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Vous vivez aussi dans la grande maison ?
Parfois.
Et toi ?
Ça m'arrive aussi.
Tata et tonton sont très riches ?
Ils sont très riches, dis ?
Oui, ma petite.
Très riches.
Très très riches ?
Et très très beaux aussi ?
Ma maman est très très jolie. Même si elle est vieille.
C'est la maman la plus jolie du monde.
Elle m'emmène partout, dans beaucoup d'écoles.
C'est tonton et tata ?
Bonjour, Alba.
Bonjour !
Bonjour, ma chérie.
- Que tu es belle... - On y va.
Elle est mignonne, ta peluche...
J'ai besoin de 35 000 euros à tout prix.
Si je ne les ai pas d'ici demain, je ne reverrai pas ma fille, Alba.
Et je l'aime plus que tout.
Vous entendez ça à longueur de journée,
alors une histoire de plus...
Les centres d'accueil, vous connaissez ?
Les services sociaux ont placé ma fille en centre,
"le temps de lui trouver un lieu adapté à son développement",
rendant par la même inadaptée sa mère qui trime jour et nuit.
Soit je lui donne un toit et à manger,
soit je reste avec elle toute la journée.
Vous feriez quoi, vous ?
Bref... un des types, le chef, j'imagine,
m'a proposé un plan B :
si avant vendredi je lui donne une enveloppe de 35 000 euros,
il se débrouille pour annuler la procédure
et je récupère ma petite Alba.
"Les vices de forme, ça existe", m'a-t-il dit.
J'ai menti à ma fille, vous vous rendez compte ?
Je lui ai dit que je l'envoyais en vacances
chez un oncle et une tante inconnus, car "maman avait à faire".
C'est impossible.
On refuse même des prêts à des salaires supérieurs à 1 500 euros.
J'ai des garanties.
L'acte de vente de l'appartement de mes parents.
Dimanche dernier, à l'heure de la sieste,
je l'ai volé dans leur chambre.
Mais c'est à votre nom !
Si j'avais l'âge de mes parents, nous n'aurions même pas cette discussion.
C'est bien simple, ils étaient sans le sou,
alors que pour moi, tout allait bien à cette époque.
Les banques ne veulent pas
se retrouver avec des apparts sur les bras.
Si on en arrive aux enchères, le vendre à moitié prix
rapportera déjà une coquette somme.
Il vaut dix fois plus que les 35 000 que je demande.
Je ne dis pas le contraire.
Je prends le risque d'une saisie.
J'ai besoin de cet argent maintenant.
Et puis, ça n'arrivera pas.
Avec mon nouveau travail, je suspendrai le prêt.
Il faudrait déjà que vous ayez un compte chez nous.
5 euros suffisent.
Je les ai.
Repassez demain, et on fait tout ça.
Vous n'avez pas compris, je pense.
"Avant vendredi", ça voulait dire jeudi à la première heure.
À 10h, un exemplaire du dossier sera transféré à un autre bureau.
Il ne pourra donc plus disparaître.
La signature du prêt ne peut avoir lieu demain.
Demain, on sort l'argent et on le met dans l'enveloppe.
La signature doit être aujourd'hui.
Vos prospectus disent tous : "Prêts minute".
Il est 14h10.
On ferme dans 20 min.
Il faut ouvrir le compte, faire certifier l'acte,
signer une pile de paperasse et envoyer
un ordre de virement au siège de Zamudio.
C'étaient les mauvaises nouvelles.
La bonne est que le siège ferme à 18h.
- Vous avez tout, Eusebio. - Merci beaucoup.
Au revoir, Eusebio.
Au revoir.
Vous ne signez pas pour un crédit vacances,
mais je vous offre ce cadeau :
sac et nécessaire de voyage. Pour femme, évidemment
Je vais vous aider...
Raquel Crespo Rementería. Carte d'identité : 16053205X.
Intérêts : 22 %. Délai du prêt : 60 mois.
Prélèvements mensuels : 967e.
Vous avez chaud ?
L'air conditionné est capricieux...
Pas un geste ! Toi, va chercher le fric !
Appuie sur le bouton d'alarme et je t'explose sur le mur.
On reste tranquilles.
Bien tranquilles.
Mets la fille avec les autres.
Allez, va avec eux. Et que ça saute !
Allez avec les autres.
Debout, madame !
On va tout doucement contre le mur.
Comme ça, c'est bien.
Le cul contre le mur !
Bordel de merde. Toi, bouge cette table !
Vous deux, dégagez-moi celle-là !
Et pas de coup fourré. Retournez contre le mur.
Sauf toi ! Viens ici !
- T'es le directeur de l'agence ? - Oui.
Combien de temps, pour le coffre ?
Coffre à serrure horaire. Combien de temps encore ?
10 min.
Donc 15, le temps de le vider. On va s'asseoir gentiment.
Un quart d'heure et si personne ne joue les héros,
vous serez chez vous pour le dessert.
Passe derrière le comptoir avec la fille.
Lève-toi. Debout, putain !
On reste assis bien gentiment.
Tout va bien, on est dans les temps.
Tu vas me sortir toutes les liasses et les fourrer dans mon sac.
Allez, grouille. Vas-y.
C'est bon. Ça suffit, allez !
Bordel de merde !
Bordel...
Sors-le... Sors ce portable de ta poche !
C'est ma compagne...
T'es un petit boute-en-train, toi ?
Tu vas lui dire que t'es avec de vieux potes.
Et si je lui parlais du hold-up ?
Comme ça, ce sera plus crédible.
