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Original subtitles

...

Musique intrigante

Halètements

Sirènes de police

-Sale pute ! -Réponds, sale pute !

-Ferme ta gueule ! -Toi aussi, ta gueule !

-Fermez vos gueules, tous !

Toi aussi, ta gueule !

Un jour que sous les roseaux

Sommeillait mon eau vive

Vinrent les gars du hameau

Pour l'emmener captive

Fermez, fermez

Votre cage à double clef

Entre vos doigts

L'eau vive s'envolera

Comme les petits bateaux

Emportés par l'eau vive

Dans ses yeux les jouvenceaux

Voguent à la dérive

Voguez, voguez

Demain vous accosterez

L'eau vive n'est pas encore à marier

Objets de valeur. -Merci.

-Elle vient pas les mains vides.

-Je vois ça.

Provenance ? -Fresnes.

-Motif ? -Rapprochement familial.

-Merci. On l'attendait.

Musique mélancolique

1,75 m, toujours ?

Qui vous a dit de vous déshabiller ? On est pas la fouille.

Oh, je vous parle !

La fille se fout à poil sans qu'on le lui demande.

...

-Allez, casse-toi !

-Mesdemoiselles, s'il vous plaît.

...

Les autres vont pas tarder.

Défais ton paquetage.

Vendredi, visite de la Garde des Sceaux.

Alors on se tient à carreau.

...

Cris des filles qui jouent

-Salut.

-T'es qui ? Tu fais quoi ici ?

C'est quoi, tout ça ?

Vire-moi tout ça !

-C'est bon, lâche-la !

T'inquiète, elle est pas méchante.

-Mets-toi où tu veux, je te saute.

-Sonia, arrête de faire ta bonhomme.

-Je rentre chez moi,

y a une meuf. -C'est quoi ton délire ?

T'es pas chez toi, ici.

-La calcule pas, elle a ses règles.

-Attends, ils sont sérieux, à la télé ?

Ils feraient mieux de nous filmer, c'est plus intéressant.

-Grave ! Elle m'énerve en plus, celle-là avec sa tête.

-Tu regardes ça ?

-Tu seras pas dépaysée.

-Il est où, mon vernis ? -Là.

-Merci.

T'en veux ?

-Je vais pas faire la pute.

-C'est pour la ministre.

-Je l'encule. Elle a rien d'autre à foutre ?

-Elle vient visiter notre prison,

parce que genre elle est mieux...

-Je m'en bats les couilles.

-Les filles de la couture organisent un défilé.

-Tu vois, moi, je trouve ça nickel.

Ca change.

-Rien du tout. T'es encore en prison.

-Elle est jalouse parce qu'elle défile pas.

-Je t'emmerde.

-T'énerve pas, c'est pas grave.

Un jour, peut-être. Inch'Allah.

Dans un rêve... futur.

-Lâche-moi !

-Tu regardes pas la télé, mytho.

-Lâche-moi. -Allez, viens.

-Elle aboie, mais elle mord pas.

-Qui a du feu, les meufs ? -Tiens.

-Hé, Mélanie ! -Quoi ?

-T'as jamais niqué au parloir ?

-C'est dégueulasse ! T'es sérieuse ? -Quoi ?

-Tu crois que j'ai envie de choper une mycose ?

-Grosse mytho ! -On a tous niqué au parloir.

-Je fais pas ça !

-Elle, elle a niqué. Elle, elle a niqué.

-Elle aussi. -Pas du tout.

-Grosse mytho !

-Espèce de mytho !

-La semaine dernière, elle nous a pas décrit même les positions ?

-Mais pas au parloir. -Les filles, les clopes !

-Vas-y, ferme la fenêtre !

Dépêche-toi !

-Bravo. On vous laisse seules 5 minutes et voilà.

-C'est interdit de fumer en cuisine.

Vous savez pourquoi ?

-C'est mauvais pour la santé.

-Plus sérieusement, vous savez pourquoi ?

-Elle parle pas, celle-là.

-Mais qu'est-ce qu'elle suce.

-Elle entend.

-Elle est arrivée de Fresnes il y a...

-Trois jours.

Je sais qui vous êtes. Evitez de vous faire remarquer.

Mélanie.

La demande de semi-liberté n'a pas été accordée.

Il y a une autre commission dans trois mois.

-Ca fait trop longtemps, j'en ai marre de faire du poulet.

-Vous voulez changer ? -Non.

-Nawal, grouille-toi !

-Ouais, c'est bon !

-Tu veux quoi ? -Il te reste un truc ?

-Non.

-C'est pour elle.

-Bouge, j'ai plus rien !

-Il se passe quoi ? -Elle est arrivante, elle a rien.

-C'est toi ?

Euh...

Tu peux lui donner la blanche.

Oui, celle-là.

Dépêche-toi, on a pas le temps.

Boukara !

-T'as vu la surveillante qui se prend pour Beyonce ?

-Hé, les meufs ! Y a la ministre.

-C'est le directeur avec la ministre.

-Je peux voir ?

-Hé, meuf ! -Attends.

-On se bouge, ça va commencer.

-Tu fais quoi ? Arrête, t'es malade !

-Elle a raison, ça lui va bien.

-Elle, c'est Pilar.

C'est une malade. T'approche pas d'elle.

-Dépêche-toi, c'est à toi.

Applaudissements

Musique R'n'B

...

-Vous avez demandé à me voir ?

Allez-y, je vous écoute.

-Je voudrais retrouver ma place en cuisine après mon procès.

Je vais être jugée à Paris et le temps que ça dure...

-Il est quand, votre procès ? -En avril.

-En avril, dans quatre mois.

Ca vous laisse le temps de voir venir.

-J'ai peur qu'on me remplace. -Je comprends.

Mais les cuisines doivent tourner en votre absence.

Je peux rien vous promettre. Ca dépendra des affectations.

On verra au moment venu.

C'est pas plutôt le procès qui vous inquiète ?

C'est épuisant, vous savez.

Vous partez tôt le matin, rentrez tard le soir.

Les fouilles, les audiences...

-Oui, je sais.

Je vais prendre combien ?

-Je sais pas, c'est pas mon métier.

-Mais vous savez qui je suis.

-Oui, un peu.

-Et alors ?

-Et alors quoi ?

-Vous pensez quoi de moi ?

-Pas grand-chose.

C'est ce que je vous explique.

Je suis pas ici pour vous juger.

Ce qui vous amène ici ne me regarde pas.

C'est à la justice de décider.

Moi, je veux juste que ça se passe bien ici.

O.K. ?

Margot !

-Ca va, M. le directeur ? -Oui, très bien.

Karine, vous pouvez m'apporter le dossier de Mlle Amari ?

-Tout de suite.

Votre fille est là. -Merci.

-Il faut tirer.

-Ca va, ma chérie ?

Ca va ? -Oui.

-C'est ma place, ça.

Excuse-moi, trésor, j'ai pas vu l'heure. J'en ai pour deux minutes.

Montre-moi ton dessin.

C'est très joli.

