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1 En matière de justice criminelle,
le peuple est représenté par deux entités distinctes mais d'importance égale :
la police, qui enquête sur le crime
et le procureur général, qui poursuit les criminels.
Voilà leurs histoires.
J'espère que j'ai bien fait.
Je ne veux créer d'ennuis à personne.
Vous avez frappé à leur porte ?
J'ai tapé du pied par terre, mais ils se fichent de l'heure qu'il est.
Vous voyez ? Deux heures que ça dure, juste sous ma chambre à coucher
Frappez plus fort. Ils sont âgés.
M. et Mme Steinmetz ? Police !
Ils se sont endormis devant la télé.
J'ai besoin de dormir. Demain matin on m'opère les dents.
M. Steinmetz ?
Personne peut te voir ici.
T'es sûr ?
- Bien sûr. - Restez là.
Alors pourquoi tu as fait ça ?
- Je t'ai pas amené jusqu'ici pour rien. - Je ne comprends pas.
Je ne vois pas pourquoi tu voulais qu'on l'amène...
- Joey, par ici. - ... jusqu'en ville.
Je ne pouvais pas aller jusqu'au motel.
Donc, c'est à minuit que M. Steinmetz est sorti ?
Il m'a ouvert la porte en bas. Il sort toujours faire un tour.
Ursula dit que c'est à cause de la guerre. Il est insomniaque.
Ce sont tous les deux des rescapés de l'Holocauste.
Mis à part la télévision, vous avez entendu d'autres bruits ?
Des cris, ou des signes de dispute ?
Non. J'ai pris un bain et je suis allée au lit.
Ils regardent chaque soir la télévision, mais jamais plus d'une heure.
Merci, Mme Franzel. Nous vous rappellerons si nécessaire.
Mourir toute seule, c'est une tragédie.
18 $ dans le portefeuille, la bague sur la commode,
personne n'a touché à l'argenterie.
Une vieille dame sclérosée. Morte depuis trois ou quatre heures.
Voilà sans doute une des causes.
Des somnifères pour deux mois, la moitié manque.
Dalmane, 30 mg, prescrits à David Steinmetz.
Il y a quatre jours.
Trop vieux pour vivre.
Mais trop peureux pour mourir.
Les somnifères sont censés faire ça au visage ?
Si vous tombez et vous cassez le nez.
Laissez-moi la voir.
Ursula.
- David Steinmetz ? - Oui.
Nous pouvons parler un moment ?
Je dois appeler Mara, ma fille, pour lui dire que j'ai fait ça.
Mon Ursula, je l'ai tuée.
J'ai tué la femme que j'aime.
Elle avait 70 ans. Elle ne pouvait pas marcher.
Elle devenait aveugle. Elle ne pouvait presque plus travailler au magasin.
Elle était fatiguée d'être une vieille femme.
Elle avait ses petits-enfants, et vous.
Que dire ?
C'est elle qui devait vivre dans ce corps, pas moi.
Ursula souffrait tout le temps.
Elle m'a supplié de l'aider.
Vous avez fait l'ordonnance ?
Oui. Je lui ai apporté le verre d'eau, je l'ai aidée à prendre les pilules.
Quelle heure était-il ?
Je ne me souviens pas. Tard.
Elle s'est endormie.
Je ne pouvais pas la regarder mourir Je suis sorti.
Ma fille, Mara. Je dois lui parler.
Nous l'appellerons dès que nous aurons fini.
M. Steinmetz, votre femme a-t-elle parlé de cela à quelqu'un d'autre ?
Non, c'était entre Ursula et moi.
Elle a laissé quelque chose ? Une lettre, peut-être ?
Nous ne pensions pas...
Il n'y en a plus pour longtemps, monsieur.
- Il n'a pas appuyé sur la gâchette. - Mais il a tenu l'arme.
2e degré, suicide assisté.
Tu veux vraiment faire ça ? Ce type a 70 ans.
Il ne l'a pas tuée pour toucher l'assurance.
Qui sait ? Sans un mot d'elle, nous n'avons que sa parole.
- Nous allons parler à la fille. - En attendant, nous l'inculpons.
APPARTEMENT DE MARA FEDER
60 OUEST 81E RUE MERCREDI 2 DÉCEMBRE
Elle était peut-être un peu déprimée ces derniers temps,
mais physiquement, elle n'avait pas vraiment changé
ces deux dernières années.
Votre père dit que sont état empirait.
J'ignorais la gravité de la situation.
Elle n'avait pas envoyé de signaux ? Rien qui puisse passer pour un adieu ?
Elle se réjouissait d'aller à la bar-mitsvah de Jared.
Après 12 ans d'assistance sociale, on pourrait croire que je suis capable
d'interpréter les signaux.
Et votre père ?
Papa est un roc.
Ça a dû le détruire, mais il n'a rien laissé paraître.
Il savait ce qu'elle éprouvait,
après tout ce qu'elle avait vécu.
Les camps.
Quand j'étais petite,
ma mère se réveillait en criant chaque nuit.
Je croyais que tous les parents avaient un tatouage sur le bras.
