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Zulu
...
-Voulez-vous ajouter quelque chose?
-J'insiste sur ma volonté
d'intégrer les forces de l'ordre.
-Très bien.
Vous recevrez notre réponse d'ici 2 semaines.
-Très bien. Bonne fin de journée.
-Au revoir. -Au revoir.
-Allez, messieurs-dames, plus qu'une.
Candidate suivante.
Madame Alvaro?
-(Qu'est-ce qu'elle fait? )
-Maman, mets tes yeux dans tes mains.
Il y a écrit "Pull-up", c'est pas compliqué.
Je te laisse, maman.
Excusez-moi, j'ai été obligée de confier mon fils à ma mère,
j'essaie de l'éviter mais j'ai eu un problème de garde.
-Pas de problème. Asseyez-vous.
-Oui, allez.
Ah!
Un peu d'intimité.
Et voilà!
-Présentez-vous rapidement.
-Oui, tout à fait.
Morgane Alvaro, 44 ans, célibataire,
mère de tr... Quatre enfants,
de trois pères différents,
et toujours trois crédits à la consommation.
-(Pas le coup du frottis! )
-Et 1 824 jours depuis mon intégration dans la police
en tant que consultante.
-Pouvez-vous nous parler de vos motivations?
-Oui, euh...
Eh bien, c'est très simple,
je suis totalement en phase
avec les valeurs de la police nationale.
Voilà. Des valeurs
qui sont l'intégrité,
l'ordre,
j'aime quand les choses sont carrées.
Et puis, l'envie de servir mon pays.
C'est bien joli, la société individualiste,
mais si tout le monde fait ce qu'il veut,
ça donne du bordel.
A un moment, il faut des lois,
des gens pour les faire respecter, et je veux en faire partie.
Sonnerie Merde.
Excusez-moi.
Quoi, encore?
Mais évidemment qu'il n'y a pas de scratch,
c'est des pull-ups!
Oui! Voilà, je te laisse.
C'est compliqué.
Pouf pouf, où j'en étais?
-A votre amour du respect des règles.
- -Eh bien voilà, j'adore les règles. - -Très bien.
Des questions, lieutenant Rochas?
-Non.
-Ricovski? -Oui,
dans sa recommandation, la commissaire Hazan mentionne
que vous êtes HPI,
et que cette particularité
nécessite un certain cadre.
Vous pouvez nous en dire plus?
-Eh bien...
Disons que sous mon capot, là,
il y a un moteur de Formule 1,
mais qu'elle m'a été livrée sans freins
et avec un volant qui déconne.
Sans direction assistée, c'est le crash garanti.
C'est ce que fait Céline,
enfin, la commissaire, et toute l'équipe.
D'accord? Ils m'aident, en fait, à...
à tenir le volant.
Et en échange, moi, je leur démêle
un peu des trucs sur les affaires.
C'est win-win.
-Bon...
je crois qu'on a fait le tour.
-Déjà?
-Oui, merci,
mais malheureusement...
-Vous auriez un exemple
à nous donner?
-Plein.
-(Oui! )
-Là, ça me vient pas. Mais oui. Ben si.
Par exemple, j'ai découvert où notre morte
avait passé son après-midi.
-Quelle morte?
-La physicienne qu'on a retrouvée zigouillée.
Vous avez
2 min? -Je vous en prie.
-Bon, eh bien...
Tout a commencé sur un parking à Roubaix.
Il se trouve que je suis arrivée à la bourre,
mais la route était fermée.
Oui, oui,
je suis en retard,
mais la voie rapide était fermée.
-1 heure 45 de retard, nouveau record.
-Karadec, je vous croyais en taule!
-Liberté provisoire en attendant mon procès.
J'allais pas
vous laisser comme ça.
-Manon Boutière, doctorante
en astrophysique
à l'IRS de Lille.
Son petit ami
a signalé sa disparition hier soir.
D'après le Dr Benzaoui,
elle serait décédée entre 17h et 20h,
étranglée avec un fil de fer
ou un lacet.
-Tiens, tiens, tiens.
Un bâton qui colle.
Un bâton carré.
-Morgane!
-Sucré d'un côté, et pas de l'autre.
Sucré...
Pas sucré.
Là, c'est sucré, mais là,
non. -Venons-en aux faits.
Y avait-il des témoins sur votre scène de crime?
-Seulement celui qui a trouvé le corps.
-Des caméras?
-Non plus, sauf à la fête foraine.
-Quelle fête foraine?
-Vous le sauriez déjà si vous m'aviez laissé finir.
Bon allez, je rembobine.
Tiens, tiens, tiens,
un bâton qui colle.
Un bâton carré...
-Morgane!
-Sucré d'un côté,
et pas de l'autre.
- Ca vous rappelle rien? - -Non.
- Cris - Orgue de barbarie
...
-Donc,
on est allés
à la fête foraine où la nana avait passé l'après-midi.
- Orgue de barbarie - Annonces des bateleurs
- ... - ...
...
-Là.
C'est notre victime.
-Elle est nerveuse,
elle regarde derrière comme si elle était suivie.
Vous avez des vidéos de ce côté? -Oui.
-Mais cette femme, là, elle la suit.
...
Merde, elle a disparu.
-Dans le miroir, vous pouvez zoomer?
Elle part dans la direction opposée, elle l'a semée.
Il y a des caméras? -Non, désolé.
...
-Dis-moi... -Bonjour.
-Cette fille t'a acheté une barbe à papa hier.
-C'est une blague?
Je vois défiler des centaines de gens.
Et en plus, c'était mon collègue.
-Et lui, il est souvent là?
-Qui ça, le Zizou?
De l'ouverture à la fermeture.
Mais je sais pas s'il va pouvoir vous aider.
-OK, merci.
-Mais...
-Hé, champion du monde!
98!
Hé, me regarde pas comme ça.
Tu vas me mettre un coup de boule?
