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All�, les p�tes Ferroni? M. Henri Mercier, s.v.p.
On vous demande au t�l�phone, M. Mercier. - Je viens. A tout � l'heure.
Oui.
Henri? C'est Fran�ois. Je te rappelle au sujet de notre sc�nario.
Il faut accepter la proposition de Morlock. J'y ai bien r�fl�chi,
il faut accepter! - Non.
Ecoute, Henri, j't'en supplie, �coute-moi!
Non, c'est toi qui vas m'�couter. Notre histoire est une tr�s belle histoire
et je ne l'ai pas �crite pour qu'elle soit r�cup�r�e par un marchand de culs!
Bon, voil�. - Je suis d�sol�, mais...
Je force jamais personne, mon petit vieux. Y en a 50 autres qui attendent � la porte.
Je sais. - Votre histoire est peut-�tre belle,
mais elle a �t� refus�e par tous les producteurs de Paris.
Dites aussi � votre copain qu'aujourd'hui, pour arracher les gens � leur t�l�,
�a ne suffit plus, les belles histoires. Faut leur montrer en suppl�ment des sc�nes
qui feraient d�gueuler les singes du Jardin des Plantes.
�a m'�tonnerait qu'avec vos scrupules, vous fassiez jamais un premier film.
Faites entrer Ploumenech. Un des auteurs les plus dou�s de Paris!
Il devait retoucher votre sc�nario. Il vous aurait arrang� votre truc!
Enfin, tant pis, hein...
Vous allez continuer � faire de la pub.
Ben quoi? C'est marrant, la pub!
Non?
Voil� M. Ploumenech, M. Perrin... Il nous reprend son sc�nario.
Mais non, ce n'est pas moi, c'est... - Oui, son co-auteur fait des mani�res.
Enfin, tout �a n'est pas grave! Allez, bonne chance, mon petit vieux!
J'y suis oblig�, tout de m�me. On l'a �crit ensemble, ce sc�nario...
Vous savez ce qu'il fait, le co-auteur?
Il est dans une fabrique de nouilles.
En province.
Mais il est compl�tement en dehors du coup, le malheureux!
Bon, maintenant vous savez ce que ferait Ploumenech � votre place?
Non? Eh bien, moi, je vais vous le dire. Il appellerait votre type, l�-bas...
il lui dirait qu'on tourne le sc�nario tel quel.
sans modifications. Le type nous signe une lettre d'accord,
et puis apr�s, on fait ce qu'on veut. - Mais c'est pas tr�s honn�te.
Non, mais... je vous dis
ce que ferait Ploumenech qui est un vrai professionnel, lui.
Bon, je vais r�fl�chir. - Ah non, la valse h�sitation, termin�e!
�a fait pr�s d'un mois qu'on se chatouille, j'ai plus le temps, moi.
Non! Ou vous appelez votre copain tout de suite ou on n'en parle plus!
Et il va dire quoi quand il verra le film? - Ben, il retire son nom.
Le film lui pla�t pas, il signe pas. Et il a touch� son ch�que.
Hein, Ploumenech?
C'est dommage. Votre sujet m'int�ressait.
Vous m'�tiez sympathique. J'�tais pr�t � vous donner votre premi�re chance.
Vous pourrez dire merci � votre copain l�.
Demandez-moi l'usine Ferroni � Toulon!
Vous savez ce que vous faites, hein? Je ne vous force pas la main.
Non, non.
Appelez-moi l'usine Ferroni � Toulon! On ne change pas une virgule,
mais j'ai besoin d'une lettre d'accord.
J'vous passe l'usine tout de suite, M...
Je soussign�, Mercier,
Henri Robert,
autorise les productions Bob Morlock
� produire le film
dont je suis l'auteur avec Fran�ois Perrin.
Que se passe-t-il, p�re? - Tu as sign� ton crime, Maurice?
Ah, cette bague! - Ton silence est un aveu.
Tu seras ex�cut�!
Bon merde, le texte maintenant. - Ho, ho, ho!
Oh, �a va. �a ne peut pas �tre lui, il a la m�me bague.
Excuse-nous, Maurice, oh!
Fran�ois!
C'est � chier ou quoi? - Heum? Hein?
Tu tires une tronche comme �a! - Non, c'est bien. C'est tr�s dr�le.
Tr�s dr�le. - �a a pas l'air.
Au revoir, Christine!
�a va pas? - Si, �a va.
Y a rien � manger � la maison. On va au restaurant?
On se fait la f�te. Tu veux manger chinois?
Moi, j'ai faim. T'as pas faim, toi?
J'ai sign� avec Morlock.
Je sais exactement ce que tu penses. Alors ne dis rien, c'est pas la peine!
C'est ma seule chance de faire un premier film! On ne peut pas d�marrer autrement.
Regarde autour de toi, tout le monde y passe!
Derri�re, j'en ferai un 2e, puis alors celui-l�, y sera chouette.
Oh, oui, quand je pense au 2e, sans concession.
Pour �a, y faut passer par Morlock. Dans le cin�ma, c'est comme �a.
Tant t'as pas fait ton premier film, t'existes pas, c'est bien simple.
Y a que �a qui marche, surtout! C'est le public qui d�cide, finalement.
C'est lui, y a rien � faire! C'est lui qui fait ce qui veut.
�a l'amuse, �a l'excite, �a le d�foule. Moi, je ne sais pas, moi...
Mais Christine!
Qu'est-ce que tu fais? - Ben, je me d�foule, mon ch�ri.
Je m'amuse, je m'excite.
"Sexe Trouble".
Viens, on va d�ner! - Y t'int�resse pas, ce film?
Commence pas, hein. - Oh non, mais t'es bizarre.
Ecoute, t'es bizarre quand m�me! - C'est bien un porno que tu vas faire.
�a t'int�resse, "Sexe Trouble"? - Ah, �a suffit, tais-toi!
Alors: "p�n�trations non simul�es, �jaculations authentiques."
�a t'int�resse pas? - Chut... Allez, viens!
Ah non! Je veux voir les p�n�trations! - Si tu continues, je fous le camp!
Allez, viens, on s'en va maintenant. - Il y en aura dans ton film...
des �jaculations authentiques? - Eh merde!
Mais reviens, j'ai pas d'argent! Fran�ois!
On va rater la premi�re p�n�tration!
Oh zut, on l'a rat�e.
Fran�ois! Fran�ois!
Pourquoi tu te caches? T'as honte?
Mais viens! - H�, c'est ma femme... h�...
Eh ben, chapeau! - Fran�ois, merde!
Bonjour, M. l'Agent. - Il pr�f�re les flics...
aux histoires de cul maintenant!
Dans quel monde vivons-nous? C'est pas croyable...
Y a quelque chose qui va pas?
C'est mon copain, y va faire un porno. Je voudrais qu'il se documente.
Mais c'est vrai, Fran�ois, tu vas faire un porno, por-no!
Fran�ois, ben attends-moi!
J'ai fait des oeufs, y a plus que �a.
Fran�ois, tu vas pas rester comme �a, dis quelque chose, oh, t'as pas faim.
Tu veux pas un oeuf?
Mais t'as pas d�n�!
Bon, j'aurais pu m'y prendre autrement, mais �coute, c'�tait pas m�chant.
T'es pas un mec qui fait du porno. Ce que je te disais l�, devant ce con
de cin�ma, avec ce con d'film et puis ces cons d'mecs c'est, qu'c'est pas toi �a!
Oh, pardon!
Eh merde!
C'est chaud. - Ah oui, bouge pas.
Bouge pas surtout. - C'est tr�s chaud!
Bouge pas, j'te dis. Attends...
�a br�le? - Non, �a pique!
Voil�, tiens! Un ventre br�l� au deuxi�me degr�.
Oh, deuxi�me degr�! Fais voir.
Oh non, �a va comme �a! Me touche pas!
Je vais faire ce film! Tu pourrais dire tout ce que tu voudras, �a changera rien!
Qu'est-ce que tu fais? Tu pleures?
Christine...
H�!
Je voudrais bien, mais j'y arrive pas.
D'accord, tu fais du porno, mais pas avec moi.