- Merci. - On a parlé au médecin,
Steinmetz est insomniaque.
Ça fait 10 ans qu'il lui donne du Dalmane.
Deux mois à la fois ?
Ce type n'est pas né de la veille. Il connaît son boulot.
Ou il évitait à un bon patient des trajets à la pharmacie.
On lui fera tout au plus une remontrance.
Il ne nous reste que la version de Steinmetz.
Quoi, il écrit avec une gomme ?
D'après la fille,
elle se réjouissait d'aller à la bar-mitsvah du gamin.
C'est une chose importante.
Certains viendraient en bus depuis Chicago.
Moi, j'envoie juste un chèque.
Lennie, je parie qu'elle aurait voulu y assister.
Elle était peut-être lasse d'être invalide.
Ou bien il s'est lassé de vivre avec une invalide.
Si ma mère tombait malade, mon vieux craquerait.
D'accord. Il l'a tuée. Comment lui a-t-il fait avaler les médocs ?
Il ne lui a pas fait croire que c'était des bonbons.
Vous cassez pas la tête. Suicide assisté. Je vais en parler à Ben.
Lis le dossier, Ben. Ça t'éclairera un peu.
Il a confessé le meurtre.
Un contrat, c'est un meurtre. Un bébé dans une poubelle, c'est un meurtre.
Ceci sera un acte d'amour, pour le jury.
Un délit mineur. Pas question,
on se retrouvera avec plein de cas de suicides assistés au calibre 38.
Et c'est toi qui convaincra le jury du contraire.
Ce n'est pas moi qui ai écrit les lois.
La pitié comporte plus de nuances que la cour ne peut en percevoir.
Steinmetz ne compte pas non plus sur notre pitié.
Il a pris Gary Lowenthal.
Obtenez un accord avec ce pauvre diable.
Vous voulez mettre un homme de 70 ans en prison ?
Qu'y a-t-il, Ben, tu en veux à la figure paternelle ?
Je m'en tiens aux lois de l'État de New York, Gary.
M. Stone, j'ai déjà perdu ma mère, je ne veux pas perdre mon père.
N'y a-t-il pas un moyen de contourner ces lois ?
Je ne peux pas contourner une confession.
Je peux t'y aider.
Je vais supprimer la confession. Mon client n'a pas eu droit à un conseil.
Il voulait voir sa fille.
La police le lui a refusé avant qu'il ne dépose.
- Elle est avocate ? - Elle est assistante sociale.
J'ai déjà été trop tolérant sur ce cas.
Mme Steinmetz, peu importe son âge ou son état,
était en droit d'attendre de l'aide de son mari, et non qu'il lui écourte la vie.
C'est votre opinion. Je m'en tiendrai à celle du juge.
BUREAU DU JUGE REBECCA STEIN JEUDI 10 DÉCEMBRE
Fare contre Michael C, une cour californienne a dit
que faire appel à un agent de probation équivaut à demander un avocat.
Et la Cour Suprême a annulé.
Ce que Rehnquist annule, l'État peut le rendre à un prévenu.
Même si nous devions donner aux travailleurs sociaux
le même statut que nous donnons aux avocats ou aux responsables,
M. Steinmetz avait un rapport personnel, et non professionnel, avec sa fille.
Nous pouvons démontrer que Mme Feder a aidé son père à demander l'aide sociale,
l'assistance médicale, et qu'elle lui a rendu d'autres services d'ordre professionnel.
M. Steinmetz a demandé sa fille par son prénom.
On ne peut pas s'attendre à ce que la police connaisse son statut professionnel.
M. Steinmetz, avez-vous dit à la police pourquoi vous vouliez voir votre fille ?
Oui. Je leur ai dit qu'elle était assistante sociale et qu'elle m'aiderait.
Désolé, Ben.
Le droit de M. Steinmetz à être conseillé, tel qu'il le comprend, a été ignoré.
La police aurait dû être plus prudente.
Vous avez un problème, prenez-vous-en à eux.
Quel est le problème ? Cinq flics l'ont entendu dire qu'il l'a tuée.
C'était prononcé dans un moment de confusion.
Lowenthal ne sera pas long à lui suggérer
qu'il voulait juste dire qu'il avait poussé sa femme au suicide.
- Et le rapport médical ? - On attend les résultats.
- Je m'appuierai sur eux. - Ben...
Paul, il s'est déjà parjuré une fois.
Avant de le libérer, j'aimerais bien savoir combien d'autres mensonges il a dit.
Dr Ellingworth, détective Carr...
Ce ne sont que les résultats préliminaires.
Pour les définitifs, repassez dans un mois.
Allons, Rodgers. On a le procureur aux fesses.
D'accord. Mais mon patron n'a pas encore signé ce document.
Voilà. "Steinmetz, Ursula".
Surdose de médicaments, benzodiazépine. 900 mg dans son estomac.
C'est suffisant pour la tuer ?
Oui, sans compter ce qu'elle avait déjà pris.
Insuffisance respiratoire, 900 pourraient suffire.
- Attendez. Quelqu'un s'est planté ici. - Comment ça ?
Laissez-moi vérifier ces chiffres au labo.
