All language subtitles for 1978_Dernier_amour-Primo_amore_VOSTFR.6.6

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Original subtitles

La maison de retraite pour artistes, je vous prie ?

Là, devant vous, on ne voit qu'elle !

Merci mille fois.

DERNlER AMOUR...

Vous désirez ?

J'ai une réservation. Ugo Cremonesi, directeur de troupe.

C'est pas l'heure des présentations. Le dîner est fini.

T'inquiéte pas, j'ai bien mangé au restaurant.

Quel boulot tu fais, ici ?

Jardinier, domestique, concierge...

- Rorteur aussi ? - Oui.

Bon, alors prends cette valise.

Attends, rends-moi mon doigt, il est resté dans la poignée.

Elle pése son poids !

On est bien dans cette maison ?

Comme chez soi.

J'espérais que ce serait mieux.

Seigneur, quelle entrée !

On dirait la gare de Milan.

C'est lugubre.

- T'as une cigarette ? - Oui. Rourquoi, t'en as plus ?

Je fume que celles des autres.

Ne compte pas sur les miennes.

- N'en parlons plus. - Ça alors !

Rutain, les mecs !

Sacré lustre !

Roussiéreux... C'était la tombe de Radamés ?

Un ancien hôtel où la mairie a fait une maison de retraite pour artistes.

La reine Margherita venait même passer l'été ici.

- Comment tu t'appelles ? - Rino.

Dis, Rino,

il resterait pas un bout de pain et du jambon en cuisine ?

Un million.

- Deux millions. - Rasse.

Quatre millions pour suivre.

Sacrebleu ! J'ignorais que vous aviez les Rothschild pour pensionnaires.

Vous y fiez pas. Leurs millions valent pas tripette.

- Je vois pour quatre millions. - Moi aussi.

- Brelan de dix. - Ras mieux.

Où on va comme ça ?

- Chez le commandant. - Le commandant ?

Rardon, j'ai dû mal comprendre.

On est dans une caserne ?

Le directeur était colonel dans l'armée.

Voilà son bureau.

Tiens ça.

Faut tirer...

Vous permettez ?

Je vous dérange ?

En effet, mais je dois vous recevoir quand même.

Je me présente, Ugo Cremonesi dit Ricchio.

Vous devez me connaître.

Jamais entendu parler.

Vous avez ainsi comblé cette lacune.

Le violoncelle, quel bel instrument !

N'y touchez surtout pas.

Non, jamais...

Ne vous inquiétez pas, tout va bien.

ll ne s'est rien passé du tout.

A propos de violoncelle, vous savez ce qu'on dit ?

''Risser sans faire un pet, c'est comme jouer sans un archet.''

Je n'aime pas les blagues et encore moins les comiques.

Je suis un comique stylé et aprés 40 années de carriére à succés,

à cause d'une chicane bureaucratique...

Exactement.

J'attends toujours la liquidation des arriérés de ma pension.

Vos affaires ne m'intéressent pas.

Sachez que tant que vous serez hôte de cette maison,

vous respecterez le réglement comme tout le monde.

Avos ordres !

Un dernier point...

Si vous êtes venu ici pour vous foutre du directeur,

vous vous trompez d'adresse.

A présent, faites-vous accompagner à la chambre 17.

Non, la chambre 17, pas question.

C'est la seule chambre disponible.

Alors, j'y vais.

Mais une fois, dans la chambre 17, un ami...

Vos amis ne m'intéressent pas.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

Ça commence bien...

Le commandant m'a filé la chambre 17.

Elle s'est libérée ce matin car son occupant est mort.

Voilà la chambre, la clé est dans la serrure.

Merci et bien des choses.

Trop aimable.

Rardon...

Commandant !

- M. le directeur. - Encore vous.

ll y a un mort dans ma chambre. Vous voyez que le 17...

Le 17 est juste un nombre impair.

Ah bon ? Alors venez voir.

Allons voir ça...

Le voilà, raide mort et vêtu de noir.

Comment ça se fait ? ll était là.

M. le directeur, je vous jure que...

Je suis sûr que nous ne nous entendrons jamais.

J'en suis sûr aussi, mais je voulais vous dire...

M. le directeur...

J'en peux plus, moi !

On fait le marathon ou quoi ?

Ça suffit !

Qu'est-ce que vous fabriquez ?

lnspirez !

Bonjour, ça a été, la gymnastique ? Bonjour, mon cher.

Regardez qui est là. Ricchio !

Augustarello !

Ricchio !

Eh oui... Votre Ricchio, toujours sur la bréche.

Oui, celle du mur de Rorta Ria...

- Vilma Daris ! - Mon cher et beau Ricchio.

- Quel talent tu avais ! - Je l'ai toujours.

Viens, Ricchio, mets-toi avec nous. Assieds-toi.

Tôt ou tard, on finit tous ici.

Doucement. Moi, je ne suis ici que pour un bref séjour.

Roussé surtout par la nostalgie.

Vous voulez la vérité ?

Je suis venu ici pour revoir mes chers et vieux amis.

- Tu ne me crois pas ? - A propos, tu as revu Rippo Galletti ?

Mort.

Mort ?

Et Nuccia D'Alba ?

Elle aussi est morte.

Et Costantino ?

Non, pas lui.

ll est à 3 ans de la retraite, mais il n'arrivera pas jusque là.

Tu crois ?

Et ce chanteur qui...

Mort... Comment il s'appelait ?

- Giorgio Floris. - Je vous le disais, il est mort.

lnutile de demander, ils sont tous morts.

Apparemment, il n'y a que vous qui résistiez encore.

- Café ou café au lait ? - Café serré, hein ?

ll est serré.

Et vous ?

Café et si possible un sourire.

Rardon.

Le café, je vous le sers de suite. Le sourire, quand j'en aurai envie.

Acerbe avec ça...

- Et le sucre ? - ll y en a déjà.

- Qu'est-ce que t'en dis ? - Ras mal du tout.

Je parlais du café.

En taule, j'en ai bu du meilleur.

Et Gemma, cette fille qui était avec toi à Ralerme ?

Je l'ai larguée.

La seule femme qui ait tenu plus de 15 jours avec moi, c'est ma mére.

Non, mais c'est Lucy !

Mon amour !

- ll mord ? - Non.

- Comment me trouves-tu ? - Tu fais plus jeune qu'il y a 10 ans.

Toi, non. Tu étais mieux avant.

Ah bon ? Et pas toi, peut-être...

C'était juste un compliment, mais on a tous des années en plus.

- Goujat. - Non, je plaisantais.

Tu es toujours une grande et belle femme. Rotable.

J'avais demandé ''lait au café'' et non ''café au lait''.

- Encore un peu de café au lait, merci. - Vous, je vous ai déjà servi.

Tu reluques les gamines à présent.

Qui, celle-là ? Je l'avais même pas vue.

Tu la déshabillais des yeux.

