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- Vous d�sirez ?
- Je viens pour l'emploi.
- Vous avez des certificats ?
- Des certificats ?
- Ben oui. - Non.
J'ai des papiers.
- Maison de correction,
...bataillon d'Afrique, je n'ai rien pour vous.
- �coutez, je ferai n'importe quoi. - C'est ce que je crains.
- Croyez pas �a, je demande qu'� travailler dur.
- Vous ne faites pas l'affaire, c'est un emploi de confiance.
- II y a si longtemps que je cherche.
Aidez-moi � vivre.
C'est facile, non ?
Alors, faut que je cr�ve ! ?
- Mauvaise graine.
- Merci.
- D'o� viens-tu ?
Maison de correction ?
- Oui.
- �vad�e ?
II y a longtemps ? - Ce matin.
- Qu'est-ce que t'avais fait ?
- A la mort de maman, papa s'est mis � boire.
Et puis il est venu une femme.
Elle m'aimait pas, elle me battait.
Papa m'a plac�e dans une cr�merie, j'allais le voir un dimanche sur 2.
Des fois, il �tait pas so�l.
- Et alors ?
- Un dimanche, j'avais pas de bas,
...j'en ai pris une paire � la patronne.
Elle s'en est aper�u, elle a voulu me faire arr�ter.
Je me suis sauv�e et puis un agent, comme celui de tout � l'heure...
Ils appellent �a du vagabondage. - Oui.
C'est leur mot. - Ils m'ont gard�e 4 mois.
Voil�, c'est tout.
- C'est toujours comme �a que �a commence.
Notre tort, c'est de perdre ceux qui nous aiment.
Toi, ta m�re, moi, quand mon p�re est mort...
Viens, ne restons pas l�, allons � la maison.
- M. Max, pourquoi vous me faites tant boire ?
- Tu dois avoir faim ?
- Un peu, j'ai l'habitude.
- On trouvera bien quelque chose � manger.
Tu dois pas �tre bien difficile, toi et moi, on se contente de peu.
On n'est pas tr�s heureux, mais y a plus malheureux que nous.
Il pleut � verse.
Un enfant crie: - Non ! Non !
- Dire que c'est comme �a tous les soirs.
Ils finiront par le tuer.
- Je suis pas ta m�re, allez ! - Non !
- Tu ne penses pas qu'on devrait... - Quoi, t'es pas folle, non ?
C'est pas nos oignons et le gosse est habitu�.
- Attends un peu !
- Non, papa !
L'enfant hurle.
- Eh ben, mon vieux, t'as gagn�.
Il nous aura empoisonn� jusqu'au bout, ton gosse.
- Tu peux le dire. - A qui la faute ?
Si tu m'avais �cout�e, on l'aurait pas gard�.
- Ah, celui-l�...
Pour ce qui est d'�tre fragile... Un vrai gosse de riche.
- Ben, maintenant, qu'est-ce que tu vas en faire ?
Hum ?
...
- Tu sais, comme cuisinier, je suis peut-�tre pas fameux.
- �a sent bon. - Des patates, c'est nourrissant.
Tiens, go�te �a, c'est de la pur�e, comme quand on est malade.
- Merci.
Y a longtemps que j'en avais pas mang�.
- Ben, on s'est d�brouill�s, non ? - Oui.
- C'est pas si mauvais ? - Non.
- Mange, cocotte.
Quelqu'un vient.
- Voil� quelqu'un.
- Oh, c'est Simone qui rentre, elle est tr�s gentille.
- Bonjour. - Bonsoir, mon petit.
- Tiens, t'as une invit�e ?
- Ben oui. - Bonjour, madame.
- Bonjour.
T'as sans doute trouv� du travail.
- Non, pas encore. - Ah, tant pis.
- D'o� viens-tu, toi ?
- J'ai pris l'ap�ritif avec Max. - Ne fr�quente pas ce sale type.
- Ici, j'ai pas le choix. - Simone...
- Quoi ! ?
- Rien.
- C'est heureux.
Mange, c'est notre diner. - Tais-toi.
- Elle doit savoir comment on se nourrit.
- T'es pas honteuse, non ? - Non.
Mais toi, tu devrais l'�tre.
On vit dans un taudis, j'ai qu'une robe, j'en ai assez !
- Tu as bu ?
- Au lieu de ramasser des m�mes...
...dans la rue et les nourrir, tu ferais mieux de penser � moi !
- Je fais...
...ce que je peux.
- Tu ne me donnes jamais rien !
La mis�re.
Et encore, il faut la partager. - Simone, calme-toi.
Lucette !
Lucette !
Lucette !
Lucette !
...
Elle fond en larmes.
...
- Pourquoi tu pleures ?
- Ce n'est rien.
Tu demeures ici ?
- Non.
Et toi ?
- J'ai failli y habiter.
Je m'appelle Lucette et toi ?
- Moi, je m'appelle...
�a, c'est dr�le, j'ai comme un vide dans la t�te.
Des hommes se disputent. Je sais plus.
- Comment �a ?
Bris de vitre, bagarre.
Viens par l�.
Qu'est-ce que tu as au front, tu es bless� ?
- Oui. - �a te fait mal ?
- Non.
- C'est une auto qui t'a renvers� ? - Je me souviens plus.
Je me suis r�veill� dans un terrain vague.
- Tu n'as pas de parents ? - Oh si.
- Alors, tu retournes chez toi ?
- Oui, mais je sais plus o� c'est.
- �coute, faut pas rester dans la rue, la nuit.
On va se faire arr�ter.
Si on entrait l� ? - Si tu veux.
- Viens.
Assieds-toi l�.
Comment ils sont tes parents ? - Je me souviens plus.
J'essaye de me rappeler.
Oh, c'est dr�le.
Mais qu'est-ce que j'ai ?
- C'est rien, va.
- II me semble pourtant que... qu'ils �taient gentils.
Tu sais, j'�tais heureux.
- Tu en as de la chance.
- Comment je vais faire pour les retrouver ?
- On verra demain, tu es fatigu�, il faut dormir.
- T'es gentille.
- Si tu te souviens plus de ton nom et que je m'appelle Lucette,
...tu ne veux pas �tre Lucien ?
