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...
Un chien aboie.
Une femme crie.
Musique country
...
Il siffle. Allez !
...
...
Allez.
Hep, hep, allez.
... Allez !
Allez !
...
Allez, allez, allez !
...
Un cheval hennit.
J'arrive.
Allez, à la graille !
Tu traînes tes fers où, toi ? Saleté !
Comme quoi tu m'aurais mal parlé, je sais pas quoi.
Tu m'écoutes ? Tu me regardes quand je te parle ?
T'as compris ? On arrête, les deux. Vous arrêtez.
On est des copains.
T'as besoin de moi quand ? Mardi aprèm ?
Pas sûr, non. J'arrive pas à remplir les cours.
-T'as plus besoin de moi du coup ? -Non.
Tu pourrais me payer le mois dernier, car je suis un peu à sec.
-Je te dois combien, déjà ? -Y avait 6 leçons.
-6 leçons... T'as donné 6 leçons ? -Ouais, j'ai donné 6 leçons.
Et y avait deux balades dont une
que tu devais payer plus
car ils étaient beaucoup.
Tiens.
C'est pas exactement...
C'est exactement ce que j'ai.
Je vais me démerder.
-Je peux prendre ta cuillère ? -Oui.
Je vais tordre
une cuillère. Attention, maman.
Attention, ma petite maman. Elle rit.
Tant pis pour les couverts.
Gémissement d'effort forcé
...
Oh, mon Dieu !
Alors ? Alors ? Hein ?
Y a un truc.
Oui, y a un truc, mais je vais pas te le dire.
Elle croit que je vais lui dire. Je vais pas te le dire.
Puisque vous le demandez,
puisque vous insistez, je vais faire un dernier tour,
mais ce sera le dernier.
J'ai besoin d'une préparation, attendez 2 secondes.
Laissez-moi 2 secondes, petite préparation.
J'ai besoin
d'un petit objet...
Bien, Mme Perez, très bien.
Mesdames, changement d'avis, pas de pyrotechnie.
Un tour beaucoup plus discret.
Voilà. Je ne suis pas venu,
je ne suis pas là, je vais disparaître
immédiatement comme par magie. Attention...
Vous allez bien, Mme Catala ?
Je crois, oui. Oui.
Il est pas là, votre fils ?
Mon fils ?
Euh... je sais pas.
Je sais pas, je sais pas.
Il nous doit des sous, vous savez.
J'ai des comptes à rendre, moi.
Vous comprenez ça ?
Non.
-On y va, maman. -Bisous.
-Au revoir, maman. -Au revoir, mes chéris.
Oui, au revoir.
Au revoir. Au revoir.
Au revoir, mes chéris. Oui, au revoir.
Il souffle.
Tu t'inquiètes pour mamie, mais il faut pas.
T'inquiète pas pour moi non plus, j'ai de la ressource.
Hein ? Viens faire un gros câlin à papa.
Viens, ma petite bonne femme à moi.
Tu fais un bisou ?
Atata ! Héla !
-Maman. -Arrête, il est là.
Ça va ? T'as l'air speed.
-Non, ça va. Toi, ça va ? -Moi, ça va. Et toi, ça va ?
Oui, ça va.
Y a 2 pyjamas, des affaires de rechange,
du shampoing, ça serait bien que tu lui laves les cheveux.
Elle pue des cheveux ? Tu pues des cheveux ?
Il a les nerfs, Dom.
Il est pas loin de porter plainte. Avec ce qui s'est passé,
il veut plus te voir du tout.
Il veut que je demande la garde totale.
D'où c'est lui qui décide ?
T'es maboule ou quoi ? Tranche, c'est n'importe quoi.
-Mais Ludo... -Ludo quoi ?
Elle est fofolle, maman. Ouh là là !
Elle est un peu fofolle.
Elle m'aime encore, c'est pour ça qu'elle est confuse. Ça va aller.
-Oui. -Allez, t'inquiète pas.
Jouez pas à ça.
Je vais pas disparaître comme ça. C'est ma fille !
Il est jaloux comme un pou. Il instrumentalise le truc.
Ils vont pas te la retirer comme ça.
C'est tendu, mais ça va se tasser.
Je rends les coups et ce fils de pute pleure chez les keufs.
Ouais, je sais.
Et voilà !
-T'as trouvé du taf ? -Hein ?
T'as trouvé du taf ?
-Non, j'ai pas trouvé de taf. -Pas beaucoup.
-Pas beaucoup. -Encore. C'est bon. C'est bon.
En même temps,
c'est quand on touche le fond qu'on commence à remonter.
Alors, si ça se trouve, tu sais quoi ?
C'est peut-être le moment de te lancer, d'acheter ton ranch.
T'es con ? Tu crois quoi ?
Que je mets de côté
pour m'acheter un ranch ou une baraque ?
Redescends, mec.
On bouffe du riz, des pâtes, on n'a pas une thune.
On mange du jambon en plastique, du fromage en carton. J'ai 36 piges.
Et je suis rien.
Ma fille me prend pour un clown, sa mère pour un bouffon.
Je risque d'avoir une interdiction d'approcher sa baraque.
Ça va, j'ai compris.
Je devrais construire ma vie si je veux pas squatter un canapé
à l'aube de ma retraite. Oui.
Là, tu t'énerves.
-Je suis énervé, Richard ? Non. -Oui, tu me parles mal.
Je te dis ça parce que tu tournes en rond.
Si je te le dis pas, personne va te le dire.
Tu merdes, quand même.
Tu subis au boulot, en amour...
Je sais pas, commence à faire tes preuves,
montre que t'en as sous le pied pour elle, pour toi.
Fermé ?
Je parle pas de ma peur des chevaux ?
-Non. -Non, ça, oui.
Je parle pas de la magie ? Non. C'est moi qui parle.
Ouais.
Allez.
"Trappeurs 3000",
les Pyrénées en majesté ou l'aventure grandeur nature ou...
Plus simple, plus sec, "à l'aventure". Moins bien.
J'ai pas de...
Moins bien ? On oublie.
Le truc, c'est que l'aventure grandeur nature,
ça sent l'air frais, les grands espaces, mais...
Les Pyrénées en majesté, ça sent la majesté, les Pyrénées.
C'est plus juste pour la région.
-Oui. -Et Trappeurs 3000,
le retour à l'instinct sauvage.
C'est pas mal.
C'est pas mal.
Soyons francs, y a une éducation entière à refaire.
Ça sert à rien de parler de la nature dans les journaux.
Les gens ont besoin de quoi ?
Ils ont besoin de la sentir,
de la vivre, de sentir son pouls, sinon, c'est abstrait.
Ils ont besoin des choses simples. Chasser, pêcher, cueillir...
C'est pas juste de demander de bosser tout le temps.
C'est juste ?
-Non. -C'est pas juste.
Le conseil régional soutient déjà de nombreux projets et bon,
les crédits ne sont pas illimités.
Vous n'avez pas de diplômes ?
En tourisme.
Je n'ai pas de diplôme en tourisme,
mais je suis né sur un cheval,
ça sent le canasson et je connais la montagne.
D'accord.
-Moi, j'ai un diplôme de magie. -Yas...
-Un diplôme de magie ? D'accord. -Quand même.
Ça va être compliqué. Je...
Je préfère être honnête. Ça va être compliqué.
Mme Carhait, nous...
Je vais être franc. Faire du bien aux gens, c'est dans notre ADN.
Quand j'ai quelqu'un à côté de moi qui est bien,
et que c'est parce que je suis à côté de lui qu'il est bien,
ça me gratifie.
Ça donne du sens aux choses, à la vie, à ma vie. Pas vous ?
-Si... -Faut nous aider.
Parce qu'on veut pas faire fortune. On veut faire fortune ?
Non !
On veut pas être chers, on veut que ça ait du sens,
faire découvrir notre région aux gens, leur faire du bien.
Vous comprenez ce que je veux dire ? Tout simplement.
Je réfléchis, je...
J'essaie de voir comment conjuguer nos ambitions.
On a un diplôme de secouriste.
C'est vrai ! On a fait aussi du transport d'handicapés.
Tous styles.
Ça pourrait peut-être...
On pourrait peut-être intégrer un volet social à votre projet.
-Oh, oui ! C'est... -Richard.
Voilà. Moi...
