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Original subtitles

Savez-vous o� l'on peut se marier ?

Vous rigolez ?

Ce qu'il y a de mieux.

McCain pour le prix, McCoy pour le d�lai.

J'ai essay� les deux.

Les deux ?

Alvah, nous devrions choisir le moins cher.

Il nous faut le plus rapide.

Mariages imm�diats, 3$

Je vous d�clare mari et femme.

Vous pouvez embrasser la mari�e.

D'autres attendent leur tour.

- Je ne pensais pas m'�terniser. - Votre calot.

Merci. Vous savez ce que c'est...

J'ai su. Trois dollars, je vous prie.

Bien entendu.

- Peux-tu... - Bien s�r.

Savez-vous o� nous pouvons dormir ?

C'est notre premier s�jour, ici.

Alvah rejoint son unit� apr�s-demain.

Nous n'avons pas beaucoup de temps.

Un endroit joli, pas trop cher...

Essayez le Flamingo.

�vitez les tables, vous allez vous ruiner.

Je n'ai pas l'intention de jouer aux d�s, ce soir.

Merci d'avoir patient�.

Au revoir, et merci.

Que votre bonheur soit �ternel.

- Il le sera. - Au suivant !

Et voici la salle de bain.

Alvah, regarde ces magnifiques fleurs !

"F�licitations de la direction."

Votre cl�, monsieur.

Voulez-vous nous apporter du champagne ?

- Import� ? - Non, local. Du Delicio.

� vos ordres !

Petit malin. Il rira moins quand il changera d'uniforme.

Ils utilisent mes vignes pour le Delicio.

Nos vignes, dois-je dire.

D�s que j'y pense, elles me manquent.

Elles sentent bon.

Ne pense pas � la maison. Maman et moi, on s'en occupera.

Je ne veux pas qu'il lui arrive quoi que ce soit.

Mon grand-p�re l'a construite.

Mon p�re l'a r�cup�r�e, puis moi.

Elle ira � nos enfants.

Alvah !

Nous aurons des enfants !

Je veux des tas d'enfants, de toutes les tailles.

Alvah, n'en parlons pas maintenant.

C'est le meilleur moment.

Il fait un peu chaud, ici.

C'est vrai. On dit qu'il fait chaud, � Las Vegas.

Il fait plus chaud que d'habitude.

Tu devrais d�faire ta cravate.

Je vais me mettre � l'aise.

Je crois que je vais aussi me mettre � l'aise.

Enfin...

Pourquoi ne pas te mettre � l'aise par ici ?

D'accord.

Je vais me mettre � l'aise l�-bas.

Oh, Alvah !

Oui, ch�rie ?

Il me faut peu de temps pour me mettre � l'aise.

Te voil� plus � l'aise ?

Ce parfum...

Je suis ravie que tu l'aimes. Il s'appelle "Fille d'�ve".

C'est un parfum fran�ais.

Fran�ais ?

Le bouchon saute !

Faisons un v�u, il se r�alisera.

Quel est ton v�u ?

Mon v�u, c'est que toute ta vie, tu aies ce que tu d�sires.

� mon v�ritable amour !

Tu dis de si belles choses !

J'ignore pourquoi ma m�re ne t'aime pas.

Je ne lui dis pas de telles choses.

J'esp�re bien !

Et ta m�re aimerait te voir �pouser Herman Strouple.

Peu importe.

Un simple G.I. Face au propri�taire d'une cimenterie !

Je le remercierai. � la sant� d'Herman Strouple.

Pourquoi remercier M. Strouple ?

Sans lui, tu ne serais pas venue travailler � Suttersville.

Vous ne vivriez pas chez moi,

et je ne t'aurais pas rencontr�e.

Quelle relation de cause � effet !

Et cet effet me rend fou.

- Quel choc, quand elle saura. - C'est s�r.

Elle m'expulserait, si ce n'�tait chez moi.

- Elle s'en remettra, voil� tout. - Voil� tout.

Alvah, montre-moi ton visage.

Tu es plein de boutons !

- Quoi ? - Tu as des boutons !

Viens voir toi-m�me.

Tu vois ?

J'ai d� manger quelque chose que je n'aurais pas d�.

Tu es br�lant !

L'excitation ! Je me sens comme �a depuis notre d�part.

Mais... Lee !

Y a-t-il un m�decin ?

C'est inutile. C'est s�rement une allergie � l'uniforme.

Dites-lui de monter imm�diatement.

Tu couves quelque chose sans le savoir.

Je me moque de ce que je couve.

Tu n'aurais pas d� appeler un docteur.

- 39,2 degr�s. - 39,2 ?

Avez-vous eu la varicelle ?

J'ai eu la rougeole et les oreillons.

Et maintenant, la varicelle.

- La varicelle ? - Vous ne sentiez pas la fi�vre ?

Je ne songeais pas � la varicelle !

Je vous fais admettre aux urgences.

Urgence, c'est le mot !

Et notre lune de miel ?

Ne grattez pas, M. Morrell.

Je vais m'occuper de mon mari,

jusqu'� ce que la mort nous s�pare.

La mort ? On peut en mourir ?

C'est rare. Ne vous grattez pas !

- Avez-vous eu la varicelle ? - Non.

N'approchez pas de lui.

- Docteur ! - Je suis navr�.

Les urgences, je vous prie.

Docteur, je dois �tre � la base apr�s-demain.

L'h�pital contactera vos officiers.

Vous rentrerez d�s que possible.

Pourquoi n'as-tu pas eu la varicelle ?

Je ne pensais pas l'attraper maintenant.

- Ne grattez pas ! - Ne grattez pas !

Ne l'approchez pas trop.

Au revoir, Alvah.

Au revoir, Lee.

Non !

Barbare !

Oh, j'oubliais !

C'�tait dans la salle de bain. Il sent bon.

Quelle lune de miel ! Seul avec le parfum de ma femme.

- Bonjour, M. Strouple. - C'est pour vous.

Merci !

Elles sont superbes.

J'arrive tout de suite.

Entrez, Johnson.

Bureau d'Herman Strouple.

Alvah ? Comment vas-tu ?

Tr�s bien, ch�rie.

Je vais parfaitement bien.

Je suis r�tabli.

Je voulais te dire que nous rejoignons un P.E.

C'est un port d'embarquement.

Un port d'embarquement.

Je dis "un port d'embarquement" !

Parle plus fort, ch�ri. Plus fort.

Je n'entends rien, � cause de ces broyeurs.

Tu m'entends, maintenant ?

Tant mieux. Nous allons embarquer.

Je ne sais pas.

J'allais demander une permission pour notre lune de miel.

Notre lune de miel !

Et comment, ch�rie ! D�s mon retour.

Dis-le, ch�rie.

Dis-le encore.

Je t'aime.

Silence ! Non, pas toi, ch�rie.

Des types veulent me d�loger.

Je t'aime, je t'aimerai toujours.

J'ai de l'amour � revendre. Au revoir.

Je t'aime, je t'aimerai toujours !

Merci, M. Strouple.

Appelez-moi Herman, apr�s les heures de bureau.

N'est-il pas �trange de changer de nom en une minute ?