- Si tu veux.
- Bonne nuit.
Des gens approchent.
...
- Je vais aller piquer un petit roupillon !
- Je suis pas press� de rentrer, le vieux doit �tre so�l.
- Le mien est en Guyane.
- Pas f�ch� de retrouver mon ch�teau.
Bonsoir, les gars. - Bonsoir, p�re La Loupe.
Oh ! Qu'est-ce que c'est que �a ?
Des m�mes ?
Ben, d'o� sortent-ils ceux-l� ?
Non, mais sans blague, ils nous envahissent.
H�, d�binez-vous, vous �tes chez moi.
Si vous couchez dans mon appartement, o� je vais ?
Oh...
Ils ronflent bien.
Oh, oh, ils sont merlans...
Bougez pas les gosses,
...j'irai vous prendre demain matin.
Allez, je mets le verrou de s�ret�.
Il y a une vraie mis�re du bon Dieu, pouah...
Ah, vous devez la sauter, c'est l'heure du casse-cro�te.
Allez, venez.
C'est un coin tranquille.
Tenez la rampe, c'est pas bien solide.
Allez vous asseoir, les enfants.
Je sors les provisions.
Mangez un peu, les enfants.
�a va vous remettre.
- C'est dr�le ici.
- Oui, c'est le mus�e de mes copains de la cit�.
Ils sont collectionneurs, ils ramassent ce qui traine,
...m�me ce qui ne traine pas.
Puis ils le rapportent ici. Choc m�tallique
Bonjour, mon Ren� !
Je te voyais pas.
Tu �tais cach� derri�re ta m�canique
C'est pas pour rien qu'on t'appelle "la Science".
Toujours � chercher, � inventer. - Faut ce qui faut.
- Oh, dis donc,
...�a se pr�sente bien. - �a gaze.
D'ailleurs, l'invention, c'est notre seule chance d'en sortir.
Et �a y est presque. - J'en �tais s�r.
- Je suis bien content. - Bravo, bravo.
Tiens, voil� l'�quipe. Bonjour, Paul !
- Salut, p�re La Loupe, �a va ?
- Oui, viens voir un peu.
Tu parles d'un boulot.
- �a va ? - �a va pas mal.
�a va m�me bien. - Y en a encore pour longtemps ?
- Non, il me manquait presque rien et j'ai trouv�.
Le sable descend par l�, vient par l� et remonte l�.
C'est gagn� ! - C'est pas trop t�t.
- Oh, visez les gars !
- Qu'est-ce que c'est que �a ? Ils foutent quoi ici ?
- Tu vois bien, ils se nourrissent.
- Je vois, oui, mais on est chez nous.
- Dis, tu y vas fort. - Et �a ?
- C'est une m�me, tu le vois pas ? - Si, je vois.
Dis, tu sais pas lire, non ?
Puis lui, on le conna�t pas.
On n'en veut pas.
Pas vrai, les gars ?
- Oh, minute, minute !
Vous vous conduisez comme des bourgeois.
Non, mais regardez-moi ces deux m�mes.
Tu vois pas d'o� elle vient ?
Allez chercher les flics...
...pendant que vous y �tes !
Et celui-l�.
Avec sa gueule fendue.
Il se rappelle plus de rien, il n'a plus de m�moire
- C'est pas nos oignons.
- C'est pas les miens non plus.
N'emp�che que je leur donne � bouffer,
...t'as compris ?
- Puisque c'est comme �a,
...emmenez-les � la cit� chez Marie La Planche.
Marie la fringuera en moins voyant.
Bon, c'est r�gl�, allez, fichez le camp, j'ai du travail.
- �a va.
Allez, venez, les gosses. Suivez-moi
Non, mais sans blague.
- H�, vise un peu ces deux-l� d'o� qu'ils sortent.
- S�rement d'une poubelle !
- Pas mal, la m�me.
- Salut, p�re La Loupe.
- Salut, beaut�.
- Flatteur.
Alors, les m�gots te suffisent plus ?
Tu ramasses des gosses ? - Je te demande pas de les nourrir.
- �a serait pas d�sagr�able. - Donne-moi un litre de rouge.
- Du bouch�, bien entendu ?
- Oui, comme toi.
- T'as un joli tablier, c'est de la belle �toffe
Quoi ? - T'es connaisseur ?
- J'appr�cie les belles choses. - Esp�ce de limace.
- Faut de tout. - Allez, venez, les m�mes.
- Ils sont gentils, ces petits.
Je pourrais m'int�resser � eux.
- Vous avez du feu M. Max ? - Oui, la Lune.
Mais tu vas t'abimer la sant�. Oh, la belle ligne de chance.
�a va te conduire en Guyane. - En Guyane ? Pourquoi faire ?
- Pour casser des cailloux.
L�-bas, �a pousse entier, faut les casser, tu comprends ?
A propos, la Lune, toi qui es s�rieux,
...tu veux pas vendre des lames de rasoir pour moi ?
- Votre fr�re s'en occupe. - Mais Paul est un fain�ant.
- Non, je les connais vos combines.
Drogue et compagnie. - Oh...
J'ai eu des femmes par milliers Mais h�las, je n'avais qu'une m�re
La, la, la, la, la...
- II serait temps que tu trouves du boulot, tu sais.
L'amour et l'eau fraiche, tu te rends compte ?
- Simone, ne sois pas m�chante - Des mots, tout �a.
J'ai 20 ans.
- Moi, je les ai eus en taule. - 2 pigeons s'aiment...
...et s'engueulent pour des graines. - T'�coutes aux portes ?
- Oh, si peu.
- Bonjour, Max. - Bonjour.
Oh, la jolie main.
Fine, rac�e, vous permettez ?
Oh, je vois de l'argent.
Beaucoup d'argent. - De l'argent ?
O� �a ?
- Ben, dans votre main, ch�re amie.
Mais oui, vous �tes faites pour une existence heureuse.
Vous devez vivre dans le luxe, la facilit�, le confort.
- Le confort ? Parlons-en.
L'eau est dans la cour et les waters, vaut mieux �viter.
- Patience.
- Max. - Quoi ?
- Vous croyez aux lignes de la main ?
