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Tous les noms des personnages sont fictifs.
Ce film est une œuvre de fiction.
- Bonjour, Dr Paige. - Comment ça va ?
Pas très bien, j'ai mal au dos.
Vous devez rester trop assis.
Moi ?
Avez-vous joué au golf ?
J'ai même battu le chef, samedi !
Il ne faut jamais battre le chef.
Il ne me fait pas peur.
Dites, j'ai essayé la prise que vous...
Voilà, mon dos se bloque.
Passez me voir. Je vous examinerai.
- N'oubliez pas cette prise ! - Promis.
Allez-y, roulez ! Vous dormez ? Le feu est vert.
Comment va le petit-fils ?
Super, il suce son pouce.
Déjà ? Ce sera un génie.
On le pense aussi.
Pour l'ablation du rein, je n'utiliserai pas d'éther.
Une rachi, alors ? Je serai là.
Dors, je reviens !
Vous voyez cette tache ? Je n'aime pas ça.
Je n'aime pas du tout...
Il ne faut pas faire ça.
Pourquoi pas ?
Car vous êtes si jolie.
Et vous êtes la meilleure infirmière de l'hôpital.
Merci.
De rien, Mlle Ogilvie.
Pourquoi ne pas m'appeler Frances ?
Quel joli prénom. C'était bien une sainte ?
Je n'en suis pas une.
Et moi, pas un saint.
C'est ça le problème.
Écoutez, je vous l'ai déjà dit. Vous êtes...
"Jolie et la meilleure infirmière de l'hôpital."
Et je suis un homme faible et sans scrupules.
Faites attention...
C'est ce que je fais.
Non, une infirmière devrait vous surveiller.
- Pourquoi me détestez-vous ? - Ma pauvre enfant.
Nous avons le même âge !
Alors, soyez raisonnable !
Allons, je plaisantais.
Je ne vous ai pris au sérieux qu'une fois.
J'espère avoir été courtois.
C'était après une opération délicate.
Vous étiez inquiet.
Vous étiez content de mon aide et vous avez dit...
Quoi ?
Vous avez oublié.
Non, pas du tout. J'ai dit quoi ?
"Ogilvie, vous êtes une perle."
"Une perle" ?
C'est idiot. On ne m'avait jamais dit ça,
j'étais très fière.
Vous travaillez trop.
Partez vous reposer une semaine.
Non, c'est inutile. Je reste si vous voulez.
On ne peut pas se passer de vous, au bloc opératoire.
Mais seulement au bloc !
Comment va Mme Dexter ?
Toujours gaie et impatiente de vous voir.
Moi ? Quelle femme étonnante.
Elle sera opérée dans une heure.
Pardon ! J'ai oublié de vous dire,
son opération a été repoussée.
Pourquoi ?
- Le Dr Endicott a téléphoné. - D'où ?
De Milwaukee. Il arrivera demain.
C'est risqué de la faire attendre.
- Elle a été prévenue ? - Pas encore.
Bonjour, Dr Paige.
Ça va barder !
On descend !
- Bonjour, Newell. - Bonjour, John.
Pourquoi es-tu si énervé ?
Endicott n'opérera Dexter que demain.
Pourquoi ?
Je ne sais pas. Il est à Milwaukee.
Pour une conférence ou pour voir un courtier ?
Occupe-toi plutôt de tes microbes !
Merci de me le rappeler.
Excuse-moi. On dîne ensemble, ce soir ?
Non, je dois voir des amis du Montana.
De vieilles connaissances !
Qui donc ?
"Dermacentor Andersoni".
Très impressionnant.
On ne peut pas dire comme tout le monde : des tiques !
Encore la maladie de Lyme ?
Comme d'habitude. Tu viendras à mon enterrement !
C'est promis.
"L'homme n'avance pas toujours au même rythme.
"Il est parfois freiné sur sa route,
"par une chose plus grande que lui,
"par une force incompréhensible
"qu'il ne peut contrôler.
"J'aime appeler cette chose un feu rouge.
"Il signale une pause dans la course qu'est la vie.
"Je pense qu'il y a un être supérieur
"qui contrôle ce feu.
"Il sait par sa sagesse infinie
"qu'un homme doit parfois s'arrêter
"et souffrir avant de continuer sa route.
"Ce qui est certain,
"c'est que l'homme marche vers un futur meilleur.
"Si ce n'est pas pour lui-même,
"ce sera pour son prochain.
"Quand il aura compris ça, le feu passera au vert,
"cette lumière le libérera
"et il poursuivra son chemin vers l'éternité."
C'était le révérend Harcourt.
La musique fait vivre la religion.
La religion existait bien avant elle.
C'est vrai.
Pardon. Je devrais dire : "Comment va madame, ce matin ?"
Et moi : "Comme d'habitude, très mal, Dr."
Nous sommes des gens bizarres.
Votre pouls est très stable malgré votre future opération.
Remerciez le révérend Harcourt.
Je remercie tous ceux qui aident les malades.
C'est ce qu'on appelle transmettre la foi.
Vous allez vraiment en avoir besoin.
Pourquoi donc ?
Rien de très grave,
il est déjà difficile de se préparer à une intervention.
Si elle est repoussée, cela peut être contrariant.
Mon opération va être repoussée ?
Oui, le Dr Endicott est encore à Milwaukee.
C'est une très belle ville, très musicale.
Nous y allions pour écouter les chorales.
On pensait être de vilaines filles
quand on allait en ville écouter jouer la valse !
Vous êtes une battante.
Non, seulement fataliste.
