All language subtitles for Il commissario FR

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Original subtitles

Qui �tes-vous?

Commissaire adjoint, Dante Lombardozzi.

Mon Dieu...

Votre �me sensible peut s'en �mouvoir.

Ce n'est pas la fonction qui doit vous troubler, c'est l'homme.

Mlle Marisa Santarelli, d�s que je vous ai vue,

j'ai �t� touch� agr�ablement.

Il y a de �a 40 jours, vous sortiez du bureau de votre p�re.

Vous savez tout!

- M�me l'�ge. 30 ans. - 29.

Comme vous voudrez. �tudes : lyc�e. Sport pratiqu� : aucun.

- Vous aviez des courses � faire? - Non, je regardais...

Je peux vous accompagner?

Merci. Tr�s aimable.

Je vais vous dire tout de moi. Lorsque j'avais neuf ans...

Attention � la marche.

C'est ainsi que je rencontrai Marisa.

J'�tais alors un obscur fonctionnaire de police

et depuis ce jour, mes ambitions de carri�re

devinrent m�me une n�cessit�.

J'attendais avec impatience ma grande occasion,

laquelle se pr�senta alors que je m'y attendais le moins.

Le matin du 20 avril dernier,

une bande de jeunes des faubourgs...

On est ici depuis 5 h du matin. On est gel�s.

Et alors?

- Vous avez le chat? - Bien s�r qu'on l'a.

Voil�, c'est ici.

� ton avis, il va crever?

Non, c'est tout calcul�. La capsule est pressuris�e.

C'est moi qui ai fabriqu� le missile.

Combien d'�tages?

� deux �tages, sans ascenseur.

- On y est! - Ne me br�le pas la main.

Vite!

� terre! �a va exploser.

Courez!

L'exp�rience a r�ussi!

L�! Par ici!

Le voil�!

- Et le chat? - Il a saut� en parachute.

Mais non, il est l�.

- Il est mon! - Il est plus vivant que toi!

Non, l'homme, l�!

O� �a?

Vous allez o�?

- Alors c'est vrai... - J'ai peur!

Qui �a peut �tre?

Ces journ�es de travail intense, disais-je,

constituent aussi la r�surrection de notre id�al

civil, �conomique, social et chr�tien.

Cet id�al qui a pour nom l'Europe unie.

Demain, mes amis, c'est P�ques, et notre congr�s

se place pr�cis�ment sous le signe de la fraternit�,

afin de construire, de donner forme concr�te et d�finitive

� ce qui, jusqu'� maintenant,

n'a �t� qu'un grand et tr�s noble espoir...

Nous avons re�u en ce moment m�me

une nouvelle qui nous touche profond�ment.

Notre bien-aim� vice-pr�sident,

le professeur Simone Di Pietro

est mon subitement.

Cet �v�nement funeste nous prive cruellement,

non seulement de l'ami de toujours,

mais aussi de l'autorit� �clair�e

d'un �minent ma�tre �s sciences morales.

Un homme int�gre, un p�re et un �poux exemplaire.

Passe-moi le commissariat.

Le pr�fet de police De Vita.

Mon colonel, quel �ge avait votre pauvre fr�re?

59 ans.

All�, De Vita?

Oui, merci.

Le chef de cabinet.

Je voulais des nouvelles sur le triste cas

de notre regrett� professeur Di Pietro.

J'ai sous les yeux le rapport du m�decin l�giste qui est ici.

Il confirme qu'il a �t� renvers� par une voiture inconnue.

Oui, nous en sommes s�rs.

Les papiers et l'argent que le professeur avait sur lui,

140000 lires, je crois,

n'ont pas m�me �t� touch�s.

Ne me croyez pas indiscret, mais comment proc�derez-vous?

Nous ferons les enqu�tes habituelles pour identifier la voiture pirate.

Je vous prierais d'une chose.

Mais bien s�r, sans aucune interf�rence...

Le pauvre professeur Di Pietro, qui �tait venu � Rome

pour ce congr�s, seul,

s'est peut-�tre accord� une petite escapade...

Le professeur faisait donc des escapades?

Bravo...

Vous comprendrez que si un d�tail de ce genre,

bien que tout � fait marginal et strictement li�

� la vie priv�e du d�funt, �clatait au grand jour,

une certaine presse l'exploiterait.

Le professeur �tait une personnalit� en vue, d'une moralit� si reconnue...

Les cons�quences pourraient d�passer l'�pisode lui-m�me.

Bien s�r, soyez tranquille.

Dans la limite des n�cessit�s de l'enqu�te,

nous ferons preuve de la plus grande discr�tion.

Pour trouver une voiture pirate,

il est absurde d'aller fouiller dans la vie priv�e de la victime.

Je vous en prie. Mes respects. Au revoir.

Apparemment, le d�funt �tait un coureur.

Tu n'avais pas vu?

Ce n'est pas le m�decin qui d�couvre �a, c'est le confesseur.

- Mr. Materazzo? - Oui?

O� en est l'enqu�te Di Pietro?

- Nous interrogeons les jeunes. - Tenez-moi au courant.

D�s qu'il y a du nouveau, je vous informe.

Allons, poursuivons.

Pardon, Monsieur.

La liste des voitures chez les carrossiers

pour des incidents divers recens�s hier.

Tr�s bien. Merci.

- Avez-vous vu une voiture passer? - Non, rien.

Des voitures arr�t�es, suspectes?

Non, non...

Bon. Fais-leur signer le proc�s-verbal et renvoie-les.

Vite, maman va s'inqui�ter.

Pourquoi tu as cette barbe, toi?

Je suis un blouson noir contre tout

pour un monde meilleur, libre.

O� est le blouson noir?

On me l'a vol�.

J'ai inspect� la zone de via Focea.

La voiture n'a pu passer que par une route secondaire

o� il y a un passage � niveau toujours ferm�.

Donnez-moi une chaise.

- Tu as interrog� quelqu'un? - Oui, le garde-barri�re.

Un certain...

Romeo Trapane, 57 ans, qui d�clare :

� 3 h 45, une voiture roulant vite a �t� bloqu�e devant le passage.

Le conducteur n'a pas vu les barri�res

et a frein� au dernier moment.

Le garde-barri�re est sorti pour le lever les barri�res...

- Mod�le de la voiture? - Une Fiat 500 de couleur claire.

Il y en ajustement une chez le carrossier Perella,

phare droit cass�.

- Quel nom? - Armando Provetti.

Quelle barbe, tu as, Armano...

Tu te rases seulement � P�ques?

J'�tais contrari�. Je n'ai pas pu me raser.

Quelle chance...

Si je ne me rase pas tous les jours, je me fais tuer. Par ici la sortie.

- T'es oblig� de faire l'arm�e? - J'ai �t� appel�.

Pour ne pas faire l'arm�e, il suffit de jouer au fou.

- Au fou? - Bien s�r.

Tu joues au d�bile. Tu r�ponds � personne,

et tu fais comme �a avec la t�te.

Et ils y croient?

Bien s�r, qu'ils y croient.

Les psychiatres modernes disent

que simuler la folie est une forme de folie.

Toi, t'es un vrai fou.

Et tu y as �chapp�?

Non, je suis tomb� sur un psychiatre � l'ancienne.

Tu t'es fait avoir, l�.

C'est une simulation de fourberie.

Armando, te laisse pas faire.

Anna, ne serre pas trop...

Tu es Armando Provetti?

Je n'ai rien fait.

J.�tais au lit.

Qu'est-ce que tu veux? Je suis venu me faire raser.

Tu ne dormais pas chez toi.

Comment s'est cass� le phare?

- Tu as amen� ta voiture � r�parer... - �coute...

Tu �tais devant le passage � niveau.

Pourquoi tu continues � nier?

Quoi?

Explique-toi.

Oui, c'est moi. Ce soir-l�, je n'arrivais pas � dormir.

J'avais mang� du chou farci.

Qu'est-ce que tu as mang�?

Du chou farci.

Je suis sorti avec ma voiture.

Je voulais juste faire un tour. Il �tait tard

et je me suis retrouv� pr�s de Focea.

� un moment, j'ai entendu un coup, devant.

Une Fiat 500, ce n'est pas une Ferrari.

Tu n'as pas vu l'homme sur la route?

Non, je n'ai rien vu. Je le jure sur mon p�re.

Mais ton p�re est mon.

Je jure sur ce que vous voulez...

Sur vos morts � vous.

J'ai entendu le coup, je croyais que c'�tait un chien,

ou un parpaing...

Un quoi?

Un caillou, un pav�.

Je me suis tout de suite arr�t�. Parole d'honneur.

J'ai vu qu'il �tait mon.

J'ai paniqu� et j'ai fui.

Tu �cris tout, hein?

�cris, �cris... Je savais que �a me retomberait dessus.

C'est toujours les m�mes qui payent.

Mais les autres, on ne leur fait jamais rien.

On leur fout la paix.

Brigadier Peluso!

Ce cher avocat... Il est libre?

C'est son cadeau de P�ques.

- Tu t'en es bien tir�. - C'est provisoire...

- Nous sommes tous en sursis. - Je croise les doigts.

- Ils me rendront mon permis? - Apr�s le proc�s.

- Pardon... - Allez-y.

Joyeuses P�ques de la pan des sous-officiers,

en remerciement des bouteilles gentiment offertes.

Merci encore, Peluso.

