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Aïe, aïe, aïe, ça bosse dur.
Je venais juste de m 'endormir. Ça avance vraiment.
Vas -y, dis -moi un arrêt, n 'importe lequel.
Ok, Nicolo.
Nicolo, 20 octobre 1989.
Le Conseil d 'État reconnaît pleinement la supériorité du droit international
sur le droit national et se déclare compétent pour contrôler la
entre les traités internationaux et les lois françaises, même postérieures.
Super, mais t 'en sais déjà.
Donc encore il est remarquable, Nicolas.
C 'est toi qui es remarquable. Nicolas, il est remarquable car, 14 ans après la
Cour de cassation, le Conseil d 'État rompt avec sa jurisprudence et se
reconnaît la possibilité d 'écarter une loi postérieure à une convention
internationale. C 'est pas sérieux.
T 'as rien foutu ?
Ah,
viens, je te présente.
C 'est ça, pour un prix.
Gabriel,
je te présente, Madeleine, Gabriel,
ma tante par alliance.
Bénédicte, qui est une très bonne amie de la famille.
Enchantée, Mathieu. Enchantée. Et Mathieu.
Bonsoir. Bonsoir.
Mon petit cousin. En pleine nuit.
Je vais boire quelque chose. Et donc, je regarde les deux consultants et je leur
dis, excusez -moi, mais ça ne veut juste rien dire.
Parti uni et résistant.
D 'abord, ce n 'est pas un parti que je monte, mais un groupe parlementaire.
Et en plus, en initial, ça fait le PUR, le PUR. Je ne vais pas appeler mon
groupe le PUR.
Je termine justement. Et vous voulez faire quoi après, Léna ? Si vous l
Et si ça existe encore ? On veut aller au ministère du Travail ou à l
nationale. C 'est quand même dommage de ne pas viser plus haut.
On ne s 'y trouve pas ? C 'est quoi plus haut ? Le Conseil d 'État, l
'inspection des finances ? Par exemple, il n 'est pas interdit d 'être
ambitieux, même venant de Sciences Po Lyon. Ce n 'est pas la question, là.
Nous, notre ambition, c 'est d 'aller là où on peut faire bouger les choses.
Moi, les gens qui veulent faire bouger les choses ou les lignes, ça me fait
toujours un peu peur.
Pourquoi ? Parce que... Je ne sais pas ce que c 'est que les choses.
Je sais ce que c 'est que le réel. Je sais comment ça fonctionne.
Je sais que c 'est complexe. C 'est avec cette complexité qu 'il faut
travailler.
Alors, les choses... Gabrielle, tu sais, toi ? Non.
Mais cette complexité dont tu parles, elle peut aussi dissuader de toute envie
de réforme.
Je l 'ai vue quand j 'étais au gouvernement. Je le vois tous les jours
'Assemblée. Et donc, ce réel, il ne faut pas avoir peur non plus de lui rentrer
dedans. Je suis complètement d 'accord.
Dit -il devant un réseau de truffes, un clos au jour 2012.
Grosse remarque. Rien ne garde ça, papa.
Tu noteras que je suis à l 'eau.
Oui.
Qu 'est -ce qui ne va pas dans ton réel ? C 'est le dîner, la terrasse, cette
maison peut -être, ton appart à Lyon. Non, mais dis -moi, ça m 'intéresse. C
'est tout le reste qui ne va pas, papa.
Il faut regarder autour de soi un peu.
Ah, il est content.
Non, mais ce qu 'Antoine veut dire, je suis un peu d 'accord avec lui. Je sais
ce qu 'Antoine veut dire.
Mais moi, ce que je veux vous dire, mes enfants du haut de ma ringardie, c 'est
ça. Regardez le monde tel qu 'il est.
Pas uniquement tel que voudriez qu 'il soit.
Et vous veille, tout ne va pas si mal.
Surtout vous concernant.
Amen. Puis s 'il vous plaît, mon Dieu, surtout faites que rien ne change.
Il est toujours aussi chiant.
Il est pas chiant, il dit ce qu 'il pense. C 'est pas pareil ? Je sais que c
'est pas pareil.
En tout cas, madame, je voulais vous remercier. J 'en profite parce qu 'il y
des témoins.
Parce que vous rendez Antoine très heureux. Et moi aussi, du coup.
Non, c 'est vrai.
Depuis qu 'il est avec vous, il a arrêté les cachets.
Et je vois vraiment la différence. T 'es sérieux, là, papa, là ? Bah quoi ? C
'est vrai, non ?
Bon, Gabrielle, figure -toi que Madeleine a travaillé sur un sujet que
connais bien. Ah bon ? Oui.
Lequel ? Oui, j 'ai fait mon mémoire de master sur l 'économie sociale et
solidaire, plus particulièrement sur la participation dans l 'entreprise.
Et ? Et non, non, mais rien d 'extraordinaire. Mais du coup, j 'ai
travaillé sur les textes préparatoires de votre projet de loi et évidemment sur
votre loi.
Et j 'ai beaucoup de respect pour la secrétaire d 'État que vous avez été.
Et pour le travail que vous avez fait.
Mais... Mais il n 'y a pas de mais.
Ah bah si, mais dites -le.
Non mais... Je ne comprends pas pourquoi vous n 'êtes pas allé plus loin.
Ah oui, c 'est une loi sur la participation salariale, mais il fallait
la logique uniquement capitaliste.
Il y avait l 'autogestion, la co -décision, les coopératives. D
en parliez dans la première version de votre texte.
Enfin, voilà ce que je veux dire, c 'est que votre loi aurait pu être une grande
loi, hyper novatrice, révolutionnaire même.
Eh bien, peut -être que je n 'ai pas été assez loin sur moi -même.
Après, on est dans un pays où les patrons n 'aiment pas trop que les
prennent en main et où on considère que faire un compromis, c 'est baisser sa
culotte.
C 'est pour ça qu 'il ne fallait pas lâcher.
Lâcher quoi ? Qu 'il ne fallait pas démissionner.
Il ne vous aura pas échappé que je me suis retrouvée assez isolée dans ce
gouvernement.
L 'économie sociale et solidaire, tout le monde est d 'accord sur le papier et
quand on rentre un peu dans le concret, il n 'y a plus personne.
C 'est sûr qu 'il y a un énorme travail pédagogique à faire.
Mais en tout cas, je peux vous dire qu 'il y a de plus en plus de gens qui
aimeraient que l 'économie soit un petit peu plus sociale et un petit peu plus
solidaire et que la démocratie ne s 'arrête pas aux portes de l 'entreprise.
Moi, je suis persuadée que l 'homme ou la femme politique y articulera tout ça.
Avec un vrai discours écologiste et féministe, ce sera le prochain
la prochaine président.
Pardon, je m 'enflamme.
Bon, c 'est pas parce que je suis amoureux, mais je pense exactement la
chose.
Alors, qu 'est -ce qu 'il faut faire si on veut un prochain président de gauche
? D 'abord, il faut des mesures simples qui parlent à tous.
Une mesure, Madeleine. Une mesure ? L 'échelle des salaires de 1 à 20,
obligatoire.
Obligatoire et glissante.
Si le PDG veut s 'augmenter, c 'est possible, mais à condition d 'augmenter
les autres salaires.
C 'est magnifique.
Vous militez quelque part ? Non, je vais aller à des réunions, au PS, au PC.
Après, si vous voulez vraiment faire bouger les choses, c 'est peut -être pas
l 'ENA qu 'il faut aller pour commencer.
Moi, je crois que si.
Si on veut détourner un avion, il faut d 'abord monter dedans.
C 'est quand vos résultats ? Demain ou après -demain.
Je n 'ai pas trop parlé.
Très bien.
En tout cas, tu l 'as bien plu à Gabriel.