Dis donc. Mercier va se lancer dans le cin�ma.
Vous nous quittez, Mercier? - Non, j'ai �crit un film,
mais je n'abandonne pas l'usine. - Il voudrait prendre un peu de son cong�.
Oui, juste 1 semaine. Le temps de donner un coup de main � mon metteur en sc�ne.
Oui, vous prendrez un peu moins cet �t�. - Merci, Mme Ferroni.
Un film?
Mais c'est passionnant �a, dites-moi! - On a beaucoup travaill�,
Fran�ois et moi. On a choisi un sujet difficile et on l'a trait� honn�tement,
sans concession. �a peut faire un grand film, �a s'appelle "Le Miroir de l'Ame".
J'ai chang� le titre, parce que "Le Miroir de l'Ame", c'�tait impossible!
Hou l� l�, "La Vaginale"...
�a se retient mieux, non? - Oui, oui, c'est pas mal...
C'est pas mal du tout, m�me. Bob Morlock pr�sente...
"La Vaginale", un film de Fran�ois Perrin.
Oui, on a envie de voir, c'est s�r. - Et c'est pas vulgaire.
Non, c'est tr�s bien. Bravo, Ploumenech! - �a n'a rien � voir avec l'histoire!
C'est plus tout � fait la m�me histoire. - Et c'est quoi, maintenant?
Ben c'est...
Quoi? Venez...
Donnez �a tout de suite � la photocopie. - Et "Les Pipeuses", M.?
Laissez tomber, c'est plus urgent, �a.
On va aller d�jeuner, hein? Et vous nous raconterez la nouvelle version � table.
Mercier, vous nous le racontez, ce film? - Oui, en 2 mots:
c'est l'histoire d'un commando de terroristes poursuivi par la police,
et qui se r�fugie dans une propri�t� de grands bourgeois.
Il y a un coup de foudre entre le chef du commando et la jeune fille de la maison.
Ah bon, c'est une histoire d'amour? - Oui, mais compl�tement � contre-courant.
Hein, tr�s pure, tr�s platonique. Une sorte de Rom�o et Juliette politique,
si vous pr�f�rez. - Tr�s originale, comme id�e.
J'aime beaucoup le personnage de la fille. - Ah oui, comment est-elle?
Nymphomane. - Hein?
La petite nouveaut� du sc�nario. Il y a toujours un commando de terroristes.
Mais la jeune fille est nymphomane. - Et vous n'imaginez le mouvement
que �a donne � toute l'histoire! Une nympho dans un commando, c'est g�nial!
Mais �a fout toute mon histoire par terre. - Non! Le contenu politique est encore l�!
Mais �a bouge une peu plus, c'est tout! - Oh, c'�tait interminable...
ces discussions. - Mais qu'est-ce qu'ils font � la place?
lls partouzent!
Toute la nuit, passionn�ment. Et � la fin, la jeune fille...
est gagn�e par la dialectique du commando et elle se rallie � la cause.
Tr�s, tr�s joli. Tu ne trouves pas �a tr�s joli, Claude?
Si. - Sois gentille, mon ch�ri, va me chercher
les cigares de papa dans le salon. - Ah, mais je... je...
Tu as parl� � Mercier? - Hein?
Oui, bon. Voil�, je dois vous avouer, Mercier,
que ce d�jeuner n'�tait pas tout � fait d�sint�ress�.
Oh! Philippine! Philippine? - Merci.
Vous avez sans doute remarqu� combien notre petite Claude est timide.
maladivement timide, m�me. Si, ah si, si!
Je me suis fait un souci d'encre, j'ai consult� des m�decins, des psychologues...
Il n'y a pas de cigares dans le salon. - Comment?
Il n'y a pas de cigares dans le salon. - Mais si, mon petit, sur le gu�ridon.
Oui, j'ai vu des m�decins... Et vous savez ce qu'ils m'ont conseill�
pour gu�rir sa timidit�? - Non.
Lui faire jouer la com�die. - Ah bon?
C'est sans doute la meilleure th�rapie.
Il n'y a pas de cigares sur le gu�ridon. - Mais �a ne fait rien, mon petit.
Va t'asseoir, va. Nous parlions de toi, justement. Elle suit des cours.
Son professeur la trouve dou�e. Il veut la pr�senter au Conservatoire de Toulon.
Tr�s bien! - Vous me voyez venir, non?
Oui. - Oh, un tout petit r�le, bien s�r,
pas quelque chose d'important. - Je ne pense pas qu'il y ait de probl�me.
J'en parlerai � Fran�ois. Il y aura s�rement quelque chose.
Oh, tu entends? Tu es contente? Eh bien, dis merci!
Merci. - Le r�le de la petite Claire peut-�tre.
Elle a � peu pr�s le m�me �ge.
Et qu'est-ce qu'elle fait dans le film?
Elle se fait sodomiser!
�a va? - Oui.
Tu voulais quelque chose? - Non.
Eh ben, qu'est-ce que tu attends? - Ben rien! C'est ma chambre, non?
Oui. Mais parce que tu lisais l�-bas, je me suis dit: je vais travailler ici.
Oh, je te g�ne? - Mais pas du tout, non.
Enfin si. Je pr�f�re travailler un peu au calme, je...
Ben je vais aller l�-bas, si tu veux. - C'est la nouvelle version?
Hein? - �a l�!
Heu, oui. - Alors, tu es content?
Ah en, je ne l'ai pas lue. - Vous en avez parl� quand m�me?
Ah ben oui...
Oui, on en a parl�. - Alors?
Alors, que veux-tu que je te dise? C'est une version plus efficace,
et avec laquelle je peux �ventuellement faire un film qui marche! Puis voil�!
Erotique, �a bien s�r. - Bien s�r.
Erotique, juste � moi de me d�brouiller pour que ce soit un �rotisme d�licat.
D�licat! - Tu sais...
Voil�... je vais...
Tu sais, il y a une chose � laquelle je tenais beaucoup dans nos rapports...
Hein? - La complicit�.
Il a ab�m� �a aussi, Morlock? - Mais qu'est-ce que tu racontes?
Tu as tr�s bien compris!
Oui, je vous le passe. C'est pour toi!
Ah!
J'arrive!
Oui? - All�? Bonjour, c'est Ploumenech.
Ah! Oui. - J'ai relev� une petite erreur page 48.
Il ne faut pas lire "Vallauris", mais "clitoris".
Clito... Bon.
Je vous remercie de m'avoir appel�. - J'ai pr�f�r� vous pr�venir.
�a me choque, ce Vallauris. - Allez, au revoir.
Un �rotisme d�licat? - Qui t'a permis de prendre ce sc�nario?
C'est interdit? J'ai plus de 18 ans! - Donne!
J'ai lu les premi�res lignes, c'est pas possible!
"La maison, jour. Claire, toute seule dans la grande maison, entre dans le salon..."
Je te demande pas de me faire la lecture! - Donne �a ou je fous le camp!
Si tu refuses, on n'aura plus grand chose � se dire!
"La maison, jour. Claire, toute seule dans la grande maison, entre dans le salon,
et met un peu d'ordre dans la pi�ce". - Eh bien oui, elle fait un peu de m�nage.
Quoi, �a n'a rien de choquant.
"Elle a chaud et retire sa petite blouse qui �tait son seul v�tement.
Toute nue, elle continue � balayer". Le film a commenc� depuis 15 secondes...
et d�j�, elle est � poil! - Mais toutes les com�diennes...
se d�shabillent maintenant! - "Elle s'allonge sur le carrelage et...
se caresse doucement avant de s'endormir". Toutes les com�diennes se caressent...
doucement avant de s'endormir? - Mais c'est une question de traitement!
Cette sc�ne peut �tre charmante si... - "Prise d'une impulsion subite...
elle attrape le balai et se l'enfonce..." - �a suffit maintenant!
Mais tu ne pourrais pas le faire, tu comprends?
Je t'aime parce que tu as attendu 15 jours avant de m'embrasser!
Une fille doit se foutre � poil et se caresser devant les projecteurs?
T'as pleur� la premi�re fois qu'on a fait l'amour.
Je t'aime parce que tu ne parles pas des filles comme si c'�tait de la viande!