Attendez. On n'a pas le temps. Dites-nous maintenant. Qu'y a-t-il ?
D'après le labo, le taux de Dalmane trouvé dans son foie
indique un niveau d'absorption trop bas pour une insuffisance respiratoire.
Elle était vieille et sclérosée.
En a-t-elle absorbé assez pour avoir une crise cardiaque ?
Non, d'après ça, elle n'a pas ingéré assez de pilules pour mourir
Donc, si elle a cessé de respirer, c'est peut-être parce qu'on l'a étouffée.
Oui, celui qui lui a aussi cassé le nez.
Ce ne sont probablement pas les seules traces qu'il a laissées. Merci.
Cette nuit-là, ils ont eu une grosse dispute dans le couloir,
- juste avant qu'il aille se promener. - À quelle heure ?
22 h 30. La porte s'est refermée et il est parti.
Vous êtes sûre de l'heure ?
Je me préparais à partir au travail. De 23 h à 8 h, à la société des téléphones.
"Standardiste 842. Quelle ville, s'il vous plaît ?"
- Lennie. - Merci.
Elle dit que Steinmetz est parti à 22 h 30, l'autre dit à minuit.
Il est revenu, et je crois savoir pourquoi.
- Oui ? - Regarde ça.
J'ouvre la porte, j'allume et je trouve ça.
C'est le coussin du fauteuil. Du sang, et il est frais.
Je parie 10 $ qu'il est de Mme Steinmetz.
Qu'il l'ait forcée ou pas à prendre ces pilules,
il revient en la croyant morte.
Elle ne l'est pas. Il finit avec le coussin.
Et lui explose le nez en même temps.
Il fait son petit tour en ville et en plus on devrait être désolés pour lui.
Si c'était son idée à elle de s'empoisonner, pourquoi l'achever avec un coussin ?
Il ne pouvait pas attendre l'effet des cachets ?
Tu sais combien il faut en prendre pour mourir ?
Moi pas, et je parie que Steinmetz non plus.
Alors pourquoi n'a-t-il rien dit du coussin ?
- Il savait ce qu'on penserait. - Oui, qu'il voulait la tuer.
Quant à moi, si je trouvais ma femme par terre,
je ferais tout mon possible pour la sauver et au diable le suicide.
Tout ce qu'on peut dire,
c'est qu'il n'avait pas le droit d'étouffer sa femme.
En plus, les voisins les ont entendus se disputer.
Vous passez la journée ensemble,
même en s'appelant Joseph et Marie, vous finissez par craquer.
- Attends un peu. Ils bossent ensemble ? - Steinmetz est tailleur sur la 30e.
Ils sont trop vieux pour se disputer sur le sexe. Ça nous laisse quoi ? L'argent ?
On vous traite mal dans ce milieu. Pas M. Steinmetz.
Il respecte ses employés.
Comment ça ?
Ce type a été là-bas, vous me suivez ?
En Pologne, il a été prisonnier des Nazis.
Ils l'ont fait travailler dans un ghetto,
à Lodz. Il leur faisait des uniformes.
Il y a des gens en maladie aujourd'hui ?
Oui, ils ont attrapé la "récessionnite".
Les temps sont durs. Ça met le couple en crise.
Non, pas eux. Ils ont vu pire.
J'ai passé huit ans ici,
et ils ne se sont énervés qu'une fois, à cause d'un article.
- Quoi, sur la politique ? - Oui, la politique polonaise.
Chaque semaine, j'allais sur la 34e Rue,
lui acheter son journal polonais.
Il y a trois semaines environ, il y a eu une grosse dispute
- au sujet d'un article. - Comment s'appelle ce journal ?
Novejeneik.
BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE JOURNAUX ÉTRANGERS
MARDI 15 DÉCEMBRE
"La Ville de Varsovie annonce les Prix Artistiques."
Quoi d'autre ?
"Le Tribunal National Condamne Un Criminel de Guerre Nazi."
Attendez. Lisez-nous le chapeau.
"Horst Hilsman, officier allemand à Chelmno, condamné à mort.
"D'autres criminels de guerre jugés par contumace.
"Jacub Skulman, policier juif dans le ghetto de Lodz durant la guerre.
"Peter Angermeier, sergent à Birkenau..."
Attendez.
Le ghetto de Lodz. Steinmetz était de Lodz, n'est-ce pas ?
Il connaissait peut-être Skulman.
Et alors ? Sa femme n'aimait pas ses amis ? Il l'aurait tuée pour ça ?
Je pensais que M. Stone avait mieux à faire que de traquer un vieil homme triste.
On fait ce qu'il nous demande. Ne nous compliquez pas la tâche, madame.
Ils se disputaient, certes, sur la guerre, sur l'Holocauste.
C'était le moment-clé de leurs vies.
Ont-ils jamais parlé des personnes connues au ghetto de Lodz ?
Ma mère vient de Varsovie.
Mon père, de Lodz, mais il n'en parlait que rarement avec moi.
Il avait assez de cauchemars lui-même et ne voulait pas m'en faire faire.
