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Je danse un avis de recherche sur les salopes et les faudères, et les fucs et
les fusqueux, on suit ce qu 'on peut, va chier dans ta pizzeria, là d 'où je
viens, de la miséria, fais bien ta gueule quand tu parles de moi.
Tu trouves ça vraiment bien ? Ouais.
Et pizzeria, miséria, ça c 'est de la rime riche pour toi, c 'est ça ?
Attends, va chier dans ta pizzeria, quoi. C 'est ça ton idée d 'intexte
fort, toi. Je graille mon grec, je bouffe des téchats. Des téchats. Des
voilà, des vagins.
Ou bien le contraire.
Tu bouffes le contraire, je sais pas. Non, mais tu bouffes ton grec.
Mais contre toi, putain ! Tu écoutes... Des fois, je sais pas, je bouffe chaud
bouillon, et je te bouillave. Oui, à l 'itération.
En B et en L. D 'accord, tu descends à la cave, tu descends à la cave.
C 'est pas que je te fume, je te bédave.
Je te bédave.
Bédave, mais bédave, c 'est magnifique, ça.
Pas du tout. Non, sérieusement, non. C 'est n 'importe quoi.
Je suis très choquée, Juliette.
Dans les chansons que tu écoutes, il n 'y a aucune référence au sexe.
Si, j 'en ai une.
C
'est
bien déjà.
Il fout de ma gueule. C 'est un peu comme le groupe de musique que t 'adore,
Ton truc genre Néopunk.
Non, non, non.
Moi, les mecs, ils m 'apprennent, ils courent au moins. Je suis désolé.
Mais c 'est ce que j 'ai fait de t 'expliquer.
Non, mais en plus, excuse -moi, mais nos futurs, c 'est pas un discours.
Allez, allez.
Crève -nous.
Mais non, il y en a pas. Mais non, tu poses ton jeu.
Non, mais non, j 'ai pas fini.
On n 'en peut plus de ce jeu. J 'ai pas fini.
T 'as l 'air débile.
Pauvre enfant, on va.
Euh, les amours, vous m 'écoutez, là ? Je vous ai préparé quatre pages jusqu 'à
dimanche soir, que j 'ai mises dans des petits tupperwares. Ok.
Merci, maman chérie, de nous préparer de bons petits plats équilibrés pour le
week -end, pendant que toi, tu vas animer un séminaire pour le savoir
que t 'es déjà bien fatiguée de ta semaine.
Merci, maman.
Merci, maman. Bah, un peu plus d 'enfants, s 'il te plaît.
Allô, mon papy ? Y a -tu un reste pour nous ? Ouais, t 'inquiète.
Du coup, là, c 'est quoi ce groupe Soken que tu vas voir ? Les Gonokok.
Les Gonokok.
Encore une fois, les Gonokok.
Ça devient un peu bizarre, c 'est la millième fois qu 'il va les voir en
concert. Mais t 'es pas bizarre, je suis quand même... Je peux les voir mille
fois, je m 'en lasse jamais.
C 'est pas ça du tout, la vérité, c 'est que ton père, il adore l 'ambiance des
festivals pour le côté bain de boue, bière tiède et t -shirt mouillé, voilà.
Mais il y a une époque, t 'adorais ça, non ? Ça veut dire quoi, ça ? Rien.
Juste t 'aimer ça, c 'est tout.
C 'est tout.
Je te donne une information, il y a une époque où tu aimais ça, c 'est tout.
Maman, tu vas te mettre en retard, là.
Ah oui, il faut que j 'y aille, non ? Bon, allez.
Gros bisous. Bisous, chérie.
Ciao. Bisous, mon amour. Allez.
Oh, mon frère.
C 'est ma chérie.
Qu 'est -ce qu 'il voulait, papy ? Il m 'a encore reparlé de son concours de
poésie, tu sais.
Il veut trop qu 'on y aille. Ça le fera trop qu 'il fait qu 'on soit tous là
-bas ensemble.
C 'est les milliers de fois qu 'on lui dit qu 'on ira. C 'est quand, déjà ? C
'est en mai.
Bah oui, mais c 'est dans trois mois, c 'est bon.
Ouais, mais il m 'a dit que ce serait peut -être son dernier.
Ça va, attends, il nous fait le coup chaque année.
Je suis sûr qu 'il a un peu de bidons, ce cancer.
Oh, David !
Mais c 'est toi qui es bidon, en fait. C 'est que tu rigoles d 'un truc qui est
archi pas drôle. C 'est drôle de faire un des blagues sur le conseil des gens.
T 'oublieras pas de lui faire éviter sa G .O. Il y en a pour un quart d 'heure,
chérie, avant de partir. Je pars dans cinq minutes.
Je vous fais confiance, David.
Tu t 'en occupes. Il y a des lacunes, là.
D 'accord.
Bisous, les chéris.
Ciao.
Bisous, t 'embrasses pas papa.
Je suis folle.
Au week -end, chérie.
Au week -end.
Ciao. Bisous, maman. Bisous.
Au revoir, maman.
Etienne.
L 'Amérique centrale, c 'est sur quel continent ? L 'Amérique... Centrale.
Centrale.
Ben, je sais pas.
Quand je veux savoir.
Pardon ? L 'Amérique centrale.
Écoute ce que papa dit.
L 'Amérique centrale. Ben, non.
En fait, on ne l 'a pas appris. La prof, elle est en retard sur le programme.
Ah oui, je comprends.
Ok.
Je t 'en prie.
Etienne, vous aurez placé l 'Amérique du Sud sur l 'Union ? Bah... Qu 'est -ce
que tu regardes ? Réa, je sais mon sac.
Le Nord. Le Nord.
Ça, tu ne sais pas ? Non, toujours pas. On n 'a pas appris, je vous ai dit.
Bon, allez, tentative de la dernière chance.
Et l 'Amérique d 'Europe, ça, ça te parle plus ? Comment tu parles ? En
brouillant, parce que là, c 'est... Tu l 'as trouvé ? Non.
Bon, je vous dis à dans deux jours.
Soyez cool.
Ça marche.
Allez, au futur, hein. Oui.
On n 'en parle plus à moi.
Ciao ! Ça va ? Ça va pas, on sait jamais.
Tiens, tu peux prendre mon sac ? Oui, oui, oui.
J 'ai l 'impression d 'être devenue une caricature, je te jure.
Sincèrement, là, genre la mère de famille, en pleine crise de la
qui passe le week -end avec un bel Italien, c 'est tellement cliché, mon
C 'est pas n 'importe quoi.
Je suis stressée, genre, de mentir, en plus.
Je suis nulle. Tu peux garder tes lunettes, là. Il n 'y a pas de soleil à
'intérieur. Un petit peu stressée.
Excuse -moi. C 'est pour ça, les lunettes.
Parce que, voilà, je n 'ai pas envie qu 'on me reconnaisse. Ça me gêne. Tu
comprends ? Voilà.
Non, je ne suis pas non plus de la housse, mais... Mon émission est
fait. Oui, on a fait 15 % de part de marché, là.
Oui, oui. Je suis vachement contente.
Excusez -moi.
Madame, monsieur, bonjour.
Bonjour. Je réserve aussi un nom de mandarine.
Alors, ce sera pour deux nuits, c 'est ça ? Oui, c 'est ça.
Très bien. Je peux avoir vos passeports, s 'il vous plaît ? Oui.
Non, ça ne va pas être possible.
Voilà.
Pardon, excusez -moi.
Je l 'ai bien.
C 'est pas possible.
Je suis vraiment désolée.
Et qu 'est -ce qu 'on fait là ? Je ne vais pas y arriver.
Je ne sais pas. Je vais partir à la maison avant d 'y aller.
Je vais partir à la maison avant d 'y aller. Je ne veux pas aller à l 'hôtel.
'est ce qu 'on fait.
J 'ai aucune idée, là, j 'ai pas d 'idée, on me touche pas.
Ok.
C
'est
magnifique.
Un peu de musique ? Oui.
T 'étais où ? Je suis désolée, ça roulait super mal.
Ça va ?
C 'est vrai.
Tu veux conduire ? Si tu veux, oui.
C 'est quoi cette bagnole ? C 'est la voiture de mon père.
Ton père, putain.
C 'était il y a pas deux ? Euh, oui.
Je crois que mon deuxième fils est complètement con.
