Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Respirations haletantes
Claquements de semelles
- Le voilà !
Oh !
- Knock ! - Knock ! Arrête-toi.
- Attrape-le !
Chope-le.
- Attendez. Attendez. Attendez.
J'ai pas de quoi te payer, Lansky. J'ai pas d'argent.
- Fallait pas jouer aux dés si tu pouvais pas perdre.
Ça va !
T'as 24 heures.
Frédo.
Musique intrigante
...
- Solde hebdomadaire de 3 000 francs.
Cabine individuelle dans l'infirmerie et deux repas par jour.
C'est pas le Pérou, mais c'est honnête.
- Vous partez quand ? - Demain matin.
- Je pourrais dire que je suis docteur, mais non.
- Je m'en doute.
Mais à 24 heures du départ, je suis pas difficile.
Officier de santé suffira.
- Officier non plus.
Sous-officier, oui. Dès février 1940.
Et question santé, tout va bien, ma foi.
- En fait, vous n'avez aucune qualification ?
J'ai pas de passé, mais j'ai de l'avenir.
Vous ne le regretterez pas, capitaine.
Et vous n'avez pas d'autre candidature.
Donc pas le choix.
- Paré en avant lente ? - Paré, capitaine.
- Alors, messieurs...
En avant !
- Knock !
- Knock !
Knock rit.
- Au revoir, Lansky.
Et va te faire foutre.
- Bon voyage !
- Au revoir !
- Je t'enverrai une carte postale.
Musique intrigante
...
"Urticaire...
"Eczéma...
"Pour traiter ces infections,
"on appliquera d'abord un linge très propre et mince
"sur la partie à soigner."
Appliquer un linge propre et mince...
"Afin d'obtenir une légère efflu...
"vation."
D'accord.
Linge propre.
Linge propre et...
Et mince sur la partie à soigner.
Oh là ! "Dartre...
"Fur... Fur...
"Dartre furfuracée" ?
Fu...
Fufur...
Turf...
Pas facile à placer, celle-là. On frappe.
Oui ?
- On vous amène le mécanicien Passepoil.
- Qui ? - Il est en salle des machines.
- Qu'est-ce qu'il a ? - Fièvre, tremblements...
Vous verrez.
- Attention, mes dessins ! - Doucement. Doucement.
Allez, les gars, on y va.
L'homme gémit.
- Ah !
- Ça fait trois jours et ça empire.
Et ce matin, j'ai découvert ça.
- Oh là ! - 30 ans que je navigue,
alors le typhus, je sais ce que c'est.
- Le typhus ?
- Ça pourrait être pire, le choléra.
Le typhus,
ça se soigne.
- Oui, quand même.
- Je sais ce que vous allez me dire.
- Voyons si vous savez vraiment.
- C'est amené par les poux, les puces ou les punaises.
Vous allez demander à ce qu'on me rase.
À ce qu'on désinfecte mes vêtements
et mon matelas à l'acide sulfureux et au formol.
- Attendez...
Vêtements et matelas, ensuite ?
- Vous me mettrez à l'isolement, pas vrai ?
- Oui.
Avec ceci ?
- Avec ceci...
J'aurai droit à des purges contre la constipation.
Et vous me ferez prendre de la quinine.
- Quinine...
- Dans trois semaines...
Si je suis pas mort, je serai guéri.
- Exactement.
- Merci, docteur.
- Je vous en prie.
- Le typhus ?
Pas un mot aux passagers, ce serait la panique.
Dites-moi, vous êtes sûr de maîtriser la situation ?
- Capitaine.
- Bonjour, madame.
- Bonjour, monsieur.
- Belle journée.
- Isn't it delicious? I love it.
- Vous devriez protéger votre peau.
- C'est trop tard.
Si, si.
Ça se voit.
- Je ne vois qu'un visage charmant
sous des dartres furfuracées.
Mais ça se soigne.
Cris
- Pierrot, va laver les assiettes.
Ça se fera pas par l'opération du Saint-Esprit.
Louis, prends les petits pains, là.
Mets les brioches sur la table.
C'est du baleineau. On en mange depuis 3 jours. Ça, on mange pas.
- C'est de la graisse ? - Oui.
20 cm d'épaisseur.
- Vous pouvez l'amener à l'infirmerie ? - À l'infirmerie ?
- Merci.
Musique intrigante
...
On frappe.
- Yes?
- Voici un onguent rarissime rapporté d'Orient.
Fait à partir des sécrétions du pistil
d'un Ilang-Onlig. - What is that?
- C'est une plante unique qui pousse au pied du Fuji Hama
et ne s'ouvre qu'une fois tous les 7 ans.
- C'est peu.
- Et il faut qu'elle soit butinée par l'abeille royale.
- Oh my God!
- Je recommande une couche épaisse sur le visage
au coucher.
Suivi d'un grand verre d'eau. - Sur le visage ?
- Non, à boire.
On frappe.
- Docteur ?
Ouh ouh !
Docteur, vous êtes là ?
- Une seconde, j'arrive.
Tout de suite.
- Je pose la question, docteur.
Vous avez vu ?
- C'est déjà...
C'est déjà...
C'est moins rouge.
- C'est beaucoup moins rouge !
- Et voilà. - I can't believe it.
Cette préparation est un miracle.
- C'est ce que disait Cléopâtre.
- Ah bon ?
Cléopâtre, elle aussi ?
- Oui, madame. - Listen...
Le pot est tout petit.
Vous pouvez m'en avoir plus ? - C'est-à-dire ?
- The double?
- J'en ai le triple.
- Good.
How much?
- Vingt...
Trente mille la cure.
Vous en voulez trois.
Faites le compte.
- Le miracle, ce n'est pas la pommade.
C'est vous.
- Oui, les tâches s'estompent, elles sont plus claires.
Et la fièvre baisse.
Comment vous sentez-vous ?
- Mieux.
Et moins épuisé.
- Passepoil est tiré d'affaire.
Je vais le garder à l'isolement par précaution.
- Dites donc, vous vous en sortez plutôt bien.
Et vous avez l'air heureux d'être en mer.
- Je le suis.
Je crois que ce voyage est la chance de ma vie.
- Et après ça, docteur ?
Qu'est-ce que vous allez faire ?
- M'inscrire en faculté de médecine.
Musique douce
...
Coup de sifflet
*- Saint-Maurice, 10 minutes d'arrêt.
- Attention, madame.
- C'est lui ! - Hein ?
Hé !
Tu ne me l'avais pas dit. - Quoi ?
- Qu'il était...
Qu'il était...
- Qu'il était quoi ?
- Grand.
Très grand.
- Mme Parpalaid, je présume.
- Je suis confus...
- Allons-y.
Mes valises.
Merci.
- Viens m'aider !
- En voiture, messieurs dames !
- Allez !
- Dès cet instant, ma clientèle est à vous.
Si un patient me reconnaissait malgré la vitesse,
je m'effacerais en disant :
"Vous vous trompez, voici le médecin du pays."
- Mon mari veut finir sa carrière dans une grande ville.
- Je rêvais de Paris.
Je me contenterai de Lyon.
- Regardez comme c'est ravissant. On se croirait en Suisse.
Les cloches sonnent.
- Ici, vous avez l'église.
- La mairie.
Et en face, le café.
- Là, c'est la poste.
- Et là, la pharmacie ?
- Vous êtes déjà venu ?
Comme convenu, nous vous laissons les meubles d'usage.
Vous vous sentirez chez vous.
La voilà.
- C'est pas grand, mais c'est douillet.
- Sans les rhumatismes de ma femme, nous n'aurions pas quitté ce nid.
- Il y a beaucoup de rhumatisants ?
- Beaucoup ? Je dirais à peu près tout le monde.
- Intéressant.
- Oui. Pour qui voudrait étudier le rhumatisme.
- Je pensais à la clientèle.
- Ah non ! Non. Pour ça, non.
Les gens ne vont pas plus chez le médecin pour un rhumatisme
que vous n'iriez chez le curé pour faire pleuvoir.
- Vous avez des clients réguliers ? - C'est-à-dire ?
- Ceux qu'on visite plusieurs fois par mois.
- Des clients comme en a le boulanger ?
Le docteur se fait
des illusions.
- Vos rêves de jeunesse vous ont trompé.
- J'ai 40 ans.
Mes rêves, si j'en ai, ne sont pas de jeunesse.
- D'accord, mais vous n'avez jamais exercé.
- Autre erreur.
- Ah bon ?
- Mes études sont récentes.