Tu es toujours aussi menteur.

Tu crois que j'ai oublié ?

Tu es sorti acheter le journal et tu es parti pour Ralerme

en me laissant seule dans une chambre d'hôtel

sans payer la note.

Tu ne t'es pas formalisée pour si peu.

Non, au contraire, ça m'a beaucoup amusée.

Y en a marre, Lucio !

Tu veux savoir ? Je n'en peux plus. Trouve-t'en un autre.

Adieu, je m'en vais.

Fred, où vas-tu ?

Qu'est-ce que tu fais ? Ne dramatise pas tout.

Je me trompe ou ils sont de la jaquette ?

Que lisez-vous de beau ?

Rardon, ne seriez-vous pas le grand Ralmiro Calderoni ?

Non, hein ? Excusez-moi.

Les échecs, hein ?

ll dort.

Échec à la reine.

M. Ugo Cremonesi dit Ricchio,

on ne vous a jamais dit

qu'un peu de gymnastique le matin est bon pour la santé ?

- Non. - Alors moi, je vous le dis.

Demain à 8 h précises, soyez dans le parc avec tous les autres.

On m'a dit au contraire que se levertard était bon pour la peau.

- Mais ce n'était qu'un conseil ? - Oui.

Alors que là, c'est un ordre.

- Bonjour, Renata. - Bonjour.

Embrasse-moi sur la bouche Que ça me brûle

Je veux mourir brûlée de baisers

Mignonne.

Entrez !

Ah, parfait !

Si vous sortez un instant, je fais la chambre.

Tu peux même la faire si je reste. Ça ne me dérange pas.

D'ailleurs si tu permets, je te donne un coup de main.

- Comme vous voulez. - J'ai fait tant de lits...

Quel âge as-tu ?

18 ans. Et vous ?

Euh, tarata trois.

53 ans ? Mais si la retraite est à 60 ans.

Non, la retraite, c'est aprés 30 ans d'activité.

Et moi, j'ai 35 ans de dure carriére derriére moi.

J'ai commencé comme enfant prodige.

Vous avez des petits yeux qui me plaisent pas beaucoup.

Rourquoi ?

Un jour, dans un autobus bondé,

un type a mis sa main entre mes cuisses.

ll avait les mêmes yeux que vous.

Vous savez qui c'était ?

- Non. Qui était-ce ? - Un curé.

Je le ferai jamais.

Quoi ? Le curé ?

Non, ce qu'a fait le curé.

Je dis pas que ça me plairait pas, bien au contraire.

- Mais je sais rester à ma place. - L'intention vaut l'action.

Quel rapport ?

J'ai songé à t'emmener au cinéma mais je te l'ai pas dit.

Je vous balaie les pieds ?

Rardon. Alors tu viens ou pas ?

- Où ça ? - Au cinéma.

Vous me l'avez pas demandé, mais pensé.

Oui, c'est juste.

Et vous voulez savoir quel est mon jour de sortie.

C'est quand ?

Le jeudi.

Le jeudi, le cinéma est ouvert ?

ll est ouvert mais moi, je suis fermée.

Et où vas-tu ce jour-là ?

Chez ma grand-mére.

Je peux t'y conduire en spider et t'éviter de rencontrer un autre curé.

Je sens que l'autre curé, je viens de le trouver.

Bravo, Fred, bravo !

- Bravo, mon chérubin ! - N'exagérons rien.

Tu me prends un billet de loterie ?

C'est quoi, cette loterie ?

ll faut deviner, parmi tous les pensionnaires qui sont ici,

le prochain qui mourra.

Mets un nom ici et si tu as deviné, tu empoches le pactole.

- Tu as compris ? - C'est macabre.

Aprés tout, c'est un jeu comme un autre.

Comme le R.M.U. Vu qu'on a déjà un pied dans la tombe, autant en rire.

- Tiens. - File-moi 500 lires.

Rar dessus le marché.

Voilà.

Misérable ! Tu as mis mon nom.

T'as dit que c'était pour rire, vu notre situation.

Va te faire voir !

Comment s'appelait cette jumelle dans notre troupe à Milan ?

Nieves.

Et sa soeur qui arrêtait pas de bouffer ?

Dolores. Mais j'invitais toujours Nieves car elle était au régime.

Une fois, je me suis trompé et j'ai invité à déjeuner

celle qui bâfrait.

Je m'en suis collé pour 4 000 lires !

Ton jour libre, c'était pas le jeudi ?

J'ai jamais dit ça. C'est le mercredi.

Et où tu vas ?

Je vous l'ai déjà dit, chez ma grand-mére.

Et ton panier avec les galettes, où est-il ?

Tu l'as oublié ?

Quel panier ?

Celui du Retit Chaperon rouge.

- Au revoir. - Je t'accompagne.

Tu arriveras plus vite et le grand méchant loup ne te mangera pas.

Tu perds ton temps à faire la bonne dans cette prison,

cet ossuaire !

Avec ton corps, tu pourrais faire du théâtre. En travaillant ta diction.

Qu'est-ce que je ferais au théâtre ?

Je pourrais faire de toi une grande soubrette. Je te vois déjà

descendre les marches, nue, couverte juste de paillettes.

Ça me plairait bien.

Ça, c'est sûr.

C'est mieux que de faire des lits. lls se font même dessus.

Je sais... Qui ça ?

Les vieux.

On peut s'arrêter pour des chewing-gums ?

Des Muratti, paquet blanc, merci.

800 lires.

Tenez.

Retit Chaperon rouge !

La grand-mére va bien ?

Trés bien, merci.

Elle a mangé les galettes ?

Vous m'espionnez ou quoi ?

Non, moi aussi je me suis perdu dans la forêt.

Alors, je vais vous montrer le chemin.

En haut du grand escalier, 1er étage, chambre 17.

Bonne nuit.

J'ai passé la journée avec grand-mére.

J'ai pas envie de passer la nuit avec grand-pére.

Je vous unis par les liens du mariage,

au Nom du Rére et du Fils

et du Saint-Esprit, Amen.

Comment une femme aussi jeune et belle

peut épouser un homme aussi vieux ?

C'est une Rolonaise qui se marie pour devenir italienne.

Aprés, elle couchera avec qui elle veut.

Voyons, on est dans une église !

Le mariage est fait d'amour, non de calcul.

ll doit unir et non séparer.

ll doit apporter compagnie et non solitude.

Ainsi, que Dieu me pardonne

si je vous déclare mari et femme.

Rourquoi pleures-tu ?

Ça me fait toujours ça quand j'assiste à un mariage.

Tu exagéres. Que feras-tu le jour de ton mariage ?

J'y serai pas.

Comment ça ?

Je me marierai pas.

Sentez comme mon coeur bat.

Vous sentez ?

C'est pas ma faute si le coeur est derriére un nichon.

Vive les mariés !

Embrassons la mariée !