Je renouvelle mes voeux � vous tous,

� vos familles et surtout aux enfants.

- Merci. - Mettez �a dans ma voiture.

- Mais bien s�r. - Merci.

Oui, monsieur. Le chef de cabinet...

Mes respects, monsieur.

Je ferai pan � mes collaborateurs de vos voeux chaleureux.

Tr�s bien. Vous savez, certains amis du professeur

voudraient qu'on donne son nom

� une rue d'un nouveau quartier.

Ne vous inqui�tez pas.

Pour nous, le dossier Di Pietro est clos.

L'inspection va le transmettre � la Pr�fecture.

Merci. Pour quoi que ce soit, n'h�sitez pas � me demander.

Bonnes P�ques. Au revoir.

Vous passez la P�que ici?

Non, je vais au Circeo en famille.

En ces jours de f�te, il faut se d�tendre.

Et c'est une belle journ�e.

Oui. Mais nous avons risqu� gros.

On serait encore ici, si l'affaire n'�tait class�e.

Oui, on a risqu� gros!

Elle n'est pas class�e.

Comment, monsieur?

L'affaire Di Pietro n'est pas class�e.

Brigadier? Viens ici. Et arr�te de manger.

J'arrive.

Il y a une discordance.

- Vous dites? - Ce sont eux qui le disent.

Assieds-toi.

Lis-voir. Et arr�te de manger cette colombe de P�ques!

Allez, lis.

"D�claration du garde-barri�re.

"Je dormais lorsque, vers 3 h 45 du matin,

"j'ai entendu des pneus crisper,

"je suis sorti et j'ai compris que la Fiat 500 de couleur claire

"�tait arriv�e tr�s vite, freinant au dernier moment.

"J'ai lev� la barri�re et la voiture est pass�e.

"Je n'ai remarqu� aucune trace sur la carrosserie

"parce que..." - Parce que?

Pourquoi? Lis, ignorant.

Parce que j'�tais �bloui par les 2 phares...

Lis un peu cette autre d�claration.

D�position du carrossier Perella Settini.

"J'ai r�par� la Fiat 500 de couleur claire,

"propri�t� de Armando Provetti, des d�g�ts suivants :

"Phare avant droit cass�."

- Tu as compris? - Non.

Non? M. Polidori, pourquoi es-tu encore brigadier � 60 ans?

- Je suis brave. - Non. Tu manques de volont�.

Tu ne sais pas lire. Regarde ce que j'ai �crit.

Le carrossier : le phare �tait cass�.

Le garde-barri�re : les deux phares �taient allum�s.

Que fait-on?

Que fait-on? C'est une coquille.

On efface et on corrige.

C'est P�ques, monsieur.

Brigadier Polidori, va donc � la machine � �crire.

�cris ce que je te dicte.

"M. le juge d'instruction,

"Dans les d�positions, il y a une discordance

"mais, s'agissant d'une coquille,

"je me contente d'effacer car c'est P�ques. Sign� Polidori."

- J'ai rien � voir l�-dedans. - Rien � voir?

On n'efface pas une erreur.

- Le responsable doit r�parer. - Il n'y a plus personne.

Le responsable est sorti. C'est P�ques.

Parce que c'est P�ques, la machine polici�re doit s'arr�ter?

Et nous?

Nous? On est dans ce bureau, c'est tout.

Pour toi qui es �g�, sans ambition et seul au monde.

Pour moi, c'est diff�rent. Je veux faire carri�re.

Je veux me faire conna�tre � tout prix.

Car je suis jeune, plein de bonne volont�...

et je me suis fianc�.

- Que faites-vous? - Ce que je fais? Je me bouge!

Le garde-barri�re est mon?

Vous ne savez pas que c'est P�ques, mon fils?

Tu es le garde-barri�re Romeo Trapane?

Qu'est-ce que vous voulez?

Commissaire adjoint Lombardozzi.

Bonnes P�ques, commissaire.

Je file car j'ai une casserole sur le feu.

O� vas-tu?

Trapane! Tu as d�clar� aux enqu�teurs...

- C'est de l'agneau? - Du chat.

- Vous voulez go�ter? - Loin de moi, esp�ce d'inf�me.

Il faut go�ter au moins une fois. �a se mange tout seul.

- Tu aimes le vin? - Ma foi... surtout le Cannellino.

Tu as sign� un proc�s-verbal

d�clarant que la nuit du 20,

une Fiat 500 s'est arr�t�e au passage � niveau.

Elle avait les deux phares allum�s. C'est exact?

Oui.

Les deux phares?

Oui.

Alors explique-moi �a.

La voiture avait un phare cass� et tu les as vus tous les 2 allum�s?

- J'en sais rien. - Tu �tais saoul?

Non, je n'�tais pas l�!

Pas l�? Comment �a?

�pargnez-moi, commissaire!

Pousse-toi!

J'ai mon vaccin!

Je me suis absent�. J'�tais d�sesp�r�.

Faux t�moignage...

J'�tais all� chercher ma femme...

Elle ne vit pas ici?

Non, l'inf�me cruelle!

Je voulais la prendre sur le fait!

Abandon de poste pour motifs futiles...

Comment?

Je fais un rapport. Les fous comme toi sont dangereux.

Avec un poste � responsabilit�...

Cette nuit-l�, mon fr�re me rempla�ait!

Il m'a tout racont�, le t�moignage n'est pas un faux E

- Tu n'es qu'un voyou. - Oui.

N'aggrave pas ton cas. O� est ton fr�re?

Il est gardien au chantier Pisacane.

Que tu sois foudroy�, esp�ce de gredin!

Allons, pas de disputes. Je sais tout, je ne suis pas b�te.

Venez ici. Et r�pondez aux questions.

C'est tout ce que vous aurez � faire.

Tiens-moi �a.

- Tu es le fr�re? - Oui.

- Riccardo Trapane? - Oui.

Riccardo Trapane, on me dit que la nuit du 20,

tu �tais de garde au poste ferroviaire 121, exact?

Oui. Ce cocu!

- Vous l'entendez? - Et alors?

Tu as vu la voiture arr�t�e devant le passage � niveau?

Oui.

Cette voiture avait les deux phares allum�s?

Oui.

Toi, tais-toi.

- Les deux? - Oui.

Silence!

Je te coffre, hein?

- Tu es s�r? - S�rement s�r.

On ne va pas refaire le proc�s-verbal.

Apparemment, l'ampoule �tait cass�e.

Et alors?

Tu quittes ton poste et tu dis "et alors"?

Trapane, que se passe-t-il?

Soyez gentil...

On parle entre amis.

Je te connais pas. Vous �tes?

- Le g�om�tre et vous? - Commissaire adjoint Lombardozzi.

Votre gardien a abandonn� son poste dans la nuit du 20.

Voil�, t'es content? Je suis foutu!

Mon sac!

Attendez, je dois encore vous interroger!

Essaye �a.

C'est quoi?

Commissaire adjoint Lombardozzi.

Je suis en pri�re.

Je dois t'interroger.

On m'a d�j� interrog� trois ou quatre fois.

Je dois faire une expertise pour l'ampoule.

- Maintenant? - Oui.

Il y a ma famille. Nous devons partir en balade.

- On peut faire �a plus tard? - Non.

Si c'est pour parler, ne venez pas.

T'occupe pas. Police.

Fais le signe de croix et viens avec moi.

O� vas-tu?

Je vais avec monsieur � l'atelier. Rejoins-moi en voiture.

Maintenant que j'ai fini ma pri�re, on y va?

Maman, c'est qui?

Ainsi, l'ampoule �tait cass�e.

Non, il n'est pas �crit "cass�e", mais "remplac�e".

Si elle n'�tait pas cass�e, pourquoi la remplacer?

Parce que le filament �tait cass�.

Soyez sages, les enfants. Papa arrive.

Papa, on a faim E

Allons-y!

Le filament �tait cass�, mais...

au passage � niveau, les phares �taient allum�s.

Cela veut dire qu'avant le passage � niveau, le filament �tait intact.

Il a d� se casser apr�s. Ce sont de choses qui arrivent.

Le choc aurait cass� le phare mais pas l'ampoule?

C'est exact.

D'autres d�g�ts sur l'avant de la voiture?

Non.

503/62 sages, j'arrive!

La voiture est ici?

Oui.

Je vais y 'mer un ce�.

Mais bien s�r...

Vous voyez, le phare.

Soyez sages, une petite minute.

Mon Dieu, quel coup!

- Tu t'es fait mal? - Quelle saloperie de salet�...

Marisa?

Dante!

- Salut. - Bonjour ch�rie.

Voici mon amie Claudia.

Mon fianc�, commissaire...

- Dante Lombardozzi, enchant�. - �a va?

�a va, et vous?

Pardon, je dois parler en priv� � ma fianc�e.

Je ne pourrai pas venir � 13 heures chez tes parents.

- Le jour de P�ques... - Il faut se sacrifier.

La petite discordance devient une affaire int�ressante

et j'esp�re bien briller aux yeux de mes sup�rieurs.

Je crois deviner que tu veux en savoir plus.

- Avoue. - Laisse tomber

Je ne peux pas t'en parler.

- Quand pourras-tu venir? - Accordons nos montres.

- Moi, j'ai 12 h 06. Et toi? - 12 h 06.

Tr�s bien. M�me nos montres sont en phase.