Mais mon début dans la pratique est plus ancien.
- Vous avez pratiqué sans titre ?
Clandestinement ?
C'est fou, vous avez eu des morts ?
- Non, c'est contraire à mes principes.
Un patient qui meurt est perdu.
- Il y a du vrai dans ce qu'il dit.
- Oui, sauf qu'il n'était pas docteur !
Dites, maintenant, vous êtes bien docteur ?
Attention, je ne veux pas d'histoire.
Ici, le titre est exigé.
- Le diplôme doit être exposé au vu de la clientèle.
- Je suis bien docteur.
Diplômé de la faculté de Marseille.
Bonsoir, je cherche l'Hôtel de la Clé.
- C'est facile. C'est tout droit.
2 ou 3 kilomètres. Ça monte, ça monte...
On le sent bien dans les mulets... Les mollets.
Et puis zou, on y est.
- Vous savez que l'abus d'alcool est dangereux, surtout au volant ?
- Je suis comme les crabes. À jeun, je roule de travers.
Dès que j'ai bu une goutte... C'est l'apéro !
Je file droit !
Monsieur.
Hé oh !
Hé oh, fontaine !
- Et voilà, j'en étais sûre.
C'est la faute d'Adenauer. De quoi il se mêle ?
Pourquoi vouloir réconcilier la France et l'Allemagne ?
- Pardon ?
- Et l'Américain ? Ça lui suffit pas, deux guerres en 50 ans ?
Il fallait pas mettre les Boches au Conseil de l'Europe.
Les salauds restent des salauds. Moi, j'ai le droit de le dire.
M. Rémy, mon époux.
Tombé au pied du Vercors le 22 janvier 1944.
C'est moi qui porte sa croix de guerre.
- Madame, c'est un honneur d'être reçu chez vous.
Je suis le docteur Knock.
Ancien caporal du 42e bataillon d'Infanterie.
Matricule 222.
Je suis attendu au restaurant.
- L'honneur est partagé, caporal.
- Docteur.
- Si vous voulez.
- Mon cher confrère !
Asseyez-vous.
Vous verrez, la cuisine est simple, mais délicieuse.
- Saint-Maurice a combien d'habitants ?
- 3 500 dans l'agglomération.
Près de 6 000 dans la commune.
Et environ le double dans l'ensemble du canton.
- La population est pauvre ?
- Non, très aisée, au contraire. Même riche.
Il y a de grosses fermes.
Les gens vivent de leur rente ou du revenu de leur domaine.
Bon appétit.
- Y a-t-il des vices ? Opium, cocaïne, messes noires, politique...
- Jamais entendu parler de messe noire.
La politique...
On s'y intéresse, comme partout.
- Mon cher confrère, vous auriez dû repartir couvert d'or.
Vous avez gâché une situation magnifique.
Vous avez fait pousser du chardon
sur un verger plantureux.
- Nous étions assis sur un verger plantureux et on n'a rien senti.
Surtout toi.
Tu entends, Albert ?
- Tantôt le poste ne vaut pas un clou, tantôt c'est le pactole ! Ridicule.
On verra bien où en sera Knock quand je reviendrai pour la 1re échéance.
- Saint-Maurice...
Me voilà.
L'âge de la médecine peut enfin commencer.
Musique intrigante
Sonnette de vélo
Ah, bonjour.
- C'était un brave homme, Parpalaid.
Mais pas fort. Quand on y allait, il trouvait pas.
- Quoi ?
- Il vous écoutait distraitement en disant :
"Oui, c'est pas grand-chose, je vous conseille une tisane."
Les gens qui paient 40 francs la consultation
n'aiment pas avoir un remède à 4 francs.
- Surtout que c'est le prix d'un remontant.
Qui remonte plus qu'une camomille.
- Ça, c'est vrai, monsieur.
Salut, Jules !
C'est Jules. - Docteur.
- Non, M. Jules.
- Dites-moi "docteur".
"Oui, docteur" ou "non, docteur".
Quand vous parlerez de moi, dites : "Le docteur a dit..."
ou "le docteur a fait."
C'est important. - Oui, docteur.
- Bien !
Facteur.
- Facteur, docteur.
- J'ai un service à vous demander. - Oui, docteur ?
- Il s'agirait de lire un communiqué aux gens.
Bien sûr, je vous paierai pour ça.
- "Le Dr Knock,
"successeur du Dr Parpalaid,
"fait savoir qu'il donnera les mardis de 9 h 30 à 11 h 30
"une consultation entièrement gratuite,
"réservée aux habitants du canton."
- Quand vous aurez fini votre tournée, revenez me voir.
Je vous offrirai une consultation.
- Une consultation avant les autres ?
- Le facteur n'est pas comme les autres.
- Ah non ?
- Il crée du lien social.
- Il crée...
- Du lien social.
- Mais oui.
Il crée le...
Il crée tout le...
- Lien social. - Le lien social.
C'est... - Pas comme les autres.
- Non, non.
Qui c'est qui crée le lien social ?
C'est le facteur. Eh oui !
Musique intrigante
...
- Bonjour.
...
Ronflements
...
- Entrez.
- M. Mousquet ?
Knock, votre nouveau médecin.
Je voulais vous saluer. - Enchanté.
- Un coup d'œil suffit à constater l'excellence de votre installation.
C'est vraiment...
Vraiment.
Entre nous, vous faites minimum 300 000 francs à l'année ?
- Oh non !
Non, je dépasse péniblement les 50 000.
- Incroyable ! Vous avez des concurrents ?
- Non. - Ah bon ?
Mon prédécesseur croyait en la médecine ?
- Au début, je faisais mon possible, loyalement.
Dès que ça me paraissait grave, je les lui envoyais.
- Très bien. - Seulement, ils revenaient pas.
- Parpalaid était un escroc ou un incapable.
Sans médicament, pas de guérison.
- Évidemment !
Toute question d'argent mise à part,
c'est choquant de gagner moins que le cafetier.
Ma femme ne peut pas s'offrir les chapeaux
que sa femme Irène exhibe le dimanche.
C'est dur.
- C'est comme si j'entendais que la femme d'un grand patron
lavait le linge de sa boulangère
pour avoir du pain. - Si ma femme vous entendait...
- Elle vous entend, docteur.
Elle vous entend.
Et elle se réjouit de savoir que Saint-Maurice
a enfin un serviteur de la médecine.
- Il est vrai qu'à un moment, chacun peut devenir notre client.
Par occasion.
- Par occasion ? Non, pas du tout.
Client régulier, client fidèle.
- Encore faut-il qu'ils tombent malades.
- Tomber malade ?
Les gens sont plus ou moins atteints de maladies
plus ou moins nombreuses à évolution plus ou moins rapide.
- Mais que c'est beau ! Que c'est beau !
- Si vous leur dites qu'ils se portent bien, ils vous croient.
Mais vous les trompez. - Ah bon ?
- Votre seule excuse est d'avoir trop de malades pour en prendre d'autres.
- "Le Dr Knock,
"successeur du Dr Parpalaid,
"fait savoir qu'il donnera les mardis de 9 h 30 à 11 h 30
"une consultation entièrement gratuite
"réservée aux habitants du canton."
Voilà. La bonne journée.
- Bonjour, Irène. - Bonjour.
- Et il ressemble à quoi ? - Ben...
Je ne saurais pas dire quoi, mais il a un truc.
- Un truc ? C'est-à-dire ?
- Un truc pas pareil que...
Je saurais pas dire ce que c'est.
Il est très chic.
On n'est pas habitués.
Costard de prince.
- Le nouveau, faut qu'il fasse ses preuves.
Parpalaid, on le voyait peu, mais il était gentil.
- C'était un brave type.
Il avait qu'un seul défaut.
Sa femme.
- En tout cas, une consultation gratuite
tous les mardis matins, ça sent la gentillesse.
- Un docteur qui consulte gratuitement, ça cache quelque chose.
C'est comme si Charlie
offrait la boisson un jour par semaine.
- Ce serait un miracle.
- On a un curé qui joue aux dames.
- Tu feras moins le malin à confesse. - Vous vexez pas.
Je disais ça pour la blague.
Ce docteur, on le connaît pas.
- Et c'est pas normal.
Quand un médecin s'installe dans un village,
il doit se présenter au curé et au maire.
Est-il venu voir la mairie ?
- Il voit venir à la mairie.
Il doit navire à la rémi. À la...
- Il n'est pas venu pour le moment.
C'est ce que dit Michalon.