Et maintenant, les portables.
Vous allez tous les foutre là-dedans.
Lève la tête et laisse pisser.
Lève la tête, je te dis. Laisse pisser.
Vous aussi, allez !
- Le portable de la fille... - Je l'ai !
Allez, putain...
Attention, la porte !
Garde-les à l'œil !
Les mains en l'air, allez !
Entre, putain !
Rejoins le groupe. C'est plus sympa, là-bas.
En avant, merde !
Combien je vous dois ?
9,50.
Excellentes tapas.
Garde la monnaie.
Allez, mets-toi avec eux.
Merde !
Quoi encore ?
Laisse-moi réfléchir...
Fait chier, cette sonnette !
C'est qui qui sonne comme ça ?
- Je sais pas. - "Je sais pas", tu parles !
Merde alors !
- Tu vois quoi ? - Bah, y a un type.
Je sors.
- Il va rien se passer. - T'es devenu fou ?
Il va se lasser et se barrer.
- Il arrête pas ! - Tu veux te retrouver seul ?
T'es une personne manipulatrice et toxique !
C'est ton putain de psy qu'est toxique, oui !
Je t'en prie...
T'as vu l'heure ? 14h40...
On va ouvrir le coffre, tu les surveilles,
moi, je remplis le sac
et dans 5 min, 2 électriciens sortent tranquilles,
exactement comme c'était prévu.
Rien n'a changé.
Dans 2 jours, on est dans le trou du cul du monde.
Tous les deux, à boire des mojitos,
à se défoncer la gueule
et à baiser comme des bêtes. Je sais que t'adore ça.
- Comme des bonobos ! - Comme ceux sur National Geographic !
- Allez ! - Allez, c'est parti.
Allez, champion, vas-y !
Bordel de merde.
C'est cette salope...
Tu m'avais assuré que le vigile sortait à 36.
Il est 40, et personne à l'horizon.
Alors arrête de me prendre pour un con. J'ai que 30 min.
Tu sais quoi faire pour ton permis de séjour.
C'est ça ou un aller simple pour l'Ukraine.
Tu m'avais assuré que le vigile sortait à 36.
Il se passe quoi ?
Tu me réponds, merde ?
Tu sais quoi faire pour ton permis.
C'est ça ou un aller simple pour l'Ukraine.
Il va donner l'alerte !
Où tu vas, putain ?
C'est un policier.
Merde, fait chier.
T'as foutu quoi ?
Il avait un flingue !
- Tu réfléchis, parfois ? - Mais il avait un flingue !
- Fait chier ! - Bordel de merde !
On était pas censés avoir des otages !
C'était pas censé être un hold-up avec des otages !
Et merde pour la sécurité !
Je cuis, là-dessous !
Très bien.
Je m'appelle Lola.
Le patron, c'est lui. Et il s'appelle Jonan.
On lui obéit au doigt et à l'œil. Pigé ?
On va vous appeler comme on veut.
Lola ?
Jonan...
Je m'appelle Raquel.
Vous devriez éteindre tous les portables.
Il est 15h, l'heure de déjeuner.
Nos proches s'inquiètent. Ils vont se mettre à sonner.
Éteignez-les, et on sera tous plus tranquilles.
Tous...
Debout !
Éteins-les, tu veux ?
On fait quoi, maintenant ?
- Pardon, mais je dois passer. - C'est interdit.
Je dois rentrer chez moi.
Reculez.
Il se passe quoi ?
On a des otages ?
Aucune idée. On est arrivés après les tirs.
Restez derrière la voiture.
L'ambulance peut y aller.
Votre attention à tous. Ici la Ertzaintza.
Toute circulation sur la place est désormais interdite
et est placée sous le contrôle de la police.
Nous demandons à tous les résidents
de ne pas sortir de chez eux pour leur propre sécurité
et jusqu'à nouvel ordre.
Luís Ledesma ?
Lieutenant Carlos Garay, négociateur.
Eva Domínguez, sergent.
Je n'imaginais pas la PJ si rapide.
C'était un compliment.
Faites-moi le topo.
C'est tout chaud. Ça a commencé y a 30 min.
Deux agents de la municipale ont été alertés par des badauds.
Un type est sorti de la banque,
a échangé des coups de feu avec un gars de la nationale
puis s'est à nouveau retranché.
La victime était en civil ?
La victime s'appelle Antonio Mediavilla.
Je le connaissais bien, Toñin.
On en faisait plus des comme lui.
Ses 3 ans à l'Immigration l'ont complètement vidé.
Désolé...
La municipale peut partir. Ledesma, vous dirigez les opérations.
Pardon...
Voyons voir...
À l'attention
des personnes retranchées.
Je m'appelle Carlos Garay, lieutenant de la Ertzaintza.
Dans moins d'une minute, le téléphone va sonner.
Décrochez et on discutera.
Le portable.
Tiens.
Les enfoirés...
Les enfoirés...
On n'a rien à leur dire, aux flics.
Faut qu'on réfléchisse un peu.
Et garder notre sang-froid devant eux et ceux de dehors.
Faut s'occuper du fric, putain.
Le coffre doit chauffer à force de nous attendre.
Hors de question qu'on décroche. C'est nous qui menons la danse !
Très bien ! Très bien ! Ça, c'est mon mec !
Soyons patients.
C'est quoi, ton nom ?
- Elías. - Fais pas tomber les liasses.
C'est comme pendant la guerre.
Mon grand-père me disait qu'il mangeait la viande en entrée
et sa soupe en plat principal.
