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YONKI NO KAI (LES QUATRE CAVALIERS)
et TOHO présentent
DODES'KADEN
Produit par YONKI NO KAI : Akira KUROSAWA, Keisuke KINOSHITA
Kon ICHIKAWA, Masaki KOBAYASHI
Producteurs exécutifs : Akira KUROSAWA et Yoichi MATSUE
D'après le roman de Shugoro YAMAMOTO "Quartier sans saisons"
Scénario : Akira KUROSAWA Hideo OKUNI, Shinobu HASHIMOTO
Photographie : Takao SAITO, Yasumichi FUKUZAWA
Décors : Yoshiro MURAKI, Shinobu MURAKI
Musique : Toru TAKEMITSU
Rôles principaux
Yoshitaka ZUSHI Toshiyuki TONOMURA
Kin SUGAI
Shinsuke MINAMI
Junzaburo BAN
Kiyoko TANGE Michio HINO
Keiji FURUYAMA Tappei SHIMOKAWA
Kunie TANAKA
Jitsuko YOSHIMURA Hideko OKIYAMA
Hisashi IGAWA Hiroshi AKUTAGAWA
Réalisation : Akira KUROSAWA
Je vous fatigue avec mes prières,
mais faites que ma mère retrouve sa tête.
Tu as l'air toute bizarre !
Maman, tu as des ennuis ?
Ne t'inquiète pas.
Tout va bien.
Écoutez-moi, dieu Osotsu.
Je sais que je vous casse les oreilles avec mes prières,
mais occupez-vous bien de maman.
Je vais être en retard !
La faute aux mécanos. Ils passent un temps fou à vérifier.
Bon, j'y vais.
Aujourd'hui, j'ai huit allers et retours le matin,
et huit autres l'après-midi. Je rentrerai tard.
C'est pas croyable !
Ah, ces mécanos !
Ils sont vraiment nuls.
C'est vrai qu'il est vieux, ce train.
Je ne peux pas trop les critiquer, les mécanos.
Attention au départ !
Dodes'kaden.
Hé, le zinzin du train !
Bonjour, Tamba.
Bonjour.
Ta mère prie toujours ?
Oui, matin et soir.
Ce n'est pas facile pour elle.
Sois sans crainte. Je suis là, moi.
Tu as raison.
Comment va ton train, aujourd'hui ?
Pas très bien. Mais ça le fait.
Et toi, le travail ?
Comme ton train, ça le fait.
Bon, ben…
Passe le bonjour à ta mère.
Minute !
Promets-moi de rentrer à jeun.
Si tu la bouclais, je boirais moins.
Hé, Hatsu !
C'est l'heure.
C'est toi ? J'arrive !
Écoute bien.
Si tu rentres encore bourré, je te vire.
Commence par dire bonjour à mon pote.
Qu'il arrête de te traîner au bistrot.
On y va.
Ne l'écoute pas.
Les femmes, toutes les mêmes.
Elles parlent toujours trop. Elles nous les cassent.
Au fait, un petit canon ce soir, ça te dit ?
- Travaillez bien. - Bonne journée.
M. Shima est quelqu'un de bien.
Mais ses tics et sa femme, ils sont insupportables.
Pas vrai ?
Bonjour !
Pèse-moi ça.
Le chou, ça se vend à la pièce.
Parce que ces feuilles pourries, faudrait que je les paye ?
Et ça se dit bon marché ?
Ne parle pas comme ça.
Va voir les prix sur le boulevard.
C'est plus cher qu'ici.
Parce que là-bas, c'est de meilleure qualité.
À quoi bon insister.
On m'a jamais autant emmerdé pour un chou.
Je te le donne. C'est gratuit.
Quoi ?
Je ne mendie pas.
Je suis une cliente et je paye !
Un peu de respect.
Pardon, je ne voulais pas dire ça. Passe-moi le chou.
Je vais le peser.
Arrête de les compter.
Un de plus, un de moins, qu'est-ce que ça change ?
Pour les brosses, rien.
Mais moi, je veux qu'elles aient le même nombre de crins.
En te regardant, j'ai les nerfs à vif.
Tu es encore en cloque ? C'est le lardon de qui ?
Dis, mère de ma fille.
Paraît que t'as un nouveau mec.
Du coup, t'es encore plus sexy qu'avant.
Passe me voir plus souvent.
Les jeunes, c'est bien. Mais pense aussi à moi.
Sois gentille.
Viens faire un tour chez moi.
Et nos gosses, comment ils vont ?
Écoute bien, Katsuko.
Il faut se préparer au pire.
Ta tante est à l'hôpital pour une opération risquée.
Et pour longtemps, crois-moi.
Je me suis arrangé avec ta mère pour qu'elle paie les frais.
Elle prétend que c'est pour sa sœur,
mais elle veut récupérer ces frais
sur la pension qu'elle nous verse pour ton éducation.
Réfléchis bien, Katsuko.
Tu as une mère ingrate. Alors fais-le pour ta tante.