Sonnette de vélo
- Docteur ! Docteur ! - Oui ?
- J'ai tout bien lu. En disant bien "le docteur dit"
et "le docteur pense que".
- Parfait. Voilà vos 50 francs.
- Facteur !
J'ai une lettre à vous donner.
- Il fallait la mettre à la poste.
Il y avait moins à marcher.
- Mme Cuq m'a dit de vous la donner en main propre.
Bonjour.
Au revoir.
- Qui c'est ?
- La petite Adèle.
Elle travaille chez les Cuq à la plus grosse ferme de la région.
Ça doit pas être facile.
Sa patronne est une vraie peau de vache.
Docteur, pour ma consultation...
Rapport au fait que je sois le lien social...
- Oui, suivez-moi.
- Quand j'ai dîné, des fois, je sens des démangeaisons ici.
Ça me chatouille.
Ça me gratouille.
- Attention.
Ne confondons pas.
Ça vous chatouille ou ça vous gratouille ?
- Ça me chatouille.
- D'accord.
- Mais ça me gratouille aussi.
- Ça vous gratouille.
Où ça ? - Par ici, vous voyez ?
Là.
- Ça serait pas plutôt là ? Là où je pose mon doigt.
Ici.
Là, comme ça.
- Ah oui !
Oui.
C'est là que ça fait mal.
- C'est là que ça fait mal.
- Moi, je sens.
- Vous sentez...
- Quand vous mettez le doigt...
- Vous avez senti ? - Oui. Crac.
Je sens...
Ça fait pas mal, mais on sent... Ça fait un petit peu mal.
- Ce soir,
couchez-vous de bonne heure. Demain, gardez le lit.
Je passerai vous voir.
Vous fumez ? - Un peu.
- On arrête.
- Ah.
- Les petits remontants, on arrête.
Vous êtes marié ? - Oui.
Ah non ! - Si.
Bicarbonate de soude pendant les repas.
Tisane de fleurs d'anis
le soir.
Demain, on passe aux choses sérieuses.
- Oh ! J'ai dit pas ici,
le ballon.
Je suis fâché. Viens ici.
Viens.
Je suis fâché. Allez.
- M. Bernard ? Instituteur principal ?
- Oui.
- Knock. Le nouveau docteur.
Auriez-vous un endroit calme pour parler ?
- Oui, par là. Je vous en prie.
Pardon.
- Je ne voudrais pas interrompre
la collaboration que vous aviez avec mon prédécesseur.
- Collaboration ?
- Vos horaires seront les miens.
On touchera à rien.
- C'est-à-dire ?
- Vous serez mon guide.
Et je me conformerai.
- Je ne comprends pas du tout ce que vous dites.
- Vous étiez bien en relation constante avec le Dr Parpalaid ?
- Il nous arrivait de faire un billard. - Non.
Comment vous étiez-vous réparti l'enseignement de l'hygiène ?
De la prévention.
Ce que l'instituteur et le médecin font main dans la main.
Vous n'avez jamais rien fait ?
Jamais répondu à ce devoir citoyen ?
- Je ne savais pas.
- Faites-moi voir la classe. - Oui, M. le directeur.
Docteur.
- Voici une petite conférence très agréable
sur la fièvre typhoïde
et ses véhicules innombrables.
Eau, pain, lait,
salade, poussière, salive...
Vous m'arrangerez tout ça.
Votre exposé doit être naturel.
- Je ne sais pas...
- Ici, les illustrations.
Détails d'excréments typhiques,
ganglions infectés, perforation de l'intestin...
- Oh non, non.
Les enfants sont impressionnables. Avec ça, ils ne dormiront plus.
Et moi non plus.
- M. Bernard, c'était un plaisir. Revoyons-nous bientôt.
- Oui...
Musique grave
...
- Faudrait peut-être que j'arrête la réglisse.
- Où avez-vous mal, madame ? - Nulle part.
Je suis venue parce que c'était gratuit.
- Ah ! De la fatigue tout de même.
- Ça arrive. Levée tôt, couchée tard.
- Vous permettez ?
Respirez.
Soufflez.
Ne respirez plus.
- Oh.
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Vous êtes tombée d'une échelle, petite ?
- Je ne m'en souviens pas.
- Vous n'avez jamais de courbatures, en vous couchant ?
- Si, des fois, surtout pendant la moisson.
- Essayez de vous rappeler.
Ce devait être une grande échelle.
Environ 3,5 m.
Vous êtes tombée à la renverse.
Heureusement, c'est la fesse gauche qui a porté.
- C'est pas impossible, on ne peut pas se souvenir.
- Vous vous rendez compte ?
- Non.
- Pardon, Ernest.
Marie-Louise... Merci.
Eh bien !
On est plus calmes ici qu'à la messe.
Que vous a-t-il fait ? - Rien.
On l'a pas encore vu. On l'attend.
- Ah !
Il est avec qui ?
- Avec la Cuq. - Très bien !
Elle va le mater vite fait.
- 3 000 francs ?
C'est le prix de deux cochons gras et deux veaux !
- Oui.
- C'est une désolation.
- Oui.
Voilà ce qu'on va faire.
Je vais vous mettre en observation. Ça vous coûtera presque rien.
Dans quelques jours,
vous verrez comment ça va et vous déciderez.
- Oui.
C'est bien, ça me va.
- Au revoir, madame.
- Merci.
- Merde. - Au suivant.
- Merci, Jules.
- Oh ben non !
Ah ben si.
- Je dois venir car vous n'avez pas la correction de venir à Dieu.
- C'est-à-dire à vous ?
Je suis médecin. Je me dois d'abord à mes clients.
- Vos "clients" ?
Le Dr Parpalaid disait "mes patients".
- Ah.
Je vois une rougeur à l'œil.
- C'est rien. Une simple conjonctivite.
- La conjonctivite n'est pas simple. Elle est multiple.
Est-ce une conjonctivite aiguë due au bacille de Weeks ?
Une conjonctivite subaiguë due au bacille de Morax-Axenfeld ?
Une conjonctivite granuleuse ? Diphtérique ?
Blennorragique ? Impétigineuse ?
Lavage de l'œil avec de l'oxycyanure de mercure
et deux gouttes de collyre au nitrate d'argent trois fois par jour.
Voilà, curé.
C'est gratuit, ne me remerciez pas.
Le bon Dieu me le rendra.
- Adèle !
Adèle !
- Oui, madame ?
- Faut que je sois morte pour que tu répondes ?
Où est M. Cuq ?
- Au champ. Il donne du foin aux vaches.
- Va enlever les affaires de M. Cuq de ma chambre. Faut que je me repose.
Tu fermeras les fenêtres et les volets.
Faut que je reste dans le noir.
T'es sourde ?
- Où je mets les affaires de M. Cuq ?
- Dans la chambre mansardée.
- À côté de la mienne ?
- Non, c'est pas une bonne idée.
Débarrasse le bureau et mets un matelas.
- Bien, madame.
- Et arrête de tousser, ça m'énerve !
- Merci.
- Bonjour.
Combien pour celui-ci ? - Il est tout neuf.
- Justement, combien ?
- Venez, on va en parler.
Musique douce
...
- Expirez.
Bien, même chose.
Bien, redressez-vous.
Toussez.
Voilà. Nous allons mieux.
On a bien fait de se soigner.
- Vous avez raison.
On ne se soigne pas assez. On se mène trop durement.
- Excellent raisonnement.
- Bien sûr que je raisonne.
Si je vous disais qu'un jour, M. le Préfet, en personne,
était à la mairie dans la salle des mariages. Et...
- Il a vu tout de suite à qui il avait affaire.
Que le facteur raisonnait mieux
que d'autres qui se prennent pour des gens plus forts que lui.
Qui c'est qui n'a plus su quoi dire ?
M. le maire.
- Ben ça...
Vous en avez causé avec le préfet ?
- C'est 40 francs.
- Ah bon ?
- Ça peut pas être gratuit tous les jours.
- Il était aimable ?
- Ni l'un ni l'autre. Il était professionnel.
- Alors c'est quoi, le truc ?
- Il est tout en muscles. Vous avez vu ses bras ?
Un ancien boxeur ?
- C'est pas ça. - Extrêmement cultivé.
- Flair que Parpalus ? Plus que Parpalaid ?
- Rien à voir.
- C'est pas ça.
- Il est beau. Vraiment très beau.
- Dis pas des conneries, Irène.
- Pourquoi des conneries ?
- Qu'est-ce qu'il a de pas comme nous ?
- Je vais vous le dire, moi.