Déjà, il y a une bonne nouvelle. C'est cheval, social...
-Ça marche. -Ça rime.
-Ça marche. -Et ça...
Ça marche.
-On est pas si en retard. -Si, Richard.
J'arrive !
Trappeurs 3000 ?
-L'aventure grandeur nature ? -Non ?
L'aventure grandeur nature. Vous êtes avec nous ? Non.
Trappeurs 3000 ?
-L'aventure au galop. -Les Pyrénées en majesté, salut.
Ludo. Enchanté, Fred. Tom, mon fils.
-L'aventure au galop. -Trappeurs 3000.
Enchanté, enchanté.
-Bonjour. -Enchanté.
-Ali. -Ludo, pardon.
Valentine.
Trappeurs 3000.
Salut.
-On est au complet ? -Ouais. Attends. 1, 2, 3, 4, 5...
Elle est là-bas. La fille, elle est avec nous.
Trappeurs 3000.
C'est là.
Je te rappelle. Y avait un dress code poncho ?
On m'a pas prévenue.
Bienvenue. Alors... C'est parti. En route !
-Suivez Ludo. Je ferme la marche. -À l'attaque.
-Au grand air, tout le monde. -Hop, hop, hop !
Allez !
Au trot !
Merci à tous
d'avoir choisi Trappeurs 3000, car c'était pas gagné.
On est là, ensemble.
On va faire la première chevauchée
transfrontalière, c'est pas rien. L'idée, c'est de vivre de peu,
de rien, en harmonie avec la nature,
avec l'animal. Et quelque part aussi de se rappeler
du sauvage en nous. Pardon.
Quand tu dis le sauvage en nous... Le sauvage, ouais.
Tu parles de quoi ?
Je mange pas de viande, encore moins avec les doigts, je vois pas.
-Agnès, c'est ça ? -Ouais.
-Enchanté, Agnès. -Pareil.
On se présente,
c'est parti. Toi !
Comment il s'appelle ?
-Pardon, c'est Jonas. -Jonas.
Enchanté, Jonas ! Et ? C'est Valentine.
Jonas et Valentine.
Les tourtereaux. Ensuite ?
Comment il s'appelle ?
-C'est Fred. -Salut.
Je suis content d'être là.
Qu'est-ce que je peux dire ?
Je suis chauffeur de bus à Rennes et je suis avec mon fils Tom.
Toto, Tom !
Comme je le vois pas souvent, je suis encore plus content.
Yes, OK. Il reste qui ?
Le trio. Ali, Sophie et Léa.
On est plutôt contents. Contents ? À l'attaque, les cocos.
Musique country
...
Ça va ?
Ça va.
...
Tu m'as parlé ? Pardon.
Votre visage me dit quelque chose.
-Hein ? -Votre visage... Je vous connais ?
Je suis comédienne, donc...
-C'est ça. -Tu as pu déjà voir ma gueule.
J'ai fait une pub pour des biscottes
qui a été bien diffusée, rediffusée...
Ouais, OK.
C'était...
-Ça me revient. -Quand on me reconnaît, c'est ça.
Chacun sa gloire.
Et ça fait 15 ans
que j'ai pas fait de cheval.
Franchement, je suis dégoûtée.
Mes copines m'ont offert ça pour mon anniversaire.
Pour mes 40 piges, je te cache pas
que j'aurais préféré une thalasso, mais bon.
Ça me fait bien chier. Mais je vais pas te casser ton...
Ça va peut-être être sympa.
...
Bougez pas, je reviens dans 2 min. À tout de suite.
C'est joli.
Oh !
Ma poupée ! Celle-là ! Oh là là !
Oh là là !
Regarde-moi. Tu sais que papa a grandi ?
C'est un monsieur, il a monté sa boîte.
C'est un chef d'entreprise.
Bouge. Si Dom arrive, ça va partir en couille.
Tu peux être fière de moi. Regarde.
C'est le bus de papa.
Le boulet de papa devant. Les touristes de papa.
Salut, Marguerite.
-Oh ! -C'est sa fille. Coucou.
Oh là, celle-là.
Papa va monter tout là-haut, regarde.
Je vais monter là-haut,
faire mon job et je vais venir te récupérer.
Tu veux venir avec moi ? Oui.
Tu veux voir la beauté ?
Là-haut, c'est la beauté, ma beauté. C'est la liberté.
Ouh !
On part sur notre première chevauchée. Regarde.
Trappeurs 3000.
Ça sonne ou pas ?
Quand j'ai fini, je vous récupère et on va vivre dans les bois.
On arrête ces conneries de séparation, de "Ludo,
"t'es un incapable", de main courante.
On va vivre nus et s'aimer en mangeant des noisettes.
Rigole pas. Tu rigoles ?
Je débute une grande aventure. C'est pour vous que je fais ça.
Barre-toi. Il va te défoncer.
N'inverse pas. En général, c'est plutôt moi qui le défonce.
Rends à César ce qui est à César.
Suzy, on peut pas se faire la guerre.
Tu veux vivre avec ce baltringue ?
Fous le camp !
Je passe vous récupérer.
Dom ! Dégage !
-Je suis sur le départ. -Fils de pute !
Laisse-nous tranquille !
Arrêtez !
-Dégage ! -Qu'est-ce qui se passe ?
Arrête, putain !
Mais ça va pas du tout !
Vous inquiétez pas, il a gardé son âme d'enfant.
...
Ouh ! Démarre !
Démarre, démarre.
C'est un malade.
Démarre, démarre. Vous avez vu ma fille ?
Vous avez vu comme elle est belle ? Son sourire ? Il rend dingue.
C'est un vieux camarade à moi,
on se chamaille de temps en temps, c'est pas grave.
...
Bienvenue.
Qu'est-ce que c'est beau ! Ils sont là, les chevaux.
Oh là là !
Ça fait du bien de sentir la nature, putain.
Ils sont trop beaux.
Je veux lui, là.
-Lequel ? -Celui juste devant.
On choisit pas.
J'espère bien qu'on choisit.
-Ne touche pas. -Je touche pas, je regarde.
Laisse-moi, bouge pas.
-Arrête. -C'est rien, d'accord ?
Putain, mais Ludo, pourquoi tu fais ça ?
Tu te fais du mal et tu passes pour un barjo !
C'est pas comme ça qu'on fait.
Tu vas pas foutre le bordel dans leur vie.
Je fous pas le bordel, je voulais qu'elle voie.
Je voulais l'embrasser.
Si tu voulais l'embrasser, c'est pas comme ça qu'on fait.
Faut prendre de la hauteur, de la distance.
Le sens des responsabilités.
Merde ! T'as passé l'âge de te battre comme un chiffonnier.
Bon Dieu !
Je vais être très honnête,
La nature, je m'en fous, les chevaux, bien comme il faut.
Non, c'est très vrai, je m'en fous, mais par contre,
elle m'a demandé d'être là, je suis là, c'est très bien.
-Ça, c'est de l'amour. -Ah oui, c'est...
Aïe, la voilà !
La Nathalie ! Notre Nathalie.
-Bonjour ! -La bienfaitrice.
C'est grâce à ses chevaux,
à ses chambres que tout est possible.
Bienvenue chez toi. Ça va ?
Vous êtes bien installés ? On est super bien installés.
Le petit-déj, demain matin, 7h30.
7h30 ?
Il vous faut du temps pour préparer vos chevaux.
On les prépare ?
On prendra le temps pour que ce soit bien fait.
Dans les chambres, y a des ponchos et des chapeaux.
Attention à la nuque. C'est là où tu prends le plus.
-Ça vous servira dans les hauteurs. -Vous verrez, ponchos para todos .
Ça peut vraiment servir là-haut.
On se pèle. On lève son verre,
on porte un toast à Nathalie et à l'ami Jonas.
C'est grâce à lui qu'on est tous ici.
Jonas, il a annulé, il a confirmé,
il a annulé, il a reconfirmé 3 fois.
Il est là !
Aucun problème, c'est une blague. C'est grâce à lui
qu'on est assez pour que la chevauchée existe. Merci !
Jonas ! Ça me touche.
-À la tienne, Jonas ! -Merci.
On va remonter la Lladure,
une des plus belles rivières de la région.
De là, on arrivera au plateau de Santa Maria.
Du plateau de Santa Maria, on continuera jusqu'au Campo Reis.