� 13 h 37, j'y serai.

Je conna�trai enfin tes parents. J'apporte des fleurs?

- Ne te d�range pas. - D'accord.

- J'ai fait un vaccin. - Mon pauvre.

Un autre bisou.

Dante Lombardozzi.

- �a va? - Bien, merci.

Alors? Il va plaire � mes parents?

Sauf que... Ses cheveux... Pourquoi cette coupe?

Ce n'est pas laid.

- On dirait un griffon. - Mais non.

- Une information... - Benedicte, 4e. Pisellino, 5e.

Ce n'est pas pour jouer. Commissaire adjoint Lombardozzi.

Tu renverses les gens et tu viens t'amuser?

C'�tait un accident involontaire.

Tu as d�clar� ne pas avoir vu la victime

mais d'avoir simplement senti un coup � l'avant.

Tu croyais � un chien ou � un moellon.

- Un pav�? - Tu as dit moellon.

Pardon, celle-l�, je dois la jouer.

La victime mesurait 1,80 m, et tu ne l'as pas vue?

- Tu es myope? - Non.

- Presbyte? - Non.

- Et tu ne l'as pas vu? - S'il faisait ses besoins...

Un professeur ne fait pas �a en pleine rue.

Ils sont partis. Trop tard, je n'ai pas jou� Benedicte.

Les voil�. Paradiso a gagn�.

Vous m'avez fait perdre 25000 lires.

- Tu aurais gagn� 25000 lires? - Oui, 25000.

Moi, je dois travailler une semaine pour gagner �a.

Excusez-moi, mais l'affaire n'�tait pas class�e?

Vous permettez... j'ai � faire.

Tu as � faire...

Benedicte...

2000 sur Apache.

1000 lires sur Pisellino.

- Pisellino? - Il n'est m�me pas parti.

Quand est-ce qu'on mange?

J'ai le ventre qui tra�ne par terre. Il est l'heure de manger.

J'ai faim...

On ne joue pas au ballon dans la maison.

- Quelle heure il t'a dit? - 13 h 37.

Il est 13 h 37.

Le voici. Maria?

Va ouvrir.

C'est le t�l�phone.

J'y vais.

All�? Dante?

Mais comment...

Maman t'a pr�par� des macaronis de sa r�gion.

Tu ne peux pas?

Vraiment pas?

Il vient ou il vient pas?

Alors, qu'est-ce qu'il fait?

Il s'excuse mais il ne peut pas venir.

Il est charg� d'une affaire tr�s importante.

On s'en fout...

Il aurait pu le dire avant. Maria, am�ne le plat!

- D'abord des invit�s. - Allez, on mange.

Cette affaire importante ne pouvait pas attendre demain?

- Maman... - Allez, buvons.

Il lui a g�ch� la f�te, ma pauvre fille.

Moi, les policiers, je n'ai jamais pu les voir.

Ma fille, ne pars pas.

Papa, tu exag�res...

- Il est comment, ce fianc�? - Elle dit qu'il est beau.

Moi, je n'ai jamais vu de beaux policiers.

Tu as invit� Lombardozzi?

Tu es fou. Je pensais que c'�tait toi.

Bonjour, bonnes P�ques � tous.

Bonnes P�ques, monsieur. Bonnes P�ques, Pitti...

- Tu travailles � P�ques? - Je suis oblig�.

Je ne suis pas � la t�te d'une si belle famille.

J'ai un petit doute. Cinq minutes et je te laisse en famille.

- Et ta fianc�e? - La pauvre ch�rie...

J'ai d� annuler une invitation chez ses parents, que je ne connais pas.

Dans ton rapport, que j'ai amen�...

La friture, c'est mauvais pour le foie. Prends un steak.

- Le petit? - Oui.

Le rapport dit : "Le professeur Di Pietro est mon..."

Celui qui a �t� renvers�?

Cervelle et artichauts...

"Di Pietro est mon d'un coup sur le pari�tal gauche

"qui a fracass� l'os et provoqu� des l�sions au cerveau."

- Cervelle et artichauts. - Non, juste artichauts!

On ne parle pas de �a � table.

Au cerveau?

Je suis en service.

- C'est toi, �a? - On est � table,

pas sur une planche anatomique.

- On s'isole une minute. - Allons-y.

Vous m'excuserez,

la vie d'un policier est belle mais inconfortable.

Quand je t'aurai expliqu� mes doutes, tu me donneras raison.

C'est toi qui te compliques la vie.

Maman, que fait papa?

Va savoir... Ubaldo E C'est le jour de P�ques E

Je fais la voiture.

Excellence...

Mon colonel?

Garde � vous!

Repos!

O� est-il? Qui est-ce?

Mon colonel...

Colonel Menotti Di Pietro, le fr�re du d�funt.

Qui �tes-vous? Qu'est-ce que �a signifie?

Commissaire adjoint Dante Lombardozzi.

Suite � des doutes et des soup�ons, on a rouvert l'enqu�te.

Des doutes? Des soup�ons?

Mais enfin, de quoi s'agit-il? Le dossier est clos!

�tait. Je vous prie, n'insiste : pas.

J'exige des explications, des �claircissements.

Vos m�thodes sont barbares.

J'ai fait deux guerres.

Offenser quelqu'un qui a tout sacrifi� au devoir!

Moi aussi, je fais mon devoir.

Et avec de la fi�vre � cause du vaccin.

Retenez-le!

Bas les pattes!

Vous n'avez pas vu le monde qu'il y a?

Des autorit�s, un d�tachement militaire...

Je m'en servirai pour �vacuer la foule!

Vous �tes fou!

Laisse-moi faire.

Que se passe-t-il?

On a demand� une nouvelle autopsie. �a a l'air s�rieux.

Comment �a?

Pardonnez-moi.

Faites-le tourner.

Commandeur? Un appel de Rome!

De Rome?

� grand-p�re, alors.

Tu t'en vas?

Des ennuis. Je vais � Rome. Je t'appellerai.

Le foulard.

Papa, tu t'en vas?

Oui, allez, m'�nerve pas. Dis-leur de se pousser.

Mais o� tu vas?

Bonsoir, M. le pr�fet.

Laissez passer.

O� sont-ils?

- Vous savez quelque chose? - Nous savons tout!

Que se passe-t-il?

Qui s'est permis de faire �a?

- Lui. - Lui.

Moi.

- Mais qui es-tu? - Commissaire adjoint Lombardozzi.

Bureau d'inspection judiciaire.

Ah oui, oui...

Alors, qui y a-t-il?

�tant donn� l'urgence du dossier, je n'ai pas tard�

� relever une discordance dans les d�positions.

Et puisque hier, tous les bureaux �taient d�serts...

Oui, c'�tait f�ri�. Continue.

Le rapport du Dr Longo illustre et confirme

que les �corchures dues aux frottements ne justifient pas...

�a ne justifie pas quoi?

Quand Di Pietro a �t� renvers�, il �tait d�j� mon.

- Mon... - Depuis 4 heures.

Que faites-vous?

- Quoi? - Mon feutre.

Il a eu une attaque. Un infarctus.

- Un coup � la t�te. - D'un objet non identifi�.

- Homicide pr�m�dit�. - On dirait un criminologue!

Merci...

C'est � cause de la d�position de cet idiot de Provetti.

Ne jamais s'arr�ter � la 1�re hypoth�se.

Que Provetti n'ait pas vu un homme de 1,80 m, c'est �trange.

En fait, il a tamponn� un cadavre. Il doit �tre mis hors de cause.

- J'ai bienfait? - Tr�s bien.

Par chance, la pr�fecture n'avait rien re�u.

- Quelle chance! - J'ai bienfait?

Tu as bien fait, je l'ai d�j� dit!

Qu'est-ce que tu veux, une promotion?

Trop aimable, commandeur...

Bon, pour l'affaire Di Pietro, on repart � z�ro! Au travail!

Pousse-toi.

Je vais dire �a � ces empoisonneurs de journalistes.

Je vous accompagne. Vous parlerez de moi?

Je suis � votre disposition pour la suite de l'enqu�te,

dont vous ne m'exclurez pas, j'esp�re.

Non, tu t'es d�j� assez occup� de cette affaire.

Ne t'en occupe plus et va dans ton bureau.

Mon bureau est sous l'escalier...

Mais je viens d'une famille de longue tradition.

Mon p�re �tait carabinier et il a tout fait pour mes �tudes.

Bon papa.

Mais je n'ai pas �tudi� pour �tre rond-de-cuir.

�coutez... Ici, il n'y a pas de ronds-de-cuir.

Ici, il y a des bureaux occup�s par des fonctionnaires

tout aussi indispensables et tout aussi utiles.

- Tu as une id�e? - Oui, monsieur.

Je t'�coute.

Le professeur s�journait � l'h�tel des Congr�s

mais on l'a retrouv� mon � 30 km de l�.

Pourquoi?

Mais enfin... Je ne comprends pas...

Sois plus clair, fiston!

- �a y est, il parle fran�ais. - Pas par hasard.

Sur le d�funt, on a retrouv�

la facture d'une bouteille de champagne.

Une petite sauterie...

�coute-moi, Lombardozzi... Va dans ton bureau.

Ne t'occupe plus de cette affaire. C'est clair?

Ton moment viendra aussi.

Bonjour, mes chers. Ne vous d�rangez pas.

