin peut-être. - Oh si.
- Si on est toujours là, oui.
- On disait quoi ?
- Tante Rivka, 17 kilos. - Virgule 2.
- Pour un mètre combien ?
- Petite, très petite. Elle a été déportée
à 13 ans.
Elle fait partie
des quelques petits Polonais revenus des camps.
- Quelle horreur.
- Y a aussi Daniel et Paul. Les jumeaux de tante Rivka.
Ils sont morts en 76. - Oh...
-À Auschwitz. - Hein ?
- Le car pour la visite a eu un accident.
- Oh... Oh là, là.
- Nés ensemble,
morts ensemble.
- Pauvre Rivka.
Y a des gens, c'est pas leur jour tous les jours.
Je peux pas arriver les mains vides.
Musique légère
- Chaud ! Hop là.
- Chaque année, je supporte "Joyeux Noël et bon anniversaire.
"Il va t'apporter, quoi, le père Noël, un petit fiancé ?
"Sans amour, on n'est rien."
Bon appétit. - Et voici de l'eau.
- Je me retiens de dire :
"Maman, sans sexe non plus."
- Les parents baisent plus. - Non.
- Les miens non plus. - Ils ont mille ans, les tiens.
- S'il vous plaît ? - Oui, monsieur.
- La salade de gésiers,
on peut remplacer la vinaigrette par de l'huile d'olive ?
- Oui. - Et de la servir à part.
-Ça n'a aucun sens, mais si vous voulez.
- Et votre aligot ? - Oui ?
- Il est comment ?
- Si vous pouvez faire une sieste après, je vous le recommande.
- C'est ce que me disait ma femme.
- Elle est décédée ?
- Non, toujours pas.
- Ah ouf ! - Non.
Brouhaha
Musique vive
- Pourquoi on va là ? - On va faire une surprise à maman.
- Ah.
Inspiration de surprise
Trop cool, tes baskets !
- Elles ont jamais été portées, c'est une fin de collection.
Elles claquent ! - Tellement !
- T'aimerais bien en avoir ? - Ouais, elles sont trop belles.
- Ton père doit faire un truc pour tes chaussures,
ça, c'est pas possible. Allez, dégage.
Musique douce au piano
- Bonjour.
Je cherche un pull.
- Désolée, je suis en stage d'observation.
- D'accord, et ?
- J'observe.
Elle souffle. Y a un client un peu relou.
- Bonjour, monsieur.
- Bonjour. - Je peux vous aider ?
- J'ai acheté un pull blanc manches trois quarts,
mais vous m'avez donné un modèle avec épaulettes.
- Donc c'est pour un échange ? - Non, il a déjà été porté.
- Vous me suivez ? - Ouais.
Il est moche ton casque. Vous pensez quoi,
des épaulettes ?
- J'adore !
Ça revient carrément. - Ma femme déteste.
- Les vieilles aiment pas
ce qui revient à la mode.
Ça leur rappelle
leur adolescence. C'est celui-ci ?
- Ouais, c'est celui-là. -Ça vous va ?
- Ouais. - Vous n'aimez pas les épaulettes ?
- Je déteste les pulls à épaulettes.
Comment il a pu voir un pull avec des épaulettes
et se dire : "Tiens, ça, ça va lui plaire",
et l'acheter ?
- Il a vu un pull avec des épaulettes,
il s'est dit : "Tiens, ça, ça va lui plaire",
et il vous a acheté ce pull.
Vous avez dit quoi ?
-"Merci, chéri,
"super, un pull avec des épaulettes, il est ravissant."
- Pourquoi mentir ? - Car j'avais envie
de lui écraser la tête dans un étau
jusqu'à ce qu'elle explose.
- Votre fille vous a fait un cadeau
pour la fête des Mères ? - Oui.
- C'était quoi ?
- Un petit coussin en strass vert,
licorne, avec écrit dessus :
"Tu es dans mon cœur, petite maman bonheur".
- Vous avez trouvé ça comment ?
- Laid, mais ça m'a fait plaisir.
- Quand votre fille vous offre un cadeau laid,
vous vous réjouissez,
mais quand c'est votre mari,
vous avez envie de lui coincer la tête dans...
Dans un quoi déjà ?
- Oh, c'est...
Qu'est-ce que c'est ?
- Une fouine empaillée.
- C'est marrant, j'avais jamais remarqué.
- Quand un patient est dans l'évitement,
il la regarde, et je sais que c'est là
qu'il faut fouiner.
- Ah non, non.
J'aime mon mari, ça, c'est pas le problème.
- J'ai rien dit.
- Au fait, je vous ai dit que pour le repas de Noël,
je pensais à un agneau de 5 heures au persil tubéreux ?
Non...
Rire
- Je vais mourir, moi...
Je vais mourir.
La fête est finie.
Françoise...
- C'est le bêtisier d'un cuisinier
qui met de la maïzena au lieu du sucre glace
dans sa recette de tiramisu.
- Françoise, j'ai pas la tête à ça.
- Non, mais carrément.
J'adore son tablier.
Au fait, le 25,
Julie propose de l'agneau. - Ah non.
- Je voyais davantage ma dinde.
Hein ? - Oui.
- Cela dit, la dinde, c'est très sec.
À moins de la précuire au court-bouillon.
- La dinde, la dinde.
C'est meilleur pour mon cholestérol. - Tu manges
que la peau et le croupion.
- Ah oui ?
- Bah oui.
- J'avais pas remarqué. - Bah si.
- Monsieur Stain ? - Oui.
- C'est à nous.
On y va ? - Oui.
- Allez.
Je vois vraiment rien d'inquiétant.
- Ah bon ?
Il acquiesce.
- Ah.
- C'est très bien alors.
Très bien,
c'est parfait.
Hein ? Ça, c'est parfait.
Je suis pas inquiet. Cela dit, j'ai Patrice,
un petit cousin issu de germain,
qui vient de disparaître.
42 ans.
Sclérose en plaques.
- Issu de germain, vous dites ? - Oui.
-Ça baigne.
- Ah bon ?
- Si c'était un frère jumeau,
là, j'aurais été inquiet. - Oui, enfin,
on se ressemble beaucoup quand même.
- Michel... - Quoi ?
- Nous avons tout fait. Tout.
Tout.
- C'est parfait.
C'est très bien.
Parfait, parfait. Par contre,
pas la ponction lombaire,
je crois, non.
C'est pas grave. Je suis pas inquiet
mais du tout,
- Tenez. - Pour la ponction ?
- Benzodiazépines.
- C'est pour ?
- Vous apaiser. - De ?
- Tu vois bien que ça va pas, Michel.
- Ce coup-ci, j'ai de bonnes raisons
de m'inquiéter.
C'est la bonne.
- Et, vous devriez
compléter par un suivi psychologique.
- Ah bon ?
Il acquiesce.
- Voilà.