C'est nous dans quelques jours.

Merci.

Karine, vous pouvez demander à ce qu'on baisse le chauffage ?

-Je referme ? -Oui. Il faut pousser.

Percussions

...

-J'ai aucun problème avec votre fille.

Dans toutes les matières, tout va bien. Elle est très vive.

Mais...

Mais vous devriez lui parler.

-Parce que ?

-Elle fait l'objet de moqueries de la part de ses camarades.

Avoir ses deux parents en prison, c'est pas commun.

-Je vous demande pardon ?

-Les autres parents s'interrogent. -Sur quoi ?

-On travaille en prison, on n'est pas en prison.

On est fonctionnaires comme vous. C'est quoi, ces conneries ?

-Calmez-vous, c'est pas ce que j'ai voulu dire.

-Si, c'est ce que vous avez voulu dire avec votre ton supérieur.

Vous devriez être fier au lieu d'accabler ma fille.

-C'est pas ce que j'ai voulu dire.

-Ca va pas ? Qu'est-ce qui t'a pris ?

-C'est qui ce petit fonctionnaire avec sa petite vie rangée ?

-Toi, t'es quoi ?

-Je suis un artiste.

Un artiste maudit. -Et frustré ?

-Oh oui, je suis frustré ! Mon amour, j'en peux plus !

Des filles se disputent.

-Comment tu trouves mon pull ?

-Il est bien.

-J'espère qu'il te plaît, c'est toi qui me l'as offert.

Quoi, ça te fait pas plaisir ?

-Si,

mais je t'envoie pas de l'argent pour ça.

-Ca fait des années que je me suis rien offert.

Je sais pas, c'est Noël, quand même.

C'est qui, cette fille ?

-C'est personne.

-Elle te fait pas de problèmes, t'es sûre ?

-Oui, je suis sûre.

-Tu travailles ?

-Bien sûr. -Dans la peinture ?

-Je suis en cuisine, maintenant.

J'avais demandé, à Fresnes, mais ils m'avaient pas laissée.

Moi avec un couteau, ils avaient pas confiance.

-T'es pas une criminelle.

T'es payée combien ? -9 euros.

-C'est bien. De l'heure ?

-Par jour. -Ah ouais.

Enfin bon.

Je l'ai pas payé cher.

Je l'ai acheté au marché, au petit monsieur.

-T'as eu raison.

Tes copines vont bien ?

-Je les vois pas souvent depuis que t'es là.

-Pourquoi ?

-Je sais pas. Elles me voient plus.

-T'as déjà fait un combat contre elle ?

-En prison... En anglaise, elle m'a niquée.

En thaï, par exemple... Il y a des jambes, en thaï.

En thaï, je la nique.

-Ca va, les filles ?

Elle a fini son rendez-vous avec maman ?

-Moi, c'est les tibias.

-Vous l'avez vue, sa daronne ?

Elle a des nichons, meuf. J'avais envie d'y goûter.

J'aimerais savoir si t'as les mêmes.

On peut goûter ?

-Laisse-la. -On discute.

Je vais peut-être la violer. -Tu vas me violer, toi ?

-Tes mains !

-Arrête, arrête !

Arrête !

-Allume-la ! Vas-y, Anna !

-Lâche-moi, putain !

-C'est bon, là, t'es calmée ?

-Putain, lâche-moi.

-Merci.

Bonjour.

Fermez la porte, s'il vous plaît.

Asseyez-vous.

Je voulais vous voir à propos de l'incident de la semaine dernière.

Ca ne peut pas se reproduire.

Ayez plus de contrôle.

Un autre épisode de ce genre et y aura des sanctions.

Votre procès approche. Soyez irréprochable.

-J'ai compris. Merci.

-Non, mais vous allez où ?

C'est pour vous aider que je dis ça.

C'est pas moi qui suis enfermé.

Vous êtes suivie ?

On a des psys ici. Ils peuvent vous aider.

-Je préfère parler avec vous.

-C'est pas flagrant.

On peut se voir de temps en temps

avant votre procès, pour parler.

-On a terminé, là ?

-Non. J'ai du temps.

-Ca tombe bien, moi aussi.

C'est compliqué pour ma mère, sans moi.

Elle est seule.

-Et votre père ?

-Y a pas de père. -Mort ?

-Non. Enfin, je sais pas trop.

-Pourquoi vous rigolez ?

-C'est vous : "Il est mort ?"

Soyez pas coincé. Je rigole.

Je l'ai presque pas connu.

Faites pas cette tête.

Ca arrive à des gens bien.

-Vous suivez des cours ?

-Ici ?

-Non, à Sciences Po.

Moi aussi, je peux rigoler. -C'est moins drôle.

Je vais en cours, oui.

Pour pouvoir aller à la fac après.

-C'est bien.

-Oui, mais j'ai peur de prendre du retard avec le procès.

-Ce qui est pris est pris.

Le principal, c'est d'être sérieuse.

Vous faites quoi, en ce moment ?

-En cours ?

Des explications de texte.

-Quel texte ? -Phèdre.

-Racine.

-Hein ? -L'auteur du texte, c'est Racine.

-Je sais pas. Pourquoi vous m'embrouillez ?

Le mec s'appelle Racine,

comme une racine ? -Oui.

Et Jean, comme moi.

Enfin, "J'enracine".

-C'est pourri. -Ouais, c'est pourri.

Et ça vous plaît, le texte ?

-Oui, mais ça a l'air un peu galère, pour elle.

Elle est victime de son destin.

-Vous croyez au destin ?

-Je sais pas.

C'était y a 2 000 ans. Y avait les dieux. Maintenant, c'est différent.

-Oui, c'est différent.

-Putain.

-Je te fais pas mal ?

Ca devrait tenir jusqu'à demain.

-Merci, t'es un ange.

Tu fais quoi ? -Excuse-moi, j'ai cru...

-C'est pour ça que t'es aussi cool avec moi ?

Putain.

On peut faire confiance à personne, ici.

-On les a défoncées !

-Elle l'a tellement giflée !

-Tu fais la gueule ?

Oh, ça parle pas ?

-C'est quoi votre délire, les filles ?

-Bonjour, Maître. -M. le directeur.

-Vous le sentez comment, ce dossier ?

-Compliqué.

Mais elle était mineure au moment des faits.

Y a aucun antécédent.

-On verra bien. Bon courage, au revoir.

Vous nous abandonnez ? -J'ai pas envie.

-Je veux bien le croire.

-Mon avocate a dit 15 ans. Presque plus grand que moi.

-On sait jamais, ça peut être 12.

-Vous êtes sympa, vous.

-Non, je fais mon travail.

-C'est comment, Fleury ?

-C'est magnifique, de grands espaces verts sans barreaux.

Non, je rigole.

Gigantesque, agité. Vous serez contente de rentrer.

-C'est pas la teuf ici non plus.

-Bon, prenez soin de vous.

-Pourquoi, vous partez ? -Non, c'est vous.

-Vous m'oubliez pas, pour la cuisine ?