D�s le d�but, nous avions l'intuition

que quelque chose ne tournait pas rond.

La conclusion de l'affaire, telle qu'elle s'�tait trop vite pr�sent�e,

ne nous a jamais convaincus.

C'est pourquoi nous pensons qu'il est opportun d'op�rer...

Il a �t� tr�s gentil, tu sais.

Il m'a fait des compliments.

Il m'a fait �a sur la joue. Ce qui est tr�s rare.

Il ne le fait jamais. C'est un ours.

Il ne conna�t pas mes qualit�s,

sinon, il ne m'aurait pas dit : retournez dans votre bureau.

Tu soupires? Tu ne me suis pas?

Tu t'ennuies?

Je ne veux pas te d�tourner du travail,

mais tu ne connais toujours pas mes parents.

Trois fois qu'ils t'invitent et que tu ne viens pas.

O� tu m'emm�nes? Tu as � faire?

C'est moi qui t'ai dit que je voulais me fiancer,

et que je voulais rencontrer tes parents.

Mais pour l'instant le travail ne me donne pas de r�pit.

Tu es trop fr�n�tique.

En plus, le directeur ne t'a pas charg� de l'affaire.

On ne dit pas directeur, mais chef.

Je m'active parce que je pense � ma carri�re et � notre avenir.

Tu t'es fianc�e avec un commissaire.

Quand un commissaire suit une piste, rien ne l'arr�te.

Il ne conna�t ni f�te ni repos, comme un m�decin.

Si tu �tais fianc�e � un m�decin, il t'emm�nerait chez le patient.

Et le commissaire, il m'emm�ne chez l'assassin?

Si seulement...

Vous l'avez, oui ou non, celui qui a tu� ce pauvre homme?

Si on l'avait trouv�, � cette heure, tu sais o� je serais?

Chez toi, devant un beau plat de p�tes

P�tes Santarelli...

"Je me nourris et j'embellis"...

Comme la fille de M. Donato...

Tu es belle, Marisa. Qui est plus beau, Marisa ou Dante?

Et voil�, Marisa.

Tu m'as distrait et je n'ai pas vu le stop.

- Vous n'avez pas vu? - Honn�tement, non.

- Votre permis de conduire. - Tout de suite.

Commissaire adjoint Lombardozzi.

Je ne vous connais pas.

Maintenant, tu me connais?

Excusez-moi...

La prochaine fois, faites attention.

Quoi? Tu me salues? Tu ne me mets pas de contravention?

Vous �tiez peut-�tre en service...

Je t'ai dit que j'�tais en service?

Laisse-moi. Je sais ce que je fais.

Je n'aime pas la partialit�.

Si j'�tais un autre, tu me verbaliserais?

Non, je ne sais pas...

Tr�s mal! S'il y a eu infraction, tu dois verbaliser!

Si vous voulez.

Pas parce que je veux! C'est ton devoir!

Tu aurais 1000 lires?

Bonjour.

Tu travailles ici depuis longtemps?

Depuis l'ouverture.

Vous �tes de la police, n'est-ce pas?

Commissaire adjoint Lombardozzi. Comment tu le sais?

Eh bien... �a saute aux yeux.

Tu es malin. Tu vois et tu comprends tout.

Modestement, ce m�tier m'a rendu psychologue.

- Ton nom? - Ettore Cargiulo.

Tu es de service tous les jours?

Le jour et le soir.

Tu connaissais le Pr. Di Pietro?

Tous les clients de l'h�tel, au premier coup d��il,

je les photographie.

Donc, tu te souviens que le soir du 20,

le professeur est sorti pour la derni�re fois.

Oui, pauvre professeur...

Oui, monsieur. Tout de suite.

Tu te souviens si le professeur est sorti seul,

ou d'un d�tail int�ressant?

- Je me rappelle parfaitement. - Tr�s bien.

Alors parle.

Parle clairement.

On m'a confisqu� mon passeport...

pour quatre paquets de cigarettes. Vous pouvez m'aider?

Aide d'abord la Justice et je verrai ce que je peux faire.

Ce soir-l�, le professeur est sorti apr�s 20 h.

Il ne m'a pas salu� comme � son habitude.

J'ai trouv� �a bizarre.

Il a march� d'un bon pas de ce c�t�.

Il �tait sportif. Il s'imposait 10 km � pied par jour.

- Un peu fou? - Il aime marcher.

Et � cet angle, il a retrouv� une personne tr�s voyante.

Un cardinal?

Non, une femme.

C'est ce que je pense?

Sacr� professeur de p�dagogie...

C'est bien. Tu es un tr�s bon citoyen.

Tu te souviens de cette femme? Tu peux me la d�crire?

Oui, bien s�r.

Elle attendait � c�t� de la voiture � l'angle.

- Elle avait les cheveux tr�s roux. - Roux?

Je m'en souviens, m�me si elle se cachait.

Elle est entr�e dans la voiture...

Elle �tait... plantureuse.

Comme il y en a beaucoup...

Voil�, un peu comme celle-l�.

Vous voyez, elle sourit.

Elle, par exemple, c'en est une.

- Toi, tu t'y connais. - En toute modestie...

Alors, pour mon passeport?

Tu me le demandes? Il y a un service sp�cial, pour �a.

Qu'est-ce qui se passe?

Ne pose pas de questions quand je suis en service.

Tu ne peux pas t'habiller plus d�cemment?

De fa�on un peu moins voyante.

Qu'est-ce que tu dis?

Tu es la fianc�e d'un commissaire.

Cargiulo?

Oui, colonel?

Que voulait-il?

Pardon, mais j'avais faim.

Les voil�.

Papa, un peu de tenue. Vous �tes affam�?

Et lui?

Il ne vient pas. Un policier sur une piste

ne conna�t ni f�te ni repos.

Ton p�re t'a toujours bien conseill�e.

Alors envoie-le balader.

C'est fait.

Bonjour.

- Un oeuf de P�ques? - Je regarde le champagne.

- Vous en voulez? - Je ne bois pas.

En avez-vous vendu la nuit du 20?

Cette facture vient de chez vous?

Oui. pourquoi?

Celui qui l'a bu est mon.

Commissaire adjoint Lombardozzi.

Je ne fais que vendre. J'ai une licence.

Ces bouteilles sont import�es.

�a m'est �gal. A qui avez-vous vendu la bouteille?

- Attendez que je r�fl�chisse. - Bien.

Nous vendons peu de champagne.

Si, �a y est...

Grand, �g�, accompagn� d'une femme l�g�re?

Non, un jeune.

Le veilleur de nuit d'un motel pas loin d'ici.

Il voulait une facture.

- Major�e? - Il me l'a demand�.

- Son nom? - Ferruccio.

�a fait six.

T'as vraiment du pot, Ferruccio!

Une autre?

C'est �a, oui.

Ferruccio est libre, les gars! Qui veut jouer?

Vous avez peur.

- Salut, Ferruccio. - Je te connais pas.

Tu n'es pas le veilleur de nuit du motel Aria e Sole?

Tu as peut-�tre oubli�, mais je te connais bien.

Tu veux jouer?

- Tu veux encore voler? - Voler?

Qui est ce qui vole, ici?

Du champagne � 3600 lires, tu me le factures 5000.

Regarde si je mens. Tu reconnais?

�a y est, je me souviens.

Vous �tes celui qui se cachait.

Je pensais qu'il �tait distingu�.

Sois poli.

Bas les pattes! C'est la folle qui m'a dit

que dans la voiture, il y avait une personnalit�

qui voulait rester cach�e.

Qui �a, la rousse? Comment tu as dit? "La folle"?

Marie la folle.

Un cappuccino.

Un coca. Les billards sont tous pris?

- O� je peux la retrouver? - Tu la cherches?

Tu m'aides � la retrouver?

Bien s�r, que je te la retrouve.

Combien tu me donnes?

- Donne. - Bonjour...

Bonjour Commissaire.

Je me disais aussi, que �a sentait le roussi. C'est un poulet.

Tu ne me reconnais jamais quand il faut. Toi, reste ici.

Tu joues au billard? Au travail! Ils sont mineurs!

Ce n'est pas mon r�le...

Allez, les jeunes, dehors.

- Parce qu'il l'a dit? - Vous �tes mineurs...

- Tu es s�rieux? - Bien s�r.

Je vous l'ai dit, c'est elle qui a tout fait, Marie.

Elle a pris le chalet n�12.

Je m'en souviens.

- Le 12? - Oui, je m'en souviens bien.

J'ai �t� chercher le champagne.

� mon retour, il �tait d�j� dans le 12.

Elle ajuste entrouvert, et je n'ai rien pu voir.

Dis moi, Ferruccio,

les clients de l'h�tel, vous ne les enregistrez pas?

Bien s�r qu'on les enregistre...

Le professeur n'a pas �t� enregistr�.

Oui... il y a des clients qui veulent rester discrets.

Pour garder le secret, tout co�te le double.

- La chambre, le champagne... - Mais non.

Tout le monde est satisfait du service.

Quand on y a �t� une fois, on y revient...

Oui... Mais ne comptez plus sur le professeur Di Pietro.

- On y est? - C'est l�.

- O� est Marie? - Elle va venir, c'est son coin.

Restez tranquille. Fumez une cigarette.

- �a d�tend les nerfs. - Je ne fume pas.

�a fait une heure. Elle ne viendra plus.

