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Elle, c'est Ane.
Et moi, c'est Max.
À chaque première fois de ma vie,
elle était là.
La première fois que j'ai joué avec le feu.
La première fois que je suis allé en vacances avec une fille.
La première fois que j'ai senti monter l'adrénaline.
JE T'AIME
La première fois que j'ai eu peur.
Et la première fois que j'ai eu de la chance.
La première fois qu'on a été courageux.
La première fois qu'on a été romantiques.
La première fois qu'on s'est fait souffrir pour des futilités.
La première fois que le succès m'a souri.
Et qu'on n'a pas eu d'autre choix que de fêter ça.
File-moi une gorgée ! Mon cœur !
Wouh, wouh, wouh !
Et la première fois que j'ai tué l'amour de ma vie.
J'ai été condamné pour homicide involontaire
le jour de mes 19 ans.
Submergé de peine et de culpabilité, et étant millionnaire...
... je suis devenu la proie parfaite du Quartier 3.
Je me suis mis à payer juste pour respirer.
Ma grand-mère a pu cacher 3 600 euros dans un livre de Shakespeare.
Elle me faisait parvenir des livres grâce à des petits pots-de-vin.
Mais à un moment donné,
cet argent ne suffisait plus.
Les coups se sont multipliés.
Frappé avec des chaussettes remplies de pierres.
Charcuté avec des boîtes de conserve.
Brûlé avec des cigarettes.
Et balancé dans une machine à laver.
Seize minutes programme court pour linge délicat.
Ils m'ont sorti avant l'essorage.
Là, j'ai pris conscience que j'étais mort.
Et alors que j'attendais que mon âme s'envole,
j'ai réalisé que j'avais déjà joué toutes les cartes de la douleur de ma vie.
Cette pensée me ravit.
Et j'ai voulu ressusciter.
Sûr que si je me relevais,
je ne connaîtrais plus ni douleur
ni drame.
Personne ne revient de l'enfer pour une vie de merde.
Je n'avais plus qu'à profiter,
même dans le pire endroit au monde.
Alors, je me suis levé.
Et ce fut la naissance du type que je suis maintenant.
Hé !
Programme court.
Sans prélavage.
Mieux que la douche.
Même si vous avez oublié l'adoucissant, bande de fils de pute.
Je suis devenu fort comme un bœuf.
Et en 15 combats,
j'ai gagné le respect de tous.
J'aimais me battre.
Et ça...
ça a changé mon caractère.
Même les voyages pour mes implants dentaires
sont devenus une célébration de la beauté.
Et là,
dans l'endroit le plus inattendu,
j'ai réalisé que le monde pouvait être sauvagement beau.
La tension monte à Algésiras,
après l'immobilisation du sous-marin russe par l'OTAN
qui transporterait des missiles nucléaires.
L'ambassadeur russe...
- Max Varela ? - Oui.
Votre demande a été acceptée.
Vous sortez.
Comment ça ?
"Réduction de peine pour bonne conduite."
Préparez-vous.
... a été coulé dans le détroit de Taïwan.
Cet incident se produit une semaine après l'invasion de Taïwan par la Chine.
La réaction chinoise ne s'est pas fait attendre.
Son gouvernement menace déjà Taïwan de représailles.
Où est-ce que t'as eu...
ces fringues ?
Après trois ans sans se voir, c'est mes fringues qui t'intéressent ?
Je t'ai rendu visite trois fois. T'as jamais voulu me voir.
J'ai attendu une heure au parloir.
J'avais mes démons.
Puis, j'ai évolué.
T'aurais dû venir une quatrième fois.
Max, ça fait...
des semaines que j'essaie de te faire sortir.
Il faut que tu viennes avec moi.
J'ai d'autres plans.
Aller me baigner
et m'en mettre plein le ventre à la plage.
D'accord, joli programme.
Je sais pas si on t'a mis au courant de ce qui se passe dans le monde...
... à cet instant.
Il y a un risque extrême de conflit mondial.
Il faut que tu viennes avec moi, maintenant.
Où veux-tu m'emmener ?