Coup de boule, Zidane, 98, Coupe du monde. Non?
C'est pas allumé à tous les étages.
Bon,
est-ce que t'as déjà vu cette fille?
Là, là.
-Non, jamais vue.
-Tu te fous de moi? T'as un stylo
à elle.
-Manon Boutière,
doctorante en astrophysique à l'IRS.
-Institut de recherche scientifique de Lille!
Tu l'as tuée pour un stylo?
-Elle est morte?
-Et tu la connaissais pas?
-Qui donc?
-Mais elle, enfin!
-Oui, elle, c'était ma copine.
Elle venait souvent.
Elle me donnait une pièce,
du chocolat. Une petite attention.
-Comme hier.
-Non, pas hier.
-Elle est pas venue, hier?
-Si, pourquoi?
-Tu viens de dire le contraire!
-Elle m'a jeté ce truc pour aller se prendre
une barbe à papa!
-Ca, en tout cas, c'est confisqué.
Aïe!
-C'est 25 euros.
-Tu te fous de moi?
-30 euros.
-Ce stylo? -1 000 euros.
-Un paquebot, pendant qu'on y est.
-On s'égare. Revenons-en aux faits.
Vous avez dû
interroger le petit ami.
-Mon collègue l'a fait
sans savoir
pour la clé.
-Mais quelle clé?
-Mais!
La clé USB qui était dans le chapeau.
Je peux raconter?
Alors, je reprends.
On revient de la fête foraine,
le petit ami se fait interroger à côté,
et on analyse la clé USB.
-Manon, c'était...
C'était une tronche.
Ca faisait 2 ans qu'elle bossait non-stop
sur sa thèse d'astrophysique.
Le sujet, c'était...
les fullerènes C60
et leur capacité d'absorption
des rayonnements cosmiques
en ingénierie spatiale.
Mais me posez pas de questions là-dessus,
j'ai jamais compris de quoi ça parlait.
-C'est trop technique. Traduis, parce que je suis largué.
-Si j'en étais capable, je bosserais pas pour les flics de Lille.
-Avec tes mots fléchés, tu sais tout.
-T'es drôle, toi.
Tout, non, il y a des trous, quand même.
Et là, on est dans un trou.
-Oui.
-Photo suivante, écoute.
Qu'est-ce que tu fous avec... -Pop pop pop.
Mon rétro est tombé.
Apparemment, c'est courant.
Bon, je le garde. Du coup, il est bien là.
J'en ai commandé un autre beaucoup mieux.
-OK.
Ah,
OK!
Ca passe pas, hein?
-Chut...
-(C'est quoi qui passe pas? )
-(Rien, j'ai comme un torticolis,
(j'ai mal au cou depuis plusieurs mois.)
-Aux faits, par pitié.
-Pourriez-vous synthétiser?
La femme qui suivait votre victime, le petit ami l'a identifiée?
-Pardon, vous dites que Manon était à la fête foraine hier?
-Oui.
-Je n'y ai vu Manon
qu'une fois, il y a 2 mois, pour mon anniversaire.
Elle a détesté.
Je vois pas pourquoi elle serait retournée là-bas.
-Elle s'est débarrassée de cette clé USB
quand elle s'est sentie suivie.
Et voilà son contenu. Ca vous dit quelque chose?
-Non.
Je suis musicien, c'est pas le genre de truc qui me parle.
Mais j'imagine que ça a un rapport avec ses recherches.
-Savez-vous si Manon était en conflit avec quelqu'un?
-Non.
Manon s'entendait bien avec tout le monde.
A part Letellier.
-Letellier?
-Son directeur de thèse.
-D'accord. Et?
-Ce type, dans le monde de l'astrophysique,
c'est une vraie star.
Quand il a accepté de prendre Manon,
elle était trop contente.
Mais rapidement, ça s'est mal passé entre eux.
Elle voulait plus qu'il la supervise.
-Vous savez pourquoi?
-Oui.
C'est pas elle qui m'en a parlé directement, c'est....
L'autre nuit, on dormait,
et je l'ai entendue marmonner quelque chose dans son sommeil.
Elle arrêtait pas de dire:
"C'est toi le violeur, Letellier."
Moi, je lui en ai parlé,
mais elle m'a dit de pas m'inquiéter.
Mais bon, ça m'est resté en tête.
Le violeur, ça m'est resté en tête.
-Alors du coup,
avec mon collègue,
on décide d'aller interroger le violeur,
spécialiste en fullerène.
C'est lui qui a trouvé comment les utiliser en aérospatiale.
Il a failli avoir le prix Nobel.
-Les faits, Mme Alvaro!
-OK, j'accélère!
-Bonjour. Pr Letellier?
-Oui.
-On peut vous parler en privé?
-Oui.
Pardon, je suis encore un peu sous le choc.
Qui a pu faire une chose pareille?
-Nous enquêtons pour le savoir.
Comment décririez-vous
vos relations? -Correctes.
Comme avec mes doctorants.
-On dit que les choses étaient tendues
entre vous.
-Non, mais je rêve! Quelle génération.
Oui, j'ai émis des critiques à propos du travail de Manon,
ces derniers mois,
de façon peut-être directe.
Mais demander à un jeune physicien de prouver ses hypothèses,
c'est devenu du harcèlement moral.
-Si je comprends bien, au niveau harcèlement moral,
on serait sur une incompréhension vieux chnoque-Gen Z,
c'est ça?
Et sur le harcèlement sexuel,
elle était trop sensible pour accepter les mains au cul?
-Pardon?
-Je sais pas.
-Le petit ami de Manon semblait croire
que votre conflit débordait
du cadre professionnel.
-Elle vous appelait "le violeur".
-Le violeur?
Mais c'est proprement délirant!
Me voilà un directeur
de thèse toxique
et un violeur,
parce que je demande de la rigueur scientifique
à mes étudiants?
Nos divergences étaient d'ordre méthodologique.