Ah oui ? Ah oui.
Pourquoi tu dis ça ? Je sais pas, ça s 'est vu.
Et puis je la connais, elle aime bien le côté...
Oh là là, mais arrête de m 'expliquer la vie, là. Bon alors qui va, toi, Laura,
là ? Mais non, mais c 'est pas vrai, mais arrête, papa ! C 'est pas possible
Bon, en fait, je vais raccrocher, je te préviens.
Je vais raccrocher.
Allez, raccroche.
Putain, hé, il est chiant.
Il a qu 'à te passer, lui, il est là.
Chiant.
Qu 'est -ce que tu fous, toi ? Allez, avance ! Allez !
Allez ! Attention !
T 'en as peur ? T 'en as peur ? Calme -toi !
Excuse -moi, elle m 'a énervé.
Pourquoi tu fais ça ? Ralentis, ralentis, s 'il te plaît ! On n 'est pas
pressés, là !
Qu 'est -ce qu 'il
fout ?
Fais demi -tour, c 'est bizarre.
Bonjour.
Bonjour.
Il y a un problème ? Je sais pas.
Vous pensez qu 'il y a un problème ?
Bah non.
Non, non, tout va bien.
Pourquoi, Oumou, avec la journée comme ça, alors, si tout va bien ? Euh, oui,
pardon, j 'ai eu peur, en fait.
Vous avez eu peur de quoi ? Excusez -nous, on est un peu pressés et je... Je
termine, mademoiselle, pardon.
Non, sérieusement.
Vous avez eu peur de quoi ? Je sais pas, vous rouliez lentement. J 'ai eu peur
qu 'on ait un accident.
Je roulais lentement, c 'est -à -dire ? Je roulais à combien ? Je sais pas, 70.
Il fait limiter à combien, ici, à votre avis ?
80 ? Excusez -moi, vous jouez à quoi, là ? Je joue à rien, mademoiselle.
Mais à klaxonner, on discute, c 'est tout.
Oui, c 'est limité à 80.
Quand on klaxonne, en général, c 'est que quelqu 'un conduit mal.
Non ? C 'est moi qui conduis mal ? On s 'en va ? Non, c 'est moi qui... C 'est
vous qui quoi ? C 'est moi qui conduis mal, je m 'excuse.
C 'est bon ? Ok.
Je vais vous montrer un truc.
Putain, démarre. Laisse, laisse, tout va bien. Tu démarres ? Tout va bien, on
discute.
Dans un fusil, là.
N 'ayez pas peur, n 'ayez pas peur. Laisse -moi faire, laisse -moi faire.
Vous lisez quoi ? Vous
parlez pas corse ? Vous roulez avec une plaque corse, mais vous parlez pas corse
? Non.
Vous venez d 'où ? De Lyon. On est en vacances. Mon père loue une maison
année.
Et à Lyon, on fait des doigts comme ça ? Mais qu 'il y a un truc qui va pas, on
fait des doigts ? Parce que vous m 'avez fait un doigt tout à l 'heure, non ? J
'ai pas rêvé ? Si ? J 'ai rêvé ? Antoine, on t 'en va, putain ! Je m
suis désolé, je vais pas non plus. Le type a fait une bagnole pourrie, moi j
une plaque corse, je peux lui faire un doigt ? Écoutez, je m 'excuse, je suis
désolé, voilà, c 'est ma faute.
J 'étais au téléphone avec mon père, on s 'est pris la tête, j 'étais énervé, j
'aurais jamais dû faire ça.
On va pas y passer la nuit non plus, si ? Donc si vous voulez, je peux faire un
geste, et on n 'en parle plus.
Hein ? J 'ai que ça, je suis désolé.
Allez, descend.
Antoine, Antoine ! Hé, hé, hé ! Lâchez -moi, lâchez -moi ! Alors comme ça, tu
fais des doigts.
Tu fais des doigts, je vais te montrer ce que tu fais.
Hé,
hé, hé, bougez pas ! Lâchez -moi, je vous dis, je vous demande !
C 'est ça que tu veux ? Trappe -moi ! Trappe -moi, viens ici.
Arrête ! Qu 'est -ce que tu dis, là ? Dehors ! Dehors ? Ça veut dire quoi ? Ça
veut dire que tu es en corse.
Ça veut dire que tu es chez moi.
Que tu es chez moi et que tu me fais voir.
Arrêtez ! Arrête ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez !
Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez !
Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez !
Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez !
Lâche -le.
Antoine, viens ! Toi, tu bouges pas, espèce de merde.
Lâche -le, il est chargé.
Allez.
Bougez pas ! Lâche -le.
Bougez pas ! Mets -le dans la benne.
Lâche -le.
Je te jure, je vais te défoncer.
Bougez pas ! Antoine, viens ! Lâche -le.
Bougez pas. Bougez pas.
Lâche -le !
Arrête, c 'est trop tard, tu lui as tiré dessus, tu vas aller en taule direct !
Arrête !
Tu fais n 'importe quoi ! Putain !
Allô,
on m 'entend ? Allô ?
Attends, bouge pas, bouge pas.
Ouais, dis -moi, qui y a ? Ouais.
C 'est ici ? Ouais, ouais.
Je peux te rappeler plus tard ?
Amen.
Suite au Congrès national des chambres de commerce et d 'industrie, le ministre
du Travail a quant à lui appelé au calme et au retour des négociations.
Évidemment, je condamne avec la plus grande fermeté les violences et les
débordements qui ont eu lieu hier sur le site du groupe Sobot.
Et j 'appelle, je demande aux ouvriers de saisir la main tendue par les
publics. Vous n 'arrivez pas à dormir ? Venez, on discute cinq minutes.
de t 'asseoir à la table des négociations avec la direction... Je le
connais depuis qu 'on est gamin, il est nul.
Bravo au fait.
Admissible à l 'ENA, c 'est bien.
Vous venez d 'où ? Vous êtes de Lyon ? Non, de Vénique.
Vos parents sont de là -bas ? Oui.
Ils font quoi ? Ma mère est morte quand j 'avais 8 ans.
Et mon père, je ne sais plus trop.
On ne le voit plus beaucoup.
Vous êtes fâchée ? Non, pas du tout.
Non, c 'est juste que... Vous savez ce que mon père m 'a dit quand je lui ai
appris que j 'étais prise à l 'ENA ? C 'est quoi ?
Vous n 'étiez plus bavarde l 'autre soir.
Je vous fais peur ? Non.
Non, pardon, c 'est juste que... Je suis juste un peu fatiguée.
Bon, je... Partout demain matin, je ne sais pas si on se recroisera, appelez
-moi après votre grand oral, qu 'on discute.
Bien dormi ? Vous avez dû fêter ça, j 'imagine.
En tout cas, moi je l 'étais.
Ah oui, oui.
Que se passe -t -il ? Oh, c 'est un type qui s 'est tiré dessus. Un gars du
coin.
D 'après ce que j 'ai compris, vous étiez pas loin de l 'endroit où ça s
passé ? C 'est un règlement de compte.
Bon, ils savent pas.
Le type est dans le commun, apparemment.
Il est dans le commun ?
Mademoiselle, on peut vous voir s 'aimer, s 'il vous plaît ?
Bonjour,
je vous en prie.
Merci, Bertrand. Avec plaisir.
Lieutenant Jean -Emmanuel Assani, comme je disais à votre compagnon, on
rassemble des témoignages dans le cadre de l 'enquête concernant la tentative d
'homicide sur Charles Louchet.
Hier après -midi, vous étiez où vers 15h30 ? On se promenait au bord de la
avec Antoine.
Vous avez passé toute l 'après -midi ensemble ? Oui.
Vous avez pris quel trajet ? Oh là là, quand je conduis pas, je fais pas trop
attention à la route.