Vous vous y feriez en quelques soir�es.

Navr�e, M. Strouple... Herman.

Ce serait injuste envers Alvah.

Votre fid�lit� vous honore mais vous avez tort.

Voil� dix mois qu'il est parti.

Dix mois, une semaine, trois jours...

et seize heures.

Quelle pr�cision !

Votre m�re pense comme moi.

La meilleure amie d'une femme est sa m�re.

- Et le chien ? - C'est celui de l'homme.

Excusez-moi, monsieur... Herman.

� trop r�fl�chir � votre nom, j'en oublie ce que j'allais dire.

Je dois y aller.

- Mes amiti�s � votre m�re. - Je n'y manquerai pas.

Donovan !

Donovan Murray, descends de l�. Tu m'entends ?

Ne t'approche pas de ce figuier. C'est l'arbre pr�f�r� d'Alvah.

D'accord.

Pourquoi m'as-tu offert une scie � No�l, si je ne peux rien scier ?

Descends !

J'aurais d� t'offrir une corde.

Monte te laver ou je dis tout � ton p�re.

- Bonsoir, cousine. - Bonsoir.

Bonsoir, tante Elsa.

Encore avec les jumeaux ?

Louise joue au bridge, aujourd'hui.

Une bridgeuse comme elle ne devrait pas avoir d'enfants.

M. Strouple t'a ramen�e ?

Je l'admire et je le respecte jusqu'� 17 h 30.

Apr�s cela, je veux la paix.

Dis-lui que vous vous �tes mari�s.

Il l'apprendra au retour d'Alvah et nous le dirons � maman.

Tu pr�f�res dire � Alvah que ta m�re ne sait rien,

plut�t que dire � ta m�re que vous �tes mari�s ?

Parfaitement. Alvah comprendra.

Bonsoir, cousine Elsa.

Go�tez ce raisin.

Je l'ai go�t�. Ils le fertilisent au vinaigre !

Tes cousins, Betty et Ben. Et voici Lee.

Bonjour, cousine Lee.

Prends le saladier.

Tu l'as entendue parler du raisin ?

Je ne les ai jamais vus.

Ils sont arriv�s ce matin.

C'est la fille du beau-fr�re de ta tante et son mari.

Ou est-ce le contraire ?

�a suffit ! J'en ai assez.

Maman !

- Maman ? - Oui, ch�rie ?

Maman, je voudrais te parler.

Je suis � toi dans un instant.

Je me reposais.

La journ�e a �t� si chaude !

C'est mauvais pour mon c�ur. Qu'y a-t-il, ch�rie ?

- Comment as-tu pu ? - Quoi donc ?

Encore des parents ! Tu n'en as pas assez ?

Si tu parles de Betty et Ben,

M. Strouple a gentiment donn� un poste � Ben.

Ils n'avaient nulle part o� aller et on a le m�me sang.

La maison d'Alvah n'est pas une banque du sang.

Que dira-t-il en voyant toute ma famille dans sa maison ?

M. Strouple produit du ciment pour l'�tat.

Il lui faut des mains.

C'est mon devoir d'offrir un toit � ceux qui travaillent pour mon pays.

Ces gens sont ma contribution � l'effort,

qui vaut bien celui d'Alvah,

m�me si je n'ai pas d'uniforme.

J'esp�re qu'Alvah en dira autant, mais j'en doute.

C'est qu'il n'est pas patriote.

Sois raisonnable, ne pense pas � ce que veut Alvah.

Un homme comme M. Strouple...

Tout ce qui m'int�resse chez lui, c'est son ciment.

Je ne te comprends pas, Lee.

Je t'ai suppli�e de ne pas te fiancer avec Alvah.

Il n'est pas trop tard pour rompre

et �viter de ruiner ta vie.

Pense � moi, � ta famille. Si toi et...

Tu crois que je me soucie d'eux ?

Lee ! Tu devrais �tre fi�re de ton ascendance.

Ta famille est venue en Californie en se cachant.

Pas �tonnant, quand je les vois.

Comment oses-tu ?

� part tante Elsa qui en fait plus que sa part,

ce sont des sangsues.

Le vertige me gagne.

Je suis d�sol�e, je ne le pensais pas.

Aidez-moi ! Maman s'est �vanouie.

Qu'est-il arriv� ?

Lee ?

Un instant, je ne veux faire br�ler ce foie...

Alvah !

Tu es de retour !

Ne pleure pas, il n'y a pas de raison.

Tu ne m'as pas pr�venue.

Je n'ai pas pu, j'ai d�cid� de te faire une surprise.

Laisse-moi te regarder.

Tu es si maigre ! Tes pommettes ressortent.

Tu es plus belle que dans mes r�ves.

Tu m'as tellement manqu� !

�a a d� �tre dur de t'occuper de ta m�re, d'entretenir la maison.

Comment va-t-elle ?

Elle va tr�s bien.

Alvah, il faut que je te dise quelque chose.

Une chose qui ne va pas te plaire.

Comment peux-tu me d�plaire ?

C'est pourtant le cas. J'ai fait deux choses...

- Les jumeaux ! - Les quoi ?

Allons, mes ch�ris.

Je vais chercher un autre biberon.

Des jumeaux ?

Occupe-toi d'eux, Alvah.

Quel travail, ces b�b�s !

Du calme.

Tu es si charmant, avec ces b�b�s !

Lee !

Je rapporte le saladier.

Lee, parle-moi. Dis quelque chose.

Prenez-le.

Lee ! S'il te pla�t, dis quelque chose, ch�rie.

- Qu'est-il arriv� ? - Il l'a �tendue.

- Les sels. - Je sais o� ils sont.

Je reviens.

Vous avez du feu ?

Regarde o� tu vas !

- Qui est-ce ? - Je ne sais pas.

Tu te sens mieux ?

�a va aller.

Tu te sens mieux ?

�a va.

- Alvah, voici le cousin Ben. - Salut.

Et voici tante Elsa. Ils vivent ici.

Enchant�e.

Merci de l'avoir aid�e en mon absence.

Si vous pensez qu'on est l� pour...

Qui sont tous ces gens que j'ai vus ?

Il y a une f�te ?

- Alvah, je dois te... - Et les jumeaux ?

- Que font-ils ici ? - Allons marcher.

J'ai mieux � faire.

Je n'ai fait que �a pendant dix mois.

S'il te pla�t, Alvah.

Vous devriez emporter les sels.

Nous pouvons parler ici. Dis-moi tout.

Qui sont ces gens ?

- Des parents. - Des parents ?

- Et les b�b�s ? - Des parents aussi.

Proches ?

Troisi�me degr� du c�t� de maman.

C'est charmant. Combien sont-ils ?

Avec l'arriv�e de Ben et Betty, ils sont quinze.

Quinze ? Ils vivent tous dans ma maison ?

Ils demandaient toujours de l'argent � maman,

elle leur a propos� de travailler ici.

Ils font du ciment.

Selon maman, c'est notre devoir de les accueillir.

M�me le pr�sident n'en fait pas tant.

C'est pour �a qu'Elsa m'a donn� ces sels.

�coute, Alvah.