On descendra jusqu'au lac de Pradeilles, on bivouaquera.
On continuera jusqu'à l'auberge du col del Torne
et on fera un petit crochet par l'Espagne.
Pour ceux qui veulent de l'alcool ou des cigarettes.
On a des chevaux de montagne qui sont juste derrière.
Ils sont petits, trapus. Ce sont des Appaloosas.
Des chevaux adaptés aux terrains escarpés.
Ils connaissent leur boulot, n'ayez aucune angoisse.
Excuse-moi, je me disais. Y a des ours, alors ?
-Ah oui. -On peut en voir ?
Non. Il y a une soixantaine d'ours.
Ils sont tous localisés
par GPS, c'est hyper sécurisé. Ils sont là.
Hyper sécurisé.
Même aujourd'hui, voir un ours en vrai,
c'est rare. D'autant plus que l'ours brun,
celui qui traîne sa couenne dans les Pyrénées, le gros,
quand il voit les humains, il déguerpit.
C'est un animal peureux.
Très peureux. J'ai une question.
-Vas-y, Agnès. -Comment on se lave ?
Bah...
Avec de l'eau.
*-Ces fleurs sentent bon ? *-Oui ! Elles sentent très bon.
Ça sent très bon, ces fleurs.
Et si on jouait à cache-cache ?
D'accord. Allez ! On va jouer à cache-cache.
Ludo, putain ! Viens te coucher.
On se lève tôt demain. Allez !
*-On va aller les voir.
Et si on jouait à cache-cache ?
Agnès hurle.
Mais non ! Putain
de sa race ! Mes affaires, mes shoes !
Putain, mais ma polaire à 200 boules,
elle est où ?
Mais c'est pas ma valise ! Agnès, chut !
Ce n'est pas ma valise !
-Des gens dorment ! -J'ai rien.
Stop, les gens dorment.
Des gens dorment, mais je n'ai pas ma valise. Je suis à poil.
-Tu n'es pas à poil. -Si.
Oh, Ludo ! Je n'ai plus rien, j'ai tout perdu.
Je n'ai pas de pyjama, je n'ai pas de K-Way !
Comment je fais une rando sans K-Way ?
Je n'ai pas de pyjama. On regarde ensemble.
Tu veux regarder ? Regarde !
La femme est une pute. Une vieille pute, regarde !
C'est incroyable ! Putain, mais c'est pas possible !
-Elle a fait de la danse. -Pourquoi moi ?
Pourquoi c'est pas arrivé à elle ?
Elle. Moi ?
Tu t'en fous du style, putain !
Qu'est-ce que j'ai fait ? Comment elle parle aux autres !
Y a ma vie
dans cette valise. Ma vie ! Toi, t'as une vie ?
Non, a priori pas,
donc pourquoi ça tombe sur moi ?
Qu'est-ce que j'ai fait ? Cette rando de merde !
Non, non...
Je me calme quand tu retrouves ma valise.
Trouve une solution. Elle pense pas ce qu'elle dit.
Appelle la gare de Perpignan. Retrouve ma valise.
À minuit, y a personne.
Retrouve ma valise.
Il y a personne à la gare de Perpignan à minuit.
-Tu sers à quoi ? -Attends, tu te calmes.
C'est peut-être... C'est un signe.
C'est un chemin qui s'ouvre
pour t'apprendre à te débarrasser du superflu,
des affaires, du matériel, on sait pas.
On croit souvent qu'on a besoin d'affaires dans la vie, hein ?
On a besoin...
C'est dans la tête que ça se passe.
C'est pas grave. Une fille
aurait quelque chose à lui prêter ?
-Bien sûr. -C'est réglé.
-Une meuf qui sait pas s'habiller. -C'est ça, l'esprit de famille !
-C'est l'amitié équestre. -On va se coucher. On a besoin
d'énergie, la semaine va être longue.
Vous allez vous coucher !
Vous allez vous coucher ! Allez ! Et toi aussi !
-Faut que tu m'expliques. -Dis-moi.
Tu parles à qui ?
Tu vas pas me parler comme ça. L'autre maboule parle à ma femme.
-Il est fou ! -On lui reparle plus comme ça !
Ma femme est fragile, on lui parle gentiment.
C'est valable
pour tout le monde. Arrêtez vos conneries.
-Mais Ali ! -On va pas s'énerver.
C'est disproportionné.
La violence du mec !
-Tout ça, c'est de ta faute. -Non, non !
Le mec est d'une agressivité de ouf.
Chérie, parle pas avec cette femme.
Ali, faut se détendre.
Respire par le ventre !
-Tout le monde va se détendre. -Au dodo !
Allez ! Tous mes petits chevaux.
Premier truc à faire, vous brossez.
On brosse bien. On fait attention.
Un caillou qui se glisse entre la selle
et la robe et le cheval est empêché toute la journée.
Oh là là, il est bizarre. Il est très bizarre.
Non, j'ai tout perdu, je n'ai rien.
Tout était dans ma valise.
De ce côté-là,
y a rien, à part si tu kiffes le style Crocodile Dundee.
Les meufs m'ont prêté des fringues.
Je suis habillée comme dans Club Dorothée.
Ton cheval va pas se préparer tout seul.
Agnès, Pecorino. Pecorino, Agnès.
Oui, je le brosse.
Brosse-le mieux, vas-y.
On sera chacun l'un après l'autre en charge de trois trucs.
La bouffe, les chiottes et tirer la mule.
On va partager les moments de plaisir
et les tâches les plus ingrates.
Vous êtes d'accord ?
-C'est quoi, les tâches ingrates ? -Je viens de le dire,
les toilettes.
À partir de maintenant, on est une famille, on est un groupe.
On pense groupe, on vit groupe, ça marche ?
On laisse derrière nous toute pensée égoïste et mesquine.
Le premier truc à pas rater, important aussi,
c'est la rencontre avec votre cheval. Savoir qui il est,
comment il se sent, ce qu'il aime.
Vous allez passer la journée avec lui, c'est important.
Mets-toi de l'autre côté. Ça va ?
OK. Kévin !
J'ai oublié de vous présenter quelqu'un.
Kévin, d'accord ?
Kévin a tué son père
et sa mère et il regrette. Quoi ?
Je déconne. Vous inquiétez pas.
Kévin a fait des conneries, c'est du passé.
C'est un petit cadeau du conseil régional.
C'est un jeune en difficulté. Un jeune en réinsertion !
-C'est bien. -C'est un échange de bons procédés.
On aide Kévin à changer d'air et ça nous rend service.
Bienvenue, Kévin.
-Ouais... -Bienvenue, Kévin. Allez !
Ludo, je peux te parler ?
C'est possible de changer de cheval ?
Je le sens pas, j'aime pas ce cheval.
Il me regarde chelou
et il me fait des phases un peu vicieuses.
Pecorino ? Pourquoi il a un nom de fromage ?
Je suis la seule à pas en manger, c'est agressif.
Parle-lui gentiment si tu veux qu'il t'emmène quelque part.
C'est un cheval sensible comme toi. C'est pour ça que je te l'ai choisi.
Il peut t'amener loin si tu prends soin de lui.
C'est exactement ce qu'il te faut.
On se bouge les fesses.
On monte sur son cheval, c'est parti.
Musique douce
...
-Ça va, derrière ? -Ça va.
...
Y a pas de boulet dans notre famille.
On est là les uns pour les autres. C'est important.
Pour le premier comme pour le dernier,
pour celui qui souffre,
celui qui a faim, celui qui trébuche,
celui qui a froid.
On est là et on sera là. OK ?
-Ouais. -OK.
Branche !
Branche.
Branche.
Branche.
Branche.
...
-Jonas, choisis. -Quoi ?
Choisis entre le pas et le trot.
J'arrive pas à choisir et lui non plus.
Tu mets tes pieds dans les étriers.
Descends tes talons, vas-y.
OK.
-Vas-y. -Putain !
On ralentit.
Détends-toi. C'est la base de tout. Faut que tu prennes du plaisir.
J'en prends pas. Arrête avec ce mot de merde ou je descends du cheval.
Calme-toi. Calme-toi !
Retiens-le. Retiens-le.
Putain !
...
Si ça se trouve,
ce qu'on est en train de voir, si je me trompe pas,
c'est le Pic du Midi là-bas.