Félicitations !

Aujourd'hui est un jour de fête

pour notre maison et notre famille,

car nous formons une famille.

Famille signifie union et entente.

Ton lacet est défait.

Réjouissons-nous de cet heureux événement

et formons pour notre camarade

les voeux les plus chers et affectueux.

A présent, dirigez-vous de façon ordonnée

vers le buffet. Allez !

Désolée de t'abandonner comme ça.

D'habitude, aprés le mariage, le mari et la femme...

Tu veux être seul avec moi ? Aller dans ta chambre ?

Tu veux faire l'amour, hein ?

L'amour pour moi, désormais...

Reut-être,

tu pourrais m'écrire une petite lettre de temps en temps.

L'important est d'arriver à 80 ans.

Rarce que j'ai remarqué qu'aprés 80 ans,

presque personne ne meurt.

C'est vrai, ça.

Ce soir, je laisserai ma porte ouverte.

Comme vous dansez bien !

Le cavalier danse bien quand la dame suit bien.

Comment je suis ?

Mal. Non...

Tu danses comme Ginger Rogers.

- Excusez-moi. - Non, attends.

Tu m'accordes cette danse, Lucy ?

Tu ne serais pas en train de tomber amoureux de cette bonne ?

Moi ?

Le mot ''amour'' ne fait pas partie de mon vocabulaire.

Un monsieur vous attend, il a dit de vous magner.

Excuse-moi, chéri.

ll faut que je file.

M. le directeur, au revoir.

Je vous accompagne.

Au revoir et bonne chance.

Écris-moi.

Merci au nom de mes retraités pour votre aimable chéque.

Votre attention !

Toute votre attention !

Notre cher Ricchio va se produire dans l'un de ses numéros.

On l'applaudit bien fort !

Bravo, Ricchio !

Je vais vous interpréter quelques imitations mimées.

Deux types au billard. D'abord, le simplet.

Deuxiéme personnage au billard, un type un peu dans ce genre-là...

Le ski de fond,

grâce â une grande affluence de sportifs â la Marcialonga,

connaît un succès...

Renata, ça arrive ce café, oui ou non ?

Cette petite pute

fait toujours semblant de ne pas entendre.

J'arrive ! Mais c'est pas des maniéres.

S'il y avait un homme ici, il le corrigerait.

Faites gaffe !

Ces jeux-là, à nos âges, peuvent être dangereux.

Épaules à terre !

Non.

- Rends-toi ! - Non !

Épaules à terre !

Non !

Épaules à terre !

Non.

- Rends-toi ! - Oui.

Donne les cartes.

Voilà enfin mon café !

Tu te rends compte un peu !

Merci.

Je vais lui apprendre les maniéres à ce théâtreux.

Si vous voulez, je vous raccommoderai votre veste.

D'accord.

Merci, Ricchio.

De quoi ?

J'ai appris que tu t'étais battu pour moi.

Ah oui. Renses-tu...

Bon, alors on joue ou pas ?

On joue.

Rourquoi vous riez ?

Rour rien du tout.

- On joue. - Atoi.

Qui est là ?

C'est moi, Renata.

Que veux-tu ?

J'arrive pas à dormir.

Et alors ? Tu as essayé de compter les moutons ?

Attends, j'ai un somnifére.

J'ai peur.

Reur de quoi ?

J'ai fait un cauchemar que je fais quelquefois.

Même gamine, je le faisais.

J'ai pas arrêté de pleurer.

Qu'est-ce que je peux faire ?

Si vous me laissez rester ici, je vous embêterai pas, promis.

D'accord.

J'ai besoin de sentir que quelqu'un m'aime.

Je comprends.

Je m'assois là, je vous dérangerai pas.

Rourquoi tu es venue me voir, moi ?

Vous avez été gentil avec moi, aujourd'hui.

Je me sens en confiance avec vous.

Tu ne peux pas rester assise sur une chaise toute la nuit.

Autant que tu viennes... à côté de moi.

N'aie pas peur. Tu me fais confiance.

Sur les couvertures.

Tu n'auras pas froid ?

Non, je suis trés bien.

Mon bras est resté de l'autre côté.

Ça fait rien.

Maintenant, c'est moi qui ne dors plus.

Quelle belle chute de neige !

Vous voulez vous abriter ?

- Jamais de parapluie. - Trés bien.

A la mer avec ce temps ?

A la mer, il fait soleil. Dépêchons pour respecter l'horaire.

Vite ! Dépêchez-vous !

- Tu as pris les thermos ? - Tu devais t'en occuper.

Moi ? Elle a perdu la tête.

Ruis-je m'asseoir à côté de vous ?

Non, aucune sorte de favoritisme.

- On est tous là ? - Sauf Ricchio.

- Où est-il ? - Malade.

Tant pis pour lui !

Les enfants, ne commencez pas à faire du bordel !

Tous â la mer Tous â la mer

Pour montrer nos fesses blanches

Avec les poissons, au milieu des vagues

Rino ! On est tout seuls aujourd'hui.

La maison nous appartient.

Je te laisse volontiers ma part.

Rourquoi ? On serait pas bien ici, tous les deux ?

lmagine. Moi, allongé confortablement dans mon fauteuil.

Toi, tu ferais le ménage, la cuisine et tu me servirais.

On serait bien tous les deux.

Toi, tu serais bien.

- Qui était-ce ? - Qui ça ?

Le type à la moto.

Ah, lui ? Mon frére.

Tu m'avais jamais parlé de lui.

Y a pas de quoi s'en vanter.

Vraiment ?

Je vois. C'est pour lui que tu m'as planté chez le buraliste.

Ce jour-là, c'est plutôt vous qui m'avez plantée là.

Moi ?

Bien sûr. J'ai pas acheté des chewing-gums,

mais je suis allée aux w.C.

Entre temps, vous étiez parti.

Je me suis même dit : ''Quel malotru !''

ll joue les raffinés et aprés il me plante là.

Si tu savais ce que j'ai imaginé...

Vous seriez pas jaloux ?

Moi, jaloux ? Dieu m'en garde.

Un artiste ne peut pas être jaloux.

Simple curiosité.

J'aimerais connaître un peu ta vie.

J'ai fait ma premiére fugue à dix ans.

Renata, Apporte-moi les tomates !

Rourquoi tu as fui ?

On voulait me faire manger Carlotta.

Carlotta ? Qui était-ce ?

Une poule que j'aimais bien.

On jouait ensemble, on était copines.

Quand je suis revenue, j'ai trouvé une cuisse de Carlotta dans la glaciére.

Alors, je l'ai enterrée dans le potager.

Depuis quand tu travailles ici ?

Je suis entrée ici à 15 ans.

Le directeur m'a prise sous sa protection.

Et pourte protéger, il a couché avec toi.

Comment vous savez ?

C'est classique.

ll continue à te protéger ?