-Non, je vous oublie pas.

Musique intrigante

...

-Amari, extraction.

...

-La veste.

La robe.

Le soutien-gorge.

La culotte.

Tournez-vous.

Ouvrez la bouche.

Vous pouvez vous rhabiller.

-Ca va, Anna ?

Comment vous vous sentez ?

Qu'est-ce qui vous a pris de vous habiller comme ça ?

Faut se couvrir, là.

Enfin !

Voilà, ça va.

...

Musique mélancolique

-Alors ?

Comment ça s'est passé ?

Tiens, je t'ai gardé du pain.

-"Je voulais faire un effort.

"Etre jolie. Bien présenter.

"J'ai fait tout le contraire.

"Je suis trop nulle.

"Il paraît qu'on récolte ce que l'on sème.

"Alors je dois mériter tout ce qui m'arrive.

"Je me sens tellement coupable.

"J'espère revenir vite et retrouver ma place en cuisine.

"Anna".

-Jean ?

Qu'est-ce que tu fais ?

Viens te coucher.

-C'est un huis clos, monsieur.

C'est impossible, sauf si vous êtes témoin.

-Mlle Amari me fait penser

à ces filles d'aujourd'hui,

perdues entre un corps qu'elles érotisent au maximum

et le désir ardent d'une stabilité affective.

Un grand écart dangereux,

symbole de la perte de repères

d'une génération toute entière.

Je requiers une peine de 10 à 12 ans d'emprisonnement ferme.

-Vous avez pris 9 ans,

vous en prendrez pas 20 en appel.

Vous avez déjà fait 4 ans ?

-Un peu plus.

-Avec les réductions de peine, vous sortirez après votre procès en appel.

Vous aurez 24, 25 ans ?

-24.

-Plein de femmes refont leur vie bien plus tard.

-Ca marche comment, les remises de peine ?

-Vous le savez. Ca dépend de votre comportement.

-Donc de vous aussi.

-Comment ça ?

-Vous faites les rapports.

-Moi et les gradés. Je suis pas tout seul.

Vous savez utiliser un ordinateur ?

C'est pas le cas de tout le monde ici.

J'ai un projet pour vous. Ca prendra un après-midi par semaine.

-J'ai la cuisine...

-La cuisine, c'est compromis, tout de suite.

On vous a mise au service général.

C'est pas la fin du monde.

Vous passerez plus de temps hors de votre cellule.

-Je dois faire quoi en plus ?

-Voilà.

J'ai mis un projet en place d'achat avec l'extérieur.

-Une cantine, quoi. -Si on veut.

Sauf que les produits seront moins chers qu'à l'extérieur.

Ils approchent de leur date de péremption.

-C'est ça, le truc.

-Vaut mieux payer un gel douche 2 euros

plutôt que six.

Bref, vous gérerez les commandes des détenues en fonction de leur pécule.

De leur argent.

Et en fonction de la gamme de produits proposés par l'enseigne.

Alors, comment ça se passe ?

-J'ai trié tous les produits par catégorie,

hygiène, nourriture, etc,

et j'ai rentré la date de péremption.

Comme ça, dès qu'on dépasse le jour, les quantités disparaissent.

-C'est vachement bien.

Mais ça, là...

C'est quoi ?

-Ca, c'est le pécule des détenues.

-C'est très bien. Continuez comme ça.

-Mesdemoiselles, on peut reprendre ?

J'ai l'attention de tout le monde ?

Pour continuer ce dont on a parlé à propos du texte

de Phèdre, que vous avez peut-être lu,

j'aurais voulu qu'on discute de quelque chose.

Et ça m'aurait intéressé d'avoir vos avis

sur le fait : "Est-ce qu'on décide...

de tomber amoureux ?" -Non.

-Ca veut dire quoi, tomber amoureux ?

Est-ce qu'on aime, ou on aime l'idée d'aimer ?

-Ah, ça, c'est intéressant. Qu'en pensez-vous ?

Qu'est-ce qui fait qu'on tombe amoureux ?

-Mais moi, je crois...

-Allez, déclare.

-Laissez-moi parler.

-Déclare tes paroles. -Laissez-moi m'exprimer.

-Vas-y, Mélanie. -Je pense que...

On décide pas de tomber amoureux, mais on décide de le rester.

-Non, mais on décide pas. -Non ?

-Ca vient quand ça doit venir.

-C'est un tout. Le feeling...

-C'est quoi, le feeling ?

-Sa bogossité.

-La bogossité.

OK. Le physique, donc.

-La personnalité. -La personnalité.

-Le charme.

-C'est comment on se sent,

les papillons dans le ventre.

-D'accord, oui.

-Des étoiles...

-Y a l'amour fusionnel, l'amour passionnel.

L'amour...

Quand les gens sont possessifs, veulent pas lâcher.

-T'as appris ça où, toi ?

Elle a jamais vu le loup, et...

-"Elle a jamais vu le loup."

Elle a vu Charlie !

-Non mais après, on peut avoir des interdits moraux.

-Exactement.

-Mais c'est le fameux combat entre la raison et le cœur.

-Tout à fait. Phèdre aime quelqu'un qu'elle n'a pas le droit d'aimer.

Cela l'empêche-t-elle d'aimer ?

-Ca me dérange que vous dites qu'elle a pas le droit d'aimer.

Mais qui décide ?

-Je ne sais pas. Vous parlez d'interdit moral.

Ce serait quoi, les interdits, au niveau de la morale ?

-C'est pas parce qu'on a pas le droit que ça se passe pas.

-Ah, d'accord. -Je suis d'accord avec toi.

-Dans la pièce, c'est ça. -Tout à fait.

On va lire un extrait. Vous voulez bien lire, Aïda ?

-Eh ouais. C'est moi, Aïda.

"Mon mal vient de plus loin.

"A peine au fils d'Egée,

"Sous les lois de l'hymen, je m'étais engagée.

"Mon repos, mon bonheur semblaient être affermis.

"Athènes me montra mon superbe ennemi.

"Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue.

-"Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue.

"Mes yeux ne voyaient plus.

"Je ne pouvais parler.

"Je sentis tout mon corps et transir et brûler."

-Ca va, Priska ?

Vous travaillez,

c'est bien.

C'est Phèdre ?

-Non, c'est pas Phèdre.

-Pardon ? -Non, c'est pas Phèdre.

-Y a quelque chose qui va pas ?

Dites-moi.

-Non, j'ai juste envie de partir d'ici.

-Je comprends.

-Non, vous comprenez pas.

-Je peux ?

Anna, en prison...

-Rien à voir avec la prison.

-Ah bon, rien à voir ?

Alors c'est quoi, le problème ?

-Vous.

-Pardon ?

-Vous comprenez pas, hein ?

-Vous allez où ? -Je m'en vais, j'ai pas le droit ?

-Et vos papiers ?

-Ca, c'est pour vous. Vous la lirez, hein ?

"Mon mal vient de plus loin.

"J'ai un secret que je peux plus garder pour moi.