Elle avait bâti sa thèse
sur une série d'hypothèses complètement bancales,
et elle a décidé que c'était moi, le problème.
Alors oui, effectivement,
à ce moment, j'ai perdu pied et je suis sorti de mes gonds.
Voilà.
Mais je n'ai jamais posé la main sur elle. Jamais.
Et je ne l'ai pas non plus assassinée,
si c'est votre prochaine idée.
D'autres questions?
-Oui.
Juste une.
On a trouvé
ces photos sur une clé USB qui appartenait à la victime.
Vous connaissez?
-Mais comment elle s'est procurée ça?
-Vous savez ce que c'est?
-Oui, ce sont les plans des satellites militaires
auxquels j'ai eu accès.
Mais je comprends pas,
ces trucs ont 15 ans et sont classés secrets défense.
-Karadec, j'ai notre nana!
Ah!
Mais... Aïe!
Ah!
-Police! Lâche-la!
-Je suis de la maison.
-Doucement.
-Catherine Stern, DGSI.
Il faut qu'on parle
de Manon.
-Merci de nous avoir suivis.
-Pas de problème, on sera mieux ici.
-Vous faites quoi, là?
-Je filme notre entretien.
Que pouvez-vous me dire sur la mort
de Manon Boutière?
-Il y a un malentendu, c'est moi qui ai des questions.
-Très bien.
On fait donnant-donnant? Je vous laisse ouvrir le bal.
-Très bien.
On vous voit suivre Manon Boutière le jour de sa mort.
Que lui vouliez-vous?
-Secret défense. Désolée.
A mon tour. Vous avez montré à un témoin
des documents classifiés. Qui d'autre les a vus?
-Mme Stern, vous travaillez certes pour les renseignements,
mais moi, j'enquête sur le meurtre de cette jeune femme.
On a des vidéos où on vous voit la suivre.
Donc, DGSI ou pas,
vous risquez la garde à vue.
-Pas de micro?
Vous permettez? -Allez-y.
-Je ne suivais pas votre victime, je la surveillais.
Nous la soupçonnions d'être une agente infiltrée.
-Vous voulez dire une espionne?
-Alors là, accrochez-vous à votre slip,
ça se complique.
-L'affaire remonte à 2009. Le ministère de la Défense
a monté un partenariat avec l'institut de votre doctorante.
Dans cette collaboration,
3 physiciens ont eu accès
à des plans secrets défense de satellites militaires.
8 mois plus tard,
un certain Amir Tehrani,
doctorant en sciences humaines iranien,
a été retrouvé assassiné avec des copies des plans sur lui.
-Comment a-t-il eu accès à ces plans?
-C'est la question qu'on s'est posée.
Notre Iranien avait des liens avec un physicien,
le Dr Montcreuset.
On en a déduit qu'ils faisaient partie d'un même réseau.
Entretemps,
le physicien s'était volatilisé.
-Et Manon?
-J'ai maintenu une surveillance discrète sur l'institut.
Et après 15 ans, la semaine dernière,
votre doctorante a déclenché une alerte
en s'introduisant en pleine nuit sur l'ordinateur
de son directeur de thèse, Letellier.
Elle y a copié des fichiers, dont les plans de satellites.
Leur labo était de nouveau infiltré.
-Vous l'avez prise en filature,
et elle s'est fait tuer.
Qu'est-ce qui a pu
se passer? -Je sais pas.
Elle m'a semée, à la fête foraine.
Il y a une vidéo. -En effet.
On aura besoin du dossier.
-Pas de problème.
Vous me communiquez vos infos et je vous fais envoyer les nôtres.
-Tout est censuré!
On leur transmet plus rien, mais plus rien!
-On leur a déjà tout envoyé. -Ah!
Bon. Si j'ai bien compris,
on a donc 2 doctorants du même institut
qui ont été tués avec ces plans sur eux,
mais à 15 ans d'intervalle.
Cet Amir Tehrani,
qui travaillait peut-être pour l'Iran, et notre victime.
Ils ont dû être ciblés
par une même personne.
Qui aurait intérêt à faire ça?
-Ben, moi, je sais.
C'est...
un agent double!
-Un agent double qui travaillerait pour qui?
-Ca, je sais pas.
Il y en a toujours dans les "James Bond".
-Merci pour cette merveilleuse intervention.
Et lui, c'est qui?
-C'est le Dr Paul Montcreuset,
il travaillait lui aussi sur les fullerènes.
Il a disparu sans laisser de traces 3 semaines après le vol.
Donc, on pense qu'il a communiqué les plans.
-Un espion aussi?
-Ah! C'était pas un simple espion. C'était...
une taupe!
-Une taupe et un agent double, c'est à peu près pareil.
Rire sonore
-Daphné, que tu es naïve!
Ca n'était pas une simple taupe. C'était...
-Si vous parlez d'agent triple...
-Un agent quadruple!
Il faut tout envisager.
-Vous me fatiguez, Morgane. Et vous, arrêtez
de l'encourager.
Mais merde!
-Mais... J'ai rien dit, moi!
Non mais, hé.
-Pourquoi elle réagit comme ça?
Pour une fois qu'on a un espion...
-T'as pas lu le journal? -Quoi?
-La date du procès du commandant a été fixée,
et le parquet réclame la prison.
-Passe la balle!
-Bon, j'ai tout lu,
pour ton oral, et leur super conseil,
c'est "soyez vous-même".
Je sais pas si c'est une bonne idée.
-Ben, merci.
-Tu vois ce que je veux dire. -Non.
-OK. Sinon, j'ai trouvé de la crème solaire de Serge,
c'est de la 50,
elle doit dater des années 70.
Et pour Saint-Domingue...
-Arrêtez de me bassiner
avec Saint-Domingue!
Je suis la seule non invitée.
Très élégant de la part de ma Galoche,
me séparer de mes enfants.
-Maman, t'es l'ex de son mec.
C'est déjà cool de m'avoir invitée.
