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Cadavre. Un meurtre, apparemment.
On a forcé la portière pour faire entrer les secours.
Elle a été étranglée.
Elle porte des marques de morsure sur les mains.
Ses chaussures sont sur le siège du passager.
Ses vêtements sont intacts. Rien n'indique un viol.
Son fric est là. Pas de clés de contact.
Neera...
Moka...
En arrivant ici, ils pourraient
choisir des noms prononçables.
Comme Sipowicz ?
Très drôle ! Essaie de dire ce nom.
Laisse tomber...
C'est pas un vol. T'as vu ce caillou ?
Il n'y avait pas de clé ?
Non. On a forcé la porte.
Un vol de voiture qui aurait mal tourné ?
On saura jamais. J'aimerais qu'on me retire l'affaire.
Regarde ce point rouge
sur son front. Ça veut dire quoi, à ton avis ?
C'est pas comme des boucles d'oreilles ?
Tu sais ce que c'est ?
Tu veux savoir ce que ça va être ?
Ces gens-là vouent un culte aux vaches.
Ils cohabitent avec elles.
Ils mourraient de faim plutôt que d'en manger.
Quel rapport avec ce cadavre ?
Il y a deux cents ans, une mariée
n'était pas vierge. Toute la descendance a été maudite.
Avec la lune dans le trou du cul de Jupiter,
un arrière-arrière-arrière petit-fils
se sera vengé. Voilà le fin mot de l'histoire !
On a une théorie sur laquelle s'appuyer.
Russell connaît son métier
Je peux vous aider ? Que cherchez-vous ?
Je suis Evelyn Sekzer. La Ville m'envoie.
La remplaçante de Mlle Abandando ?
Ça, je sais pas. On m'a dit : entre 3 et 5 jours.
Notre secrétaire fait un stage d'informatique.
On attendait quelqu'un la semaine dernière.
J'ai eu des empêchements.
Je suis Arthur Fancy.
Commissaire de brigade.
Enchanté.
Je dois m'occuper de ces lignes de téléphone ?
Certains inspecteurs sont sortis.
Vous les verrez à la relève.
D'ici là, je prends leurs messages ?
Oui. Notez leurs noms sur les fiches.
Je dois porter des pantoufles.
Commissariat de police...
Commissariat du 15e.
Oui. Il est ici.
Commissaire Fancy.
Excusez-moi. C'est là, pour le café ?
J'allais en chercher. Vous en voulez un ?
Merci !
Lait de soja. Deux sucrettes.
Inspecteur Russell.
Evelyn Sekzer.
Employée municipale.
On a une enquête sur un décès.
Tu t'y colles avec Adrienne ?
Oubliez le café. Allez-y.
Je vais chercher l'autre inspecteur pour ma mission.
Je vous le ramène en partant.
Et c'est comme ça toute la journée.
Je suis l'inspecteur Simone. Voici Sipowicz.
Il n'y a personne.
- Votre nom ? - Jatin.
Je suis le domestique.
Vous êtes sorti ? Quelqu'un est venu ?
Et la maîtresse de maison. Où est-elle allée ?
Mme Mukhopadhyay est allée au restaurant.
- Lequel ? - "Chez Rajesh".
Le restaurant de M. Mukhopadhyay.
- Elle est partie il y a une heure. - Où est-ce ?
Dans la 6e Rue.
Elle conduisait ?
Elle était seule ?
On va au restaurant.
Votre nom de famille ?
Laisse... t'as l'avantage.
Bat.
B-A-T ?
B-H-A-T.
Le chat est sorti. Ils vont se fâcher.
B-H-A-T. Bhat.
Chat. C-H-A-T.
Vraiment, l'entretien des rues laisse à désirer !
Tu pourrais dire ça
de toute l'infrastructure, à l'échelle nationale.
Alors, Anita, hier soir ?
Bien. C'était sympa.
Sauf qu'elle me lâche pas, sur la bouffe.
Pour une nutritionniste d'hôpital, c'est normal.
D'un autre côté...