Parce que je le sais.
Il est de la haute. De la famille du préfet.
- Non ?
- Si !
Ça vous l'enfonce profond.
- Non !
- Pardon, M. le curé. Je ne vous avais pas vu.
Il a changé de place ?
- Docteur. - Bonjour.
Cris des marchands
Un problème, chère madame ?
- Je vous en prie, appelez-moi Élisabeth.
J'ai pensé qu'un célibataire occupé comme vous
apprécierait qu'on le gâte un peu.
Voilà !
Un petit panier-repas.
Une tarte aux courgettes que j'ai faite,
un pâté de volaille, du fromage, des fruits.
Une petite bouteille de vin rouge.
- Merci. Mais il ne fallait pas.
- Il y a, demain soir,
un petit dîner chez le maire.
Vous y serez le bienvenu.
Il y aura son adjoint, M. Michalon,
la veuve Pons, M. le curé et nous.
- Merci.
- Et moi.
Et moi.
- C'était ennuyeux d'être mariée, ça l'est plus encore d'être veuve.
Comme je suis très riche, les hommes s'intéressent à mon argent.
Ce qui n'est guère flatteur.
Je m'ennuie, je m'ennuie.
Alors je joue.
- À quoi ?
- Je place.
À droite, au milieu, rarement à gauche.
- Notre amie vient ainsi
de placer 500 000 francs
en actions de charbonnage.
- 500 000 francs ? C'est énorme.
- Oui.
- Pour vous et moi. Mais pour notre veuve, cela représente...
Le dixième de sa fortune ? Le vingtième ?
- Mme Pons est surtout
la bonne fée de Saint-Maurice.
Elle œuvre discrètement pour des causes charitables.
Si, si.
- Je ne vous dirais pas que...
ma fortune est restée ce qu'elle était.
J'ai dû vendre un domaine de 160 hectares,
la Michouille, qui me venait de ma grand-mère.
- La "Michouille" ? - Oui.
Que pensez-vous, docteur ?
Ai-je eu raison de me séparer
de ce domaine ? - Évidemment.
Vous avez placé votre argent. N'en faisons pas un fromage.
- Cette idée de consultations gratuites le mardi matin...
Excellente !
Inédite, aussi.
- Tout le monde a droit aux soins. Même les démunis.
- Oui. Mais vurtout...
Surpout les nuplo...
Il continue de bégayer.
Surpou les nupo pauvres !
- C'est vrai, mais la population de Saint-Maurice est bien portante.
Votre consultation du mardi, même gratuite,
ne tiendra pas.
- Les gens bien portants sont
des malades qui s'ignorent.
- Bravo.
- Le médecin est philosophe.
- Je ne connais
que trois médecins.
L'eau, l'exercice et la diète.
- Gardez-les, curé. Personne ne vous les disputera.
Je vous invite à la conférence que je donnerai dans la classe de M. Bernard
demain à 11 h.
Vous comprendrez mieux.
En somme, mes petits, la maladie se niche partout.
Même, et surtout, là où on ne la soupçonne pas.
Essayons de trouver un exemple.
Toi.
Tu as tiré la langue. C'est bien.
Viens ici.
Bris de verre
Avance.
Comment tu t'appelles ?
- Didier Lacoste.
- Bien, Didier...
Tire la langue, qu'on la voie bien.
L'état de la langue
donne des renseignements pour reconnaître une maladie.
La langue est sèche chez les fumeurs.
Jaune dans les dyspepsies et les indigestions.
Framboisée dans la scarlatine.
Fendillée dans la fièvre typhoïde.
Couverte d'ulcérations dans la fièvre aphteuse.
Sans compter les millions d'impuretés qui transitent par la salive
et font de la bouche un milieu favorable au développement des microbes.
Voyons maintenant ce que dit ta langue.
- Mon Dieu !
- Ouvre bien.
Musique palpitante
...
Ta langue ne dit rien.
Tant mieux.
Referme la bouche.
Par contre, du tartre.
Qui nous apprend
que tu ne te laves pas souvent les dents.
Tu veux avoir des caries ?
Des fistules ? Des abcès ?
Alors tu te laveras les dents deux fois par jour.
Vu, Didier Lacoste ? - Vu.
- À ta place.
- Bravo. Bravo !
- Bravo.
Bravo.
- Bravo.
- Il est fort. Très fort.
Peut-être même trop fort. - Oh oui.
- Ce Knock est un grand homme.
Une main de fer dans un gant de velours.
Le savoir et le charme. La science et la poésie.
- Ça va, j'ai compris.
Sa séduction est artificielle et cache sans doute des vices.
Il a le visage du malin.
- Vous ne seriez pas jaloux ?
- Jaloux ? Ma pauvre, vous êtes idiote.
- L'idiote vient de subventionner votre toiture.
Et elle donne 100 francs à chaque messe.
Elle pourrait bien ne plus rien donner.
- Je m'emporte parce que je sens bien les hommes.
Et celui-ci n'est pas net.
Aidez-moi à faire la lumière sur ce docteur miracle.
Ma fille, Dieu se méfie des miracles.
- Ça alors !
- Des miracles qu'il n'a pas faits lui-même.
Pourquoi n'a-t-il pas de famille ? D'où vient-il, sans passé ?
Que cherche-t-il ?
Faites-le parler. Ouvrez vos oreilles et racontez-moi tout.
Racontez-moi tout !
Aidez-moi à démasquer les imposteurs qui vident Votre maison
et se remplissent les poches.
Qui détournent les pécheurs de la pénitence
et qui humilient Votre serviteur
au lieu de l'honorer !
Amen.
Des poules caquettent.
- Bonjour, mademoiselle. - Bonjour.
- Comment va Mme Cuq ?
- Elle est faible.
Elle ne mange plus depuis une semaine. Le contraire serait étonnant.
- Vous êtes intelligente, Adèle.
- Oui.
Ça ne rend pas toujours service.
Vous connaissez mon prénom ?
- Oui, c'est...
C'est le facteur qui m'a...
Que faites-vous avec le panier ?
- Le repas de M. Cuq et de son ouvrier.
Je dois leur porter aux champs.
- Mme Cuq n'est pas une maîtresse facile.
- Non.
Mais j'imagine qu'il y a pire.
Et vous me l'avez affaiblie, c'est pas mal.
Vous me suivez ? - Oui.
Vous toussez souvent comme ça ? - De temps en temps.
- Passez à ma consultation.
- J'ai pas les moyens, monsieur. - Docteur.
Je ne prendrai pas d'argent.
Vous voulez que je vous examine ?
- Docteur, vous êtes là ?
Je vous entends, docteur !
- C'est par là.
- Bonjour, madame. - Bonjour.
- Alors ?
Comment vous sentez-vous ? - Mal. Vraiment mal.
J'ai fait comme vous m'avez dit. Eau salée,
biscuits...
Un bol de soupe le soir.
- Vous vous êtes levée ? - Pas depuis une semaine.
- Pour vos besoins ?
- J'appelle Adèle. Elle apporte le seau.
- Et votre toilette ? - J'appelle Adèle.
Elle me frotte avec du savon.
Hein ?
- Debout.
Allez.
On se lève, on marche de long en large et d'un bon pas.
- Oh là là !
Ça me donne le vertige !
- Bien, recouchez-vous.
- Oui.
Oh là là...
- Ou vous décidez de vraiment vous soigner, ou je m'en vais.
- Non, ne me laissez pas.
Je veux me soigner.
- Je vous préviens.
Ça va être long et coûteux.
- Je sais.
3 000 francs, c'est une abomination.
- 4 000.
- Hein ?
Vous m'aviez dit 3 000.
- C'est plus grave que je pensais.
Qu'est-ce que vous faites ? - Je recommence.
C'est pas plus grave que vous le pensiez.
Pour 1 000 francs, ça vaut le coup.
- Très bien. Arrêtez.
Ne vous rasseyez pas.
Non.
Penchez-vous.
Plus bas.
Plus bas. Touchez vos doigts de pieds.
Levez-vous.
On recommence. Allez.
Plus vite.
Une.
Deux !
Voilà, un, deux...
Un, deux... un, deux... un, deux...
un, deux... un, deux...
Plus vite encore. Un, deux...
Encore. Un, deux... un, deux...
- Oh !
Je vais vomir ou mourir.
Ou alors les deux à la fois.
Elle gémit.
- 4 000 ?
- D'accord.
- Bonjour.
- Merci.
Et 5 qui font 10.
Bonne journée et à bientôt !
