All language subtitles for The.Assassin.1961.(Marcello.Mastroianni).1080p.BRRip.x264-Classics

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Original subtitles

- Bonjour, M. Martelli. - Bonjour. Fais-moi le plein.

L'ASSASSIN

C'est toi !

Je suis encore au lit. Je vais mieux.

J'ai dormi dix heures d'affilée.

Je me prépare et je pars à Lucques.

J'avais besoin de sommeil.

Je ne sais pas encore si j'irai en train ou en voiture.

Bien sûr, chérie.

Tu verras... Allô ?

Tu épouseras un homme exténué.

Une fois à Lucques, je t'appelle.

Bien sûr que je t'aime. Rendors-toi maintenant.

Bonjour. Voici la voiture. Le moteur est encore chaud.

- Où est-il ? - Chez lui. Ce sont ses fenêtres.

Vous allez tout salir !

- Vous êtes la concierge ? - Oui.

Venez ici.

Vous connaissez cet homme ?

C'est Marc Aurèle.

Non, lui !

M. Alfredo Martelli, du 3e. L'ascenseur mène chez lui.

Qui êtes-vous ?

Bonjour.

M. Martelli, l'antiquaire ?

Je suis M. Margiotta.

Enchanté.

Désolé, mais je n'attendais pas de visite.

Entrez, ne restez pas sur le pas de la porte.

Vous représentez une société ?

Vous êtes sûrement déjà passés à mon magasin.

Je garde ici les meubles que je préfère.

Entrez.

Je me brûlais la pointe des cheveux.

Pour éviter de les perdre.

Entrez donc.

Jetez un œil pendant que je m'habille.

Nous sommes pressés.

Vous êtes siciliens ?

Agrigente, Taormine... De très belles villes.

- On s'est installés à Rome. - Depuis longtemps ?

On travaille au commissariat de San Vitale.

La police s'occupe de décoration ? II était temps.

Avec toutes ces petites pièces.

Les femmes de ménage profitent des célibataires.

Voyons où...

Excusez-moi, c'est ma chambre. Elle n'est pas à vendre.

Monsieur !

- Que faites-vous ? - Vous alliez partir ?

Oui, en voiture. Je pars quand je veux.

Restez un peu pour répondre à nos questions.

- À quel sujet ? - On va vous le dire.

Il est préférable que vous veniez au commissariat.

Bien sûr.

Pardi. En fait, non !

Je préfère qu'on parle ici !

Je commanderai des cafés et des croissants.

Non, vous devez me suivre.

Vous permettez ?

- Dites-moi de quoi il s'agit. - Je ne suis pas autorisé à le faire.

Je dois aller à Lucques.

Au fait, où est le truc... le mandat ?

C'est une procédure régulière.

C'est une perquisition. Vous n'avez pas le droit.

On a un mandat. Habillez-vous et suivez-nous.

Vous n'avez pas d'ordre à me donner.

D'ailleurs, je retourne me coucher.

Ne faites pas d'histoires. Ça ne prendra qu'une demi-heure.

- Quelque chose vous tracasse ? - J'ai la conscience tranquille !

Vous savez quoi ? Je ne bougerai pas d'ici !

Je vous en prie.

Non, après vous.

Ils m'ont montré une photo.

J'ai bien été obligée de leur dire qui c'était...

Ils arrivent !

Ne dites rien à M. Martelli ! J'espère qu'il n'en saura rien.

Bonjour.

- Qu'est- ce qui s'est passé ? - Où l'emmènent-ils ?

- Les voilà. - Je monte.

Soyez patient.

Accompagne-le.

- Allons-y. - Où ça ?

Entrez.

Ne bougez pas d'ici.

- Il est là. - Vraiment ?

- Faisons-le attendre. - Entendu.

Je dois rester enfermé ? J'ai envie de marcher.

Vous êtes si pressé de visiter le commissariat ?

Commissaire Palumbo...

Commissaire Palumbo...

Je suis Alfredo Martelli.

- Et alors ? - Pardon ?

Où est-il ? Je viens de me faire insulter !

C'est de l'abus de pouvoir.

- Calmez-vous. - Pas question !

Ma patience a des limites.

Qu'est- ce que ça veut dire !

On me traite comme si j'étais un assassin.

Un peu de patience, le commissaire va arriver.

C'est ça, attendons le commissaire. Je n'ai rien de mieux à faire.

Vous savez qu'en une heure je peux perdre des millions ?

À quoi bon ! Lls ignorent comment je gagne ma vie.

Et honnêtement !

Dis donc, où tu m'emmènes ?

- On m'a à l'œil. - Dans quel pétrin je me mets !

Aide-moi.

- T'es toujours au parti ? - Je ne fais plus de politique.

- Oublie pas de voter pour nous. - Bien sûr.

- Qui c'est ? - Le fils de ce pauvre Cesare.

Salut !

Tu devrais te méfier.

Tu te méfies pas assez.

"Le lit est une rose, qui n'y dort pas s'y repose."

II a de l'eau dans le ventre. Il ne passera pas Noël.

En attendant, je dois m'occuper de lui.

- Il faut bien que je l'aide. - En vendant ces saloperies ?

Vole des choses de valeur.

Je volerais bien la banque centrale, mais j'ai pas été formé pour.

J'ai toujours travaillé.

- Tu lui as donné de l'huile ? - C'est le croque-mort qu'il faut.

- Et lui, c'est qui ? - Toujours le même !

- T'as vraiment rien. - Regarde bien partout.

Qu'est- ce qu'il a ?

- Il perd la tête. - Je vois bien.

- C'est quoi, ça ? - Une pendule.

Ça, je sais. Elle vient d'où ?

J'ai livré du charbon à une vieille comtesse.

- Elle a refusé de me payer. - Alors t'as pris la pendule ?

Oui et je lui ai foutu une raclée.

- Tu l'as frappée ? - Et alors ?

- Combien ? - Ce que tu veux.

Je t'en donne 4000 pour te rendre service.

Aleandro, 4000 lires pour la pendule.

C'est qui celui-là ?

C'est un vrai hall de gare, cette maison !

- Emmène-le à l'hospice. - Il veut pas.

Aide-moi.

On a dit 4000, pas vrai ?

C'est pas beaucoup. Et s'il crève ?

C'est vrai... Tiens ça.

Voici 5000. Vous boirez à ma santé.

S'il y a quoi que ce soit, c'est moi qui t'appelle.

Salut !

Belle pendule !

De quelle époque est-elle ?

19e, Empire. Dorée à l'or fin.