- Non. - Ben alors ?
- Mais je crois � ce que je vois. - Tu vois quoi ?
- Je vois l'avenir.
- Ah oui ?
Je vais bient�t trouver de l'embauche ?
- Tu cherches encore du travail ? Tu as de la suite dans les id�es.
Moi aussi, j'en ai cherch� du travail autrefois.
J'avais des dipl�mes, mais...
- Vous n'avez rien trouv� ? - Non, alors, j'ai compris.
Ah, mais je veux pas d�courager Jean.
Jean est honn�te et intelligent.
Puis il a des r�f�rences. - Des r�f�rences ?
- La p�nitentiaire d'abord et le bataillon d'Afrique apr�s.
C'est attrayant. - �a va.
- Moi, je veux arranger les choses. - Tu me d�go�tes !
- Quoi, �a va, quel nerveux !
- N'insulte pas mes amis. - Monsieur est ton ami ?
Cette pourriture ? - Oh, il est charmant.
- Je fr�quente qui je veux et toi... - Moi, je fous le camp !
Je reviendrai quand il sera plus l�.
- Jean devient violent.
Il te bat pas, non ?
- M�me pas.
- �a viendra, �a vient toujours.
C'est un brave gar�on, un peu simple, tout d'une pi�ce.
Je me demande si c'est l'homme qu'il te faut.
- Moi aussi. - �a m'ennuie de te voir t'�tioler.
Tu perds ta jeunesse, c'est si beau la jeunesse.
- Oui, �a se mange pas en salade.
- H�, y a des gens qui sont pas de cet avis.
Pour commencer, il te faudrait une vie tranquille en province.
J'ai un ami qui s'occuperait de toi.
Il te dorloterait, tu serais de la famille.
- Je ferais quoi ?
- Oh rien, enfin, presque rien.
Il re�oit des amis, des papas g�teaux.
Pas exigeants et g�n�reux.
Tu me ferais tes confidences, tu m'enverrais des petits mandats.
Je te placerais tes �conomies, hm ?
Poup�e, va...
Bon, voil� l'adresse.
Avec de quoi prendre ton billet, tu as un train � midi.
C'est si simple, la vie.
Petite fille.
- Dr�le de temps, hein ? - Bof, le temps, je m'en fous.
Lucette !
Viens ici.
Mais comment est-tu l� ? ? - Je dors chez Marie La Planche.
- O� vas-tu ? - Chercher un grog pour Lucien.
- Lucien ? - C'est un petit gar�on.
Il ne se souvient plus de ses parents et il est malade.
- Tu dois pas te montrer ici. Je t'apporte ton grog chez Marie.
Un grog bien chaud. - Vous �tes enrhum� ?
- Non. - C'est Mme Simone, alors ?
- Oui. - Oh, c'est un coup de froid.
1 F 50. Je l'ai fait bien fort.
- Merci.
- Voil�. - Merci.
- II est pas tr�s causant. - Qui est-ce ?
- Un certain Jean Balard. - Que fait-il ?
- II cherche du travail et il en trouve pas, qu'il dit.
- Alors, rien de nouveau dans ce coin-l� ?
- Ils sont calmes. - Oh, faut pas s'y fier.
- Ils se chauffent au soleil, quand y en a.
- La vermine, �a aime le soleil.
En tout cas, s'il y a quelque chose,
...un petit coup de t�l�phone. - Entendu.
- Au revoir.
- Bonjour, M. Jean. - Bonjour les enfants.
Bonjour, Maria, t'avais pas assez de gosses ?
- Le p�re La Loupe me les a amen�s. - Tiens, Lucette, ton grog.
Alors, on fait trempette ?
- C'est lui que j'ai rencontr� sur le pont.
Il est gentil. - Bonjour !
- Bonjour, mon petit gars.
- II est beau, hein ? - Oui.
Alors, on va �tre copains ? Quand tu seras gu�ri...
- Elles m'obligent � rester couch�. - Elles ont raison.
- Je serai gu�ri demain. - En attendant, bois �a.
Sans �a, tu vas te faire attraper.
- Alors quoi, on se bat ?
- II me cherche, lui ?
On se bat pas, on joue au p�re et � la m�re.
- Y a plus d'enfance. - Donnez-moi une noix.
- Laisse, les grands, �a donne que des baffes.
- Quelle �ducation.
- H�, � quoi �a va servir cette m�canique ?
- On te l'a d�j� expliqu�.
C'est la machine du mouvement perp�tuel !
Tu comprends pas ? - Si, mais c'est quoi "tarduel" ?
- Oh, celui-l�, alors !
- Quand c'est en route, �a s'arr�te plus !
- Oh, c'est dr�le !
Mais pourquoi �a s'arr�te plus ?
- Oh, parce que c'est le mouvement perp�tuel, h� !
- Silence, les gars ! Vas-y, la Science.
- Reculez-vous.
- On t'a dit que c'�tait dangereux ! - Et silence !
Allez.
- Alors, c'est tout ?
�a a pas l'air d'aller.
- �a a pas l'air d'aller ? Minute.
�a manque de lubrifiant. - Lubri-quoi ?
- Je sais pas, c'est technique.
- Oui, �a manque d'huile.
Oh, doucement, h� ! - Oh, c'est qui le technicien ?
C'est moi, et vous me fatiguez, compris ?
- Oh, dis donc... - �a va, tiens �a.
1, 2 et 3 !
- Merde, alors.
- Ah, ce coup-l�, elle a march� plus longtemps.
Je suis dans la bonne voie. - Tu as mis trop d'huile.
- �a va pas, je crois qu'on n'y arrivera pas...
...sans le truc que tu as rep�r� - Oui, �a aiderait.
- Comment il est ce machin ? - Comme �a et comme �a.
- Combien �a co�te ? - 65 balles.
- Combien t'as en caisse ? - 67 francs.
- 67 F apr�s ce qu'on a r�colt� ? T'entretiens des danseuses ?
- Qu'est-ce que tu dis ? - Je m'entends.
- Si t'as pas confiance, garde-la ta caisse.
- 65 balles pour un truc pareil...
- Laisse tomber. - Va donc, h�, minorit� !