-Elle est tellement cool qu'elle va te payer ton maillot
et tes tongs.
Tiens, j'y avais pensé, à ta crème solaire.
-Merci, maman.
-Il me coûte cher, ce voyage.
-Attention!
-Ah!
-Ca va?
-Pardon, Mme Alvaro, mais nous avons un peu de mal
à comprendre le rapport
- avec cette histoire d'espionnage. - -Ah!
Voilà une bonne question.
Le rapport,
c'est le ballon, évidemment.
-M'man, qu'est-ce qu'on fout là?
-C'est des molécules.
-Des molécules? -Hyper costaudes,
constituées de 60 atomes de carbone.
Le truc précis dont ce crétin de "Venons-en aux faits"
m'empêche de parler: les fullerènes.
-C'est qui, "Venons-en aux faits"?
-Oui, c'est qui?
-C'est moi!
Musique héroïque
Eh oui. "Venons-en aux faits", c'est mon surnom.
C'est parce que je m'appelle Vandraud,
et du coup, Vandraud, "Vandron".
Et ça a dérivé à "Venons", "Venons-en aux faits",
et c'est resté.
-Très bien, poursuivons.
On vous écoute, madame.
-Oui, alors, je reprends.
Les jeux de balle existent
depuis l'Antiquité,
mais les ballons ont évolué.
Au Moyen Age, par exemple,
nos ancêtres les fabriquaient avec une vessie de porc.
Voilà, j'en ai une, une vessie de porc.
C'est vachement fragile,
c'est pas génial
pour y mettre des coups de pied.
Alors, au milieu du 19e,
on a eu l'idée d'enrober la vessie
avec des bandes de cuir, pour la rendre plus résistante.
Hop là! C'est ça.
La vessie, et des bandes de cuir.
Mais autre problème, elle n'est plus du tout sphérique.
C'est la galère pour tirer les pénos!
Vous voyez? Bon.
Des ingénieurs du monde entier planchent sur le sujet,
et, dans les années 60, ils arrivent à la conclusion
que la forme idéale, c'est...
Hop là!
Ce machin, composé de 12 pentagones et 20 hexagones,
hyper résistant et presque parfaitement sphérique.
Ce design devient le ballon de référence
quand il est redessiné par Adidas
avec les motifs noirs et blancs
pour la Coupe du monde de 1970.
Attention, wouh!
-Ouais!
Acclamations d'une foule
-Wouh!
-Oh!
-Ouais! Ouais!
Wouh! Wouh!
Bon, alors.
Les mecs avaient l'impression d'avoir inventé un truc de fou,
mais la plus douée des ingénieurs, ça reste la nature.
A la fin du 20e siècle,
des physiciens ont découvert que des ballons de foot
existaient depuis des millions d'années
dans l'espace,
en miniature,
sous forme
de molécules de carbone qu'ils ont
appelées...
footballènes, ou, attention,
fullerènes.
C'est fou, non?
Dieu ne joue pas aux dés, mais peut-être qu'il joue au foot.
-J'ai peur qu'on perde un peu le fil.
Venons-en aux faits...
s'il vous plaît.
-Vous avez toujours pas capté?
Zizou, le SDF soi-disant fan de foot
qui a jamais entendu parler
du coup de boule, c'est pas des ballons qu'il dessinait.
Et c'était pas pour la barbe à papa que Manon traînait là.
C'était pour rencontrer "the specialist" des fullerènes.
Un physicien disparu 15 ans auparavant
en plein scandale d'espionnage.
Les enfants, je vous présente le Dr Montcreuset.
Docteur,
mes enfants.
"Disez" bonjour!
-Bonjour, docteur.
-Bonjour, la marmaille.
-C'était lui, l'espion?
-Et donc,
vous emmenez vos enfants arrêter un suspect.
-Bien sûr que non.
Morgane a cette personnalité
très maternante.
Elle a pris l'équipe
sous son aile en arrivant.
Par "ses enfants",
elle parle évidemment de ses collègues.
-Exactement.
-Surtout de Gilles.
Il est très immature. -Oui, un enfant.
-Bon, on peut reprendre?
Pas d'objection? -Non, non.
-Bon alors,
je reprends.
Allez tiens, 007.
C'est moi qui régale.
Hé.
-Vous n'auriez pas plutôt un blanc sec?
-Tu t'es cru au Fouquet's
ou quoi? -Hep hep!
Hé...
-Je te jure.
Hé, en tout cas, bravo pour la couverture.
Avec ta barbe, là,
j'ai failli ne pas te reconnaître.
Bon, on va pas
se tirer les cartes entre gitans. Tu roules pour qui?
Le KGB, la CIA?
Le Mossad?
-J'appartiens à personne.
Je suis une planète orpheline
qui dérive dans l'espace-
temps.
-Un espion indépendant. Oh oui, intéressant.
Tu vas me dire que tu n'as rien à voir avec la mort de Manon,
et que c'est un pur hasard
si elle avait les plans
chourés par toi
il y a 15 ans. -Il y a pas de hasard.
Juste une série d'intrications...
quantiques.
-Bon, tu m'as saoulé.
Je fais la meuf cool qui t'interroge chez moi...
-Ne me dites pas que vous l'avez interrogé à votre domicile.
-Quand Morgane dit
"à la maison",
elle parle évidemment de la DIPJ.
La police nationale.
-Ben oui, oui.
-Evidemment.
Cessez de l'interrompre, ça rend l'entretien très peu fluide.
-Alors, je reprends.
C'était quoi, ton lien avec Manon?
-Elle m'a reconnu à cause de mes bricolages à la fête foraine.
"Docteur Montcreuset", qu'elle a dit.
J'avais pas compris,
j'avais pas entendu ce nom depuis des années.
Mais, elle m'a proposé de me payer du chocolat si je l'aidais.
Alors, j'ai fait un effort pour me rappeler.
-Si tu l'aidais à quoi?