Là-bas. Là. Là.
Sur le Pic du Midi,
y a l'observatoire astronomique, dont on a entendu parler,
il a été monté à dos d'hommes en 1800 quelque chose.
Mais c'est vraiment le Pic du Midi ? J'ai un doute.
Non, c'est pas le Pic du Midi, attends.
Léa rit.
Alors, voilà. Ça, c'est peut-être
le Canigou.
Le fameux Pic du Canigou.
Il est peut-être...
C'est pas celui-là. Je me goure. C'est peut-être le suivant.
Dans la diagonale, c'est le Pic du Canigou.
T'as déjà fait du galop ?
-Ça va, ma chérie ? -Ça va.
-J'en ai pas fait beaucoup. -OK.
Je t'ai pas demandé ce que tu faisais dans la vie.
Non.
Je suis journaliste, dans le sport.
C'est bien, ça.
C'est pas banal.
Même assez joyeux.
Milieu de machos, quand même. Oui.
Toi, tu fais quoi ?
Je bosse à la mairie de Romainville.
Je suis assistante sociale.
Enfin, j'étais.
Je suis entre deux, je...
Je suis en arrêt maladie, en fait.
Je reprends à la fin du mois, mais j'ai pas très envie.
Pourtant, y a du boulot.
Ouais, j'imagine.
Une de mes collègues s'est suicidée dans son bureau. Je l'ai trouvée.
Ça calme.
Désolée, je voulais pas parler de ça.
Non, non.
Un téléphone sonne. Merde !
Agnès !
Deux secondes ! Oui ?
On y va !
C'est important, c'est professionnel.
Allô ? Allô ?
Attends, j'arrive, j'arrive, j'arrive. Ouais !
Hé, ça va, mon agent ?
Y a que toi pour m'appeler pile
quand je quitte la civilisation.
Ça va ou quoi ?
Mais non !
Agnès.
Les frères Darrieux ? Arrête. C'est génial, c'est quand ?
Jeudi ? Laisse tomber, c'est mort, je peux pas.
Je suis au milieu de nulle part, à Pétaouchnock-les-oies,
au fin fond de la civilisation,
à mille bornes de toute terre habitée.
Je suis au trou du cul du fion du monde.
Un bourricot va m'emmener dans la forêt
pour une semaine ou plus si on revient pas.
Oui, deux secondes.
Je suis désolée, mais j'ai des essais.
Donc ce qui va se passer,
c'est que je dois revenir à Paris pour demain ou vendredi max.
Ramène-moi sur Perpignan ou montre-moi le chemin.
-Non, c'est impossible. -Non, mais y a pas impossible.
Tu sais ce que c'est, des essais ? Tu sais ce que c'est, travailler ?
En fait, j'ai une chance de gagner ma vie,
une chance de montrer ma gueule, donc je la saisis. J'y vais.
Comment on fait ? On fait rien.
On est 4 h de cheval du départ. On fait pas demi-tour comme ça.
Dans 5 min, on aura dépassé l'antenne,
t'auras plus de réseau et ce sera mieux.
J'ai pas besoin de toi,
je sais où est le ranch, je connais le chemin.
Tu connais que dalle, tu connais rien.
S'il vous arrive un truc, à vous, aux chevaux, c'est pour ma gueule.
Tu crois que c'est comment la nature ?
On se balade dans la forêt ?
On se balade ? Tu crois que c'est facile, la montagne ?
Hein ?
On se perd facilement ici.
Tu peux tomber sur un animal sauvage.
Sur un loup, un lynx, un ours.
Ça te fait rire ? Tu veux finir déchiquetée ?
C'est ça que tu veux ?
C'est dommage, parce que t'es belle comme tout.
Ce serait dommage. Regarde, au refuge, y a du réseau.
D'ici là, tu te filmes, tu fais tes petites histoires.
Quand on arrive, tu envoies à Paris. On fait ça ? On fait comme ça ?
Hein ?
On fait ça. Viens, on fait ça.
Mets-y un peu du tien. Regarde, allez !
Viens, mon petit pote.
Monte sur ton cheval.
Hé !
Cappuccino, viens là. Comment il s'appelle, déjà ?
Je l'aime bien, cette fille.
Je sais pas pourquoi, mais...
elle me touche.
Musique country
...
Marche ! Putain, j'en ai marre !
...
Ça va pas ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Y a un truc avec Jonas ?
Jonas ? Viens. Ouais.
J'arrive, chérie.
Qu'est-ce qu'il y a ? Jonas.
Il y a un truc qui passe pas entre Bouchon et toi.
C'est-à-dire ?
-Y a un truc qui passe pas. -Tous les deux ? Pas trop.
Pas trop.
Quand ça va pas comme ça, faut que tu dises les choses.
-C'est un cheval. -Je sais,
mais c'est des animaux très sensibles. OK ?
Ils se sentent pas bien quand on les aime pas.
Comme tout le monde.
T'aimes pas qu'on t'aime pas ? Non.
-T'aimes pas qu'on te néglige ? -Encore moins.
-Lui, c'est pareil. -Ah. OK.
Je vous laisse. Tu règles ça ?
Prends ton temps.
Elle gémit.
Encore.
...
C'est bon.
J'ai froid.
Regarde la lune. Regarde.
C'est mon problème, tous ces types qui lui tournent autour.
Elle dit que j'invente. J'invente pas.
Je vois tout.
Elle peut lui dire quoi, à ce mec ?
Je suis jaloux.
Jaloux à en crever.
Elle le sait, mais elle joue avec mes nerfs.
Je suis ici pour ça, c'est pas pour toi.
Pardon, c'était violent, mais c'est honnête.
Visuellement,
c'est pas terrible, mais c'est fait avec amour. Hein, Kévin ?
Ouais, j'en reprends.
Le prenez pas mal, mais on dirait la cantine de Roissy.
Agnès, mange,
ça va être froid. Non merci, ça va.
J'ai pas très faim, puis j'ai ma bouffe.
Et je vais profiter de cette semaine pour me faire un jeûne.
C'est pas le meilleur moment, une chevauchée.
C'est bien de manger des pâtes, plein de riz,
pour avoir du sucre dans le sang pour l'effort physique.
J'ai mal au cul. 6 jours, quand même.
-Ça va être long. -C'est ambitieux.
Ludo et Richard, vous vous êtes connus comment ?
-Tu veux savoir ? Y a du doss. -Tu racontes ou je...
Y a du gros doss.
On s'est rencontrés il y a 6 ans. On était ambulanciers ensemble.
On transportait des vieux, des malades en tous genres.
Pas des gens bien-portants,
on aurait pas été ambulanciers. C'était mon 1er job.
C'est lui qui m'a formé.
Après, on a eu un accident, c'est parti en couille.
Enfin, ça l'a pas fait.
Du coup, j'ai eu besoin d'un retour aux origines.
Les chevaux, mon père...
J'ai refait les transhumances avec lui, comme tout petit.
J'ai plus quitté les chevaux.
J'ai travaillé dans différents ranchs.
Il faisait quoi, ton père ?
-Il élevait des poulains. -Des poulains ?
C'était son truc.
C'est les poulains.
Mais...
L'accident était avec l'ambulance ? Ouais.
Y avait un malade dedans ?
Truc de fou. Il est mort, le mec ou pas ?
Oui. Enfin, il était très malade.
Il était très vieux.
On est où, là ?
On a...
Mais tu vas pas en taule pour ça ?
Non, non...
On a pris du sursis, c'est pas...
Richard,
tu nous as fait quoi en dessert ?
Avant, Richard, ton rapport au cheval, c'est quoi ?
Ludo, on l'a. Toi, du coup, c'est quoi ?
C'est quoi,
le dessert ? Plus tard, OK.
C'est salade de fruits et tour de magie.
Tu t'occupes de la salade de fruits,
je m'occupe des tours. C'est cheval
et magie ? Ouais, cheval et illusions.
Pour commencer, un tour spécial salade de fruits.
-Fort à propos. -Vous avez un grain de raisin,
j'ai un grain de raisin, on a tous un grain.
Rires Et ce grain,
qu'est-ce que j'en fais ? Il souffle.
Ouh...
-Oh ! -Ouais !
Pardon !
-Aïe, aïe... -Aïe.