- Avec ce truc, je r�ussirai. - Oui, et on se tirera de la cit�.
- Et on fera quoi ? - On montera un garage.
- Visez le Julot !
- Salut les gars, je suis bath, hein ?
- Oh dis, le costume !
- II est chouette, hein ? - T'as l'air d'un �tranger.
- Allez, les gars, pour le mouvement perp�tuel,
...en avant, marche !
Ta dam, ta dam, ta dam...
- Marrant.
Oh non...
Brouhaha.
- On prend la bagnole.
- H�, le sans nom, viens voir, voil� ton p�re !
- Ben, o� est mon fils ?
Vous n'auriez pas vu mon fils, par hasard ?
O� est mon fils ?
Je cherche mon fils.
O� est-il, ce petit fiston ?
Vous ne l'avez pas vu ?
Vous n'auriez pas vu mon fils ?
- Pourquoi tu fais �a ? - On rigole.
- Vous devriez avoir honte. - Oh, laisse tomber.
- H�, ben quoi, tu penses au travail, oui ?
- Oui, ton travail, ben, j'en ai marre de ton sale boulot.
- Allez, voil� la camelote.
Installe-toi � 6 h au coin de la rue Barry.
- �a me d�go�te, tout �a finira mal.
On est rep�r�s, mon vieux. - Je sais.
Non, il faudrait une bonne t�te d'innocent avec toi.
Viens voir �a.
Eh bien, quoi, petit mignon.
Allons, ils sont plus b�tes que m�chants
Pour retrouver tes parents, fais passer une annonce.
- J'ai pas d'argent.
- C'est vrai, �a. Ben, je vais t'en faire gagner.
Il s'agit...
...d'un travail facile. - Quoi ?
- Tu vas vendre des lames de rasoir. - Max...
- Quoi, Paul ?
- Oh, je veux bien. - T'es mignon.
Tu vas accompagner mon fr�re, il t'expliquera.
Demain, je te payerai. - Oh, merci.
- Allez, allez.
- En route.
- Ce mec-l�, je peux pas le blairer. - Moi non plus.
- Allez.
- Merci, M. Max. - Oh, c'est tout naturel.
Puis si un jour, tu as des ennuis,
...�a peut arriver, tu pourrais compter sur moi.
- Qu'est-ce que tu lui racontes ? - Rien, on bavardait.
- Allez, rentre.
Un bon conseil, Max, laisse Lucette tranquille...
...ou tu auras affaire � moi. - Jean, t'es injuste avec moi.
En plus, j'ai tout fait pour que Simone reste avec toi.
Qu'est-ce que tu veux,
...c'�tait une pauvre fille, une ambitieuse.
- On t'a jamais cass� la gueule, non ?
- Monsieur.
H�, le voil�, venez voir.
- Oh, qu'il est beau !
- C'est s�rieux, �a, hein ?
- Vous cherchez quelque chose ? - On veut ce bouquin.
- Qu'est-ce que vous voulez bien en faire ?
- Monsieur est inventeur.
- Mais cet ouvrage vaut tr�s cher.
- On le sait, 65 balles. - Allez, paye, Mimile.
- Donnez le bouquin.
- Je vous donne �a en petite monnaie.
- Comme vous voulez.
- S'il avait �t� dans la rue, on aurait pu le faucher.
- Laisse tomber. - Ben, 65 balles...
- Bon, je vais travailler.
- Dis, tu devrais te tenir peinard. - Je suis for� et �a durera pas.
Allez, filez � la p�niche et commencez � potasser.
Viens avec moi, toi.
Allez, saute.
- Alors, ce commerce de lames de rasoir, �a marche ?
- Y a des hauts et des bas.
Enfin, j'apprends � mon fr�re � se d�brouiller.
- II a pas l'air maladroit. - Non. Juste un peu fain�ant.
- II s'en tirera. - J'esp�re.
Le t�l�phone sonne. Puis je suis l�.
- Salut ! - Ah, salut.
�a faisait longtemps. - Ah, les affaires...
- �a fait plaisir de te voir. - Le plaisir est partag�, cher ami.
- Merci.
- H�, N�nesse, donne-moi un blanc, tu sera gentil.
- Bon, entendu.
Dis donc, Max, j'ai une commission pour toi.
Ton fr�re a eu un ennui. - Un ennui ?
- II a �t� embarqu�. - On a arr�t� mon fr�re ?
Je me demande pourquoi.
- II �tait peut-�tre pas en r�gle - Mon fr�re en prison, quelle honte.
- T'as rien � te reprocher, c'est le principal.
Quand on a bonne conscience... - Ben oui.
Mais c'est humiliant.
- Oui. - Oui.
Bon, je m'en vais.
Bonjour.
Oh, tu es bien gaie, ce soir.
- Oui, j'ai trouv� du travail chez un monsieur...
...qui vend des timbres, un philat�liste.
- Dis, tu es seule ? - Oui, pourquoi ?
- Tu peux garder �a quelques jours ? - Je veux bien.
C'est fragile ?
- Non, c'est des souvenirs, ils seront en s�ret� ici.
Ah, voil� notre ami.
- Je suis pas votre ami, sale type !
Paul a �t� emmen�. Et c'est quoi, �a ! ?
- Allez, tais-toi. - Non, je dirai que c'est vous !
- Assez ! Toi, garde cette valise. - Non, emportez �a chez vous.
- Oh non, vous ferez ce que je veux.
- Je prendrai pas votre sac.
- Si, car j'ai qu'un mot � dire pour que tu retournes d'o� tu viens.
- �a m'est �gal. - Vous ferez pas �a !
- �a d�pend de vous.
Alors, c'est oui ou c'est non ?
Tu vois, Lucien a compris, il est intelligent pour son �ge.
Avec moi, on arrive toujours � s'entendre.
C'est agr�able, n'est-ce pas, petit mignon ?
C'est gentil, �a.
- Lucette, quand je serai grand, t'auras plus rien � craindre.
- L'existence est bien monotone sans impr�vu.
Je devrais m'occuper de bonnes �uvres.
- Tu rigoles ?
- Vaguement. - Ils ont perquisitionn� chez toi ?
Pourquoi ? - Je sais pas, j'ai �t� calomni�.