Votre mère a-t-elle jamais mentionné le nom de Jacub Skulman ?
Non. Qui est-ce ?
Il est recherché pour crimes de guerre en Pologne.
Non, elle n'a jamais prononcé ce nom.
Ma mère était très secouée...
Elle n'arrivait pas à refouler ses souvenirs, comme mon père.
Je l'avais envoyée chez un thérapeute il y a trois ans,
un rabbin qui travaillait avec les rescapés.
Elle voyait un thérapeute et personne ne nous l'a dit ?
Ça faisait quatre mois qu'elle n'y allait plus.
Elle ne voulait pas me dire pourquoi.
J'aimerais vous aider,
mais je ne peux pas dévoiler ce que m'a dit Mme Steinmetz.
Je dois tenir compte des sentiments de sa famille.
Qui voulez-vous protéger ? Son mari ?
Essayons une autre approche, monsieur le rabbin.
La raison pour laquelle Mme Steinmetz a cessé de venir
a-t-elle un rapport avec son suicide ?
Je ne peux pas parler de ce qu'elle m'a dit,
mais les séances de groupe peuvent réveiller des souvenirs difficiles.
Un nom ? Jacub Skulman ?
Skulman. Oui.
Le groupe a longtemps discuté à son sujet.
Était-ce avant ou après que Mme Steinmetz arrête de venir ?
Avant.
Une de mes clientes, Mme Liebman, connaissait Skulman, apparemment.
J'ai l'impression qu'on chasse un fantôme.
Ce Skulman est probablement mort.
Le rabbin ne nous a sûrement pas fait une fleur.
Il a dit que le nom de Skulman avait fait fuir Mme Steinmetz.
Et alors ? Nous cherchons quelque chose qui s'est passé il y a 50 ans.
Qu'importe, c'est de l'histoire ancienne.
Mon vieux était G.I. pendant la guerre. Premier régiment à entrer à Buchenwald.
Il n'a jamais oublié ce qu'il a ressenti en voyant ces gens.
Il n'était pas croyant, mais il m'a dit que depuis,
il croyait au diable. Ça ne lui est jamais passé.
J'ai connu Jacob Skulman à Lodz,
lorsque j'étais petite.
Il était apprenti tailleur avant de rejoindre l'Ordnungsdienst.
La police du ghetto.
Les Allemands formèrent un gouvernement juif.
Des marionnettes pour diriger le ghetto.
Si les Juifs faisaient la police, ils travailleraient peut-être mieux.
Ils pensaient peut-être être épargnés.
Croire cela ne fait pas de vous un criminel de guerre.
Bien sûr, nous y croyions. Tout était bon pour que ça cesse.
Mais Skulman a dépassé les bornes.
Skulman.
Dans l'atelier où nous faisions les uniformes SS,
Skulman était une brute.
Il nous battait lorsque nous n'atteignions pas le quota.
Qu'est-il arrivé à Skulman ?
Lorsque les Allemands ont vidé le ghetto en 1944,
lui, tout puissant qu'il était,
a fini comme les autres dans un train pour Auschwitz.
Ursula Steinmetz, vous connaissez ? Elle était dans le groupe du rabbin.
Oui, elle aussi m'a posé des questions sur Skulman, sa famille.
Elle pensait qu'elle le connaissait.
Je lui ai dit ce dont je me souvenais.
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Skulman est un mystère, la plupart de ses données sont en Pologne.
C'est un fait historique, en un sens.
La Pologne n'avait jamais poursuivi un Juif pour crime de guerre.
Je ne comprends pas pourquoi un type comme lui s'est mis avec les Nazis.
Pour couper sa propre gorge ? Ce n'est pas le seul qui ait été déçu.
Les anciens du ghetto pensaient
que si les Juifs démontraient leur valeur économique au Reich,
on les épargnerait.
Chaque uniforme fabriqué, c'était un jour de répit.
Est-on sûr que Skulman est sorti vivant d'Auschwitz ?
Le gouvernement polonais a des témoins oculaires.
Les facultés qui lui ont permis de survivre à Lodz,
l'ont fait sortir d'Auschwitz.
Il doit être vieux maintenant.
Il est né en 1922, il a donc 70 ans.
- Il y a une photo dans les archives. - Montrez.
Même âge, même travail, même camp.
Désolé pour la qualité. Jacub Skulman, en 1942.
La somme des coïncidences devient une probabilité.
C'est ce qui a fait peur à sa femme.
Le comble du mal. Il convainc les esclaves de gérer la plantation.
Bravo au génie allemand.
Si Steinmetz est Skulman et que sa femme l'a découvert,
il aura voulu la faire taire.
En la tuant ? Ce type ? Je ne sais pas.
Les criminels de guerre s'échappent.
Ils n'ont pas de numéro tatoué sur leur avant-bras.
Arrêtez-le.
Autoroute 128, 16...
Jusqu'où peut se promener un vieillard de 70 ans ?
1290, Sixième Avenue. 1290 Sixième...
Le voilà, on dirait.
Arrête-toi.
- M. Steinmetz. - Oui ?
David Steinmetz, je vous arrête pour le meurtre de Ursula Steinmetz.
