All language subtitles for Grand.Expectations.2022.720p.BluRay.x264.AAC-[YTS.MX]

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic Download
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian Download
cs Czech
da Danish Download
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian Download
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian Download
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil) Download
pt Portuguese (Portugal) Download
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian Download
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American) Download
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish Download
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish Download
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Aïe, aïe, aïe, ça bosse dur.

Je venais juste de m 'endormir. Ça avance vraiment.

Vas -y, dis -moi un arrêt, n 'importe lequel.

Ok, Nicolo.

Nicolo, 20 octobre 1989.

Le Conseil d 'État reconnaît pleinement la supériorité du droit international

sur le droit national et se déclare compétent pour contrôler la

entre les traités internationaux et les lois françaises, même postérieures.

Super, mais t 'en sais déjà.

Donc encore il est remarquable, Nicolas.

C 'est toi qui es remarquable. Nicolas, il est remarquable car, 14 ans après la

Cour de cassation, le Conseil d 'État rompt avec sa jurisprudence et se

reconnaît la possibilité d 'écarter une loi postérieure à une convention

internationale. C 'est pas sérieux.

T 'as rien foutu ?

Ah,

viens, je te présente.

C 'est ça, pour un prix.

Gabriel,

je te présente, Madeleine, Gabriel,

ma tante par alliance.

Bénédicte, qui est une très bonne amie de la famille.

Enchantée, Mathieu. Enchantée. Et Mathieu.

Bonsoir. Bonsoir.

Mon petit cousin. En pleine nuit.

Je vais boire quelque chose. Et donc, je regarde les deux consultants et je leur

dis, excusez -moi, mais ça ne veut juste rien dire.

Parti uni et résistant.

D 'abord, ce n 'est pas un parti que je monte, mais un groupe parlementaire.

Et en plus, en initial, ça fait le PUR, le PUR. Je ne vais pas appeler mon

groupe le PUR.

Je termine justement. Et vous voulez faire quoi après, Léna ? Si vous l

Et si ça existe encore ? On veut aller au ministère du Travail ou à l

nationale. C 'est quand même dommage de ne pas viser plus haut.

On ne s 'y trouve pas ? C 'est quoi plus haut ? Le Conseil d 'État, l

'inspection des finances ? Par exemple, il n 'est pas interdit d 'être

ambitieux, même venant de Sciences Po Lyon. Ce n 'est pas la question, là.

Nous, notre ambition, c 'est d 'aller là où on peut faire bouger les choses.

Moi, les gens qui veulent faire bouger les choses ou les lignes, ça me fait

toujours un peu peur.

Pourquoi ? Parce que... Je ne sais pas ce que c 'est que les choses.

Je sais ce que c 'est que le réel. Je sais comment ça fonctionne.

Je sais que c 'est complexe. C 'est avec cette complexité qu 'il faut

travailler.

Alors, les choses... Gabrielle, tu sais, toi ? Non.

Mais cette complexité dont tu parles, elle peut aussi dissuader de toute envie

de réforme.

Je l 'ai vue quand j 'étais au gouvernement. Je le vois tous les jours

'Assemblée. Et donc, ce réel, il ne faut pas avoir peur non plus de lui rentrer

dedans. Je suis complètement d 'accord.

Dit -il devant un réseau de truffes, un clos au jour 2012.

Grosse remarque. Rien ne garde ça, papa.

Tu noteras que je suis à l 'eau.

Oui.

Qu 'est -ce qui ne va pas dans ton réel ? C 'est le dîner, la terrasse, cette

maison peut -être, ton appart à Lyon. Non, mais dis -moi, ça m 'intéresse. C

'est tout le reste qui ne va pas, papa.

Il faut regarder autour de soi un peu.

Ah, il est content.

Non, mais ce qu 'Antoine veut dire, je suis un peu d 'accord avec lui. Je sais

ce qu 'Antoine veut dire.

Mais moi, ce que je veux vous dire, mes enfants du haut de ma ringardie, c 'est

ça. Regardez le monde tel qu 'il est.

Pas uniquement tel que voudriez qu 'il soit.

Et vous veille, tout ne va pas si mal.

Surtout vous concernant.

Amen. Puis s 'il vous plaît, mon Dieu, surtout faites que rien ne change.

Il est toujours aussi chiant.

Il est pas chiant, il dit ce qu 'il pense. C 'est pas pareil ? Je sais que c

'est pas pareil.

En tout cas, madame, je voulais vous remercier. J 'en profite parce qu 'il y

des témoins.

Parce que vous rendez Antoine très heureux. Et moi aussi, du coup.

Non, c 'est vrai.

Depuis qu 'il est avec vous, il a arrêté les cachets.

Et je vois vraiment la différence. T 'es sérieux, là, papa, là ? Bah quoi ? C

'est vrai, non ?

Bon, Gabrielle, figure -toi que Madeleine a travaillé sur un sujet que

connais bien. Ah bon ? Oui.

Lequel ? Oui, j 'ai fait mon mémoire de master sur l 'économie sociale et

solidaire, plus particulièrement sur la participation dans l 'entreprise.

Et ? Et non, non, mais rien d 'extraordinaire. Mais du coup, j 'ai

travaillé sur les textes préparatoires de votre projet de loi et évidemment sur

votre loi.

Et j 'ai beaucoup de respect pour la secrétaire d 'État que vous avez été.

Et pour le travail que vous avez fait.

Mais... Mais il n 'y a pas de mais.

Ah bah si, mais dites -le.

Non mais... Je ne comprends pas pourquoi vous n 'êtes pas allé plus loin.

Ah oui, c 'est une loi sur la participation salariale, mais il fallait

la logique uniquement capitaliste.

Il y avait l 'autogestion, la co -décision, les coopératives. D

en parliez dans la première version de votre texte.

Enfin, voilà ce que je veux dire, c 'est que votre loi aurait pu être une grande

loi, hyper novatrice, révolutionnaire même.

Eh bien, peut -être que je n 'ai pas été assez loin sur moi -même.

Après, on est dans un pays où les patrons n 'aiment pas trop que les

prennent en main et où on considère que faire un compromis, c 'est baisser sa

culotte.

C 'est pour ça qu 'il ne fallait pas lâcher.

Lâcher quoi ? Qu 'il ne fallait pas démissionner.

Il ne vous aura pas échappé que je me suis retrouvée assez isolée dans ce

gouvernement.

L 'économie sociale et solidaire, tout le monde est d 'accord sur le papier et

quand on rentre un peu dans le concret, il n 'y a plus personne.

C 'est sûr qu 'il y a un énorme travail pédagogique à faire.

Mais en tout cas, je peux vous dire qu 'il y a de plus en plus de gens qui

aimeraient que l 'économie soit un petit peu plus sociale et un petit peu plus

solidaire et que la démocratie ne s 'arrête pas aux portes de l 'entreprise.

Moi, je suis persuadée que l 'homme ou la femme politique y articulera tout ça.

Avec un vrai discours écologiste et féministe, ce sera le prochain

la prochaine président.

Pardon, je m 'enflamme.

Bon, c 'est pas parce que je suis amoureux, mais je pense exactement la

chose.

Alors, qu 'est -ce qu 'il faut faire si on veut un prochain président de gauche

? D 'abord, il faut des mesures simples qui parlent à tous.

Une mesure, Madeleine. Une mesure ? L 'échelle des salaires de 1 à 20,

obligatoire.

Obligatoire et glissante.

Si le PDG veut s 'augmenter, c 'est possible, mais à condition d 'augmenter

les autres salaires.

C 'est magnifique.

Vous militez quelque part ? Non, je vais aller à des réunions, au PS, au PC.

Après, si vous voulez vraiment faire bouger les choses, c 'est peut -être pas

l 'ENA qu 'il faut aller pour commencer.