- Pauvre vieux.
- Ta sympathie me fait du bien.
- Dis, combien de temps �a va durer ton petit man�ge ?
T'as pas fini de profiter de la mis�re de ces m�mes ?
- �coute, Jean... - Esp�ce de salaud.
On laisse faire et c'est les gosses qui paient.
Des gosses sans d�fense contre des ordures !
- L�che-moi. - Salaud !
Brouhaha.
...
- Bravo, bien envoy�.
- Ben, mon vieux, toi qui demandais de l'impr�vu.
T'es servi. - Oui, merci.
Donne-moi quelque chose de fort.
...
- H�, les gars !
Quoi qui n'y a ? - C'est le Jean qui a d�rouill� Max.
Un uppercut, tiens.
- T'es pas louf, non ? - Je pensais plus � ton smoking.
Je voulais te montrer. - C'est r�ussi.
- II a bien fait de le d�rouiller, Max, c'est un d�gueulasse.
- Qu'est-ce que tu dis ? - Ils t'ont rel�ch� ?
- T'occupes, tu as dit quoi ? - Que Max �tait un d�gueulasse.
Oh, c'est pas un secret, c'est presque dans les journaux.
- Viens, on va causer.
Les enfants crient.
- Allez, allez !
- Oh, alors quoi ! Vas-y !
- Y a que moi qui ai le droit de dire que c'est un d�gueulasse !
- C'est un salaud !
C'est un d�gueulasse, je te dis.
- T'es pas louf, non ? Donne-moi �a.
- Oh, la p�niche !
La p�niche !
- L'invention... - Oh, le bouquin...
Le mouvement perp�tuel qui fout le camp.
- Elle emporte tout, cette vache-l�.
- 22, les gars !
- Joli joujou. - Mais quoi ?
- Cette fois, tu n'y couperas pas. - J'ai rien fait, moi !
Une pendule sonne.
- II est midi, M. Petitot, je peux y aller ?
- Bien s�r.
Ah, �coute un peu.
Apr�s d�jeuner, avant de revenir,
...tu iras porter ce timbre chez M. Favre, rue de l'Ecuyer.
- Oui, monsieur.
- C'est toujours un d�chirement de se s�parer d'un chef-d'�uvre.
Quel dommage de ne pouvoir conserver de pareilles merveilles.
Enfin, il y a des sacrifices n�cessaires.
Prends bien soin de cette pi�ce rare.
- Oui, M. Petitot.
Au revoir.
- Atout � l'heure.
- Tu t'ennuies pas toute la journ�e ?
- Non, puis maintenant que je travaille,
...je crains plus rien.
Parfois, je regarde les timbres, il y en a d'extraordinaires.
Avec des paysages d'une beaut�, t'as pas id�e.
Il doit y avoir des oiseaux, mais on ne les voit pas.
C'est trop petit. - C'est vrai.
- Tu sais, j'ai fait un r�ve.
On �tait tous les deux sur une lie au milieu d'une mer toute bleue.
Il n'y avait que nous, et un soleil, des arbres,
...et plein de fleurs, on �tait bien.
C'est un r�ve que personne n'a d� faire,
...moi, c'est � cause des timbres, et de toi.
- Parce que les copains disent que je suis timbr� ?
- Non, je t'aime bien.
On n'est pas si malheureux tous les deux.
Les jours passent vite avec toi. - Oui.
Mais �a n'en finit plus, je m'ennuie.
- Tu t'ennuies avec moi ? - Mais c'est pas �a, non.
Je m'ennuie de mes parents.
Ils doivent me faire rechercher. - H�, petit !
Tu connais la rue de l'�glise, c'est par ici ?
- Oui, c'est la 2e � gauche. - Merci.
Tiens, voil� 20 sous pour t'acheter des bonbons.
- Non, c'est pas la peine. - Allez, fais pas la b�te.
- Tu viens ? - Oui.
- Qu'est-ce que tu as ? - II a l'air gentil, le monsieur.
Mademoiselle. - Tu veux des fleurs ?
Merci.
- Tiens.
- Oh, merci.
Il y avait des violettes � Fresnes, mais elles n'avaient pas d'odeur.
Les tiennes sentent bon.
On dirait l'�le d�serte.
Une femme chante.
- Et mon c�ur au clou
Je n'ai plus sur moi que mon malheur
Pour bagage
Je n'ai m�me plus de droit sur mon c�ur
Et je rage
Plus rien ici ne m'attache
Je suis sans piti�, je suis vache
Je n'ai plus un sou
Je me fous de tout
J'ai mis mon c�ur au...
Le m�me crev� ?
- Mon m�me ?
T'as des visions.
- Je te dis que je l'ai vu.
D'abord, s'il aurait �t� mort, les journaux en auraient parl�.
T'aurais d� aller v�rifier, mais t'as pas de curiosit�.
- Ben, j'ai pas os�, moi.
Avec celui-l�, �a rapporte pas mal.
Puis quand je le pince un peu, il chiale, alors, �a apitoie.
Seulement sa m�re me le loue 8 F par jour et faut le porter.
J'en ai les bras cass�s.
Avec ton m�me, on �tait plus peinard.
- O� tu l'as rencontr� ? - Du c�t� de la cit� Henri IV.
- Je vais aller y faire un tour.
Apr�s tout, c'est mon gosse, il est � moi.
- Et l�, dans quoi elle est ? - Dans une brouette.
- Dans une brouette. - Cui, cui !
- Tu as vu l'oiseau ?
- Tenez, on recherche un enfant de 14 ans.
Ses parents demeurent � Neuilly.
C'est s�rement moi.
Neuilly, je me souviens. - Tu vas y aller ?
- Tout de suite ! - Bonne chance.
- Au revoir.
- Au revoir.
- Vous croyez que ce sont ses parents ?
- Non.
Mais on ne sait jamais.
- Qu'est-ce que je vais devenir ? - Ne sois pas �go
- II peut pas rester ici. - Mais il g�ne pas.
- Et sa famille ? - J'aurais voulu le garder.
- C'est pas si facile.
Regarde, moi, avec Simone.
On peut pas toujours garder ceux qu'on aime.
- C'est pour �a qu'on a du chagrin.