Vu comment on s'est rencontrés, elle s'inquiète de mes blessures.
C'est un bon moyen de briser la glace.
Un hold-up dans un magasin vidéo, 3e Rue et Avenue C.
Homme blanc, blouson de cuir noir. Adam 15.
Adam 15. J'y vais.
C'est juste à côté.
Brigade du 15e. On y va.
Ça faisait longtemps...
Ils ont du monde. Tu passes ton tour ?
Non, allons-y.
- Par ici ! - Racontez.
L'enfoiré a voulu me braquer. Il a filé.
- Il était armé ? - Oui. J'en sais rien !
Il avait les mains dans les poches.
Il a demandé la caisse. J'ai refusé.
Il aurait pu vous descendre.
Je crois pas qu'il était armé. J'ai dit : "Montre le flingue
si tu veux le fric. " Il a filé.
- Il avait une voiture ? - J'en ai pas vu.
Vous pouvez le décrire ?
Un grand maigre. Blond, cheveux longs, blouson en cuir.
Assez répugnant.
J'y crois pas !
Le voilà ! Il sort du Coréen.
Arrêtez-le !
Police ! Reste où tu es !
Eh, arrêtez-vous !
Police ! Bouge pas !
- Les mains sur la tête. - Sors de là.
Descendez.
Qu'est-ce qui vous prend ?
Je le connais pas. Je fais le taxi, c'est tout.
Asseyez-vous. Tranquille.
Pas armé.
C'est quoi, ces facturettes ? Tu fais quoi avec ?
On a le droit de garder le silence.
Quoi ?
Rien.
Ton insigne fond, mec !
Bien !
"Ton insigne fond. "
Dis, c'est un comique !
La drogue, c'est la santé !
Je suis navré. Ce n'est pas encore ouvert.
Nous sommes inspecteurs.
Oui. Qu'est-ce que c'est ?
Vous êtes le patron, M. ?
C'est moi. Il y a un problème ?
Oui... Votre femme.
Que voulez-vous dire ?
Elle a été agressée en venant ici.
- Elle va bien ? - Elle a été gravement touchée.
On l'a étranglée.
Elle est morte.
Neera ? Ma femme ?
J'en ai peur. Nous sommes désolés.
Je n'arrive pas à le croire.
Elle venait manger avec nous.
Ce sont nos enfants.
Je crains de ne pas pouvoir
saisir ceci sans voir ma femme.
Il pourrait s'agir d'une erreur.
Vous pouvez la voir.
Vous voulez de l'eau, vous asseoir ?
Aviez-vous des ennuis avec quelqu'un ?
Des ennemis ?
Non, monsieur.
Quelqu'un veut votre peau, au pays ?
- J'ai besoin de m'asseoir. - Je vous en prie.
Peut-on continuer plus tard ?
Bien sûr. Passez au poste.
Je veux d'abord parler à mes enfants.
Alors, du nouveau ?
Ce cadavre, c'est un homicide.
Une Indienne.
Strangulation manuelle. Marques de morsure sur les deux mains.
Aucun signe d'agression sexuelle ?
Et c'était pas un vol. Elle avait son argent sur elle.
On a prévenu le mari.
A priori, il y est pour rien.
Est-ce qu'elle avait un amant ?
Le mari a dit...
qu'ils devaient manger en famille.
D'habitude, c'est elle qui emmenait les enfants.
Là, elle a demandé au mari de les emmener.
Le mari a dit pourquoi ?
Elle voulait faire des courses.
On va essayer de demander aux enfants,
mais je crois pas à un petit ami.
Pourquoi ?
Parce qu'en Inde, les veuves s'immolent avec leurs maris.
Encore ?
Et sur place ?
On y retourne.
Tenez-moi au courant.
Si ça se trouve, son père s'était gardé la dot.
On l'a peut-être vue manger un jour de jeûne.
Un chien a hurlé à la mort ?
Je ne trouve pas ça très drôle.
Brigade des inspecteurs.
Et cette coupe de cheveux !
On dirait Rod Steiger dans un péplum.
Ouais... Ça s'écrit comment ?