-Avec ses équations, évidemment.
Son ignare de directeur de thèse
l'avait complètement embrouillée.
La constante de Dibolt
en vitesse relativiste!
Du Letellier tout craché, ça.
Superficiel et prétentieux.
-Pouce. Tu me dis
que la nana avait fait des erreurs
dans sa thèse d'astrophysique
parce que son tuteur l'avait mise dans l'erreur,
un quasi-prix Nobel.
Et toi, tu l'aidais contre du chocolat.
-Et des tickets-restaurant. J'ai conscience de ma valeur.
Il rit.
Hé,
vous lui remettrez sa thèse, je l'ai corrigée.
-Mais...
elle est morte.
Hier, on l'a zigouillée.
-Ah oui, c'est vrai.
-T'es vraiment pas un espion.
-Non, désolé.
-Je comprends pas.
Si c'est pas toi qui as volé les plans des satellites il y a 15 ans,
pourquoi t'as disparu pile au moment du vol?
-Amir me manquait trop.
-Amir?
Amir Tehrani,
l'Iranien qu'on a retrouvé mort avec les plans sur lui?
-Oui.
-Non?
Vous étiez amants?
-C'était au self de l'institut.
Je déjeunais en planchant
sur un problème de stabilisation des structures d'Erson.
Il m'a demandé s'il pouvait s'asseoir.
J'ai dit: "Oh! Je travaille, jeune homme! "
Et puis, j'ai vu ses yeux, et...
-Le coup de foudre?
-En une milliseconde, mon univers s'est éclairé.
C'était comme...
comme une supernova.
-Waouh...
-Il arrivait d'Iran
pour faire une thèse sur la Mésopotamie ancienne.
Et bientôt, lui et moi,
on a commencé à se voir en secret.
On passait des journées entières au lit.
On parlait beaucoup, aussi.
De ses recherches, des miennes...
C'était trop beau pour être vrai.
-A sa mort, il s'est passé quoi?
-Amir passait la nuit chez moi.
Et au début de la soirée,
le labo a appelé.
Cette andouille de Letellier avait déréglé le spectrographe.
Quand je pense
qu'il a été pressenti pour le Nobel!
-On a compris, tu l'aimais pas, ton grand rival.
On peut clore le dossier de qui a le plus gros télescope.
Qu'est-ce qui s'est passé?
-Amir s'était endormi.
Alors, je suis parti seul, pour ne pas le réveiller.
Et quand je suis rentré,
il avait disparu.
Et mes papiers aussi.
-Dont les plans du satellite secret.
-Il avait laissé ça sur la table.
C'est son écriture.
-"Mon amour,
"ta douceur a réchauffé mes entrailles pendant des mois.
"Me séparer
"de toi me transperce le foie, mais je dois faire
"mon devoir. Adieu."
Il devait être sacrément bien gaulé, parce que c'est pas un beau.
Et ensuite? -Ensuite,
la DGSI nous a annoncé sa mort.
Ils ont commencé à interroger tout le monde.
Et moi...
je me suis mis à boire.
Pour retrouver Amir.
Un soir, j'ai oublié mon adresse,
alors, j'ai dormi sur un banc.
Le lendemain, quand je suis rentré,
il y avait ces types qui fouillaient mon appart.
Alors, je suis retourné sur mon banc.
Crissement
-Mais vous êtes pas bien de saloper l'allée des gens?
Vous êtes qui? -DGSI, on se calme.
-Votre allée? Vous étiez au commissariat!
- -CHUT! - -J'ai encore confondu.
C'est pas ce que j'ai dit.
Je leur ai dit: "Hé ho,
"ça va pas bien de saloper ma DIPJ? "
Comme ça, je leur ai dit.
Ca va pas, de saloper ma DIPJ comme ça?
-Mais...
Lâchez-moi!
-Où l'emmenez-vous?
-Ravie de vous revoir.
-On n'a pas gardé les cochons ensemble!
-Où va-t-il?
-Secret défense.
-Mais arrêtez, vous voyez bien que ce n'est pas un espion.
Il a été manipulé,
c'est tout.
Ca fait 15 ans que le mec vit dans la rue, il espionne
les pigeons?
-Ils se prennent pour des cowboys!
Ils vont m'entendre.
Ils nous piquent nos témoins!
-Mais alors, on fait quoi?
-On fait rien, on n'a ni suspects ni témoins.
Eh bien, on laisse la DGSI gérer,
s'ils nous tiennent au courant.
Vous avez qu'à trier vos mails!
Musique mélancolique
...
-Ca va, Morgane?
-Hein? -T'as pas beaucoup dormi,
tu devrais rentrer.
-Non non, ça va.
T'as changé un truc, non?
-Mmh? -Ton bureau,
il a changé.
-Non. -Ben si.
Si, t'es assis de l'autre côté.
T'as changé de côté.
-Hmm... -Ben si.
T'as toujours été là, et là, t'es là.
-Oui oui oui, c'est vrai.
Oui, c'est...
Parce que là, j'avais le soleil qui tape fort.
Ca m'a fait un orgelet, un jour.
Ca fait mal.
"Tiens, je bascule", c'est tout bête.
Et c'est plus cohérent,
plus feng shui, un truc plus apaisé.
C'est plus équilibré.
-Ah oui.
Oui, oui. Ben oui.
Tu t'es pas lancé?
-Chut...
-T'attends quoi?
-J'attends le bon moment.
-C'est jamais ça.
-(Arrête.)
-(Le bon moment de quoi? )
-(Pour me mettre au régime.)
-(Non, t'es bien comme ça.)
-(Ah oui? ) -(Oui.)
-(Si tu crois que c'est facile de laisser son coeur
(à quelqu'un qui risque
(de le piétiner
(et le jeter!
(C'est pas simple.)
-C'est pas
un beau, lui.
Ben, évidemment.
Tu mets ton coeur sur un plateau, pas ton foie.