C 'est quoi ça ? Tu veux pas couper cette musique de merde ? Tu sais, je
ça super ce que tu fais.
Ah oui ? Tu m 'as pas donné le choix, donc.
Pourquoi tu dis ça ? Parce que quand tu mets comme condition pour qu 'on se
voit, qu 'on aille dans la maison de campagne, pour te prouver je sais pas
d 'ailleurs, bah tu me laisses pas le quoi.
Ça va faire trop mal qu 'on est ensemble et j 'ai l 'impression que tout ce qui
t 'intéresse c 'est de coucher avec moi.
Pourquoi tu souris ? Non, rien.
Bah si, dis.
Non mais c 'est juste que t 'as dit qu 'on était ensemble.
C 'est drôle.
On est pas ensemble.
Ça te va très bien, cette robe.
J 'ai trop hâte de l 'enlever, en fait.
C 'est tard, c 'est tard.
C 'est un volcan prêt à faire une éruption dans les 30 secondes, là.
Excuse -moi, je suis odieux avec toi, pardon.
Mais tout ça m 'angoisse tellement.
Je crois que je culpabilise un peu, c 'est tout.
Tu comprends ? J 'ai l 'impression que je compte pas pour toi.
Mais non, enfin, mais pas du tout.
Mais pas du tout, pourquoi tu dis ça ? Je t 'aime.
Tu comptes pour moi.
Mais bien sûr.
Tu m 'aimes, oui ou non ? C 'est parce que je crois que je culpabilise, c 'est
ce que je te disais.
Tu m 'aimes, oui ou non ? Si je t 'aime. Oui, est -ce que tu m 'aimes ?
J 'ai dit... J 'ai dit... Non, tu ne m 'as rien dit.
Je t 'aime, moi.
Quoi ? Je t 'aime aussi.
Je ne t 'entends pas.
J 'ai dit... Si.
Sous -titrage ST' 501
Sous -titrage ST' 501
... ... ... ...
C 'est ta femme là ? C 'est à droite.
C 'est mieux si tu marques à une dizaine de mètres derrière moi.
Un peu derrière moi, comme si on ne se connaissait pas.
D 'accord ?
Ouais.
Tu sais ce que disait Walter ? Non.
J 'avais un professeur de l 'art l 'année dernière qui nous répétait ça
temps.
Si on n 'est pas sensible, on n 'est jamais suivi.
Il faut qu 'il arrête de me rappeler que t 'es étudiante.
Franchement, je vais lui demander si ça va être mal à l 'aide.
Tu sais ce que disent les sages chinois ? Non.
Rien. Ils disent rien.
Quoi ? Est -ce qu 'ils sont sages ? Nul.
C 'est une maison de famille.
Elle appartient à mes beaux -parents. On vient tous un peu quand on veut.
Wow ! Grand ! Dans quelle pièce t 'as jamais fait l 'amour avec ta femme ?
Pardon ? Dans quelle pièce t 'as jamais fait l 'amour avec ta femme ? Euh... Je
sais pas.
J 'ai pas envie de penser à ça là maintenant. C 'est bizarre comme
Allez, c 'est bon, réponds. Détends -toi.
Euh... Lucélie ?
Qu
'est -ce que c 'est que ça ? Là,
entre.
Voilà.
C 'est moi.
Tu veux boire quelque chose ? C 'est toi que je veux boire.
Ah ouais ? Ouais.
Je vais t 'expliquer.
Pardon, mon amour. Je t 'aime, mon amour. Regarde -moi.
Je t 'aime, mon amour.
Je t 'aime. Je vais tout t 'expliquer. Tu vas comprendre très bien.
Mon ange, regarde -moi.
Parle -moi. Dis quelque chose.
Dis quelque chose, mon amour.
Mais c 'est qui, elle ? C 'est qui ? Non,
c 'est pas possible.
Non, c 'est pas possible.
Non, c 'est une blague.
Mais elle a quel âge ? Elle a quel âge ? Elle a quel âge ? Elle s 'appelle
Isolde. Je m 'en fous de son prénom, elle a quel âge ? Mais qu 'est -ce que
change ? Réponds à ma question, s 'il te plaît.
C 'est surréaliste.
Tu réponds pas.
Tu te baises ! Une gamine ! Dans notre maison ! Mais tu me fais
honte ! Tu me dégoutes ! Regarde là, avec tes chemises ouvertes ! Tu me
! Je te dégoute ? Oui.
Mais tu t 'envoies le pizzaïolo du coin de la rue ? Tu trouves que c 'est mieux,
ça, le pizzaïolo ? Depuis combien de temps ça dure ? Je n 'ai jamais fait des
pizzas. Moi, je fais de la bistronomie avec moi.
Je m 'en fous.
C 'est moi qui ai posé la question en premier.
Moi, c 'est moi qui ai posé la question. On s 'en fout. Qui répond ? Excusez
-moi, je voulais juste vous dire... Ta gueule !
Tu fous le camp, toi ! Qu 'est -ce que c 'est ? Il y a quelqu 'un ?
Putain ! Ah, putain, papa ! Eh !
Papa, c 'est nous ! Ah, c 'est vous ? Oui.
On fait le tour.
Ah, oui.
Faites le tour.
Je t 'en supplie, on leur dit rien. On invente quelque chose.
Je t 'en supplie. Ça les tuerait.
Fais -le pour moi, s 'il te plaît.
Mon amour, je te demande que ça. Pour papa.
Fais -le pour papa. Pour papa.
Je t 'en supplie.
S 'il te plaît.
Bon.
Ciao. Vas -y, allez, moi.
Non, toi, tu restes ici, sinon j 'appelle ta femme.
Je fais quoi, chérie ? Tu m 'appelles encore une fois, chérie, je te bute.
Vous êtes là.
Oui, nous.
Il y a le voisin qui nous a appelés. Il a entendu du bourrier dans la maison. On
était en train de faire les courses.
Mais du camp, je pense qu 'il faut venir jusqu 'ici pour trouver un boucher qui
fait des travers de port dignes de ce nom. Et encore, on a de la chance parce
'à Léminie, il est sur le quai. Il n 'y a même plus un martelat.
Vous imaginez ? Oui, oui.
Tu sais comme ton père aime les travers de port.
Votre fille aussi.
Vous ne voulez pas nous faire entrer ? Si, bien sûr. Oh, papa.
Ça va, mon papa chéri ?
C 'est avec des amis.
Oui. C 'est Alberto.
C 'est quoi ton prénom déjà ? Iseult.
Enchantée.
Je m 'appelle Alberto.
Il est très charmant, votre accent.
Suzanne a toujours eu un penchant pour les Italiens.
Votre fille aussi.
Je t 'emmerde.
Je meurs de soif. Je vais me chercher un verre d 'eau.
Bien sûr, ma mère. Viens.
Qu 'est -ce qui s 'est passé ici ? Ils ont ouvert les volets.
Pourquoi ? Non, on n 'a pas ouvert les volets, maman.
On n 'a pas ouvert les volets parce que... Parce qu 'en fait... On s 'est...
On s 'est disputé avec Jérôme.
Ah bon ? J 'aime mieux ça.
Mieux ça que quoi ? Que les voleurs.
On a vraiment eu peur.
En fait, on était en train de repartir, là. Oh ben non, pourquoi ? Parce que,
maman, je viens de te le dire, on s 'est disputé et on n 'a pas envie de rester,
c 'est tout. Voilà, on allait y aller.
Mais tu comptes repartir avec ton petit blouson, Jérôme ? Non, je compte rentrer
avec ma petite voiture.
Vous avez invité des amis ? Vous vous êtes engueulé devant eux et maintenant
vous les renvoyez à Paris, c 'est ça ? C 'est exactement ça, oui.
Mais pourquoi vous ne nous avez pas dit que vous veniez ce week -end ? Parce
que... Parce qu 'en fait... On voulait vous faire la surprise.
Vous n 'allez pas gâcher cette merveilleuse surprise.
C 'est fini, là. On arrête ce cirque. Il y a des travers de port plein le
coffre. Je vais vous préparer un bon dîner. Non, pas de travers de port. On
aller, maman. Non, c 'est mieux si on s 'en va, vraiment.
Tu nous caches quelque chose.
Ok,
on va.
On va rester.
C 'est une très belle idée, ce dîner.