C'était à l'envers, tu captes ?
Pour avoir un max de calories en cas de fuite.
Tu fais pareil. Les billets de 500 en entrée.
Plat principal : ceux de 200.
Du plus gros au plus petit. Faut vraiment tout te dire !
Je veux qu'il reste que des pièces jaunes !
Vous vous êtes pas trop mouillé...
Comment ça ?
Ils ont eu autant de mal à vous désarmer qu'à s'épousseter les épaules.
Vous connaissez mon salaire ? Putain, n'importe quoi !
C'était encore long, pour transférer l'argent sur mon compte ?
On était encore loin du virement ?
À 2 pages Internet près.
Jonan !
J'ai un service à te demander.
Quand vous avez surgi, elle s'occupait de moi.
Ça te dérange si elle reprend sa place
pour clore mon dossier ?
Y en a pour une minute.
Tu te fous de moi, ou quoi ?
C'est juste une demande de virement
sur mon compte pour le siège.
Je viens d'obtenir un prêt. Il me faut l'argent demain.
Retourne t'asseoir avec les autres.
- Un souci ? - C'est rien.
Une demande de prêt ou je sais quoi. Elle a pas une thune.
De la thune, on en a, nous. Regarde ça !
400 Ben Laden, plus de 1 000 Titi,
on est plein aux as !
On est blindés !
Bouge pas. Du calme...
Je peux répondre, si vous voulez.
Qu'est-ce que tu racontes, putain ?
Je veux dire que...
À quoi tu joues ?
Laisse-la parler. On va l'écouter.
Si c'est vous qui répondez...
ils enregistreront vos voix direct.
Puis ils enverront le fichier
à toutes les prisons du pays.
Résultat : ils auront vos noms et prénoms.
Camoufler sa voix, aujourd'hui, c'est impossible.
Vous avez déjà fait de la tôle, non ?
Mais t'es qui, toi, putain ?
Tu collectionnes les coups de boule ?
En retour, je veux que vous la laissez faire le virement.
"Je veux", mon cul !
Va répondre, putain !
Mais essaye d'être un peu plus stressée.
Allez, merde !
Qui est à l'appareil ?
Je suis une des otages.
Je parle au nom des braqueurs.
Ils sont combien ?
T'as pas intérêt...
Je ne peux pas répondre.
Mais sachez qu'ils sont prêts à tout.
Pouvez-vous me donner le nombre d'otages ?
7.
5 employés et 2 clients.
Tu vas dire au flic de rappeler toutes les heures,
et on lui dira quoi faire. Capté ?
Rien de plus pour le moment.
Rappelez toutes les heures,
et nous vous donnerons nos instructions.
Soyez ponctuels, surtout.
Préparez une feuille et un stylo. Notez tout mot pour mot.
À 4h piles.
N'oubliez pas.
J'ai rien dit de tout ça, moi.
Parle normalement. N'en fais pas trop.
On n'est pas à l'école, ici.
Je voulais juste être persuasive.
Bizarre, non ?
Très bizarre, même... Tu trouves pas ?
Sa façon de parler à la fin, c'était comme si...
Tu penses à la même chose que moi ?
- Oui... - Je reviens.
- Faites-moi une transcription. - Donnez-moi 3 min.
Une promesse est une promesse.
Je t'ai rien promis, moi.
On a rien obtenu, pour l'instant.
Si cet ordre ne part pas avant 6h, je suis très mal.
On va faire un truc, maîtresse.
Tu reprends ta place dans la classe jusqu'à 4h.
Et moi, je vais voir si je te rends ce service ou pas.
C'est compris, oui ?
Bouge ton cul !
Garde un œil là-dessus et sur elle, surtout !
Patron, viens voir.
Y a des flics comme s'il en pleuvait, là dehors.
Écoute-moi. On va demander...
Toi, là !
Voilà ce que tu vas demander aux flics :
des pizzas pour tout le monde.
Et des gâteaux.
Quelque chose de sucré. Du sucré...
Y en avait pour 2 sec, tu disais.
- J'en peux plus, moi. - Tu me baves quoi, là ?
J'ai rien pris. Il me faut du sucre.
- J'ai besoin de sucre ! - Me fais pas ça...
Fait chier, putain...
"Préparez...
"4."
Les premiers mots de chaque phrase...
"Je suis ne peux pas, mais sachez 7 et 5,
"soyez rien, préparez 4."
Ça ne veut rien dire !
Ça te parle, à toi ?
Vous pouvez me le repasser ?
Voilà.
Rien de plus pour le moment.
Rappelez toutes les heures,
et nous vous donnerons nos instructions.
Soyez ponctuels, surtout.
Préparez une feuille et un stylo. Notez tout mot pour mot.
À 4h piles. N'oubliez pas.
On se prend la tête pour rien. Ça doit être plus simple.
- Repassez-moi la dernière. - Une seconde.
...un stylo. Notez tout mot pour mot.
À 4h piles. N'oubliez pas.
"Notez tout mot pour mot. À 4h
" piles."
Si on lit tel quel, en enlevant ça, ici...
"Notez tout mot pour mot : 4."
Le 4e mot !
Elle nous dit clairement
que les prochains mots clés seront les 4e
des phrases, paragraphes, conversations ou interventions à venir.
Mais ce sera quoi ?
Notre gentille otage
semble essayer de communiquer dans le dos des braqueurs...
Mais oui !
Élémentaire mais efficace.
- Mais on a un problème... - Lequel ?
C'est peut-être une de mes branlettes intellectuelles.