Tu ne pourrais pas faire �a! - Si, je pourrais!
J'en ai marre de tra�ner! Je veux r�ussir!
Et je ferai tout pour �a!
Qu'est-ce que tu fais?
Christine! - Tu m'attends, j'arrive!
Excuse-moi pour tout � l'heure, j'�tais nerveux.
Faut pas m'en vouloir. O� sont tes affaires?
Pourquoi? - Bien, pour rentrer chez nous.
Tu l'as foutu � la poubelle? - Quoi? Hein?
Ah non, tu ne m'auras pas au chantage! On ne me force...
Il m'�nerve, celui-l�!
On ne me force pas la main, � moi, hein! Tu as fini, oui?
Eh ben! Tu tournes un film porno? Alors, je te fais ton g�n�rique.
Bravo! Tout le monde est au courant! - Tu ne vas pas t'emb�ter sur le tournage,
avec toutes ces nanas qui vont te montrer leurs fesses, mon gars.
Et dis donc, si tu as besoin d'un chibre, hein, je suis partant.
Christine! - Je vais habiter chez Marianne.
Si tu changes d'avis, appelle-moi. Au revoir.
Fais pas l'idiote, �coute! Je t'en prie. J'ai besoin de toi! Rentre.
Amuse-toi bien sur le tournage!
Eh bien oui, je vais bien m'amuser! Tu peux me faire confiance!
Je ne vais pas pleurer!
Je vais bien me marrer, oui!
Merde! Merde.
Henri...
�a va? T'as l'air content de me voir, dis donc, �a fait plaisir.
Non, excuse-moi, j'ai eu un accrochage avec Christine tout � l'heure.
Ah! bon c'est pas grave, j'esp�re. - Non. Je sais pas, elle est partie.
Mais pourquoi? - Oh, �a serait trop long � expliquer.
Oh! Mon pauvre vieux. Bon, dis-moi, le film, comment �a se passe?
Justement, faut que je t'en parle... - Attends! Les bonnes nouvelles d'abord!
Mme Ferroni nous pr�te sa villa de Saint Tropez. Chouette, non?
Comment? - Pour le tournage.
Je lui ai racont� le sujet. Ils ont une propri�t� magnifique...
et ils la mettent � la disposition de Morlock.
Ne m�langeons pas Morlock et Ferroni. - C'est fait, mon vieux! Elle a �crit...
une lettre � Morlock. La villa nous appartient pour la dur�e du film.
Je suis efficace quand je m'y mets, non?
Y a juste une formalit�. J'ai promis un r�le � la petite Ferroni.
Oh non. - Mais si, elle est adorable!
Un peu timide peut-�tre, mais adorable. Non, arrange-toi pour la faire jouer.
Gr�ce � ce film, dis donc...
je suis en train de me faire une situation � l'usine!
Tiens, je t'ai apport� des p�tes. Je suis dans les petits papiers...
de Mme Ferroni en ce moment. Et c'est elle qui d�cide tout � la bo�te.
Hop l�! Je vais peut-�tre devenir directeur g�n�ral.
Gr�ce � la petite Claire? - Oui, c'est le personnage...
auquel j'ai pens�. Tu sais, la petite qui balaie au d�but du film.
Ah je vois, oui. - Bon allez, raconte. �a se passe bien?
Bien. Enfin bien, heu, �a... - Je me fais couler un bain,
et tu me racontes, hein?
Et tu tournes quand?
Dis-moi, Henri... - Ouais?
Je me demande si on n'a pas eu tort de pas ajouter un peu d'�rotisme dans le film?
H�, h�, pourquoi? - Parce qu'on va faire un truc aust�re
et qu'on risque de se casser la gueule. - Mais non!
Avec ta pudeur et ta morale, je vais avoir 3 pel�s et 1 tondu dans la salle.
Et �a sera premier et dernier film! - Il s'agit d'esth�tique!
Ah, le porno, je trouve �a moche! Les gros plans d'organes, c'est pas beau.
C'est une question de traitement, �a. - On peut faire un bon film sans �a.
Et je sais que tu penses comme moi. - Si c'est l�ger...
Ah, ah, ah, il me fait marcher, ce con!
Et moi, je plonge! - Eh ben, plonge, plonge!
�a va? - �a va, et vous?
�a va. Vous �tes l� depuis longtemps? - Non, 2 minutes. Un caf�?
Ah tr�s bien, oui. - On peut avoir un autre petit caf�?
Je pr�f�rerais qu'on se parle avant de monter chez Morlock.
Je vous �coute.
J'ai lu attentivement le script, et je suis un peu perplexe.
Ah bon? - Oui, il y a certaines sc�nes �rotiques
qui sont un peu, comment dire, un peu outr�e.
Et m�me il y en a certaines que je n'ai pas comprises, carr�ment.
Comment �a? - C'est tellement compliqu� par moments.
Quelles s�quences? - J'ai not�.
C'est... Ah, l�, page 8.
Qu'est-ce qu'ils font dans les gla�euls?
Faites voir. - Tu veux quel parfum, ma ch�rie?
Une glace au chocolat. - Et un Cinzano.
Oui, eh bien, c'est tr�s clair, �a!
Quoi? Bon...
Vous avez le parterre de gla�euls. La petite qui se...
Et le jardinier qui arrive et qui la...
Ah bon.
C'est pas elle qui? - Non. Elle se... et lui, il...
Enfin, vous voyez ce que je veux dire. - Mais qui est dessus?
Ben, lui. - Et c'est elle qui est en-dessous?
Ben non, elle est devant.
Non, mais qui est dessous alors?
Oh mais, il n'y a rien dessus! Y a pas de cerises dessus!
Pas sur la glace au chocolat. - Attendez, faites-moi voir,
moi, je m'y perds.
J'y suis. C'est elle qui est dessus, lui est devant, et le jardinier qui les...
Il est pas un peu... le jardinier? - Oh ben, si, justement.
Ah bon.
Et vous trouvez �a clair? - Oui, oui. J'ai flott� un peu au d�but
parce que j'en �cris un autre.
Mais il n'y a pas de probl�me. Rien d'autre?
Oui, attendez, j'ai not� la page. Page 12, il y a un mot
que je ne comprends pas.
Ben, �a, c'est le...
Ah bon? - Oui, mais en argot.
Et il arrive � le plier? - Ben, en prenant de l'�lan. Voil�!
C'est tout? - Est-ce que je peux �tre franc...
avec vous, Ploumenech? - Je vous en prie.
Ben... C'est toutes les sc�nes qui me posent un probl�me.
�a, c'est ennuyeux, dites-moi. - �a vous pla�t, � vous, le porno?
Mais non, pas du tout. Moi, je touche mon ch�que, c'est tout.
�a vous dirait rien de signer un jour un sc�nario convenable?
Si, bien s�r. Mais il y a Morlock. - Je suis dans un p�trin �pouvantable!
Mon co-auteur a d�barqu�, je... - Le type des p�tes, l�?
Oui, le type des p�tes. Vous voulez pas qu'on demande � Morlock
si on peut pas faire le film d'une mani�re un peu plus fine, un peu moins salace?
Si, heu... - En s'y mettant tous les 2,
on arriverait peut-�tre � le convaincre. Vous voulez pas qu'on essaie?
Oh! D'accord.
Oui? - Faites entrer Ploumenech et Perrin.
Entrez, il vous attend!
J'ai lu le sc�nario cette nuit, Bob... - �a manque de sexe, hein?
Pardon? - Bon, c'est quoi, �a, Ploumenech?
C'est No no Nanette? C'est le G�n�ral Dourakine? Vous vous rel�chez!
Mais Perrin disait au contraire que... - 46 minutes de sexe! J'ai v�rifi�.
Dans un film d'une heure et demie! - �a me para�t d�j� beaucoup, � moi.
Ah oui? Dans la derni�re production am�ricaine, il y a 1 heure 28 de sexe!
Dans un film d'une heure 30. - Les 2 minutes qui restent, c'est quoi?
Psychologique. - On voulait vous dire...
Ploumenech et moi, on voulait vous dire...
Ben quoi?