Vous pouvez garder le silence.
Tout ce que vous direz pourra être utilisé contre vous.
Le 2e degré n'est pas possible, alors vous tentez le meurtre au 1er.
Votre client a pris le risque de refuser le 2e degré.
Maintenant, il est accusé de meurtre.
Ma mère s'est suicidée, M. Stone.
Je n'en suis ni fière, ni heureuse, mais je respecte sa mémoire.
Elle voulait seulement la paix.
Elle vous l'a dit ?
Mon père me l'a dit.
Vous a-t-il aussi dit qu'il l'avait étouffée avec un coussin ?
Vous n'imaginez pas. Mon père...
Les voisins vont payer sa caution.
Ils ont aidé à s'attacher les services de M. Lowenthal.
Les gens qui le connaissent le croient.
- Ils n'ont pas vu les preuves. - Il n'y en a aucune.
Vous pouvez chercher autant que vous voudrez, il n'y en a pas.
- Et le mobile ? - Les hypothèses, plutôt.
Vous pédalez dans la semoule, voilà ce qui vous arrive.
Si j'ai raison, qu'il est Jacub Skulman
et qu'il a tué sa femme pour couvrir son secret,
il écopera 25 ans ou la perpète.
Et si vous avez tort, M. Stone ?
Regardez son bras. Il a été marqué une fois.
Mais ce que vous faites...
Les personnes qui nous aident
nous tourneront le dos à jamais et nous cracheront au visage.
LUNDI 18 JANVIER
J'espère que c'est important, M. Robinette.
Des papiers vieux de 45 ans, je vais attraper un de ces asthmes.
- Vous avez trouvé quelque chose ? - Oui et non.
David Steinmetz a fait connaissance avec la Statue de la Liberté en mai 1947.
- Et Jacub Skulman ? - Voilà le non.
S'il est en train de manger des hamburgers, on l'ignore ici.
Lorsque Steinmetz est arrivé, a-t-il montré des papiers ?
Si ce pauvre diable avait une chemise, il était déjà chanceux.
"Signe distinctif : numéro tatoué sur l'avant-bras."
Quel était ce numéro ?
Désolé.
En cinq ans, environ 150 000 rescapés des camps sont arrivés.
Nous n'avions pas le temps d'être plus précis.
La bonne nouvelle : les Nazis étaient presque trop méthodiques.
Ils tenaient des fichiers sur tout.
Par contre, ils les détruisaient presque tout aussi méthodiquement.
- Presque ? - Oui.
Le voilà.
C'est ça. "21 août 1944,
"131 hommes du ghetto de Lodz déportés à Auschwitz.
"Les numéros tatoués sur leur bras
"vont du 7566,
"au 7696, compris."
Vous avez les noms correspondant à ces numéros ?
Malheureusement, non.
Mais nous savons que Jacub Skulman est arrivé ce jour-là.
J'offre à votre client une chance de prouver son innocence.
Et après, que ferez-vous ?
Vous lui tatouerez "innocent" sur le front ?
Ce numéro est le symbole d'une souffrance inimaginable.
Si ce n'est pas l'un des 131 numéros, nous saurons qu'il n'est pas Skulman.
Vous réalisez ce que vous demandez ?
Demander d'utiliser ce numéro pour prouver son innocence est une obscénité.
Non, Gary.
L'obscénité, c'est de tuer sa femme pour sauver sa propre peau.
Le juge en décidera.
Je ne comprends pas, M. Lowenthal.
Si votre client n'est pas ce personnage, Skulman,
pourquoi ne pas montrer ce numéro dans le cadre du bureau de M. Stone
et en finir avec cette affaire ?
Ça ne restera pas dans son bureau. Qu'en est-il du Cinquième Amendement ?
M. Stone ne désire qu'une possible auto-inculpation.
La Cour Suprême a établi que le Cinquième Amendement
n'a trait qu'aux preuves testimoniales.
C'est comme utiliser des empreintes ou une identification visuelle.
Pouvons-nous mettre la loi de côté ?
Nous savons tous que si ce numéro joue, il n'a aucune chance.
Le jury le condamnera pour de mauvaises raisons.
Quelque chose qu'il a pu faire dans une autre vie.
Une vieille dame invalide est morte
parce que ce type voulait que le monde oublie ce qu'il a fait.
Il ne s'agit pas d'un mélodrame, Ben. Mais bien d'une tragédie.
Votre Honneur, c'est préjudiciable.
Bien que ce que demande M. Stone me dégoûte,
ça ne me donne pas la nausée pour autant.
M. Steinmetz comparaîtra dans le bureau de M. Stone,
pas plus tard qu'à 15 h cet après-midi.
Ben, vous allez au-devant de l'histoire.
Que Dieu nous aide si vous chutez.
7581.
Nous savons maintenant que le présumé David Steinmetz
est arrivé à Auschwitz le même jour que Jacub Skulman.
- Je l'espérais. - Moi aussi.
Robinette.
D'accord.
Quelqu'un du Ministère de Justice est dans ton bureau.
Je vous apporte un répit.