- Je peux avoir votre carte vitale ?
- Laissez, c'est pour moi.
- Comment ça ?
- C'est cadeau, c'est Noël.
- Mais ça va coûter une fortune.
- Exactement Michel, une fortune.
Musique de Noël
- Coucou, maman ! - Coucou !
- Regarde !
C'est parti !
Waouh !
Oui ! Bips de portique
Sonnerie du manège Ah, bah c'est fini.
- Wouhou !
- Coucou !
-Ça va, ma chérie ? - Ouais,
c'était super.
- On y va ? -Ça y est ?
- Ouais.
Brouhaha
- Waouh !
- On prend quoi, pour Charlotte ? - Elle veut pas de cadeau.
- Quand on lui offre rien, elle nous en veut. C'est chiant.
- Je peux avoir l'album évènement d'Océane ?
- Non, on a dit que le père Noël a bouclé ta liste.
Et ta machinette prend l'argent aux parents
pour hypersexualiser leurs gamines...
Regarde !
Roh...
- Alors un bracelet Océane ? - Non.
- Regarde ! - Un petit bracelet ?
-Pardon ? -What ?
- Non, it is assez.
- OK. Si on disait
que c'est pas un cadeau du papa Noël mais un cadeau de papa pour Noël.
- C'est cool, ça. - T'es sérieux ?
T'as dit quoi, tout à l'heure ?
Je passe pour quoi, là ?
Merde.
Allez, je dois passer
chez l'antiquaire
pour le cadeau de maman.
- Non, maman, pas les antiquaires.
- Si, les antiquaires, chérie.
- Ce qu'on va faire, on va faire notre petite vie avec Juju,
et on te rejoint après
chez l'antiquaire.
- Oui.
- OK. -Ça te va ?
- Oui. - Oui.
- C'est pour quel type de lectrice ?
- Alors, je sais juste
qu'elle a fait les camps de concentration,
elle mangeait des épluchures de pommes de terre
et en sortant, elle pesait 17 kilos.
- 17 kilos ?
- Virgule 200 grammes.
Terrible.
Très maigre. - Tenez.
Il y a le dernier Goncourt.
Apparemment, il est très bien.
- Je sais pas quoi penser de ce M. Goncourt
qui sort tous les ans un livre.
Ça peut pas être bien à chaque fois.
Je suis en train de me dire, avec ce qu'elle a vécu,
il faut que je lui offre un livre
que j'ai adoré, un chef-d'œuvre.
- Je vous écoute. - Pourquoi
j'y ai pas pensé... Le Journal d'Anne Frank. D'Anne Frank.
- Si je puis me permettre,
c'est pas une bonne idée d'offrir ça
à une rescapée des camps de la mort.
C'est pas possible.
- Vous devez avoir raison.
- J'ai une idée. - Non, mais je vois.
- Tenez, ça,
ça cartonne.
-Les recettes lorraines de nos grands-mères.
Non, elle a pas de petits-enfants,
ses 2 fils sont morts à Auschwitz
en 76. - Non mais...
Personne n'est mort à Auschwitz après 1945.
- Si. - Non.
- En bus. - En bus ?
- Accident.
Et oui. - Ah oui.
- Vraiment pas cool.
- Pour le guindage,
installation des ressorts à la bonne position.
Avec précision. - Je veux juste avoir une durée.
- On va utiliser différentes densités de mousse.
- Je veux jus... - Pour la durée de vie.
C'est important. - Primordial.
- Là, les deux tarifs...
- Il faut deux tarifs ? - On doit faire avec la TVA.
- Ah.
Mais... - Donc il faut compter
un délai de 4 semaines.
- Julie ?
- Oh...
Julien.
C'est fou. Qu'est-ce que tu fais là ?
- J'offre à ma mère
le rembourrage de bergères Régence et de son pouf
Marie-Antoinette. - C'est pas vrai !
- Pourquoi ?
- Moi aussi !
Enfin sauf que c'est l'inverse. - Ah !
- Le pouf est Régence et les bergères sont Marie-Antoinette.
-Ça alors !
Mais ça fait combien de temps ?
- Je vous cache pas que le souci,
sur le sac à main haut de gamme chez la vieille,
c'est le vol à la tire.
On a de gros problèmes, surtout en cette période de fêtes.
- Ah bon ? - Oui.
La vieille crie, donc le gamin tire.
Vol plané de la vieille.
- Col du fémur HS.
- Je vois que vous suivez.
Du coup, on a fait le même modèle, version sac à dos.
- Astucieux.
- Cela dit, au finish,
la vieille se fait quand même dépouiller,
vu que les gamins se servent dans son dos.
Elle voit rien, elle entend rien, donc pour elle, ça va.
Les gamins sont riches,
la vieille survit, bon.
- L'un dans l'autre, oui.
Mais elle a pas de chance dans la vie,
donc, je vais pas le tenter.
Pardon, mais désolée.
Merci pour votre temps. - Avec plaisir.
- Au revoir. - Au revoir.
- T'es mariée ? -Écoute, oui.
- T'as des enfants ?
-Écoute, oui, j'ai une fille, ça va.
- Je te parlerai de ma théorie sur les réponses commençant par "Écoute".
- C'est quoi, ta théorie ?
- On commence par "Écoute" pour retarder le mensonge.
- Ah ! Rire
Et toi, ça va ?
-Écoute, ça va.
- T'es marié, t'as des enfants ?
- J'ai vécu 9 ans avec une femme qui a succombé à un cancer.
- Mon Dieu, c'était quand ?
- C'était il y a 2 ans.
Et ton couple ?
-Écoute,
ça fait 9 ans que ça dure,
7 ans de mariage...
Elle crie.
Ma chérie.
Rire forcé
- Salut, salut.
-Ça va ? - On a pris des bonbons.
- Super. - On a des frites, des crocos...
Un bonbon ?
- Merci, je cherche à perdre ma bedaine.
- Adrien, chéri,
voici Julien, mon ancien amant...
Ami ! - Salut.
- Enchanté.
-Ça va ? - Ouais.
- Et ma fille, Juliette. - Bonjour !
- Salut, Juliette. - T'as trouvé quelque chose ?
- Ouais. - Oui, l'album évènement d'Océane.
- Tu sais
que c'est pas mal,
en vrai.
Tu connais ? T'écoutes ?
- Mon fils écoute, mais c'est pas mon truc.
- Oui, t'as plus 12 ans.
Quoi ? C'est pas... - Je te laisse.
On se prend un café, un de ces jours, si...
- J'ai encore ton numéro, je te renvoie le mien.
- Avec plaisir.
Salut. - Salut.
- Pardon.
- Salut.
- Allez, salut, les gars.
C'était un plaisir de bosser avec vous.
Bonne soirée.
- Tu pars déjà ? - Ouais, salut.
- Un petit verre ? - Non.
- Ciao. - Salut, les filles !