Euh non, y a rien. C'est � dire qu'on voulait vous sugg�rer...
une petite coupe par-ci, par-l�, mais puisque vous n'y tenez pas...
Ben h�, h�. - Juste une, alors une petite...
Ben o� �a? - La sc�ne o� le jardinier...
poss�de la petite Claire sur la table... - Oui?
Et lui verse des p�tes sur le ventre. Il faut absolument prendre des p�tes?
Ben non, pas du tout! - Des �pinards, des haricots verts, oui,
mais c'est les p�tes qui me g�nent un peu.
Mais bien s�r, c'est un d�tail! Puisqu'on est d'accord sur le sc�nario, au travail.
C'est une de mes toutes premi�res productions, le film n'est pas tr�s bon,
mais la fille est int�ressante. En plus, elle est libre. Tiens, regardez.
Qu'est-ce que c'est? - Bien, c'est elle.
Mona Duroc, une des stars fran�aises du porno!
Mais pourquoi elle est si loin? - C'est une petite astuce de production.
Vous foutez une fille � poil sur une plage le plus loin possible.
Et vous la faites venir vers la cam�ra. Ce sont des plans qui ne co�tent pas cher.
Faut y aller � l'�conomie dans le porno, mon petit vieux.
Il reste un bon bout de chemin � faire. - Non, mais vous allez voir �a.
Elle a une paire de seins, c'est quelque chose! Et puis des cuisses, mon vieux!
Elle sera l� quand, environ? - Non, on va l'acc�l�rer un peu.
Tu m'acc�l�res un peu, Coco, s.t. p? - J'suis pas press�...
La voil�! - Oh! Elle est pass�e. Stop!
Eh bien, o� elle est? - Il l'a laiss�e passer, cet abruti!
Moins vite, merde, ce n'est pas les 24 heures du Mans! Reviens en arri�re!
Stop! Ah, cette fois-ci on la tient!
Alors?
C'est un peu flou, non?
Comment �a, c'est flou?
Vous trouvez �a flou, vous? - Pas du tout.
Vous pouvez juger, tout de m�me?
- Ote-moi �a et envoie-moi la troisi�me
bobine des "Suceuses", mon poulet. Bon, je vais en montrer d'autres.
Mais vous avez tort de faire le difficile. Une fille comme Mona Duroc...
a une qualit� �norme: elle fait tout ce qu'on lui demande. Hein?
Et m�me en dehors du plateau.
Tiens l�, l�, voil� une s�quence int�ressante.
Qu'est-ce que c'est? - Ben, une partouze.
Ah bon? - Qu'est-ce que c'est alors? Un safari?
Ah ben! excusez-moi, mais je n'y vois pas grand chose de nouveau.
C'est mal �clair�, non? - Au train o� �a se tourne, ces trucs-l�,
les �clairages, on s'en fout! Hein! Stop! 3 semaines de tournage maximum, un porno,
sinon, c'est pas rentable. Alors, si certaines s�quences sont un peu sombres,
on n'en fait pas une maladie. Voil�! Bon, c'est la petite brune, l�-bas.
O� �a? - Et ben, sous le gros type chauve,
� droite de l'�cran!
Vous voyez, vous, un type chauve? - Ah non, pardon.
Partez du pied, l�-bas, � l'extr�me droite.
Le pied, oui. - Suivez la jambe, l�.
Vous la suivez? - Oui, oui.
Sautez les 2 lesbiennes l�, vous arrivez sur une fesse.
L�, juste sous le n�gre.
Ah oui, oui, oui... - L�, vous y �tes?
Non. - Bon. Allez, �a va comme �a! Rallume!
Vous allez lui donner un coup de main, Ploumenech.
Ploumenech va vous servir d'assistant. Il a d�marr� dans le m�tier comme �a.
Vous prenez l'�quipe habituelle et vous vous occupez des petits r�les.
Pour les r�les principaux, je ferai venir les filles au bureau.
J'esp�re que vous y verrez plus clair. Mais faut faire vite!
Je voudrais que vous soyez � Saint-Tropez avec toute l'�quipe le plus vite possible.
Exactement! Oui, d'accord! Non, mais �a c'est s�r, oui.
Ah, c'est tr�s gentil �a. Oui, je vous remercie.
Au revoir, Madame.
Mme Ferroni. Elle a fait ouvrir la maison de Saint-Tropez.
Et elle a m�me demand� qu'on chauffe la piscine. Sympa, non?
Plus je relis le Miroir de l'�me et plus je trouve �a formidable.
Dis donc, elle a pas t�l�phon�, Christine? - Non. J'ai pas boug� de l�, alors.
Eh!
Fran�ois! Pourquoi tu lui t�l�phones pas?
On tourne!
R�ception des petits r�les pour "La Vaginale"...
Mais qu'est-ce que tu fais l�, toi? - Bonjour.
Qu'est-ce que tu fais l�? - Eh bien, j'attends de passer l'audition.
Viens!
�a veut dire quoi, tout �a? - Je veux jouer dans "La Vaginale".
Bon, on a assez ri, maintenant, tu ne crois pas?
Tu laisses tomber tout ce cirque minable et on s'en va.
S�rement pas.
Je vais rejoindre mes petites camarades.
Mais qu'est-ce que tu esp�res exactement? - J'en ai marre de me tra�ner, moi aussi!
Je veux r�ussir, je ferai n'importe quoi pour �a!
Tu vas te retrouver dehors, et vite fait! - J'ai vu ton producteur, hier.
Bob. Je ne lui ai pas dit que je te connaissais et il a �t� charmant.
Il m'a invit�e � d�ner. Et il a promis de m'auditionner en priorit�. J'y vais.
Je vais lui dire que tu fais �a rien que pour m'emmerder.
Et il te foutra imm�diatement � la porte. - Tu crois?
Allons, va m'attendre � la maison. Tu n'as rien � faire ici.
Et "Les Masturbeuses"? C'est une autre production de Bob.
Il m'a promis un r�le dans ce film si je jouais pas dans la "Vaginale".
Tu ne feras rien nulle part!
Parce que Bob est mon producteur. Et qu'il est trop malin
pour risquer des salades. Et je vais lui dire imm�diatement!
Fran�ois!
Alors. Si tu racontes nos petites histoires � Morlock,
moi, je vais dans une autre maison de production accepter n'importe quel porno.
Le plus d�gueulasse �videmment!
Tu vas pas faire �a! - Alors "La Vaginale" serait encore mieux.
Christine!
Annoncez-moi � M. Morlock, s.v.p... - Un instant, il est au t�l�phone.
�a va? - �a va, oui.
J'ai relu votre truc, cette nuit. - Hein?
La Vaginale! - Vous pouvez m'annoncer maintenant?
Oh! Sale type.
Bon, je vous laisse, mon petit vieux. J'ai Perrin dans mon bureau.
Bonjour, Bob. - Bonjour. C'est Ploumenech.
Il a distribu� tous les petits r�les, il peut partir pour Saint-Tropez demain.
J'ai une bonne surprise pour vous. Envoyez-moi Mlle Lefevre, s.v.p...
C'est une petite qui fait du caf�-th��tre. Mais mignonne! Jeune, fra�che.
Et tenez-vous bien, hier, elle vient me voir, et elle me dit
qu'elle veut faire du porno.
Entrez! Entrez, entrez mon petit!
Christine Lefevre, Fran�ois Perrin, le r�alisateur de "La Vaginale".
C'est formidable.
Qu'on nous d�range pas pendant 30 minutes! Tout va tr�s bien se passer. Pr�te?
Oui. - Bob!
Il faudrait peut-�tre l'avertir qu'�tant donn� le style de film...
que nous pr�parons, l'audition risque d'�tre un peu particuli�re.
Le film s'appelle "La Vaginale"! Elle se doute bien
qu'on ne va pas lui demander un num�ro de claquettes! Hein?
Vous inqui�tez, mon petit. - Non, non, mais je ne m'inqui�te pas.
Bon, alors, allons-y! - Tu vas regretter ce coup de t�te!
Comment? - Non, non, rien.
Allons-y. - C'est �a, oui, allons-y.