- Bonjour, qu'est-ce que tu veux ?
- Je viens pour l'annonce, l'enfant qui a disparu.
- C'est moi ! - Toi ?
- Mais oui, c'est moi...
...qui avais disparu.
- Bon, je m'en vais.
- Non, t'as l'air fatigu�, viens te reposer.
Je te raconterai mes bobards.
T'as de la veine de me trouver, demain, on part en vacances.
- �a doit �tre chic. - Oh non, on est en famille,
...c'est pas l'aventure, y a pas d'impr�vu.
Tiens.
Les voil�, mes parents.
- Ils ont l'air gentil. - Oh oui.
- Pourquoi leur faire de la peine ? - Je sais pas.
Ils sont pas � la page, pour eux, y a que Paris.
Paris, c'est rien sur la g�ographie.
Tiens, on va boire un verre.
Moi, je suis un homme d'action,
...je veux visiter le monde.
Le d�sert, le Sahara,
...les montagnes, les Peaux Rouges.
Buffalo Bill, tout.
�a fait 4 fois que je m'�chappe, ils me reprennent � chaque coup.
Mais j'y arriverai.
Je voudrais aller � Marrakech.
Marrakech.
Tiens, viens, je vais te faire voir.
Viens voir.
Ben, viens.
Tiens, c'est l�, Marrakech.
Il para�t que c'est tout blanc.
O� habites-tu ? - A la cit� Henri IV.
- O� est-ce ? - De l'autre c�t� de Paris.
Il faut que je parte. - J'irais bien � ta place.
Toi, tu resterais l�, mes parents auraient toujours un petit gar�on.
Oh, ils en feraient encore une histoire.
- Moi, je cherche � retrouver mes parents et toi, � t'en aller.
C'est beau ici.
C'�tait comme un ch�teau avec des tourelles.
Avec plein d'arbres, comme dans une for�t.
Et � l'int�rieur,
...si vous aviez vu, des escaliers partout,
...des grandes fen�tres et des pi�ces immenses.
Des tableaux plein les murs.
De l'or, m�me sur les meubles.
Oh, �a brillait.
Puis y avait des choses bizarres dans les vitrines.
J'ai pas compris � quoi �a pouvait servir.
Puis il y avait des verres si fins qu'on doit pas oser les toucher.
Puis des livres, des rideaux tout blancs.
Je me rappelais plus que �a pouvait exister.
- C'est pas pour nos gueules. - Ce sera � nous.
Quand nous le prendrons.
- Paul, tu t'es �vad� ?
- Oh, tu y es pas rest� longtemps.
- Et tes cheveux ? - Ils repousseront.
- Mon petit Paul !
Comment tu as pu faire ? - Je reste pas en cage, moi.
- Tu as re�u mes lettres ? - Tu as du temps � perdre.
- J'ai remis �a pour l'invention. - T'en es encore l� ?
- Je te dis que j'y arriverai.
J'ai achet� un autre bouquin. - C'est quoi ?
"Le Manuel du petit constructeur".
Ben, je crois plus aux contes de f�es.
Sauf � ceux du sans nom.
- Bonjour, Paul.
- Viens ici.
Dis, o� c'est qu'il est ton ch�teau ?
- A Neuilly, 5 rue Verlaine. - Neuilly.
Y a du monde l�-dedans ? - Non, ils partaient en vacances.
- Bon.
- Paul, ne reste pas ici, il faut te planquer.
- Non, il faut que je me tire et j'ai besoin d'argent.
Je vais m'en occuper. - Salut.
J'ai chang� de tailleur.
- On le sait que t'es bath.
- Oh... Paul.
- Bon, barrez-vous, je dois parler � L�on.
Allez, sautez. Allez, toi, comme les autres.
Allez, viens L�on.
Quelque chose craque.
"Cambriolage � Neuilly, le montant des vols s'�l�ve � 25000 francs."
Dis donc, 25000 balles.
Si j'en avais seulement 500 pour me tirer d'ici.
Je vais me faire cueillir.
Oh, �coute �a:
..."On a retrouv� dans l'escalier le valet de chambre assomm�
Il n'a pu fournir aucune indication sur son agresseur."
Oh, on parle du sans nom.
Quand Lucette saura...
...que Lucien est dans le coup,
...elle en sera malade.
Lucette...
Tiens, tiens, tiens...
C'est une id�e, �a.
- H�, o� que tu vas ?
- Hein ? - O� que tu vas ?
- Chercher mes 500 balles.
- Quoi ?
500 balles ?
- Hm, belle �poque pour la philat�lie.
Les pays naissent, impriment de beaux timbres,
...et hop ! Le r�gime change.
Les timbres aussi.
Des pays disparaissent, du nouveau, encore du nouveau.
Nous vivons des ann�es postales vraiment passionnantes.
N'est-ce pas ? - Oui, monsieur.
- On voit bien que tu ne te rends pas compte,
...jeune innocente.
Quelqu'un siffle.
Tu devrais te constituer une petite collection.
- Je veux bien.
- C'est le meilleur moyen de t'int�resser � ton travail.
Puis elle ne te co�tera pas cher, cette collection.
Des cadeaux de ce bon M. Petitot.
- Je vous remercie, monsieur.
- La philat�lie n'est pas une science sans �me.
En effet, c'est une �chapp�e vers le r�ve et la po�sie.
Ah, la po�sie.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Pour Neuilly, les flics cherchent le sans nom.
- Lucien ? - Oui, � cause de sa visite d'hier.
- Mais il n'a rien fait ! - Oui, mais il doit se d�biner.
Sans �a, c'est la taule. Tu veux le sauver, non ?
- Oui, mais comment ?
- Ben voil�, je connais quelqu'un qui a le bras long.
Mais il faut de l'argent. - J'en ai pas.
- Demande une avance de 500 balles � ton patron.
- 500 francs ?
II voudra jamais.
- Ben, s'il marche pas, il doit avoir du fric dans sa caisse.
- C'est pas possible.
- Ce que je t'en disais, c'est pour le sans nom.
Moi, j'agis en ami.
Enfin, t'auras rien fait pour quelqu'un qu'on aime.
Si tu te d�cides, viens me rejoindre au hangar.