Vous vous écoutez parler ?
C'est ça qu'on vous apprend en cours d'encryptologie ?
C'est une possibilité,
alors on devrait lui faire comprendre qu'on a saisi sa tactique.
Pas vrai ? Quoi ?
Sa tactique, oui.
4h piles !
Très bien.
Parfait.
- Dites aux braqueurs... - Ils vous entendent.
Bien. Dans ce cas, je m'adresse directement à vous.
Rendez-vous et libérez les otages,
ça nous facilitera la vie à tous,
mais surtout à vous.
Les juges
apprécient les redditions, d'autant plus si elles sont rapides.
Ils refusent.
D'accord. Mais qu'ils sachent
que cette porte reste ouverte.
Que veulent-ils ?
Notez bien. Il n'y a que 2 choses :
nourriture et boissons.
Quel type de nourriture et de boissons ?
Vous notez ?
Deux types de pizzas. De la bière et des sodas.
"Pizzas, bière et sodas."
- Autre chose ? - Oui.
Notez bien aussi une boîte de gâteaux.
Deux...
Deux boîtes...
Autre chose ?
Du café pour moi.
Ayez à l'œil...
que je veux du lait écrémé.
Autre chose ?
Ça suffit.
C'est tout. Du sucre blanc pour mon café.
T'es pas commune, toi.
Un café au lait écrémé avec du sucre blanc...
OK, je crois que j'ai quelque chose.
"Il n'y a que deux. Une œil blanc."
Traduction :
deux braqueurs, un homme et une femme,
elle a un œil blanc.
C'est possible.
Contacte les archives. Qu'ils commencent à fouiller.
Tout de suite.
À vous qui êtes dans l'agence.
Votre commande est prête.
Voilà comment nous allons procéder :
3 policiers vont s'approcher et laisser le tout à côté de l'entrée.
D'accord ?
Alors du calme, tout le monde. Du calme.
Des poulets pizzaïolos...
Halte !
Reculez.
Un volontaire pour récupérer les vivres.
Alors, qui va y aller ?
Am, stram, gram,
pic et pic et colégram,
bour et bour et ratatam...
La p'tite bourge, là.
Tu te chies dessus, ou quoi ?
Va chercher les pizzas !
- Bouge, bordel ! - Allez, petite chieuse !
- Et fissa, j'ai la dalle. - J'y vais, j'y vais !
Soyez vigilants.
Du calme...
Du calme.
Arrêtez-vous !
Salope !
Arrêtez-la !
Quelle salope ! Cette petite chieuse s'est barrée !
Toi, le directeur, debout !
- Bouge ton cul, allez ! - Avance !
Si tu veux pas que je t'explose le bide,
me la fais pas à l'envers.
T'as pas intérêt.
Du calme...
Casse-toi, gras double.
Raconte un peu ce que t'as vu.
D'ici, on a l'impression de regarder à travers un judas.
Y a combien de poulets ? 6, 600, 6 000 ?
- J'ai pas fait attention... - Vraiment ?
Il a pas fait "attention".
Réfléchis, réfléchis...
Nous sommes en direct de la place Haro...
Ça tourne dans 3, 2, 1...
On s'approche un peu ?
Vous avez un peu de tension.
Ne vous en faites pas, ça va retomber.
- Je peux lui parler ? - OK, mais ne la stressez pas.
Tu t'appelles Iratxe, c'est bien ça ?
Enchanté. Je suis le lieutenant Carlos Garay.
T'as eu peur, hein ?
On peut parler un peu ?
C'est un couple, pas vrai ?
Je parle des braqueurs, ils sont deux.
Elle s'appelle Lola.
Lui, c'est Jonan.
Pardon. Carlos...
Regarde. C'est elle ?
Oui, c'est bien Lola.
Elle a les cheveux longs, maintenant.
Carmen Torres, de son vrai nom.
Elle a perdu son œil dans une partie extrême de cartes
entre prisonnières. - "Une partie extrême" ?
Libération conditionnelle il y a un mois.
Montre-lui les autres, au cas où.
Tu le reconnais, lui ?
Lui, là.
C'est Jonan.
Il est plus beau en photo qu'en vrai.
J'en étais sûr.
David Soto. Ils se sont connus en prison.
Ils ont fait un cours de cuisine ensemble. Libéré un mois avant elle.
Quoi ?
Il est héroïnomane depuis ses 30 ans,
donc on a un problème.
C'est lui qui a tiré ?
- Iratxe... - Quoi ?
C'est lui qui a tiré ?
Oui.
Bien... Merci beaucoup.
C'est bon.
Notre joli petit couple voudra pas retourner au trou.
Les otages sont en danger, d'après toi ?
Sur une échelle de 1 à 10 ? Aucune idée !
Soto, c'est son premier meurtre. Mais Torres, c'est autre chose.
Elle a tué une mère et sa fille quand elle était femme de ménage.
Elles l'ont prise la main dans le sac en abrégeant leurs vacances.
Elle a écopé d'une peine de 42 ans.
Sans la réforme du Code,
elle ferait encore les 100 pas dans la cour.
- Profil psychologique ? - Elle entre dans aucune case.
Le directeur de la prison la définit comme imprévisible,
dans le sens le plus strict du terme.
Une salope 100 % pur jus.
Putain de bière sans alcool ! Pas vrai, champion ?
Qui est doué en informatique, ici ?
- Je suis informaticien. - Mets-moi la télé !
Les infos !
Super. Retourne t'asseoir.
Génial...