On ne vous décevra pas, demain.
Le Dr Endicott commencera à 10 h.
Vous n'êtes pas une bonne patiente.
C'est inutile de vous dire que tout ira bien.
J'en suis plus certaine que vous.
Oui, je le pense.
Tout serait plus simple si nous avions tous votre foi.
À plus tard.
L'église Sainte Olave date du 15e siècle.
Samuel Pepys, l'écrivain, y a prié.
Il est enterré ici avec sa femme.
La crypte contient des tombes très originales,
dont celle des Pepys.
Et sa vieille femme !
Elle est morte à seulement 29 ans.
Elle a vécu de 1640 à 1669.
1669, ça paraît si loin, à des millions d'années.
Pourtant elle est venue ici,
elle a marché dans cette même allée.
C'est drôle de penser ça.
J'ai l'habitude, depuis que je vis à Londres.
Sûrement, mais ça me dépasse !
Les dates ne sont que des étapes dans l'histoire.
Ma mère dirait ça aussi.
Elle a l'art de rendre les choses simples.
Elle est la bonté et l'amour mêmes.
Elle aime tout,
les fleurs, les hommes, les femmes, les chiens...
En ce moment, elle adore une chienne nommée Sylvia !
Qu'y a-t-il, Sylvia ?
Au lieu de résoudre les problèmes du monde,
tu préfères jouer au bâton !
Si seulement tu pouvais parler ! Il ne vaut mieux pas.
On parle déjà beaucoup trop !
J'espère qu'elle ne vous dérange pas.
Elle veut que j'arrête de vous espionner.
Je ne voulais pas vous déranger.
C'est idiot de parler à son chien !
Vous n'avez personne d'autre ?
Nous sommes ici pour la même chose,
pour méditer sur l'éternité.
Je pense plus au présent qu'à l'éternité.
Le présent vous pose problème ?
Oui, un peu.
C'est difficile d'avoir des idéaux.
Ils troublent la pensée rationnelle.
L'éternité ?
Le malade éprouve toujours de la douleur,
même s'il pense que demain, il reposera en paix.
Vous voulez guérir cette douleur,
et empêcher ce malade de rejoindre les bras du Seigneur ?
Exactement.
En tant que médecin, vous croyez...
Pourquoi serais-je médecin ?
Vous me l'avez dit.
Exact.
Nous faisons le même travail.
Je pense plus à l'éternité
car je soigne l'esprit, et pas le corps.
Vous êtes prêtre ?
Je préfère qu'on dise professeur.
Il est 18 h.
Merci.
- Je vous ai ennuyé ? - Pas du tout.
Comme vous le disiez à Sylvia, on parle beaucoup trop.
- Et le Dr Endicott ? - Aucune nouvelle.
Essayez de le joindre.
Nous devons nous occuper de Mme Dexter.
Mais c'est Endicott qui la suit.
Elle attend depuis une heure !
Des nouvelles du Dr Endicott ?
- Réessayez. - Attendez.
On doit encore retarder son opération.
Impossible. Regardez ça !
Préparez Mme Dexter. On y va.
- Vous êtes fou ? - Moi, ou ces clichés ?
Certes, son état a empiré depuis hier...
- Le bloc ? - C'est impossible !
On opère Mme Dexter immédiatement.
Elle a refusé les calmants.
Prête ?
Oui.
Quelle patiente exceptionnelle.
C'est beaucoup trop risqué !
- S'il y a un problème... - Il n'y en aura pas.
Dr Endicott ! M. Baker en ligne, c'est important.
Passez-le-moi.
La Bourse ne devait pas s'effondrer !
Écoute, tu ne peux pas me laisser tomber.
Je vais être ruiné. Donne-moi 48 h.
C'est d'accord.
Le Dr Endicott.
Dr Paige.
Poussez-vous.
Dr Paige... Des compresses pour l'hémorragie.
Clampez !
Impossible. L'artère est mal coupée.
De l'adrénaline, vite !
Elle n'aurait pas dû mourir.
Tout allait bien. C'est Endicott...
J'ai tout vu et je vais dire la vérité.
C'est Endicott qui doit parler en premier. D'accord ?
Vous êtes une perle.
On m'a dit que vous étiez ici.
Entrez.
Je suis content de vous voir, je voulais vous parler.
Asseyez-vous.
La mort de Dexter tombe très mal.
Elle était connue et très appréciée.
Elle avait de curieuses théories...
Pourquoi parlons-nous de ça ?
Mme Dexter a légué presque toute sa fortune à l'hôpital.
Sa mort a ému tout le monde.
Je ne le savais pas.
Personne ne le savait, sauf la direction.
Je leur ai expliqué que c'était un accident.
Cela fait partie des risques opératoires.
C'était bien imprévisible ?
Non.
Vous avez mal sectionné l'artère, je n'ai rien pu faire.
C'est une faute grave.
Je ne vous juge pas. Personne n'est infaillible.
Le problème...
Bonjour, Frank.
Je comprends.
D'accord. Ça ne fait rien.
Votre tête était ailleurs. Vous devez avoir des ennuis.
Je peux vous aider ?
Non, vous n'y pouvez rien.
Vous étiez peut-être en colère contre moi.
Ce n'était pas ça.
Je pensais moins à ma patiente qu'à la Bourse
et à tout l'argent que j'ai perdu.
La cupidité et la médecine ne font pas bon ménage.
J'ai un peu d'argent.
Pas assez.
Mais vous êtes jeune et vous avez tout le temps.
Je suis vieux et ma vie est derrière moi.
Je n'ai même plus d'économies.