Et passe par le terrain vague.
- Monsieur...
- Mais d'o� viens-tu ?
Qu'est-ce qui t'arrive ? - M. Petitot, je...
- Ce brave M. Petitot t'�coute, ma petite fille.
- J'ai besoin d'argent.
- Hein ?
Combien ?
- 500 francs.
- 500 francs ? Comme �a, tout de suite ?
- Je vous les rendrai sur mon salaire.
Je vous en supplie, il faut...
Ah, si vous saviez...
- Bon, bon.
Nous allons voir �a.
On ne fait jamais appel en vain au bon c�ur de M. Petitot.
- Je travaillerai pour rien autant que vous voudrez.
- Qui te parle de travailler, petite sotte ?
Comme tu voudras.
D�cid�ment, ma petite Lucette,
...je crois que je ne pourrai pas te donner ces 500 francs.
- Oh, excuse-moi, mon petit ange.
- Oui, �a va.
- On avait besoin de ce cambriolage pour compliquer notre existence.
- On peut pas ouvrir un journal sans trouver un vol ou un crime.
- �a va finir par une rafle et je vais encore trinquer.
Quelle rigolade !
- Le gosse n'y est pour rien. - �videmment
- Va chercher la balle.
- Lucien, va te cacher ! - Me cacher, pourquoi ?
T'en fais une t�te ? Ton patron t'a renvoy�e ?
- Oh non. - Tu as pleur� ?
- Je te dirai plus tard.
�coute, tu dois te cacher, sans �a, ils vont te prendre.
Et moi, si je te perdais, qu'est-ce que je deviendrais ?
- T'as le fric ?
- Tiens.
- II te les a donn�s ?
�coute, Lucette, excuse-moi.
Tu comprends, j'�tais for�.
- Je t'en supplie, sauve Lucien.
- T'en fais pas, va. - Paul, viens voir.
H�, regarde.
- Le voil�. - Lequel ?
Celui qu'a pas de casquette.
- T'es s�r ? - Oui.
- Alors ? C'est toi l'indicateur des bons coups � faire ?
- Mais... - Emmenez-le.
- Mais qu'est-ce que je vous ai fait, laissez-moi !
- Mais laissez cet enfant tranquille !
- De quoi vous m�lez-vous ? - II a rien fait.
- Embarquez-le aussi. - Mais comment...
Laissez-moi tranquille !
- Lucien ! !
Lucien !
Mon Lucien !
Mon petit Lucien.
- Lucette ! Lucette !
Mais qu'est-ce qu'il y a ?
- Oh, Lucette...
Lucette, ma petite Lucette !
Ben alors ? - Ne me touchez pas !
- Mais c'est moi, le p�re La Loupe.
- Vous avez des mains d'homme ! - Forc�ment
- Laissez-moi !
Lucien ! ! Lucien ! !
J'ai plus rien, moi, plus rien !
Reviens, mon petit Lucien !
�a n'a servi � rien !
- Lucette ! - Non, je veux pas qu'on me touche !
Je veux plus qu'on me voie !
- P�re La Loupe, j'ai quelque chose � vous dire.
- Ah oui ?
- Paul et moi, on a �t� � Neuilly.
- Vous avez fait le coup ?
- Non, mais on a vu un type se sauver.
- Un type ?
Tu l'as pas reconnu ? - Non.
- II �tait comment: Grand, petit, maigre ?
- Je sais pas, il me semble... - Ben quoi ?
- Je sais pas, il y a un truc... - Vas-y, qu'est-ce que t'attends ?
- Ben, j'ai march� sur une coquille de noix.
- Une coquille de noix ? - Oui, et �a m'a rappel� quelqu'un.
- Oui, moi aussi, �a me rappelle quelqu'un.
- Oh, et puis, oui, je l'ai reconnu.
- Moi aussi, je l'ai reconnu, �a m'�tonne pas de lui.
- Qu'est-ce qu'on va faire ? - Je sais pas, mais on va trouver.
Allez, viens.
- Eh ben, vous en faites...
...des t�tes !
Allez, prenez quelque chose � mon compte.
Patron, un Cordial et un truc doux pour le gamin.
- Oh, t'es en fonds ? - Oui.
J'ai re�u un courrier de province. - Oh...
- C'�tait bien, la kermesse hier soir ?
- Oh, pas mal. - Tu y �tais avec B�bert.
- On est rentr�s tard, oui.
- B�bert m'a dit que t'�tais sorti seul.
- Non, j'�tais avec un gosse.
Pas un de la cit�, ils sont pas assez distingu�s.
- C'est vrai, mais ils ont besoin d'air pur.
Tu pourrais les emmener � la campagne, en banlieue.
- En banlieue ? - Oui.
- J'y penserai.
- La nuit, c'est calme, la banlieue.
Je connais des petits coins, tout ce qu'il y a de bath.
- On en conna�t tous.
Le dimanche, les guinguettes,
...Nogent. - Neuilly.
Il casse une noix.
Quel sale petit bruit.
On trouve des noix partout. - C'est un fruit de saison.
- II en pousse m�me sur les parquets � Neuilly.
- A Neuilly, � Neuilly, et pourquoi Neuilly ?
C'est quoi ces regards de juge, qu'est-ce que je vous ai fait ?
- A nous, rien.
- Alors, foutez-moi la paix !
J'en ai marre de vos gueules !
Vous avez compris, oui ! ?
- Oh, calme-toi, Max.
Tu deviens grossier.
Dis donc, il parle comme tout le monde.
Faut-y qu'il soit troubl�.
Eh ben, qu'est-ce que t'attends ?
Brouhaha.
- H�, les gars !
La police vient chercher un type !
- O� �a ? - L�-bas, dans la cour.
- C'est gentil de venir me chercher, merci.
Au revoir, les gars.
H�, mon exemple vaut bien une sucette.
Sois honn�te. C'est mieux, non ?
- �a y est, c'est r�gl�.
Il n'y a plus de Max.
- H�, p�re La Loupe.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Pourquoi il a dit "sois honn�te" ?
- Oh, il rigolait.
- II l'a pas vol� celui-l�, parce que comme salaud...
- On s'est m�me battus � cause de lui.