Une des otages aurait réussi à s'enfuir
en évitant des tirs venus de la banque.
Quelle bande d'enfoirés !
Un policier en civil est déjà tombé sous leurs balles.
Selon un témoin,
l'homme aurait tenté de pénétrer dans l'agence
après avoir entendu des bruits bizarres...
Ces connards inventent ce qu'ils veulent.
Hé, champion, viens voir ! On passe à la tété !
On va devenir célèbres !
Vous comptez pas leur dire qu'on les a identifiés ?
- Je crois que... - Mais merde !
Il sert vraiment à rien, votre cours d'encrypto de mes deux !
C'est le B.A. -BA.
On gueule leurs noms, ils se rendent la queue entre les jambes.
- Simple comme bonjour ! - Écoutez-moi.
Quoi encore, merde ?
Vous pouvez m'écouter ? Vous en êtes capable ?
Ne m'interrompez plus.
Compris, Ledesma ?
Compris ?
Leur faire savoir qu'on les a identifiés est un bon début, OK.
Mais si ça se passe mal ?
Si ça les stresse encore plus et qu'ils décident
de faire du grabuge ?
Vous savez pourquoi on discute, là ?
Pourquoi ?
Parce que j'ai usé trois fois plus de pompes que vous.
Votre avis ?
Je suis de son côté.
La sécurité des otages est notre priorité.
Quant aux cours d'encryptologie, c'est "cryptologie".
Encore plus simple !
La discussion est close.
En tant que responsable de l'opération, je décide qu'on garde cette info.
- J'y crois pas... - Faudra vous y faire.
J'y crois pas.
Faut le dire à notre interlocutrice.
- Prépare-moi des phrases à mots clés... - Au 4e mot.
Le dispositif déployé par l'Ertzaintza est assez imposant...
Montrez-moi bien tout.
Arrêtez de filmer !
Merde, fait chier ! Quelle connasse !
Lola, viens voir.
Non, je...
J'en peux plus... Je supporte plus.
Depuis quand t'es comme ça ?
Faut que je te rappelle la prison ?
Quand ils ont coupé l'approvisionnement ?
- Regarde l'horloge ! 7 heures ! - 7 heures, c'est une vie !
Tu me fais confiance, pas vrai ?
Quel est le plus riche d'entre les pauvres ?
Celui qui planque son fric sous son matelas.
Et pourquoi ?
Parce qu'il peut arrêter d'être pauvre quand il le souhaite !
Et pendant ce temps-là...
- Les bonobos... - C'est mon chéri à moi, ça.
- Et toi ma chérie. - Oui.
Allez, champion. En avant !
Voilà ce que tu vas leur raconter...
Promets-moi que tu la laisseras passer l'ordre de virement avant 6h.
Tu vas te prendre 6 baffes, toi !
Promis.
Tiens, voilà.
"Identifiés n'utiliserons pas dangereux otages en sécurité."
C'est peut-être pas génial, mais j'ai eu 10 min...
On va le faire à ma façon.
Laissez-moi parler.
Nous savons qui vous êtes.
Ce n'est pas mon premier hold-up.
Ma priorité, c'est éviter les risques et les blessés.
Pour y arriver, changez d'attitude,
relâchez les otages et rendez-vous.
Notez bien leurs conditions.
Et surtout n'oubliez rien.
À minuit, ils veulent un monospace
pour eux et les otages, devant l'agence.
Grosse cylindrée et noir.
Compris.
Bien sûr, il faut que le plein soit fait.
Le plein d'essence.
D'essence...
La rue...
À compter de la porte jusqu'au croisement, elle doit être complètement dégagée.
Et maintenant, plus d'appel.
Ils n'en attendent qu'un : à minuit,
pour entendre que la voiture attend.
À toi.
Au boulot !
"Rien à ra-conter."
Reste plus qu'à attendre.
En attente de confirmation.
Accroche-toi, champion !
Tiens, c'est bizarre.
Recommencez !
- Une fois suffit, normalement. - Recommence, elle t'a dit !
Typique de Zamudio. Ils doivent être à la machine à café.
Réessaye !
Renvoie, je te dis !
Haut les cœurs, maîtresse !
Va donc attaquer une banque !
Un peu d'humour ne fait pas de mal.
Lui, il est mal, par exemple !
Monsieur le directeur !
Baisser le chauffage, c'est trop demander ?
C'est une clime.
Et alors ?
Le technicien est malade.
Malade...
Foutu pays...
Foutu pays...
Il était temps.
Tiens, tu vas en avoir besoin.
L'informaticien...
Tu vas nous mettre la demi-finale.
Ça nous fera passer le temps.
- Y en a pour une seconde. - Surveille-les.
Reste réveillé ! T'endors pas !
J'entends déjà les sirènes, champion.
Ça me manquait, tiens...
ce spectacle son et lumière.
Quand l'assurance viendra demain, dites-leur qu'ils m'ont frappé au visage.
- Sans œil au beurre noir ? - Je vais me débrouiller.
J'y gagne quoi ?
15 % de l'indemnisation.
25 alors.
20.
Et 3 jours de congés sans motif.
Ça y est !
But ! Quelle frappe !
Sacrée soirée !
Sérieusement ?
C'est la demi-finale de la coupe et le match retour.
Il faut qu'ils gagnent. Pas le choix.
C'est un putain de match.
Je vais y jeter un œil si t'es OK. Il se passera rien avant minuit.
OK, OK. Jette ça, s'il te plaît.
- Qui a marqué ? - Aduriz !
- Putain... - Regardez bien.