-Ben non. -Ben non!
- Orgue de barbarie - -Wouhou!
-Qu'est-ce qu'on fait là?
-Je vous change les idées,
parce que vous êtes au fond du trou
depuis que vous êtes rentré.
-Je déteste les manèges.
-Moi, ça m'aide à réfléchir.
Vu qu'il y a plus d'espions dans cette histoire,
plus rien ne tient la route.
-Et l'amant
du Dr Montcreuset?
-Oui, alors justement, regardez.
Ca, c'est la lettre qu'Amir a écrit à Montcreuset.
Alors.
"Mon amour, ta douceur a réchauffé mes entrailles
"pendant des mois.
"Me séparer de toi me transperce
"le foie,
"mais je dois faire mon devoir." C'est chelou.
-C'est pas génial. -C'est écrit avec les pieds.
Vous êtes pas le champion
du romantisme, mais quand même.
Les entrailles, comme métaphore amoureuse, on a fait mieux.
Sauf si on vit il y a 3 000 ans,
en Mésopotamie antique. Là...
Là, c'est du Shakespeare.
Quand on parle, on a tendance
à associer nos émotions à des organes.
Par exemple, pour l'amour, on va dire qu'on a la tête qui tourne.
Le coeur
qui bat la chamade.
Mais pour d'autres parties du corps
comme le foie ou les intestins,
on va les associer à des émotions plus négatives,
"se faire de la bile",
"avoir l'estomac retourné", comme vous, là.
-Ralentissez,
j'ai le tournis.
-Wouh!
Ces expressions ont beaucoup évolué
en fonction des connaissances anatomiques.
Tir
Par exemple, le foie,
dont l'utilité ne saute pas immédiatement aux yeux,
pour les gens de l'Antiquité,
c'est lui qui abritait notre âme.
Et donc, le sentiment amoureux.
D'où l'histoire de Prométhée,
qui se fait bouffer le foie
par un aigle.
Bon. Tout ça pour dire
que si un Mésopotamien ancien ou un Grec
vous dit qu'il a le foie qui explose
ou les entrailles ouvertes,
ça veut pas dire qu'on l'a torturé...
Hurlement
Ca veut dire qu'il est raide dingue de vous.
Purée, dans le mille!
J'ai gagné! L'ours, je veux l'ours!
-Je suis désolé. -Ah si.
-C'est pour les enfants. -Je m'en fous!
Donnez-moi mon ours, j'ai gagné!
-C'est pour les enfants. -Le nounours.
-Donnez-lui, sinon...
-Allez. Bravo, madame! Elle a gagné!
-Ouais, j'ai gagné!
-Elle a gagné. -C'est moi!
Tout ça pour dire que cette lettre a pas été écrite en 2009
mais il y a 3 000 ans, en Mésopotamie.
Et réécrite à la main par Amir,
notre doctorant chercheur en Mésopotamie.
C'était pas une lettre de rupture,
mais une traduction sur laquelle il bossait.
-Quelqu'un s'est servi de ce papier pour faire croire à une rupture?
-Exactement. Il faut trouver qui.
C'est là que vous revenez dans le game,
parce que je bloque.
Il faut que vous fassiez appel à votre logique de flic.
Cherchez.
-Le soir où Amir a été tué,
pourquoi Montcreuset l'a laissé chez lui?
-Voilà, ça, c'est bien.
Qu'est-ce qu'il m'a dit?
Il a dit qu'il était retourné au labo pour gérer un truc.
-Letellier avait encore déréglé le spectrographe.
-Oh, purée!
Letellier, mais oui!
C'est pas une histoire d'espion,
c'est une affaire d'imposture.
Je vais vous montrer ce qui s'est passé.
-Bonsoir. Bienvenue au palais de ce qu'il s'est passé.
Musique féerique
...
C'est par là, messieurs-dames.
...
-Alors.
C'est l'histoire de 2 physiciens
dans le même labo.
...
Mais les deux mecs peuvent pas
se blairer.
Claquements
Et comme de bons rivaux,
ils ont décidé de faire des recherches sur le même sujet,
les fullerènes,
et comment améliorer la résistance
des satellites de l'armée. Mais ils sont pas égaux.
Montcreuset fait des avancées...
-Eurêka!
-Letellier, lui, il galère.
Oui.
...
Letellier sait que son ennemi juré va résoudre le truc avant lui.
Et là,
adieu gloire, argent, Nobel, célébrité.
Alors,
il décide d'aider un peu le destin,
et un soir.
-Allô, Montcreuset? Cher ami,
pourrais-tu me trouver le dossier sur lequel on a travaillé
avec cette jeune fille? -Evidemment.
Mais quel emmerdeur, quel emmerdeur, chieur!
Grésillement
-OH!
-Il fait sortir son rival de chez lui sous un prétexte.
Sonnerie
- -Oui? - -Montcreuset,
j'ai l'impression que le spectrographe
a déconné complètement.
Ca ne te dérangerait pas de venir jeter un oeil?
-Non non, j'arrive.
Mais quel ignare, quel idiot, quel imbécile, quel ectoplasme!
-Letellier s'introduit
chez Montcreuset
et jette un oeil à ses travaux en loucedé.
Mais il ignore
qu'il n'est pas seul.
Amir est dans la pièce à côté.
Il le surprend.
-Que faites-vous là? -Oh!
-Et là...
-Letellier
le tue.
Et monte cette histoire
d'espion
pour se couvrir.
Morgane,
on est où?
...
Applaudissements, bravos
...
-Mais je ne vois pas le rapport avec Manon.
-OH!
...
-Ecoutez,
on ne sait toujours pas qui l'a tuée.
-J'ai pas fini.
Donc, suite à cette découverte,
on est allés réinterroger notre physicien tueur,
le Pr Letellier.
-Manon ne vous traitait pas de violeur, mais de voleur.
On a analysé le document qu'elle a volé sur votre ordinateur,
et on y trouve des idées sur lesquelles
sont fondées toutes vos découvertes.