Non, je lui ai fait comprendre que s'il essaie encore, je pars.

J'en ai marre d'être ici.

Si on additionne tous les âges ici, vous savez combien ça fait ?

4 620 ans.

Tu m'as compté ?

Non.

Debout, vaillante jeunesse ! Allez dehors prendre l'air.

Rrofitez de cette belle journée

et respirez à pleins poumons.

Avos ordres, colonel !

Vous n'avez pas entendu ? Allez-y aussi.

Un petit digestif?

- Tu en prends aussi ? - Bien sûr.

La prochaine fois, avec mon violoncelle,

je te dédierai un morceau.

Merci.

Je vous ouvre, mais si Mlle Lucy s'en aperçoit, ce sera votre faute.

Ne t'inquiéte pas.

Regardez comme elle était belle !

Je sais. C'était ma soubrette et ma petite amie.

ll n'y a même pas ma photo.

Bonjour, Bouboule.

Comment ça se fait ?

Ah, je me disais bien... A Taormina.

Tu vois ? Là, c'est moi.

Elle était follement amoureuse de moi.

Je vous montre ses tenues ?

Elles sont merveilleuses. Regardez !

Qu'elles sont belles ! Fabuleuses !

Ah ! Châteaux en Espagne l

Et celle-là ?

Qû tu vas sans ton cheval ?

Que c'est chic !

Barbanera, on espère du beau temps.

Et la plus belle de toutes...

Dernier acte de Paradis pour tous.

- Comment elle me va ? - Tu serais aussi bien sans.

Tu vois ce que je vois ? Bataclan N 1 l

Tu vois, ce sont toutes des plumes d'autruche.

Essaie.

Voyons comment ça te va.

Un peu plus sur le devant. La perle au milieu du front.

Tu as l'air d'une reine.

Tu es belle.

Rassemblement, jeunes gens !

C'est l'heure de rentrer !

Au pas de course !

lnspirez !

Ouvre les bras. Jambe droite.

Sensuelle, hein !

Deux, trois, quatre, cul en arriére.

Non, j'ai honte. Je suis pas douée.

Allons, tu te débrouilles trés bien.

On recommence. Ouvre bien les bras

Suave, sexy...

Bravo ! Magnifique ! Formidable !

Dans mes bras !

Hé, le danseur !

- lls reviennent. - Vite !

Va te changer. Moi, je retiens Lucy.

Bonsoir, M. le directeur.

Alors, la journée a été bonne ?

lls se sont tous bien amusés ?

Et vous, vous vous êtes amusé ?

Si l'on veut...

Éteignons ces luminaires. C'est la municipalité qui paie.

Lucy, Lucy ! Attends.

Où tu vas ?

Rourquoi on ne se voit pas plus ? On ne se parle jamais.

Ce n'est pas ma faute.

Oui, je sais. C'est peut-être la mienne.

Je t'ai un peu négligée ces temps-ci.

Mais tu verras que maintenant...

Tu verras que maintenant...

Maintenant, si tu allais te reposer ?

Tu dois être fatiguée du voyage. Vas-y. A plus tard.

Au revoir.

A bientôt.

Eh, Ricchio, tu t'es fait porter pâle.

Je suis pas idiot. Vous avez dû vous amuser comme des fous.

Le directeur, lui, s'est amusé.

Tu trouves normal que pourtirer un coup

il nous a fait faire à tous 180 km ? Je te demande un peu...

C'est ça, le pouvoir.

Eh oui, le pouvoir...

- M. Ricchio ! - Oui.

- Le directeur veut vous voir. - Le directeur ?

ll me croit à sa disposition ? On n'est pas à ses ordres.

J'irai le voir quand j'en aurai envie.

Comme vous voudrez.

J'y vais même de ce pas.

Que se passe-t-il ?

Je n'ai pas entendu frapper.

Je n'ai pas frappé.

Je constate. Savez-vous pourquoi je vous ai appelé ?

Je crois. Enfin, je crois le savoir.

Mais vous vous trompez sûrement.

C'est pour signer ce document.

- Je peux regarder ? - Rour votre retraite.

Je m'en suis occupé en personne.

Quel honneur ! En personne...

Ainsi vous pourrez payer la pension comme tout le monde.

Je signe mais je ne compte pas dessus.

Soyez franc, monsieur, je vous suis trés antipathique.

Bravo, vous savez lire dans les pensées.

C'est facile, il suffit de se concentrer.

Essayez pour voir.

Concentrez-vous et lisez ce qui est écrit ici.

Vous savez lire ?

Sortez !

Vous voyez que vous y arrivez ?

ll suffit juste de se concentrer un peu. C'est simple.

Mon commandant...

- Satisfait ? - Si l'on veut...

lls brûlent le gardien du garage pour voler une auto.

- On t'a refait à neuf. - A qui le tour ?

A lui.

Touchez pas les cheveux. Taillez-moi juste la barbe.

Trés bien.

- Rardonnez-moi, mais... - Quoi ?

Je crois que votre braguette est ouverte.

Non.

Dans ce cas...

Zac ! Et voilà !

Mamma mia !

La blague a marché.

J'ai une surprise pour vous. Devinez.

Bonne ou mauvaise ?

Bonne, je crois. Quelle main ?

La gauche.

Gagné !

Tu paries que c'est une traite ?

Du calme, Ricchio.

Ça pourrait être ce que tu attends depuis si longtemps.

C'est elle ! C'est la liquidation !

Elle est enfin arrivée !

Attention.

Quelle émotion !

J'ai la tête qui tourne.

Qu'il soit toujours loué

Le corniaud qui a régalé

Vous êtes un peu cons mais sympas quand même.

Et je regrette que ceci soit un peu une soirée d'adieu.

Je voudrais vous emmenertous parcourir le monde.

Mais comment faire ? On se reverra peut-être un jour.

Le plus tard possible, si vous êtes toujours en vie.

Touchons du bois.

Tu la connais, celle du perroquet et de la poule ?

C'est l'histoire d'un perroquet... Je vous la raconte ou pas ?

Lucy, qu'y a-t-il ?

Tu es ivre ?

Dis-moi la vérité.

Je suis vieille

et laide ?

Non. Tu es toujours trés belle et désirable.

Tu dis ça pour me faire plaisir ?

Non, c'est la vérité.

Viens.

Ne te fie pas â un baiser de minuit

Si la lune est lâ, ne t'y fie pas

Car un baiser â minuit...

Mon Dieu, comme la tête me tourne !

Directeur, mon amour !

Vous me décevez.

Méfie-toi d'un baiser â minuit

S'il y a la lune, méfie-toi

Car un baiser â minuit

L'amour, c'est s'aimer toujours

ll est minuit pour aimer ll est minuit pour rêver

Fan-ta-stique l

Vous partez demain ?

Je vous assure que vous ne nous manquerez pas.

Réveille-toi, Renata.

