Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
UNE SÉRIE DOCUMENTAIRE ORIGINALE NETFLIX
Heureusement qu'il y a ces escargots.
Grâce à eux, j'ai pu envoyer mon fils à l'école.
Ils nous ont aidés à surmonter de dures épreuves, moi et ma famille.
Je n'arrêterai jamais.
HÔ-CHI-MINH-VILLE, VIETNAM
Quand on parle de Hô-Chi-Minh-Ville, on parle d'une culture très particulière.
C'est très chaotique.
La ville change constamment.
Mais c'est également une ville très décontractée.
Manger, boire et passer du temps dehors fait partie de la culture.
Y a des côtelettes de porc grillées ?
Bien sûr. Les voilà.
J'en prends une, mais je veux une fraîche.
Dans une ville de dix millions d'habitants,
ils sont presque un million à vendre des plats dans la rue.
La cuisine de rue est une partie vitale de Hô-Chi-Minh-Ville.
Les gens s'en nourrissent.
En se baladant en ville,
on trouve des gens vendant de la nourriture à chaque coin de rue.
Hô-Chi-Minh-Ville est le berceau de la cuisine de rue.
À Hô-Chi-Minh-Ville sont venus s'installer des gens de nombreuses cultures.
Ces cultures étrangères ont influencé notre cuisine.
D'abord, la cuisine chinoise.
Puis la cuisine française.
Et après cela, la cuisine américaine.
Notre gastronomie est liée à la culture et à l'histoire.
Le bánh mì, le pho,
les brisures de riz, ce sont des plats très populaires.
Mais à Hô-Chi-Minh-Ville, les escargots sont la nourriture de rue la plus prisée.
Il y a des restaurants d'escargots partout.
C'est notre culture.
C'est ce qu'on aime.
Au Vietnam, quand on dit : "On va manger des escargots",
on mange des escargots mais aussi des crevettes, du crabe,
des palourdes, des pétoncles.
- Vous avez des potamides obtus ? - Oui.
Une portion, s'il vous plaît.
Truoc propose tant de plats différents.
Et elle n'a que cette petite gazinière
avec un gril à charbon.
Elle fait tout toute seule.
C'est le goût de mon enfance.
J'ai grandi avec des femmes comme ça,
des chefs de famille.
Il faut être fort et avoir le sens du sacrifice.
Les gens comme Truoc
sont l'âme de Hô-Chi-Minh-Ville.
AUX ESCARGOTS DE TRUOC, HÔ-CHI-MINH-VILLE
Je ferme la porte. Tire-la seulement.
Je ne dors que quelques heures par nuit.
Je dois travailler pour vivre, malgré la fatigue.
Je veux que mon fils ait une vie meilleure que ses parents.
Mon mari m'emmène au marché à une heure du matin.
Si nous arrivons tard, il ne reste plus rien.
Les vendeurs d'escargots ont une vie très difficile.
Ils doivent se réveiller à minuit pour aller au marché
et choisir chaque escargot.
Ils mettent leur cœur et leur âme dans leurs plats.
MARCHÉ DE GROS DE FRUITS DE MER
Au marché Bình Đin,
la fraîcheur des produits est cruciale.
Même si j'avais beaucoup d'argent, je continuerais ce métier.
Car cet argent est...
Ce sont les meilleures, Mme T ?
Mes meilleures pattes de crabe, oui.
D'accord, un kilo en plus.
C'est combien ?
- Combien vous avez dit ? - Deux cent cinquante.
Faites-moi un prix.
Bon, 230.
Disons 220, d'accord ?
Ils sont gros ?
Oui, ce sont les gros.
Un kilo, alors.
Quand je vais au marché,
j'achète des palourdes, des crabes et des pétoncles.
Mais les potamides obtus sont mes préférés.
Quand j'en mange, je pense à mon père.
Mon père adorait cuisiner.
Il aimait les escargots, et les potamides obtus par-dessus tout.
Mon père était ouvrier.
Tous les mois, le jour de paie, mon père et ses amis
se retrouvaient pour boire et cuisiner.
Mon père préparait chaque fois des potamides obtus.
Les gens aiment toujours ce plat.
Mon père m'a appris à les assaisonner.
Il me demandait de l'aider quand il cuisinait.
Je les faisais sauter.
C'est le souvenir le plus vif que j'ai de lui.
La cuisine de rue de Hô-Chi-Minh-Ville porte les marques de notre culture.
Le bánh mì est un bon exemple.
Le pain n'est pas originaire du Vietnam.
Les colons français ont apporté pain et pâté à Hô-Chi-Minh-Ville,
pour satisfaire les Français.
Mais à terme, les habitants d'ici,
avec leur coutume d'assimilation, se les sont appropriés.
LA BAGUETTE VIETNAMIENNE BÁNH MÌ BY H, HÔ-CHI-MINH-VILLE
Au Vietnam, le bánh mì a la cote.