Qui dort dans ma chambre ?

Maman.

Elle va devoir bouger.

Cette chambre est pour nous deux.

- Le raisin a l'air bon. - On ne peut pas.

Eh bien, nous prendrons une autre chambre.

C'est impossible, pour l'instant.

Maman ignore que nous sommes mari�s.

Elle ignore quoi ?

Tu ne m'aides pas � t'expliquer.

Ce n'est pas facile � entendre.

Vas-y, Lee, explique-moi. Je suis tout ou�e.

Maman ne sait pas que nous sommes mari�s.

Pourquoi l'ignore-t-elle ?

Je ne le lui ai pas dit.

Tu as gard� notre mariage secret ?

Elsa le sait. N'�tant pas mari�e,

elle seule me comprenait, en ton absence.

Puis-je conna�tre les raisons de ce secret ?

Je te le demande.

Quand je suis rentr�e de notre escapade,

maman a eu un vertige, � cause de mon absence.

Elle a cru que j'avais fui pour t'�pouser.

C'est le cas.

Je lui ai dit l'inverse.

Je lui ai dit que j'�tais all�e te dire au revoir.

Pourquoi ne m'avoir rien dit ?

Je ne voulais pas te peiner, tu �tais si loin.

Tu pr�f�rais me peiner � mon retour ?

Ne pleure pas, ch�rie. Tout va s'arranger.

Nous allons tout dire � ta m�re.

Tu ne crois pas qu'on devrait attendre ?

Attendre ?

Lee, je n'ai qu'une semaine de permission.

Une petite semaine pour rattraper

quinze jours de varicelle et dix mois � l'�tranger.

Je n'attendrai pas plus longtemps.

Et si elle est prise de vertige ?

J'ai ce qu'il lui faut.

Je t'ai fait peur !

Ne recommence jamais.

Entrez.

La chemin�e refoule � cause du vent.

Qu'y a-t-il, ch�rie ?

Regarde qui est de retour.

Bienvenue, mon gar�on. Ravie de vous revoir chez vous.

J'aurais d� sortir le drapeau.

Heureux de vous voir en forme.

Ne vous fiez pas aux apparences.

Je ne me sens pas tr�s bien, sans vouloir me plaindre.

J'ai perdu l'app�tit, ces jours-ci. Je me force � manger.

Maman ne supporte pas la fum�e.

- C'est �gal. - D�sol�.

Cela me g�ne moins apr�s le d�ner.

J'ai tout dit � Alvah, � propos de notre famille.

Nous abusons de votre hospitalit� en leur donnant un toit.

- Asseyez-vous. - Merci.

Je suppose que je vais devoir leur dire de partir.

Je ne rentre que pour une semaine.

Il est inutile que vous deux restiez seules,

vous avez l'habitude d'�tre entour�es.

Ne changeons rien.

C'est tr�s aimable � vous, Alvah.

Une semaine, avez-vous dit ?

Oui, Mme Kingshead.

Je vous appelle Mme Kingshead,

mais je devrais dire "maman".

Vous allez un peu vite. Je ne suis pas encore votre m�re.

Justement, nous voulons vous parler du mariage.

- Du mariage ? - Oui, du mariage.

Vous ignorez o� nous en sommes, Lee et moi.

Vous devez savoir que...

Tu vois ? Maman.

Vite, les sels.

Merci, ch�rie.

Mon pauvre c�ur ne supporte aucun choc.

Choc ou non, Mme Kingshead,

vous devez savoir que Lee et moi sommes d�j�...

Ce qu'Alvah veut te dire, c'est que nous voulons nous marier.

Parlons-en plus tard. Vous �tes l� pour une semaine.

Toute une semaine !

Il peut se passer beaucoup de choses.

Je l'esp�re.

Qu'est-il arriv� au V�suve ?

Il est l�, derri�re le coffre.

Derri�re le coffre ?

Je l'ai d�croch�.

Veux-tu t'allonger et te reposer ?

C'est une bonne id�e.

Puisque Alvah est rentr�, raccrochons le tableau.

�a ?

La pi�ce est diff�rente, sans lui.

Laissons maman seule un moment.

Vous voulez r�cup�rer votre chambre ?

Vous �tes install�e et je repars bient�t.

Je vais mettre le V�suve dans l'entr�e.

O� va-t-il dormir ?

Dans le bureau, avec Donovan.

Mme Kingshead,

j'ignore qui est Donovan, mais...

Alvah sera tr�s bien, j'en suis s�re.

Je l'accepte comme belle-m�re, elle devra m'accepter comme gendre.

Tu ne comprends pas ? Elle se croit dans son droit.

Mais elle me refuse le mien

en me faisant dormir avec Donovan.

- Qui est-ce ? - C'est celui qui...

C'est toi que je veux voir, pas ce monstre.

Tu me verras, Alvah.

O� dors-tu ?

En face de chez maman.

Je viendrai te voir plus tard.

Donovan, cesse ce bruit.

Venez � table !

Ch�rie ? C'est moi, Alvah, ton mari.

Je veux te parler. Tu n'as pas peur ?

Pas le moins du monde.

Tant mieux, parce que...

Tu as l'air diff�rente.

Je suis diff�rente.

Tante Elsa ! Je suis d�sol�.

Je suis effroyablement d�sol�.

Ne le soyez pas.

Lee devait dormir ici.

Sa m�re la voulait avec elle, elle y est all�e.

Elle m'a dit qu'elle serait l�. Je suis son mari !

Elle a un mari depuis moins d'un an

et une m�re depuis vingt ans.

Il faut plus qu'une c�r�monie pour se marier.

Surtout avec Lee.

Je commence � le croire.

Votre visite est-elle importante ?

On peut le dire.

Je suis parti dix mois durant.

On a des choses � se dire, apr�s si longtemps.

Je vais la chercher. Tournez-vous.

Venez avec moi.

Attention � sa m�re.

Elle dort comme une b�che.

Que fais-tu ici ?

Je ne dormais pas.

Moi non plus.

- Bonne nuit, les enfants. - Bonne nuit.

Tu n'aurais pas d�.

Je peux parler � mon �pouse, si je le veux !

Pas si fort.

Quel mariage ! Je ne peux m�me pas te parler.

Je voulais �viter le c�libat

et j'ai le sentiment de parler � la femme d'un autre.

Tu vas les r�veiller.

Lee ?

Tu vois ce que tu as fait ?

Viens par l�. Dans la salle de bain.

Lee, que fais-tu dehors ?

J'avais soif, je voulais descendre prendre un verre.

Il y a de l'eau dans la salle de bain.

Tiens.

Je veux un verre de lait chaud.

Ne reste pas l�.

Va chercher ton verre de lait.

Apporte-m'en, et nous nous recoucherons.

Dieu merci, elle ne veut pas se doucher.

Tu es essouffl�.

Pas essouffl�, excit�. Et essouffl�.

Assieds-toi et reprends ton souffle.

Quel joli kimono tu as.

Ce n'est pas un kimono, c'est un peignoir.

Ta chemise de nuit aussi est jolie.

Je l'ai depuis dix mois et une semaine.

Tu la portais quand j'ai eu la varicelle ?