Mais vous travaillez encore.
Je peux être licencié à cause de ce décès.
Une femme meurt en une seconde, et toute une carrière est brisée.
Une seconde, contre 30 ans consacrés à la médecine.
Le serment d'Hippocrate
Je remplirai mes devoirs envers tous mes patients
avec conscience, loyauté et intégrité.
Tout ce que je verrai ou entendrai, dans l'exercice de mon art,
et qui ne devra être divulgué,
je le tairai et le considérerai comme un secret.
Puisque le Dr Paige refuse de témoigner,
nous devons donc juger un homme
qui refuse l'opportunité de se défendre.
De plus, dans cette affaire,
personne n'a pris parti.
Dr Endicott, je vous le redemande,
pensez-vous que le Dr Paige n'aurait pas dû opérer ?
Je préfère ne pas me prononcer.
Mme Dexter est décédée. Rien ne changera ça.
Votre positionnement depuis le début de cette audition
est très suspect.
Vous vous rendez coupable en protégeant le Dr Paige.
Je ne le protège pas.
Je vous le redis :
Paige n'est pas en tort, et moi non plus.
Dr Lane, vous voulez parler ?
Non.
Dr Booth ?
Si le Dr Endicott se savait fautif,
il assumerait ses responsabilités
et ne mettrait pas en péril la carrière d'un jeune médecin.
Il a une trop brillante carrière à son actif
pour se sentir menacé par d'éventuelles sanctions.
Cher Dr Paige,
Non sans regret, nous vous demandons de démissionner.
L'enquête a conclu
que vous êtes responsable du décès de Mme Dexter.
Votre démission vous épargnera une révocation.
- Où est le Dr Paige ? - Dans sa chambre.
Newell !
Bonjour, John.
Il est quelle heure ?
L'heure d'aller à l'hôpital régler cette affaire avec Endicott.
Parle doucement !
Je vais d'abord boire un verre.
Arrête de boire !
Pourquoi ? Ça fait un beau mélodrame
et c'est du bon whisky.
Je ne te reconnais pas, Newell.
Il faut boire pour dessoûler !
Tu es fou.
D'accord. Je vais être raisonnable.
Imagine-moi à l'hôpital dire au comité de direction :
"Peu importe que le Dr Endicott m'ait tout appris
"et qu'il soit un vieil homme ruiné.
"Après tout, il n'y a que moi qui compte.
"Messieurs, je suis donc navré de vous dire
"que le Dr Endicott est responsable du décès de Mme Dexter."
Elle s'en fiche ! Bois un coup.
Ce n'est pas facile, mais tu dois te défendre.
En une seconde, une femme meurt
et toute une carrière est brisée.
C'est injuste.
Endicott est humain, il n'est pas infaillible.
Ce n'est pas ton problème.
Si tu démissionnes, tu admets ta responsabilité.
Et Endicott est innocenté.
Tu veux démissionner ?
C'est déjà fait.
Tu es idiot et en plus, sentimental.
Pire, tu fais preuve de noblesse !
Il ne faut pas faire de sentiment en médecine.
L'essentiel, c'est le travail.
Tu avais un travail à faire, et tu t'es rendu inapte.
Alors, je suis un lâche ?
J'étais venu te dire au revoir.
Tu t'en vas ?
Je pars dans le Montana.
Le directeur des recherches est mort.
La maladie de Lyme ?
Il a laissé une tique le piquer
pour voir ce qui arriverait. Il a vu.
Et tu vas le remplacer ?
Non, il a fait son travail.
Je vais juste prendre la suite.
Tu es un héros, alors ?
Tu mériterais que je te frappe.
Tu as trop bu de whisky et tu dis n'importe quoi.
Je ne veux pas t'enfoncer plus,
mais le règne d'Endicott a assez duré.
Bonne chance.
Encore du whisky et des héros...
Bonjour, Stafford.
Mlle Ogilvie ?
Je viens de voir Paige.
Il ne va pas bien du tout, il faut faire quelque chose.
Quoi donc ?
Dites toute la vérité.
Le Dr Paige n'apprécierait pas ça.
Taisez-vous, vous avez assez fait de mal.
Vous oubliez le secret médical.
Le plus important, c'est le Dr Paige.
Vous accepteriez de parler ?
Je laisserai Endicott s'expliquer d'abord.
S'il refusait, alors je parlerai.
Pensez à lui.
Pourquoi ? A-t-il pensé à Paige, lui ?
Pas de réponse ?
Et pourquoi Mme Dexter est-elle morte ?
Toujours aucune réponse !
Parlez plutôt au révérend Harcourt,
Mme Dexter l'appréciait beaucoup.
Je le ferai peut-être. J'ai des choses à lui dire.
Tous ses sermons sur l'éternité ! C'est le présent qui compte.
Mlle Ogilvie ?
Parlez d'abord au révérend.
Paige vous détestera si vous décidez pour lui.
Pourquoi me détesterait-il ? Je veux l'aider.
Me détester, moi ?
C'est impossible.
On ne peut pas détester la personne qui nous tend la main.
Un homme ne se sacrifie pas sans raison.
Quelle que soit sa raison,
elle justifie la souffrance qu'il subit.
Même si vous ne le comprenez pas,
vous n'avez pas le droit de briser ce sacrifice.
Je ne crois ni au sacrifice ni à la justice divine.
On obtient ce qu'on mérite par l'effort,
et seuls les plus forts survivent.
Mais vous êtes prête à tout sacrifier
pour l'homme que vous aimez.
Vous avez un grand talent : l'amour.
