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Original subtitles

Je vais m'inventer une histoire et je ne croirai qu'en elle.

Parce qu'à chaque fois que je ressasse le passé, il change.

Soit il manque une partie, soit une histoire a été rajoutée.

Mais il est temps, désormais.

Je vais raconter tous mes souvenirs, puis je les oublierai

et je ne regarderai plus jamais en arrière.

Je m'appelle Gaza.

Je suis le fils de l'homme le plus important au monde.

LE PREMIER OUTIL JAMAIS UTILISÉ PAR UN HUMAIN

ÉTAIT UN AUTRE HUMAIN.

Cuma, où t'étais passé ?

Par ici !

Vite, allez !

Dépêchez-vous !

Allez, plus vite !

- Allez ! - Dépêchez-vous !

Oubliez ça ! Ouvrez la porte, allez !

Venez.

Dépêchez-vous. Vite !

Viens là.

Pourquoi tu réponds pas au téléphone ?

Il était sur silencieux...

Ton téléphone, c'est ton patron.

T'as pas d'excuse.

Si tu le laisses sur silencieux, il risque de ne plus sonner.

- Le prochain arrive quand, patron ? - Comment je le saurais ?

Pourquoi on ne les fait pas traverser en bateau, patron ?

On emmerde Dordor et Harmin. Ils sont bons à rien.

Je travaille avec eux depuis longtemps.

On achètera un petit bateau, patron.

Je connais quelqu'un, il nous fera crédit.

- On n'y connaît rien en bateaux. - Et alors ?

On prendra un canot pneumatique. La Grèce est tout près.

On y sera vite.

T'as déjà été sur un bateau ?

Donc par "crédit", tu sous-entends...

qu'on va chier en pleine mer.

Je travaille qu'en cash, Osman.

Je t'emmerde.

- T'as ouvert l'aération ? - Oui, papa.

Recule, papa !

Encore, encore. Stop !

Sortez. Plus vite !

Allez, dépêchez-vous !

Bougez-vous, allez !

Cuma ! Viens là !

Reste avec moi ou tu vas voir.

Allez ! Doucement !

Allumez la lumière !

- C'est fait ! - Allumez la lumière !

MORE

Gaza, viens là.

Écoutez !

Ce garçon vous apportera de la nourriture, vous la mangerez.

Il vous apportera de l'eau, vous la boirez.

Vous prendrez ça et vous irez là-dedans.

Ce sera les toilettes, compris ?

Vous attendrez ici en silence.

Vous partirez en temps voulu. C'est bien compris ?

Non.

Donne-leur de l'eau.

Allô, Aruz ?

Oui, attends. Allô ?

Gaza, nettoie-moi ça.

Allô ? Oui, je les ai tous. Ils sont arrivés.

Hé, touche pas. Tu vas te couper.

Laisse ça.

- Mec, monte pas là-haut. - Il y a pas de réseau.

- Il y a pas de réseau. - Descends.

- Et voilà. - On part quand ?

Debout !

Vous pouvez commencer.

EXAMEN D'ENTRÉE AU LYCÉE

Enlève ton t-shirt ! Allez, viens !

- Une tempête arrive ! - Vraiment ?

Oui !

Allons nous réfugier derrière ces îles.

- Y aurait-il un trésor, Ender ? - Oui !

- Y en a-t-il un ? - Oui.

- Alors, en avant toute ! - Hissez les voiles !

- Je me tire. - Tu vas où ?

- Réviser. - Maintenant ?

Mille coups, mais un seul m'atteint

Allez ! Mille coups, mais un seul m'atteint

Ouais ! Un, deux, trois, quatre, ouais !

Mille coups, mais un seul m'atteint

Mille coups, mais un seul m'atteint

Mille coups, mais un seul m'atteint

Mille coups, mais un seul m'atteint

Un, deux, trois, quatre C'est pas assez

Si ça l'était On irait tous les niquer

Mille coups, mais un seul m'atteint

Un, deux, trois, quatre C'est pas assez

Si ça l'était On irait tous les niquer

Représente Kandali !