On en mange au petit-déjeuner, à midi ou pour dîner.
Ma famille gère cette échoppe de bánh mì depuis 81 ans.
Dans le temps, mon grand-père portait
un bâton sur son épaule pour vendre sa nourriture.
Ces temps étaient durs.
Puis il s'est installé dans cette rue,
et vendait ses plats sur son chariot.
Et nous continuons de vendre à manger ici.
La baguette française est dense,
ce qui laisse échapper la garniture à chaque bouchée.
Mais avec le bánh mì vietnamien, tout reste en place.
C'est moelleux et croustillant.
Le bánh mì de notre famille est entièrement fait maison.
Le pâté, la garniture, les boulettes de viande, le poulet... tout.
Mon grand-père a créé sa propre recette.
Et nous ne l'avons pas changée depuis.
À Hô-Chi-Minh-Ville, la plupart des gens vivent dans ce qu'on appelle des hms.
Un hm, c'est comme une allée.
Là-bas, il y a un sens très fort de la communauté.
Tous s'aident les uns les autres.
DISTRICT 1, HÔ-CHI-MINH-VILLE
Je vis ici, rue Cô Bc, depuis toujours.
Autrefois, c'était un quartier spacieux.
Les maisons étaient petites.
Tous mes voisins étaient pauvres.
La vie était dure,
mais on partageait tout.
On était unis.
On ne se tournait pas le dos.
Les pères travaillaient à l'usine, et les mères, au marché.
On avait à peine assez à manger, et rien de plus.
J'ai arrêté l'école après le collège
en voyant ma famille en difficulté.
Maman et papa avaient tellement d'enfants à nourrir.
J'avais alors trois jeunes frères et sœurs.
J'ai décidé d'arrêter l'école et de travailler
pour leur permettre de rester à l'école.
J'ai sacrifié mon éducation pour ma famille.
Et je ne l'ai jamais regretté.
Bonsoir. J'ai souhaité disposer de ce temps
pour vous annoncer
qu'aujourd'hui, nous avons conclu un accord
pour mettre fin à la guerre au Vietnam.
Dans les années 80, après la guerre, la vie était dure.
Nous avions très peu à manger.
C'était dur de trouver du riz de bonne qualité.
On ne pouvait qu'utiliser ce qu'on avait,
le com tam.
Ça veut dire "brisures de riz".
BRISURES DE RIZ CM TM KIM NGÂN, HÔ-CHI-MINH-VILLE
Pendant le broyage du riz,
les agriculteurs ramassent les petites brisures de riz.
Elles sont si petites qu'elles sont dures à cuire.
Mais si elles sont cuites correctement, ces brisures
ont meilleur goût que le riz ordinaire.
On mange le com tam avec des œufs au plat,
du daikon saumuré, du porc grillé,
et de la sauce de poisson.
Tout le monde adore.
C'est ce qui distingue la cuisine vietnamienne.
On prend quelque chose dont personne ne voulait
pour en faire l'un des plats les plus populaires de Hô-Chi-Minh-Ville.
Après avoir quitté l'école, j'ai travaillé dans une usine de fruits de mer.
L'entreprise avait un dortoir.
J'avais des dizaines de colocs, et on s'amusait ensemble.
On discutait jusqu'à ce que tous rentrent dormir leur chambre.
J'aimais mon indépendance.
En travaillant à l'usine, j'ai rencontré un gars.
Il était très sociable.
Pas comme les autres.
Il était gentil même avec mes frères quand il rendait visite à ma famille.
On s'est mis en couple.
On était ensemble depuis seulement trois mois,
mais il m'a demandé de l'épouser.
La même année, on a eu un fils.
Et l'usine de fruits de mer était si loin de chez nous.
Mon père a dit : "Vous devriez déménager là-bas."
Nous avons cherché du travail plus près.
Proche de chez nous, de notre fils.
J'ai travaillé dans une usine de bambou rue Đin Biên Ph.
Mais au bout de quelques mois, l'entreprise a fait faillite.
Ma sœur a suggéré de créer une petite entreprise.
À l'époque, il n'y avait qu'une seule échoppe de café ici.
Et j'ai pensé aux potamides obtus de mon père.
J'étais résolue...
à vendre des escargots.
Lors de mon premier jour, j'étais si nerveuse.
Je ne savais même pas comment faire la sauce.
Je ne savais que cuisiner
les potamides de mon père.
Faire revenir de l'ail dans l'huile,
et mettre les escargots.
Lorsqu'on ajoute le lait de coco,
ça remonte et ça sent très bon.
Ça se vendait bien.
Les clients me complimentaient.
Alors j'ai commencé à croire en moi.
Et ça m'a rendue si heureuse.
On connaît le pho un peu partout dans le monde.
On dirait qu'il est profondément ancré dans notre subconscient et notre culture.
