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[bêlement]
[musique dynamique]
[à la radio] ♪ Nostalgie, Nostalgie ♪
♪ Nostalgie, Nostalgie, Nostalgie ♪
[animateur] Il est 7h sur Nostalgie, une belle journée commence.
C'est la rentrée des classes.
J'espère que les enfants sont bien réveillés
et que le cartable est prêt.
N'oubliez pas, on donne tout, tout !
[musique : "Tout, tout pour ma chérie" de Michel Polnareff]
♪ Tout, tout pour ma chérie, ma chérie ♪
♪ Tout, tout pour ma chérie, ma chérie ♪
♪ Tout, tout pour ma chérie, ma chérie ♪
♪ Toi ♪
♪ Viens avec moi ♪
♪ Et pends-toi à mon bras ♪
[la chanson continue]
- [Odette] Bonjour, Marie-Luce. - [Marie-Luce] Bonjour.
- [J-Jacques] Bonne journée, Marie-Luce. - [Marie-Luce] Bonne journée.
[Marie-Luce] Roseline, grouille !
- Aujourd'hui, celle-là ou celle-là ? - [Marie-Luce] Celle-là.
[Roseline] Y a du boulot. Je peux t'aider.
Non, merci. C'est gentil.
[la musique continue]
[Odette] Marie-Luce, j'ai tricoté toute la nuit pour qu'il soit prêt.
Merci, Odette.
- Tu vas le mettre ? - Ben ouais.
- Salut, Roger. - Bonjour.
- Tiens. - J'ai pas faim.
[M. Bison] Et voilà.
Je comprends pas. Il est encore tout noir, l'écran.
Y a pas de boutons.
Henri, je vous ai dit, le bouton est là.
Là, là, là.
Papa, faut y aller.
- Hein ? Où ? - C'est sa rentrée.
Monsieur Bison, c'est sa rentrée.
- Déjà ? - Tu devais m'emmener.
[la chanson continue]
[brouhaha joyeux]
[garçon] Ça va ? Ça fait trop longtemps qu'on s'est pas vus !
[rires dans le fond]
[musique douce]
Pardon, je t'ai pas vue.
T'inquiète, c'est pas…
grave.
[hurlements]
[Manon] T'es trop belle.
- J'aime trop tes tresses. - [homme] Allez, en classe !
[prof] C'est fini, les vacances.
Remplissez la fiche.
[on frappe]
- Allez ! - Bonjour.
[prof] Oui ?
Désolé. Je me suis perdu.
[prof] Vous êtes le nouveau ?
- Émile Durand ? - [Émile] Oui, c'est ça.
[battements de cœur]
[prof] Installez-vous. Remplissez-moi ça.
[musique enchanteresse]
Je peux m'asseoir ?
Je peux ?
Oui, oui.
Vous non plus, je vous connais pas. Votre nom ?
Marie-Luce Bison.
- Marie suce ! - [rires]
Quelle finesse. Hugo, vous ne m'aviez pas manqué.
Vous venez d'où, Marie suce…
- Marie-Luce ? - [rires]
Taisez-vous !
J'étais à Pasteur.
Pourquoi vous êtes ici ?
Parce que je…
Parce que ?
[prof] Allez-y, parlez plus fort.
Parce qu'à Pasteur,
victime de l'immaturité générale des élèves,
peu enclins à s'intéresser à autre chose qu'Instagram,
TikTok ou autre plateforme sociale,
je me suis retrouvée seule.
Vilipendée par mes pairs.
À ce moment-là, j'ai envisagé de mettre fin à mes jours.
Mais forte de mon amitié avec Albert,
un homme spirituel et philosophe de 80 ans,
j'ai su trouver la force de rebondir.
[musique dynamique]
Mademoiselle Bison, vous êtes avec nous ?
Euh, oui, oui, pardon.
Euh… parce que…
le niveau est meilleur ici.
Ça, c'est sûr.
Je suis ravi d'accueillir une élève qui sait ce qu'elle veut.
[sonnerie des cours]
[musique enchanteresse]
Ah, viens !
Émile, viens !
Y a de la place, viens !
Émile !
- T'es libre, samedi ? - [Manon] T'es libre ?
[Émile] Je sais pas.
Je fais une soirée chez moi. Ça te dit ?
- [Manon] Ça te dit ? - Ah oui ? Cool.
Trop bien !
Je t'enverrai une invit' sur Insta.
Non, sur le mien, c'est mieux.
[Émile] Très bien.
C'est déguisé et le thème, c'est idoles de films,
de séries, de jeux vidéo, donc tout sauf toi.
Après, toi, c'est très bien.
Bof, c'est pas…
Bah, ouais.
- [Émile] À plus. - [Manon] Salut.
- Pourquoi vous l'invitez ? - Il me kiffe.
- Non. - [Manon] T'as pas vu son regard ?
Il voulait me bouffer.
Non.
Si, il voulait la bouffer.
Ouais, il avait envie de… de te bouffer.
Vous voulez pas inviter la nouvelle ?
- Pour quoi faire ? - Pourquoi ?
- Parce qu'elle suce. - [Chloé 2] Très drôle.
Je suce même pas.
[soupir]
Oh non…
- [Odette] M. Bison, vous me chatouillez. - [M. Bison] Ah, pardon.
- C'est mieux, là ? - Oui.
[présentateur télé] Accueillons notre experte,
Cristina Cordula !
- C'est ma fille. - Non !
Qu'est-ce qu'on a dit ?
Si, si !
[Jean-Jacques] C'est ma fille.
[à la télé] Avec cette semaine spéciale "Personal shoppers",
ce que j'ai trouvé sympa, c'est que…
[le tonnerre gronde]
Oh non…
Il est comment ?
Il est beau, sexy ?
Je sais pas.
- Je l'ai trouvé différent, comme moi. - Super.
Et son nom ?
- Émile. - [Roseline] On s'en fout.
Vous avez couché ?
- Oh non… - Oh, ça va.
[M. Bison] Roger, le fauteuil coince.
Vous jetterez un œil ?
C'est encore son patin, ça.
Papa, tu dois signer ça.