Le croque-mitaine !

Bonjour, je m'appelle Muhammed.

Bonjour, je m'appelle Muhammed.

Bonjour, je m'appelle Muhammed.

Je m'appelle Muhammed.

Je m'appelle Muhammed.

Comment t'as fait l'avion ? Montre-moi.

Je piloterai un gros avion quand je serai grand.

Mon père m'inscrira dans une école de pilotes.

Je le retrouverai bientôt, ma maman me l'a dit.

Mais je veux devenir joueur de foot.

Ballon. T'as un ballon de foot ?

Je m'appelle Muhammed.

- Je m'appelle Muhammed. - C'est pas vrai.

- Je suis "Je m'appelle Muhammed." - C'est moi.

Il a pris mon avion. Rends-le-moi !

Il est à moi !

Tiens, voilà ta bouteille.

Merci, mon vieux.

La marchandise est là. Soyez prêts pour que tout roule.

- Il y en a combien ? - Donne-moi une clope.

- Vingt-cinq, un truc comme ça. - C'est trop.

Cinq ou moins, ça nous convenait.

Si tu en ramènes 20 ou 30 à la fois maintenant, on arrête.

Je paierai pas un centime de plus.

J'ai parlé d'argent ? Est-ce que j'ai parlé d'argent ?

Non.

T'as dit quoi, alors ?

Écoute, Ahad.

Tu es chauffeur, on est marins.

Tu risques un pneu crevé, nous, on risque notre vie.

La dernière fois, ils étaient trop. On a failli se noyer.

Tu comprends ?

- Et alors ? - Je vais t'expliquer.

On sortira en mer quand on l'aura décidé.

Qu'est-ce qu'il raconte, ton frère ?

J'y crois pas.

Vous partirez quand Aruz vous le dira.

- Allez lui dire, vous ! - J'y vais !

Assez !

Fume pas jusqu'au filtre.

On continue tant que le temps le permet.

On te donnera le mot de passe.

Quoi ? Quel mot de passe ?

Quel mot de passe ?

Le mot de passe...

"Beau temps à Kandali."

"Beau temps" ?

Vous vous foutez de moi ?

Non. Et toi ?

- Tu nous tiendras au courant. - Oui.

J'espère que c'est pas l'alcool bidon du marché.

On le saura s'il perd la vue.

Toi...

Ahad, pas touche à la marchandise, cette fois.

C'est arrivé une fois, j'ai promis que ça ne se reproduirait plus.

Les tomates.

Tu sais qui a appelé il y a quelques jours ?

- Qui ? - Rince-les.

Donne-moi les poivrons.

C'était ta prof. Elle voulait discuter de l'examen.

Elle a parlé d'une école à Istanbul, je crois.

Espèce d'ignorante.

Pourquoi mon fils voudrait me quitter, hein ?

Elle sait pas de quoi elle parle.

- Arrête de réviser pour l'exam. - Et je vais faire quoi ?

Comment ça ? Tu feras comme moi.

Tu iras au lycée ici.

Kandali, c'est très bien, non ?

T'es énervé ?

Non. Pourquoi je le serais ?

Pourquoi mon fils voudrait quitter son père qui l'adore ?

Quelle abrutie !

Maintenant, ton seul examen est avec moi.

Tu n'es plus mon apprenti, on est associés.

On est que tous les deux.

Il y a personne d'autre. Compris ?

Je te formerai.

Je t'apprendrai tout. T'inquiète pas.

Viens là.

Répète après moi :

nique l'école.

Nique l'école.

Dis-le !

Nique l'école.

C'est bien, mon garçon.

C'est bien.

Tu ne peux avoir confiance qu'en deux choses dans la vie.

La première : l'argent.

La deuxième : moi. D'accord ?

Emmène le pain.

Éteins le four !

Cuma, pourquoi tu lui as donné ?

Je sais pas.

Cuma, ne monte pas là-haut !

Un jour, j'étais en pleine mer.

À ma droite, il n'y avait que l'horizon.