"A Fleury, j'arrêtais pas de penser à vous.

"Depuis que je suis revenue, c'est pire.

"Y a rien de bon dans mon cœur, alors tout ça est impossible.

"C'est pour ça que je veux partir. Alors transférez-moi.

"Anna."

Un portable vibre.

-Jean.

-Allô, oui ?

J'arrive tout de suite. -C'est quoi ?

-Un souci avec une fille.

Faut que j'y aille.

Sirènes

...

-C'est Pilar qui a fait ça.

Sa codétenue se plaignait du ventre, elle a voulu la faire taire.

On est arrivés dès qu'on a pu.

-Lâchez-moi !

Connasses ! -On l'emmène en isolement.

On frappe à la porte.

-Oui ?

-J'ai une mauvaise nouvelle.

La détenue était enceinte

et elle a perdu son bébé.

A priori, elle est hors de danger.

On prévient la famille ?

-Non, je le ferai demain.

-Bonne nuit.

Musique intrigante

...

-Ca va, tout se passe bien ?

Il faut quand même que vous compreniez.

C'est important, ce qu'on fait.

On est la seule prison en France à faire ça.

Dans toutes les autres, les prix sont majorés.

Doucement.

-Pardon.

-Tu veux toujours partir ?

-Tu prends tes bains dans le noir, maintenant ?

-Quoi ?

-Non, rien. Je te regarde. J'ai pas le droit ?

-Bonne nuit.

Musique douce au piano

Qu'est-ce que c'est que ça ?

-Ca, c'est chez nous.

Il serait temps que tu me fasses un double.

-Un double ?

-Ouais.

Je me suis tapé toute la déco.

-C'est nous, ça ? -Ouais.

En un peu gros.

-Il fait beau, chez toi. Enfin, chez nous.

-Enfin, si ça te plaît.

-Tout me plaît, oui.

Réveil en sursaut

Rires

-Les chanteurs de raï parlent 4 heures avant de...

Les filles chantent du raï.

Les filles, matez, y a le directeur.

...

-On se supporte plus.

C'est invivable avec elle, on s'insulte à longueur de temps.

-Elle plus que moi. -Pas maintenant.

D'accord. Mais concrètement, il se passe quoi ?

-Ben des insultes...

Elle me jette ce qu'elle a sous la main.

Tout dépend de ses humeurs.

-OK. Euh...

ça dure depuis combien de temps ?

-Plus d'un mois.

-Bon, le rapport est très bon, Alhem.

Je vois pas pourquoi la commission s'y opposerait.

Mais je vous garantis rien.

-Merci. -Bonne journée.

-Merci, au revoir.

-Tu voulais me voir ?

-Assieds-toi.

-Je suis bien, debout.

-Comme tu veux.

-Y a un problème ?

Ben dis-moi.

-On a fait une connerie, je suis désolé.

Je vais organiser ton transfert, c'est mieux pour nous.

-Tu te fous de ma gueule ?

-Non.

Je suis désolé.

-Ben non. Je comprends pas, t'es sérieux ?

-Je fais ça pour nous deux. -Non, pour toi.

-Je t'ai écrit une lettre avant que tu me pécho.

-Je sais, je l'ai lue. -Et ?

T'as vraiment pas de couilles.

Me touche pas !

Surveillante.

-Vous avez terminé ? -Oui.

-Bonjour à toutes.

Je m'appelle Elise, je suis surveillante à la prison de la Santé.

Et j'anime aussi des ateliers peinture en région parisienne.

C'est la première fois que je viens ici.

Mais ça va bien se passer. On m'a beaucoup parlé de vous.

N'attendons pas plus longtemps. J'ai besoin d'un modèle.

-Genre top model ?

Rires

-Que l'une d'entre vous pose pour que les autres la dessinent.

-Ce sera pas moi ! -Même pas en rêve.

-Bon allez. On tournera en cours de séance.

Très bien, mademoiselle.

Venez vous installer.

Vous,

vous les attachez sur les planches.

-Oh ! Mais elle est sérieuse ?

-Elle a chaud !

-C'était pas indispensable, mais si ça ne gêne personne...

-On dessine ses seins ?

-Pourquoi tu caches ? Montre tes seins.

-Ca sent bon !

Louise est déjà couchée ?

-Baignée, brossée.

-Baignée, brossée ?

-C'est bientôt prêt.

-Jean ?

-Ben qu'est-ce que tu fais ?

-Quoi, ça te plaît pas ?

Je t'ai vu, quand la petite s'est déshabillée.

Tu la quittais pas des yeux.

-N'importe quoi.

Musique intrigante

Une fille pleure.

...

Vous êtes transférée et, d'ici là, quartier disciplinaire.

On peut plus vous garder.

-Vous pouvez pas faire ça. -Si.

Vous êtes allée trop loin.

-Si vous me transférez, je vous dénonce.

-Pour dire quoi ?

-Je vous fais tomber. Je raconte ce que je sais.

Ce que j'ai vu. Ce que tout le monde sait.

-Vous savez rien et vous avez rien vu.

-Tôt ou tard, ça se saura que vous baisez la petite.

Entre nous, je me méfierais.

Elle est tordue, c'est une salope.

Se nota, se siente.

-Merci du conseil.

A votre place, j'aurais fait pareil.

Vu où vous allez.

-A force de vous croire supérieur, c'est elle qui vous baisera !

Connard !

-Vous faites quoi ? -Ca se voit pas ?

-Et la salle informatique ?

-Vu que je pars... -Vous partez plus.

Et vous, Michot, vous foutez quoi ?

Allez, hop !

Au travail.

-Mais on a pas du tout terminé.

-Vous aussi, Castejon.

En cellule.

-A tout à l'heure, Anna. -A tout' !

-Vous ferez ça plus tard.

J'ai jamais fait ça.

-Mytho.

-Bouge pas, je t'ai dit.

-Tu lui as jamais coupé les cheveux, à ta femme ?

C'est pas un secret, t'as une alliance.

-C'est chiant qu'on ait pas de miroir.

-T'as des enfants ?

Tu peux me dire.

Si t'as une femme, t'as forcément des enfants.

C'est pire si tu parles pas. Après, j'imagine.

-Qu'est-ce que t'imagines ?

-Tu rentres chez toi le soir et tes enfants te sautent dans les bras.

-Tu veux que je te dise ?

-Non, je préfère pas savoir.

Pas aujourd'hui. Peut-être un jour.

Moi, j'ai pas d'enfants.

Mais c'est pas définitif.

-J'imagine bien.

-J'en voudrai un jour. Je préfère te prévenir.

Alors ?

-Alors c'est pas mal.

-C'est vrai ?

Toi, en revanche, c'est pas trop ça.

-Pourquoi ?

-C'est tendu, mais je peux te les couper.

-Toi, me couper les cheveux ? T'as raison.

-Tu m'as pas dit pourquoi je partais plus.

-Ca a pas marché, ils voulaient pas de toi.

-Tu mens. Tu t'es dégonflé.