Cris Aïe, aïe, aïe !
Où est-elle ? Oh...
-Pardon ! -Par le trou de la nuque !
Par le trou de la nuque !
Maintenant,
j'aimerais faire un tour plus intime. Pour toi, Valentine.
-Oh ! -Je récupère mes cartes.
Qu'est-ce que vous voyez ?
Dame de trèfle.
-Dame de trèfle. -Ouais.
-Fred, tu confirmes ? -Oui.
-Pareil, dame de trèfle. -Sophie, Ali, dame de trèfle.
Eh bien... Oui, vas-y, vas-y.
Cette dame de trèfle
va se transformer...
en dame de cœur.
Sifflements
-Elle est à poil. -Il l'a déshabillée.
Bravo !
Fantastique !
Ça fait bizarre, quand même.
On se voit jamais et hop.
On dort dans la même tente.
T'as grandi, mon fils.
T'auras d'autres occasions de partir avec tes potes. Plein.
Je suis content d'être avec toi.
Il renifle.
Je schlingue de l'aileron, ce soir.
Franchement, on s'en sort plutôt pas mal.
Ouais. Ouais. Ouais.
À part l'autre folle qui se prend pour Sophie Marceau, ça va.
Mais bon, hé, je te le dis tout de suite,
temporise avec elle ou elle va nous chier dans les bottes.
Ça se voit dans ses yeux. D'accord ?
Moi, celle qui m'inquiète vraiment,
c'est Valentine.
Parce qu'elle porte hyper bien
le mini short.
C'est vrai. Avec ses 2 petits trous, son petit nez,
et elle aime bien mes tours de magie
et moi...
Ça me perturbe. Non, mais ça va !
Me fais pas ce regard.
Ludo, ça fait 4 mois que j'ai pas fait l'amour.
J'ai le droit d'avoir un peu...
Il y a quelque chose...
Y a rien, t'as aucune chance avec elle.
Ça pourrait être ta fille.
OK...
Je t'interdis d'y toucher, Richard.
Niet.
Tu m'interdis d'y toucher ?
Ouais. On couche pas pendant le service.
On va pas faire cocu un des clients.
Elle est venue avec Jonas.
M. la morale, mais tu vois pas comment elle me regarde.
Je la regarde à peine, je fais comme ça.
Je la regarde, je fais... Elle fait : "Ah."
N'importe quoi.
C'est pas moi. Je peux pas la repousser.
Une fille qui a envie... C'est bon, ouais.
-Quoi ? -Oui, oui, oui.
D'accord. OK.
Monsieur est en service. N'importe quoi.
Excuse-moi. Rick Hunter.
Chut, va te coucher.
On est en service...
Musique douce
...
Ludo !
Putain, Ludo !
...
Ça va dracher de l'autre côté, ça se couvre.
...
Il parlait, je comprenais un mot sur 10.
C'était un chasseur. J'aime pas les chausseurs, mais quel bon coup !
Il s'est collé contre moi et j'ai senti le truc.
La vache !
J'imagine.
-C'est pas là. -Ah bon ?
C'est après "bande dessinée".
Il s'est collé contre moi, j'ai senti le truc,
et il avait une belle bite, une bite de bande dessinée, et là...
-J'imagine. Pardon. -C'est pas grave.
-Désolée. -C'est pas grave.
Go !
Ça tourne. Je comprenais un mot...
-Action ! -Putain ! Dis pas action
quand j'ai commencé.
Ça va. Tout le monde est dedans ?
Je comprenais un mot sur 10.
J'aime pas les chasseurs, c'était un chasseur,
mais là, putain ! Mais quel bon coup !
Il s'est collé contre moi et j'ai senti le machin.
La vache !
J'imagine.
C'est pas là ? T'es conne ou quoi ?
C'est pas là, j'imagine.
C'est après "bande dessinée". On passe à la 2e partie du texte.
-Allez ! -Ça joue.
On continue avec la pluie ?
Oui, oui.
-C'est bon. -Il est toujours content
quand il baise. Il est toujours content.
Il maîtrise, mais à la fois,
il prend son pied.
-J'imagine. -Mais non, pas j'imagine !
Pas j'imagine, putain ! Je reprends. C'était...
Tu me laisses aller au bout de ce passage !
Je suis pas la bonne personne.
-C'est pas grave. D'accord. -Demande à Valentine.
Laisse tomber.
La pluie, le vent, la grêle, c'est Lost in la Mancha.
Tu entends les grêlons ?
-Ouais. -Pourquoi tu dis rien ?
Putain !
Ludo !
Dis à tes bourrins
de fermer leur gueule.
Je peux pas faire mes essais !
Ça va pas le faire !
Tu te calmes ! Lollobrigida, tu te calmes !
Tu parles bien aux chevaux
si tu veux qu'ils t'emmènent quelque part.
Mange !
J'ai pas faim ! Et tu nous avais pas promis
le soleil ? C'est de la brise.
Ta balade de merde ! J'en ai marre !
Elle m'emmerde, celle-là.
-Je rentre. -Y a du fromage et du pain.
Musique country
...
Je rentre !
Ludo crie de froid.
Oh, putain !
...
Valentine crie.
Viens, viens !
Viens, je te jure. C'est magnifique.
Viens, enlève tout. Allez !
Tu seras contente après.
Elle est bonne.
Allez ! Ça dérange qui ? Les arbres, les nuages ?
Allez ! Valentine rit.
Allez, Sophie !
Oui !
T'es belle !
Voilà, super, chérie !
Rires
-Allez, Jonas ! -Non, merci.
-Pose ton bouquin, viens. -Non.
Oh là là.
...
Tu veux pas te baigner ?
T'es sûr ? Ça va.
-Alors, Richard ? -J'ai besoin
d'avoir une piscine carrée, du bleu, des lignes.
Sinon, je me perds. Je nage en désordre, sinon.
C'est pas pour moi.
C'est de l'eau. T'as peur.
Pas du tout.
Il faut aussi quelqu'un pour s'occuper des chevaux.
Profite, parce que l'eau,
ça te va bien. La couleur de l'eau va avec la couleur de tes yeux.
C'est vrai.
Même, les arbres vont avec la couleur de tes cheveux.
-Allez, juste une. -OK.
Richard ?
C'est pas tous les jours qu'on est au paradis.
OK. Tom, s'il te plaît.
Tom, sur la photo de ton père.
Viens. Merci.
-Putain... -Ferme ta gueule.
Voilà. Fais pas chier. Tu retires ta capuche.
OK...
Et...
Ouistiti banana !
-QUOI ? -Ouistiti banana.
-D'accord. -Elle va être gai, cette photo.
Je compte sur vous. C'est parti. Et...
OUISTITI BANANA !
Richard ?
Richard ? Oui.
Tu fais quoi ?
Je le sens.
Je le sens.
Il y a un ours.
Fais pas cette gueule.
Tu as dit que si on se manifeste, il passera sa route.
Alors, je me manifeste.
Et je vais te dire un truc. Je veux donner mon corps à la science.
Il faut que je reste entier, OK ?
Tu devrais pas donner ton corps à la science.
C'est drôle ?
C'est pas marrant, te marre pas.
On est responsables
de ces gens et moi, j'ai d'autres trucs à vivre, OK ?
Quoi donc ?
Je vais te dire
un truc : on va faire des tours de garde et toutes les heures,
je tirerai. C'est comme les bergers.
Non ! Tire pas toutes les heures.
Ça éloigne la bête.
Vous faites quoi ?
Salut. Rien, en fait, on...
On discutait de l'itinéraire de demain, hein ?
Avec un fusil ?
Ça, c'est...
C'est de la protection, c'est pour chasser.
Au cas où on puisse bouffer un truc.
Tir
Il s'est passé quoi ?
-C'est quoi ? -C'est quoi, ce bordel ?
-Donne-moi ça. -Y a pas à s'inquiéter.
Le coup est parti tout seul.
Justement, c'est très inquiétant.
Chérie, ça va ? Oui, ça va.
N'importe quoi ! Allez, dodo !
Ils sont complètement fous.
Tu vois, tu...
Si tu me faisais confiance de temps en temps...
Un cheval hennit.
Il ronfle.
...
Oh, non, c'est pas vrai ! Putain !
Mais non ! Mais non, c'est pas vrai !
Oh, non ! Non ! Non !