À ma gauche, rien que l'horizon.

On aurait dit un mur.

J'étais enfermé.

Je me suis dit : "Harmin ! Tu ne peux pas t'échapper.

"C'est la fin."

Prends ce livre, il est bien. Lis-le.

Je n'avais nulle part où aller,

mais comme beaucoup sont dans ce cas, on a commencé à les transporter.

Puis on a recommencé, une fois, deux fois...

Encore une fois, la dernière.

Et maintenant, on est coincés ici.

Je reviendrais pas à votre place.

On dirait qu'il est temps.

- Viens là. - Pour quoi faire ?

Lève-toi.

Assieds-toi.

Pas dans ce sens, vers la mer.

T'as déjà fini ?

À toi de voir.

Sers-toi, si t'en as envie.

Je parlais pas de ça.

Voilà, c'est bon. Vas-y doucement, champion.

Quelle poisse, putain !

Il se passe quoi ?

C'est quoi, ce bordel ? Bouge !

Allez vous faire foutre avec vos putains de lits !

Cette grande réserve est pas assez grande pour vous ?

Vous vous prenez pour qui pour vous battre dans ma réserve ?

Je vais vous tuer, putain !

Je vais vous tuer.

Ferme la trappe. Allez !

Il s'est passé quoi, papa ?

Il a aligné des caisses pour se faire un lit.

Maintenant, l'autre veut faire pareil.

Viens par là.

Tu vois ce qui arrive à ceux qui fuient leur foyer ?

Tu vois ?

Tout ça à cause de faux espoirs.

Ils espèrent en vain.

Tu sais ce que ça fait d'espérer en vain, Gaza ?

Tu deviendras une vermine. Une vermine, t'entends ?

Tu ramperas dans un trou où vous vous battrez tous !

- Vidons la pièce. - Hein ?

Si on vide la pièce et qu'il ne reste rien,

ils n'auront plus de raison de se battre.

Espèce d'animal !

Cuma !

Lâchez-moi ! Arrêtez !

Ne touchez pas à mon fils !

Cuma, cours !

- Maman ! - Cours, Cuma !

Sale brute ! Ne le touchez pas !

N'enfermez pas mon fils ! Cours, Cuma !

Cuma !

Sale chien !

Cuma !

Avance !

Ne me touchez pas, espèce d'enfoiré !

La marchandise est chargée, ouvre l'aération !

Ne me touchez pas ! Je vous en supplie !

À l'aide !

Aidez-moi !

Gros porc !

Je t'ai demandé quoi ?

Je t'ai demandé d'ouvrir l'aération !

Qu'est-ce que tu fais, papa ?

Papa, non !

Papa ! Papa ! Papa !

Papa, qu'est-ce qui se passe ?

Papa, qu'est-ce qui se passe ?

Viens m'aider !

Je vais m'en occuper. Ne t'inquiète pas.

Range-moi ça.

Parfois, je parle encore avec ce petit garçon.

Que se serait-il passé si tu étais arrivé à destination ?

Personne ne t'aurait accordé un seul regard.

Personne n'aurait écouté tes paroles.

Personne n'aurait demandé ton nom.

Les gens t'auraient tant détesté

que les prix de l'immobilier auraient grimpé dans ton quartier.

Ce garçon est mort, parce que j'étais lâche.

Il avait neuf ans.

Ou peut-être qu'il ne savait compter que jusqu'à neuf.

ENCORE 78 JOURS

Papa, arrête.

Papa !

Allez, venez ! Dépêchez-vous !

Allez, allez.

Plus vite, allez.

Pas un mot ! Ne faites plus de bruit, silence !

Bougez-vous. Mettez-vous en rang.

Quelqu'un parle turc ?

Ça m'aurait étonné si vous saviez parler.

Je vous apporte de la nourriture, vous la mangez.

Je vous apporte de l'eau, vous la buvez.

Prenez ça.

Ça vous servira de toilettes dans le coin, là-bas.

Reposez-vous sereinement. Vous partirez en temps voulu.

Compris ?

"Ils sont 2,7 millions dans mon pays...