J'ai une grande nouvelle. On part demain.

- Rour aller où ? - On va à Rome.

Qui a dit que je voulais y aller ?

C'est toi, pardi !

Je l'ai peut-être dit, mais laisse-moi dormir.

- Enfin, tu l'as dit ou non ? - Oui.

Mais si je partais, ce serait seule, à cause des commérages.

Tu sais ce qu'on dirait ?

Que Renata est partie avec un vieux.

Vieux, ça suffit !

Arrête de me traiter de vieux !

Je veux plus entendre ce mot !

Tu vas arrêter de me traiter de vieux !

Excuse-moi, mon trésor. Je t'en prie.

Rardonne-moi.

Bon, tu viens ou pas ?

Quand je dis une chose, je tiens.

Sauf si tu changes d'avis, alors tu dis tout le contraire.

Alors, pars, dis-moi où tu es et aprés, je te rejoins.

Jure-le-moi.

lnutile que je te le jure.

Tu sais bien que je peux être parjure.

Donne-moi 2 ou 3 jours. Aie confiance.

''Aie confiance.'' Oui, oui, j'ai confiance...

J'ai confiance.

Ou pas confiance ?

Mais si. Maintenant, laisse-moi dormir.

J'ai confiance.

Adieu, maison de repos La Paix.

La paix ? Si peu...

Repos,

façon de parler...

Qu'est-ce que t'attends pour monter, gros bêta ?

On s'en va pas ?

Oui.

Dis la vérité. Tu regrettes pas de t'être échappée ?

Non, j'en avais marre de vivre avec tous ces vieux.

Mais tu es partie avec moi.

Oui.

Je suis pas vieux ?

Non.

Si tu essayais de tomber amoureuse de moi ?

- Ça m'est jamais venu à l'esprit. - Renses-y.

Comment peut-on savoir si on est amoureux ?

C'est trés simple. Je te donne un exemple.

Tu utiliserais ma brosse à dents ?

Non.

Alors, t'es pas amoureuse de moi.

Rour être amoureux, faut utiliser la même brosse à dents ?

Moi, par exemple, j'utiliserais la tienne.

Rarce que t'es amoureux de moi ?

Non, jamais de la vie.

Alors, tu es amoureux de la brosse.

Trés drôle !

Hé, les gars, visez un peu ça !

Vous avez vu cette poupée !

Canon, hein ?

Mignonne, hein ?

Beau morceau.

C'est vrai que ''Qui a le pain n'a plus de dents.''

Qu'est-ce que tu veux ?

- Salut, on se voit à Ralerme. - Salut !

Tu avais faim et maintenant tu manges pas ?

Je veux rentrer.

Rourquoi ?

Rarce que j'ai peur.

Reur de quoi ?

De Rome.

Voyons...

Ugo, si tu m'aimes, raméne-moi.

Écoute, j'ai une idée. Je t'emméne à Rome un seul jour.

Si tu ne t'y plais pas, tu rentres.

Si tu t'y sens bien, tu restes.

Attendez un peu.

- Vous avez bien mangé ? - Oui, merci.

ll fallait prendre les paupiettes. C'est un vrai régal ici.

- Vraiment ? - Je vous assure.

Ce sont vos amis qui sont là ?

- Oui, pourquoi ? - Vous leur manquez.

Ne vous fâchez pas, je rendais hommage à la demoiselle.

On sort pas avec une fille comme ça,

on la garde dans un coffre fort. Vous êtes le papa ?

Non, mon oncle.

Je vous offre un digestif?

Non, merci.

Je ne vous dérange pas davantage.

Excellente idée.

Rardon.

Salut, petite niéce. Ras commode, le tonton.

- On y va ? - Ça a été ?

Bien, elle m'a même filé son numéro.

ll était sympathique.

Moi, je l'ai trouvé un peu con.

ll s'est frotté contre toi.

Ça commence bien.

Bonjour, monsieur.

Bonjour.

Excusez-moi.

Comment s'appelle le concierge, déjà ?

- Carlo. - Carlo, exactement.

Viens, ma chére.

Carletto, comment ça va ?

Monsieur.

Donne-moi la plus belle chambre que vous ayez.

Voyons ce qu'on peut faire.

Merci.

Si possible avec vue panoramique sur la piscine, par exemple.

Carte d'identité.

Vous avez la 320, l'une des meilleures.

- Viens. - Comment ça ?

Je voudrais te présenter un ami.

C'était l'ailier droit de la Gallaratese.

La Ternana veut l'acheter.

Bon. Demande-lui un autographe et allons-y.

Mais c'est un ami. Son club veut le vendre.

Tu veux que je te l'achéte ?

Ne sois pas idiot.

Salut, Aldo, contente de t'avoir revu.

Moi aussi.

Rardon.

Viens, ma chére.

Je vous en prie.

Nous y voilà.

Regarde. De vrais fruits exotiques.

Voilà la suite.

C'est-à-dire ?

Chambre à coucher et salon.

Rome.

La ville éternelle à tes pieds.

Entrez !

Vous permettez ?

- Voilà pour vous deux. - Merci.

- Les clés. - Merci.

La stéréo.

Rourquoi un lit à deux places ?

Rarce que si tu as peur la nuit, il y a de la place pourtoi.

Que je suis bête, j'avais pas pensé à ça.

Champagne.

Entrez.

- Vous permettez ? - Des fleurs.

- Tenez, pour vous, 5 000 lires. - Merci.

Ces roses sont magnifiques.

Elles te plaisent ?

Même des fleurs !

Merci.

Mais c'est la direction qui les envoie.

Oui, mais c'est moi qui paie.

Tchin-tchin !

Entrez.

Vous vous êtes trompé de chambre.

Ugo ! Mais qu'est-ce qui t'est arrivé ?

Je te plais pas comme ça ?

Au lieu de me présenter comme ton oncle,

tu pourras me présenter comme ton cousin.

Regarde ce que ton petit cousin t'a apporté.

C'est beau ! C'est pour moi ?

Rour qui d'autre ?

Ça doit coûter une fortune.

Sûrement plus que celui-ci, qui est faux.

La seule bague que j'ai eue, je l'ai trouvée dans un oeuf de Râques.

Rermettez, madame ?

Merci.

Seigneur ! J'espére ne pas finir comme le professeur Unrat.

Qui ça ?

Le protagoniste d'un vieux film, L'Ange bleu.

ll tomba follement amoureux d'une danseuse.

ll devint fou et tu sais ce qu'il fit ?

Tu as compris ? Ma jolie petite poule.

On attend ou quoi ?

Jamais de la vie. L'imprésario est un vieil ami à moi.

C'est pas là. C'est ici.

Salut ! Vous permettez ? Entre, Renata.

Cher Commandatore, comment ça va ?

Ugo Cremonesi, dit Ricchio.

Ah, oui, oui...

Ça fait si longtemps. Qu'avez-vous dû penser de moi ?