Je t'avais pas vue.
- Ça a été ? - Très bien.
Les professeurs sont comment ? Tu t'es fait des amis ?
Oui, oui.
- Elle a même rencontré… - Ah.
Je suis même invitée à une fête.
Quoi ? Une fête ?
C'est un bon chien, ça.
Et la fête, c'est le soir ?
Ben oui.
Elle a pas 8 ans.
Et c'est chez qui ?
Euh, Chloé, une fille de ma classe.
Henri est pas là.
- Il s'est pas échappé, encore ? - Ben…
Deux fois depuis son arrivée. Pire qu'un clebs.
Et il sait pas allumer son portable.
Et pour sa soirée ?
J'ai été invité à une soirée ?
Je suis pas invité ?
[musique douce]
- Pourquoi on m'aime pas ? - [Albert] Si, on t'aime.
Sinon, t'aurais pas été invitée.
J'ai pas été invitée.
Marie-Luce Bison,
on a dit quoi ?
On veut pas de moi.
Tu es de cette race-là ?
Au 1er obstacle,
- tu abandonnes. - C'est pas le 1er.
Oui, bon… Comme disait Jean Moulin
au général de Gaulle : "Si on te ferme la porte,
"passe par la fenêtre."
Je vais pas m'incruster, c'est la honte.
Au contraire, c'est la classe.
[Albert] Tu imposes ta loi, pas eux.
Parole de résistant.
- Mon père voudra pas. - [on frappe]
Albert, pas dans la chambre.
Avec ma fille, en plus.
Vous faites du spiritisme ?
[M. Bison] Vous dormez tête-bêche ?
Allez zou, dans ta chambre.
Laissez-la aller à la soirée.
Avec la disparition d'Henri, je me suis pas penché sur le problème.
C'est pas un problème.
[Albert] C'est un droit à son âge.
Si c'est oui, je mets et débarrasse la table pendant une semaine.
Un mois ?
OK, un mois.
Un mois.
Dodo, maintenant.
Me parlez pas comme ça ! J'ai 80 ans, moi !
[musique douce]
[Roseline] Hé, psst !
[Roseline] Albert ! Alors ?
- [Albert] Il a dit oui ! - [Roseline] Oh !
[Roseline] Odette, il a dit oui !
[Odette] Oh, super ! On la déguise comment, alors ?
[Roseline] J'ai une idée. Mais pas sûre que ça lui plaise.
[Albert] À qui ?
[musique paisible]
[il sifflote]
Roseline…
C'est du harcèlement, ça.
Je vous aime, c'est pas ma faute.
Soyez raisonnable.
- Je suis raisonnable. - S'il vous plaît.
[musique paisible]
Roseline, arrête,
on n'a pas le droit.
Pas le droit de dire ci, de faire ça…
Les règles doivent être transgressées et les vêtements portés.
Tada !
Elle s'habillait n'importe comment, ta mère !
Ah, ça, c'est pas mal.
- [Odette] On va la remonter. - [Roseline] Encore ?
[Odette] Elle a pas ton âge.
Pas mon âge…
- Ta mère avait de gros lolos ? - Je sais pas.
C'est bon !
Vous pouvez venir !
Une belle Mireille Darc.
Où t'as trouvé ça ?
C'était à votre femme.
Enlève ça.
Allez.
Je vous l'avais dit.
Quoi ? Je suis déjà sympa d'accepter qu'elle y aille.
Pas obligé qu'elle s'habille comme une…
[en chœur] Comme une ?
Roseline, les clés, s'il vous plaît.
Ah, vous m'aimez ?
[elle tchipe]
[Prof] Argent, pouvoir, séduction.
Travestissement.
Que vous inspirent ces mots ?
[Prof] OK, je vous aide.
[Prof] Si je vous dis La Fausse Suivante,
Le Jeu de l'amour et du hasard,
La Double Inconstance, vous répondez…
[bâillement]
Un effort.
Marivaux ?
Ah… Enfin, Chloé, bravo !
Oui, cette année,
- nous étudions… - Quoi ?
… Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux.
Le blase…
Si je pécho pas Émile à ta soirée,
[Manon] j'arrête les mecs.
[Chloé] Faudrait déjà que tu commences.
[musique douce]
[Albert] Je suis content. J'ai trouvé ton déguisement.
Ton père ne pourra rien dire.
Le Parrain.
C'est quoi ?
Mon costume de jeune marié.
T'as été marié, toi ?
Oui.
- Avec une femme ? - Oui, avec une femme.
Je pensais que t'étais…
Gay ?
Ben oui.
Et alors ?
T'as des enfants ?
Tu me fatigues.
Enfile-moi ça.
[musique douce]
Je vais rien voir.
Parfois, ça vaut mieux.
Et maintenant…
la touche finale.
- C'est la perruque de Roger ! - Pas du tout.
[Marie-Luce] Quoi ?
Ce que t'es beau. Belle, ce que t'es belle.
[Marie-Luce] Ça plaira à Émile ?
Évidemment, si c'est un homme de goût.
[fille d'Henri] Deux fois qu'il disparaît. Et s'il était mort ?
Vous êtes responsable.
Henri doit être assis avec quelqu'un
à demander comment allumer son téléphone.
[on frappe]
Papa ?
- Je suis occupé. Quoi ? - J'y vais !
Déjà ?
Attends-moi. Je fais au plus vite.
Au plus vite ?
[fille d'Henri] On parle de mon père !
Qui perd la tête et qui a encore filé
- dans la nature ! - Je comprends
votre inquiétude.
[M. Bison] Mais votre père a parfois besoin d'aller faire un tour.
- Il cherche ma mère. - Je sais.
Je vais pas le menotter.
- Pourquoi pas ? - Ce n'est pas une prison.
Ici, c'est une pension de famille. J'y crée un esprit de famille.
[claquement]
Attendez, je reviens.
[il soupire]
[musique douce]
On y va. Amuse-toi bien.
On est à deux rues.
Merci, mes parents chéris.
Il est bien, mon rouge à lèvres.
Je t'aime, maman.
- Moi aussi, ma poupée. - Chloé !