C 'est pas grave.
Dites -moi de quoi vous vous rappelez.
En fait, je me suis endormie.
Vous avez dormi combien de temps ?
Je ne me rappelle pas.
Trente minutes.
Vous n 'avez pas été réveillée par un coup de feu ? Vous vous rappelez être
passée par le village de Favonne ? Non.
Vous êtes sûre ? Ça ne dit vraiment rien.
Je te fais dormir.
Comment vous dites que ça s 'appelle ? Favonne.
Votre téléphone portable, vous l 'aviez avec vous ? Non.
Je l 'avais laissé...
dans ma chambre pour le recharger.
Sur la route, est -ce que vous avez croisé un véhicule qui aurait eu l 'air
fuite ou qui roulait vite ? Non, je n 'ai rien remarqué, non.
Et vous êtes sûre que vous n 'avez pas entendu une détonation ? Non.
Alors, c 'est bon pour nous. Je vous remercie. Je vous laisse retourner à vos
vacances.
Alors, ça a été ? C 'est dans le coma, Antoine. Qu 'est -ce qu 'on fait ?
Comment ça, qu 'est -ce qu 'on fait ?
Qu 'est -ce qu 'on fait s 'il sort du coma ? J 'en sais rien, moi. Qu 'est -ce
que tu veux qu 'on fasse ? On sort pas du coma comme ça. Il y a forcément des
séquelles.
Si le mec est entre la vie et la mort, il se réveille pas comme ça sans
séquelles. Quoi comme séquelles ? J 'en sais rien, moi.
Amnesie, perte de mémoire, je sais pas.
Je suis pas médecin. Non, je te demande, t 'es pas médecin.
Il y en a pas ? S 'il y a pas de séquelles ? Arrête maintenant, stop ! De
façon, le type va mourir, il me l 'a dit, le flic.
Ce village -là, Favonne ? Non, c 'est eux.
Mon téléphone m 'a dû borner là -bas, donc oui, je leur ai dit qu 'on y était
passé. Pourquoi tu ne me l 'as pas dit ? Pourquoi tu ne me l 'as pas dit ?
Maintenant, ils vont voir qu 'on a menti. C 'est cramé, c 'est obligé. Mais
'est des détails, ça.
Calme -toi un peu.
C 'est pas des détails.
On ne va pas y arriver. On va y arriver.
Je te le jure.
Regarde -moi dans les yeux.
On est tous les deux. Je t 'aime.
On va s 'en sortir.
Régime général, 5 branches.
Retraite, famille, recouvrement, maladie, accident du travail, maladie
professionnelle. Branche des retraites, 14 ,5 millions
de pensions, 49 ,2 milliards versés, 13 ,6 % du
PIB.
L 'âge légal du départ à la retraite à taux plein. L 'âge légal du départ à la
retraite à taux plein.
L 'âge
légal du départ à la retraite à
taux plein.
T 'étais où ? J 'ai pas arrêté de t 'appeler ? Quoi ? Ça va ? Non.
Il est mort.
... ... ...
... ...
...
Non seulement ils peuvent jouer un rôle, mais ils le doivent.
Si l 'on en croit le dernier rapport de la Commission mondiale sur l 'économie
et le climat, le monde devrait investir 93 milliards de dollars au cours des 15
prochaines années, soit entre 1 et 4 % du PIB annuel mondial si on veut limiter
l 'augmentation de la température à 2 degrés.
Récemment, un membre du gouvernement a reconnu n 'avoir eu aucun état d 'âme à
mentir à plusieurs reprises pour protéger son patron, en l 'occurrence le
président de la République.
Vous en pensez quoi ?
C 'est -à -dire ? Vous auriez eu des états d 'âme à sa place ? Disons que
l 'exercice du pouvoir doit s 'accompagner d 'un
aspect confidentiel sur certains sujets. Je ne vous parle pas de
confidentialité, ni de secret défense, mais de mensonge.
Excusez -moi, mais je ne comprends pas votre question.
Vous ne comprenez pas la différence entre un secret et un mensonge ? Si.
En lisant le titre de votre mémoire de fin d 'étude, on est frappé par son côté
très engagé. Oui.
Mais oui, parce que ce sont des idées auxquelles les sociétés modernes vont
confrontées, notamment pour tout ce qui touche au système capitaliste, enfin à
la fin du système capitaliste. Je n 'avais pas terminé ma question.
On est donc frappé par son côté très engagé.
Et par ailleurs, vous êtes la première boursière sortie major de Sciences Po
Lyon.
Est -ce qu 'au fond, vous n 'êtes pas la preuve que ce système -là fonctionne ?
Je...
Je pense que...
Je pense que
je suis quelqu 'un.
Vous êtes quelqu 'un de...
Antoine, c 'est moi, je t 'ai là, ouvre ! Mais ouvre -moi, merde ! Antoine
! Ouvre ! Antoine ! Bonjour, tout va bien ?
Oui, ça va.
Papa, c 'est Madeleine.
Ça fait longtemps ? Oui.
C 'est un problème ? Non.
Je... Je voulais juste te voir.
J 'allais faire des courses.
Tu m 'accompagnes ?
Qu 'est -ce que tu dis ? J 'aime terminer les examens. J 'attends des
Quels examens ? Léna.
T
'es sûre qu 'il n 'y a pas
de problème ?
Bon, tu restes dîner ? Ouais.
Un chiot bolognaise.
Bolognaise.
Papa,
j 'ai... J 'ai tué quelqu 'un.
J
'ai
fait agresser avec mon copain cet été, en Corse.
Sur une route au milieu de nulle part, par un type.
Mon copain a voulu gérer, mais le type avait un fusil.
Ils se sont battus.
Un moment, il a reposé le fusil et je l 'ai pris.
Il s 'est avancé vers moi.
On ne l 'a dit à personne.
Pourquoi vous n 'êtes pas allé voir les flics ?
Le
fusil, vous en avez fait quoi ?
C 'est sûr qu 'il va pas parler, ton copain ? Oui.
Tu crois que je peux rester ici quelques jours ? Oui.
Faut juste que j 'aille chercher des affaires dans mon studio.
Tu veux que je t 'emmène en voiture ?
Allô ? Oui, c 'est moi.
Oui,
bien sûr.
Très bien.
Merci, vous aussi.
Au revoir.
Pardon. Bonjour.
Je suis désolée, j 'ai un train à 14h, on a 10 minutes.
Vous voulez un café ? Non, merci.
Ça fait plaisir de vous voir.
Vous allez bien ? Oui.
J 'ai dîné avec Bertrand avant -hier, il m 'a dit pour Antoine.
Pas se pointer à l 'oral, il faut le faire quand même. Qu 'est -ce qui s 'est
passé ? Vous êtes encore Antoine ? Oui.
Ceci dit, je n 'étais pas étonnée qu 'il ne vous ait pas prise.
Ça m 'a plutôt rassurée même.
Ils ont un peu de mal avec les cœurs purs, Aléna.
Excusez -moi. Oui. Le taxi vient d 'arriver.
Oh, déjà.
Pardon.
Oui.
Oui.
Eh bien, on va trouver une salle.
Bon, je serai là en fin d 'après -midi. On verra ça ensemble.
Merci.
Bon, il faut vraiment que j 'aille vous m 'accompagner. Oui.
Je t 'appelle en arrivant.
Merci Eva.
Au revoir.
Au revoir.
Salut les enfants.
Au revoir.
J 'ai besoin de quelqu 'un pour actualiser tout ce qui se dit, tout ce
'écrit sur les nouvelles formes d 'organisation, de la parité, de l
des jeunes dans les territoires, etc.
Et je veux qu 'on synthétise tout ça à la fois dans un livre et dans une
proposition de loi pour dans un an max.