Tiens. Tu viens m 'aider à vider le coffre, hein, Jérôme ? Alors, tu viens.
On va vider le coffre. Arrête de gouder.
Comment elle va, ma fille ? Ça va.
Ça va, papa.
Je suis contente de te voir.
Ça va ? Je suis contente de te voir.
Moi aussi.
Non, ça va. Écoute, je suis contente parce que l 'émission...
Tu sais l 'émission sur le thon gras ? Elle a fait 15 % de part de marché.
C 'est vraiment génial.
Vous l 'avez dit à vos amis que je
participais à un concours de poésie à la rentrée ? On n 'a pas eu le temps là.
C 'est l 'Amérique qui organise ça.
Ça va se passer à la salle des fêtes.
J 'adore la poésie.
Qui en reprend, là ? Il en reste plein.
Moi, ça me ferait très plaisir que vous veniez à cette lecture.
Ce sera sans doute la dernière.
Vous arrêtez la lecture, c 'est ça ? Non, j 'arrête la vie.
C 'est plutôt la vie qui m 'arrêtera bientôt.
C 'est magnifique ce que vous dites.
Oui.
Henri, mon grand, ça va beaucoup mieux depuis que t 'as arrêté ton traitement.
T 'as arrêté ton traitement, papa ? Oui.
Mais pourquoi t 'as fait ça ?
J 'ai pas vraiment envie d 'en parler maintenant.
Tu peux pas décider ça comme ça, tout seul, sans nous en parler.
T 'as pensé à nous ? Ben non.
Excuse -moi.
J 'ai pensé à moi, cette fois.
Ce soir, je profite de ma famille et de nos nouveaux amis.
Je suis tellement heureux de vous avoir.
En abandonnant la chance.
Allez.
Vous viendrez à la lecture.
Oui, on t 'a déjà dit qu 'on viendrait, papa.
Vous faites quoi dans la vie... isolte ? Je suis en dernière année dans une
école de journalisme.
Et je viens de finir un stage.
Où ça ? Dans le magazine de Jérôme.
D 'accord.
Ah bon ? Ah oui ! C 'est vrai, mais c 'est fou, parce que... Ça fait combien
temps, en fait, que vous êtes en stage, déjà ? Six mois.
Six mois ? Donc ça fait...
En fait, ça fait six mois que vous voyez tous les jours.
C 'est fou, hein ? C 'est beau, c 'est merveilleux. Vraiment, j 'avais
complètement oublié que ça faisait six mois. C 'est un fil, hein ? C 'est fou,
tu vois, j 'avais oublié.
Ça fait six mois, en fait.
Donc pendant six mois. Oui, c 'est ça, parce que tu viens de le dire.
Oui, c 'est ce que je dis. Mais je n 'avais pas réalisé, j 'ai le droit. Des
fois, des trucs, tu réalises pas tout de suite, tout de suite, six mois, six
mois. Là, tu réalises. Voilà, c 'est six mois, oui.
Tu donnes des conseils aux gens à la télévision sur la santé et tu filmes
un pompier. Je ne filme pas comme un pompier.
Bah non, en fait, Suzanne, vous voyez bien qu 'Audrey ne fume pas. En fait, ça
se voit, elle ne fume pas. Audrey, elle a une vie très équilibrée. C 'est une
femme irréprochable.
Et une mère parfaite.
Tu rigoles ou quoi ? Si il y a vraiment quelqu 'un de parfait dans le couple, c
'est toi. Tu pourrais étaler la culture, prendre toute la place, t 'écouter
parler. Mais non, jamais, en fait. Puis t 'es fou comme t 'es à l 'écoute des
autres. C 'est vrai, t 'as une très très bonne écoute, Jérôme. Mais heureusement
que je fais le filtre devant tout ce que j 'entends. Bon, ça suffit.
Ça suffit, les enfants. Vous commencez à être fatigants. Je n 'ai pas fini. Bon.
Et sinon... Vous, Alberto, vous faites quoi dans la vie ? Je suis restaurateur.
C 'est formidable.
Ah oui, c 'est formidable. C 'est le pizza yellow du coin de la rue.
Vous voyez le truc de bon goût avec des gondoles et des tours de pizza
intérieures ? Ah oui.
Ben voilà. J 'ai jamais fait des pizzas.
Je comprends bien, c 'est à cause de Géraud, mais je voudrais que vous vous
connus.
Euh, non.
Non.
Alors, figure -toi qu 'on a les dîners chez Alberto.
Voilà, c 'était en pleine rentrée des classes, je crois.
Parce que vous étiez là, avec une petite robe d 'ailleurs, très très jolie,
magnifique. Et c 'est comme ça qu 'on a découvert qu 'ils étaient ensemble.
Je me souviens bien parce que j 'étais balade le lendemain. C 'est fou, hein ?
'hasard de la vie, quand même. L 'hasard de la vie, c 'est fou.
Non ? Oui.
Tiens, Fusain, à propos de l 'hasard, raconte ton histoire avec ta vieille
copine, l 'autre fois.
Oh oui, c 'est vraiment incroyable.
Il y a six mois, ou peut -être cinq.
Non, six, je crois, oui.
Oui, oui, c 'est ça, oui.
Donc, peut -être cinq mois et demi. Je ne suis pas rentré dans les détails.
Donc, je vais à Paris.
Sans savoir pourquoi, je me mets à penser à une vieille copine que j 'avais
collège. Comme ça, je ne sais pas pourquoi.
Une copine à laquelle je ne pense jamais. Mais vraiment, jamais.
Eh bien, ça n 'a pas de plus. Je tombe sur elle, au coin de la rue.
On boit un café, on papote.
C 'est très sympa.
Vraiment très sympa. On parle des enfants, du mari, du jardin.
Et puis, au bout de deux heures et demie, on finit quand même par se
se disant qu 'on se retrouve très très vite.
Le lendemain, le téléphone sonne.
Je décroche. Non, c 'est Henri qui décroche.
Non, c 'est moi qui décroche.
Non, c 'est toi qui décroche.
Donc, le lendemain, J 'apprends au téléphone que quelques heures seulement
après qu 'on se soit quitté, elle est passée sous un autobus.
Elle est morte.
quand même les hasards de la vie. C 'est fou.
C 'est vrai, c 'est fou.
C 'est fou.
Et vous ? Vous avez des passions dans la vie ? Moi, oui. J 'adore la littérature
américaine de la seconde moitié du XXe siècle.
C 'était le thème de ma thèse.
Lydian, Lindbergh, les expériences de Léry autour du LSD. C 'est ce qui m 'a
amenée à la musique d 'ailleurs parce que forcément, il y a des ponts.
Ah oui, forcément.
Mais nous aussi, dans la famille, on adore la musique.
Tiens, en parlant de musique, Alberto.
Moi aussi, je suis un grand passionné de musique.
J 'adore la musique.
Je comprends pourquoi vous les avez adoptées. Et je compose des chansons,
parfois, comme ça, je gratouille ma guitare.
Il gratouille, mais il gratouille pas que la guitare.
Tu te souviens du concert de Christophe Maé quand il a pris sa guitare pour
faire sa chanson ? Ma fille est fan de Christophe Maé.
C 'était quoi déjà cette chanson qu 'on adore ? C 'était quoi ? Il est où le
bonheur ? Il est où ? Il vient nous jouer un petit peu de guitare, Berthoud.
non.
Non, Alberto, il ne peut pas jouer parce qu 'il n 'a pas sa guitare, il est
fatigué, tout le monde doit aller se coucher. Allez, une petite chanson. Non,
n 'a pas envie de jouer.
C 'est pas la guitare de mon petit -fils. Mais non, la guitare de mon petit
-fils, c 'est la guitare pour enfants.
C 'est un adulte, Alberto, il ne va pas jouer, papa.
Papa,
laisse tomber.
J 'espère qu 'elle est accordée. Mais non, sûrement pas, il fait humide.
Allez. Celle -là, c 'est une chanson qui raconte une femme qui part.
Dove sei finita?
Nuove, nuove sensazioni.
Facili emozioni.
Fameliche illusioni.
Po di me.
E li conti.
Arriva con... Arrivita!
Tu m 'excuses pour le conti!
Alors déjà que pour le conti c 'est de la merde!