Dans un abri.
Un bunker.
Tu veux m'enfermer le jour où je sors de taule ?
Jamais j'irai quelque part avec toi.
Jamais.
Notre relation père fils, tu l'as foutue en l'air.
Et je n'ai plus rien en commun avec toi.
À part peut-être un chromosome ou deux.
Le reste, je l'ai laissé là.
Max, il s'agit de te sauver la vie.
La crise est imminente.
Ceux qui gèrent ce bunker sont en rapport avec les renseignements et la Défense.
Viens avec moi.
Prends soin de toi.
Ta mère y est déjà.
Et ta grand-mère aussi.
C'est peut-être ta chance de lui dire au revoir.
Le père d'Ane y est également.
C'est peut-être le moment de...
... de parler avec lui, non ?
De refermer la plaie, hein ?
De toute façon, tu devras le faire tôt ou tard.
Tu veux la conduire ?
Un petit peu de liberté ?
D'où sort ce bunker ?
Un colonel du club de tennis nous a mis en lien avec le gestionnaire.
Tout s'est fait dans le secret absolu.
On a mis des millions dans ce bunker.
Tous mes compliments.
Vous me voyez, car vous avez acquis un bunker de luxe.
Vous et votre famille faites partie des quelques privilégiés
qui pourront survivre une dizaine d'années dans un endroit sûr
en cas de cataclysme.
Dorénavant, nos conseillers travaillent pour vous.
S'ils considèrent que le risque est extrême,
vous recevrez un appel pour intégrer immédiatement et de manière préventive
le bunker.
Les restrictions d'espace aérien seront déclenchées à 13 h.
Les vols d'aviation civile seront formellement interdits. Je répète...
On ne pourra pas décoller.
Mais il est à peine midi.
On a le temps.
S'il vous plaît, on y va.
La première règle est que personne ne doit connaître
l'existence du bunker ni l'endroit où il se trouve.
Si nous étions malheureusement plongés dans un conflit armé,
que se passerait-il si un voisin, un membre éloigné de la famille
ou un collègue découvrait qu'il existe un endroit sûr sous terre ?
Ceci mettrait en péril la sécurité de tous.
Kimera est enterré sous un lac,
à 275 mètres de profondeur.
Nous avons passé sept ans à travailler pour vous
à construire le bunker le plus exclusif au monde.
Une fascinante œuvre d'ingénierie,
située dans une cavité naturelle, où il y a 45 millions d'années,
une poche de gaz naturel s'est formée.
Et voici notre petite citadelle,
formée de trois plateformes sur lesquelles se répartissent 45 refuges familiaux,
situés dans un endroit imprenable.
Ici, vous découvrirez que luxe et sécurité ne sont pas incompatibles.
Vous voulez voir ?
Venez avec moi.
Bienvenue.
Les codes de vos casiers.
Laissez-y objets personnels et téléphones.
Pourquoi ?
Pour votre sécurité.
Si quelqu'un détecte le signal d'un portable,
il pourrait nous localiser.
C'est un complexe de 20 000 m2.
Conçu pour donner une sensation d'espace et d'élégance.
Regardez.
Ça, c'est notre jardin japonais.
Au-dessus, c'est la zone pour les enfants où ils pourront jouer, manger
et aller à l'école.
Et ces combis ?
Par sécurité.
Elles sont équipées d'un compteur Geiger pour mesurer la radioactivité,
et d'un système de mesure de la qualité de l'air.
Les couleurs choisies, l'ambre et le turquoise,
favorisent la paix et l'équilibre spirituel.
Ces bracelets suivent vos constantes :
la fréquence cardiaque, la respiration et la saturation du sang en oxygène.
Fermeture magnétique permanente. Pour ne pas les perdre.
Vous pourrez profiter d'espaces conçus pour votre bien-être.
Ce spa est un de mes préférés.
L'eau y est à 38 degrés.
Posez votre main pour scanner votre empreinte.
Toutes les portes s'ouvrent avec vos empreintes biométriques.
Pas besoin de clés.