-Non, je te jure.

-Dis-moi la vérité.

C'est pas un jeu pour moi, tu sais.

Arrête de me mentir.

Déjà parce que c'est lâche.

Et parce que tu le fais mal.

Tu jures que t'essaieras plus de me mentir ?

-Je te le jure.

-Alors dis-moi.

Là, tout de suite, t'as envie de moi ?

Tu dis rien ?

-J'ai envie qu'on fasse ça bien.

-Moi, j'ai envie de te faire plaisir.

...

*-Si elle sort vendredi, avec ce bracelet, elle pensera à moi.

Ce bracelet, je me l'étais déjà accaparé.

Je me le suis mis autour du poignet, parce qu'elle est rentrée...

-T'as fait quoi à tes cheveux ?

Mais c'est bien, ça te va bien.

Depuis quand tu regardes ça ?

*-Je pensais pas avoir une place pour une grande sœur.

Et toi, tu prends le rôle de ma grande sœur.

*-Tu fais tout ça pour gratter ?

*-Je l'aime beaucoup, tu sais.

*-T'es qu'une miche. *-Tu verras.

*-Tu te vois avec lui dehors ?

*-Je sais pas, c'est dans longtemps. Je peux pas me projeter.

Je sais pas quand je sors. Alors où, comment, avec qui...

*-Ouais, j'avoue.

-Arrête avec la télé.

C'est débile.

C'est déprimant.

...

-Encore une fois.

Allez, une dernière fois.

Allez, une dernière fois.

-Ca fait trois fois que c'est la dernière fois.

-Après, si tu veux, on rebaise.

"Les mots...

"... prêts à sortir, s'arrêtent sur mes lèvres.

"Une force impérieuse m'oblige à parler,

"mais une force plus grande m'en empêche.

"Soyez-moi témoins, dieux du ciel,

"que ce que je veux, je ne le veux pas."

-"Est-ce que vous...

"... ne pouvez pas exprimer ce que vous êtes pressée de me dire ?"

-"Il est facile d'énoncer des sentiments vulgaires,

"mais les grands sentiments ne trouvent point de parole."

-"Ne craignez-vous pas, ô ma mère,

"de me confier vos chagrins ?"

-"Appelez-moi votre sœur, cher Hippolyte.

"Ou votre esclave.

"Votre esclave, plutôt.

"Car je suis prête à faire tout ce que vous voudrez."

On frappe.

-Oui ?

Oui, Karine. -La réunion, M. le directeur.

Les gradés vous attendent.

-Ca m'était sorti de la tête.

Amari, vous vous débrouillerez ?

-Bien sûr, monsieur.

-Elles sont toutes ravies

des freezers dans les cellules. Elles commandent plus.

-Grâce à la cantine mise en place en début d'année.

-Pardon, mais j'ai une question sur cette cantine.

C'est bien beau de pouvoir commander en quantité,

mais faut payer.

J'ai peur que ça augmente le racket.

-Exactement.

-S'acheter des produits au même prix

devrait instaurer un sentiment de justice

et au contraire atténuer la délinquance

sur le long terme.

Rien d'autre ?

-Certains s'interrogent sur la détenue que vous avez chargée

des commandes.

-C'est-à-dire, Hervé ?

-Vous n'êtes pas passé par la commission de classement.

-C'est un après-midi par semaine, et elle est au service général.

-Vous passez beaucoup de temps avec elle.

Ca fait jaser. -Vous travaillez tous

dans la pénitentiaire, vous savez comment ça se passe.

Radio coursive. -C'est un milieu clos.

Les gens parlent. On peut pas les en empêcher.

Je le répète :

Ce programme est une réussite, nous sommes les premiers en France.

Pour une fois, réjouissons-nous.

C'est tout ?

-Pour aujourd'hui.

-Merci, bonne journée.

-Bonne journée !

-T'es toujours là ?

-Ils ont fini par s'attacher, je crois.

-Tu sais, j'ai...

J'ai téléphoné à Mona, la voyante.

-Ah bon ?

Elle existe toujours ? -Oui, oui.

-Pourquoi tu l'as appelée ? -Pour toi.

-Pour moi ?

-Pour qu'elle me dise pour toi.

Tu me caches des choses.

-Et tu demandes ça à Mona qui me connaît pas ?

-Tu me caches quelque chose.

Tu m'as pas dit que tu voyais quelqu'un.

Tu dois le quitter.

C'est pas bon pour toi.

-Qu'est-ce que t'en sais, de ce qui est mauvais pour moi ?

Pourquoi t'es venue ?

-Mais pour t'aider !

Mona me l'a dit.

-Mona me connaît pas, bordel !

Et toi non plus !

Viens pas chez moi pour me dire de la merde.

Arrête, arrête ! Arrête de me parler !

Tu connais rien de moi, tu viens chez moi me juger.

Depuis quand tu sais ce qui est bon pour moi ?

Arrête de vouloir m'aider ! T'y arrives pas.

T'y arrives pas, je te jure.

-Parle pas comme ça, je t'en prie.

Je suis là pour t'aider, je veux que tu me comprennes.

C'est pour ton bien. Tu fais des conneries, là.

Crois-le. Crois-le.

Allez, viens. -Mais t'en sais rien.

Tu vois pas que tu sais pas ?

Viens pas ici, bordel !

Arrête de venir ici ! Tu sais même pas qui je suis !

-Je suis ta mère. -Aujourd'hui, t'es ma mère ?

T'as vu ce que t'as fait ? T'es fière de toi, maman ?

T'es fière de ce que t'as fait ?

Même quand je suis heureuse, t'es pas là pour moi.

-Anna ! Anna !

-Ma petite est comme l'eau

Elle est comme l'eau vive

Elle court comme un ruisseau

Que les enfants poursuivent

Courez, courez

Vite si vous le pouvez

Jamais, jamais, vous ne la rattraperez

Lorsque chantent les pipeaux

Lorsque danse l'eau vive

Elle mène les troupeaux

Au pays des olives

-Putain.

-T'écoutes quoi ?

-Ecoute.

-C'est ta mère ?

-Je suis ce qui lui est arrivé de pire, avec mon père.

-Ca fait beaucoup.

-C'est pas drôle.

-Non.

Elle fait quoi, dans la vie ?

-Elle est aide-soignante.

-A l'hôpital ? -Non, chez les gens.

Chez les vieux. Elle s'occupe de sa sœur aussi.

-Qu'est-ce qui s'est passé ?

-Elle se mêle de ce qui la regarde pas.

-C'est normal, elle s'inquiète. C'est ta mère.

-C'est que quand ça l'arrange.

Et puis y a pas de raison, je vais bien.

Je me suis jamais sentie aussi bien depuis que je suis enfermée.

On dirait que j'ai pas le droit d'être heureuse.

Toi, tu trouves que c'est mal ?

-Quoi ?

...

-Arrête, tu fais quoi ?

-Un souvenir.

-Pourquoi, un souvenir ?

-Parce que, quand t'es pas là...