Les figures sont joliment ciselées et le carillon est très original.

- Combien coûte-t-elle ? - 150000 lires.

M. Martelli...

Vous êtes un mal élevé.

Alors ?

Je suis M. Palumbo.

Votre nom me dit quelque chose.

Il est parfois mentionné dans le journal.

Non, c'est quelqu'un qui vous cherchait partout.

Ici, il y a toujours quelqu'un qui vous cherche.

Fichu métier !

Là-dedans, on se sent tous prisonniers.

À ce propos, je ne sais pas pourquoi je suis là.

- Asseyez-vous. - Merci.

Asseyez-vous.

Hélas, mes collègues ont un esprit un peu rétrograde.

Pour eux, le moindre suspect est un assassin.

Laissez-nous !

Fichu métier, mon cher Martelli !

C'est une question de mentalité.

Ils ne savent pas distinguer les bons des méchants.

- Justement... - Ça va au-delà de ça.

Ce n'est pas une question de compétence.

Non, monsieur. Le problème est plus grave.

C'est vrai.

Il est constitutionnel.

Nous devons accepter

que l'enquête doive tenir compte de certaines libertés fondamentales.

C'est normal.

Ainsi, vous êtes antiquaire.

Oui, j'ai un magasin près de la place d'Espagne.

- Il vous appartient ? - Maintenant oui.

Et avant ?

J'étais associé avec une femme.

Mme De Matteis, celle qui restaure le vieil hôtel Shangri-La.

De Matteis...

Vous avez dit De Matteis ?

Depuis quand avez-vous ce magasin ?

Ça doit faire cinq ou six ans.

- Avant, que faisiez-vous ? - J'étais déjà antiquaire.

J'avais un petit magasin via dei Coronari.

C'est pour ne pas être dérangé.

Brocanteur ?

C'était une petite échoppe.

Le meuble ne marchait pas trop à l'époque, puis ça a démarré.

Allez vérifier via dei Coronari !

- Antiquaire, hein ? - Exact.

Une belle activité.

Je vous envierais presque.

J'ai fait d'autres métiers avant ça.

J'ai même suivi un cours d'art dramatique.

Vraiment ?

- Vous êtes marié ? - Non.

Fiancé ?

- Oui. - Avec qui ?

- C'est vraiment nécessaire ? - Oui.

Avec Mlle Nicoletta Nogaro.

La fille de l'industriel.

Nogaro, des produits pharmaceutiques.

Fiancés officiellement ?

Bien sûr. On doit se marier cette année.

M. Palumbo...

Expliquez-moi ce que je fais ici.

Cher Martelli, soyez patient.

C'est un cas complexe, on ne peut pas l'expédier.

On doit comprendre qui vous êtes.

Pensez donc, toute une vie !

Vous appartenez à une famille d'anarchistes.

Moi ?

Votre grand-père était antifasciste.

- C'est un crime ? - À l'époque, oui.

- Quand ? - Pendant le fascisme.

Pépé, les fascistes te cherchent.

- Quoi ? - Les fascistes te cherchent !

Rentre, je me débrouille !

Je t'aurai prévenu.

Quelle trouille t'as eue ! C'était une blague.

Vous savez, je suis fier de mon grand-père.

Au village, c'était le seul véritable antifasciste.

Votre nom apparaît souvent sur le registre des protêts.

C'est normal dans le commerce.

- Quel rapport ? - Ne vous inquiétez pas.

Je vous ai dit que ce serait long.

- C'est-à-dire ? - Ça dépend.

Je dois téléphoner. Je devrais être à Lucques.

- Téléphoner à qui ? - À Adalgisa De Matteis.

On a une affaire en cours.

- Allez-y. - Merci.

Allô, l'hôtel Shangri-La ? Passez-moi Mme Adalgisa.

C'est Alfredo... Martelli !

Ça me regarde !

M. Palumbo à l'appareil. Ne vous inquiétez pas...

Je sais que tu veux me quitter.

Je l'ai compris. Épargne-moi tes histoires.

Tu es un hypocrite.

Un hypocrite !

Tu l'as toujours été.

Avoue que tu n'as plus besoin de moi.

Tu crois que je ne le sais pas ?

Tu n'as plus besoin de moi.

Tu m'as utilisée pour sortir de ton gourbi.

Sans moi, tu ne serais encore qu'un fripier.

Tu n'es qu'un salaud !

Tout ça, tu l'as oublié.

Va-t'en ! Je ne veux plus te voir.

J'aurai le courage de me tuer. Je jure que je le ferai !

Pour réussir, plonge tes poignets dans l'eau chaude.

Comment c'est arrivé ?

Calmez-vous.

Au fait,

vous avez déchiré une carte de visite.

Comment ça ?

Tout à l'heure, vous avez sorti cette carte de votre veste.

Vous l'avez déchirée et jetée dans un pot de fleurs.

Finalement, vous l'avez mise dans votre poche.

C'était idiot. La voici.

Je n'arrive pas à croire qu'elle soit morte.

"Martelli, comptable."

Pourquoi l'avoir déchirée ?

Quelle importance ?

Dorénavant, tout peut avoir son importance.

Je ne suis pas comptable,

mais pour faire plaisir à ma mère,

je lui avais dit que j'avais réussi le diplôme.

Elle avait décidé de faire imprimer ces cartes.

Ça fait si longtemps.

Puis elle est morte.

Donc...

je me suis dit...

que vous auriez pu m'accuser d'abus de titre.

C'est absurde, je sais.

Comme vous le savez, Mme De Matteis a été assassinée.

Assassinée ? Mais que dites-vous ?

Vous voilà dans de beaux draps.

Vous êtes la dernière personne à l'avoir vue

hier soir dans son hôtel de Tor San Lorenzo.

C'est vrai, je suis allé la voir,

mais je ne sais rien de plus.

- Vous étiez son amant ? - Bien sûr.

Tout le monde le sait.

Vous savez, notre histoire d'amour était finie.

Ça aussi, tout le monde le sait.

Ces derniers mois, je l'avais vue deux ou trois fois.

Assassinée...

Pourquoi y être allé hier soir ?

Non... vous n'y êtes pas.

Vous faites fausse route.

Je vous assure. Vous me croyez ou pas ?

Vous ne l'avez pas tuée ?

Vous l'avez quittée vivante ou morte ?

Morte... non, vivante !

N'essayez pas de m'embrouiller !

Vous perdez votre sang-froid.

J'ai parlé à M. Nogaro, le père de la fiancée.

Sa fille a disparu depuis ce matin.

Très bien.