Je me suis fait embarquer pour �a. Fallait-il qu'on soit gourds.
- Vous avez mes... - Voici vos papiers.
Vous �tes libre.
A vous maintenant.
Vous avez des pi�ces d'identit� ? - Oui, voil�.
Mais y a pas d'erreur possible, je viens de la cit� d'� c�t�.
On m'a dit: "Y a un gosse comme ci et comme �a."
Je l'ai tout de suite reconnu et j'ai accouru.
- �a va, vous expliquerez �a au commissaire, asseyez-vous.
- Bonjour, les enfants.
- �a va, M. Jean ?
- �a va, les m�mes ?
Bonjour, vous autres.
- Ah, M. Jean !
- Ah, M. Jean !
Ils vous ont pas gard� longtemps.
Et Lucien ? - Ils peuvent pas me le rendre.
- Si c'est pas malheureux. - O� est Lucette ?
- On ne sait pas, �a lui a fichu un coup et elle s'est �vanouie.
- Et elle est partie par l�.
- Elle criait, elle criait.
- Fallait la retenir. - On n'a pas os�.
- Je l'ai vue vers les quais. - Mais o� ?
- Je sais pas. - Les gars !
Une fille s'est fich�e � l'eau ! - Quoi ?
Tu l'as vue ? - C'est D�d� qui me l'a racont�.
- C'est Lucette.
- Qu'est-ce que tu dis ? - C'est s�rement elle.
- Mais tu es folle ! - Vous ne comprenez donc rien ! ?
- Marie, viens ici !
Marie ! Marie !
- C'est pas elle, c'est pas vrai !
Pas Lucette, non !
- Arr�te, tu es cingl�, tu vas te faire arr�ter !
- Je m'en fous ! Tu peux pas comprendre.
Si c'est �a, pour moi, ce serait pire que le trou !
- C'est bien elle.
- Pardon.
- Pourquoi a-t-elle fait �a ? - La vie, c'est dur pour ces m�mes.
Regarde-nous, alors, la flotte,
...�a se comprend.
- J'ignore m�me son nom de famille. - �a n'a pas d'importance.
O� elle est maintenant, on leur demande pas de papiers.
- Viens, mon petit Paul.
- Non, laisse-moi.
C'est � cause de moi.
- Pourquoi ? Tu n'y es pour rien.
- Elle est morte.
Je suis un l�che, une crapule. C'est comme si je l'avais pouss�e.
- Non, c'est pas toi, pas toi.
- Tout est fini.
Je vis encore et, elle, elle n'est plus l�.
Elle ne sera plus jamais l�, c'est pas juste !
Je l'ai tu�e, mais je voulais pas.
- Non, c'est pas toi.
C'est pas toi, et puis, non, je veux plus penser � rien.
Je serai toujours avec toi Paul, toujours, viens.
Viens, mon petit Paul.
Viens.
- On n'a pas �t� chics avec elle.
- Et avec Lucien, ce que j'ai �t� vache.
- On n'est pas des vrais salauds. - �a, on sait pas.
- C'est la faute des grands, �a.
- II faut que �a finisse, on en a marre !
Marre !
- Au revoir, M. L'agent.
Alors, je dois aller au poste pour te retrouver ?
Maintenant tu vas filer droit. - Qui �tes-vous ?
- Ton p�re, tu me reconnais pas ? - Non.
- Qu'est-ce qui te prend ? - Non, vous �tes pas mon p�re !
- Tu vas voir si je suis pas ton p�re.
- Non !
Non !
Non ! Non !
- Viens ici, nom de Dieu !
- Jean !
Jean !
- Tu vas voir, sale morveux !
- Foutez la paix � ce m�me. - C'est mon gosse !
- Quel gosse ? - D�bine-toi.
- Salaud, va !
- Allez, les gars ! Tiens bon, Jean !
Cris.
- Arr�tez ! Arr�tez !
Arr�tez-vous !
Arr�tez !
- Ils vont le tuer !
- C'�tait pas mon p�re ? - Non.
Je le connaissais, il n'avait pas de famille.
- Je savais bien. - Allez, viens.
On va s'en aller d'ici.
- Jean !
Jean ! - Quoi ?
- On m'a appel� de l'h�pital, c'est Lucette, tu dois y aller.
- Maintenant ? - Oui.
- Allez, viens, Lucien.
- Bonjour, docteur, on... - Une minute.
Alors, �a va mieux ?
T'es pas honteuse, � ton �ge, de vouloir mourir ?
Tu penses qu'� toi.
Et le chagrin des autres, de ceux qui t'aiment ?
Tu n'y as pas pens� ? - J'ai plus personne.
- Vraiment ?
Entrez, tous les trois.
- Lucien ?
- Ma petite Lucette.
- Attendez dans le couloir et du silence !
- Oh, la barbe.
- Elle serait contente.
- Nous aussi, on est de la famille. - II y a une fen�tre.
- Et alors ? - Pour entrer, �a devrait suffire.
- II a raison, venez.
- T'es l�.
T'es bien l�.
On restera toujours ensemble.
- Oui, quand je suis pas l�, tu fais des b�tises.
- Lucien, dire que j'ai voulu mourir.
- Pourquoi tu as fait �a ? - Parlons plus de �a.
Je vous emm�ne.
Vous serez mes petits enfants.
On va aller dans un coin...
...o� il y a de l'air pur et des �toiles la nuit.
- S'il y en a. - Y en a toujours.
- Vous viendrez p�re La Loupe ?
- Non, mon petit, je suis trop vieux.
C'est moche quand on est vieux, on peut plus partir.
Allez, emm�ne-les mon gars.
C'est le moment de leur faire voir o� est le soleil.
A la cit�, on finirait par croire qu'il n'y en a plus.
Ah, vous avez de la veine.
�a va �tre la belle saison.
Allons bon, il manquait plus que ceux-l�.
- Bonjour, Lucette.
- Oh, bonjour. - Tiens, de la part de quelqu'un.
- Merci, �a vient de qui ? - C'est un secret.
Paul m'a fait promettre de pas dire que �a venait de lui.
- C'est gentil.
- Mauvaise graine...
Sous-titrage MFP.
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