Ludo, on nous a piqué les mules. Tu m'entends ?
-Quoi ? -On nous a volé les mules.
On nous les a piquées. La flotte, la bouffe tout. Putain !
-Putain, t'as entendu un truc ? -Mais rien !
Sinon, je te dirais pas ça, putain.
Oh, putain !
Il imite le braiment de l'âne.
...
...
Putain. Attends.
Y avait un mâle en rut. C'est un étalon, un truc comme ça !
Je te dis que les cordes ont été sectionnées.
On nous a tout piqué,
voilà.
Putain !
Tu sais ce qui se passe ?
Tu portes la poisse. Tu portes la poisse.
T'as peur des chevaux,
des ours, t'as peur de tout.
Sous le hippie de merde, y a un chat noir.
T'es un boulet, Richard.
C'est pas la 1re fois que tu fais tout ripper, mais c'est la dernière.
T'as foutu quoi ?
T'as foutu quoi ?
Y a quoi ?
Qu'est-ce qu'ils ont, encore ?
Ludo, pardon.
C'est ton métier, tu devrais savoir. Non, je sais pas.
Je sais pas. Le shit du Maroc, il passe par où ? Il passe par ici.
Ça veut dire qu'il y a des bandits, on n'est pas seuls.
C'est dingue, mais c'est comme ça. Des migrants aussi passent
pour aller en Europe du Nord.
Ça peut être un ermite, un putain de randonneur, j'en sais rien !
Tu sais pas ?
Vous êtes deux baltringues.
On va rentrer, tu vas nous rembourser.
-C'est bon. -Tu t'énerves.
Elle était chelou, la famille de beatniks, hier.
C'est vrai.
Écoute-la. Ouais. Mais hé...
C'est pas un ours ?
Non, c'est pas un ours.
Tu vois un ours prendre 2 mules pour faire un pique-nique ? Non !
Les cordes ont été sectionnées, Fred.
Il arrive avec ses ciseaux, tac tac.
Arrête. Je suis limite.
-Je sais. -Ne me pousse pas à bout...
Ça se trouve, c'est un signe.
C'est un appel de la nature.
Elle nous impose sa loi.
Comme au début de l'humanité, c'est vivre de chasse, de pêche...
De cueillette, quoi.
Hein ?
C'est ce qu'on voulait vivre.
Non ? Pas du tout.
Faut voir le verre à moitié plein.
Le verre à moitié plein sans eau, ça devient compliqué. D'accord ?
Agnès rit. Bien vu, pour une fois.
Ludo, j'ai pas signé pour Koh Lanta.
Les gratins de pâte vont pas te manquer. On mange trop
dans les pays riches. Demain,
on arrive au refuge. On se lave...
Attendez.
Y a pas à s'inquiéter, j'ai ramené des feuilles de coca.
J'avais pris ça pour le mal de l'altitude, mais en fait,
ça sert aussi de coupe-faim, donc, tu vois...
Hein ? C'est vrai.
Les feuilles de coca, c'est un coupe-faim.
Musique country
...
Il faut savoir que la feuille de coca est plein de bonnes choses.
Jonas ?
À partir d'une quantité, on atteint d'autres niveaux de conscience.
Comme c'est sec,
j'ai rajouté des champignons pour que ce soit plus souple en bouche.
Car la coca, c'est amer.
-Je veux un champi. -Bien sûr.
Mais la formule magique, c'est coca plus champi.
Prends-en un peu. Merci.
Tu ne mâches pas, laisse-la infuser. C'est important.
Prenez la première image de ce que vous voulez manger.
Oh, un poulet. Oh, un rôti. Oh, un sanglier.
Oh, des artichauts.
Alors, évidemment, on mâchonne, on prend du plaisir,
Peu à peu, ça descend dans la gorge.
C'est bon, quand même.
Et puis, peu à peu,
ça descend
dans l'estomac.
Quel bon repas !
Allez, on continue.
On déjeune, on est tranquilles.
Et je suis bien. Et vous êtes bien. Valentine, tu es bien ?
Tu manges quoi, Agnès ? Un steak de soja.
Mais c'est bon, ça !
Ludo pousse des cris d'animaux.
...
-Qu'est-ce qui se passe ? -Regarde pas.
-Quoi ? -C'est la coca et les champignons.
-Merde. -Richard.
...
...
Un animal crie.
Vous restez debout.
Ça fait si longtemps que vous êtes là.
Tellement de temps que vous êtes là.
Ça fait deux secondes qu'on est là, vous, ça fait...
Vous avez dû voir tellement de choses.
Belles, dures.
Vous restez droits comme ça, vous restez solides.
Vous restez debout.
J'aimerais tellement être forte comme vous, tellement.
J'aimerais tellement...
Tu peux me donner un petit peu de ta force ?
Ça racle.
C'est pas vraiment de la viande blanche...
C'est pas de la viande rouge, c'est comme du gibier.
Ça racle. C'est bourré de nerfs.
J'ai très faim, mais les marmottes...
Non, je peux pas.
-Y a du retour. -Ah ouais ?
Les collègues me disent
qu'il faut pas prendre les choses à cœur, mais ils sont marrants.
Je fais pas ce boulot pour m'en foutre.
Évidemment, je prends les choses à cœur.
Je me disais, avec une marinade, mais un truc...
Combien j'en ai,
des mômes qui ont pas de boulot, qui se sentent nuls, inutiles ?
Qu'est-ce que je peux faire ?
Combien j'en ai, des vieux qui crèvent la dalle ? Qui...
crèvent tout seuls ?
Des gens ont que nous. Ils ont...
Ils ont rien, mais rien de chez rien. Ils ont même...
rien à vivre.
La seule chose qu'ils ont dans leur vie, c'est...
une assistante sociale.
Et je veux pas y retourner.
Tiens, c'est pour toi.
C'est le cœur, le meilleur morceau.
Il est à peine cuit, c'est comme ça qu'il est bon.
C'est très gentil, merci beaucoup.
Merci beaucoup.
Mine de rien, on a la ressource, non ?
C'est dans l'adversité qu'on devient une famille.
Ça nous soude. Ça...
C'est pas faux.
On croque dans un aliment.
...
Jonas ?
On sait que c'est toi. Allez.
On a tous faim, c'est dur pour tout le monde.
Je...
Je mangerai pas de marmotte, je suis végétarien.
Depuis quand t'es végétarien ?
Depuis ce matin. J'ai pas eu le temps de te le dire.
Si tu sors pas, on va évoquer des sanctions disciplinaires.
Attrapons-le par les couilles et laissons les fourmis le bouffer.
-Non, mais Ali... -Ou alors...
On bouffe son cheval et il rentre à pied.
Non, non.
Personne sait ce qu'il aurait fait s'il avait eu une pomme.
Si, je l'aurais mangée.
-Jonas. -Sors, je vais te tuer !
-Arrête ! -Arrête, Ali !
Laisse-moi tranquille ! Lâche-moi !
-Arrêtez ! Arrête, Ali ! -Putain de merde, lâche-moi !
Brouhaha général
Musique douce
...
Allez, vous sentez ? Sentez le pouls
de la bête. La boue grasse.
Voilà, l'odeur de la fougère aussi.
Dans la troupe
Y a pas de jambe de bois
Attends-moi. Capuccino, tu m'attends !
Agnès chante.
Ludo, j'ai du mal, là.
Ludo ? Richard chante.
...
Ah ! Picorino !
...
Musique douce
...
Ludo ?
Me dis pas que tu sais pas où on est.
Non, je cherche un chemin plus court.
-Ah ouais ? -Un raccourci. J'hésite.
Euh, soit le Pic du Diable, qui est là,
soit le Mont Perdu. Vous préférez quoi ?
Pardon, Ludo ?
J'ai ma thèse à finir. Je suis dessus depuis 4 ans.
Je peux pas mourir maintenant,
donc je reste là, j'attends les secours, merci.
On peut pas être perdus ?
Tu te perds pas quand tu sais pas où tu vas.
Faut pas s'énerver, ça changera rien. OK ?
Et se perdre, c'est une façon de se trouver, non ?
Quelqu'un disait ça.
Tais-toi avec tes phrases à la con.
On est au milieu de nulle part sans bouffe avec deux boloss
qui savent pas où ils nous emmènent et tu trouves ça sympa ?