Le panorama des logements se change facilement
grâce à notre assistante virtuelle.
- Roxán, direction la montagne. - Tout de suite, Minerva.
J'espère que vous ne viendrez jamais,
mais si vous y étiez obligés, ne vous inquiétez pas.
Mon équipe et moi-même sommes prêts à vous protéger.
Mon cœur.
Oh, Max.
Oh, trésor.
Laisse-moi te regarder.
Ça va, mamie ?
Qui est-ce ?
C'est Antonio. Mon infirmier.
C'est plus exotique de faire sa chimio
dans un bunker antiatomique qu'à l'hôpital. Pas vrai ?
- Comment tu vas, mon cœur ? - Très bien.
- Très bien. Et toi ? - Je vais bien.
Le ministre russe a donné une conférence de presse
durant laquelle il a qualifié cette attaque d'acte de guerre.
Il a affirmé que la situation était inacceptable et à ce stade, irréversible.
J'arrive pas à y croire.
Papa. Papa, pas de scandale, s'il te plaît.
D'accord, merci.
Max.
Guillermo.
Je vois... que tu as payé ta dette à la société
et que tu es un homme libre.
Il me reste une dette envers toi.
Tu ne pourras pas t'empêcher de me voir comme l'assassin de ta fille.
Je tiens à te présenter mes excuses.
Je le regretterai toute ma vie.
J'espère qu'on pourra refermer la plaie un jour.
Bien sûr.
Et si nous dînions tous ensemble ?
Comme on le faisait certains étés.
Même si tout ça est bien loin.
Ils viennent par ici.
J'arrive pas à y croire.
Salut.
Mimi.
Mon épouse. On s'est mariés il y a deux ans.
Bonjour, enchantée. Ça va ?
Ma mère est morte six mois après ma sœur.
- Elle s'en est jamais remise. - Asia.
Marta est morte dans un accident de voiture.
Asseyez-vous.
- Bien. - Oui.
On se place comment ? Des préférences ?
Alors, je me mets là. Parfait. Antonio ici et moi, ici. Très bien.
Bien. Voyons voir ce qu'il y a au menu de ce bunker.
Bonjour.
Nous ne proposons pas de service à table. Il s'agit d'un buffet.
Vous pouvez aller vous servir vous-mêmes.
J'espère que le menu vous plaira.
Ça alors !
Vous nous dites que nous avons payé 48 millions d'euros
pour nous servir nous-mêmes comme dans une vulgaire cantine ?
Navrée, madame.
Le complexe ne peut recevoir le personnel pour offrir un service cinq étoiles.
Pour votre sécurité, nous comptons sur votre compréhension.
Veuillez m'excuser.
Un buffet ?
Comme dans ces hôtels
qui servent des œufs frits empilés dans des plateaux en métal.
Bizarre, mais il va falloir manger.
Je n'ai pas l'intention de me lever.
Ça commence ainsi, et on finit par nettoyer les WC.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Imagine si, dans quelques jours,
nous restions coincés ici, car il n'y a plus de monde extérieur.
Que deviendrions-nous ?
On deviendrait une sorte d'Arche de Noé de l'humanité. Non ?
Exactement !
La nouvelle société.
Dans toute société, il y a ceux qui servent et ceux qui ordonnent.
C'est inhérent à l'histoire de l'humanité,
et nous ne contredirons pas ce principe lors de ce repas si cocasse.
Il faut être très clairs.
Il ne faudrait pas qu'on nous prenne pour des gens qui pourraient servir.
Ou même pire.
Antonio, rapporte-moi des entrées.
Il n'y a quasiment plus d'aloyau.
Je vais en chercher si tu veux.
Je m'en occupe.
Mademoiselle !
Je vous écoute, M. Falcón.
Excusez-moi. Vous voyez cette dame assise là ?
Elle a un cancer en phase terminale.
Il est généralisé.
Sur le cou, ce n'est pas un autocollant.
C'est un patch de morphine.
Elle ne peut pas faire 15 pas sans tomber.
Vous allez la faire se lever pour des radis ?