Du coup, il y a un gros boulot de structure et de rédaction. Ça vous
Oui ? Non ? Oui ?
Pourquoi vous proposez pas à Antoine ? Bah, c 'est bien vous qui avez écrit un
mémoire sur le sujet, non ? Excellent, en plus. Vous l 'avez lu ? Eh oui.
C 'est plus G7 ?
Vous
êtes
bien sur la messagerie d 'Antoine Mandeville.
Vous pouvez laisser votre message et je vous rappelle dès que possible.
Antoine, tu réponds plus ? On avait dit qu 'on était deux, qu 'on était
ensemble, et là ? Tu pars à l 'autre bout du monde, sans rien me dire ? Je
quoi pour toi si tu m 'abandonnes comme ça ?
Franchement, que cette usine soit la plus vieille usine du groupe et que ce
là que tout a commencé il y a longtemps, on le sait tous.
Et on n 'a pas du tout envie de balayer ça d 'un revers de main comme s 'il n
'avait aucune importance.
Au contraire. Vous savez que les valeurs de transmission, les valeurs de
patrimoine, d 'éthique même, si je suis attaché autant que vous.
Et ma direction encore plus. Mais ce que je vous dis, c 'est que la meilleure
manière de préserver le passé, c 'est aussi de faire attention au présent. Et
présent, j 'en suis désolé, il n 'est pas bon. Et alors moi aussi, je suis
désolée parce que j 'ai derrière moi une partie des 150 salariés qui sont prêts
à reprendre l 'usine, qui connaissent par cœur l 'outil de travail, qui
connaissent par cœur les fournisseurs, l 'état du marché, ses forces, ses
faiblesses, ses opportunités, et qui surtout vous débarrassent de cette usine
dont votre groupe ne veut plus et vous, vous refusez. Donc je ne comprends pas.
Mais non, mais madame, ce que vous n 'arrivez pas à comprendre, c 'est que...
Madame la députée.
Madame la députée, pardon.
Ce que vous n 'arrivez pas à comprendre, c 'est que je ne refuse pas par
plaisir. Je refuse parce que les garanties ne sont pas suffisantes
Quelles garanties ? Arrêtez ! Vous leur cédez l 'usine au prix où vous l 'avez
achetée il y a 5 ans.
Non seulement vous ne perdez pas d 'argent, mais en plus vous ne payez pas
plan de dissentiment, pas d 'indemnité et même vous gardez le crédit d 'impôt
compétitivité. Quelles garanties ? Arrêtez de prendre les gens pour des
imbéciles. Je ne prends pas les gens pour des imbéciles. Le Jabi, Fralib,
Scopelac, Bouillet -le -Rou.
C 'est que des boîtes qui ont été reprises par leurs salariés et qui
qui tournent bien. J 'entends. Et des exemples comme ça, il y en a des
des petits, des gros. Donc regardez un peu ce qui se passe ailleurs. Oui, oui.
Enlevez vos œillères. Ce n 'est pas beaucoup de pouvoir qui le concerne pour
pouvoir décider de ce qui se passe ici.
C 'est le groupe qui va décider.
Voilà. Maintenant, je suis désolé, il faut que j 'y aille.
Excusez -moi, Tibile Ramet, ça vous dit quelque chose ? Ramet, E -Y ? Non,
désolé. Vous étiez bien DRH chez Noireau dans le Pas -de -Calais en 2013 ? Oui,
tout à fait.
Pourquoi ? Madame Ramet travaillait au service du nettoyage dans les équipes du
soir, aux ateliers.
Elle a été hospitalisée pour un cancer du poumon diagnostiqué maladie
professionnelle. Elle est morte le 24 avril 2014.
J 'ai sa photo, si vous voulez.
Le directeur des ateliers a proposé aux collègues une demi -journée pour aller à
l 'enterrement. Et vous, vous avez refusé. Vous vous rappelez ?
Trois collègues sont allés quand même et vous les avez licenciés pour absence
injustifiée.
Je suis sûre qu 'il y a un ou deux journalistes que ça exciterait pas mal d
'écrire un petit papier là -dessus.
Je ne comprends pas ce que vous voulez, madame la députée.
Bonne question, qu 'est -ce que je veux ? Écraser mes ennemis.
Et voir mourir devant moi, entendre les lamentations de leurs femmes.
Je crois que c 'est ça que je veux.
Ok.
Bon, allez, on va boire un café dans mon bureau pour commencer.
Je veux bien récupérer la photo s 'il le fait.
Bon, j 'ai eu le PDG et le préfet. On a marqué un point.
D 'où tu la sors, cette histoire d 'enterrement et de licenciement ? J 'ai
mes recherches.
Comme vous pour Conan le Barbare, non ? Comment tu sais que c 'est Conan le
Barbare ? Parce que j 'ai tapé « écraser ses ennemis » sur Google.
Et les poèmes de Nérouda, tu connais ? Du fond exigu de la mine, j 'ai entendu
s 'élever une voix.
J 'ai vu remonter à la surface un être sans visage, un masque, barbouillé de
sang, de sueur et de poussière. Et ce masque m 'a dit, où tu iras ? Parle de
souffrances. Parle, mon frère, de ton frère qui vit en bas, dans cet enfer.
C 'est pas mal aussi, Nérouda.
Que vaut aujourd 'hui la parole d 'une responsable politique comme vous,
qui a préféré démissionner du gouvernement plutôt que d 'affronter la
de la mise en œuvre d 'une réforme qu 'elle appelait pourtant de ses œufs, et
qui revient aujourd 'hui sur le devant de la scène comme si de rien n 'était
pour expliquer à tout le monde ce qu 'il faudrait faire ?
Elle vaut tout autant que celle d 'un ministre du Travail dont la première
mesure a été d 'élargir les possibilités de recours au licenciement économique,
au détriment des droits et des intérêts des salariés.
Bon, c 'est très réducteur ce que vous dites, comme d 'habitude.
Nous sommes les premiers, par exemple, à avoir instauré pour les salariés le
droit à la déconnexion. C 'est toi qui es déconnecté, Pelletier, depuis que je
te connais, t 'es déconnecté.
Monsieur Pelletier, dans cette affaire, vous n 'êtes ni audible, ni crédible.
L 'ultralibéralisme, c 'est la ruine du monde moderne, écologiquement,
socialement, humainement.
À présent, tout le monde le sait, etc., etc.
Après, c 'est bien d 'embrayer sur l 'économie sociale et solidaire, 225 000
entreprises, un emploi sur 8, 10 % du PIB, taux de pérennité à 50, et 67 %
contre 60 % en moyenne nationale, 1 200 emplois créés chaque année depuis 15
ans, et surtout, surtout, vous placez l 'échelle des salaires de 1 à 20.
De toute façon, tu m 'as fait une fiche pour les chiffres.
Oui.
Moi, je vous le dis, on ne va pas transformer toutes les sociétés
coopératives ouvrières.
Ou alors, c 'est Tintin chez les soviets.
Alors, s 'il vous plaît, laissez -nous travailler et restez à votre place. Mais
j 'aimerais bien rester à ma place. Je ne demande que ça. Mais quand les
travailleurs et les salariés sont en difficulté, c 'est moi qu 'ils appellent
pas vous. Pourquoi ? Parce qu 'à force de lois, travail, revisité, de soi
-disant dépoussiérage et modernisation, vous avez tout cassé.
Notre projet, c 'est tout l 'inverse.
C 'est la réappropriation de la force de travail, de la dignité et de la santé
des salariés, des ouvriers et des citoyens. Je suis très heureux pour les
ouvriers de Rochambeau et leur famille si tout ça était pérenne.
Il venait d 'être nommé ministre du travail et moi je sortais tout juste de
'ENA.
Ce téléphone n 'arrêtait pas de sonner mais M. Morou a pris le temps et il m 'a
laissé parler.