- Bonjour, docteur.
- Laissez passer.
Qu'est-ce qui vous amène de si bonne heure ?
- Notre rendez-vous mensuel.
- Mais bien sûr.
Mme Mousquet, vous me remplacez ?
- Avec plaisir, M. Mousquet.
- Le docteur et moi avons à parler médecine.
- Exactement.
Bonne journée, messieurs dames.
- Voilà, c'est 2 francs.
- Septembre : 37.
Octobre : 120.
Novembre : 60. Pour la première semaine.
À ce rythme, nous allons vers les 240 ordonnances au mois.
- Et décembre sera encore meilleur.
- Ah ? - Oui.
Avec son augmentation des grippes,
sur laquelle nous pouvons compter en janvier et février,
dans trois mois, nous aurons doublé ces chiffres.
Et ce n'est qu'un commencement. - Non ?
- Ce n'est pas énorme.
N'oubliez pas que le canton comprend 2 853 foyers.
Et 1 502 qui dépassent 20 000 francs.
- Quel est le rapport ?
- On ne peut pas imposer la charge d'un malade régulier
à un foyer au revenu inférieur à 20 000 francs.
Ce serait immoral.
- Oui. - D'où...
Mes quatre échelons de traitement.
L'échelon du bas, pour les revenus de 12 à 20 000 francs,
comprend une visite toutes les deux semaines
et 20 francs par mois de pharmacie.
C'est pour vous. - D'accord.
- Au sommet, le traitement de luxe,
pour les revenus supérieurs à 50 000 francs.
Entraîne 4 visites par semaine
et 300 francs par mois environ de frais divers.
Encore pour vous.
Analyses, médication courante...
- Docteur, dans votre méthode,
l'intérêt du malade n'est pas subordonné à l'intérêt du médecin ?
- Et du pharmacien. - Voilà.
- Le seul intérêt supérieur, c'est celui de la médecine.
Mon rôle est d'amener les gens à l'existence médicale.
Je les mets au lit
et je regarde ce qui va en sortir.
Un névropathe, un diabétique, ce qu'on voudra.
Mais quelqu'un, bon Dieu !
Rien ne m'agace plus que cet être ni viande ni poisson
qu'on appelle un homme bien portant.
Pardon.
- Laissez passer le docteur.
- Pardon, excusez-moi.
- Docteur ! Docteur !
Docteur !
Une lettre pour vous. - Plus tard, si ça vous ennuie pas.
- C'est de Mme Rémy, ça doit pas traîner.
Le 11 novembre, c'est dans 4 jours.
- Et alors ?
- Et alors ?
Deux fois par an, Mme Rémy reçoit tout le village.
Le 11 novembre pour fêter la victoire de 14-18
et le 8 mai pour fêter celle de 1945.
Et il n'est pas question de refuser. N'est-ce pas ?
- Ça, c'est sûr.
- Elle est très claire, vous verrez, 3e paragraphe.
- Vous lisez le courrier que vous distribuez ?
- Dites ! Je suis facteur, tout de même.
Et responsable des nouvelles que j'apporte.
Excusez-moi.
- Vous vous demandez sûrement
pourquoi je viens à cette consultation gratuite.
J'ai pensé à ces braves gens démunis,
je me suis dit que s'ils me voyaient ici,
ils n'auraient plus honte d'y venir.
- C'est tellement généreux, madame.
Alors ?
- Je passe des nuits sans dormir.
- Que vous disait le Dr Parpalaid ?
- De lire chaque soir 3 pages du Code civil.
Il ne m'a jamais prise au sérieux.
- C'est un tort.
L'insomnie peut être due à un trouble de la circulation intracérébrale.
Particulièrement à l'altération des vaisseaux dits en tuyaux de pipe.
Représentez-vous un crabe
ou une grosse araignée vous déchiquetant doucement la cervelle.
- C'est une maladie incurable ?
Dites-moi la vérité.
- Si on suit scrupuleusement le traitement,
on guérit bien.
Je passerai vous voir 4 fois par semaine.
Peut-être 5.
- Où exerciez-vous, avant de venir ?
- Sur les océans, madame.
- Les océans ? Comme c'est vague.
Et avant ?
- À Marseille. Mais je ne soignais pas.
- Vous n'étiez pas médecin ?
- Pas encore.
Je regrette, mais j'allais fermer.
- Oui, mais là...
C'est une urgence.
- Bien.
- Docteur...
Comment trouvez-vous mes seins ?
Docteur...
- Je ne les trouve pas. Je ne les cherche même pas.
Rhabillez-vous et oublions tout ça.
Musique jazzy
...
- Soyez indulgente, pour une fois qu'il s'exprime.
Continuez, Michalon.
- Moi, je perpétue...
Je perpète ce que dit M. le maire.
- Pour un élu,
il se pose là, le maire.
- Si la République fédérale allemande limite son armement,
il est normal qu'on arrête de l'occuper.
- Je vais lui faire bouffer sa soutane !
- Vous prenez tout le temps la mouche, Maryse !
- Moi, je prends la mouche ? - La preuve.
- Si la RFA redevenait autonome,
Berlin Ouest resterait soumise à l'occupation.
- Encore heureux !
- C'est toujours la faute d'Adenauer.
- Vous n'êtes pas souple.
- Vive le 11 novembre.
Musique jazzy
...
- Montez, je vous raccompagne.
- Merci.
- Pas de gants, pas d'écharpe ? Vous n'êtes pas raisonnable.
Que faites-vous ?
- Pas de gants, pas d'écharpe et pas envie de remontrances.
- Attendez.
Je suis désolé.
Restez, s'il vous plaît.
- Plus un mot ?
- Plus un mot.
Musique douce
- Pardon, j'étais un peu énervée.
- À cause du jeune homme ?
- Vous avez vu ?
- Sans faire exprès.
C'est votre fiancé ?
- Pourquoi je vous répondrais ?
Oui, on a été fiancés.
Mais on ne l'est plus.
Ça vous va ?
- Moi, vous savez...
...
Grondement du tonnerre
- C'est drôle, pour tout le monde ici, vous êtes un saint.
Sauf pour le curé.
Il dit que vous êtes un escroc motivé par l'argent.
- Et vous ? Vous en pensez quoi ?
- Non, c'est pas l'argent.
Du moment que vous en gagnez beaucoup.
- Qu'est-ce qu'on dit d'autre ?
- On dit aussi que vous êtes différent.
- En quoi ?
- Justement, ils cherchent, mais ils trouvent pas.
- Et vous ?
Vous avez trouvé ?
- Oui.
Le tonnerre gronde.
Rires
Musique jazzy
Cri
- Qui êtes-vous ? - Je suis personne.
- Je connais tout le monde, mais pas vous.
Vous êtes un vagabond ?
Un voleur ?
- J'ai pas mangé depuis 2 jours. J'ai faim.
La charité, c'est trop vous demander, mon père ?
- À l'aide ! Non !
J'allais justement vous la proposer, la charité.
- Ça tombe bien.
J'ai besoin d'un toit pour quelques nuits.
Pour récupérer avant de reprendre la route.
Votre église fera l'affaire. On ne me verra pas.
Il faudra aussi me nourrir un peu.
- Je suis l'abbé Lupus, pas l'abbé Pierre.
- J'ai jamais crevé de prêtre.
M'obligez pas à commencer.
- D'autant que c'est pécher.
Un chien aboie.
- Adèle ? Ne restez pas là. Entrez.
- Non, vous descendez.
Venez !
Mme Cuq a un problème ? - Non, Tom.
- Tom ? Qui est-ce ? - S'il vous plaît !
C'est par là.
Attention à la dame.
C'est là.
- Où ? - Là ! Arrêtez.
Venez.
Allez, venez !
Gémissements
C'est Tom, le chien de M. Cuq.
Ça fait 2 jours qu'il est allongé.
Il va être abattu, il faut un chien pour les brebis.
- Il faut un vétérinaire.
- Ici, on soigne les bêtes qui rapportent.
Une vache pleine, un cheval de labour. Pas un chien.
Je vous en supplie.
- Tu me laisses faire ?
On va regarder.
Je crois qu'il s'est déboîté l'épaule.
Tenez-le, ça va lui faire mal.
Vous l'avez ?
Allez.
Craquement
Oui.
Je crois que c'est fait.
Hein, Tom ! Allez, debout. On essaie.
Super !
Allez, tu peux y aller.
Tu peux le faire.
Vas-y !
- Merci.
Vous m'observiez quand je dansais avec Lucas.