-Arrête. -Mais t'es belle.

-Moi aussi, je vais te montrer un truc.

-Vas-y.

Ah oui ! Oui !

-Regarde.

Moi aussi, j'en ai un.

-C'est quoi, ce truc ?

-C'est à nous toutes. On a chacune une puce.

Fais pas ton choqué. Tu veux pas le numéro ?

-Ca me fait pas rire.

-Je te le donne, t'en fais ce que tu veux.

-C'est n'importe quoi.

-Tu pensais que t'étais le seul à en avoir un ?

Tu fais quoi, là ?

-Je me casse.

Et pour un moment. C'est les vacances, j'ai une famille.

Musique mélancolique

-On va retourner dans l'appartement à la montagne de l'année dernière.

Tu retrouveras ta copine Mathilde.

Et vous prendrez des cours ensemble.

Vous avez le même niveau.

-Pas trop.

Mathilde dit qu'elle va plus vite en ski.

Même qu'elle a sa deuxième étoile.

Papa ?

-Oui, ma chérie ? -Tu m'emmèneras aux cours de ski ?

Bip du message

Mathilde y va le matin et l'après-midi.

-Jean, t'es avec nous ?

-Pardon.

-Louise t'a posé une question.

-Tu m'emmèneras aux cours de ski ?

-Tu skieras avec moi et t'iras plus vite qu'Anna.

Mathilde.

Appelez-moi l'auxi de ménage, mon bureau est sale.

-Elle est en permission.

-Alors quelqu'un du service général.

Amari, par exemple.

-Vous êtes sûr, M. le directeur ?

-Karine !

On frappe. Oui ?

-La détenue est arrivée. -Faites-la entrer.

Bonjour.

Vous pouvez nous laisser, merci.

-T'as pété un câble ?

Je veux plus te voir. -Chut...

-Rien à foutre, je suis pas ta pute.

-Je veux pas qu'on se fasse du mal. -Ah bon ?

Dommage, c'est tout ce que tu sais me faire.

-Dis pas de bêtises. -C'est la vérité.

Toi, tu te rends compte de rien.

J'ai que toi, moi.

Toi, t'es là. Derrière ton bureau.

Tu remplis tes petits papiers.

Puis le soir, tu rentres chez toi.

Ouais.

-Arrête.

Fais pas ça.

Fais pas ça.

-C'est hyper lourd.

-Rends-le-moi. -T'as peur ?

T'as peur de quoi ?

-Boum !

Musique mélancolique

-Des fois, j'ai envie que tout s'arrête, mais j'y arrive pas.

Même tomber, j'ai pas la force.

-Je suis là, moi.

-Non. Toi, tu t'en fous.

Ca t'excite, c'est tout. -Arrête.

...

-Elle a eu quoi, pour Noël ?

-Des poupées.

-Ah ?

-Mais moi, j'ai eu mieux.

-Oh ben oui.

Et il va y avoir les cadeaux de papi et mamie.

Ils t'offrent quoi, déjà ?

-Des Playmobil.

-J'ai donné la lettre au père Noël.

Musique R'n'B

...

Vibreur de portable

-Tu fais chier.

-Votre mère s'est pas présentée. Vous pouvez retourner en cellule.

...

-Attends, attends.

Pas comme ça.

Vibreur de portable

-T'es malade ? Qu'est-ce qui te prend ?

Merde.

Putain.

*-Vous êtes sur la messagerie de Jean Firmino.

...

-Bonjour.

Merci.

...

Pourquoi t'as fait ça ?

-Pourquoi t'es venu ?

...

Musique de boîte de nuit

-Gaby, un shot, s'il te plaît.

Mets-en deux.

-Merci.

...

Embrasse-moi.

-Laissez-moi !

-Elle a pas envie. Casse-toi !

-C'est quoi, ton problème ?

...

-Elle a mis son organisme à rude épreuve.

Enfin vous aurez bientôt une fille d'aplomb.

La vie a encore besoin d'elle. Rassurée ?

-Oui, merci. -A bientôt.

-Mme Amari, bonjour. Je suis le directeur...

-Je sais qui vous êtes. Ma fille m'a parlé de vous.

-Comment va-t-elle ?

-Elle reprend des forces.

-Tant mieux. Et vous ?

-C'est à vous qu'il faut demander ça.

Ben allez-y. Je vais rester là.

-Bonjour.

-Non, monsieur, c'est impossible.

-Je suis venu hier.

-Une enquête a été ouverte.

L'accès est interdit à toute personne de la prison.

-Vous pourrez lui donner ces chocolats ? Elle aime ça.

Y a quelqu'un ?

Elise ? -Louise dort, tu vas la réveiller.

-Mais vous êtes déjà rentrées ?

-On t'a attendu à la gare.

-Oh merde ! Je suis désolé.

Tu dors ici ?

-Non, c'est toi.

-Elise. -C'est bien, ton nez.

...

-On va m'expliquer ce que je fais là ?

-L'administration a été alertée de plusieurs dysfonctionnements.

-Lesquels ?

-Asseyez-vous, nous allons y venir.

-J'ai pas énormément de temps.

-Asseyez-vous. Laissez-moi poser les questions.

Un café ? -Non, merci.

-Où étiez-vous le 30 juin 2009 ?

-Comment je le saurais ? C'était il y a 6 mois.

Demandez à ma secrétaire. J'étais au bureau ou chez moi.

-N'avez-vous pas tenté d'assister au procès d'une détenue ?

-Laquelle ?

-Vous vous rendez souvent aux Assises ?

-Ca m'est arrivé.

-Ou à l'hôpital quand elles font un malaise.

M. Firmino... -Commandant.

-Commandant Firmino.

Dans une lettre, une ex-détenue s'est plaint

de votre proximité avec une autre détenue.

Mlle Amari.

-Vous ne prenez pas ça au sérieux ?

Cette fille est un poison. -Vous voyez qui c'est ?

-Elle a menacé de me faire du tort si je la transférais, c'est commun.

-Nous avons ouvert une enquête préliminaire,

et elle n'est pas la seule à dénoncer cette proximité.

-Une enquête préliminaire ?

-Est-il vrai

que cette détenue cumule plusieurs emplois,

et ce en défaut de votre charte ?

-Mlle Amari est au service général

et, un après-midi par semaine, s'occupe des cantines.

Ce n'est pas un emploi à part entière.

-Pourquoi n'êtes-vous pas passé par la commission de classement ?

-Elle était la seule à pouvoir le faire.

Il fallait quelqu'un qui ait une peine assez longue,

et qui connaisse Excel, ce qui est rare en prison.

-Connaissez-vous le surnom de Mlle Amari ?

-Non.

-La directrice.

Ca vous dit quelque chose ?

-Non.

-Connaissez-vous les rumeurs qui circulent ?

-Si j'écoutais les rumeurs, j'aurais couché avec tout le monde.

Je dirige une prison de femmes.

Ca m'intéresse pas, je les écoute pas.

-En dehors de sa mère, a-t-elle des permis de visite ?