Il ira pas au bout.
Cours, vas-y. Fais ta passe !
Allez, reprends-toi !
But !
But ! Prends ça !
On vient de marquer. Allez, champion, accroche-toi.
Allez, allez !
Espèce de salope !
Tu fous quoi ?
Arrête-toi !
Donnez-lui un truc !
Tu pensais nous la faire à l'envers.
- Et nous arnaquer. - Mais arrête !
Arrête tes conneries !
Elle voulait nous arnaquer !
Éteignez le foot !
J'ai envie de crever !
J'écoute.
On a besoin d'une dose d'héroïne. Seringue, etc.
Une qualité moyenne suffira.
C'est urgent.
OK. Je vous rappelle.
N'oubliez rien, je vous en prie.
Et voilà, c'est arrivé.
Occupe-toi de la drogue.
Par la voie rapide...
J'en assumerai toute la responsabilité. Vas-y.
Halte !
Qui ? Qui ?
Toi, là !
Ici, et plus vite que ça !
Ouvre bien grandes tes oreilles et sois attentif.
Tu vas me faire un rapport détaillé de tout ce que tu vois.
Je t'aurai prévenu.
J'ai un souci, je n'ai aucune mémoire visuelle.
Garde ça pour mon portrait-robot.
Enfin, si tu t'en sors vivant.
Moi, j'ai une bonne mémoire visuelle.
3 bleus et 2 rouges.
Les couleurs des stylos...
Ils sont dans le porte-crayons, sur la table dans mon dos.
Sur le porte-crayons, la photo d'un chat.
C'est un chaton tigré.
Sur le mur qui te fait face : le super crédit vacances.
La mère porte 3 serviettes blanches.
Le T-shirt de l'aîné
est vert, comme le jouet du petit.
La fille a perdu ses incisives.
Mets-la dehors. Tout de suite !
Allez !
5 camionnettes, 2 fourgons et 1 véhicule banalisé.
20 policiers, environ.
Et j'ai compté 6 snipers.
Pas mal. Faut se préparer.
Je peux aller aux toilettes ?
Tu sais où ils sont, alors vas-y.
Il reste encore 1 heure.
Bonjour, ça va ?
Salut, ça faisait longtemps !
Soto !
Non, Soto !
Je suis là. Regarde-moi dans les yeux.
Ne me laisse pas seule. M'abandonne pas !
David !
Mon fils...
Ne pars pas...
Ne nous laisse pas.
Je te l'avais dit.
Je te l'avais dit...
Espèce de salope !
Je lui avais demandé de pas t'écouter.
De pas faire ça. C'est toi qui l'as tué !
J'ai tué personne. Ces enfoirés
lui ont filé de la mort aux rats !
Putain, t'es aussi mouillé que nous dans cette histoire !
Tu fais une croix sur ta part, ou quoi ?
C'est toi qui l'as tué !
Ne tirez pas, je vous en prie.
Si vous tirez,
les policiers entreront en trombe.
Ne tirez pas. Cela le ramènera pas.
Quel pays de merde,
rempli de putain d'enfoirés !
Je suis venue pour changer de vie
mais je n'ai trouvé que des putains d'enfoirés.
Des putains d'exploiteurs,
des putains de violeurs,
des putains de tueurs !
Je veux repartir pour Kiev
et être avec mes enfants !
On va se calmer.
Entrez là-dedans !
Allez !
On avance, allez !
Toi, viens avec moi !
Tu fous quoi, encore ?
Je peux t'aider à t'échapper sans prendre de risques.
Je peux m'asseoir ?
Ma condition : 35 000 euros du butin.
C'est la somme que j'ai perdue par votre faute.
On peut dire qu'ils sont à moi.
Et que tu me les dois.
J'hésite entre rigoler et te défoncer.
Je veux juste 70 pauvres Ben Laden sur 400 000 balles.
En plus, t'as plus personne avec qui les partager.
Quelle salope !
"Ben Laden",
c'est comme ça que vous appelez les billets de 500.
Je comprends pas...
Si tu les as pas là, tu les auras demain.
Les prêts disparaissent pas comme ça.
Il me faut l'argent demain.
C'est comme ça.
Qu'est-ce qui te fait mettre tes couilles sur la table ?
Ça s'appelle une thélorrhagie.
Sa cause principale est un cancer du sein avancé.
Les saignements durent une semaine.
Il me reste 3 mois à vivre.
La moitié des 35 000, c'est pour une bonne assurance-vie.
L'autre moitié, pour un toubib véreux qui me fera passer pour la Vierge.
Le souci, c'est que ce type fait un remplacement.
Et il finit demain.
C'est des histoires, tout ça.
Lola...
Si je ne signe pas cette police demain,
ma fille mourra de faim en sortant du centre d'accueil.
J'ai menti au directeur pour avoir l'assurance.
Personne ne fait crédit à une morte-vivante.
Viens avec moi.
La créativité, ça compte.
Mais ce qui compte plus encore, c'est l'ambition du candidat.
Ce crétin d'Elías voulait faire du fric pour sa banque de merde.
Un bureau au siège ? Peut-être bien... ou pas !
Chez certains, la seule ambition est une gentille petite tape dans le dos.
Pourquoi je te mentirais ?
T'es qui, bordel ?
Une femme désespérée.
Qui ne s'appelle pas Raquel Crespo Rementería !
Mais t'as quoi dans le crâne ?
Désormais, tu es seule.
Pas facile de disparaître, avec 5 otages.
Mais encore ?