Jeune homme.
[musique : "Chicken Lemon Rice" de Priya Ragu]
Hugo, t'as piqué
le rouge à lèvres de ta meuf ?
Bouffon.
- Hugo, viens là ! - J'arrive, ouais.
Ah, pardon, mec.
On se connaît ?
Euh…
Euh, non, pas vraiment.
J'adore les incrustes.
[musique : "Twenty" de Chill Bump]
Ma chanson ! Viens !
Hé, c'est ma meuf !
Un mois…
Ah !
Je m'y ferai pas.
Je l'ai pourtant cherchée partout.
C'est bien qu'elle aille à cette soirée.
Oui.
Elle doit se faire des amis.
Non, non.
Ah non, un mois, Albert.
C'est bien et elle va se faire des copines.
Ou des copains.
[musique : "What It Takes To Be A Girl" de I Am Woman]
- T'en veux ? - Non, merci.
Ça va ?
Ça va ?
Oui. Oui, ça va.
[Marie-Luce tousse]
C'est quand je bois de l'eau. Pas l'habitude.
Ah, OK.
T'es un pote de Chloé ?
Pardon ?
T'es un pote de Chloé ?
Euh, pas vraiment.
Et toi ?
Oui. On est dans la même classe. On se connaît…
pas très bien.
D'ailleurs, je connais personne, ici.
Voilà, quoi.
Émile.
Euh…
OK, classe.
Et toi ?
Euh…
[raclement de gorge]
Léo.
Léo…
T'es du coin ?
Euh… ouais.
Mais plus loin.
Et je suis là que les week-ends.
Parce que je suis en pension, sinon.
[musique : "Golden Nights" de Benny Benassi]
- Oh là, t'aimes pas ? - Si, si.
Si, si.
Je préfère quand c'est plus corsé.
- Ah ouais ? - Ouais.
OK.
J'adore l'alcool. [rire guttural]
[télé] Quand survient l'adolescence qui met fin au calme de l'enfance,
les parents voient des extraterrestres livrés sans mode d'emploi
et dont ils hésitent à se croire les géniteurs.
Commence une longue période d'angoisse, surtout quand la nuit tombe,
et que les enfants quittent la tanière pour fureter loin de papa et maman
du côté de l'amour, du désir et du sexe.
[musique électro]
[claquement]
Marie-Luce ?
[Henri] Non, c'est Henri.
- Je l'ai pas retrouvée. - Votre femme ? Pas de risque.
[télé] … capables de se reproduire et siège de pulsions jusque-là ignorées.
D'où l'importance de ce passage obligé qu'est le 1er acte sexuel.
Ma première fois, j'avais 15 ans. C'était chez moi.
Dans l'autre pièce.
Mes parents étaient à la maison.
Ils se doutaient qu'on passerait à l'acte.
Ils voulaient pas qu'il reste dans ma chambre,
mais j'ai réussi à le garder dans la chambre.
[musique : "High and Low" de Thomas Frinking]
Ça te va bien, les chapeaux.
Toi aussi.
Je vais faire pipi. Enfin, je vais pisser.
Je vais aux toilettes.
OK.
- Tu le connais ? - Non, et toi ?
- Il est sexy, hein ? - Grave.
T'imagines un plan à trois avec Émile et lui ?
Essaie déjà un plan à deux.
Émile est là,
tu fous quoi ?
Oh…
[éclat de rire]
[musique : "Boss Up" de Olivier Bibeau]
Émile, ça va ? T'en veux ?
Putain, il s'étouffe avec mon cupcake !
- Crache ! - C'est chaud.
Émile ! Non, non !
T'as ton brevet de secouriste, vas-y.
Tape dans son dos.
T'es nul.
[Émile tousse]
Émile, ça va ?
C'est qui ?
Je poste ça sur Insta.
Ils vont baiser ?
Il est sérieux ?
Mon costume, putain !
[applaudissements]
[musique : "Casse la D" de Florent Sabaton]
Tu m'as sauvé la vie.
Merci, mec.
- Euh, j'y vais. - Déjà ?
Ouais, il faut que…
[vomissement]
- Ah ! - Oh non !
Le parquet !
Mytho, tu devais pas dîner.
Des macaronis, en plus.
[musique : "Don't Leave Me This Way" de The Communards]
- [Henri] Comment vous avez fait ? - De quoi ?
Avec votre femme ?
Comment vous avez fait ?
Faut vous reposer.
Je suis allé chez moi, elle était pas là.
J'imagine.
Je peux pas vivre sans elle.
[pleurs]
Pourquoi vous en parlez jamais ?
Pas du tout, je…
[claquement]
Allez, dodo.
Hein ?
[on frappe]
C'est papa.
Ça va ?
C'était comment, ta soirée ?
Trop bien.
Vous avez fait quoi ?
Ben, on a dansé…
on a discuté…
Et j'ai sauvé quelqu'un.
C'est bien, ça. Et c'est tout ?
Ouais, c'est tout.
Et tout le monde m'a adorée.
"La dissimulation chez Marivaux est utilisée…
"comme un jeu sur les convenances sociales.
"En conclusion, la société pousse les personnages à se travestir,
"cherchant ainsi à être vus autrement
"pour approcher l'être aimé.
"Cherchant ainsi
"à s'exprimer librement
"pour être compris par l'être aimé.
"Cherchant surtout à être aimés."
Et toi, avec Émile ?
- Tu l'as pécho ? - Bien sûr que je l'ai pécho !
- Mytho. - Quand il a ressuscité, bim !
Bouche-à-bouche.
[Manon] Ouais, les meufs.
On n'est plus des bébés.
T'as raison.
Léo doit trop bien embrasser.
[Chloé] Et kiffer la levrette.
Grave, t'as vu comment il le prend ?
C'est Cendrillon. Il fait son numéro de BG
et il disparaît.
Il est incroyable.
Il lui a sauvé la vie. Un vrai mec.
- T'as pris son 07 ? - Ben non, je suis avec Hugo.
Je l'ai stalké partout, j'ai rien trouvé.
[musique douce]
"Si je pouvais le voir, l'examiner un peu sans qu'il me connût."