Vous me donnez ce Steinmetz ou Skulman ou peu importe.
Et vous l'extradez en Pologne ?
Pourquoi pas ? Nous avons un traité depuis 1936.
J'ai une obligation envers le peuple de l'État de New York.
Mme Steinmetz en faisait partie.
La Pologne pourra l'avoir quand j'aurai fini.
Un mort, c'est une tragédie. Des millions, c'est une statistique.
Je n'ai pas dit cela.
Bien. Staline l'a dit il y a 50 ans.
Si vous condamnez ce salaud,
il ne pourra pas être extradé avant d'avoir tout purgé.
Ce qui veut dire jamais pour un vieil homme de 70 ans.
Au nom du gouvernement polonais,
nous entamons une procédure d'extradition la semaine prochaine.
Le mois dernier, ma fille lisait le Journal d'Anne Frank,
et elle croyait que c'était un roman.
Je tourne en rond dans cette affaire.
Si je gagne,
Steinmetz ou Skulman
va en prison pour le meurtre de sa femme,
mais le monde ne saura jamais la portée de ses crimes passés.
Et si je perds, le verdict vient appuyer la thèse de Steinmetz
selon laquelle la Pologne veut extrader la mauvaise personne.
Dans les deux cas,
j'aide un criminel de guerre à cacher ses crimes.
Ben, une femme a été tuée dans notre juridiction.
Voilà notre unique priorité.
Donc nous le protégeons ?
La Pologne n'est pas en droit de le punir pour ce mal diabolique ?
Mal diabolique ? Depuis quand fais-tu de la philosophie ?
Notre bureau ne traite pas plus des Polonais ou des Nazis,
que des Serbes ou des Croates.
Nous ne traitons pas d'affaires diaboliques, mais d'affaires criminelles.
Adam, je peux me tromper, mais je pensais que toi,
tu voulais...
Cet homme a tué sa femme.
Juge-le et condamne-le. C'est tout ce que je veux.
COUR SUPRÊME - JEUDI 4 FÉVRIER
La Cour Suprême, Votre Honneur, dans Younger contre Harris,
a établi que la cour Fédérale ne doit pas entraver
une procédure criminelle en cours,
à moins que les poursuites ne soient dues à un harcèlement.
Le cas Younger a spécifié que l'interférence proscrite
était injonctive, Votre Honneur.
Et le principe est le même.
L'intérêt de l'État à poursuivre un crime dépasse l'intérêt fédéral.
Il ne s'agit pas d'intérêt fédéral, mais de traités internationaux.
Il s'agit d'une dette historique.
Il s'agit d'un homme qui a assassiné sa femme.
Qui est complice de l'extermination d'innombrables Juifs innocents.
En d'autres termes, si l'État poursuit cette procédure,
M. Steinmetz mourra en prison
et ne sera pas jugé pour crime contre l'humanité.
Et nous devons permettre à un meurtrier d'éviter un procès ?
Il sera jugé pour ses actes diaboliques.
Messieurs, il semble que, dans cette affaire, les dés sont pipés.
- Votre Honneur... - Le prévenu a-t-il été inculpé ?
Oui, Votre Honneur.
Alors, à mon avis,
l'État a suffisamment d'indices pour traiter ce cas.
Vu que la difficulté d'obtenir une ordonnance restrictive,
est une des clés du succès d'un procès,
je suis obligé d'accéder à la motion de M. Stone.
L'audience d'extradition est renvoyée
tant que l'État n'en aura pas fini avec M. Steinmetz.
Je suis content de ne pas me trouver dans votre juridiction, Maître.
Il y a quelques mois, à 0 h 30,
quelqu'un a tué Ursula Steinmetz.
Il a appuyé un coussin sur le visage de cette grand-mère de 70 ans
jusqu'à ce qu'elle étouffe.
Je montrerai ce coussin taché de sang
provenant de son nez fracturé.
Il n'y a donc pas de doutes quant à la nature de sa mort.
Le but de ce procès est de savoir pourquoi,
et dès que nous saurons pourquoi, le qui sera indéniable.
L'appartement des Steinmetz n'a pas été cambriolé.
Le motif n'était donc pas l'avidité, l'envie ou la vengeance.
C'était l'histoire.
Et M. David Steinmetz, le mari d'Ursula,
était tout à fait conscient que l'histoire ne peut être écrite
que par les survivants.
M. Steinmetz
ne tenait pas à ce que son histoire personnelle soit écrite.
Si seulement l'histoire était si simple.
Si seulement nous avions un témoin de ce qui s'est passé,
nous pourrions rentrer chez nous et ce serait tout.
Malheureusement, il n'y a pas de témoin.
Et bien que la version de M. Stone soit raisonnable,
il est tout aussi raisonnable de présumer
qu'après avoir ingéré une dose mortelle de tranquillisants,
Ursula Steinmetz est tombée du lit et s'est cassée le nez.
M. Stone veut savoir pourquoi.
S'il y a bien une chose que l'histoire nous a appris,
c'est que la recherche de telles explications crée des boucs émissaires.
Pourquoi l'Allemagne était-elle plongée dans la crise en 1920 ?