Sale baltringue, tu vaux pas mieux qu'eux.
Excuse-moi d'être comme je suis.
Moi non plus, j'ai pas rêvé d'avoir un fils comme toi.
Un truc mou qui fait la gueule toute la journée.
Un truc moche, triste.
Incapable de la moindre émotion ou gratitude.
C'est ça, mon fils. C'est à ça que tu ressembles.
Moi, je m'adapte, je fais des efforts.
Je reste du côté de la lumière, de l'espoir, de l'amour même.
Parfaitement. Je reste du côté de l'amour.
On sait jamais, on peut en ressortir grandi.
Un chien aboie.
...
-Vous restez là, on arrive. -Ça capte !
Ça capte, les gars !
Quatre barres, quatre barres !
C'est le plus beau jour de ma vie. Je vais envoyer mes vidéos.
Fais pas ça, on galère depuis 48 h. Sans bouffer, ils vont devenir fous.
Je sais pas ce qui s'est passé.
Vous êtes pas au tableau. Y a une couille dans le potage.
Chérie.
Tu sais ce qui s'est passé ?
Vous avez confirmé, annulé, confirmé, annulé 3 fois.
Et jamais reconfirmé. J'ai eu qui ?
C'est moi.
Vous étiez pas assez pour la chevauchée.
C'est pas de notre faute.
-J'avais rappelé. -Je peux vous donner du pain.
Je suis full, je peux pas faire plus.
Ça vous va ? C'est parti.
Quoi ?
C'est de ma faute, peut-être ?
-Il est pas frais, mais bon. -Regarde ça.
Parle pas comme ça, je comprends pas.
J'avais rappelé, Ludo.
-Banquet ? -Euh...
Vas-y. Alors...
On passe à table ?
-Non, justement. -Non.
Apparemment, ce n'est pas le bon jour pour manger.
-Quoi ? -Hein, Richard ?
Oui, ils sont complets.
C'est pas le bon jour pour dormir...
Non, il fait une blague.
Pardon, on reçoit plus quand c'est de l'humour.
Mais nous apprécions. Désolé, c'est pas une blague.
C'est une plaisanterie ?
Si je peux me permettre, c'est pas de ma faute.
C'est de la faute de Jonas. Hein ?
Non, non, mais je le dis...
Je le dis sans animosité,
je le dis dans un souci de transparence,
Jonas, il a annulé, confirmé,
annulé, confirmé... J'ai prévenu.
Annulé, confirmé,
3 fois. Ça a foutu le bordel dans l'orga.
Et la dame du refuge, elle est restée sur "annulé".
Écoute, je ne bouge pas d'ici
tant que j'ai pas mangé, dormi
bu et posté mes putains de vidéos. OK ?
Je ne crois pas ce que j'entends ! Je n'y crois pas !
C'est vrai qu'on a la dalle.
-Hé, mais ça va. -J'en peux plus...
Mais Valentine...
Y a des solutions. On peut bivouaquer aux roches de l'Isard.
C'est tout là-bas. Bivouaquer ?
Je m'en fous des roches, je bivouaque nulle part.
Ma famille n'a rien mangé.
Elle va manger à sa faim ce soir. OK ?
Doucement.
-Oh, putain. -Viens, Jonas.
Putain, regarde la bouffe qu'il y a. Viens !
-Quoi ? -Prends des patates.
On va se régaler, je te le dis.
On va se régaler.
Qu'est-ce que tu fous ? Pardon.
Putain !
-Tu veux ? -Non.
Y a même de l'alcool.
Hé, j'ai l'impression de faire mes courses.
-Putain, hé ! -C'est quoi ?
Du ragout.
Je le prends.
Ouais.
Prends-en.
Quelque chose tombe.
Oh, mes vidéos sont passées !
Arrête, arrête !
-C'est qui ? -C'est Jonas.
Jonas ? Viens ! Il est où ?
Là.
Il est où, Kévin ?
Il est où, Kévin ? J'ai déconné.
Putain, putain !
-Il fait quoi ? -Il va s'en sortir, c'est un bandit.
Tir C'est quoi, ce bordel ?
Ça part en couille !
Restez civilisés.
Brouhaha
... Y a du fromage.
C'est Kévin !
Kévin !
-Ça va ? -Comment ça va ?
Tu nous as fait peur. Il s'est passé quoi ?
Je me suis séparé du gros et j'ai tiré sur le chien.
-Tu t'es séparé du gros ? -On s'est battus,
je l'ai étranglé. C'est tout, je crois.
Il saigne ?
T'as tiré sur Pedro ?
Non, sur le chien.
OK. On se tire.
Ils vont appeler les flics. On bivouaquera sur la rivière.
-Non, on finit de manger ! -Ça fait 2 h qu'on attend !
-Il faut soigner Kévin. -Ils vont appeler les flics.
-Écoutez Ludo. -On descend la forêt,
on remonte la vallée, on bivouaquera près de la rivière.
On se tire, on n'a pas le temps.
-Quelqu'un a pris le filet ? -Je l'ai.
Léa, qu'est-ce que tu fais ?
J'arrive, j'arrive !
-Dépêche-toi. -Je suis là.
-Prends le fromage. -J'ai le fromage !
Sophie gémit.
Oh là là.
Les amis, il faut...
Euh...
Il faut admettre que c'est un peu...
C'est moins facile que ce que je pensais.
C'est plus difficile que prévu.
Avec Richard,
on voulait vous présenter nos excuses.
On est sincèrement désolés.
Je pensais pas que ça se passerait comme ça.
Ah ouais ?
C'est marrant, je m'attendais pas à beaucoup mieux.
Alors, on a merdé, c'est vrai.
Mais ce qu'on va faire...
Comme convenu, on va faire un crochet par l'Espagne,
mais on va passer par un chemin beaucoup moins difficile,
beaucoup plus direct.
Parce qu'on doit s'économiser un peu. Faut prendre soin de vous.
Ouais, il faut.
Alors, on ravitaillera sur le chemin,
et surtout, on va s'arrêter dans une auberge chez Angela,
une des meilleures de la région.
Vous pourrez manger tout ce que vous voulez.
Et avec Richard, on voulait vous le dire...
Tu le dis ? Dis-le, toi.
Ben, l'auberge, c'est pour nous.
C'est un geste commercial, en quelque sorte.
Ils jouent à quoi ?
On est censés être contents, là ?
Légers rugissements
...
Ma chérie,
viens, recule doucement.
Viens.
Vous faites demi-tour, d'accord ?
Vous rejoignez les chevaux.
Vous le gardez en visu, OK ?
Ça va, mon pote ?
Tu t'es perdu ?
Tu te balades...
à la fraîche.
T'es venu te faire un poisson dans la rivière.
On s'en va !
On va te laisser petit-déjeuner tranquille. Ouais, je sais.
On te laisse tranquille.
Frotte-toi comme ça.
Ouais, ça gratte. Ça gratte bien, là.
On s'en va, on te laisse. On y va. Allez, hop, hop, hop !
Bon app'.
Voilà.
Allez.
On baisse la tête en signe de respect devant l'animal.
On y va !
...
Allez-y !
Allez, allez !
Musique dramatique
...
Ludo rit.
Putain, on a vu un ours !
On a vu un ours !
Ils crient de joie.
...
-Branche ! -Branche !
Tom !
Branche !
Tom crie.
Tom !
Tom !
Tom, ça va ?
Bouge pas ! Il a tapé la branche ?
Putain !
Où t'as mal ?
Putain !
-Arrête de t'énerver. -Je m'énerve pas !
Où t'as mal ? À la tête ?
Laisse-moi regarder.
Bouge pas, bouge pas. Tom se plaint.
Où t'as mal ? Dans le bras ?
-Au bras. -OK ! Le poignet, le coude, où ?
Je sais pas encore.
On attend. Fred pleure.
Bien sûr
que je te rappelle.
À tout à l'heure.
Non, mais...
Fred !
Ça va aller !
Tu sais qu'il va s'en sortir, c'est sûr.
Ça va, là ? Ouais.
OK.
La porte s'ouvre.
Ça va, fiston ?
Ouais.
-Comment ça va ? -Ça va.
Ça va, le premier diagnostic est plutôt favorable.
Il aurait pu perdre un œil, donc...