Non, le principe de l'audition est tout simple. Voil� un livre,
C'est "L'Ecole des Femmes" de Moli�re. Alors, je vais vous demander
de lire une sc�ne. - Une sc�ne de "L'Ecole de Femme"?
C'est �a, oui. S.v.p., oui. Voil� celle-l�, l�.
C'est tout?
C'est comme une audition normale alors. - Non. Elle fait une premi�re lecture...
puis elle lit la m�me sc�ne une 2e fois, mais toute nue. Une fille peut �tre...
une tr�s bonne com�dienne habill�e et puis perdre tous ses moyens � poil.
Alors, avec cette m�thode, y a pas de surprise.
Elle ne va pas lire �a tout nue? - Mais pourquoi pas?
Mais enfin, Moli�re! - Il en a vu d'autres au Fran�ais.
Vous �tes pr�te? - Oui.
Vous acceptez le principe de l'audition?
Oui. - "Mais il me semble Agn�s,
si ma m�moire est bonne. Que j'avais d�fendu
que vous vissiez personne." - "Oui, mais quand je l'ai vu,
vous ignorez pourquoi. Et vous en auriez fait, sans doute, autant que moi."
"Peut-�tre, mais enfin, alors contez-moi cette histoire."
"Elle est fort �tonnante et difficile � croire. J'�tais sur le balcon � travailler
au frais, lorsque je vis passer sous les arbres d'aupr�s. Un jeune homme bien fait,
qui rencontrant ma vue, d'une humble r�v�rence aussit�t me salue: Moi,
pour ne point manquer � la civilit�.
Je fis la r�v�rence aussi de mon c�t�." - �a va, c'est parfait.
Alors, voyons la suite maintenant.
Mais elle vient � peine de commencer! Laissez-la lire un peu, tout de m�me!
Mais �a va. Je vous dis, elle parle juste, elle a une bonne diction, �a suffit.
Vous pouvez garder vos chaussures. - Voulez-vous me lire encore un peu?
Mais non, mais non! - Mais je ne peux pas juger sur 3 lignes.
Et je suis assez inquiet de sa diction. - Mais on s'en fout de sa diction!
Qu'est-ce que vous venez nous emmerder avec sa diction, mon petit vieux!
M. Morlock veut sans doute dire que dans l'oeuvre
que vous allez signer, c'est surtout le cul qui a de l'importance.
Sortez! Allez! - Mais qu'est-ce qui vous prend?
On n'a pas besoin d'�tre 50 pour voir �a! C'est moi qui travaille!
C'est mon travail aussi, tout de m�me! - Pendant le plateau, une �quipe minimale!
On doit tourner vos saloperies de porno, mais il faut aussi respecter la pudeur!
J'ai toujours assist� aux auditions, et personne m'a jamais parl� sur ce ton!
Eh ben moi, j'vous parle sur ce ton!
Il jurait qu'il m'aimait d'un amour sans seconde,
Et me disait des mots les plus gentils du monde,
des choses que jamais rien ne peut �galer,
Et dont toutes les fois que je l'entends parler,
La douceur me chatouille et l�-dedans remue.
Certains je ne sais quoi dont je suis toute �mue.
Il me prenait...
les mains...
et les bras, et de me les baiser...
il n'�tait jamais las."
�a suffit, peut-�tre, non?
Hein? Oui, oui, c'est parfait.
Je peux me rhabiller? - Oui, oui! Mais je vous en prie.
C'�tait tr�s bien. - �a vous ennuierait
de me laisser le bureau? - Mais pas du tout.
Rhabillez-vous tranquillement, mon petit, venez, Fran�ois.
A tout de suite.
Vous m'insultez, vous me foutez � la porte de mon bureau! �a veut dire quoi, �a?
Un peu de nervosit�, excusez-moi. Trop de travail sans doute.
Il faut vous surveiller, mon petit vieux! Qu'est-ce qu'il y a qui ne va pas?
M. Morlock! Vous pouvez venir une seconde?
Ah, Mona! J'esp�re qu'on va se retrouver.
Ah, moi aussi, Bob. �a va? - Et puis y a 2 autres filles,
mais �a, je voudrais avoir votre accord... - Pour moi tout est OK. Et pour vous?
�a va, oui, oui. - Bon, mes enfants. Je vous pr�sente...
Fran�ois Perrin, votre metteur en sc�ne. - Bonjour, je peux vous voir un instant?
Il faut trouver un partenaire � la petite. Merci, Ploumenech.
O� sont les photos des hommes?
C'est vous qui les avez prises encore?
Ah, Marie-France! C'est les meilleurs sp�cialistes de Paris.
Qu'est-ce que c'est que �a? - Certains com�diens n'envoient que le bas
de la photo. Mais vous verrez, on les reconna�t tr�s bien avec l'habitude.
Celui-l�, c'est Slimane. Il travaille beaucoup. Comment le trouvez-vous?
J'aimerais bien voir le haut. - Je ne sais pas si on a son visage
dans les s�ries... Tiens, celui-l�, il serait pas mal...
en chef des terroristes. Ils feraient un beau couple, avec la petite.
Il est d�gueulasse, affreux, il est plein de poils! Il a des boutons partout!
Ah oui, mais attendez. Je l'ai en action quelque part. Vous allez voir.
C'est quelque chose. Ah, regardez-moi �a.
Ben, il louche, en plus! - Comment �a, y louche?
Ah oui, c'est vrai. Tiens, personne n'avait jamais remarqu� ce d�tail.
Je peux? - Oui. On vous choisit un partenaire.
Vous voulez jeter un coup d'oeil? - Non merci, j'ai un rendez-vous.
Bon, passez me voir demain, mon petit. Je vais vous r�diger le contrat.
Au revoir. - Au revoir.
Et: bravo!
Tout de m�me, pas de petit mot gentil? - Bah!
Bon, je vais lui dire un petit mot gentil!
Vous descendez? - Oui, je descends.
Christine! Alors, tu es content? - Et toi?
Ah, M. Perrin, je voudrais vous parler!
J'voulais vous dire...
Elle est mignonne, hein? - Pas la peine de chercher, c'est le 2e.
Lequel? Lopez? - Celui qui louche, l�.
Celui avec plein de poils et des boutons. - Oh! oui, c'est Lopez, il est horrible.
Oui, il est peut-�tre un peu monstrueux... - Parfait! C'est celui-l� que je veux!
Bon, vous allez pouvoir partir. Occupez-vous de son billet d'avion.
Vous ne pourriez pas me les convoquer tous les 2 demain matin dans mon studio?
Pour quoi faire? - Des essais de photos.
Faites-moi donc un jeu de photos pour mes acheteurs, mais bien �rotiques, hein?
C'est ouvert!
Bonjour. Voil� votre billet d'avion. - Merci. Posez-le sur la commode.
Excusez-moi, je ne suis pas habill�...
Fran�ois!
Fran�ois!
lls vont arriver. - Qui �a?
lls t'ont pas dit au bureau? - Ben non, ils m'on juste dit
de venir l�.
Viens voir, viens!
Je dois faire des photos.
C'est une id�e de Morlock. Il a besoin de photos �rotiques pour ses acheteurs.
Quoi?
Moi, j'�tais contre, bien s�r, hein!
Lopez... il s'appelle, le type, Lopez.
Je l'ai vu hier en diapositives. Je n'en ai pas dormi de la nuit.
C'est un monstre, il est affreux. Non, mais je ne plaisante pas.
Bon, tu sais ce qu'on va faire? - Non.
Je dirai � Morlock que tu n'es pas venue. - D'accord.
Allez, cache-toi vite, ils vont arriver. - D'accord. On se cache ensemble?
On les laisse sonner. - Ah! non, il faut que je les re�oive!
Pourquoi? - Eh bien, pour leur expliquer.
Et puis il faut que j'arrange un autre coup. Mais?
Qu'est-ce que tu fais? - J'attends Morlock.
Mais, Christine? - Pour faire ces photos �rotiques.
Mais je te dis qu'il est monstrueux!
C'est un singe tatou�!
Il louche! Arr�te de faire l'imb�cile, Christine! Va dans la chambre maint...!
Oh l� l�. H�!
C'est moi qui ai demand� ces photos hier!