Travaille d'arrache-pied.
Ta tante s'inquiète pour toi.
Tu le sais bien.
Si tu étais plus belle
et plus expérimentée, tu pourrais gagner plus.
Mais pour toi, il n'y a que ce petit boulot.
Alors travaille pour deux !
Compris ?
Tu n'es pas anthropologique.
D'ailleurs, tu n'es même pas zoologique.
Je te classerais plutôt dans le règne végétal.
Je viens livrer votre saké !
Ton oncle boit toujours autant ?
Bien sûr, c'est un bon client.
Mais c'est un fainéant.
Il vous exploite, toi et ta tante, et lui, il ne fait que boire.
Il te fait trimer encore plus depuis qu'elle est malade.
Tu as encore maigri.
C'est pour toi.
C'est bon.
Salut !
À bientôt.
Ça gaze ?
Tu peux dire bonjour, au moins !
Vous avez vu son regard, à ce type ?
Il fout les jetons.
Un vrai zombie !
Son sang doit être froid comme la glace.
Pour construire notre maison,
choisissons une colline.
Les Japonais ont toujours bâti au pied des montagnes
ou au fond des vallées.
Ils affectionnent les endroits peu élevés.
C'est vrai, papa. Tu as raison.
C'est vrai que sur les photos, les maisons des étrangers
sont toujours en hauteur.
Par contre, celles des Japonais sont moins visibles.
À cela, il y a une raison.
Le Japon subit des séismes et des typhons.
Les maisons en bois ne résisteraient pas
aux vents et aux secousses.
Voilà pourquoi elles sont bâties dans des endroits
moins exposés à ces risques.
Mais…
ce n'est pas la seule raison.
Les Japonais, vois-tu,
préfèrent la douce clarté à la franche lumière.
Ils se lovent dans la pénombre.
Ils aiment vivre au contact de la nature.
Voilà pourquoi ils n'ont jamais pu
s'habituer aux maisons en pierre.
Je comprends.
Moi non plus, je n'aime pas les maisons en pierre.
C'est froid. Je n'aime pas.
Oui, mais il faut nuancer un peu.
Certes, la maison en bois convient aux Japonais.
Mais quand c'est tout un peuple qui l'adopte,
cela risque de nous rendre faibles et inconstants.
Le caractère et la force des étrangers
se nourrissent des pierres, du fer et du béton
dont sont faites leurs habitations.
Bien.
Pour construire notre maison,
il faut penser à l'avenir.
Cela veut dire qu'il faut penser
à tes enfants et tes petits-enfants.
Oui, je comprends.
Jeune, il devait être séduisant.
Il l'est encore.
Il paraît qu'une femme a pénétré chez lui.
Tu parles de qui ?
De moi, peut-être ?
Pourquoi ? Tu te sens visée ?
Et ça a marché ?
Tu te vantes toujours de les faire tous tomber.
Même lui, tu l'as eu ?
J'ai tout fait pour.
D'abord, aux bains publics,
avec un savon parfumé.
Je me suis faite toute propre.
Je sentais bon.
Tu nous fais saliver.
Et ça a marché ?
En fait…
arrivée devant sa porte,
j'ai entendu un gémissement.
J'ai essayé de voir ce qui se passait à l'intérieur.
Il dormait.
C'était peut-être un cauchemar.
C'était le cri d'un homme
tourmenté par le désespoir.
Et puis, il s'est levé brusquement.
Et d'une voix étouffée…
"O-cho !"…
qu'il a dit.
On aurait dit une voix d'outre-tombe.
J'en ai eu la chair de poule.
Prise de panique,
je me suis enfuie.
Je n'y crois pas.
Il n'est pas frais.
Un bon maquereau, il a la chair ferme.
Regarde-moi ça.
La peau se décolle.
Sers-moi.
Tu as assez bu ce soir.
Fais pas chier ! Un dernier verre.
Non, c'est fini.
J'ai soif, bordel !
Mon pote ! Tu tombes bien.
J'ai pas envie de m'amuser. Je suis venu te parler.
Trinquons d'abord.
Tu parleras après.
Viens.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
À moi, rien.
C'est ma foutue bonne femme.
Une vraie chienne en uniforme.
Je ne comprends pas très bien.
Mais t'as pas bonne mine.
Ça, c'est sûr.
C'est comme si on m'avait jeté un sac de sable entier
pendant que je bouffais ma gamelle sur le chantier.
Tu t'engueules souvent avec ta femme.
Ben oui.
Elle a du caractère.
Elle est gentille, mais quand elle se fâche…
Tu disais quoi ?
Tu parlais de sable ?
C'est vrai ?
Elle t'a jeté du sable ?
Bien sûr que non ! C'est une image.
Je lui ai demandé pourquoi elle faisait la gueule.
"C'est pas tes oignons", qu'elle me dit.
"Alors me fais pas la gueule", que je lui réponds.
Et elle qui me demande "pourquoi ?".
Je ne savais plus quoi lui répondre.