C'est Adalgisa De Matteis qui a financé votre nouveau magasin.

Oui, elle m'aimait.

- Il n'y a aucun mal à ça. - Vous l'aimiez ?

Vous ne voulez pas voir les bateaux romains ?

C'est une perte de temps. Nous rentrons à Rome.

Salut !

Salut, Nicoletta !

- Vous restez avec nous, Nicoletta ? - Vous êtes accompagnée.

On peut visiter le musée à trois.

- Je ne vous dérange pas ? - Pas du tout.

- Non. - J'arrive alors.

Qui est cette bécasse ?

Alfredo !

Ne fais pas l'idiot. Tu sais bien qu'elle est très riche.

Pourquoi les Allemands ont détruit ces bateaux romains ?

Parce qu'ils sont allemands.

Mais ces bateaux étaient trop grands pour un si petit lac.

L'empereur s'en servait pour faire l'amour.

De jour comme de nuit,

de nuit comme de jour. Pour faire l'amour.

Vous avez déjà fait l'amour sur un bateau ?

Non, jamais.

Ça vous dirait ?

J'adore les virées en bateau.

Y faire l'amour me plairait donc aussi.

Adalgisa n'aime pas. Ça lui donne le mal de mer.

Il n'y a pas que le bateau qui me donne le mal de mer.

Je sais.

Ces plaques de bronze servaient à renforcer les flancs des bateaux.

Ça les protégeait.

On dirait des tableaux abstraits.

- Tu t'appelles Nicoletta ? - Oui.

Ces Romains avaient de grosses mains !

Vous vous entendez bien. Vous vous amusez ?

Oui, beaucoup.

Adalgisa...

Tu es jalouse d'une gamine ?

Elle est idiote.

Moi, je l'aime bien. Elle est jeune, sympathique, riche.

Je vais faire un tour. Je voudrais être seule.

Reste avec elle.

Ça ne te dit pas ?

Quand tu agis comme ça, tu me blesses.

Va donc faire un tour.

Que s'est-il passé ?

Rien. Elle est étrange.

Vous l'aimiez ?

Répondez: Vous l'aimiez ?

Oui, beaucoup.

Alors pourquoi vous êtes-vous quittés ?

Pour plusieurs raisons. Ce n'est pas simple.

Une relation peut finir comme ça.

- C'est elle qui m'a quitté. - Tenez.

- Elle était plus âgée que vous. - Oui.

Elle était jalouse.

Oui, c'est vrai.

Mais elle me poussait à me marier avec une plus jeune.

Je vois.

Cher Martelli, vous êtes quelqu'un d'enviable.

J'ai appris que vous la faisiez souffrir.

Elle n'avait besoin d'aucun prétexte pour être malheureuse.

Mais vous lui en procuriez toujours un.

À tel point qu'elle a fini par vous laisser.

Le magasin était une entreprise engagée, n'est- ce pas ?

- Je ne vous répondrai pas. - Évidemment.

Mlle Nogaro est plus riche que la défunte.

Mme De Matteis faisait obstacle à votre projet.

J'aimais Adalgisa, pas son argent.

Ça suffit maintenant !

Je ne suis ni profiteur ni voyou.

Je suis fatigué et je me sens mal.

C'est pas un chien qui a été tué. Vous me déballez tout comme ça !

Faites entrer cet homme.

M. Palumbo, je veux m'en aller !

J'aimais vraiment Adalgisa.

Si vous pensez que j'ai profité d'elle, vous vous trompez.

Je vous ai dit que je me sentais mal. Faites quelque chose !

Je veux partir !

Je veux partir. Voilà !

Vous êtes bien M. Morello, le mari de la défunte ?

Vous vous connaissez ?

Si c'est lui que vous croyez, je n'ai rien à dire.

- Il a déjà tenté de me nuire. - On s'est plus revus.

- Je connais tes intentions. - Venez.

Tu aimerais me voir mort et tu haïssais Adalgisa.

- Asseyez-vous. - Ne croyez pas ce qu'il vous dit.

Il a tout intérêt à témoigner contre moi.

- Vous vous connaissez bien. - Autrefois, on était amis.

- Et maintenant ? - Plus du tout.

Depuis quand vous ne vous voyez plus ?

Cinq ans.

Étrange amitié...

Je ne suis pas parti avec ta femme, tu le sais très bien.

- Je t'avais écrit. - J'ai même pas ouvert la lettre !

Tu t'es servi de moi pour étendre le cercle de tes relations.

Devant, c'était un ami...

Je l'ai suppliée à genoux, j'ai tout essayé.

"Adalgisa, je t'en prie, ne me quitte pas."

Rien à faire !

Elle est dans un hôtel.

Pendant huit ans, aucun problème.

J'ignore pourquoi elle a fait ça.

Elle est peut-être amoureuse d'un autre homme.

Parle-lui, elle t'écoutera.

Demande-lui ce qui lui manque,

si elle veut faire un voyage.

Elle ne peut pas vivre à l'hôtel, ici à Rome.

Je l'aime et je dois veiller à ma réputation.

Je n'y suis pour rien, c'est lui qui a insisté.

Après tout, c'est mon ami. Il ne va pas bien.

C'est une décision très importante. Tu as bien réfléchi ?

Réfléchir, toujours réfléchir.

J'en ai assez de réfléchir.

Assez de la routine, des mêmes visages,

des mêmes amis !

Tu n'es plus une jeune fille.

Ça ne va pas être facile.

Dis-moi, que vas-tu faire ?

Je trouverai bien. Je monterai une affaire,

j'ouvrirai une boutique de mode.

Il y a un autre homme ?

Non.

Adalgisa...

j'aimerais ne pas être ici en ce moment,

mais il m'arrive une chose étrange.

Je voudrais t'embrasser.

Ne dis pas d'idioties.

Écoute,

je ne sais pas faire les choses à moitié.

Quand je commence, je vais jusqu'au bout.

Je n'imaginais pas que ça finirait comme ça.

Quelle drôle de coiffure !

Je l'ai depuis toujours.

C'est toi, Morello ?

Oui, je lui ai parlé.

Elle est ici.

Ne t'inquiète pas. Tout va bien.

Vous n'êtes pas fiancé.

- Le père ne vous connaît pas. - Moi, pareil.

Vous avez menti.

Vous avez parlé de fiançailles officielles.

Et alors ? Ça me regarde !

Elle veut bien m'épouser. Son père le saura en temps voulu.

Il s'avère que sa fille a disparu depuis ce matin.

- Disparu ? - Oui.

Vous avez habité longtemps là-bas ?