Son bras, il va vite
s'en remettre, il est jeune, il cicatrise vite, donc voilà.
Je le garde un peu en observation.
Bon. Je vous laisse en famille.
Pardon. Pardon, excusez-moi.
Putain, tu nous as fait flipper !
Pardon, papa.
T'as eu raison de m'emmener.
Et puis, en plus, on a vu un ours.
J'étais content d'être avec toi.
Moi aussi.
Je t'aime, mon fils.
C'est claqué !
Va falloir qu'on paie l'hosto, le restaurant, l'hôtel, putain.
C'est claqué ! Il a raison, le gamin.
On est pas faits pour ça, on est pas faits pour réussir !
On est des losers. On est des baltringues.
Voilà ce qu'on est !
Attends, j'ai pas compris. Quoi qui est pas pour nous ?
Mais ça, je sais pas. Faire quelque chose de notre vie.
Tout ce qu'on fait, ça part en couille, tu vois pas ?
C'est Pôle Emploi qui nous attend.
Suzy va faire chier pour Marguerite.
Elle va récupérer la garde. C'est ça, le programme !
Ludo !
Arrête de faire ta Cosette.
Je fais pas la Cosette !
À part les embrouilles, finalement, c'était vachement bien,
C'était bien ce qu'on a fait.
Putain, regarde, Tom, il est pas mort.
Sophie, elle va mieux.
L'ours gambade dans la montagne. Y a le bémol du chien.
So what?
T'as tout donné.
Les gens le savent. Tu crois qu'ils vont nous assassiner ?
-Arrête tes conneries. -Ouais, ouais.
Tu sais quoi ? Je vais leur faire une soirée d'adieu.
Une grande soirée avec des tours
de magie. Ouais, ils vont s'en souvenir.
Oui, tu peux... Bien sûr, tu peux te marrer.
T'es un bon gars.
Les bons gars ont de l'avenir. Sinon, t'imagines l'injustice ?
Je t'ai jamais dit que ça serait facile.
Personne a jamais dit que ça serait facile.
D'accord ? Alors...
La journaliste parle en espagnol.
Quel effet ça fait
et qu'avez-vous ressenti lors de cette rencontre ?
L'idée, Kévin,
c'est de sortir le grand jeu. D'accord ?
Faut que je trouve un truc...
Un truc qui plaise,
un truc qui soit coloré, un truc qui...
Je sais pas, qui chaloupe !
On peut pas se rater, c'est la soirée d'adieu.
Abracadabra...
Abracadabra...
Abracadabra,
abracadabra,
bracadabra,
"por Mexico"
mariachis !
Musique mexicaine
...
C'est dingue !
...
C'est bien, ça, c'est bien.
...
C'était très bien.
Non ? Non, non.
Je tente autre chose.
Abracadabra,
bracadabra,
"socates y maracana"
samba !
Musique samba
...
-Ça, c'est bien. -C'est bien, ça.
C'est vraiment toi qui fais tout ça ?
...
Pourquoi tu dis ça ? T'as eu quelqu'un ?
T'as eu des retours ?
Mais pourquoi tu dis que t'y crois pas trop ?
D'accord.
Je suis pas en haut de la liste. C'est agréable à entendre,
c'est sympa.
T'y crois pas trop, du coup. Ouais.
Mais tu sais que c'est ton métier ?
De croire un peu en moi.
Un tout petit peu.
Essaie, en tout cas.
Ou fais semblant, je sais pas.
Ouais.
Bien sûr, je comprends.
Je t'entends plus du tout, Xavier.
Je t'entends plus.
C'est pas grave, de toute façon. Allez, bisous, salut.
J'irais bien travailler à la crèche à côté de la maison.
Avec mes diplômes, je peux trouver une équivalence facilement.
M'occuper de jeunes enfants, j'aimerais bien.
En tout cas, retourner au bureau maintenant là...
je préfère encore manger des feuilles de coca toute la journée.
...
*-Quel effet ça fait et qu'avez-vous ressenti
lors de cette rencontre ?
*-Rencontrer un ours, c'est pas tous les jours !
C'est...
C'est un truc qui a à voir avec la vie.
Mais c'est pas de la peur, c'est autre chose.
Et ça renvoie
à ce qu'on est, d'où on vient, où on vit.
Et...
J'ai jamais fait de rencontre comme ça, en tout cas.
*-Et comment vous vous en êtes sortis ?
*-Ça, c'est grâce à Ludo et Richard.
Trappeurs 3000. Ils...
Les guides ont vraiment assuré, ils ont fait leur boulot.
Ils connaissent le terrain, ils sont juste géniaux.
Et leur passé d'ambulancier était plus que précieux sur ce coup-là
et ils ont sauvé mon fils.
*-Les mecs, ils sont supers !
Ils pensent à tout le monde, ils s'occupent de tout le monde.
Je sais pas, c'est l'aventure. Qu'est-ce qu'on...
On a pêché, on a chassé, on a mangé des raviolis en boîte.
C'était vraiment...
C'est roots, mais c'est très fort. C'est très fort.
En plus, ils s'occupent de jeunes en difficulté.
*-On observait cette masse. Le son, c'est-à-dire ce...
Cette espèce de "grrr", mais qui est...
C'est très effrayant.
C'est une sorte de respiration
qui est vraiment sur le coffre.
On est là, on l'observe, il est là, il est près.
Ce souffle ! Je peux pas le faire, parce que c'est 500 kg.
Il gémit.
Il inspire, expire, il nous regarde. On prend peur, on se dit : "Merde !"
"Merde, il est là." Et après, on pense groupe.
On pense survie. *-On a pas le temps d'avoir peur.
*-Non, non. Le groupe, sauver les enfants,
je me sacrifie, l'ours me mange, les autres s'enfuient.
Dieu merci, tout est rentré dans l'ordre.
Je dis ça, car j'ai une gamine, elle me rend dingue...
-C'est qui, ça ? -Papa.
C'est papa. *-Non, je pense à ma gosse.
C'est l'animal qui est là, qui respire, qui souffle...
Musique festive
...
À l'amour ! À l'amour !
...
Maman, du gruyère dans tes pâtes ?
Tu sais bien.
Vous décidez. Une tente, c'est une tente, ça se monte.
L'idée, c'est de se laisser aller. De déconnecter, exactement.
Alors, y a un grand chef indien qui disait...
"C'est durant ce voyage
"que tu découvriras qui tu es."
Je peux pas vous promettre qu'on croisera un ours.
Ce serait déprimant si c'était le cas.
Ah !
Alors, si vous cherchez l'aventure,
la majesté des paysages, le silence, le canasson,
sentir la bête, vous êtes bien tombés. Attendez.
Ouh là, celle-là !
Ah, Gigi !
Celle-là !
Aïe, aïe, aïe !
Vas-y.
Ça va ?
Oui.
*-Vous m'entendez ? Oui, pardon.
Tu restes un peu ?
Richard a fait des pâtes.
Tu sens pas ? Ça sent bon.
Après, je te ramène.
Ou pas.
Oui ?
Cette fois, je vais faire disparaître ce pouce. Celui-là.
Regardez bien. Maman.
Marguerite. Vous voyez ce pouce ? Je le prends, hop !
Regardez bien.
Attention, je vais le lancer, on se concentre. Hop !
Et... hop !
Alors ?
-Je décroche. -Ouais ?
J'entends du français avec un accent bizarre.
Un mec qui s'appelle Hans.
C'est allemand.
Allemand. Il me dit : "Je suis de Stuttgart..." C'est allemand.
Attention, il reste le clou du spectacle.
Là, maman, si t'es trop sensible,
retourne-toi parce que...
Marguerite, tu peux supporter ça, mais maman, je sais pas.
-Il t'appelait pour la chevauchée. -Pour ?
-La chevauchée. -Ouais.
Mais c'est...
C'est de la folie.
Mais c'est grave !
Bon Dieu ! Je vous laisse constater par vous-mêmes.
Trappeurs 3000 international. Il a pas articulé.
Démerde-toi pour comprendre.
Il me dit ça, je lui dis : "Bien sûr."
Sa maman rit.
Et voilà !
Voilà !
Bravo, bravo !
Merci.
On a 12 chevaux.
-C'est trop bien. -Trappeurs 3000 international !
Musique calme
...
J'ai eu peur aussi.
...
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