On a d� l'inviter � manger quelque pan.

� propos de manger, si elle ne vient plus...

J'en profiterais presque...

Attends-moi ici, je vais t�l�phoner.

Oui, all�?

C'est lui.

- Je ne lui parle pas. - Quoi?

- Je fais quoi? - Parle-lui.

- Je dis quoi? - Ce que tu veux.

Elle dit qu'elle ne veut pas parler.

Je suis sa maman, oui.

On ne se conna�t pas encore.

Enchant�e...

Avec cette voix si jeune, on ne croirait pas que vous �tes sa m�re.

Je dirais m�me qu'au t�l�phone, on dirait Marisa petite!

On n'est pas une famille compliqu�e et on est tr�s li�s.

Je n'ai jamais eu de famille...

avec des grands-parents... Je n'ai m�me plus mes parents.

Mais comment, pauvre enfant...

Ne vous d�montez pas, M. Dante, et venez nous voir bient�t.

- Quand on a une m�re... - Arr�te un peu.

All�, Dante?

Marisa, pardon si parfois je suis un peu dur

mais m�me si j'ai mes principes, je t'aime beaucoup.

N'en sois pas triste. Tu me pardonnes?

Bien s�r que je te pardonne.

O� es-tu?

Sur la bonne voie. J'ai fait du tr�s bon travail.

Je n'ai pas encore l'assassin.

Je suis aux aguets depuis plus d'une heure, mais rien...

Mais dans cette attente, toutes mes pens�es sont pour toi.

On se voit quand?

Maintenant, si tu veux. Aujourd'hui, j'ai fini.

Je dois me r�signer.

Tu crois que je peux venir?

Tout le monde est l�?

D'accord. J'arrive tout de suite.

Attends... Un bisou?

Non, Dante...

Allez, pourquoi?

Marisa Santarelli est ma fianc�e. Je vais d�jeuner chez elle.

Si tu vois la rousse, appelle-moi l� et j'arrive.

Compris? Je compte sur toi!

Ne vous inqui�tez pas. Je m'en occupe

Attendez!

La voil�!

Juste au moment o� je dis � Marisa que j'arrive...

T�l�phone � ce num�ro et dis-lui que j'allais partir

mais que je suis tomb� sur ma proie.

- Qu'elle m'excuse. - D'accord.

Elle va encore s'�nerver, tant pis...

O� va-t-on? O� tu m'emm�nes?

Un endroit qui m'a �t� conseill� par un ami.

C'est encore loin, cet endroit?

C'est un peu loin mais c'est fabuleux.

On peut faire tout ce qu'on veut en toute discr�tion.

- Le motel Aria e Sole? - Tu connais?

Non, je n'ai jamais �t�.

Je ne peux pas te dire qui je suis. Je suis connu.

Je dois �tre tr�s discret pour une escapade amoureuse.

Tu t'y connais.

Tu as d� en voir, des gens qui ne veulent pas �tre reconnus.

Tu parles trop.

Arr�te-toi, je veux descendre. Je ne veux plus y aller!

Mais comment? �a y est, on est arriv�.

C'est une r�sidence autonome, avec des pavillons ind�pendants?

Vous allez et venez, personne ne vous d�range.

Donc on paye avant.

�a te pla�t?

Oui, mais pourquoi on a atterri ici?

Et pourquoi tu voulais absolument le 12?

C'est mon num�ro. J'ai toujours la chambre 12.

� la roulette, je mise sur le 12. Tu n'aimes pas le 12?

Je m'en fous pas mal.

- �a vous va? - Tr�s bien.

- Bien? - Tr�s bien. Disparais.

Charmant, ici, hein?

Tu n'y avais jamais �t�?

Je connaissais pas.

Elle a d� en voir, cette pi�ce...

Tu es d�j�...

Qu'est-ce que tu veux?

On boit un alcool?

Ou tu pr�f�res une bouteille de champagne fran�ais...

Ici, ils n'en ont pas.

Qu'en sais-tu?

Tu disais que tu ne connaissais pas.

Qu'est-ce qu'il y a, tu trembles?

Qu'est-ce que tu me veux? Qui t'envoie?

Un ami. Le professeur Di Pietro.

- Tu le connais? - Non.

- Quoi? - Je ne connais personne.

Des sueurs froides.

Si, des sueurs froides...

Il m'a dit : va voir la rousse, Marie la folle, j'ai beaucoup aim�.

Tu trembles, tu as peur?

Moi aussi, je veux essayer.

Si c'est vrai, je veux voir �a.

Quoi? C'est mon corps qui te fait peur?

- Tu es arm�! - Oui...

Tu es de la police?

Je suis policier, et alors?

M�me un policier sait aimer.

� moins que tu n'aies une raison de me craindre.

Qui �tait le personnage myst�rieux? Le professeur Di Pietro?

Vous �tiez tous les deux ici,

allong�s sur ce lit, pas vrai?

Et ensuite, vous avez bu du champagne?

Du champagne fran�ais, une belle bouteille...

Une petite orgie?

Et avec la bouteille, tu lui as fracass� la t�te?

Qui �tait avec toi? Tu �tais seule?

Tu avais un complice? Dis-le moi, parle!

R�ponds... Parle...

Qu'est-ce qu'il y a? Maria!

Alors? Je suis en train de t'interroger.

Je suis en service, j'ai le droit.

Tu es blanche comme un cadavre.

Tu n'es pas bien?

Tu es une hyst�rique? Tu �tais d�j� mal?

R�ponds ou je te donne des baffes.

Chalet num�ro 12.

Qu'est-ce que je fais, moi?

- Dante! - C'est qui?

Marisa, tu es l�?

- Je l'interrogeais. - Porc!

C'�tait n�cessaire...

Elle voulait absolument venir.

Toi, tais-toi.

Attends, Marisa!

Salaud!

C'est �a, tes principes? Salaud!

- Ne me touche pas! - Mais enfin...

Je suis en service!

C'est �a, cours-lui derri�re!

C'est �a, va-t'en! Voil� pourquoi tu ne viens jamais!

Du sang?

Quel sacr� coup!

Ma Marisa...

Ouvre, je sais que tu es l�!

Qui c'est?

- Provetti? Que fais-tu ici? - C'est chez moi.

Chez toi? Elle s'est r�fugi�e ici.

- Tu es le maquereau? - Quoi?

Le mac, tu sais tr�s bien ce que c'est.

Arr�tez, ici, c'est chez moi!

Vous avez un mandat?

Ouvre ou je d�fonce la porte!

Aide-moi ou je t'accuse de complicit�.

- �a donne o�? - Je ne sais pas.

Ah, tu sais pas?

La voil�!

Tu l'as laiss�e s'�chapper.

Qui les a appel�s, eux?

Il y a m�me la police.

On va la retrouver. Je vous coffre tous les deux.

C'est moi, j'avoue!

C'est moi!

�a suffit, j'en peux plus!

J'avoue! Je vais tout dire!

Que se passe-t-il?

- Qu'est-ce qu'il a? - Il a avou�.

J'avoue! Je vous dis que j'avoue!

Je n'en peux plus!

- C'est quoi? - Crise d'�pilepsie.

Voyant qu'il �tait perdu, il s'est jet� par terre.

Ma�trisez-le.

Mettez-le sur le lit.

Mettez-lui un mouchoir dans la bouche Sinon, il va se mordre la langue.

Comment tu as fait?

Et vous, alors?

La cl� de l'�nigme, c'est le phare.

Le phare de sa voiture est trop bas pour atteindre un homme debout,

mais trop haut pour toucher un homme couch�.

Provetti a fait une d�position d�taill�e chez le juge d'instruction.

J'ai �t� clair?

Pardon, vous ferez un communiqu�?

Oui, il y en aura un.

Mais je peux vous exposer les faits

tels qu'ils apparaissent dans la d�position de Provetti.

Ce soir-l�, le professeur Di Pietro

arr�ta la voiture de Provetti et lui demanda de l'accompagner.

Le professeur aimait se promener, faire de l'exercice...

Il vivait sainement.

D'apr�s la d�position de Provetti,

ils se mirent � parler politique.

Provetti, c'est connu, est un mauvais sujet.

Un "rat�", diraient les Fran�ais.

Il �mit des critiques et des accusations grossi�res

� l'endroit de certains dirigeants.

Le professeur ne se tut pas et r�pondit de plus belle.

Je vous restitue les points essentiels de sa d�position.

Bref, il y eut des �changes assez vifs.

D'apr�s Provetti, le professeur a �t� le premier � frapper.

Une bagarre s'ensuivit.

Il le frappa avec le sac de cha�nes qu'il avait dans sa voiture.

Voyant que le professeur �tait mon,

Provetti simula un accident de voiture.

Ensuite, �tant donn� qu'il avait �t� vu

au passage � niveau par le garde-barri�re,

il arr�ta la voiture et cassa un phare d'un coup de pied.

C'est justement ce phare cass� qui a pi�g� cet idiot.

Excusez-moi, comment avez-vous obtenu ces aveux?

Il a avou� facilement?

Avec une relative facilit�.

Les agents l'avaient pouss� dans ses retranchements.

J'en profite pour f�liciter mes collaborateurs.

M. Materazzo, M. Ippoliti...

M. Lombardi...

Commissaire?

Qui est Lombardini?

Vous pouvez rentrer chez vous.

Car vous comme moi, avons beaucoup � faire.