Tu voulais me parler.

Je t'ai dit de quoi ?

- Tu ne l'as pas dit. - Vraiment ?

Il y a bien quelque chose.

Je n'arrive pas � me concentrer.

Tu as tant de choses en t�te,

apr�s une si longue absence !

Tu sens d�licieusement bon.

Est-ce ce parfum, "Fille d'�ve" ?

M�me femme, m�me parfum, m�me chemise de nuit.

Qui est-ce ?

C'est moi !

Donovan !

Va te coucher. Il est plus d'une heure.

Je dormais, je me suis r�veill� parce que j'avais soif !

Retourne au lit.

Je ne veux pas me coucher ! Je veux entrer !

Quel est le probl�me ?

Lee ne veut pas me laisser boire !

Qu'y a-t-il ?

Ouvre la porte ! Je veux entrer !

Lee ch�rie ? Es-tu l� ?

Oui, maman.

Par ici.

- Laissez-moi faire. - Allons-y.

Un !

Je sors.

Deux !

Trois !

Alvah ! Tu es bless�, ch�ri ?

Comment puis-je me blesser en tombant du deuxi�me �tage ?

Aucun danger !

Donovan a sci� cette branche, ce matin.

C'est bien le moment de me le dire.

Que faisiez-vous l�-dedans avec ma fille ?

Votre fille est aussi mon �pouse.

Bon sang !

Ce n'est pas une raison pour...

Son �pouse ?

Oui, maman.

De l'eau, vite.

Mon Dieu !

Ne m'enterre pas dans cette prairie isol�e

Le coyote sauvage

Hurlera au-dessus de ma t�te

Je t'attraperai !

Bonjour, Alvah. Comment te sens-tu ?

Bonjour, cousine Lee.

Je viens te dire au revoir.

Au revoir ? O� vas-tu ?

Travailler, bien s�r.

Travailler ? Tu ne peux pas me faire �a !

Et notre lune de miel ? Tu ne peux pas rester ?

Tu veux que je travaille, selon maman.

Lee doit honorer des contrats avant ce soir.

Notre pays doit se pr�parer, c'est ce que vous voulez.

Je lui ai dit qu'un soldat comprendrait.

Je suis aussi un mari, vous le savez.

S'il te pla�t, Alvah.

Si vous pensez � vous aux d�pens de votre pays...

Voulez-vous pr�tendre que l'int�r�t du pays

d�pend d'un jour de cong� ?

Nous devons tous nous impliquer.

Ils se passeront de moi, aujourd'hui.

Votre attitude pourrait mener � une enqu�te.

J'ignore tout des lois pass�es ces dix derniers mois,

mais vouloir voir son �pouse n'est pas un crime f�d�ral.

Je devrais peut-�tre rester.

Tu ne peux pas. M. Strouple te renverrait.

Elle trouvera un autre travail.

- � six mille dollars par an ? - Oui, � six...

Six mille dollars ! C'est ce que tu gagnes ?

Oui, sans les primes.

Six...

Les vignes m'en rapportent 3000 !

Pourquoi te donne-t-il autant d'argent ?

Il me pr�tend inestimable.

Lee, ils t'attendent !

Je rentrerai t�t.

Venez dans ma chambre, je veux vous parler.

Pensez-vous �tre juste avec Lee ?

J'imagine que non... O� voulez-vous en venir ?

Comprenez que ce soi-disant mariage...

Qu'entendez-vous par "soi-disant" ?

Nous sommes mari�s, comme tous les mari�s.

Et la varicelle ?

Vous �tes au courant ?

Lee m'a tout dit cette nuit.

Je disais donc que ce soi-disant mariage

ruine les espoirs pour Lee d'avoir une vie heureuse.

Apr�s l'arm�e, je lui offrirai l'avenir dont elle r�ve.

Avec les 3000$ que rapportent les vignes ?

Pourvu que le froid, l'eau ou les b�tes ne les tuent pas.

Quand nous sommes arriv�es, vous parliez d'un grand vignoble

dont votre p�re a vendu la majeure partie

pour �viter la banqueroute.

Mais nous �tions en pleine prohibition.

Qui sait si la prohibition ne reviendra pas ?

Pour ma part, j'ex�cre toutes les liqueurs.

L'id�e que vos vignes contribuent � l'enivrement du pays me r�pugne.

Vous vous opposez � moi � cause de mes vignes ?

C'est l'une des raisons.

Il y en a d'autres, trop nombreuses.

La principale est que vous emp�chez Lee

d'�pouser des hommes qui ont r�ussi,

� commencer par M. Strouple.

�pouser ?

Nous sommes d�j� mari�s et la bigamie est un crime.

C'est exact.

Vous devriez avoir l'honn�tet� d'annuler votre mariage

et de laisser Lee s'�panouir comme elle le m�rite.

Vous repartez bient�t.

Est-il juste d'imposer la solitude � cette pauvre fille,

pendant que vous faites l'idiot dans un terrier ?

On ne s'amuse pas, dans les terriers.

C'est une chance d'y survivre.

Je n'ai aucunement l'intention d'annuler mon mariage

et je ne laisserai personne parler d'un "soi-disant" mariage.

Lee, voulez-vous venir un instant ?

Je viens d'avoir mon avocat.

Steven, Wallace et Hanks acceptent le droit de passage.

C'est magnifique !

Il ne manque que l'autorisation d'Alvah

et je construis une voie de l'usine au d�p�t.

Envoyez-lui un c�ble

pour avoir une procuration et signer l'expropriation.

Pas besoin de lui �crire,

mon mari est rentr� hier soir.

C'est merveilleux.

Vous dites "mon mari" ?

Nous nous sommes mari�s avant son d�part,

mais j'ai gard� le secret � cause des vertiges de maman.

Je sais ce que ressent votre m�re.

Mes f�licitations, Lee.

J'avoue que c'est un choc pour moi.

J'ai toujours cru qu'un jour...

Je pensais que peut-�tre...

L'uniforme est plus fort que moi.

Il est encore plus beau en peignoir !

J'ignore ce que ce vent peut nous apporter de bon.

Demandez-lui une signature ce soir.

Entendu.

Dites-lui que cette voie qui reliera l'usine au d�p�t

nous �vitera les co�ts du transport en camion.

Nous continuerons d'employer, m�me apr�s la guerre.

Cette ligne traverse la maison ?

- O� cela ? - Juste ici.

- Qui l'a construite ? - Le grand-p�re d'Alvah.

Quel acte inconsid�r� !

Il faut d�placer la maison.

Dites-lui que la soci�t� financera les travaux

pour �loigner la maison de la ligne.

Dites-lui aussi qu'il touchera un droit de passage

de 2000$, comme les autres.

Alvah n'en demanderait pas tant pour un simple petit embranchement.

Voici la suite.

Et voil�.

Tiens.

On peut se faire tuer, ici.

� moins qu'on ne meure de faim.

Sois sage, Donovan.

Je ne veux pas ! Je veux ma viande !

J'aimerais te parler. Seule.

Bien s�r.

Plus tard, Alvah.

Apr�s le d�ner.

Entendu.

Lee, o� vas-tu ?