Ça m'a énervé. "Casse-toi", que je lui ai dit.
Elle n'a pas bougé.
Alors c'est moi qui suis parti.
C'est moi le chef, bordel !
J'ai ma fierté. T'es pas d'accord ?
Tu as raison. Complètement !
On a assez d'ennuis comme ça au boulot.
Ouais.
Quand on rentre, on a le droit d'être accueilli gentiment par sa femme.
Mais ma femme, elle comprend pas ça.
Elle m'attend à la maison pour me pourrir la vie.
- Y a rien à faire. - Non.
- Les femmes ne comprennent rien. - Rien du tout.
À mon avis,
comme elles n'ont rien à foutre de la journée,
leur passe-temps, c'est de nous faire chier.
Je vais aller parler à ta femme.
Reste ici. Tu es ivre mort.
Mais non.
Il m'en faut plus pour être bourré. Pas vrai ?
Reste ici.
J'y vais.
Pas la peine.
N'y va pas.
N'y va pas.
- Reste. - Laisse-moi.
Tais-toi !
Ça va aller ?
Je vais lui parler.
- Ça va aller ? - T'inquiète.
Il est parti.
J'ai soif.
Sers-moi.
Tu as soif ?
Mes mains, elles sont aussi bourrées. Pardon.
Tu en mets partout.
Pardon, pardon.
Dis donc !
Tu es…
la femme de Hatsu.
Ça me fait drôle de te voir.
Mon cœur, il est tout patraque.
C'est bizarre.
Il ne bat plus.
Ah bon ?
Fais voir ça.
Mais si, il bat même très fort.
Tellement fort que ma main rebondit dessus.
Ta main rebondit ?
Fais voir le tien.
- Cherche-le tout seul. - Je peux ?
Pas la peine. Il bat, forcément.
Attends. Sois sage.
Attends.
Bon, j'attends.
C'est quoi, ça ?
Tu ne vas pas dormir comme ça.
Tu vas prendre froid.
Mais non.
Je t'attendais, petit.
- Ça, c'est pour toi. - Merci.
Et cuis-les d'abord, n'oublie pas.
C'est trop tôt, j'ai encore un client.
Tu vas me causer des ennuis.
Encore ce morveux !
Il n'y a rien pour toi.
Ne reste pas planté là.
Dégage !
Attends.
Ne sois pas méchante !
Merci.
Je ne dormais pas. J'étais en train de réfléchir.
À notre future maison.
On dirait que tu as sommeil.
Non, pas du tout.
Ça va.
Le plus important, c'est le portail.
Comme le visage chez l'homme.
Il en dit beaucoup sur le caractère d'une personne.
C'est vrai.
Puisqu'on va construire sur une colline…
Le portail sera à l'occidentale.
Rococo, qu'en dis-tu ?
Espagnol, peut-être.
Le style anglais, c'est bien aussi.
Pas si vite.
Ils pèchent par extravagance.
Je ne veux ni extravagance ni redondance.
Mais un style naturel et accueillant.
Regarde.
Qu'en dis-tu ?
Du fer mais sans froideur.
Un style accueillant et tout en harmonie.
J'aime bien.
Pour la couleur, je préfère un vert foncé.
Mais d'abord, on mettra du rouge.
C'est de l'anti-rouille.
Pour le portail, c'est fait.
Attends.
Tu t'es trompé.
Ça, c'est ma caisse à outils.
Mon argent est ailleurs.
Je vais te le donner.
Mais j'en ai pas beaucoup.
C'est tout ce que j'ai pour le moment.
Mais repasse si tu as des ennuis.
Je peux économiser un peu.
Ferme les volets. Et passe par la porte la prochaine fois.
Tiens, tiens.
On n'en trouve pas beaucoup, du rosbif.
Préparé bien comme il faut.
Bien cuit en surface et rouge à l'intérieur.
Tu le veux ?
Mange-le.
Je n'aime pas la viande pas assez cuite.
Après le portail,
il faut penser à la clôture.
C'est vrai.
Comme le portail,
elle sera en fer et rehaussée de beaux motifs.
C'est pas mal, non ?
Oui, c'est bien.
Ça me plaît.
Katsuko.
Je te regardais de dos.
Tu tiens à peine debout.
Tu n'es pas une machine. Tu as le droit de penser à toi.
Tu ne dors même plus. Cesse de trimer pour cet ivrogne.
Pense un peu à ta santé. Tu dois te reposer.
Tu as encore maigri.
Tiens.
Prends ça.
J'en ai mangé la moitié.
Ce sale poivrot…
Qu'il crève !
Attention !
C'est dangereux !
J'aurais pu t'écraser.
Déjà que c'est interdit de marcher sur la voie.
Mais toi, en plus, tu t'assieds au beau milieu.
Bouseux !
Zinzin du train
C'est moi.
La vie est devenue trop chère.
Même le sel est hors de prix.
C'est vrai.
Une tranche de porc, pas plus grosse que ça…
J'ai failli m'évanouir en voyant le prix.