Il me dit que je suis très douée en chirurgie.
C'est drôle, non ?
Je l'aime tant, je donnerai tout pour lui.
C'est très complexe,
mais cette réflexion pourrait vous aider à comprendre.
La civilisation est un grand défilé
composé de ceux qui ont vécu,
de ceux qui vivent et de ceux qui vont naître.
Beaucoup trébuchent en chemin et se perdent,
mais malgré tous ces problèmes,
malgré les destinées individuelles,
le grand défilé doit continuer de progresser
sur sa route, vers sa propre destinée.
Peut-être.
Moi aussi, j'ai mon petit défilé,
et aucune fanfare ne m'accompagne.
Je ne vous demande pas de me croire.
Ce n'est pas l'individu qui compte,
mais la façon dont il agit, pour les autres
et surtout pour ceux qui lui font confiance.
Pourquoi Paige se sacrifie-t-il pour Endicott ?
C'est le problème du Dr Paige, pas le vôtre.
Il doit avoir ses raisons.
Et je dois les respecter en gardant le silence ?
Exactement,
tant qu'il n'a pas besoin de votre aide.
J'ai abusé de votre temps. Puis-je me rendre utile ?
Oui, faites entrer mon prochain visiteur
dans la petite antichambre.
Posez-lui des questions, puis venez me donner ses réponses.
Pourquoi moi ? Votre secrétaire en est tout à fait capable.
Je n'ai pas de secrétaire.
Cette femme avait rendez-vous juste avant vous.
Vous faites toujours ça ?
Seulement lorsque j'ai confiance.
Merci.
C'est à qui ?
- Moi, je pense. - Suivez-moi.
Pouvez-vous dire ou révérend que je suis Phyllis Dexter ?
Un instant.
Phyllis Dexter est là.
Pauvre enfant.
Encore une chose.
Je vous en prie.
Cette porte donne accès à la cathédrale.
Allez-y et asseyez-vous face à l'autel.
Puis méditez notre conversation.
Merci de faire entrer Phyllis.
C'est à vous.
Phyllis, ma chère !
Arrêtez de pleurer, ces larmes ne vous vont pas du tout.
Je sais, mais je ne peux pas m'en empêcher.
Maman était tout pour moi. Je n'avais qu'elle.
Elle sera toujours votre maman.
Vous souvenez-vous de son courage ?
Oui, est-ce que ça l'a aidée ?
Je sais tout. Je suis allée à l'hôpital, ce matin.
Le Dr Endicott m'a regardée comme un fantôme.
Il a parlé "d'un accident imprévisible..."
J'ai voulu voir le Dr Paige.
C'est l'assistant du Dr Endicott.
Il a commencé d'opérer avant son arrivée !
Vous l'avez vu ?
Il a démissionné juste après...
Ils ont essayé de me cacher la vérité !
Le Dr Paige a tué ma mère par sa négligence.
Allez dans la cathédrale.
Regardez le Seigneur.
Pensez à ce que la haine lui a fait
et aux ravages qu'elle fait encore dans le monde.
Pleurez un bon coup, ça vous fera du bien.
Pardon, je pensais sonner chez Mlle Ogilvie.
Vous y êtes !
Est-elle ici ?
Oui, qui dois-je annoncer ?
Entrez !
Votre manteau.
Non, je ne reste pas.
Je devrais partir. Vous avez de la visite.
Je ne m'attendais pas à le voir.
Je ne pensais pas venir. Je me promenais et...
le hasard m'a conduit chez vous.
Nous nous sommes déjà rencontrés ?
Je ne crois pas.
Mlle Phyllis Dexter arrive d'Angleterre.
Phyllis Dexter.
Mlle Ogilvie m'a sauvée malgré moi.
Si elle pouvait en faire autant pour moi !
Je ferais mieux de partir avant de vous tenter. Je repasserai.
Je vous présente M. Walker.
Si vous êtes comme Mlle Ogilvie, ravie de vous connaître.
C'est le cas !
Ne restez pas debout. Entrez.
Asseyez-vous.
Vous prendrez bien un café ?
Non, merci.
- Vous êtes partie longtemps ? - Un mois.
L'eau est chaude. Excusez-moi.
- Vous avez aimé Londres ? - Beaucoup.
Vous pensiez me connaître ?
Un ami à moi avait toujours une photo
de sa fille avec lui. Vous lui ressemblez.
Vous avez eu l'air surpris !
Je l'étais vraiment !
Vous la rencontrerez un jour.
Peut-être.
Qui vivra verra.
En une seconde, deux êtres se croisent.
Tout peut arriver en une seconde.
Une vie entière peut basculer.
Deux personnes se rencontrent,
une lame dérape, un train s'en va,
et une autre vie commence.
Vous êtes fataliste.
Non, ce sont des choses qui arrivent.
On trouve parfois cela cruel.
Il ne faut pas en souffrir.
Il vaudrait mieux que je parte.
Il est vraiment bizarre !
Il est exceptionnel.
Vous croyez qu'il reviendra ?
Avec M. Walker, on ne sait jamais !
Je voudrais vous parler.
Toujours soif d'idéal ?
Comment va le chien ?
Vous êtes celui qui cherche l'éternité !
Sur la montagne !
J'aurais dû m'en douter.
C'est mieux ainsi. Vous n'aimez pas les prêcheurs.
Mais me voici.
Asseyez-vous.
Que voulez-vous ?
Débattre avec vous
du concept de vie éternelle.
Pourquoi ?
Je suis le Dr Paige. J'ai opéré Mme Dexter.