Moi, je crois que si.

Si on veut détourner un avion, il faut d 'abord monter dedans.

C 'est quand vos résultats ? Demain ou après -demain.

Je n 'ai pas trop parlé.

Très bien.

En tout cas, tu l 'as bien plu à Gabriel.

Ah oui ? Ah oui.

Pourquoi tu dis ça ? Je sais pas, ça s 'est vu.

Et puis je la connais, elle aime bien le côté...

Oh là là, mais arrête de m 'expliquer la vie, là. Bon alors qui va, toi, Laura,

là ? Mais non, mais c 'est pas vrai, mais arrête, papa ! C 'est pas possible

Bon, en fait, je vais raccrocher, je te préviens.

Je vais raccrocher.

Allez, raccroche.

Putain, hé, il est chiant.

Il a qu 'à te passer, lui, il est là.

Chiant.

Qu 'est -ce que tu fous, toi ? Allez, avance ! Allez !

Allez ! Attention !

T 'en as peur ? T 'en as peur ? Calme -toi !

Excuse -moi, elle m 'a énervé.

Pourquoi tu fais ça ? Ralentis, ralentis, s 'il te plaît ! On n 'est pas

pressés, là !

Qu 'est -ce qu 'il

fout ?

Fais demi -tour, c 'est bizarre.

Bonjour.

Bonjour.

Il y a un problème ? Je sais pas.

Vous pensez qu 'il y a un problème ?

Bah non.

Non, non, tout va bien.

Pourquoi, Oumou, avec la journée comme ça, alors, si tout va bien ? Euh, oui,

pardon, j 'ai eu peur, en fait.

Vous avez eu peur de quoi ? Excusez -nous, on est un peu pressés et je... Je

termine, mademoiselle, pardon.

Non, sérieusement.

Vous avez eu peur de quoi ? Je sais pas, vous rouliez lentement. J 'ai eu peur

qu 'on ait un accident.

Je roulais lentement, c 'est -à -dire ? Je roulais à combien ? Je sais pas, 70.

Il fait limiter à combien, ici, à votre avis ?

80 ? Excusez -moi, vous jouez à quoi, là ? Je joue à rien, mademoiselle.

Mais à klaxonner, on discute, c 'est tout.

Oui, c 'est limité à 80.

Quand on klaxonne, en général, c 'est que quelqu 'un conduit mal.

Non ? C 'est moi qui conduis mal ? On s 'en va ? Non, c 'est moi qui... C 'est

vous qui quoi ? C 'est moi qui conduis mal, je m 'excuse.

C 'est bon ? Ok.

Je vais vous montrer un truc.

Putain, démarre. Laisse, laisse, tout va bien. Tu démarres ? Tout va bien, on

discute.

Dans un fusil, là.

N 'ayez pas peur, n 'ayez pas peur. Laisse -moi faire, laisse -moi faire.

Vous lisez quoi ? Vous

parlez pas corse ? Vous roulez avec une plaque corse, mais vous parlez pas corse

? Non.

Vous venez d 'où ? De Lyon. On est en vacances. Mon père loue une maison

année.

Et à Lyon, on fait des doigts comme ça ? Mais qu 'il y a un truc qui va pas, on

fait des doigts ? Parce que vous m 'avez fait un doigt tout à l 'heure, non ? J

'ai pas rêvé ? Si ? J 'ai rêvé ? Antoine, on t 'en va, putain ! Je m

suis désolé, je vais pas non plus. Le type a fait une bagnole pourrie, moi j

une plaque corse, je peux lui faire un doigt ? Écoutez, je m 'excuse, je suis

désolé, voilà, c 'est ma faute.

J 'étais au téléphone avec mon père, on s 'est pris la tête, j 'étais énervé, j

'aurais jamais dû faire ça.

On va pas y passer la nuit non plus, si ? Donc si vous voulez, je peux faire un

geste, et on n 'en parle plus.

Hein ? J 'ai que ça, je suis désolé.

Allez, descend.

Antoine, Antoine ! Hé, hé, hé ! Lâchez -moi, lâchez -moi ! Alors comme ça, tu

fais des doigts.

Tu fais des doigts, je vais te montrer ce que tu fais.

Hé,

hé, hé, bougez pas ! Lâchez -moi, je vous dis, je vous demande !

C 'est ça que tu veux ? Trappe -moi ! Trappe -moi, viens ici.

Arrête ! Qu 'est -ce que tu dis, là ? Dehors ! Dehors ? Ça veut dire quoi ? Ça

veut dire que tu es en corse.

Ça veut dire que tu es chez moi.

Que tu es chez moi et que tu me fais voir.

Arrêtez ! Arrête ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez !

Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez !

Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez !

Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez !

Lâche -le.

Antoine, viens ! Toi, tu bouges pas, espèce de merde.

Lâche -le, il est chargé.

Allez.

Bougez pas ! Lâche -le.

Bougez pas ! Mets -le dans la benne.

Lâche -le.

Je te jure, je vais te défoncer.

Bougez pas ! Antoine, viens ! Lâche -le.

Bougez pas. Bougez pas.

Lâche -le !

Arrête, c 'est trop tard, tu lui as tiré dessus, tu vas aller en taule direct !

Arrête !

Tu fais n 'importe quoi ! Putain !

Allô,

on m 'entend ? Allô ?

Attends, bouge pas, bouge pas.

Ouais, dis -moi, qui y a ? Ouais.

C 'est ici ? Ouais, ouais.

Je peux te rappeler plus tard ?

Amen.

Suite au Congrès national des chambres de commerce et d 'industrie, le ministre

du Travail a quant à lui appelé au calme et au retour des négociations.

Évidemment, je condamne avec la plus grande fermeté les violences et les

débordements qui ont eu lieu hier sur le site du groupe Sobot.

Et j 'appelle, je demande aux ouvriers de saisir la main tendue par les

publics. Vous n 'arrivez pas à dormir ? Venez, on discute cinq minutes.

de t 'asseoir à la table des négociations avec la direction... Je le

connais depuis qu 'on est gamin, il est nul.

Bravo au fait.

Admissible à l 'ENA, c 'est bien.

Vous venez d 'où ? Vous êtes de Lyon ? Non, de Vénique.

Vos parents sont de là -bas ? Oui.

Ils font quoi ? Ma mère est morte quand j 'avais 8 ans.

Et mon père, je ne sais plus trop.

On ne le voit plus beaucoup.

Vous êtes fâchée ? Non, pas du tout.

Non, c 'est juste que... Vous savez ce que mon père m 'a dit quand je lui ai

appris que j 'étais prise à l 'ENA ? C 'est quoi ?

Vous n 'étiez plus bavarde l 'autre soir.

Je vous fais peur ? Non.

Non, pardon, c 'est juste que... Je suis juste un peu fatiguée.

Bon, je... Partout demain matin, je ne sais pas si on se recroisera, appelez

-moi après votre grand oral, qu 'on discute.

Bien dormi ? Vous avez dû fêter ça, j 'imagine.

En tout cas, moi je l 'étais.

Ah oui, oui.

Que se passe -t -il ? Oh, c 'est un type qui s 'est tiré dessus. Un gars du

coin.

D 'après ce que j 'ai compris, vous étiez pas loin de l 'endroit où ça s

passé ? C 'est un règlement de compte.

Bon, ils savent pas.

Le type est dans le commun, apparemment.

Il est dans le commun ?

Mademoiselle, on peut vous voir s 'aimer, s 'il vous plaît ?

Bonjour,

je vous en prie.

Merci, Bertrand. Avec plaisir.

Lieutenant Jean -Emmanuel Assani, comme je disais à votre compagnon, on

rassemble des témoignages dans le cadre de l 'enquête concernant la tentative d

'homicide sur Charles Louchet.