On dira ce qu'on voudra,
mais je n'ai jamais vu ça.
Elles ont échangé leur mari.
Une petite infidélité, ça arrive à tout le monde.
Personne n'est exemplaire.
Mais des gens comme eux…
En plus, elles s'entendent toujours aussi bien.
Leurs maris aussi.
Il fait beau ces jours-ci. Pourvu que ça dure.
On a de la chance.
- À demain. - Salut.
Bien…
À partir de maintenant,
nous abordons la phase finale.
Oui. C'est vrai.
D'abord, la couleur des murs.
Hormis les fenêtres et les portes,
c'est la couleur qui va donner la tonalité générale.
Quelle couleur aimerais-tu ?
Moi…
Eh bien…
j'aime le blanc.
Le blanc ?
J'ai peint les murs en blanc.
Mais c'est trop ordinaire.
Ça, c'est magnifique !
C'est bien.
Je vais vous crever !
Qu'est-ce qu'il a, ton mari ?
J'en sais rien. Mais ça lui prend, des fois.
Quoi, le vieux ?
C'est fini.
Rentrez chez vous.
Qu'est-ce qu'il t'a dit, le vieux ?
Je n'ai rien compris.
Je vais te remplacer.
- Qu'est-ce que tu racontes ? - Je te remplace.
Tu vas te casser un bras.
Il a absorbé toute ma colère.
Il ne me remplaçait pas pour planter un clou.
Je ne pouvais pas accepter.
J'ai eu honte devant lui. Alors, je suis rentré.
Il faut revoir un peu les plans.
Ce n'est pas un si gros travail.
Mais c'est dommage, quand même.
Regarde cette véranda.
Elle est là pour la décoration. Elle est trop petite.
Je suis sûr
que tu en aimerais une grande pour jouer et gambader.
Ce serait mieux, mais…
Faisons-en une nouvelle.
Ça change tout !
Les volumes sont mieux équilibrés.
Tu as raison.
Vous n'êtes pas contents ?
J'ai un bébé dans le ventre.
Je dois manger pour deux.
Dis, papa…
Qu'est-ce que tu as ?
Des fois, tu nous regardes avec un air bizarre.
Pourquoi ?
Pas du tout.
Je vous regarde grandir.
C'est fini.
J'en ai assez de tout.
Je ne supporte plus de vivre.
Je me lève le matin,
je me fais à manger.
Tous les matins sont pareils.
Je me sens vide.
Je n'ai plus d'appétit.
Je n'ai plus envie de rien.
Et quand je vais aux bains publics,
je ne supporte plus la vue de mon propre corps.
Il est si laid
et si sale,
que je veux l'effacer.
Maintenant,
le seul désir qui me reste,
c'est de me supprimer,
pour disparaître de ce monde.
Voici une poudre mélangée avec du cyanure.
On n'en trouve pas dans le commerce.
Avec ça, au bout d'une heure, vous mourrez et sans souffrir.
Si vous voulez vraiment mourir, prenez-la.
Merci.
Vous êtes mon sauveur.
Adieu.
Vous savez…
autrefois,
je tenais
un magasin de tissus.
J'avais une femme
et deux garçons.
J'avais cinq employés et une domestique.
Et aussi deux maîtresses.
C'était la belle vie.
Mais un jour,
mes deux fils ont été mobilisés.
Puis on m'a annoncé leur mort au front.
Dès lors,
j'ai perdu le goût de vivre.
Ma femme est morte au bout de six mois.
Et les bombardements ont détruit ma maison.
Je n'avais plus rien.
J'ai quitté mes maîtresses.
Aujourd'hui,
j'en suis réduit à colporter.
Aujourd'hui encore,
chaque nuit,
je parle avec ma femme et mes fils
dans mes rêves.
Ils me sourient et me parlent
comme si
ils étaient vivants.
Au moins, vous êtes heureux dans vos rêves.
Oui, c'est vrai.
Ce bonheur,
vous le devez à la vie.
Autrement dit,
tant que vous vivrez, eux aussi vivront dans vos rêves.
Si vous vous tuez, cela revient à les tuer aussi.
Le poison que j'ai pris
fera son effet dans une heure.
Est-ce que c'est trop tard ?
Vous l'avez pris, il y a cinq minutes.
Un poison a toujours son antidote.
Au besoin, un bon laxatif peut faire l'affaire.
Certains purgatifs agissent sur l'acidité de l'estomac.
Et puis…
Et contre ce poison, il y a un médicament ?
Bien sûr, il existe toujours un antidote.
Mais j'ignore si j'en ai un ici.
- Cherchez-le. - Attendez.
Dépêchez-vous.
Donnez-moi cet antidote.
Où est-il ?
Cherchez !
Il n'est pas là-bas ?
Ici.
Vite !
L'antidote !
Assassin !
Assassin !
Vite, vite,
l'antidote ! Dépêchez-vous, assassin !
Arrêtez de crier.
Ce que vous avez bu,
c'est un remède pour la digestion.