Sauf qu'après vérification,
ce n'est pas votre écriture, sur ces documents.
C'est celle du Dr Montcreuset.
Vous aviez volé ses recherches et Manon l'a découvert.
Vous êtes un usurpateur et un meurtrier.
-Non.
C'était un accident.
Je n'ai jamais voulu le tuer.
-Vous reconnaissez être responsable?
-Je voulais jeter un coup d'oeil aux travaux de Montcreuset,
pour savoir où il en était.
Mais, ce pauvre garçon
est sorti de la chambre.
Il a dû croire à un cambrioleur, il est parti en courant.
Je l'ai suivi, il est tombé dans l'escalier.
-Dans l'escalier? -Oui.
-Et après?
-Après, moi... J'ai paniqué.
Il y avait cette femme de la DGSI qui me tournait autour, à l'époque.
Elle disait qu'on risquait d'être approchés par des espions
pour les plans des satellites.
Alors moi, ça m'a donné une idée.
J'ai caché les plans sur le corps,
pour faire diversion. Vous comprenez?
-Vous avez tué Amir Tehrani pour dissimuler ce que vous aviez fait,
et 15 ans plus tard, vous avez tué Manon Boutière
pour la même raison. -Mais non.
Je ne savais même pas que Manon se doutait de quelque chose.
Il faut que vous me croyiez,
je l'ai pas tuée.
-Vous étiez où, le soir de sa mort, entre 17h et 20h?
-Le s... Chez moi.
-Seul?
-Non. Avec une de mes étudiantes,
pour un rapport consenti, je tiens à le préciser.
Je vais vous donner ses coordonnées.
-Et après?
-Après?
Ben, après, c'est maintenant.
Le type a été transféré à la DIPJ.
Moi, j'ai refourgué
mon petit dernier à ma mère,
et je suis venue ici directement.
-Mais donc,
qui a tué Manon Boutière?
-Je sais pas. Enfin,
je vous fiche mon billet que c'est le méchant scientifique.
Il a beau nier, ce serait pas la première fois.
Daphné,
et son alibi?
-L'étudiante a confirmé,
les bornages corroborent.
Mais on n'a pas encore tout vérifié.
-Ah bon? C'est chelou.
Mais il peut très bien avoir pris un tueur à gages.
Ou alors,
c'est le petit ami, mais je serais déçue.
-Bon.
Je crois que nous avons tout ce qu'il nous faut.
-Attendez. Morgane,
pourquoi vous racontez pas
la coccinelle asiatique?
Ou le truc
avec les pouces, là.
-Le temps est écoulé.
Mme Alvaro, est-ce qu'il y a une dernière chose
que vous aimeriez ajouter avant de terminer?
-Non, non, il y a rien.
-Bon, très bien.
Merci pour cet exposé.
Nous allons réfléchir,
et vous recevrez notre réponse par courriel d'ici 15 jours.
Musique onirique
...
-Oh!
Attendez!
Un miroir non inversé!
-Elle tient un truc! Vous avez bien 5 minutes encore?
Ca vaut le coup.
-Oui.
Suivez-moi.
-Elle semble savoir où elle va. C'est prometteur.
-C'est sûr.
Musique circassienne
...
-Elle fait quoi, là?
-Elle "processe".
...
-Yes!
C'est elle, évidemment que c'est elle!
-Qui ça, elle?
-Stern, madame contre-espionnage.
C'est elle, la meurtrière.
Dans la vidéo, on voit Manon qui la perd dans la foire.
-Oui.
-Bon,
je vous la remontre.
Là, tout le monde voit?
-Oui. -Alors, voilà.
Il y a Stern qui arrive, qui cherche Manon.
Elle la trouve pas, elle part vers la droite.
Peu après, dans le miroir,
on voit Manon qui sort de sa planque
et qui part vers la gauche.
Jusque-là, tout le monde suit.
- -Oui, ça va. - -Ca correspond
à ce que nous a dit l'agent Stern.
Sauf
qu'on voit jamais Manon sur la vidéo.
On ne voit que son reflet à travers le miroir!
-Ah!
-Et c'est là que ça cloche.
Regardez les petites lettres,
on peut les lire comme dans la réalité.
Les lettres ne sont pas inversées
parce que ce miroir est un miroir véritable.
Qu'est-ce qu'un miroir véritable?
Ecoutez, c'est simple, c'est un machin qui est fabriqué
à partir de 2 miroirs qui se reflètent l'un dans l'autre
et qui nous renvoie une image non inversée.
On se voit comme les autres nous voient,
dans le bon sens. Et voilà,
dans un miroir véritable,
la droite et la gauche sont inversés.
-La gauche et la droite s'inversent...
- dans un miroir qui inverse pas. - -Ben oui.
Regardez, je suis devant un miroir normal,
je vais vers la droite, hop.
Que fait mon reflet?
Il se dirige avec moi vers la droite,
donc sur sa gauche à lui.
Alors que là, dans un miroir véritable,
pareil, je vais vers ma droite, je chemine,
et qu'est-ce qu'il fait, mon reflet?
Il part sur sa droite, donc sur ma gauche!
Vous voyez où je veux en venir?
-Bien sûr. -Attendez,
vous voulez dire que dans la vidéo,
votre victime ne marchait pas par ici
- mais par là. - -Exactement.
Stern nous a dit qu'elle l'avait semée
dans la fête foraine. Et nous, on l'a crue.
On l'avait vu dans le miroir.
Sauf que dans la réalité,
Manon est partie dans la direction opposée.
Donc, elle n'a pas semé Stern,
elle est allée au-devant d'elle
pour la confronter.
Bon. Je reprends tout depuis le début.
Comme tout espion qui se respecte, notre agent Stern
est une grande paranoïaque.
En 2009, des plans de satellites sont volés sous son nez.
Un Iranien est assassiné, un physicien disparaît.