"Si je pouvais le voir…
"l'examiner un peu sans qu'il me connût."
Mais bien sûr.
[ronflement]
[musique douce]
- Albert… - J'ai pas bavé, c'est faux !
C'est quoi, une levrette ?
Euh… Euh…
Un petit chien.
D'accord.
[musique douce]
[rembobinage]
[radio] Plus de son Skyrock !
Priorité à la musique.
[animateur] Il est 7h sur Skyrock. Tout de suite, Boris le Maboul.
[musique : "Casse la D" de Florent Sabaton]
[musique douce]
Roseline.
Roger.
Albert.
- Papa ! - Tu m'as fait peur !
Je peux aller à la fête foraine, samedi ?
C'est la nouba.
Ça va là, c'est l'après-midi.
Non, on devait tous aller à l'aquabike.
Pourquoi ? Elle est punie ?
Bon, tu y vas avec qui ?
Un copain.
Un copain ?
Mais non !
Euh, une copine.
T'aurais vu ta tête…
- C'est qui ? - Émil… ie.
Émilie.
Je l'ai rencontrée chez Chloé.
[chantonne] ♪ La p'tite Émilie m'avait bien promis ♪
♪ Trois poils de son cul Pour en faire un tapis ♪
♪ Les poils sont tombés Le tapis est foutu ♪
♪ La p'tite Émilie A plus de poils à son cul ♪
OK, mais tu rentres en même temps que nous.
OK. Merci, papa !
Jean-Jacques.
[musique : "La plus belle pour aller danser" de Michèle Richard]
Mercredi, c'est poterie.
- Ça va ? - Oui, oui.
Il reste de la place, oui. Vous viendriez quand ?
Voilà, là, c'est à ma taille.
Marie-Luce, on y va !
OK, papa !
[on frappe]
Je fais comme Silvia.
Elle se déguise pour mieux connaître Dorante.
- Oui. - [Marie-Luce] Je fais pareil.
Je me rapproche d'Émile en Léo
et quand on sera proches,
je lui dirai.
Et comme il m'aimera, il pourra plus me dégager.
C'est bien tordu, ton truc.
Pas plus que dans ce bouquin.
Tu t'es déguisé en ton père ?
[Albert rit]
Merde…
Aïe…
Léo ?
- Léo ? - Oui ?
Yo !
Ça va ou quoi ?
- Bien et toi ? - Ouais.
- Tu veux qu'on fasse quoi ? - Euh…
Et sinon,
ça se passe bien dans ton nouveau collège ?
Je m'intègre sans faire de vague.
[Marie-Luce rit]
Je connais, ça.
Ah bon ?
T'as pas l'air du genre discret.
Ça veut rien dire, les apparences.
Oh !
C'est pas avec cette tête qu'on va pécho.
Ah !
Et euh…
t'as quelqu'un, toi ?
Non.
Enfin…
Ouais.
J'aimerais bien, mais c'est compliqué.
Pourquoi ?
[musique douce]
Ben…
Il me voit pas comme il devrait me voir.
"Il" ?
Non.
Non, ce quelqu'un, tu vois ?
[Marie-Luce] Et toi, la meuf qui te draguait
à la soirée de Chloé ?
Quelle meuf ?
Mais si, tu sais, là.
La copine de Chloé. La super moche, là.
Comment elle s'appelle ?
- Ah, Manon ? - Oui.
Elle est pas moche.
- Elle est même plutôt jolie. - Tu la trouves jolie ?
Ben…
Tu l'as pécho ?
- Non. - [elle ricane]
Tu peux me le dire, hein.
Je l'ai pas pécho.
Allez… Tu l'as pécho.
Je l'ai pas pécho !
Hé…
Je m'en fous, je la trouve dégueulasse.
- OK, je l'ai pécho. - Quoi ?
[plus grave] Quoi ?
- Je rigole ! - Ah !
[elle rit]
T'es jaloux ou pas ?
- Non. - Pourquoi tu ris ?
Je ris pas.
Si, tu ris.
[musique douce]
Et y a pas une autre fille…
qui te plaît dans ta classe ?
Non, aucune, non.
On m'a parlé d'une nouvelle.
Ah, Marie-Suce ?
Attention, attention ! [hurlement suraigu]
[hurlements graves]
Même, dans la première descente, j'avais un peu peur.
C'était incroyable.
On se refait ça ?
La vie se crée dans le délire et se défait dans l'ennui.
[musique douce]
C'est pas de moi. C'est de Cioran.
Euh, d'Emil Cioran.
Du coup, vous avez le même prénom.
Mais lui, c'est sans "E".
Oh…
C'est Emil sans "E".
Parce que du coup…
[musique douce]
[M. Bison] On est rentrés !
[on frappe]
- T'es couchée ? - Oui.
Je me sens pas bien.
Qu'est-ce que t'as ?
J'ai dû attraper froid, là-bas.
C'est comme Henri.
Il a le nez pris.
Sûrement une sinusite.
- Je m'en fous. - Je te donne un Doliprane.
Et avec Émilie ?
- C'était très bien. - Tant mieux.
Ah, elle était là !
Je l'ai cherchée partout. Tu mets des casquettes ?
Non.
Bon…
Et t'aimes le foot ?
Eh ouais.
Allez, les Bleus.
[vibreur]
[musique douce]
[on sonne]
- Sa chambre est là-haut. - OK.
Qu'est-ce que…
tu fais là ?
Ben euh… Et toi ?
Ben, je suis chez moi.
T'es pas un peu jeune ?
[elle rit]
Ah, Émile, c'est toi ?
J'arrive, papi !
Ah ! Henri, c'est ton…
Oui.
OK.
- Émile ? - Oui ?
[musique douce]
Non, rien.
- Tu vas bien ? - Super.
Oh, quelle conne.
C'est la fête, je suis content.
T'aurais pu faire un effort.
Et toi, mettre une ceinture.
- Je la trouve plus. - [Marie-Luce ricane]
[orgue]
♪ Joyeux anniversaire ♪
- ♪ Joyeux anniversaire ♪ - Albert !