Impensable. La faute aux Juifs.
Pourquoi six millions de Juifs ont-ils été massacrés ?
Incompréhensible.
Ils ont dû avoir une part de culpabilité.
Ursula Steinmetz s'est suicidée ?
Inconcevable.
Son mari doit être impliqué.
David Steinmetz a survécu à une vie de tourments.
Pour quoi ?
Ne lui reprochez pas quelque chose que vous ne comprenez peut-être pas.
D'après les registres du gouvernement polonais,
nous savons que Jacub Skulman a vécu dans le ghetto de Lodz.
Il a été déporté à Auschwitz le 21 août 1944.
Le même jour que M. Steinmetz.
M. Green, pouvez-vous identifier
la preuve numéro 6 du Ministère Public ?
Oui. Il s'agit du verdict de la Cour polonaise des Crimes de Guerre
en ce qui concerne Jacub Skulman.
Objection, Votre Honneur.
Votre Honneur, cette cour peut prendre acte
des énoncés d'une autre cour compétente.
Pas lorsque ces énoncés sont totalement insignifiants et préjudiciables.
Le verdict de ce procès peut aider à établir un motif.
Alors je prendrai acte du verdict seulement.
Quel a été l'issue de ce procès, monsieur ?
La cour a déclaré M. Skulman coupable de crimes contre l'humanité.
Merci.
Dans le procès polonais que vous avez cité,
a-t-il été permis à M. Skulman de se défendre ?
Il a été jugé par contumace mais il y avait des avocats.
Y a-t-on présenté des preuves
indiquant que Jacub Skulman et David Steinmetz
- sont la même personne ? - Non.
Mais y a-t-on démontré que Skulman était juif ?
Est-ce pertinent, Votre Honneur ?
M. Stone nous donne le verdict comme preuve.
Alors on devrait me permettre de remettre ce verdict en cause.
- Répondez. - Oui.
Dites-moi, monsieur.
Votre centre considérerait-il Jacub Skulman un criminel de guerre ?
Vous devez comprendre que les hommes comme M. Skulman
ont été des victimes avant d'être des criminels.
S'il vous plaît, répondez.
Non, je ne pourrais pas dire, à moins de voir tout le dossier.
Mais la Pologne, si. Est-ce parce que Jacub Skulman est juif ?
Objection, Votre Honneur.
Je retire ma question.
Je n'avais que 16 ans, et pour avoir de quoi manger,
ma sœur et moi devions travailler 15 heures par jour
en faisant des uniformes nazis.
Nous n'avions pas d'eau, pas de repos.
Notre atelier devait produire 25 uniformes par semaine.
Qu'arrivait-il si vous étiez hors délai ?
Jacub Skulman nous battait.
Il battait tous ceux qui ne produisaient pas assez.
Mme Liebman, dites à la cour ce qui est arrivé à votre sœur.
Anja souffrait de rhumatismes. Elle s'est effondrée.
Skulman l'a mise dans un train.
Ceux qui ne pouvaient pas travailler, il les mettait dans un train.
Pour où ?
Pour Auschwitz.
Mme Liebman, que s'est-il passé
lorsque vous avez parlé de Jacub Skulman à Mme Steinmetz ?
Elle m'a posé des questions au sujet du métier de son père,
du prénom de son frère.
Si son frère, Chaim, était mort de la polio.
Et lorsque je lui ai dit que sa mère jouait très bien de la flûte,
Ursula est devenue toute pâle.
Merci.
Vous avez dit que ceux qui ne produisaient pas assez étaient envoyés aux camps.
Est-ce exact ?
C'est lui qui en décidait.
Étaient-ils remplacés par d'autres travailleurs ?
Oui.
Et si ces travailleurs étaient productifs, évitaient-ils la déportation ?
Oui.
Alors, il n'est pas faux de dire
que Skulman sauvait la majorité en sacrifiant la minorité.
Regardez le prévenu, Mme Liebman.
Pouvez-vous affirmer sans l'ombre d'un doute
qu'il s'agit de Jacub Skulman ?
Merci.
On remonte un escalator qui descend.
Chaque fois qu'on s'approche du haut, Lowenthal l'accélère.
Que croyiez-vous ?
Essayer de reconstruire une réalité est le pire des cauchemars.
Ce qui donne à Lowenthal un tas de doutes raisonnables.
Quant à la vraie identité de Steinmetz, ce qui compte est l'avis de sa femme.
Ce qui compte, c'est ce qu'il croyait qu'elle pensait.
Il est muet, et elle a emporté ça dans sa tombe.
Vraiment ?
Le rabbin ?
Si Mme Steinmetz lui a parlé, c'est confidentiel.
Mais son exécuteur testamentaire peut le demander. C'est la fille, pas vrai ?
C'est mon père, M. Stone. Il ne me mentirait jamais.
Si ma mère avait soupçonné quelque chose, je l'aurais su.
Peut-être qu'elle essayait de vous protéger.
Non.
Il se peut qu'elle en ait parlé à votre rabbin.
Comme vous voudrez.
Mais vous verrez. Vous vous trompez.