Excusez-moi. À titre exceptionnel, je la servirai.
Apportez-lui deux bavettes. Une à point et une bleue, elle choisira.
Et en accompagnement, des poivrons,
des pommes de terre sautées et quelques pâtes.
- Al dente. - Bien.
J'avais oublié que ma famille était marrante.
Je suis trop content d'être là.
- T'en dis quoi, papa ? - Hmm ?
J'ai pas faim. J'ai l'estomac noué...
à cause de ce qui se passe dehors.
J'ai plutôt envie du saumon que déguste ce monsieur.
Ce serait bien de lui rapporter des légumes à la vapeur.
- Et des fruits. - Délicieux.
Puisque Max est avec nous,
j'aimerais lui soumettre une question
que je me pose depuis...
trois ans.
Comment s'enfuit-on d'un accident en abandonnant sa copine mourante ?
Asia.
Nous essayons de réconcilier nos familles.
Pour retrouver la paix.
- Après tant de douleur. - Oui.
Mais pour cela, je dois savoir pourquoi il s'est enfui.
C'est toi qui conduisais la voiture.
C'est à cause de toi que ma sœur est morte.
Et tu es parti.
Pourquoi ?
C'était la personne que j'aimais le plus au monde.
Alors, tu l'aurais pas abandonnée.
Ma chérie.
On l'aimait tous.
Sache seulement que ta sœur est morte dans un accident.
Tout le monde autour de cette table a fini par l'accepter.
Tu dois en faire autant.
Antonio, va voir ce qu'il y a comme dessert.
Bienvenue à tous à Kimera.
Je suis Minerva.
Ce confinement n'est que préventif
étant donné la situation tendue à l'extérieur.
Et malheureusement, elle ne fait que s'aggraver.
L'OTAN a bombardé Saint-Pétersbourg
en réponse à l'invasion de la Norvège.
Nous espérons que le bon sens prévaudra
et que nous pourrons sortir d'ici.
Mais si ce n'est pas le cas,
sachez que tant que vous serez ici, vous serez en sécurité.
De notre côté, nous sommes parés à toute éventualité.
La question est...
Est-ce que vous, vous êtes prêts à vivre ici ?
Si la situation vire au drame, votre équilibre émotionnel...
ne tiendra plus qu'à un fil.
Et l'angoisse et le désespoir vous envahiront,
accompagnés d'une dépression générale.
Et ça je ne peux pas l'accepter.
Ce n'est pas votre entreprise.
C'est moi qui commande.
Vous m'avez engagée pour votre sécurité.
Et une partie de cette sécurité, c'est votre santé mentale.
La socialisation est donc obligatoire.
On prend le repas tous ensemble.
On va gentiment chercher les plats.
Et une fois le repas terminé, on dépose les assiettes sur les chariots.
Vous participerez à des activités et à des travaux faciles
pour occuper votre esprit et refouler les pensées négatives.
M. Aranoa, comment allez-vous ?
Bien.
Racontez-moi une anecdote rigolote.
Je n'ai pas l'esprit à ça.
Racontez-moi une blague. Vous devez en connaître une.
Honnêtement, il n'y en a aucune qui me vient à l'esprit.
Aucune ne lui vient à l'esprit, car il voit tout en noir.
Dans sa tête, il n'y a qu'un champignon atomique.
C'est ça, non ?
La seconde étape, ce sera...
l'insomnie.
On arrête de parler.
On entre dans une spirale dépressive.
Et là, on va consulter notre psychologue, Nano Parker,
ou notre médecin, Julia Baldini,
pour prendre des médicaments.
Le seul outil que vous avez à disposition pour survivre à cette angoisse,
c'est votre sens de l'humour.
Par conséquent, je vous repose la question.
Quelqu'un peut-il me raconter quelque chose de drôle ?
Moi.
Bon, alors...
En venant dans cet abri, je me suis posé beaucoup de questions.
Jusqu'à ce que j'arrive là-haut, à la réception.
Et j'ai demandé à la jeune fille
qui est là-bas :
"Comment il est, cet abri antinucléaire ?"