[M. Bison] C'est pas une marche funèbre.
À cet âge, on s'en rapproche.
Trois, quatre…
♪ Joyeux anniversaire ♪
♪ Joyeux anniversaire ♪
♪ Joyeux anniversaire Jean-Jacques ♪
♪ Joyeux anniversaire ♪
Je vais faire une photo.
Ça marche pas, encore.
- Marie-Luce ? - Non, ça me soûle.
[Roseline] Donne.
- Il nous gonfle avec son téléphone. - [vibreur]
Elle est pas dans son assiette.
Je vois ça, oui.
Tu veux un Doliprane ?
Je vais t'en chercher.
On peut mentir par amour ?
Évidemment, ma poupée.
Non, on ne ment jamais. Même par amour. Pourquoi ?
À votre avis ?
[Roseline] Ben si. Moi, par exemple,
j'aime Roger.
Mais je veux coucher avec ton père.
Surtout depuis que Roger est chauve.
Mais je lui dis pas. C'est par amour.
"Pour mentir,
"il faut beaucoup de sincérité", disait Giono.
"Plus le mensonge est gros, mieux il passe", disait Goebbels.
Odette !
[Albert] Tu vas quand même pas finir
comme ton père, tout seul, à porter nos vieux os ?
Vous vous prenez pour qui ?
C'est moi, son père.
Où ils sont mes enfants ?
Et les vôtres ?
Ils sont où ?
[orgue]
Pourquoi ils sont pas là ?
Où ils sont ?
[elle tousse]
[voix grave] Papi, moi, je suis là.
Oh…
Mon garçon, je t'avais pas vu.
C'est gentil d'être venu.
[voix grave] De rien, papi.
Qu'est-ce que tu fais ?
Ben…
je mens par amour.
[musique mélancolique]
[Marie-Luce] Je peux aller à la fête foraine, samedi ?
[M. Bison] Tu y vas avec qui ?
[Marie-Luce] Un copain.
[M. Bison] Un copain ?
[on frappe]
[Marie-Luce] Albert…
Ça suffit, maintenant.
Tu les as pas vus depuis quand ?
- Quinze ans. - Mais pourquoi ?
C'était plus compliqué, à l'époque.
C'est-à-dire ?
Ben…
Je suis tombé amoureux de Laurent, y a 20 ans.
Laurent ?
Tu m'en as jamais parlé.
Il est mort.
On venait de se rencontrer. C'est ballot.
Mais j'ai su que j'aimais les garçons.
Et alors, t'as fait quoi ?
Ben…
j'ai eu honte de qui j'étais. J'ai pas assumé.
[Albert] J'ai rien dit à ma femme, à mes enfants.
[Albert] Je suis parti faire le tour du monde
jusqu'à atterrir ici.
Et te rencontrer.
T'as préféré passer pour un connard plutôt qu'un homo ?
C'est ça.
- Émile est comme toi. - Un connard ?
Non, pas du tout.
Il est gay.
Ça a un peu trop bien marché, mon plan.
Pour s'être rapprochés, on s'est rapprochés.
Il m'a embrassée, enfin il a embrassé Léo.
C'est pas drôle !
Non, pardon.
Je fais quoi ?
[Albert] Là, il a raison, ton père.
Tu peux plus mentir.
Surtout si tu l'aimes.
Je pourrai plus l'embrasser.
C'était tellement bien de l'embrasser.
OK…
[musique douce]
- Il m'a demandée en mariage. - Papa ?
Mais non, Roger.
Ah !
[sonnerie]
[musique dynamique]
Merde !
Léo ?
- Ça va ? - Ouais.
- Tu voulais me dire quoi ? - Ben…
Léo !
Trop contente de te voir !
Moi aussi.
On y va ?
Je peux venir ?
On peut venir ?
Ça va, Émile ?
On y va ?
Il a un truc, Léo.
Euh… Ouais…
Je sais pas.
Tu te grouilles ?
T'as vu ?
J'avais dit que c'était pas un truc de meuf.
Il m'intrigue tellement. Et il a un de ces culs.
On dirait un cul de meuf, j'adore.
OK…
- Du premier coup. - Tu mens.
Attendez-moi !
Attendez-moi !
- J'y vais, moi. - Bah, Émile ! Ça va ?
Qu'est-ce qu'il a ?
Tiens.
Albert, tu nous aides avec la table ?
Tu avais promis, non ?
Y a rien qui va, aujourd'hui.
Tu as réagi comme ça quand tu as su que ta fille avait un copain ?
Oui, quand tu connais pas le copain…
Roger, il a quoi, le thermostat ?
Faut le réparer.
Quelqu'un a dû y toucher.
C'est Albert Leroy.
Je voudrais parler à…
- à mon fils. - [on raccroche]
- Henri, vous allez où ? - Chercher ma femme.
Mais non, non.
C'est ici que ça se passe. Maintenant.
Allez.
Ça ne va pas, hein ?
- Émile. - Quoi, Émile ?
C'est Émile, le garçon dont elle est amoureuse.
Le petit-fils d'Henri.
Vous en faites pas. Ça se passera bien.
En parlant d'amour, vous devez savoir.
Un signe de vous et j'annule tout avec Roger.
- [clochette] - Ça y est, ça marche.
Émile ?
- S'il te plaît… - Laisse, j'ai dû me tromper.
Qu'est-ce qui te prend ?
T'aimes les mecs ?
Oui, évidemment.
Et moi, je te plais ?
Oui.
[musique douce]
- Tu voulais me dire quoi ? - Euh… rien.
Enfin…
Ça.
[musique douce]
Oui, docteur Tanguy.
On sera là à temps pour le rendez-vous.
[chanson à la radio] ♪ Tout au fond de moi ♪
♪ Pour le quitter ♪
♪ Et courir vers toi ♪
♪ J'ai besoin d'entendre ta voix ♪
♪ Le courage me manque, aide-moi ♪
[musique : "Téléphone-moi" de Nicole Croisille]
♪ Téléphone-moi ♪
♪ Appelle-moi et dis-moi ♪
♪ Que tu m'aimes, que tu m'aimes ♪
♪ Que tu m'aimes ♪
Vous vous rappelez toutes les paroles.