Je vois.
Votre religion me plaît.
Je n'en ai pas.
À mon avis, il en existe de nombreuses définitions,
comme "loyauté", "dévotion", "honneur".
Selon moi, c'est une drogue
utilisée pour apaiser les personnes sensibles.
Comme Mme Dexter ?
Je ne pensais pas à elle.
Mais à sa fille. Sera-t-elle comme sa mère ?
Elle finira par le devenir.
Elle cherche à comprendre.
Phyllis ne sera pas aussi seule que le Dr Endicott.
Pourquoi lui ? Vous connaissez le Dr Endicott ?
Non, mais je vous connais,
et je sais ce qui est arrivé.
Vous avez remporté une victoire sur lui et sur vous-même.
En fin de compte, vous vous en sortirez, pas lui.
Peut-être, mais il sera trop tard !
Et il faut trop de sacrifices.
Rien ne peut justifier
une mort inutile, une carrière anéantie.
Qu'en savez-vous ?
Nous sommes tous victimes des circonstances.
Normalement, je ne parle pas de moi, mais je vais le faire.
J'étais très ambitieux,
et je suis devenu ce que je suis.
J'aurais préféré mourir
plutôt que de vivre diminué.
Puis j'ai compris le sens de ma vie.
Malgré tout, je devais aller de l'avant.
J'ai pris beaucoup de retard,
mais j'aurai le feu vert
et de nouveau, je reprendrai
mon irrésistible course en avant !
Un verre d'eau ?
Merci.
Vous avez trop travaillé.
Vous avez besoin de repos.
Si vous n'arrêtez pas...
Travailler me maintient en vie.
Sans mon travail, je mourrais.
On doit vivre pour quelque chose.
Ou mourir pour quelque chose.
Je n'imagine pas mourir pour quoi que ce soit.
Mais je vais peut-être trouver.
Je n'ai pas été d'un grand secours.
C'est de ma faute, pas de la vôtre.
Phyllis Dexter est ici.
Elle croit que je suis M. Walker.
Je préfèrerais que cela reste ainsi.
Comme vous voudrez.
Merci.
Attendez ici.
Entrez, Phyllis.
M. Walker !
J'espérais vous revoir.
J'ignorais que vous vous connaissiez.
Sylvia nous a présentés.
Sylvia ?
C'est votre chien ?
Je connais un autre chien du même nom...
C'est l'heure du déjeuner.
Vous devez mourir de faim !
Vous déjeunez bien ?
Moi ? Oui, souvent.
Quand j'étais jeune
et en charmante compagnie,
je savais quoi faire...
Puis-je vous inviter à déjeuner ?
- Oui. - Formidable.
Allez-y, que je puisse me reposer.
Au fait,
venez dîner chez moi ce soir.
Avec plaisir.
Merci !
Mlle Ogilvie, le révérend Harcourt à l'appareil.
Des amis dînent chez moi ce soir,
pourrez-vous être des nôtres ?
J'en serai ravie.
Je vous remercie.
Le révérend est un homme remarquable.
Il est extraordinaire.
Était-il religieux avant d'avoir la poliomyélite ?
La polio...
C'est une paralysie infantile.
Je parle comme si j'étais médecin !
A-t-il toujours été religieux ?
Je pensais que non.
Pourquoi ?
Peut-être parce que je crois
que la religion est un refuge.
Ce n'était pas le cas de ma mère.
Elle était exceptionnelle.
Vous la connaissiez ?
J'ai entendu parler d'elle.
Je suis heureux de dîner chez le révérend.
Assis, Sylvia !
Je me souviens.
Ma mère m'avait parlé de la chienne du Dr Paige !
Elle s'appelait Sylvia.
Vous êtes le Dr Paige !
Je ne voulais pas vous revoir
tant que je ne savais comment...
Vous avez tué ma mère !
- Non. - Alors qui l'a tuée ?
Il fallait assumer votre faute !
Mlle Crandall ?
Le dîner sera bientôt immangeable.
Vos plats ne s'abîment pas, ils sont éternels.
Il faut les manger en temps voulu.
Nous arrivons dans 5 minutes.
Gare à vous !
Mlle Crandall est à mon service depuis longtemps.
Elle ne tolère aucun retard.
Pourquoi M. Walker est-il en retard ?
Quel M. Walker ?
Notre M. Walker.
Phyllis l'a rencontré ici ce matin.
Votre déjeuner s'est bien passé ?
Nous n'avons pas déjeuné.
Pourquoi ?
Que s'est-il passé ?
Rien.
Dites-nous la vérité.
Que s'est-il passé ?
Dites-le-moi.
Vous m'avez présenté le Dr Paige comme étant M. Walker.
- C'est donc ça. - Pourquoi ?
Je voulais rendre les choses plus faciles.
Pourquoi lui rendre les choses plus faciles ?
- Phyllis, vous... - Ne dites rien.
J'en ai assez des sermons et des paraboles.
J'ai le droit d'aimer et de haïr.
C'est tout à fait naturel !
Que reprochez-vous au Dr Paige ?
Il a tué ma mère.
Et ce n'est pas tout.
Il m'a menti !
- Vous l'aimez. - Je le déteste !
J'aurais peut-être pu lui pardonner.
Mais un tel acte est difficile à accepter.
Et il aurait dû assumer sa faute.
- A-t-il accusé un autre ? - Non comment aurait-il pu ?
Comment aurait-il pu ?
Il respecte les règles qu'il s'impose.
Pourquoi dites-vous ça ?
Dites-lui, Frances.