Avrai dire, ça m'était un peu égal.

En tous cas, me voilà ! Ricchio, toujours sur la bréche.

Regardez ce que je vous ai amené.

Viens, ma belle.

Commandatore.

Bonjour, mademoiselle. Je vous en prie, asseyez-vous.

Trés aimable à vous.

Venons-en au fait. Je suis ici pour monter une troupe

et un bel avant-spectacle.

Mais quelle belle idée...

ll n'y a plus d'avant-spectacle depuis 10 ans

et vous vous réveillez d'un coup pour le faire ressusciter.

Moi, je vous parle d'un gros coup.

D'un spectacle grandiose. On a déjà la soubrette.

Renata Mazzetti dite Renée Bijou.

De l'argent, il y en a et beaucoup.

Je répéte que l'avant-spectacle est mort.

Vous savez qui l'a tué ? Les cabotins.

Les demi-sels comme vous.

- C'est le fond de votre pensée ? - Oui.

Alors, je vous dis adieu.

Dans votre intérêt,

je vous proposais une bonne affaire. Allons-y, Renata.

Que fais-tu ? On ne salue pas les étrangers.

Lui, c'est un étranger. Je ne le connais pas

et dans ce cas, toi non plus !

- Rardon, mademoiselle... - Oui.

- Viens, Renata ! - Un instant.

Si vous pouvez revenirtoute seule,

on pourra toujours faire quelque chose avec vous.

Désolée. Tous les deux ou personne.

Giovanna, je suis là pour personne !

- Rrends la clé, Gianni. - Bonne soirée.

On est dans un hôtel de luxe à 200 000 lires par jour.

Et alors ?

Ne te comporte pas comme dans une pension.

Avec le personnel, bonjour, bonsoir, aucune confidence.

D'accord, tonton.

M'appelle pas ''tonton''.

- O.K., Ricchio. - Ni Ricchio.

- Je dois aller aux toilettes. - C'est ça, va pisser.

- Aldo, ça a marché ? - La Ternana m'a acheté.

J'ai eu une belle prime.

ll faut fêter ça, je t'offre un verre.

Je ne peux pas.

Juste à côté, il y a une boîte pas mal.

- ll faut qu'on fasse vite. - On en a pour 2 minutes.

Oui, M. Cremonesi.

Tu as vu sortir ma femme ?

Je ne l'ai pas vue.

Dans mon casier, il y a peut-être un message.

C'est la note, M. Cremonesi.

Excusez-moi.

Vous avez du feu ?

Vous avez l'heure ?

Minuit un quart.

Merci.

Dites, vous n'auriez pas quelque chose de plus gai ?

- Concierge ! - Oui, monsieur.

Quelle heure est-il ?

Deux heures moins le quart.

Une heure quarante-cinq.

Tu ne serais pas en colére contre moi ?

Allons-y.

J'étais sûre que tu serais fâché.

T'es vraiment un drôle de type.

Rourquoi je serais fâché ?

Je t'attendais juste pour m'excuser de t'avoir laissée sortir seule.

On peut savoir où tu étais ?

J'aime pas que tu éléves la voix.

D'accord. Je peux savoir où tu es allée ?

Tu penses tout de suite au mal.

Je ne pense rien, je veux juste savoir où tu étais.

Avec Aldo. La Ternana l'a acheté et il voulait fêter ça.

Heureusement qu'il n'a pas été acheté par la Juventus,

sinon, tu restais 2 jours !

Je pensais rester 5 minutes.

Tu es restée 5 heures !

Tu te fiches de savoir si ce garçon est casé.

Si tu savais ce que je m'en fous de ton footballeur !

Alors, tu te fous aussi de savoir si je me suis amusée.

Excuse-moi mille fois de ne pas te l'avoir demandé plus tôt :

Tu t'es bien amusée ?

Ça ne compte plus.

Ah non ? T'aurais pu au moins me prévenir.

- Comment ? - Rartéléphone, pardi !

ll a assez pour acheter un jeton, non ?

Un jeton dans la fente, tu m'appelais,

j'aurais pu m'organiser et aller peut-être au cinéma.

Tu aurais été au cinéma sans moi ?

Et tu dis que tu m'aimes ? J'ai bien fait de pas t'appeler.

Dis-moi la vérité. Tu as baisé avec lui, oui ou non ?

Mais non, j'ai rien fait. J'aime pas les jaloux !

Tu devrais. Tu sais pourquoi je suis jaloux ?

Rarce que je t'aime. Tu comprends, je t'aime !

Moi, je te... Mais pourquoi ?

Mais pourquoi tu me fais tant souffrir ? Tu vois, j'en pleure même.

Rourquoi tu mets pas la langue ? Mets la langue, si tu m'aimes.

Tu vois, tu la mets pas.

Quel vent ! Tu vois, là, c'est Capri, l'île de l'amour.

Viens voir maman, viens...

Hop là ! Mon amour !

Tu aimerais avoir un enfant ?

- Avec qui ? - Avec qui ! Avec moi, bien sûr.

- Et pour vous, soupe de poisson. - Tchin-tchin.

Un petit baiser.

Je suis désolé.

La soupe de poisson d'hier soir a dû me faire du mal.

Mon trésor.

Mon amour.

Je sens que je vais beaucoup mieux.

On essaie à nouveau ?

Viens.

ll vaudrait mieux allerfaire une balade.

Tu crois ?

Aujourd'hui, tu as été formidable.

L'aprés-midi, je suis en grande forme.

Renata, je t'aime !

Je t'aime !

Je t'aime !

Tu m'avais pas dit que tu avais un fils.

Je l'oublie toujours. J'ai dû le voir 3 ou 4 fois dans ma vie.

ll est comment ?

Tu vas voir. ll devrait être là à 19 h.

ll est déjà 19 h 10.

C'est lui ?

- Oui, c'est lui. - ll est mignon.

ltalo !

Rapa !

Ça va ?

Et elle... C'est ma compagne.

Enchantée.

- Ma secrétaire. - Je suis ravi.

Un verre ?

- Tu veux boire ? - Non.

- Je prends mon pardessus. - Trés bien.

On va chez toi.

Cher papa, ça fait si longtemps.

Au moins six ans.

- Voire dix ans. - Toujours révolutionnaire ?

Non, elle me l'interdit.

ll a fait sauter un cocktail Molotov à la maison.

On a vraiment trés bien mangé.

Compliments.

A qui ? On a tout acheté à la rôtisserie du coin.

La seule qui nous fasse crédit.

Tu as besoin de leur raconter ça ?

C'est la vérité. Et ils ont dû deviner dans quelle situation on est.

Votre appartement est pas mal. Confortable.

Vous appelez ça un appart ? C'est un chiotte, plutôt.

Non seulement je vis avec un vieux, mais en plus

il raméne pas un sou à la maison.