Je déteste Paolo Conte ! Alors laisse -la t 'en décemer ! J 'encule, moi,
Conte ! Le côté de mon cul ! C 'est insupportable ! Tout le monde reste là,
écoutez ! Il faut l 'enculer ! Il faut l 'enculer !
Tu ne rejoins pas ton mari ? Si, j 'y vais.
Regarde.
Laisse, je vais m 'en occuper. Non, non.
Il faut que vous ayez une petite discussion, tous les deux. Je ne sais
qui s 'est passé, mais ce n 'est pas réglé votre histoire.
On reste à dormir là. Oui, bien sûr, vous restez là à dormir.
N 'embrasse pas ton père.
Si, bien sûr.
Tu sais, le fait que j 'arrête ou que je continue les traitements, ce n 'est pas
important. Ce qui est important, c 'est ce qui se passe maintenant.
Bonne nuit.
Bonne nuit.
Désolé.
Désolé.
C 'est parce qu 'il approche la parole au comté, moi j 'aime bien parler au
comté.
Désolé.
Moi j 'aime bien parler au comté aussi.
Parler du temps qui fuit est toujours une gageure.
J 'ai invoqué les ans.
J 'ai évoqué les heures.
Je suis une aquarelle dont les couleurs s 'effacent.
Je me terre sous un masque et je meurs de gare lasse.
À ces derniers instants où tout devient confus... Je sais pas ce qu 'ils ont,
tous les deux.
Ça m 'inquiète.
Je vois ton cul passer et les souvenirs affluent.
T 'as senti toute cette tension, toi aussi ? Arrête de t
'inquiéter.
Qu 'est -ce que tu faisais ?
J 'écris.
Tu vas gagner le concours de voyager cette année.
Je suis sûre.
Moi, ça fait tellement plaisir de venir avec les enfants.
Comment on est arrivé là ? Qu 'est -ce que je te dis ? Je comprends même pas ta
question.
T 'étais là.
On a vécu la même chose.
On en est arrivé là parce qu 'il y a eu le temps passé, c 'est tout.
plus, c 'est la même chose.
C 'est juste pour maman.
T 'es beaucoup réfléchie, on dirait.
J 'ai changé d 'avis, je suis désolé.
Mais je peux pas m 'infliger de... Je peux pas m 'infliger de rester là.
Et les parents ? On écrit un mot, on...
On trouve une excuse et puis on se casse, voilà.
S 'il te plaît, fais -le pour mon père, je t 'en supplie.
On va pas supporter de rester là tout le week -end, on va devenir dingue, ça va
rien ranger.
On rentre chez nous, on a une explication normale, et puis on annonce
enfants qu 'on se sépare, voilà.
Et on va leur dire quoi ? On fait les choses dans l 'ordre.
Ok, on va leur dire quoi ? Que le temps va passer ?
Tu vas rentrer avec ta pute ?
J 'ai emprunté sa voiture, elle doit rentrer avec ton connard.
Bon allez, on s 'en va.
Maintenant ? Oui, connard.
On arrête de faire n 'importe quoi.
Je rentre avec toi ?
Le mieux, c 'est que tu me prêtes ta voiture et tu rentres avec lui.
Non, mais je peux te parler avant, s 'il te plaît ? Parce que j 'ai l
'impression que j 'ai une marionnette. Non, j 'aurais dit poupée gonflable.
Non, je crois pas, non. Ouais, remarque, t 'as raison. Puis c 'est beaucoup plus
juste.
Ou sinon, je rentre avec toi et vous prenez ma voiture, voilà.
Ouais, c 'est très bien, ça. Tu gardes ta voiture et tu rentres avec l 'autre
connard. Je peux arrêter de m 'appeler connard ? Ouais, c 'est trop. Ouais, OK.
Tu gardes ta voiture et tu rentres avec l 'autre enculé.
Passe un cul au cornouton. De quoi ? C 'est quoi ça ?
C 'est quoi ce bandit ? C 'est quoi ce bandit ? Qu
'est -ce que vous faites là ? C 'est l 'inverse de votre question.
Vous, qu 'est -ce que vous faites là ?
C 'est drôle. Qu 'il se fâche quoi, bordel ? Non, c 'est ma faute, en fait.
voulais qu 'on fasse une petite fête ici à la cool parce qu 'une fois qu 'on a
fait ça à Paris, les voisins ont appelé les flics.
La dernière fois ? La dernière fois qu 'on a fait ça à Paris, les voisins ont
appelé les flics. Mais quelle dernière fois ? Vous
trouvez ça drôle ? Non.
Mais attends, il fait quoi, là, le mec de la pizzeria ? Juliette, tu te tais. C
'est moi qui pose les questions.
C 'est clair ? Je peux aller me coucher ? Je suis fatiguée.
Oui, va te coucher. Va te coucher.
Ben, moi aussi je vais. Non, tu restes là.
Du coup, nous aussi on va... Non, toi tu restes là. Personne ne bouge. Personne
ne bouge ! Mais vous êtes défoncés en fait.
Mais... Ils sont défoncés.
Ah non, toi tu sais ce que je parle, ça c 'est pas mon délire, tu vois.
C 'est quoi ça ? Ça c 'est quoi ça ? Vous avez appris quoi ? L 'autoroute, je
crois qu 'on a appris l 'autoroute.
Ouais, mais pas que, parce qu 'après, il y avait des petits trous, en fait,
plein de petits trous, mais vraiment... Petits trous dessous ? Là, c 'est quoi,
ces boulettes, là ? La MDMA, mais c 'est la première fois que j 'entends, je te
jure, sur la tête de maman. Putain, c 'est vrai.
Et j 'ai hyper envie de venir. Non, mais t 'inquiète, ça fait souvent ça, quand
on la prend en parachute, t 'as l 'intérieur, ça s 'ouvre, et puis du
'as l 'amertume qui remonte, et... Je sais rien.
T 'as l 'amertume qui remonte, et puis du coup, ça crée des hauteurs, ça.
Je préfère léger. Moi aussi, mais... Ça fait combien de temps que tu...
Et puis rien, je fais ça comme ça une fois de temps en temps. Je suis pas un
toque, je vous le jure, c 'est sur ta tête.
Arrête ! Tu arrêtes de jurer sur la tête de ta mère.
J 'arrête.
Mais oh ! Quand même, toi tu m 'as pogoté au Hellfest, t 'es frappé de Pink
Floyd, et tu me fais toute une minuscule scène, une grosse scène, tu me fais une
grosse scène de rien du tout, pour une minuscule petite gélule.
Tu me recommandes, là ? Je te rappelle que je suis ton père, d 'accord ? Je
sais, je vois très bien qui tu es.
J 'ai toujours autant envie de vomir en fait.
Mais non, toujours pas en fait, non.
C 'est bien de faire ça devant ton petit frère.
C 'est un bel exemple.
Alors toi Juliette, toi tu fais rien toi.
Toi tu les laisses droguer, c 'est ça ? Ça va, je fais leur daronne.
Oh non putain, mon tapis ! Putain, j 'adore ce tapis ! Merde ! On
s 'en occupe, on gère. Vous, vous bougez pas, ok ? Vous bougez pas, nous on
gère. Vous pouvez nous faire confiance.
Ah, j 'ai mis la main dedans !
Mais vous, vous êtes deux grands mythos aussi.
Vas -y, dites -nous aussi pourquoi vous êtes là.
Maman, dis -moi.
Vas -y, dis -leur, pour mon oeil.
Ouais, dis -moi.
On voulait faire une surprise à ton grand -père.
Sans nous ? Sans vous, oui.
Parce que ton grand -père est malade et qu 'il est très fatigué.
On a passé la soirée tous ensemble.
Et là, il dort dans la grange.
Voilà.
On voulait vous préserver de tout ça.
Ouais. Et du coup, vous décidez de venir avec le mec de la pizzeria ? Sa petite
gaule, hein ? Et nous, rien ? Écoute, ton grand -père adore les pizzas. Mais
toi, t 'es sérieuse aussi, là ? Putain, tu peux voir que j 'ai trop déjà fait
des pizzas. Si vous voulez mentir, mettez -vous raccord. Faites le même
a rien qui va dans votre histoire. Ça colle archi pas.
Ça colle archi pas. Ok, ça colle peut -être archi pas. Peu importe, ton père a
raison. Vu la situation, c 'est pas à toi de poser les questions.
D 'accord ? Vous allez vous coucher et vous disparaissez.