Je veux parler � Alvah.

Tu as promis de rester avec moi.

J'ai envie de dormir.

- Je ne serai pas longue. - Si, elle le sera.

Pardonnez-moi.

Voulez-vous m'excuser ?

Am�ne ce petit ange au lit, il est fatigu�.

Je ne veux pas me coucher !

Enfin seuls !

Il n'y a personne ? Apportez les jetons de poker.

On n'a que deux heures.

Enfin ! Je...

Les jumeaux !

Gentils b�b�s.

Qu'y a-t-il, mes petits ch�ris ?

Qu'avez-vous fait ?

Rien.

Pas ici.

La v�randa, derri�re.

Vous aimez la tarte ?

Je la pr�f�rais chez moi.

N'y a-t-il aucun endroit o� s'isoler ?

Retournons au salon.

S�rement pas. Allons nous promener.

Que quelqu'un vienne nous d�ranger !

C'est notre arbre.

Tu te souviens ?

Comment oublierais-je ?

Notre premier baiser.

J'avais peur que tu me gifles.

Alors que je voulais que tu m'embrasses ?

Tu as mis le temps.

Pourquoi ne pas avoir demand� ?

Mon Dieu, Alvah !

Si les femmes devaient demander qu'on les...

Tu n'entends rien ?

Un orage.

Il pleut.

- Tu l'as dit ! - On rentre ?

Non, �a ne nous fera pas de mal.

Le feuillage est �pais.

C'est bon pour le raisin.

- De quoi ? - La pluie.

- C'est ce que je pensais. - Quoi ?

C'est bon pour le raisin.

Voil� de quoi je r�vais. Toi et moi, seuls.

J'ignorais que ce serait sous la pluie.

Que demander de plus ?

Toi, ma maison, un peu d'argent...

� propos, tu dois signer un papier important pour Suttersville.

Bien s�r, de quoi s'agit-il ? La Croix-Rouge ?

Non, rien de tel.

Strouple veut construire une voie sur tes vignes.

Wallace, Hanks et Steven ont d�j� accept�.

Il ne manque plus que ta signature.

Int�ressant !

Il t'en offre 2000$.

C'est trop aimable.

- Tu m'�coutes ? - Continue de parler.

J'ai promis que tu signerais.

Tout ce que tu voudras.

La maison doit bouger � cause de la voie.

M. Strouple paiera les travaux.

Tu peux d�placer ma maison. Tu peux...

D�placer ma maison ?

Des trains dans ma cour ?

Tu veux que j'accepte cette fum�e et ce bruit dans mes vignes ?

Alvah, tu as promis !

Tu viens de dire : "Tout ce que tu voudras."

Tu l'as dit.

Sans y penser.

Donne-moi ce papier.

Je ne veux plus en entendre parler.

Que vais-je dire � M. Strouple ? J'ai promis.

Dis-lui tout ce que tu veux.

J'ai m�me un mot � te sugg�rer.

Ne nous disputons pas.

Je ne suis pas venu sous la pluie pour me disputer.

Moi non plus, excuse-moi.

Ne nous disputons jamais.

J'ai tellement esp�r� ce moment.

Et j'ai tellement voulu que tu l'esp�res !

Je les ai trouv�s !

Donovan, arr�te imm�diatement.

Pourquoi sonnes-tu ?

Avec la pluie, la m�re de Lee s'inqui�tait.

Elle nous a envoy�s � sa recherche.

O� est-elle ?

C'est bien, mon petit d�tective en herbe.

Tu m�rites quelque chose.

C'est ce que je pense aussi.

Bonjour, maman.

Mon petit-d�jeuner est pr�t ?

Il est dans votre chambre.

Merci, cousin Luke.

Un instant !

O� allez-vous ?

� la queue. Reculez !

Maman l'a dit.

Venez, la queue est l�.

- Ch�rie ? - Oui, Alvah ?

D�jeunons ensemble.

J'adorerais, mais M. Strouple donne une conf�rence.

Combien de temps va-t-elle durer ?

Je ne sais pas. Que vas-tu faire ?

Je pensais aller en ville voir mes amis.

J'�tais l� avant.

Que dites-vous de cela ?

Bonjour, Betty.

Bonjour.

C'est une brute.

- Vous ! - Bonjour, cousin.

Will Stubbins !

Comment vas-tu, vieux pirate ?

Tu es rentr� ?

J'ai pris du plomb, je boite.

Moi, le champion de jitterbug de Suttersville !

D�sol� de l'apprendre.

�a aurait pu �tre pire. Entre donc.

Sans ma blessure, je n'en serais pas l�.

Quand as-tu ouvert ?

Il y a huit mois, aid� par le gouvernement.

Je m'enrichis, je grossis

et je prends du bon temps.

Ce bout de plomb ne m'en emp�che pas.

Assieds-toi, Alvah.

- Tu es d�mobilis� ? - Non, en permission.

Je suis un civil pour quelques jours.

- Que veux-tu boire ? - Un scotch sec.

Je peux en avoir un autre ?

Vous ne voyez pas que je parle ?

Vous en voulez un autre ?

Sortez d'ici et allez-le boire ailleurs.

Tu vas faire faillite en parlant comme �a.

Je fais plus d'argent que je ne peux en compter.

Je n'en profite pas car je n'aime plus cette ville.

Ce n'est plus ce que c'�tait.

Je viens de voir une passante en manteau de vison et pyjama.

Tu sais quoi ?

Le vison est si banal qu'on l'appelle �cureuil, ici.

Crois-moi, cette cimenterie va ruiner la ville.

Tu restes longtemps ?

Jusqu'� la fin de la semaine.

C'est peu pour un homme qui n'a pas vu sa femme de l'ann�e.

Sa... Tu es mari� ?

Oui, � Lee Kingshead.

Bien s�r, je l'ai vue. Elle est charmante.

On s'est mari�s avant mon d�part.

F�licitations. Je l'ignorais.

Moi aussi, j'ai l'impression.

C'est-�-dire ?

Elle travaille, et on ne se voit pas le soir.

Sa famille est chez moi, on n'est jamais seuls.

On ne peut plus l'�tre nulle part, dans cette ville.

C'est pourtant possible.

J'ai un rendez-vous, ce soir. Je rentrerai tard chez moi.

1918, Maple Street.

- Comment te remercier ? - N'y pensons plus.

Tu donneras mon nom � ton fils a�n�.

C'est ce que je vais faire, Will.

� William Morrell. �a sonne bien !

� William Morrell.

Delicio...

Salami...

Salute, mi amore.

Merci, l'ami.

� plus tard.

Lee ! J'ai la cl�.

- Je prends mon manteau. - Parfait.

- O� est Lee ? - Elle est dans la v�randa.

Tu portes un �cureuil ?

Un quoi ? Oh, �a !

Plus tard. Allons-y.

Will a un sacr� appartement, tu vas voir.

Bonsoir, Lee.

Content de vous revoir, Alvah.

� bient�t, M. Strouple.

Je dois vous parler.

Plus tard.

Non, ce soir. Maintenant, � vrai dire.

M. Strouple est l� !

- Bonsoir, M. Strouple. - Bonsoir.