- Attends,
tu fais un truc,
pour ton anniv ? - Je vois un mec.
- C'est qui ?
- Attends, je crois que c'est lui.
- Elle a un mec ? -"M'attends pas,
"merci de changer ma...
"litière" ? Rires
- T'es une gamine. - Bon anniversaire !
- C'est gentil.
"Arrivée d'air chaud" ! Ciao.
-"Ça va, t'as plus douze ans !"
J'aurais aimé te voir si je t'avais humiliée.
- T'as raison, d'accord ? T'as toujours raison.
Dernière étape, comme ça on rentre.
- Eh, Juju.
- S'il vous plaît. - T'éloigne pas !
- Je cherche une idée de cadeaux pour deux enfants.
- 2 loulous ou 2 louloutes ?
- Deux orphelins qui ont perdu leur papa.
- Et la maman ? - Morte en couche.
- Les pauvres. Quel âge ?
- 5 et 7.
- Douze, encore ! - Arrête.
- Dites-m'en plus ? - Le petit est HPI. Comme Juliette.
- Et au niveau du loulou de 7 ans ?
- Turbulent. Le chagrin, sans doute.
- Et intellectuellement ? - Assez en retard.
- On est sur une trisomie ?
- Une pensée laborieuse, plutôt.
- Alors si on allait sur une pâte à modeler ?
- Ah ! - Maman !
Je peux avoir la panoplie d'Océane ? - Non.
Non, Juliette. - Pourquoi non ?
- Bah... - Bah ?
- Tu te moques de moi ? - Bah quoi ?
- Pourquoi ? Il est beau.
- C'est pas possible, c'est pas toi
qui décides. - Pourquoi ?
- Maman impose les choses sans demander mon avis.
- Quand je t'ai pas demandé ton avis ?
- Un petit peu depuis le départ.
Quand t'as annoncé que la liste de cadeaux était bouclée.
- Et le disque de la grognasse ? - C'est pas une grognasse.
- J'ai pas fini. Quand t'achètes le disque de la grognasse
comme "cadeau de papa à Noël",
t'as demandé mon avis ? Non.
- Et les vendredis veggies. C'est pas violent, ça ?
- Non, mais vendredi veggie... -Ça te fait marrer,
les vendredis veggies ?
- Oui. - Moi, pas trop.
Et le vide intersidéral sous la couette,
on en parle aussi ?
- Mais t'es odieux !
- Et voir sa femme minauder
comme une chatte en chaleur devant un type éclaté,
c'est pas odieux ?
"Non, Adrien, t'as pas 12 ans."
Bah non.
Il a 12 ans, Adrien ? - Je sais pas.
- Non, il a pas 12 ans. J'arrive même pas
à savoir si c'est dégueulasse ou si tu me fais pitié.
Choc
Putain, merde.
Allez, ramasse les cadeaux.
Pose la panoplie.
- Mais... - Aïe !
- Ramasse ça.
- Bonnes fêtes. - Merci, vous aussi.
- Dépêche-toi. Bips du portique
- Maman ! - Dépêche-toi, ma chérie.
Annonce au haut-parleur
-Quand tu es triste quand on te laisse
Faut écarter les sentiments
- Papa, papa ! - Quoi ?
- Je peux aller au karaoké, s'il te plaît ?
- Pas longtemps. Donne-moi les paquets.
Et tu bouges pas de là. - Oui.
- Bisous. J'y vais.
-Avant que tu viennes me pécho
-À chaque fois, je lui dis :
"Maman, pourquoi tu m'offres encore des pyjamas
"alors que chaque année, je te dis que j'en veux pas ?"
- Vous en faites quoi, des pyjamas ?
- Avant, je les jetais.
Maintenant, je les garde et je les porte.
- Pourquoi ?
- Parce que quand elle sera morte,
j'ai peur de regretter de ne pas m'en être servi
et de les avoir jetés.
Je préfère encore les mettre.
C'est une superstition qui m'apaise.
- Vous faites la difficile.
- Pourquoi ?
- Si ça vous apaise, c'est que c'est plutôt
un beau cadeau. - C'est vrai.
En sanglotant C'est un beau cadeau.
C'est un beau cadeau. - Allez, tenez.
Sanglots
On va désembuer le pare-brise, on verra mieux la route.
- On va désembuer.
- Julie ! Julie, putain !
Julie !
Arrête de courir. On va parler.
Quoi ? - Un pull à épaulettes ?
- Quel rapport ? - Un putain de pull
à épaulettes ? C'est ça que tu m'as offert ? C'est moche.
"Regardez, moi, j'ai des épaulettes !
"Super, j'ai des épaulettes."
- Qu'est-ce que tu racontes ? - Des épaulettes !
- Attends, Julie ! Arrête, attends !
Il râle.
On va peut-être redescendre un peu.
Tu me fais la scène de ta vie pour deux épaulettes.
C'est que tu peux plus me blairer ?
C'est ça ?
Tiens.
Vas-y, ouvre-le.
C'est celui que je t'avais choisi.
Ils se sont plantés, ils ont inversé les sacs.
Donc désolé, mais va falloir trouver autre chose
pour me détester.
- Pourquoi tu me l'as pas dit ?
- T'avais l'air tellement contente.
Je suis tout le temps nul. Rien de ce que je fais ne va.
C'est toujours pareil. Bah si. Quand je fais les courses,
tu me dis :
"Tu prends ça, toi ?"
Quand je cuisine :
"Tu cuisines comme ça ?"
J'ai l'impression que rien de ce que je fais
ne t'emballe jamais.
Mais jamais.
Donc quand tu sautes de joie pour un pull à épaulettes,
je vais pas dire que c'est une erreur
alors que pour une fois, j'ai bon.
J'ai vu que tu le portais jamais.
Donc je me suis dit :
"Elle va t'en vouloir de pas piger qu'elle l'aimait pas."
Je suis retourné chercher le bon modèle.
Il te plaît au moins ?
- Oui,
il est ravissant.
Pardon je suis nulle, je pouvais pas savoir.
Il renifle.
Je t'aime, c'est pas le problème.
- Je pense que c'est l'inverse.
- Quoi ?
- Tu m'aimes plus, et c'est ça, le problème.
- Juliette, elle est où ?
- Quoi, Juliette ? - Notre fille ! Elle est où ?
- Je l'ai laissée au karaoké.
- Au karaoké ? - C'est juste à côté.
- Dans le grand magasin ? Ça va pas ?
Mais n'importe quoi ! - Elle est à côté.
- Inconséquent ! Mais irresponsable !
- T'as fermé à clé ou pas ? - Voilà !
*-Toutes les petites filles sont des princesses
Maman elle disait ça souvent
Quand tu es triste quand on te laisse
Faut écarter les sentiments
Tu sais j'apprends à méditer
Musique du karaoké au loin
... sont des princesses
Sonnette
Elle expire.