"Ce sont les Syriens qui ont dû fuir leur patrie..."

C'est prêt, patron. Vous pouvez vérifier.

"Je ne demande pas pourquoi ils sont venus en Turquie.

"Nous ne fermons pas nos portes."

- Félicitations, c'est pas mal. - Merci, beau travail.

Gaza !

Gaza !

Viens ici.

Oui, papa ?

T'as vu ça, mon grand ?

Il était temps.

Et c'est pas tout.

Monte. Je vais me changer et j'arrive.

LOGISTIQUE AHAD ET GAZA TRANSPORT DE FRUITS ET LÉGUMES

"Capitale du Pérou"...

Quatre lettres, vertical. La dernière lettre est un "a".

Lima.

Lima.

"Pas excessif".

La cinquième lettre est un "a".

Normal ?

Normal...

Bravo.

J'ai fini, merci.

Qu'est-ce que je vais faire de toi ?

Tu as un problème ?

C'est à cause d'une fille ?

L'alarme de ce téléphone va bientôt sonner.

Tu sais ce que ça veut dire ?

Ça veut dire que c'est trop tard.

Que tu peux plus le faire, même si t'en as envie.

Donc, si tu veux qu'on fasse un truc...

fais-le.

Sinon, je vais te baiser.

Comment c'était ?

- Bien. - Félicitations.

- Comment t'as fait ? - Comment ça ?

T'as dit que t'allais t'en occuper. Comment t'as fait ?

T'y penses encore, hein ?

L'histoire est réglée.

Mais t'as fait comment ?

Alors, papa ?

On a payé. C'est fini.

On a payé pour quoi ?

Comment ça, "pour quoi" ?

Pour la récompense.

On l'a payée.

On a conclu un marché.

Ça marche comme ça ?

Tout marche comme ça quand t'as de l'argent.

Papa, je vais recevoir combien ?

T'en recevras par kilos.

Je te donnerai un kilo de merde par jour.

On a payé pour un humain, merde. Tu piges pas ?

C'est l'argent de ta part.

Tu as perdu ton bénéfice de l'année, imbécile.

Et tu demandes combien t'auras.

Mon ami, le médecin t'attend.

Merci, mon frère.

Tu crois que c'est gratuit de tuer quelqu'un ?

Bonjour.

Tu as dormi ici hier soir.

Je m'appelle Ahra.

Comment tu t'appelles ?

Ahra.

Toi ?

Quand est-ce qu'ils nous donneront à manger ?

On va manger quand ?

Un, deux...

Trois, quatre C'est pas assez

Ce qui compte C'est le gang de Kandali

Après tout Y a combien de pages dans ce monde ?

Abattre un mur avec un autre Le croque-mitaine !

- À la vôtre. - Santé !

Commandant ! Votre fils a réussi l'examen ?

On verra, mais il étudiera les sciences au lycée.

Mon fils est une bête, hein ?

Santé !

T'es pas conteur, toi ? Raconte-nous une histoire. Les enfants s'ennuient.

Il était une fois une très jolie fille...

Papa, j'ai peur !

Les ampoules sont mortes. Allumez les lampes de poche.

C'est bon, on est tous là.

Jouons à un jeu.

N'ayez pas peur, les enfants, tout va bien !

MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION RÉSULTATS D'EXAMEN

ADMIS AU LYCÉE SCIENTIFIQUE D'ISTANBUL

Allô ?

Vous deviez embarquer dans la matinée !

T'as dit...

T'as dit qu'il fait beau à Kandali.

T'as dit que ça irait, abruti !

Allô ?

Allô ? Dordor !

Espèce d'ordure !

J'ai été admis.

Viens.

Allez !

Allez, viens, on va nager.

Viens !

L'eau est superbe !

Allez !

L'eau est trop bonne.

Non !

Je sais pas nager.

Papa ?

Papa, lâche-moi !

Ne crie pas ! La ferme !

T'as pas vu Yadigar avec Ahra ?

T'as rien vu ! Il s'est rien passé ! Oublie !