Si je tapais pas des théses, on mourrait de faim.

Je suis peintre. Si j'arrive pas à vendre mes toiles, j'y peux rien.

Voyons, souriez un peu, c'est quoi, ces mines tristes ?

C'est facile à dire quand on habite dans un palace.

Je vais préparer le café.

Renata, va donner un coup de main.

Je peux t'aider ?

Viens, papa, je voudrais te montrer quelque chose.

Tu vois, papa, tous ces tableaux sont de moi.

lls te plaisent ?

lls sont beaux.

Trés beaux.

Vraiment. Mais pourquoi uniquement des yeux ?

Je me suis spécialisé.

Comme l'oculiste...

Les toiles sont belles mais pourfaire une expo, il faudrait 300 000 lires.

Qui va me les donner ?

C'est juste. Qui va te les donner ?

Qui va te les donner ?

C'est papa qui va te les donner. Moi.

Mais tu es tellement orgueilleux, je parie que tu refuseras.

C'est vrai que je suis trés orgueilleux, mais pas avec mon pére.

- Ah bon ? - Non.

Bon. Dans ce cas...

- Et voilà ! - Merci, papa.

Ne fais pas comme moi. Les jeunes avec les jeunes.

Déjà avec le fils... Alors toi, avec le pére...

Y a rien entre Ugo et moi.

Je pige vite ces choses-là. ll a du fric, le vieux ?

Oui, mais c'est pour monter sa troupe.

ll la montera quand son fils vendra des toiles. lls sont pareils.

Tu vas continuer à peindre des yeux ?

A une époque, je peignais aussi des aspirines.

Oh, parfait ! Le pousse-café.

Tu lui as pas demandé d'argent ?

Rarce qu'il n'a aucune dignité.

ll n'a pas de dignité mais il est orgueilleux.

ll ne m'a rien demandé du tout.

Ce serait normal entre pére et fils.

S'il vous en avait demandé, vous lui en auriez donné.

S'il m'en avait demandé, je lui en aurais donné.

ll est si orgueilleux. C'est sa seule qualité.

- Mais vous n'avez pas la télé ? - Non.

Comment faites-vous pour vivre sans ? Ras étonnant que vous soyez tristes.

Maintenant, à moi de vous divertir.

ltalo, tu te souviens de ce numéro quand tu étais gosse au cinéma ?

J'avais la grande troupe des revues Donadani et Picchio l

Tu te souviens ?

Je faisais des imitations de Totô.

Comme ça.

La Guillerette Teresa en 3 temps et 4 quarts.

Rromenade.

Elle avait sur son coussin Surpris le petit serin

Re-promenade.

Toute en joie, elle l'empoigna Et allongée, elle s'écria

- Tu dois me dire ''étendue''. - Oui, papa.

Toute en joie, elle l'empoigna Et allongée, elle s'écria

Tu dois dire ''étendue''.

Étendue.

Étendue ou allongée, c'est kif-kif.

''Je l'ai en main l'', dit-elle Attristé, le serin soupira

Je vis, je vole, quel mal je vous fais ? Roint d'interrogation.

Tu me fais mal, ma belle A me serrer les ailes

Moi aussi, je suis le fils de ma mère et d'un ami de ma mère

Ça faisait marrer. Vraiment beaucoup.

Ça faisait mourir de rire. Tu t'en souviens, ltalo ?

Un succés fou.

C'est l'heure de partir, Ugo.

Oui.

- Combien de temps ? - Ça dépend.

Donne-moi la clé, Lello.

Merci.

- Quel étage ? - Au 5e.

Rutain !

Et tu prétends que c'est mieux que l'Hilton ?

J'ai pas dit ça. J'ai dit que ça a plus de cachet.

Tenez.

Rourquoi l'eau qui sort du robinet est marron ?

C'est les travaux dans le métro.

Si on me cherche, je suis à la télévision.

Trés bien.

La voilà.

C'est ça, la télévision ?

Oui, TV 7 Collines, c'est même marqué sur l'enseigne.

Les télés privées sont plus importantes que la télé d'état.

Je suis trés ami avec le futur sous-directeur.

Et il risque de pas te recevoir.

Ne me fais pas rire.

C'est un grand ami, je lui ai même prêté du fric.

Tu dis qu'il s'appelle Ricchio ?

Oui, monsieur.

- Ah oui ! Dis-lui que je suis pas là. - Mais il est avec une fille pas mal.

Alors, fais-les vite entrer !

Veuillez entrer.

- Cher Ricchio, ça va ? - Bien et toi ?

- Bien. - Tu as vu, Renata ?

Elle croyait pas qu'on était amis.

Qui est cette beauté ?

Renata, ma soubrette.

- Enchantée. - Et que fais-tu de beau ?

Je monte un grand spectacle

mais c'est long, les costumes, les décors...

Alors, je me suis dit si Emilio...

Qui sait si Emilio... Emilio !

Si Emilio peut me trouver un petit rôle à la télévision.

Tu as bien fait, on cherche justement la speakerine de fin de soirée

qui salue les téléspectateurs

dans des poses suggestives avec des paroles sensuelles.

Je pense que ta partenaire serait idéale.

Je ne sais rien faire.

Ne vous inquiétez pas. Votre nom ?

Rarfait. Suivez-moi.

Et moi, alors ?

Elle, d'abord. Toi, on verra plus tard.

Je vais la présenter au directeur.

Et moi, je reste là ?

Fais un tour dans les studios si ça te chante.

Tu es chez toi. Attention aux câbles !

Vous voyez ? lci, c'est la salle de régie.

Je suis un ami d'Emilio.

Oui.

Monsieur, ôtez-vous de là, s'il vous plaît.

Excusez-moi.

Que cherchez-vous ?

Rien. Je dois voir le directeur.

ll est absent.

Comment ça ?

ll est en Suisse, il revient demain.

Désolée.

Non, Ricchio, écoute. Ne va pas imaginer...

On plaisantait.

Oui, je sais. Comme faisait ta mére avec les soldats.

Ugo, je te jure. C'est vrai.

C'est vrai ?

Que tu jouais à cache-cache avec ton slip ?

Non, je le garde.

Viens, petite pute, salope, ordure ! Avance !

Magne-toi, t'as pas honte ? Bouge-toi le cul, traînée !

- Qu'y a-t-il ? - Vous avez déjà vu une pute en face ?

En voilà un exemple typique. lnutile de te cacher.

Même de dos, t'es une pute ! En route et arrête de chialer.

Tu m'attendriras pas, salope !

Rome. La manifestation des étudiants pour le projet...

- Salope ! - Tu me fais mal. J'ai perdu une boucle.

Rien à branler !

J'ai eu tort, mais je l'ai fait pourtoi.

Tu es trop bonne.

Rour qu'il te trouve du boulot.

Rarce que toi, le boulot, tu l'as trouvé. Conne, va !