C'est un jeu absurde, on n'arrivera � rien comme �a.
C'est toi qui as? - Ben oui, j'�tais furieux...
apr�s ton num�ro chez Morlock. Je te dis tout. Maintenant, tu vas dans la chambre.
Et demain? Tu fais les photos avec une autre fille?
Oh, qu'elle est chiante!
C'est lui! - Tu voulais me faire caler?
Comme toi hier chez Morlock? - Entrez, c'est ouvert!
Oh non, non, non!
Il est atroce, sale, vulgaire! Tu es folle!
Bonjour, bonjour. - Bonjour.
Ah! mes enfants, Lopez n'a pas pu venir. Il a pris froid pendant son tournage.
Alors j'ai amen� Aldo pour le remplacer. - Bonjour...
Bonjour. - Vous allez bien?
Tr�s, tr�s bien, oui. - Attendez, attendez-moi!
J'ai choisi Lopez, moi! - Aldo le remplacera tr�s avantageusement.
Je l'ai eu dans 2 ou 3 films. C'est un excellent professionnel.
Ah, s�rement. - Bon, j'ai une journ�e tr�s charg�e.
Alors, si on s'y mettait tout de suite? - Se mettre � quoi?
Aux photos, pas � faire des cr�pes. - Tu viens!
Oui!
Alors, ils vont pas bien ensemble? lls forment pas un beau couple?
Ben, je trouve qu'il a un... - Dis donc, je t'ai jamais vue.
�a fait longtemps que tu fais �a? - Non, c'est la premi�re fois aujourd'hui.
Ah, c'est pas vrai! Tu vas voir, c'est pas tr�s compliqu�.
�a peut m�me �tre parfois tr�s agr�able.
Ah oui? - Heum...
Vous me faites une dizaine de positions marrantes.
Je les enverrai, en d�pliant, � mes acheteurs avec un petit r�sum� du film.
Tu as froid? Tu as les mains gel�es. - Non.
Bon, �coute, pour que �a se passe bien... - Oui.
On va faire un truc. Tu vas penser qu'on a d�j� fait l'amour tous les 2...
et que �a s'est bien pass�, que �a t'a plu...
et que tu as tr�s envie de recommencer. D'accord?
D'accord, oui. - Bon, allez, vas-y. R�p�te. �a m'a plu,
et j'ai tr�s envie de recommencer. - �a m'a plu,
et j'ai tr�s envie de recommencer. - Je crois que c'est bien parti, tout �a!
Bon allez, d�shabillez-vous, mes enfants! Ben, au boulot, mon petit vieux!
Ah! - Je suis d�sol�!
Attention! - Ah, mon pied! Oh, le con!
Oh, pardon! Oh, l� l�! Excusez-moi! - Ah! Ma main!
Voil�. C'est fini, la main. L�, c'est fini.
Et puis je lui �crase la main en plus!
Ah l�, l�, ma main!
On tend bien ses petits doigts.
L�, comme �a...
Ah! nom de Dieu, que �a fait mal!
Et hop-l�!
Mais, qu'est-ce qui se passe encore? - Il a fait sauter les plombs, ce con.
Ne bougez pas, je reviens.
Le disjoncteur est dans la cuisine.
Fran�ois!
Qu'est-ce que tu lui as mis, � ce pauvre mec.
C'�tait pas la peine, tu sais. Je serais pas all�e plus loin.
Non, pas jusqu'au bout, non.
T'as raison, c'est un jeu de cons.
Je ne t'emb�terai plus, je te promets. Fais ton film.
Puis tu sais, surtout, on va finir par se d�tester.
Alors �a... oh non, non, non...
Non, je veux pas.
Moi non plus. - Tu rallumes?
J'vais m'expliquer avec Morlock.
Fran�ois! Qu'est-ce que vous foutez? - On arrive!
Fran�ois! Le disjoncteur! - Ah oui.
Alors? - Heu quoi?
Le disjoncteur. - Il n'y a plus de disjoncteur.
Enfin, je veux dire, ce n'est pas qu'y a pas, mais c'est pas le disjoncteur.
C'est les plombs du palier. Alors quand je l'ai...
l�, ce, �a, �a n'a...
Qu'est-ce que tu racontes? - J'veux dire, les plombs du palier...
Christine! Laisse-moi t'expliquer, c'est la secr�taire du palier,
de, euh, Morlock. Elle est venue ici pour m'apporter un billet d'avion et...
Et elle est dans le placard? - Oui. Elle est dans le placard.
Et qu'est-ce qu'elle fait dans le placard? - Je sais pas ce qu'elle fait l�.
Bonjour, Madame.
Christine! M'enfin, c'est absurde! y a rien entre cette femme et moi!
Chris!
Tu me d�poses? - Oui.
La s�ance est remise. C'est les plombs du palier qu'ont saut�.
Ah bon. Et Fran�ois? Fran�ois!
Christine! Ecoute-moi! - Je croyais que tu tournais un porno...
pas un vaudeville!
Ben alors, qu'est-ce qui se passe? - Je vais tout vous expliquer.
M. Perrin! Ah, M. Perrin...
Sapristi, qu'est-ce que c'est que �a? - Elle a tout fait rater, cette folle!
Mais c'est votre faute aussi, depuis 2 ans que je tape vos salet�s!
Y a 2 ans j'�tais pas comme �a! Et puis j'ai tap� "Les Suceuses",
"Les Branleuses" et tout �a! Je me suis mise � r�ver la nuit!
Y a 2 ans, la nuit, je r�vais de chiffres! Vous savez � quoi je r�ve maintenant?
Non, mais calmez-vous! - Je vous demande pardon, M.!
Mais Marie-France... Mais o� allez-vous?
Bonjour...
On se retrouve demain matin � Orly.
Allez viens!
Mais o� on va? - Allez!
Non, mais explique-moi! Mais o� on va? - Chez Morlock!
Mais pour quoi faire? - Arr�ter le film!
Alors �a, hein...
de frapper un homme qui tient un volant. - Je comprends rien du tout.
Tu vas comprendre. Mais n'oublie surtout pas que je suis en train de conduire.
La serviette, derri�re.
Ouvre.
Qu'est-ce que c'est que �a? - C'est ton sc�nario.
Je suis � 40 � l'heure. - Mon sc�nario?
Oui. Ton contrat est une escroquerie. On a transform� ton film en porno.
Regarde le compteur, alors pas de mouvements brusques!
Tu rigoles ou quoi? - Non, je suis un salaud.
Tu as offert un r�le dans "La Vaginale" � la fille de ton P.D.G... Fais pas le con!
Quoi? - 55! Attention!
�a va pas, non?
Salaud, va! Ordure!
Tu vas voir ta gueule! - Ecoute, Mercier!
Non, rien du tout! - Non, Henri!
T'es un d�gueulasse. Salaud, va!
Fumier!
Ploumenech est d�j� parti! - Hein?
Ploumenech est d�j� parti! - Quoi?
Dans la villa des Ferroni. Ils sont tous l�-bas!
C'est pas vrai? - Puisqu'il vous le dit!
Mais si! On perd du temps, bon Dieu! - Chez Morlock! Vite!
Y a des jours comme �a.
Il y aura un huissier � Saint-Tropez. - Mais...
Y a pas de mais. Vous m'avez sign� une lettre d'accord, alors j'ai pris un auteur
pour retoucher le sc�nario, mis mon film en route, et vous venez m'annoncer
que vous laissez tomber? Je peux vous forcer � payer un d�duit!
2 millions, le co�t du film. 200 millions anciens, 100 millions chacun.
Je l'ai d�j� vendu, votre film! En Hollande, en Suisse, en Belgique...
Je perdrais �a parce que mon r�alisateur a des probl�mes sentimentaux...
avec son interpr�te!
Ah, m'enfin je r�ve!
Mais si j'�tais vous, je prendrais Mona Duroc � la place de Christine!
Puis je ferais mon film tranquillement. - Mais pas chez les Ferroni!
D'accord.
D'accord, mais alors vous me trouvez dans les 24 heures une villa.
Et du m�me standing!
Mais attention...
Mais qu'est-ce que je vais dire � Ferroni? Vous vous rendez compte?