N'aie pas peur.
C'est une chose naturelle.
Reste tranquille.
Ferme les yeux.
Ne bouge pas et ferme les yeux.
Ce n'est rien du tout.
Ferme les yeux, je te dis.
Ferme les yeux !
Pourquoi tu fais du feu ?
On n'a pas besoin d'eau chaude.
C'est pour faire bouillir les aliments crus.
Les aliments crus ? Lesquels ?
Non, c'est du maquereau.
Il est mariné dans du vinaigre et du sel.
Mais le patron du restaurant m'a dit de le faire bouillir.
Il doit y avoir un malentendu.
Une marinade, ça ne se fait pas bouillir.
Pourtant…
Au fait,
il faut réfléchir à la cuisine.
Une cuisine moderne, c'est commode.
Mais la bonne cuisine,
elle se fait avec des appareils traditionnels.
Bon…
Il faut faire un choix.
Dites…
C'est sûrement O-cho, la femme dont on parlait.
J'en sais rien.
Elle est plutôt âgée pour une femme volage.
Elle n'a pas la tête de l'emploi.
Ne te fie pas aux apparences.
J'ai connu une femme
qui lui ressemblait trait pour trait.
Et croyez-moi,
elle avait un appétit sexuel hors du commun.
Et les années n'ont jamais eu raison de sa voracité.
Son mari ne va pas s'en remettre. C'est moi qui vous le dis !
Le dîner est prêt.
Mange.
Les femmes, je te le dis,
à 15 ou à 30 ans, elles se ressemblent.
Chez une femme de 35 ans, on découvre parfois
l'expression innocente d'une adolescente.
Inversement, il arrive parfois
qu'une adolescente
regarde les hommes avec les yeux d'une femme d'expérience.
Elles sont diaboliques, les femmes.
Taro, qu'est-ce que tu as ?
Ta sœur s'inquiète.
Arrête de pleurer.
Dis, papa…
Quoi, Taro ?
Paraît qu'on serait pas tes enfants. C'est vrai ?
Réfléchis un peu.
Tu es ou tu es pas le fils de ton père ?
Moi, je sais que vous êtes tous mes enfants.
C'est pour cela que je vous aime.
Mais si vous ne m'aimez pas
si vous ne me croyez pas,
alors je ne suis pas votre papa.
Tout le monde le dit.
Nous tous,
on ne serait pas tes enfants.
Et on aurait chacun un père différent.
Pas seulement moi,
mais Jiro aussi,
Hanako aussi et Shiro aussi.
N'écoute pas les gens.
Ils disent tout et son contraire.
Ce ne sont que des bêtises.
Pas vrai ?
Personne peut se vanter de connaître la vérité.
Lui, c'est mon père.
Lui, c'est mon fils.
À les entendre, on est père et fils.
Si quelqu'un vous redit ça,
posez-lui la question.
"Et vous alors ?"
Il sera bien embêté.
La vraie question est :
croyez-vous votre papa
ou croyez-vous les gens ?
À vous de voir.
Vous comprenez ?
- On te croit ! - Nous aussi !
Moi, j'aime ma sœur !
Ce n'est pas à cause du maquereau mariné.
Si c'était le cas,
on aurait de l'urticaire,
ou des nausées.
Et toi et moi,
on a aucun de ces symptômes.
J'en déduis donc
que ce n'est pas une intoxication.
Ce n'est qu'un rhume,
à la rigueur une mauvaise colique.
C'est sûrement ça.
Je reviens…
L'opération a réussi.
Et j'ai eu quatre mois de repos en clinique.
Et même à la maison, je dois encore me reposer.
C'est la première fois de ma vie
que j'en profite autant.
Sauf que,
depuis mon retour,
je suis inquiète.
Katsuko a maigri.
Elle a le visage émacié.
C'est normal.
Elle a dû travailler deux fois plus.
Ce n'est pas que ça.
Katsuko, c'est l'heure !
Ta tante doit manger à heure fixe.
Regarde les prescriptions du médecin,
et prépare son repas.
C'est ici ?
Excusez-moi.
Je suis inspecteur de police. Si vous permettez…
Connaissez-vous cet homme ?
Non, pas du tout.
C'est normal, il faisait nuit.
Mais vous vous souvenez du vol.
Je ne vois pas de quoi vous parlez.
C'est étrange.
Cet homme a été arrêté l'autre jour.
Pendant l'interrogatoire, il a avoué
vous avoir cambriolé.
Pas tout à fait.
Oui, je suis entré ici
et j'allais prendre cette caisse,
mais il m'a donné son portefeuille. Pas vrai ?
Je ne m'en souviens pas du tout.
Mais puisque je vous le dis…
Souviens-toi.
Tu m'as même dit de repasser.
Jamais de la vie. Vous avez dû rêver.
Complètement gâteux, le vieux.
Un gâteux ne ferait pas ce travail.
Donc, vous affirmez que cet homme
ne vous a jamais cambriolé.