Hier après -midi, vous étiez où vers 15h30 ? On se promenait au bord de la

avec Antoine.

Vous avez passé toute l 'après -midi ensemble ? Oui.

Vous avez pris quel trajet ? Oh là là, quand je conduis pas, je fais pas trop

attention à la route.

C 'est pas grave.

Dites -moi de quoi vous vous rappelez.

En fait, je me suis endormie.

Vous avez dormi combien de temps ?

Je ne me rappelle pas.

Trente minutes.

Vous n 'avez pas été réveillée par un coup de feu ? Vous vous rappelez être

passée par le village de Favonne ? Non.

Vous êtes sûre ? Ça ne dit vraiment rien.

Je te fais dormir.

Comment vous dites que ça s 'appelle ? Favonne.

Votre téléphone portable, vous l 'aviez avec vous ? Non.

Je l 'avais laissé...

dans ma chambre pour le recharger.

Sur la route, est -ce que vous avez croisé un véhicule qui aurait eu l 'air

fuite ou qui roulait vite ? Non, je n 'ai rien remarqué, non.

Et vous êtes sûre que vous n 'avez pas entendu une détonation ? Non.

Alors, c 'est bon pour nous. Je vous remercie. Je vous laisse retourner à vos

vacances.

Alors, ça a été ? C 'est dans le coma, Antoine. Qu 'est -ce qu 'on fait ?

Comment ça, qu 'est -ce qu 'on fait ?

Qu 'est -ce qu 'on fait s 'il sort du coma ? J 'en sais rien, moi. Qu 'est -ce

que tu veux qu 'on fasse ? On sort pas du coma comme ça. Il y a forcément des

séquelles.

Si le mec est entre la vie et la mort, il se réveille pas comme ça sans

séquelles. Quoi comme séquelles ? J 'en sais rien, moi.

Amnesie, perte de mémoire, je sais pas.

Je suis pas médecin. Non, je te demande, t 'es pas médecin.

Il y en a pas ? S 'il y a pas de séquelles ? Arrête maintenant, stop ! De

façon, le type va mourir, il me l 'a dit, le flic.

Ce village -là, Favonne ? Non, c 'est eux.

Mon téléphone m 'a dû borner là -bas, donc oui, je leur ai dit qu 'on y était

passé. Pourquoi tu ne me l 'as pas dit ? Pourquoi tu ne me l 'as pas dit ?

Maintenant, ils vont voir qu 'on a menti. C 'est cramé, c 'est obligé. Mais

'est des détails, ça.

Calme -toi un peu.

C 'est pas des détails.

On ne va pas y arriver. On va y arriver.

Je te le jure.

Regarde -moi dans les yeux.

On est tous les deux. Je t 'aime.

On va s 'en sortir.

Régime général, 5 branches.

Retraite, famille, recouvrement, maladie, accident du travail, maladie

professionnelle. Branche des retraites, 14 ,5 millions

de pensions, 49 ,2 milliards versés, 13 ,6 % du

PIB.

L 'âge légal du départ à la retraite à taux plein. L 'âge légal du départ à la

retraite à taux plein.

L 'âge

légal du départ à la retraite à

taux plein.

T 'étais où ? J 'ai pas arrêté de t 'appeler ? Quoi ? Ça va ? Non.

Il est mort.

... ... ...

... ...

...

Non seulement ils peuvent jouer un rôle, mais ils le doivent.

Si l 'on en croit le dernier rapport de la Commission mondiale sur l 'économie

et le climat, le monde devrait investir 93 milliards de dollars au cours des 15

prochaines années, soit entre 1 et 4 % du PIB annuel mondial si on veut limiter

l 'augmentation de la température à 2 degrés.

Récemment, un membre du gouvernement a reconnu n 'avoir eu aucun état d 'âme à

mentir à plusieurs reprises pour protéger son patron, en l 'occurrence le

président de la République.

Vous en pensez quoi ?

C 'est -à -dire ? Vous auriez eu des états d 'âme à sa place ? Disons que

l 'exercice du pouvoir doit s 'accompagner d 'un

aspect confidentiel sur certains sujets. Je ne vous parle pas de

confidentialité, ni de secret défense, mais de mensonge.

Excusez -moi, mais je ne comprends pas votre question.

Vous ne comprenez pas la différence entre un secret et un mensonge ? Si.

En lisant le titre de votre mémoire de fin d 'étude, on est frappé par son côté

très engagé. Oui.

Mais oui, parce que ce sont des idées auxquelles les sociétés modernes vont

confrontées, notamment pour tout ce qui touche au système capitaliste, enfin à

la fin du système capitaliste. Je n 'avais pas terminé ma question.

On est donc frappé par son côté très engagé.

Et par ailleurs, vous êtes la première boursière sortie major de Sciences Po

Lyon.

Est -ce qu 'au fond, vous n 'êtes pas la preuve que ce système -là fonctionne ?

Je...

Je pense que...

Je pense que

je suis quelqu 'un.

Vous êtes quelqu 'un de...

Antoine, c 'est moi, je t 'ai là, ouvre ! Mais ouvre -moi, merde ! Antoine

! Ouvre ! Antoine ! Bonjour, tout va bien ?

Oui, ça va.

Papa, c 'est Madeleine.

Ça fait longtemps ? Oui.

C 'est un problème ? Non.

Je... Je voulais juste te voir.

J 'allais faire des courses.

Tu m 'accompagnes ?

Qu 'est -ce que tu dis ? J 'aime terminer les examens. J 'attends des

Quels examens ? Léna.

T

'es sûre qu 'il n 'y a pas

de problème ?

Bon, tu restes dîner ? Ouais.

Un chiot bolognaise.

Bolognaise.

Papa,

j 'ai... J 'ai tué quelqu 'un.

J

'ai

fait agresser avec mon copain cet été, en Corse.

Sur une route au milieu de nulle part, par un type.

Mon copain a voulu gérer, mais le type avait un fusil.

Ils se sont battus.

Un moment, il a reposé le fusil et je l 'ai pris.

Il s 'est avancé vers moi.

On ne l 'a dit à personne.

Pourquoi vous n 'êtes pas allé voir les flics ?

Le

fusil, vous en avez fait quoi ?

C 'est sûr qu 'il va pas parler, ton copain ? Oui.

Tu crois que je peux rester ici quelques jours ? Oui.

Faut juste que j 'aille chercher des affaires dans mon studio.

Tu veux que je t 'emmène en voiture ?

Allô ? Oui, c 'est moi.

Oui,

bien sûr.

Très bien.

Merci, vous aussi.

Au revoir.

Pardon. Bonjour.

Je suis désolée, j 'ai un train à 14h, on a 10 minutes.

Vous voulez un café ? Non, merci.

Ça fait plaisir de vous voir.

Vous allez bien ? Oui.

J 'ai dîné avec Bertrand avant -hier, il m 'a dit pour Antoine.

Pas se pointer à l 'oral, il faut le faire quand même. Qu 'est -ce qui s 'est

passé ? Vous êtes encore Antoine ? Oui.

Ceci dit, je n 'étais pas étonnée qu 'il ne vous ait pas prise.

Ça m 'a plutôt rassurée même.

Ils ont un peu de mal avec les cœurs purs, Aléna.

Excusez -moi. Oui. Le taxi vient d 'arriver.

Oh, déjà.

Pardon.

Oui.

Oui.

Eh bien, on va trouver une salle.

Bon, je serai là en fin d 'après -midi. On verra ça ensemble.

Merci.

Bon, il faut vraiment que j 'aille vous m 'accompagner. Oui.

Je t 'appelle en arrivant.

Merci Eva.

Au revoir.

Au revoir.

Salut les enfants.

Au revoir.

J 'ai besoin de quelqu 'un pour actualiser tout ce qui se dit, tout ce

'écrit sur les nouvelles formes d 'organisation, de la parité, de l

des jeunes dans les territoires, etc.