- Un peu.
- Que je le gifle, ça vous a pas déplu.
- Ça m'a même fait plaisir.
- Et pourquoi ?
- Parce que.
Parce qu'il dansait avec vous.
- Et pas vous.
- Non, pas moi.
- Moi, je veux bien danser avec vous.
Invitez-moi.
- Il n'y a pas de musique.
- Ah bon ?
Et ça ? C'est pas de la musique ?
Musique douce
...
- Si.
...
Les cloches sonnent.
- Vous êtes en retard.
Nous allons y aller. En marche.
Dépêchons.
Bienvenue dans la maison du Seigneur.
- Bonjour, Jules.
- Bienvenue dans la maison du Seigneur.
- Mousquet ! Mousquet !
On se réveille, Mousquet !
Mousquet !
- Qu'est-ce que c'est ? - Faut que je vous parle.
Habillez-vous et rejoignez-moi.
- Un dimanche ?
- Il est temps de passer à la vitesse supérieure.
- J'arrive, docteur. J'arrive.
- Je vous attends.
- C'est pas possible.
- Mme Rémy, quel plaisir de vous voir.
- Caporal.
- Docteur. - Si vous voulez.
- Chère Maryse, auriez-vous un endroit tranquille
afin que nous discutions au calme ?
- Pourquoi ? Ça ressemble à un champ de courses ?
- Nous avons un grand projet.
Un projet ambitieux. Votre hôtel serait notre base militaire
et vous...
Le commandant d'escadron.
- J'en suis !
Entrez.
Musique intrigante
...
- Il est où, ce con ?
- C'est de moi que vous parlez ?
- Tu étais où ?
- Pourquoi ? Je vous dois des comptes ?
- Oui.
On a dit "discret et invisible".
- Et alors ? C'est ce que je suis, non ?
- De toute façon, tu seras parti demain.
C'est bien. - Non.
- Comment ça, non ?
- Ben non.
J'ai besoin d'une semaine de plus.
On sifflote.
Tu me reconnais ?
- Non, on ne se connaît pas.
- Mais si, mon pépère.
Regarde bien.
Là, tu y es, j'en suis sûr.
- Lansky ?
- Eh oui.
Je suis content pour toi, t'en as fait, du chemin.
Tu demandes pas de nouvelles de Frédo ? Il est mort il y a 3 ans.
Une bagarre qui a mal tourné.
Les risques du métier.
Tu me devais pas de l'argent ?
- Si.
150 francs, c'est exact. Voilà.
300.
Prends ce que je te dois et dégage.
- Ça parle comme ça, un docteur ?
Ta combine avec ton pharmacien...
C'est du commerce ou de la médecine ?
La petite qui t'a posé un lapin aimerait ?
- Lansky !
- Je te retrouve, là. J'aime mieux ça.
Écoute-moi bien.
Tu me devais 150 francs, on est d'accord.
Avec les intérêts, ça fait 3 000.
Et la prime de risque, j'ai risqué de jamais les revoir : 30 000.
On arrondit à 50 000, hein ?
Quand on aime, on ne compte pas.
- Allez !
Allez, ma cocotte, viens.
Voilà, Suzie.
C'est bien !
C'est bien.
- Adèle n'est pas dans la cuisine.
- Je souffre moins du dos, mais pas d'ailleurs.
C'est curieux, le mal change constamment de place.
Il cherche tout le temps la sortie, vous voyez ?
Qu'est-ce que je dois faire ?
- Un verre d'eau glacée au lever
et deux suppositoires à la glycérine.
Pendant 8 jours.
Voilà.
Et Adèle ?
- Elle est au lit, soi-disant malade. Paresseuse !
- Depuis quand ?
- Quatre jours ! Si c'est pas de l'abus !
- Vous m'avez pas appelé ? - Pourquoi ? Je vais mieux.
Adèle tousse.
...
- Docteur ! Pardon, je vous ai pas prévenu.
- C'est pas grave.
- Vous devriez pas être là.
- Mais si. Vous êtes malade et je suis médecin.
C'est une bonne raison.
- C'est rien, un peu de fatigue.
Elle tousse.
- Cette toux, elle est sèche ou grasse ?
- Grasse.
- Avec du sang ? - Non.
- Sueurs nocturnes ?
- Oui.
- Respirez à fond.
Adèle.
Vous allez aller à l'hôpital du chef-lieu du canton
pour un test de dépistage.
On fera aussi une radiographie pulmonaire.
- J'ai la tuberculose ?
- Ces examens sont des précautions faites pour rassurer.
Pas pour inquiéter.
Hein ?
Bon...
C'est pas grand-chose. C'est juste...
Une pensée.
- Pour quoi ?
- Il faut des raisons pour avoir une pensée ?
Non, non. S'il vous plaît.
Vous ferez ça quand je serai parti.
C'est mieux.
C'est mieux.
Au revoir, Adèle. - Au revoir.
Musique douce
...
*- Oui, allô ? - Dr Werner ?
Dr Knock de Saint-Maurice.
Je vous envoie une patiente tuberculeuse.
Je connais la réputation de votre établissement.
Je paierai moi-même les soins et la cure.
Mais je vous demande une totale confidentialité.
*- Même pas... - Non, elle ne devra jamais rien savoir.
Jamais. *- Bien.
- Non ! - Si.
- C'est trop. - C'est bien, allez.
- Bonjour.
Charlie, un cognac, s'il vous plaît.
- Je m'étonne de voir le docteur ailleurs qu'avec ses malades.
Pourtant, ils sont nombreux !
Le fait de soigner les uns donne des maladies aux autres.
C'est drôle.
- C'est pas très chrétien, M. le curé.
- Faut le comprendre, docteur.
Les gens sont préoccupés par leur santé et vont plus à l'église.
Dimanche, on était 30.
Du temps de Parpalaid, l'église était pleine.
- À chacun sa paroisse.
Musique douce
...
Le motocycliste crie.
- M. le curé !
M. le curé ! Il ronfle.
M. le curé !
- Quoi ?
- M. le curé !
M. le curé !
J'ai vu des choses, mais des choses !
Et ces choses que j'ai vues, ça m'a fait des choses !
- Écoutez, Élisabeth...
On parlera de ces choses
quand j'aurai fini mes prières.
- Très bien. Ça concernait le docteur.
J'ai vu la petite Adèle et le Dr Knock
dans une posture...
que la décence interdit de rapporter.
- Pas du tout, je suis là pour ça.
Et on ne dérange pas Dieu pour rien.
C'était où ?
- Devant la gare.
En pleine rue. En plein jour.
Il l'a tenue serrée.
De façon...
dégoûtante.
Je suis sûre qu'il avait dû la tripoter dans la voiture
pendant que je ne pouvais pas voir.
Et elle a aimé ça.
- Elle vous l'a dit ?
- Non, mais...
Mais...
Ça se voyait.
Oh oui, ça se voyait.
- Continuez.
- C'est tout.
- Cherchez bien, je suis sûr que ce n'est pas tout.
Allez !
- C'est-à-dire que...
Mon père... Moi aussi.
- Il vous a tripotée ?
- Oh non.
Non, mais...
Il aurait bien voulu, vu que j'étais toute nue.
- Comment ça se fait que vous étiez nue ?
- Mes migraines, mon père.
Vous comprenez...
Il est docteur, quand même.
- Il en abuse. - Voilà.
C'est exactement ça.
- C'est bien d'être venue me parler.
- Merci, mon père. Merci.
- In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti.
- Amen.
La porte claque.
- Vous n'aimez pas beaucoup ce docteur.
- Ça te regarde ?
- Ça se pourrait.
- Tu le connais.
- Ça se pourrait aussi.
- Parle, crétin !
Il crie.
- Et le respect du prochain ?
- Évidemment. Évidemment.
- Petite nature, hein ? - Oui !
- Ton église est froide, ta paillasse est dure et ta conversation m'emmerde.
Je m'en vais.
- Non, attends !
Parle-moi de Knock.
Alors ? - Y a pas assez.
Orgue
- Voilà !
Sifflotement
- M. Jean !
Regardez.
Le 32L, qu'en pensez-vous ?
- Bonjour.
- Bonjour, caporal.
- Docteur. - Si vous voulez.
Le matériel est arrivé.
Je l'ai entreposé dans la salle de restaurant.
Vous voulez bien vérifier que c'est conforme ?
- Je vous en prie.
- Un de vos amis m'a demandé une chambre pour une ou deux nuits.
- Un ami ?