- Oh, ça me rappelle ma femme. - Ah ?
Cette salope.
Oh, putain.
Putain !
Putain.
Ma femme ?
Non, c'est Émile avec…
[M. Bison] un garçon.
[musique entraînante]
C'est magnifique.
- Marie-Luce est rentrée ? - Oui, oui.
- Elle était pimpante. - C'est quoi,
- cette poussette ? - J'aime bien.
- C'est son déambulateur. - Non.
- Vous demanderez… - Vous, non.
- Je… - Non !
- [Henri] J'ai fait quoi ? - Non !
[on frappe]
Faut que je te parle.
Vas-y, je t'écoute.
Tu dois plus voir Émile.
Quoi ? De qui tu parles ?
Je sais qu'Émilie s'appelle Émile.
[M. Bison] Que c'est un garçon.
Alors me prends pas pour un con.
C'est pas facile, avec toi.
- Tout t'inquiète. - J'ai raison d'être inquiet.
J'ai 14 ans, papa. C'est normal de sortir avec un mec.
- C'est plus ça, le problème. - Ah ?
C'est quoi ?
Le problème, c'est que ton mec, comme tu dis,
a embrassé quelqu'un d'autre.
Quoi ?
- C'était qui ? - C'était pas toi.
Elle est comment ?
Justement, c'est pas vraiment elle.
Ah oui…
Il était comment ?
Je l'ai vu de dos. Il avait…
- un blouson. - Oui ?
Comme le mien.
- Ah ! OK. - Quoi, "OK" ?
T'as compris ?
Oui.
C'est bon, papa.
C'est mes histoires.
Émile est gay.
Il se fout de toi.
Tu vas pas espérer une histoire…
Je suis désolé.
Faut faire attention avec les garçons.
Faut pas aller trop vite.
T'es peut-être trop jeune
pour tout ça.
La preuve, t'es tombée amoureuse d'un…
D'un ?
- D'un… - D'un ?
D'un pédé.
[musique dynamique]
Oh, ma ceinture.
C'était moi.
[M. Bison] C'est pas normal, tout ça.
Vous nous laissez ?
Bien sûr.
Pas vous, votre fille.
Je comprends pas. C'est elle qui a un problème, pas moi.
C'est pas un problème.
- C'est une solution. - Une solution ?
C'est la seule qu'elle a pour être en lien avec le monde.
[musique douce]
J'ai jamais voulu qu'elle devienne un garçon.
Et une femme ?
Une femme, enfin…
Les grands mots. Elle a 14 ans.
Oui, je vois.
Quoi ? Ma fille se déguise en garçon.
Pas en n'importe quel garçon.
Je comprends pas.
Les vêtements sont à qui ?
À moi. Elle avait que ça sous la main.
Vous êtes sûr ?
Ça veut dire quoi ?
Je veux des réponses. Pas être traité de mauvais père.
Ça, c'est vous qui le dites.
C'est bon.
- Pourquoi vous vous levez ? - Je suis énervé.
Qu'est-ce qui vous énerve ?
J'ai rien fait de mal.
[musique douce]
Ça va aller.
Je reste avec toi.
T'inquiète pas.
Mlle Mercier ?
Bonjour.
[musique douce]
Pourquoi ?
Parce qu'elle change. Elle est plus comme avant.
Je sais même pas si elle a ses…
Ses ?
Ses…
Ses…
Ses…
On va essayer de l'exprimer.
Ses…
- Ses ? - Ses…
Règles ?
Ses règles ?
C'est ça.
Demandez-lui, non ?
C'est aux mères de faire ça.
Vous en parlez, d'ailleurs ?
- De ? - De sa mère.
Jamais.
- J'ai pas votre talent. - C'est pas du talent.
[il soupire]
Je fais comment, là ?
C'est à vous de trouver.
- Oh, putain, vous m'énervez. - Tant mieux.
[musique intrigante]
- Ça va, papa ? - Non.
Je suis inquiet pour Jean-Jacques.
Ses résultats sont pas bons.
Va peut-être falloir l'hospitaliser.
Ça me fait beaucoup de peine.
T'es vraiment trop con.
Me parle pas comme ça.
Mon garçon…
Non, c'est le garçon de personne !
Moi, je mens pas à tout le monde.
Tu arrêtes avec Léo.
On reprend une vie normale.
- Notre vie est normale ? - Je dis…
Maman est morte y a 10 ans. On vit comme si de rien n'était.
Ce qui t'intéresse, c'est si Henri a fini ses lasagnes.
Et moi ?
Tu t'intéresses à moi ?
- J'ai raté quoi ? - Ta gueule.
Henri s'est enfermé
dans les toilettes.
- [femme] Il a pas l'air bien. - Attendez.
- Elle me manque. - Arrête.
Elle aurait compris.
Tais-toi. Tu sais pas de quoi tu parles.
[femme] Il a pas l'air bien. Venez.
J'arrive.
C'est pas elle qui aurait dû mourir.
[Marie-Luce hurle]
[notification]
Tu m'as pas vue, OK ?
À mon âge, je suis une tombe.
Mais tu vas trop loin.
Occupe-toi de tes enfants.
Le mot fait déjà… Un, deux, trois,
quatre, cinq, six, sept, huit… Ça fait 18…
- [Roseline] Dix-huit… double. - [Henri] Mais non.
[Henri] Il compte plus double, maintenant.
Il a déjà compté double une fois.
- [Roseline] C'est nouveau ? - [Henri] Regardez les règles.
[Roger] Ça va, monsieur Bison ?
J'ai fait "Soupez" avec le "Z".
Hélène ?
C'est…
papa.
[musique douce]
Léo, ça va ? On t'entend pas trop.
Ouais, ouais.
Chloé, c'est encore loin ?
Vous êtes mignons, devant.
Continue tout droit.
Manon, tu suis ?
Moi, au moins, je sais faire du vélo.
Là.
- Là ? - Oui, là.
- Ça va pas ? - Je te jure, c'est là.
Tu vas voir, c'est romantique.