Du nouveau sur ce cadavre ?
Apparemment, c'est une O.D.
Le flic de l'hosto l'a trouvé contre un mur,
devant l'entrée des Urgences.
Les gens l'ont pris pour un S.D.F. qui dormait.
On a trouvé son adresse sur sa carte de sécu.
On a demandé que la famille nous contacte.
Prévenez les Personnes disparues.
On y va, Marv.
Allez, debout.
Amène-toi.
Assieds-toi. Reste tranquille.
Qu'est-ce qui t'a pris, de braquer deux boutiques voisines ?
Je faisais le con.
Bonne chance avec cette histoire, devant le juge.
Tu fais quoi, Marvin ?
Tu faisais quoi, avec ces facturettes ?
Les ticsons ?
Ça s'appelle comme ça ? Raconte.
Tu sais ce que c'est, ton problème ?
T'es dans une B.D. !
Tu risques la taule.
À mon avis, les acides qu'on vend là-bas sont foireux.
T'as un moyen de t'en sortir.
Qu'est-ce que tu faisais avec ces ticsons ?
Tout ça, c'est une B.D. !
Bon, essaie de rester tranquille,
et de te préparer à l'atterrissage.
J'ai un blouson.
J'en veux pas.
Allez ! Pas cher.
Tu vois ça ?
Je veux pas de ton blouson ! T'étais là, ce matin ?
- Non. - T'étais pas là, ce matin ?
Non.
- Je te fais un prix. 8 $. - J'en veux pas.
On va te coffrer pour cette herbe ?
C'est juste un souvenir !
D'accord. Mais plus de mensonges.
Ces trucs étaient sur le trottoir quand les flics sont venus.
Je t'ai pas vu. Tu te baladais ?
J'aime pas les flics.
T'aimes pas les flics ? Amène ton cul.
Pourquoi, mec ? Pourquoi ?
Quelle ville de merde ! Je peux pas travailler.
Du calme !
On a laissé une BMW noire, ici,
ce matin. T'as vu qui c'était ?
Ouais. Un type l'a garée.
Y avait quelque chose dedans. Il l'a changé de place
et il est parti en courant.
- Comment il était ? - Jeune.
Pas grand.
Il avait la peau sombre. Une chemise blanche, je crois.
La peau sombre ? Il était noir ?
Non, pas comme ça.
Le genre indien.
Quel âge, tu crois ?
La vingtaine.
Tu l'avais déjà vu ?
Tu connais les restos indiens de la 6e Rue ?
- Certains. - Tu l'as vu, là-bas ?
Je l'avais jamais vu.
Donne-moi ton nom.
Que dalle ! Le type voudra me coincer.
Donne un nom.
Art Hurtado.
T'es toujours dans ce coin ?
Tout le temps.
Bon, voilà 3 $. Merci.
Vous allez revenir me voir ?
Pour une identification, si on coince le type.
Ça fera plus de 3 $, la prochaine fois.
C'est pour que tu restes ici.
T'en auras plus si on ramène le type, d'accord ?
D'accord. Vous allez voir comment je vais l'identifier !
On sait que c'est un Indien.
Reste à savoir à quelle secte sanguinaire il appartient !
J'ai trouvé un mot sur ma porte.
Je devais prendre contact avec le commissariat.
Votre nom ?
Crawford Green.
Inspecteur Russell.
Ce mot me disait de venir ici. Pourquoi ?
Suivez-moi.
Par ici.
Voici l'inspecteur Lesniak.
Asseyez-vous.
Qu'est-ce qui se passe ?
Êtes-vous parent de Cecil Green ?
C'est mon fils.
Navrée de vous l'apprendre, M. Green,
mais votre fils est mort.
Cecil est mort ?
D'une overdose.
Saviez-vous que votre fils prenait de l'héroïne ?
Je savais qu'il prenait quelque chose.
Vous l'avez vu quand ?
Ce matin, avant qu'il sorte.
Quelqu'un l'a lâché
sur le trottoir de l'hôpital.