-Oui.

Mais je sais pas qui vient la voir, si elle a un copain.

Sa vie privée ne m'intéresse pas.

-Lors d'une fouille de sa cellule, on a trouvé un portable.

Etiez-vous au courant ?

-Qu'il y a des portables en prison ? Non, c'est un scoop.

-Monsieur, nous n'avons pas terminé.

-Commandant.

La gestion d'une prison, c'est sur le terrain,

pas derrière un ordinateur.

J'ai gravi les échelons un à un,

et je suis commandant.

J'y suis arrivé en maniant autorité et psychologie.

A part des rumeurs, vous n'avez rien sur moi.

-La détenue va être transférée à la prison de Fleury-Mérogis

avant son procès. -Rien à foutre.

-Commandant.

Vos états de service sont excellents.

Ne gâchez pas tout.

-JOYEUX ANNIVERSAIRE !

-Joyeux anniversaire, papa !

-Merci, ma chérie.

Pourquoi tu fais ça ?

-Ca te fait pas plaisir ?

-Et toi ?

-Quoi, moi ? C'est tes 40 ans, pas les miens.

Je t'ai entouré des annonces.

-Tu t'y mets aussi ? Tu veux que je change de job ?

-Non, d'appartement.

Je veux plus faire semblant.

Soit les choses changent, soit tu t'en vas.

-Oh !

-Bon anniversaire

Nos vœux les plus sincères

Musique intrigante

...

Bip désagréable

-Oui.

*-C'est nous. On est en bas.

-Merde, j'ai complètement oublié.

*-Tu rigoles ?

-Non, je suis désolé, je...

Je peux pas, aujourd'hui.

*-Comment ça ?

-J'ai un truc hyper important, je suis désolé.

*-Putain mais une fois par semaine, c'est pas compliqué !

-Je me rattraperai, je te promets.

Je suis désolé.

...

Musique intrigante

...

Feux d'artifice

...

L'alarme retentit.

-C'est quoi ? -Ca vient du toit !

*-Ca t'a plu, ce que j'ai fait ?

-T'es ouf, qu'est-ce qui t'a pris ?

Tu peux pas venir demain ?

*-C'est pas prudent.

-Quoi, on t'a soûlé encore ?

*-Non mais bon... Vaut mieux être discret.

-C'est pour ça que tu me parles avec le téléphone de ma mère ?

*-Entre autres.

-Et c'est pour ça que tu travailles plus ?

*-Non, c'est parce que j'ai pris mes congés.

*J'en avais marre d'être en prison sans toi.

*Un mois, c'est long.

-T'y connais quoi, au temps qui passe ?

*Excuse-moi, je voulais pas dire ça.

-On va pouvoir se voir bientôt.

Tu vas avoir des perms après ton procès en appel.

*-Tu viendras à ma première sortie ?

-Evidemment.

Je t'attendrai de l'autre côté du mur.

*-Sans ton costume ?

-Sans mon costume.

Tu sais ce qui te ferait plaisir, ou toujours pas ?

-Oui, je sais. J'ai envie de voir la mer.

*-Ca va être compliqué, la mer.

-Ben alors, je sais pas... Un bel hôtel.

*-OK, un hôtel.

-Pas un hôtel, un bel hôtel.

Pas un hôtel de crevard.

*-Promis.

*Un bel hôtel.

-Tu sais, je voulais te dire... Quand ça va pas,

je pense à nos moments ensemble.

C'était dur, mais c'était trop bien.

*Je pense à nous dehors, aussi.

-Moi aussi.

-Tu m'oublies pas, hein ?

Musique mélancolique

...

-Bonjour. -Bonjour, bienvenue.

-Merci.

J'ai réservé une chambre au nom de Firmino.

Halètements

...

-Tu regardes quoi ?

-Toi.

Ca te dérange ?

-Mmm.

-C'est nouveau, ça.

-Non, c'est différent. Je suis plus ta prisonnière.

-Y a un truc qui va pas ?

T'es pas bien, là ?

Oh, mon amour.

-Ah non, m'appelle pas "mon amour".

-Qu'est-ce que t'as ?

Hein ? Dis-moi.

-Je sais pas, ça me soûle. Tu veux pas mettre un truc ?

-Si.

Voilà.

Ca fait un mois qu'on attend cette journée.

-Justement, je voulais faire les choses bien.

-Et alors, ça te plaît pas ?

-Je sais pas.

Y a ta femme, ta fille.

-C'est mon problème.

-Laisse-moi parler, pour une fois.

Moi, en prison, je paye ma dette. Je me reconstruis.

Et là... -Anna.

T'as plus beaucoup à tirer.

Quand tu sortiras, je serai là. C'est ça, l'important.

-A ma sortie, j'ai pas envie de me sentir plus coupable qu'à l'arrivée.

-T'étais plus fringuée.

-C'est pas drôle.

Tu vas où, là ?

-Pas loin.

-Comme ça, déjà ? Ah ben voilà.

Tu m'abandonnes. -Genre.

-Ca commence bien.

Tu pars vraiment ? -Je vais acheter du feu.

-Parce que tu fumes ?

-Eh ouais.

Ca m'arrive.

-Attention, c'est mauvais pour la santé.

-Bonjour. Un briquet, s'il vous plaît.

Et une carte de téléphone, aussi.

-Combien de crédit ?

-Vous avez, illimité ?

-Non.

-Je vais prendre celle-là.

-12 euros.

Musique intrigante

...

-Tiens, c'est pour toi.

Je t'ai mis 4 h, mais je pourrai la recharger à distance.

Garde la puce et donne-moi la carte, j'aurai ton numéro.

Tu sais la cacher ?

-Ouais, j'ai l'habitude.

Merci.

Sonnette

-Papa ? -Tu m'ouvres ?

T'es encore en pyjama, toi ?

Ben enfin !

T'es encore toute endormie.

Ouh, c'est un gros câlin, ça.

Allez, va t'habiller, vite !

C'est moi qui t'emmène à l'école.

-Tu sais toujours où c'est ?

-Je peux rentrer deux minutes le temps qu'elle s'habille ?

J'ai des croissants.

Allez.

4 minutes, c'est parti.

-J'ai pas faim. -Ca me fait plaisir.

-J'ai pas envie de ça, je dois le dire comment ?

Arrête, s'il te plaît.

C'est sérieux, ton histoire ?

-Je sais pas.

C'est compliqué.

-Qu'est-ce qui t'a pris ?

Tu sais comment on m'appelle ?

-C'est des rumeurs.

-Pour les autres, peut-être.

Tu l'aimes, cette fille ?

-Oui.

-Elle t'oubliera,

une fois qu'elle sortira.

Tu le sais ? -Je crois pas.

-Ah oui ?

Et vous ferez une famille ? -Arrête.

-Non mais ça m'intéresse.

-C'est quoi, ton projet ?

Ouvrir une pizzeria ?

-Je sais pas.

Me remettre à la peinture...

-Arrête avec la peinture, t'es ridicule.

T'as jamais été peintre.