Vous savez ce qu'elle a répondu ?
"C'est de la bombe !"
C'est cette attitude dont nous avons besoin.
Et ce n'est pas de la frivolité, croyez-moi.
Merci, Frida.
À présent, vous pouvez profiter de votre dîner.
Merci.
À bientôt.
La prison lui a bien réussi à ce petit enculé.
"Refermer la plaie", dit-il.
La plaie se refermera pas tant que ma fille sera morte.
Calme-toi. On en a déjà assez avec cette guerre.
Il paraît que le nord de l'Amérique a été bombardé.
Le Canada est en feu.
Qu'est-ce que j'en ai à foutre de ce qui se passe au Canada ?
J'étais tellement crispé...
Je me suis tellement retenu parce que...
Je voulais attraper la louche
et m'en servir pour lui fracasser le crâne.
- Calme-toi. Chut... - Mais je devais rester zen.
Et rire à ces conneries.
- Et cette bonne femme... - Calme ton souffle.
... qui fait leçon à ma fille.
Regarde par la fenêtre. Voilà.
Ça va passer.
J'ai jamais été tempéré.
Ça me fait peur de le voir là,
à côté de moi.
Je pourrais le tuer n'importe quand.
Guillermo.
Dis pas des choses aussi insensées, mon amour.
Tu trouves ça insensé ?
Qu'il ait détruit ma vie, tu trouves pas ça insensé ?
- Ma vie s'est arrêtée. - Non, pas vraiment.
On est ensemble. On s'est mariés.
On forme une famille, mon amour.
Dis-moi une chose, Mimi.
Pourquoi je t'ai épousée, tu crois ?
Tu étais ma maîtresse.
Ma femme est morte,
et je me suis marié avec toi.
Réponds-moi.
Tu préfères que je te le dise ?
Si j'ai décidé de t'épouser...
c'est parce que tout était confus. J'étais dans un brouillard total.
J'étais triste d'avoir perdu ma fille, ma femme.
J'étais sous antidépresseurs.
J'étais sous l'effet hasardeux
d'un ensemble de bulles chimiques qui s'agitaient dans mon cerveau.
Les maîtresses savent qu'elles arrivent trop tard dans l'équation.
Tu crois que je t'aime comme si tu étais l'amour de ma vie ?
Tu m'as dit que je l'étais.
Tu ne l'es pas.
Tu ne l'as jamais été.
Tout le monde le sait. Absolument tout le monde.
Même ma fille sait que je fais un sacrifice.
Notre mariage,
c'est une histoire de...
de solitude mutuelle.
Une symbiose,
comme disent les documentaires.
Penses-y.
On peut discuter ?
Non. Je suis en train de courir.
Il te reste longtemps ?
Deux kilomètres.
Bien. Je peux attendre.
Tu m'as jamais vraiment apprécié ?
Tu m'as dit la vérité sur le père Noël.
C'est pas pour ça que tu m'en veux.
La rancœur, c'est de la merde.
Je me fous que tu me détestes.
Mais de ton côté,
cette haine te ronge.
Tu la ressens au lever, au coucher.
Quand tu viens courir pour y échapper.
Je cours, car le sport génère des endorphines
qui agissent sur le système nerveux central.
Ce qui bloque la douleur.
Et la sérotonine générée réduit le niveau de stress.
Tu passes tes nuits sur Wikipédia ?
Non. Je passe mes nuits à étudier la médecine, Max.
Tu viens te foutre de moi en pleine fin du monde ?
Je suis quelqu'un de poli, mais t'es qu'un sale connard.
Je viens t'apporter un truc.
Je l'ai pris le jour de l'accident.
Je suis allée sur cette route tellement de fois
pour essayer de le retrouver.
Quand mon père m'a dit que vous étiez là,
j'ai voulu vous rendre ses souvenirs.
C'est le même mot de passe.
Roxán, ferme la porte.
Tout de suite, Asia.
Porte fermée.
Nous sommes actuellement en Toscane.
Nous allons tenter de capter un moment unique, jamais vu auparavant.