Ce salaud ! Il l'a lâché ?
Ce salaud l'a lâché !
De qui parlez-vous ?
De ce salaud qui devait l'emmener à l'hosto se faire soigner !
Il a laissé Cecil crever.
Qui ? Comment s'appelle-t-il ?
Lionel McKinny.
Ce salaud a dit qu'il l'emmenait à l'hosto !
Il devait l'emmener se faire soigner !
Vous étiez là ?
Lionel m'a téléphoné pour me prévenir.
Il m'a dit qu'il emmenait Cecil à l'hosto.
Je veux que ce salaud
soit arrêté pour ce qu'il a fait.
C'est un meurtre !
Désolée, M. Green, mais aucune loi
n'oblige à emmener quelqu'un à l'hôpital.
Alors, coffrez-le pour recel.
- Ce Lionel est receleur ? - Un peu, oui !
Il trimballe des trucs volés : des bijoux, des flingues.
Il vend des flingues à des gamins.
Il s'en fout.
Il trimballe des gros trucs.
Il bosse pour Jimmy Tibaldi.
Vous êtes sûr de ça ?
Ce salaud trimballe des trucs pour Tibaldi.
Il vend dans son camion.
En général, dans la 13e Rue.
Juste à côté de la 1re Avenue.
Bien, M. Green.
Vous avez un numéro de téléphone ?
Prévenez-moi, si vous coincez ce salaud.
On veut votre numéro
pour vous rendre le corps de votre fils.
Le reste, on s'en charge.
Lionel McKinny.
Ce que vous lui ferez
ne sera jamais assez dur pour moi.
Je comprends.
La famille de ton cadavre ?
Son fils aurait fréquenté un receleur
qui vend des flingues dans un camion.
Il bosserait pour Jimmy Tibaldi.
On pourrait le piéger.
J'ai personne pour me couvrir.
Et la brigade anti-criminalité ?
D'accord.
T'as des fringues, dans ton casier ?
Je vais soigner mon look.
Ils ont retiré les plaintes, pour les hold-up.
Le type du magasin vidéo veut pas s'en occuper.
Et l'épicier ?
Il a pas le temps.
Il dit qu'un fou a pété les plombs.
Ce mec est bizarre.
- Marv ? Oui. - Il a pris quelque chose.
Cuisine-le sur ces facturettes, avant de le relâcher.
Il donnera peut-être quelqu'un.
L'anti-criminalité arrive dans 10 mn.
Pour quoi faire ?
On va piéger un receleur d'armes.
Qui ?
Diane et moi.
Qui vous couvre ?
T'écris un bouquin ?
Stone et Simpson.
Ces types viennent juste d'arriver.
C'est des cow-boys.
Ça ira.
Je viens avec vous.
Non, pas d'accord.
On s'en occupe.
Il est armé. Ça peut mal tourner.
T'inquiète pas. Occupe-toi de ton enquête.
Leur couverture est insuffisante.
Notre type n'est pas encore là, alors...
Je peux vous aider ?
Oui. Je m'appelle Mukhopadhyay.
Bonne chance, pour prononcer ça !
On est à vous dans une minute.
On peut y aller, patron.
Marvin peut attendre.
Medavoy et Martinez vous couvrent.
Ça vous va ?
Pas de problème.
J'annule l'anti-criminalité.
On prend le fourgon ?
Il est au dépôt.
Tu te débrouilles avec lui ?
On peut parler ici. Les enfants peuvent attendre sur le banc ?
Elle les surveillera.
Bobby, fous le camp.
Tu fais la gueule ?
- Tu rigoles ? - On se couvre, tous les deux.
Tu me couvres pas, tu me couves.
Parce qu'on couche ensemble. Je suis pas d'accord.
C'est pas qu'une histoire de sexe !
Si ça te dérange que je tienne
à ta sécurité, l'un de nous doit se faire muter.
Il faudra qu'on en discute.
Mais là, je vais bosser.
Sors. Je dois me changer.
Ça va ?
Oui. J'attends juste cet inspecteur.
Bien.