Oui et ça fait dix ans que je n'y retourne plus.

- Pourquoi ? - Ça me rend triste.

Mon père y est mort et ma mère était retournée au village.

De mauvais souvenirs.

Voici l'assassin !

Allez-vous-en, circulez !

Allons-y. Par là.

Vous l'avez retrouvée dans la gloriette ?

Quel bel hôtel. Pourquoi vous être associé à elle ?

Je voulais l'agrandir et je m'étais endetté jusqu'au cou.

Mme De Matteis a mis combien dans cette affaire ?

Environ 40 millions.

Elle a payé mes dettes

et est devenue le principal propriétaire de l'hôtel.

Grâce à elle, j'ai échappé à la faillite.

Rappelez-moi pourquoi vous êtes allé la voir hier soir.

Je vous l'ai déjà dit : J'avais besoin d'un prêt.

C'est vrai.

J'étais sur une affaire pour laquelle il me fallait 2 millions.

Un petit restaurant près d'ici, qui m'aurait permis de me refaire.

Quand devait-elle vous prêter cet argent ?

Aujourd'hui ou demain.

Elle me l'avait promis depuis une semaine.

Pourquoi y être allé hier soir ?

Je viens souvent pour suivre les travaux.

- Je suis associé, propriétaire. - Je vois.

Elle était seule quand vous êtes arrivé ?

- Non, elle avait de la visite. - J'étais là.

Le temps se lève.

Allez, on se dépêche un peu !

M. Alfredo, c'est horrible !

Qui c'est ? Dites-lui de déguerpir.

Ne me demandez pas d'entrer.

Je n'ai même pas vu ma mère morte.

Le corps n'est plus là. Un peu de courage !

Dites donc !

Bel endroit !

Mme De Matteis devait être une femme étrange,

un peu excentrique.

Elle aimait les belles choses.

Il est vrai que, dernièrement, elle était étrange.

Elle a rénové cette pièce pour elle-même

dès qu'elle a acheté l'hôtel.

- Vraiment ? - Pauvre Adalgisa !

Oui, pauvre Adalgisa...

Elle était si heureuse... Maurice !

Mon toutou, viens ici !

Tu es venu voir ton maître.

Voici le chien dont je vous ai parlé. Notre chien.

Hier soir, j'ai voulu te récupérer.

Qu'est- ce que tu veux ?

Que, pour satisfaire ton égoïsme, je continue à garder ton chien ?

Tu recommences avec tes reproches.

Ça commence par le chien et ça finit par ma dette.

Encore vous ?

Désolé de vous déranger, mais je suis obligé d'insister.

Je vous ai déjà dit que j'étais d'accord.

J'ai besoin de toute urgence de cet argent.

Ce n'est pas le moment, je suis occupée.

Je peux repasser plus tard. L'affaire risque de m'échapper.

C'est une question d'heures, de minutes.

Si c'est si urgent, demandez à quelqu'un d'autre.

On se voit demain matin au chantier. Au revoir.

Vous prétendez être venu chercher le chien ?

C'est ça ?

J'étais surpris qu'elle m'appelle pour ça.

J'étais venu le récupérer. Je vous le jure.

Elle voulait que je le reprenne.

Il lui rappelait sans doute de mauvais souvenirs...

C'était peut-être un prétexte pour me revoir.

Elle savait que j'aimais ce chien.

Elle était sûre que je viendrais.

J'ai fait rénover cette pièce pour m'y installer.

- Elle te plaît ? - Beaucoup.

Écoute...

Ne me dis pas que tu m'as fait venir pour le chien.

Non, pas seulement pour le chien.

Il paraît que tu n'as pas assez d'argent pour me payer demain

les lettres de change.

Il ne faut pas que tu t'inquiètes.

C'est gentil. J'allais justement te demander de me les renouveler.

Je t'ai apporté cette montre.

Pourquoi ?

Comme ça.

Parce que je pense à toi.

C'est devenu une habitude.

Ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas vus.

Assieds-toi.

Tu vois, je t'aime toujours.

Toi, en revanche, avec ce serveur...

Pourquoi fais-tu cela ?

Je l'aime bien.

Tu n'étais pas un peu comme lui ?

On a tous un faible pour la jeunesse.

Pourquoi es-tu surpris ?

Moi, quand je t'imagine avec Nicoletta,

je suis heureuse.

Tu ne me croiras pas,

mais quand je suis avec Nicoletta, j'ai l'impression de te tromper.

C'est ça que j'aime chez toi : Tu crois encore à l'infidélité.

Alors qu'il ne s'agit que de nous et de tous nos désirs.

Épouse-la.

Appelez-moi le serveur de Mme De Matteis.

Il manquait plus que le chien !

Occupe-toi du chien.

Venez ici.

Alors...

Dites-moi, vous avez vu ce monsieur repartir ?

Non, je l'ai vu arriver.

M. Martelli, vous avez entendu ?

Attends un peu...

Qui t'a offert ça ?

La patronne.

"Adalgisa, ne m'oublie pas."

- Ce n'est pas une pièce unique. - C'est vrai.

Je n'essaie pas de t'accuser.

Ça pourrait être n'importe qui.

Pas lui car il était à Rome pendant que vous étiez ici.

C'est bon.

- Vous n'êtes pas d'accord ? - Si.

S'il m'a vu, c'est qu'il était là.

Après votre arrivée, il est allé à Rome.

Ça a été vérifié.

Je suis le seul à ne pas avoir d'alibi ?

N'oublions pas que Mme De Matteis...

Je ne suis pas cynique, mais il faut bien que je me défende.

Après notre rupture,

elle recevait chez elle le premier venu.

Peut-être qu'hier soir aussi.

Hier soir... Ne dites pas n'importe quoi.

Palumbo...

Pourquoi ne pas m'écouter ?

Finissons-en une bonne fois pour toutes.

Qu'avez-vous donc à ajouter ?

Vous dites que vous êtes venu ici...

Oui !

Et que vous avez couché avec elle pour qu'elle garde le chien.

Ça peut vous sembler absurde, mais c'est la vérité.

Vous vous êtes disputés à cause de ces lettres de change

qui étaient dues aujourd'hui.

Pas du tout, on ne s'est pas disputés.

Et ce cinéma au commissariat quand vous avez téléphoné !

Justement à cause de l'échéance et pour racheter sa part du magasin.

- Vous avez cet argent ? - Bien sûr !

J'ai peu en banque, mais j'ai des créances à recouvrer.

- Des créances ? - Exactement.

Vous seul aviez intérêt à déchirer ces traites !