Oh non.
Bah si. Bah non, parce que moi, je suis beaucoup trop dépensé pour dormir.
Physiquement, je peux y arriver ce soir. Non, mec, écoute, ça n 'a rien à voir
avec de la cocaïne. T 'as pas besoin de prendre un petit exo.
Tu te mets dans ton lit, sous la couette, et là, c 'est l 'autoroute du
Bon, par contre, des fois, ça donne un peu des aftes.
Bon, allez, allez, allez.
Et demain matin, surtout.
Vous m 'entendez ? Écoutez -moi bien, là.
Vous dites rien aux grands -parents, d 'accord ? On est venus leur faire la
surprise, OK ? Allô ? Allez, au lit.
Égagez.
Moi,
j 'adore cette nouvelle complicité par enfant. Je trouve ça hyper moderne.
C 'est pas rien à vous dire.
Je vous aime. Bon, OK.
Oh, vous sentez bon.
J 'adore ta peau, maman. Moi aussi, j 'aime.
Olina. Allez, va te coucher.
Vous êtes les meilleurs.
Non, ça, c 'est... Ça reste ici, ça.
Allez, va te coucher.
C 'est bon là ?
On
ne parle plus, c 'est ça ?
Si je parle,
tu répètes toujours maintenant ?
Bon.
OK.
OK.
Jérôme, on peut parler ? C 'est pas vraiment le moment.
Ça me rend folle de savoir qu 'ils vont dormir ensemble juste à côté.
Pas toi ? Non.
Pourquoi tu restes ici ? Moi, je suis coincé, mais toi, tu peux partir si tu
veux.
Parce que je suis amoureuse.
J 'ai envie de me battre, je ne vais pas partir comme ça.
Tu sais ce qu 'il disait, Shakespeare ? Non.
Le véritable amour n 'est jamais sans écueil.
Tu comprends ?
Est -ce que je peux te ressentir avec toi ? Je pense en fait que Jérôme n 'est
pas totalement clair avec ses sentiments.
Pourquoi tu dis ça ? Il n 'est pas honnête, ça se voit. Ça saute aux yeux.
Moi, par exemple, jamais je ne te ferais croire que je suis amoureux de toi
juste pour coucher avec toi.
Je te dirais simplement que tu n 'as pas envie de faire l 'amour avec moi.
Ça n 'engage à rien, ça fait un bien fond.
Qu 'est -ce que t 'en penses ? Attends.
Tu viens de me donner un exemple, là, ou tu viens de me proposer de coucher avec
toi ? Non, c 'était plutôt une proposition.
Donc, tu viens ici, dans le dos de ta femme, pour te taper ta maîtresse, et
comme t 'y arrives pas, t 'essaies de coucher avec la maîtresse du mari de ta
maîtresse ? Bon, dit comme ça, bien sûr, ça
paraît mal simple.
Non mais tu peux le dire n 'importe comment, c 'est très malsain.
Donc, c 'est nous ? Ok, bon.
Du coup... Bon, j 'appelle ma femme.
Voilà.
Je sais que ça ne change rien, mais je veux que tu saches que je n 'ai pas de
sentiments pour elle.
Elle pense sûrement à l 'inverse parce que je suis là et que je n 'ai pas été
très clair.
Bonjour.
Bonjour, Karim.
Bonjour, Karim. Si vous avez faim, il y a du pain, des croissants.
J 'ai acheté aussi du jambon.
Là, on passe aux choses sérieuses.
Merci. Où sont les parents, là ? Ils dorment encore.
Je vais aller les réveiller.
Quoi ? Bonjour.
Bonjour. Bonjour. Bonjour.
Bonjour.
Tu connais Alberto et Isel ? Ah ouais, on se connaît.
Bonjour.
Oui, qu 'est -ce que c 'est ? C 'est moi.
Ah.
Bonjour. Ah, voilà. Mais ça, c 'est une bonne idée, ça, d 'avoir un de tes potes
dans la chambre.
Je n 'y aurais pas pensé.
Tu fais maman ? Non, j 'ai arrêté. Qu 'est -ce que tu veux ? Non, ben... Je
voulais juste vous dire qu 'on était vraiment désolés pour hier soir.
Non, si, on était désolés. C 'était la première fois et la dernière fois que j
'en prenais, vous avez ma parole.
Je veux bien que tu nous prennes pour des cons quand t 'es défoncé, mais à
j 'ai un peu plus de mal, tu vois.
Non, mais c 'est la vérité, papa. Franchement, on court, par exemple. Je
pas tout bien comme il faut, tout le temps ? Je gère pas ? C 'est pas la
question. Bon, c 'est pas le moment de parler de ça. On verra ça plus tard, d
'accord ? Allez, hop ! Pourquoi vous vous engueuliez ? On s 'engueulait pas.
Texte -toi très exactement ce que mes parents disaient juste avant de se
séparer.
Papa, je t 'ai entendu crier.
Moi aussi je vous ai entendu crier.
En tout cas, juste, ta robe est super maman.
Et tu devrais porter des trucs comme ça plus souvent, parce que quand on a une
belle maman... Voilà, il faut le dire.
D 'accord, t 'as pas vu la nuisette qu 'elle portait hier soir ? Elle a des
tenues chaudasses plein son sac.
Ok ? Ça me l 'a pas refait.
Tu comptes garder cette robe ? Je n 'ai rien d 'autre.
Bonjour, salut.
Vous êtes en train de prendre combien de temps en vrai ? Environ six mois,
c 'est ça ? C 'est ça, six mois. Mais c 'est bizarre.
Parce que moi je te vois, t 'es là à côté d 'elle, jamais tu la touches,
tu l 'as à tes mains.
Pardon, je ne comprends pas ce que tu dis, en fait. Les gens s 'étonnent de
votre manque de démonstration. Bon, je ne coupe, c 'est tout.
Voilà. J 'adore la poésie.
Je n 'aime pas la démonstration publique, c 'est tout.
Tu veux un peu de thé, ma chérie ? Je veux bien un mystère.
Vous en voulez aussi ? Je prends du café le matin.
Merci.
Moi,
je prends du thé, tu vois.
Tu prends quoi le matin ? Tu ne sais pas ce que ta meuf prend le matin ? Tu ne
sais pas ce que ta meuf prend le matin ?
Ça c 'est un truc de ouf, sur ta meuf au moins.
Alors, c 'est passé comment ? Bah, pas bien.
Vous voulez pas vous asseoir là les gars ? Non, non, merci.
Il se fait déjà comme ça avant qu 'on arrive ? Vous ne savez pas de vie,
pourquoi il s 'est rendu puté hier soir ?
Tu travailles avec Moudan ? Je suis en stage chez lui, oui. T 'es en stage chez
lui, ouais.
Mais ce qu 'il a, t 'es un peu vieille pour être en stage.
J 'ai 24 ans, je suis en stage de fin d 'études. Salut ! Ça va, toi ? Ça va et
toi ? Oui.
Bonjour. C 'est génial, papa m 'a dit que vous lui faisiez une surprise.
Ça fait un amour pour moi aussi.
Salut.
Regarde, c 'est les amis David, Bastien et Karim.
Enchantée.
Et c 'est les amis des parents.
Alors, t 'as Alberto qui tient la pizzeria en bas de la maison.
Et là, c 'est Isulte.
Elle travaille avec mon père, mais c 'est un hasard, apparemment.
Et ça fait six mois qu 'ils sont ensemble, mais ils ne savent toujours
'elle prend au petit -déj.
Du coup, je m 'interroge sur l 'avenir de leur couple. Elle se sent heureuse
parce qu 'en général, moi, c 'est mon prénom. On ne s 'y souvient pas le
Elle est où, ma sœur ? Il dorme encore.
Il dort. C 'est cool, on n 'a qu 'on de la chance.
Vous connaissez la différence entre une gratte matinée et une dépression
nerveuse ? Non.
C 'est le nombre de personnes dans le lit.
Bon, allez, je vais faire le marché avant qu 'il en batte tout.
Tu veux que nous accompagnent, papy ? Surtout pas.
Ok.
Papy adore faire le marché tout seul.
D 'ailleurs, ça me rappelle un poème qu 'il avait fait.
sur les remouleurs, quand il y en avait encore sur les marchés.
C 'était un poème ou c 'était une fable ? C 'était un poème ou une fable ?