Commissaire,
j'ai trouvé mon coussin.
Bien !
Il était sous mon bureau.
L'inspecteur dégarni serait capable de faire ça ?
Sipowicz ? Non, je ne crois pas.
Parce que c'est un gros malin.
Content que vous l'ayez trouvé.
J'aurai du mal avec votre nom.
Mukhopadhyay.
Très bien.
Ne vous sentez pas insulté si je bafouille.
J'ai des questions un peu brutales.
Ne soyez pas offensé.
Quelles questions ?
Votre femme voyait-elle quelqu'un d'autre ?
Je suis offensé !
C'est une insulte pour ma femme et moi.
J'énumère la liste, M...
Je procède par élimination.
Elle n'était pas souvent absente ?
Absolument pas.
Dans votre métier, vous traitez avec la pègre ?
Des dettes à des usuriers ?
On vous rackette ?
De l'extorsion.
Nous n'avons pas de dettes.
Nous sommes soutenus par M. Padmanabhan,
notre investisseur à Bombay.
Vous avez un beau restaurant,
de belles serveuses, aussi.
Je n'ai pas de maîtresse.
Je n'ai pas dit ça.
Je suis sûr que c'était sur la liste.
Elle me lâche pas, question régime.
Les groupes alimentaires, les matières grasses.
J'ignorais qu'il y avait tant de bouffe.
À notre âge, on doit faire attention.
Je croyais que tu mangeais sain.
C'est une pro,
Anita.
On sort ensemble et tout,
mais c'est son métier.
Alors, elle s'y connaît.
Elle arrive.
Quoi de neuf ?
- Tout ce que tu veux. - Tout ?
N'importe quoi.
Du neuf, neuf ?
Tu cherches quoi ?
J'en sais rien. Qui dit que je cherche ?
Qui dit que j'en ai ?
Si je cherchais, je devrais te demander ?
Tu pourrais essayer.
J'ai un taré à mes trousses. Tu sais où je peux trouver
une protection, qui tiendrait dans mon sac ?
Pourquoi tu me demandes ?
Pepe m'a dit que t'avais peut-être.
Je connais pas de Pepe.
Un petit, le visage bouffi.
Je vais voir ce que je peux faire.
Je te le laisse à 100 $.
Pourquoi pas 50 ?
100. C'est du neuf, de la qualité.
Il a jamais servi.
Bon, d'accord.
Tu veux 100 $ ?
Ça y est.
Je t'arrête. Les mains en l'air.
Les mains en l'air !
Petite salope !
Reste poli.
Allez, on y va.
Ça va ?
Fouillons le camion.
Vous voulez me parler, maintenant ?
Oui. Une seconde.
Merci de m'avoir parlé.
On pourrait lui donner à boire,
en attendant sa sur et son père.
Je lui dis d'aller où ?
Tu veux quelque chose ?
Viens, Asha. Par ici.
Tu peux t'asseoir là.
Je sais que tu es très triste.
Je dois te poser des questions, pour qu'on puisse
comprendre ce qui est arrivé à ta mère.
Mais je veux que tu saches que je suis très triste pour toi.
Vous voulez savoir quoi ?
Essaie de te rappeler tout ce qui s'est passé
chez toi aujourd'hui,
avant que tu partes avec ton père.
Dis-moi tout ce qui s'est passé.
Il ne s'est rien passé.
Rien d'inhabituel ?
D'habitude, c'est ton père qui t'emmenait au restaurant ?
Ma mère.
Alors, c'était différent.
D'après ton père, ta mère... avait quelque chose à faire.
Mais il ne sait pas quoi.
Moi non plus.
Vous étiez proches, toi et ta mère ?
Pas très proches.
Pas très proches, depuis peu ?
C'est déjà assez triste, d'avoir perdu ta mère,
mais de savoir que vous ne pourrez jamais vous réconcilier...
Je ne sais pas.
À ton avis, que voulait faire ta mère ?
Pourquoi devait-elle être seule ?
Je crois qu'elle voulait parler à Jatin.
Jatin, le domestique ?