La petite qui s'est barrée a déjà établi ton portrait-robot.
Et si je prenais ta place ?
Et pour la voix ?
On peut pas faire les pointes à la voix.
Je suis pas forcée de l'ouvrir autant que toi.
T'es une maîtresse un peu garce sur les bords.
Pourquoi je ferais confiance à une garce ?
Parce que si je te vends un peu trop rapidement,
tu pourras toujours dire que j'ai une part du butin.
J'ai autant à perdre que toi.
Et voilà.
On est pareilles...
Voici ce qu'on va faire :
les braqueurs sortent avec les otages.
Ils montent dans le véhicule et partent sans heurts.
Pas de snipers en haut ni en bas ni nulle part.
L'idée, c'est que les otages
puissent raconter tout ce bordel à leurs proches et leurs amis, demain.
Vu ?
Bien.
Je veux un fourgon avec 4 agents au coin de Zabalbide.
Toi, t'es avec moi dans la voiture.
Ledesma... vous me nettoierez tout ça quand ce sera fini.
On y retourne ! Déposez vos portefeuilles
et asseyez-vous où je dirai.
Allez, allez !
On se bouge !
Allez, par là !
Ça sert à rien de chialer, en avant !
On s'arrête pas, on avance, bordel !
On sourit et on va se coller au fond de la salle !
Tu viens avec moi.
Avec ce flingue, tu feras plus garce encore.
Mais attention, celui-ci est pointé sur toi.
Vas-y.
Frappe-moi.
Comme ça, personne n'y croira.
Vise cet œil, il sert plus à rien.
C'est bien mieux. Bien mieux...
Allez, vas-y.
C'est bien, ça.
Ça commence à me ressembler.
Mets ces clés entre tes doigts.
Vas-y.
Frappe, allez.
Si tu vends la mèche trop vite,
tes 70 Ben Laden finissent dans une poubelle.
C'était pas le deal.
Le deal ? Quel deal ?
Très bien, maîtresse.
T'es sur la bonne voie, Raquel.
Ou quel que soit ton nom.
Je suis une femme réglo, moi.
Si je te promets 35 000, tu les auras.
Mais parfois, je mens...
Ça fait mal, ça...
T'y prends goût, avoue...
Balance !
Continue !
Encore...
Vas-y.
Le monospace est prêt.
Et la rue ?
Dégagée jusqu'au croisement.
Voilà ce que je peux vous dire :
il y avait 2 braqueurs : un homme et une femme.
Je parle au passé, car l'injection l'a tué, lui.
Et merde !
Ils m'ont juré que c'était de la bonne.
Je suis navré. Je peux rien dire de plus.
Comment on s'y prend ?
Avant de sortir, je dois vous informer qu'elle a pris la décision
de laisser une des otages dans l'agence.
Elle ne le fait pas par altruisme,
mais par vengeance.
Comment ça ?
Du calme...
Elle est encore en vie.
La femme qui me tenait en joue
exige que vous placiez le monospace à 2 m de l'entrée.
Portes grandes ouvertes.
Elle sortira avec 5 otages.
Elle en relâchera un tous les 10 km.
5 min.
C'est parti.
Attention...
Ce type a un problème.
Ils se tirent.
Allez chercher l'otage.
Victime au sol.
Je veux mourir...
La salope...
Braqueur localisé !
Il est là !
- RAS ! - RAS !
Un mort confirmé : le toxico.
Un de moins.
Un brancard pour cette pauvre femme.
Il faut l'emmener à l'hôpital immédiatement.
030 à 020.
L'otage est dans un état grave.
On la transfère à l'hôpital.
OK. Merci.
Torres, je vais te niquer.
C'est bon !
Prochaine à droite.
Ils sont sur Alameda Recalde.
Je les prends en chasse.
Restons à distance.
Regarde droit devant.
- C'est pas Lola ! - Tu racontes quoi ?
C'est la femme bizarre.
- Son œil est normal. - Tu fous quoi ?
Ils se sont arrêtés au milieu de la route.
Ça fait pas 10 km.
Alors on accélère. C'est parti !
- Repars ! - Ça redémarre pas !
T'as raison, je suis pas Lola. Mais je peux faire feu.
Ça vaut pour tous, compris ?
Ça redémarre pas !
Bordel de merde !
Doucement...
- Il se passe quoi ? - Je m'arrête ?
Oui, stop.
- C'est louche. - Qu'est-ce qui se passe ?
On sort.
À tous, on sort.
- Je t'accompagne. - Fais bien attention.
Ne tirez pas !
Je suis une otage.
Je suis une des otages. Tirez pas !
On transporte un cadavre.
Je suis le 4e mot !
L'ambulance !
Alfa 0, Alfa 0 ?
Répondez.
C'est bon ?
Merci.
Le lieutenant vous attend en salle.
Elle cherchait la plus vulnérable d'entre nous.
Il s'est avéré que c'était moi.
Torres, c'est ça ?
En fouillant dans nos portefeuilles, elle a trouvé une photo de ma fille.
Si je faisais pas l'intermédiaire, elle se serait vengée.
- Vous avez une fille ? - Oui.
Alba.
Elle a 6 ans.
Elle promettait de la tuer, même depuis la prison.
Elle disait avoir des contacts dans la rue
qui lui devaient bien ça.
J'ai été forcée de les aider, vous comprenez ?
Quand elle a tué le vigile,
j'ai eu la peur de ma vie.
Je voyais déjà ma fille morte, si je ne leur obéissais pas.
Se faire passer pour elle, par exemple ?