Au revoir.

Mes compliments.

- F�licitations pour votre b�b�. - Merci.

M. le pr�fet...

Oui, va dans mon bureau, petit.

Materazzo? On se voit plus tard.

Allons-y.

Je vous en prie.

�coute Lombardozzi, tu as encore pris l'initiative seul

mais en honn�te homme, je dois dire que tu as vu juste.

Merci d'avoir cit� mon nom, bien qu'estropi�,

et pour les mots que vous avez employ�s...

C'est mon devoir.

Mon devoir, c'est de vous informer d'un d�tail qui a son importance.

' �a y est... - Qu'y a-t-il?

Ne vous inqui�tez pas.

J'ai re�u un coup sur le nez qui a provoqu� une h�morragie.

� propos de ce malheureux Provetti.

J'esp�re que la version de son �pilepsie est vraie.

- Bien s�r. - Je le dis pour toi.

Parce que ce serait un gros probl�me.

- Vous rigolez? - Pas du tout.

- Provetti, je ne l'ai pas touch�. - N'en parlons plus.

Vous vous souvenez quand vous �tes rentr� � Rome

en disant que je vous avais g�ch� votre f�te de P�ques?

- Et de quoi je vous avais parl�? - Tu as dit tant de choses.

Mais j'avais fait une supposition qui vous avait frapp�.

Oui, et alors?

- Je l'ai trouv�e. - Qui?

Une femme tr�s provocante, rousse.

Qui a eu ce soir-l�, avec Di Pietro, un rendez-vous coquin au motel.

Mais ce qui est plus surprenant,

c'est qu'en suivant cette femme, je suis arriv�...

- Devinez. - Dis-le, toi.

- Devinez. - Dis-le!

Chez Provetti.

- C'est �a, la d�couverte? - Attendez, il y a un lien.

Qui nous dit que la fille n'a pas inform� son protecteur,

qui pourrait �tre Provetti,

que le professeur avait sur lui une grosse somme d'argent?

Auquel cas, nous aurions un homicide involontaire

dans le cadre d'un vol.

- Non... ce n'est pas possible. - Pourquoi?

Le mon avait encore l'argent sur lui.

�carte-toi et mets-toi l�.

Pourquoi tu m�langes tout?

Homicide involontaire, l'argent, le protecteur.

Ce sont des circonstances tr�s curieuses.

Quelles circonstances? La d�position est claire.

Je vais te la lire.

Pousse-toi.

Provetti d�clare :

"Je n'ai eu ni complice ni commanditaire."

Ne me collez pas, asseyez-vous.

�coute, Lombardi, je vais �tre sinc�re.

Dans cette affaire, nous devons user de la plus grande prudence.

Avec un gant de velours.

Que le professeur Di Pietro, l'illustre sociologue,

le grand �ducateur, le pr�sident de 50 congr�s,

ait voulu passer une soir�e un peu joyeuse...

L'habit ne fait pas toujours le moine...

Mais il ne faut pas inutilement salir la m�moire d'un homme

qui a eu une place si importante dans la vie de la nation.

Qu'est-ce que tu regardes? J'ai dit "inutilement".

L'affaire est class�e. Sinon j'irais jusqu'au bout.

Je pourrais arr�ter ma m�re.

- Et moi, non? - Si, je le sais.

Materazzo? Venez ici, je vous prie.

Comment s'appelle cette femme qui �tait avec Di Pietro?

Marie la folle.

J'ai laiss� tomber, mais je peux vous la retrouver illico.

Non, non. Ta t�te est un volcan. Jamais au repos!

Je sais, c'est ma nature. Je ne peux rester immobile.

�coute, Lombardozzi. Je dois t'avouer quelque chose.

- Je t'avais sous-estim�. - Je le savais.

Trois ans sous l'escalier!

- Une p�riode d'apprentissage. - C'est trop.

On est d'accord.

Tu t'es montr� efficace et tu m�rites une r�compense.

Tu voulais monter 2 marches?

Je te fais monter 2 �tages.

Tu est mut� l�, dans le bureau de Costantino Del Franco.

- Oh, mon Dieu... - Que dis-tu l�?

Ma joie est telle, que je ne sais pas

comment exprimer ma reconnaissance.

- Je suis si �puis�... - Allez, va t'en!

Excusez-moi encore, et merci infiniment.

- Que s'est-il pass�? - Je l'ai mut�.

- En Sardaigne? - Non, ici. Chez Del Franco.

Materazzo, retrouvez-moi une fille, une prostitu�e :

Marie la folle. Je ne sais rien d'autre.

Polidori, on fait les valises.

On va � l'�tage du dessus.

- Une promotion? - Oui.

Pr�pare-toi � m'appeler Commissaire Lombardozzi.

Illustrissime pr�fet de Vita,

Vous remerciant de ma promotion pour m�rites reconnus

j'ai le plaisir de vous faire pan de ma premi�re mission accomplie

dans le cadre de mes nouvelles attributions.

Je suis content car je ne discute pas et suis toujours aux ordres.

Dans ma visite � la cit� des jeunes,

je peux vous assurer que les mineurs Nino Baragli et Otello Colangioli

se conduisent mieux et semblent se repentir.

Tu �cris en majuscules?

Je ne connais pas cette machine.

Ce n'est pas la machine, c'est ta t�te.

Je te tol�re � cause de la sympathie injustifi�e que papa avait pour toi.

Pour toi, je suis trop m�chant?

- Et nerveux. - Oui c'est vrai.

Tu sais pourquoi je suis nerveux? Marisa ne veut plus de moi.

Et ma joie d'avoir �t� promu est g�ch�e par son attitude.

Esp�rons que Marisa comprenne que tout peut redevenir comme avant.

Pourquoi je te parle? �cris.

� propos de ces d�linquants, j'ai quelques suggestions � faire.

Vous qui �tes au sommet d'une carri�re...

Qui est-ce?

- Qui a command� �a? - Nous.

- Pourquoi? - F�licitations et bonne chance.

- Merci. - Tu nous invites?

Tr�s volontiers. Votre geste me touche beaucoup.

Polidori, trinque avec nous.

Votre amiti�, votre solidarit�... Bref, je me sens tr�s �mu.

Cette 2�me section est une grande famille.

Et devant la porte, il y a un ruban bleu...

Pourquoi?

La cigogne ne vous a pas apport� le commissaire Lombardozzi?

Buvons � l'affaire Di Pietro, qui s'est bien termin�e.

� propos, cette fille, la folle... elle est morte.

Messieurs Ippolito et Materazzo, le pr�fet vous demande.

Oui, j'arrive.

Pardon, Lombardozzi. F�licitations.

Attends, Materazzo...

"La folle" est morte?

Elle s'est suicid�e au gaz. C'est son fr�re qui l'a trouv�e.

Alors, chef?

Pauvre...

et malheureuse...

Tu �cris quoi?

"Vous qui �tes au sommet d'une carri�re pauvre et malheureuse"...

- �a, c'est pour M. De Vita? - Oui.

C'est un peu fort, non?

Tu es qui, toi? Un martien?

Pas de t�te, que du nez.

Le commissaire adjoint Lombardozzi n'est plus...

- Le commissaire Lombardozzi. - Peluso?

- Le voici. - Qui est-ce?

M. Secca, avocat de Armando Provetti.

- Oui? - Mon client voudrait vous voir.

- Je ne m'occupe plus de l'affaire. - C'est tr�s important.

L'affaire est class�e.

Il veut vous voir personnellement. J'ai un permis d'audience.

Merci, monsieur, d'�tre venu.

Je suis innocent. Tout ce que j'ai avou� est faux.

Ah bon?

- Qui a tu� Di Pietro? - C'est Maria.

- C'est elle qui l'a tu�. - Oui, elle ne peut plus d�mentir.

Ne dites pas �a.

J'ai avou� uniquement pour sauver Maria.

Et vous savez pourquoi. Vous la poursuiviez.

Que veux-tu dire?

Tu l'as fait par amour?

Tu peux en �prouver? Avec cette t�te?

Oui, je l'aimais bien.

Vous ne pouvez pas comprendre, votre m�tier vous endurcit.

Oui, je suis endurci. Je ne peux pas comprendre �a.

Toi qui l'aimais, tu la mettais sur le trottoir?

C'est un travail.

Vous avez bien fait de ne rien dire.

Sinon je ne serais pas venu.

Continue.

Oui, j'�tais m�me son protecteur.

Si on ne les prot�ge pas, qui va s'en charger?

Et puis... C'�tait une paum�e.

Elle n'�tait pas nette, sinon, elle aurait d�pouill� Di Pietro.

Non, il n'y a pas eu de vol.

Oui parce que le professeur s'est r�veill�, il a cri�

et il l'a m�me tap�e.

Et elle l'a frapp� avec la bouteille.

Du mousseux achet� par le pauvre professeur.

Moi, je dormais tranquillement. Elle m'a appel� en pleine nuit,

j'ai pris ma voiture,

jusqu'� ce motel, avec des petits chalets individuels...

Oui, je le connais.

Tu sais que j'y ai �t�.

Tu manques pas d'air.

Pourquoi tu mens?

Je ne mens pas.

C'est la v�rit�. Vous ne me croyez pas?

On a nettoy� la pi�ce. On a transport� le corps.

Quelle nuit... Maria s'est sentie mal deux fois.