Oui, oui. R�glons les probl�mes dans l'ordre, s.v.p...
Alors, Fran�ois, vous faites le film, ou pas?
Je veux parler � Christine d'abord.
Elle est partie. - Quoi?
"Mlle Christine a appel� pour dire de ne pas s'occuper de son billet d'avion.
Elle partait pour Saint Tropez avec Aldo."
Alors?
Je tourne avec Mona Duroc, sans Aldo. Il faudra lui trouver un rempla�ant.
Mon probl�me, � moi! Il est pas r�solu, mon probl�me!
Et la petite Ferroni qui va... une jeune fille si... Pauvre petite!
J'ai lu ta sc�ne. Ce que tu lui fais faire, � la petite...
Assez! Tu me parles de la petite Ferroni au moment o� ils font la d�nette!
Et je vois les 2, l'auberge, le feu de bois!
Le repas aux chandelles, et la chambre au premier.
Et il parle, elle le d�vore des yeux, et il est content, et il sourit...
avec ses fausses dents! - Ah, il a des fausses dents?
S�rement. Et apr�s le d�ner, ils montent dans la chambre au premier et...
Alors fous-moi la paix avec ta petite Ferroni l�, hein?
On voit bien que t'es pas � ma place!
On se fait monter une bouteille de champagne dans la chambre?
Ah non, j'ai assez bu. - Bonsoir, Mme. Bonsoir, Monsieur...
C'est une bonne id�e, cette �tape, non?
Elle est pas superbe, cette auberge? - Si.
Ce que c'est bon de ne pas baiser!
Tu sais que je suis content
que tu sois amoureuse de ton mec. Tu ne peux pas comprendre,
mais certains soirs, quand j'ai recommenc� 10 fois la m�me sc�ne...
que je suis rest� 9 heures sous les projecteurs,
je me fais des compresses � la maison. Je me mets au lit et je r�ve.
Je r�ve d'une nuit comme celle-l�.
Avec une fille �tendue � c�t� de moi comme une b�che,
froide, indiff�rente, merveilleuse, quoi.
Et moi avec un petit sexe comme tout le monde.
La fille se penche sur moi et elle m'embrasse sur le front.
Elle �teint la lumi�re, et elle me dit...
avec une petite voix s�che: "bonne nuit".
Bonne nuit.
Ah! Ce que c'est bon!
Arr�tez, bon Dieu!
Les Ferroni y vont me virer! Vir�, y vont me virer, virer!
Allez-y!
Ah, mais c'est superbe! Vous imaginez les partouzes dans ce parc.
Ne t'�nerve pas. Je dirai aux Ferroni que c'est ma faute.
C'est la faute de ce marchand de cul, oui! - Dites � votre copain d'arr�ter
de m'injurier. C'est p�nible � la fin. - Oui.
Vous avez fait bon voyage? - Oui, �a va. Et comment �a se passe ici?
Mme Ferroni sera l� en fin d'apr�s-midi. Sa fille n'arrivera que demain.
Qu'est-ce qu'on fait des miroirs? - Dans le pavillon!
Qu'est-ce que c'est que �a?
C'est pour les plafonds du petit pavillon. - Mais les Ferroni vont dormir l�!
Alors �a, c'est pas moi. - On ne touche pas � cette maison,
tant qu'on n'a pas parl� aux Ferroni! - D'accord, d'accord!
Eh l�, attendez!
Combien je vous dois, Monsieur? - Eh bien, 50.
Dites-moi, Christine est arriv�e? - Non, ils sont tous l� sauf elle et Aldo.
Dis donc, Fran�ois! - Vous m'faites une petite fiche.
Vous m'avez promis, pas d'histoires! - Je ne lui parlerai m�me pas.
Dites-lui que je n'ai plus besoin d'elle. Elle peut rentrer � Paris et lui aussi.
Ce film, je vais le faire s�rieusement. C'est tout ce qui me reste.
Oui.
Ploumenech a s�rement expliqu� le topo. - Non!
L'�quipe technique arrive dans 3 jours.
On va r�p�ter en l'attendant. Vous devriez conna�tre vos r�les au d�but du tournage.
Et lesquels de r�les? - Il y a un changement. Slimane!
Pr�sent! - Vous jouerez le chef de commando.
Merci, M. Perrin. Merci! Bon ben, �a va, mon vieux. Heu, Mona!
Vous jouez la jeune fille de la maison. - Et moi?
Toi, on verra �a. Allez, vous r�p�tez quand, mon vieux?
Tout de suite. Le temps de prendre une douche. Venez, Ploumenech.
C'est dr�lement joli ici.
Mettez-moi en place le premi�re sc�ne. - Celle o� Claire balaie la salon?
Oui. Trouvez-moi une autre fille.
Mais allez, remballez-moi �a! - Qu'est-ce que Claire fait dans le film?
J'avais demand� un balai! C'est pourtant pas difficile!
Et puis arr�tez ce bruit, vous! - Un balai...
Bon, Pierrette! On va r�p�ter la premi�re sc�ne avec Slimane.
Assez!
Tais-toi! Slimane! - Pr�sent!
Alors toi, tu vas sur la terrasse et quand on t'appelle, tu rentres.
Et tu rentres par l�! - D'accord.
Tu connais le sc�ne. Tu es Claire. Tu balaies et Slimane...
arrive dans ton dos, hein? Voil�.
Tout est l� pour la sc�ne de sodomie. - Parfait. �a ne s'arrange pas trop mal.
Bonjour. - Bonjour.
Ben alors, Slimane?
Parfait! - Bon. Allons, les enfants, au travail!
Vous avez d�j� commenc� � r�p�ter? - Non, on commence juste.
Ah bon, j'ai eu peur... Quelle sc�ne?
Celle avec le balai. La premi�re.
Mais c'est ma sc�ne! M. Mercier, le sc�nariste, m'avait dit
que c'�tait moi qui devais faire tout �a. - T'as qu'� le faire! Moins j'en fais...
Tout le monde est pr�t? - Presque. Slimane? Pr�t?
Une seconde!
Vous �tes M. Perrin? - Comment?
Vous �tes M. Perrin? - All�?
C'est de la part de qui?
Non, il est occup�.
Dites-lui que c'est Christine! Mais c'est urgent,
il faut absolument que je lui parle! Je suis en retard, on a eu une panne.
Ce n'est pas grave. On a d�cid� de vous remplacer. Vous pouvez rentrer � Paris,
je vous rembourserai les frais de voyage. M. Perrin ne peut pas vous parler!
Bien! A force de jouer au con tous les 2, vous m'avez fait sauter un film.
Emm�ne-moi l�-bas. - On t'a dit de rentrer � Paris.
Je m'en fous! Je veux lui parler! "M. Perrin est occup�."
Oh, le salaud! Il faut que je le voie! Emm�ne-moi.
Bon, d'accord.
Vous �tes M. Perrin? - Oui, je suis M. Perrin!
�a ne va pas du tout, �a! Je veux le silence!
C'est pour vous aussi, Morlock! Parce que �a ne va pas!
Maintenant, on travaille! Silence, merde!
Vous connaissez la sc�ne? - Je balaie,
puis je re�ois la visite du commandant. - Tr�s bien.
Alors, il en est o�? Slimane! - Une seconde!
Je suis la fille de... - Cet abruti! Et vous? Balayez!
On va pas passer une heure sur la sc�ne!
Allez! Alors? - Une seconde...
Il faut se mettre en condition d'abord. - Si je n'avais pas parl�
de leur p�ter leur glace, ces cons seraient en train de la fixer.
Tout est fini! Elle va rentrer � Paris.
J'ai m�me pas pu lui parler.
C'est con, la vie.
Je veux garder mes chaussettes, M. Perrin? - Oui, oui...
Je voulais �pouser la petite Ferroni. Oh, pas par arrivisme,
parce que c'est une vraie jeune fille. Si loin de tout �a.
Fait pas chaud, hein? - �a va s'arranger pour toi.
Tu crois vraiment? - Perrin! Il serait peut-�tre temps...
d'avancer un peu, non?
Qu'est-ce qu'il fout, Slimane? - Ben, il arrive!