- Elle était furieuse contre lui. - Pourquoi ?
Elle avait fouillé dans ses affaires.
Elle n'aurait pas dû faire ça.
Qu'a-t-elle trouvé qui l'a rendue furieuse ?
Je ne sais pas.
Elle a fouillé dans ses affaires ce matin ?
Hier soir.
Elle a trouvé ma photo.
Comment il l'a eue ?
Il me l'a demandée.
Jatin est ton amoureux ?
Je ne sais pas.
Tu l'aimes beaucoup ?
Il t'aime beaucoup aussi ?
Jatin sert de chauffeur à ta mère ?
Non. Il ne sait pas conduire.
Il a les clés de la maison ?
Ma mère ne voulait pas qu'il se promène.
Il devait rester à la maison.
Jatin a mauvais caractère ?
S'il s'était énervé, il aurait pu faire du mal à ta mère ?
Je ne sais pas.
J'espère que non.
Ma mère voulait que j'épouse M. Padmanabhan.
Il finance notre restaurant.
Il a 35 ans.
Assieds-toi.
Merci de m'avoir parlé. Votre père va arriver.
Vous m'avez piégé pour que je vende ce flingue.
Il était pas à vendre.
Je l'avais pour ma protection.
Et les 4 autres ? Pour ta protection ?
C'est une fouille illégale et vous le savez.
On retourne à notre braqueur.
- Merci de votre aide. - Pas de problème.
- Merci, James. - Quand tu veux.
Tu connais Cecil Green ?
Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a ?
Ah, c'est pour ça !
Vous l'avez coincé ?
On va l'interroger. On a ta permission ?
Tu es dure avec moi. Je me suis emballé parce que
je trouvais que c'était risqué.
Tu m'as manqué de respect devant la brigade.
On s'est ridiculisés devant le patron.
Et on continue.
À plus tard.
Il paraît que vous voulez le domestique.
Oui. On va le chercher.
Viens me voir, avant de partir.
C'est le gros lot !
Toi et Russell ?
Ouais. J'ai raté une occasion de la fermer.
J'ai essayé de t'enseigner le tact. Y a rien à faire.
T'es prêt, Marv ?
Je suis redescendu. Ça va mieux.
Concentre-toi sur ce qui se passe.
Tu risques gros. Le procureur s'attaque aux cartes piratées.
Je suis juste un coursier. Sérieusement.
Pour qui tu bosses ?
Ce Russe...
Sergei quelque chose...
Il vit comme un prince, avec le plastique.
Vous voyez ?
Et moi, je fais juste quelques courses.
T'achètes les ticsons ?
C'est tout ce que je fais.
Je me débrouille.
Je suis cool. J'ai le coup, avec les gens.
J'ai des serveuses, des barmen, qui me vendent
de bons numéros. Et je les refile à Sergei.
Il en fait quoi ?
Il a racheté des cartes à un receleur.
Des cartes volées, qui valent plus rien.
Elles ont déjà été signalées.
Il transfère les numéros des ticsons
que je lui donne
sur les cartes.
Parce que mes numéros sont encore bons.
Comment il les transfère ?
Il met les cartes au micro-ondes
et les fait chauffer à bloc.
Les cartes ramollissent et les numéros s'aplatissent.
Et puis, il a ce machin
où il fourre les cartes.
Il enfonce la poignée et bingo !
Il prend les numéros sur tes ticsons ?
Ensuite, Sergei attrape un avion,
réserve un hôtel quatre étoiles
et claque son blé.
Ce Sergei, il existe ?
Il nous faut son adresse.
C'est pas une bonne idée.
Il est parano. À tous les coups,
il aura brûlé ses cartes à votre arrivée.
Il a de l'essence à briquet et des petits pots sous la main.
Ça rentre dans la catégorie de "notre problème".
Si tu donnes l'adresse de Sergei,
tu peux mettre les voiles, ou prendre l'avion.
Choisis ton mode de transport.
C'est une idée qui marche.
En tout cas, j'y suis pour rien.
- T'habites ici ? - Non.