On a roul�, je ne sais pas combien...

On voulait le laisser dans la rue, mais il y avait du monde.

� Focea, il n'y a personne...

Je serais cens� te croire?

Sinon, pourquoi j'aurais avou�?

S'il y avait juste l'histoire du phare, j'aurais continuer � nier.

Au pire, j'aurais eu un proc�s indiciaire.

J'ai avou� pour couvrir Maria.

Vous le savez, c'est votre faute! Vous m'avez pi�g�!

Je suis ici pour l'avocat. Si c'est �a, je m'en vais.

Vous �tes libre de ne pas me croire, mais je confirme ce qu'il dit.

J'ai �t� chez la fille pour lui dire de se livrer � la police.

Si vous saviez dans quel �tat elle �tait.

Elle faisait piti�. La peur de la prison l'a pouss�e au suicide.

Si elle ne s'�tait pas suicid�e, qu'aurais-tu fait?

Qu'esp�rais-tu?

Elle voulait peut-�tre fuir � l'�tranger.

Elle a un oncle au Venezuela.

De l�, elle aurait pu �crire une lettre.

Et je suis s�r qu'elle a �crit une lettre.

Elle ne m'aurait pas abandonn�!

On n'a trouv� aucune lettre.

Le premier � �tre entr� dans la pi�ce c'est son fr�re, Giovanni.

Elle avait un fr�re?

Oui, il vend des fruits et l�gumes au grand march�.

Ce monstre! Tout �a, c'est � cause de lui.

Il m'accuse d'avoir g�ch� la vie de sa soeur.

Il voulait m�me me tuer.

C'est pour �a que j'ai voulu la couvrir.

Pas par amour, alors?

Aussi par amour.

Tu ne peux pas me raconter d'histoires, � moi.

Tu veux passer pour un petit ange

mais je vais te lire ce que tu es.

� 14 ans, vol du tricycle d'un gar�on boulanger.

� 15 ans, tu lac�res les fauteuils d'un cin�ma � la lame.

� 16 ans, tu vends les matelas de chez toi,

tu ach�tes une arme et tu braques un pompiste.

� 18 ans, tu es condamn� pour vol � la tire.

� 19 ans, tu corromps une fille de 16 ans

et tu frappes sa grand-m�re de 87 ans.

Quel est le rapport?

� 21 ans, le tribunal militaire te condamne pour simulation de folie.

Condamnations pour vol de voiture,

non-assistance � ton p�re malade

bagarre avec blessures au dancing Sweet and Lovely,

tu ne veux pas reconna�tre ton fils,

tu exploit�s trois prostitu�es av�r�es,

tu soutires les �conomies d'une femme de m�nage

et tu tentes de la noyer.

Je peux continuer, la liste est tr�s longue.

Nous savons d�j� tout cela,

mais la loi ne doit pas ressasser le pass�.

Il faut s'occuper des choses futures, dit Machiavel.

Ma�tre, ma�tre... Nous avons tous �tudi� Machiavel, � l'universit�.

Ne tentez pas d'envol�es inutiles.

Provetti, la visite est termin�e.

Provetti ne prendra pas 20 ans!

Il ne les prendra pas!

Je comprends votre embarras.

Vous avez contribu� � l'incrimination de ce malheureux.

Vous avez m�me �t� r�compens�.

Que dites-vous? Qu'insinuez-vous?

Je n'ai fait que mon devoir. S'il est condamn�, tant pis pour lui.

�a a toujours �t� un d�linquant.

Oui, mais il n'a pas commis ce crime.

Et �a, vous le savez tr�s bien.

Papa l

Commissaire, je suis l�.

- Qu'est-ce que c'est? - J'en ai profit�, c'est moins cher.

Tu �tais cens� rep�rer le fr�re, pas faire les courses.

- Il est o�? - L�.

On est l� pour l'affaire Provetti?

Non, on est venu acheter des artichauts.

- Giovanni De Santis? - Pourquoi?

Commissaire Lombardozzi. J'ai quelques questions.

- Vous �tes le fr�re de Maria. - Oui.

Vous �tes entr� le premier dans sa chambre.

Et alors?

Vous avez trouv� une lettre, une d�claration �crite?

Non.

- Vous �tes s�r? - Laissez-moi travailler.

Il y a peut-�tre un innocent en prison.

Qui est cet innocent?

Provetti.

Tout ce que je sais, c'est que c'est un salopard.

Il a d�truit ma famille et pouss� ma soeur au suicide.

Il n'est pas responsable de ce d�lit.

Qui vous l'a dit?

Ma soeur a pay�. Pauvre folle... Qu'il paye aussi!

Je te comprends, De Santis.

Si j'avais eu une soeur qui avait subi ce son,

j'agirais comme toi.

Je sais que tu r�pugnes � aider Provetti.

Des types comme lui devraient rester en prison.

Mais je ne le juge pas pour son pass�.

Un jour, il paiera, m�me pour ce qu'il a fait � ta soeur.

S'il n'est pas coupable, je dois chercher la v�rit�,

Et tu as le devoir d'aider la justice.

La justice, je l'aide d�j�.

- En laissant condamner un innocent? - Et alors?

Je n'ai trouv� aucune lettre, compris?

Alors, j'ai tout compris.

Je croyais que tu �tais diff�rent, mais tu es pire que les autres.

Vous me provoquez?

Avec moi, �a ne prend pas.

Celui-l�, il ne dira jamais ce qu'il sait.

Lui, non.

C'est qui, celui-l�?

Un type qui se croit malin.

Vous prenez �a trop � coeur.

Ce d�linquant de Provetti ne le m�rite pas.

�a m'est �gal. C'est la fille ou pas, qui a tu� le professeur?

Le portier de l'h�tel les a vus ensemble, ou pas?

Mais qu'est-ce que vous voulez faire de plus?

Je lui fais identifier le corps de Marie et je rouvre l'enqu�te.

- Rentre chez toi. - Pourquoi?

Tu as un sac plein d'artichauts! Soyons s�rieux, Polidori.

Va te faire f...

Un porteur!

Pardon, Gargiulo...

Gargiulo? Il ne travaille plus ici.

O� travaille-t-il?

� l'agence de voyages Airlines. Belle situation...

Police. Commissaire Dante Lombardozzi.

Vous avez engag� un employ�, Ettore Gargiulo.

Gargiulo? Oui.

Laissez, mademoiselle. Il est l�.

Cet homme barbu, le colonel Di Pietro, que fait-il ici?

Le colonel est notre directeur g�n�ral.

Mon cher Lombardozzi. Que puis-je pour vous?

Heureux de voir que vous avez oubli�, peut-�tre m�me excus� ma nervosit�.

Vous m'avez presque d�bo�t� l'�paule...

Parfois, je ne me rends pas compte de ma force.

Ce n'est rien. Que d�sirez-vous?

Je suis venu interroger l'un de vos employ�s.

Venez faire �a dans mon bureau.

- Je suis tr�s press�. - De quoi s'agit-il?

- Une nouvelle enqu�te? - Non, mon colonel.

- Vous �tes tr�s actif. - Je fais mon devoir.

- Installez-vous. - Merci.

Il s'agit toujours de l'enqu�te concernant votre regrett� fr�re.

Vous voyez...

dans la nuit du 20, le pauvre professeur...

s'est accord� une r�cr�ation, si l'on peut dire.

- R�cr�ation? - Oui. Un petit plaisir.

Il �tait en bonne compagnie...

Je ne comprends pas.

Une fille de joie...

Et elle est morte. Gargiulo les a vus ensemble le soir du 20.

Son t�moignage peut disculper un malheureux.

Envoyez-moi Gargiulo.

Entrez.

Le commissaire Lombardozzi dit que vous savez quelque chose

qui pourrait avoir de l'importance.

Je vous demande de vous mettre � sa disposition sans r�serves.

Vous savez qu'en tant que militaire, j'aime la justice et la v�rit�.

Merci, mon colonel.

Tu m'avais dit que la nuit du 20, le professeur �tait sorti de l'h�tel

et qu'une voiture l'attendait avec une femme rousse � son bord.

Une femme que tu connais tr�s bien. Il me l'a tr�s bien d�crite.

Cette femme est morte.

Il faudrait que tu viennes l'identifier.

C'est une formalit� rapide mais tr�s utile � la justice.

Je veux bien �tre utile � la justice, sur des choses que je sais...

Mais sur ce que vous avez dit, je ne sais rien.

La nuit du 20, tu n'as pas vu sortir le professeur?

Oui, bien s�r.

- Et une voiture l'attendait? - Oui.

Dans la voiture, il y avait une femme?

- Non. - Qui, alors?

Il y avait un homme.

Avec des cheveux roux?

Roux, jaunes, verts, je n'ai pas bien vu...

Dites la v�rit�.

Vous avez �t� bon comme un p�re,

vous m'avez donn� ce travail,

Vous croyez que je mentirais devant vous?

Il se trompe peut-�tre. Tout ce que je savais...

Tu l'as dis, mais tu te r�tractes. Je vais te rafra�chir la m�moire.

Commissaire! Vous intimidez un t�moin?

C'est un d�lit.

Faire taire un t�moin est aussi un d�lit.

Ici, on ne fait taire personne.

Mais on engage des analphab�tes tr�s bien pay�s.

Vous r�pondrez de votre attitude � vos chefs.

Savez-vous o� �tait mon fr�re ce soir-l�?