COUR SUPRÊME - TRIBUNAL 48,MARDI 16 MARS
Quand Ursula a entendu Mme Liebman faire la description de Skulman,
elle a été convaincue.
Il y avait trop de similitudes.
Après que son mari ait tout nié, elle est venue me voir.
Quel conseil lui avez-vous donné ?
Je lui ai dit de s'en remettre aux autorités.
Mais elle a refusé ?
Elle éprouvait trop de culpabilité, de honte.
Elle craignait les conséquences que ça aurait pour sa famille.
Merci.
Vous assistez bon nombre de rescapés, n'est-ce pas ?
J'organise des rencontres hebdomadaires.
Est-il vrai que beaucoup de rescapés vivent avec un sentiment de culpabilité ?
Ils se sentent coupables d'avoir survécu alors que d'autres sont morts.
En tant que thérapeute,
jugez-vous cette culpabilité irrationnelle ?
Non. Ursula Steinmetz n'était pas comme ça.
C'est juste. Elle ne se sentait pas coupable.
Elle culpabilisait son mari.
Quand elle est tombée malade, il a tout fait pour elle.
Il l'amenait à la salle de bains, en haut des escaliers.
Le dimanche, même s'il était épuisé, il poussait son fauteuil roulant dans le parc.
Ce n'est pas le portrait d'un assassin.
- Objection. - Question retirée.
Quelles raisons vous font croire
que votre mère a commis un suicide, Mme Feder ?
Les cinq derniers mois, son état a empiré.
Elle ne voulait plus nous causer de soucis.
Après...
Quelques jours avant de mourir, je lui ai rendu visite
et elle m'a montré où elle gardait son testament.
Elle m'a dit qu'elle voulait laisser les choses en ordre.
Je n'ai plus de questions.
Elle n'a pas parlé de testament dans sa déposition. Elle ment.
Peut-on suspendre, Votre Honneur ?
Déjeuner. Nous reprenons dans deux heures.
Si vous dites la vérité,
pourquoi avoir attendu pour parler du testament ?
Vous avez entendu le rabbin. Il a tué votre mère.
En sachant ce qu'il a fait, comment pouvez-vous l'aider ?
Je ne pourrais pas vivre avec ça.
On ne peut pas changer les règles parce qu'on perd.
- C'est du harcèlement. - Je ne harcèle pas le témoin.
Je parle à une prévenue. Mme Feder, c'est un faux témoignage.
Par conséquent, vous êtes complice des faits.
Vous ne pouvez pas retourner Mara contre moi.
Les choses n'ont pas beaucoup changé.
Il y a 50 ans, vous vous protégiez aux dépens des autres.
Votre femme est morte,
et votre fille va aller en prison pour que vous gardiez votre liberté.
Papa.
Contre mon avis, mon client veut négocier
si vous abandonnez les charges contre sa fille.
Nous avons fait tout ça pour revenir au point de départ.
Il y a une autre condition, M. Stone.
Le compte rendu du procès de mon père doit être mis sous scellés.
Meurtre au second degré. Peine maximale.
Vingt-cinq ans. Allons, Ben.
S'il s'était promené plus longtemps,
personne n'aurait jamais entendu parler de David Steinmetz.
M. Steinmetz.
Vous ignoriez vraiment combien de pilules votre femme avait avalées ?
Elle ne pouvait pas supporter ça.
Lorsque je suis rentré, elle était par terre.
Si vous confessez le suicide assisté, on ne vous posera pas de questions.
Ça serait un an au lieu de 25. N'est-ce pas ?
Heinrich, un officier SS, est venu chez nous.
Il nous a donné du gâteau. Nous manquions de pain.
Il m'a dit que si je parvenais à convaincre mes voisins à coopérer,
aucun d'entre nous ne serait touché.
J'avais 19 ans. Si je ne l'avais pas fait, quelqu'un d'autre l'aurait fait.
Les gens vivaient quelques mois,
quelques semaines, quelques jours en plus.
C'est de ça qu'il s'agit.
Ceux qui n'étaient pas là-bas ne pourront jamais comprendre.
Votre femme y était. Elle a très bien compris ce que vous avez fait.
Et c'est pour ça que vous l'avez tuée.
Accord ?
Et maintenant, M. Stone ?
M. Steinmetz a confessé le crime de son épouse,
et il va passer le restant de ses jours
dans la prison d'État de Dannemora, à partir d'aujourd'hui.
M. Steinmetz est-il Jacub Skulman ?
Le bureau du procureur général n'a pas assez d'indices
pour arriver à une telle conclusion.
Le Département d'État
a cessé toute procédure d'extradition
après les récents développements de l'affaire. M. Steinmetz...
Ils vous battent, vous font crever de faim. Je me demande ce que j'aurais fait.
Il n'y a pas de Cour Suprême de l'Éthique, mon ami.
Parfois, le seul repère consiste
à savoir si on peut se regarder dans le miroir le jour suivant.
Et Mara ?
En insistant pour mettre sous scellés le dossier, elle protégeait son père.
Elle ne protégeait pas son père. Elle protégeait son fils.
Cette histoire relevait de la fiction.
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