A la fin du rendez -vous, il m 'a demandé le métier de mes parents.
Je lui ai dit que je n 'avais pas connu ma mère et que mon père était fraiseur.
J 'ai eu honte en lui disant ce mot de fraiseur.
Et honte d 'avoir honte.
Il l 'a vu.
Il m 'a souri et il m 'a dit « c 'est bien fraiseur, c 'est un beau métier ».
Après j 'enchaîne sur votre expérience avec lui au cabinet et sur les lois de
travail.
Qu 'est -ce que je ferais sans toi ? Il te dit pas ça ton fiancé ? Non.
Ah.
Donc t 'as un fiancé.
Mais ça vous regarde pas ? Madeleine, une jeune femme brillante et belle comme
toi, elle a un fiancé, elle en a même deux.
Voire trois.
Je travaille trop.
Tu sais ce qui m 'a laissée le plus près de chez Moron ? Ça.
Il soulignait, bleu c 'est mieux, vert à refaire, noir à revoir.
Et rouge, je ne sais pas, il ne l 'utilisait jamais.
En tout cas pas avec moi.
Ça tu peux le mettre dans le discours si tu veux.
Par contre en le moi s 'il te plaît, j 'y tiens.
Voleuse.
Sa culture, ce fut le syndicalisme et le socialisme dont il embrassa très tôt la
cause et dont il épousa tous les rôles.
de la SFIO à l 'international socialiste, en passant par la Fondation
Jaurès.
Pour lui, réformer, c 'était ne pas renoncer, c 'était
réussir.
Pour lui, réformer, c 'était
se défaire de l 'illusion des mots pour passer à la vérité des actes.
Réformer, ce n 'était pas céder à la réalité, mais la saisir à la gorge.
pour la transformer.
Réformer, c 'était inscrire la gauche dans la durée.
Il me disait toujours, aimer le peuple, ce n 'est pas le flatter et
encore moins l 'abuser.
Aimer le peuple, c 'est le respecter et le servir.
Notre première rencontre fut le lendemain de sa nomination comme
Travail. Il constituait son cabinet et...
Moi, je sortais tout juste de l 'ENA.
Il m 'a demandé ce que faisaient mes parents. Je lui ai dit que je n 'avais
connu ma mère et que mon père était fraiseur.
T 'es rentré quand ? Il y a dix jours.
Je voulais t 'appeler et puis...
Je vais te nommer.
Au cabinet du ministre.
Ça y est.
C 'est pas encore officiel.
C 'est bien ? Ouais.
Toi, tu vas bien ? Comment ça se passe avec Gabriel ? Très bien.
Non. Ouais ?
Il
faut que j 'y aille, il y a le vin d 'honneur.
Tu y vas, toi ? Oui, j 'arrive tout de suite.
À tout à l 'heure.
Oui, Gabriel, il y a une petite urgence au bureau.
Je vais prendre un taxi pour la gare.
Je me débrouille.
Je vous dis à demain.
Mais je joue à rien. C 'est toi le chef du gouvernement, tu fais ce que tu veux,
bien sûr.
Mais moi, je te dis, fais attention.
Écoute, avec Pelletier, on est du même bled, on a fait l 'ENA ensemble, on a
élus députés du rôle de la même année, donc je le connais et je l 'aime bien,
plus. Mais depuis que tu l 'as nommé, je suis désolée, à chaque fois qu 'il
ouvre la bouche, c 'est pas le ministre du Travail que j 'entends, c 'est Bercy.
Donc elle est où, toi, ta ligne, là -dedans ? Je crois que tu fais une
sur Pelletier.
Je suis désolé, mais tu fais le job. Mais regarde les sondages ! Si vous
continuez comme ça, vous allez avoir la révolution, avec la tête sur les piques
ou les fachos au pouvoir.
Voir même les deux.
T 'étais où, toi ? Je suis désolée, j 'étais malade cette nuit. Je crois que j
'ai pris froid dans l 'église.
Moi aussi, j 'ai pris froid à l 'église, mais je me suis levée ce matin.
Bon, t 'as écouté ton passeport ? Si je peux me permettre.
Bon, personnellement, je suis pas fan des boules puantes.
Mais je sais qu 'il y a des factures bizarres qui traînent de quand il était
conseil régional.
Pas mal d 'impayés aussi.
Faudrait fouiller.
Non, moi je pense qu 'il faut rester sur le fond et appliquer notre méthode
jusqu 'au bout avec Rochambeau.
Ah ouais ? Ouais, et on communique en fait.
Et si ça marche pas ? Si les mecs veulent pas vendre l 'usine ? Je pense
faut faire de la politique.
Il faut le pousser à la faute.
Et pour ça, il faut lui taper dessus.
T 'en es où de la proposition de loi que tu voulais envoyer ?
Je vous envoie une première version en début d 'après -midi avec les exemples
pour les écrits d 'application et la transposition en droit communautaire.
il faut faire vite parce que ça va bouger.
Allez, au travail.
Et vous, vous étiez au courant pour Antoine ? Qu 'il était rentré ou qu 'il
était avec Pelletier ? Les deux.
Je t 'en aurais parlé. Mais non, je n 'étais pas au courant.
En plus, j 'ai déjeuné avec son père il n 'y a pas longtemps.
Mais quel faux cul celui -là.
Vous vous étiez pas revu ? Mais non.
Et ça va ? Oui, oui, ça va.
J 'ai deux places pour Iphigénie, ce soir à l 'Opéra, ça te vit ? Je sais pas
que ça vaut, mais au pire, on sera en tract et on va dîner quelque part.
Ah, mais je suis désolée, mais cette heure, je peux pas.
Une prochaine fois, ouais.
Salut. Salut.
Ça va ? Ça va.
Qu 'est -ce que tu prends ? Un panaché.
Excusez -moi. C 'est possible d 'avoir un panaché, s 'il vous plaît ? Ok.
Merci.
C 'est ce que dit une bière qui tombe à l 'eau.
Au secours, je sais pas nacher.
Excuse -moi.
Attends, j 'en ai pas une seconde.
Elle bastonne un peu, là, entre Thomas et Gabriel.
Ça va se tasser, non ? Merci.
Bon alors, ce voyage, raconte.
Raconte quoi ? T 'as fait quoi là -bas ? Du baseball.
Non, mais sérieusement.
Political theory, political marketing, political strategy.
Ouais.
Raconte -moi tout.
Je sais pas, comment tu vas ?
T 'as quelqu 'un ? Si t 'as l 'air.
Tu es avec quelqu 'un.
Moi aussi j 'ai rencontré quelqu 'un.
Docteur en sociologie.
Brillantissime.
Père travaille aux Nations Unies.
Sa mère est peintre.
Un peu barré.
Il m 'a fait découvrir les Etats -Unis.
L 'Ohio, l 'Illinois, Minnesota.
C 'est un pays de dingue en fait.
Ça va ?
Mad ? Mad ? Attends.
Écoute -moi.
Mad ? Écoute -moi.
Excuse -moi.
C 'est pas vrai, en fait.
J 'ai rencontré personne.
Je sais pas pourquoi je t 'ai raconté ça.
J 'aurais jamais dû partir.
J 'aurais jamais dû te laisser.
Donc, le 16, vous faites Europe 1 pour votre livre à 13h. Le 17, c 'est la
matinale de France Inter.
Et le 20, vous êtes en duplex sur France 3 pour le décrochage régional Ronalp.
C 'est quand la décision pour Rochambeau ?
Le jeudi 19.
Le 19 ? C 'est bête de faire de gros trados avant la décision du
tribunal. Je suis d 'accord.
Madeleine, t 'es avec nous ?