- J'ai pu lui donner que la 22. Les autres sont en travaux.
- Sois pas timide, entre.
- 50 000. Tu peux compter.
- Tu plaisantes ? Ce serait quoi, l'amitié sans la confiance ?
- Maintenant, tu quittes Saint-Maurice.
- Tu m'as remboursé les intérêts.
- Quoi ?
- Pour que je me tire, faudra plus.
- Salopard !
- Voilà, c'est ça.
À peu près 100 000 de plus.
- C'est énorme, je les ai pas.
- Tu les trouveras, je te fais confiance.
- Très énervé. - Qu'est-ce qu'il y a ?
- Il a dit... Voilà...
- Accouchez, j'ai du travail.
- Mais c'est la purée Lecuq. La purée Lepus.
Le cu... Il...
Urgent.
C'est pour ça ! - Le curé Lupus ?
Qui est là ? - Oui.
- Il veut me voir ?
Parce que c'est urgent ? - Oui.
- Fais-le entrer, crétin ! - C'est ça.
Pulus !
- M. le maire. C'est très grave.
Nous savons que le secret de la confession m'empêche de parler,
mais je n'ai pas le choix.
Le Dr Knock a failli violer Mme Mousquet,
venue le voir pour une migraine.
De plus, il a perverti la petite Adèle,
qui a disparu depuis qu'on l'a vue dans ses bras à la gare.
- Adèle n'a pas disparu. Elle est hospitalisée en Suisse.
- En Suisse ?
Il l'aura engrossée et elle y sera allée se faire avorter.
- Adèle est poitrinaire. Knock essaie de la sauver.
Quant à Mme Mousquet, je ne peux la prendre au sérieux.
- Pourquoi ?
- Il y a un an,
elle s'est déshabillée devant moi pour prouver que notre air
lui donnait des rougeurs.
- "Mon cher docteur,
"je ne suis pas si malheureuse ici.
"C'est un bel endroit qui me rappelle Saint-Maurice.
"J'ai une chambre grande et confortable. Et chauffée.
"Quel luxe !
"À ce propos, j'ai une nouvelle incroyable.
"Mon traitement sera entièrement gratuit.
"Comme il est expérimental, ils ne font pas payer, m'a dit le Dr Werner.
"C'est la 1re fois que j'ai de la chance.
"Non, la deuxième.
"La première fois, c'est quand je vous ai rencontré.
"J'espère que vous pensez à moi.
"Même un petit peu.
"Moi, je pense à vous
"et aux lettres que vous allez m'écrire.
"Et j'ai une furieuse envie de vivre.
"Je vous dis à bientôt, Adèle."
- C'est joli, comme petit nom, Adèle.
- J'ai pas 100 000 francs sur moi.
J'ai rendez-vous demain à la banque pour les retirer.
Je les déposerai à ton hôtel.
Et après, tu t'en iras.
Définitivement.
Comment t'es arrivé à Saint-Maurice ?
- Le hasard, mon vieux.
Saint-Maurice est sur la route de Fombeuge.
C'est à une petite centaine de kilomètres au nord.
Un de mes oncles y est mort.
Il était pas riche, mais il n'a pas d'héritier,
il y a peut-être du pognon pour moi.
Je savais pas que le gros de l'héritage serait ici.
- À ton départ pour Fombeuge, Lansky.
Clochette
- Docteur, quel plaisir !
- Mme Pons, comment allez-vous ?
- Je dors comme un bébé. Ces potions sont miraculeuses.
- Très bien.
- Je reçois un cousin par alliance qui vit à Marseille.
Venez souper.
Vous avez sans doute,
mon cousin Pons et vous,
des relations communes.
- Pourquoi ?
- Vous ne viviez pas à Marseille ?
- Docteur !
Docteur !
On vous cherche partout, Mme Rémy est dans tous ses états.
Mince.
J'ai fait une bêtise.
- Facteur !
- C'est la chambre 22.
Le gars a chié comme vache qui pisse.
Il y a de la merde partout.
Pardon, il n'y a pas d'autres mots.
Le gars s'est vidé dans les escaliers.
Même sur les murs, il a chié !
Et sa chambre ! Je vous raconte pas. Une vraie fosse septique.
Le gars, il hurle de douleur !
Mme Rémy aussi, pour d'autres raisons.
- Ça peut être grave, une diarrhée pareille.
La dysenterie, probablement.
- Alors... - Interdisez la chambre.
Aucun visiteur.
- Je les appelle.
Donnez-la-moi.
- Je marche dedans. C'est pas possible. C'est pas possible.
Mes bottes...
Si mon pauvre mari voyait ça...
Et le mur ! Même le mur.
Oh non.
Enfin...
Comment ça a pu arriver jusque-là ?
Gémissements
Pets
- Qu'est-ce que ça pue chez toi, Lansky.
...
Un petit souci ?
- Aide-moi. Je t'en supplie.
- C'est compliqué.
- Fais quelque chose.
T'es toubib, merde !
- Tu me crois ?
- J'ai le choix ?
- Si tu le prends comme ça... - Je te crois !
T'es toubib.
- Et toi, t'es quoi ?
Un escroc ?
Un maître-chanteur ? Un assassin ?
Un peu de tout ça ? On est d'accord ?
- D'accord.
Prends mon argent.
Dans ma table de chevet.
- Mon argent.
- Maintenant, aide-moi.
Aide-moi. - Je me tâte.
- Je ferai tout ce que tu veux.
- Commence par signer ça.
- C'est quoi ?
- Ta confession.
Vols à la tire, chantages, meurtres.
Ton œuvre.
Je t'ai même collé le meurtre de Frédo.
- C'est pas moi !
- Quand même.
Je vais te soigner, Lansky.
Mais tu vas te tirer et plus revenir. Sinon, je te balance.
Signe.
- Oh putain !
Pets
Musique intrigante
...
- Charlie, qu'est-ce qui se passe ?
- Pardon ? Oh ! Dr Parpalaid !
Je vous ai pas reconnu.
- Il est arrivé malheur à Mme Rémy ?
- Non, Mme Rémy va bien.
Je dois récupérer un patient dans l'ambulance. La clinique est pleine.
- Clinique ?
Quelle clinique ?
Vous avez vendu le café ? - Non.
Mais le docteur nous a dit qu'il fallait modérer la boisson.
On ouvre le matin de 7 h à 10 h pour le café.
Et le soir vers 18 h pour l'apéro.
Le reste du temps, on travaille là.
Et on chôme pas.
Sa devise, c'est : "Travailler plus pour gagner plus."
Irène, regarde qui est là. - Où ?
- M. Parpalaid, l'ancien docteur.
- Mais oui !
Pardonnez-moi, je vous avais...
- Pas vu ?
- Oublié.
- C'est aimable.
- Pardonnez-moi, il faut que je vous laisse.
D'accord ?
- Irène !
La demoiselle de Saint-Marcellin
va nous quitter tout à l'heure. La 17.
Je mettrai là la dame de Livron qui arrive dans la soirée.
Oh.
M. Parpalaid !
Bonjour.
Quel bon vent vous amène ?
- Ce que je vois est insensé.
De mon temps, les gens se portaient mieux.
- Ils n'avaient pas l'idée de se soigner. Nuance.
Certains s'imaginent
que les cures, les régimes, c'est pour les grandes villes
et pas pour les campagnes.
Erreur, M. Parpalaid.
Erreur.
Nous aussi, on veut le meilleur. Et nous aussi, on y a droit.
C'est ce que le Dr Knock appelle le bouclier médical.
Excusez-moi, le devoir m'appelle.
M. Mathieu, voulez-vous bien rentrer, s'il vous plaît ?
Allez.
- Quelle surprise, Dr Parpalaid !
- Je vous remercie de m'avoir reconnu.
- C'est vous qui devez rien reconnaître.
Tout a bien changé depuis votre départ.
- Il y a 8 mois ! - Ça me semble une autre époque.
C'est plus la petite existence paisible d'avant.
J'ai quintuplé mon chiffre d'affaires.
C'est pas le plus important. Je me sens enfin utile.
Pardon, nous sommes débordés. Je dois faire une prise de sang.
Mes hommages à Mme Parpalaid.
- 600 ?
Vous atteignez 600 consultations mensuelles ?
En un mois, il a pu se trouver dans le canton 600 personnes
pour venir faire la queue en payant
à la porte du médecin ?
- On ne les a pas forcées.
- Que signifient ces points rouges sur la carte ?
- Ça ?