Et je veux qu 'on synthétise tout ça à la fois dans un livre et dans une

proposition de loi pour dans un an max.

Du coup, il y a un gros boulot de structure et de rédaction. Ça vous

Oui ? Non ? Oui ?

Pourquoi vous proposez pas à Antoine ? Bah, c 'est bien vous qui avez écrit un

mémoire sur le sujet, non ? Excellent, en plus. Vous l 'avez lu ? Eh oui.

C 'est plus G7 ?

Vous

êtes

bien sur la messagerie d 'Antoine Mandeville.

Vous pouvez laisser votre message et je vous rappelle dès que possible.

Antoine, tu réponds plus ? On avait dit qu 'on était deux, qu 'on était

ensemble, et là ? Tu pars à l 'autre bout du monde, sans rien me dire ? Je

quoi pour toi si tu m 'abandonnes comme ça ?

Franchement, que cette usine soit la plus vieille usine du groupe et que ce

là que tout a commencé il y a longtemps, on le sait tous.

Et on n 'a pas du tout envie de balayer ça d 'un revers de main comme s 'il n

'avait aucune importance.

Au contraire. Vous savez que les valeurs de transmission, les valeurs de

patrimoine, d 'éthique même, si je suis attaché autant que vous.

Et ma direction encore plus. Mais ce que je vous dis, c 'est que la meilleure

manière de préserver le passé, c 'est aussi de faire attention au présent. Et

présent, j 'en suis désolé, il n 'est pas bon. Et alors moi aussi, je suis

désolée parce que j 'ai derrière moi une partie des 150 salariés qui sont prêts

à reprendre l 'usine, qui connaissent par cœur l 'outil de travail, qui

connaissent par cœur les fournisseurs, l 'état du marché, ses forces, ses

faiblesses, ses opportunités, et qui surtout vous débarrassent de cette usine

dont votre groupe ne veut plus et vous, vous refusez. Donc je ne comprends pas.

Mais non, mais madame, ce que vous n 'arrivez pas à comprendre, c 'est que...

Madame la députée.

Madame la députée, pardon.

Ce que vous n 'arrivez pas à comprendre, c 'est que je ne refuse pas par

plaisir. Je refuse parce que les garanties ne sont pas suffisantes

Quelles garanties ? Arrêtez ! Vous leur cédez l 'usine au prix où vous l 'avez

achetée il y a 5 ans.

Non seulement vous ne perdez pas d 'argent, mais en plus vous ne payez pas

plan de dissentiment, pas d 'indemnité et même vous gardez le crédit d 'impôt

compétitivité. Quelles garanties ? Arrêtez de prendre les gens pour des

imbéciles. Je ne prends pas les gens pour des imbéciles. Le Jabi, Fralib,

Scopelac, Bouillet -le -Rou.

C 'est que des boîtes qui ont été reprises par leurs salariés et qui

qui tournent bien. J 'entends. Et des exemples comme ça, il y en a des

des petits, des gros. Donc regardez un peu ce qui se passe ailleurs. Oui, oui.

Enlevez vos œillères. Ce n 'est pas beaucoup de pouvoir qui le concerne pour

pouvoir décider de ce qui se passe ici.

C 'est le groupe qui va décider.

Voilà. Maintenant, je suis désolé, il faut que j 'y aille.

Excusez -moi, Tibile Ramet, ça vous dit quelque chose ? Ramet, E -Y ? Non,

désolé. Vous étiez bien DRH chez Noireau dans le Pas -de -Calais en 2013 ? Oui,

tout à fait.

Pourquoi ? Madame Ramet travaillait au service du nettoyage dans les équipes du

soir, aux ateliers.

Elle a été hospitalisée pour un cancer du poumon diagnostiqué maladie

professionnelle. Elle est morte le 24 avril 2014.

J 'ai sa photo, si vous voulez.

Le directeur des ateliers a proposé aux collègues une demi -journée pour aller à

l 'enterrement. Et vous, vous avez refusé. Vous vous rappelez ?

Trois collègues sont allés quand même et vous les avez licenciés pour absence

injustifiée.

Je suis sûre qu 'il y a un ou deux journalistes que ça exciterait pas mal d

'écrire un petit papier là -dessus.

Je ne comprends pas ce que vous voulez, madame la députée.

Bonne question, qu 'est -ce que je veux ? Écraser mes ennemis.

Et voir mourir devant moi, entendre les lamentations de leurs femmes.

Je crois que c 'est ça que je veux.

Ok.

Bon, allez, on va boire un café dans mon bureau pour commencer.

Je veux bien récupérer la photo s 'il le fait.

Bon, j 'ai eu le PDG et le préfet. On a marqué un point.

D 'où tu la sors, cette histoire d 'enterrement et de licenciement ? J 'ai

mes recherches.

Comme vous pour Conan le Barbare, non ? Comment tu sais que c 'est Conan le

Barbare ? Parce que j 'ai tapé « écraser ses ennemis » sur Google.

Et les poèmes de Nérouda, tu connais ? Du fond exigu de la mine, j 'ai entendu

s 'élever une voix.

J 'ai vu remonter à la surface un être sans visage, un masque, barbouillé de

sang, de sueur et de poussière. Et ce masque m 'a dit, où tu iras ? Parle de

souffrances. Parle, mon frère, de ton frère qui vit en bas, dans cet enfer.

C 'est pas mal aussi, Nérouda.

Que vaut aujourd 'hui la parole d 'une responsable politique comme vous,

qui a préféré démissionner du gouvernement plutôt que d 'affronter la

de la mise en œuvre d 'une réforme qu 'elle appelait pourtant de ses œufs, et

qui revient aujourd 'hui sur le devant de la scène comme si de rien n 'était

pour expliquer à tout le monde ce qu 'il faudrait faire ?

Elle vaut tout autant que celle d 'un ministre du Travail dont la première

mesure a été d 'élargir les possibilités de recours au licenciement économique,

au détriment des droits et des intérêts des salariés.

Bon, c 'est très réducteur ce que vous dites, comme d 'habitude.

Nous sommes les premiers, par exemple, à avoir instauré pour les salariés le

droit à la déconnexion. C 'est toi qui es déconnecté, Pelletier, depuis que je

te connais, t 'es déconnecté.

Monsieur Pelletier, dans cette affaire, vous n 'êtes ni audible, ni crédible.

L 'ultralibéralisme, c 'est la ruine du monde moderne, écologiquement,

socialement, humainement.

À présent, tout le monde le sait, etc., etc.

Après, c 'est bien d 'embrayer sur l 'économie sociale et solidaire, 225 000

entreprises, un emploi sur 8, 10 % du PIB, taux de pérennité à 50, et 67 %

contre 60 % en moyenne nationale, 1 200 emplois créés chaque année depuis 15

ans, et surtout, surtout, vous placez l 'échelle des salaires de 1 à 20.

De toute façon, tu m 'as fait une fiche pour les chiffres.

Oui.

Moi, je vous le dis, on ne va pas transformer toutes les sociétés

coopératives ouvrières.

Ou alors, c 'est Tintin chez les soviets.

Alors, s 'il vous plaît, laissez -nous travailler et restez à votre place. Mais

j 'aimerais bien rester à ma place. Je ne demande que ça. Mais quand les

travailleurs et les salariés sont en difficulté, c 'est moi qu 'ils appellent

pas vous. Pourquoi ? Parce qu 'à force de lois, travail, revisité, de soi

-disant dépoussiérage et modernisation, vous avez tout cassé.

Notre projet, c 'est tout l 'inverse.

C 'est la réappropriation de la force de travail, de la dignité et de la santé

des salariés, des ouvriers et des citoyens. Je suis très heureux pour les

ouvriers de Rochambeau et leur famille si tout ça était pérenne.