Parfaitement.
Je n'ai jamais été cambriolé.
Tu m'as fait cavaler pour rien.
Veuillez m'excuser.
Entrez.
Ce sont mes collègues.
Bonsoir.
Entrez.
Entrez.
Ce n'est pas un château.
Ne soyez pas gênés.
Excusez-nous.
Merci.
Ce sont mes collègues.
Viens les saluer.
Ce feu ne prend pas.
Ça m'énerve.
Puisque la maison est envahie de pique-assiettes,
je dois faire du feu.
Je me souviens encore de la tête du chef.
Vous l'avez vu ?
Il a sorti une cigarette et l'a allumée.
Il est tombé à la renverse.
Il s'est cogné le nez.
Voici monsieur Ikawa.
Messieurs Nomoto et Matsui.
Voici ma femme.
Bonjour madame.
Je vais aux bains. Le feu est allumé.
Je vais faire chauffer du saké.
Je voulais vous demander…
Vous savez comment on extorque du riz
à un épicier ?
Je ne dis pas emprunter,
mais voler délibérément.
Je vais vous expliquer.
Eh bien, voilà.
Vous prenez une casserole.
Vous mouillez bien le fond.
Vous allez chez un épicier qui ne vous connaît pas.
Il vous sert et vous lui demandez un crédit.
Il refuse.
Alors vous reversez le riz dans son sac.
Et vous récupérez le riz collé au fond de la casserole.
Faites-le chez trois marchands, et ça vous fait un repas gratuit.
Vous avez pigé ?
- Le saké est prêt. - Restez assis.
Prenez une coupelle.
Honneur à l'ancien, Ikawa.
Qu'avez-vous ?
Dis donc, Shima.
J'ai l'impression
que ta femme ne nous aime pas.
Comment ça ?
J'ai dit quelque chose de mal ?
Pas du tout ! Tu es un type bien.
Je peux le jurer.
Je parlais de ta femme.
Tu nous l'as présentée.
On l'a saluée poliment.
- Mais elle… - Pardon.
Je m'excuse pour elle.
C'est vrai, elle n'est pas facile. C'est une femme entière.
Tu n'as pas à t'excuser.
Tu es gentil.
Je ne comprends pas ta femme.
C'est ta femme, ça ?
Laisse-moi finir.
Pour nous, ce n'est pas grave.
Mais pour toi, c'est pas une vie.
Je te l'ai dit.
Elle ne t'a même pas dit bonsoir.
Elle n'a rien servi aux invités de son mari.
Je n'ai jamais vu ça.
À ta place, je la chasserais, et vite fait !
Regarde-moi…
Je te demande pardon.
Je n'ai rien contre toi.
Tu es un homme bon.
Tu n'as pas à t'excuser.
Au lieu de t'excuser, tu ferais mieux de la chasser.
Je te le dis en tant qu'homme. Cette femme…
Arrêtez.
Qu'est-ce que tu dis ?
Ma femme ne t'a rien fait de mal.
Pourquoi tu dis tout ça ?
- Calme-toi. - Laissez-le !
Écoutons-le.
Lâche-moi !
Il s'agit de ma femme.
Peut-être bien qu'à ma femme,
vous ne lui trouvez aucune qualité.
Mais elle a trimé pour moi.
Notre vie misérable…
des jours passés sans rien à manger…
Elle a tout enduré.
Imaginez un peu.
Une femme tiraillée par la faim, réduite à mouiller ses casseroles
pour voler du riz aux commerçants…
Et toi,
de quel droit tu la critiques ?
Réponds-moi !
Réponds.
J'ai compris. J'arrête.
J'ai eu tort. Pardonne-moi.
Lâche-le.
On va trinquer.
Shima.
Tu ne veux donc plus me parler ?
Je te comprends.
J'ai commis un acte impardonnable.
Et tu l'as vu,
de tes propres yeux.
Moi-même, je ne comprends pas
comment j'ai pu.
Une bête avait pris possession de mon corps.
Je n'ai rien pu faire.
Je n'ai jamais aimé cet homme comme j'ai pu t'aimer.
Je te le jure.
Je sais que tu as souffert.
Mais tu n'imagines pas ce que j'ai enduré aussi.
Ma mère m'en a voulu jusqu'à sa mort.
Elle avait surtout de la peine pour toi.
Lorsqu'elle est morte,
je me suis haïe à vouloir mourir.
Le criminel est pardonné
quand il a purgé sa peine.
Et moi ?
Comment puis-je payer ma dette et soulager ta douleur ?
Je ferai tout ce que tu voudras.
Clinique
Je ne te reproche rien.
Je veux seulement savoir.
Qui est le père ?
Quel est son nom ?
Tu dois avorter.
Katsuko.
Dis-moi qui est le père.
Parle.
Qu'est-ce qu'il lui arrive ?
Il n'arrête pas d'emmener son gosse aux toilettes.
Il doit être très malade.
Il me fait de la peine.
Mais on peut pas l'aider, son père nous l'interdirait.