T'es pas un artiste.

Tu me gonfles, avec ton complexe à la con.

T'es fils de garagiste, directeur de prison.

T'as une fille et une femme qui t'aiment.

Ca te suffit pas ?

Qu'est-ce qui te manque ?

Sauver une minette pour te sentir beau et fort.

C'est ça, ton œuvre d'art ?

T'es pathétique.

-Je suis prête.

-Louise, ma chérie.

Va attendre papa dans l'entrée, s'il te plaît.

Réveille-toi, s'il te plaît.

Réveille-toi.

Je t'attendrai pas éternellement.

-Viens, ma chérie. Prends ton cartable.

Allô ?

Allô ?

Qui est là ?

*-Est-ce que Jean est là ?

-Il est parti accompagner sa fille à l'école.

*Qui est à l'appareil ?

*Vous aimez détruire la vie des gens ?

-Ce serait différent si je disparaissais ?

-Oui, disparaissez, c'est ce que vous avez de mieux à faire.

-Qu'est-ce que tu vas faire ?

-Je sais pas.

-Il faut que t'ailles voir quelqu'un.

Que tu le dises.

Fais-moi confiance. Va voir un médical.

Mais pourquoi tu veux pas ?

Tu fais ça pour le protéger ?

-Il peut tout perdre.

-Et toi, alors ? T'as rien à perdre, peut-être ?

-Je peux pas lui faire ça.

Il a un métier, une famille.

-Il pouvait y penser avant.

-C'est pas sa faute. -Ah oui ?

C'est la faute de qui ? T'es pas tombée enceinte toute seule.

Il est où pour réparer ses conneries ?

-Il est même pas au courant.

-Va au médical.

Les médecins parleront pas.

Et comment veux-tu qu'ils sachent que c'est lui, le père ?

-Parce qu'il y a personne d'autre.

-Ca, y a que toi qui le sais.

-Non, tout le monde sait pourquoi je suis revenue ici.

-T'as pas des petits copains qui viennent au parloir ?

-Non.

-Quand t'es sortie, le jour de ta perm,

t'as pu voir n'importe qui.

Si tu le fais pas pour toi,

fais-le pour ton enfant.

Tu veux le garder ?

-Je sais pas.

Moi, je voulais juste une famille.

Je voulais pas lui prendre la sienne.

-Bonjour, Karine. J'ai décidé de rentrer plus tôt.

-Vous étiez en vacances ? -Pas vraiment.

-Vous avez une mine superbe. -Merci.

Oui, j'arrive pas à te joindre...

J'ai oublié mon téléphone, donc si tu m'appelles...

On frappe.

Un instant. -M. le directeur.

-M. Firmino.

-Oui.

Qu'est-ce que c'est ? -Vous êtes placé en garde à vue.

-Qui ça ? Moi ?

Vous pouvez pas faire ça.

Pas ici. -M. le directeur.

Qu'est-ce qui se passe ?

-Tu me perquisitionnes le bureau.

*-Ouais, c'est moi. J'arrive pas à te joindre.

*J'ai oublié mon téléphone, donc si tu m'appelles...

On frappe.

*Oui, un instant. Bon, je t'embrasse et je t'aime.

-Donnez-moi votre pantalon.

Vous vous retournez.

Vous baissez votre caleçon.

C'est bon, remettez votre caleçon.

-M. Firmino,

la pénitentiaire nous a saisis afin d'ouvrir une enquête

pour établir la nature de vos relations avec l'une de vos détenues.

Mademoiselle Anna Amari.

Relation qui, selon la pénitentiaire,

pouvait menacer la sécurité de la prison

dont vous avez la responsabilité.

Vous continuez à nier toute relation ?

Voici les relevés de ce numéro. Vous le reconnaissez ?

C'est étonnant, parce que vous avez acheté la puce.

On a les clichés.

Monsieur Firmino.

Vous voulez travailler à nouveau ?

Alors dites-moi la vérité.

Elle vous a manipulé.

-Je vous demande pardon ?

-Elle s'est servie de vous.

Vous serez certainement pas inquiété.

La mise en garde, ça reste dans votre administration.

Moi, je veux pas le savoir.

-Qu'est-ce que vous racontez ?

-C'est votre seule chance de vous en sortir.

-C'est pas ce que vous pensez.

-C'était pour vos beaux yeux ?

-Taisez-vous.

Vous comprenez rien, vous la connaissez pas.

-Je me suis fait mon idée.

-Moi aussi.

-Bon.

C'est pas à nous d'en décider, c'est au juge d'instruction.

-Vous avez passé à une détenue une carte téléphonique.

Vous êtes mis en examen pour recel.

C'est répréhensible par le code pénal

de 3 ans d'emprisonnement ferme.

Vous êtes placé sous contrôle judiciaire

et devrez vous tenir à distance de Mlle Amari,

ce qui ne posera pas problème vu qu'elle retourne en prison.

C'est dommage, elle était libérable à la fin du mois.

...

-Anna !

-Qu'est-ce que tu fais là ?

-Je savais que t'étais en perm.

-T'as pas le droit d'être ici.

-Personne m'a vu. -Y a des flics partout.

-Mais allez, monte !

Anna !

Anna, qu'est-ce qui t'arrive ?

Tu m'entends ?

Regarde-moi, au moins.

-On peut plus se voir. -On s'en fout !

-Si tu le fais pas pour toi, fais-le pour moi.

Je t'aime.

-Fais-le, s'il te plaît. -Pourquoi ?

-Je peux plus.

Je dois y aller. -C'est qui, lui ?

-Mam's, c'est un pote.

-Vous allez où ? Je vous dépose.

-Non, je préfère pas.

-C'est qui, ce mec ? -Personne.

Musique intrigante

-Pourquoi tu fais ça ?

Hein, pourquoi ?

Qu'est-ce que je t'ai fait ? J'ai tout lâché pour toi !

-Tu la laisses tranquille !

Musique mélancolique

...

-Vous avez bien réfléchi ?

Vous êtes sûre de votre choix ?

Vous allez prendre ce médicament.

Tenez.

Musique mélancolique

...

-Bien. On fait comme on a dit, OK ?

Elle vous a manipulé.

On est d'accord ?

C'est la seule issue possible.

-L'audience est ouverte. Vous pouvez vous asseoir.

Nous sommes réunis aujourd'hui pour statuer

sur l'affaire Firmino-Amari.

Bien sûr qu'on a perdu la guerre

Bien sûr que je le reconnais

Bien sûr, la vie nous met le compte

La vie, c'est une enclume

Bien sûr que j'aimerais te montrer

Qu'ailleurs on ferait pas que fuir

Bien sûr, j'ai pas les moyens

Et quand les poches sont vides, alors allons rire

Ne partons pas fâchés

Ca n'en vaut pas la peine

Bien sûr que les montagnes sont belles

Bien sûr qu'il y a des vallées

Les enfants sautent sur les mines

Bien sûr dans une autre vallée

"Ne partons pas fâchés" (Raphaël)

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