Il venait d 'être nommé ministre du travail et moi je sortais tout juste de

'ENA.

Ce téléphone n 'arrêtait pas de sonner mais M. Morou a pris le temps et il m 'a

laissé parler.

A la fin du rendez -vous, il m 'a demandé le métier de mes parents.

Je lui ai dit que je n 'avais pas connu ma mère et que mon père était fraiseur.

J 'ai eu honte en lui disant ce mot de fraiseur.

Et honte d 'avoir honte.

Il l 'a vu.

Il m 'a souri et il m 'a dit « c 'est bien fraiseur, c 'est un beau métier ».

Après j 'enchaîne sur votre expérience avec lui au cabinet et sur les lois de

travail.

Qu 'est -ce que je ferais sans toi ? Il te dit pas ça ton fiancé ? Non.

Ah.

Donc t 'as un fiancé.

Mais ça vous regarde pas ? Madeleine, une jeune femme brillante et belle comme

toi, elle a un fiancé, elle en a même deux.

Voire trois.

Je travaille trop.

Tu sais ce qui m 'a laissée le plus près de chez Moron ? Ça.

Il soulignait, bleu c 'est mieux, vert à refaire, noir à revoir.

Et rouge, je ne sais pas, il ne l 'utilisait jamais.

En tout cas pas avec moi.

Ça tu peux le mettre dans le discours si tu veux.

Par contre en le moi s 'il te plaît, j 'y tiens.

Voleuse.

Sa culture, ce fut le syndicalisme et le socialisme dont il embrassa très tôt la

cause et dont il épousa tous les rôles.

de la SFIO à l 'international socialiste, en passant par la Fondation

Jaurès.

Pour lui, réformer, c 'était ne pas renoncer, c 'était

réussir.

Pour lui, réformer, c 'était

se défaire de l 'illusion des mots pour passer à la vérité des actes.

Réformer, ce n 'était pas céder à la réalité, mais la saisir à la gorge.

pour la transformer.

Réformer, c 'était inscrire la gauche dans la durée.

Il me disait toujours, aimer le peuple, ce n 'est pas le flatter et

encore moins l 'abuser.

Aimer le peuple, c 'est le respecter et le servir.

Notre première rencontre fut le lendemain de sa nomination comme

Travail. Il constituait son cabinet et...

Moi, je sortais tout juste de l 'ENA.

Il m 'a demandé ce que faisaient mes parents. Je lui ai dit que je n 'avais

connu ma mère et que mon père était fraiseur.

T 'es rentré quand ? Il y a dix jours.

Je voulais t 'appeler et puis...

Je vais te nommer.

Au cabinet du ministre.

Ça y est.

C 'est pas encore officiel.

C 'est bien ? Ouais.

Toi, tu vas bien ? Comment ça se passe avec Gabriel ? Très bien.

Non. Ouais ?

Il

faut que j 'y aille, il y a le vin d 'honneur.

Tu y vas, toi ? Oui, j 'arrive tout de suite.

À tout à l 'heure.

Oui, Gabriel, il y a une petite urgence au bureau.

Je vais prendre un taxi pour la gare.

Je me débrouille.

Je vous dis à demain.

Mais je joue à rien. C 'est toi le chef du gouvernement, tu fais ce que tu veux,

bien sûr.

Mais moi, je te dis, fais attention.

Écoute, avec Pelletier, on est du même bled, on a fait l 'ENA ensemble, on a

élus députés du rôle de la même année, donc je le connais et je l 'aime bien,

plus. Mais depuis que tu l 'as nommé, je suis désolée, à chaque fois qu 'il

ouvre la bouche, c 'est pas le ministre du Travail que j 'entends, c 'est Bercy.

Donc elle est où, toi, ta ligne, là -dedans ? Je crois que tu fais une

sur Pelletier.

Je suis désolé, mais tu fais le job. Mais regarde les sondages ! Si vous

continuez comme ça, vous allez avoir la révolution, avec la tête sur les piques

ou les fachos au pouvoir.

Voir même les deux.

T 'étais où, toi ? Je suis désolée, j 'étais malade cette nuit. Je crois que j

'ai pris froid dans l 'église.

Moi aussi, j 'ai pris froid à l 'église, mais je me suis levée ce matin.

Bon, t 'as écouté ton passeport ? Si je peux me permettre.

Bon, personnellement, je suis pas fan des boules puantes.

Mais je sais qu 'il y a des factures bizarres qui traînent de quand il était

conseil régional.

Pas mal d 'impayés aussi.

Faudrait fouiller.

Non, moi je pense qu 'il faut rester sur le fond et appliquer notre méthode

jusqu 'au bout avec Rochambeau.

Ah ouais ? Ouais, et on communique en fait.

Et si ça marche pas ? Si les mecs veulent pas vendre l 'usine ? Je pense

faut faire de la politique.

Il faut le pousser à la faute.

Et pour ça, il faut lui taper dessus.

T 'en es où de la proposition de loi que tu voulais envoyer ?

Je vous envoie une première version en début d 'après -midi avec les exemples

pour les écrits d 'application et la transposition en droit communautaire.

il faut faire vite parce que ça va bouger.

Allez, au travail.

Et vous, vous étiez au courant pour Antoine ? Qu 'il était rentré ou qu 'il

était avec Pelletier ? Les deux.

Je t 'en aurais parlé. Mais non, je n 'étais pas au courant.

En plus, j 'ai déjeuné avec son père il n 'y a pas longtemps.

Mais quel faux cul celui -là.

Vous vous étiez pas revu ? Mais non.

Et ça va ? Oui, oui, ça va.

J 'ai deux places pour Iphigénie, ce soir à l 'Opéra, ça te vit ? Je sais pas

que ça vaut, mais au pire, on sera en tract et on va dîner quelque part.

Ah, mais je suis désolée, mais cette heure, je peux pas.

Une prochaine fois, ouais.

Salut. Salut.

Ça va ? Ça va.

Qu 'est -ce que tu prends ? Un panaché.

Excusez -moi. C 'est possible d 'avoir un panaché, s 'il vous plaît ? Ok.

Merci.

C 'est ce que dit une bière qui tombe à l 'eau.

Au secours, je sais pas nacher.

Excuse -moi.

Attends, j 'en ai pas une seconde.

Elle bastonne un peu, là, entre Thomas et Gabriel.

Ça va se tasser, non ? Merci.

Bon alors, ce voyage, raconte.

Raconte quoi ? T 'as fait quoi là -bas ? Du baseball.

Non, mais sérieusement.

Political theory, political marketing, political strategy.

Ouais.

Raconte -moi tout.

Je sais pas, comment tu vas ?

T 'as quelqu 'un ? Si t 'as l 'air.

Tu es avec quelqu 'un.

Moi aussi j 'ai rencontré quelqu 'un.

Docteur en sociologie.

Brillantissime.

Père travaille aux Nations Unies.

Sa mère est peintre.

Un peu barré.

Il m 'a fait découvrir les Etats -Unis.

L 'Ohio, l 'Illinois, Minnesota.

C 'est un pays de dingue en fait.

Ça va ?

Mad ? Mad ? Attends.

Écoute -moi.

Mad ? Écoute -moi.

Excuse -moi.

C 'est pas vrai, en fait.

J 'ai rencontré personne.

Je sais pas pourquoi je t 'ai raconté ça.

J 'aurais jamais dû partir.

J 'aurais jamais dû te laisser.

Donc, le 16, vous faites Europe 1 pour votre livre à 13h. Le 17, c 'est la

matinale de France Inter.

Et le 20, vous êtes en duplex sur France 3 pour le décrochage régional Ronalp.

C 'est quand la décision pour Rochambeau ?

Le jeudi 19.

Le 19 ? C 'est bête de faire de gros trados avant la décision du

tribunal. Je suis d 'accord.