Ces coliques sont pas normales.
Amène-le chez le médecin.
Non, ce n'est pas grave.
N'est-ce pas ?
Je n'ai pas mal.
Je vais guérir.
Il refuse toute aide.
Par fierté.
Fierté ?
Pas du tout.
Non, c'est un homme faible.
Son enfant est le plus à plaindre.
Pour le père, on verra plus tard.
Mais je te le dis.
Ce n'est pas moi.
Sans blagues !
Je l'ai élevée comme ma fille.
Sur l'état civil, je suis son tuteur.
On le garde ou pas ?
Il faut décider.
On ne peut pas le garder !
Katsuko est trop jeune.
Et les gens vont jaser.
Il faut prendre des dispositions médicales plutôt que morales.
Parle plus simplement.
Elle doit avorter ?
C'est ce que je dis !
Et pour les frais ?
Nous n'avons pas le choix.
Il faut demander à ta sœur.
Mais elle vient juste de payer ma clinique.
C'est une question de méthode.
Fais en sorte qu'elle ne puisse refuser ta demande.
S'il vous plaît !
Katsuko Watanaka habite ici ?
Veuillez me suivre au commissariat.
Qu'a fait Katsuko ?
Elle est en garde à vue.
Pour coups et blessures.
Peut-être même pour meurtre.
On ne sait pas encore.
Merci d'être venu.
Va au commissariat.
Vous êtes son père ?
Katsuko est la nièce de mon épouse.
Vous avez dit "coups et blessures".
Katsuko est dans un état grave ?
Ce n'est pas la victime, mais l'auteur du crime.
Elle a volé un couteau
et a poignardé l'apprenti livreur
du marchand de saké.
Il est dans un état grave.
Dépêchez-vous.
Tu devrais d'abord aller voir
la victime.
Non, il est encore dans le coma.
Venez au commissariat.
N'oubliez pas que vous êtes les parents de la criminelle.
Normalement,
le jeûne absolu est le meilleur des remèdes.
Mais il y a des limites.
Si je pouvais marcher, j'irais.
Bientôt,
je pourrai marcher.
Jamais de la vie !
Je ne te demande pas d'aller chercher à manger.
Si j'ai faim,
je peux me débrouiller.
Mais ce n'est pas le cas.
Je n'ai pas si faim que ça.
Le jeûne est bénéfique quand il se prolonge.
Un homme peut rester à jeun une dizaine de jours.
Tu sais…
à propos du salon
et de l'idée du style écossais,
j'ai décidé de revoir la question.
Alors ?
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Tu as vu Katsuko ?
Elle a poignardé l'apprenti ?
C'est vrai ?
Oui, c'est vrai.
J'ai réfléchi à la situation.
Pour qu'elle ait fait ça,
il y a une raison.
Et je n'en vois qu'une seule.
L'apprenti l'a mise enceinte.
Katsuko ne dit rien.
On a beau l'interroger,
elle se tait sur le mobile de son crime.
Si elle parlait,
sa peine pourrait être allégée.
J'ai essayé de la raisonner. Mais rien à faire…
Elle a trop honte, c'est pourquoi elle se tait…
C'est sûrement ça.
La police veut te voir.
En quoi suis-je concerné ?
Katsuko est ta nièce.
Mais juridiquement, tu es son père.
Chaque fois que je vais au commissariat,
on me demande pourquoi son père ne vient pas.
Que dois-je répondre ?
Dis-leur que je suis malade.
Je n'ai rien à voir avec cette affaire.
Je suis victime d'un malentendu.
Je me battrai !
Alors tu ne veux pas ?
Tu ne me pardonneras jamais ?
Cet arbre…
Un arbre sec n'est plus rien.
Tout s'arrange.
L'apprenti sortira dans trois semaines.
Il protège Katsuko.
Il dit ne pas comprendre son geste.
Mais il ne lui en tient pas rigueur.
Puisqu'il ne porte pas plainte,
Katsuko ne sera pas poursuivie.
Il a protégé Katsuko.
Il dit ça pour cacher son propre crime.
Il a failli être tué
et il ne lui en veut même pas.
C'est à n'y rien comprendre.
Il y a anguille sous roche.
À mon avis, c'est lui qui l'a engrossée.
C'est à ce sujet que la police te convoque.
Ils savent que tu n'es pas malade.
Ils vont venir te chercher de force.
De force ?
Pourquoi moi ?
Pourquoi ?
Katsuko veut te parler. Devant la police.
Katsuko ? Pour quoi faire ?
Aucune idée.
Quand elle a su que l'apprenti était sauvé,
elle a demandé qu'on t'appelle.
Elle a dû parler à la police.
Cette traînée a dû fabuler, oui !
C'est n'importe quoi !
Pourquoi te fâches-tu ?
Si vraiment Katsuko fabule,
tu n'as qu'à le dire à la police.
De quoi as-tu peur ?
Je n'ai pas peur de la police.
Il n'y a aucune preuve.