- J'ai le trac.
- Arrête, tu remplis des salles entières.
C'est juste un goûter chez une vieille dame.
Je suis sûr qu'elle va t'adorer.
L'homme va sur la Lune mais il sait pas appareiller un vieux.
- Je suis pas sourde !
Mais je me déplace pas à vélo.
- Hé. - Oh !
- Tante Rivka. Tu es de plus en plus belle.
- Je te présente Océane. - Bonjour, madame.
- Bonjour. Jérôme avait dit ravissante,
mais vous êtes une princesse.
- Merci. - Entrez, mes enfants.
Ferme la porte. - Oui, tata.
Voilà. Vas-y, vas-y.
- Quel gâteau...
Mettez-vous à l'aise, mes enfants. J'arrive.
-Ça va, mon amour ?
Rivka râle.
- Oy, oy, oy...
Bon, tant pis, je m'en fous.
Voilà.
Voilà, voilà. Je viens.
- Magnifique.
Ça a l'air délicieux.
- C'est une spécialité polonaise. Je l'ai fait moi-même.
- Tante Rivka fait tout
elle-même.
- Mais je vois ça.
- Passe-moi le gâteau. - Ah oui.
Tu peux m'aider ? Merci beaucoup.
- Voilà.
Passez-moi votre assiette.
Hop. - Merci.
- Moi.
C'est une belle part.
Tata, c'est énorme.
Double ration.
Merci.
- Vous voulez encore un peu ? -Ça va merci.
- Je ne suis pas
très douée, parce que je n'ai pas eu
de maman pour m'apprendre à cuisiner.
- Oui, Jérôme m'a dit.
- J'ai appris un peu
à l'orphelinat, et avec ma belle-mère.
Vous cuisinez un peu ?
- Quand j'ai le temps, ça me détend.
-Ça fait rien si vous cuisinez pas.
Je vous apprendrai
à faire mon gâteau.
- C'est très gentil à vous.
-Ça dépend, à mon âge, on dort peu.
- Moi non plus, j'ai jamais beaucoup dormi.
- Vous, vous dormez bien ?
En parlant fort - Non,
j'ai jamais beaucoup dormi.
- Pas la peine de crier.
En attendant,
espérons que le président fasse son travail.
Il acquiesce.
- Le président actuel.
- Aussi bon que beau.
Légers rires Vous n'en mangez pas ?
- Hein ?
- Vous n'en prenez pas ?
- J'aime pas ça.
J'ai ma petite gelée
de fruits rouges.
- Alors,
Océane
a tenu à te faire un cadeau.
- Ah oui ? - Oui.
- Un cadeau ?
- Oui, j'ai hésité avec un livre,
et je me suis dit : "Fais ce que tu sais faire".
Alors, c'est un cadeau plus personnel.
- J'ai rien eu le droit d'écouter. Rien.
- Bon, après, voilà, c'est...
J'ai fait ça vite fait, c'est pas terminé, mais...
- C'est très gentil. - Merci.
La chanson s'appelle "Pour Rivka".
- C'est un grand honneur.
C'est une grande chanteuse.
- Arrête. - Si. C'est un genre de Joe Dassin
mais pour les jeunes.
Ouais... Vas-y...
Elle se racle la gorge.
Musique douce au piano
-Enfant d'Auschwitz
Enfant de Birkenau
Fauché par les fascistes
Tu n'avais pas le cho-ah
Entre Nuit et Brouillard
Le cheveu coupé ras
Un tatouage en code barre
Et un vieux pyjama
On a moqué ton nez
Et celui de ta sœur
Mais qu'importe le physique
Ce qui compte c'est le cœur
Crois en ta bonne étoile
Celle qui brille dans le ciel
Pas celle qu'on a cousue
Sur ta robe en dentelles
Musique pop
Enfant d'Auschwitz
Enfant de Birkenau
Qui rêvait d'un sandwich
En te léchant les doigts
Chaque fois
Que tu prends l'train Ça y est, ça recommence
Chaque contrôle de billet
Ravive ta souffrance
Le cauchemar est fini
Le train peut repartir
C'est fini, les nazis
Le meilleur reste à venir
Avocat ou médecin
Prix Nobel et j'en passe
Que d'ingéniosité
Pour perpétuer ta race
La musique s'arrête.
Bon, c'est une ébauche.
Léger rire gêné
- Heu...
Quelqu'un veut encore du gâteau ?
Tu veux pas de gâteau ? - Hein ?
- Vous voulez un peu de gâteau ? - Non.
Du thé, de l'eau, peut-être, si vous avez.
J'ai fait quelque chose qu'il fallait pas ?
- Mais non, mais non.
- Je vois bien. Tu m'en veux.
- Non. Ça partait d'une gentille attention.
- Je voulais un cadeau...
- Qui venait du cœur. Et c'était très bien.
- J'aurais dû offrir Le Journal d'Anne Frank.
- On peut parler d'autre chose ?
Musique triste
Clic de la ceinture
-Bonjour.
Vous êtes bien sur le répondeur téléphonique...
de Françoise Stain. - Maman, c'est Charlotte. Dis-moi...
-Je suis actuellement indisponible.
Vous pouvez néanmoins... me laisser un message.
- Par carte ?
- Maman... -En ayant la gentillesse...
de bien vouloir me faire part... de votre nom...
ainsi que de votre numéro... de téléphone.
- Oui, maman... -Et le cas échéant...
du motif de votre appel.
- Maman... -Moyennant quoi...
je vous rappellerai...
dans les plus brefs délais.
- Maman, c'est Charlotte. -C'est à vous.
Bip - Ta messagerie est compliquée.
S'il te plaît, tu peux me rappeler... - 35,62 euros.
- Merde. Je te rappelle.
Désolée, avant mes règles,
j'ai une dalle d'enculée.
Vous savez pas ce que c'est d'être née à Noël.
- J'avais un copain né le 14 juillet.
Quand il a su que le défilé était pas pour lui,
il a arrêté de parler.
Musique mélancolique
- Papa ?
- Oui.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Joyeux anniversaire, ma fille.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? - Rien.
Je t'offre un cadeau.
- C'est dommage. - Pourquoi ?
- T'en offres jamais et j'aime pas en recevoir.
- C'est vrai, oui.
Tu sais, je trouve
qu'on se parle peu, tous les deux.
- Mais on s'aime pas moins que les gens qui se parlent
tout le temps.
- C'est vrai.
C'est vrai.
- T'as des choses à me dire ? - Bah...
J'ai des choses à te dire...
Tu vois, la mort
de mes parents, par exemple.
Bon, euh...
En soi, ça, c'est...
Ça va, parce qu'on peut rien faire.
On n'a pas le choix. - Non.
- Eh bah, c'est dégueulasse.
Voilà, en fait, on est là.