Madeleine, t 'es avec nous ?

Parce que si la reprise est validée, ça veut dire que la méthode est bonne et je

déroule. Si elle n 'est pas validée, c 'est un scandale et je déroule quand

même. Mais là, qu 'est -ce que je vais dire ? On attend avec impatience la

décision du tribunal de commerce, non ? Madeleine ? Et justement, là j 'écris

aux journalistes de France Inter.

Je peux décaler les deux émissions si vous voulez.

Et je vous ai envoyé un mémo avec les potentiels repreneurs de France Inter en

Allemagne. Bon, du coup, on fait quoi ? Je pense qu 'il faut faire comme on a

dit. On garde le 7 sur Europe 1 et le 17 chez France Inter.

Madeleine, t 'en veux de quoi ? Qu 'est -ce qu 'on fait ? On fait tes deux

grosses radios ou pas ? Non, je crois que Zofia n 'a raison.

Bon, écoutez, vous voulez. Allez, on passe à autre chose, parce que là...

Salut. Ça va ? Et toi ?

C

'est ça qu 'on se voit, Gabriel ? Non ?

Pourquoi tu me demandes ça ? Je ne sais pas.

Je crois que ça me fait un peu bizarre que tu travailles pour elle.

C 'est un peu ma famille.

Oui, je sais.

Mais c 'est elle qui m 'a proposé.

Oui, je sais.

Toi, pour le coup, ton appelletier, ça ne fait pas bizarre ?

Le salaire de 1 à 20, l 'égalité, la parité, les scopes.

Pas trop ça calme, non ? Ah non, non, effectivement, c 'est pas trop ça calme,

non.

Après, tout le monde est un peu dur avec Thomas, mais c 'est quelqu 'un de bien.

Il était classe avec moi, il était pas obligé.

Tu voulais qu 'on se voie pour parler de quoi ? T 'as envie qu 'on réessaye,

tous les deux ? J 'ai envie d 'être avec toi.

C 'est pas possible.

Pourquoi c 'est pas possible ? Parce qu 'on peut pas jouer à ça, on va se faire

du mal.

Je joue pas, moi, je suis sérieux, là.

Quand je suis comme ça, devant toi, que je te regarde dans les yeux, que je te

dis que j 'ai envie d 'être avec toi... Arrête, arrête ! Quoi, arrête ? C 'est

toi qui es parti, du jour au lendemain.

Tu veux pas revenir comme ça, comme si c 'était rien passé ?

C 'est trop tard, Antoine.

Chaque fois que je te vois, je le vois.

Lui.

Je ne vais pas y arriver.

Je ne vais pas supporter.

Te revoir, te recroiser, entendre parler de toi.

Adeline ? Qu 'est -ce que tu fais là ? Je voulais te faire une surprise.

Mais pourquoi tu ne m 'as pas appelé ? Si je t 'appelle, c 'est une surprise.

Tu veux une bière ? Une bière, oui.

Tu peux fumer ? Oui.

Ça va le boulot ? Ouais.

Elle a pas mal ta députée, là.

Oui, très.

Ça se passe bien avec elle ? Oui.

Je t 'ai attendu, tu sais.

Je sais, mais je travaille.

Bon, la dernière fois, j 'étais attendu.

Tu m 'as dit que tu repasserais le lendemain, que tu resterais peut -être

quelques jours, tu te souviens ?

Je sais, je suis...

Je suis désolée.

Je m 'excuse.

Je te demande pardon.

T 'as honte de moi, c 'est ça ? T 'as peur que je vienne à ton bureau

? Que je dise que t 'es ma fille ? Tu peux pas

débarquer comme ça quand ça va mal, puis disparaître quand ça va mieux.

Tu comprends ? Tu peux pas me dégager comme ça, je suis pas un chien. Je sais

que t 'es pas un chien.

Mais papa, quand maman était malade, quand on a dû quitter la maison, quand j

'ai dû payer mes études, t 'étais où, toi ?

Alors ok, tu m 'as attendue, j 'ai pas donné de nouvelles, je m 'excuse. Mais

vas -y, me fais pas la morale, s 'il te plaît.

Tu te souviens ce que tu m 'as raconté la dernière fois ?

Oui.

Mais c 'est pas le moment, là.

C 'est pas le moment, t 'es sûre ? Oui.

Qu 'est -ce que tu fais ?

Je rentre puisque c 'est pas le moment. Arrête.

Arrête, reste.

Papa. C 'est bon.

C 'est bon, je te dis.

Merde ! Je reviens sur un point, les investisseurs. Si dans vraiment deux

par coup de tête, ils disent, ben non, on va partir.

L 'entreprise, qu 'est -ce qu 'il m 'a donné l 'entreprise ? Justement, c 'est

pour ça que je vous dis que moi je pense vraiment que le statut de SKIC vous

conviendrait beaucoup mieux que celui de SCOP.

Parce que ça permettrait d 'avoir en plus de vous des clients et des

fournisseurs qui entrent au capital.

Et aussi des collectivités locales et des financeurs privés. Voilà, sachant qu

'ils peuvent devenir justement... des associés en amenant du capital, c 'est

-dire de l 'argent ou de l 'individu. Je sais ce que tu vas me dire, mais en

fait, on va rester majoritaire au conseil d 'administration. C 'est ce qui

empêche de prendre leur profit là -dedans. On sait bien ce qu 'ils font,

financiers privés. Non, non, non, sois rassurée. De toute manière, qu 'on soit

rassurée, on sera de toute manière toujours majoritaire au conseil d

'administration. On représente beaucoup plus de bois. Nous, par exemple, on

pourrait représenter 90 % du capital, et eux, 10%. On est majoritaire, on aura

toujours la dernière décision. Et ça, c 'est hyper important. Et c 'est pour ça

que je pense qu 'il faut envisager absolument...

— Oui, oui. — D 'accord. Et donc du coup, en fait, c 'est pour ça que je

qu 'il faut absolument organiser une nouvelle levée de fonds, en fait, à la

de l 'année, pour cibler les banques solidaires et mutualistes.

Et non, Anthony.

Moi, je pense que c 'est pas un truc de coco.

Oui, c 'est quoi ce message que tu écris à Gabriel ? Antoine, rappelle -moi, qu

'est -ce que tu me fais là ?

Antoine

! Antoine, ouvre !

Allô ?

Allô Bertrand, je suis désolé de vous appeler si tard, c 'est Madeleine. Est

qu 'Antoine est là ? S 'il est là, vous pouvez lui demander de descendre, je

suis en bas de chez vous dans 5 minutes.

S 'il vous plaît.

Non, non, je ne lui dis pas de descendre, tu le laisses tranquille

Comment ça je le laisse tranquille maintenant ? C 'est lui qui n 'arrête

m 'appeler.

Vous voulez lui demander de descendre s 'il vous plaît ? Voilà, je vais

raccrocher Madeleine.

Allô ?

C 'est quoi ce message que t 'envoies à Gabriel ? Je te l 'ai dit.

Je vais pas supporter te revoir, te recroiser, d 'entendre parler de toi, je

vais pas y arriver.

Et donc ? Donc faut que tu t 'en ailles.

Faut que tu disparaisses.

Tu trouveras autre chose, sans problème.

Tu peux pas me demander ça ? Si, je te le demande, si.

C 'est toi ou moi ? Mais c 'est donc quoi ? Tu veux voir les flics ?

On était deux.

Tu perdrais tout toi aussi. Mais perdre quoi ? Mon job ? Conseiller, ma

carrière, la politique, qu 'est -ce que j 'en ai à foutre ? Tu sais ce que c

'est la prison ? T 'y as déjà été toi ? Non.

J 'irai pas.

Pourquoi tu irais pas ? Parce que c 'est toi qui as tiré Madeleine, c 'est pas

moi.