J'avais tellement peur pour ma fille.
Je crois que ça suffira, pour le moment.
Vous ferez votre déposition complète demain.
17h, ça vous va ?
Je pense que vous comme moi n'émergerons pas avant midi...
Avant de partir, si vous êtes d'accord,
j'aimerais vous confier quelque chose.
Je ne suis pas sûre... C'est peut-être pas nécessaire.
Je vous en prie, allez-y.
Je suis mal, là...
Ça transparaît même à travers des habits immaculés.
La nuit a été dure.
Raquel...
Vous vouliez me dire quelque chose...
Je risque de mettre les pieds dans le plat.
Laissez-moi en juger.
C'est pas une déclaration... d'amour, je veux dire.
Ce n'en est pas une !
Pardon ?
Vous donner une lettre serait plus simple.
Bien, je me lance.
Jamais dans ma vie, un homme ne m'a comprise comme vous.
Voilà, je l'ai dit.
Sérieusement...
En regardant le miroir de mon passé, je ne vois pas cet homme.
À demain.
Agur...
Toi, là !
Ici, et plus vite que ça !
Ouvre bien grandes tes oreilles et sois attentif.
Tu vas me faire un rapport détaillé de ce que tu vois.
Je t'aurai prévenu.
J'ai un souci, je n'ai aucune mémoire visuelle.
Garde ça pour mon portrait-robot.
Moi, j'ai une bonne mémoire visuelle.
Votre clé.
Merci.
Tu pars déjà ?
Je suis debout depuis presque 24 heures.
Je te dis ça maintenant, ou tu préfères dormir tranquille ?
Maintenant...
Son numéro de téléphone et son adresse sont faux.
Génial...
Je te parie qu'elle viendra pas, cet après-midi.
Ça va faire une belle rature dans le rapport...
Sauf si Torres nous éclaire.
C'était dans une des poches de sa veste.
C'est un lien Internet sur Canoa Quebrada,
côte atlantique du Brésil.
Cette tarée doit ignorer que depuis les années 1990
on a des accords avec le Brésil.
Passe ça au Centre de coopération, qu'il se tienne prêt.
OK. Et la description de notre femme au 4e mot.
- Et va te reposer un peu. - Toi aussi.
Avant de partir, si vous êtes d'accord,
j'aimerais vous confier quelque chose.
Je ne suis pas sûre...
- C'est peut-être pas nécessaire. - Je vous en prie, allez-y.
Je suis mal, là...
Ça transparaît même à travers des habits immaculés.
- Vous vouliez me dire quelque chose... - La nuit a été dure.
Raquel...
- Laissez-moi en juger. - C'est pas une déclaration...
d'amour, je veux dire.
Ce n'en est pas une, je veux dire.
Pardon ?
Vous donner une lettre serait plus simple. Bien, je me lance.
Jamais dans ma vie, un homme ne m'a comprise comme vous.
En regardant le miroir de mon passé, je ne vois pas cet homme.
Voilà, je l'ai dit.
Je vais même pas les compter.
Tu sais pourquoi ? Parce que je m'en tape, des 35 000.
Je ne suis pas à court d'espèces.
Mais t'as voulu me la faire à l'envers, et ça, je m'en tape pas.
M'imaginer devant un tribunal, comme un sombre idiot
à parler d'une enchère qui n'existe pas...
me fait bouillir intérieurement.
Tu sais combien de personnes tu as arnaquées de la sorte ?
12 !
Je le sais...
parce que je suis ton n° 13 !
Alba va devenir quoi ?
C'est quoi, cette question ?
Ne lui faites pas de mal.
Appelez les services sociaux...
Tu as le don de m'énerver.
Est-ce que j'ai l'air d'un monstre ?
La vie de la petite chérie a commencé quand elle est arrivée.
Elle va rester ici,
faisant de Veronica et moi des parents gâteaux.
D'ici 2 ans max,
le souvenir de son arnaqueuse de mère
ne sera plus qu'un trou noir dans sa petite tête.
Dis-moi...
à quoi ils te servent, tes 167 de QI, là ?
Alba répondra quoi à ses copains quand ils demanderont :
"Elle s'appelle comment, ta mère ?
"Un jour Sonia, un jour Margot ou Laura."
Quel est ton prénom, d'ailleurs ?
Et quand ce sera au tour de papa ?
"C'est un mac qui se tape des vieilles."
Pourquoi t'as couché avec lui ? Pour te sentir jeune ?
On croira à un accident ?
Elle le croira.
Je voudrais lui dire adieu.
La voir sera bien suffisant.
"Carlos Garay." Voilà pour vous.
Fais coucou à ton oncle.
Montre-lui comment tu fais !
Bonjour.
Vous avez pas mal de choses à nous raconter.
On baisse la tête.
La voilà.
Maman !
Je voulais te voir pour te dire au revoir.
Malheureusement, je dois déjà repartir.
Pourquoi tu dois déjà repartir ?
Pourquoi tu restes pas avec moi dans la jolie maison ?
Parce que...
j'ai des choses à faire.
Mais je te promets qu'à mon retour, tu auras le plus beau des cadeaux.
J'adore quand tu fais ça.
Et moi, j'adore quand t'es blonde.
Il t'est arrivé quoi ?
Je suis tombée.
Dis donc...
il a été gentil, le monsieur ?
Oui, mais il dit que tu es une menteuse.
Peu importe ce qu'on te dit,
souviens-toi que tu étais au cœur de tous mes mensonges.
Je t'aime plus fort que tout.
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