On vient sur Terre, on s'aime
en sachant très bien qu'un jour, on se verra plus, pour toujours.
Et ça, c'est dégueulasse.
Non ?
Ah ça, c'est...
Ça me...
Sa voix tremblote.
Voilà. Mais bon, je suis pas...
Hé... - Qu'est-ce que c'est ?
- Alors ça...
C'est le compact disque CD de Jean-Jacques Goldman.
Ça te plaît ? - Pas trop.
- Ah, zut !
Parce que j'ai dit au vendeur :
"C'est pour ma fille qui adore la chanson française
"et qui est rigolote."
Et il m'a donné...
-Ça. - Ouais.
Joyeux anniversaire, ma fille.
- Merci, papa.
- Tu fais une fête ?
- Non. - Non ?
Bon...
Bonne soirée.
- Bonne soirée.
Ça va, Mimi ?
T'as passé une bonne journée ? Miaulement
Ça va, toi ?
J'ai acheté une petite bouteille
de champagne. On va fêter ça peinards.
J'ai vraiment envie de chier, là.
Non, faut me laisser passer, mon grand.
Non, Milou, laisse tomber.
Laisse-moi passer, tu m'attends là.
Je mets les gaz, je fais tourner la guillotine à boudin
et j'arrive... - Surprise !
Elle crie.
Ouais !
- Comment vous êtes rentrés ?
-JOYEUX ANNI...
VERSAIRE
JOYEUX ANNI...
VERSAIRE
NOS VŒUX LES PLUS
SINCÈRES
POUR TON ANNI...
VERSAIRE
- T'as kiffé ? - Bah non.
Musique rythmée
- C'est pas ton délire tout ça.
Au pire, ça sera une mauvaise soirée,
au mieux, tu kiffes. - OK.
- Alors, c'est parti. Ouais !
Sonnerie
Tonalité Il souffle.
Téléphone
Cris
Téléphone -ET POUR CHARLOTTE, ALLEZ, ALLEZ
ET POUR CHARLOTTE, ALLEZ, ALLEZ ALLEZ, ALLEZ
ET POUR CHARLOTTE, ALLEZ, ALLEZ
-Ça va, la crotte ?
Bon anniversaire !
Je suppose que...
tu fais rien, et tu dois pas avoir de cadeaux.
Parce que si la vie est une tartine de merde
pourquoi l'emballer avec du bolduc ?
Tu sais quoi, je suis pas loin de penser comme toi.
Bisous, ma sœurette.
Ton frère.
Je t'embrasse, ma chérie.
Il souffle.
Musique électro-pop
- CHARLOTTE ! CHARLOTTE ! CHARLOTTE !
CHARLOTTE ! CHARLOTTE ! CHARLOTTE ! CHARLOTTE !
Sanglots
Elle souffle.
Rires
-Ça me fait très plaisir.
Enfin, ça me fera très plaisir.
Rires
Un petit peu comme...
Cyrano de Bergerac.
Ils se tiendront compagnie.
Vibrations Ah...
Coin-coin.
Chouette. Papa gode,
maman gode et enfant gode.
C'était toute une famille nombreuse... C'est chouette !
Le Journal d'Anne Frank.
- Je t'ai fait une petite dédicace. Sonnette
- Bah ?
- Bah, bah, bah... - MAIS...
MAIS, MAIS, MAIS...
Y A LA CAGNOTTE COMMUNE !
- Ah bah non. - AH BAH SI !
OUH !
Musique rock
- Tu kiffes, Charlotte ?
Allez, Charlotte.
Cris
Paroles inaudibles Musique douce
- Ciao, merci.
- Merci, à bientôt. - Merci !
Soupirs
Sanglots
-Ça va, toi ?
T'as passé une bonne soirée ?
T'as rien mangé, qu'est-ce que tu veux ?
Oh, une pomme.
Tiens.
Sonnette
Qui c'est qui fait chier encore...
Oui ? - Excusez-moi,
je crois que j'ai oublié mon téléphone.
- Je vous en prie. - Ouais ?
Merci, pardon.
Elle ouvre le robinet.
(OK...)
Et voilà.
- Voilà. - Ouais.
Et heu...
Je voulais vous dire, je suis désolé.
- Pour ? - J'ai bien vu
que c'était compliqué pour vous.
Je fais remplir un questionnaire avant
pour éviter le malaise.
Genre...
l'âge
de la personne,
si elle est l'aise avec les EVJF,
si elle est à l'aise avec son corps...
Pour vos collègues, vous cochiez toutes les cases.
Donc, voilà.
Je suis désolé.
- Tout le monde peut se planter.
Mon père pensait que j'écoutais
Jean-Jacques Goldman. - Hein ?
- Rien.
Soyez pas désolé.
C'est moi qui suis désolée.
J'ai été débile, méprisante.
Vous faisiez juste votre boulot d'esclave sexuel
pour bourgeoise mal baisée.
- Un petit coup de main ?
- Non, c'est bon. Ça me détend.
- D'accord.
Léger rire
Vous dites non pour pas avoir à dire oui,
c'est ça ?
C'est quoi ? C'est de la fierté ?
Si on met la fierté de côté,
vous répondez quoi ?
- Non.
- Donc c'est oui.
Entrechoquement de bouteilles
C'est quoi, ce travail ?
Regardez-moi ça. Un cochon
sans son persil, franchement...
Ça n'existe pas.
Je me permets, hop là. Il siffle.
Vous faites
les choses à moitié,
faut pas vous étonner !
- C'est pas votre job de faire les choses à moitié ?
- C'est vrai. C'est mon job de pas aller au bout des choses
donc, je fais entièrement mon job. - Bon,
c'est là que vous me parlez de votre thèse
sur la géopolitique en Mongolie,
mais qu'il faut payer votre studio miteux ?
- Je vous imaginais pas
si conventionnelle. - Bien sûr. Pardon, je...
-"Suis conventionnelle
"et rock'n'roll" ? - Mais putain !
Qui s'est pris
un quart d'heure d'ouverture de godes
et un album de Goldman par le seul mec qui la connaît depuis 33 ans ?
- J'aime bien Goldman.
- Et qui se fait traiter de conventionnelle
par un mec qui... - Par un mec qui ?
- Un mec qui...
est juste un objet sexuel.
- C'est pas parce que vous êtes lugubre et conventionnelle
qu'il faut être grossière.
- C'est vrai ?
Tu me trouves lugubre ?
- Ouais.
- Bah, c'est dommage.
- Qu'est-ce qui est dommage ?
- Que tu sois pas mon genre.
- C'est vrai ?
- De quoi ?
- Que je suis pas ton genre ?
- Sans plus.
- Qu'est-ce que c'est en fait ?
- Un drap simple.
- Un quoi ?
- Laisse tomber.