Avec un bon avocat je prends du sursis.

Tu pouvais le tirer dans les jambes si tu voulais.

Tu pouvais tirer en l 'air.

Tu pouvais tirer n 'importe où.

C 'est toi qu 'elle te détruit.

Si tu t 'étais défendu, on ne serait pas là.

Qu 'un putain de lâche Antoine !

Qu 'est -ce que tu me dis pas ? Mais j 'en sais rien.

J

'imagine

que c 'est ça qu 'on se revoit.

T 'as pas une cigarette ?

Tu

me la fais pas à l 'envers ? T 'as dit ? Je sais pas, avec Pelletier.

Il y a un truc que je sens pas chez toi.

Il y a quelque chose que tu dis pas.

Vous voulez savoir quoi ? Pelletier va chez Rochambeau.

Demain, apparemment, il va faire une annonce. T 'étais au courant ? Non, je

savais pas.

À mon avis, il a un repreneur et il veut nous prendre de vitesse.

Il fait vraiment chier, ce con.

Mesdames, Messieurs, je suis très heureux d 'être ici parmi vous à

'usine Rochambeau, pour parler de l 'avenir de votre entreprise.

Aujourd 'hui, je suis là pour vous annoncer que nous avons trouvé un

Un repreneur crédible, sérieux.

Toute la politique que nous menons avec le gouvernement, c 'est l

'accompagnement des entreprises et des reprises. Et nous allons... Pardon,

madame, je n 'ai pas terminé. Et nous allons donc accompagner. Nous n 'allons

pas abandonner le site de Rochambeau.

Madame, excusez -moi.

Bonjour d 'abord. Vous pourriez dire bonjour. Vous pourriez avoir l

de me dire bonjour. Non, non.

Est -ce que vous pourriez nous expliquer votre lien avec Bertrand Mandeville ?

Quelle est cette question ? Je ne comprends pas la question.

Est -ce que vous pourriez nous expliquer vos liens avec cet avocat d 'affaires

qui conseille les fonds d 'investissement, qui rachète des

marchent bien, comme celle -ci, qui vire tout le monde et puis qui les vend par

petits bouts ? Solocal, Beneteau, Marie -Sud. On analyse.

25 000 licenciements.

S 'il vous plaît, M. Pelletier.

25 000.

Je ne vois pas ce que votre question a à voir avec ma venue ici, les raisons de

ma venue, l 'avenir de l 'usine et le repos.

Justement, Bertrand Mandier. C 'est ça le lien. C 'est Avocat d 'affaires qui

conseille en fait le repreneur que vous nous proposez. Et en plus, c 'est le

premier donateur de votre microparty. Vous mettez les gens... Non, vous

mettez... Excusez -moi, mais... 120 000 euros en deux ans. Écoutez, le

financement des microparties est encadré et on ne peut pas donner plus de 7 500

euros. Vous dites que c 'est faux. 7 500 quand ils sont déclarés. C 'est faux.

Non, je ne suis pas monteur, madame.

Est -ce que c 'est pour le remercier que vous avez engagé son fils Antoine dans

votre cabinet ? Monsieur Pelletier, est -ce que c 'est pour ça que vous avez

embauché son fils Antoine dans votre cabinet ? Moi, je ne réponds

pas à ce genre d 'interpellation qui comprend tout.

Arrêtez de nous prendre pour des imbéciles. Ça fait 30 ans qu 'on la

cette usine. Cette usine, c 'est notre famille.

On est connus à l 'international. On a des produits de qualité.

Donc, s 'il vous plaît, non, vous êtes là. On ne comprend pas. C 'est quoi

histoire d 'être sauveur ? Sauveur de qui ? On ne vous croit plus. Vous

comprenez ? Et pourquoi vous ne me croyez pas ? Je suis ministre.

Je suis ministre.

Pourquoi vous ne la croyez plus ? Elle raconte des saloperies sur moi.

Non. Elle n 'a pas le droit de dire ça.

Vous l 'écoutez pourquoi ? Parce que c 'est une nana ? Parce que c 'est une

femme ?

Oui,

bah oui, j 'ai vu.

Écoute, je te l 'ai déjà dit, ce serait un honneur.

Bien sûr, évidemment, mais à une seule condition, tu inscris la proposition de

loi dont je t 'ai parlé à la première session parlementaire et personne ne

touche à l 'échelle des salaires de 1 à 20.

Ok, bah alors écoute, tu me dis, je suis prête.

Et tu transmets mes amitiés au président.

Je t 'embrasse.

Oui, papa, c 'est moi, c 'est Madeleine.

Bon, mais je voulais m 'excuser pour l 'autre part, j 'ai pas été très cool.

Et ça me ferait plaisir qu 'on aille dîner tous les deux bientôt.

Dans un bon restaurant, je t 'invite.

Voilà, bon bah rappelle -moi.

C 'est qui ?

Je savais pas que tu fumais.

Ça va ? Oui, ça va.

Et toi ?

Elle

est super, ta nana, l 'usine. Je sais pas où tu l 'as trouvée.

Qu 'est -ce que tu veux ?

Au tout début, tu voulais pas que je vienne chez toi.

Tu te rappelles ?

Mon

père, il pense que t 'es une arriviste.

Que tu t 'es servi de moi.

De notre famille.

C 'est pas vrai.

Oui.

Ben non, c 'est pas moi qui ai dit ça.

Oui, monsieur. Ben non.

Non, mais j 'ai bien compris que vous ne vouliez pas d 'elle, mais en tout cas,

moi je vous dis qu 'elle est super et que j 'ai besoin d 'elle.

Et ben voilà, vous la nommez comme conseillère et moi je prends... Comment

'appelle déjà ? Voilà, et ben je le prends comme directeur et comme ça on

bon, non ?

Mais moi, je n 'ai pas de problème avec ça. Je n 'ai jamais dit que j 'avais un

problème avec ça.

Ce sont des choix que je préférais qu 'on en

parle de vie d 'une.

Je serai à Paris demain, en fin de journée.

Donc plutôt après -demain.

C 'est compliqué pour moi, ça.

Non, parce que je ne le connais pas.

Sous -titrage ST'

501

C 'est normal qu 'elle réagisse comme ça. Elle vient d 'être nommée, elle n 'a

pas le choix, il faut qu 'elle se protège, sinon c 'est le projet de loi

saute.

Vous avez un stylo ? Je vais prendre votre stylo. Il faut absolument que je

dise où sont mes dossiers.

Et mes notes préparatoires, elle va en avoir besoin pour le débat à l

'Assemblée.

Là, c 'est son numéro, je vous mets.

Là, c 'est le mot de passe pour mon ordinateur.

Vous l 'appelez et vous lui dites. Il ne faut surtout pas qu 'elle s 'inquiète,

j 'ai rien à voir dans tout ça.

D 'accord.

Maintenant, il faut me parler.

Il faut me faire confiance, sinon je ne peux pas vous défendre.

Si vous ne parlez pas, c 'est la version d 'Antoine Mandguil que la justice va

retenir.

On parle d 'homicide volontaire, là.

De délit de fuite, de dissimulation de preuves.

On parle de 10 ans de prison minimum.

Vous savez qu 'en continuant comme ça, vous ne allez pas laisser d 'autre choix

à la juge que de prolonger votre détention provisoire.

Bon.

Antoine Mandeville dit qu 'il était énervé suite à une discussion

avec son père, que du coup il roulait vite.

Quand il est arrivé à hauteur du pick -up qui roulait plus lentement, il lui a

fait deux appels de phare mais l 'autre ne s 'est pas poussé, au contraire.

Du coup Antoine l 'a klaxonné.

Que c 'est une vie, de vivre comme on vit.

Pourquoi faire cette vie d 'enfer ? Pourquoi se laisser faire ?

Non, ce n 'est pas une vie de vivre comme nous vivons.