Nous allons faire en sorte qu'après trois heures de sieste,
Ane se réveille de bonne humeur.
La voilà.
Allons relever le défi.
Ane.
Ane, il est l'heure d'aller à la plage.
- Mmh. - C'est un documentaire pour la postérité.
Fiche-moi la paix.
- J'irai tout à l'heure. - Le traitement fonctionne-t-il ?
Nous avons réussi.
Elle a souri.
C'est ton premier réveil sans grogner.
Un commentaire ?
Horrible.
La pire expérience de ma vie.
Je vais te tuer.
Regarde la tête que j'ai.
Un autre whisky.
Désolé, monsieur Falcón.
Les consommations sont limitées à deux par jour.
Et vous en avez bu deux.
Économie de ressources.
Comment tu t'appelles ?
Tirso.
Tirso.
On fera des économies quand il restera que trois bouteilles.
En attendant...
Ressers-moi un whisky.
Je suis vraiment désolé, mais euh...
Je n'y suis pas autorisé.
Les règles sont les règles.
Viens, tête de nœud.
Si tu veux une bonne raison de me servir ce whisky,
je t'en donne une.
Ce bunker a été financé par tous ceux qui y sont réfugiés.
Et donc, un certain pourcentage de tout ce truc est à moi.
Ainsi, d'un point de vue mathématique,
ça fait de moi ton chef.
Sers-moi
un whisky.
Gamin.
Deux whiskys, s'il te plaît.
Ça va être dur d'être ici avec ton fils.
Tu vas t'y faire.
Comme je me suis fait à vivre sans lui.
Ça va durer combien de temps ? Une semaine ?
Deux, maximum ? Mmh ?
Tu vas y arriver.
URGENCE, DESCENDEZ À LA COUPOLE
Bordel...
Papa !
Vite !
Papa !
Descendez à la coupole.
La coupole est l'endroit le plus sûr du bunker.
- Mimi ! - Restez calmes.
Mimi, où est mon père ?
Je sais pas. Il est parti boire un verre.
- Tu peux pas rester là. - Laisse-moi.
Je veux rester seule. Laisse-moi !
Descendez à la coupole.
La coupole est l'endroit le plus sûr du bunker.
- Frida ! - Asia !
S'il te plaît, emmène-la.
Viens avec nous !
Non, je peux pas. Je cherche mon père !
Laissez-moi... Papa !
Papa !
Descendez à la coupole.
La coupole est l'endroit le plus sûr du bunker.
Restez calmes.
Papa !
Non. Non. Non.
Papa !
Tout va bien. Une petite commotion.
On l'a recousu.
Et on a désinfecté.
Mimi.
Où est Mimi ?
On s'est disputés. Tu sais comment elle réagit.
T'inquiète. Elle est à la coupole.
Par ici !
Venez ! Par ici ! Venez !
Quand tout le monde sera dans la coupole,
celle-ci sera hermétiquement fermée.
Installez-vous et gardez votre calme.
Il faut prendre l'ascenseur.
Allez !
Allez ! Allez !
Freins d'urgence activés.
Par ici ! Par ici ! On y va.
Quand tout le monde sera dans la coupole, celle-ci sera hermétiquement fermée.
Installez-vous et gardez votre calme.
- Max ! - Max.
M. Falcón, pour votre blessure.
- Veuillez vous asseoir. - Viens, papa.
Viens.
Asseyez-vous. S'il vous plaît.
Mesdames et messieurs,
une base de l'OTAN a subi une attaque nucléaire
au sud de notre position.
Vous venez de ressentir la détonation suivie de répliques sismiques,
venant d'un mouvement des plaques tectoniques.
L'ONU a exigé un cessez-le-feu immédiat, ce qui semble-t-il,
va être respecté par tous les pays impliqués.
Je sais que la situation est compliquée, mais essayons de garder notre calme.
Voici l'image extérieure de la tour par laquelle vous avez accédé à l'abri.
En ce moment même, nous sommes à 312 mètres de profondeur.
À l'endroit le plus sûr du bunker.