C'est faux !

C'est sûrement Adalgisa qui l'a fait.

Elle était particulière.

Elle l'aura fait par générosité, par amour.

Vous vouliez vous remettre ensemble ?

De quoi avez-vous parlé ?

De mon éventuel mariage avec Nicoletta.

Adalgisa savait que tout était fini entre nous.

Elle pensait que si j'épousais une autre femme,

selon elle inoffensive,

elle pourrait continuer à me voir après mon mariage.

Elle entravait donc votre mariage d'intérêt.

Non, elle me poussait à le faire !

Quand l'avez-vous quittée ?

Quand elle s'est endormie.

- Elle semblait dormir. - Elle dormait, je vous dis !

Non... elle était morte !

Tu sais, c'est vrai que je suis à court d'argent.

Tu avais raison.

Tout ce que je te demande...

c'est un mois supplémentaire.

- Je suis sur une affaire... - Quel idiot tu fais.

Je ne les ai pas mises à la banque.

Je le savais.

- Où est le couteau ? - Quel couteau ?

Qu'en avez-vous fait ?

Je l'ai mangé. Je suis un avaleur de sabres.

Très drôle ! Où est-il ?

J'ai une peur bleue des couteaux.

Mon fort, c'est les pistolets ou le poison.

Vous avez presque 35 ans, vous êtes un homme fait.

- Et fatigué ! - Allons-y.

Dépêchez-vous !

- Vous refusez de coopérer. - Oui !

Je veux bien aller en prison, pour refus d'obtempérer !

Très bien. Faites-le renifler par les chiens.

- Que faites-vous ? - Dépêchez-vous.

Restez tranquille. Ne bougez pas !

J'ai froid, je veux une couverture.

Moi, j'ai chaud. Si vous voulez, il y a du café.

Apporte-lui un café.

- Avez-vous retrouvé Nicoletta ? - Non.

Je vous suis antipathique, pas vrai ?

Pour parler franc, oui.

Les gens de votre espèce, je ne les comprends pas.

- Il est propre ? - Oui.

Tout ça parce que je me suis fait tout seul.

Ne vous inquiétez pas, je suis quelqu'un d'objectif.

Quel beau coucher de soleil !

Que préférez-vous, l'aube ou le crépuscule ?

L'aube.

- M. Palumbo... - Qu'y a-t-il ?

Quand Adalgisa a été assassinée, le chien a aboyé, paraît-il.

Ça prouve mon innocence. Ce chien n'aboie jamais après moi.

- Même si sa maîtresse est agressée ? - Absolument pas !

- On parie ? - C'est ça !

- Faisons un essai. - Laissez-moi tranquille.

- Le chien n'aboiera pas. - Vous, venez ici.

Où est le chien ? Trouvez-le !

Qui a le chien de la patronne ?

Maurice !

Non, pas là ! De l'autre côté.

Dans la salle de bains, là où le corps a été retrouvé.

Faites semblant de poignarder la jeune fille.

Et vous, tâchez de crier !

Compris ?

Viens.

Je ferme car il aboiera s'il vous voit.

D'accord, fermez.

Qu'est- ce qui t'arrive ?

Tu ne me reconnais plus ?

Qu'est- ce que tu es bête !

Maurice !

Incroyable !

- Il joue, commissaire. - Pour moi, il aboie.

Mais...

D'après toi, que fait le chien ?

- Il aboie. - Il me fait la fête.

Et sa maîtresse est morte, ça a dû le perturber.

- C'est vous qui l'avez voulu. - Je dois prouver mon innocence !

- Commissaire ! - M. Palumbo, ne partez pas.

- Les chiens ont trouvé ceci. - Quoi donc ?

- Du pain rassis. - Les maçons ont vu un vagabond.

- Qui est- ce ? - Un homme qui errait ici.

Essayez de le retrouver. Emmenez Martelli.

Venez, M. Martelli.

Retrouvez ce vagabond ! C'est sûrement lui, l'assassin.

Commissaire !

Ce n'est pas lui. Il a été gentil avec moi.

C'est bien.

- M. Alfredo... - Rentre, il fait froid.

Elle doit être complètement folle.

C'est pas vrai ! Qu'y a-t-il ?

J'ai travaillé chez lui. Il m'a traitée comme sa fille.

Il m'envoyait le docteur tous les jours.

Je vois. C'est très bien...

- Il est innocent ! - J'en suis persuadé...

Commissaire...

pourquoi vous ne m'écoutez pas ?

C'est moi qui ai tué la patronne.

- C'est moi, la coupable. - Allons-y.

- Après vous. - Dépêchons-nous.

Il est innocent, mon patron. M. Alfredo est innocent !

- Même avec les bonnes ! - Pour qui me prenez-vous ?

Pourquoi l'avoir renvoyée ?

Non, merci. Adalgisa a tenu à l'embaucher.

Elle était jalouse.

Adalgisa jalouse d'une bonne ?

Pourquoi elle vous aime tant ?

Elle est naïve et je l'ai toujours bien traitée.

- On vérifiera. - Si ça vous chante.

Signe ici.

Merci. Suis-moi.

Carmelo !

Tiens.

Entrez.

Il n'y a pas de lit ?

Si, là-bas.

Je veux un pyjama !

Silence... Dormez !

Quelle heure est-il ?

Pourquoi ? Vous avez rendez-vous ?

Je veux parler à mon avocat !

Apportez-moi une bouteille d'eau, même payante.

C'est pas l'Orient-Express !

Où sont les toilettes ? II n'y en a pas ?

Alors ?

Vous auriez une cigarette ?

Une allumette, s'il vous plaît.

Merci.

Merci.

On se les gèle ici.

Tous contre moi !

Personne pour me croire innocent.

Si, Rosa. C'est bien la seule.

Pourquoi s'accuser d'un meurtre ? Quelle idiote !

Carletto, tu es en extase ?

- Tu l'as déjà ? - Non, jamais avec les bonnes.

Si j'en avais une comme ça,

à peine à la maison, je verrouille la porte.

Tu aimerais la voir toute nue ?

- Pardi ! - Tu devras changer de boulot.

Rosa, comment va ton doigt ?

- Toujours pareil. - Montre-le au docteur.

Bien sûr.

Vous devez soigner ça.

Montrez-moi votre pied.

Vous souffrez de troubles circulatoires ?

- Aucune idée. - Laisse le médecin t'ausculter.

Ça me gêne.

Vous ne vous déshabillez pas ?

Une cigarette !

- T'en veux une ? - Oui.

Deux !

C'est à cause des lanternes.