[musique douce]
[Manon] Trop contente de voir une éclipse.
[Hugo] Je serais content que tu t'éclipses.
[Manon] Pff, tu me soûles.
Mettez-vous là.
- [Chloé] Action ou vérité. - [Hugo] Action,
- je suis un bonhomme. - [Manon l'imite]
Bois cul sec.
- Ça, là ? - Oui.
- [Hugo] Tu sais que… - [Chloé] Ben bois.
[Hugo rote] Je t'aime.
Il est relou.
C'était "je t'aime" en rotant.
On a compris. À toi.
Je t'aime.
Je sais. À toi.
OK, j'en ai une.
Manon, action ou vérité ?
- Vérité. - Ça va ?
[Hugo] Tes parents vivent bien…
de t'avoir conçue ?
[Manon] T'es relou.
[Manon] Quitte-le, là.
[Hugo] Vas-y, tais-toi.
[Manon] Allez, à moi.
Émile.
- Oui ? - Ça va ?
Oui.
- Action ou vérité ? - Vérité.
- Euh, action. - Embrasse-moi.
Fallait dire "Vérité".
T'es sérieux ?
[Chloé] Vous êtes mignons !
[Manon] T'as kiffé ?
[Hugo] Chloé, action et on fait pareil.
[Chloé] Non.
[Manon] Allez, à toi.
[Hugo] Léo, du coup ?
- [Hugo] Vas-y, Léo. - [Manon] C'est à toi.
- Vérité. - C'est à Léo de répondre.
C'est quoi, ton secret ?
- Non… - [Hugo] Elle est bien, cette question.
Vas-y, réponds.
Ben euh…
je…
- Ça va ? - T'as quoi ?
Je reviens.
- Moi aussi, j'ai envie… - Non !
Pourquoi ?
Ben parce que…
parce que je vais chier.
Ça a le mérite d'être clair.
Ça va, Léo ?
[Chloé] Tu veux un Smecta ?
Quand je suis malade,
tu me donnes pas ça.
Je m'en fous quand t'es malade.
Oh non, pas maintenant…
On fouille pas le sac d'une fille.
Je… je fouillais pas.
Tu faisais quoi ?
Je faisais quoi… Je…
Tu m'attendais.
Euh…
Ouais.
J'en étais sûre.
- T'as quoi, là ? - Rien.
- Montre. - Non.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je vous dérange pas ?
Aïe !
Malade, ce type.
Chloé, ça va ?
Non !
Léo m'a poussée.
- Tu l'as touchée ? - Il m'a fait mal.
T'es hétéro ou t'assumes pas ?
Il est gay, Léo ?
Quoi ?
Tu vois ?
C'est ça, avoir des couilles.
C'est juste deux grosses tarlouzes.
Émile, ça rime
- avec "je t'enfile". - Ta gueule !
T'as dit quoi, pédé ?
Enculé !
Arrêtez !
Léo, lève-toi !
Non, lâche-le !
Lâche-le !
Marie-Suce ?
[musique mélancolique]
Oh putain,
le délire…
Cool, en fait,
t'es…
t'es pas gay.
Je suis désolée.
Non ?
Il est pas gay ?
Émile, ça va ?
[rire]
C'est… C'est une meuf.
[musique mélancolique]
Alors, Chloé ?
Je te plais ?
- Émile, attends ! - Comment t'as pu me faire ça ?
C'était pas contre toi.
Ah ouais ?
Mais… mais oui.
[Marie-Luce] Au départ, je voulais juste
me rapprocher de toi. Tu me calculais pas.
- T'es tarée. - Non, non.
C'est allé trop loin, je sais.
J'aurais dû te le dire.
- Mais j'ai… - T'as quoi ?
J'ai pas réussi.
T'as pas réussi. Et c'est tout ?
Oui, j'étais trop… J'étais trop…
Trop quoi ?
Amoureuse de toi.
Je suis gay.
Ça peut pas changer ?
Non, ça peut pas changer.
C'est quoi, ton problème ?
Je suis nulle, en fille !
Personne me regarde en Marie-Luce. Toi le premier.
Alors qu'en Léo…
T'es pas Léo !
T'es plus Léo.
Je voulais pas te faire de peine.
C'est raté.
Émile…
Je voulais que tu m'aimes.
Je t'aime pas !
Qu'on m'aime.
[soupir]
[musique mélancolique]
- [M. Bison] Elle est malade ? - [Mme Bison] Elle fait ses dents.
- [M. Bison] C'est grave ? - [Mme Bison] Non, c'est pas grave.
[musique mélancolique]
Arrête.
[Mme Bison] Oh, c'est bien !
[Mme Bison] T'es une grande fille.
Coucou, bibiche.
Et hop là.
[M. Bison] Fais attention.
T'inquiète pas, je suis là.
[Mme Bison] Et voilà.
[Mme Bison] Toute seule, t'es montée toute seule.
Elle est où, Marie-Luce ? Là !
[cri de joie]
Oh oui, c'est trop bien de marcher !
[musique douce]
- [M. Bison] C'est à maman ? - Oui.
[Mme Bison] Tu choisis une histoire ?
[Mme Bison] Tu veux quoi ? Trop bien, celui-là.
[Mme Bison] On va le lire ? Tu veux ? Tu viens le lire ?
[M. Bison] ♪ Joyeux anniversaire ♪
♪ Joyeux anniversaire ♪
♪ Joyeux anniversaire, ma chérie ♪
♪ Joyeux anniversaire ♪
[Mme Bison] Merci, mes amours.
[Mme Bison] Je souffle ?
[musique mélancolique]
[Mme Bison] Tu sais que je t'aime, toi ?
[on frappe] C'est papa.
Marie-Luce ?
[musique dynamique]
[répondeur] Vous êtes bien sur le répondeur de Marie-Luce Bison,
si ça vous dit, laissez-moi un message.
[M. Bison] C'est papa, rappelle-moi.
[musique dynamique]
- Albert ! - Non, j'ai pas bavé !
Elle est où ?
- Elle est pas là. - Je sais.
Et vous m'avez rien dit ?
Vous êtes con ? C'est ma fille, pas votre copine !