Qu'est-ce que cette brute fait ici ?

Tu crois que mes affaires marchent comment, hein ?

T'y penses ? T'en sais quoi ? Debout ! Lève-toi !

Tu paies Yadigar ?

Je lui donne de l'argent.

Quand il veut des femmes, je lui donne des femmes.

Je fais affaire avec lui. Affaire !

Ce maquereau peut avoir tout ce qu'il veut.

De l'argent, des femmes, tout !

Tu sais comment cette fille est arrivée jusqu'ici ?

Hein ?

Non.

Tu sais d'où elle vient ?

Non.

Tu sais où elle va ? Non !

Donc tu sais rien, bordel !

Toi...

T'as dû faire quoi pour survivre jusqu'à présent, toi ?

Est-ce que tu t'es sacrifié ?

À quoi t'as déjà dû renoncer ?

Il faut s'accrocher férocement à la vie, comme un loup.

Comme un loup !

C'est ce qu'elle fait.

- Alors, je ne veux plus jamais... - Je m'en vais.

Pour aller où ? Assieds-toi !

C'est toi qui sais rien, bordel.

J'ai passé l'examen.

Avec ma note, je peux entrer au lycée d'Istanbul.

Je m'en vais.

Pour aller où ?

Et s'il me veut, moi ?

Tu vas aussi me donner à Yadigar ?

Tu vas où ?

Ton père se fait un sang d'encre.

Lâchez-moi ! Ne me touchez pas !

- Je rentrerai pas ! - Gaza, calme-toi.

Lâchez-moi !

- Calme-toi ! - Tout va bien.

Tout va bien, bon voyage à tous.

Tous des tarés dans ce coin Le croque-mitaine !

Mille coups, mais un seul m'atteint.

Kandali.

Viens, papa Mille coups, mais un seul m'atteint

C'est moi, Gaza Mille coups, mais un seul m'atteint

Regarde-moi Mille coups, mais un seul m'atteint

Même pas mal Mille coups, mais un seul m'atteint

Vise la tête Mille coups, mais un seul m'atteint

Frappe-moi là Mille coups, mais un seul m'atteint

Le croque-mitaine Dans ma tête

C'est moi, Gaza Mille coups, mais un seul m'atteint

Juste là Mille coups, mais un seul m'atteint

Vas-y, papa, vise ma tête Mille coups, mais un seul m'atteint

Même pas mal Mille coups, mais un seul m'atteint

Viens, papa Mille coups, mais un seul m'atteint

Le croque-mitaine !

Vise ma tête Mille coups, mais un seul m'atteint

C'est moi, Gaza Mille coups, mais un seul m'atteint

Juste là Mille coups, mais un seul m'atteint

Viens, papa Mille coups, mais un seul m'atteint

Le croque-mitaine !

Vise ma tête Mille coups, mais un seul m'atteint

C'est moi, Gaza Mille coups, mais un seul m'atteint.

ENCORE 13 JOURS

Aucun prisonnier n'a autant rêvé de s'échapper que moi.

Aucun prisonnier n'a autant essayé que moi.

Quoi ?

Mais il est difficile de s'échapper de la prison dont on est le garde.

Hé, toi !

Qu'est-ce qu'il y a ?

Ces gens étaient ma prison.

La réserve était en réalité un égout.

Un égout où s'écoulaient des humains.

J'essayais seulement d'éviter qu'il se bouche.

Quoi ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Je me disais : "Si je suis le gardien de l'égout,

"alors je deviendrai son dieu."

Être un dieu n'était pas si compliqué.

Ces gens étaient prêts à croire n'importe quoi.

Ils avaient tellement peur...

qu'ils ont fini par croire en moi.

Retourne à ta place.

- Quoi ? - Assieds-toi.

Ma famille est là-bas. Pourquoi je dois m'asseoir ailleurs ?

Qu'est-ce que tu dis ? Tu me dis "non" ?

Tu parles turc ?

Non.

Tu sais rien.

Aucun de vous ne sait quoi que ce soit.