Nous allons attendre ici la fin des répliques.
Vous serez informés en continu par les chaînes captées par nos antennes.
De plus...
AUCUN SIGNAL
Je vais au centre de contrôle.
Je vous tiens informés. Merci beaucoup.
Que se passe-t-il ?
Il peut pas se produire un truc pareil en quelques heures.
Une escalade nucléaire ne prend pas des heures.
Elle se fait en dix minutes, mon amour.
C'est peut-être pas le moment, mais vu ce qui se passe à l'extérieur,
j'aimerais répondre à Asia.
Il y a quelque chose... qu'aucun d'entre vous ici ne sait.
C'est moi qui ai dit à Max de fuir l'accident.
Et de se cacher dans les bois.
Max !
Mon fils.
Qu'est-ce que t'as fait, mon garçon ?
Pars te cacher quelques jours.
T'es en état de choc...
Tu... T'es désorienté.
- Non, faut la réanimer. - Max.
- Faut la réanimer. - Arrête, mon garçon.
Arrête.
Arrête, arrête, arrête...
C'est fini. Elle est partie.
Je peux pas la laisser.
Si tu t'en vas, on pourra dire que c'est un accident.
Mais si tu restes ici, ce sera un homicide. Tu saisis ?
T'as bu, t'as fumé.
Allez, va-t'en.
Fuis.
Dépêche-toi, va-t'en.
Sauve-toi.
Sauve-toi !
Les urgences.
Il y a eu un accident.
Il y a un mort.
Je sais pas où est mon fils.
M 385, kilomètre 12. Faites vite.
Donc...
Tu avais un plan
pour pouvoir sauver ton fils...
et tu l'as trahi ?
Pourquoi ?
J'ai changé d'avis.
Au début, je voulais éviter la prison à Max à tout prix.
Et puis...
Durant le jugement, je me suis demandé...
Qu'enseigne ce mensonge à mon fils ?
La blessure
provoquée par l'accident
a pu créer chez l'accusé
un choc post-traumatique sévère
avec des épisodes d'amnésie et de confusion.
Ceci explique que Max Varela n'était pas sur les lieux
quand la police est arrivée.
Un choc post-traumatique confirme la thèse d'un tragique accident.
Ainsi, je demande au jury de le considérer en tant que tel,
et non comme un homicide.
Le mieux était de lui faire assumer la responsabilité de la douleur
qu'il avait provoquée.
Et de dire la vérité.
M. Varela,
étiez-vous présent au moment où l'accusé a pris la voiture ?
Oui, madame.
Pouvez-vous nous raconter ce qui s'est passé ?
J'ai entendu un bruit.
J'ai regardé à la fenêtre. La voiture quittait le garage.
Alors, je suis sorti.
Max était au volant.
Sortez de là.
S'il te plaît.
Ane était à côté de lui.
Je leur ai dit de ne pas partir sous cette pluie.
Et j'ai pris la clé.
Tu fais quoi ?
Max...
... est descendu, fou de rage.
On s'est disputés.
- T'es défoncé. - N'importe quoi.
Il empestait l'alcool.
Ses pupilles étaient dilatées.
Il était soûl, drogué.
Mais il a réussi à me reprendre la clé...
Regarde-toi.
... et ils ont filé.
Max !
Merci.
Après ce témoignage très important,
la thèse de l'accident avancée par la défense est rejetée.
Nous avons affaire à un homicide.
Quelle vérité, Rafa ?
Seulement celle qui condamne ton fils ?
T'as caché ce que t'as fait.
Tu lui as dit de s'enfuir.
Max était un enfant.
Il a obéi à son père.
Dire que juste avant que tu ouvres la bouche,
il était sur le point d'être acquitté.
Je pensais emporter dans la tombe
mes petites réflexions sur ton mari,
mais je ne m'attendais pas à cet aveu.
Le chef-d'œuvre d'un minable qui aurait pu sauver son fils,
mais qui a décidé de le condamner à la prison
le jour de ses 19 ans jusqu'à ses 22 ans.