Musique douce
"Amoureuse" (Véronique Sanson)
-Une nuit, je m'endors avec lui
Mais je sais qu'on nous l'interdit
Et je sens la fièvre qui me mord
Sans que j'aie l'ombre d'un remords
Et l'aurore m'apporte le sommeil
Je ne veux pas qu'arrive le soleil
Quand je prends sa tête entre mes mains
Je vous jure que j'ai du chagrin
Et je me demande
Si cet amour aura un lendemain
Quand je suis loin de lui
Quand je suis loin de lui
Sonnette Je n'ai plus vraiment
Toute ma tête
Je ne suis plus d'ici
Oh, je ne suis plus d'ici
Je ressens la pluie d'autres planètes
Musique en fond
- Je vous ai réveillée ?
- Oh, non.
Entrez.
Merci beaucoup, mais il fallait pas.
- Je les ai pris chez l'Arménien.
J'adore ça. - C'est quoi ?
- Un Arménien ?
C'est un juif mais en moins drôle.
- Non, ça.
- Des spécialités turques.
Comme quoi les Arméniens sont pas rancuniers.
Mademoiselle, je voulais vous remercier...
Mademoiselle...
Mademoiselle... Roh...
Raclement guttural
C'est un nom de salade.
- Ah moi, Océane.
- Oui.
Océane, je voulais vous remercier pour votre chanson.
- Ah bon ?
Non, c'est moi, je suis désolée.
C'était nul.
- C'est la première fois qu'on m'écrit une chanson.
Vous pouvez me la rechanter ?
- Vraiment ? - Oui.
Et vous savez ce qu'on va faire ?
On va remplacer certains couplets par...
des "tilala".
- Celui sur les gros nez, par exemple.
- Par exemple.
- Il vous a pas plu, celui-là.
- Il est un peu...
Long. - Ah, oui.
D'accord, trop long.
Oui.
- Merci. Vous mangez pas ?
- J'ai pas le droit au gluten. - Pour pas grossir.
- Non, ça me fait péter.
- Ah.
- Mais les pommes de terre, avec plaisir.
- Je savais pas.
Tonalité
-Bonjour, vous êtes bien chez "J'aimerais qu'on se revoie",
le service qui vous propose la complicité
d'une relation amoureuse pendant un ou plusieurs rendez-vous.
Anniversaires, EVJF,
mes équipes et moi sommes à votre disposition !
Respect, tendresse et sincérité sont notre devise.
"J'aimerais qu'on se revoie" espère vous voir bientôt.
Bip
Musique intrigante
- Il a retrouvé son téléphone ? - C'était comment ?
- Bien ou bien ? - Euh... Pas mal.
- Seulement pas mal ?
- Non, enfin... Oui... Enfin...
Bien. C'était bien, quoi.
- Alors ? T'as kiffé ?
- Comme on dit, il avait de la mine dans le crayon.
- Enfin, on se rencontre. Bonjour, Michel.
Enchanté.
- Bonjour, Di Ferrazzino.
Fermeture de la porte
- On s'allonge ?
- Volontiers, parce que j'ai un...
Un mal au bas du dos, là, c'est...
C'est pas supportable, ça. Gémissements de douleur
Ça fait du bien.
Voilà...
J'ai 75 ans.
- 75 ans, OK.
- Mon...
Sa voix tremble. Mon père est mort à 75 ans.
- Votre père ? OK.
- Oui, mon perroquet... Léger rire
Je crois que je vais mourir
à 14h37.
- Pourquoi ? - Parce que...
Papa est parti le 25 décembre à 14h37.
C'est le cadeau qu'il m'a fait.
Sa mort. Voilà.
- Et on veut tout faire comme son papa.
- Non. - Non ? Vraiment ?
Je vais vous dire, c'est normal d'avoir peur.
- Ah bon ? - Malheureusement,
la peur n'évite pas le danger, au contraire,
elle le provoque.
Pour vivre vieux, il faut se réjouir.
C'est une histoire d'autoconviction.
- Vous voulez dire que si je me réjouis,
je vivrai plus vieux que mon père ?
- Oui.
"Ah ah ah". - Hein ?
-"Oh oh oh oh".
-"Oh oh oh oh" quoi ?
-"Oh oh oh".
- Ouais, "oh oh oh". Il rit plus franchement.
Léger rire
Rire
Michel rit.
- Je peux pas continuer comme si de rien n'était.
Donc soit on fait une pause,
soit on se sépare.
- Oui enfin, après Noël, non ?
Enfin... Si on va pas au déjeuner, maman va faire une attaque.
- C'est ça, ton angoisse ?
Le déj' de Noël chez tes parents ?
Bonne nuit.
Sonnette
Pépiements
Musique romantique
Mixeur au loin
- C'est passionnant, ce truc.
- Ah, oui ?
- Elle est complètement sourde, celle-là.
- Je vous remercie. On toque.
Mixeur au loin
- Ouh ouh ?
Ils entendent pas ou quoi ?
- Peut-être qu'ils sont sourds comme tante Rivka.
- Viens, on va faire le tour. Hop là.
Vous nous entendiez pas
ou quoi ?
- Coucou les enfants !
Mais ça va super.
Ça va très bien même, puisque je suis pas inquiet.
Ta mère fait un potin d'enfer avec son robot mixeur,
mais moi, je suis là. Je profite.
Ça va bien.
Il rit. C'est pour ça,
j'ai pas entendu quand... Il est où, Adrien ?
- Euh... Rage de dents.
- Aïe, aïe, aïe...
- Toujours pas ? - Négatif.
- C'est le 3e qui passe. - Je sais.
Mais j'arrive avec un mec, faut que je débarque en dernier.
- T'es fâchée ? - Pas du tout.
Je suis sensible à ton professionnalisme.
C'est comme le plombier, s'il est bon, tu le lâches pas
Rire
Si on nous demande, on s'est rencontrés l'année dernière
dans un club échangiste.
- Hein ? - Quoi ?
- Attends, non.
Pardon, mais non. - Pourquoi pas ?
- J'ai une éthique, j'ai fait un effort vestimentaire.
- Tu te frottes à des culs tous les jours.
- Je quoi ? C'est un métier, il y a du travail.
Je veux pas passer pour quelque chose de vulgaire.
Je veux quelque chose de concis. - D'élégant.
OK, on arrive au repas. "Bonjour, je suis..." ?
- Bonjour, je suis analyste.
- Analyste de quoi ? - En laboratoire...
- On s'emmerde.
- Bonjour. - Vous faites quoi dans la vie ?
- Je suis ravi... sseur.
- D'accord.
- J'ai été pris de court. - OK.
- Bonjour. -Ça va ?
- Ravi de vous connaître. -Également.
- Je suis Dan. Photographe.
Je prendrais bien quelques portraits.
Mais je tiens le... le secteur informatique...
- Très, très long.
Donc, tu es...
- Artiste ?
Chef ? - Chef ?
Mais chef de quoi ?
- Chef.
Agent sportif.