Ou c 'était une fable ? Bref,
on va rentrer dans les détails.
C 'est drôle, cette passion qu 'il a pour le métier disparu. Vous ne trouvez
? Quoi encore ?
Ouais, on arrive, Valérie. C 'est pas la peine, je suis déjà là, je vous ai
préparé le petit déjeuner.
Ça va ? Pourquoi vous m 'avez pas dit que vous veniez ce week -end ? Vous
vouliez pas nous voir, c 'est ça ? La table, je pense que c 'est bien si on la
met là.
Pour le petit déjeuner.
Alors,
on se dispute ? Euh, non, non. Si, si, si, je vous ai entendu.
Vous voulez boire quelque chose ou des croissants ? Non, j 'ai pas faim, c 'est
gentil. Non.
Vous allez vous faire la gueule toute la journée.
C 'est quoi le projet ? Non, il n 'y a pas de projet.
Ah d 'accord, carrément. On en est là.
Bon.
Bah séparez -vous.
Non mais franchement, c 'est une aventure tellement formidable le
Mais je vous raconte.
Alors, toi Audrey, au début tu vas être invitée à des tonnes de dîners. Puis
très vite, quand tes amis auront épuisé tout leur socle de célibataires, tu ne
le seras plus du tout.
Du tout.
Du coup, tu auras beaucoup de temps libre.
Donc tu finiras par t 'inscrire, alors que tu t 'es juré que toi jamais.
Tu finiras, comme tout le monde, par t 'inscrire sur des applis.
Là, tu vas très vite te rendre compte que ça attire principalement que des
queutards. Donc tu vas vouloir t 'inscrire sur des sites de rencontres un
plus sélectifs.
Mais c 'est 80 euros par mois.
Donc quand tu hésites entre ton coiffeur et l 'éventualité de passer la soirée
avec un dépressif, tu finis avec les queutards des applis gratuites.
Tu veux un petit sucre ? Oui, merci.
Et quand tu seras épuisé par tous tes échecs et que les enfants seront grands,
tu viendras t 'installer chez les parents.
Et un matin, tu te réveilleras et tu seras moi.
À ce moment -là, tu as envie de te suicider.
Mais même ça, tu ne pourras pas.
Je sais, j 'ai essayé la semaine dernière.
Mais j 'avais qu 'un couteau à beurre.
Toi, Jérôme, tu vas pouvoir te taper des petites nanettes de 25 ans. Tu vas
sortir avec tes potes.
Tu vas rappeler tes anciens dealers. Enfin bref, tu vas prendre 10 ans dans
gueule en 6 mois.
Et un matin, tu ne pourras plus te lever. Ta mort, tu seras écrasée par le
de tout ce que tu as perdu.
Ok, mais bon.
Parce qu 'il y a toujours un peu d 'espoir quand même.
Hein ? T 'as exagéré.
Nous, on a la chance d 'avoir une famille autour de nous à qui on peut
quand on a des coups durs.
Moi, je pense à vous et aux enfants.
Je me dis que le bonheur est possible.
Je m 'en donne un rein pour avoir peu de vie.
Il fait très très beau.
Pour profiter de cette journée.
Elle te va super bien cette robe.
Vraiment. Merci.
Dis -moi, c 'est quand ton anniversaire ? Ta date d 'anniversaire.
Tu connais pas la date de l 'anniversaire de ta meuf ? C 'est sûr.
C 'est important, la date de l 'anniversaire, non ? Vous êtes toutes
fous ce matin.
Alors, ça s 'est fait comment ? Bien.
Très bien.
Là, on a eu une vraie conversation. Je leur ai fait un bien fou.
Bon, je vais prendre ma bouche.
Mais comment elle fait ce qu 'il y a là, en fait ?
T 'es genre une belle puceuse professionnelle en fait. Belle qui ?
fait, ça veut dire esquiver. Valéria, tu veux boire quelque chose ? Non, merci.
Voilà, on l 'a mis de mal. Tu veux boire quelque chose ? Non, non plus.
Coupé ! Jérôme, c 'est moi.
Ouvre -moi, s 'il te plaît.
C 'est vrai, hier soir, j 'étais tétanisée.
J 'ai pensé à toi toute la nuit.
J 'ai peur de faire une connerie. Oui, quoi ? Quelle connerie ? J 'ai envie de
hurler à tout le monde qu 'on s 'aime.
Je te jure que je sais qu 'au départ, ça va être compliqué, mais à la fin, tout
le monde sera heureux. Fais -moi confiance. Non, non, tu hurles rien du
'accord ? C 'est déjà assez compliqué comme ça.
Tu sais ce qu 'il dit William Thackeray ? Putain. En règle générale, un homme d
'un embarras n 'est jamais tout à fait honnête.
C 'est dans la foro vanité.
Coucou.
Maman, ma chérie, t 'as bien dormi ?
Euh... Non.
Ça va maman ? Ouais, ouais.
Il reste du café ? Oui. Ça va chérie ? Oui, ça va.
Jérôme descend ? Oui, il est avec Idole.
Très difficile, non ? Il manque de mystique, je trouve.
Elle est un peu chelou, non ? Oui, elle n 'a pas l 'air d 'aller mieux.
C 'est pas
pour autant qu 'il faut qu 'on s
'attache et qu 'on s 'empoisonne.
... ... ... ...
... ...
J 'ai trop faim, enfin, tous les deux.
Tu sens ta faim, là.
Pardon.
Il faut que j 'aille, là.
Oui, bien sûr.
Je te suis.
Mais tu t 'enfiles dans la file, il ne faut pas que tu dépasses A chaque fois
que tu le dis, mais c 'est qui ? C 'est pas normal On s 'attache
et on s 'empoisonne Avec une flèche qui nous illusionne pour
moi On s 'attache et on s 'empoisonne
J 'ai pas... Ne me réponds pas.
C 'est pas assez bien pour toi, ce que j 'écoute ? C 'est pas assez chic, c 'est
ça ? Bah ouais,
j 'ai des goûts populaires. Et je t 'emmerde.
Oui, j 'aime Gilbert Bécaud et Christophe Mahé et même Patrick Bruel.
Et j 'emmerde la littérature américaine de la seconde moitié du XXe siècle.
Shakespeare, Ginzburg et le LSD. La totale. Boum, je les emmerde. Tout. Je
emmerde. Non mais tu te prends pour qui ? T 'as fait des minutes d 'études et tu
penses que tu peux me regarder de haut ? C 'est un peu gênant, non ?
Moi, je suis une vraie femme, moi.
Moi, je passe à la télé.
Moi, je fais 15 % de parts de marché.
Moi, on me reconnaît dans la rue à Paris.
C 'est pas vrai, Valérie, qu 'on me reconnaît dans les rues de Paris ? Je
pas à Paris, je me rends pas compte.
Oui, bon... Et puis moi, j 'ai de beaux enfants.
J 'ai une super maman.
J 'ai une super femme.
Je suis belle.
Je fais du pilates.
Je mange plus de viande. J 'ai une très belle robe. Elle est belle, ma robe, non
?
Tu dis rien ? T 'as peur de tout faire foirer, c 'est ça ? T 'as peur de pas
repartir avec l 'extraordinaire Jérôme ? Arrête !
Faut que je fasse quoi pour que tu réagisses, connasse ?
Ah tiens ! J 'ai jeûné dans la
gueule !
Tu peux m 'expliquer, s 'il te plaît ? Bien sûr.
Avec plaisir, maman. Je vais t 'expliquer.
Très calme, maman.
Voilà. On pensait tous que la maison était vide.
Donc moi, je suis venue avec mon amant, le magnifique Alberto.
Et Jérôme est venu avec sa maîtresse.
Et David est venu pour prendre de la drogue avec ses copains.
Voilà.
Alors tu vendrais toujours un rein pour avoir ma vie ? Hein ? Encore plus depuis
que je sais que tu t 'es tapé Alberto.
Mais je plaisante.
C 'était une plaisanterie.
Pardon,
mes chéris.
Pardon de vous faire vivre ça.
Se séparer avec votre père.
Excusez -moi.
Après, je suis là.
Vous pouvez pas vous séparer ? Juliette, tu comprends ce qui se passe, là ? Ça
fait des mois qu 'on a compris.
Même les deux, là, ils ont compris.
Vous savez, pour nous mentir, on a capté.