Tais-toi et donne-moi une cigarette.

On a un invité.

Bonsoir.

C'est soit les lanternes, soit un mouchard.

- Oui, un mouchard. - Ferme-la !

Vous venez de l'extérieur ?

Nous interroge pas, on dira rien.

Vu ta tête, je serais idiot.

- Il est flic, c'est classique. - Vous êtes fou !

Non, tu te trompes.

Il est de notre espèce.

- Tu t'appelles comment ? - Martelli, pourquoi ?

- Martelli ? - Et alors ?

T'es l'assassin de la vieille.

- Quatre coups de couteau. - C'est le type de la photo !

Quelle photo ?

Sur le journal, y avait ta photo grande comme ça.

T'étais le type à droite. Je te reconnais.

- Fais voir. - Bas les pattes !

La vieille, la photo... Qu'est- ce que vous voulez ?

On m'a arrêté quand je lisais l'article sur toi.

Quelle vie trépidante tu as eue !

Tu me déçois : Finir en prison à cause d'une vieille !

"Martelli... sexe ou vol."

- Fous-moi la paix. - C'est ce que disait le journal.

Mais si le meurtre n'était pas collectif

et si c'était pas pour la voler...

- Comment tu t'appelles ? - Martelli !

T'es un gars intelligent, tu devrais avouer.

- Avoue, c'est mieux. - Il a raison.

Tu peux toujours dire que t'étais jaloux

et qu'elle te trompait.

"Espèce de dévergondée !"

Occupez-vous de vos affaires, j'ai rien à avouer !

Dans ce cas, tais-toi et dors.

Quand ils viendront te chercher, ils te réveilleront.

- Qui va venir ? - Quoi, tu le sais pas ?

À tout moment, ils vont t'emmener en bas.

Pour quoi faire ?

Pour parler et remuer ton passé.

Ils te demanderont si t'as eu des contacts avec elle.

Tu pourras pas mentir, ils fouilleront partout.

Ils interrogeront tous ceux qui te connaissent.

Dégage !

Je l'ai eu en CE2 et en CM1.

Un garçon intelligent, mais quel fripon !

II causait de ces frayeurs à sa mère !

Quand il est venu vivre dans cet immeuble,

toutes les ampoules de l'escalier et de la cour ont disparu.

J'ai oublié de vous dire une chose.

Un jour, Pippo a été tué.

- C'est qui, Pippo ? - Mon chat.

J'étais sûre que c'était lui parce qu'il aimait pas Pippo.

Il a lancé la mode de la coupe à la Marlon Brando.

Un fou !

Lui, des cours d'art dramatique ? Jamais de la vie !

Grâce à moi, il a été figurant.

Un jour, il devait dire cette réplique :

"Le type est mort." II a dit : "Le mort est typé."

On a fait l'armée ensemble.

Il avait la manie des canifs et des coutelas.

Il les lançait dans les portes.

Il a failli tuer le sergent.

Je lui ai dit de faire attention. Et lui : "Bon débarras !"

II avait une boutique juste en face de la mienne.

J'avais un beau magasin.

Martelli appelait ça de la concurrence.

Pour moi, c'était du vol.

Il a cassé du sucre sur mon dos.

Il a même dit que j'étais un pé...

Il m'a mis sur la paille.

Ces tableaux sont des faux. Ils font tous la même chose.

Martelli paie combien ?

50000 lires par mois pour 5 tableaux.

- Il en tire beaucoup plus. - Comment ?

- Il les vend à des Américains. - Martelli l'exploite.

Il faut porter plainte.

Pourquoi ? Un original me coûterait trop cher.

Regardez comme il est bien fait.

Ce garçon m'est tellement sympathique !

II n'y a que lui qui m'amuse à Rome.

Celui-là, à gauche.

Toi !

C'est mon tour. Je vais me faire avoir.

- Ils sont malins. - Dépêche-toi !

J'ai peur.

Je vais parler.

Je vais vider mon sac.

Pour t'interroger, ils utilisent le système croisé.

Croisé ?

Une question par devant, une autre par derrière !

Fous-moi la paix !

C'est pas moi qui l'ai tué.

On voulait piquer des traverses.

Mais le gardien est arrivé avec une lampe

et il nous a vus.

Comment ?

Vous avez tué un homme ?

Je sais pas. Peut-être.

Il y avait un fleuve de sang, un fleuve noir.

C'est mon pote qui l'a fait.

Il l'a frappé avec une traverse.

- Le sang est pas rouge. - J'en sais rien, moi.

Il est noir comme la poix. Aide-moi !

Tu vas me foutre le camp ! Salaud !

- Venez. - Où m'emmenez-vous ?

Ne vous inquiétez pas, on ne vous veut aucun mal.

- Suivez-moi. - Allez-y.

Entrez.

T'aurais pas une cigarette ?

Je vous en prie.

N'ayez pas peur.

Asseyez-vous.

Vous avez faim ?

Saviez-vous que Mme De Matteis était enceinte ?

Depuis quand n'aviez-vous plus de rapports ?

- Je l'ai déjà dit à M. Palumbo. - Répétez-le-nous.

Environ... un an.

Et hier soir, avant le meurtre ?

- Ah oui. - Comment ça ?

Ce que je veux dire, c'est qu'entre elle et moi,

il y avait une relation qui...

En fait, nous étions très proches...

sans que cela signifie...

- M. Martelli, venez-en au fait. - C'est ma façon de m'exprimer !

Excusez-moi.

C'est vous qui avez offert cette montre à Mme De Matteis ?

- Oui. - Quand ?

Hier soir.

En arrivant ou avant de repartir ? Quelqu'un était-il présent ?

Répondez !

En arrivant, et nous étions seuls.

Merci.

C'est logique, non ?

Nous avons trouvé ce talon dans votre voiture.

Il appartenait à la victime.

Vous mentez.

Cela prouve que vous l'aviez vue dernièrement.

Ma voiture est pleine de vieilles choses.

Peu importe. Continuez.

- Continuer quoi ? - Vos rapports sexuels.

Je disais que... Je suis fatigué.

Je peux faire l'amour à une femme

sans pour autant me sentir lié à elle.

Sans aucun engagement moral.

Mettre une femme enceinte, c'est un engagement.

Pas vrai ? Du coup, vous l'avez tuée.

Je n'en peux plus.

Pourquoi la mêler à tout ça ?

- Qu'est- ce qu'ils t'ont fait ? - Rien.

J'étais inquiet. Où étais-tu passée ?

Mlle Nogaro,

pourquoi vous n'avez pas vu M. Martelli hier soir ?