Je suis venue 10 mn. Je l'ai jamais vu.
- Habille-toi. - J'ai rien fait.
Je peux y aller ?
Tire-toi d'ici !
Vous persécutez les Russes ?
Une de mes grands-mères était russe.
On persécute les voleurs de cartes de crédit.
J'ai rien fait !
Rien ? C'est quoi, ça ?
Ça ressemble à quoi ?
Tu es chez les Mukhopadhyay depuis longtemps ?
Je suis arrivé dans ce pays avec eux, il y a 3 ans.
J'avais déjà travaillé 3 ans chez eux, à Bombay.
- Quel âge as-tu ? - 18 ans.
Ils t'ont engagé à 12 ans ?
Ils te traitent bien ?
Oui. M. Mukhopadhyay est très bon avec moi.
Et sa femme ?
Elle aussi.
Tu t'es disputé avec elle, ce matin ?
Non.
On sait que tu avais la photo d'Asha.
Sa mère était fâchée contre toi.
J'avais promis de la rendre.
Tu es amoureux d'Asha ?
Non. Elle est comme ma petite sur.
Pourquoi sa mère était fâchée ?
Je suis un domestique.
Elle trouvait ça présomptueux.
Ça t'a foutu les boules ?
Je ne comprends pas.
Tu t'es énervé et tu l'as tuée. Tu comprends ça ?
Je suis troublé. Je préfère me taire.
On va demander à notre dentiste
de faire une empreinte de tes dents.
- Je ne veux pas. - T'as pas le choix.
On aura l'aval du juge. S'il le faut, on t'endormira.
Mme Mukhopadhyay
a des marques de morsure sur les deux mains.
On va faire une empreinte de tes dents,
pour les comparer à ces marques.
Un témoin t'a vu t'enfuir de la voiture où était le corps.
On va lui demander de venir te regarder.
Personne ne peut m'aider ?
À part nous, personne.
Comment t'as appris à conduire ?
Tu sais un peu conduire, non ?
Un ami m'a montré, sur sa voiture.
Une fois, il m'a laissé conduire un peu.
On rentrait du cinéma.
Mme Mukhopadhyay t'a dit quoi, ce matin ?
De faire mes valises.
Elle allait me renvoyer en Inde.
Elle pouvait le faire ?
Mon visa n'est valable que si je travaille chez eux.
Je serais rentré en Inde déshonoré.
Je n'aurais plus revu la famille.
Aucun membre de la famille.
Je trouvais qu'elle était injuste et sans cur.
J'étais blessé.
Je n'ai que la famille.
Elle m'enlevait tout,
juste pour une photo.
Elle voulait me renvoyer avant que M. Mukhopadhyay
l'apprenne.
Elle allait appeler pour le billet d'avion.
Je l'ai suppliée.
Elle criait après moi et elle me frappait.
Je l'ai mordue pour la calmer.
J'ai perdu le contrôle.
Je l'ai saisie par le cou.
Je l'ai étranglée.
J'ai perdu la notion du temps.
Je ne comprends pas.
J'ai toujours eu peur de Mme Mukhopadhyay.
Tu conduisais assez bien pour prendre la voiture
et l'éloigner de la maison ?
Je voulais qu'on pense que quelqu'un était monté
peut-être pour voler quelque chose.
J'ai mis son sac, ses chaussures...
Au bout de trois pâtés de maisons, j'ai calé.
Si tu voulais faire croire à un vol,
pourquoi t'as pas pris son argent ?
Je ne peux rien voler à la famille.
Et tu as pris les clés pour rentrer à la maison.
Je n'ai pas de clé.
Pourquoi t'as fermé la voiture ?
Je ne sais pas.
Par précaution.
Sinon, quelqu'un aurait pu rentrer...
peut-être voler quelque chose.
Premier jour au poulailler.
Bonsoir, Evelyn.
Si c'est toi, fais gaffe !
Quoi ?
Je crois qu'on se comprend.
Le domestique a avoué. Il fait une déposition.
Il a craqué, le petit.
Il était amoureux de la fille. La mère a voulu le punir.