Enfin, pas tout, mais en gros, on avait capté.
Je peux vous poser une question ?
Il n 'y a personne qui est venu ici pour faire la surprise avant lui ?
Je vois que tout le monde est levé.
J 'ai
trouvé des fruits de la passion.
Vous aimez pas les fruits de la passion ? On adore les fruits de la passion.
Il y en a une surprise pour toi. Encore ? Ah non, ça suffit, une surprise.
Justement, comme tout le monde est venu exprès pour te faire une surprise.
On a tous très envie que tu passes la journée parfaite.
Alors dis -nous ce qui te ferait le plus plaisir, mon amour.
Vous avoir ici tous, c 'est formidable.
J 'ai besoin de rien d 'autre.
Allez, Aude.
Tout le monde s 'autorise n 'importe quoi dans cette maison.
On va à la maison du lac ? Oui, j 'adore cette balade.
Ça fait longtemps, c 'est vrai ?
Oh, mais qu 'est -ce qu 'elle est belle, cette robe.
On ne te voit rarement habillée comme ça.
Merci, papa.
Dommage. D 'ailleurs, tu ne vas pas y aller comme ça, je vais te prêter des
fringues. Oui, je veux bien, merci.
Et voilà.
Il y a deux jours, on ne vous connaissait même pas.
Et maintenant, vous faites partie de la famille.
Je suis tellement content que vous veniez avec nous. Vous allez voir, c
magnifique.
On a tout ce qu 'il faut ? Oui, le grenier, je pense.
J 'y vais.
Je vais t 'aider, mon gars.
Allez.
Allez.
Étienne.
Étienne.
Il faut y aller.
Oui ? Il faut y aller.
Pour aller où ? On va faire une rondeau.
Vous voulez que je vienne tout le jour ? Oui.
Tu me
défonces.
Ben voilà, t 'as compris.
T 'es passé comme ça, en fait.
Je comprends ce que tu ressens
C 'est la prochaine fois que tu me dis que tu comprends ce que je ressens, je
prends, je tire tes cheveux, tu vas grailler le sol, c 'est clair ? Putain,
pourquoi tu restes ici ? Tu fais pitié ! Est -ce que je suis amoureuse de ton
père ? Mais je comprends que ça te fasse... Et là, t 'as bon, c 'est bon !
Doucement, doucement, doucement ! Ça va ? Oui, ça va.
Oh ! Eh,
eh, eh, eh ! Tu peux pas tirer les cheveux des gens comme ça, hein ? Non,
pourquoi t 'es pas partie avec l 'autre ? Tu vois, là ! Quoi ? Pourquoi tu
restes ici avec l 'autre ? T 'as plus ?
C 'est quoi votre délire de toujours vouloir tout gâcher ? Alors, déjà, il
vraiment que tu reconsidères tout ton vocabulaire, Juliette. Vraiment.
Écoute, moi, je reste ou je pars, je m 'en fous.
Mettez -vous d 'accord entre vous.
Je ne vous laisserai pas gâcher ma famille. Je ne vous laisserai pas.
Ça, c 'est une vraie fraise.
Pourquoi tu restes ? Parce que t 'es là.
Ben oui, bien sûr.
Bonjour. Bonjour.
Bonjour.
Excusez -moi, pardon.
Oui ? Vous êtes un peu petit ?
J 'adore votre émission. Merci.
On peut faire un petit selfie ? Avec plaisir.
Je ne suis pas très présentable aujourd 'hui. Je suis beaucoup plus belle d
'habitude. Lève -le.
Merci.
Bonne balade. A la prochaine émission. Au revoir. Au
revoir.
On y va ? Bonjour.
Bonne balade.
Bonjour.
Bonne balade !
Il y a quelqu 'un qui a pensé à mon Ipad ?
Oh, mon chéri.
Non, personne n 'y a pensé, mon chéri. C 'est horrible. Comment tu vas faire?
Regarde -moi.
Profite. Regarde.
C 'est mieux que l 'iPad, ça va coucher le soleil.
Un petit toujours poussé vers le nouveau
rivage.
Dans la nuit éternelle, emportée sans retour, ne pourrons -nous jamais sur l
'océan des âges jeter l 'encre un seul jour ? Il arrive quoi, là ? Oh, là ! Je
sais pas, gros, je préfère... Elle est à peine finie sa carrière et près des
flots chéri qu 'elle devait revoir.
Regarde ! Je viens seule m 'asseoir sur cette pierre où tue la vie sa soie.
C 'est beau, hein ? C 'est pas de moi.
C 'est la Martine.
C 'est la Martine.
Bravo, Isabelle.
Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes.
Ainsi, tu te brisais sur leurs flancs déchirés.
Eh oui, Martine.
Qu 'est -ce que je peux
dire d 'autre ? Par exemple, tu vois là, le lac.
Il coule, le lac, non ? Tu peux dire lourd, le lac.
Lourd, le lac.
Oui. Mais par contre, je ne peux pas dire du lourd.
Tu vois ? Tu avais dit, le paysage, c 'est du lourd.
Il faut tester les déterminants. Il faut aller droit au but, ça ne marche pas.
Il faut que ce soit léger, il faut que ce soit frais. Mais si le lac t 'a déçu,
tu arrives et tu es mitiégé.
Oui.
Mesquine, tu vois.
Mesquine, ce lac. C 'est un petit lac, tu vois.
Mesquine, le lac.
Oui, c 'est ça.
Je t 'aime de haut.
Eh si, ma gamine.
Tu m 'as été mon mieux que ce que je te fais vivre.
Si tu pouvais m 'épargner ce genre de phrase, je veux juste que tu sois
pour une fois.
Je ne suis pas mort de toi.
Je ne l 'ai jamais été et je ne le serai jamais.
Je te trouve belle, je te trouve brillante, jeune.
D 'ailleurs, je suis très flatté qu 'une jeune femme comme toi soit attirée par
un homme comme moi.
J 'aimerais de l 'homme que je vois dans tes yeux.
Tu vois, c 'était pas si compliqué que ça.
Je trouve ça très touchant, tous ces efforts que vous faites pour me cacher
réalité.
C 'est moi ? Ouais.
T 'as pas un groupe ? Bah si, si tu veux. Qu 'est -ce que tu veux faire ?
que la semaine prochaine, on a une soirée extasie avec les copains.
Tu déconnes.
Oui, je déconne.
Tu sais que je devrais t 'en vouloir à mort, quand même.
Je sais pas pourquoi j 'y arrive pas.
Bah tu y arrives pas parce que t 'as aucune vraie raison, en fait.
C 'est pas à cause de moi, c 'est assez rétriste.
Moi, je vais jamais souffrir personne.
Tu sais pourquoi ? Non.
Parce que je ne me rends jamais.
À ta femme aussi ? Tu lui dis toujours la vérité ? Ma femme... Ma
femme, c 'est... C 'est pas pareil.
Question ? En fait, je trouve que... Aujourd 'hui, t 'as vraiment
des beaux yeux. Ils sont magnifiques.
C 'est un truc de fou.
Je te vois faire avec ta famille.
Tu bailles jamais les bras.
T 'es une guerrière.
Une guerrière canon, en plus.
Franchement, pour ça, respect.
Excuse -moi, est -ce que c 'est avec ces phrases de canard que tu lui poses mon
pécho ? C 'était pas pour ça.
En fait, tu t 'es dit, je suis tombée dans une famille de baptous qui fait de
poésie au coin du feu, même moi, je vais sortir 3 -4e, ça va glisser.
T 'es relou à draguer, en fait.
T 'es là, tu fais la meuf.
Tu t 'énerves.
T 'as peur de montrer tes vrais sentiments, en fait.
Moi, j 'ai peur, moi.
Oui.
Pourquoi tu vas rougir ? Même pas.
Si tu rougis. Non.
T 'as quoi, toi ? Vous venez de vous pécho, là ? Non.
Je suis à 10 cm de vous, je ne vous pêche pas.
Je trouve ça assez impressionnant de toujours y croire, avec tout ce qui se
passe dans ta famille.
Tu peux aller dormir ? C 'est là, à l 'étage ? Tu montes à l 'étage, tu mets
couette, bonne nuit.
Je suis vraiment désolée pour tout ça.
Je m 'excuse vraiment.