La vérité, c'est que t'as la baise facile. Tu devrais avoir honte.

Oui, honte d'avoir couché avec toi. Tu pourrais être mon grand-pére.

Ton grand-pére, hein ? Rutain, va !

Tu me croyais loyale, comme les carabiniers ?

Carabiniers, mon cul !

Qu'est-ce que tu veux de moi ?

- Non, pas dans la rue. - Viens !

- Non ! - Viens !

Je vais t'humilier en public.

Tiens !

Laisse-moi !

Traînée ! Vous avez déjà vu une salope de premiére ?

Elle est unique au monde. Elle baise même gratis.

Voilà sa petite culotte.

- Aux enchéres, au plus offrant. - Assez !

Laisse-moi !

- Laissez-la, vous êtes fou ! - Rutain !

Toutes des salopes ! Salope !

Roulure ! Saloperie !

- Fous le camp ! - Calmez-vous, ça suffit.

Salaud, vous battez une femme !

Vous allez arrêter ou je vous fous mes oranges sur la gueule !

Rouffiasse...

Qu'y a-t-il eu ? Un accident ?

Qu'est-ce que vous foutez là ? Allons, dégagez.

On fait quoi, on s'assoit ?

Relevez-vous.

ll bloque l'autobus.

- ll voulait se suicider ? - Non, on n'en sait rien.

Donnez-moi un coup de main.

Laissez-nous passer, s'il vous plaît.

Mettons-le dans le taxi.

On peut repartir, maintenant.

ll a pondu un oeuf ou quoi ?

Vite, à l'hôpital.

Si tous les patients étaient comme vous, notre travail serait moins dur.

Ah bon.

Oui, mais si j'ai dormi quatre semaines d'affilée...

Entre les thérapies, vous nous avez fait marrer.

Merci.

Et prenez bien vos gouttes.

Oui, 15 gouttes tous les 6 jours.

Non, 6 gouttes pendant 15 jours.

C'est vrai. Foutue mémoire !

Et si vous avez besoin de moi, appelez-moi. Au revoir.

Oui. Bonne journée.

Je suis venu prendre quelque chose à moi.

Rersonne n'a téléphoné ?

Attendez.

Mme Mazzetti a téléphoné deux fois.

Qui est-ce ?

Si vous le savez pas... En tous cas, voilà le numéro.

- Je peux appeler. - Oui, c'est 50 lires.

Qui est à l'appareil ?

TV 7 Collines, bonjour.

Bonjour, pourrais-je parler à... Mademoiselle...

Pardon ?

Mazzetti.

Désolée, mais elle est en enregistrement pour une émission.

En enregistrement ? Bon, j'appellerai plus tard.

Vous avez dit quelle société ?

TV 7 Collines.

Trés bien, merci.

Regarde bien droit dans la caméra.

Sois sexy, suave, voluptueuse, sensuelle.

N'oublie pas que tu es la panthére noire de TV 7 Collines.

Sors tes griffes ! Tiens, voilà la lettre.

Fais ça bien, ma chérie. Tu es superbe.

On est prêts ! Allons-y.

Soldat Salvatore Trulli,

32e régiment d'artillerie, Cecchignola, Rome.

Ta lettre m'a beaucoup troublée.

ll y a en particulier une phrase que je ne peux pas lire

sans rougir.

Regarde.

Rromets-moi de ne plus m'écrire de choses aussi audacieuses.

Tu me demandes un baiser. Voilà...

Je te l'envoie.

Rardon, vous êtes mademoiselle...

Quoi, tu me reconnais pas ? Tu me vouvoies ?

Non, je vous reconnais mais... j'ai eu un mois d'amnésie.

Où étais-tu ? Rourquoi tu n'as plus donné de nouvelles ?

J'ai été hospitalisé dans une clinique. J'ai fait une cure de sommeil.

Je suis sorti aujourd'hui.

Je suis en pleine forme. Et vous ? Euh... Et toi ?

Moi ? Je travaille ici, j'ai été engagée.

J'ai une émission à moi, je gagne bien.

Moi aussi, je peux pas me plaindre.

On prend un verre ?

Hein ?

Non, j'habite seule.

Lui, il est marié, mais on s'aime.

C'est qui, lui ?

Emilio, tu ne te souviens pas ? Vous étiez trés amis.

Si, je me souviens de lui. Un garçon formidable.

Tu as revu ton fils ?

Quel fils ?

Je ne sais pas. Je n'en ai connu qu'un.

On est allés dîner chez lui.

Ah bon ?

Mais si, le dîner de croquettes rances.

Oui, les croquettes...

Tu ne l'as plus vu ?

Non, je t'ai dit que je l'ai pas vu depuis 15 ans.

Et que fais-tu ?

- On déjeune ensemble dimanche ? - Non.

Je ne peux pas, je dois partir pour...

Rour Turin. Tu sais, je monte une troupe

pour ce fameux directeur de spectacle...

J'y vais pour l'épauler. ll paie bien.

Si je peux te rendre service, n'hésite pas.

Moi ? Ce serait plutôt toi. Tu as besoin d'argent ?

Voyons, je t'en prie.

L'argent pour le train, peut-être. 20 000 lires me suffiraient.

Mais bien sûr.

Même moins.

Tu n'as plus de voiture ?

Oui, je l'ai toujours.

Seulement... je me souviens plus où je l'ai garée.

Tiens.

50 000 lires ? C'est trop.

Tu parles !

Je te les rendrai vite.

ll n'en est pas question.

On a passé de bons moments ensemble.

Tu te souviens de ces trois jours à Capri ?

Ah oui. On s'est bien amusés.

ll faut malheureusement que je parte.

Non, laisse. Si tu permets, c'est pour moi.

Tu vas pas payer avec un billet de 50 000 ?

Salut !

C'est qui ?

Mais c'est Emilio.

Emilio, bien sûr.

On y va, Renata ?

Au revoir.

J'espére te revoir bientôt.

Salut, Ricchio.

Renata...

C'est comme ça qu'elle s'appelait.

Bon Dieu ! Regardez où vous mettez les pieds.

- Toi, tu es... - Trontolino !

Que fais-tu à Milan ?

Je vais... à Turin, monter une troupe. Je débute à l'Alfieri,

avec cette nouvelle soubrette. Son nom, c'est comment ?

Celle qui travaille à la télé.

Je m'en souviens pas. Aucune importance.

- Et toi, où tu vas ? - A Rome. Mon fils est avocat

et vu que je suis juriste, je vais l'aider.

Le théâtre m'a déjà apporté toutes les satisfactions.

Rourquoi je resterais à Milan ?

- A bientôt. - Salut.

- Bonne chance. - Merci, pareillement.

Ainsi tu allais à Rome chez ton fils ?

Et toi, à Turin pour monter un spectacle ?

Adaptation : Michel DERlGNY

Sous-titrage : ÉCLAlR VlDÉO

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