Bonjour... - Non, faut du charisme pour ça.
- Viticulteur. -Ça va pas.
- Mais un truc...
- Ah, enfin ! - Coucou !
- J'espère que tu as une bonne excuse. T'exagères, Chounette.
- J'en ai une. Dan, maman.
Maman, Dan. - Bonjour.
- Enchanté. - Tu m'as pas prévenue, Chounette.
- Je t'ai dit que j'amenais une surprise.
Et m'appelle pas Chounette. - Et mon plan
de table ?
- Tu vas découvrir l'aventure en rajoutant un couvert.
- Oh là là, ça m'ennuie... Zut !
Je comptais caler maman entre toi et moi.
- Pourquoi c'est jamais Jérôme ?
- Parce qu'elle pète. Ton frère déteste.
- Et moi j'aime ?
- Roh... Voilà !
Qu'est-ce que j'ai encore dit ? Elle vous le fait aussi ?
- Non, pas encore. - Mais non,
Adrien ne vient pas.
Tout est simplifié. - Pourquoi ?
- Il a une rage de dents.
Déshabillez-vous, Dan.
- Pardon ?
- Déshabillez-vous et allez au salon.
- Elle parle juste du manteau. - Oui.
J'avais compris.
- Vous êtes grand !
J'aime bien ce petit blouson.
Ouais. - Merci.
- Vous avez des cheveux magnifiques.
- C'est gentil. Ça sent très bon.
- Vous êtes beau aussi.
- Je vous remercie.
Charlotte ?
- Bon, allez.
- Salut, tout le monde.
Je vous présente Dan. - Oh !
Qu'est-ce que c'est sympa !
Je suis super content !
Comment ça va, jeune homme ? Vous faites quoi dans la vie ?
Et vos parents ? Vous gagnez combien ?
Rire
Je plaisante ! Ça va ?
- Oui, ça va. - Voilà, il faut le dire !
- Je l'ai dit. - Bon, bah voilà.
Je suis content mais alors...
J'ai déjà été content, mais là !
- OK. - Il est content.
Et voici
mémé
et tante Rivka.
Je vous présente mon nouveau fiancé.
- Bonjour.
Bonjour. - Bon courage.
- Faites pas attention, elle est sourde comme un pot,
mais elle le sait pas. - Merci de prévenir.
- Plutôt la campagne.
- Jérôme est pas là ?
- Pas encore. - Pourquoi ?
- Il est en retard.
- Et pourquoi ?
- Il m'a pas donné d'explication.
- Pourquoi moi, quand je suis en retard, je dois présenter
un extrait de casier ? Bisous
- Salut ! - Bonjour.
- Chérie, tu peux
le poser là, ton paquet.
- Oui, oui. -Ça va ?
Bonjour. - Enchanté, Dan.
- Moi, c'est Julie et ça, c'est ma fille Juliette.
- Bonjour ! - J'ai fait
de la sangria, qui en veut ?
- NON MERCI.
- Non merci. - Ah bon...
- T'es contente de ta liste au père Noël ?
- Non. - Pourquoi ?
- Je voulais des trucs Océane, et maman voulait pas.
Elle dit que c'est une débile et une pute.
- Oh !
- La chanteuse Océane ? - Oui.
- Je suis tombé sur un article, et ce qu'elle disait était pas...
Pas si idiot. - C'est le syndrome
de la bombe atomique dont on n'attend rien
intellectuellement.
Même une connerie, c'est intelligent. - Oui, et puis
j'ai juste dit qu'on devrait donner aux enfants un autre exemple
qu'une dinde dont le QI
dépasse pas
le tour de taille. - Salut à tous.
Je vous présente...
- Océane.
- Qu'on ne présente plus.
- Pourquoi t'as pas sonné ?
- Parce que j'ai mes clés.
Cri
- C'est le plus beau de tous mes Noëls.
- Ah bon ? - Elle est mignonne.
- Tu peux être ma maman ?
- Ha... - Oh, bah...
- S'il te plaît !
- Waouh... - Putain.
- Et ouais.
Elle souffle.
Ouais.
- Et dis donc, le petit Dan !
C'est "chouminou", ça. - Ouais.
À quoi ça sert
que je me saigne pour ramener le mec le plus sexy que j'ai jamais vu
s'il se pointe avec la nana de l'année ?
- Tu te saignes pour Dan ?
- Tu crois quoi ? Que je peux me l'offrir gratos ?
- Mais arrête, t'es belle.
- Mais non. - Mais si !
- Non. - Si.
- N'importe quoi ! - Mais si !
- Non. - Si.
T'es belle, mais tu veux pas que ça se sache.
- N'importe quoi.
- Si. - Non.
- Arrête. - Roh.
Sinon, ça va avec Adrien ?
- Ouais, écoute, ouais.
- Pourquoi il est pas là ?
- Rage de dents.
- C'est très intéressant, "rage de dents".
J'avais pas réalisé "rage de dents", "rage dedans".
- Non, y a rage nulle part, il va très bien.
- Qu'est-ce qu'il y a, alors ?
- Je crois qu'on se supporte plus.
- Et pourquoi ?
- Peut-être que je vieillis mal. - Ouais, moi aussi.
- Tu me trouves castratrice ? Elle acquiesce.
- Et crispée.
- Pourquoi je serais crispée ?
- Au lit, ça remonte à loin ?
-Ça fait 4 ans. - Quoi ?
- Je déconne. Trois ans.
- 3 ans ! - Non, attends.
Au mois de juin. - Mais c'est loin !
- Elle a eu les félicitations, on était contents et...
- Et bim bam. - Boum.
- Juliette a eu les félicitations ?
- Ouais. Ça t'étonne ?
- Faut pas fumer, tante Chounette.
- T'as intérêt à avoir les félicitations plus souvent !
- Coucou.
- Salut !
-Ça va ? -Ça va et toi ?
- Ouais. Joyeux Noël.
- Toi aussi.
Ça va mieux, ta rage de dents.
Pet - Je peux avoir
le cadeau d'Océane maintenant ? - Oui, bien sûr.
- Attends.
J'ai ça pour toi.
Bruissement de papier
- C'est nul.
- Oh !
- Juju...
Je te souhaite
de recevoir des cadeaux nuls
comme ça toute ta vie.
C'est pas cool.
- Tiens, chérie,
prends le cadeau de tata Chounette.
- Celui-là ? - Ouais, le dégueulasse.
Qu'est-ce qu'on dit ? - On dit merci, tante Chounette.
- En souriant.
Elle sourit faussement. - Elle est sympa, tante Chounette.
-Ça dépend. - Mais oh.
- Tu sais pourquoi
elle est sympa ? - Non.
- Non seulement
elle est jolie, mais en plus
elle le sait pas.
- Oh !
Le Journal d'Anne Frank.
Tu me le prêteras ?
- Oui, bien sûr.