Je n 'aurais jamais appelé ta femme. Je ne suis pas du tout comme ça. Ce n 'est
pas du tout mon genre.
fil au côté, on couche ensemble, tu me prends contre un mur, ça engage rien, c
'est pas du tout moi. Enfin, je suis pas comme ça normalement du tout, du tout.
Mais enfin, bon, là, j 'avais besoin de ça, j 'avais besoin... J 'avais besoin
de quelque chose de léger, de très... très crème fouettée, très... très
Milanais, très... Genre, on prend un scooter, on mange des glaces et des
Non,
je sais que tu aimes pas les pizzas, mais j 'avais besoin de... d 'un truc
très... très voluvant, très...
Très cachemire, quoi.
Très Milan.
Je sais que t 'es pas de Milan, t 'es des fouilles, mais... On parle beaucoup
Rome et de Venise, mais moi, j 'adore Milan, en fait.
Vraiment, j 'adore Milan.
Je t 'en fais pas.
Tout va bien.
Désolé, peut -être que j 'étais un peu trop direct tout à l 'heure.
Ça va.
Mais si tu veux, on peut parler un peu avant.
Ah non, mais tu es complètement obsédé, en fait.
Obsédé par toi, bien sûr.
C 'est mignon.
Reste là, ne bouge pas.
Est
-ce que...
Vous pouvez être dans la musique, s 'il vous plaît.
Merci. Voilà.
Une petite chanson que j 'ai écrite.
Respiro.
Ma guitare ? Oui, j 'en ai acheté une nouvelle.
Bon allez les gars, tout le monde au lit.
On y va.
Bonne nuit.
Bonne nuit.
Bonne nuit. Bonne nuit, mon chéri.
T 'es sérieux là ? Non, non, non. Non, mais je viens te tuer ! Non, mais arrête
!
Lâchez -vous, vous, Juliette.
Ne lâchez pas, Juliette. Viens là.
C 'est pas trop mal débrouillé, finalement.
Je veux dire, je me sens qu 'ils vont plutôt bien, les enfants.
Malgré tout.
Ils sont tellement intelligents.
Tu parles d 'Etienne, là ? Arrête ! C 'est un truc génial, ce gosse, et on
même pas.
Arrête.
Ça serait une grosse surprise, quand même.
C 'est horrible, tu ne veux pas parler de lui comme ça.
On l 'aime, ce n 'est pas la question. C 'est sûr qu 'on l 'aime.
On lui offre beaucoup d 'amour, beaucoup d 'affection.
Mais bon, quand même, si c 'était un prix Nobel de chimie, ça serait quand
même... Je ne sais pas, il aurait été signé bon coureur.
Des bonnes notes, par exemple, à l 'école.
Des marqueurs, des indices clairs. Il y aurait des indices.
On verrait dans son hangar une lueur.
Mais là, il n 'y a pas.
Comment rien.
Mais il est gentil.
C 'est le pire. Il est gentil. Mais arrête. Mais il est très gentil. C 'est
monstre. Mais non.
Ah non, il est gentil.
Ça va, votre fils ? Ah oui, il est gentil.
Tu étais peut -être pareil à son âge. Non, j 'étais gentil.
Moi, je suis toujours gentil.
Regarde.
Il est malin. Il n 'est pas très... On n 'en sait rien, il est petit encore.
Il est malin, en fait.
Je suis tellement triste.
Tiens.
Allez, viens, ma belle.
C
'est magnifique.
C 'est magnifique.
Vous allez voir tout cela autour de moi.
Je ne croyais pas que la vie me ferait un tel cadeau.
J 'espère qu 'ils vont se pardonner tous les deux.
Ne t 'inquiète pas.
Normalement, le coup de vague, ça marche à chaque fois.
Regardez, il y a Valérie qui est là.
Salut ! Ça va ? Coucou ! Je
vous présente Laurent. Bonjour Laurent.
Bonjour.
Juliette, Laurent.
Salut mon chéri.
Laurent, c 'est quoi ? Laurent.
Toi, t 'es magnifique.
Bienvenue.
C 'est Juliette. Tu dis bonjour à Etienne ? Etienne, tu regardes et tu dis
bonjour ? Non ? Mieux que ça, chérie.
Tu le regardes et tu dis bonjour, monsieur.
Bonjour. Bonjour, Laurent. Voilà.
Désolée. Ah oui, ça va bien.
Voilà, c 'est super. Oui, ça va. Super.
En fait, c 'est Laurent.
Je suis blime.
Je suis jalouse. Viens là, chérie.
Bonjour.
C 'était très émouvant.
Mais pour de longs discours, on passe tout de suite à notre prochain candidat,
M. Tribolet.
On l 'encourage bien.
C 'est
le tableau.
C 'est le titre.
Ainsi vont les saisons et tombent les pommes quand le printemps revient, la
nature s 'émerveille de se trouver si belle.
Le clapotis de l 'eau, les chansons des oiseaux, le bruisement des feuilles, la
course du chevreuil, les fleurs multicolores.
Et le soleil, c 'est les jaunes qui ressemblent à de l 'or, tel tableau.
Aucun peintre n 'en a rêvé.
Ainsi vont les saisons et tombent les flocons.
Dans l 'hiver...
Sous -titrage
Société
Radio -Canada
Bah ouais, mais en fait, elle s 'est mise grave belle et grave petite. Un peu
comme tout le week -end, en fait. Quand tu vas me chercher à l 'appart, c 'est
qu 'elle meurt d 'envie de manger.
Et en fait, au titre, tu meurs d 'envie de manger. Arrête ! Ok, en fait, on fait
tous les deux, personne ne fait rien. Ça va, t 'as pas trop peur de la voir, là
? C 'est pas trop chaud pour toi ? Un peu, ouais.
Juliette, tu fais attention parce que je crois que t 'es relou, là. On dirait
que ma fête, c 'est une 14 ans. Tais -toi.
Ouais, tais -toi.
Pourquoi tout le monde se contre moi, là ?
Aucun peintre n 'en a rêvé de Simon.
Bravo ! Merci Jean -Jacques pour ce très beau moment de poésie.
Place maintenant à notre prochain candidat, M.
Henri Pottier.
Ah, non, alors je crois qu 'il y a M. Henri Pottier, avant.
Je suis son épouse. Ah, bonne idée.
Mon mari n 'est plus là.
Il vous prie de l 'excuser.
Il aimait beaucoup ce concours de poésie.
Alors, je vais vous lire ce qu 'il avait écrit et j 'espère que ça vous plaira.
Parler du temps qui fuit est toujours une gageure.
J 'ai invoqué les ans, j 'ai évoqué les heures.
Je suis une aquarelle dont les couleurs s 'effacent.
Je me terre sous un masque et je meurs de guerre là.
Dans ces derniers instants où tout devient confus, je vois ton cul passer
souvenirs afflux.
Ta peau était alors si douce, ma Suzanne, qu 'à peine les fleurais -je,
bondais comme un âne.
Alors, dans la moiteur doride de la chambre, tu venais jusqu 'à moi faire l
en décembre.
Nos sueurs se mélangeaient, et nous ne faisions qu 'un, deux êtres
jouant à quatre mains un concerto de râles, de cris et de murmures.
où tu buvais le sucre de mon excalibur.
Tes seins devenaient durs et ma pine de même.
Tu folais et encore je lâchais des « je t 'aime ».
J 'écarterais ton corps qui semblait élastique sans que jamais ne
cesse.
Cette sublime triquet.
Et cela continuait tout au long de la nuit. Tu montais, descendais tout au
de mon vie qui gonflait tel un fleuve après deux mois de pluie.
Suzanne.
Femme toile que mon pinceau astère.
Femme fertile où je plante mon asperge.
Femme, terre d 'asile de ma verge.
Maintenant, ton corps se cabre sans que tu le commandes et ton ventre
saccade en folles sarabandes pour exploser enfin en cascade de spasmes.
Ah ! Ah ! Je suis âme ! Des orgasmes !
que j 'aime se souvenir alors que je m 'en vais. Suzanne,
Jérôme, Valérie et Audrey, David,
Étienne, et bien sûr ma Juliette. Je vous ai réunis dans cette
salle des fêtes et j 'imagine leur tête.
Je n 'ai pas de vrai talent de poète, je le sais.
Mais grâce à vous,
Puisqu 'il me faut partir, au moins je puis le
faire. Et avec le sourire.
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501
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