Aucune !
B'soir !
Tu es seul, ce soir ?
Où est ton copain ?
Il va arriver d'un autre chantier.
File-moi de ta fameuse gnôle.
Non, pas ce soir.
Elle risque de te tuer.
J'en ai l'habitude.
Pourquoi elle me tuerait ?
Ne viens pas te plaindre après.
C'est sûr.
Les êtres vivants doivent manger.
Même les malades ne peuvent jeûner longtemps.
Je vais chercher à manger.
Je reviens tout de suite.
Je vais te ramener de bonnes choses.
Arrêtez ce boucan. Qui est là ?
Attends.
Réfléchis un peu.
Tu as d'abord bu un coup de gnôle chez le vieux.
Et puis tu es passé au bar.
Et puis, tu es passé…
Qui est là ?
Tu me demandes qui je suis ? À moi ?
Une épouse reconnaît toujours
la voix de son mari.
Une épouse ingrate comme toi, y en a pas deux au monde !
C'est toi ? Que veux-tu ?
Quoi ? Mais je suis ton mari.
Tu l'as oublié ?
Tu pues. C'est encore cette gnôle.
Et alors ?
Qu'est-ce que ça peut te foutre ?
De l'eau.
Va la chercher toi-même.
Sers-moi, si tu es ma femme.
- À boire ! - Tiens.
Mais c'est mon pote.
Regarde, c'est lui.
Il n'était pas avec toi ?
Non, pas aujourd'hui.
J'ai trinqué sur le chantier.
Y avait du whisky.
Aide-moi.
Je n'y arriverai pas.
D'accord.
Qu'est-ce que c'est ?
Qui c'est ?
C'est quoi ?
On te couche !
Mon mari est une éponge.
Ne fais pas comme lui !
Qu'est-ce que tu dis ?
Ton mari, tu dis ?
- C'est qui ? - Regarde-le.
Un oreiller !
Tu m'écrases !
Mais c'est mon pote !
Retire tes chaussures !
Regarde tes pieds.
Toi aussi, tu es chaussé.
Faut pas dormir avec ses chaussures.
Je m'en vais.
Occupe-toi de mon pote.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
Bonjour à ta femme.
De l'eau ! T'es sourde ou quoi ?
En voilà. Tiens !
Je suis rentré.
J'ai dit au patron du restaurant
que tu étais malade.
Ça l'a inquiété,
il t'a préparé un festin.
J'avais oublié une chose.
Il faut une piscine.
Tu as raison.
C'est une bonne idée.
J'exaucerai tous tes vœux.
Enfin !
Il va beaucoup mieux.
Il a passé le plus dur.
Le plus dur.
C'est plein de vitalité, les enfants.
Dis donc !
Ton idée de piscine, j'adore.
On l'installera au milieu de la pelouse.
Une piscine blanche dans du vert, c'est beau à voir.
L'alimentation en eau posera quelques problèmes,
puisque notre maison sera située sur une colline.
Il faut prévoir un réservoir, en cas de sécheresse.
Il faudra aussi de grosses canalisations
pour alimenter cette grande piscine.
Ce n'est pas un simple robinet.
Mais ne t'en fais pas.
Tu l'auras, ta piscine.
C'est la meilleure idée que tu aies eue.
Et puis, ce sera bon pour ta santé.
C'est de la soupe. Du bouillon.
Y a pas meilleur après un jeûne.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Il était comment ton mari, hier ?
Le mien était bourré.
Ils sont incorrigibles.
Les hommes sont tous pareils.
S'ils économisaient la moitié de ce qu'ils picolent…
Pourquoi boivent-ils autant ?
Ils ont un boa dans le ventre.
Ils sont terribles.
- Salut ! - Salut !
Ils ont repris leur place.
Il va pleuvoir.
Il fait beau, pourtant.
- Y a des nuages. - Faut un peu de pluie.
Tu ne viens plus au magasin.
Ah oui…
Le vieux a disparu.
Pardonne-moi.
Je n'ai jamais compris.
Pourquoi tu m'as fait ça ?
Pourquoi ?
Je voulais…
mourir.
Mourir ? Toi ?
Je n'y comprends rien.
C'est moi que tu as essayé de tuer.
Je…
je ne peux pas expliquer.
Encore aujourd'hui,
je ne comprends toujours pas.
Seulement,
quand j'ai voulu mourir,
je craignais que tu m'oublies.
Après ma mort,
tu m'aurais oubliée aussitôt.
J'ai pris peur.
C'était insupportable.
Ben ça alors.
On va manger ?
En ce moment,
je n'ai pas d'appétit.
Bon…
À la prochaine !
Pardon…
Okabé…
Regarde.
La piscine est faite.
- La forme, mesdames ? - Bonsoir.
Les mécanos ont intérêt à faire leur boulot.
Mon tram est vieux, mais quand même !
Demain matin, ils vont m'entendre !
Ça va barder !
FIN
Adaptation : Fabrice ARDUINI & Keiko TSUBOI
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