Parce que si la reprise est validée, ça veut dire que la méthode est bonne et je
déroule. Si elle n 'est pas validée, c 'est un scandale et je déroule quand
même. Mais là, qu 'est -ce que je vais dire ? On attend avec impatience la
décision du tribunal de commerce, non ? Madeleine ? Et justement, là j 'écris
aux journalistes de France Inter.
Je peux décaler les deux émissions si vous voulez.
Et je vous ai envoyé un mémo avec les potentiels repreneurs de France Inter en
Allemagne. Bon, du coup, on fait quoi ? Je pense qu 'il faut faire comme on a
dit. On garde le 7 sur Europe 1 et le 17 chez France Inter.
Madeleine, t 'en veux de quoi ? Qu 'est -ce qu 'on fait ? On fait tes deux
grosses radios ou pas ? Non, je crois que Zofia n 'a raison.
Bon, écoutez, vous voulez. Allez, on passe à autre chose, parce que là...
Salut. Ça va ? Et toi ?
C
'est ça qu 'on se voit, Gabriel ? Non ?
Pourquoi tu me demandes ça ? Je ne sais pas.
Je crois que ça me fait un peu bizarre que tu travailles pour elle.
C 'est un peu ma famille.
Oui, je sais.
Mais c 'est elle qui m 'a proposé.
Oui, je sais.
Toi, pour le coup, ton appelletier, ça ne fait pas bizarre ?
Le salaire de 1 à 20, l 'égalité, la parité, les scopes.
Pas trop ça calme, non ? Ah non, non, effectivement, c 'est pas trop ça calme,
non.
Après, tout le monde est un peu dur avec Thomas, mais c 'est quelqu 'un de bien.
Il était classe avec moi, il était pas obligé.
Tu voulais qu 'on se voie pour parler de quoi ? T 'as envie qu 'on réessaye,
tous les deux ? J 'ai envie d 'être avec toi.
C 'est pas possible.
Pourquoi c 'est pas possible ? Parce qu 'on peut pas jouer à ça, on va se faire
du mal.
Je joue pas, moi, je suis sérieux, là.
Quand je suis comme ça, devant toi, que je te regarde dans les yeux, que je te
dis que j 'ai envie d 'être avec toi... Arrête, arrête ! Quoi, arrête ? C 'est
toi qui es parti, du jour au lendemain.
Tu veux pas revenir comme ça, comme si c 'était rien passé ?
C 'est trop tard, Antoine.
Chaque fois que je te vois, je le vois.
Lui.
Je ne vais pas y arriver.
Je ne vais pas supporter.
Te revoir, te recroiser, entendre parler de toi.
Adeline ? Qu 'est -ce que tu fais là ? Je voulais te faire une surprise.
Mais pourquoi tu ne m 'as pas appelé ? Si je t 'appelle, c 'est une surprise.
Tu veux une bière ? Une bière, oui.
Tu peux fumer ? Oui.
Ça va le boulot ? Ouais.
Elle a pas mal ta députée, là.
Oui, très.
Ça se passe bien avec elle ? Oui.
Je t 'ai attendu, tu sais.
Je sais, mais je travaille.
Bon, la dernière fois, j 'étais attendu.
Tu m 'as dit que tu repasserais le lendemain, que tu resterais peut -être
quelques jours, tu te souviens ?
Je sais, je suis...
Je suis désolée.
Je m 'excuse.
Je te demande pardon.
T 'as honte de moi, c 'est ça ? T 'as peur que je vienne à ton bureau
? Que je dise que t 'es ma fille ? Tu peux pas
débarquer comme ça quand ça va mal, puis disparaître quand ça va mieux.
Tu comprends ? Tu peux pas me dégager comme ça, je suis pas un chien. Je sais
que t 'es pas un chien.
Mais papa, quand maman était malade, quand on a dû quitter la maison, quand j
'ai dû payer mes études, t 'étais où, toi ?
Alors ok, tu m 'as attendue, j 'ai pas donné de nouvelles, je m 'excuse. Mais
vas -y, me fais pas la morale, s 'il te plaît.
Tu te souviens ce que tu m 'as raconté la dernière fois ?
Oui.
Mais c 'est pas le moment, là.
C 'est pas le moment, t 'es sûre ? Oui.
Qu 'est -ce que tu fais ?
Je rentre puisque c 'est pas le moment. Arrête.
Arrête, reste.
Papa. C 'est bon.
C 'est bon, je te dis.
Merde ! Je reviens sur un point, les investisseurs. Si dans vraiment deux
par coup de tête, ils disent, ben non, on va partir.
L 'entreprise, qu 'est -ce qu 'il m 'a donné l 'entreprise ? Justement, c 'est
pour ça que je vous dis que moi je pense vraiment que le statut de SKIC vous
conviendrait beaucoup mieux que celui de SCOP.
Parce que ça permettrait d 'avoir en plus de vous des clients et des
fournisseurs qui entrent au capital.
Et aussi des collectivités locales et des financeurs privés. Voilà, sachant qu
'ils peuvent devenir justement... des associés en amenant du capital, c 'est
-dire de l 'argent ou de l 'individu. Je sais ce que tu vas me dire, mais en
fait, on va rester majoritaire au conseil d 'administration. C 'est ce qui
empêche de prendre leur profit là -dedans. On sait bien ce qu 'ils font,
financiers privés. Non, non, non, sois rassurée. De toute manière, qu 'on soit
rassurée, on sera de toute manière toujours majoritaire au conseil d
'administration. On représente beaucoup plus de bois. Nous, par exemple, on
pourrait représenter 90 % du capital, et eux, 10%. On est majoritaire, on aura
toujours la dernière décision. Et ça, c 'est hyper important. Et c 'est pour ça
que je pense qu 'il faut envisager absolument...
— Oui, oui. — D 'accord. Et donc du coup, en fait, c 'est pour ça que je
qu 'il faut absolument organiser une nouvelle levée de fonds, en fait, à la
de l 'année, pour cibler les banques solidaires et mutualistes.
Et non, Anthony.
Moi, je pense que c 'est pas un truc de coco.
Oui, c 'est quoi ce message que tu écris à Gabriel ? Antoine, rappelle -moi, qu
'est -ce que tu me fais là ?
Antoine
! Antoine, ouvre !
Allô ?
Allô Bertrand, je suis désolé de vous appeler si tard, c 'est Madeleine. Est
qu 'Antoine est là ? S 'il est là, vous pouvez lui demander de descendre, je
suis en bas de chez vous dans 5 minutes.
S 'il vous plaît.
Non, non, je ne lui dis pas de descendre, tu le laisses tranquille
Comment ça je le laisse tranquille maintenant ? C 'est lui qui n 'arrête
m 'appeler.
Vous voulez lui demander de descendre s 'il vous plaît ? Voilà, je vais
raccrocher Madeleine.
Allô ?
C 'est quoi ce message que t 'envoies à Gabriel ? Je te l 'ai dit.
Je vais pas supporter te revoir, te recroiser, d 'entendre parler de toi, je
vais pas y arriver.
Et donc ? Donc faut que tu t 'en ailles.
Faut que tu disparaisses.
Tu trouveras autre chose, sans problème.
Tu peux pas me demander ça ? Si, je te le demande, si.
C 'est toi ou moi ? Mais c 'est donc quoi ? Tu veux voir les flics ?
On était deux.
Tu perdrais tout toi aussi. Mais perdre quoi ? Mon job ? Conseiller, ma
carrière, la politique, qu 'est -ce que j 'en ai à foutre ? Tu sais ce que c
'est la prison ? T 'y as déjà été toi ? Non.
J 'irai pas.
Pourquoi tu irais pas ? Parce que c 'est toi qui as tiré Madeleine, c 'est pas
moi.
Avec un bon avocat je prends du sursis.
Tu pouvais le tirer dans les jambes si tu voulais.