Oui... Non. Dites-le moi donc.

Il participait � une s�ance pr�paratoire du congr�s

Qui �tait avec lui? Leurs noms.

Ils sont inscrits sur mon agenda.

- Il y avait moi. - Vous...

Colonel Di Pietro.

Le g�n�ral Tuzio Lef�vre.

Le professeur Cerioni.

Le Grand Officier Piccirilli.

Le baron Pilosto.

Son excellence Pinzipenna.

Le cavalier Montemuro.

Et le professeur Mario Gazzara.

Allons, d�p�chons. Descendez.

- Brigadier Polidori? - Allons, pressons.

Doucement, il faut y mettre les formes.

Je vous en prie, Messieurs...

- Je peux appeler mon avocat? - Ici, on n'est pas en Am�rique.

Suivez-moi, s'il vous pla�t.

Ils se sont mis d'accord.

Que t'es-tu donc mis en t�te?

Je devrais coffrer deux anciens d�put�s,

un g�n�ral, un grand professeur... le tout, sans preuves.

Pas une preuve.

Depuis 30 ans que je fais ce m�tier,

si j'avais d� coffrer tous les menteurs que j'ai vus,

les prisons de toute l�Italie n'auraient pas suffi.

Quoi, encore?

Ce n'est rien, M. le pr�fet. Je me mordais une main.

C'est nerveux. Ne vous inqui�tez pas.

Tu devrais te calmer.

Pourquoi rit-t-il?

On est � l'�cole?

- On ne peut plus rire? - Non!

- Que fais-tu? - C'est le dossier Di Pietro.

�a, c'est mon abonnement au cin�ma.

La v�rit�, c'est que...

je ne sais pas pourquoi, mais on veut garder le secret

d'une normale et ill�gitime �treinte d'un personnage

consid�r� comme un homme int�gre...

- Que dis-tu, Lombardini? - Lombardozzi.

- Quoi? - Lombardozzi.

- C'est la m�me chose. - Non, Lombardozzi.

Lombardini, on vit une �poque o� r�gne une certaine rigidit� morale.

Je te l'avais bien dit, de rester tranquille � ta place.

Ne crois pas que tes initiatives seront sans cons�quences.

Je les assumerai.

Alors, dehors! Nous avons fini. La parole est � la magistrature.

Quel insolent...

Et �a, c'est quoi?

"Mon amour, ma ch�rie, je te supplie..."

C'est une lettre pour ma fianc�e

qui m'a plant� pour raisons de service.

Alors prends ta lettre et disparais!

Vous avez vu sa t�te, son regard? Il m'a l'air un peu fou.

Il est un peu fou, surexcit�

mais il est tr�s scrupuleux et il n'a pas tous les tons.

Quelle bande d'hypocrites! Je les aurais boucl�s avec plaisir!

Le chef de cabinet...

Je vous �coute, monsieur. Merci..

C'est tr�s gentil � vous et � votre �pouse

mais je regrette de devoir refuser l'invitation car je suis tr�s pris.

Vous avez devin�. Je suis m�me de mauvaise humeur.

Merci encore.

Mon cher Polidori. J'en ai trop fait.

Je me suis tromp� et je continue � me tromper.

Le chef a raison de dire que j'ai exag�r�.

Et Provetti de dire que c'est ma faute.

Votre faute?

Oui. En partie.

Dis-moi sinc�rement.

Tu y crois, � ma version des faits?

Oui, en partie. Esp�rons que le tribunal y croira.

Si toi, tu n'y crois pas, comment le tribunal y croirait-il?

Sans preuves, sans t�moins, ou plut�t,

avec des t�moins contre nous.

Provetti est fini. Il n'a plus aucune chance.

Tr�s bien.

- Tu dors, la nuit? - copieusement.

- Moi, j'entends les sabots... - Comment?

Tu as bien de la chance.

La Cour.

L'audience est ouverte.

Proc�dure p�nale contre Armando Provetti,

n� � Rome le 3 avril 1930,

accus� d'homicide sur la personne de Simone Di Pietro.

Carabiniers, amenez l'accus�.

Asseyez-vous.

Provetti, vous avez entendu l'accusation?

Vous avez fait des aveux devant le juge. Vous confirmez?

Non, je me r�tracte.

Comment?

Tout est faux.

Toujours la m�me histoire. Qu'est-ce qu'il croit?

Vous avez fait une d�position pr�cise et d�taill�e.

J'ai �t� contraint. On m'a battu.

Inf�me salopard... Personne ne l'a touch�.

Il essaie de se sauver.

Il essaye, mais il ne trompe personne.

Des coups de pied et des coups de poing...

Ils m'ont tu�.

Qui est-ce qui t'aurait frapp�?

Allons, jeune homme.

Le nom.

Peux-tu me dire qui est cette brute?

Allons, Provetti, ne crains rien.

Dis-nous le nom.

Dans la Cour d'assises, personne ne te frappera.

Personne n'usera de violence.

Tu peux parler.

Le commissaire Lombardozzi.

M. le pr�sident, vu la personnalit� et la moralit� de l'accus�,

ceci ne nous surprend pas.

Nous nous r�servons le droit d'en d�montrer le caract�re infond�.

D'accord, oui.

Nous citerons donc le commissaire Lombardozzi.

Le commissaire est dans la salle.

Le commissaire Lombardozzi est ici?

Oui, M. le pr�sident.

Avancez.

Le t�moin est mis en cause par l'accus�.

Le minist�re public est d'accord. Et la partie civile?

Aucune objection.

Vous �tes le commissaire Lombardozzi?

Commissaire Dante Lombardozzi. Deuxi�me section de la pr�fecture.

- Ils veulent le pi�ger. - C'est peut-�tre vrai.

- Ce n'est pas le genre. - Va savoir.

Avec lui, on peut s'attendre � tout.

Asseyez-vous.

Non, restez ici.

Allons, Provetti,

r�p�tez devant le commissaire le d�roulement des faits.

Allons, parlez.

Il est entr� chez moi par effraction.

Il a ferm� la porte et m'a frapp� pour que j'avoue.

Il m'a dit : si tu te r�tractes, je te frappe de plus belle.

J'ai pris peur et j'ai avou�. Je ne comprenais rien.

J'ai un certificat m�dical.

Vous pouvez contr�ler, il m'a r�duit en miettes.

L'arcade sourcili�re s'est ouverte,

il y avait du sang dans la bouche. L'oreille �cras�e...

Je ne pouvais plus parler. J'�tais gonfl�.

Ils ont parl� d'�pilepsie. J'ai jamais fait d'�pilepsie.

M�me quand j'�tais soldat,

J'ai �t� d�clar� sain d'esprit et de nerfs.

J'ai �t� chasseur alpin, moi!

Provetti, regarde-le en face.

C'est lui qui t'a frapp�?

Oui, c'est lui.

Lombardozzi, vous �tes fonctionnaire de la s�curit� publique.

Vous �tes commissaire...

et vous mesurez...

la gravit� des assertions que l'accus� vient de faire.

Nous attendons de votre pan, et �a figurera sur le proc�s-verbal,

un mot pour clarifier les faits.

L'accus� se d�clare innocent, vous accusant

de lui avoir extorqu� une confession.

Commissaire, votre r�ponse est d�cisive pour le son de Provetti.

Est-il exact que vous la lui avez extorqu�e?

C'est vrai, M. le pr�sident.

Vous avez r�ellement frapp� l'accus�?

Oui, M. le pr�sident.

Alors, cette confession n'a aucune valeur.

C'est vrai, je suis innocent!

Merci, ma�tre, j'ai gagn�! Je suis innocent!

J'ai bien fait, ma�tre, j'ai gagn�!

La v�rit� triomphe!

Je vais faire �vacuer la salle! Silence, s'il vous pla�t!

Vous, allez-y.

- Merci. - l'audience est suspendue.

La Cour se retire pour d�lib�rer.

Tu as d� souffrir!

Maman savait que tu �tais innocent!

Ces garnements...

Vous avez ruin� votre carri�re...

Je n'�tais peut-�tre pas fait pour �a.

L'arriv�e de la troisi�me course.

File-moi mes 40000 lires. J'ai gagn�.

- Occup�! - Ah, non!

Maintenant, tu peux dire que je t'ai frapp�.

Voil�...

C'est ici que se termine l'histoire du commissaire Dante Lombardozzi.

Et quand Marisa, la bonne �me,

m'a dit : tu vas venir chez mes parents, oui ou non?

Je ne voulais pas venir...

dans cet �tat-l�.

Je suis seul au monde.

Mais non. Quand on a une m�re, on ne pleure pas.

Merci.

- Quand j'avais neuf ans... - Mangez...

Quel faim de loup...

- Tu l'aimes vraiment? - Bien s�r, papa.

J'ai 30 ans, papa.

Et maintenant, qu'allez-vous faire?

J'ai un dipl�me.

- � 9 ans... - Mangez...

On vous trouvera bien une place dans notre entreprise.

- Bien s�r. - Merci.

Dans la police, nous �tions une belle famille.

- Mais celle-ci est mieux. - Je te crois...

- C'est le grand-p�re? - Oui.

Vous avez fini?

LES P�TES SANTARELLI VOUS NOURRISSENT ET VOUS EMBELLISSENT

Sous-titrage : Christophe LARTILLEUX pour T�l�tota

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