II se sentait mal et il s'est couché tôt.

Asseyez-vous.

Comment pouvez-vous en être sûre ?

C'est lui qui me l'a dit.

Désolé, Nicoletta, j'ai tellement honte.

En voilà une qui vous croit.

Maintenant que vous savez tout, que pensez-vous de lui ?

- Il devait avoir une bonne raison. - J'ai reçu un appel urgent !

Pourquoi êtes-vous partie de chez vous ?

Je voulais éviter mon père.

Votre père s'oppose à vos fiançailles.

- Ça me regarde. - Que faisiez-vous au journal ?

- Quel journal ? - Ils m'avaient demandé une photo.

Celle- ci en maillot de bain ?

Je ne l'avais pas encore vue publiée !

- Pourquoi fais-tu ça ? - Ça suffit !

Ça parle aussi de vous, ne vous inquiétez pas.

Mlle Nogaro, vous pouvez partir.

Tout va s'arranger. Je suis sûre que tu es innocent.

- S'il vous plaît, mademoiselle... - Vas-y.

Au revoir.

Ils vont bientôt te relâcher.

Mademoiselle...

- Que fais-tu ici ? - Votre père est là.

Nous vous emmenons à l'aéroport.

Ils veulent que vous partiez.

Je suis loin d'être parfait.

Au contraire,

j'ai beaucoup de fautes sur la conscience.

Je n'ai pas honte de vous le dire.

Ces dernières heures...

je m'en suis rendu compte.

Pour gagner de l'argent

et pour satisfaire mon égoïsme,

n'importe quel moyen était bon.

Ça, on l'a bien compris.

Par exemple, regardez...

Vous dites que ce talon n'a aucune importance.

- Pour moi, si. - C'est-à-dire ?

II me rappelle...

quelque chose...

dont je me sens encore coupable.

J'avais fait preuve d'égoïsme, d'indifférence.

Adalgisa était d'ailleurs avec moi.

Arrête-toi. Il y a eu un accident.

- Allons voir. - Mon Dieu, il y a un mort !

Réveille-toi !

II faudrait lui faire renifler du vinaigre.

Vous êtes tous témoins, hein ?

- Moi, j'ai rien vu. - Il a voulu se suicider !

II s'est jeté sous mes roues. Vous l'avez bien vu.

Non, restez là ! II a foutu le camp...

- Heureusement, je roulais pas vite. - Adalgisa.

- Viens. - Il marchait sur le côté.

Quand je suis arrivé, il s'est mis devant moi, j'ai freiné.

Il faudrait appeler un médecin.

Tu peux regarder, il ne saigne pas.

Il a ouvert un œil, je l'ai vu !

Tu n'as pas perdu connaissance. Il est soûl !

Qu'est- ce qui t'a pris ? Tu veux ma ruine ?

C'est du chiqué.

Tu ne vois pas dans quel état il est ?

II va bien. C'est un ivrogne, c'est tout.

C'est sa faute !

Regardez-le !

C'est un cinglé !

- Alors ? - On ne peut pas le laisser.

Que veux-tu faire ?

Je les connais. Tu as vu comment il a ouvert l'œil ?

Ça ne prouve rien.

Si c'était vrai, il aurait ouvert les deux.

Il s'est vite mis debout.

Allez, viens.

Pourquoi avoir voulu se jeter sous un camion la nuit ?

II n'y a pas d'heure pour toucher la prime d'assurance.

Allons, rentrons dormir. C'est moi qui conduis.

Ton cynisme est déplacé.

Il aurait fallu qu'il meure pour démontrer sa bonne foi ?

Allons-nous-en, il est tard.

Zut ! J'ai cassé mon talon.

Et voilà !

- Suivons-le. - Laisse tomber.

Tu fais ta philanthrope ?

S'il te plaît !

- Je veux lui donner de l'argent. - Pour qu'il aille boire.

Arrête un peu.

- Le voilà. - L'ivrogne.

Regarde comment il marche.

- Il ne se pousse pas. - Klaxonne.

Ralentis, tu vas lui faire peur.

Voici 10000 lires. Tenez.

Écoutez !

II a sa fierté.

- Où vas-tu ? - Pardon ?

Tu lui as fait peur. Fais marche arrière et rattrape-le.

Pas mal comme jeu. Allons jusqu'au bout.

On devrait l'adopter, il est mignon.

Quelqu'un s'est jeté du pont !

Pas possible ! C'est le même.

Il a réussi à se tuer.

Donc il était pas soûl.

Le pauvre !

Qu'en concluez-vous ?

J'aurais peut-être pu l'aider.

C'était sans doute un fou.

Arrêtez d'user votre salive et avouez !

Tiens, c'est encore ce vieux Martelli.

T'imagines, on pourrait finir nos vies ensemble.

D'abord à la prison Regina Coeli, puis à celle de Porto Longone,

et enfin à celle de Procida.

Quelle vie trépidante !

Les gardiens t'aident gentiment à descendre du train.

En gros, tu deviens un fonctionnaire.

Tu vois, nous, on a avoué.

- On est soulagés. - Foutez-moi la paix.

Maintenant, ils nous traitent avec égards.

Regarde, ils nous donnent même des cigarettes.

T'en veux une ?

- Tu as 50000 lires ? - Laisse-moi, j'ai sommeil.

Tu veux acheter un alibi ?

Le soir du meurtre, t'étais pas sur place,

t'étais à l'hôtel Aurora.

Tu vas te taire, oui ! Ferme-la !

Écris un mot à un pote qui a de l'argent :

"Remettre 50000 lires au porteur de la présente.

"C'est pour ma libération. Aide-moi, suis dans le pétrin."

Pousse-toi !

Laissez-moi !

Je veux sortir !

- Espèce d'assassin ! - Avoue !

Y a rien à faire, tu dois avouer !

- Mets-toi à table ! - C'est toi, l'assassin !

Tu as du sang sur les mains, comme nous.

Qu'est- ce que tu attends pour avouer ?

Je veux sortir.

- Ouvrez, il veut parler ! - Martelli est prêt à avouer.

Gardien, ouvrez !

Je veux sortir. Je vais tout avouer.

Je vais tout avouer.

Emmène-le !

Tu entends ?

- Le tramWay circule. - Il fait jour.

- Alors ? - Alors quoi ?

Je n'ai rien à avouer.

D'accord, j'ai déchiré les traites,

mais je n'ai pas tué Adalgisa. Croyez-moi.

Ne me mettez plus avec ces deux-là, un malheur pourrait arriver.