Tu pouvais tirer en l 'air.
Tu pouvais tirer n 'importe où.
C 'est toi qu 'elle te détruit.
Si tu t 'étais défendu, on ne serait pas là.
Qu 'un putain de lâche Antoine !
Qu 'est -ce que tu me dis pas ? Mais j 'en sais rien.
J
'imagine
que c 'est ça qu 'on se revoit.
T 'as pas une cigarette ?
Tu
me la fais pas à l 'envers ? T 'as dit ? Je sais pas, avec Pelletier.
Il y a un truc que je sens pas chez toi.
Il y a quelque chose que tu dis pas.
Vous voulez savoir quoi ? Pelletier va chez Rochambeau.
Demain, apparemment, il va faire une annonce. T 'étais au courant ? Non, je
savais pas.
À mon avis, il a un repreneur et il veut nous prendre de vitesse.
Il fait vraiment chier, ce con.
Mesdames, Messieurs, je suis très heureux d 'être ici parmi vous à
'usine Rochambeau, pour parler de l 'avenir de votre entreprise.
Aujourd 'hui, je suis là pour vous annoncer que nous avons trouvé un
Un repreneur crédible, sérieux.
Toute la politique que nous menons avec le gouvernement, c 'est l
'accompagnement des entreprises et des reprises. Et nous allons... Pardon,
madame, je n 'ai pas terminé. Et nous allons donc accompagner. Nous n 'allons
pas abandonner le site de Rochambeau.
Madame, excusez -moi.
Bonjour d 'abord. Vous pourriez dire bonjour. Vous pourriez avoir l
de me dire bonjour. Non, non.
Est -ce que vous pourriez nous expliquer votre lien avec Bertrand Mandeville ?
Quelle est cette question ? Je ne comprends pas la question.
Est -ce que vous pourriez nous expliquer vos liens avec cet avocat d 'affaires
qui conseille les fonds d 'investissement, qui rachète des
marchent bien, comme celle -ci, qui vire tout le monde et puis qui les vend par
petits bouts ? Solocal, Beneteau, Marie -Sud. On analyse.
25 000 licenciements.
S 'il vous plaît, M. Pelletier.
25 000.
Je ne vois pas ce que votre question a à voir avec ma venue ici, les raisons de
ma venue, l 'avenir de l 'usine et le repos.
Justement, Bertrand Mandier. C 'est ça le lien. C 'est Avocat d 'affaires qui
conseille en fait le repreneur que vous nous proposez. Et en plus, c 'est le
premier donateur de votre microparty. Vous mettez les gens... Non, vous
mettez... Excusez -moi, mais... 120 000 euros en deux ans. Écoutez, le
financement des microparties est encadré et on ne peut pas donner plus de 7 500
euros. Vous dites que c 'est faux. 7 500 quand ils sont déclarés. C 'est faux.
Non, je ne suis pas monteur, madame.
Est -ce que c 'est pour le remercier que vous avez engagé son fils Antoine dans
votre cabinet ? Monsieur Pelletier, est -ce que c 'est pour ça que vous avez
embauché son fils Antoine dans votre cabinet ? Moi, je ne réponds
pas à ce genre d 'interpellation qui comprend tout.
Arrêtez de nous prendre pour des imbéciles. Ça fait 30 ans qu 'on la
cette usine. Cette usine, c 'est notre famille.
On est connus à l 'international. On a des produits de qualité.
Donc, s 'il vous plaît, non, vous êtes là. On ne comprend pas. C 'est quoi
histoire d 'être sauveur ? Sauveur de qui ? On ne vous croit plus. Vous
comprenez ? Et pourquoi vous ne me croyez pas ? Je suis ministre.
Je suis ministre.
Pourquoi vous ne la croyez plus ? Elle raconte des saloperies sur moi.
Non. Elle n 'a pas le droit de dire ça.
Vous l 'écoutez pourquoi ? Parce que c 'est une nana ? Parce que c 'est une
femme ?
Oui,
bah oui, j 'ai vu.
Écoute, je te l 'ai déjà dit, ce serait un honneur.
Bien sûr, évidemment, mais à une seule condition, tu inscris la proposition de
loi dont je t 'ai parlé à la première session parlementaire et personne ne
touche à l 'échelle des salaires de 1 à 20.
Ok, bah alors écoute, tu me dis, je suis prête.
Et tu transmets mes amitiés au président.
Je t 'embrasse.
Oui, papa, c 'est moi, c 'est Madeleine.
Bon, mais je voulais m 'excuser pour l 'autre part, j 'ai pas été très cool.
Et ça me ferait plaisir qu 'on aille dîner tous les deux bientôt.
Dans un bon restaurant, je t 'invite.
Voilà, bon bah rappelle -moi.
C 'est qui ?
Je savais pas que tu fumais.
Ça va ? Oui, ça va.
Et toi ?
Elle
est super, ta nana, l 'usine. Je sais pas où tu l 'as trouvée.
Qu 'est -ce que tu veux ?
Au tout début, tu voulais pas que je vienne chez toi.
Tu te rappelles ?
Mon
père, il pense que t 'es une arriviste.
Que tu t 'es servi de moi.
De notre famille.
C 'est pas vrai.
Oui.
Ben non, c 'est pas moi qui ai dit ça.
Oui, monsieur. Ben non.
Non, mais j 'ai bien compris que vous ne vouliez pas d 'elle, mais en tout cas,
moi je vous dis qu 'elle est super et que j 'ai besoin d 'elle.
Et ben voilà, vous la nommez comme conseillère et moi je prends... Comment
'appelle déjà ? Voilà, et ben je le prends comme directeur et comme ça on
bon, non ?
Mais moi, je n 'ai pas de problème avec ça. Je n 'ai jamais dit que j 'avais un
problème avec ça.
Ce sont des choix que je préférais qu 'on en
parle de vie d 'une.
Je serai à Paris demain, en fin de journée.
Donc plutôt après -demain.
C 'est compliqué pour moi, ça.
Non, parce que je ne le connais pas.
Sous -titrage ST'
501
C 'est normal qu 'elle réagisse comme ça. Elle vient d 'être nommée, elle n 'a
pas le choix, il faut qu 'elle se protège, sinon c 'est le projet de loi
saute.
Vous avez un stylo ? Je vais prendre votre stylo. Il faut absolument que je
dise où sont mes dossiers.
Et mes notes préparatoires, elle va en avoir besoin pour le débat à l
'Assemblée.
Là, c 'est son numéro, je vous mets.
Là, c 'est le mot de passe pour mon ordinateur.
Vous l 'appelez et vous lui dites. Il ne faut surtout pas qu 'elle s 'inquiète,
j 'ai rien à voir dans tout ça.
D 'accord.
Maintenant, il faut me parler.
Il faut me faire confiance, sinon je ne peux pas vous défendre.
Si vous ne parlez pas, c 'est la version d 'Antoine Mandguil que la justice va
retenir.
On parle d 'homicide volontaire, là.
De délit de fuite, de dissimulation de preuves.
On parle de 10 ans de prison minimum.
Vous savez qu 'en continuant comme ça, vous ne allez pas laisser d 'autre choix
à la juge que de prolonger votre détention provisoire.
Bon.
Antoine Mandeville dit qu 'il était énervé suite à une discussion
avec son père, que du coup il roulait vite.
Quand il est arrivé à hauteur du pick -up qui roulait plus lentement, il lui a
fait deux appels de phare mais l 'autre ne s 'est pas poussé, au contraire.
Du coup Antoine l 'a klaxonné.
Que c 'est une vie, de vivre comme on vit.
Pourquoi faire cette vie d 'enfer ? Pourquoi se laisser faire ?
Non, ce n 'est pas une vie de vivre comme nous vivons.