Les Vietnamiens considèrent le pho comme un élément clé de leur cuisine.
Le pho est originaire du nord du Vietnam.
Mais de nos jours, on en vend dans tout le pays.
SOUPE DE NOUILLES PH MIN GÀ KỲ ĐNG, HÔ-CHI-MINH-VILLE
Dans le passé, mon père était soldat dans l'Armée de la république du Vietnam.
Avant 1975, il cuisinait pour de gros bonnets à Hô-Chi-Minh-Ville.
Après la fin de la guerre en 1975, le pays a connu une période difficile.
Des gens de Hanoï émigraient ici.
Alors, mes parents ont décidé d'ouvrir un pho dans le style Hanoï.
Souvent, on croit à tort que le pho est une soupe,
ou que le pho doit être au bœuf.
Mais le pho, c'est les nouilles.
Peu importe si on ajoute du bœuf ou du poulet.
Au début des années 80,
on utilisait chaque partie du poulet, même les intestins.
Les gens voulaient beaucoup de graisses dans leur pho.
Mais aujourd'hui, on remarque que l'économie va bien.
Les gens font attention à ce qu'ils mangent.
Ils pensent à leur cholestérol.
On a réduit le gras, et le bouillon est presque transparent.
La ville a bien changé.
Et on peut l'observer dans un bol de pho.
Je n'avais pas d'argent en ouvrant mon échoppe d'escargots.
J'ai fait un emprunt.
Je payais 8,6 dollars d'intérêt par jour.
Chaque jour, les usuriers réclamaient leur argent.
Si je ne pouvais pas payer,
ils faisaient un scandale.
En guise de compromis, je m'engageais à leur donner le double le lendemain.
Et là, ils partaient.
J'étais terrifiée.
Et j'étais enceinte.
Pendant ma seconde grossesse,
c'était très difficile pour nous.
On pouvait à peine payer la garderie de notre fils.
Je n'avais pas de quoi aller au marché.
Mon bébé est mort quatre heures après être venu au monde.
J'étais anéantie.
Cette souffrance dépasse les mots.
J'ai dû arrêter quelque temps.
Après la perte de notre enfant,
j'étais dévorée par un profond désespoir.
Je ne savais pas quoi faire.
Donc, je suis allée prier à la pagode pour l'âme de mon bébé.
Je me suis sentie en paix une fois à l'intérieur.
Tout d'un coup, j'avais l'esprit clair.
Je me suis dit : "Ça suffit.
Ce chagrin ne mène à rien.
Mon premier fils est encore en vie.
Je ne peux pas rester déprimée à ne rien faire et l'abandonner."
Donc, j'ai décidé
de retravailler.
Nous étions pauvres, nous croulions encore sous les dettes.
Nous arrivions parfois à nous en sortir.
Mais ça nous arrivait de ne rien avoir.
Dans ce quartier,
la solidarité n'est pas un vain mot.
Mes voisins ont commencé à parler de mon échoppe.
Les affaires reprenaient.
Je ne cuisinais que des potamides.
D'après mes voisins, mon menu était trop limité.
J'ai tout appris petit à petit.
J'ai ajouté des plats à mon menu.
Je faisais de mon mieux.
Avec l'expérience, j'ai appris à différencier le bon du mauvais.
J'ai fini par créer plus de 15 recettes.
J'ai pu économiser de l'argent.
Fini les emprunts.
Mon échoppe marchait de mieux en mieux.
Je pouvais assurer les besoins de mon fils avec ma cuisine.
COUTEAUX ET LISERONS D'EAU
Au début, je cuisinais pour survivre.
Maintenant, nous sommes bien installés et nous gagnons de l'argent.
Nous avons travaillé dur pour gagner assez et payer l'éducation de notre fils.
Je suis fière de ça.
PÉTONCLES GRILLÉS
Pour survivre ici, il faut sortir du lot.
Il faut être créatif.
N'oublions pas qu'il y a un million de personnes
comme elle à Hô-Chi-Minh-Ville.
La survie de la cuisine de rue repose sur leurs épaules.
Il n'y a aucun autre endroit au monde comme Hô-Chi-Minh-Ville.
Sans sa cuisine de rue,
Hô-Chi-Minh-Ville n'existerait pas.
Et tous les vendeurs de rue
sont des héros à mes yeux.
LES ESCARGOTS DE PAPA
C'est pour toi.
Tu veux plus de riz ?
Prends du riz, mon petit neveu.
Des œufs de canard. Prends des œufs de canard.
Sers-toi, Tâm.
Je dis à mon fils :
"Étudie sérieusement
et trouve ta voie
pour avoir une meilleure vie que celle de tes parents."
J'étais tellement fière de voir mon fils entrer à l'université et réussir,
car tous nos efforts étaient récompensés.
C'est un vrai bonheur.
Sous-titres : Philippe Engels
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.