- Vous l'avez pas lu ?
- Hélas non, mais j'aimerais bien.
- Alors, moi, je l'ai lu,
c'est extra.
-¿Hablas español ?
-Sí papa.
Il baragouine en espagnol. -¡Joder que sí !
-¡Joder !
- Oh !
It is même "dédicassed".
"À ma petite cochonne préférée".
- Hein ? - Oh !
- Quoi ?
- Enfin Charlotte !
- Quoi ? -"Ma petite cochonne".
- Préférée, préférée.
- Mais non, mais... - Pas toutes les cochonnes.
Une en particulier. - C'est qui ?
- Quelqu'un pense que Juliette brosse ses dents régulièrement ?
- Bah...
- Non. Est-ce qu'elle mange proprement ?
Non. - Quand même.
-Ça va pas ! - Non !
- Elle est propre depuis 2 ans et demi.
- Non, non plus. - Oh !
- Du coup, la dédicace, car c'est ma petite cochonne préférée,
car elle est
un peu cracra. - Quoi ?
- Voilà.
Allez, la suite ? -I peux avoir le cadeau d'Océane ?
-Yes ! - Bonne idée.
-You can have it !
Tiens ! -I peux. I peux.
Rire I peux.
Bruissement
- Yes, open le cadeau.
Inspiration de surprise
- C'est trop beau.
Cri
Merci !
Je veux vivre chez oncle Jérôme
et qu'Océane soit ma maman.
- C'est quoi,
ces bêtises ? - C'est quoi
cette petite fille avec une maman
merveilleuse et qui veut en changer là ?
- Elle est super, ta maman.
- Tiens, Julie,
tu peux passer le paquet doré ?
- Oui. - Pour Océane.
Voilà. - Tiens, ma chérie.
- J'espère que ça vous plaira. - Oui, on espère.
- Sinon, m'en veuillez pas.
- Non, c'est adorable, je suis touchée.
- Si j'avais su que vous passiez à la télévision...
- Ah ! Mais oui, bien sûr !
J'ai vu votre vidéo-clip à la télé.
Très bien, très professionnel,
très comme du rock.
- Merci. - Ah oui.
Comme du rock. - Ah oui...
J'ai beaucoup aimé. - Moi aussi.
- Vous allez beaucoup aimer le livre.
Dans ma vie, il y a 2 lectures que j'ai jamais pu lâcher :
Je sais cuisiner, de Ginette Mathiot...
- Incontournable ça. -... et ce livre de Michel Foucault.
- Extraordinaire. - Super !
Excellent choix parce que je l'ai pas lu,
mais ça a l'air génial.
Alors, je connais plus le travail de son fils,
mais ça a l'air très intéressant.
- Son fils ?
- Oui, Jean-Pierre. (-Ouais...)
- C'est marrant, ils se ressemblent pas du tout.
Il doit ressembler à sa maman. - Sûrement...
Musique de Noël
- Michel... Foucault...
Ah, putain...
Il a pas de fils.
Merde, merde, merde.
Julie ? - Oui ?
- Je voulais
te dire quelque chose.
- Oui ?
- Avant que ma maman meure, je lui ai demandé pardon.
- Pardon de quoi ?
- D'avoir voulu que Lady Di soit ma maman à sa place.
C'était mon rêve.
Tu sais ce qu'elle m'a répondu ?
- Non.
-"C'est normal ma chérie,
"toutes les petites filles veulent changer de mère
"à un moment. Si on prenait
"nos mamans pour des héroïnes, on aurait peur de les décevoir.
"Les héroïnes sont pas à la maison.
"Sauf quand on est malade, là y a plus qu'une héroïne,
"c'est maman."
- Je suis désolée pour ce que tu as entendu quand...
- J'ai rien entendu.
- Ah bon ?
- Pardon, mais j'ai besoin d'aller aux toilettes.
- J'y vais vite fait. - Oui.
- Merci. - De rien.
- Françoise ! Françoise. Pet
Voilà ton cadeau.
Ta surprise. - Mais c'est pas une surprise.
C'est un pyjama.
- Comment tu sais ?
- Je peux en mettre ? Arrête ! - Je vais t'en mettre.
-Ça va, c'est discret. Elle souffle.
- T'es vraiment énervant.
- En fait, ça me fait plaisir.
Ça me fait très plaisir, maman.
- Ah !
Gémissements
-Ça va, papi ? - Oh !
Ça va, papa ?
Il a le souffle court.
- Il est 14h38 !
Gémissement d'effort
Je suis pas inquiet.
- Tiens, mon chéri. Un bon pour une ponction lombaire.
- C'est très sympa, ça.
Merci.
-Ça va, papa ? - Hein ?
Bien sûr que ça va. - D'accord.
- Je suis... Je suis content.
- Tu veux boire quelque chose ? - Oui !
- Un truc un peu sucré, hein ?
- Un peu sucré, oui ! - Assieds-toi.
"Happy Heart" (Andy Williams)
- Adrien ?
Je peux me mettre sur ton cheval ?
- Si tu veux, ouais.
- Merci d'être là.
- T'emballes pas.
Je suis surtout venu pour que ta mère
fasse pas une attaque. - Ah bah...
Si t'es venu pour ma mère, c'est déjà ça.
Merci pour elle, alors.
- Bon... je suis peut-être aussi venu un peu pour sa petite dinde.
- Sa petite dinde est touchée.
- Vraiment ? - Ouais, très.
Très touchée.
-Ça alors, je suis, je suis...
Sa voix tremble. Je suis content. Je suis...
Je sais pas pourquoi, je suis...
Je suis content.
- Waouh !
J'adore !
- C'est bien, hein ? - C'est pas moi !
- Les épaulettes ! - Maman, merci !
Regarde ! Drap double !
- Waouh ! Qu'est-ce que c'est ?
C'est un thermomètre. Tu sais que ça existe depuis très longtemps.
- C'est un thermomètre
pour mettre dans l'oreille.
- Il est beau ton sac à dos, tata.
- Qui m'a offert ça, les gars ?
Qui m'a offert... Qui m'a offert ça ?
Maman ?
Maman ? C'est toi qui m'as offert ça ?
C'est très... Joli.
Ça te plaît ?
Rivka !
Rivka ! Ça te plaît ?
- Rivka ? - Rivka !
Rivka ! Ça te plaît ?
-Ça va ?
Version instrumentale de "Happy Heart" (Andy Williams)
- Merci d'avoir supporté tout ça. - Tiens.
Joyeux Noël.
Voilà.
J'aime bien faire des cadeaux. Alors, j'ai réfléchi
à comment concilier ça avec le fait que t'aimes pas en recevoir et puis...
Ouvre !
- C'est le plus beau non-cadeau que j'ai jamais eu.
- Je peux monter ?
- J'ai plus un rond.
- C'est pas la question.
- C'est parti.
Musique festive douce
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