Et cette vie, cette vie d 'enfer, c 'est nous qui la changerons.
Monsieur le Président, Madame la Présidente de la Commission, Monsieur le
Rapporteur, Mesdames et Messieurs les députés,
J 'ai voulu commencer mon allocution par ces quelques vers de Jacques Prévert.
Ce n 'est pas uniquement par provocation, mais aussi et surtout parce
énonce et résume mot pour mot l 'objectif que je me suis fixé.
Changer la vie.
Changer la vie.
Changer la vie des salariés, des ouvriers, des intérimaires, des
stagiaires, des précaires.
Bonjour Gabriel, c 'est moi, c 'est Madeleine. J 'espère que vous allez
J 'ai commencé à rédiger un premier brouillon pour votre discours de
présentation à l 'Assemblée.
Quelque chose qui vous ressemble et d 'un peu punchy.
Et dès que c 'est prêt, je vous le ferai passer par mon avocate.
Par ailleurs, je ne sais pas si vous l 'avez eu au téléphone, mais tout va
Et je pense que tout ça devrait se régler assez vite.
Tant mieux, je vous avoue, parce que c 'est assez bizarre d 'être là, je vous
raconterai.
Bon, ben voilà.
J 'essaierai de vous rappeler.
Passez une bonne journée.
Au revoir.
Il y a un passeport ? Ça va ?
D 'après ce que j 'ai lu dans la déposition d 'Antoine, il apparaît que
n 'a pas eu peur quand vous avez braqué le fusil sur lui.
Et moi je me dis que c 'est pas la réaction normale d 'un homme qui sait
fusil est chargé.
Après, je suppose qu 'inconsciemment, vous non plus n 'imaginiez pas une seule
seconde que l 'arme était chargée.
Et par ailleurs, dès qu 'on retrouvera le fusil, on va analyser la résistance
la queue de détente pour voir si un choc n 'est pas à l 'origine du coup de feu.
Vous êtes où là ?
La juge d 'instruction va organiser une confrontation avec Antoine.
Il va falloir vous décider à parler Madeleine.
D 'autant que sa version tient la route.
Les tests ADN confirment que c 'est bien les fibres de son t -shirt qui ont été
trouvées sous les ongles de Luciani.
Et c 'est bien un de ses cheveux qui a été retrouvé.
Si on retrouve le fusil et qu 'il y a vos empreintes dessus, ça sera terminé.
Ils ne l 'ont pas retrouvé.
Sous -titrage ST'
501
placé en détention provisoire et pris en examen pour tentative de suicide.
Disons pour être très honnête que ça n 'arrange rien, c 'est dur, mais c 'est
loin d 'être la seule raison.
Allô, Gabrielle, c 'est Madeleine, je vous dérange pas ? Il faut plus m
sur ce numéro, je te le demande.
Je peux pas t 'aider, Madeleine. Mais je vous demande pas de m 'aider ni de me
défendre, c 'est pas...
Il est incapable de se battre avec qui que ce soit, il est incapable de tirer
sur qui que ce soit, il est incapable de tenir un fusil.
C 'est pas de ça dont je vais parler.
Alors tu parles de quoi Madeleine ? Merde ! Je vous parle de mon texte. Mais
quel texte ? Le projet de loi.
Madeleine d 'abord c 'est pas ton texte, comme tu dis, c 'est un projet de loi
initié par moi, relu, corrigé, validé par moi, porté et défendu par moi. Les
conditions ne sont pas réunies pour qu 'il soit débattu.
Ça veut dire quoi ? De quelles conditions vous parlez ?
Vous parlez de quoi ? Tu parles sans savoir, Madeleine. Tu n 'as pas les
tu n 'as pas les éléments. Les conditions, elles ne seront jamais
le savez très bien. C 'est à vous de les créer, les conditions. C 'est vous, la
ministre.
Si vous reculez là -dessus, vous reculerez sur tout. Et vous allez faire
Vous allez encore démissionner ? C 'est tout ça pour ça, si. Tu m 'emmerdes,
Madeleine.
Madame Pasteur, vous avez un parloir.
Qu 'est -ce que tu fais là ? Je suis là.
Quand j 'allais voir ta mère à l 'hôpital.
Tous les jours, elle me disait... Tu verras, Madeleine, un jour, elle sera
ministre.
Je lui disais non, pas ministre.
Présidente.
Faut que t 'ailles jusqu 'au bout, Made.
Sinon, ça n 'a pas de sens.
Madame Bastor ? Madame Bastor ?
Voilà,
et elle a pris le fusil.
Prenez le fusil, Madame Bastor.
Allez -y, prenez le fusil.
Allez -y.
Madame la juge, je peux vous parler, s 'il vous plaît ? Bien sûr.
Je n 'y étais pas.
Pardon ? Je n 'y étais pas.
Vous étiez pas où ? J 'étais pas avec Antoine cet après -midi là.
Vous étiez où alors ? J 'étais à la plage, à Porto Vecchio.
Sur quelle plage ? La plage de Santa Giulia.
Ce n 'est pas ce que vous avez déclaré aux gendarmes qui vous ont entendu le
lendemain des faits ? C 'est Antoine qui m 'a demandé de dire que j 'étais avec
lui, mais j 'étais pas avec lui.
C 'est pour ça que j 'étais incapable de décrire le trajet, c 'est pour ça que c
'est son portable qui a borné et pas le mien.
C 'est pour ça qu 'on a retrouvé son ADN et pas le mien.
C 'est un cheveu d 'Antoine qu 'on a retrouvé sur le pantalon de Luciani.
C 'est des fibres de son t -shirt qu 'on a retrouvées sous ses ongles.
Est -ce que vous avez retrouvé des traces de mon ADN sur Luciani ou sur la
du crime ? Non ?
L 'orage a effacé beaucoup de traces.
Pas la tienne d 'Antoine, en tout cas.
Et donc, vous étiez à la plage ? Oui.
Est -ce que quelqu 'un vous a vu sur cette plage ? Oui.
Oui, j 'ai échangé quelques mots avec des gens à côté parce que c 'est le jour
où un touriste allemand s 'est noyé devant ses enfants.
Les pompiers ont passé presque une heure à essayer de le ranimer. C 'était
horrible.
Vous pouvez me décrire ces personnes à qui vous avez parlé ? Oui, c 'était des
Hollandais, je crois, ou des Flamands.
Un père avec sa fille.
Des Hollandais ou des Flamands ? Je sais pas.
Antoine devait venir me chercher vers 16h.
Il est un peu en retard, mais... Il était... normal.
Pourquoi vous ne l 'avez pas dit ça aux gendarmes pendant la garde à vue ? Je
sais pas.
Je vous pose une question, Madeleine ? Je sais pas. Est -ce que je voulais
protéger Antoine ? C 'est un peu facile comme réponse.
Si c 'est moi qui ai tiré, comme le dit Antoine, alors mon ADN doit être sur le
fusil.
J 'imagine que vous l 'avez retrouvée.
C 'est moi qui pose les questions.
Pourquoi vous ne l 'avez pas dit dès le début que vous étiez sur cette plage ?
Madame la juge, ma cliente a raison.
Il faut faire parler de fusil.
Par contre, en l 'occurrence, j 'ai l 'impression que tous les autres éléments
matériels, je pense pour la version de ma cliente.
Excusez -moi maître, mais pour l 'instant j 'ai un peu de mal à la croire
version. Mais on ne vous demande pas de la croire cette version, mais de trouver
des éléments qui la contredisent.
Oui, bonjour Maître.
Oui, qu 'est -ce qu 'il y a ? Hein ?
Oui, et donc ?
Quoi ?
Allez,
bon courage pour la pique. Au revoir.
Je suis calme.
Ça va ?
À demain.
je suis passé pour tout quoi quoi ?
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