Non, je respecte les règles de Paige.
Il n'a jamais eu besoin de sermons.
C'est un homme bien, en toutes circonstances.
Je ne comprends pas.
Vous comprendrez.
Tant que vous n'aurez pas cette foi,
vous ne connaîtrez pas l'amour.
J'ai beaucoup appris aujourd'hui.
Merci.
- Où allez-vous ? - Le rejoindre.
- Vous savez où il habite ? - Je trouverai.
Je vais vous y conduire.
Le Dr Paige est-il ici ?
Il est en voyage.
Où ?
Il ne savait pas lui-même.
Pour combien de temps ?
Il m'a donné deux mois de salaire
et m'a confié Sylvia.
Il a rejoint le défilé...
ENTRÉE INTERDITE
Vous analysez ces tiques et les hommes
continuent de mourir.
Nous faisons notre possible.
J'ai perdu 12 hommes en trois ans.
Je ne trouve plus de bergers à embaucher.
Ils ont tous peur de la maladie.
- Pas vous ? - Non.
Je ne l'ai jamais attrapée.
- Vous avez été piqué ? - Bien sûr.
Je pourrais analyser votre sang ?
Vous êtes fou !
Vous êtes peut-être immunisé.
Arrêtez de prendre le sang des gens,
de perdre votre temps avec des cobayes
et de rester l'œil rivé à ce truc.
Je vais écrire au gouvernement !
Nous allons tous être ruinés...
Oui ?
Newell !
Bonjour, John.
Que diable fais-tu ici ?
Tu vas me le dire toi-même.
Toujours aussi cachottier.
Ici, il n'y a ni gloire ni argent à récolter.
Rien qu'une chance d'avoir ta photo
avec ceux qui ont affronté la maladie.
McClintic,
Gettinger,
Gowan,
Kerlee et bien d'autres.
La maladie les a eus, ils sont morts.
Et personne ne les connaît,
à part nous, qui avons repris le flambeau.
Que puis-je faire ?
Beaucoup de choses.
Par quoi dois-je commencer ?
Le printemps arrive. La nature s'éveille.
Les fleurs vont bientôt embellir la campagne.
L'air sera doux,
de suaves parfums empliront tes poumons
et te donneront une énergie nouvelle.
Partout, la vie qui revient.
Mais ici, dans cette vallée, c'est la mort.
Regarde.
Les petits diables.
La tique "Dermacentor Andersoni".
Porteuse de la maladie de Lyme.
Elles aussi sentent le printemps.
Elles ont jeûné tout l'hiver.
Elles sont assoiffées de sang.
Tiens.
Regarde.
En 25 ans de recherche, 14 morts,
et on ignore tout de la maladie de Lyme.
Tu veux savoir ce que tu peux faire.
Ce barrage devait fournir de l'électricité et de l'eau.
Il a été abandonné à cause de la maladie.
Et les Indiens ?
Ils disent que la vallée est hantée.
Certaines légendes ont 200 ans et ont toutes la même fin :
la Mort hante la vallée.
Un homme a investi ici. Il aurait dû réussir.
La terre est riche, il y a de l'eau,
mais les tiques l'ont chassé.
Magnifique !
Mais mortel ! La plus virulente souche du pays vient d'ici.
Les tiques sont dans l'herbe et les arbres,
prêtes à mordre pour se nourrir.
Voilà ce qui va se passer.
Eh bien, allons-y !
Qu'essaye-t-on de faire ?
Je ne sais pas.
J'ai disséqué des quantités de ces bestioles,
- et j'ai fait de la soupe. - Pourquoi ?
Tu comprendras dans un mois.
C'est long, un mois.
Pas dans ce genre de travail.
Ça l'est pour les malades.
Qu'est-ce que tu as découvert ?
Je viens de réaliser
qu'il vaut mieux prévenir que guérir.
En tant que bactériologiste, je l'ai toujours su.
Moi aussi, mais ça ne nous aide guère.
Tu ne réalises pas le problème.
Le virus permettrait de faire un vaccin.
Mais nous ne savons pas le fabriquer.
Ce n'est pas comme pour la typhoïde,
qu'on sait élever en laboratoire.
Allô, Dr Stafford ?
C'est pour toi.
Tom Crowder a attrapé la maladie.
Tom Crowder ? Quelle tristesse.
Merci.
Le premier cas. Le printemps est bien là.
Que vas-tu faire ?
L'inscrire dans le registre.
- C'est tout ? - Que faire d'autre ?
Ils savent comment le soigner.
Je vais aller voir.
Il n'y a pas grand-chose à faire.
Je vais essayer. À plus tard.
Comment allez-vous ?
Bien. Où est Tom Crowder ?
Laissez-le, ça vaudra mieux pour lui.
Je vais vous montrer où Tom habite.
C'est pareil chaque année et que font-ils ?
Ils les tuent avec leurs expérimentations.
Ils nous détestent.
Cela fait 20 ans qu'ils attendent, en vain,
que vous guérissiez cette maladie.
Nous faisons notre possible.
Ils savent qu'il y aura d'autres morts.
Ils ne sont pas méchants, mais ils ont peur.
Entrez.
Voici le Dr Paige.
Sortez !
Je veux vous aider.
Vous ne le toucherez pas !
Espèces de rapaces ! Vous vous attaquez à un mourant,
lui prenez son sang, le tuez au lieu de le sauver !
Sortez !
Le Dr Paige ne va rien faire à votre mari.
Il n'est que médecin.
Il n'est pas comme les autres, là-haut ?
Non, il est juste de passage.