Tu veux partir ? Vas-y, dégage, alors !

La trappe est ouverte. Prends ta famille et rentre chez toi.

Zahir, fais ce qu'il dit.

Retourne à ta place, toi aussi. Va t'asseoir !

Allez, j'attends !

Assieds-toi.

Quoi encore ?

Pourquoi vous me dérangez en pleine nuit ?

T'as tabassé Gaza.

Et alors, mon vieux ?

Si le temps reste mauvais comme ça, on arrête tout.

Comment ça ?

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Hein, comment ça ?

- Je vous donnerai au diable... - Tu parles au diable ?

Harmin, laisse tomber.

Je croyais que t'étais un homme.

T'es aussi dans le coup, pas question d'arrêter.

On sait que t'as aucune pitié pour eux. Tu veux nous tuer aussi ?

Tu veux qu'on se coule intentionnellement ?

Je vous paie grassement.

Vous coulerez s'il le faut !

Tu sais ce que ça fait de se noyer, Ahad ?

Imagine que tu sortes en mer par un temps pareil.

Ton bateau a coulé.

Tu prends un gilet de sauvetage.

Mais il a été fourni par un fils de pute comme toi.

Il coule en s'imprégnant d'eau.

Il coule en s'imprégnant d'eau.

Tu enlèves ton gilet. Maintenant, tu dois nager.

D'accord, mais vers où ?

Il fait nuit. Il fait un froid de canard.

Tu vas nager vers où ?

Tu vas te noyer en essayant de pas avaler d'eau.

Tu vas sombrer comme une pierre.

Même si tu bloques ta mâchoire, que tu serres les dents

de toutes tes forces, ta bouche s'ouvrira.

Celui qui se noie meurt d'abord...

puis il devient fou.

Alors, tu nous demandes de sortir en mer et de couler ?

Ou est-ce que c'est le diable qui parle, Ahad ?

Tu peux aller dire au diable

que je lui arracherai ses cornes,

pour t'en foutre une dans le cul et l'autre dans le sien.

Je t'avais dit de pas toucher à la marchandise.

T'as tué un gamin pour baiser sa mère, fils de pute !

Tu sais quel âge il avait ?

Compte avec moi !

Que se passerait-il si un homme était avalé par un trou noir ?

Les trous noirs ont-ils une dimension temporelle ?

Un trou noir n'est-il qu'une pièce ou une porte vers d'autres univers ?

Malheureusement, il est impossible de répondre pour l'instant.

S'il était possible d'envoyer une caméra à travers un trou noir,

nous ne comprendrions peut-être pas les images.

Au moins, l'intérieur d'un trou noir reste le plus grand mystère au monde.

Mon frère.

Aide-le, par pitié. Il est malade et a besoin d'air frais.

Encore.

Par pitié.

- Encore. - Il n'y a pas assez d'air en bas.

Encore.

Encore.

Non, non, non, ne ferme pas !

- Encore. - On a besoin d'air.

- Encore ! - Ne ferme pas !

Encore !

- Ouvre ! - Encore !

Nous...

Nous tous...

Nous sommes les enfants de survivants.

De survivants de guerre, de séismes, de sécheresses, de massacres,

d'épidémies, d'invasions, de désastres.

Nous sommes les enfants de ceux qui ont survécu aux batailles.

Les enfants d'escrocs, de voleurs, de tueurs,

de menteurs, d'informateurs et de traîtres.

Nous sommes vivants aujourd'hui, parce qu'un de nos ancêtres a dit :

"C'est moi... ou lui."

Comment tu te sens ?

Et nous...

Nous tous...

Nous nous sommes tous mis d'accord :

si un humain ne peut pas être utilisé comme un outil,

il n'a aucune valeur.

Ouvre la trappe !

Par pitié !

Cet homme est malade !

Ouvre la trappe, bon sang !

À l'aide !

Ouvre-nous !

Espèce de monstre !

Ouvre !

Sale chien !

Laisse-nous sortir, salaud !

Ouvre-nous !

Ouvre-nous !

Sale monstre !

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