- Je ne suis plus moi-même. - Emmène-le.

- Vous voulez une cigarette ? - Non.

M. Martelli...

Comment ça ? Vous êtes encore là ?

Je n'en peux plus.

C'est le jour le plus horrible de ma vie.

Tout est si confus dans ma tête !

Si je suis ici, c'est votre faute.

Ma faute ?

Pourquoi ?

À cause de la montre.

J'ai affirmé que, lorsque Adalgisa est venue m'ouvrir,

elle portait la montre ancienne que vous lui aviez offerte.

Et vous, vous avez dit à la police

que vous la lui aviez offerte après mon départ.

J'ai dit la vérité.

Vous êtes sûr ?

Je ne sais même plus de quoi je suis sûr.

Ne vous inquiétez pas, c'est après moi qu'ils en ont.

C'est possible. En attendant, je suis bel et bien ici.

C'est pas pour moi, c'est pour ma mère.

Elle est très vieille. Elle a 80 ans.

Une émotion pareille pourrait la tuer.

Moi, je suis un sentimental.

Je ne me suis même pas marié, par respect pour ma mère.

Mais ce sont des sentiments qui n'existent plus.

Réponds. Tu dois t'occuper de tes clients.

Laisse-le sonner.

Et si c'était important ?

Qui ?

Ma mère à Rome, sur le parvis du cimetière ?

Pourquoi elle n'a pas appelé ?

Elle a peur ?

Ma mère est à Rome. Je dois la voir.

Maman !

- Comment vas-tu ? - Bien.

Tu aurais dû me prévenir.

Tu prends le car, tu arrives... Une vraie gamine !

Comme Rome a changé ces 10 dernières années.

C'est vrai.

- J'ai fleuri la tombe de ton père. - C'est bien.

Écoute... Ne restons pas ici, viens.

- Tu m'emmènes chez toi ? - Oui, on verra.

Elle est lourde, ta valise. T'as mis quoi là-dedans ?

Tu pars pour l'Amérique ?

Tu devais m'emmener chez toi.

On est là, au restaurant, comme deux bohémiens.

- J'aurais cuisiné. - Je fais faire des travaux.

La cuisine n'est pas prête, il n'y a pas de chaises.

Quand ce sera fini.

Qui sait quand je reviendrai.

Je suis vieille, j'en ai plus pour longtemps.

- Tu veux de la langouste ? - Ne gaspille pas ton argent.

Mange.

- Tu ne manges pas ? - Je n'ai pas faim.

Tu as vu ? II fait déjà nuit.

Allons-nous-en.

Dépêche-toi, monte !

Vas-y.

Il n'y a que 3 heures de route. Pourquoi tu ne viens jamais me voir ?

Tu ne me fais que des reproches. Je suis très occupé.

Dès que je suis installé, je viens te voir.

Le bus va partir.

- Au revoir. - Embrasse-moi.

Prends soin de toi.

Qu'est- ce qu'il y a ?

Ça ne fonctionne pas. Va t'asseoir.

Réveille-toi !

Allons-y.

Allez, dépêche-toi !

Suis-moi.

- Ça recommence ! - Viens.

Laisse la couverture.

Allons-y.

- Signe ici, s'il te plaît. - Où m'emmenez-vous ?

Chez toi. Tu es libre.

Libre ?

Vraiment libre ?

Comme elle lui avait refusé le prêt

et qu'il avait le sentiment qu'elle l'avait escroqué,

il s'est caché et a attendu que Martelli quitte l'hôtel.

Comment s'est-il trahi ?

II n'avait pas les idées claires.

Sinon, ça n'aurait pas été facile.

Nous n'avions que quelques petits indices.

Ça aurait pu être n'importe qui.

C'est un milieu étrange

et cette femme avait une vie très compliquée.

Comment l'avez-vous démasqué ?

Grâce à cette histoire de montre.

Peut-on photographier l'assassin ?

Oui. Amène-le.

La femme ne portait pas la montre quand ils se sont parlé.

Il l'a revue cette nuit-là

pour insister au sujet du prêt.

Martelli était déjà reparti.

Elle l'aurait offensé

et lui, ce mégalomane, ce fou, il l'a tuée.

De sang-froid !

On a retrouvé le couteau chez lui, encore couvert de sang.

Allez-y, dépêchez-vous.

Vite !

Arrêtez.

Assez !

S'il vous plaît, arrêtez !

Je vous ai donné une minute. Ça suffit.

Pas moi ! J'ai rien à voir là-dedans.

Et ce Martelli ?

Martelli ? Un brave garçon.

Tu as faim ?

Tiens.

Prends tout.

Un café.

C'est ce fameux antiquaire.

On a dû le relâcher.

Aujourd'hui seulement, après un an,

j'ai réussi à parler sincèrement de cette journée.

Et avec toi !

Si je ne l'ai pas fait avant,

tous ces derniers mois, c'est par pudeur.

Quand on m'a relâché, je n'ai eu qu'un désir :

Changer... Changer, Nicoletta !

Et tu as changé ?

Un an a passé et depuis lors,

je ne suis plus le même.

Je sens le poids des responsabilités.

Même maintenant...

à ton égard, Nicoletta...

je me sens en faute.

J'ai honte de t'emmener toujours

dans ces lieux, de te voir en cachette.

J'aimerais pouvoir t'offrir ce qu'il y a de plus beau.

C'est avilissant, crois-moi.

L'assassin avait raison : Les sentiments n'existent plus.

Nous ne sommes que des animaux, mon amour.

Que devons-nous faire ? Serre-moi fort, ma chérie.

Si tu m'avais rappelé avant,

aujourd'hui on serait mari et femme.

Écoute, Alfredo,

j'ai quelque chose à te dire.

Quoi ?

Avant de partir, j'ai tout raconté à mon mari.

Pourquoi as-tu fait ça ?

Les femmes veulent toujours que tout soit transparent

et conforme à la morale !

On était deux à souffrir, maintenant on est trois.

À quoi ça sert ?

Ça nous causait déjà assez de complications,

assez de cas de conscience.

Tu sais, je t'ai fait une blague.

Je n'ai rien dit à mon mari. Salut !

Allô, concessionnaire Bornicchia ?

Oui, je l'ai essayée. Elle est bien, y a pas à dire.

C'est la ligne qui ne me plaît pas.

Moitié américaine, moitié italienne...

Combien elle coûte ?

Quoi ?

Tu sais à qui tu parles ?

À l'assassin !

Adaptation : Pascal Strippoli

Sous-titrage TITRA FILM Paris

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