Ça, c'est la carte
de la pénétration médicale.
Chaque point rouge
indique l'emplacement d'un malade régulier.
Regardez bien. Il y en a partout.
Si je possédais votre méthode...
Si je l'utilisais comme vous le faites...
J'aurais pas des scrupules ?
- Dans 350 de ces maisons,
il y a 350 chambres
où quelqu'un vit la médecine.
Et la nuit, c'est encore plus beau.
Car la nuit, il y a les lumières.
Presque toutes ces lumières sont à moi.
Les malades ont gardé leur veilleuse ou leur lampe.
Et je parle pas des cloches, qui sont la voix de mes ordonnances.
Dans quelques instants, elles sonneront midi.
Midi, c'est la 2e prise de température rectale de la journée.
Dans quelques instants,
350 thermomètres vont pénétrer à la fois
et en même temps
dans 350...
Les cloches sonnent.
Voilà.
...
Musique douce
Respiration difficile
Toux
Respirez doucement.
Respirez doucement.
Respirez doucement. Par à-coups.
Voilà.
Voilà.
Détendez-vous.
Détendez-vous.
La crise est en train de passer. C'est bien.
Cinq gouttes de sirop d'iode. C'est ce qui est prescrit.
Ça va vous soulager.
Vous allez guérir.
Le Dr Werner est confiant.
- C'est la première fois que ma vie a de l'importance.
- Elle a beaucoup d'importance.
- On est pareils, tous les deux.
On n'a pas eu d'enfance alors on doit tout rattraper.
- Comment tu sais ça ?
- Je viens du Secours populaire, comme vous.
L'argent, la notoriété, le pouvoir...
Ça vous a donné une place, je comprends.
Vous avez plus besoin de ça, maintenant.
Promettez-moi d'être heureux.
- Adèle...
Je peux pas, ça.
Ça ne se décide pas.
Ça arrive, c'est tout.
- Alors promettez-moi d'essayer.
Musique douce
...
(Voix du facteur) - "Cher docteur, je vais mieux.
"Beaucoup mieux, je ne tousse presque plus.
"Quand je serai guérie, vous me prendrez comme aide-soignante.
"J'apprends vite, vous savez.
"Comme ça, nous serons ensemble.
"Et sans même avoir à nous parler,
"nous partagerons bien des choses.
(Adèle) - "Votre clinique est achevée.
"Je l'imagine grande, belle, moderne.
"Je la vois bleue, aussi.
"Un beau bleu, comme la mer ou le ciel.
"Je pense à vous et je vous embrasse. Adèle."
- Doucement. Doucement.
Attention, vous n'êtes pas droit.
C'est magnifique.
Si le pauvre M. Rémy avait pu voir ça !
C'est magnifique, n'est-ce pas ?
- Très beau.
J'ai besoin d'une petite retouche.
Je veux des murs bleus.
- Les murs ? Tous les murs ?
- Tous les murs.
- Comment ça, bleu ?
- Un beau bleu, comme le ciel ou la mer. Bleu.
- C'est superbe en blanc.
- Bleu.
- Docteur ! Docteur !
On vous cherche partout. - Comment ça ?
- Le Dr Werner...
Ça ne répondait pas chez vous. Il a appelé la mairie.
Je ne sais pas comment vous dire ça.
C'est la petite Adèle.
Elle est morte cette nuit.
Une complication méningée fulgurante.
...
Hurlement de douleur
Cris de rage
Fracas
...
Il crie.
Fracas
...
Il sanglote.
...
- Mes amis,
nous devons accepter ce qui est.
Car c'est dans l'amour
que Dieu donne la vie
et c'est dans l'amour
qu'Il la reprend.
Adèle,
notre petite Adèle...
Qui avait su trouver en Mme Cuq
une mère
ainsi qu'une patronne.
Adèle est aujourd'hui entrée dans la paix du Seigneur,
comme tous les innocents.
Car elle était innocente.
Oui, mes amis,
même si, dans les derniers instants de sa vie,
elle s'est égarée
dans des amitiés coupables,
notre petite Adèle a donné sa confiance
à un homme qui ne la méritait pas.
Car un menteur reste un menteur, un coupable,
un coupable, tant qu'il n'avoue pas ses fautes
et n'en demande pas pardon
à Dieu.
- Comment osez-vous ?
- Comment j'ose ?
Docteur ?
Ma bonté et ma charité toutes chrétiennes
m'ont fait héberger, tout récemment,
au sein de notre église,
un escroc nommé Lansky.
J'ai appris
son passé criminel.
Cet homme, qui m'interroge,
a été en commerce avec ce voyou
venu jusque dans notre village
régler ses comptes avec lui !
Quel forfait
cet homme qui m'interroge a-t-il pu commettre ?
Lui qui fut, je le sais,
joueur, noceur, manipulateur et vagabond !
- Quel homme êtes-vous ?
Quel homme êtes-vous pour en insulter un autre sur la dépouille d'une morte ?
Oui !
Il m'a fallu exercer 1 001 métiers pour ne pas mourir de faim. Et alors ?
Où est le crime ?
Quand l'art médical
s'est offert à moi, j'ai saisi ma chance.
Et j'ai travaillé avec acharnement, passion et méthode
pour devenir l'homme et le médecin que je suis.
Est-ce qu'un seul d'entre vous
peut me reprocher de ne pas l'avoir aidé ?
Soigné.
Aimé.
J'ai honte pour vous, curé.
Pour votre Église.
Vos paroissiens.
...
- Dire ça devant la petite
alors qu'elle l'aimait, c'est pas joli.
- C'est tout petit. Et dégueulasse !
- Indigne !
- On se demande où est Dieu ?
- Je suis vraiment curé.
Knock n'est peut-être pas médecin.
- En quoi ça vous regarde ? Vous êtes flic ?
- Mais s'il n'est pas médecin !
- On s'en fout, il nous soigne bien.
- Je bois moins.
Je pédale plus droit.
Je suis un autre homme grâce à lui.
- Moi aussi ! J'ai arrêté de fumer. J'ai découvert les cures.
C'est merveilleux, on s'amuse, on est en peignoir...
Je ne m'ennuie plus du tout !
- Sans compter
l'éducation prophylactique.
Le B.A.-BA de l'enseignement.
On s'y est mis.
- C'est pas un mal, chacun vit mieux.
- Docteur ou pas, c'est lui qu'on veut.
Il fait des miracles !
- Ma femme se rase les jambes et elle se maquille le dimanche.
- Quel rapport ? - Je suis content.
- Et mon Charlie
qui avait des problèmes d'érection !
Knock me l'a guéri
et c'est mieux qu'avant !
- T'es folle ? Ça se raconte pas, ça.
- Quoi ? On est entre nous.
- Tout le monde est au courant, on pourra pas le répéter.
La porte claque.
- Il s'en va !
- Qui ?
- Le docteur, il s'en va.
- En avant !
- Attendez !
Attendez !
On peut discuter.
Partez pas comme ça !
- Allez !
Fracas
- Merde !
- Je me suis lavé les dents. Deux fois par jour.
- Attends, Didier.
- Un caporal ne déserte pas.
- Je suis docteur. - Justement.
- La petite aurait pas aimé vous voir partir.
- Qu'est-ce que vous en savez ? - Elle m'a écrit.
Au cas où il lui soit arrivé quelque chose de mauvais.
Elle m'a demandé de vous donner Tom.
- Adèle vous a écrit pour ça ?
C'est vrai ?
- Oui...
- Oui.
Je sais pas pourquoi,
mais je ferai comme elle a dit.
- Partez pas, docteur.
Pour une fois que je suis heureux...
- Qu'est-ce qu'on va devenir ?
- Arrêtez de faire l'enfant, Knock.
Lupus est jaloux
de l'attachement que nous avons pour vous.
C'est stupide, mais c'est humain.
Ça lui passera.
- Ben quoi, vous êtes des nôtres !
- Grâce à... Grâce à vous,
on est devenus importants.
Vous nous écoutez,
vous nous comprenez, vous prenez soin de nous.
Vous soignez nos maladies, vraies ou fausses.
C'est pas donné à tout le monde.
- Mon Michalon ! Tu as parlé normalement !
Mon Michalon !
Applaudissements
Musique douce
...
- Promettez-moi d'être heureux.
- Mais Adèle, je ne peux pas.
Ça ne se décide pas.
Ça arrive, c'est tout.
- Alors promettez-moi d'essayer.
- Je te le promets, Adèle.
Oui, je te le promets.
Musique intrigante
...
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.