�a va s'arranger pour toi. Pour moi c'est bien foutu!
Cl... Cl... Cl... Claude!
Bonjour, M. Mercier. Heureusement que je suis arriv�e...
ce matin, on allait r�p�ter sans moi.
C'est Mlle Ferroni.
Slimane, non!
A genoux, salope!
Je suis l�, chienne!
Mais... Qu'est-ce que c'est �a?
Je ne sais pas. Qu'est-ce que c'est que �a?
H�? Moi, je n'en sais rien. Qu'est-ce que c'est que �a?
Aucune id�e. Qu'est-ce que vous voulez? - Hein?
En voil� des mani�res! Est-ce qu'on saute dans le salon des gens comme �a,
tout nu, en disant des horreurs? - Mais c'est ce qui est �crit dans...
Voulez-vous aller vous rhabiller!
Mais �coutez ce qu'on vous dit, enfin!
Allez vous rhabiller! Il est ind�cent, ce type!
�a va, hein? Oh, et puis l�chez �a, c'est d�go�tant!
Faut l'excuser, il fait une crise de temps en temps, mais �a se passe vite.
Il n'est pas m�chant. - C'est-�-dire qu'un jour...
il a fait une chute... - Oui, une chute de cheval.
On le fait travailler par piti�, pour qu'il ne meure pas de faim. �a va?
Tiens. Elle doit se reposer un peu... - Venez, Claude.
Je ne savais absolument pas qui c'�tait.
�a ne peut pas continuer comme �a! Henri! - Oui?
Dis-lui la v�rit�!
Mais quelle v�rit�? - Entrez, je vais vous expliquer.
Avant toute chose, Claude, je veux que vous sachiez que...
je vous aime.
Ils ont transform� mon sc�nario en film pornographique!
Ah, c'est pas vrai? - Si.
Un film ignoble, bestial! - Ah non!
Vous n'imaginez pas ce que c'est devenu.
Une histoire si belle, si pure!
Mais pourquoi avez-vous accept�? - Mais je n'ai pas accept�.
J'ai horreur de la pornographie! J'aime que la puret�.
Ben aide-moi, merde! - Il �tait monstrueux, cet homme!
Slimane? Ah, ah, r�pugnant. - Ah oui!
Mais je te tiendrai � l'�cart de tout �a, mon amour. Tu es si belle, si charmante!
Si merveilleuse!
Enl�ve ton slip.
Triste �poque pour le cin�ma.
On va se faire virer, je vous dis. - Mais non!
Tout se passe bien?
Qu'est-ce que c'est que �a? - Ben, Mme Ferroni.
Bonjour, Madame. - Bonjour. Ne vous d�rangez surtout pas...
Qu'est-ce que vous allez lui dire? - Je ne sais pas, �a, je ne sais pas.
Je viens avec vous. Je ne tiens pas � chercher une nouvelle maison. Allez!
Mais o� est donc M. Mercier?
Je suis Fran�ois Perrin, le r�alisateur. - Et moi Bob Morlock, le producteur.
Enchant�e. - Mes hommages, Madame.
Vous avez l� une bien belle propri�t�. - Vous avez l� un m�tier bien passionnant.
Ah, pas toujours facile. - Mais bougrement rentable, en ce moment.
Ah oui? - Mme Ferroni, il y a une chose...
Et vous, p�tes? �a marche? - Mon Dieu, gentiment.
Ah, il y a beaucoup de frais. - Eh bien moi, c'est du 1000% .
Ah bon? - B�n�fices?
Sur mon dernier film, c'�tait du 1000% . - Vraiment? Et quel film?
"Les Suceuses". - Pardon?
Quoi, mais si, "les Suceuses". - Mme Ferroni...
Mercier n'a aucune responsabilit� dans cette affaire.
C'est Morlock qui a tir� notre film vers l'�rotisme. Mercier ne le savait pas.
Il ne faut pas lui en vouloir.
1000%? - Oui, 1000%.
Mme Ferroni veut te voir.
Je reviens.
�a va? - Tr�s bien! Tr�s, tr�s bien!
Je suis vir�? - Je ne comprends plus rien.
Voil�.
Je vous le rendrai avec quelques z�ros en plus.
Entrez!
Mes enfants, pour remercier Mme Ferroni de nous avoir pr�t� sa si jolie maison,
je l'ai fait entrer dans la production. Elle va co-produire votre film,
mon petit Fran�ois. - J'�tais un peu m�fiante au d�part.
Mais quand on m'a dit que vous aviez remani� l'histoire, je n'ai plus h�sit�!
"La Vaginale", vous pouvez y aller les yeux ferm�s.
Cette petite op�ration reste entre nous, bien s�r.
Les placements d'argent sont des choses confidentielles. Vous nous faites...
un film bien raide, M. Perrin? - Madame Ferroni...
Un Hardcore, c'est bien le terme, non? - Oui, c'est �a.
Mme Ferroni! Votre fille joue! - Comment?
Votre fille joue dedans! - J'avais compl�tement oubli�.
Mercier, vous lui annoncerez avec m�nagement
qu'elle ne peut pas tourner dans le film? - C'est d�j� fait, Madame.
Bravo, Mercier. Toujours aussi efficace.
Moreau, notre directeur g�n�ral, se fait vieux.
Il nous faudra songer � le remplacer.
Je ne vous dis rien de plus.
Dis � genoux, salope! - A genoux, salope!
Non, pas "salope"! Salope!
A genoux, salope!
Non pas "salope"! Qu'est-ce que tu dis, escalope!
A genoux, escalope! - Non!
lls sont en plein travail. - Bon, alors dis chienne.
Je dis chienne! - Oui, dis chienne!
Non, tu dis: "chienne � genoux", mais debout.
Debout, � genoux! - Pas "debout", seulement "� genoux"...
A genoux, chienne!
Madame... - Non, je vous laisse travailler.
Merci. Vas-y, � genoux... - A genoux, chienne!
Comme si y avait 2 N � chienne. - Chien... ne!
Tr�s bonne id�e ce plat de p�tes qu'il lui verse entre les jambes.
Oui, on va le r�tablir, Mme Ferroni, et on verra bien la marque.
Merci.
Qu'est-ce que vous venez faire ici, vous? - Je veux parler � Fran�ois!
Il n'a plus rien � vous dire. Vous l'avez assez emmerd� comme �a.
Ne venez plus nous mettre des b�tons dans les roues.
O� est-il? Je veux lui parler! - Bon allez, venez avec moi.
Regardez-le.
Il est pas � l'aise? Il a pas l'air heureux?
Il a trouv� sa voie, c'est �vident.
Il va devenir un vrai r�alisateur. Et vous voudriez g�cher �a?
Allez, venez. S'il vous voit, il va replonger en plein drame. C'est utile?
Et puis il n'a aucune envie de vous voir. Alors, allez l'attendre � Paris.
Emmenez-la � la gare! - Aldo, tu me rends un service?
Ah non, �coute... - Si! Quand Fran�ois sortira,
tu lui donneras tes cl�s de voiture. Tu lui diras que je l'attends � la gare.
Quoi? - Je l'attends � la gare!
O.k.?
Mais qu'est-ce qu'elle fabrique?
Mais qu'est-ce qui se passe? - Ecoutez-moi, Fran�ois!
Non, mais �coutez! - O� est-elle?
Elle est � la gare. Elle vous attend. - Elle est en train de vous pi�ger!
Et mon film, alors? - Rien � foutre, Morlock!
Vous me devez 100 millions! - C'est pas grave.
1000 francs, �a me g�nerait, mais alors, 100 millions...
Mais je vous ordonne de rester ici! - Non! Elle avait raison, je suis pas fait
pour votre cin�ma. Vos gros plans de p�n�tration, je vous les laisse, Morlock!
Je lui prendrai la main sur le quai de la gare, et puis je la regarderai...
dans les yeux. Et puis c'est tout, c'est �a, mon cin�ma!
Mon amour!
Ben, o� sont-ils? - L�!
Alors? - Ils s'embrassent!
Ils s'embrassent.
Ils sont habill�s et ils s'embrassent! C'est tout! Venez voir!
Soustitres: VICOMEDIA 05/2004
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