Elle en déduit
qu'un réseau d'espions a infiltré l'institut concerné.
Pendant 15 ans, Stern cherche ces taupes sans rien trouver.
Moins elle trouve, plus ça vire à l'obsession.
Faire tomber ce réseau, c'est la quête de sa vie.
Un jour, elle a enfin une piste:
Manon, qui a mis la main sur les fameux plans.
Elle la place sous surveillance.
Sauf qu'un jour, Manon s'en rend compte.
Etant face à une nana de la DGSI, elle lui révèle tout:
Letellier, la clé USB, la mise en scène.
Et là,
Stern se décompose.
Manon lui explique qu'elle a passé 15 ans
à chercher une illusion!
Plus Manon parle, plus le monde de Stern s'écroule.
Alors,
pour rester dans le déni et s'éviter le ridicule,
elle convainc Manon de la suivre.
Et là...
Oh! Elle la zigouille!
-Elle a fini par avouer.
Félicitations, Morgane.
Par ailleurs,
j'ai eu la présidente du jury.
Ils sont rien censés dire, mais c'est bien engagé pour vous.
Vous êtes allés
le visiter en prison, avec Léo? -Non.
Il veut pas que son fils le voie là-bas.
-Je dois rappeler le procureur.
Encore bravo, Morgane.
Je sais à quel point Adam vous a manqué pendant cette enquête.
Je suis sûre
qu'il sera très fier de vous.
Musique onirique
...
-C'est hyper clair. -Ben, explique.
-Bravo.
J'étais sûr que tu trouverais.
On va boire un verre?
-Non, je vais y aller.
Viens là, toi.
Bonsoir.
Ah, Daphné, Gilles est fou de toi.
Vous devriez aller boire ce verre tous les deux. Ciao.
-J'appelle les RH.
-Mais dépêchez-vous!
On va finir par rater l'avion!
-Tu les as mis où? -Allez!
Klaxon Oui!
Ils cherchent leurs passeports.
-80, 85, c'est pas le même dosage.
-Je dirais 80.
-80? Je vais faire 5,5.
- C'est bien. - ...
-Je m'en vais!
-Ils prennent leurs affaires, on arrive.
Excusez-moi. Morgane, surtout,
nous aide pas.
-Eliott, tiroir du bas, sous les "SAS".
Et Théa, dans ton sac,
poche latérale.
-T'aurais pas pu nous le dire avant?
-Ca fait 25 keus. Donne-moi 20, c'est bien.
-J'ai que 20 balles.
-Fais pas cette tête.
3 semaines, ça va vite passer.
-T'inquiète pas pour moi.
Monsieur fait ses dents, je vais pas m'embêter.
-J'imagine.
Et puis avec ton nouveau poste. Toi, flic...
-Oui, bon. -Qui l'aurait cru?
-Quoi? -Non, il plaisante.
Klaxon
Oui. -On arrivait.
-On va le rater.
-Allez, les enfants, on y va, là! Allez!
-Salut, m'man.
Tu restes pas trop seule.
-Et t'hésites pas, passe un coup de fil.
-Arrêtez de vous inquiéter, je suis une grande fille.
Venez m'embrasser, plutôt.
Oh, vous allez me manquer.
Allez, je voudrais pas que vous ratiez votre vol.
A demain.
-Non, on part 3 semaines, maman.
-Oui, oui. Ben, profitez bien.
Allez.
-Elle est en plein déni? -Complètement.
-Oui.
Montre, ma puce.
-Ils étaient dans mes affaires.
-Hé, je suis là, moi.
-Oui.
-Au fait, ils ont livré un truc, ce matin.
C'est pour toi.
-Yes.
M.I.A: "Bad Girls"
...
Bonjour. -Bonjour.
-Je viens voir le Cdt Karadec.
...
-Que faites-vous là?
-Kara,
j'ai eu mon concours!
Je me suis dit que ça vous ferait plaisir de l'apprendre.
-D'où l'uniforme?
-Oui, c'est sûr que le bleu, c'est pas ma couleur.
-En effet.
Mais bravo, je suis fier de vous.
-Merci.
Regardez ça!
On va pouvoir trinquer.
-Enfin, Morgane... -Ho, hé, Karadec.
C'est juste une petite coupette de rien du tout.
Allez.
Cul sec.
-Eh bien, félicitations.
-Et glou, et glou, et glou, et glou,
et glou, et glou. Voilà.
-Et vous, vous avez pas...
-Voilà, super.
Alors, maintenant.
...
Alarme
-Je sais pas d'où ça vient.
-Hé, ça sent le cramé, là-bas!
Je le surveille.
- ... - ...
Ludo, n'en fais pas tout un plat, Magali comprendra.
On parle de 3, 4 mois, maximum, le temps de rebondir.
Eh bien, on se serrera, on a l'habitude. Hein?
On est en chemin.
Je te laisse, il y a des flics.
Allez, bisous. Oui, bisous.
Hola chicos, que tal?
En espagnol
-Si, si, claro que si.
Somos la policia francesa.
Voilà.
El, siesta.
Esta muy "fatigado".
Pero, las vacaciones, bonitas.
Un bébé gémit.
-Hé!
Que vamos a la discoteca!
Arriba, arriba!
-Muchas gracias.
-Morgane, on est où, là?
-Vous êtes sorti du coaltar?
Alors là, parfait timing.
On vient de passer la frontière.
-Quelle frontière?
-Vous pensiez quand même pas
que j'allais vous laisser finir en taule.
Et puis quoi, encore. -En taule?
Mais c'était du sursis, pas de la prison ferme.
-C'est pas ce que Daphné m'avait dit.
Bon, de toute façon,
on est partis, on est partis.
Quoi?
Allez, accrochez-vous.
-Qu'est-ce que vous avez encore foutu?
-On se tutoie plus?
M.I.A: "Bad Grils"
...
Sous-titrage: EVA France ST'501
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