C'est un simple médecin, pas un bact...
Bactériologiste.
Il n'est pas comme les autres.
Je vous en prie, docteur. Tom va très mal.
Faites quelque chose pour lui !
Je vais faire tout mon possible.
Ces recherches sont épuisantes
et demandent beaucoup de patience.
Newell est trop sensible.
Il est très affecté par ce qu'il a vu ici.
"Il cherche nuit et jour un traitement à ce mal incurable.
"Il travaille bien, mais beaucoup trop.
"Savez-vous comment lui faire prendre du repos ?
"Quelque chose dans sa vie privée, peut-être ?
"Sincères salutations. Dr Stafford."
Je prends le prochain train. Vous venez avec moi ?
Non, allez-y seule.
Emmenez Sylvia, elle vous aidera.
D'accord.
Que fais-tu ?
Rendors-toi.
Je veux savoir ce que tu fais.
J'ai écrasé des tiques, passé l'émulsion à la centrifugeuse
et j'ai prélevé 2 cc. de liquide au bout de 24 heures,
2 autres au bout de 48 heures, et ainsi de suite.
C'est donc ça.
Plus le liquide repose, plus le virus s'affaiblit.
Le premier flacon tuerait un régiment.
Dans le cinquième, le liquide a cinq jours,
il doit être moitié moins nocif.
- Où veux-tu en venir ? - C'est simple.
Un vaccin provoque une forme atténuée de la maladie,
de sorte que le patient s'immunise.
Au lieu du virus, prenons la tique elle-même.
On n'a jamais fait ça.
La tique est porteuse de la maladie.
Avec ce produit, le patient sera légèrement atteint.
Tu as essayé ?
Nous allons le savoir.
Mais il nous faudra beaucoup de temps.
Cinq jours suffiront.
Pourquoi ?
Je m'en suis injecté.
Tu es fou !
Cela équivaut à une morsure de tique.
Tout peut arriver !
Je n'ai pas ta patience, John.
Et je dois trouver quelque chose d'important.
Aucun symptôme. Tu te portes comme un charme.
Le n°5 est efficace.
Le virus était peut-être inactif
dans ta solution.
Ou tu es peut-être immunisé ?
Il n'y a qu'un moyen de le savoir.
Nous n'agissons plus en scientifiques,
mais en apprentis sorciers.
Tu ne recommenceras pas.
Il faut tester le n°5.
Essayons-le sur les cobayes.
Ils n'ont pas à justifier leur existence. Moi, si.
Je suis, ou plutôt j'étais chirurgien.
Je suis devenu inapte, comme tu le dis.
Des choses arrivent, on ignore pourquoi.
Pour une fois, je le saurai.
Que fais-tu ?
Un scientifique ne doit pas s'encombrer de sentiments.
Nous avons une tâche à accomplir.
Savoir si le n°5 est efficace ou si e suis immunisé.
Qui t'a dit de manger ?
Mon estomac.
Assieds-toi.
Mange.
Tu as mal dormi ?
Comment te sens-tu ?
Bien.
Maux de tête, vertiges ?
Attends un peu !
Cela arrive parfois très vite.
La tique injecte le virus dès la première heure.
Cela fait 48 heures que mon amie...
Elle est tombée.
Elle était là tout à l'heure.
La voilà.
Ne fais pas ça.
Pas d'amateurs dans les laboratoires !
L'expérience a failli être gâchée.
Va répondre.
Cette petite bête est aussi importante que toi.
Oui, c'est bien le Dr Paige.
Qui ?
Phyllis ? Que faites-vous ici ?
Je vous ai amené Sylvia.
J'ai pensé qu'elle vous manquait.
J'arrive tout de suite.
Je vais en ville.
Reste tranquille. Plus tu seras actif,
plus la maladie sera virulente.
Écoute, si je perds mon sang-froid,
promets-moi de garder le tien.
Il y a eu assez de pertes.
Un sacré bonhomme, ce Dr. Paige.
Même sans découvertes,
il a fait du bien aux gens.
C'est un vrai médecin.
Et il ne fait rien payer.
Sylvia !
Cela devait arriver. C'est ainsi.
Votre mère ?
Un quart de seconde, la lame a glissé.
Elle vous aurait pardonné.
Comme vous m'avez pardonné ?
Comme j'espère que vous me pardonnerez.
J'ai appris à ne pas haïr.
Vous ne pouvez pas rester ici.
La mort est partout, sur chaque plante.
C'est trop dangereux.
Je vais rester.
Nous n'avons aucun moyen de vous protéger.
La maladie peut frapper à tout instant.
Parfois au bout d'une journée,
parfois immédiatement.
Nous la maîtriserons.
Mais vous, vous devez partir.
Que se passe-t-il ?
À l'aide, vite !
Elle a monté !
39,3. Ce n'est pas dangereux.
Il faut faire quelque chose !
J'ai le choix.
Alors essayez !
Non, je ne peux pas intervenir dans ce cas.
Pourquoi ?
Cobaye : être humain
C'est différent, maintenant.
Il ne veut plus mourir.
Non, mais il veut sauver des vies.
Il n'y aura pas de mort inutile.
Vous êtes sans pitié pour votre meilleur ami.
Vous vous en servez comme cobaye.
C'est vrai, un cobaye humain.
Je vais appeler Frances Ogilvie.
C'est pour un appel longue distance.
Le docteur n'exerce plus.
Il va bien falloir.
Je n'exerce plus.
C'est ce qu'on va voir.
Sinon je vous fais révoquer.
- Désolé, monsieur. - Sortez !