Je suis désolé de t'avoir fait vivre tout ça.
Je n'ai jamais compris cette détermination à vouloir te marier
avec le plus médiocre de tes camarades d'université.
Je me suis dit : "Elle découvrira bientôt que cet individu est insignifiant".
Mais ça ne s'est pas produit.
J'arrête là, ma chérie. Je ne souhaite pas m'étendre sur cette erreur de jeunesse.
Mon mariage avec Rafa n'est pas une erreur de jeunesse.
L'erreur de jeunesse, tu l'as commise
en tombant enceinte de moi quand t'as pas eu le cran d'avorter.
J'ai grandi en ressentant ton mépris à mon égard.
Tu voulais me changer.
Tu choisissais mes amis, ma carrière...
Mon avenir, en somme.
Tu es très toxique, maman.
Mon adolescence n'a été qu'une crise d'angoisse.
Je vomissais dans les toilettes de l'école allemande.
J'ai saisi la première planche de salut qui passait.
Mon camarade d'université.
Mon ami Rafa.
Tant pis s'il n'y avait pas d'amour.
Mais il a été mon sauveur.
AUCUN SIGNAL
Excusez l'attente,
nous avons un problème de connexion avec l'extérieur.
Les antennes ont dû être endommagées.
Notre chef de la défense, comme vous pouvez le voir,
va sortir avec un membre du staff pour rétablir la connexion.
L'intervention sera filmée pour suivre l'évolution de la situation.
Merci pour votre patience.
Caméra un.
Caméra 2, en marche.
Prêts ?
Prêts !
Ouverture du sas.
Eau du lac trouble.
Arrivée à la tour.
Contrôles. Température ?
38 degrés à l'intérieur de la tour.
Augmentation significative de la température.
Radioactivité ?
Cinq millisieverts. Radioactivité à bas niveau.
Prêts.
J'ouvre la porte.
Fermeture de la porte.
Rafales d'air chaud.
Température : 58 degrés.
36 millisieverts, et ça augmente.
Les cendres sont radioactives.
L'explosion a causé une chaleur extrême.
Une voiture calcinée sur le pont.
76 millisieverts.
63 degrés. Température très élevée.
Des corps carbonisés.
Dioxyde de carbone au-dessus de 1 800. Atmosphère anormale.
122 millisieverts près du véhicule.
Faites attention, radioactivité critique.
- Mon dieu. - Que se passe-t-il ?
Rafales de vent de 140 km/h.
La forêt est en feu.
77 degrés. Température critique.
Luca, Cindy,
dégagez tout de suite de là.
Reconnectez l'antenne et le transmetteur.
Ne vous exposez pas trop longtemps.
240 millisieverts. Hausse constante de la radioactivité.
400 millisieverts.
84 degrés.
Dépêchez-vous.
C'est bon ?
Il est coll...
Le gant... La... la balustrade est brûlante !
Luca ?
Luca, tu m'entends ?
Contrôle... Minerva !
- Que se passe-t-il ? - La chaleur...
- Pas de connexion. - Vous me recevez ?
- J'ai perdu l'antenne ! - Cindy, décolle le gant sans le déchirer.
Faut pas qu'il se déchire !
- 400 millisieverts. - 86 degrés.
... ensemble.
411 millisieverts. Vous devez rentrer !
Contrôle, ouvrez la porte vite !
Ouverture.
Julia, va les chercher. Vite.
Préparez les combis aseptiques et le matériel médical.
Vite !
Contrôle, vous me recevez ?
Mon gant s'est collé sur la balustrade.
Il a brûlé. Je répète, il a brûlé.
Décontamination.
Julia. Mon gant s'est collé.
Montre. Calme-toi. Regarde-moi.
- Quoi ? - Il n'est plus étanche.
Coupez les caméras.
La situation extérieure est très compliquée.
Nous allons rester dans la coupole.
Nous allons distribuer couvertures et repas.
Je vous conseille d'essayer de dormir.
Mesdames,
messieurs...
On a assuré. Ils y ont cru !
On les a eus !
La simulation a été un succès.
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