Et cette vie, cette vie d 'enfer, c 'est nous qui la changerons.

Monsieur le Président, Madame la Présidente de la Commission, Monsieur le

Rapporteur, Mesdames et Messieurs les députés,

J 'ai voulu commencer mon allocution par ces quelques vers de Jacques Prévert.

Ce n 'est pas uniquement par provocation, mais aussi et surtout parce

énonce et résume mot pour mot l 'objectif que je me suis fixé.

Changer la vie.

Changer la vie.

Changer la vie des salariés, des ouvriers, des intérimaires, des

stagiaires, des précaires.

Bonjour Gabriel, c 'est moi, c 'est Madeleine. J 'espère que vous allez

J 'ai commencé à rédiger un premier brouillon pour votre discours de

présentation à l 'Assemblée.

Quelque chose qui vous ressemble et d 'un peu punchy.

Et dès que c 'est prêt, je vous le ferai passer par mon avocate.

Par ailleurs, je ne sais pas si vous l 'avez eu au téléphone, mais tout va

Et je pense que tout ça devrait se régler assez vite.

Tant mieux, je vous avoue, parce que c 'est assez bizarre d 'être là, je vous

raconterai.

Bon, ben voilà.

J 'essaierai de vous rappeler.

Passez une bonne journée.

Au revoir.

Il y a un passeport ? Ça va ?

D 'après ce que j 'ai lu dans la déposition d 'Antoine, il apparaît que

n 'a pas eu peur quand vous avez braqué le fusil sur lui.

Et moi je me dis que c 'est pas la réaction normale d 'un homme qui sait

fusil est chargé.

Après, je suppose qu 'inconsciemment, vous non plus n 'imaginiez pas une seule

seconde que l 'arme était chargée.

Et par ailleurs, dès qu 'on retrouvera le fusil, on va analyser la résistance

la queue de détente pour voir si un choc n 'est pas à l 'origine du coup de feu.

Vous êtes où là ?

La juge d 'instruction va organiser une confrontation avec Antoine.

Il va falloir vous décider à parler Madeleine.

D 'autant que sa version tient la route.

Les tests ADN confirment que c 'est bien les fibres de son t -shirt qui ont été

trouvées sous les ongles de Luciani.

Et c 'est bien un de ses cheveux qui a été retrouvé.

Si on retrouve le fusil et qu 'il y a vos empreintes dessus, ça sera terminé.

Ils ne l 'ont pas retrouvé.

Sous -titrage ST'

501

placé en détention provisoire et pris en examen pour tentative de suicide.

Disons pour être très honnête que ça n 'arrange rien, c 'est dur, mais c 'est

loin d 'être la seule raison.

Allô, Gabrielle, c 'est Madeleine, je vous dérange pas ? Il faut plus m

sur ce numéro, je te le demande.

Je peux pas t 'aider, Madeleine. Mais je vous demande pas de m 'aider ni de me

défendre, c 'est pas...

Il est incapable de se battre avec qui que ce soit, il est incapable de tirer

sur qui que ce soit, il est incapable de tenir un fusil.

C 'est pas de ça dont je vais parler.

Alors tu parles de quoi Madeleine ? Merde ! Je vous parle de mon texte. Mais

quel texte ? Le projet de loi.

Madeleine d 'abord c 'est pas ton texte, comme tu dis, c 'est un projet de loi

initié par moi, relu, corrigé, validé par moi, porté et défendu par moi. Les

conditions ne sont pas réunies pour qu 'il soit débattu.

Ça veut dire quoi ? De quelles conditions vous parlez ?

Vous parlez de quoi ? Tu parles sans savoir, Madeleine. Tu n 'as pas les

tu n 'as pas les éléments. Les conditions, elles ne seront jamais

le savez très bien. C 'est à vous de les créer, les conditions. C 'est vous, la

ministre.

Si vous reculez là -dessus, vous reculerez sur tout. Et vous allez faire

Vous allez encore démissionner ? C 'est tout ça pour ça, si. Tu m 'emmerdes,

Madeleine.

Madame Pasteur, vous avez un parloir.

Qu 'est -ce que tu fais là ? Je suis là.

Quand j 'allais voir ta mère à l 'hôpital.

Tous les jours, elle me disait... Tu verras, Madeleine, un jour, elle sera

ministre.

Je lui disais non, pas ministre.

Présidente.

Faut que t 'ailles jusqu 'au bout, Made.

Sinon, ça n 'a pas de sens.

Madame Bastor ? Madame Bastor ?

Voilà,

et elle a pris le fusil.

Prenez le fusil, Madame Bastor.

Allez -y, prenez le fusil.

Allez -y.

Madame la juge, je peux vous parler, s 'il vous plaît ? Bien sûr.

Je n 'y étais pas.

Pardon ? Je n 'y étais pas.

Vous étiez pas où ? J 'étais pas avec Antoine cet après -midi là.

Vous étiez où alors ? J 'étais à la plage, à Porto Vecchio.

Sur quelle plage ? La plage de Santa Giulia.

Ce n 'est pas ce que vous avez déclaré aux gendarmes qui vous ont entendu le

lendemain des faits ? C 'est Antoine qui m 'a demandé de dire que j 'étais avec

lui, mais j 'étais pas avec lui.

C 'est pour ça que j 'étais incapable de décrire le trajet, c 'est pour ça que c

'est son portable qui a borné et pas le mien.

C 'est pour ça qu 'on a retrouvé son ADN et pas le mien.

C 'est un cheveu d 'Antoine qu 'on a retrouvé sur le pantalon de Luciani.

C 'est des fibres de son t -shirt qu 'on a retrouvées sous ses ongles.

Est -ce que vous avez retrouvé des traces de mon ADN sur Luciani ou sur la

du crime ? Non ?

L 'orage a effacé beaucoup de traces.

Pas la tienne d 'Antoine, en tout cas.

Et donc, vous étiez à la plage ? Oui.

Est -ce que quelqu 'un vous a vu sur cette plage ? Oui.

Oui, j 'ai échangé quelques mots avec des gens à côté parce que c 'est le jour

où un touriste allemand s 'est noyé devant ses enfants.

Les pompiers ont passé presque une heure à essayer de le ranimer. C 'était

horrible.

Vous pouvez me décrire ces personnes à qui vous avez parlé ? Oui, c 'était des

Hollandais, je crois, ou des Flamands.

Un père avec sa fille.

Des Hollandais ou des Flamands ? Je sais pas.

Antoine devait venir me chercher vers 16h.

Il est un peu en retard, mais... Il était... normal.

Pourquoi vous ne l 'avez pas dit ça aux gendarmes pendant la garde à vue ? Je

sais pas.

Je vous pose une question, Madeleine ? Je sais pas. Est -ce que je voulais

protéger Antoine ? C 'est un peu facile comme réponse.

Si c 'est moi qui ai tiré, comme le dit Antoine, alors mon ADN doit être sur le

fusil.

J 'imagine que vous l 'avez retrouvée.

C 'est moi qui pose les questions.

Pourquoi vous ne l 'avez pas dit dès le début que vous étiez sur cette plage ?

Madame la juge, ma cliente a raison.

Il faut faire parler de fusil.

Par contre, en l 'occurrence, j 'ai l 'impression que tous les autres éléments

matériels, je pense pour la version de ma cliente.

Excusez -moi maître, mais pour l 'instant j 'ai un peu de mal à la croire

version. Mais on ne vous demande pas de la croire cette version, mais de trouver

des éléments qui la contredisent.

Oui, bonjour Maître.

Oui, qu 'est -ce qu 'il y a ? Hein ?

Oui, et donc ?

Quoi ?

Allez,

bon courage pour la pique. Au revoir.

Je suis calme.

Ça va ?

À demain.

je suis passé pour tout quoi quoi ?

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.