Quelle aimable visite.

- Asseyez-vous. - Merci.

Je suis content de vous voir.

Vous �tes tous concern�s.

Parfait, parlez-leur, nous reviendrons.

Vous �tes l'int�ress�.

- Bienvenue, M. Strouple. - Merci.

Lee, o� vas-tu ?

Nous allons prendre l'air.

Pas tant que M. Strouple est ici !

Mais, Lee !

- Il serait mieux que... - Tr�s bien.

Une chaise !

Faisons vite, monsieur.

Une chaise pour maman, cousin !

Mesdames et messieurs, vous �tes le jury.

Je compte sur votre impartialit�.

Alvah, vous ne mesurez pas l'importance de cette voie.

Vous serez heureux de me satisfaire quand vous comprendrez.

Si c'est la raison de votre visite, c'est non.

Il n'y a rien � ajouter.

Un instant, je n'ai pas termin�.

Vous �tes si grossier !

Laissons M. Strouple finir.

Vous l'ignorez mais c'est pieds nus que j'ai fait mes premiers pas.

Je suis n� pieds nus, moi aussi.

J'ai fond� cette cimenterie � partir de rien.

Oublions cela et venons-en au fait.

Entendu. Vous estimez que 2000$ ne suffisent pas ?

J'ai donc r�dig� un nouveau contrat.

Je n'abuserai pas d'un courageux soldat.

Signez cela et vous toucherez 4000$ pour le passage.

4000$ !

Et vous aurez un poste � 5000$ par an.

5000$ ! C'est magnifique.

� vous de d�cider. Suis-je juste envers notre h�ros ?

Mieux que �a !

Mon mari r�verait d'un tel poste.

Comment refuser ?

Dites-lui que c'est la chance de sa vie.

5000$ par an ? C'est merveilleux.

Tu ne t'inqui�teras plus pour les vignes.

J'appr�cie votre offre, mais je ne signerai rien.

- Mais... - Je ne peux pas.

Si Lee compte � vos yeux, vous devez signer.

N'insistez pas, je ne signerai pas.

Tu ne peux pas partir ainsi.

Savez-vous ce qu'il risque d'arriver ?

Sans le gouvernement, nous ne tiendrons pas.

Des milliers de gens au ch�mage, y compris vos cousins !

Suttersville ne grandira plus.

C'est ce que vous voulez ? R�pondez-moi.

- C'est ce que je veux. - Comment ?

J'aimais cette ville, autrefois. Et j'aime cette maison.

Mon p�re et mon grand-p�re y ont v�cu.

Et je compte bien la garder.

Je serais fou de vous laisser d�figurer ma cour,

d�placer ma maison et empuantir mes vignes.

Qu'on enqu�te sur lui !

Vous le regretterez toute votre vie.

Je vous ferai quitter la ville.

Vous croyez ?

Ne me frappez pas. Je suis important.

Sur les prairies oc�anes

Les buses planent et le vent souffle en tout sens

Que dois-je faire ?

Quel mal y a-t-il � signer ce contrat ?

M. Strouple t'offre le double de ce qu'il donne aux autres.

Et 5000$ par an � ton retour !

C'est �norme, Alvah.

J'en �tais s�r !

Tout n'est qu'histoire d'argent.

Rien d'autre n'a d'importance.

Valeurs morales, principes, sentiments...

Du pognon, et ouste !

Tu vois d�sormais qui tu as �pous�.

Il est pr�t � se sacrifier,

avec sa femme et toute sa famille,

pour un sentiment idiot.

Tu as raison.

Ta m�re et M. Strouple aussi. Vous avez raison et j'ai tort.

Les choses vont trop vite pour moi.

Depuis mon retour, elles ont pris une tournure

qui me d�pla�t.

Ma maison est devenue un h�tel.

Les gens sont si occup�s � faire de l'argent et � le d�penser,

qu'ils en oublient ce qu'est l'homme.

Ils se jettent sur n'importe quoi,

sans en avoir besoin,

comme cet �cureuil que porte Lee.

De l'�cureuil ?

Quelle ignorance ! C'est du pur vison.

Je le sais, je l'ai achet�.

C'�tait une prime.

C'est ce que je dis.

J'estime que c'est au mari de s'occuper de ces achats.

M�me toi, tu as chang�.

Je te retrouve si occup�e � gagner tes 6000$

que je ne peux te parler de mes projets.

Des projets pour nous deux.

N'ai-je pas raison ?

M'as-tu interrog� sur mes projets, apr�s l'arm�e ?

Non, et je ne t'en veux pas.

C'est l'�poque qui veut �a.

Seul un mari peut te l'apprendre.

Elle a sa m�re, et un mari ne peut la remplacer.

Tu les laisses t'entra�ner.

J'ai de la peine pour toi. Beaucoup de peine.

De la peine ? Je n'en ai pas besoin.

C'est toi que je plains.

Je n'ai jamais connu plus �go�ste et plus ent�t� que toi.

Si j'avais su ce que tu �tais...

Vas-y, va au bout.

Je vais finir pour toi.

Tu ne m'aurais pas �pous� !

C'est ce que tu allais dire ?

Alvah, parlons-en.

Vous en avez assez dit.

Je n'ai jamais pris parti, je dois le faire, maintenant.

Si Alvah te quitte, tu le regretteras toute ta vie.

Regretter de le perdre ?

Cet imb�cile t�tu ?

Je ne veux plus le voir.

Je n'aurais pas d� l'�pouser.

Tu aurais �pous� M. Strouple, que tu n'aimes pas.

J'�pouserais n'importe qui, mais pas cet homme.

Si tu veux vivre comme ta m�re...

Qu'a-t-elle, sa vie ? Maman ne veut que mon bonheur.

Je connais ta m�re mieux que toi.

Elle ne pense qu'� son bien-�tre.

- T'es-tu pr�occup�e d'elle ? - Oui.

Et de toi aussi. Voil� pourquoi je te dis cela.

Ta m�re et ses grandes id�es...

Elle veut que tous la consultent, pour mieux contr�ler leur vie.

C'est pourquoi elle s'entoure de parents

qui crieraient � la fin du monde au moindre �ternuement.

Tu devrais avoir honte de parler ainsi.

Pense � son c�ur, si elle t'entendait.

Son c�ur va tr�s bien.

Elle nous enterrera.

Comment peux-tu dire cela ?

Elle souffre de vertiges et tu sais que son c�ur...

Lee, ta m�re s'est encore �vanouie.

Tu vois ?

N'as-tu pas honte de toi ?

Que s'est-il pass� ?

Je n'aurais pas d� dire certaines choses.

Voil� pourquoi je suis c�libataire. Je ne sais pas me taire.

Sur une prairie isol�e

Le vent souffle en tout sens

C'est vrai, Mme Kingshead.

Une fille a sa m�re

et un mari ne peut remplacer cette m�re.

La ferme !

Surtout si le mari est r�fractaire au progr�s.

Petit malin !

Delicio !

En avant toute !

- Excuse-moi, Alvah. - Entre, Will.

Reste ici, je vais dormir dans mon bar.

Entre, Will.

O� est Lee ?