T'as déjà fait ça, Andy ?
Faut croire que c'était pas une histoire de surnaturel.
Je vais appeler M. Mukhopadhyay.
Tu devines le problème ?
Ouais.
Lesniak et Russell étaient suffisamment couvertes.
J'avais alerté les voitures du secteur.
Je savais pas. Mais j'ai eu tort.
Donc, j'ai pas besoin de te demander
de ne pas discuter les ordres.
Si elle fait son boulot, elle court des risques.
Si ça te chagrine, arrange-toi autrement.
Il y a d'autres commissariats.
Message reçu.
Mes fiches, ça va ?
C'est dur, hein ?
Je suis pas experte sur l'amour au travail.
Qui l'est ?
Si on fait encore équipe, on dira qu'on est ensemble.
Je me fous des on-dit.
Tu sais...
j'ai demandé à Greg
de dire à James que j'étais gay.
J'en ai entendu parler.
Si tu veux la vérité,
je pensais avoir dit ça pour qu'il me lâche.
Maintenant, je me demande.
Toutes mes relations ont été des échecs.
Tu es attirée par les femmes ?
J'en sais rien.
Pas consciemment.
Je ne viens pas d'un milieu
où on aborde la question.
Chez moi, on parle de rien.
John me conseille d'aller à des réunions de policiers gay.
Qu'est-ce que t'en dis ?
Tu irais, à ma place ?
Oui. Je crois que j'irais.
J'essaierais de trouver chaussure à mon pied.
Voilà notre homme.
Merci d'être revenu.
Vous avez trouvé Lionel ?
Oui. On l'a arrêté.
Mais il travaille pas pour J. Tibaldi.
C'est une petite frappe.
Ce salaud mérite la taule pour ce qu'il a fait à Cecil.
D'après lui, vous étiez tous les 3 à l'appartement.
Vous étiez là, quand Cecil s'est trouvé mal.
Il a dit ça ?
Son histoire tient debout.
Je suis allé aux Anciens Combattants
pour régler ses papiers.
Son corps vous sera remis demain matin.
Je suis allé dans cet hosto, y a 15 jours. J'ai volé un truc.
Je pouvais pas y retourner.
Vous étiez malade ?
J'ai fait une espèce d'O.D.
Rien de très grave.
Vous avez volé quoi ?
Il y avait des cachets sur le chariot des infirmières.
J'allais sortir.
Pendant qu'elle regardait pas, j'ai pris 3 flacons.
Mais je savais qu'ils s'en apercevraient,
et remonteraient à moi.
Je l'ai porté à la voiture.
Ensuite, c'était Lionel.
Mais ce salaud l'a laissé tomber !
Depuis quand vous vous piquiez ?
Dix, quinze ans.
C'est Cecil qui m'a appris.
On avait ça en commun.
Il est temps de suivre un traitement.
C'est trop tard, ça sert à rien.
Ça vous fera du bien.
Il vous reste vous-même à soigner.
C'est tout ce qui me reste.
Vous allez m'arrêter pour quelque chose ?
Vous pouvez rentrer.
Je vais rentrer.
Je veux pas que tu sois mutée.
Moi non plus.
On va encore s'engueuler.
Tu veux aller où ?
Écoute. Ça m'a pris par surprise, c'est tout.
Tu étais prête pour la rue.
Il était pas méchant. L'anti-criminalité aurait suffit.
J'ai pas eu le temps de réfléchir.
Tu trouves pas ça un peu étrange ?
Tu as besoin de temps pour préparer mes missions ?
Je suis humain.
Un accident peut arriver.
Je sais.
Un soir, on rentre et on dit : "Je suis malade. "
D'un seul coup. Elle est malade.
Et elle guérira jamais.
Je marcherai pas sur des ufs parce que ta femme est morte.
Mais je prendrai pas de risques inutiles.
Parce que je tiens vraiment à toi.
J'espère qu'on fera du chemin.
Prenons notre soirée.
À demain.
Sous-titrage : SDI Media Group
[FRENCH]
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