Que voulez-vous ?
Savez-vous où est Newell Paige ?
Je n'arrête pas d'y penser.
Mais vous n'avez rien fait.
Impossible.
C'est comme une maladie incurable.
Je me vois dépérir,
sans le courage de me soigner.
Le Dr Paige est dans le Montana.
Dans la Boone Mountain ?
Il va mourir s'il y reste.
Il s'est inoculé le virus de la maladie de Lyme.
Ce sera de ma faute s'il meurt.
Je ne le laisserai pas faire.
Préparez-moi un avion. Je suis le Dr Endicott.
On atteint le seuil critique. Son pouls ralentit.
Ensuite, soit il vaincra la maladie,
soit elle le vaincra.
Dr Stafford.
Phyllis ?
Oui, chéri.
Je croyais que je délirais.
Bonjour, John. Température ?
Combien ?
38,9 il y a une heure.
Je ne suis donc pas immunisé.
Comment te sens-tu ?
Très affaibli. Sonné.
Des douleurs dans l'abdomen, quart inférieur droit.
Note le temps qu'elles durent.
As-tu fait un test de coagulation ?
Résultat ?
Positif au test de Weil-Folix.
Proteus X 19 pour une dilution de 1/160.
C'est sûr, je suis infecté.
C'est horrible !
Tout ceci a un but,
très important.
Je vais m'affaiblir encore
jusqu'à ce que la fièvre tombe,
ou non.
J'ai besoin de ton aide
et de toutes mes forces.
Je t'aiderai.
14 h 30 : 39,1
20 h 30 : 39,6
J'ai les poumons congestionnés.
Analysons mon sang pour tester ma résistance.
Bonne idée.
Qui est-ce ?
J'ai dit à Frances Ogilvie
ce que tu faisais.
Bonsoir, Dr Endicott.
- Où est Newell ? - À l'intérieur.
Vous perdez votre temps.
Il est là.
Bonjour, Newell.
Bonjour, Endicott.
Frances,
merci d'être venue.
John en a assez des relevés.
On ne vous laissera pas mourir.
Qu'y pouvez-vous ?
Nous ferons tout notre possible.
Merci.
Maintenant, le cobaye et moi
jouons le même rôle,
à ceci près que moi,
je le fais de mon plein gré.
Je refuse que vous interveniez,
mais merci quand même.
C'est gentil à vous.
Et cette analyse de sang ?
Je sens que je vais m'évanouir.
Il a perdu connaissance.
Pas encore.
Restez calme.
Vous avez l'habitude.
Oui, Dr Paige.
Vous êtes une perle.
Nous allons compter les globules blancs.
Le chiffrage est bas.
Température ?
40.
Le pouls...
ralentit.
John.
Ne parle pas, Newell.
Refaites une analyse de sang.
Observez...
attentivement le métabolisme.
40 degrés.
Il ne faut pas que ça dépasse 40,5.
Je ne le supporterais pas.
Arrêtez de pleurer.
Économisez vos forces.
Newell, si vous mourez,
j'en serai responsable, comme pour Mme Dexter.
Cette fois, j'assumerai.
Ma cupidité l'a tuée.
Ma lâcheté vous a condamné.
Vous méritez de vivre.
S'il y a une justice, vous vivrez.
Je commence à comprendre beaucoup de choses.
Tout devient clair.
Mlle Dexter.
Révérend Harcourt,
l'inexorable marche vers l'éternité !
Le feu vert !
20 h 20 : 40 22 h 30 : 40,1
23 h 30 : 40,1
Quelle heure ?
7 h 20.
Les derniers relevés ?
Stable à 40,1.
Je ne vois pas.
39,5.
Stafford ?
C'est gagné !
Sacré cobaye !
Pas de vie perdue, cette fois !
Tu réalises ce que tu as fait ?
Nous pouvons vacciner les gens.
Les fermiers reviendront.
Cet endroit reprendra vie.
Newell ! Tu as gagné !
Tu es ému !
Occupe-toi de ces courbes.
7 h 28 : 39.5
Sauvé
LABORATOIRE MÉDICAL
Ne bouge pas, la Grenouille.
Revenez dans 5 jours.
Sans faute, madame. Bonjour, docteur.
Des décès ?
Aucun depuis que nous vaccinons.
Vous nous avez sauvés.
Ce n'est pas moi,
mais McClintic, Nagouchi, Parker, Spencer, Paige et bien d'autres.
Tous ceux que vous traitiez de fous.
Chacun a ouvert la voie au suivant.
Si vous le dites. Au revoir.
Viens, la Grenouille !
Merci, mademoiselle.
Tout s'arrange.
Pour tout le monde.
J'ai reçu un télégramme de Paige.
- Des bonnes nouvelles ? - Oui.
Il est chirurgien en chef à Baytree.
Formidable ! Rien d'autre ?
"Amitiés à Frances de notre part.
"J'espère qu'elle reviendra à Baytree.
"C'est une perle."
Vous y retournerez ?
Non, j'ai trop à faire ici.
Vous êtes douée pour la bactériologie.
Ne me redites jamais ça !
Qu'y a-t-il ?
Ce n'est rien.
"Ô profondeur de la sagesse
"et de la science divines !
"Les desseins de Dieu sont impénétrables
"et insondables ses voies !
"Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ?
"Qui lui a donné le premier
"pour qu'il ait à lui rendre ?
"Tout est de lui,
"par lui et pour lui.
"À lui soit la gloire à jamais !"
Traduction Camille DuBéal
Sous-titrage NICE FELLOW
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