� la maison.

Chez toi ?

Avec sa m�re.

Elle est partie ?

Elle n'est pas venue.

Elle a besoin de faire un choix.

Tu ne voulais pas �tre seul avec elle ?

Si !

C'est r�ussi. Toi ici, et ta femme l�-bas...

Sa place est l�-bas,

avec sa m�re, sa famille et ce cimentier, Strouple,

qui lui a offert un �cureuil.

Il me faudrait cinq ans

et un million d'hectares pour lui payer le m�me.

Une dispute ?

Je suis parti en leur disant ce que je pense.

Strouple t'a frapp� ?

Me frapper ?

Il aurait tort.

Je n'ai pas appris le ju-ji...

Bref, je ne l'ai pas appris pour rien.

Pourquoi portes-tu de si grands peignoirs ?

J'en trouverai un plus petit. Tu dors ici ?

Je n'y retournerai jamais.

Ils peuvent tout garder.

La maison, la grange, les vignes, tout !

Je d�teste cette ville, � cause de cette cimenterie.

Elle s'�tend dans la vall�e et d�truit tout.

Elle a chang� l'esprit des gens.

Elle m'a m�me vol� ma femme.

Peut-on poursuivre une cimenterie pour adult�re ?

Calme-toi.

Me calmer ? Tu me demandes de me calmer ?

Je n'ai pens� qu'� ma femme depuis un an.

Je parlais d'elle, je r�vais d'elle.

Et que se passe-t-il ?

Je rentre sur un nuage, et voil� !

Cette cimenterie me met par terre et m'�loigne de ma femme.

Je vous d�teste. Je vous d�teste tous !

Tu devrais te reposer.

Oui, M. Strouple ?

Voulez-vous bien venir ?

Bien, M. Strouple.

Entrez et asseyez-vous.

Voici Mme Morrell.

Enchant�.

- Vous vous sentez mal ? - Pardon ?

- Le docteur soigne l'esprit. - Psychiatre.

Taylor, mon avocat.

Bonjour.

Savez-vous o� se trouve Alvah ?

Non, il n'est pas rentr� cette nuit.

Qu'avez-vous, Lee ?

Maman est all�e voir son avocat pour qu'il annule mon mariage.

- Annuler ? - Vraiment ?

Pas de larmes, vous devriez vous r�jouir.

- Herman ? - Oui ?

Il nous faut une d�cision judiciaire.

Vraiment ?

Vous ne pouvez l'annuler.

Si. Vous souvenez-vous de cette histoire de varicelle ?

Je ne parle pas de cela.

Si vous l'annulez maintenant,

c'en est fini des droits de passage.

- Pourquoi ? - Parce qu'il s'y opposera.

Le docteur Trotter va nous aider

� d�clarer votre mari irresponsable.

Vous devrez alors veiller sur sa propri�t�.

Vous pourrez donc signer le contrat.

Vous pourrez ensuite annuler le mariage.

Ensuite, vous et moi...

On me voit comme un bon parti, dans cette ville.

Nous pourrons garder les 4000$ promis.

C'est simple.

J'aimerais comprendre.

Vous voulez le d�clarer fou ?

Juste une petite cirrhose.

- Une n�vrose, M. Strouple. - C'est �a.

Vous ignorez pourquoi il s'est comport� ainsi.

C'est moi qui serait folle d'accepter.

C'est possible.

Vous devez �tre fou pour l'esp�rer.

Possible aussi.

Je n'ai jamais rien entendu de plus m�prisable.

Je m'en vais.

Gardez votre poste, votre �cureuil et tout votre ciment.

Je ne construirais pas une niche avec.

Trouvez une autre secr�taire.

Attendez, Lee !

Oui, maman.

Que je dise � M. Strouple...

Alvah est rentr� ? En quoi cela regarde-t-il...

Avec l'aide de sa m�re, je lui ferai signer ce que je veux.

Sa m�re est n�vros�e ?

Aucun divan ne pourrait l'accueillir.

C'est ce que je pensais.

Vous ne vous opposerez pas � l'annulation ?

Mme Kingshead, je la souhaite autant que Lee.

Mesdames et messieurs,

voici les r�sultats de la course de Woodville Park.

Girl in Armor gagne, suivi de Mumsie puis Torch Rose.

Le gagnant, mont� par Crossett, rapporte 880, 440 et 320.

Mumsie rapporte 280 et 220. Torch Rose rapporte trois dollars.

Les prochains r�sultats dans une heure.

Nous rendons l'antenne.

M. Strouple arrive avec un avocat et un psychiatre.

Cette maison en a besoin.

Ils viennent te voir, pour te d�clarer irresponsable.

� le voir agir, ce sera facile.

M. Strouple est l� !

Ne dis rien, m�me pas bonjour.

J'en ai envie.

Tout est �trange depuis mon retour.

Je veux savoir si c'est moi qui d�raille.

Si tu parles ainsi, ils arriveront � leurs fins.

Ils veulent t'�loigner.

Quelle surprise !

Comment allez-vous, Alvah ?

Voici mon avocat, M. Taylor.

Et voici le Dr Trotter.

Acceptez-vous que le docteur vous pose quelques questions ?

La justice vous y obligera.

Je m'en voudrais de vous causer des probl�mes.

Allons au salon.

Bien s�r, allons-y.

Il me semble coop�ratif.

- Je m'allonge ? - C'est inutile.

Parfait, que voulez-vous savoir ?

Qu'est-ce qui vous a pouss� vers l'arm�e ?

Je me demandais comment servir mon pays,

s'il avait besoin de moi.

� ce moment-l�, ils sont arriv�s et m'ont emmen�.

Je suppose que cela a �t� dur, � l'�tranger.

J'avais h�te de rentrer.

Pourquoi ?

Allons, docteur !

Vous �tiez �puis� ?

Pas avant mon retour.

C'�tait plus facile l�-bas

que de chercher � �tre seul avec ma femme ici.

Pourquoi avez-vous saut� du deuxi�me �tage ?

Ne r�ponds pas, Alvah.

- C'�tait la seule issue. - Pas de porte ?

C'�tait plus s�r de sauter par la fen�tre.

Vous trouviez cela plus s�r que de sortir par la porte ?

Oui, et de loin.

Alvah, pourquoi...

Je peux vous expliquer.

Je vous en prie, laissez votre mari s'expliquer.

Vous avez frapp� un petit gar�on, Donovan Murray ?

En effet.

Pourquoi ?

Donovan, sois sage.

S'il vous pla�t, Dr Trotter.

Pardonnez-moi, M. Strouple. J'ai perdu le fil, un instant.

O� en �tions-nous ?

- Pourquoi avoir frapp� ce petit... - Docteur !

Entendu.

Dites-moi, mon enfant. Vous sentez-vous pers�cut� ?

Par qui ?

Par lui. Il veut ma signature.

Il m'offre 4000$, puis 5000$ par an.

Pers�cut� ?

Je refuse, mais il insiste et m'�loigne de ma femme.

C'est de la pers�cution.

M. Strouple, M. Taylor.

Tu �couteras ta m�re, d�sormais.

�pouser un fou comme lui !