Dites-moi où elle est.
- Allez. - Avec Émile.
OK.
- Henri… - Ma femme est arrivée ?
Il habite où, votre petit-fils ?
[musique dynamique]
[on sonne]
Monsieur Bison ?
C'est mon beau-père ?
Non, ça va. Elle est là ?
- Qui ? - Ma fille.
Non, Léo, mon fils.
Ah, vous êtes le père du fameux Léo ?
Il est chez vous ?
Ah non.
Sauf si mon fils l'a caché dans son lit.
[musique triste]
[Marie-Luce] Et y a pas une autre fille…
qui te plaît dans ta classe ?
[Émile] Non, aucune, non.
[Marie-Luce] On m'a parlé d'une nouvelle.
[Émile] Ah, Marie-Suce ?
[musique triste]
Il est où ? Hein ?
Il est où ?
Alors ?
- Léo, il est où ? - Réponds.
Son téléphone est coupé.
Ça va pas.
Enfin, dis quelque chose.
[musique douce]
[Albert] Marie-Luce Bison,
on avait dit quoi ?
"Si on te ferme la porte, passe par la fenêtre."
Tu imposes ta loi, pas eux.
[musique douce]
[hurlement]
Marie-Suce ?
Mais pourquoi ? Elle…
Ah non, non.
Je vous assure que non.
- Ah, ouf. - C'est…
pour faire marrer les autres.
Et lui faire de la peine.
C'est comme ça.
Quelle bande de petits cons. C'est horrible.
Et moi, j'ai rien vu.
[musique sombre]
Marie-Luce !
Ma chérie, réponds-moi.
Je suis là.
Tu m'entends ?
Papa ?
J'ai pas fait exprès. Désolée.
Non, c'est moi.
On rentre.
Hé…
Ce qu'elle a fait par amour… c'est dingue !
Mais grave.
- De quoi ? - Rien
[musique douce]
Ça va.
[soupirs]
[musique douce]
[bêlements]
[musique dynamique]
[à la radio] ♪ Nostalgie, Nostalgie ♪
♪ Nostalgie, Nostalgie ♪
♪ Nostalgie ♪
[animateur] Il est 7h sur Nostalgie. Bonjour, bonjour.
Fin des vacances de la Toussaint.
Fini, la fête des Morts,
Halloween et le rire des enfants.
On pense aux minots qui repartent à l'école
sous ce grand soleil.
[Marie-Luce souffle]
[musique douce]
[M. Bison] On y va !
J'arrive !
[Roger] Arrête de mentir !
Y a quelqu'un d'autre.
C'est dans ta tête.
Et ce texto ?
[Roseline] C'est une copine.
[Roger] Une copine qui s'appelle Marc ?
[Odette] Marie-Luce, ton sac pour l'école.
Merci beaucoup.
Ça vaut une photo, ça.
- Ah oui. - [déclic]
[musique douce]
Prête ?
Et toi ?
Mes enfants vont me reconnaître ?
- T'inquiète, ça va bien se passer. - Je suis pas inquiet.
Le père d'Émile.
Mon lion…
Si, il est inquiet.
- [Roseline] C'est toi que j'épouse. - [Roger] Non…
- Bonne journée, mon garçon. - Bonjour.
Bonjour…
Oh là là, c'est qui ?
Le petit-fils de Jean-Jacques.
Le vrai.
- Ah… - Il s'appelle Léo, c'est marrant.
- [klaxon] - Albert ?
Le taxi vous attend.
[musique douce]
Albert…
Allez, tu y vas.
[Marie-Luce soupire]
- Quoi ? - Rien.
Je te trouve belle.
[chanson à la radio] ♪ Le premier pas ♪
♪ J'aimerais qu'elle fasse le premier pas ♪
C'était la chanson préférée de ta mère.
C'était ça ?
♪ Cela ne se fait pas ♪
J'ai pas fait le premier pas.
C'est maman ?
C'était où ?
À l'EHPAD des Citronniers.
On était infirmiers. Elle voulait mon aide
pour relever un monsieur mal en point.
Quand je suis arrivé,
le monsieur pétait le feu. J'ai compris.
Elle était habillée comment ?
- En blouse. - Ah oui.
Elle portait quel parfum ?
Ce jour-là, elle sentait…
- le désinfectant. - [Marie-Luce rires]
Et sinon ?
Le thé vert.
"Le thé vert…"
Et son plat préféré ?
Les cordons-bleus, comme moi ? Elle avait des gros lolos ?
Pardon. C'était pour Roseline.
Elle me chantait quelle berceuse ?
Elle fumait ?
C'était sa vraie couleur de cheveux ?
Elle lisait quoi ?
Elle regardait quels films ?
Elle avait un animal préféré ?
C'est toi qui lui as offert ce perfecto ?
Elle a choisi mon prénom ?
Ah oui.
[musique : "Le premier pas" de Claude-Michel Schönberg]
Faut y aller.
Tout va bien se passer. Hm ?
[musique : "Le premier pas" de Claude-Michel Schönberg]
♪ Le premier mot ♪
♪ J'aimerais qu'elle dise le premier mot ♪
♪ La nuit ♪
♪ J'en rêve ♪
♪ Et c'est idiot ♪
T'es revenue, Marie-Suce ?
Luce ! Marie-Luce !
Ça va ?
Cool que tu sois revenue.
♪ Seulement me faire signe tout bas ♪
♪ Alors, je ferai ♪
♪ Je le crois ♪
♪ Le premier pas ♪
Tiens.
- Cette fois, je te le rends. - [elle rit]
Merci.
[musique : "Le premier pas" de Claude-Michel Schönberg]
- Ça te va bien, les chapeaux. - Toi aussi.
[musique dynamique]
J'adore.
Je suis d'accord.
Tiens, ta petite couverture.
Des bonbons, une petite lecture. On est bien.
Merci, mon Léo.
Il est pour toi ou pour moi ?
[musique dynamique]
Je comprends plus rien. Vous êtes ensemble ou pas ?
[rires]
[musique : "La plus belle pour aller danser" de Michèle Richard]
[musique douce]
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