Alvah n'est pas fou.

C'est cette famille qui le rend fou.

Le docteur conclut � votre cirrhose.

N�vrose, M. Strouple.

C'est ce que je dis.

Puis-je voir le contrat ?

Oh, le contrat.

- Votre stylo ? - Allez-y.

Au vu de tout cela,

ces hommes et moi-m�me avons d�cid�...

Que vous ne pouvez g�rer cette propri�t�.

Que fais-tu ?

Voil� qui va tout arranger, M. Strouple.

Mme Kingshead, occupez-vous de l'annulation.

Tu es fou ? Tu refusais de signer !

J'ai chang� d'avis.

Je pars. C'est ce que vous vouliez, ta m�re et toi.

M. Strouple, donnez l'argent � Lee.

Je n'en veux pas.

Merci, Alvah. Je peux construire cette ligne.

Un instant.

Si Alvah est irresponsable et incapable de g�rer cet endroit,

ce contrat n'a pas de valeur.

Irresponsable ? Alvah ?

- Qui le dit irresponsable ? - Moi.

Il faut l'�tre pour signer ceci.

Tu dois avoir perdu la t�te.

Comment peux-tu parler ainsi � ton mari ?

Celui qui le croit sens� ne peut qu'�tre fou.

Soigne ton langage devant ces messieurs.

Je suis d'accord avec cette femme.

J'ai la conviction que M. Morrell montre des signes de schizophr�nie.

Schizo... Et alors, tant qu'il est sens� ?

Quel docteur !

Dire qu'un homme aussi intelligent a perdu la boule ?

Il a forc�ment un probl�me.

Il n'y a pas plus sens�.

Il garde la t�te sur les �paules. Il r�ussira.

S�rement. � l'asile, si vous voulez mon avis.

Ne discute pas.

Il va s�rement mal.

Vous confirmez ?

- N'intervenez pas. - Pardon ?

- Vous �tes vir�. - Comment ?

Sortez d'ici et retournez � votre divan.

- Bon apr�s-midi. - Qu'a-t-il de bon ?

Alvah refuse l'expropriation.

Son p�re a v�cu ici

et il a dit vouloir en faire autant.

Voulez-vous prendre le th� ?

Avec plaisir.

Un th� avec vous et tante Elsa !

Vous m'appelez "tante" ?

Que devrais-je dire ?

La "jeune" Elsa, peut-�tre ?

M. Taylor sugg�re que vous signiez aussi le contrat.

Ainsi tout sera l�gal.

Vous �tes toujours sa femme. Pour l'instant.

Signez ici.

Elle est l�.

Qui ? Will Stubbins ?

Excusez-moi.

Il vient de passer.

Il prend le train de 14 heures, il rejoint son unit�.

- O� est-il ? - Il ach�te son billet.

- Il va repasser chez vous ? - Je l'ignore.

Bien s�r ! Il a laiss� son sac ici.

Entendu. D'accord. Je rajoute des bouteilles au frais.

D'accord. Au revoir.

Merci, Will.

- Revenez, Lee. Le contrat ! - Merci, j'oubliais.

- Lee, tu es excit�e... - Maman, ton c�ur !

As-tu oubli� ?

Merci de me le rappeler, ma ch�rie.

Delicio !

Je reviens tout de suite.

Tu es l� ?

Trois heures !

Lee ! Que fais-tu ici ?

Je voulais te dire au revoir.

Tu ne pouvais pas le faire � la gare ?

Je pr�f�re ici.

C'est gentil d'�tre venue me dire au revoir.

Alvah, je veux te parler.

Je reste debout.

Je vais attraper un torticolis.

Ce n'est pas ce que tu veux ?

Te rappelles-tu tes mots de jeune mari� ?

Non, lesquels ?

"� mon v�ritable amour".

C'est ce que j'ai dit ?

Parfaitement. J'�tais l�, j'ai tout entendu.

La plus belle chose qu'on m'ait dite.

Il faut que j'y aille. Je dois dire au revoir � Will...

J'ai tellement de choses � te dire.

Tellement ?

Je reviens.

Tu as donc tellement � me dire ?

Que veux-tu faire apr�s l'arm�e ?

Je vais trouver un vignoble et me payer des cours du soir.

Je veux �tudier la viticulture. J'ai toujours ador� �a.

Moi aussi.

La viticulture est un sujet fascinant.

Les gens disent que c'est l'avenir.

Qu'est-ce que c'est ?

L'�tude du raisin dans le but de produire le meilleur vin.

Vraiment ? C'est int�ressant ?

Je connais un vignoble pr�s d'ici et une belle maison.

Elle est habit�e, mais je compte y rem�dier.

Je veux me d�barrasser de tout ce qui nous �loigne.

Ces vignes peuvent rapporter 3000$.

C'est assez pour payer tes cours du soir.

Et ne t'inqui�te pas pour la voie.

J'ai r�cup�r� le contrat.

Tu as fait �a ?

Tu peux le lui rendre.

Je suis d�cid�, je m'en vais.

J'attendrai ton retour.

Je serai heureuse de t'attendre. J'en ai envie.

Je m'occuperai du raisin en t'attendant.

Ta m�re avait raison.

Je me moque de ce qu'elle a dit.

Elle dit que tu �tais trop jeune pour te marier.

J'ai maintenant dix mois de plus.

� moi de dire ce que je veux.

Ton sentimentalisme t'a tromp�e, selon elle.

Je me sens tr�s sentimentale, en ce moment.

J'aime l'�tre avec toi.

Je ruine tes chances d'�pouser un riche,

comme M. Strouple.

Quel avenir puis-je t'offrir ?

Ch�ri !

Je ne peux t'imposer mes vignes.

Ce serait injuste.

J'adore le raisin, j'en suis folle.

Je veux passer toute ma vie � en manger avec toi.

Et si tu veux produire ton vin, j'�craserai le raisin de mes pieds.

Elle dit qu'il est injuste de t'�pouser

puis partir m'amuser dans les terriers.

- Qui a dit cela ? - Ta m�re.

Qu'a-t-elle dit ?

Lee, j'ai l'impression que tu ne m'�coutes pas.

Je t'�coute autant que je le peux.

Mais toi, tu ne t'occupes pas de moi.

Je n'en ai pas eu l'occasion.

Entre ta famille, ta m�re, M. Strouple,

tes cousins, les cousins de ta m�re,

tous ces gens dans ma maison !

Tu n'as qu'� les mettre dehors.

Les mettre dehors ?

Ta m�re aussi ?

C'est ta maison.

Tu dis que ta m�re est faible.

Je me sens plus faible qu'elle ne l'a jamais �t�.

Nous n'avons jamais �t� seuls,

� part notre lune de miel.

Il a fallu que j'attrape la varicelle.

Tu es gu�ri, n'est-ce pas ?

Je ne me suis jamais senti aussi bien.

Je dois prendre un train �...

trois heures.

� quelle heure est le prochain ?

Pas avant demain matin.

Demain matin ?

Montre que tu as un c�ur. Je suis humain !

Prouve-le !

Adaptation : Stanislas Raguenet

Sous-titrage TVS - TITRA FILM

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